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Not Without You

Série : Queer As Folk
Création : 12.04.2013 à 18h07
Auteur : Audali09 
Statut : Terminée

« La fiction débute à la fin de la saison 5 avant que Michael n'emmène Brian danser dans ce qui reste du Babylon. Suite de la saison 5. Des spoils sont possibles sur l'ensemble des cinq saison » Audali09 

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Homme d'environ 35 ans... Inconscient...

 

La lumière dansait devant ses yeux. Il cligna des paupières plusieurs fois. Ils s'agitaient autour de lui. Il tendit la main vers lui. Il les entendait parler mais n'arrivait pas à saisir le sens.

 

Pas de pouls...pupilles dilatées...pas de réactions..il est en asystolie...

 

Il ne comprenait pas ce qui ce passait.

 

Monsieur ?

 

Moins de dix minutes plus tôt il se disputait avec Brian. A propos de quoi déjà ? Ah oui... Il fronça les sourcils. Et maintenant ?

 

Monsieur !... Monsieur !... Rachel arrête de lui hurler dessus ça sert à rien ok ? Ca nous aide pas ! 1 milligramme d'adrénaline, Tony continue la ventilation, Jackson prépare le défibrillateur...

 

Qu'est ce qui c'était passé ? Qu'est ce que Brian ne lui avait pas dit ? Il n'arrivait pas à mettre de l'ordre dans ses idées. Et que lui voulait ce type en rouge ?

 

-Monsieur ? Fit ce dernier en lui posant la main sur l'avant bras.

 

Justin releva la tête sans comprendre ce qu'il lui voulait.

 

-Je m'appelle Gérald, dit l'urgentiste, et vous ?

 

Il lui demandait sérieusement son prénom ?

 

-Justin...bredouilla-t-il, Justin Taylor.

-Je peux vous appeler Justin ?

 

Ce dernier acquiesça sans comprendre ce qui ce passait autour de lui.

 

-Ok Justin. Pouvez-vous me dire son nom ?

-Brian...murmura-t-il, Brian Kinney.

-D'accord, vous êtes de la famille ? Un parent ?

-Son mari...je suis son mari, répondit Justin qui avait de plus en plus de mal à se concentrer.

 

Les trois autres urgentistes relevèrent la tête.

 

-Est ce que vous pouvez m'expliquer ce qui c'est passé ? Poursuivit Gérald.

 

Le ton calme de l'urgentiste calma un peu Justin. Il regarda dans la direction de Brian, inconscient, allongé sur le brancard. Justin eut un regard douloureux, qu'est ce qu'il avait raté ?

 

-Justin ?

-Euh...

 

Justin se passa la main sur le visage. Il voyait Brian immobile, il voulait qu'il se réveille. Juste qu'il se réveille.

 

-Justin ça va bien ce passer, fit Gérald en posant sa main sur la sienne. Est ce que vous pouvez m'expliquer ce qui c'est passé ?

-On discutait... il est devenu tout blanc, répondit Justin en fronçant les sourcils qui ne voulait qu'une chose que ce corps se réveille, que cette main qui portait leur alliance se mette à bouger.

-Ensuite ?

-Il...il avait du mal à respirer, il est tombé. Il ne me répondait pas et...je vous ai appelé...

-Très bien. Est ce que Monsieur Kinney à des antécédents ?

-O...oui, il à eu un cancer...un cancer des testicules il y a deux ans.

-Gérald toujours rien, fit sa collègue Rachel.

 

L'ambulance filait à vive allure. Justin n'avait pas lâché sa main.

 

-Continuez la ventilation, chargez à 150. D'accord Justin autre chose ?

-Il...il à été malade il y a deux mois, il n'arrêtait pas de tousser et avait du mal à respirer.

-Combien de temps ça à duré ?

-Une semaine.

-Très bien. Je vous promet que ça va bien se passer Justin d'accord ?

 

Le jeune homme secoua la tête.

 

-Gérald !

-Ok 150 ! Dégagez, fit Gérald en reprenant les commandes des opérations dans l'ambulance.

 

Justin vit les palettes secouer le corps de cet homme qu'il aimait. Ses oreilles lui bourdonnait. Le corps se souleva une nouvelle fois comme au ralenti. Il sentit un soubresaut dans sa main serrant la sienne. Il les voyait s'agiter, parler sans entendre.

 

200 ! Dégagez !

 

Il ne bougeait pas. Ouvre les yeux Brian s'il te plait...Reviens, reviens-moi ! Son menton se mettait à trembler. Il ne pouvait pas le laisser, il ne pouvait pas l'abandonner. Son corps se soulevait comme dans une danse irréelle. Justin détourna les yeux incapable de regarder.

 

Toujours rien...Chargez à 250 ! Gérald ! 250 ! Dégagez !

 

Il sentait presque les larmes couler le long de ses joues. Je t'aime Brian, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime... reviens, reviens... seigneur... reviens... je t'aime...Je veux du temps, je veux encore du temps, reviens...Je veux vivre, reviens...je t'aime...

 

Gérald ! 1 mg d'adrénaline ! Gérald ! La ferme Rachel ! Chargez à 300 ! Gérald ! Charge cette putain de machine Jackson ! Dégagez ! Toujours rien... Gérald... Il le voyait, il le voyait il ne pouvait pas abandonner pas devant lui, il devait continuer. Il jeta les palettes à sa gauche et monta sur la table. N'arrête pas la ventilation ! Il commençait le massage cardiaque. Gérald on arrive ! Gérald regarde l'ECG ! Continue la ventilation Tony, continue ! Il repartait, il fallait qu'il tienne. Courage Justin, courage !

 

Il ne comprenait plus ce qui l'entourait, il faisait quelque chose qu'il n'avait pas fait depuis des années : il priait. Gérald était sur le brancard. Ses mains appuyait sur sa poitrine. Il s'entendait respirer. L'air glacial entrait dans ses poumons. Il voyait leur bouche bouger, leurs mains bougeaient dans un ballet étrange, leurs yeux clignaient.

 

Sa tête bourdonnait, le sang cognait à ses tempes mais tout lui semblait figé, avancer au ralenti. L'intérieur de l'ambulance se superposait au visage de Brian, à son sourire. Il tourna son regard vers eux, il avait froid, frissonnait. Les bruits étaient sourds.

 

Les portes métalliques s'ouvraient. Il devait descendre. Ils étaient devant les portes des urgences de l'hôpital. Il se sentait complètement déboussolé.

 

-Justin vous devez restez ici. Je viendrais vous voir dès que j'aurai du nouveau.

 

Derrière ces deux portes battantes c'était sa vie qu'on emmenait. Il avait tout à coup la sensation qu'on lui coupait la respiration, sa gorge lui brûlait. Il marchait entre ses deux murs, ce couloir qui lui semblait se rapprocher à chaque instants. Il se sentait enfermé. Sa tête était emprise dans un étau. Il croyait exploser.

 

Debbie s'était précipité à l'hôpital en recevant le coup de téléphone. Elle avait été la personne à prévenir en cas d'urgence durant de nombreuses années et l'était restée. Carl avait conduit, Debbie étant dans une grande agitation. Il n'avait pas coupé le contact qu'elle se précipitait à l'étage des urgences.

 

Dans la salle d'attente elle repéra immédiatement Justin. Il avait la veste de Brian dans la main, le front appuyé dans l'autre. Il semblait totalement désemparé, ailleurs.

 

Je t'aime Brian, je t'aime, je t'aime...pour le meilleur et pour le pire...tu veux bien m'épouser ?...je ne crois pas en l'amour...revenir pour te retrouver à la maison...au fait tu m'as manqué...ce n'est pas à moi de te dire ce que tu dois faire.......................................................................................................................................

tu ne peux pas revenir en arrière c'est trop tard...pas sans toi...je n'arrêtais pas de me dire pourvu qu'il ne soit rien arrivé à Justin...C'est ça ta conception de l'amour véritable Sunshine ? …pour mon prince...................................................................................................................................................................

je t'aime si fort...ce n'est pas moi qui est parti jouer les grands artistes à New-York avec paganini junior...je crois que maintenant j'ai tout perdu...on se reverra peut-être le semaine prochaine, le mois prochain...ridiculement romantique...ce n'est que du temps...c'est là que j'ai compris pourquoi Debbie t'appelait Sunshine...la plus belle soirée de ma vie.............................................................................................

où que tu sois, peu importe avec qui, je serai toujours là...chez nous...

 

Il sentait déjà la larme couler le long de sa joue, à la commissure de ses lèvres, sous son menton.

 

Le front appuyé dans sa main il avait la sensation de glisser, de perdre pied. Il ne pouvait pas s'en aller, il ne pouvait pas le laisser, il avait encore tant de choses à lui dire, tant de moments à découvrir, à vivre avec lui, tant à donner, tant à aimer.

 

Debbie le regarda le regard douloureux, un morceau de glace lui transperçant le cœur.

 

-Oh mon ange...fit-elle en s'approchant.

 

Elle s'assit près de lui, caressant ses cheveux. Il redressa la tête, essuyant ses joues.

 

-Ils...ils sont au bloc. L'urgentiste m'a dit qu'il viendrait me voir dès qu'il aurait des nouvelles. Il...il est tombé...il ne respirait plus...

 

Le visage défait, la peur se lisait sur son visage, Debbie croyait voir un enfant. Il lui paraissait si fragile. Elle caressa sa joue.

 

-Debbie s'il...s'il...murmura-t-il le menton tremblant.

-Chut mon ange, dit-elle en le prenant dans ses bras, ça n'arrivera pas ! Brian est un battant !

 

Elle prit son visage entre ses mains et planta son regard dans le sien.

 

-Tout vas bien se passer Sunshine !

-On se disputait Debbie...j'ai dit des choses horribles...c'est de ma faute Debbie je n'ai rien vu...c'est de ma faute...j'ai... il se suspendit dans sa phrase les larmes jaillissants à nouveau de ses yeux, le regard perdu.

 

Debbie le prit dans ses bras, le serrant contre elle, essayant de lui donner de sa force.

 

-C'est de ma faute...c'est de ma faute... c'est de ma faute..., ne cessait-il de répéter.


Audali09  (27.08.2013 à 22:35)

Samedi 25 Novembre 2006 – 2h du matin

 

 

Comme l'avait présagé Debbie la nuit allait être longue. Depuis qu'elle était arrivé ils n'avaient pas de nouvelles. Justin ne décrochait plus un mot, les yeux fixés sur ces deux portes qui restaient inlassablement immobiles.

 

Alors que Debbie allait dire quelque chose les portes muettes s'ouvrirent enfin laissant passer un chirurgien en blouse bleue. Justin se releva brusquement, l'électricité d'une sourde angoisse se répandant dans son corps. Debbie se leva à sa suite.

 

-Bonsoir, commença le médecin, vous êtes de la famille ?

 

Ils acquiescèrent tous les deux sans laisser sortir un son de leur bouche. Le médecin les regarda pourtant avec insistance.

 

-O...oui pardon, se reprit Debbie, je suis sa mère et voici son mari, fit-elle en indiquant Justin.

 

Au soulagement de Debbie le chirurgien ne releva pas.

 

-Très bien.

-Comment vas-t-il ? Demanda Debbie alors que Justin restait toujours figé sans rien dire.

-Pour l'instant son état est relativement stable. Votre fils à fait un infarctus du myocarde. J'ai cru comprendre par l'un de mes urgentistes que Monsieur Kinney à des antécédents cancéreux ?

-En effet, répondit Debbie, il y deux ans.

-C'est ce que je pensai, ce dit le médecin, le cancer à malheureusement fait une rechute.

 

Debbie vira au blanc comme jamais elle n'avait viré, Justin baissa les yeux.

 

-Qu'est ce qui ce passe Docteur ? Murmura-t-elle, grave.

-L'infarctus du myocarde est dû à des artères coronaires bouchées. Ces artères permettent l'oxygénation du cœur. Il arrive que dans certains cas les cancers rechutent, c'est le cas aujourd'hui. Des métastases se sont formées chez Monsieur Kinney et ont infiltré les cellules sanguines atteignant le cœur et les poumons bouchant les artères.

 

Justin était totalement muet, s'enfonçant un peu plus à chaque mots du médecin. Il glissa sa main dans celle de Debbie.

 

-Nous avons commencé la chirurgie à son arrivée. Nous sommes entrain de retirer les cellules métastatiques. S'est-il déjà plaint de douleurs thoraciques avant aujourd'hui ?

 

A sa grande horreur Justin constata que non. Il affirma par la négative.

 

-Montrait-il des signes de fatigue ? De malaise ? De nausées ?

 

Justin ne pouvait que répondre non.

 

-Toussait-il souvent ? Parfois du sang ?

 

Une fois de plus Justin ne pût qu'être négatif et peu à peu le schéma se faisait petit à petit dans son esprit. Une horreur et un désarroi s'emparait peu à peu de lui.

 

-Ces symptômes sont des signes avant-coureur de la rechute et de l'infiltration des métastases dans le sang. J'ai téléphoné à son oncologue qui m'a indiqué qu'il était tombé malade il y a plusieurs semaines. Il m'a précisé que Monsieur Kinney semblait déjà au courant. Il m'a conseillé d'appeler son médecin un certain Dr Adamson à New-York.

 

Justin releva la tête. Le médecin l'accablait et l'enfonçait un peu plus à chaque mots. Le médecin allait reprendre lorsque son bipeur se mit à sonner.

 

-Excusez-moi je dois y retourner. Nous en aurons encore pour un moment mais je vous enverrai quelqu'un pour vous informer régulièrement. Il repartit précipitamment en direction des portes battantes.

 

Si Justin n'avait pas tenu la main de Debbie il serait certainement tombé. Il se rassit lourdement sur sa chaise totalement sonné comme si tout ce qui venait de se produire n'était qu'un cauchemar éveillé. Il voulait se réveiller. Debbie était également abasourdie, Brian n'avait jamais paru malade bien que fatigué. Justin avait pris sa tête entre ses mains, les sourcils froncés essayant de mettre de l'ordre dans ses idées incohérentes.

 

-Justin ? Fit Debbie. Je crois que je vais aller chercher du café...

