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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Queer As Folk
Création : 13.01.2014 à 18h12
Auteur : cinto
Statut : Terminée
« Nouvelle version. Rappels: fiction traduite (à 4 mains) de l'anglais dont l'auteure est Blissink. Pour adultes. » cinto
Cette fanfic compte déjà 31 paragraphes
FAUX SEMBLANT
SAISON 1
~ 101 ~
Gale Harold est comme ce gamin qui s’ennuie et qui ne peut pas s'arrêter de poser des questions. Vous savez ! Comme ceux qui sont dans les films parfois ou des émissions de télévision et qui posent toujours des questions comme : « Pourquoi le ciel est bleu? », « Comment les zèbres obtiennent leurs rayures ? », « Comment les abeilles font- bzz zzz ? » il est fasciné comme un enfant dans un monde nouveau et inexploré.
Gale à la même attitude dans le mondeque Brian Kinney, il veut savoir. Ces personnages étaient nouveau pour la plupart d’entre nous, cependant Peter et moi n’étions pas si étrangers à cela puisque nous étions gay. Hal n’a jamais chercher à comprendre suffisamment le monde dans lequel nous allions être plongés, il à préféré se concentrer sur le côté romantique « Girly » de Michael, ce qui fonctionnait assez bien.
Mais Gale, lui, n'avait pas cette option. Brian Kinney était le Messie homosexuel et il incarne un personnage franc, direct. Il y avait donc des questions, un grand nombre de questions, et c’est à moi qu’il s’adressait constamment dans ces moments là.
Après la 1ère réunion sur les scènes de sexe pour le tout premier épisode, avant même que nos lèvres ne se soit touchées ou que nous ayons vu l'autre nu, il m’a posé sa première question.
- Tu n’as jamais embrassé une femme?
- Si, bien sûr ! Réponds dis je facilement.
- Comme ... embrassé une femme ? répète-t-il, comme si je n’avais pas compris qu'il ne voulait pas parler de ma tante Elda.
- Avec la langue et la passion et tout ça?
- Avec la langue oui ! Mais sans passion, je n’ai jamais ressenti la passion avec une femme d'où le fait que je sois gay ! Lui répondis-je.
Il sourit et hoche la tête. Je le regarde fouiller dans sa poche à la recherche de ses cigarettes. Je l'ai observé pendant quelques jours. Aujourd’hui, il a cette étrange combinaison de grâce et de maladresse qui se produit tout le temps. C'est quelque chose que je n'ai jamais vu auparavant. Comme en ce moment avec le paquet de cigarettes, il tâtonne, ses doigts s’emmêlent entre eux pour avoir une cigarette. C’est à la fois élégant et beau à regarder. Et il a vraiment de belles mains. Les mains sont la partie du corps que je préfère. Les siennes sont longues minces et fortes. Je me sens coupable de l’avouer, mais ça m’a titillé à la pensée qu'elles seraient sur ma peau nue d’ici quelques heures.
- Tu n’as jamais eu des relations sexuelles avec une femme?
- J'ai couché avec une fille. J'avoue à voix basse, car il y a l'équipe et le personnel qui circulent autour de nous et j'ai l'impression que cette conversation est ridiculement privée.
- Une fille pas une femme, hein ? Une jeune fille ? Dit-il avec un petit rire de garçon d’école.
- J'étais un jeune idiot, je le dis et je ne peux m'empêcher de sourire. J'avais 16 ans, elle avait 16 ans et j’ai su quant ça s’est terminé que j'étais gay.
- Comment c’était ? Etait-ce désagréable ? Je secoue la tête.
- Non, c'était assez bon. Mais ma première pensée quand j’ai joui a été de me demander « comment serait cette sensation avec son frère ? »
Il hurle de rire et se penche vers moi, sa tête cognant mon épaule. Gale est tactile. Il aime le contact. Je l'ai regardé faire avec tout le monde depuis son arrivée à Toronto. Au premier dîner il était assis à côté de Hal est collait ses coudes au sien ou il touchait son épaule quand ils parlaient. Plus tôt aujourd'hui, il était en réunion avec l’équipe du maquillage et il leur touchait ou leur saisissait les mains quand ils parlaient avec lui. C’est une personne qui aime le contact.
~ 107 ~
Les questions sont encore à venir. Je suis plus qu'heureux de répondre à ce stade car ça me permet de rester concentrer sur mes propres interrogations comme :
« Pourquoi ma queue réagit chaque fois que je le vois nu ? Pourquoi suis-je à moitié dur à mon entrejambe ? A t-il évité ce pénis cascadeur dans mon pantalon il y a quelques épisodes et à l’instant frôlé ma queue volontairement ? Et pourquoi ne me suis-je pas déplacé lorsque c'est arrivé ?
Simuler des relations sexuelles avec un gars hétéro est censé être un mélange d’érotisme et d’inquiétude ou suis-je juste un acteur de merde qui se laisse impressionner ?
- Je voulais te demander comme nous venons de filmer un anulingus, je voulais savoir si tu te sentais bien ? me demande-t-il. Je hoche la tête mettant un blush à mes joues rouge.
Nous mangions des céréales à la cantine des studios, en attendant qu’un problème d'éclairage soit résolu afin de garder le tournage de la scène de sexe très hardcore du 107. Les réalisateurs et les producteurs sont à peu près certain qu'il ne sera pas censuré vu la manière dont nous le faisons. Une scène de longue haleine sur le lit mezzanine avec Gale ... Je veux dire « Brian » tenant mes hanches et me pompant le cul alors que je .... Je veux dire « Justin » arque le dos tout contre lui. C’est ce moment que nous attendons, nous sommes tous les deux, habillés seulement de nos peignoirs et chaussettes de queue que nous portons. Son peignoir est plus ouvert que le mien. Au moment de la fellation, il annonce doucement.
- Je pense qu’une bouche humide sur ma queue est une bouche humide sur ma queue ! Je suppose que c’est aussi génial que ce soit une bouche de mec ou une bouche de fille. Si tu fermes les yeux, ça pourrait être un putain de dauphin que tu ne ferais pas la différence.
Je hoche la tête en essayant de me concentrer d’avantage sur la partie ridicule « du dauphin » et non sur la partie «d’une bouche sur son sexe », ou « de ma bouche sur son sexe. » Je sais qu'il est hétéro. Je comprends. Honnêtement, je le dis, c’est un bon acteur gay. Et qu’il soit gay ou hétéro, il baise magnifiquement. Il ne dit rien.
~ 116 ~
Pendant la pause déjeuner lors du tournage du 116 je me débats à trouver le nom de l’enfant de Jerry MC Guire ainsi que son surnom parce que des questions sont encore à venir, putain !
- Donc, c'est toujours l'un ou l' autre ? Je le regarde fixement d’un air confus et je réfléchis à une réponse sans rien dire.
- Actif ou passif pour les gars, c’est toujours l'un ou l’autre ? Me demande Gale, Peter dit que c'est rare que quelqu'un puisse faire les deux surtout à notre époque où les hommes homo sont établis dans leur sexualité, d’après lui, ils préfèrent généralement l'un ou l’autre.
Je hausse les épaules, il continue.
– Je veux dire ! C’est un peu comme les positions sexuelles avec des filles je suppose, certaines filles ou garçons ont des préférences pour certaines d’entre elles, non?
Je pensais connaître la réponse à cette question, mais je n’en suis pas sûr. Ma seule expérience avec une femme était la position du missionnaire et pendant environ 90 secondes. J'avais 16 ans, tu te souviens ? Ne juge pas.
- Vanessa aime le faire uniquement au dessus, me dit-il ! et j’ajoute un autre nom au hasard dans la liste des femmes canadiennes avec qui il a couché semble t-il depuis que nous avons commencé le tournage il y a environ 3 mois.
- Qu'est-ce que tu aimes faire ? Je lui pose la question d'un air absent, je ne me soucie pas vraiment la réponse. Sauf s’il dit que ce qu’il aime c’est la queue je m' inquièterai plus tard de sa réponse. Il sourit légèrement, il est doux et timide, il allume une cigarette.
- J'aime la missionnaire, crois-le ou non, putain. J’aime regarder la personne que je baise.
- Ah ... un romantique dis je avec une pointe d'ironie ! bien qu’il ai utilisé le mot «putain » qui est le contraire du romantique.
- Cowboy vient en deuxième position. Ajoute-t-il, et je ris.
- Il y a une position dite « Cowboy ? » Il a l'air sincèrement surpris que je ne connaisse pas celle là.
- C’est juste une position inversé Cowboy .Il exhale un anneau de fumée dans l'air face a lui. C'est quand la fille est assise au dessus de toi, mais te tourne le dos, et non en te regardant.
Seules les personnes hétéro nommeraient une putain de position sexuelle aussi absurde, je ris doucement. Il me regarde avec ce petit sourire de garçon qu'il a. Plus vous en savez sur Gale plus vous réalisez que son coté dur, intimidant en apparence est juste ….une coquille. Il est vraiment un gars sensible, au parler très doux comme un tout petit garçon perdu qu’il aurait put être. Il se préoccupe beaucoup du bien-être .... Peut-être un peu trop. Je me demande pourquoi Justin et Brian ne l’ont pas encore fait de cette façon ! La Cowboy inverse à savoir sa queue à l’intérieur de moi. Il peut atteindre le point sensible de la prostate sans trop d’effort. Je hoche la tête et me débats comme un beau diable contre l'agitation dans mon pantalon. Il me fait cet effet là tout le de temps qu'il parle des actes sexuels entre nos personnages comme si cela se passait réellement. Il sait ce qu'il ressent pour lui .... Je veux dire « Brian », ou ce qu’il me ... Je veux dire « Justin ». C'est en grande partie la raison pour laquelle je me branle en pensant à lui sous la douche tous les soirs, je suis pathétique. Il semble que ce soit tellement réel.
Les semaines suivantes, les soirées poker commencent dans le groupe et ont lieu chez Scott. Gale s’enivre, moi aussi, nous touchons l'autre sous la table, rien de d’extraordinaire juste une main sur la cuisse. Un frottement de son genou ou du mien. Je devrais probablement interpréter tout cela comme très « non – hétérosexuels » parce que sur la fin c'est certainement du flirt, mais Gale semble si innocent et je suppose qu'il est aussi ivre que moi et qu' il ne sait pas ce qu'il fait. Il tire sur ma chemise surtout sur l’ourlet. Ses longs doigts sous le tissu, prés de mon ventre nu ou dans mon dos. Gale aime tirer sur les vêtements, sur les siens et ceux des autres. Une fois, je l’ai regardé tirer et tordre les manches du vêtement thermique qu'il portait, de l’autre coté de la table pendant les 40 minutes de lecture. Le soir de la première partie de poker, il recourbe ses doigts dans la ceinture de mon jean et du boxer et s'accroche à moi de cette façon pendant que nous attendons des tranches de pizza à 1 $ à 1h du matin en pleine nuit près de l’endroit où vit Scott à Spadina et Bloor.
~ 118 ~
Quelques semaines plus tard, nous filmons le 118. Nous sommes au milieu du Babylon. J'ai tourné dans un contexte étrange, avec des scènes tout simplement en décalage par rapport au film car en fait vous êtes en train de danser dans la discothèque mais sans musique. Elle est mise plus tard lors du montage. Gale déteste parce qu'il n'est pas un bon danseur.
- Je me donne la mort si nous devons faire une autre prise m'annonce t-il d'une voix indolente.
- Détends-toi, et tout se passera bien ! Suis mon conseil.
-Brian ne laisserait jamais tomber Justin, me rappelle t-il, tout comme il ne l'a jamais laissé auparavant.
Nous sommes du côté du bar à attendre le directeur, l'extracteur de mise au point et le DOP et je me demande pourquoi ils nous mettent tous deux en rouge pour cette scène ? Je ne peux pas rivaliser avec son apparence. Il apporte un éclat naturel à ses joues, ses yeux d’or brillent un peu. Je le regarde ... légèrement moins pâle que la normale.
- Tu es actif ou passif, Rand ? me demande-t-il soudain sans prévenir d'une voix rocailleuse et faible qui me donne le frisson.
- Sérieusement ? Tu es sérieux en me demandant ça? Je lui dis, étonné.
En toute honnêteté, si Peter ou Hal ou même Théa me l’avait demandé je n’aurais pas été mal à l'aise, mais venant de Gale ça me donne envie de ramper hors de ma peau. Il veut me rendre fou c'est ça ?
- Il y a quelques semaines tu m’as déjà demandé avec qui ! Il hausse les épaules comme si ce n'était pas important.
