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Not Without You

Série : Queer As Folk
Création : 12.04.2013 à 18h07
Auteur : Audali09 
Statut : Terminée

« La fiction débute à la fin de la saison 5 avant que Michael n'emmène Brian danser dans ce qui reste du Babylon. Suite de la saison 5. Des spoils sont possibles sur l'ensemble des cinq saison » Audali09 

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Justin se rendit dans la semaine, après s'être occupé de potentiels acheteurs et de critiques, auprès de John et Elisabeth concernant son renouvellement de contrat.

 

-Bonjour Justin, firent-ils en le voyant arriver dans le bureau.

-Bonjour.

-Je t'en prie assied-toi, fit John.

-Merci.

-Tout d'abord un petit bilan de ce nouveau vernissage et comme tu l'auras deviné c'est une réussite totale, continua John souriant. La quasi-totalité de tes toiles ont été vendues hormis Maria et Mélancholia que tu ne souhaitais pas céder. A ce propos sache tout de même qu'on m'en à offert de sacrées petites fortunes.

-Comme je te l'ai dit John je ne veux pas les vendre et ça n'a pas changé.

-Je respecte ce choix, je t'informai juste.

 

Justin sourit. Un commercial jusqu'au bout...

 

-Pour le reste tout s'est parfaitement déroulé. Avant de poursuivre j'aurai une question ou plutôt Elisabeth et moi aurions une question.

-Je vous écoute.

-Souhaites-tu rempiler ton contrat pour une année consécutive ?

-Je croyais que mon contrat était prévu pour trois ans ?

-Bien sur, répondit Elisabeth, mais au bout d'un an tu pourrais avoir changé d'avis.

-Ce n'est pas le cas et je souhaite bien entendu le renouvellement. Je trouve que l'on fait de l'excellent travail ensemble, je ne dépasse pas sur vos deadlines et vous me laissez ma liberté artistique et c'est pourquoi pour le moment je souhaite rester avec vous.

-Parfait, s'écria John, et nous sommes très content de continuer avec toi. Bien maintenant que la question est réglée il s'agit de ne pas s’appesantir sur nos lauriers. Justin tu as réussi avec brio tes deux premiers coups et maintenant que tu es connu du monde artistique il faut t'y implanter et surtout faire en sorte que tu y restes. Tout d'abord nous avons prévu une nouvelle expo pour janvier, poursuivit-il avant de s'interrompre face à l'expression de Justin, quelque chose ne va pas ?

-Janvier c'est dans trois mois à peine, remarqua le principal intéressé.

-Ça va te poser problème ? S'inquiéta Elisabeth.

-Disons que le labs de temps est vraiment short...

-Je me doute Justin, poursuivit John, mais maintenant que tu as réussi les deux premières fois il faut véritablement t'imposer sur la scène artistique et surtout y rester. Il faut que tu puisses prouver d'un talent, que tu as rassure-toi, mais aussi d'un large panel créatif et imaginatif. Je sais que ce n'est pas évident et que ça va te demander beaucoup de travail mais les premières années sont les plus difficiles et tu as pour l'instant fait un sans fautes et mieux vaut continuer dans cette lignée.

-John...fit Elisabeth.

-Ne t'inquiètes pas, rétorqua Justin, je comprend ce que veux dire John et il à raison. Je savais à quoi m'attendre en venant à New-York. Poursuis John je t'écoute.

-Bien. Le meilleur moyen de t'imposer encore un peu plus sur la scène artistique pour pouvoir y rester par la suite c'est de surprendre ton public.

 

Justin le regarda sans vraiment comprendre.

 

-Je veux dire qu'il faudrait que tu présentes lors de ton prochain travail quelque chose de nouveau que tu n'as pas encore montré voir qui dénote avec ton style habituel.

-C'est à dire ?

-Eh bien je ne sais pas jusqu'à maintenant tu n'as présenté que des toiles peintes dans des grands ou moyens formats. Pour la prochaine fois tu pourrais présenter des dessins dans d'autres techniques ou des peintures dans d'autres techniques ou style ou pourquoi pas présenter quelque chose en 3D ou à l'aide de techniques plus modernes et technologiques, ce que tu veux en fait mais quelque chose qui dénote et qui surprendra.

-Tu te rends compte de ce que tu me demande ? Demanda Justin.

-Oui parce que je sais que tu en es absolument capable, répondit John avec un sourire.

 

Justin réfléchit quelques secondes. Il n'avait jamais pensé à la possibilité de présenter autre chose que de la peinture et bien que l'idée au départ l'avait rebuté elle lui paraissait sur le moment très intéressante. Pourquoi non ? Un artiste n'avait pas de limites après tout.

 

-D'accord, fit Justin, mais si je n'y arrive pas je ne veux pas présenter quelque chose de bâclé.

-Entendu et puis de toute façon si tu ne présentes pas cette œuvre ou ces œuvres novatrices en janvier ce n'est pas grave je ne te le demandai d'ailleurs pas pour janvier, précisa John.

 

Malgré ses précisions c'était déjà trop tard pour Justin qui commençait déjà à réfléchir et qui sentait l'esprit de compétition et d'objectif à atteindre germer dans son esprit. Il aimait la nouveauté et sentait l'adrénaline le gagner. Et John avait tout compris.

 

-Bien pour ceci c'est réglé tu me feras part de ton avancement, disons en novembre. Pas la peine de te déplacer une vidéo conférence suffira. Vu le temps dont tu vas avoir à ta disposition inutile de se déplacer.

-D'accord.

-J'aimerai te parler d'un dernier point avant de te rendre la liberté.

-Je t'écoute.

-Ce serai concernant une exposition à l'étranger.

 

Les yeux de Justin pétillèrent.

 

-Ne t'emballe pas trop vite ce ne serais pas pour tout de suite. C'est une vraie galère à organiser sans compter qu'Elisabeth ou moi devrions t'accompagner tout le temps de l'exposition. Les œuvres sont une vraie plaie à déplacer, il faut des contrats, des accords, des entreprises spécialisées, de la prise en charge et tout le toutim sans compter que je suis persuadé que tu veux exposer en Europe ?

-J'aimerai beaucoup, répondit Justin très souriant.

-Paris j'imagine ?

-Ce serait génial...murmura Justin.

-Je m'en doutais. Bon dis-toi que Paris c'est faisable mais pas pour tout de suite il faut encore que tu t'implantes comme il faut sur la scène New-yorkaise sinon Paris ne fera qu'une bouchée de toi. En revanche pour un premier départ à l'étranger l'Angleterre serait un bon compromis parce que très réputée mais inattendue de la part d'un jeune artiste comme toi. Nous pourrions ensuite nous organiser pour un départ en France.

-L’Angleterre ?

-Oui et bien sur lorsque je parle Angleterre je parle de Londres, fit John avec un sourire.

-Londres ? Demanda Justin en déglutissant.

-Il n'y a pas mieux pour un départ sur la scène internationale, au niveau artistique Londres est extrêmement réputée. Seul les artistes vraiment doués arrive à s'y faire une place. Ce serait un superbe tremplin pour toi.

-J'aimerai beaucoup et je ne connais pas Londres. Mais honnêtement John ce que tu me dit ne me rassure pas et si je me plantais ? Parce que vu ce que tu as l'air de me dire Londres est plus inaccessible que Paris.

-Pas plus inaccessible, différente ! et encore je ne t'ai pas parlé de Berlin en Allemagne ou de Prague en République Tchèque c'est une autre paire de manche. Si je te parle de Londres c'est parce que je sais que tu en es capable, je sais choisir le poulain que j’envoie dans l'arène. Mais si tu décides de le faire c'est un voyage qu'il va falloir préparer longuement et minutieusement notamment au niveau de tes productions mais aussi du choix de lieu d'exposition sans parler de tout le reste. Ensuite si tu acceptes il faut que tu saches que tu devras partir au minimum un mois ce qui est une autre clause pas forcément évidente avec ta vie de famille. Enfin, si tu fais ce choix j'organiserai ce voyage pour dans un an et après l'expo de janvier je ne te commanderai plus de vernissage pour l'année qui suivra afin de te préparer pleinement pour Londres.

-Si je comprend bien, si j'accepte, je partirai pour Londres en septembre l'année prochaine ?

-C'est ça.

 

Justin prit une inspiration, c'était une sacrée proposition mais surtout une sacrée opportunité. Mais il ne pouvait pas décider tout seul. Le voyant se triturer les méninges John reprit la parole.

 

-Je sais que ce n'est pas évident Justin comme décision et je te le concède parfaitement. Sache cependant ceci, si tu choisis de partir pour le melting-pot pot anglais et que tu arrives à conquérir la capitale ce sera une avancée considérable pour ta carrière mais surtout tu pourras viser encore plus loin que Paris.

 

Justin releva la tête en fronçant les sourcils.

 

-Je veux dire que tu pourras pousser à travers l'Europe. Je ne te parle plus seulement de la France mais aussi de l'Espagne avec Barcelone, Berlin en Allemagne, Prague en République Tchèque, Athènes en Grèce, Budapest en Hongrie et pourquoi pas plus loin encore avec l'Italie qui est bien la plus difficile à séduire. J'extrapole mais si tu souhaites réellement exposer en Europe et faire encore évoluer ta carrière Londres est l'idéale et sera un excellent début.

 

Justin réfléchissait à toute vitesse. Ce que lui proposait John lui donnait envie au-delà de toute mesure bien que ces projets seraient à étaler sur plusieurs années mais n'étais-ce pas l'aboutissement qu'il souhaitais ? Ou plutôt la continuité ? Il en rêvait presque et cette fois-ci il pouvait ce donner les moyens d'y parvenir. Mais il n'était plus seul et il ne pouvait prendre de décision à la légère.

 

-Est ce que je peux réfléchir avant de te donner une réponde définitive pour Londres ? Je ne suis pas tout seul John.

-Je le comprend parfaitement Justin et quoi que tu puisses décider sache qu'Elisabeth, la galerie et moi-même respecteront et te soutiendront dans ton choix. Et tant que tu souhaitera notre présence dans ta carrière nous t'aiderons du mieux que nous pourrons et nous ferons le maximum. Maintenant nous t'en avons parlé et nous t'avons fait la proposition c'est à toi que revient l'entière décision et en aucun cas nous ne reviendrons sur ce choix.

-Merci beaucoup, répondit Justin ému par ce que venait de lui dire John. Vous savez je suis très touché et très surpris que vous soyez ainsi avec moi. On m'a toujours dit que le monde artistique était une jungle et qu'il était très difficile de se faire une place en tant qu'artiste sans y laisser des plumes.

-Oui mais tu n'es pas un artiste comme les autres, répondit doucement Elisabeth. Et puis il faut bien l'admettre John et moi, enfin surtout moi, on t'adore, fit-elle avec un clin d’œil.

 

John acquiesça signifiant qu'il était absolument d'accord avec ce que venait de dire sa collègue.

 

-On ne rencontre pas souvent des artistes talentueux et qui ont une personnalité généreuse comme la tienne crois moi c'est très rare dans ce milieu. La dernière fois je crois que c'était avec ce bon vieux Andy, dit-il en riant.

-Andy ? Tu veux dire Andy Warhol ?

-Ouaip, d'ailleurs s'il t'avait connu je suis sur qu'il t'aurait adoré sans compter que vous venez tous les deux de Pittsburgh. C'est un signe, fit-il avec un clin d’œil.

 

Justin déglutit. Il rougissait presque.

 

-Bon, sur ces bonnes paroles je pense que nous avons terminé...Eli ?

-C'est bon.

-Okay ! Donc Justin on se retrouve en novembre pour le debrief. Quand à Londres prend ton temps pour réfléchir et tu me feras part de ta décision lorsque tu seras prêt. Okay ?

-D'accord, fit Justin en se levant.

 

Ils se quittèrent souriants et Justin prit l'avion le jour même pour Pittsburgh encore tout à ses réflexions qui devait déterminer beaucoup dans sa carrière à l'avenir. Il arriva à l'aéroport de Pittsburgh vers midi et n'avait qu'une hâte le retrouver lui notamment pour lui faire part de son entretien avec John et Elisabeth.

 

Il passa au loft déposa ses affaires rapidement et se précipita vers Kinnetic ne pouvant attendre jusqu'au soir. Arrivé devant les portes de l'agence il s'y engouffra et prit avec rapidité la direction du bureau de Brian.

 

-Salut Ted, salut Cynthia, fit-il en passant.

-Salut, répondirent-ils.

 

Ted rejoignit Cynthia à son bureau avec un sourire. Au fil des années ils étaient devenus tout deux de très bons amis.

 

-Je te parie 5 dollars que Brian t'appelle dans 30 secondes, fit Ted malicieux.

-Trop rapide je dirai plutôt 45 secondes, répondit-elle joueuse.

-Hum..tu les connais pas ces deux-là... Tenu, fit-il en sortant le billet de sa poche.

 

En se retenant de rire ils attendirent patiemment.

 

Justin était dans le bureau et y trouva Brian au téléphone qui se tourna vers lui. Ses yeux brillèrent mais il ne put raccrocher pour autant. Justin se rapprocha.

 

-Oui je comprend Monsieur Coalman... C'est également ce que je pensais... On peut vous présenter une proposition de projet...hum...hum...

 

Justin se rapprocha un peu plus, fit le tour du bureau et vint se placer face à Brian. Il se mit à jouer avec sa cravate avec un regard qui n'aurais trompé quiconque sur ses intentions et certainement pas Brian. Mais son client ne le lâchait pas et il ne pouvait pas raccrocher. C'était sans compter sur Justin qui allait faire le travail à sa place et répondre à leurs attentes. Il lui prit le combiné des mains et le reposa sur son socle tout simplement.

 

-On peut savoir ce que tu fais ? Demanda Brian.

 

Il ne répondit rien et se contenta de regarder Brian avec des yeux qui en disaient long dignes d'un Sahara en plein mois d'août. Sans se préoccuper de ce que demandais Brian il défaisait lentement la cravate fluide de soie noire qui enserrait le cou de son amant. Le tissu glissa lentement émettant un son doux et léger. Brian souleva un sourcil d'interrogation avant de comprendre. Il appuya sur l'intercom.

 

-Cynthia ?

-Oui ?

-Rappelle Monsieur Coalman et dis lui que c'est bon, qu'on s'en occupe et prévois une réunion pour début de semaine prochaine.

-Okay patron !

-Autre chose : le prochain qui me dérange dans l'heure qui suit, il regarda Justin, ou plutôt dans les deux qui viennent je le vire et je l'étrangle pour le principe ! Tout est clair ?

-Oui boss.

 

Brian coupa l'intercom et débrancha le téléphone pour être sur de sa tranquillité.

 

-Aboule les pesetas, fit Ted de l'autre côté du mur un sourire satisfait.

-Tu m'énerves tu gagnes à chaque fois, rétorqua Cynthia, le prochain coup ce sera pour moi.

-Pour me faire pardonner je t'ai amené ça, répondit-il en sortant un baladeur de sa poche.

-Tu es génial!

-Je sais ! Fit-il en minaudant.

-Mais et toi ?

-Pas de soucis, répondit-il en sortant un deuxième baladeur de son autre poche.

-Tu as vraiment tout prévu.

-Avec ces deux-là, il vaut mieux !

 

Cynthia ne put s'empêcher d'éclater de rire et mit les écouteurs en poussant le volume de la musique à son maximum. Elle adorait son patron mais tout de même pas à ce point.

 

Dans le fameux bureau les choses étaient devenues plus concrètes. Justin avait fini allongé sur le bureau, Brian poussant ça et là ce qui gênait.

 

-Attend, fit soudainement Justin, j'ai un truc dans le dos, précisa-t-il devant la tête de son compagnon.

-C'est pas moi !

 

Justin rigola et se redressa sur une main. Il sortit un coupe papier.

 

-Ton ouvre enveloppe à failli me planter !

 

Brian le prit et le jeta par dessus son épaule.

 

-Ça je crois pas y'a que moi qui ai le doit !

-De quoi ?