 

Il ne répondit rien trop préoccupé par ce qu'il venait d'entendre. Debbie s'éloigna et descendit à la cafétéria. En route elle sortit son téléphone portable il était temps d'appeler.

 

-Allô ? Bonsoir Ben excuse moi de vous réveiller si tôt... Emmett ? Bonsoir c'est Debbie... Blake ? Oui bonsoir c'est Debbie est ce que Ted est avec toi ?... Bonsoir Jennyfer, ah pardon Tucker, écoutez... Mélanie ? Je suis désolée de te réveiller ma chérie. Il faut que Lindsay se lève...

 

Une fois prévenu tout le monde elle alla chercher deux cafés qu'elle remonta à l'étage des urgences. Lorsqu'elle arriva dans la salle d'attente Justin n'était plus là et elle se mit immédiatement à s'inquiéter. Elle s'approcha de Carl qui n'avait pas bougé.

 

-Ne t'inquiètes pas, lui dit-il, il est sortit fumer une cigarette.

 

Debbie prit sa main dans la sienne sourde d'angoisse et commença à boire ce qui devait être du café mais qui n'en portait que le nom.

 

Justin s'était rendu sur la terrasse réservée aux familles des patients. Il avait allumé une cigarette et s'était approché de la rambarde.

 

Un certain Dr Adamson à New-York...infarctus du myocarde...le cancer à fait une rechute...nous avons commencé la chirurgie depuis son arrivée...métastases...cellules sanguines...signes avant coureur de la rechute...avant aujourd'hui ? Avant aujourd'hui ? Avant aujourd'hui ? Avant aujourd'hui ? Avant aujourd'hui ? Avant aujourd'hui ?

 

Les mots résonnaient dans sa tête comme des échos. Il retournait et tournait la question dans sa tête.

 

Ça va...que tu partes en Europe ne changera rien à ça je serai toujours là quand tu reviendras...j'ai dû me lever trop vite...je te dit que ça va...j'ai du mal digérer un truc hier soir...c'est rien, c'est moi...

 

Il ferma les yeux. Il avait recommencé. Il lui avait à nouveau caché la vérité, l'avait à nouveau écarté de lui, d'eux. Il lui avait menti et l'événement de la semaine dernière paraissait presque anodin face à ce nouvel état de fait. Il lui avait menti ! Justin se sentait descendre en enfer, rien n'aurait pu être pire. Il se sentait tiraillé entre ses sentiments et les événements.

 

Accoudé à la rambarde, il se pinça l'arête du nez. Il n'en pouvait plus. Qu'est ce qu'il allait faire ?

Il fallait qu'il revienne. Il fallait qu'ils se parlent. Il l'aimait, il voulait qu'il revienne. Il baissa la tête, les épaules rentrées, tentant de s'y retrouver.

 

 

Samedi 25 Novembre – 6h

 

-Justin ? Fit Debbie en arrivant sur la terrasse.

 

Ce dernier se retourna. Elle fût déstabilisée par son expression.

 

-Le Médecin est là.

-J'arrive, répondit Justin. Il écrasa se cigarette et suivit Debbie.

 

En entrant dans la salle d'attente il eût la surprise de voir toute la bande réunie. Il comprit que Debbie les avait prévenus. Il enlaça sa mère mais demeurait froid, distant, impassible. Ils furent tous troublés de sa réaction.

 

-Alors Docteur ? Finit par dire Emmett.

-Monsieur Kinney s'est stabilisé. Nous avons terminé la chirurgie et retiré les métastases, dit-il en regardant Justin. Mais il y a un problème...

-Quoi ? Fit Debbie.

-Monsieur Kinney est dans le coma...

-QUOI ? Redemanda Debbie.

-Il est dans un coma qu'on appelle coma vigile.

 

Justin devint livide. Debbie regardait le médecin sans comprendre.

 

-Ce n'est pas un coma profond, en tout cas pour le moment.

-Pour le moment ? Fit Mickael.

-C'est un coma de stade 1. Vous le verrez certainement bouger, réagir à certaines choses. C'est une sorte de réaction défensive.

-Réaction défensive à quoi ?

-Ça nous ne pouvons pas vous le dire, seul le patient peut le savoir.

-Mais qu'est ce qu'on peut faire ? Reprit Ted.

-Rien.

-QUOI ?! Firent-ils.

-On ne peut qu'attendre.

-Et qu'est ce qui va se passer ? Demanda Debbie.

-Et bien soit le patient se réveille, soit il s'enfonce, reprit le médecin essayant de conserver son calme. Il n'avait jamais aimé donner de mauvaises nouvelles aux familles.

-Combien de temps ça va durer ?

-On ne peut pas savoir ; 2 jours, 2 mois comme deux ans.

 

La réponse rendit muet tout le monde et ils se tournèrent vers Justin qui n'avait pas bougé pâle comme la mort.

 

-Il à été mené à sa chambre si vous voulez le voir.

 

Justin lentement s'avança vers lui et le suivit. Ils allaient tous faire de même lorsque Debbie les retint.

 

-Attendez, fit-elle. Laissons-les quelques minutes.

 

Ils acquiescèrent et se mirent à poser des questions à Debbie pour savoir ce qui c'était passé. Seul Ted ne dit rien et regarda Justin s'éloigner. Il avait en sa possession un document dont il ne voulait surtout pas se servir et dont Justin ne connaissait rien mais dont Brian avait exigé l'existence et l'effet.

 

Justin suivait le médecin dans le couloir. Les murs blancs semblaient l'agresser teintés de vert. Il s’arrêtèrent devant la porte indiquant le numéro 290. Justin entra à la suite du médecin. Il entendait les bip lents et régulier de l'ECG retentirent dans une chambre aussi froide que silencieuse.

 

Et c'est là qu'il le vit : allongé sur le lit. Pâle mais l'air serein. Il ne bougeait pas, sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration. Les paupières closes. Une perfusion avait été positionné à gauche. Un tube sortait de sa gorge tordant sa bouche.

 

-Nous avons été forcés de l'intuber durant l'intervention, murmura le médecin comme s'il ne devait pas briser le silence en parlant fort. Je vais vous laisser, une infirmière passera d'ici deux heures vérifier les constantes et changer la perfusion.

 

Justin était figé, le regard braqué sur Brian. Le médecin le laissa seul. En sortant il ne put s'empêcher de soupirer, l'expression du jeune homme était tout simplement insoutenable.

 

Justin n'avait pas bougé. Il s'approcha du lit. Il frôla sa main gauche du bout des doigts caressant l'alliance qui semblait encore plus froide. Il remonta le long de son bras et toucha son visage. Il replaça une mèche brune et se pencha vers lui. Il embrassa la commissure de ses lèvres. Il posa son front contre le sien en soupirant.

 

Il fit le tour du lit et rapprocha le fauteuil. Sa main était le long de son corps, s'enfonçant dans le drap. Justin tendit le bras vers lui et prit sa main dans la sienne. Il déposa un baisé sur le revers. Il appuya sa joue contre elle espérant qu'elle se mette à bouger, qu'elle frissonne, qu'elle sursaute. Mais le calme continuait, les bips résonnaient, il restait immobile.

 

-Réveille toi Brian, je t'en supplie réveille toi, reviens, murmurait Justin sa joue toujours contre la paume de sa main. Si tu reviens pas je pourrais pas t'engueuler, ironisa-t-il sentant les larmes lui monter aux yeux. J'ai besoin de toi, reviens s'il te plait. Tu m'avais promis de ne jamais mourir, tu m'avais promis, continua Justin alors que sa voix se brisa dans un sanglot. Tu m'avais promis, tu m'avais promis, tu m'avais promis...

 

Tu m'avais promis...


Audali09  (29.08.2013 à 00:42)

Ils étaient tous venu au chevet de Brian choqués, silencieux par ce qu'ils voyaient. Ted n'en avais été que plus mal. Il attendait l'arrivée de Mélanie qui l'aiderait à supporter ce qu'il devait dire à Justin mais aussi à tous les autres. La chemise qui contenait le document était sur sa table de salon et ne bougeait pas comme attendant son heure.

 

Justin avait certainement passé la pire nuit de sa vie. Il n'avait pas dormi ne quittant pas des yeux cet homme. Il attendait son réveil parce qu'il devait se réveiller lui ayant fait la promesse. Il connaissait les moindres recoins de cette chambre, enfermé, dans les bips incessants des machines.

 

Le lendemain matin il avait fini par s'assoupir la tête sur le lit, le front contre sa main. Et c'est une suite de sons stridents qui le réveillèrent. Incessants, longs, terribles.

 

Il se réveilla en sursaut alors qu'un escadron d'infirmières entrait dans la chambre numéro 290. La bande arriva sur ces entre-faits. La porte était ouverte et ils n'entendaient que les cris de Justin sur un bruit de fond d'infirmière.

 

-Qu'est ce qui ce passe ?! Brian ! Qu'est ce qui ce passe ?! Ne cessait de s'écrier Justin alors qu'on essayait de le faire reculer.

-Faites le sortir !

-Code 3 ! Fibrillation cardiaque ! Faites le sortir !

-Attendez ! Attendez ! S'écriait Justin alors qu'une infirmière tentait de la maîtriser.

 

Blake qui assistait comme tous les autres à la scène prit les choses en main. Il avait l'habitude de ce genre de cas au centre où il travaillait. Il surprit tout le monde en prenant Justin à bras le corps et le ramenant vers lui. Ce dernier ne cessait de se débattre.

 

Blake le coinça contre le mur. Tout le monde était livide devant l'état de Justin qui était réputé pour son calme légendaire. Blake continuait à essayer de le maîtriser. Il avait fait comprendre aux autres de ne pas l'aider. Justin s'écriait et s'essoufflait et Blake comprit immédiatement ce qui lui arrivait. Ils glissèrent en même temps contre le mur.

 

-Mais qu'est ce qui lui arrive ? S'écria Emmett la voix légèrement aiguë.

-Il fait une crise d'asthme, répondit Blake.

 

Blake le tenait fermement par les épaules. Justin s'accrochait à ses bras tentant de maîtriser sa panique.

 

-Okay Justin, commença Blake, n'écoute que ma voix. N'écoute que moi, il ne se passe rien autour d'accord ? N'écoute que moi.

 

Justin avait la respiration sifflante, saccadée, la bouche entrouverte, il sentait les larmes ruisseler le long de ses joues.

 

-Le...il me faut le..., bégaya-t-il.

-Non, répondit Blake, écoute moi, juste moi, n'écoute que ma voix. Tu m'écoutes ?

 

Justin hocha, tremblant, la tête.

 

-Respire, respire... Essaie d'apaiser ta respiration, essaie de penser à un son, une image, un lieu qui t'apaise. Trouve ta paix intérieure, poursuivait Blake.

 

Il prit son visage entre ses mains.

 

-Inspiiiire...voilà, reprend une inspiration, expire, inspire...

 

Blake respirait en même temps que Justin lui montrant l'exemple.

-Respire, calme toi...voilà...encore... inspire, souffle, voilà...inspire...continue...ne regarde que moi, continua Blake qui sentait que Justin commençait à se calmer.

-Voilà c'est ça, c'est bien, respire... respire...poursuivait Blake en l'encourageant du regard, en lui souriant, respire...

 

Tout le monde les regardait inquiets mais aussi impressionnés par la performance de Blake qui semblait totalement maîtriser la situation. Ted en particulier le regarda avec fierté. Il ne l'avait encore jamais vu comme ça, dans ces circonstances.

 

-Respire...voilà...détend-toi...calme toi, c'est fini, voilà c'est fini...

 

Justin ferma les yeux la tête contre le mur, écoutant ce que Blake lui disait, en calmant le tumulte qui l'habitait. Calmé il rouvrit les yeux vers Blake.

 

-Merci, souffla-t-il.

-Ça va ? Demanda ce dernier.

-Oui.

-Ok.

 

Justin était toujours assis par terre Blake accroupit devant lui lorsque le médecin sortit de la chambre.

 

-Alors ? Demanda Debbie en se précipitant.

-Plus de peur que de mal heureusement, ça arrive parfois après un infarctus. Ne vous inquiétez pas tout va bien, les rassura-t-il. Où est Monsieur Taylor ?

 

Justin se releva aidé par Blake.

 

-Vous allez bien ? Demanda le médecin.

-Oui, répondit-il faiblement.

-Je vous conseille d'aller vous reposer vous n'avez pas bonne mine.

-Ne vous inquiétez pas Docteur on va s'occuper de lui, répliqua Debbie.

-Parfait, je repasserai dans une heure pour voir l'état de Monsieur Kinney.

 

Ils restèrent silencieux. Debbie se rapprocha de Justin.

 

-Sunshine il faut que tu ailles dormir, je vais te ramener chez toi.

-Non, Brian à besoin de moi.

-Oui il à besoin de toi mais en forme ne t'inquiètes pas tout le monde va rester, il ne sera pas seul.

 

Épuisé Justin s'inclina. Il était de toute façon impossible de sa battre contre Debbie Novotny.

 

Il entra dans la chambre où se trouvait Brian. Il prit sa veste et se pencha au-dessus de lui. Il replaça une de ses mèches brunes sur son front et embrassa la commissure de ses lèvres.

 

-Je t'aime, murmura-t-il au creux de son oreille. Il embrassa sa tempe et passa une dernière fois sa main sur son visage.

 

Il sortit et suivit Debbie. Ils retournèrent à Britin. Justin ne dit pas un mot du trajet. Lorsqu'ils arrivèrent devant la grande maison Justin eut un pincement au cœur. Arrivé dans l'entrée il monta directement à leur chambre. Debbie le suivit des yeux en poussant un soupir. Elle se rendit à la cuisine et lui prépara une infusion. Alors que l'eau bouillait elle réfléchissait, affligée par ce qui était entrain de se passer. Elle avait toujours considéré Brian comme son fils et souffrait de la situation.

 

Les yeux baissés elle se redressa et se reprit. Pour le moment Justin avait besoin d'elle. Il serait temps de se lamenter plus tard.