- Et maintenant, je te demande comment ? demande-t-il.
- Ni qui, ni comment ne signifient pas que je vais le faire avec toi ! Je lui dis le cœur léger et avec un sourire rapide. Mais à l'intérieur mon cœur s'emballe et je prie pour qu'il laisse tomber le sujet.
Il s’écarte du bar, et se tient à ma hauteur en me souriant.
-Je parie que tu es passif, dit-il un doux sourire timide qui ne me permet pas de m’indigner.
- Je ne suis pas passif. Je le joue seulement pour la télé.
A la minute où je le dis, nous commençons à rire tous les deux, la tension dans mon ventre se relâche en riant.
- Donc, tu es un grand actif alors ? Il rit de cette façon de garçon d'école agacé ou très énervé.
- Je n'ai jamais dit non plus que j'étais actif.
Il me regarde droit dans les yeux et penche la tête.
- S'il te plaît ne me dis pas que tu es une version bizarre d'une nonne gay.
- Ma préférence dépend du type avec qui je suis.
- Mais Peter dit ...
- Peter ne sait pas tout.
Il me regarde, cette fois avec une timidité feinte et je sens qu’il va me poser une autre question, de celle qui pourrait m'exciter encore.
- Que préfères-tu ?
- Quoi?
- Attends ! En supposant, et vu que nous avons simulé à peu près tout maintenant, je parie que je peux deviner.
Il semble excité de jouer ce petit jeu.
- Tu aimes dominer.
- Je suis un homme, je hausse les épaules à sa déclaration même si je rougis.
Oui, mais c’est ce que tu préfères, il sourit coquin. Quand je fais semblant pour le job, je peux sentir tes mains tendues comme si tu essayais de me glisser en dessous de toi pour de vrai.
Je dois être rouge comme une tomate maintenant. Le réalisateur nous invite à prendre nos marques et refaire la scène. Gale gémit en sachant qu'il va falloir se remettre à danser mais je n'ai jamais été aussi heureux de retourner au travail de ma vie. Tout se passe bien. Nous sommes tous les deux profondément dans nos personnages. Gale vient en face de moi et se rapproche de mon visage.
« Mais il est trop tard maintenant » il secoue la tête et dit en parfait Brian « Il n'y a pas de retour en arrière ! » Il commence à marcher à reculons, en me tirant par mon tee-shirt et je ne peux pas m'empêcher de remarquer qu'il s'agit d’une chose nouvelle. Dans l'autre plan, il me tire par la main. Il a déjà fait ce geste alors que ça n'était pas écrit : au 108 quand il me tire des bras de Peter en sortant du club.
C'est une chose très Gale, pas une chose très Brian. Lorsque nous atteignons nos marques sur la piste de danse, il me tire près de lui et j’enroule mon bras autour de sa taille. Ce n’est pas vraiment une chose scriptée, mais il se colle à ma taille et à mes hanches si fort que je dois faire attention pour ne pas perdre l'équilibre. Maintenant, vient la partie préférée de Gale la danse (non). Il le fait différemment cette fois. Nos hanches sont très collées et je sens qu’il réagit contre mon ventre.
- Quoi ? Laisse toi faire ! dit-il.
Il ne rompt jamais notre regard et je me bats pour rester dans mon personnage...
Il ne rompt jamais notre regard et je me bats pour rester dans mon personnage. C'est Brian se pressant contre Justin et non Gale se pressant contre moi. Dieu, dites- moi que c’est Gale !!!
Ses mains viennent de chaque côté de mon visage. Je recule et éloigne mon bassin de ses hanches. Il se cambre d’avantage pour maintenir le contact.
M***. m***,m***…
Puis il se penche comme nous sommes censés le faire, afin que nos fronts se rapprochent dans un geste ridiculement romantique, ce que les mecs gay, moi y compris, ne faisons absolument pas. Mais avant cela, il se penche et vient glisser son visage contre le mien puis descend jusqu'à mon oreille.
- S'il te plaît laisse-toi aller, Rand, me glisse t-il à l’oreille à un moment où les caméras ne sont pas arrêtées sur nous.
Imagine que tu me veux.
Cette petite conversation a été coupée au montage final. Les monteurs ont préféré utiliser certains sourires, quelques images maladroites de quelques prises précédentes à la place.
Brian vient de m'appeler Rand. Il a demandé à Randy de prétendre que je le voulais. Gale veut que je le désire ! Son bras est passé autour de mon cou, ses paupières sont baissées et il dirige son attention sur ma bouche. Je le regarde fixement et je ne peux m'empêcher de me demander si c'est le moment ; si je parviendrais à embrasser Gale Harold à la place de Brian Kinney. Et puis il m'embrasse ... Et ma main se tend et le tient là, je voudrais que ça dure jusqu’à l'infini. Mon partenaire me maintient la nuque avec fermeté, c’est Randy qui réagit et non Justin, et il le sait. Je dois me réveiller et tout à coup je suis embrassé par Brian Kinney. Sa main s'enroule autour de mes épaules et presse ma bouche, il est dominant et autoritaire et tout ça, c’est Brian Kinney et non Gale Harold.
Le directeur crie « coupez» et nous dit « excellent travail ». C’est dans la boîte. Je cours vers l’entrée du parking ou je reste près d’une heure pour éviter Gale.
Il vient m’informer qu’il va boire un verre avec Scotty et me demande si je veux me joindre à eux. En ce moment, l'idée d'un peu d'alcool pour calmer mon cerveau en ébullition sonne comme une bénédiction alors j’accepte.
Ensuite, Scott se promène dans « Horse shoe Taverne » suivi par Gale. Apparemment, il avait besoin d'un verre. Nous ne parlons pas de la scène. En fait, aucun de nous ne parle du travail. La discussion est générale. L'alcool fait son travail et mes nerfs commencent à se détendre et les questions que je me posais commencent à s'estomper.
Qui s'en soucie? Nous sommes des amis et des collègues et passons un bon moment. C'est tout ce qui compte. Parce que je me suis convaincu que nous sommes tous des amis, je ne pense rien quand je finis par arriver à son appartement sur les plages parce que mon appartement à York ville est trop loin et le métro est fermé. Et je suis à moitié conscient quand il m'apporte des couvertures et des oreillers pour le canapé.
Je repensais à ce moment étrange où je me suis sentis mal à l'aise pendant le tournage, quand tout à coup, je me suis retrouvé collé à lui, encouragent plus de contact. Je n'aurais pas dû le laisser tomber sur moi. Je n'aurais certainement pas dû le laisser poser sa bouche sur la mienne. Et je n'aurais pas dû gémir ! Mais je l'ai fait. Je l'ai laissé ravager ma bouche et laissé frotter son corps contre le mien et laissé ses mains glisser sous mes vêtements. Non seulement je l’ai laissé faire, mais j’ai fait la même chose. Et là nous étions Randy et Gale non pas Justin et Brian K.
Je me réveille et il n'est pas là, même si nous nous sommes endormis tout empêtrés ensemble sur le canapé. Il n'y a personne sauf une note disant qu'il est allé à la gym et qu’il me verra plus tard au travail. J’ai la nuque raide, un mal de tête et mon pouls qui s’emballe. Zut ! J’ai tout foiré. J'aurais dû rentrer chez moi. Je ne l'aurais pas touché Je n'aurais pas dû le laisser me toucher. Je n’aurais pas autant apprécié, et par tous les diables, que je l’ai apprécié ! Il est hétéro. C'est mon erreur. C'est une putain d’erreur. C'est quoi ce bordel. Si la série continue à avoir autant de succès, je vais devoir faire face à cette petite erreur pendant des années.
Je retourne chez moi prendre une douche et j'ai 15 minutes de retard au travail. Gale est là, il me fuit comme la peste. Lorsque nous avons des scènes ensemble, il est plein de « Brian » et pas seulement à partir du moment où la caméra commence à tourner, mais à partir du moment où il arrive sur le plateau.
~ 121 ~
Les choses restent de cette façon : toujours poli mais distant . Quand 3 semaines plus tard environ, lorsque nous filmons le 12, soudain, il est de mauvaise humeur. Il est dans cet état pendant près de trois jours. Il s’accroche avec l’équipe de tournage. Il est désagréable avec les autres acteurs, y compris moi. J’ouvre la porte du vestiaire sans frapper. Il a déjà jeté le débardeur « Brian »et ses mains sont sur le devant de son jean « Brian » qu’il défait à la volée. Il a l'air surpris de me voir. Surpris et toujours provocant.
- Ça ne te dérange pas d’entrer et de fermer la porte, dit-il brusquement, il y a 2 personnes qui travaillent ici qui ne m’ont pas encore vu nu et je voudrais que cela reste ainsi.
Tu as perdu ce luxe. La série est déjà diffusée, je te rappelle. Il se tourne vers moi et me demande.
- Tu es ici pour me dire que je suis un peu salaud?
Je ris. Je ne peux pas l'aider. J'essaie de respirer quand il me regarde avec ses yeux noisette, pleins de colère.
- Non Je voulais voir si tu voulais parler ...de quelque chose.
Son visage se détend et il est redevenu le petit Gale perdu qu'il est vraiment à la base. Il me fixe pendant une longue minute, puis plonge sa tête.
- Je suis ... exigeant, murmure-t-il doucement. Je pense que je suis un acteur exigeant en quelque sorte. Tu sais comme j'aimerais avoir son caractère, vraiment entrer dans le personnage, vivre sa vie, être lui ! Je hoche la tête.
- Oui, et tu es bon dans ce domaine. Tu possèdes Brian bien mieux que je ne possède encore Justin.
- Mais je suis hétéro ? Il devrait dire ça comme une affirmation parce que c'était un fait, mais en ce moment il est suffisamment perturbé pour se remettre en question. Je me sens coupable. C'est de ma faute. Je savais qu'il était hétéro. Je savais qu'il était exigeant. Je savais qu'il risquait de s’embrouiller l’esprit entre Gale et Brian et je l'ai laissé faire. Nous nous regardons l’un l’autre.
- Oui Gale c’est toi, tu l’es.
Il hoche la tête laconiquement et jure dans sa barbe. Quelque chose avec « un fils de p*** » puis il se détourne pour attraper le chandail brun laid avec des carrés jaunes qu'il le porte depuis ce matin.
-Tu sais très bien ce que tu es, je le raisonne. Tu travailles beaucoup. Nous travaillons tous beaucoup. Certains jours, tu es Brian pour plus d'heures que tu n’es Gale. Il y a forcément confusion dans ta tête. Il me regarde, impuissant, un regard confus. Je continue à essayer de soulager sa conscience et la mienne.
-Tu étais ivre et l’alcool brouille l’esprit. Tu as laissé Brian prendre contact avec Justin mais Gale n’a pas touché Randy. C’était une erreur, nous étions ivres, ne prends pas de décision qui pourrait changer ta vie. Prends de la distance avec lui.
- Ouais. Tu as raison. Voilà, c'est tout. Brian fait partie de moi mais n’est pas moi, il accepte quelques minutes plus tard, tenant toujours son pull sur sa poitrine, tordant distraitement le tissu dans ses mains, mais ne bouge pas pour le mettre sur lui.
- Le week-end est presque là, tu peux laisser Brian sur le trottoir pendant deux jours entiers, lui dis-je encourageant.
- Je vais passer le week-end avec Beth ! explique Gale et je coche une croix mentalement sur Vanessa. Le coin de ses lèvres s’étire un tant soit peu.
- Elle est perverse comme l'enfer ! Je hoche la tête avec un petit sourire. Je pense que c'est la seule raison pour laquelle je suis avec elle, il avoue, pas encore tout habillé. Elle me permet de faire des trucs …. Il soupire et continue de s’habiller. Comme j'arrive à la porte, il dit:
- Tu restes dans le coin ce week-end ? Je hoche la tête. Tu as des plans ? me demande-t-il.
- Lecture, TV. Films et encore si nécessaire.
- Puis- je t’appeler ? Tu sais .... Si je m'ennuie avec tout ce côté pervers ?
Nous rions tous les deux.
- Passe un bon week-end Gale.
~122
Il est presque minuit, une nuit de travail quand mon interphone bourdonne : c’est Gale qui me demande pour monter.
- Gale ? Je demande en essayant de sortir de ma somnolence alors que je regardais une rediffusion de CSI sur le canapé. C’est toi ?
Il ne répond pas et j’appuie pour ouvrir l’entrée. Quand j'ouvre la porte, je vois que ses yeux sont gonflés et rouges. Sa peau est tachetée. Sa respiration est lourde. Il me pousse, passe devant moi et se tient au milieu de mon salon minuscule. Il regarde autour de lui comme pour s’assurer que je suis seul et puis il me regarde avant de regarder ses pieds.