-Te planter, fit-il avant de fondre sur ses lèvres.

 

Justin étouffa un rire contre sa bouche. 


Audali09  (09.08.2013 à 03:04)

Justin et Brian n'avaient pas encore baptisé Kinnetic ce qui rendait le moment plus excitant encore. A cet instant Justin ne pensait pas où il se trouvait mais seulement à ce corps contre le sien, ses lèvres contre les siennes et se concentrait sur la rangée de boutons noirs qui le séparait de la peau de son amant.

 

-Fais gaffe à ma chemise, grommela Brian entre deux baisers.

-C'est qu'une chemise

-Une armani

-Je t'en rachèterai une, fit Justin avant de lui offrir un large sourire.

 

Il se redressa et réussit -enfin- à retirer la chemise si précieuse. Il enroula ses jambes autour de sa taille se serrant un peu plus contre lui. Il ne lui fallut pas longtemps pour se retrouver une fois de plus dans sa bulle, dans un autre monde, sur une autre planète. Brian le regardait en souriant. Il aimait contrôler les choses mais surtout il adorait être responsable de l'état dans lequel se mettait Justin. Une petite auto-satisfaction qu'il gardait pour lui-même. Mais pour le moment il s'occupait du corps qui gesticulait sous lui.

 

Il lui retira t-shirt et jean à une vitesse affolante. Il prit appui sur ses mains. Il ne regrettait pas d'avoir choisi ce bureau qui s’avérait, après test, parfaitement de circonstances et résistant. Il reprenait son souffle en le regardant dans les yeux. Il repoussa une mèche collée sur le front de Justin. Ce dernier ouvrit lentement les yeux souriant, la bouche entrouverte, le souffle court.

 

Justin de son côté était une fois de plus fasciné par le regard que lui portait Brian. A certains instants il avait une façon de le regarder : énigmatique, mystérieuse, violente et passionnée. Il se trouvait totalement renversé lorsque Brian le regardait avec ces yeux mais aussi perplexe. C'était un des rares regards qu'il n'avait jamais su déchiffrer. Il reprit sa bouche.

 

La main sur ses reins Brian commença un long mouvement ample. Justin se cambra sous la sensation. Il se mordit la lèvre alors que ses doigts s'enfonçaient dans la peau de son amant. Il plaqua ses hanches contre les siennes prenant son rythme se laissant totalement envahir par les émotions. Il glissa sa main dans ses cheveux le souffle coupé.

 

 

De l'autre côté de la cloison, Ted, prenait sa pause de midi en révisant les dernières campagnes d'un point de vue financier. Un sandwich et Pavarotti poussé au maximum dans ses oreilles lui permettaient de se concentrer sur les pages et les pages de chiffres qui allaient certainement lui prendre son après-midi. Il recalculait un budget lorsqu'il vit Tim débouler dans l'agence et courir vers le bureau de Brian.

 

Ni une ni deux Ted s'arracha à ses chiffres et sa musique et se précipita dans la direction que prenait Tim avant de lui barrer la route.

 

-Où vas-tu ? Demanda-t-il.

-Bonjour Monsieur Schmitt, fit Tim essoufflé, il faut que je vois d'urgence Monsieur Kinney.

-A quel sujet ?

-La campagne I-Tik, c'est urgent il faut que je lui en parle, dit-il avant d'entendre un bruit sourd et des rires de l'autre côté de la porte de son patron.

 

Il regarda Ted interrogatif.

 

-Pour ton bien psychique et futur je te conseille de ne pas entrer dans ce bureau pour le moment.

-Mais...

-Concernant la campagne I-Tik tu peux me remettre le dossier sauf si cette information peut attendre encore deux heures, poursuivit Ted d'un air entendu.

-Je...

-Enfin je suis l'associé de Monsieur Kinney et par conséquent lorsqu'il n'est pas libre, comme pour le moment, je suis ton supérieur hiérarchique et donc si je te dit de ne pas entrer dans ce bureau tu ferais mieux de m'écouter.

Tim déglutit, cette dernière réplique lui avait coupé le sifflet. De tous les employés de Kinnetic Brian Kinney et Ted Schmidt étaient ceux qui lui fichaient le plus la frousse. Brian Kinney était plus impulsif et direct que son associé Ted. Ce dernier faisait presque plus peur à Tim que le big boss. Son côté calme et imperturbable lui faisait froid dans le dos. Il ne l'avait jamais vu s'énerver ce qui le rendait encore plus inquiétant.

 

Muet il lui tendit le dossier et baissa les yeux.

 

-Je te remercie. Tu peux y aller je te donne ton après-midi on dirait que tu n'as pas dormi depuis une semaine, termina Ted en le congédiant.

 

Tim n'avoua pas qu'il n'était pas loin de la vérité, la campagne I-Tik lui ayant pris tout son temps. Il le remercia, lui souhaita une bonne après-midi et fila sans demander son reste. Ted le regarda partir presque en riant et repris sa place derrière son bureau. Il remis ses écouteurs et se plongea dans le dossier I-Tik ''si urgent''.

 

Fuck...pensa-t-il, Brian grouille-toi on est dans la merde là...

 

Il étudia le dossier à fond et se demanda comment il allait pouvoir exposer le problème à Brian sans déclencher une esclandre dépassant toute imagination.

 

 

Dans le bureau allongés sur le canapé Brian et Justin fumaient tranquillement une cigarette. Un bras sous la nuque Brian regardait les volutes de fumée tournoyer vers le plafond. Sans trop savoir pourquoi il se projeta quelques années en arrière lorsqu'un certain Kip Thomas avait bien failli le mettre dans la merde. Là aussi tout était parti d'un bureau mais il préférait sans conteste le bureau dans lequel il se trouvait actuellement.

 

Justin la tête sur le ventre de Brian écoutait sa respiration loin de toutes les réflexions de son conjoint. Il releva la tête lorsqu'il le vit pensif.

 

-A quoi tu penses ? Demanda-t-il en prenant sa cigarette.

-Un ami commun.

-Qui ?

-Un certain Kip Thomas, répondit Brian en le fixant.

 

Justin se redressa et tira sur la cigarette en le regardant avec insistance.

 

-Hum, je vois que Debbie n'a pas su tenir sa langue.

-Elle m'a seulement dit que tu m'avais sauvé la mise.

-Quand ?

-En février lorsque tu étais encore à New-York.

 

Justin n'eut pas besoin de savoir à quel moment exact Debbie en avait parlé à Brian il sut exactement de quelle période il s'agissait. D'un accord tacite ils avaient décidés de ne plus jamais parler de ces mois exécrables pour eux deux. La fine cicatrice blanche que portait Justin au poignet droit avait définitivement réglé la question.

 

-C'est vrai, c'est moi qui t'ai sauvé la mise dans cette histoire, dit-il posément.

-Qu'est ce que tu as fais ?

-Tu tiens vraiment à la savoir ? C'était il y a des années.

 

Au regard qu'il lui jeta Justin sut qu'il ne le lâcherai pas.

 

-Je n'ai rien fait j'ai juste joué la carte du père tyrannique homophobe.

Brian leva un sourcil interrogateur.

 

-Bon d'accord il m'a fait une pipe et je lui ai dit que s'il ne faisait pas ce que je voulais, à savoir retirer sa plainte contre toi, je serai allé voir mon père qui aurait porté plainte contre lui pour détournement de mineur voilà.

 

Brian poussa un soupir en ne cessant de le regarder.

 

-Et c'est précisément pour la tête que tu es entrain de faire que je ne voulais pas t'en parler, fit-il en s'approchant de sa bouche.

 

Il l'embrassa avec gourmandise glissant ses doigts derrière sa nuque. Quand à Brian il ne savait pas quoi penser de ce qu'il venait d'entendre. Justin devait vraiment l'aimer comme un dingue pour faire ce qu'il avait fait, seulement pour lui. Comment avait-il pu être aussi insensible ? Mais surtout manquer d'autant de tact ?

 

-Ce qui me fait penser, reprit Justin, que du coup tu as une dette envers moi, fit-il en minaudant.

 

Brian ne put s'empêcher de rire l'arrachant à ses réflexions.

 

-Ah oui ? Demanda-t-il.

-Hum, hum, acquiesça Justin.

-Et donc ?

-Donc j'aimerai bien organiser une petite fête à Britin, une sorte de pendaison de la crémaillère si tu préfères.

 

Brian le regarda avec des yeux ronds.

 

-Là je t'ai eu, fit Justin avec un clin d'oeil. Alors qu'est ce que tu en penses ?

-Ça va te coûter très cher, susurra Brian en plissant les yeux.

-Hum je ne demande pas mieux, fit Justin en se levant. Faut que j'aille bosser.

 

Il récupéra ses vêtements éparpillés un peu partout et se rhabilla sous l’œil gourmand de son partenaire.

 

-Ne compte pas sur moi pour t'aider, fit Brian toujours langoureusement allongé.

-A quoi ? Me rhabiller ou pour organiser la soirée ?

-Les deux.

-Hum...je sais, répondit Justin en se penchant vers lui.

 

Il prit sa bouche dans un baiser effréné. Il se releva prit son sac et rejeta sa veste contre son épaule.

 

-Je t'aime

-Barre toi petit soldat avant qui me prenne l'envie de te baiser contre la porte.

-Là je veux bien que tu m'aides, fit Justin avec un clin d'oeil, Babylon ce soir ?

-Yep !

 

Justin quitta le bureau légèrement euphorique comme à chaque fois qu'il quittait les bras de Brian. La soirée allait être longue à attendre.

 

-Salut Ted !

-Au revoir Monsieur Kinney, fit ce dernier souriant.

 

Justin quitta l'agence en éclatant de rire.

 

Il travailla une bonne partie de l'après-midi réfléchissant à son nouveau projet. Il vit arriver la soirée comme son salut légèrement éreinté par le travail. Accoudé au bar il sirotait une bière. Toute la bande s'était réunie ce soir-là.

 

Ils n'avaient pas revu Drew Boyd depuis un bon moment et étaient tous ravis, sans parler d'Emmett, de son retour dans la bande. Il dansait d'ailleurs avec Emmett, Blake, Ben et Mickael tandis que Ted sirotait sa bière près de Justin qui lui n'attendait qu'une personne.

 

C'est à ce moment qu'un mec se risqua à l'approcher, visiblement personne n'avait jugé bon de le prévenir.

Il n'eut pas le temps de dire un mot qu'une main se posait sur son épaule.

 

-Je peux t'aider ? Demanda Brian dont les yeux lançaient des éclairs.

-N..non, fit-il en bégayant avant de s'éloigner. Ce couple blond-brun était inaccessible sauf si on était suicidaire mais ça il ne le sut qu'après.

 

-Tu es un vrai tyran, fit Justin en se pendant à son cou.

-C'est comme ça que je suis irrésistible, répondit Brian avec un sourire carnassier.

 

Justin ne put s'empêcher de rire.

 

-Serais-tu jaloux ?

-C'est un mot qui ne fait pas partie de mon vocabulaire.

-Bien sur...répondit Justin avant de l'embrasser.

 

Ils dansèrent toute la nuit collés serrés oubliant tout le reste. La bande se fatigua avant eux. Ils rentrèrent sous les coups de 4h du matin.   


Audali09  (16.08.2013 à 04:27)

Justin n'arrivait pas à dormir. Depuis qu'ils étaient rentrés du Babylon il ne cessait de se tourner dans le lit et avait préféré se lever laissant Brian dormir. En jogging et débardeur il était assis sur le canapé un genou remonté contre sa poitrine, une cigarette à la main.

 

Il ne cessait de penser à sa réunion plus tôt dans la matinée avec John et Elisabeth à la galerie. Il était clair que la proposition l'intéressait et qu'il rêvait de partir exposer en Europe. Mais d'un autre côté il ne pouvait passer outre qu'il n'était pas seul et qu'il ne pouvait pas laisser Brian et partir ainsi à l'aventure sur le vieux continent. Il était parti un an à New-York, ce qui avait failli lui coûter bien plus qu'il n'avait imaginé, et maintenant l'Europe !

 

Il tira sur sa cigarette et poussa un soupir les yeux dans le vague. Comment allait-il en parler à Brian ?

 

Là c'était l'Europe mais le prochain coup ce serai quoi la Russie ? Plus loin encore ? Il se pinça l'arête du nez, les sourcils froncés.Pourquoi fallait-il que ce soit si compliqué ? Mais cette fois-ci il n'y aurait pas un tiers il serait seul à prendre sa décision ce qui le perturbait encore plus. Qu'est ce qu'il devait faire ? Sa carrière ? Brian ? Depuis quand devait-il faire un choix entre les deux ?

 

Il se passa la main dans les cheveux. Il écrasa sa cigarette et en sortit une autre. La lumière rougeoyante du briquet éclaira quelques secondes ses yeux. Le front dans la main, il fixait le tapis essayant d'y trouver des réponses. Il ne savait pas ce qu'il voulait et c'est ce qui l'effrayait le plus mais le dégoûtait aussi : comment envisageait-il une seconde de faire passer sa carrière avant Brian ?

 

-Et merde...chuchota-t-il.

 

Qu'est ce qu'il était censé faire ? Après de nombreuses batailles et souffrances il était enfin arrivé à tout ce qu'il voulait. Ce qui lui avait paru impossible moins de deux ans plus tôt était désormais tout à lui et il n'avait plus qu'à en savourer chaque minute de chaque jour. Et là John était arrivé avec l'Europe. Et bien que la proposition était plus que tentante elle revenait foutre le bordel dans un équilibre qui venait à peine de se faire.

 

Justin ressentit soudain une grande lassitude : pourquoi les choses ne pouvaient se dérouler tranquillement, sans complications ? Un petit sourire se peignit sur son visage : leur vie ne pourrait jamais se dérouler tranquillement parce que c'était Brian et lui. Et il n'aimait que davantage cette vie justement parce qu'il la partageait avec Brian.

 

-A quoi tu penses ? Fit Brian en s'approchant voyant que Justin n'était plus dans leur lit.

-Hum ? Rien, répondit Justin en relevant la tête, j'arrive juste pas à dormir.

-Je commence à te connaître depuis le temps et s'il y a bien une chose que je sais c'est que tu es une vraie marmotte lorsqu'il s'agit de sommeil et que je suis le seul, hormis ce qui te tracasse en ce moment, qui est capable de te tenir éveillé en pleine nuit.

 

Justin lui répondit par un sourire. Voilà comment il aimait la vie : avec Brian.

 

-Je t'assure c'est rien.

 

Brian le regarda par en dessous lui faisant bien comprendre qu'il était tout sauf idiot. Il vint s'asseoir près de lui sur le canapé du salon. Justin prit une inspiration et préféra se lancer, il lui était de toute façon inconcevable de mentir à Brian.

 

-J'ai eu une réunion avec John et Elisabeth à la galerie ce matin avant de partir.

 

Il se tourna vers Brian qui l'écoutait attentivement.

 

-Ils m'ont fait une proposition, fit-il en reprenant. Ils m'ont proposé de partir en Europe pour exposer, à Londres pour être plus précis, dit-il en détournant les yeux.

 

En entendant l'information le cœur de Brian manqua un raté mais il demeura cependant impassible.

 

-Et c'est ça qui t'empêche de dormir ? C'est plutôt une bonne nouvelle, répondit-il malgré tout.

-Tu comprends pas, soupira Justin.

-Explique moi alors.

-Tu ne te rends pas compte de ce que ça implique !

-Et qu'est ce que ça implique ?

-Toi et moi, fit Justin.

-Je ne vois pas le rapport.

-Fais pas semblant de ne pas comprendre.

-Mais c'est pas ce que je fais.

 

Justin poussa un soupir.

 

-Tu veux pas m'expliquer ce qui t'embête vraiment ?

-...

-Bon, quand devrais-tu partir ? Demanda-t-il devant son absence de réponse.

-Dans un an, vers septembre-octobre.

-Combien de temps ?

-Minimum un mois mais John m'a dit que je devrais certainement rester plus longtemps.