 

Elle monta la tasse fumante à leur chambre. Lorsqu'elle entra Justin s'était endormi. Leur album de mariage était ouvert sur leur lit et à la télévision passait le film de la cérémonie. Debbie poussa un soupir. Elle lui prit la télécommande des mains éteignit la télé après un dernier regard, elle referma l'album et couvrit Justin de la couette. Les yeux fermés, les sourcils froncés il paraissait perdu. Elle passa sa main sur sa joue dans un geste maternel. Elle ferma les rideaux et redescendit au salon.

 

 

 

Les jours passèrent lentement, Justin ne dormait plus, n'arrivait pas à manger. Il était constamment au chevet de Brian. Cela durait depuis maintenant une semaine. Chaque jours accablait un peu plus Justin.

 

 

Samedi 1er Décembre 2006

 

 

Ce matin-là Justin téléphona à John à New-York. Il devait reporter son exposition.

 

-Allô ? Bonjour John, c'est Justin, fit-il d'une voix fatiguée.

-Salut Justin ! Justement je voulais t'appeler pour savoir où tu en étais.

-John il faut reporter mon exposition.

-Quoi ?! Mais attend qu'est ce qui ce passe ?

-J'ai un problème personnel.

-Un problème personnel ? Tu peux pas me faire ça un mois et demi avant le vernissage, on à déjà tout préparé!

-Je suis désolé John mais je ne pourrais pas assurer cette expo.

-Mais tu te rend compte de ce que t'ai entrain de faire ?!

-Écoute John il s'agit de Brian, il ne va vraiment pas bien. Je ne vais pas m'étaler sur ma vie privée mais je ne peux pas quitter Pittsburgh pour le moment.

-...

-John ?

-Ok Justin, prend ton temps mais préviens moi-vite pour la prochaine date !

-Pas de problèmes. J'espère ne pas trop te foutre dans la merde...

-Un peu, mais bon c'est le métier ! Ne t'inquiète pas je gère. Prenez soin de vous je te rappelle !

-D'accord, merci John. A bientôt.

-De rien, à plus.

 

Justin raccrocha, soulagé, un problème de réglé. C'est à ce moment que Ted et Mélanie arrivèrent.

 

-Bonjour Justin, firent-ils.

-Salut.

-Comment ça va ce matin ? Demanda Ted.

 

Justin le regarda sans répondre.

 

-Okay j'ai rien dit, reprit Ted.

-Justin, commença Mélanie, il faudrait que l'on te parle de quelque chose.

-Je vous écoute.

-On descend à la cafétéria ?

-Si vous voulez, répondit Justin qui jeta un coup d'oeil vers Brian avant de les suivre.

 

Pendant tout le trajet Ted et Mélanie ne cessèrent de se jeter des coups d'oeil en coin. Arrivés à la cafétéria ils prirent un café et allèrent s'asseoir à une table à l'écart.

 

-Alors de quoi vous vouliez me parler ? Demanda Justin d'une voix fatiguée.

-C'est au sujet de Brian, commença Ted.

-Oui ?

-Il y a trois mois il nous à réuni pour nous parler de quelque chose en particulier, poursuivit Mélanie pas très à l'aise.

-C'est à propos de son testament, termina Ted.

 

Justin redressa la tête sans comprendre. Ils sortirent les papiers de leurs chemises respectives et les glissèrent vers Justin. Ce dernier les prit dans ses mains. C'était comme si un déluge de briques était tombé sur sa tête.

 

Il parcourra les feuilles les yeux écarquillés. Il lui laissait tout dans le ''cas hypothétique de mon décès''. Les papiers avaient déjà été signés.

 

-Qu'est ce que ça veut dire ? Demanda Justin.

-Brian nous à réunis pour réécrire son testament, répondit Mélanie.

-Quand ?!

-Justin...

-Quand Ted ?! Quand ?!!

-Quelques semaines après votre retour de St Domingue, répondit ce dernier.

-C'est pas vrai, murmura-t-il. Vous étiez au courant...

-Brian ne voulait qu'on te prévienne que si nous étions dans le cas actuel.

 

Justin continuait à parcourir les pages lorsqu'il tomba sur le paragraphe concernant le débranchement.

 

-Attendez c'est quoi ça ?!

-C'est...commença Ted.

-Au bout d'un mois ?! Dans le cas du coma il veut être débranché au bout de un mois ?!

-Justin...fit Mélanie en posant sa main sur la sienne.

 

Justin la retira brusquement en se levant.

 

-VOUS ETIEZ AU COURANT !! VOUS NE M'AVEZ RIEN DIT !!! VOUS SAVIEZ !!

-Justin... fit Ted en se levant à son tour.

-NON !! J'AVAIS CONFIANCE EN VOUS, J'AVAIS CONFIANCE !!

-C'est Brian qui... essaya Mélanie.

-LA FERME !! FERMEZ LA TOUS LES DEUX !! cria-t-il en pointant un doigt inquisiteur dans leur direction. Vous auriez du m'en parler !! Est ce que vous vous rendez compte de ce que je viens d'apprendre ?! Si Brian ne se réveille pas je n'ai plus que quinze jours avec lui, VOUS VOUS RENDEZ COMPTE DE CA?!!!

-Je suis désolé Justin...

-Non Ted c'est trop tard ! Vous auriez du m'en parler, j'avais confiance en toi Ted. Confiance tu sais ce que ça veut dire ?! Et toi Mélanie comment tu as pu ? Brian et moi nous sommes mariés j'aurai du être mis au courant ! Comment réagirais-tu si tu étais dans ma situation et Lindsay dans celle de Brian ? COMMENT EST CE QUE TU REAGIRAIS ?! Je refuse que vous le débranchiez, je refuse que tu t'approches Ted, je vous l'interdis !!!!

 

Justin tourna les talons et sortit de la cafétéria. Ted se rassit en poussant un soupir. Mélanie posa sa main sur la sienne en fermant les yeux. Ils avaient pensé tous deux que les choses se seraient mieux déroulées mais il comprenait maintenant toute la portée de leur erreur et ils s'en voulaient atrocement.

 

Justin courut en dehors de l'hôpital, il fallait qu'il sorte, il avait la sensation de suffoquer, de perdre pied, le monde tournait autour de lui. Il ne comprenait plus, il avait le sentiment de devenir fou.Ce n'était pas possible, c'était un cauchemar, il allait se réveiller.

 

Il courut dans le parc jusqu'à en perdre haleine. Il s'arrêta près d'un arbre contre lequel il s'appuya pour ne pas tomber. Tout ce en quoi il avait cru venait de voler en éclat, il avait la sensation d'avoir tout perdu et bien plus encore. Il se retrouvait totalement abandonné, trahi par des personnes qu'il aimait en lesquelles il croyait. Il n'avait pas eu aussi mal de toute sa vie. Quinze jours seulement quinze jours.

 

Il glissa alors que les larmes roulaient le long de ses joues. Il frappait contre cet arbre à s'en faire mal.

 

C'était un cauchemar, il allait se réveiller... 


Audali09  (29.08.2013 à 23:17)

Justin passait son temps à l'hôpital. Il ne parlait plus à personne et lorsqu'il les voyait arriver il quittait la chambre. Désormais il refusait de parler à n'importe qui de la bande. Ted et Mélanie savaient pourquoi mais les autres ne comprenaient pas. Il se renfermait un peu plus chaque jours. Les choses duraient depuis déjà trois semaines. Justin n'arrivait plus à dormir, il ne cessait de faire des cauchemars et ne cessait de voir la date se rapprocher de lui.

 

Depuis sa conversation avec Ted et Mélanie il refusait d'en entendre parler et refusait de rester dans la même pièce qu'eux. Il avait arrêté de croire en dieu, cessé de travailler, cessé de se rendre à Britin ou au loft, cessé de sortir il passait son temps entre la chambre de Brian et la terrasse extérieure.

 

Il se mettait à haïr la date du 24 décembre qui correspondait à l'échéance dans le testament de Brian, les un mois. Malgré qu'il refuse d'en entendre parler ou même d'y penser, l'idée devait se faire dans son esprit. Il voulait passer le temps qui lui restait avec Brian, le voir encore une dernière fois. Il n'arrivait à supporter que la présence de Debbie qui le retrouvait chaque matins les yeux rouges et gonflés.

 

 

Dimanche 16 Décembre 2006

 

 

Trois semaines étaient passés et malgré la lenteur des journées Justin trouvait que tout était passé trop vite.

Il voulait encore du temps, des saisons, des années. Il était épuisé, il n'arrivait pas à réfléchir normalement.

Il ne pouvait pas vivre sans cet homme qui l'avait tant fait souffrir mais à qui il devait tout, qu'il aimait plus que sa vie, plus que tout autre chose, il aurait donné n'importe quoi pour être à sa place.

 

Il croyait devenir dingue. Plus rien n'avait de sens sans lui. Depuis trois semaines plus rien n'avait de sens pour lui. Il se sentait peu à peu glisser. Ils avaient tout vécu ensemble et Brian allait faire le seul chemin vers lequel Justin était incapable de le suivre. Il lui murmurait sans cesse jour et nuit de revenir, qu'il l'aimait, qu'il devait revenir pour lui, pour eux et pour tout ce qu'ils n'avaient pas encore vécu.

 

 

 

Jeudi 21 Décembre 2006

 

 

Justin avait fini par s'endormir épuisé sur le fauteuil près du lit de Brian sa main dans la sienne. Son corps l'avait lâché avant son esprit.

 

 

C'est à cet instant que Brian ouvrit les yeux trois jours avant la date fatidique. Il se sentait engourdi, il avait mal à la tête et avait l'impression d'être dans du coton. Il avait mal à la gorge et compris pourquoi en sentant le tuyau d'intubation. Il tourna légèrement la tête et vit Justin.

 

Il était recroquevillé sur le fauteuil ses genoux remontés contre lui. Ses cheveux avaient poussés. Il semblait avoir perdu beaucoup de poids, il était pâle, de large cernes sous les yeux, une barbe de trois jours. Il portait un de ses pulls noirs et avait entrelacé ses doigts aux siens. Il détourna les yeux alors qu'une infirmière entrait.

 

Elle allait s'exclamer lorsqu'elle le vit lui faire signe de se taire pour ne pas réveiller Justin. Elle acquiesça pour lui faire comprendre qu'elle avait compris. Elle s'approcha de lui et lui retira l'intubation. Brian eut du mal à rester immobile tant la sensation était désagréable. L'infirmière vérifia ses constantes lui fit un sourire et sortit pour leur laisser un peu d'intimité.

 

Brian tourna la tête vers Justin. Sa main était toujours sous la sienne. Il bougea et pris la sienne entre ses doigts.

 

Justin les sourcils froncés dormait d'un sommeil agité. Il avait senti une pression mais n'y avait pas fait attention. Il confondait parfois ses rêves et la réalité. Mais la pression se fit de plus en plus insistante. Il se réveilla en ouvrant fébrilement les yeux. Il voyait cette main, sa main bouger. Il se redressa brusquement et releva la tête vers Brian qui le regardait les yeux grands ouverts.

 

Justin agrippa sa main se croyant encore endormi mais la pression lui fut rendue.

 

-C'est un rêve...murmura Justin.

-Alors réveille toi, répondit Brian d'une voix rauque.

 

Justin fébrile, frôla du bout des doigts son visage, ses yeux, son front, ses lèvres, ses joues.

 

-Salut, chuchota Brian en souriant.

 

Les larmes glissaient le long des joues de Justin sans qu'il n'essaye de les retenir alors qu'un sourire étirait ses lèvres. Il vint s'asseoir au bord du lit et le prit dans ses bras. Brian le serra contre lui sentant à nouveau cette odeur, ce cœur battre, cette chaleur. Il resserra ses bras autour de lui enfouissant son visage dans son cou.

 

Justin ne pensait plus il profita seulement de l'instant présent qui lui avait rendu cet homme pour lequel il aurait tout sacrifié.

 

Tout...


Audali09  (30.08.2013 à 01:15)

Depuis son réveil ils ne s'étaient rien dit. Passé la joie de le retrouver Justin avait du faire face à la réalité : Brian lui avait menti pendant un an sur un sujet plus que grave et avait rédigé ce testament peu de temps

après leur mariage.

 

Brian savait que le problème n'allait pas se régler si facilement et qu'il avait plus que fauté en ne disant rien à Justin sur son état. Il savait que cette fois-ci Justin ne reviendrait pas facilement vers lui. Ce qu'il ignorait en revanche c'est que ce dernier avait eu connaissance de son testament ce qui n'avait fait qu'aggraver la situation. Il ne savait pas comment aborder la question et savait pertinemment que Justin ne serait pas facile à convaincre.

 

Le silence dans la chambre était pesant et une distance qui jusqu'alors n'existait pas commençait à se creuser entre eux. Le pardon pour l'un et le combat pour l'autre allaient être difficile. Brian allait dire quelque chose lorsque le médecin entra dans la chambre.

 

-Alors Monsieur Kinney on s'est enfin réveillé ? Fit ce dernier souriant.

 

Justin ne put réprimer une grimace. Brian lui adressa un maigre sourire.

 

-Bien je suis venu voir comment vous alliez mais aussi vous informer de la suite des événements.

 

Justin détourna la tête tandis que le médecin l'auscultait, vérifiait les constantes de Brian et sa cicatrisation.

 

-Ma foi tout m'a l'air très bien. Maintenant Brian il faut que vous sachiez que la récidive de votre cancer n'est pas sans conséquences et...

 

Justin se leva et sortit de la chambre. Le médecin le suivit des yeux sans vraiment comprendre. Brian poussa un soupir mais lui fit signe de poursuivre. Justin sortit sur la terrasse fumer une cigarette. Accoudé à la rambarde il poussa un soupir.

 

-Donc je disais, reprit le médecin, que la récidive de votre cancer n'est pas sans conséquences. Excusez-moi mais est ce que Monsieur Taylor va bien ?

-Oui, oui ne vous inquiétez pas et donc vous disiez ?

-Pendant la chirurgie nous avons réussi à retirer les métastases suite à votre infarctus. Cependant et par mesure de précaution vous devrez faire quelques séances de chimiothérapie pour éradiquer toutes traces métastatiques.

-De la chimio ?

-Oui.

-Combien de séances ?

-Entre 4 et 6 je dirais.