- Penses-tu que je suis gay ? Je le regarde en clignant des yeux.
Randy, dis quelque chose.
Gale laisse échapper un soupir tremblant et la chambre sent tout à coup le Jack Daniels. Il passe une main dans ses cheveux.
- S'il te plaît.
- C'était une erreur, je te l’ai dit, tu étais ivre, tu n’es pas gay, je lui réponds.
Autant je le souhaite parfois, beaucoup de fois même, mais je ne le peux pas. Gale Harold n’est pas gay.
- J'ai souvent bu Randy et je n'ai jamais collé ma main dans le pantalon d'un mec auparavant avec envie, me corrige t-il en me regardant dans les yeux à nouveau.
- Tu n'es pas gay.
- Tu ne le sais pas.
- As-tu jamais eu un mec, Gale ? Je lui demande sans ambages.
- Non
- Et à quand remonte la dernière fois que tu as eu une fille ?
- Il y a environ 2 heures.
- Tu vois ? Pas gay ! Je me dirige vers la petite cuisine et j'ouvre mon frigo, tirant deux bières. Je lui en tends une.
- C'était Beth. Il me dit pour une raison quelconque.
- Lucky girl, lui dis-je !
- Elle voulait faire des trucs particuliers, tu comprends ?, dit-il en tenant la bouteille de bière, mais sans la boire. Peux-tu croire que j'ai trouvé une femme qui demande cela ? La plupart d'entre elles frapperait un gars pour l’avoir demander.
- Et ... ?
-Je l'ai fait.
- Oh ... okay ... Je comprends pourquoi nous avons cette conversation maintenant.
Il reprend son souffle tremblant et ressert la bouteille de bière dans sa main. Man, Putain, il est secoué. Je m’approche plus près de lui et pose une main rassurante sur son épaule.
- Beaucoup de gars normaux ont des rapports de cette nature avec les filles Gale, ça ne te rend pas gay.
Il me regarde presque avec défi.
- Vraiment?
- Oui.
- J'ai une autre question alors.
- Envoie, lui dis-je en souriant.
- Y a-t-il beaucoup de gars normaux qui s’imaginent être en toi quand ils le font ?
Je m'arrête de respirer. Un silence de mort s’installe dans la pièce. Je me recule et mets ma bière sur la table de chevet où mes clés et le courrier se trouvent déjà. Il s'avance et fait de même avec sa bière. Nos regards se fixent et tout à coup ses yeux s’emplissent de larmes et deviennent très verts. Il se tourne brusquement vers la porte
- Je dois y aller, marmone -t- il, comme un enfant rejeté.
Comme il arrive sur la poignée de la porte et commence à tirer pour l'ouvrir, je me dirige derrière lui et appuie la paume de ma main sur la porte, de sorte qu'il ne peut pas l’ouvrir. La porte se referme dans un claquement.
Il ne se tourne pas pour me faire face. Au lieu de cela il pose son front contre le chambranle de la porte et ferme très fort les yeux. Une larme coule le long de sa joue.
- Tout va bien, lui dis-je à voix basse pendant que mes mains entourent sa taille.
Je le touche, laissant mes doigts reposés légèrement sur sa hanche. Je sens son corps tendu et puis fondre sous mes caresses.
- Je pense que c'est normal d'être un peu ... confus. Je veux dire « Brian » est ... intense et dévorant, ok ?
Il se tourne lentement vers moi afin que son dos soit contre le cadre de porte. Ses hanches se tordent sous mes mains et il est face à moi maintenant. Il ne cherche pas davantage de contact mais j'ai quand même envie de me tenir légèrement à ses hanches. Je ne sais pas pourquoi, mais je le fais. Et je ne veux pas lâcher. Il renifle et utilise le dos de sa main pour essuyer la trace laissée sur sa joue mouillée.
- Ça va alors ? Me dit-il.
- Ouais, je réponds rassurant, même si toute cette conversation est emplie de tension, je pense que je pourrais imploser.
Et toi ça va ? Tu es sûr ?
Il hoche la tête et renifle à nouveau, appuie son visage dans le creux de mon cou. J'essaie de me convaincre que c'est juste une accolade amicale, Gale est délicat, après tout.
- C'est normal ? Demande-t-il à voix basse qui chatouille mon oreille.
- Normal ! C’est tout ce que je peux dire tant ma voix est remplie désir. Alors je sens ses lèvres sur ma peau. Douces, incertaines, nécessiteuses.
Il embrasse à la base de mon cou qu’il incline légèrement vers l’arrière.
- C’est naturel ? Dit-il.
Et avant que je puisse répondre, il suce la chair en dessous de mon lobe d'oreille . Quand il arrête au bout de quelques secondes, je ne peux rien faire que hocher de tête.
- Ça va ? répète-t-il ses lèvres proches des miennes. Ses mains viennent entourer chaque côté de mon visage.
- Ouais, C'est bon ...
Je déteste l'admettre: il m'excite terriblement.
Alors je l'ai embrassé le premier. C’est moi qui me suis mis sur la pointe des pieds, qui ai cogné ma poitrine contre la sienne et qui ai pris ses lèvres. Embrasser Gale est complètement à l'opposé d’embrasser Brian. Embrasser Gale est si différent, il est doux, ses lèvres se replient sur les miennes à mon rythme, pas le sien.
Embrasser Brian me fait me sentir comme être au sommet des montagnes russes, je ne peux pas descendre jusqu'à ce qu'il décide de me lâcher. Embrasser Gale, c'est comme être au sommet des montagnes russes et prier Dieu pour ne jamais redescendre.
Ses mains, comme toujours maladroites, tâtonnent jusqu'à la ceinture de mon pantalon. J'essaie de ne pas gémir lorsqu’il me caresse. Je tends la main vers le bouton de son jean tandis que de l'autre, j’essaye d’attraper le col de son manteau en le tirant vers le bas. Il se détache de moi et retire son manteau, passe son T-shirt au-dessus de sa tête, il est face à moi, il n’a rien d’autre que son jeans et ses bottes maintenant
Je devrais arrêter. Je le sais. Mais je ne le fais pas. Je ne m'arrête pas parce qu’il est incroyable . Et je fais ce dont on a envie tous les deux. On se sert de nos mains et de nos bouches sur le corps de l’autre.
Il glisse le long du mur, ses genoux sur le côté. Son visage est rouge sa respiration lourde et irrégulière et ses yeux sont à peine ouverts. Il attrape mon visage et m’embrasse avec un besoin que je n'avais jamais ressenti auparavant. Nous restons comme ça, l’un sur l'autre, pendant un long moment.
- Que faisons-nous ? Murmure-t-il contre ma poitrine.
- Je ne sais pas, je lui réponds timidement. Tu veux partir ?
- Non, répond-il fermement, Ça ne me fait pas peur.
Je ris doucement. Sa tête repose juste en dessous de ma clavicule gauche et je ne peux pas m'empêcher de glisser paresseusement mes doigts dans ses cheveux.
- Essayons simplement ne pas y penser. Je vais retourner à New York la semaine prochaine et tu vas retourner à Los Angeles
- Nous allons faire ... comment ?
- Prends le moment comme il vient, je lui réponds. Il s’éloigne de moi et se redresse.
- Je dois y aller, demain j’ai du travail. Je hoche la tête.
- Ouais tu commences deux heures plus tôt que moi.
- En outre, si tu continues à jouer avec mes cheveux je ne vais pas avoir le choix je vais devoir recommencer, prévient-il. Jouer avec mes cheveux est un risque énorme.
- Merci pour le tuyau. Je souris et lui tend la main et mon cœur s’apaise. Je le regarde partir avec un peu de panique. Comment les choses vont t-elles revenir à la normale ?
Ma réponse est venue haut et fort dès le lendemain au travail. Rien n'était normal. Gale avait déjà tourné un tas de scènes avec Théa ce matin. Quand je suis arrivé, il était à la cantine du studio, il avait du beurre d'arachide sur une tranche de pomme Granny Smith. Il m’a regardé, puis il a souri un peu crispé, un sourire mal à l’aise.
-Tu vas bien ? lui demandais je d’un ton léger.
- Ce matin, j’ai travaillé avec Théa et l'enfant. L’enfant s'est mis à pleurer, il ne voulait pas s'arrêter. Longue matinée.
Je hoche la tête et regarde, impuissant, il descend le couloir en béton qui mène aux vestiaires. Je prends une barre granola et une canette de soda et je le rattrape. Il nous faut près de 2 heures pour filmer la séquence de danse. La première moitié a été réservée à se concentrer avec Gale afin d’éviter qu’il ne m’écrase mes orteils un par un. C'est frustrant et ennuyeux parce que nous avons pratiqué avec un coach de danse pendant près de deux semaines maintenant. C’était plutôt bien. Mais maintenant, c’est pire que lorsque nous avons commencé.
-Fait ch*** cette… ! Rugit Gale et en arrachant l’écharpe blanche de son cou, il est furax.
- Pause ! Crient les administrateurs.
Je me dirige vers Gale, un clin d'œil vers l'administrateur et le prof de danse pour leur signaler que je me charge de gérer ça. Il est à l'extérieur de l'entrepôt, debout sous la veilleuse près de la porte de derrière. Je me tiens à ses côtés et m'appuie contre le mur sur une épaule. Il me regarde et me tend sa cigarette. Je la prends et inspire profondément.
- Désolé. Dit-il.
- Je sais.
- Je suis un danseur de merde.
- Je sais que ce n'est pas les mouvements de danse qui te foutent en l'air, lui dis-je.
- C'est toi.
- Ouais, c'est moi.
Il jette sa cigarette à moitié finie sous la pluie et se tourne vers moi.
- Tu penses qu'ils savent ?
- Ce que nous avons fait ? Je demande abasourdi mais secoue la tête. Non. Personne ne peut le savoir.
- Tu es sûr ? Je hoche la tête. Il ne semble pas me croire. Je m’empare de sa main et je m’avance d’un pas de plus.
- Ils ne savent pas, ils pensent que nous jouons nos rôles.
- Je ne suis pas sûr de ça.
- Je sais, je l'avoue, moi non plus. Il soupire et relâche légèrement son souffle.
- Allez Justin, allons-y ! Les 5 prochaines scènes sont tout ce dont nous avons besoin. Chacune d'entre elles est plus parfaite que la précédente. Et quand, dans la dernière prise, nous arrivons à la scène du baiser, c’est Gale que j'embrasse, pas Brian. Personne ne le sait, sauf nous deux.
LE BOUCLAGE
Fin de saison 1
Je sais que la série a un succès énorme. Je peux entendre Peter rire. Je peux voir Hal souriant. Je peux entendre Ron et Dan bavarder et tout mettre en place avec l'équipe. Il y a des verres qui trinquent et des pieds qui battent le rythme et des corps qui dansent. Mais tout ce qui m'importe, c'est de sentir ses yeux sur moi. Il joue au billard avec Scott et je suis à l'autre coin de la pièce où je parle avec Thom Best ... du moins je fais en sorte d'écouter Thom de mon mieux. Je me noie dans la sensation de sentir son regard sur moi. Il a fait semblant de perdre au billard avec Scott. Un chameau unijambiste aveugle pourrait battre Scott Lowell au billard. J'ai presque envie d’aller m’appuyer sur la table de billard et de poser mes fesses sur la poche qu’il vise. Je souris à cette pensée. Il le voit et me donne un petit sourire subtil, au moment de reprendre le jeu, il rate complètement le coup accidentellement ou pas. Scott est vainqueur. Gale s'incline devant le vainqueur et cède sa place ; il vient subtilement vers moi. Il me sourit, puis sourit à Thom.
- Je parlais justement à Randy de mes plans pour la construction de mon bateau cet été, dit Thom à Gale.
- Quels sont tes projets Gale ? Il hausse les épaules, ses yeux tombent sur moi un moment et puis de nouveau vers Thom.
- Je n’ai pas décidé, je reste à Toronto un certain temps je pense. Après ... je verrais.
- Randy nous quitte ce soir, peux-tu croire cela ? Les yeux de Gale s’agrandissent de surprise et il semble déçu.
- Non, dit-il d'une voix sourde, je ne peux pas y croire.
- J'ai plusieurs auditions à la suite pour quelques pièces de théâtre, j’explique. J'ai demandé à mon agent de ne rien planifier pour quelques jours, mais…..
Thom se dirige vers la table de billard avec Scott. Apparemment, il a envie de jouer et voulait gagner. Il sourit et hoche la tête vers nous et commence.