 

Ce coup-ci la réponse coupa net Brian qui une fois de plus manqua un raté.

 

-Voilà, maintenant tu sais ce que ça implique.

-Qu'est ce qui t'embête réellement ? Demanda-t-il cachant toujours son trouble. Ce soir c'était Justin qui avait besoin de lui.

-Si je pars c'est nous mettre entre parenthèse.

-Attend, attend, qu'est ce que tu veux dire par nous mettre entre parenthèse ?

 

Justin ce passa la main dans les cheveux et se leva. Il commença à faire les cent pas dans la pièce.

 

-Pourquoi faut toujours que ce soit aussi compliqué ? Pourquoi c'est jamais simple ? Lâcha-t-il pour lui même.

 

Brian ne répondit rien et attendit calmement qu'il s'y retrouve dans ses idées.

 

-J'ai eu tout ce que je voulais et même bien plus alors pourquoi est-ce qu'il en faut toujours plus ? J'ai toujours su que je voulais être artiste c'est ancré en moi comme la couleur de mes yeux ou des mes cheveux je pourrais jamais aller contre ça parce que c'est moi. Mais tu es aussi là et je ne peux pas non plus aller à l'encontre parce que ça fait aussi partie de ma personne. Partir en Europe c'est une lourde décision parce que je vais mettre tout ce qu'on à construit ensemble entre parenthèse pour partir sur un autre continent pour ma carrière. Et depuis quand je dois choisir entre toi et mon travail ? Ça me rend dingue !

 

Ils avaient atteint le nœud du problème et Brian comprenait ce qu'il ressentait.

 

-Je sais ce que tu va me dire que tu ne veux pas de sacrifices et certainement pas pour toi et que c'est une opportunité pour ma carrière. Mais je ne peux pas toujours résonner comme ça parce que sinon il n'y a plus de limites à rien. Tu es aussi important que ma carrière si ce n'est plus et je refuse de te mettre au second plan à cause de mon boulot. Voilà ce qui m'empêche de dormir.

 

Justin ne put s'empêcher de souffler, ça l'avait un peu soulagé de vider son sac. Brian le regardait attentivement sans broncher. Justin ne put soutenir son regard plus longtemps, il se retourna et se dirigea vers la fenêtre les bras croisés. Il détestait ce qu'il venait de dire mais il n'aurait pas pu le cacher à Brian. Ce dernier avait encaissé tout ce qu'il venait d'entendre. Il se leva et se dirigea vers la seule personne qui désormais comptait plus que tout le reste.

Il s'approcha. Justin ferma les yeux quelques secondes ; tout paraissait tellement loin et simple lorsqu'il sentait ces bras autour de lui.

 

-Je ne vais pas te dire que je ne veux pas de sacrifices d'abord parce que la phrase commence à être périmée, Justin ne put réprimer un rire, et ensuite parce que lorsque je te l'ai dit c'était il y a plus d'un an et tout était différent à cette époque. Je te dirais ceci : je ne veux pas de sacrifices, reprit-il en souriant, parce que désormais il n'y a plus de raisons d'en faire.

 

Il tourna Justin qui avait toujours les yeux baissés. La main sur sa nuque il prit son menton entre ses doigts et lui releva le visage vers lui.

 

-Regarde moi Justin Taylor-Kinney, fit-il avec une voix grave et sérieuse.

 

Justin releva les yeux vers lui et vit dans son regard plus d'amour qu'il n'en avait jamais vu.

 

-Ensuite je te dirais ceci : tu te souviens de ce que je t'ai dit à notre mariage ? « Je n'ai aucunes certitudes, je ne sais pas de quoi demain est fait mais ce dont je suis sur et dont je ne douterais plus à présent c'est que je t'aime toi, tout ce que tu est et tout ce que tu représentes et personne d'autre » et ces mots n'ont jamais été aussi vrais qu'aujourd'hui. Parce que même si j'ai mis du temps à comprendre à tout ça, aujourd'hui je sais ce que je veux et surtout ce que je ne veux pas et que tu partes en Europe ne changera rien à ça je serai toujours là quand tu reviendras, poursuivit Brian.

 

-Enfin dans le contrat il est écrit pour le meilleur et pour le pire et si ton départ en Europe c'est le pire je trouve que le deal est plutôt bien respecté, ça pourrait être pire, fit Brian avec un clin d'oeil. Et puis tu me connais je respecte toujours mes engagements, termina-t-il avec un sourire.

 

Justin n'y tenant plus vint se blottir contre lui en fermant les yeux.

 

-Qu'est ce que je ferai sans toi ? Murmura-t-il.

-Pas grand chose je dirais, je suis assez parfait et indispensable ! Répondit Brian ironique.

 

Justin ne put s'empêcher de rire. Ils partirent se coucher sans un mot de plus tout avait été dit et Justin apaisé pour un temps.

 

Mais l'ombre au tableau se rapprochait de plus en plus et n'avait pas les couleurs de l'Europe mais se trouvait bien plus proche qu'il ne pensait. 


Audali09  (17.08.2013 à 15:28)

Le lendemain, Justin retrouva Britin avec un plaisir non feint. Tout lui plaisait dans cette maison, c'était son hameau, son lieu reculé, son coin de paradis et de tranquillité. Mais surtout dans ce lieu loin de la vie tumultueuse de Pittsburgh ou New-yorkaise il n'y avait que lui et Brian. Et retrouver son atelier fut pour lui le summum.

 

Au fil des jours le quotidien repris sa place mais c'est surtout le travail qui repris très vite le pas sur leurs vies. Brian était en plein dans le rush de la rentrée. Quand à Justin son expo de janvier allait, malgré tout, arriver très vite et le travail n'allait pas diminuer dans les semaines qui allaient venir.

 

Pour le moment Justin travaillait dans le jardin. C'était un endroit qu'il appréciait beaucoup. La surface était grande mais il préférait un lieu en particulier : un vieux grand saule pleureur qui se trouvait à quelques mètres de la terrasse et de la piscine. C'était devenu son endroit privilégié où il aimait se rendre pour dessiner, penser.

 

En tailleur près du tronc d'arbre noueux, il était entouré de livres, de feuilles à dessin. Il mordillait son crayon de bois tout en réfléchissant à ses nouveaux projets. L'enjeu du mois de janvier était de taille et il n'avait qu'une envie exceller dans de nouveaux domaines. Il avait subitement l'envie de se lancer dans la sculpture et avait quelques idées d'installation mais tout restait à faire.

 

Brian travaillait également sur ses campagnes en cours. Installé dans la cuisine sur le plan de travail il sirotait son café. Instinctivement il tourna la tête vers les baies vitrées ouvertes sur le jardin. Il vit Justin penché sur ses livres. Un sourire inconscient se peignit sur son visage. Que de chemin parcouru ces dix dernières années et il devait bien admettre qu'il était chanceux. Il y a dix ans il ne se serait jamais cru où il se trouvait désormais. Il y a juste six ans il n'y aurait jamais pensé.

 

Il se souvenait de ce fameux soir de sortie de Babylon. Une autre soirée, une autre débauche, un autre excès comme l'était son quotidien à cette époque. Lorsqu'il était sortit, plaisantant avec ses amis, il avait vu ce jeune blond la démarche nonchalante qui avait immédiatement attiré son regard. Malgré sa jeunesse quelque chose l'avait irrémédiablement attiré. Il n'avait su définir ce détail qui l'avait distingué de tout les autres. Cette rencontre, ce soir là, avait tout changé dans sa vie.

 

Justin toujours plongé dans ses livres ne l'entendit pas arriver.

 

-On bosse pas le samedi Sunshine, fit Brian avant de l'embrasser.

 

Le livre qu'il tenait tomba à ses genoux. Il lui sourit.

 

-Et depuis quand on ne travaille pas le samedi ?

-Depuis que je l'ai décidé.

-Oh je vois, fit Justin les yeux rieurs.

-Et depuis quand portes tu des lunettes ? Demanda Brian.

-Depuis que j'en ai besoin, je commence à me faire vieux tu sais, fit-il sur un ton faussement sérieux.

-Hum...ça te rend ultra sexy pour un vieux, susurra Brian en s'allongeant sur lui.

 

Justin ne put s'empêcher de rire. Sans cesser de l'embrasser Brian les lui retira et les déposa sur un des livres.

 

-Hum...qu'est ce que tu fais ? Faut que je travaille, répliqua Justin.

-Je griffonne, chuchota Brian.

-Ça c'est ma phrase...

-Tout ce qui est à toi est à moi, répliqua Brian.

 

Justin étouffa un rire contre ses lèvres alors que ses doigts s'entortillaient dans ses cheveux.

 

-Sérieusement Brian faut que je travaille j'ai une tonne de trucs à faire cette après-midi.

-Quoi donc ?

-La soirée de ce soir.

 

La réponse stoppa Brian. Il se redressa et regarda Justin sans comprendre.

 

-Oui tu sais la pendaison de la crémaillère, fit-il avec un large sourire fier de sa victoire.

-C'est pas vrai je pensai que tu avais oublié, ronchonna Brian.

-Tu as une dette.

-Et toi un prix à payer, répliqua Brian un sourire carnassier sur les lèvres.

 

Justin éclata de rire et reprit ses lèvres. La cuisine pouvait bien attendre un peu et au pire il serait en retard mais peu importe c'était ''tendance''.

 

Brian passa sa main sous son t-shirt bleu pâle faisant frissonner Justin. Ce dernier glissa ses doigts sur la peau de son amant remontant le long de sa colonne. Leurs jambes s'étaient emmêlées leurs pieds nus se taquinant.

 

Ils n'avaient pas besoin de réfléchir, leurs corps s'adaptaient l'un à l'autre de manière naturelle, spontanée comme s'ils s'étaient toujours connus. Ils se perdaient dans ce qu'ils ressentaient mélangeant leurs émotions, voyageant l'un avec l'autre. Plus rien n'existait autour d'eux. Ils partaient dans des paysages lointains, le long de collines silencieuses, au bord de cours d'eaux apaisants, dans des forêts secrètes et mystérieuses, au milieu d'espaces scintillants d'émotions, éclatants de sensations.

 

Cœurs à l'unisson, les souffles se mêlaient ne faisant plus qu'un. Il n'y avait pas à penser. L'intensité sismique les liait chaque jour un peu plus. Tel un volcan en ébullition, une force de la nature, les submergeaient l'un l'autre et plus rien n'existait, tout s'oubliait : ils s'oubliaient.

 

Il sentait le corps vibrant de Brian contre le sien. Ses doigts parcourir la courbe de ses hanches, ses côtes, glisser lentement vers son bras, au dessus de sa tête. Doucement frôler le creux de son coude puis caresser les lignes de son poignet, entrer dans la paume de sa main et nouer ses doigts aux siens. Il sentait ses lèvres contre les siennes, ce léger et doux appui. Telles des gouttes d'eau, la vie, la chaleur semblait s'y répandre. Ses doigts posés au creux de sa nuque où des petites mèches sombres dansaient traçaient des arabesques.

 

Tel un écrin ; la nature, dans le cœur de cet arbre, était accueilli les deux amants dont l'éternité s'emparait brusquement. Le temps semblait avoir suspendu sa course.

 

Brian s'imprégnait de sa peau sentant son ventre se soulever au rythme de sa respiration tout contre lui. Il voyait, il ressentait son corps. Les jambes glissaient l'une contre l'autre. Il sentait sa gorge frémir frôlée par la peau de ses lèvres.

 

Les dents de Justin accrochaient ses lèvres puis se relâchant, glissant lentement. La bouche entrouverte dans une respiration muette il quittait la force de gravité se perdant lui-même dans un tourbillon des sens. Les paupières closes, ses longs cils papillonnaient sous le délice des mouvements. Ses doigts imprimés au creux de ses reins l'électrisait parcourant tout son corps d'une douce chaleur.

 

Sa bouche remontait le long de sa gorge, à la commissure de ses lèvres. Ses doigts redécouvraient sa peau, son odeur, sa couleur, ses formes. Son souffle s'accélérait. Ce regard, ses yeux d'eau qui le fixait le transperçant de toutes parts. Leur univers s'était arrêté de tourner explosant dans un milliers d'électrons. Les tambours de leurs cœurs s'apaisaient à nouveau. Leurs yeux s'accrochaient, les mots étaient inutiles parce qu'ils venaient de vivre, partager, aimer. Ce sourire valait tout l'or du monde.

 

Il traçait les contours de son visage comme une plume sur une feuille. Reprenant ses lèvres il voulait s'y perdre encore et encore, ressentir, respirer à y perdre haleine. Suffoquer.

 

A nouveau tout oublier.


Audali09  (19.08.2013 à 04:56)

A vingt heures la plupart des invités commençaient à arriver bien que Justin, à plusieurs reprises, est dû leur indiquer la route.

 

Il finissait de s'habiller dans la salle de bain lorsque les premiers arrivèrent. Il jeta un dernier coup d'oeil dans la glace mit des bottines noires légèrement montantes qu'il prit dans le dressing et descendit les marches en direction de l'entrée.

 

Derrière la porte il retrouva quatre visages souriants : Debbie, Carl, Emmett et Drew.

 

-Bonsoir, firent-ils en chœur.

-Bonsoir, répondit Justin dans l'encadrement de la porte. Entrez.

 

Il prit leur manteau et les laissa pénétrer dans l'entrée .

 

-Oh mon God! Fit Emmett.

-Dieu du Ciel! Répliqua Debbie.

 

Derrière Justin ne put réprimer un sourire; exactement la réaction à laquelle il s'était attendue. La même que la sienne la première fois.

 

Debbie et Emmett ne cessaient de regarder partout autour d'eux. Drew ne put réprimer un sifflement d'admiration.

 

-Oh mon ange, fit Debbie en se tournant vers Justin, mais qu'est ce que c'est que ce palace ?

 

Justin éclata de rire. Il n'eut pas le temps de répondre la sonnette de l'entrée retentissait. Il alla ouvrir la porte : Ted, Blake, Mickael et Ben.

 

-Bonsoir, fit Justin.

 

Les quatre amis avaient les yeux comme des soucoupes. Leur effarement avait déjà commencé en arrivant dans l'allée de la maison. Mickael en particulier n'en revenait pas.

 

-Entrez, dit Justin en ouvrant la porte avec un large sourire. Secrètement il était ravi du petit effet Britin sur ses amis.

 

Ils rejoignirent les autres au salon.

 

-Eh bien dit moi, vous habitez vraiment là Justin ? Où c'est une grosse blague ? Fit Ted toujours abasourdi.

-Non Ted on habite bien là, répondit Justin souriant.

-Depuis quand ? Demanda Emmett.

-Depuis qu'on est revenus de République Dominicaine.

-Et vous nous mettez au courant que maintenant ? Répliqua Debbie faussement vexée.

 

Justin lui adressa son plus beau sourire.

 

-Eh bien pour quelqu'un qui clamait à qui voulait l'entendre qu'il ne se maquerai jamais, Brian à fait très fort sur ce coup là ! Répliqua Mickael.

-Honey surtout ne lui dit jamais ça il pourrait te tuer, répondit Emmett ce qui déclencha l'hilarité générale.

 

Justin remercia des yeux Emmett, qui lui fit un clin d'oeil souriant.

 

-Hunter n'est pas là ? Demanda Justin à Ben.

-Non, un exposé à finir à la fac.

-Ça marche encore cette excuse ? Fit Justin ironique.

 

Ben rigola. Lui et Justin étaient les seuls à connaître exactement la raison de l'absence ponctuelle d'Hunter.

 

Très vite la sonnerie retentit à nouveau.

C'était Jennyfer et Tucker suivit par Daphnée et Arthur.

 

-Bonsoir mon chéri, fit sa mère en l'embrassant.

-Salut Maman. Tucker, fit-il en lui serrant la main.

-Salut Ju' , fit Daphnée suivie d'Arthur.

-Salut ma Daph', salut Arthur.

 

Tout le monde était quasiment arrivé et les conversations allaient bon train. Jennyfer était admirative devant le travail que Brian et Justin avait fait dans la maison. Elle ne reconnaissait pas le vieux manoir qu'elle avait vendu à Brian.