 

Brian poussa un soupir, de mieux en mieux.

 

-Je vous rassure les doses ne seront pas aussi fortes que dans le cas d'un cancer avéré.

-C'est vrai que je me sens beaucoup mieux...

-Je ne saurai vous dire qu'il serait préférable d'arrêter de fumer, de boire de l'alcool et de pratiquer une activité sportive régulièrement.

-Vous voulez que je meure ? Répliqua Brian cynique.

-C'est justement pour que cela ne se produise pas que je vous le recommande mais après à votre guise.

 

Brian poussa un soupir.

 

-Bon vous aurez le temps d'y réfléchir. Pour le moment vous devez vous reposer.

-Quand est ce que je pourrais sortir ?

-La patience est une vertu Monsieur Kinney mais pour répondre à votre question d'ici quelques jours ce devrait être faisable.

 

Brian allait répliquer lorsque la bande entra dans la chambre.

 

-Bien je repasserai plus tard, fit le médecin, je vous laisse en famille.

 

-Comment vas tu mon chéri ? Demanda Debbie en s'approchant.

-Ça ne pourrait pas aller mieux, répliqua ce dernier cynique.

-Mais où est Sunshine ? Fit cette dernière.

 

Brian fut dispensé de répondre par l'arrivée de son fils Gus.

 

 

O0o0o0o0o

 

 

Justin l'avait regardé dormir pendant une bonne heure et demie. Il avait replacé une de ses mèches brunes et avait finit par sortir de la chambre.

 

Sur la terrasse il avait sortit une cigarette et regardait les volutes de fumées se dissoudre dans la nuit. Les lumières de la ville s'étendaient devant lui. Il se sentait tout petit face à cette vision. Pour la première fois de sa vie il se sentait totalement abandonné, impuissant, trahi, il n'avait même plus de mots pour décrire l'état dans lequel il se trouvait.

 

Il avait besoin de prendre du recul, de mettre dans l'ordre dans ses idées, il se sentait complètement perdu. Tout lui était tombé dessus au même moment et il n'avait eu personne pour le soutenir, au contraire. Il se sentait complètement dépassé.

 

-Pourquoi tu ne m'as rien dit Brian...Pourquoi ?

 

 

O0o0o0o0o

 

 

Comme l'avait prédit le médecin Brian sortit de l'hôpital une semaine plus tard. Ses séances de chimio devait commencer moins de quinze jours après.

 

Brian avait appréhendé le retour à Britin et ses craintes c'étaient trouvées très vites fondées. La distance qui avait commencé à se creuser entre eux à l'hôpital n'avait fait que s'accroître. Justin s'était plongée à corps perdu dans le travail et passait le plus clair de son temps dans son atelier. Lorsqu'ils se retrouvaient un silence pesant se faisait entre eux et les jours passants la situation ne faisait que s'aggraver.

 

Brian avait voulu à plusieurs reprises parler de ce qui c'était passé mais il s'était retrouvé face à un tel mur qu'il ne savait plus comment s'y prendre et Justin ne faisait rien pour l'aider. Il ne savait plus, honnêtement, quoi vraiment faire.

 

Les semaines passaient et il avait commencé ses séances de chimiothérapie. La première avait suffit pour lui fait comprendre qu'il allait avoir horreur de ça. La salle des injections était lugubre mais surtout d'un silence tuant. Mais surtout ces moments-là le laissait seul et surtout le plongeait dans des réflexions interminables. Ses séances le laissait épuisé et grognon.

 

Il se trouvait dans la salle de bain une serviette nouée autour de la taille. Il devait changer son pansement. Face à la glace il commençait à décoller la gaze blanche découvrant la cicatrice qui se trouvait sur son torse suivant la forme des côtes.

 

-Heureusement qu'ils m'ont pas raté, grommela-t-il pour lui même en tirant sur le collant, aie la vache !Quelle merde !

-Laisse moi faire, fit Justin en arrivant derrière lui.

 

Ce dernier vint se mettre face à lui appuyé contre le lavabo. Brian allait répliqué mais l'expression de Justin le fit taire. Comme à chaque fois un lourd silence se fit entre eux. Son bras posé sur son épaule Brian le regardait faire sans le quitter des yeux. Ses mains fraîches lui vrillaient les sens.

 

Justin décolla doucement le pansement. Avec de l'alcool il fit disparaître les traces de collant. Il passa de la crème sur la cicatrice encore légèrement rougie. Il en suivit la forme, les sourcils froncés, concentré essayant de ne pas se laisser subjuguer par ses deux yeux qu'il savait sur lui.

 

Il le regardait, les contours de son visage. Il replaça une mèche qui lui tombait dans les yeux. Justin qui finissait son pansement ferma les yeux quelques secondes. Il releva le menton vers lui. Comme toujours leurs regards s'accrochèrent mais quelque chose avait changé. La main sur sa nuque Brian prit ses lèvres, le bloquant contre le meuble de la salle de bain.

 

Même si Justin savait que ça n'allait pas régler les choses il avait besoin de le retrouver, d'oublier pour un moment ces dernières semaines. Il voulait se dire pendant une minute que tout n'avait été qu'un mauvais cauchemar.

 

Il enroula son bras autour de sa nuque approfondissant le baiser. Brian se colla à lui enserrant la taille. Il prit les extrémités de son t-shirt et les fit remonter au-dessus de sa tête l'ébouriffant. Justin reprit ses lèvres avec plus de violence. Assis sur le meuble de la salle de bain il noua ses hanches autour de sa taille le rapprochant un peu plus de lui.

 

Brian perdit ses lèvres sur sa gorge remontant le long de sa mâchoire. Justin s'accrochait à son dos.

 

Récidive du cancer...métastases...il était là il y a une heure...chirurgie...la ferme Rachel...il est parti accompagné...son testament...je sais...peu de temps après votre mariage...des antécédents avant aujourd'hui...le Dr Adamson à New-York...il nous a demandé de ne rien dire...

 

Il sentait son souffle s'accélérer, son cœur battre plus vite mais il sentait aussi que quelque chose s'était brisé entre eux : la confiance.

 

Couché sur le côté au creux de son épaule Justin regardait Brian dormir qui avait entouré sa taille de son bras. Il se glissa hors de leur lit doucement pour ne pas le réveiller. Il enfila son bas de survêtement et se dirigea dans le dressing. Il prit son sac noir et commença à y mettre ses affaires. Il enfila un jean et un pull à col roulé. Il prit d'autres affaires dans la salle de bain qu'il mit dans sa trousse de toilette. Il monta à l'atelier prit ses lunettes, ses crayons, ses carnets à dessin, son appareil photo reflex et redescendit. Il remplit son sac noir, prit quelques paires de chaussures et mit ses bottines noires. Il prit ses papiers, son portefeuille, ses lunettes de soleil, ses cigarettes.

 

Il s'installa à la table de la salle à manger, il attrapa une feuille et un stylo et commença à écrire.

 

Brian se réveilla le lendemain matin tôt. Il ne devait pas être plus de 6h. Il était seul dans le grand lit, Justin devait être monté à son atelier. Il se leva en baillant. Il enfila un bas de survêtement et un marcel noir. Il avait encore du mal à lever totalement son bras gauche qui provoquait un tiraillement sur sa cicatrice. Pieds nus il sortit de la chambre. La trappe de l'atelier était fermée et aucune lumière n'était allumée.

 

Intrigué il descendit au rez de chaussé. Il repéra immédiatement les deux sacs noirs dans l'entrée. Son cœur manqua un raté. Justin de dos était assis entrain de terminer sa cigarette. Les bras croisés, la fumée s'échappait vers le plafond. Cette vision rappelait à Brian un vieux film en noir et blanc. Pourquoi est ce qu'il pensait à ça maintenant ?

 

Il s'approcha.

 

-Justin qu'est ce qui ce passe ? Demanda-t-il d'une voix étranglée.

 

Ce dernier poussa un soupir, écrasa sa cigarette dans le cendrier devant lui. Il se leva lentement.

 

-Je m'en vais, dit-il en se retournant avec un calme olympien.

-Quoi ?! Attends tu...

-Je t'ai laissé quelque chose sur la table du salon, le coupa Justin.

 

Brian avait la sensation d'avoir pris un coup sur la tête. Justin enfila son manteau d'hiver noir style officier. Il s'approcha de son compagnon. Sur la pointe des pieds, il glissa sa main sur sa nuque. Il déposa un baiser sur sa tempe droite et partit.

 

Brian n'avait pas bougé, tétanisé. Il entendit la porte claquer, la voiture démarrer, les gravillons crisser sous les pneus, le bruit du moteur s'éloigner pour enfin disparaître totalement. Le sang bourdonnait à ses oreilles. Pieds nus sur le carrelage froid de l'entrée il n'avait pas bougé. C'était comme si on lui avait coupé la respiration. Il reprit ses esprits et se précipita au salon.

 

Sur la table se trouvait trois objets qui le tuèrent presque : les clés du loft et de Britin de Justin, son alliance, son portable et une lettre.

 

Brian vint s'asseoir lentement sur le canapé devant ces vestiges qui lui glacèrent le sang. Il prit l'alliance entre ses doigts où la gravure indiquait : Brian 7Août 2006. Il reporta son attention sur l'enveloppe où avait été tracé au plume noir : Brian.

 

Il décacheta l'enveloppe, tremblant, et commença sa lecture la gorge sèche.

 

 

Cher Brian,

 

Lorsque tu liras cette lettre je serai sur la route et je ne sais pas si j'aurai eu la force de t'attendre pour te dire au-revoir. J'ai mis du temps à écrire ce que tu vas lire. J'ai mis du temps à me décider. Tu l'as vu comme moi cette distance qui ne cesse de grandir entre nous depuis que tu es rentré. Je ne pensais pas que cela puisse arriver un jour après tout ce que nous avions vécu.

 

Je ne peux plus faire semblant, j'étouffe.

 

Tu m'as blessé, tu m'as fait du mal. J'ai cru que tu allais mourir, j'ai cru que j'allais te perdre. Tu m'as menti pendant un an Brian, un an. Tu savais depuis un an mais tu n'as rien dit, tu m'as rejeté, tu m'as exclu de ta vie, de nous, de ce que nous sommes ensembles. Tu as recommencé Brian.

 

Regarde ta main gauche, cette alliance. Qu'en fais-tu ? Regarde autour de toi, que fais tu de tout ceci ? De ce que je suis ? De ce que nous sommes ? De l'amour que je te porte ?

 

J'ai su pour ton testament et une fois de plus tu m'as caché la vérité. Il ne s'agissait pas d'une simple baise que j'aurai sans doute pardonnée une fois de plus mais de quelque chose de bien plus grave. Qui te touchait, qui me touchait. Dans quel état d'esprit crois-tu que j'étais lorsque je te voyais dans ce coma ? Sans te réveiller ? Voyant les jours défiler, une date se rapprocher ?

 

Qu'est ce que tu t'ai dit Brian ? Qu'est ce que tu as pu te dire ? Tu as écris ce papier comme si tu avais tout prévu à l'avance sans rien me dire. Crois tu que j'aurais accepté tout ça simplement parce que depuis deux ans je vis heureux avec toi ?

 

J'en viens à me demander pourquoi nous avons construit tout ceci ensemble ? Pourquoi nous sommes nous mariés ? Je ne sais plus Brian. Je ne m'étais jamais autant sentit trahi, abandonné, seul que ces dernières semaines. Tu as fais fi de tout et tu m'as mis au deuxième plan sans prendre en considération ce que je pouvais ressentir.

 

M'aimes tu vraiment ? Ou aimais tu simplement l'idée d'aimer ?

 

Je pars je ne sais combien de temps, ni où, ni quand, ni si je reviendrais. J'ai besoin de prendre du temps pour moi, pour réfléchir, pour savoir ce que je veux vraiment, pour savoir ce que je veux faire.

 

Je t'aime Brian et je ne pourrais jamais le changer. C'est ancré en moi, dans ma vie comme la couleur de mes cheveux, de mes yeux, ou de mon amour pour l'art.

 

J'ai besoin de partir, mettre de l'ordre dans mes idées, me retrouver.

 

Je ne peux et je ne veux pas baser notre couple sur des mensonges. Mais surtout comment puis-je vivre sereinement notre mariage, notre vie en sachant que tu n'as pas confiance en moi ?

 

Justin.

 

 

A chaque phrases, chaque mots Brian s'enfonçait un peu plus, recevant de plus en plus de coups. La respiration, ses yeux lisait et relisait ses mots sans comprendre. La lettre glissa de ses mains. Il appuya son front dans ses paumes alors que les larmes glissaient de ses yeux s'écrasant sur le tapis.

 

Son corps entier était secoué d'un sanglot qu'il n'arrivait pas à taire. 


Audali09  (02.09.2013 à 02:52)

Lorsqu'Emmett entra dans sa boutique ce matin-là, sans trop savoir pourquoi, il ne put s'empêcher de penser à Brian Kinney.

 

Finalement il lui devait beaucoup pour sa situation actuelle. C'est grâce à sa campagne de pub que son entreprise avait davantage décollée et qu'il avait pu devenir propriétaire des locaux de son business. Il avait toujours été le seul de la bande à lui tenir tête. Hormis Justin bien sur...pensa-t-il avec un sourire.

 

Il eut une pensée émue pour le petit ange blond qui avait déboulé dans leurs vies et dont les nerfs avaient du être mis à rude épreuve ces dernières semaines. Il s'inquiétait de savoir comment allait ses amis.

 

Dans son cas ces derniers mois n'auraient pas pu mieux se dérouler avec ses dernières missions et bien sur le retour inattendu de Drew. Merci sainte Rita...

 

-Drew ?! S'écria-t-il surpris en entrant.

-Salut, fit ce dernier.

-Tu n'es pas en Californie pour un match ?

-Si.

-Mais...

-J'ai dit à l'équipe d'aller se faire foutre pour l'entraînement d'aujourd'hui parce que j'avais furieusement envie de te voir, répondit-il souriant.

 

Emmett ne put s'empêcher de pousser un cri de joie en se précipitant vers lui. Il tendit ses lèvres et reçu le baiser du siècle.