- Tu es d’accord avec ça ? Je demande à Gale une fois que nous sommes seuls.
- Bien sûr, ce n'est pas grave Il prend une longue gorgée de bière. En fait ... on ne s’était pas concertés.
- Je sais, je l'avoue, et je prends sa main rapidement, tirant légèrement dessus avant de la lâcher.
- Honnêtement, je ne voulais pas que ça se passe comme ça.
- Eh bien, c'est quand ton vol ?
- 23h40 : Je déteste ce que je lui dis. Je déteste car c'est la vérité.
- Alors ça va !
- Non, je lui réponds et je me rapproche un peu plus de lui. Il ne me regarde pas dans les yeux. Il fixe un point et ne me regarde pas du tout.
- Gale ... J'aimerai te voir pendant l'été.
- Quoi?
- Viens me rendre visite ! Il laisse ses magnifiques yeux noisette s'envoler jusqu’à moi pendant une minute. Il semble incertain.
- Peut-être !
- S'il te plaît. Il s’agite.
Hal intervient encore et commence à se plaindre de quelque chose et nous présente sa petite amie qui se lance en quelque sorte dans une conversation approfondie sur les régimes végétaliens avec Gale. Avant que je ne m’en aperçoive, il est déjà 22 heures et je dois aller à l'aéroport. Gale est passé de la conversation végétarienne avec la petite amie d’Hal à une conversation de football avec l'un des A.D. Je me dirige vers lui et lui dis au revoir, il m’embrasse sur les lèvres brièvement, un baiser affectueux. C'est une chose courante, cela ne signifie absolument rien et c'est pourquoi cela fait si mal.
- Prend soins de toi, Rand, dit-il facilement et il se tourne vers Laura, l'AD.
Je lui laisse quatre messages dans la semaine suivante jusqu'à ce que j'abandonne. Ça va être un long été.
HIATUS
De la saison 1
On frappe à la porte. Je l'ignore comme je l’ai toujours fait. Les machinistes et toute l’équipe savent que je suis ici, donc j’ignore pourquoi ils toquent, je ne réponds pas, c’est tout. Je ne sais pas pourquoi mais je voudrais contre toute espérance, qu’ils disparaissent.
- Gale ! J'ai quelque chose pour vous.
- Entre.
Je cède. Son nom est Casey je crois. Elle me tend un papier et je la regarde sans comprendre.
- Le mec blond de votre série m’a demandé de vous donner cela. Mon cœur bat la chamade.
- Quoi?
- Un des gars de Queer as Folk, elle répète, je ne connais pas son nom, mais il joue l'adolescent, quoi qu'il en soit, il était dans la salle ce soir , a arrêté un huissie et lui a demandé de vous donner ceci. Je regarde le papier. Il est froissé et usé comme s'il avait été tourné et froissé pendant le spectacle. Je le retourne et là sur la page, à l'encre noire, dans son écriture serrée il m’a écrit. « Le café-restaurant de Dougherty dans la 8ème et la 14ème à Chelsea à 11h demain s’'il te plaît. R.H. »
- Merci. Dis-je.
Elle hoche la tête et ferme la porte et je me retrouve seul avec son invitation griffonnée et avec des nausées dans mon estomac.
Douze heures plus tard, je profite du lundi noir (A New York les acteurs ne jouent pas le Lundi). Dire que j’en profite est un mensonge. Je n’en profite pas du tout, je suis feignant pour profiter de ce qu’il y a dehors. Il est 10h30 du matin et je suis paresseusement étendu dans une alcôve du restaurant de Chelsea où il m’a demandé de le rejoindre. J'ai le New York Times de la veille devant moi, mais je ne le lis pas vraiment. Je préfère le Sodoku j’aime cette merde. Je donne l'image d’être détendu mais à l'intérieur c’est une autre histoire, je suis tellement noué qu’au niveau des épaules,ça me fait mal. Tout ce que je peux penser, c’est lui. Ce que nous avons fait et, plus important encore, pourquoi nous l'avons fait. Et, pourquoi JE l'ai fait.
Je sais pourquoi il l'a fait, lui ! Il est gay. Mais moi je suis ... Je ne sais pas ce que je suis.
J'ai couché avec trois femmes depuis que la saison est bouclée.
Nicole qui habite dans mon immeuble à Toronto a été la première. Elle était dans le hall, et j’avais bu le soir du bouclage et je l'ai invitée pour une soirée à deux, on a fini la nuit ensemble ; avant le lever du jour elle était partie.
Victoria, quand je suis retourné à Los Angeles pour la semaine avant de me décider à venir à New York pour le hiatus, était la numéro deux. Elle est une ex que j'adore, pas compliquée, mais juste une sex friend.
Et Allie qui travaille à temps partiel en tant qu’huissier au théâtre là où je joue mon oncle Bob était la dernière. C’était il y a seulement deux jours.
Les trois expériences ont été plus que satisfaisantes. Les trois expériences n'ont rien fait pour freiner mon désir de l’avoir, lui. J'ai encore cette envie irrésistible de le toucher, de l’embrasser. Ne pas hésiter avec lui. Etre en lui. Et ça me fait peur, p*** de moi. Je lève les yeux quand j'entends le tintement du carillon au-dessus de la porte de la salle du restaurant, et il est là !
Randy Harrison. Il est dans un T-shirt gris pâle, une paire de jean fané Levis et une paire de mandrins bleu Löw top. Il se dirige vers moi de son habituelle démarche, portant sa besace. Ses yeux bleus sont sombres et rétrécis et je me rends compte que c'est un regard courroucé. Il est énervé contre moi, c’est normal. Il est beau et sexy. Que Dieu m'aide. Je me redresse de ma position détendue, j’enlève mes pieds du banc placé en face de moi pour les poser au sol. Il se glisse dans l’alcôve.
- Tu ne réponds pas à mes appels téléphoniques, mais tu viens dans ma ville pour jouer une pièce à deux blocs de chez moi ?
Il a des questions et je ne réponds pas parce qu'il n'est pas à la recherche d’une réponse. Il veut juste se défouler.
- Gale, qu’est ce qui ne va pas avec toi ?
- C'est une bonne question, j'avoue doucement, et je commence à jouer avec la cuillère avec laquelle je tournais mon café il y a une heure de cela.
- Quand tu sauras, fais le moi savoir.
Il soupire et murmure un juron déçu dans sa barbe. J'ai envie de pleurer. C'est une chose tellement stupide de se sentir comme ça et il me met en colère que pour ce que je ressens. Je déteste être comme ça. Ignorant qui je suis, ce que je suis. Je prends une grande respiration et la retiens.
- Comment m’as-tu trouvé? Je ne peux pas m'empêcher de demander.
- Un certain journaliste stupide m'a appelé pour obtenir des infos sur toi pour un article qu'il a écrit. Me dit-il en se tournant vers la serveuse qui approche.
- Salut Em.
- Salut Randy, dit-elle avec un grand sourire.
- Earl grey, comme d'habitude ?
Il hoche la tête et elle part, ses grands yeux bruns sur moi. Elle a vu la série. Je perçois très bien quand les gens me reconnaissent. Pendant un moment, j'ai pensé que j'avais une crotte sur le bout de mon nez. Maintenant, je sais que c'est la série qu’elle a regardée. C'est Brian Kinney, pas Gale Harold. C’est bizarre parce que ce n’est pas quelque chose avec laquelle je suis à l'aise car je ne suis pas Brian Kinney et je sais qu’ils cherchent à le voir en moi. Je sens comme une petite déception quand ils ne le voient pas.
-C'est cool, m'assure t-il, il sait ce que je pense. Bizarrement réconfortant. Elle est fan de la série, mais elle n'est pas une de ces personnes effrayantes. Je viens ici tous les jours et elle est cool. Elle sait que Randy n'est pas Justin.
Je hoche la tête et la cuillère dégringole entre mes doigts et claque sur la table Formica.
- Le journaliste a dit que tu faisais une interview, dit Randy. Et aussi que tu étais à New York pour jouer dans une pièce et qu’ensuite tu allais en Arizona pour tourner un certain film.
-Je ne voulais pas la faire, j'explique pour la centième fois. J'ai déjà dit cela au journaliste et à son rédacteur en chef ainsi qu’à mon agent et manager. J'ai complètement oublié, je dois porter un agenda électronique ou quelque chose maintenant car je suis trop occupé à bosser. Je n'ai même pas eu le temps de voir autre chose à New York que mon appart loué et le théâtre. Je l’ai rencontré hier de toute façon et je lui ai donné son interview.
Il hoche la tête.
- Alors c'est ça ? C'est ton excuse? Tu es trop submergé pour me voir? J'ai été ignoré pour une interview ! Il me regarde .... Il a l'air déçu.
Je me déteste. Je m’avance sur la table et pose légèrement ma main sur la sienne. Il pivote instantanément sa main sous la mienne et saisit mon poignet. Son toucher est chaud et me donne des papillons dans le ventre.
- Je n'étais pas trop occupé, je l'avoue . Je soutiens son regard et murmure, je n'arrive pas à m’exprimer d’un ton ferme. J’ai peur !
Em revient avec le thé de Randy. Elle sourit si largement que c’en est ridicule. Je retire ma main et la laisse tomber sur mes genoux. Elle ne dit rien, garde le sourire et se dirige vers le comptoir.
- Gale ...
Randy s'arrête, prend sa cuillère et remue un peu sa crème. Il s'arrête un peu embarrassé, secoue la tête.
-Je suis désolé si tu ne te sens pas bien ou sous pression ou quelque chose comme ça. Ce qui s'est passé .... On n’est pas obligés de continuer d’avancer. Je veux être ton ami avant tout, avec ou sans cela.
Il pose sa cuillère sur la table et je la ramasse. J'ai besoin de quelque chose pour me concentrer dessus, pour garder mes mains occupées, donc je ne le touche pas. J’ai envie de le toucher à nouveau.
- Gale ... ? Je secoue la tête
- Je n'ai jamais pensé que tu me mettais la pression, Rand.
Il réfléchit à ce que je viens de lui dire, se demandant s'il doit me croire ou pas, et puis il pose la question à laquelle je ne veux pas répondre. La question que je n'ai pas les couilles de me poser.
- Veux-tu que cela se reproduise ? Je me glisse hors de l’alcôve et je prends ma casquette de baseball qui était sur le siège à côté de moi.
- Je dois y aller. Je dois répéter.
- Connerie !
-D'accord ! Je dois y aller parce que je ne peux pas aborder les questions ou les réponses.
Il se lève aussi, et dépose quelques billets d'un dollar sur la table.
- Où vis-tu ?
- Soho.
- Je vais avec toi dit-il, et fait un vague au revoir à Em.
- Pourquoi?
- Parce que !
- D'accord.
Je sais juste à cet instant que je viens d’accepter de devenir l'amant de Randy Harrison.
Trois jours plus tard, à 4 heures du matin, mon corps est sur le sien, mes lèvres sont accrochées aux siennes. Ses mains autour de mon dos me touchent. Un frisson longe ma colonne vertébrale. Il s'arrête de bouger. Je l'embrasse fort et pousse mon bassin vers le bas avec mes hanches qui se pressent contre les siennes.
- Ne t’arrête pas.
Je gémis. Nos baisers deviennent encore plus passionnés et je suis haletant, il se tortille sous moi, je glisse mes jambes entre les siennes et ensuite, il entoure mes hanches. Je dépose des baisers sur son cou et son lobe d'oreille et ses mains sont enfouies dans mes cheveux, alors qu’il murmure des choses incohérentes.
- Gale ... P*** ... Je veux ... c’est si bon ...
Je grogne contre lui, je ne peux plus attendre. Comment en sommes-nous arrivés là ? Il y a eu des baisers, du flirt, un peu plus bien sûr mais pas ce moment-là, tellement parfait. J'étais parfaitement d'accord avec cela. Mais pas ce soir.
- Le veux-tu ? dit-il à mon oreille alors que ses mains sont dans mes cheveux. Parce que tu peux arrêter si tu le souhaites. Je ne veux que toi, si tu le veux.
Je me recule légèrement pour capter son regard dans la pièce sombrement éclairée seulement par la lumière du couloir que nous avons oublié de couper juste au-dessus de la porte de la chambre ouverte. Je l'embrasse juste près de ses lèvres, et je murmure.
- Je le veux.
Il semble cesser de respirer pendant une seconde, me regarde, prend une protection et non, je ne veux pas rejouer la scène de la première fois avec ; c’est trop « Brian ; je me penche en avant pour l'embrasser à nouveau, mais en gardant le milieu de notre corps séparé.
- Ça va ?
Il veut savoir pourquoi je n'avance pas.