 

-Mollie ne vient pas ? Demanda Justin en souriant.

-Elle m'a dit qu'elle avait un exposé à terminer à la fac.

 

Justin et Ben se regardèrent et explosèrent de rire. Personne ne comprit leur échange.

 

-Et Brian ? Demanda Debbie.

-Il devait passer à Kinnetic.

-Alors il n'a pas réglé le problème? Demanda Ted.

 

Justin le regarda sans comprendre.

 

-On à commencé une campagne il y a quelques temps. La boite s'appelle I-Tik. Le budget est énorme. La créa à vraiment bossé comme des fous pour avoir le contrat qu'on à finit par avoir. En début de semaine ils nous ont recontacté. Vangard leur à fait une autre offre et ils veulent nous lâcher. Brian était furieux s'il avait eu Gardner Vance sous la main je crois qu'il l'aurait tué.

-L'agence Vangard ? Demanda Justin en fronçant les sourcils.

-Gardner n'a jamais supporté que Brian monte sa propre boite et surtout le mette dans la merde à l'époque de la campagne Stockwell. Mais surtout il le hait depuis qu'on lui à piqué les contrats chez Brown Athletic's et Remson.

-Mais si je me souviens bien à l'époque Brian et Gardner étaient associés non ?

-Oui mais Vance à toujours été le pire des hypocrites. Il à toujours léché les bottes à Brian parce qu'il sait parfaitement que c'est le meilleur.

-C'est pas beau de faire le fayot avec son patron, dit Emmett en rigolant.

-Ça n'a rien à voir. Brian est le meilleur, insista Ted, que je sois associé n'a pas de rapport je le pensai bien avant. Brian fait un travail exceptionnel d'une part il gère son entreprise comme un chef, il n'y a rien à redire là dessus mais surtout il est la tête pensante de toutes les campagnes. S'il n'était pas patron Kinnetic n'existerait pas.

-Eh bien dit moi Théodore, que d'éloges !

-Parce que je le pense Brian, répondit Ted en relevant la tête vers le principal intéressé.

 

Justin se retourna et immédiatement un sourire se peignit sur son visage. Le regard qu'ils se lancèrent n'échappa à personne. Peu de temps après les derniers arrivèrent : Hunter accompagné de Mollie. Justin qui préparait l'apéritif dans la cuisine demanda à sa sœur de venir l'aider.

 

-Avoue qu'en réalité tu n'as pas besoin de mon aide ? Fit sa sœur avec un sourire inquisiteur.

 

Justin se retourna vers elle une bouteille à la main.

 

-Mais si.

-Mon œil. Allez vas-y pose les tes questions.

-Et avoue qu'en fait tu mourrais d'envie de m'en parler.

-On ne peut rien te cacher, fit-elle en levant les yeux au ciel.

-Non, répondit-il souriant. Tiens tu me passe le tire bouchon devant toi s'il te plaît ?

-Alors qu'est ce que tu veux savoir ? Demanda-t-elle en lui tendant l'outil.

-Rien, juste si tu es heureuse.

-Je le suis, fit-elle en plantant son regard dans le sien.

-Où en êtes vous ? Demanda-t-il alors que dans ses mains le bouchon de la bouteille lui résistait.

-Oh tu sais, fit-elle en prenant une tomate cerise, on prend notre temps. On à déjà nos études et puis Hunter à un passé compliqué et il à besoin de temps vis à vis de tout ça.

 

Justin la regarda interloqué alors que le bouchon de liège cédait enfin.

 

-On ne parle pas que de médecine tu sais...fit-elle avec un clin d'oeil.

 

Elle tourna les talons et rejoignit les autres au salon.

 

-Je croyais que tu ne devais pas m'aider ? Fit Justin malicieux en se tournant vers Brian.

-Ce n'est pas ce que je fais.

 

Justin leva un sourcil interrogateur.

 

-J'ai vu ton petit cul de là-bas et j'ai eu envie de m'approcher, fit-il avec un sourire carnassier.

-Bien sur, répondit Justin.

 

Il passa ses mains autour de son cou et prit ses lèvres. Ils furent interrompu par la sonnerie de l'entrée.

 

-Et si tu utilisais plutôt tes mains pour aller ouvrir la porte ?

-Très drôle, répliqua Brian.

 

Justin ne put s'empêcher de ricaner. Il rejoignit leurs invités avec l'apéritif alors que Brian eu la surprise de découvrir les dernier invités de la soirée qui n'étaient autres que : Mél et Lindsay avec les enfants. Justin avait fait la surprise à Brian ne le prévenant pas de leur venue.

 

Brian n'eut pas le temps de réagir que son fils lui sautait dessus. La famille Pittsburghienne les accueillit avec enthousiasme. Brian regarda en direction de Justin. Il n'eut pas besoin de parler Justin compris immédiatement le message et il en était plus que ravi. Il avait touché juste.

 

Peu de temps plus tard Justin fit visiter la maison. Jennyfer et Debbie étaient émerveillées et Brian ne cessait de rire sous cape alors que Justin tentait tant bien que mal de garder son sérieux. Gus adora sa chambre et s'empressa d'aller l'explorer. Justin laissa Brian avec son fils et les mena dans la dernière pièce de la maison : son atelier qui ravit sensiblement l'assemblée. Tucker s'intéressa de près à son travail et lui posa de nombreuses questions censées. Quand à Mickael il commença à parler du nouveau numéro de Rage qui était attendu avec impatience par tous les fans.

 

Ils redescendirent tous à la salle à manger. Daphnée au bout du plan de travail de l'atelier de Justin attendit.

Voyant qu'elle souhaitais lui parler il attendit. Elle le regardait en souriant.

 

-Je suis très heureuse pour toi, fit-elle. Sérieusement, tu t'es battu pour ce que tu voulais et je trouve que tu as extrêmement bien réussi. Sans parler de Brian je suis heureuse que tes choix de vie t'es mené où tu le souhaitais et que tu n'ai pas laissé ton passé et Hobbs détruire tout ça.

 

En entendant ce nom Justin frissonna.

 

-Mais maintenant que je vois tout ce que tu as construit avec Brian j'en suis encore plus heureuse et fière pour toi, poursuivit Daphnée.

-Merci, ça me touche beaucoup ce que tu me dis, fit Justin en la prenant dans ses bras.

-Arrête tu vas me faire pleurer, répondit-elle.

 

Ils éclatèrent de rire tous les deux et redescendirent au salon bras dessus, bras dessous. L'ambiance bonne enfant avait pris le dessus et les conversations allaient bon train parlant de tout et de rien. Les rires fusaient.

 

-Excusez-moi, fit Emmett en prenant la parole. Alors les garçons, dit-il en se tournant vers Brian et Justin, je ne savais pas vraiment quand vous l'offrir mais je crois que ce soir est tout désigné.

 

Il leur tendit une boite rectangulaire noire.

 

-Il à acheté des torchons, chuchota Brian près de l'oreille de Justin qui ne put s'empêcher de ricaner.

 

La boite contenait un album à la couverture noire et blanche ainsi que deux dvds. Ils ne comprenait pas trop de quoi il s'agissait. Justin prit l'album et l'ouvrit. En voyant la première photo sa mâchoire faillit se décrocher. C'était...

 

-Les photos du mariage, s'écria Justin.

 

Emmett était ravi de son petit effet.

 

-Les deux dvds c'est la cérémonie et le film de la soirée et du week-end.

-Merci Em, fit Justin.

-Je t'en prie Bébé, je ne fait que mon travail, termina-t-il avec un clin d'oeil.

 

Ils passèrent la demi-heure qui suivit à regarder les photos, certaines touchantes, d'autres marrantes. Ils ne purent s'empêcher de rire lorsqu'ils virent des clichés des invités surpris en pleine préparation offrant des situations très cocasses. Mais les plus belles photos était certainement celles de la cérémonie. Brian se surprit lui-même en voyant son expression. Les photos se poursuivaient avec l’apéritif, les photos de groupe.

 

Un cliché en particulier plus énormément à Justin. C'était lui et Brian qui semblait avoir été pris sur le moment. Seuls, Brian l'avait pris dans ses bras et Justin contre lui rigolait à ce qu'il lui disait dans l'oreille. Il devait aimer et conserver cette photo durant de nombreuses années. Des photographies de famille, entre amis, avec des collègues, de la première danse, de la pièce montée, du dimanche qui suivait. Le gros album devait contenir plus d'une centaine de clichés.

 

Justin ne cessa de remercier Emmett. Brian fut plus discret mais son sourire n'échappa à personne.

 

La soirée se poursuivait tranquillement.

 

-Vous restez combien de temps ? Fit Brian en direction de Lindsay près de lui.

-Un peu plus d'une semaine, répondit-elle.

 

Brian se tourna vers elle le regard interrogatif.

 

-Remercie Justin c'est lui qui à tout organisé, fit-elle avec un large sourire.

 

Brian tourna la tête vers Justin en grand conciliabule avec Ben, Tucker et Blake. Le jeune homme sentit ses yeux sur lui et lui adressa un sourire sans cesser sa conversation.

 

Mickael était tout à sa fille aux côtés de Mélanie. Il l'a trouvait encore changée depuis qu'ils s'étaient vu au mariage. Il avait toujours voulu fonder une famille mais se retrouver réellement père avait tout changé dans sa vie. Il s'était sentit grandi. Ce petit être était venu tout chambouler et pas un jour ne se passait sans qu'il pense à sa fille. Elle était venue atténuer les maux, les douleurs dans sa vie. Son éternel regret fut que Vic n'ait pu la connaître. Mais en sa mémoire il en ferait la meilleure fille du monde. Même en pensant à Brian sa fille avait apaisé les choses. Son trop plein d'amour il pouvait désormais l'envoyer tout à sa fille à Toronto ou ici à Pittsburgh.

 

Depuis le début de la soirée Justin avait remarqué un froid en Mélanie et Lindsay et il n'arrivait pas à comprendre ce qui passait entre les deux femmes. Sa théorie se vérifia lorsqu'il vit Mélanie quitter le salon et sortir sur la terrasse. Voyant que tout le monde était occupé et que son absence ne gênerait pas outre mesure il se leva à son tour et la rejoignit.

 

Il ferma la porte vitrée derrière lui. Elle était sur les deux marches de la terrasse qui conduisait à la piscine. Silencieusement, de dos elle fumait une cigarette. Tranquillement il vint s'asseoir près d'elle.

 

-Je peux t'en prendre une ?

-Bien sur, fit-elle en lui tendant son paquet de malboro.

 

Il l'alluma et ils restèrent quelques secondes à fumer en silence.

 

-C'est une belle nuit, finit par dire Justin.

-Et une très belle maison, fit Mélanie en souriant.

 

Justin eut un petit rire. Il tira une nouvelle bouffée de sa cigarette. Sans trop savoir pourquoi la présence du jeune homme apaisait Mélanie. Sa brouille avec Lindsay perdurait et elle se sentait de plus en plus mal.

 

-Tu sais, commença Justin, je trouve qu'on n'a jamais beaucoup parlé tous les deux et je le regrette surtout maintenant que vous êtes à Toronto.

 

Elle le regarda et écouta attentive.

 

-Je ne sais pas ce qui ce passe entre toi et Lindsay et de toute façon ça ne me regarde pas. Mais j'ai vu que quelque chose n'allait pas. Je n'aime pas voir des membres de ma famille souffrir et je voulais que tu saches que si tu avais besoin de parler de quoi que ce soit je suis là.

 

Elle le regarda touchée par ce qu'elle venait d'entendre.

 

-Ce doit être mon trop plein d'amour du moment, fit Justin avec un clin d'oeil.

 

Mélanie lui adressa un sourire. Il continua de fumer à nouveau en silence. Il n'attendait pas qu'elle lui réponde mais lui signifiait simplement qu'il était présent pour les personnes qu'il aimait. Mélanie était réconforté par sa solitude, c'était bien le jeune homme qu'elle avait connu mature, curieux, soucieux, attentif du monde qui l'entourait. Elle avait toujours été surprise du couple que formait Brian et lui sans compter que ses relations avec Brian n'avait pas commencé sous les meilleurs hospices. Mais en les voyant à leur mariage et ce soir elle comprenait mieux pourquoi ces deux hommes s'aimaient d'un amour que personne ne comprendrait jamais hormis eux.

 

-On s'est disputées il y a quelques temps avec Lindsay.

 

Justin se tourna vers elle attentif, compréhensif à l'avance. Il s'étonnait qu'elle se confie à lui. Sur ce point elle ressemblait à Brian ; elle ne s’épanchait jamais en confidence préférant tout garder pour elle, se cachant derrière une façade.

 

-Tu as beaucoup de chance,fit-elle.

-Pourquoi est ce que tu me dis ça ?

-Tu as trouvé quelqu'un qui te correspond, avec qui tu t'entend. Tout semble si parfait, si simple lorsqu'on vous voit comme ce soir.

-Si je peux te rassurer rien n'est jamais simple avec Brian, fit Justin ironique.

 

Elle semblait au bord des larmes. Justin passa un bras autour de ses épaules. Ils n'avaient jamais été aussi proches qu'en cet instant. Elle souffla pour se reprendre.

 

-Mélanie qu'est ce qui ce passe ? Demanda-t-il doucement.

-Tu sais j'aime Lindsay vraiment. Mais il y a des moments où j'ai l'impression que quoi que je fasse ça ne sera jamais assez.

 

Il l’encouragea du regard.

 

-Elle m'a dit que Pittsburgh lui manquait. Que toute sa famille était ici et que bien sur Brian était ici. Qu'on étaient parties sur un coup de tête et qu'elle ne savait pas si elle voulait rentrer ou rester à Toronto. Tu sais depuis la naissance des enfants j'ai l'impression que parfois un fossé s'est creusé entre nous. Depuis la naissance de JR j'ai toujours l'impression qu'elle fait passer Gus avant notre fille et...

 

Justin continuait d'écouter sans la juger.

 

-Et elle ramène toujours Gus à Brian. Excuse moi de te dire ça c'est pas cool vis à vis de toi.

-Non Mélanie je comprend. Ça ne me vexe pas.

-Je sais que Brian est le père de Gus et je le respecte mais Lindsay revient toujours là-dessus comme si je n'avais pas ma place dans cette histoire.

-Je comprend ce que tu veux dire. Mais tu sais Brian m'a dit que Lindsay était venue à Pittsburgh avec les enfants lorsque j'étais à New-York. Ils ont discuté de ça. Visiblement, de ce qu'il m'a expliqué, il a essayé de lui faire comprendre qu'il fallait qu'elle cesse de toujours le mettre entre vous. Il lui à dit que c'était toi et Lindsay qui aviez eu Gus et non elle et lui qu'il soit son père ou non. Il lui à fait comprendre qu'il avait sa vie et qu'elle n'avait pas à l'intégrer continuellement dans votre vie de famille. Je suis assez d'accord avec ça.

 

Elle le regarda interloquée n'ayant eu vent de cette conversation.

 

-Tu devrais en discuter avec elle, vraiment. Prendre le temps d'exprimer ce que tu ressens pour pouvoir aplanir les choses dans votre couple. Je sais que ce n'est pas simple de faire le premier pas et que tu as sans doute, de surcroît, toujours l'impression que c'est toi qui le fait mais fais moi confiance ça ira mieux après. Et crois moi je sais de quoi je parle, j'ai du en faire des premiers pas et des concessions pour en arriver où j'en suis maintenant avec Brian, termina-t-il avec un sourire.

-Ça j'en suis persuadée.

 

Ils rigolèrent quelques instants.

 

-Je dois te dire que je suis plutôt admirative, reprit-elle, tu ai vraiment mature. Qui aurait cru que tu aurais pu me faire la morale à ton âge ?

-Je ne te fais pas la morale, répondit Justin, je t'écoute tout simplement.

-Merci.

-Je t'en prie.