 

-C'est pas vrai c'est Drew Boyd ! Firent deux jeunes femmes en entrant dans la boutique.

 

Emmett et ce dernier interrompus se tournèrent vers elles.

 

-Salut, fit-il.

-Quel succès dis moi, chuchota Emmett, bonjour je peux vous aider ?

 

Elles demeuraient muettes les yeux écarquillés vers la star de football américain.

 

-Hello les chéries, fit Emmett souriant.

-Hein ? Ah oui...on est là pour un mariage, fit la jeune fille rousse alors que son amie ne lâchait pas des yeux Drew.

-Très bien.

-Maddy...

-Hum... ?

-Tu veux bien arrêter de le fixer et de t'occuper de ce pour quoi on est là.

-Ou...ouais.

 

Emmett se mit derrière le comptoir non sans adresser un clin d'oeil à Drew.

 

-Alors, que puis-je faire pour vous aider ?

-Je me marie dans deux mois, fit la brune prénommée Maddy.

-Félicitations !

-Merci, répondit-elle en rougissant jusqu'aux oreilles.

-Et mademoiselle voudrait quelque chose d'exceptionnel !

-Beth !

 

Emmett ria.

 

-Et vous ?

-Moi ?

-Que souhaitez-vous ? Demanda-t-il.

-Je suis sa demoiselle d'honneur, répondit-elle en riant.

-Ah...autant pour moi.

 

Les deux amies éclatèrent de rire.

 

Elle énumérèrent leurs demandes qu'Emmett nota sur un calepin. Ce serait certainement son plus gros mariage de l'année.

 

Drew le regardait travailler. Ce travail était vraiment fait pour lui. Il ne l'avait jamais vu si épanoui depuis leur rencontre. Depuis qu'il était revenu à Pittsburgh il se félicitait chaque jour d'être revenu, d'avoir eu le courage d'être venu lui dire ce qu'il ressentait.

 

Tout lui paraissait désormais tellement évident. Sans se l'avouer vraiment il s'était toujours sentit toute sa vie différent.

 

Sa rencontre avec Emmett avait été l'explication à tout, il avait été la personne qui était venue combler ce manque qu'il avait toujours ressenti. Il aimait tout chez lui : sa voix, son sourire, son regard, sa façon de voir les choses, sa façon de vivre la vie, son excentricité. Ils étaient tout deux aux antipodes l'un de l'autre mais malgré tout Emmett le complétait totalement. Il l'aimait, d'un amour simple, ouvert, calme et serein. Avec lui il pouvait tout envisager. S'il avait du recommencer les choses il n'aurait rien changé.

 

Emmett terminait avec ses clientes lorsqu'il vit le regard de Drew posé sur lui. Il n'avait jamais été aussi heureux qu'à cet instant précis. Les deux jeunes filles quittèrent la boutique non sans quelques œillades vers le célèbre footballeur.

 

Emmett fit le tour du comptoir et vint face à lui.

 

-Quand repars-tu ? Demanda-t-il en enroulant ses bras autour de son cou.

-Cette après-midi.

-Bon, je pense que Pittsburgh peut se passer de moi aujourd'hui, murmura-t-il souriant.

-J'espère bien, répondit Drew en posant ses lèvres sur les siennes.

 

 

0o0o0o0o0o

 

 

Ted travaillait d'arrache pied à l'agence depuis une semaine. Brian n'était passé qu'une seule fois et Ted avait du se débrouiller seul. Il savait que quelque chose ne tournait pas rond mais n'avait rien demandé connaissant son ami. Il se doutait aussi que ce dernier avait besoin de repos.

 

La cote de l'agence n'avait cessée d'exploser cette année et les campagnes affluaient chaque mois. Ted se félicitait chaque jour de sa nouvelle position qu'il devait à Brian.

 

Assis seul dans la salle de réunion, il prenait sa pause de midi avant d'entamer la réunion avec I-Tik qui avait finit par revenir vers eux bien qu'exigent.

 

Il pensait aussi à cette dernière année qui lui avait vu revenir Blake dans sa vie. Il bénissait Emmett et son bon sens de l'avoir accompagné à la semaine du ski gay. Leur histoire avait été mouvementé depuis leur rencontre mais il avait trouvé en Blake un partenaire stable, à l'écoute, sensible qui lui correspondait.

 

Il regrettait certains jours d'avoir fait explosé sa relation avec Emmett mais il lui suffisait d'un regard sur Blake pour comprendre que la vie l'avait finalement mené où il fallait. Il aurait peut-être aimé changer certaines choses à son passé mais au final son présent aurait-il été le même ?

 

Il était perdu dans ses pensées lorsque Cynthia entra dans la salle de réunion.

 

-Je te dérange ?

-Hein ? Non, non pas du tout.

-Tu avais l'air totalement ailleurs.

 

Ted lui sourit. Ils avaient tous les deux beaucoup sympathisé et avaient au fil des mois noué une profonde complicité.

 

-C'est la campagne I-Tik qui te rend aussi sceptique ?

-Non, répondit-il en rigolant. J'ai été entrain de me dire que j'allais demander à Blake d'emménager avec moi.

-Génial ! S'écria Cynthia, je veux tous les détails, fit-elle en s'asseyant avec lui.

 

Il ne put s'empêcher de rire.

 

 

0o0o0o0o0o0

 

 

Daphnée essayait tant bien que mal de se concentrer sur son dossier de fac qu'elle devait rendre dans une semaine. Elle était entrée en deuxième année de maîtrise de droit avec succès et les félicitations du conseil de son département. Elle savait parfaitement où elle allait et adorait ce qu'elle faisait.

 

Mais ce matin-là elle n'arrivait tout simplement pas à se concentrer. Elle lâcha son stylo et s'étira sur sa chaise de bureau. Le menton dans sa main elle ne cessait de penser à la découverte qu'elle avait fait quelques heures plus tôt. En rangeant la veste d'Arthur une petite boîte bleue marine était tombée d'une de ses poches. Piquée par la curiosité elle l'avait ouverte. En voyant ce qu'elle contenait elle avait failli tomber dans l'entrée le cœur battant.

 

Au milieu de l'écrin se trouvait une bague en or blanc surmontée d'un saphir bleu marine finement taillé. Elle était restée quelques secondes hébétée devant sa trouvaille puis avait refermé la boite et l'avait remise rapidement dans la poche. A la suite de quoi elle s'était réfugiée dans son bureau. Elle avait tenté de se concentrer sur son travail tentant d'oublier ce qu'elle avait vu mais rien à faire il lui avait été impossible de se concentrer.

 

Elle se souvenait de sa rencontre avec Arthur lors de sa seconde année de fac. Il était étudiant en deuxième année de géographie-physique. En retard elle courrait pour se rendre à son cours. Ils s'étaient croisés, ou plus exactement rentrés dedans au détour d'un couloir. Ses cours avaient volés et elle avait glissé. Un peu énervés chacun de leur côtés au départ ils avaient fini par éclater de rire. Elle ne s'était finalement pas rendu à son cours. Ils avaient passé l'après-midi à discuter. Il avait voulu lui offrir un café pour se faire pardonner.

 

Ils étaient sortis ensemble pendant deux ans avant d'emménager dans un appartement. Cette année ils fêtaient leurs trois ans.

 

Avec Justin c'était l'homme qu'elle aimait le plus au monde mais elle devait bien admettre que la découverte de cette bague la troublait. Elle n'avait jamais pensé à se marier et n'avait jamais vraiment porté d'attention à cette question. Mais elle pouvait comprendre qu'Arthur y pensait, en avait envie.

 

En fait elle avait surtout la trouille, ne pas savoir quoi répondre ni comment réagir. En comprenant cela elle éclata de rire toute seule dans son bureau.

 

0o0o0o0o0o0

 

 

Il ne savait pas trop pourquoi il était revenu ici. Il voulait croire, croire encore que tout n'était pas perdu, croire qu'il n'avait pas fait une erreur.

 

C'était l'hiver à Pittsburgh mais ici il faisait encore beau et chaud. Pieds nus assis en bas des marches il enfonçait ses pieds dans le sable chaud. Il faisait rouler les grains entre ses doigts de pieds. Il poussa un soupir. Il se leva et se dirigea vers la mer.

 

Un léger vent faisait voleter ses mèches. Les mains dans les poches il sentait l'écume de l'eau rouler contre ses chevilles, frôler sa peau. Le silence l'envahissait, emplissait son esprit. Il perdait ses yeux à l'horizon. La mer scintillante reflétait la lumière ocre du petit jour qui se levait. C'était l'Aurore.

 

Des diamants semblaient flotter à la surface du liquide cristallin.

 

Il retira son t-shirt, son jean et se glissa dans l'eau. La fraîcheur saline lui fouetta le visage mais apaisa son corps. Il s'immergea totalement enfouissant sa tête dans le liquide aux reflets de bleus et de verts.

 

Il remonta à la surface et se mit sur le dos. Face au ciel il se laissa bercer par les faibles vagues de la matinée son corps ne faisant plus qu'un avec l'océan. Il perdit son regard dans le coton blanc du ciel.

 

 

0o0o0o0o0o0

 

 

Toute la bande s'était retrouvée au Babylon comme chaque soir depuis des années maintenant. Ben, Mickael et Blake dansaient au milieu de la piste alors que Ted et Emmett buvaient un verre en discutant travail.

 

-C'est pas vrai, s'écria soudain Emmett en regardant les danseurs.

-Quoi ? Demanda Ted.

-Regarde, répondit-il en pointant un Brian qui visiblement n'était pas dans son état normal.

 

Sans laisser le temps à Ted de répondre Emmett fondit à travers la foule vers ce dernier.

 

-Qu'est ce que tu fais là ? Demanda-t-il en le prenant par le bras.

-Emmett ! S'écria-t-il les yeux brillants.

-Brian qu'est ce que t'as pris ?

-Tellement de choses si tu savais ! Tu veux danser avec moi ? Ce serait bien la première fois.

 

Emmett l'attrapa par le bras et pris la direction de la sortie.

 

-Eh ! Qu'est ce que tu fais ? Résista Brian chancelant.

-Je te ramène chez toi !

-J'ai quand même le droit de faire la fête maman Emmett ! Répliqua Brian en rigolant.

-J'espère que tu plaisantes !

 

Emmett avec force finit par réussir par l'entraîner avec lui. Il chercha ses clés de voitures, le fit monter dans la corvette sourd à ses protestations. Arrivés à Britin il le fit sortir de voiture en le soutenant. Le mélange de médicaments, de la chimio, de l'alcool et du reste avait abruti Brian qui avait de plus en plus de mal à tenir debout.

 

Emmett lui fit monter les marches jusqu'au premier étage tant bien que mal.

 

-Emmett... Emmett... mon ami Emmett, chantonnait Brian.

 

Ce dernier le fit asseoir sur le grand lit, l'aida à retirer sa veste et ses chaussures.

 

-Je peux le faire tout seul maman Emmett...grommela-t-il.

-C'est cela oui...

 

Brian n'avait pas touché l'oreiller qu'il s'endormait lourdement. Emmett rabattit la couette sur lui. Il le regarda quelques secondes et poussa un long soupir. Il tira les rideaux et sortit de la chambre en fermant doucement la porte. Il redescendit au salon et envoya un message à Ted pour le rassurer.

 

Il s'assit sur le canapé retira sa veste et ses chaussures et pris le plaid qui se trouvait sur le dossier du fauteuil. Il s'allongea et ferma les yeux.

 

 

Un trait de lumière passait à travers les rideaux. Enfoui sous la couette Brian s'éveilla lentement. Il ressentit comme une déflagration dans sa tête et garder les yeux ouverts lui faisait encore plus mal à la tête. Le réveil indiquait 10h. La place vide à côté lui donna le cafard. Il se leva et pris la direction de la salle de bain.

 

Il se passa de l'eau sur le visage. Il était pâle. Il ouvrit le placard devant lui. Sur l'étagère du bas s'alignait plusieurs flacons oranges avec son nom inscrit dessus. Il prit ses médicaments et une aspirine.

 

C'est la porte qu'on ferme qui réveilla Emmett. Il se leva en baillant et monta au premier étage voir comment allait Brian mais il trouva chambre vide. Il remarqua la trappe ouverte, éclairant le bureau, qui menait à l'atelier de Justin. Il monta l'escalier en vis.

 

Dans l'atelier Brian était assis à un des tabourets les bras croisés entrain de fumer une cigarette. Il avait mauvaise mine.

 

-Tu es encore là, constata doucement Brian.

-Évidemment, vu l'état dans lequel tu était hier soir je n'allais certainement pas te laisser tout seul.

 

Brian souffla la fumée grise. Le silence commençait à devenir pesant. Emmett s'avança doucement.

 

-Il est parti n'est ce pas ?

 

Brian ne répondit rien et tira à nouveau sur sa cigarette regardant les volutes de fumée s'éloigner de lui. Emmett compris par son silence qu'il avait raison. Il poussa un soupir et vint s'asseoir à côté de lui. Il allait dire autre chose mais se résigna devant le visage de Brian. Il suivit son regard et vit la toile du nu de Brian que Justin avait peinte et qu'il avait exposé à son premier vernissage.

 

-C'est vraiment un magnifique tableau, murmura Emmett.

 

Brian eut un faible sourire. Ils restèrent là sans rien dire, immobiles, Emmett signifiant par sa simple présence son soutien à son ami.


Audali09  (14.09.2013 à 00:55)

Brian avait passé ces dernières semaines dans le flou total. Sa confrontation avec Emmett l'avait ramené sur terre. Chaque jours son absence était un peu plus difficile. La grande maison lui semblait totalement vide sans sa présence, ses rires, son sourire.

 

Lorsqu'il se réveilla ce matin-là il s'était décidé. C'est lui qui irait le chercher. Il lui avait menti pendant plus d'un an il lui devait au moins ça.

 

Chaque matin il se forçait à se lever ses derniers mots tournant en boucle dans son esprit : « comment puis-je vivre sereinement notre mariage, notre vie en sachant que tu n'as pas confiance en moi ? »

 

Chaque jour il faisait l'effort de se lever, d'aller travailler, de manger, de dormir en faisant comme si Justin allait soudain apparaître au détour d'une rue, derrière une porte. Il ne pouvait plus faire semblant. A chaque minutes, heures, cela lui devenait de plus en plus impossible.