-Je suis. Je suis ... je viens de ...J'hésite et essayer de comprendre ce qu'il faut dire sans ruiner l'ambiance.
Mon dialogue mental est en ce moment fou. Je me dis que c'est correct. Que ça ne veut rien dire. Que cela ne va pas changer mon monde. Que je suis toujours la même personne que j’ai toujours été. Après tout, je fais avec Randy, ce que j’ai fait avec Beth. Suis-je gay si je le fais ? Qui s’en soucie? Tout le monde sait qui il est. Tout le monde sauf moi.
Je crois en l’amour. L'amour n'a pas de préférence sexuelle, c'est un sentiment. J'ai des sentiments pour Randy. Ce n’est peut- être pas l'amour mais quel qu'il soit, je n'ai pas jamais ressenti cela, pas à ce niveau pour quelqu'un d'autre . Homme ou femme. Quand je suis avec Randy je fonds. Je fonds à l'intérieur et toutes les tensions, le stress, la confusion et la tristesse profonde que j'ai toujours ressenties quelque part au fond de moi ,se dissipent.
- Je ne sais pas ce que je dois faire.
Je le mets en garde, et même je peux entendre ce léger accent du sud quand je parle se glisser dans ma voix quand je suis fatigué ou ivre ou incroyablement nerveux. Il pose ses mains sur mes hanches et chuchote :
- Je vais te le dire, écoute-moi…
Il m’aide, il murmure, il est doux et patient, puis ses mains sont sur mes hanches pour les maintenir plus serrées et dans un dernier baiser intense, avant de reculer et en soupirant :
- Fais le Gale, s'il te plaît.
Et je le fais. Lentement, longuement, et complètement. J’ai le souffle coupé. Il gémit sous moi et nous trouvons ce rythme incroyable. Ça n’est pas un rythme. C'est une sorte de plénitude qui s’arrête et redémarre et s'arrête et …. c'est incroyable. J’aime ça. Je voudrais continuer pour toujours, mais je ne peux pas. C'est impossible. Après un moment ridiculement court, je me surprends à lui dire.
- Je vais ...
- Moi aussi...
Les sensations me rendent presque aveugle quand elles envahissent mon corps. Je roule près de lui immédiatement, la tête la première dans l'oreiller. Je l'entends, il a du mal à reprendre son souffle le jette puis il jette une jambe par-dessus moi et niche son visage dans mon cou. Sa barbe, pas aussi épaisse que la mienne qu’il n'a pas rasé depuis hier me chatouille.
- Alors ....
- C'était génial, lui dis-je, et je l'entends glousser dans sa barbe.
- J'allais te demander si tu te sentais bien ou si tu paniquais, mais je prends le compliment.
- Va te faire voir, je marmonne gêné. Ses lèvres se plissent et laissent une marque humide sur mon épaule.
- C'était génial, me dit-il d'une voix douce.
Je ne bouge pas pour le regarder. Je suis un peu timide soudain. Je ne veux pas qu'il voit mon visage bouffi ou mes yeux dont je suis sûr qu’ils sont vitreux et en adoration ; ce serait totalement embarrassant. Je garde mon visage planté dans l'oreiller et mon esprit se concentre sur les cercles que forme sa main déployée dans le creux de mon dos. Nous restons comme ça pendant longtemps jusqu'à ce que je remarque les cercles commencent à ralentir et mon cerveau s’enfonce dans le sommeil.
Près de quatre semaines plus tard nous sommes sur le canapé, la tête à chaque extrémité, les jambes emmêlées dans son milieu. Il est à moitié éveillé, à moitié assoupi devant un épisode de Law and Order. Je suis en train de feuilleter le guide TV, où il y a l’interview que j’ai fait.
- A quelle heure est ton vol ? me demande-t-il désinvolte, ses yeux à demi ouverts sans jamais quitter l'écran de télévision.
- 9h30 demain matin, lui dis-je avec un soupir . J'ai souhaiterais presque ne pas avoir eu à signer pour ce film.
- Je t’en veux un peu que tu l'aies fait, murmure-t- il, J'aime être ici avec toi.
- A notre retour à Toronto nous serons ensemble tu le sais, je réponds.
En espérant que ces semaines de séparation ne soient pas un enfer …..Je scrute l’article paru sur moi jusqu'à ce que je vois son nom apparaître. J'ai lu et relu ses commentaires et souris malgré moi.
- Il est intense et il aime savoir ce que les gens pensent de lui. Il semble plus intense que ce qu'il est vraiment. Ses yeux bleus s'ouvrent complètement et maintenant il tourne la tête blonde vers moi. Je continue à lire à haute voix. Quant Gale est saoul, il rit plus souvent que ne le fait Brian. Il est gentil. Et je ne pense pas qu'il soit aussi manipulateur. Randy me sourit.
- Quand cela est-il sorti ?
- Le mois dernier, je suppose, je dis en feuilletant la date de la couverture pour être sûr. Mon agent me l'a envoyé. Je me sens idiot.
- Si tu n’avais pas abandonné ce pauvre connard, je n'aurais pas eu à dire quelque chose
- Il n'avait pas besoin d'utiliser tes citations de merde, je gouaille et utilise mon pied gauche pour chatouiller son côté. Il se tortille et pousse plus loin sur le côté du canapé.
- Et tu ne penses pas que je suis un manipulateur ? Je dis un peu plus doucement et sans sourire parce que je suis un peu inquiet de son commentaire.
Il perd son sourire trop vite et il se redresse, son dos contre le bras du canapé et se frotte le pied droit légèrement sur mon mollet
-J'ai fait l'interview quand tu ne répondais pas à mes appels. Je n'étais pas sûr que tu avais compris ce qui s’était passé à Toronto.
-Tu penses honnêtement, que je voulais juste profiter de toi ? Il hausse les épaules. Je reprends ma lecture en énumérant le reste : Il est difficile d'être en colère contre lui.
Je regarde en arrière vers lui et il est un peu rouge aux joues. Je lève un sourcil.
- Quelle chose gay que tu as dit ! dis-je en plaisantant.
- Gale, je suis gay ! Me rappelle-t-il en riant de mon commentaire.
- Je sais, mais sérieusement Rand, il semblerait que tu aies le béguin pour moi !
- Ouais, admet-il, puis il ajoute plus grave. Sérieusement.
Je laisse tomber le magazine sur mes genoux et le regarde fixement. Soudain, il a l'air timide et incertain ce qui n’est pas vraiment Randy. Randy est un esprit fort très calme. Il est confiant et centré, il est tout ce que je ne suis pas. À l'heure actuelle, il me regarde de la façon dont je me sens généralement à l'intérieur. Je pousse la revue de mes genoux au sol et je saisis ses mains le tirant, le forçant à ramper jusqu'à moi. J'embrasse ses lèvres légèrement.
- J'ai un coup de cœur aussi, lui je dis doucement. Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, maintenant.
- J'ai remarqué ! Il m'embrasse et commence à jouer avec mes cheveux vers le bas de ma nuque. J'expire fort et il sourit. Il sait exactement comment faire pour m’embrasser et il sait exactement où ça nous mènera.
- Ça te dérange ? demande t’il.
- Que tu dises publiquement que je suis sexy ?
Mmm... Pas vraiment, je réponds en me concentrant sur ses ongles qui passent sur mon cuir chevelu.
Je n'ai tout simplement pas besoin de la presse ou que n’importe qui spécule sur ma sexualité.
Je le sens tendu un tant soit peu.
- Quelle est ta sexualité Gale ?
C'est à mon tour d’être tendu. Le ton de sa voix est fort. Mes yeux scintillent ouvert et je tire ma tête en arrière pour le regarder
- Je ne sais pas.
- tu ne sais pas ?
- Ça ne m'inquiète pas ! J’ajoute et l'embrasse sur les lèvres. Il retient à peine le geste.
- Vraiment ?
- Ouais Ça ne me dérange pas, je réponds et passe sous lui tout à coup mal à l'aise.
Il me repousse et semble être plongé dans ses pensées contemplant quelque chose et puis, soudain, il n'est plus là. Il se lève.
- Je dois y aller ! dit-il tranquillement. Tu n’as pas un vol tôt demain matin et tu as encore des choses à emballer ?
-Je vais jeter quelques affaires dans un sac. Je dormirai dans l'avion, je soutiens, quand il se dirige vers la porte où se trouvent son manteau, ses chaussures et sa besace.
- Non. C'est très bien. Je m'en vais.
- Randy ! Dis-je avec un peu de panique. Viens, Je veux que tu restes. Il se concentre sur ses chaussures.
- Je dois y aller.
- Tu veux que je dise que je suis gay ? Je lui demande de haut parce que je commence à paniquer un peu à l’idée que ces quatre dernières semaines vont être jetées au panier. Est-ce que ça te rendra heureux ?
- Non, déclare-t-il. Je veux que tu sois à l'aise avec qui tu es.
- Je suis à l'aise, je confirme, je veux dire que j'aime ça, j’'aime être avec toi. Mais c'est nouveau et je suis ... Je ne me suis pas senti comme ça avant. Et je n'ai jamais fait ou voulu faire ça avec un autre gars.
- Mais tu aimes le faire avec moi ?
- Ouais ! je pense que c'est clair et net, je le dis et je sens un mouvement au bas de mon ventre.
Mais tu veux me faire voir comme un gay, Randy ?
- Je suis un gars.
- Le seul mec qui ne m'ait jamais attiré.
- Quand même un mec.
- Je suis Bi alors, je suppose.
- Bi c’est quand un gars a trop peur de sortir du placard.
Cette déclaration et le ton condescendant de sa voix me font l’effet d’un coup de pied dans l’aine.
- Oh ! Si tu es le juge et le jury des préférences sexuelles de chacun…Tu penses que parce que j'aime ça, je vais en profiter et sauter n'importe quel mec ? Tu penses que ça signifie que je n'ai jamais aimé les femmes? Ce n’est pas vrai .
- J’y vais, dit-il calmement et ouvre ma porte d'entrée.
N'hésite pas à avoir toutes les femmes que tu voudras sur ton plateau de cinéma.
Il ferme la porte doucement derrière lui mais je ressens soudainement comme un coup de poing et je fonds en larmes.
Le lendemain matin, je laisse un chèque pour le trou que j'ai fait dans le mur de la location , j’essaye de soigner mes yeux injectés de sang avec de grandes quantités de solution oculaire et me bat mentalement pour être normal. Une partie de moi espère que mon vol sera bloqué et que je n’aurais jamais avoir à faire face à cette douleur dans ma poitrine . L'autre partie de moi souhaite arriver rapidement à la fin du mois prochain, quand je serai de retour à Toronto pour jouer avec lui. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?
SAISON 2
~ 201 ~
- Gale ! Bienvenu !
J'essaie de rester calme sur mon siège. Mais je n’ai plus aucun doute que ce sera difficile quand j'entends les salutations bruyantes de Ron. A côté de moi, Scott se lève et je regarde Dan se diriger vers la porte.
- C'est bon d'être de retour, j'entends sa voix calme et solide. Vous avez bossé pendant la pause à ce que j'ai entendu dire ? dit-il à Scott et moi maintenant que nous le regardons, se plaçant à côté de ma chaise.
- J'ai entendu dire que tu étais à New York pour jouer et qu’il était question d'un film aussi !dit Scott.
- Ouais, répond-il. Le film s'est terminé la semaine dernière.
Ses yeux se posent sur moi. Je rencontre son regard et lui offre un demi-sourire horriblement maladroit. Il intervient auprès de Scott, se penche et enroule son bras autour de mon épaule. Je suis surpris par son contact, mais pas par la façon dont mon corps semble électrisé par le sien. Je savais que cela arriverait. Il embrasse ma joue puis il recule.
- Hey Randy !
- Hey Gale, je réponds d’une façon aussi désinvolte et décontractée que possible à son salut, c'est bon de te voir. Il s'arrête et sourit légèrement.
- Oui, toi aussi.
Cela réchauffe mon cœur et calme un peu mes nerfs et Théa, Michelle et Hal arrivent ; maintenant toute la bande est ici. Gale se promène tout autour de la table et prend un siège à côté de Michelle et alors nous pouvons commencer notre première table de lecture de la saison 2. Je suis tellement tendu tout le temps. Mes ongles s'enfoncent dans mes mains tellement fort qu'ils laissent des traces. Heureusement Gale et moi n’avons pas beaucoup de scènes ensemble dans cet épisode, et plus important encore, nous n'avons pas de scènes de sexe. Lorsque la lecture est terminée, tout le monde se lève et commence à poser des questions avec enthousiasme sur le hiatus, où ils étaient allés, ce qu'ils ont fait et tout .