 

Brian passait dans la cuisine et les vit sur la terrasse entrain de discuter sans connaître la teneur de leur conversation. Il ne put s'empêcher de sourire. Une autre qualité de Justin : sa générosité vis à vis de son entourage. Justin et Mélanie revinrent de la terrasse en rigolant, se tenant par la taille. Justin abandonna son amie et s'approcha de Brian dans la cuisine.

 

-Ma parole mais serais-ce Monsieur Kinney que je vois dans cette cuisine ?

-Ah, ah, je dois rigoler ? Fit ce dernier sarcastique.

 

Justin ne répondit rien et préféra prendre ses lèvres. Il noua ses doigts autour de sa nuque se collant un peu plus contre lui. Coincés contre le plan de travail central le baisé commençait à devenir plus que sensuel lorsque Justin y mit fin brusquement.

 

-Hum...très bon cuisinier, fit Justin en s'éloignant avec un petit sourire.

 

La suite de la soirée se déroula à merveille. Tout le monde se régala de ce que Justin avait préparé. Des rires, des sourires, les conversations, les anecdotes fusèrent jusque tard dans la nuit. Les derniers invités quittèrent Britin vers 3h du matin ravis de leur soirée.

 

Les filles allèrent se coucher dans la chambre d'amis. Brian prit son fils dans ses bras qui s'était endormi depuis un bon moment. Justin s'attela à la vaisselle. Il rinçait les flûtes à champagne lorsqu'il sentit deux bras l'entourer. Il se sentait fatigué mais dans ces bras il se sentait en sécurité.

 

Brian se serra un peu plus contre lui posant son menton au creux de son épaule. Justin coupa l'eau. Brian prit doucement ses lèvres.

 

-J'ai les mains trempées, murmura Justin.

 

Brian ne répondit rien et reprit sa bouche. Justin glissa sa main dans ses cheveux incapable de résister plus longtemps. Brian entoura sa taille de ses bras et le souleva. Justin noua ses jambes autour de lui. Ils montèrent à leur chambre.

 

Brian s'allongea sur lui, leurs lèvres soudées, ses doigts glissant et jouant avec les mèches blondes. Justin entortilla ses jambes aux siennes.

 

Il se serrait contre lui, se sentant vivre pleinement dans cet amour pour lequel il aurait tout donné, pour lequel il avait tout donné. 


Audali09  (22.08.2013 à 01:23)

La lumière du matin commençait à poindre entre les rideaux. Il était un peu plus de 10h du matin.

 

Brian et Justin dormaient encore profondément couchés sur le côté. Brian entourait Justin de ses bras. Ce dernier était lové contre lui. Ses doigts étaient entrelacés aux siens, sa main qu'il serrait contre lui. Il dormait au creux de son épaule. Brian le visage niché dans sa nuque avait perdu son nez dans ses cheveux blonds. Serrés l'un contre l'autre une feuille de papier n'aurait pu passer entre eux.

 

La porte s'ouvrit tout doucement mais réveilla tout de même Justin. C'était Gus. Il l'accueillit avec un sourire.

 

-Tu dors plus ? Chuchota Justin.

 

Le petit garçon secoua la tête.

 

-Tu as faim ?

 

Il hocha la tête. Justin se leva doucement en se détachant de Brian.

 

-Viens, il ne faut pas réveiller Papa.

 

Il enfila un marcel sur son jogging noir. Il prit Gus dans ses bras et sortit de la chambre en refermant silencieusement la porte. Brian n'avait pas bougé. Ils descendirent les marches et allèrent dans la cuisine. Justin installa le garçonnet sur un des tabouret du plan de travail central.

 

-Alors dis moi qu'est ce que tu veux manger ? Fit-il souriant.

-Des tartines s'il te plait Paddy, répondit-il de sa petite voix.

 

Justin sourit, il ne pouvait pas ne pas fondre devant ce petit bonhomme véritable réplique miniature de Brian. Il sortit du pain qu'il coupa en tranches et qu'il mit dans le grille pain. Il ne s'était encore que rarement retrouvé seul avec le petit garçon.

 

-Tu aimes le chocolat ?

-Oui.

-Moi aussi, fit-il avec un clin d'oeil ce qui déclencha le rire de Gus.

 

Il prépara deux bols de chocolat chaud. Il tartina le pain de beurre et de confiture à la fraise. Il s'installa en face de Gus et ils commencèrent à manger.

 

-Elles sont bonnes tes tartines Paddy, fit le petit garçon souriant la bouche pleine.

-Alors dis moi, comment c'est à Toronto ?

-C'est grand, répondit Gus, et pis des fois c'est bizarre parce que les gens y parlent une langue que je comprend pas.

 

Justin sourit.

 

-Et ils parlent quelle langue ?

-Manoune m'a dit que c'était le français.

 

Justin compris qu'en disant Manoune Gus parlait de Mélanie.

 

-Et tu connais des mots en français ?

-Oui on en fait un peu à l'école. Je sais dire Bonjour, fit-il.

-Waouh, répondit Justin.

-C'est la maîtresse qui nous l'a appris parce que tu sais Paddy elle vient de Franc.

-De France, le reprit Justin en souriant.

-Oui c'est ça de France.

-Et comment elle s'appelle ta maîtresse ?

-Aurore. Elle nous a dit que c'était le même prénom que la princesse de Walt Disney dans la Belle au Bois dormant, continua le petit garçon.

-Ah oui ?

-Oui et même qu'on l'a vu à l'école, les filles elles étaient contentes.

-Et toi ?

-Moi je préfère le Roi Lion.

 

Justin rigola, il aimait de plus en plus le petit garçon.

 

-Et toi Paddy c'est quoi le film que tu préfères ?

-Moi aussi j'aime le Roi Lion et j'aime aussi beaucoup le Livre de la Jungle.

-Je l'ai pas vu celui-là.

-Si tu veux on le regardera ensemble on l'a à la maison.

-Ouais, merci Paddy, répondit-il avant de mordre dans sa deuxième tartine.

-Et qu'est ce que tu fais à l'école ?

-On fait du dessin même que je leur ai dit à l'école que mon autre Papa il était peintre et que c'était une star.

-Ah bon tu leur as dit ça ?

 

Il hocha la tête.

 

-Même qu'Audrey elle à pas compris que j'avais deux papas et quand elle a vu maman et manoune venir me chercher à l'école elle en à parlé à ses parents.

 

Justin fronça les sourcils sachant malheureusement d'avance ce que Gus s'apprêtait à lui dire.

 

-Audrey je l'aime pas elle est méchante, continua-t-il en tripotant sa tartine, et pis le lendemain elle est revenue après avoir parlé à son papa et sa maman et elle m'a dit à la récré en rigolant que j'étais pas normal et que c'était pas normal d'avoir deux mamans et deux papas.

 

Justin soupira. Ce que les enfants pouvaient être dur entre eux. Mais surtout il maudissait les parents qui osait dire à leurs enfants de dire de telles horreurs.

 

-Alors je lui ai répondu qu'elle disait n'importe quoi qu'elle connaissait pas mes parents. Et pis après je lui ai dit que moi j'avais de la chance parce que j'avais deux mamans et deux papas et que je serai toujours plus gâté qu'elle et qu'on m'aimerais plus qu'elle. Et pis j'ai dit aussi que mes deux papas c'était des super héros et qu'ils viendraient la voir si elle était pas gentille avec moi. Hein que j'ai raison Paddy ? Fit le petit garçon en le regardant avec ses grands de la même couleur que ceux de son père.

 

Justin était littéralement abasourdi, il était très mature pour son âge. Mais surtout répondre ceci à une camarade de classe à 6 ans était tout bonnement fabuleux. C'était bien le fils de ses parents et pour la première depuis qu'il avait vu la naissance de Gus il était fier de pouvoir participer à la vie de ce petit bonhomme.

 

-Oui mon chéri tu as totalement raison, répondit-il souriant. Ta copine elle dit n'importe quoi.

-C'est pas ma copine.

 

Justin sourit et reprit une gorgée de chocolat.

 

-Paddy ?

-Oui ?

-Toi et Papa vous pourrez venir me chercher un jour à l'école ?

-Bien sur mais pourquoi ?

-Pour embêter Audrey, répondit Gus en souriant.

 

Justin ne put s'empêcher d'éclater de rire. Le digne fils de son père.

 

-Avant les vacances la maîtresse elle nous à parlé des dinosaures.

-Ah oui ?

-Tu sais avant y'en avait partout et la maîtresse elle nous à dit qu'on existait pas encore et que si y avait pas eu une grosse explosion on aurait pu être des dinosaures.

-C'est vrai ?

-Oui et même qu'après la maîtresse elle nous à demandé quel dinosaure on aurait aimé être.

-Qu'est ce que tu as répondu ?

-J'aimerai bien être un diplodocus.

-Pourquoi ?

-Parce qu'il à un grand cou et qu'il peut manger les feuilles des arbres et pis aussi parce que c'est le plus grand.

 

Justin sourit, ils continuèrent de parler. Il en apprit plus sur le petit garçon et sa vie au canada. Il adora partager ce moment alors que toute la maison dormait encore.

 

Brian s'était réveillé trouvant un lit vide. Il enfila un t-shirt et se leva. Il se passa la main dans les cheveux en baillant. Il ouvrit la porte et entendit des rires depuis la cuisine. Depuis la mezzanine il vit Justin et Gus entrain de petit déjeuner. Gus ne cessait de rire, visiblement Justin racontait quelque chose de très drôle. Brian les observa plusieurs minutes en souriant accoudé à la rambarde.

 

Désormais il assumait pleinement son rôle de père, se jurant chaque jour qu'il ne deviendrait jamais Jack Kinney. Il se rendait compte que Justin y avait été pour beaucoup. Il lui avait permis en le rassurant, bien avant qu'ils ne soient un couple solide, qu'il était un bon père. Justin n'avait eu de cesse de le rassurer et de l'encourager à ce sujet. Il était d'autant plus heureux et fier qu'il appréciait le fait que Justin et son fils s'entendent si bien. Il se rendit compte que Justin avait vraiment un don avec les enfants. Une autre de ses qualités.

 

Toujours souriant il descendit les marches et les rejoignit à la cuisine.

 

-On à l'air de bien s'amuser ici, fit-il. Bonjour mon fiston, dit-il en lui faisant des gui-li.

 

Gus rigola.

 

-Arrête Papa, dit-il sans cesser de rigoler.

 

Brian s'approcha de Justin.

 

-Bonjour, murmura-t-il.

 

Il frotta son nez contre le sien avant de l'embrasser doucement.

 

-Bonjour, répondit Justin souriant.

-Alors qu'est ce que Paddy as bien pu te raconter pour que tu rigoles comme ça ? Demanda Brian sans lâcher la taille de Justin.

-Et ben on à parlé de l'école et pis on parlait des dinosaures.

-Oh je vois, répondit Brian alors que Gus reprenait ses explications.

 

Lorsque les filles descendirent elles ne devaient jamais oublier l'image que formait les trois hommes à la cuisine ce matin là.  


Audali09  (22.08.2013 à 19:39)

Les beaux jours étant toujours d'actualité ils passèrent l'après-midi à la piscine. Justin arrivait sur la terrasse en short de bain rouge et lunettes de soleil sur le nez. Quand il le vit arriver Brian ne put s'empêcher de le détailler du regard. Justin savait son regard posé sur lui et n'en jouait que plus. Lindsay sur une chaise longue près de lui portait un paréo sur un maillot deux pièces. Mélanie en deux pièces noir était face à la piscine et tournait le dos au reste du groupe. Justin s'approcha de Brian assis sur sa chaise longue.

 

Il posa ses mains sur sa nuque en lui ébouriffant les cheveux.

 

-Alors on mate les petits jeunes ? Susurra-t-il près de son oreille.

 

Il ne lui laissa pas le temps de répondre et prit ses lèvres. Il se redressa et le regarda en souriant.

 

-Terriblement bandant, murmura Brian.

-Hum...je sais.

 

Il l'embrassa et se dirigea en courant vers Mélanie. Il l'entraîna avec lui. Dans un terrible hurlement féminin ils tombèrent ensemble à l'eau. En remontant à la surface Justin explosa de rire devant la mine de Mélanie. Mais c'était sans compter sur la combativité de la jolie brune. Un duel s'enchaîna à celui qui coulerai l'autre.

 

-Des vrais gamins, fit Brian.

 

Cette dernière rigola.

 

-Et c'est toi qui dit ça ? Laisse moi rire ! Fit-elle en rigolant de plus belle lorsqu'elle vit son expression.

 

Gus ne tarda pas à rejoindre la bande sur la terrasse habillé de son petit maillot de bain bleu marine et de ses brassards roi lion. Il alla aux marches au bout du bassin et se mit à l'eau tout doucement. Justin ne tarda pas à venir le chercher en le prenant dans ses bras.

 

«Me lâche pas Paddy ! Me lâche pas Paddy ! » ne cessait-il de dire.

 

Ils s'amusèrent tous les trois dans la piscine avant d'être rejoint par Lindsay. Justin dégoulinant sortit de l'eau et se dirigea vers un Brian allongé sur sa serviette.

 

Il se pencha au-dessus de lui et secoua ses cheveux éclaboussant le brun qui frissonna à la différence de température.

 

-Ah tu veux jouer à ça ? Fit-il avec un sourire carnassier.

 

Avant que Justin n'ai eu le temps de réagir Brian l'attrapa au vol et sauta à l'eau sans le lâcher. Ils remontèrent à la surface et Justin se colla à lui prenant ses lèvres avec envie. Il noua ses doigts autour de sa nuque. La chaleur de leur baisé se mélangeait à la fraîcheur de l'eau.

 

Ils profitèrent d'une journée aussi simple qu'on pouvait les faire mais qui promettait tout.

 

Ils passèrent une excellente après-midi ensembles et Justin ne se souvenait pas d'avoir passé une aussi bonne journée en famille depuis longtemps. Épuisé par sa journée d'aventures Gus s'endormit très vite après le dîner non sans avoir réclamé une histoire à son père. Justin les avaient vu attendri par l’entrebâillement de la porte. Il monta ensuite à son atelier, la vie de famille ne le soustrayant pas à son travail.

 

Il travaillait sur son projet et n'entendit pas Brian arriver. Il releva la tête en sentant sa bouche dans son cou. Il releva la tête en souriant. Il tourna son tabouret vers l'intéressé.

 

-Décidément ces lunettes te rende ultra sexy, fit-il.

-Merci mais tu ne m'auras pas avec des compliments. Je dois travailler, répondit Justin rieur.

 

Brian poussa un soupir faussement vexé. Il l'embrassa et le laissa à son boulot. Justin le suivit des yeux et se replongea dans ses œuvres.

 

Mélanie était montée se coucher et Lindsay dans le salon regardait l'album de mariage laissé sur la table basse du salon.

 

-Je te sers un verre ma belle ? Fit Brian en arrivant.

-Je veux bien merci.

 

Brian revint avec deux verres de vin et s'installa sur le canapé avec elle. Ils trinquèrent et restèrent quelques minutes sans rien dire. Brian alluma une cigarette et regarda la fumée s'échapper vers l'extérieur.

 

-Ça te vas bien tu sais, commença Lindsay.

-Quoi ? Demanda nonchalamment Brian.

-L'amour, répondit-elle.

 

Il la regarda et elle ne put s'empêcher de rire devant son expression.

 

-Quand je pense que tu nous as soutenu que tu ne l'aimais pendant plus de cinq ans mon pauvre ça se voyait comme le nez au milieu de la figure, poursuivit-elle.

-Tu as fini ?

-Allez arrête tu peux me le dire on est entre nous, avoue qu'il t'as fait craquer dès le début le petit Justin avec son air d'ange innocent !

 

Brian ne répondit rien et haussa les épaules.

 

-Ah, je le savais ! Fit-elle en rigolant.

 

Brian ne dit rien et but une gorgée de son verre.

 

-Je peux t'en piquer une ?

-Tu fumes maintenant toi ?

-J'ai envie de faire ma mauvaise fille et tu as toujours eu mauvaise influence sur moi.

-Ça c'est bien vrai, répondit Brian souriant en allumant sa cigarette.