 

Tout d'abord il devait le trouver. Il se leva, s'habilla rapidement et descendit. Il faisait frais dans la grande pièce. Il alla au salon et alluma un feu dans la cheminée. A la cuisine il se fit une grande tasse de café et retourna s'asseoir dans le fauteuil près de la cheminée. L'atmosphère se réchauffait peu à peu. Il alluma son ordinateur portable.

 

Sur la table du salon se trouvait toujours les clés, le portable et l'alliance de Justin. La lettre soigneusement pliée se trouvait également là. Ses yeux fixés sur l'alliance qui reflétait les couleurs rougeoyantes du feu, il attendait que son portable se mette en route. Il priait pour que Justin n'est pas tout laissé à Britin et est fait l'erreur de se servir de sa carte de crédit.

 

Il appela sa banque et appris, non sans joie, que la carte avait bien été utilisée pour retirer un billet d'avion. On ne put lui en dire en plus ce qui l'énerva passablement. Il téléphona ensuite à la compagnie Liberty Air pour savoir où Justin était partit.

 

-Monsieur, nous ne sommes pas autorisé à vous indiquer où notre client s'est rendu, lui répondait une réceptionniste.

-Écoutez mademoiselle, il se trouve que votre direction m'a engagé pour m'occuper de sa campagne de publicité. Alors ne m'obligez pas à les appeler et à leur toucher deux mots à votre sujet.

 

La réponse mortifia la jeune réceptionniste qui en était encore à ses mois d'essais.

 

-Monsieur Taylor à pris un avion pour la république Dominicaine. Son avion à atterrit à l'aéroport de la Caleta.

-Merci, répondit précipitamment Brian en raccrochant.

 

Il n'avait pas besoin de plus il savait parfaitement où était Justin. Il passa l'heure qui suivit à organiser son départ, réserver un billet d'avion, à appeler Luis sur place le prévenant de son arrivée.

 

- Allô Ted ? C'est Brian.

-Oui Brian ?

-Je vais devoir m'absenter.

-Je sais.

-Je vois que Lady Macbeth as su tenir sa langue.

-Je n'ai pas eu besoin d'Emmett pour comprendre que quelque chose n'allait pas. Ça fait un mois qu'on ne l'a pas vu.

-...

-Vas-y, ne t'inquiète pas, prends ton temps. Je gère ici, pas de problèmes.

-Okay. Et...Ted ?

-Oui ?

-Merci.

-Brian qui me dit merci va falloir que je le note, répliqua Ted.

 

Brian raccrocha le sourire aux lèvres.

 

Le soir même il quittait Pittsburgh et prenait l'avion en direction de l'île de Monsieur Jones.

 

 

Justin n'avait pas réussi à dormir de la nuit. Il fumait une cigarette, allongé sur le lit un bras replié sous la nuque. Il n'avait pas envie de travailler, l'esprit totalement accaparé par Brian. Il éteignit sa cigarette et se leva pour aller prendre l'air.

 

Quelqu'un marchait sur la plage. Il s'étonna se pensant être seul avant de se rendre compte de qui il s'agissait. Pétrifié l'espace d'une seconde, il oublia tout ; ces dernières semaines, les derniers événements. Il oublia tout ne voyant plus que Brian venir vers lui. Il n'y avait rien à dire, rien à faire, rien à penser c'était juste l'amour.

 

Il se précipita vers lui et prit ses lèvres avec une violence peu commune. Brian attrapa ce corps qui s'était jeté contre lui. Il entoura sa taille approfondissant le baiser. Ils déversèrent dans cette étreinte tout ce qu'ils ne s'étaient pas dit, tout ce qu'ils avaient ressentis chacun seuls de leurs côtés. La passion qui les anima était empreinte de violence chacun prenant le pas sur l'autre.

 

Sans trop savoir comment ils s'étaient retrouvés sur le lit de cette chambre. La folie semblait s'emparer de leurs corps, ils ressentaient tout trop rapidement comme une effervescence animale. Les yeux de Justin trahissaient de ce qu'il ressentait, de cette blessure qui s'était ouverte en lui, de cette amertume qui les animaient tous les deux. L'étreinte était violente, passionnée, torturée, l'un comme l'autre voulant se faire aussi mal que ce qu'ils avaient ressentis ces dernières semaines.

 

Plus rien n'avait de sens, juste ce besoin de sentir l'autre, de se faire violence pour se savoir encore vivant. Cette brusque étreinte de la retrouvaille si rapidement consumée les laissa pantelants, essoufflés, frustrés. Un cap était franchi mais rien n'était réglé pour autant.

 

 

Justin se leva sans un mot, s'enroula dans un plaid et alla s'asseoir sur les marches de la terrasse. Il ne tarda pas être rejoint par Brian qui finissait de se rhabiller. Ils devaient se parler.

 

-Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Finit par demander doucement Justin le cœur battant mais calme.

-Je ne suis pas fier de ce que j'ai fait, répondit Brian assis près de lui.

-Ces dernières semaines je me suis tourné les événements mille fois dans ma tête, j'ai essayé de comprendre.

-...

-Tu ne m'avais jamais fait aussi mal Brian, murmura-t-il.

-Je sais Justin, souffla Brian, je sais... Je ne m'attend pas à ce que tu me pardonnes ou que tu reviennes vers moi facilement. Je suis parfaitement conscient de ce que je t'ai fait subir...

-Et c'est ça le plus grave, chuchota Justin.

-On m'a toujours tourné le dos, repris Brian.

-Qu'est ce que tu veux dire ?

-Depuis que je suis gosse et toujours depuis cette époque on m'a toujours tourné le dos à un moment ou un autre.

-Même Mickael ?

-Même Mickael. Je n'ai jamais connu de personnes qui me donnait sans rien attendre en retour. Je me suis toujours débrouillé pour ne rien devoir à personne en ne comptant que sur moi-même et sur ce que je m'étais promis. Ce qui m'a amené à ne pas avoir confiance dans l'autre, à ne jamais me fixer parce que d'une façon ou d'une autre on allait finir par me laisser tomber. C'était un moyen de me protéger.

-Mais...

-Jusqu'à toi. Tu es la seule personne que je connaisse qui m’ait toujours donné sans rien attendre, qui m'aimais simplement pour ce que j'étais et non pour ce que tu aurais aimé que je sois. Même les fois où tu es partis inconsciemment je savais que tu le faisais pour moi. Quoi que j'ai pu dire ou faire tu finissais toujours par revenir. Je te poussais dans tes retranchements, je te provoquais, je te testais pour voir si je pouvais me mettre en danger avec toi.

-Alors...

-J'avais envie de te faire confiance Sunshine, vraiment. Je veux te faire confiance. Mais je suis comme ça depuis plus de vingt ans alors je ne peux pas changer ce mode de fonctionnement du jour au lendemain. Parce que je savais que je t'aimais je ne voulais pas te le dire parce que j'avais peur que ce soit une raison pour toi de me laisser tomber et de me tourner le dos comme on l'a toujours fait avec moi.

Je n'ai rien à te donner de plus que ce que je suis, je ne voulais pas que tu saches que j'étais malade à nouveau. Tu m'as tellement donné ces derniers années, tu m'as tellement apporté que je me sens parfois minable, minable de savoir qu'une personne comme toi ai pu choisir une personne comme moi.

Alors j'ai recommencé et j'ai fait la seule chose que je connaissais j'ai tout repoussé en bloc. Je me suis protégé parce que je me croyais condamné à rester seul, condamné à ce qu'on ne s'intéresse pas à ce que j'étais vraiment, condamné à ce qu'on ne voit de moi que ce que je voulais bien montrer. Tu as tout chamboulé dans ma vie et il à fallu que je m'adapte et crois moi ce n'est pas facile. N'oublie pas qu'on à douze ans d'écart, tu comprendras...

-Si tu me sors que je comprendrais quand je serais plus vieux je te pète la gueule, murmura Justin.

 

Brian sourit. Il vint se mettre face à lui et le regarda avec une intensité qui bouleversa Justin.

 

-Tu ne finis pas par une blague de ton cru ? Demanda Justin brisant le silence.

-Non. Je vais rester sérieux aujourd'hui, répondit Brian sans le lâcher des yeux.

-J'ai cru que tu reviendrais jamais, murmura Justin alors que son regard s'embuait.

 

Brian savait parfaitement qu'il ne parlait pas de ce soir. Il replaça une mèche derrière son oreille comme il avait pris l'habitude de le faire.

 

Justin se réfugia dans ses bras nichant son visage au creux de son cou dans cette odeur si familière sans laquelle il ne pouvait pas vivre. Brian ferma les yeux sur cet instant de grâce.

 

Justin lui fit face perdant ses yeux dans les siens.

 

-J'ai trouvé ça, fit Brian en sortant son alliance, fait attention où tu la laisse...

 

Il pris sa main gauche et remis l'anneau à sa place initiale d'où il n'aurait jamais du bouger.

 

-Ne me laisse plus jamais tout seul, murmura Justin avant de poser ses lèvres sur les siennes.

 

Il enroula son cou de ses bras, s'approchant un plus de lui. Ses jambes de chaque côtés il enserra la taille de Brian. Ce dernier s'allongea doucement sur lui, peu importait la terrasse de bois dur il ne vivait plus que pour ressentir à nouveau ce corps contre le sien.

 

Il perdit ses doigts dans les mèches blondes approfondissant le baiser. Les mains de Justin descendirent le long de son dos. Il lui enleva son t-shirt découvrant peu à peu le torse, la peau de son amant. Il le fixait des yeux ne voulant plus perdre une seconde près de lui face à ses yeux et son visage.

 

La couverture chaude recouvrait son corps. Avec des gestes d'une tendresse infinie il déplia les coins du tissu lui offrant la vision de son corps abandonné. Il déposa ses lèvres au creux de sa nuque, descendit le long de sa clavicule. Il sentait la fraîcheur, la douceur de sa peau rouler sous sa bouche. Il glissa ses doigts dans les mèches brunes.

 

Brian retira son jean à même la peau sous le regard attentif de son partenaire. Il se rallongea doucement sur lui, les mains de chaque côtés de sa tête. Le temps comme suspendu il scrutait son visage, se perdait dans la profondeur de ses yeux, suivant la courbe de ses sourcils, la forme de ses joues, les plis formés par sa bouche. Il le sentait fébrile sous lui et un frisson les parcourut en même temps alors que leurs regards ne se lâchaient plus. Il prit sa bouche entortillant ses doigts dans les mèches blondes.

 

De la pointe de ses doigts Justin suivait les courbes de son corps, de ses reins, parcourait cette peau vibrante sous ses mains. Brian se glissa en lui avec une tendresse qui ne lui était pas habituelle. Ils ne se quittaient pas des yeux voulant se perdre et se voir dans l'amour.

 

Justin avait attendu ce moment de pouvoir le retrouver pendant des semaines et des semaines. Il serra son corps contre le sien sentant l'air entrer dans ses poumons, enfin, à nouveau.

 

Une main plaqué sur ses reins Justin suivait ses mouvements au même rythme se fondant en lui, ne faisant plus qu'un. Il noua ses jambes autour de lui l'emprisonnant un peu plus en lui. Il sentait la chaleur d'une douce couleur orangée se répandre dans son corps, électriser ses sens, brûler son ventre. Il se consumait totalement. Sa jambe glissait contre la sienne.

 

Brian le regardait vivre, ressentir, respirer sous lui ; il ne lui été jamais apparu aussi beau. Il se perdait totalement oubliant tout le reste, s'oubliant lui-même, dévoré par cette passion qui le déchirait de l'intérieur. Dans cette étreinte Brian donna tout ce qu'il ressentait, tout ce pourquoi il l'aimait. Il reprit ses lèvres embrassant encore et toujours cet homme qui lui avait redonné la vie. Il ne savait plus si les larmes salées étaient les siennes ou celles de son ange.

 

-Brian...souffla Justin.

 

 

 


Audali09  (15.09.2013 à 16:53)

Couchés l'un près de l'autre ils se regardaient sans parler juste en écoutant leurs respirations, sentant leurs présences, ne se quittant pas des yeux.

 

Justin regardait cet homme qui avait tant chamboulé sa vie à la fois à l'origine de ses plus grands bonheurs mais aussi de ses plus grands maux. Il tendit la main suivant les contours de son visage. Ces dernières semaines avaient été synonymes de peurs incessantes pour Justin qui commençait à être fatigué de tout ça. Il n'avait qu'une envie ; reprendre sa route auprès de cet homme, son homme, que tout redevienne comme avant. Comme avant ? Il savait malheureusement que les choses n'allaient pas revenir si vite à la normale.

 

Brian de son côté ne savait plus quoi dire depuis leur discussion de la matinée. Comment pouvait-il rester si calme ? Comment arrivait-il encore à lui donner ce sourire qui le caractérisait si profondément ? Toutes ces années il avait pu se montrer si odieux envers lui et plus encore. Mais cette dernière année il avait fait bien plus que le trahir, il l'avait blessé profondément ne prenant pas conscience du mal qu'il faisait. Il s'était comporté comme un salop et prenait toute la conscience de ses actes aujourd'hui.

 

Il le regardait avec tant d'amour dans les yeux qu'il en aurait presque détourné le regard. Comment pouvait-il rester si impassible, si calme, respirant lentement, doucement contre lui juste comme ça. Ta vie n'aurait-elle pas été plus simple sans moi mon ange ? Il poussa un soupir une expression décomposée sur le visage.

 

-Ça m'a manqué...murmura Justin.

-Quoi ?

-Ça, souffla-il en embrassant ses paupières, ça...en embrassant sa joue, ça...en embrassant la commissure de sa bouche, ça...en embrassant sa tempe, ça...en embrassant sa nuque et son torse, et ça...murmura-t-il en déposant ses lèvres sur les siennes.