Je m'excuse signifiant immédiatement que je dois aller aux toilettes et je trace mon chemin à l'extérieur pour fumer une cigarette et prendre un peu d'air frais. C'est chaud et humide derrière l'entrepôt où nous filmons. J’échange sourire et clin d'œil avec quelques gars lorsqu’ils passent..
Comme je termine ma cigarette, je vois Gale appuyé contre le mur à l'autre bout du bâtiment. Il a son téléphone portable à son oreille et une cigarette allumée dans sa main droite. La cendre a presque un pouce de long. Il jette un regard dans ma direction et c'est un de ses regards qui m’indique qu'il savait que j'étais ici. Ses yeux noisette se sont dirigés sur moi sans effort. Il savait que j'étais à l'extérieur à quelques mètres de lui, et il n'est pas venu vers moi comme il avait l'habitude de le faire. Il ne voulait pas. Je me lève et je broie ma cigarette sous le talon de ma chaussure avant de me diriger vers lui. Il termine son appel téléphonique et prend une courte bouffée sur ce qui reste de sa cigarette.
- Je ne savais pas que tu fumais encore. dit-il d’un ton léger.
- Je n'arrive pas à cesser de fumer lui dis-je.
Je ne fumais pas avant de m’installer à New York. J'ai commencé parce qu'il fumait quand nous étions ensemble ; il avait l'air vachement, fabuleusement sexy en le faisant, et je voulais partager ces moments avec lui.
- Ouais, c'est une addiction, répond Gale en envoyant une chiquenaude à son mégot sur le trottoir. C’est ainsi qu’il sort son paquet le prend entre ses doigts malhabile d’une façon tellement Gale. Il tourne le paquet vers moi m’en offrant une. Je secoue la tête.
- Gale, je suis désolé. Il me regarde pendant un long moment, puis hoche la tête.
- Je suis trop …. J'ai juste ... Je n'ai pas dit les bonnes choses. Dit-il. J'expire fort parce que je suis tellement soulagé que lui-même se sente à l’aise finalement.
- Il n'y avait rien à dire, je me suis comporté comme un idiot !
- Tu n’étais pas un idiot, me soutient-il en se penchant en arrière contre le mur de l'entrepôt. Tu ne voulais pas perdre de temps avec quelqu'un qui est ... qui est foutu. Et je suis foutu Randy. Je le sais. Je n'aurais pas dû te suivre à New York. C'était égoïste.
- Tu m'avais suivi ? Je marmonne cette fois confus et impressionné par cette déclaration.
- Je n'en avais rien à foutre de la pièce. Bien sûr, c'était amusant à faire, mais je voulais juste être là où tu étais.
Il confesse et je me sens étourdi et nerveux. Comment n'ai-je pas compris cela avant ?
- Mais je ne savais pas ce que je voulais et pourquoi je le voulais. Je n’ai pas pris en considération ce que cela te ferait et je suis désolé.
- Gale ! La voix de Michelle nous coupe dans l'air humide. Elle bondit hors de la porte ouverte de l’entrepôt et sourit brillamment en nous voyant.
- Nous sommes en train de fumer !
Il lui sourit et tout à coup je me sens nauséeux. C'est indéniablement différent de la façon dont il lui souriait à sa dernière saison. Puis elle touche sa hanche de sa main, le tenant de façon possessive, et je pense honnêtement que je pourrais vomir. Gale enroule sa main autour de sa nuque et fait de son mieux pour éviter mon regard.
- Ils vous réclament là- dedans, lui explique telle. Ils doivent coller cette écharpe sanglante sur toi avant que Hal ne te frappe. Il hoche la tête.
- A plus tard, me dit-il avec désinvolture quand il passe devant moi. Je me retourne et regarde Michelle qui est rayonnante. Rougissante, rayonnante de la manière qu’ont les gens qui vivent dans l'amour. De la façon dont je l'ai fait à New York pendant les quatre semaines où Gale et moi étions ensemble.
- Sais- tu si Jason et toi, vous allez vous remettre ensemble ? Je demande espérant sans espoir. Elle rit timidement.
- Non ! Je vois ... quelqu'un d'autre. Je hoche la tête et essaye d'avaler la salive, mais elle reste dans ma bouche.
- Je dois y aller, je lance…..pour le maquillage. Je me retourne et me dirige droit vers la porte des studios. Elle m’interpelle et dit innocemment.
Randy tu devrais arrêter de fumer, ta voix est rauque !
Je l’évite comme la peste pour le reste de la semaine. Et le sommeil me fuit. Je suis épuisé. Tout ce que je fais est d'aller chez moi le soir et me jeter dans mon lit en attendant que le sommeil me gagne, mais il le fait rarement. Mon esprit rester éveillé et je n’arrête pas de ressasser chaque instant de notre temps passé à New York et à chaque seconde de notre temps passé sur le plateau depuis son retour. C'est particulièrement difficile quand je le vois terminer une scène et ensuite foncer directement dans la loge de Michelle. Ou rester avec Michelle sur le siège passager. Ou partager une assiette avec elle à midi.
~ 202 ~
Le premier jour de tournage de 202, Kate, l'une des assistantes de maquillage, fait des commentaires sur mes yeux fatigués et je me dis que si je ne peux pas à dormir plus de 2 heures ce soir, je vais aller voir un médecin pour obtenir des somnifères. Ceci est foutrement ridicule.
Gale est avec Mykala ; c’est la scène la reconstitution du bal sur l'ensemble de loft, assez simple et facile à filmer. Le plus dur reste à venir. Nous avons notre « comme la première fois » comme scène suivante et la pensée me donne des palpitations cardiaques. Gale était tellement inquiet la saison dernière « sur l'intimité à la caméra se reflétant sur l'intimité hors caméra, » moi je ne l’étais pas. Je savais que je pouvais toucher Brian parce que je pouvais espérer toucher Gale aussi.
Maintenant ... toucher Brian est tout ce que je veux et je serai incapable de me contrôler.
J'arrive à me mettre en caleçon et tee-shirt et prendre ma marque sur le lit. Gale se dispute avec le directeur et Dan, l'auteur principal de l'épisode. J'entends des bribes de la conversation, mais j'essaie de ne pas espionner. C'est difficile parce que le ton est cassant, il est si énervé et sa voix est forte et dure.
- Gale, on sent vraiment que ce serait quelque chose pour Justin, qu’il comprend, répond Dan dans sa voix apaisante qu'il utilise lorsque l'un d'entre nous devient un acteur capricieux.
- C'est un enfant! Quel jeune homme de 18 ans qui vient de se faire fracasser le crâne peut rationaliser en voyant une écharpe imbibée de son sang autour de mon cou !
- Je veux dire : au début de cet épisode, il disjoncte si j'essaie de le toucher et maintenant il me veut en lui et n'a aucun problème en tirant de mon cou, un foulard imbibé de son propre sang?
Il a marqué un point.
Je l'ai mentionné à Dan et Ron après la table de lecture. Mais j'étais trop épuisé pour faire valoir correctement mon point de vue. Et vraiment, je ne veux pas dire quoi que ce soit qui pourrait nuire à la scène parce que je voulais toucher Gale et surtout le forcer à me toucher. Je suis une mauvaise personne.
- Veux-tu dire que tu ne feras pas la scène ?
Dan veut savoir et je ne sais pas comment il fait, mais il parle encore dans cette voix calme et apaisante. Je sais que si Gale dit qu'il ne fera pas la scène sans une réécriture, toute la production perdra du temps et nous allons amputer sur le calendrier et le budget.
- Je veux dire que si vous ne pouvez pas m’expliquer le raisonnement derrière tout cela , quelqu'un doit le faire. Je ne peux pas jouer quelque chose que je ne prends pas du tout au sérieux, ce ne sera tout simplement pas crédible.
- Justin aime Brian, je l'interromps de là où je suis, à savoir sur le lit. Il sait que Brian est traumatisé, et le foulard n'est pas exactement une surprise pour Justin, juste une manifestation de ce qu'il sait déjà pour être vrai. Il l'ignore parce qu'il aime Brian. Il veut guérir Brian encore plus qu'il veut se guérir lui- même.
Les deux hommes, Gale et Dan, se tournent vers moi. Je peux dire que le feu dans les yeux de Gale s'estompe. Il m’écoute alors je continue à parler.
-Je n'aime pas la façon que tu as de te foutre de tout mais j’ai juste besoin d'être avec toi. Je n’ai rien à te pardonner.
Gale ne dit rien. Il se contente de me regarder, une avalanche d'émotions contradictoires survole très vite les traits de son visage . Dan jette un regard à Gale et me sourit, n’ayant absolument aucune idée si ce que je viens de dire a le moindre rapport avec les personnages qu'il a créés.
- Oui, annonce t-il avec enthousiasme. Randy a raison ! Et le sexe va guérir toutes les blessures Gale. Justin et Brian.
Le visage de Gale pâlit un peu, mais il hoche la tête et prend sa marque dans la cuisine du loft. Nous tournons la scène trois fois mais ils ont utilisé la première prise pour la totalité de la séquence langage. Je prends cela pour un fait extraordinaire parce que sur la première prise, Gale est un désordre émotionnel et, malgré cela, il rayonne à travers son image de Brian.
A ce jour, il dit que c’est l’épisode qu'il déteste le plus, car il a fait un boulot de merde. Je suis la raison pour laquelle il a fait le boulot de merde. Ce petit discours que j'ai donné et la façon dont je pose ma main sur lui et dit " je te veux en moi " avec la voix de Randy, est la raison pour laquelle il est incapable de garder le personnage. C'est lorsqu’il dit: «tu es sûr? » d’une voix où perce un léger accent vaporeux sur le «sûr», que je peux dire qu’il n’y a rien de Brian Kinney, mais de Gale oui. Nous prenons une courte pause dans lequel aucun de nous ne parle à l’autre ou à qui que ce soit.
Ils retirent quelques caméras puis on commence la partie de suppression de vêtements. Gale est tellement tendu que je peux le voir dans chaque muscle de son corps et je remercie Dieu que toute cette scène se fait dans la pénombre. C’est alors qu’arrive une petite gaffe. Gale n’a pas de sous-vêtements et je le regarde vaciller, puis nous sourions timidement et il annonce
- Quelque chose ne va pas avec mon pantalon.
Et j'éclate de rire. Il rit aussi.
Au moins nous le sommes ok pour l'instant. Je chasse les pensées de tout ce qu'il fait avec Michelle et nous nous plaçons chacun de notre côté.
L'aine de Brian se heurte à Justin. Sa main est sur ma hanche et la mienne sur sa cuisse ; on nous a dit à la réunion « chevauchement minimal ». Peu de contact autre que hanches / aines. Donc, nous nous tenons l’un à l’autre et essayons de rester comme ça Mais tout à coup, je sens Gale réagir physiquement, et je pousse un petit soupir. Cela convient très bien à Justin, et ça signifie que je compte encore pour lui. Dieu merci, il me désire encore. Je laisse rouler ma tête en arrière et je sens ses lèvres sur mon cou. Je me demande vaguement si le directeur nous dira « couper ». Ils avaient dit « contact minime ».
Comme Gale, je veux dire « Brian », se repositionne de lui-même, je ne peux pas m'empêcher de me tourner et de capturer ses lèvres et il m'embrasse lentement et doucement. Mes doigts sont dans ses cheveux en sachant qu’il s’agit de Gale, incroyablement excité, et non Brian. Je dois me rappeler qu’il y a des caméras et un directeur.
- Coupez ! Crie le directeur et l’éclairage se retourne, nous éblouissant.
C'était parfait ! Plus porno que je voulais initialement, mais cela a fonctionné. Hot. Ok passons !
Gale et moi, nous nous regardons, presque en panique. L’AD se dirige vers nous avec nos peignoirs. Nous sommes tous deux assis et plaçons nos robes sur la partie à couvrir ... Nous regardons l'équipe s'affairer autour de nous tant pour prendre les lumières et déplacer des câbles ou déplacer des caméras pour la prochaine scène.
- Gale ... ?
- Non, dit-il à voix basse.
Puis il se tient debout, se tourne vers le mur afin que personne ne voit son état pendant qu'il enfile son peignoir. Sans un mot, je reste assis, impuissant alors qu'il tempête en s’éloignant.