-Tu te souviens du cours de français où on était arrivé complètement défoncés ?

 

Brian commença à rigoler à l'évocation de l'épisode mémorable.

 

-On devais jouer une scène de Roméo et Juliette, reprit-il.

-Et on rigolait tellement qu'on arrivait pas à parler, termina-t-elle.

 

Ils explosèrent de rire se rappelant leur souvenir commun.

 

-Ah c'était la belle vie, fit Brian après s'être calmé.

-Je trouve qu'on ne s'en ai pas trop mal sortit.

 

Brian acquiesça en reprenant une gorgée de vin.

 

-Alors dis moi, fit-il en écrasant sa cigarette, où en es-tu avec Mél ?

 

Lindsay souffla une bouffée.

 

-Ça t'intéresse ?

-Si je te le demande, répondit Brian.

-Et bien ça s'est arrangé. En montant hier soir elle à fait le premier pas vers moi et on à discuté une bonne partie de la nuit.

-Et baisé j'imagine...

-Brian, s'écria-t-elle en lui donnant un coup de pied.

 

Il la regarda malicieux. Ils discutèrent pendant deux bonnes heures. Lindsay alla se coucher. Brian vit que la trappe menant à l'atelier était toujours éclairée. Il était plus de trois heures. Il monta les marches. Justin s'était endormi sur son bureau au milieu de livres, de dessins et de ce qui semblait être des croquis pour Rage. Il le regarda quelques secondes sa tête reposant sur sa main, des mèches blondes dans les yeux.

 

'' avoue qu'il t'as fait craquer dès le début le petit Justin avec son air d'ange innocent ! ''

 

Brian sourit et s'approcha.

 

-Mon ange, fit-il en le réveillant, tu t'es endormi.

 

Justin se redressa la nuque raide.

 

-Faut que je finisse ça, dit-il en se frottant les yeux et en baillant.

-Je crois pas, tu dors debout, allez viens, répondit Brian.

 

Il éteignit la lampe de bureau et entraîna Justin avec lui.

 

Sa tête n'avait pas touché l'oreiller qu'il se rendormait. Il se blottit contre Brian qui l'entoura de ses bras. Il ferma les yeux le nez dans ses cheveux.

 

 

 

 

C'est un Brian nauséeux qui réveilla Justin le lendemain. Il se leva et retrouva Brian la tête dans la cuvette de leur salle de bain.

 

-Brian qu'est ce qui ce passe ?! Demanda-t-il plus qu'inquiet.

 

Brian se rejeta en arrière et s'appuya contre le mur. Pâle, les traits tirés, les narines pincées il faisait peur à voir. Justin prit un verre d'eau et humidifia un gant. Il s'agenouilla près de Brian et l'aida à boire avant de lui éponger le front.

 

-Brian ?! Redemanda-t-il de plus en plus inquiet.

 

La crise s'était déclenchée tôt. Brian s'était réveillée avec une nouvelle douleur violente à la poitrine. Ces derniers temps les crises étaient de moins en moins espacées. Il s'était rendu à la salle de bain pour calmer la désagréable sensation mais ayant eu un haut le corps il avait du faire un aller simple précipité aux toilettes. Et maintenant il avait réveillé Justin. Il se maudissait intérieurement.

 

-Brian parle moi !! Qu'est ce qui ce passe ?!!

-Rien, répondit ce dernier.

-Tu te fous de moi ?!! Je te retrouve à vomir, pâle comme la mort et tu me dit qu'il n'y a rien ?!

-J'ai du mal digérer un truc hier soir, bredouilla Brian sans arriver à le regarder dans les yeux.

 

Justin le regarda et posa une main sur son front.

 

-Brian t'as de la fièvre ! Qu'est ce qui ce passe putain ?!!

-Je te dit que ça va, répondit ce dernier en se relevant.

 

Debout, il chancela et manqua de s'étaler de tout son long. Il se rattrapa au chambranle de la porte. Justin se précipita pour le soutenir.

 

-Brian dis moi ! Je veux savoir !!

 

Brian releva enfin les yeux vers lui, il ne pouvait pas lui dire, pas maintenant, pas avant de savoir. Il lui jeta un tel regard que Justin manqua lui aussi de tomber.

 

-Ok, c'est pas grave.

 

Il l'entraîna vers le lit et l'aida à se recoucher. Il reprit à la salle de bain le gant humide. Brian était brûlant mais semblait pourtant trembler de froid ce qui était un comble. Justin prit une autre couverture dans le dressing qu'il jeta sur le lit. Il se précipita à la cuisine et manqua de s'étaler dans les escaliers. Il prit de l'aspirine dans la pharmacie de la buanderie et remonta quatre à quatre les marches. Il fit fondre le comprimé blanc dans le verre d'eau et fit boire Brian en lui soutenant la tête.

 

Brian se rendormit très vite. Justin sentait l'angoisse sourde le tenailler. Il se mit à imaginer les pires scénarios. Les questions fusaient dans sa tête. Qu'est ce qui pouvait bien ce passer ? Pourquoi Brian était-il dans un tel état ?

 

-Qu'est ce que tu ne me dis pas ? Murmura-t-il en caressant ses cheveux.

 

Il resta dix minutes à le regarder dormir. Il sortit de leur chambre doucement et descendit à la cuisine. Il décrocha le téléphone de sa base et composa le numéro du médecin de Brian à Pittsburgh.

 

-Allô Docteur Gilson ? Bonjour c'est Justin Taylor le compagnon de Brian Kinney.

-Bonjour Monsieur Taylor que puis-je pour vous ?

-C'est au sujet de Brian.

-Il y a un problème ?

-Il s'est réveillé malade ce matin je ne l'avais pas vu dans cet état depuis sa radiothérapie il y a deux ans. Je ne savais pas qui appeler et je m'inquiète vraiment.

-Très bien calmez-vous. Expliquez-moi ce qui c'est passé.

-Quand je me suis levé il était dans la salle de bain il vomissait. Il était très pâle.

-D'autres symptômes ?

-Il à beaucoup de fièvre. Quand il s'est levé pour se recoucher il est quasiment tombé dans les pommes. Il s'est rattrapé à la porte. Avant de se rendormir il était brûlant de fièvre et il tremblait de froid. Est-ce que vous pouvez venir Docteur Gilson ? Je m'inquiète vraiment et il ne veut rien me dire.

-Habituellement je ne fais pas de consultation à domicile Monsieur Taylor.

-Je ne peux pas le faire se lever dans l'état dans lequel il est ! S'écria Justin. Il est votre patient depuis plus de deux ans s'il vous plaît Docteur je ne veux pas demander à quelqu'un d'autre.

 

Devant l'insistance du ton paniqué le médecin céda. Justin lui donna l'adresse et attendit son arrivée avec angoisse. Après vingt minutes, qui parurent une éternité, le docteur Gilson sonnait chez Brian et Justin.

 

-Bonjour Docteur, fit Justin en lui serrant la main, je vous remercie.

-Je vous en prie. Où est-il ?

-Venez.

 

Ils se dirigèrent vers leur chambre plongée dans l'obscurité. Brian enfouit sous la couette tremblait de froid la sueur perlant à son front.

 

-Si vous voulez bien...fit le médecin en direction de Justin.

-Oui, répondit ce dernier toujours anxieux.

 

Justin les laissa et redescendit au salon où il se mit à faire les cent pas. Mélanie et Lindsay descendirent à cet instant. Elles virent l'expression de Justin et s'inquiétèrent immédiatement.

 

-Justin ? Demanda Mélanie.

-C'est Brian, fit-il.

-Qu'est ce qui ce passe ? S'écria Lindsay.

-Il était malade en se réveillant ce matin, je l'ai trouvé dans la salle de bain entrain de se vider dans les toilettes. Il à failli tomber dans les pommes en retournant se coucher, il à de la fièvre, il tremblait de froid quand il s'est rendormi.

 

Elle demeurèrent interdites devant la révélation de Justin.

 

-J'ai appelé son médecin qui le suit depuis son cancer je ne savais pas qui appeler d'autre.

-Tu as bien fait, répliqua Mélanie.

-Gus dors encore ? Demanda Justin.

-Oui, répondit Lindsay.

-Ne lui dites rien d'accord ? On avisera au moment voulu, fit Justin. Vous voulez un café ?

-Oui, merci, répondirent-elles.

 

Ils s'attablèrent au plan de travail et Justin sortit les tasses sans cesser de lever les yeux vers l'escalier. Il servit Lindsay et au moment de verser le liquide brûlant dans la tasse de Mélanie sa main se mit à trembler et quelques gouttes se répandirent sur la surface sombre. Justin posa la cafetière au bord de la crise de nerfs malgré une apparence extérieure empreinte de calme.

 

-Hey, fit Mélanie en prenant sa main, ça va aller ok ?

-Je sais, répondit Justin une boule dans la gorge.

 

Il ne leur restait plus qu'à attendre.

 

 

Dans la chambre le médecin s'approcha de Brian.

 

-Justin ? Marmonna ce dernier d'une voix rauque.

-Non c'est le Docteur Gilson.

-Qu'est ce que vous faites là ?

-Monsieur Taylor m'a téléphoné, inquiet à votre sujet.

-J'ai dit que j'allais bien, grommela Brian.

-Pas d'après ce que je vois.

 

Brian poussa un soupir. Il détestait l'idée même qu'on puisse avoir pitié de lui. A contrecœur il laissa son médecin l’ausculter.

 

-Monsieur Kinney depuis combien de temps êtes vous dans cet état ?

-Depuis ce matin, répondit-il d'une voix rauque.

-Vous savez très bien de quoi je parle.

-Février-mars, maugréa Brian.

-Les crises se sont accentuées n'est ce pas ?

-...

-Je prend ça pour un oui. Votre défense immunitaire est entrain de s'effondrer Monsieur Kinney sans parler de la fatigue et du stress que vous semblez avoir accumulé. Êtes-vous allé voir le Docteur Adamson que je vous avais recommandé à New-York ?

 

Brian acquiesça prit d'une violente quinte de toux.

 

-Quand ?

-Il y a trois semaines, répondit-il en se raclant la gorge.

-Seulement trois semaines ? Ce n'est pas sérieux Monsieur Kinney je vous avait dit d'y aller avant.

-Vous êtes venu me faire la morale ? Fit Brian avant de tousser à nouveau.

-Quand y retournez-vous ? Faisant fis de la remarque acide de son patient. En deux ans il avait appris à le connaître.

-Dans un mois.

 

Le médecin poussa un soupir.

 

-Je vous dit que ça va, s'écria Brian.

-Au vu de votre état je peux vous assurer que non, rétorqua le médecin.

 

Il se leva mais Brian lui attrapa le bras et le fixa des yeux.

 

-Ne lui dites rien, dit-il d'une voix rauque.

-Mais je...

-Inventez, faites ce que vous voulez mais ne lui dites rien !

-Comme vous voudrez. Je vous conseille de vous reposer et de rester chez vous au moins pendant une semaine.

-Vous vous foutez de moi ?!

-Je ne ferai pas part de votre état à Monsieur Taylor mais en échange vous devez vous reposer. Et croyez-moi j'y veillerai.

-Truand, marmonna Brian avant de rabattre la couverture sur sa tête.

-Au revoir Monsieur Kinney et reposez-vous, fit le médecin souriant en sortant.

 

Justin le vit descendre les marches et se releva comme piqué par une aiguille.

 

-Alors ? Fit-il en se précipitant vers le médecin.

-Une bonne grippe doublée d'une gastro-entérite, répondit Gilson devant l'expression inquiète de Justin.

 

Il se dirigea vers l'îlot de la cuisine et sortit son carnet à ordonnance.

 

-Je vais lui faire un arrêt de travail pour une semaine, voici la liste des médicaments à aller chercher et suivez bien mes indications c'est très important. Il est essentiel qu'il se repose Monsieur Taylor. Ne vous inquiétez pas d'ici une semaine deux tout au plus tout sera rentré dans l'ordre.

 

Justin se sentit soulagé. Les choses étaient bien moins pires que ce qu'il avait cru.

 

-Merci Docteur.

-Je vous en prie. Mesdames, Monsieur Taylor, passez un bon dimanche.

-Merci vous aussi, répondit Justin en le raccompagnant.

 

Sur le perron le Docteur Gilson souffla. Il y avait vraiment des jours où il détestait son métier. Il détestait mentir aux proches des patients mais il se devait de respecter le secret professionnel et le désir de ses patients. Il se promit d'appeler Adamson pour en savoir davantage.

 

Dans la maison Justin était soulagé. Il s'assura que Brian dormait et se précipita à la pharmacie de Pittsburgh roulant à toute allure au volant de la corvette. Il s'arrêta au snack prendre de quoi petit déjeuner pour lui et les filles, embrassa et rassura Debbie et sortit du Liberty.

 

A sa sortie il faillit se prendre un type brun à l'allure nonchalante.

 

-Justin ?

-Ethan ! Constata-t-il en se retournant. La dernière personne qu'il avait envie de voir à cet instant. 


Audali09  (23.08.2013 à 04:09)

-Ethan ! Constata Justin en se retournant.

 

Il tombait bien celui-là ne put s'empêcher de penser Justin. Brian avait besoin de lui et il n'avait pas le temps de s'arrêter discuter chiffons surtout au vu de la teneur de leur dernière conversation.

 

-Qu'est ce que tu fais là ?

-Je te rappelle que je viens moi aussi de Pittsburgh et donc que ma famille s'y trouve, répondit Ethan.

 

Merde c'est vrai...pensa Justin.

 

-Je t'invite à prendre un café ?

Il est sérieux là ?

-Ben non tu vois, on à besoin de moi ailleurs !

-Attend !

 

Il ne lui laissa pas plus de temps partit précipitamment et le planta là. Il monta dans la corvette, qu'Ethan n'eut pas de mal à reconnaître. Il démarra en trombe sans un regard pour le violoniste et remonta la Liberty Avenue. Ethan Gold regarda disparaître la voiture avec amertume, ses yeux lançant des éclairs. Justin s'activa sur la route.

 

Il arrivait à Britin vingt minutes plus tard violant aisément les limitations de vitesse. Il entra dans la maison et monta à la chambre. Devant la porte il reprit son souffle et entra. La pièce toujours plongée dans l'obscurité silencieuse était entrecoupée par les quintes de toux d'un Brian enfouit sous la couette. Il déposa les médicaments sur la table de nuit et retira sa veste. Il se glissa dans les draps et entoura Brian de ses bras toujours endormi. Brian avait les mains glacées.

 

Justin sortit peu ce jour-là hormis pour manger avec les filles et Gus. Il s'inquiéta qu'en vacances elles ne puissent pas passer de temps avec Brian. Il avait fallu qu'elles soient à Britin avec Gus pour la semaine pour qu'un virus s'attaque à Brian. Ils ne s'éternisèrent pas ce soir-là.

 

Le lendemain c'est Brian qui se réveilla le premier d'un sommeil comateux, la tête dans un étau, la gorge en feu d'avoir toussé une bonne partie de la nuit. Il avait mal partout et se sentait fatigué comme jamais. Près de lui le visage tourné dans sa direction Justin dormait les sourcils froncés. Il le regarda avec peine.

 

Malgré le passé il s'était trouvé incapable de parler à Justin. Il voulait attendre de revoir Adamson pour savoir ce qu'il en était réellement. Il avait toujours été cynique sans pour autant être défaitiste. Mais l'avantage avec le cancer c'est qu'une fois que vous l'aviez eu le défaitisme s'invitait très souvent chez vous. Brian n'était pas complètement idiot et savait parfaitement que son état n'augurait rien de bon. Pourquoi fallait-il toujours qu'avec lui, Justin, se retrouve toujours dans la merde d'une façon ou d'une autre ? Et là une fois de plus il allait être le fardeau à supporter. Le type malade, toujours quelque chose.

 

Il poussa un soupir. Justin se réveilla sentant son regard posé sur lui.

 

-Bonjour, chuchota-t-il. Comment tu te sens ce matin ?