 

Il roula sur lui et plongea son regard dans le sien. Il reprit sa bouche approfondissant un baiser qu'il aurait voulu éternel. Il descendit le long de sa mâchoire, il effleura sa gorge de ses lèvres légèrement rougies par le contact. Il embrassa sa clavicule, au creux de sa gorge, le long de son torse ses mains frôlant ses hanches. Brian s'abandonna totalement. Jusqu'à présent Brian n'avait lâché prise à Justin qu'une seule fois.

 

Il avait toujours tout contrôlé dans sa vie et en particulier dans les rapports physiques et une fois de plus c'est Justin qui était venu tout bouleverser. Il avait toujours eu quelque chose de plus que les autres mais à cet instant rien n'était plus flagrant.

 

Il ferma les yeux attentif à ce qu'il ressentait. Il sentait sa main glisser le long de sa jambe, remontant de sa cheville jusqu'au creux de son genou. Il sentait son ventre contre le sien, sa respiration lente et ce cœur qui semblait battre au ralenti. Ses doigts sur ses hanches qui l'électrisèrent. Cette main qui prenait sa nuque la serrant doucement. Il enroula ses bras autour de son cou approfondissant le baiser qui les liait.

 

Lorsqu'il le sentit venir, tout se déclencha comme une déflagration, une foule de sensations dans son corps. Les yeux à demi-clos il voyait ce regard qui ne le lâchait pas. Il sentait ses lèvres contre son front, parcourant son visage, sa gorge, son corps. Il se perdait totalement dans cette étreinte lente et douce que lui offrait son jeune mari. Oui, il le ressentait comme un cadeau qu'il lui offrait.

 

Il l'avait trahi, humilié, blessé, lui avait inspiré les pires tourments mais pourtant dans ses bras, à cet instant, en sentant cette chair contre la sienne il se sentit le plus heureux et le pus chanceux des hommes. Il ne méritait pas tant mais il prit, il prit tout ce qu'il pouvait jusqu'à ses dernières limites. Il prit tout voulant faire de ce moment le leur. Il prit tout mais il lui donna tout, tout ce qu'il possédait, tout ce qui faisait son existence, tout son souffle, tout ce pourquoi il vivait, il donna tout sans rien garder, il s'ouvrit totalement sans rien retenir. A cet instant il lui confia tout ce qu'il était et pour la première fois de sa vie il donna sa totale confiance sourde et aveugle.

 

Ses mains suivaient la courbe de son dos. Il ouvrit les yeux plongeant son regard dans le sien ne voulant rien perdre de ce moment. Il n'y avait plus de jeux, plus de masques, plus de façades, il se laissa regarder sans aucunes barrières, se montrant dans toute la réalité qu'il était, il ne voulait pas se cacher.

 

Justin reprit sa bouche plus que troublé par ce regard qu'il n'avait encore jamais vu et pour la première fois depuis toutes ces années il vit ce Brian, son Brian qu'il avait tant cherché. Il n'avait pas besoin de mots, avec ses yeux il lui demandait pardon et plus encore.

 

Il glissa sa main le long de son bras, qu'il remonta au-dessus de sa tête enserrant son poignet dans ses doigts. Ses yeux s'étaient assombris sous le plaisir. Il perdait ses lèvres dans sa nuque alors que son corps s'arquait sous lui. Il rejeta sa tête en arrière en se mordant la lèvre. Justin le contemplait plus qu'il ne le regardait ; il ne l'avait jamais trouvé aussi magnifique.

 

Brian sentait la chaleur se répandre dans son corps, à travers ses pores, le faisant frissonner. Il resserra ses jambes autour de son corps. Etait-il encore possible de ressentir de telles sensations après tant d'années ? Le souffle court il perdait pied, s'éloignant dans sa propre folie, quittant la force de gravité. Il se sentait secoué de spasmes, électrisé de milles et une façon, son corps était sur le point d'exploser. Sa voix n'était pas suffisante pour exprimer ce qu'il ressentait. Il avait l'impression de mourir en plongeant dans les vapeurs de la renaissance.

 

Dans un dernier mouvement Justin le propulsa dans le monde de l'extase, dans un monde aux milles et un secrets silencieux.

 

Essoufflé, secoué de spasmes Justin dénoua ses doigts des siens et laissa reposer sa tête sur son torse. Brian ouvrit lentement les yeux revenant peu à peu dans le monde réel. Il entoura son corps de ses bras, chatouillé par les mèches blondes. Il n'y avait rien à dire, juste rester dans ce silence prenant conscience de l'autre et de la place qu'ils prenaient. Justin ouvrit les yeux. Du bout des doigts il suivait lentement les contours du pansement blanc qui couvrait la cicatrice empreinte des récents événements.

 

La nuit tombait sur les îles perdues dans les caraïbes. Ils s'endormirent l'un contre l'autre comme si leurs corps n'avaient pu se détacher de peur de se perdre.

 

 

0o0o0o0o0o0

 

 

Ils restèrent une semaine en république dominicaine se coupant totalement du monde extérieur. Ils avaient besoin de se retrouver. Cet exil leur permit de se redécouvrir, de refaire connaissance, de réapprendre à vivre l'un auprès de l'autre. Ils parlèrent beaucoup de ce qui c'était passé, de tout ce qui n'avait pas été dit, de l'avenir.

 

Les blessures n'étaient certes pas refermées pour chacun d'eux mais ces ''petites vacances'' leur avait au moins permis de faire le point et d'apaiser les tensions.

 

-On rentre chez nous ? Demanda Justin un matin en se réveillant.

 

Brian acquiesça.

 

Le soir-même ils prenaient un avion pour Pittsburgh. Justin retrouva Britin avec joie. Il se rendit dans chaque pièce s'imprégnant de l'ambiance qu'elles dégageaient. Retrouver son atelier en particulier lui fit renouer avec son art et sa passion. Il devait se consacrer à sa nouvelle exposition qui avait pris plus que du retard. Désormais il savait exactement où il allait et allait pouvoir prévoir un nouveau vernissage pour le mois de mars.

 

Brian se mit au courant des dernières nouvelles à Kinnetic. Une fois de plus il dut reconnaître que Ted avait géré l'entreprise avec brio. Maintenant que sa vie personnelle commençait à redevenir normale il allait pouvoir se concentrer à nouveau sur son entreprise.

 

Il ferma son ordinateur portable. Il s'étira non sans avoir une petite grimace en sentant sa cicatrice tirer sur sa peau. Il vérifia la fermeture des baies vitrées, éteignit la lumière et monta à l'étage. La trappe de l'atelier n'était pas ouverte. Il entra dans leur chambre.

 

La lampe de chevet était allumée. Appuyé contre le chambranle de la porte il le regarda. Justin s'était endormi, il bougea dans son sommeil et tourna le visage vers lui. Des livres traînaient un peu partout avec des feuilles et des crayons. Il ferma les livres et les déposa au pied du lit. Il passa à la salle de bain changer son pansement et se rafraîchir. Il retira son t-shirt et éteignit les lumières.

 

Il avait la sensation que ce lit était vide et froid depuis des années. Il se coucha près de lui et le regarda dormir quelques secondes. Par réflexe Justin vint se blottir contre lui entourant sa taille de son bras en poussant un soupir.

 

-Bonne nuit mon ange, murmura-t-il dans ses cheveux en fermant les yeux. 


Audali09  (18.09.2013 à 00:51)

La vie reprenait lentement son cours. Tout le monde avait été ravi du retour de Justin mais par discrétion personne n'avait posé de questions. L'essentiel était que Justin soit de retour avec Brian. Debbie en particulier était soulagée de ce retour à la normale.

 

A Pittsburgh et dans la célèbre Liberty Avenue la vie suivait également son cours les soirées, les bars, les fêtes, les gays et les lesbiennes, en somme la communauté.

 

Cependant sur le plan politique les choses s'envenimaient petit à petit avec la proposition 14. Déjà plus d'un an que cette proposition avait fait surface. En juillet de cette année 2007 le projet de loi devait être voté pour l'état de Pennsylvanie. Plus la date se rapprochait et plus les pros et les antis s'affrontaient. Les choses avaient commencées verbalement mais peu à peu les affrontements physiques à divers endroits de l'état avait eu lieu. Les manifestations commençaient elles aussi à se répandre et le sujet devenant de plus en plus polémique se transformait peu à peu en poudrière qui n'allait pas tarder à exploser.

 

A Pittsburgh l'attentat au Babylon avait certainement été à l'encontre de cette proposition bien que jamais prouvé. Le commissaire Horvat n'avait d'ailleurs toujours pas trouvé le responsable de cette tragédie. Mais la date du vote approchant les esprits s'échauffaient dangereusement.

 

A Britin dans l'état de Virginie à trente minutes Justin était encore loin de se préoccuper de la situation politique. Pour le moment il se concentrait sur son nouveau vernissage qui commençait à voir le jour.

 

-Allô John ? Bonjour c'est Justin.

-Ah, bonjour. Eli et moi désespérions d'avoir de tes nouvelles.

-Oui, désolé. J'avais besoin de temps pour moi mais aussi pour cette nouvelle expo.

-Je me doute.

-Ça n'a pas été simple de trouver un nouveau projet et de mettre de la nouveauté dans mon travail.

-Alors où en es tu ?

-J'ai beaucoup avancé et je peux te donner une date pour la prochaine exposition.

-Je t'écoute.

-Le 1er Mars.

-Le 1er Mars ? Mais c'est...

-Oui je sais dans un mois et demi, ne t'inquiètes pas je sais ce que je fais.

-Okay.

-Il faudrait que je puisse avoir accès entièrement à la salle d'expo du deuxième.

-Tu veux la grande salle ?

-Ouais si ça t'embête pas...

-Non ça devrait pouvoir le faire. A partir de quand en aurais-tu besoin ?

-Fin de cette semaine ou semaine prochaine.

-Ah oui...

-Ça pose un problème ?

-Non, non ne t'inquiètes pas on va s'arranger. Tu as besoin d'autres choses ?

-Il faudrait que Joe installe la grille et je verrais plus tard avec lui pour les éclairages.

-Ok je lui dit cette après-midi. Tu as besoin de projo ?

-Oui. Je me doute que ça t'intrigue John mais tu verras quand j'aurais fini. Tu voulais de la nouveauté, je pense que j'ai plutôt bien atteint mon but.

-C'est pour toi que je disais ça, et ta carrière.

-Pas de problèmes John, je sais. Ah oui autre chose je t'ai envoyé par mail la plaquette du vernissage.

-Attend je regarde...c'est toi qui à fait la plaquette ?

-Oui ce coup-ci je voulais vraiment me charger de tout mon travail.

-''Pandore'' ? Constata John en lisant la brochure.

-Oui c'est le nom de mon nouveau travail.

-De plus en plus énigmatique...

-Tu connais la légende de Pandore ?

-Oui bien sur.

-Alors je te laisse cogiter la-dessus, répondit Justin avec un petit rire.

-Ça ne m'aide pas tant que ça...

 

Justin ne put réprimer son rire.

 

-Bon j'ai regardé le planning pour la salle 2, repris John, tu peux avoir la salle dans deux jours donc vendredi.

-C'est parfait. Je vais essayer d'arriver ce week-end sinon lundi.

-Tu veux qu'Eli te réserve l'avion ?

-Non ça ira merci, je vais venir en voiture j'ai du matériel à amener.

-Bon eh bien on se dit à ce week-end alors.

-Okay John.

-Au fait Brian ça va ?

-Oui ça va merci.

-Parfait, bonne journée Justin à bientôt.

-A toi aussi, merci pour tout John.

-Je t'en prie, salut.

-Salut.

 

Justin raccrocha un sourire aux lèvres. Il se replongea dans son travail lorsque son portable se mit à sonner.

C'était Debbie.

 

-Bonjour Debbie, fit-il en décrochant sans lâcher son pinceau.

-Bonjour Sunshine ! Comment vas-tu ?

-Je vais très bien et vous ?

-Ça va aussi. Dis moi mon chéri que faites vous toi et Brian ce soir ?

-Je ne sais pas, rien je crois pourquoi ?

-Eh bien étant donné que nous n'avons pas pu fêter les fêtes cette année j'organise une soirée pasta à la maison ce soir. J'ai invité tout le monde il ne manque plus que vous.

-Ben je personnellement je serai ravi de venir et je pense que Brian aussi. Je lui en parle et je te rappelle d'accord ?

-Très bien Sunshine j’attends ton appel.

-Ok Debbie.

 

 

0o0o0o0o0o0o

 

 

Brian travaillait sur une nouvelle campagne pour une boisson énergisante appelée Wild Gizz et n'aimait pas particulièrement ce nouveau contrat assez ennuyeux. Il était penché dessus lorsque Ted entra dans son bureau.

 

-Oui Ted ? Demanda Brian sans relever la tête.

-On à réussi à finaliser le contrat I-Tik.

-Eh bien il était temps, marmonna Brian.

-Par contre ça va pas te plaire...

-Quoi encore ? Fit-il en relevant la tête.

-Ils nous ont raccourcis les délais.

-De combien ?

-Un mois.

-Putain ! Ils nous auront fait chier jusqu'au bout ceux-là ! S'ils payaient pas autant je les aurai volontiers refourguer chez l'autre abruti de Vangard.

-Dis pas ça ce connard serait trop fier de lui.

-Eh bien dit donc Théodore on se lâche ce matin.

-Désolé, fit Ted avec un sourire.

-Bon où en est la créa pour I-Tik ?

-Ça devrait aller malgré le délai.

-Tu m'as amené le budget pour les boissons Wild Gizz ?

-Ouais tiens, fit Ted en lui tendant un dossier.

 

Brian parcourra les feuilles.

 

-Mmh...c'est bien tout ça, murmura-t-il pour lui même.

-Brian ?

-Oui Cynthia ? Répondit-il en appuyant sur l'intercom.

-I-Tik sur la une et Justin sur la 2.

-Passe moi Justin et fait poireauter les autres ça leur fera du bien.

-Ok.

-Je vais te laisser, fit Ted.

-C'est bon pour le budget tu peux l'envoyer.

-Ok.

 

Ted sortait du bureau lorsqu'il entendit :

-Bon boulot Théodore.

 

Il ne répondit rien mais un sourire se placarda sur toute la largeur de son visage.

 

-Salut Sunshine !

-Salut, répondit Justin, t'as oublié ton portable à la maison.