~ 206 ~
Les quatre semaines suivantes sont les plus solitaires que j'ai jamais connues. Je mange (à peine), je dors (à peine) et je vais travailler (à contrecœur). Et au travail, je me mets dans les coins sombres et des lieux vides où il n’est pas, ou Michelle ou n'importe qui ne peut me voir. Il n'essaie pas de me parler. J'ai une scène aujourd’hui. C'est la scène de la salle à manger où je refuse les avances de Brian. Nous sommes censés avoir terminé, mais nous sommes en retard. La météo est changeante avec nos scènes en extérieur. C'est une putain de mousson dehors, cela a été comme ça la plupart de la semaine.
Les Canadiens sont des gens décontractés et doux mais le temps est dur et froid. Ce n’est jamais juste une pincée de pluie ou un soupçon de neige - c'est toujours une pluie torrentielle ou une tempête de neige. Parce que le directeur n'a pas voulu filmer chaque scène en plein air sous la pluie, nous avons changé de scènes et attendons, maintenant, nous sommes en retard pour le dernier jour de tournage du 206. J'attends en lisant un livre dans la chambre de Mel et Linz. J'entends des pas lourds approcher et soudain il s’exclame :
- Bon sang !
Il se retourne et me voit sur le lit et se fige pendant une seconde avant de lever la tête vers le haut.
- Va te faire f*** aussi, dit-il vers le plafond.
- Gale ?
-C'est un de ces jours où le refrain de rumeurs blasphématoires de Dépêche mode s'applique, dit-il avec fureur.
J'essaie de penser à la chanson dont il parle. Il commence à réciter.
-Je ne veux pas commencer des rumeurs blasphématoires mais je pense que Dieu a un sens de l'humour, et quand je mourrai, je m'attends à le trouver en riant.
-Ah ... ,je baisse mon livre. Veux-tu en parler ? Ses lèvres se tordent vers le haut dans un sourire étrange qui semble être tout sauf drôle.
- Je viens de tourner la scène où Debbie et Brian ont une discussion à cœur ouvert sur combien il aime Justin.
Je hoche la tête. J'attends qu’il continue. Il ferme les yeux et se les frotte, il semble épuisé et peut-être qu'il l’est, émotionnellement.
- Je veux casser la gueule à Brian.
- Ce serait mal.
Il me regarde et sourit malgré lui.
- Il est si émotionnellement constipé, dit-il et j’éclate de rire.
Je n'ai jamais entendu cette expression avant et c'est tellement absurde et complètement Gale Je ne peux pas m'en empêcher. Il se met à rire aussi. Puis il s'assoit à côté de moi et nous sommes côte à côte sur le lit, le dos contre la tête de lit. Quand nous cessons de rire, il ferme les yeux et prend une profonde respiration.
- J'exprime toujours mes émotions, bonnes ou mauvaises, fortes ou pas. Je suis vraiment disponible émotionnellement. Ses yeux s'ouvrent et il tourne légèrement la tête vers moi.
Puis, tout d' un coup, je te rencontre et je ne comprends plus rien. Je ne sais pas ce que je ressens ou pourquoi je pense qu'il ..... Rien.
Je regarde en arrière silencieusement, je ne trouve pas mes mots. Il détourne les yeux, son regard se perd sur le faux mur en face de nous.
- Je pensais que sortir avec quelqu'un me remettrait les pieds sur terre. Tu sais, retrouver le contrôle.
Michelle. Il est sur le point d'admettre qu'il sort avec Michelle. Et je sais que mon cœur va se briser. Fait chier. Mais ensuite, il s'arrête de parler. Sa main gauche qui est entre nous se soulève et vient se poser sur ma cuisse. Il ne la saisit pas, ne la frotte pas, ne la serre pas. Il laisse simplement sa main là contre moi. Le silence et le contact sont trop pour moi. Je ne peux pas le supporter. J'ai besoin d'avancer quelque part, n'importe où. Bon ou mauvais, le chagrin ou autre.
- Et Michelle t’aide à ça?
- Ouais ! dit-il, mais avant que mon cœur ne se brise, il se ravise. Non !
Nous nous regardons à nouveau.
- Je pensais qu’avec le temps ça marcherait. Je pensais qu'elle allait me redonner mon équilibre parce qu'elle est magnifique et amusante et vraiment cool, soupire-t- il. Cela ne m’a pas beaucoup aidé.
- Alors tu dois rompre avec elle.
- Et faire quoi ?
- Tout ce qui te plaira Gale !
- Ce que je veux faire, c'est….
- Gale ! Randy ! L'Autorité palestinienne appelle à la porte de la chambre. La Scène de Diner est mis en place. Nous avons besoin de vous deux.
Nous faisons notre dernière scène ensemble et retournons à nos vestiaires respectifs. Je me change et décide d’aller dans sa loge pour voir s’il veut aller prendre un verre ou peut-être finir cette conversation. Mais comme je m'approche, j'entends la voix de Michelle haut perchée et en colère derrière la porte fermée et je décide juste de rentrer à la maison et le laisser faire ce qu'il doit faire. C’est ma première bonne nuit depuis des mois.
~ 210 ~
Les semaines passent dans un flou. Il me parle encore, ce qui n’est pas le cas pour Michelle qui ne lui adresse plus la parole. Pourtant, il ne fait aucun effort pour venir vers moi pendant nos moments de repos et je suis trop nerveux pour lui tendre la main.
Puis lors d’une pause déjeuner du 210, Gale annonce qu'il organise une nuit de poker chez lui le vendredi. Vendredi arrive et je me présente au environ de 8 h chez Gale ; Scott et Hal sont déjà là. Peter et Sharon arrivent peu après. Vers minuit, Peter est riche, Hal et Scotty sont pauvres, Gale Sharon et moi avons mal à la tête. Nous nous asseyons autour de la TV et regardons Petermann et lentement mais sûrement, ils commencent tous à partir. En premier Hal puis Peter ensuite Scotty et Sharon. À 1h du matin je me lève du canapé.
- Je dois y aller avant que le métro ne soit fermé.
Il hoche la tête et se lève aussi. Comme je marche avec lui pour me rendre à la porte, il tend la main et saisit la mienne. Il y a une table bistrot entre nous. Je m'arrête et lui fait face.
- Aujourd'hui, c'était difficile pour toi hein?
- Quoi? Le tournage ?
Il hoche la tête et me serre un peu la main. Je tourne mon poignet pour pouvoir la saisir.
- Ce n'était pas ma scène préférée. Désolé pour avoir merdé mon texte. Je n'ai pas dit ton nom exprès ... Je veux dire que cela n'avait rien à voir avec ... quelque chose de personnel.
Il hoche la tête.
- Je sais. Tu n’aimes pas la violence. C’était difficile pour toi. Et j'ai un peu trop serré ton cou. Désolé.
- Tout va bien, je murmure.
A part le baiser, j’ai détesté chaque minute de la scène où Justin parle des dangers d'être avec des inconnus, et Brian lui rappelle avec une certaine violence combien il était vulnérable quand il l’a suivi au loft. Je ne suis tout simplement pas, même de loin, animé par la violence. En fait il faut être un peu fou, moi je ne comprends pas cela.
Sur la première prise de la scène, le directeur a dit à Gale qu’il n'était pas assez dur avec moi. Sur le second, il était si rude que je me suis mis à paniquer et au lieu de dire « Brian » dans mes protestations, j'ai dit « Gale » à la coupure. La troisième prise était celle qu'ils ont gardée, mais j'étais encore énervé par tout ça.
- Je n'aime pas le sexe violent non plus, admet-il devant moi. Il commence à se déplacer lentement autour de la table il se retrouve à côté de moi.
La douleur et le plaisir ne se mélangent pas pour moi.
- Je sais, dis-je en souriant un peu, de ma main libre, celle qu'il ne tient pas, j’approche et j’entoure son cou.
- Tu aimes les touchers de papillon. Je laisse mes doigts se promener sur sa nuque et légèrement serpenter dans ses cheveux. Il ferme les yeux et pousse un :
- Hum ....
- Doux et gentil ... Je murmure et je me mets sur la pointe des pieds pour l’embrasser dans le creux de son cou.
C'est fini l'époque de l’hésitation, de la lutte, de la maladresse, tout. Il enroule ses bras autour de ma taille ; baisse la tête et recouvre ma bouche de la sienne. Nous n’allons même pas jusqu’à la chambre. Nous sommes sur le canapé en quelques minutes, haletants. Il accroche ses mains derrière mes genoux, m’embrasse et me veut là, tout de suite.
- Précaution, dis-je dans sa bouche et je pointe mon pantalon sur le sol.
Il y va, fouille dans les poches jusqu'à ce qu'il trouve . Il sourit quand il le déchire le papier pour l’ouvrir.
- Tu as parié sur ce qui se passerait ce soir, Rand ?
- J'ai gardé un préservatif avec moi depuis le premier jour de tournage, j'avoue, espérant que cela se reproduise.
Il laisse échapper un gémissement.
- Tu m’as tellement manqué ! murmure-t-il. Et nous nous aimons follement.
~ 213 ~
À la table de lecture pour 213 je parle à Ron de pimenter la première scène au Woody. Je lui parle de mon idée de poser mes fesses sur le trou de la table de Billard tandis que Gale ... Je veux dire Brian fait un jeu parfait. Plus tard dans la loge de Gale, il me demande d'où m’est venue l’idée, je lui raconte que j’y ai pensé à la fête de fin de saison dernière. Il me sourit et rit.
- Si tu l'avais fait, je t’aurai sauté sur place.
~ 214 ~
Gale est déjà au travail quand je me dirige paresseusement vers le bâtiment. Nous avons la table de lecture du 214 aujourd’hui. Le script a été plus long que d'habitude à écrire et nous n'avons même pas vu un exemplaire encore.
Je souris quand je passe à côté de sa moto sur le parking. Elle était garée devant ma Jetta ce matin, dans mon espace de stationnement. Il a été là tous les soirs de la dernière semaine depuis la soirée de poker. Néanmoins, d'un accord tacite nous arrivons au travail séparément dans nos véhicules respectifs.
Habituellement, il se dirige vers la salle de gym le matin, puis part travailler et moi je vais de mon côté. Ce n'est pas que l'un d'entre nous soit gêné de ce que nous faisons, nous n'avons pas envie tout simplement de répondre à des questions ou faire face à des rumeurs. La raison en est que nous ne saurions pas quoi répondre. Nous n'avons pas défini ce que nous faisons. Nous n’en discutons pas, nous ne nous mettons pas d’étiquette. Une partie de moi s’inquiète à ce sujet, et l’autre me dit que ce n’est pas une simple histoire de sexe. J’enfouis cette dernière partie dans un coin de mon cerveau.
Je marche vers la table de lecture avec un grand sourire sur mon visage, il lève les yeux et me fait un clin d'œil quand personne ne regarde. Mon sourire s’élargit. Tout se passe bien lors de la lecture de l'épisode. Justin recherche un moyen de payer l'école depuis que son père à refuser de financer ses études, alors il devient gogo dancer. Impressionnant. Je suis moins heureux. Michael se dispute avec Debbie et Brian finit en prison avec Brian et Ted. Ça semble être un épisode assez amusant. Lors de la lecture, Ron nous dirige vers la scène finale, les auteurs le font souvent quand il n’y a pas de discussion au cours d'une table de lecture.
- Justin prend le préservatif des mains de Brian et après une hésitation, Brian laisse faire Justin ; Justin prend Brian.
Je reste bouche bée. Je suis sous le choc. Mes yeux lisent et relisent les mots plusieurs fois.
- Quoi? J'entends la voix grinçante de Gale sur la question que nous pensons tous.
Je lève les yeux et vois son visage pâlir face à Ron.
- Justin va prendre Brian dans cet épisode ?
Hal se met à rire à gorge déployée.
- Mais ... Peter a dit que les hommes gay de cet âge inversent rarement les rôles affirme Gale. Sous le choc, sa voix sature.
- Vraiment ? Ron regarde Peter qui hoche la tête.
- J’inverse les rôles tout le temps. Cela dépend de mon humeur, et de Dan.
- d’accord mon pote ! Scott rit
- Je ne vois vraiment pas Brian dans cette position, dis- je en m’adressant à Gale qui me remercie d’un regard.
- Chaque homme gay est passé par là, dit Phil, un autre écrivain qui se trouve également être homosexuel.
- Ouais, mais pour Brian c'est plus un problème de contrôle. Je me redresse. Il n'a jamais laissé beaucoup de contrôle à Justin.
- C'est peut- être la seule fois où il le fera devant la caméra, explique Ron.
Et à ce stade, après que Justin ait admis qu’il a besoin d'aide, Brian se rend compte que son amant se sent émasculé ; alors il fait la seule chose qui puisse lui montrer son amour. Il permet à Justin d’avoir le contrôle sur lui et de l'emmener avec lui.