-Je pète la forme ! Prêt à aller au Babylon et baiser tout ce qui passe, répondit Brian d'une voix enrouée.

 

Justin ne put s'empêcher de rigoler, du Brian tout craché.

 

-Je suis sérieux Brian.

 

Ce dernier haussa les épaules et referma les yeux. Le reste de la semaine passa lentement Justin toujours aux aguets ne quittant que rarement le chevet de Brian. Bien que le médecin l'est rassuré sur son état il sentait que quelque chose n'allait pas, un mauvais pressentiment, sans arriver à mettre le doigt dessus. Cette impression ne la quittait jamais s'insinuait en lui, faisait son chemin guettant dans l'ombre comme prête à attaquer.

 

Malgré tout une semaine plus tard comme l'avait prédit le docteur Gilson Brian était sur pied en pleine forme tout du moins en apparence. Brian put passer la dernière journée des filles avec son fils. Il les vit repartir pour Toronto avec un pincement au cœur. Son fils à l'arrière de la voiture lui faisant des signes de la main avait presque finit de l'achever. Mais la vie reprit son cours.

 

Justin s'était remis au travail n'ayant pu s'y consacrer de la semaine. Il avait pris du retard et devait absolument avancer rapidement.

 

A l'agence Ted avait géré l'entreprise d'une main de maître durant l'absence de Brian. Il avait même, sans le savoir, réussit à impressionner le dit big boss.

 

Le quotidien et le travail reprirent leurs habitudes et ils n'eurent bientôt plus de temps à eux. Justin avait commencé les cours de dessin pour enfants à la galerie, poursuivait les nouvelles planches pour Rage et progressait dans ses nouvelles œuvres. Il ne cessait jamais le travail et Brian ne compta plus le nombre de fois qu'il le retrouva endormi dans son atelier.

 

Brian s'était replongé dans le travail à l'agence à corps perdu lui évitant de trop penser. Les nouvelles campagnes ne cessaient d'arriver à Kinnetic et ils étaient tous totalement débordés mais l'énergie et l'entrain de Brian leur faisait oublier leur fatigue.

 

Les jours et les semaines passèrent à une allure folle.

 

 

Mercredi 15 Novembre 2007 - 12h

 

 

Aujourd'hui Brian avait son rendez-vous avec le docteur Adamson. Il n'en avait pas dormi de la nuit. Il avait prétexté un démarchage de client à Justin pour pouvoir se rendre à New-York. Il fut distrait sur toute la route sachant d'avance ce qui l'attendait. Il s'en était caché ces neuf derniers mois mais il ne pouvait plus faire semblant désormais.

 

Il se retrouva devant le bâtiment de la clinique privée non sans une sourde angoisse. Après tout peut-être c'était-il trompé ? Il entra dans la grande bâtisse grise et se retrouva, comme la dernière fois, assis devant cette porte où il allait devoir faire face à la réalité. La porte s'ouvrit. Il se leva lentement.

 

-Bonjour Monsieur Kinney, fit le praticien Adamson.

-Docteur, répondit Brian en lui serrant la main.

 

Ils entrèrent dans le bureau et s'assirent en silence. Adamson sortit le dossier de Brian. Il prit une inspiration, retira ses lunettes, croisa ses mains sur son bureau et regarda son patient.

 

-Brian, commença-t-il, j'ai bien peur de devoir vous annoncer une mauvaise nouvelle.

 

Mais Brian savait déjà. Il savait, il avait su depuis la première crise. Le discours ne vint que confirmer ce qu'il savait déjà. Durant tout le temps de l'entretien il ne pensa qu'à une personne.

 

Deux heures plus tard il repartait pour Pittsburgh sous le regard peiné du médecin. Sur la route il avait mis un disque dans le poste et allumé une cigarette. Il regardait la route, l'esprit vide, étrangement calme.

 

Mercredi 15 Novembre - 19h30

 

Il était toujours dans sa voiture de l'autre côté de la rue. Il avait voulu descendre mais était incapable de savoir quoi dire. A sa gauche de l'autre côté de la rue s'étalait la galerie de Pittsburgh. Justin était derrière les grandes baies vitrées entouré d'enfants, souriant. C'était les nouveaux cours de dessin qu'il enseignait. Ils étaient tous autour d'une grande table et regardait quelque chose. Les enfants étaient tous serrés autour de Justin buvant ses paroles, le fixant de leurs petits yeux grands ouverts. Il tenait dans ses bras une petite fille rousse.

 

Brian le trouvait magnifique.

 

Il entrouvrit sa fenêtre et alluma une cigarette. Il devait être là depuis une bonne demi-heure paralysé, incapable de bouger. Incapable d'aller voir cet homme qui avait changé sa vie, qui l'avait sauvé, pour lui avouer la vérité. Incapable, lâche, fuyant...

 

Il pensait à toutes ces années vécues, ce par quoi ils avaient traversé la vie. Il repensa notamment à ces deux dernières années. Une torture de le voir partir à New-York mais un bonheur incommensurable de le voir s'avancer vers lui à leur mariage. Et tout allait être balayé une fois de plus par sa faute. Il le regardait se sentant coupable, maudissant et bénissant ce soir où leurs routes s'étaient croisées. Il méritait mieux que ça et la vérité gifla Brian.

 

Il écrasa sa cigarette et remonta sa glace. Les deux mains sur le volant son regard se perdit dans le vague de l'autre côté du pare-brise. Il mit le contact et démarra.

 

Mercredi 15 Novembre - 00h

 

Justin tournait en rond à Britin. Que foutait Brian ? Il aurait du être rentré de New-York depuis plus de deux heures. Il n'avait même pas téléphoné. Il essaya un milliers de fois son portable et le loft mais personne ne décrocha. Il essaya Kinnetic mais là aussi ; personne. Il commençait à s'inquiéter.

 

N'en pouvant plus il enfila sa veste prit ses clés de voiture, qu'il s'était récemment acheté grâce à ses cachets d'exposition, et sortit. Au volant, le portable coincé entre son oreille et son épaule il tenta à nouveau de joindre Brian qui ne répondait toujours pas. Il jeta son téléphone sur le siège passager.

 

Arrivé à Pittsburgh il passa à l'agence, au Woody's, au Liberty mais aucune trace de Brian. Il se rendit au Babylon où il retrouva la bande. Mickael, Ben et Blake dansaient. Ted et Emmett accoudés au bar sirotaient leur bière.

 

-Hey chéri ! Fit Emmett.

-Salut les mecs, répondit Justin, vous savez où est Brian ? Ça fait trois heures que je le cherche et il répond pas sur son téléphone.

 

Aucun des deux ne répondit ce qui rassura encore moins Justin.

 

-Emmett ! Fit-il en lui agrippant le bras, répond moi !

-Il était là il y a une heure.

-Ted ! S'écria Emmett.

-Qu'est ce qui ce passe bordel ?!! fit Justin.

-Ted ! Redit Emmett.

-Lorsque je l'ai vu partir il était accompagné, lâcha Ted avant de baisser les yeux devant le regard de Justin.

 

La révélation sonna Justin. Il sentait la chaleur quitter son corps, il n'arrivait plus à penser, à respirer, son sang cognait à ses tempes. Les sons autour de lui se brouillèrent, il se sentait défaillir. Justin avait la sensation d'avoir reçu un coup de poing dans le ventre.

 

-Salut les mecs, fit Mickael souriant en arrivant. Quelle ambiance...dit-il devant la tête du trio. A l'expression de Justin il venait de comprendre que quelque chose venait d'arriver, Justin qu'est ce qui ce passe ?

 

Ce dernier ne comprenait plus rien de ce qu'on lui disait. Il recula et sortit de la boite en courant.

 

-Mais qu'est ce qui ce passe ? Fit Mickael.

 

Ted et Emmett ne répondirent rien la tête baissée.

 

Justin se précipita à sa voiture sans trop savoir ce qu'il faisait. Il mit le contact et démarra en trombe. Cinq minutes plus tard il était au loft. Il descendit de voiture monta les marches. Devant la porte métallisée il ne savait plus ce qu'il faisait, il priait seulement pour ne pas tomber sur ce qu'il redoutait le plus. Il fit glisser le panneau métallique. Il n'avait pas lâché la poignée de la porte qu'il savait déjà. Il n'eut pas besoin d'entrer ou de s'avancer. Son monde venait de s'écrouler.

 

Il referma la porte. Il n'arrivait plus à respirer, sa tête allait exploser. Il descendit les étages dans un état second. Au volant de sa voiture il prit la seule direction qui lui paraissait censée.

 

-Sunshine ? Constata Debbie en ouvrant la porte. Tu es tout pâle mon chéri qu'est ce qui ce passe ?

-Est ce que la chambre de Mickael est libre ? Demanda-t-il d'une voix blanche.

-Bien sur. Mais entre tu vas attraper froid, répondit-elle.

 

Elle ne comprenait pas ce qui ce passait et s'inquiétait du visage livide de Justin.

 

-Mon petit cœur qu'est ce qui ce passe ?

-Je peux monter s'il vous plaît ? Balbutia-t-il la gorge nouée.

-Oui mais...répondit-elle coupée par le départ de Justin.

 

Carl dans la cuisine s'approcha d'elle.

 

-Mais qu'est ce qu'il à ? demanda-t-il.

-Je n'en sais rien, répondit-elle elle aussi surprise.

 

Elle enfila sa veste et sortit chercher la seule personne pouvant répondre à ses interrogations.

 

A l'étage, dans la chambre de Mickael, Justin était entré refermant la porte derrière lui. Il avança sur la moquette bleue marine lentement. Il vint s'asseoir au bout du lit. Il se sentait vide incapable de penser. Il ne comprenait pas, il se sentait blessé, en colère, humilié. Cette image au loft ne lui sortait plus de la tête. Pourquoi ? Mais pourquoi ?

 

Debbie finit par trouver Brian au loft. Alors qu'elle arrivait à la porte, un mec sortait de l'appartement. Elle n'eut plus à chercher loin pour expliquer l'état de Justin.

 

Elle entra dans le loft prête à dire ce qu'elle pensait lorsqu'elle vit le capharnaüm qui y régnait comme si une tempête était passée. Brian était dans la chambre assis au bout du lit. Elle s'approcha et vit un homme brisé le visage ravagé par la douleur. Il n'était visiblement pas fier de ce qui venait de ce passer.

 

-Brian...mais qu'est ce que tu as fais ? Souffla-telle.

 

Il releva la tête et vit avec horreur qui venait d'arriver.

 

Jeudi 16 Novembre 2007 – 2h du matin.


Audali09  (24.08.2013 à 18:43)

Jeudi 16 Novembre 2006 – 4h du matin

 

Justin ne dormit pas de la nuit. Allongé sur le dos une main sous la nuque, il fumait une cigarette.

Il faisait confiance à Brian et il venait de tout détruire. Justin pensait qu'ils avaient dépassé tout ça que leur mariage avait changé leur relation. Tout ça pour en arriver là... Justin était déçu, blessé. Cette fois-ci était sans doute pire que toutes les autres parce que les enjeux n'étaient pas les mêmes.

 

Justin n'avait jamais demandé à Brian d'être monogame bien qu'il l'espérait secrètement. Il ne lui aurait jamais demandé de changer pour lui. Cette dernière année et jusqu'à leur mariage Brian avait fait ce choix seul. Justin pensait qu'ils étaient passé au-delà de cette période que les choses avaient changées.

 

Pourquoi Brian ? Pourquoi...

 

Sans même s'en rendre compte des larmes glissaient du coin de ses yeux, le long de ses joues pour s'écraser contre l'oreiller. Les paupières fermées sa cigarette à la main. Il essuya rageusement ses yeux. Il revoyait des images, des moments, il n'arrivait pas à comprendre, n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Il se redressa incapable de rester immobile. Il avait la sensation d'exploser. Il se mit à tourner en rond incapable de donner une raison à ce qui venait de se produire.

 

N'y tenant plus il prit sa veste, sortit de la chambre de Mickael et s'apprêtait à partir lorsqu'il croisa Debbie sur le perron de la maison.

 

-Justin ?

-Excusez-moi Debbie de vous avoir dérangé en pleine nuit. Je vais rentrer chez moi, dit-il.

-Sunshine il faut qu'on parle.

-Et de quoi ? Demanda-t-il froidement.

-Tu sais très bien de quoi.

-Je ne veux pas en parler.

-Justin ! Fit-elle en voulant le rattraper.

-Non Debbie ! Non. Laissez moi partir s'il vous plaît.

 

Elle le suivit des yeux le cœur serré. Elle ne supportait pas de voir ces deux hommes souffrir. Elle savait ce que Brian avait fait mais ne savais pas pourquoi. Il avait refusé de lui parler. Elle avait pourtant essayé mais il était resté muet. Elle s'était trouvé totalement impuissante.

 

Justin monta dans sa voiture et démarra en trombe. Il se mit à conduire sans vraiment savoir où aller. Il lui était impossible de se retrouver devant Brian et impossible d'aller à Britin. New-York ? Qu'aurait-il pu bien y faire ? Chez sa mère ? Mais comment lui faire face ? Chez Daphnée ? Il en aurait encore eu pour des heures d'explications.

 

Sans vraiment s'en rendre compte il prit la route de Leland, un petit village qui se trouvait au bord du lac Michigan. Il s'y rendait toujours aux vacances d'été avec sa famille étant plus jeune. Il ne savait pas pourquoi il prenait cette direction, mais il avait besoin de s'éloigner, prendre du recul dans un lieu neutre qui ne les avait pas connu.

 

Il avait beaucoup d'heures de route pour s'y rendre mais peu importait il avait toujours aimé conduire et à cet instant il en avait plus que besoin. Il mit un disque de Tracy Chapman dans le poste et alluma une cigarette. Il baissa sa glace. Il aimait beaucoup cette artiste, c'est sa mère qui lui avait fait découvrir.

 

 

Jeudi 16 Novembre 2006 – 6h du matin

 

Brian n'avait pas bougé depuis la visite de Debbie. Assis au bout du lit, dans le loft silencieux, dans une situation qu'il avait en horreur. Il prit son portable et composa le seul numéro qu'il aurait du faire il y avait de ça des heures. Il tomba sur la messagerie. Il raccrocha ; il savait. Il prit son visage entre ses mains et mesura l'ampleur de ce tout ce qui venait de se produire. Rien n'aurait pu être pire.

 

Jeudi 16 Novembre 2006 – 6h du matin, quelque part entre Pittsburgh et Leland.

 

Justin toujours au volant voyait peu à peu le jour se lever. Il mit ses lunettes de soleil. Son portable se mit à sonner. En voyant le correspondant s'afficher il faillit perdre le contrôle de sa voiture. Il jeta le téléphone à l'arrière de la voiture se retenant de le jeter par la fenêtre.

 

Il ne voulait pas lui parler, pas le voir. Il n'était pas seulement blessé, il était aussi en colère. Il avait bafoué tout ce qu'ils avaient vécu, tout ce qu'ils s'étaient promis à leur mariage. Il se sentait aveuglé par sa colère, incapable de la maîtriser comme il le faisait habituellement. Ce qui rajoutait à son énervement.

 

Il frappa son volant et hurla un bon coup les mains serrés autour de ce dernier. Il souffla.

 

Brian avait tout piétiné pour une histoire de baise. Il augmenta le volume de la musique. Il pensait qu'il avait changé, que tout ce qu'il avait espéré c'était enfin produit. Justin avait toujours tout supporté, tout pardonné, tout accepté mais là c'était trop pour lui.

 

Il ne supportait pas qu'il puisse aller voir un autre, plus maintenant, il ne supportait pas qu'on touche à son homme. Il avait été idiot de croire que Brian allait changer pour lui. Il n'arrivait plus à réfléchir ne cessant de se contredire. Merde Brian...MERDE !!

 

La tête appuyé contre sa main, il regardait la route, les paysages défiler. La mélancolie le gagnait. Il se souvenait du soir où il avait rencontré Brian sur Liberty Avenue. Sa première fois avec un homme. Il avait tout de suite senti la différence, aucun autre homme n'était venu égaler Brian. Il avait su qu'il aimait dès la première nui. Son premier amour, le dernier celui qui lui avait fait vivre autant de bonheurs que de douleurs.