-Je sais j'étais à la bourre ce matin.

-Tu t'imposes des heures maintenant, fit Justin en rigolant.

-Très malin, répondit Brian souriant.

-Ça va le boulot ?

-Ouais ça va y'a juste I-Tik qui continue à nous faire chier mais sinon ça va.

-T'as besoin de mon aide ?

-Pour l'instant non, merci.

-Je t'appelais parce que Debbie nous invite à manger chez elle ce soir. Pour moi c'est bon mais toi ?

-Alors tu n'appelais pas parce que tu ne peux pas te passer de ma personne pendant une journée ? Je suis déçu...

 

Justin éclata de rire à l'autre bout. Brian remarqua que c'était vraiment bon de l'entendre rire.

 

-Brian...

-Oui c'est bon pour moi aussi. On doit y être pour quelle heure ?

-20h comme d'habitude.

-Je risque...

-D'avoir du retard ? Je sais je te connais, répondit Justin ironique.

-Je croyais que tu devais arrêter de finir mes phrases ?

-Je le fais juste pour t'embêter, répondit Justin en ricanant.

 

Brian ne put s'empêcher d'éclater de rire.

 

-Et toi le travail ça va ?

-Oui, répondit Justin, d'ailleurs je vais repartir pour New-York fin de cette semaine.

-L'expo est prévue pour quand ?

-1er mars. Y va falloir que je reste sur place jusqu'au vernissage, j'ai pas mal de choses à installer.

-Hum...

-Mais je ferai sans doute un saut à Pitts avant hein...

-C'est le boulot Justin t'as pas à te justifier. Bon il va falloir que j'y aille on en reparlera.

-Ouais...à ce soir.

-A ce soir, fit Brian en raccrochant.

 

Justin coupa la communication sceptique.

 

-Cynthia passe moi I-Tik.

-Ok patron.

-Monsieur Flanders, fit Brian s'efforçant de rester aimable. 


Audali09  (18.09.2013 à 22:32)

Debbie s'était une fois de plus démenée pour préparer cette soirée où elle avait réussit à réunir toute la famille. Il ne manquerait que les filles.

 

-Dis moi Chérie, on attend un régiment pour ce soir ? Fit Carl en arrivant derrière elle.

-Je te rappelle que la bande s'est doublée ces dernières année on ne mange plus à cinq maintenant mais à minimum dix et puis j'ai invité Jennyfer et Tucker, répondit-elle en souriant.

-Oh je vois...

-Tu restes habillé comme ça ?

-Bah oui pourquoi ?

 

Debbie leva les yeux au ciel en finissant de dresser la table.

 

-J'ai compris je vais me changer, répondit Carl qui commençait à la connaître.

 

Elle lui adressa un beau sourire les yeux rieurs. Une demi-heure plus tard les invités commençaient à arriver et comme toujours ce fut Mickael et Ben les premiers.

 

-Bonsoir les garçons, fit-elle en ouvrant la porte. Hunter n'est pas avec vous ?

-Bonsoir Man'

-Bonsoir Debbie, non il avait un rendez-vous, répondit Ben.

-Oh...fit Debbie avec un clin d'oeil.

 

Ils furent très vite suivi par le reste de la bande et Jennyfer et Tucker.

 

-Merci de votre invitation Debbie, fit Jennyfer.

-Je vous en prie.

 

Justin arriva le dernier.

 

-Bonsoir mon ange mais ton mari n'est pas là ? Fit Debbie avec un clin d'oeil.

-Il avait des choses à terminer à l'agence mais il ne devrait plus tarder.

-D'accord. Entre. Tu vas attraper froid.

 

Cela faisait bien longtemps qu'ils ne s'étaient pas tous retrouvés chez Debbie mais tous ensemble tout simplement. Depuis le dernier vernissage de Justin en septembre en fait. Ce dernier les retrouva d'ailleurs tous avec plaisir malgré les événements des derniers mois. Seul Ted n'était pas très à l'aise et pour cause ; l'épisode du testament était encore frais dans sa mémoire.

 

Brian finit par arriver avec une heure de retard. Il avait changé mais pas au point d'être à l'heure. Il fit le tour de la table en finissant par Justin qu'il embrassa sans aucune gêne.

-Salut, murmura-t-il.

-Salut, répondit Justin souriant.

 

Ils s'installèrent tous au salon. Debbie qui présidait l'assemblée fut ravie de les voir tous au près d'elle à nouveau et de voir qu'ils allaient, enfin, tous bien. Les conversations fusèrent. Ils se dirigeaient vers la salle à manger lorsque Ted retint Justin par le bras. Brian les laissa sachant qu'ils avaient des choses à se dire.

 

-Justin ?

-Oui Ted ?

-Je peux te parler deux minutes ?

-Oui ?

-Écoute...je, fit Ted en se passant la main dans les cheveux, je voulais m'excuser.

-Je sais.

-Non attend. Je voulais vraiment m'excuser parce que c'était vraiment moche de te cacher la vérité au sujet de Brian et de son testament.

 

Justin fit une grimace.

 

-Tu es mon ami et j'aurais du te prévenir. C'était vraiment dégueulasse et je m'en excuse.

-Je sais Ted. Merci, répondit Justin.

 

Il lui donna une tape amicale sur l'épaule et partit rejoindre les autres à table. L'évocation du souvenir avait troublé Justin plus qu'il ne l'aurait cru. Il s'efforça pourtant de sourire. Il prit place à côté de Brian qui le regarda les sourcils froncés et à qui ce dernier lui donna son plus beau sourire. Autour de la table la conversation avait finit par prendre le sujet de la fameuse proposition 14.

 

-On ne peut tout de même pas rester sans rien faire ! Fit Debbie.

-On se battra Man, répliqua Mickael.

 

En bout de table Brian émit un petit rire.

 

-On peut savoir ce qui te fait rire toi ? Le héla Debbie.

-Vous.

-Moi ?

-Oui, ''on se battra'' qu'est ce que vous voulez faire contre ces gens-là ? Agiter des pancartes ?

-C'est mieux que de ne rien faire ou d'en avoir rien à foutre, répliqua-t-elle dans sa direction, si cette loi passe Brian ça remettra en cause toute ta vie ! Toi qui te suis marié l'année dernière tu devrais t'en soucier.

-Ce n'est pas tous ces crétins de la proposition 14 qui vont m'empêcher de faire ce que je veux.

-Si l'affaire de la bombe au Babylon avait fait plus de victimes tu ne dirais pas ça et je te dit aussi ça en particulier pour la personne qui se trouve à côté de toi.

 

Brian ne répondit rien mais ses poings se serrèrent. Il se leva, quitta la table et sortit fumer une cigarette.

 

-Maman...fit Mickael sur un ton de reproche.

-Il faut qu'il comprenne Mickael et je lui expliquerai tant qu'il faudra. Il a des responsabilités.

 

Mickael ne répondit rien et allait se lever lorsque Justin le devança. Les choses avaient bien changées. Il ne serait désormais plus celui qui irait consoler son meilleur ami. Justin sortit de la maison et rejoignit Brian sur le perron.

 

-Je croyais que tu devais arrêter, fit-il.

-Si tu savais le nombre de choses que je devrais faire et que je ne fais pas.

-Brian je suis sérieux...

-Mais moi aussi Sunshine.

 

Justin prit sa cigarette et la glissa entre ses lèvres. Il prit une longue bouffée et jeta le mégot devant eux. Brian entoura ses épaules de son bras.

 

-Je vais bien ok ? Arrêtes de t'inquiéter.

 

Justin lui lança un regard de reproche, douloureux.

 

-Si ce n'était pas le cas je te le dirais, fit Brian en le retenant alors qu'il tentait de se dérober. J'ai compris, dit-il gravement en plongeant ses yeux dans les siens.

 

Justin passa son bras autour de sa taille et pris ses lèvres avec douceur. Brian approfondit le baiser entortillant ses doigts dans les mèches blondes.

 

Depuis la salle à manger Mickael les voyait à travers la fenêtre. Mais pour la première fois depuis que Justin était entré dans leurs vies il les vit différemment. Pourquoi ce soir ? Il ne le sut jamais mais il les vit sous un autre angle. Ils se regardaient aussi simplement qu'un regard pouvait être lancé.

 

Jamais il n'avait vu Brian regarder une autre personne de cette façon. Avec tendresse et profondeur mais aussi inquiétude et amour. Cette façon qu'il avait de replacer sa mèche derrière son oreille, cette façon qu'il avait de poser sa main sur sa nuque. Plus rien ne semblait exister autour de lui, comme dans une bulle plus rien ne comptait hormis Justin.

 

Il voyait ses lèvres bouger sans comprendre ce qu'il disait. Il voyait leurs deux corps se placer dans l'axe l'un de l'autre, se collant, ne pouvant éloigner leurs peaux, leurs mains l'une de l'autre. Une symbiose, une parfaite harmonie se dégageaient d'eux.

 

Mickael en ressentait presque un frisson. Un accord parfait les liait et Mickael ne le vit jamais plus nettement que ce soir-là.

 

Comme Justin lui souriait. Il lui ébouriffait les cheveux en parlant alors que Brian éclatait de rire. Jamais Mickael ne l'avait vu rire de cette façon.

 

Il n'avait jamais pensé que Brian, son meilleur ami, puisse tomber amoureux, se caser, fonder un foyer, être profondément heureux et en somme ne faire autre chose que la fête sans se soucier du lendemain. Quand Brian avait changé à ce point ? Avait-il vraiment changé ou avait-il simplement trouvé la personne qui le complétait lui permettant d'être réellement celui qu'il était ?

 

Pourquoi Mickael n'avait rien vu ? Quand ? Quand avait-il vu son ami sous son vrai jour ? Quand avait-il vu le vrai Brian pour la dernière fois ?

 

Du coin de l’œil Debbie avait vu le changement d'expression de son fils et en tournant légèrement la tête elle n'avait pas eu de mal à connaître la raison de ce revirement. Pour lui aussi il était d'apprendre et de tourner la page. Elle se prit à espérer secrètement qu'il avance enfin pour pouvoir profiter de sa vie, la mener comme il l'entendait mais surtout être heureux.

 

Mickael les fixait depuis déjà cinq bonnes minutes lorsqu'il revint à la réalité. Quoi qu'il est pu espérer, il compris, au bout de 7 ans, qu'il n'aurait jamais l'avance face à Justin. Jamais. Qu'est ce qui l'avait rendu si aveugle ?

 

Il tourna les yeux vers Ben, son mari, qui le regardait aussi depuis cinq minutes. Ils s'adressèrent un sourire et ils surent sans rien se dire qu'un cap était enfin passé.

 

Brian et Justin rentrèrent dans la maison en riant. Mickael ne serait jamais ce que Justin était pour Brian mais il serait son ami pour la vie et le reste au final ne comptait plus.

 

 

O0o0o0o0o0o0

 

 

Comme toujours après les dîners chez Debbie ils étaient tous rentrés tard. Justin était dans la salle de bain. Il avait enfilé son bas de pyjama et mis son t-shirt au sale. Il ouvrit l'armoire à glace au dessus du lavabo et pris la crème pour sa main.

 

En baissant les yeux il vit 5 flacons oranges au nom de Brian s'aligner de façon macabre sur la dernière étagère. Il les frôla du bout des doigts les sourcils froncés, un pincement au cœur.

 

-Qu'est ce que tu fais ? Fit Brian en s'appuyant contre la paroi qui séparait de la douche et de la baignoire une serviette autour des hanches.

-Rien, répondit Justin en refermant la panneau.

 

Il dévissa le tube de crème et appliqua le contenu blanc sur le revers de sa main droite. Il commença à masser en faisant une petite grimace. Il avait beaucoup sollicité cette dernière dans l'après-midi à son atelier.

 

-Fais-voir, fit Brian en s'approchant.

 

Justin lui abandonna sa main de mauvaise grâce il ne supportait pas qu'on la touche et qu'on y prête attention. Brian commença le massage en faisant rouler les nerfs et les muscles sous ses doigts. Il savait parfaitement que pour Justin ces situations étaient pénibles. Mais il refusait toujours de le laisser seul dans ces moments-là. Justin ferma les yeux se laissant juste envahir par le contact de ses mains contre la sienne, il oublia cette main handicapée, ressentant seulement la douceur de sa peau contre la sienne.

 

Il rouvrit les yeux lorsqu'il sentit ses lèvres contre les siennes. Il enroula son bras autour de sa taille encore humide. Il glissa sa main le long de son dos remontant vers sa nuque. Il sentait son odeur, son souffle contre lui.

 

o0o0o0o0o0o0

 

 

-Arrête, fit Brian.

 

Allongé près de lui Justin faisait le tour de sa cicatrice du bout des doigts.

 

-Quoi ?

-Je déteste quand tu fais ça, dit-il en enlevant sa main.

-Moi je la trouve belle, répondit Justin.

-Belle ? J'espère que tu plaisantes ?!

-Ça te donne un petit côté aventurier genre je suis parti barouder dans la savane.

-Je ne suis pas parti dans la savane, j'ai eu un cancer Justin.

-Et moi j'ai cru que tu allais mourir, j'ai cru que tu allais disparaître, que je n'entendrais plus ta voix, que je ne sentirai plus ton cœur battre contre moi, que je ne sentirai plus tes bras autour de moi. Cette cicatrice est la preuve que tu es bien vivant, là, avec moi, alors oui je la trouve belle même magnifique, répondit Justin en se redressant les sourcils froncés.

 

Il se pencha sur lui et prit ses lèvres.

 

-Je t'aime, murmura-t-il.

 

Brian se redressa et le prit par le cou approfondissant le baiser. Justin glissa ses mains le long de ses épaules enroulant ses jambes autour de lui.

 

Brian parcourut sa gorge de ses lèvres ses doigts s'entortillant dans ses mèches brunes. Justin s'accrocha à lui les sourcils froncés se perdant sur sa bouche. Il voulait le sentir, sentir qu'il était là, avec lui, vivant.

 

Passer outre tout ce qui c'était passé et juste vivre toujours plus chaque jours, exploser dans la vie. 


Audali09  (23.09.2013 à 20:48)

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