 

Le seul qui savait panser les blessures, écouter, aimer à sa façon, être présent. Parce que toutes ces années il avait été présent à chaque minutes de chaque jours qu'il soit discret ou non. Après le bal de promo il lui avait sauvé la vie. En repensant à tous ces événements il n'arrivait pas à comprendre la situation dans laquelle ils se trouvaient désormais.

 

Jeudi 16 Novembre 2006 – 16h

 

Il avait retrouvé ce coin du lac où il se rendait toujours avec sa famille. L'endroit était désert à cette période de l'année. Assis dans l'herbe près de l'eau il essayait d'apaiser le tumulte de son esprit et de son cœur. Il se sentait las, il ne comprenait plus la situation. Il avait un brin d'herbe dans la main qu'il faisait passer entre ses doigts machinalement.

 

Il regarda son alliance. Ni trop grosse, ni trop fine, en or blanc. Ils les avaient choisies ensemble il y a un an. La situation à l'époque lui avait paru totalement irréelle. Il la retira de sa main gauche et la regarda : Brian 7 Août 2006 avait été gravé. Il la regarda comme s'il y cherchait des réponses. Il poussa un soupir. Il la remit à son annulaire gauche. Il prit son visage entre ses mains et ne pensa plus à réfléchir, ni à ce qui c'était passé la veille.

 

Il voulait que tout redevienne comme avant, oublier ce qu'il avait vu cette nuit, revenir à Pittsburgh dans sa maison sans tout ceci, tout cet enfer dans lequel il se sentait couler.

 

Les larmes jaillirent sans qu'il puisse les retenir. Si quelqu'un était passé à cet instant précis, près de ce lac, si magnifique, si paisible il aurait seulement vu un homme pleurer, le regard douloureux.

 

Il entoura ses genoux de ses bras et laissa libre cours à sa peine. Il était seul.

 

Dimanche 19 Novembre – 20h

 

Il avait fini par rentrer à Pittsburgh sans donner de nouvelles à personne depuis son départ mercredi dans la nuit de chez Debbie. Il était rentré sans avoir trouvé de réponses seulement blessé , mélancolique, amer. Il était retourné à Britin c'était, après tout, encore chez lui.

 

Brian n'avait pas réapparu ce qui avait, au départ, soulagé Justin ne sachant absolument pas comment il aurait réagit devant lui.

 

Il était dans son atelier où il avait élu domicile incapable de rester dans les autres pièces. Assis sur son tabouret, à sa table de travail, un verre à la main. Il avait mit un vieux cd de soul. Il alluma une cigarette et se dirigea vers le fond de son atelier. Il se dirigea vers le tableau qu'il avait appelé Melanchiola, c'était une ode à leur histoire qu'il avait présenté à sa dernière exposition.

 

Il frôla la toile des doigts. Qu'est ce qui nous arrive Brian....


Audali09  (26.08.2013 à 02:53)

Lundi 20 Novembre 2006 – 9h

 

 

Brian avait finit par venir à Kinnetic y restant tout le week-end. Il avait élu domicile sur le canapé de son bureau. Il ne dormait pas depuis jeudi. Allongé sur le canapé, les jambes croisées il tentait de comprendre ce qu'il lui avait pris. Il s'était comportée comme le dernier des connards. Justin ne lui pardonnerait jamais ce coup-là. Il se passa la main dans les cheveux.

 

Il se redressa et s'assit. Il se souvenait avec quasi-exactitude de ce soir-là. Il était revenu de New-York abattu par les nouvelles de son médecin. Il était passé à la galerie où il avait voulu aller parler à Justin. Mais il l'avait vu si heureux, si beau ce soir-là pendant ce cours qu'il s'était senti une fois de plus comme le trouble fête, le fardeau. Il avait passé la soirée au Babylon et sans vraiment trop savoir pourquoi il n'était pas reparti seul.

 

Qu'est ce qu'il lui avait pris ?

 

 

Mardi 21 Novembre 2006 – 8h

 

 

Justin travaillait au Liberty ce matin-là. Il avait repris cet emploi de serveur en revenant de New-York plus par envie que par véritable nécessité.

 

Debbie avait été saisie en voyant Justin arriver. Il semblait fatigué, le regard bas, vide d'émotions, les épaules voûtées. Elle avait tenté une approche mais il lui avait fait très vite comprendre qu'il ne voulait pas parler. Venir au snack avait été une torture pour Justin mais il se devait d'avancer, faire encore croire que tout allait bien, conserver une façade sereine.

 

Il était entrain d'écrire le tableau des menus lorsqu'il entendit toute la bande arriver. Il priait intérieurement pour que Brian ne s'y trouve pas. Il n'entendit pas sa voix. Toujours de dos il se composait une expression plus lisse. Il se força à placarder un sourire sur son visage.

 

-Hello Honey ! Fit Emmett.

-Salut Em' répondit Justin en se forçant à sourire.

 

Ce dernier vit immédiatement que quelque chose n'allait pas. En organisant le mariage des garçons il s'était encore davantage rapproché de Justin. Il s'installa à la table avec les autres. Justin prit une inspiration et se dirigea vers eux tentant de se maîtriser comme il le pouvait.

 

Par chance personne ne remarqua son attitude hormis Emmett. Il prit leurs commandes et fit son travail en évitant de trop réfléchir. Ce fut un calvaire pour lui.

 

 

 

Mercredi 22 Novembre 2006 – 14h

 

 

Brian assis à son bureau n'arrivait pas à se concentrer. Il regarda la photo à côté de son ordianteur: une photo de leur mariage. Au départ c'était Justin qui l'avait mise pour rigoler voyant combien de temps il pouvait tenir mais finalement Brian n'y avait pas retouché. Comment les choses avaient pu s'effondrer à ce point ? Il se haïssait.

 

C'est à ce moment qu'il eut une nouvelle crise. Un étau lui enserra la poitrine. Sa vue se brouilla, il eut la sensation d'étouffer. Ça aussi c'était prévu.

 

Mercredi 22 Novembre 2006 – 18h

 

 

Justin adorait les cours de dessin qu'il donnait à la galerie pour les enfants. Mais ce soir il n'avait pas cet entrain qu'il avait habituellement. Lorsqu'il rentra à Britin comme tous les soirs désormais il se précipitait dans son atelier courant presque pour éviter de rester trop longtemps dans les autres pièces. La situation commençait à devenir intenable.

 

 

Vendredi 24 Novembre 2006 – 8h

 

 

Aujourd'hui l'abattement et la mélancolie avaient laissé place à la colère et l'amertume. Lorsqu'il vit la bande arriver il ne réussit pas à mettre son masque qu'il avait porté le reste de la semaine. Les émotions qui le tiraillait variaient selon le moment de la journée. Pour le moment il était simplement en colère, fatigué.

 

Depuis le début de la semaine, Mickael avait bien vu le visage de Justin et se doutait que quelque chose s'était produit. Sans compter qu'il n'avait pas vu Brian ces sept derniers jours.

 

Justin essaya de se calmer mais rien n'y faisait il était purement et simplement énervé. Il termina de ranger de l'autre côté du comptoir et se dirigea vers la table des garçons.

 

-Salut ! Firent-ils.

-lut' grommela-t-il.

 

Emmett le regarda consterné alors que les autres ne comprenaient pas ce qui ce passait.

 

-Qu'est ce qu'il à encore fait ? Finit par demander Mickael vers Justin.

-Quoi ?!

-''Brian'' qu'est ce qu'il à encore fait ?

-Rien ! Répondit sèchement Justin. Qu'est ce que vous voulez ? Demanda-t-il sur un ton irrité.

-Je vais prendre...commença Emmett tentant de détourner la conversation.

-Justin, le coupa Mickael, comme je te l'ai déjà dit peu importe ce qui ce passe dans le monde Brian restera Brian.

 

Justin ne tenait plus, il n'en pouvait plus et c'est Mickael qui en paya le prix.

 

-Arrête de croire que t'en sais toujours plus que les autres quand il s'agit de Brian !! T'es pas marié avec lui que je sache !! cria-t-il presque.

 

Mickael devint livide. Debbie se retourna en entendant l'éclat de voix. Brian venait d'entrer dans le snack lorsqu'il entendit les dernières paroles de Justin. Ce dernier était ivre de colère. Comme par réflexe et instinct il se tourna vers la porte d'entrée. Son regard croisa celui de Brian. Sa colère ne fit qu'augmenter. Mais il se sentit aussi très mal comme privé d'oxygène.

 

Brian ne devait jamais oublier le regard qu'il lui lança à cet instant qui le pétrifia sur place. Justin tourna les talons et partit dans l'arrière cuisine. Arrivé dans la pièce qui donnait sur l'autre côté de la rue il retira son tablier blanc qu'il jeta en boule. Il sortit et ne put s'empêcher de donner un violent coup de pied dans la poubelle qui lui faisait face.

 

Dans le snack Brian était reparti.

 

Un silence lugubre régnait à la table des garçons. Emmett fixait Mickael.

-Tu pouvais pas t'en empêcher hein ? Lâcha-t-il dans sa direction.

-Mais quoi ?!!

 

Emmett poussa un soupir d'agacement et préféra ne pas répondre.

 

 

Vendredi 24 Novembre 2006 – 18h

 

 

Brian n'avait cessé d'y penser toute la journée. Il n'avait même pas assisté à la réunion Remson laissant Ted aux commandes. Tournant comme un lion en cage il ne cessait de revoir ce regard que Justin lui avait jeté. Ils ne pouvaient pas rester comme ça, il devait faire quelque chose. Tout avait assez duré.

 

Revenu à Britin Justin avait essayé de se calmer en dessinant. Il s'était tellement acharné sur son crayon qu'il avait déjà brisé deux mines. Son portable se mit à vibrer : un message.

 

'' Il faut qu'on parle. Je viendrai ce soir à la maison. Brian. ''

 

Justin ne répondit pas. Il voulait parler ? Parfait ! Il avait des choses à lui dire.

 

 

Vendredi 24 Novembre 2006 – 21h

 

 

Justin était assis à la table de la salle à manger. Il s'était servi un verre d'alcool et devait en être à son troisième lorsqu'il vit les phares de la corvette à travers les fenêtres. Il se donnait contenance pour ce qui allait arriver.

 

Dans sa voiture Brian était tendu les mains serrées autour du volant. Il ne pouvait plus reculer. Il n'avait pas peur de tout lui expliquer, il avait peur de sa réaction, peur d'avoir définitivement tout détruit. Il coupa le contact, inspira et pris la direction de la porte d'entrée. Le gravier crissait sous ses chaussures vrillant ses nerfs. Il posa la main sur la poignée et entra.

 

Lorsque Justin avait entendu la poignée tourner il avait terminé d'un trait son verre. Son cœur était prêt à exploser, le sang cognant à ses tempes. Lorsqu'il le vit dans l'embrasure de la porte il aurait voulu tout oublier et juste sentir ces bras l'entourer. Mais ça aurait été trop simple.

 

Brian se retourna dos à la porte d'entrée. Jamais pareil fossé ne s'était creusé entre eux. Quelques mètres les séparait mais Brian avait la sensation d'y voir des kilomètres. Justin assis à la table le fixait avec le même regard que celui plutôt dans la journée. Un regard blessé, en colère, amer, qui le jugeait. Brian était encore plus mal.

 

-Tu voulais parler, fit Justin plus calme qu'il ne croyait, froidement.

 

Brian avait presque du mal à le reconnaître tant il affichait une froide indifférence.

 

-Oui, répondit-il calmement à la différence du tumulte qui l'habitait. Justin je...

-J'ai tout accepté...tout, murmura Justin à la fois pour lui et Brian. Je n'ai jamais rien dit, j'ai toujours tout laissé passé ! Le gentil Justin transi d'amour qui ne dit jamais rien...

-Justin...

-J'ai tout accepté ! TOUT ! Repris Justin en plantant son regard dans le sien.

-Je sais, répondit faiblement Brian qui sentait sa poitrine se serrer à nouveau.

-Tu sais ? Murmura Justin, TU SAIS ? S'écria-t-il en se levant brusquement renversant sa chaise. Toi qui n'arrêtes pas de me dire tu ne veux pas de sacrifices mais est-ce-que tu sais tout ceux que j'ai fait pour toi ces 6 dernières années ?! J'ai tout sacrifié pour TOI !! ma jeunesse, ma carrière, New-York, ma famille, mon père, je me suis fait presque tué pour toi !! PARCE QUE JE T'AIMAIS BRIAN ! Et regarde où ça m'a mené !!

 

Brian aurait préféré se prendre une droite de la part de Justin que d'entendre ce qu'il venait de dire.

 

Justin était aveuglé par sa colère ne pensant plus aux mots qui sortaient de sa bouche. Il avait mal et c'était le seul moyen qu'il avait trouvé.

 

Que pouvait répondre Brian à ce qu'il venait d'entendre ? Rien n'aurait pu être pire.

 

-Est-ce que tu t'es déjà soucié du monde qui t'entourais ? De ce que les gens pouvaient ressentir autour de toi ? Continua Justin.

 

Brian ne répondit rien. Il se sentait de plus en plus mal. Sa vue se brouillait, l'étau autour de sa poitrine se resserrait, il avait mal à la tête, l'espace semblait tourner autour de lui.

 

-Ou en fait la seule personne qui t'intéresse c'est toi ?!

-Non, répondit faiblement Brian.

 

Il dut s'appuyer contre le meuble de l'entrée. Il avait besoin de tous ses moyens pour dire la vérité à Justin.

Pas maintenant...pas maintenant...

 

-Non ? Ah bon ? Alors qu'est ce que tu fais de tout ce que tu m'as dit à notre mariage ? Des promesses que l'on s'est fait l'un envers l'autre ? TU EN FAIS QUOI ?! Tu as tout bousillé pour une histoire de baise !!

-Je suis...

-Désolé ? Arrête ! Ça ne te ressemble pas ! Le grand Brian Kinney s'excuser ? As-t-on jamais vu ça ?!! Non toi qui ne veux pas vieillir, tu t'en fous de demain ! Tu fais la fête, tu fumes, tu baises, tu bois, tu t'en tapes !! Rock'n'Roll Brian Kinney ! ROCK'N'ROLL !!!

 

La conversation montait devenant de plus en plus violente.

 

-ARRETE !! s'écria Brian se faisant violence pour rester debout.

-QUOI ?! Ça t'embête que je te dise la vérité que tu t'évertue à nous servir depuis des années ?! Et moi ? Je suis quoi dans tout ça ?! JE SUIS QUOI ?? Un autre amusement ?! Je ne t'ai jamais demandé de changer pour moi mais tu aurais au moins pu ME RESPECTER !! Mais TOI tu veux juste faire LA FETE !!!

-Justin...murmura Brian.

 

Il s’essoufflait. Son visage était devenu blanc comme de la craie. Il avait la gorge sèche. La tête lui tournait.

 

-NE COMPTE PLUS SUR MOI !! s'écria Justin.

 

La suite se passa comme au ralenti pour Justin. Brian était devenu livide, la bouche entrouverte, la respiration sifflante. Il le vit chuter lentement, comme si le temps s'étirait. Il tenta de se rattraper au meuble de l'entrée. Les yeux de Justin s'écarquillèrent prenant conscience de la situation. Brian le regarda avant de tout voir tourner et se brouiller. Justin n'était plus qu'une silhouette aux contours informes.

 

Il entendit au loin sa voix l'appeler. Il crut que sa poitrine allait exploser. Le visage de Justin occupait tout son esprit alors qu'il sentait son corps heurter le sol froid. Il aurait tant voulu lui dire qu'il l'aimait, perdre ses doigts dans ses mèches blondes encore une fois, sentir son corps contre le sien... Tout devint noir...

 

-BRIAN !!!!!!!!


Audali09  (26.08.2013 à 16:49)

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