Il y a un moment de silence, puis, avant que je pense à réfuter ses dires, Gale hoche simplement et se lève.
- Quand tu le dis de cette façon, répond Gale d'un ton neutre, c’est logique.
- Bien. Super ! Nous allons programmer une réunion pour cet après-midi, dit Ron heureux et tout le monde commence à partir.
-Nous prévoyons la première scène demain.
Je me demande si je suis le seul qui peut encore voir la peur dans les yeux de Gale. Après la réunion de l’après-midi, ou c’était inhabituellement calme, je le suis jusqu’à la salle de maquillage où il doit se préparer pour pouvoir filmer la séquence de la prison avec Hal et Scott.
- Si tu ne veux pas le faire, nous pouvons encore trouver un moyen de nous en sortir, lui dis-je. Il hausse les épaules.
- Non ! Ça a réellement du sens.
- Je suppose que d’un certain coté il le ferait, mais je sais que ça ne va pas être facile pour toi.
- Ce n'est pas que ce soit inconfortable pour moi. Répond-il en s'arrêtant devant la porte de maquillage. Brian est follement amoureux de toi. Il ne peut pas le dire et le sexe est la seule manière qu’il a pour le montrer. Tu es blessé en ce moment, donc il va te donner la seule chose qu'il peut faire. Je comprends !
- Tu comprends ? Il hoche la tête et s'empare de moi dans un bref et inattendu câlin.
- Je conçois que Brian ressente ce genre de chose au sujet de Justin parce qu’ il agit comme je le ferais pour toi.
Il m'a embrassé si vite et si doucement que j'ai failli ne pas réaliser que c'est arrivé.
Puis il disparaît dans la caravane de maquillage. Je reçois un texto tard dans la nuit ou il dit que le tournage vient de finir, qu’il est épuisé et rentre chez lui.
J'essaie de le croire, mais je sais au fond de moi que ça n’a rien à voir avec la fatigue mais plus à voir avec la peur et l'anxiété de la scène à tourner demain.
Mon emploi du temps le lendemain débute à 8h du matin. Nous devons faire maquiller nos corps car la scène est la première de la journée. J'arrive à 7h30 le sommeil n'est pas aussi agréable sans lui à mes côtés. Triste mais vrai. Je suis surpris quand je vois sa moto dans le parking. Je pense que je vais laisser tomber mes affaires dans ma loge pour aller voir ce qui se passe. Mais quand je rentre dans ma loge je le trouve la tête dans les mains et le script sur ses genoux. Je laisse tomber ma besace et je ferme la porte à clef.
- Ça va bien ? lui dis-je. Il se redresse. Le script tombe sur le sol, qu’il piétine lorsqu’il traverse l’espace qui nous sépare et me pousse ; je tombe en arrière, je me cogne à la porte quand il envahit ma bouche et que ses mains sont pressées.
- Gale !...
- Il faut le faire, dit-il d’une voix sifflante en me maintenant, il commence à m’embrasser partout.
Ses mains gracieuses trouvent maladroitement le chemin de mes sous-vêtements.
- Ah !, ai-je marmonné quand il commence à me caresser.
Il m’attire près de la petite table que j'ai installée dans un coin de la pièce. Il saisit mon visage, ses mains s’emmêlent dans mes cheveux.
- Gale ?
- Fais-le, Randy.
- Gale ... qu'est-ce que tu….
Il pose son front sur le plateau de la table et remonte une main qu’il referme sur ma cuisse.
- Randy s'il te plaît. S'il te plaît, je veux que tu le fasses.
Je me penche et embrasse son dos doucement.
- Je ne peux pas, je murmure ... Je veux que ce soit bien pour toi. Vraiment bien et ça ne le sera pas si …
- Arrête!
Il se redresse et se tourne vers moi. Il semble frustré car il me tire dans ses bras.
- Randy, J'ai besoin de savoir ce que ça fait.
- Pour la scène ? Je secoue la tête. Je peux te le dire mais tu n’as pas à le faire ! Pas comme ça.
Il m'embrasse durement et longuement et ses mains se glissent très bas.
- Je veux ceci. Je le veux maintenant. Fais- le s’'il te plaît, fais le.
Je gémis. Sa main me rend fou.
- Randy, je veux te sentir. Je veux savoir ce que ça fait.
J'embrasse sa poitrine et je commence à le préparer. Il retient son souffle durement.
- On se sent un peu comme ça. Il pousse sur ma main.
S'il a peur, je m'arrête. Ce sera la chose la plus difficile que je n’ai jamais faite et ça pourrait me faire défaillir, mais je me promets qu’à tout moment si quelque chose ne va pas, ou qu’il change d'avis, je m’arrête. Je commence. Il grogne et je sens son corps est complètement tendu. J’espère que ce soit doux pour lui.
- Randy, fais-le.
Il place une main sur ma cuisse et me tire vers lui. Je ferme les yeux.
Il jure, mais cambre son dos un peu et je sens les muscles de ses jambes se relâcher. Oh mon Dieu, je suis …
Plus tard, il tombe à genoux à mes côtés. Il me tire vers lui et je me blottis contre sa poitrine, il tourne sa tête pour se nicher dans le creux de mon cou. Je lui caresse le dos, rassurant.
- Je vais bien, murmure t-il avant que je ne le demande, car il sait que j'allais demander.
On frappe à la porte. Il sursaute et s’éloigne loin de moi. Je lève un doigt sur mes lèvres pour m'assurer qu'il ne parle pas.
- Randy ? dit la voix de Pam. Elle est l'une de mes protégées.
-Ouais ?
- On t’attend au maquillage. Elle reprend : Tu n’aurais pas vu Gale ?
- Je pense qu'il doit être dans sa loge, non ?
- Non, je n’arrive pas à le trouver !
- Il est peut être parti fumer à l'extérieur, va voir la bas, je réponds avec désinvolture.
- C'est vrai. Ok merci.
Après une deuxième tentative, nous commençons à nous rhabiller. La main sur la poignée de la porte, il m'arrête et s’empare de ma bouche une dernière fois.
- Rand .... Je, il ferme les yeux et soupirs et je retiens ma respiration pendant une seconde. Merci.
Je commence à respirer à nouveau, sors de ma loge et me dirige au maquillage. Ils ont déjà fini mon visage et commencé ma poitrine quand Gale arrive. Nos regards se croisent dans le miroir face à moi et il me sourit. Stephen, notre artiste maquilleur invite Gale à le rejoindre.
- Sans la chemise, commande-t-il. Nous allons commencer par votre torse.
Gale hoche la tête et passe sa chemise par-dessus la tête. J'essaie de l’ignorer pour éviter que je ne devienne sensible, ce qui est souvent le cas.
- Tourne toi, demande-t-il et Gale lui tourne le dos. Il laisse échapper un sifflement.
- A quand remonte cette morsure ? Gale regarde par-dessus son épaule.
- Quoi?
- Tu as une marque de morsure toute rouge sur ton épaule. Stephen sourit. Et c’est récent.
Je ne peux pas me retenir de rire et je dois faire semblant d’éternuer en baissant la tête afin que personne ne voit mes joues rouges. Du coin de l'œil, je vois ses yeux se poser rapidement sur moi.
- Ma vie sexuelle t’amuse, Rand ? J'étouffe le reste de mon rire, mais les deux maquilleurs rigolent.
- Non, je pense que tu es un garçon chanceux.
- Je le suis, dit-il, et nos yeux se fixent pour une seconde.
- Elle est une fille chanceuse !
Kate, l'assistante maquilleuse qui travaille sur moi me dit ça avec un sourire. Elle a le béguin pour Gale. Nous le savons tous. Gale évite d’en discuter, refuse de le reconnaître cependant.
- Je suis le chanceux, dit Gale avec un petit sourire puis ajoute. Elle est fabuleuse. Je ressens un grand coup de poignard dans ma poitrine quand il dit le mot « Elle ».
~ 219 ~
C'est mercredi. Nous sommes tous les deux chez Gale. Je n'ai pas eu de scène à tourner lundi et mardi. Il a neigé presque non-stop depuis 2 jours ce qui fait que nous les avons passés ensemble enfermés dans son appartement. Nous avons regardé des films au lit, commandé à manger et profité de nous, de toutes les manières. Les choses changent. Je peux le sentir. Il me donne ces longs regards maintenant, quand il pense que je ne vais pas y prêter attention. Il me sourit avec ce sourire que personne d'autre sur la planète n’obtient de lui, sauf moi.
Il ne s'endort pas tant que je ne suis pas tout contre lui, empêtré dans ses jambes ou mon dos appuyé solidement contre sa poitrine et son ventre. Et parfois, lorsqu’il me croit endormi, il dirige ses doigts dans mes cheveux et appuie ses lèvres sur mon cou et les y laisse. Et chaque fois que je vois un de ses gestes, je tombe de plus en plus amoureux de lui. Je n'ai jamais été aussi amoureux de quelqu'un dans ma vie. Je ne savais même pas que c'était possible. Parfois je souhaite pouvoir le chanter sur les toits, ou même me confier à une seule personne. Le réveil sonne près de Gale et il se retourne aussitôt en m’enveloppant de ses bras .
- Tu vas à la gym ?
- Fait ch*** la salle de gym, marmonne t- il. La saison est presque finie. Je peux prendre du poids. Je ris légèrement.
- Tu ne vas manger que des cheeseburgers pendant ton hiatus ?
- Bien sûr. Il s'arrête. En fait, je tourne un film pendant mon hiatus.
J'essaie de ne pas laisser mon corps se crisper.
- Tu as le rôle de Guy TOC chez l’indie ? Le film, j'ai lu le script ...
- Mmm humm, m’explique Gale en m’embrassant dans le cou.
- J'ai vraiment aimé le script. Donc, tu as réussi ?
- Ouais.
Je ne veux pas lui poser plus de question, ça pourrait me faire paraître possessif ou nécessiteux. Donc, je ne vais pas lui demander si le rôle lui plaît ou si le film est en tournage ou s'il veut me voir pendant les vacances ou demander à quoi ça rime ce que nous faisons , est-ce uniquement du sexe que nous allons continuer de faire ?
- Le tournage est à New York, explique- t-il. Alors, c'est parfait car tu y seras.
Les papillons se dispersent dans mon ventre et je souris.
- tu as déjà trouvé un endroit où rester en ville?
- Pas encore. Je pensais dans l'East Village. Près de chez toi.
- Tu veux rester avec moi ?
- Ouais. Dit-il.
Je me retourne pour lui faire face et je souris. Il sourit à son tour les yeux ensommeillés ; son visage est absolument magnifique.
-Tu veux l’annoncer ce matin ? me demande- t-il et je souris encore plus. C'est une première.
- Je le ferai, mais j'ai une entrevue ce matin, lui dis- je et j’ai envie d’étrangler mon publiciste tout à coup. Avec un certain gars de New York, je dois prendre un café avec lui d’ici 40 minutes.
- D'accord, Gale m'embrasse légèrement et se redresse. Je dois aller à la gym de toute façon.
- C’est ça, va me muscler ce gros cul !
Après que je sois revenu dans le groupe quelques minutes plus tard, je me précipite au maquillage, je cours à mon dressing pour changer de vêtements et mettre ceux de Justin. Je dois être prêt en moins de 5 minutes pour filmer la scène du loft sur la fin de soirée au bowling où Brian me dit que je pue.
J'essaie d'ignorer combien je suis mal à l'aise avec la progression de l'histoire. Je n'ai pas aimé le petit marché convenu entre Brian et Justin parce que je pensais que Justin allait paraître faible en acceptant simplement ce qu'il pouvait obtenir de Brian sans exiger la fidélité.
Mais maintenant ... maintenant j'ai des problèmes avec le fait que Justin est devenu un menteur et un tricheur. Je veux dire, même adolescent, on aurait pu penser qu'il aurait le courage de le mettre au pied du mur, et je me suis inquiété parce je pensais qu'il ne l’'aimait pas ; les gens pouvaient penser qu'il était juste resté avec Brian pour son argent et ses études. Je veux dire c’est ce que je pensais alors pourquoi serions- nous admiratifs? On frappe un coup léger à ma porte et je souris. C'est lui.
- Entre ! Il se glisse à l'intérieur et referme la porte, se penchant en avant et embrasse mes lèvres.
- Comment s'est passé l'entretien ?
- Pas de problème. Le gars était en fait assez intelligent. Il ne m’a pas demandé une seule fois ce que c'est que d'embrasser un mec hétéro ou si je pense que la série est révolutionnaire.
- Cool. Peut-être que je vais avoir de la chance et qu’il va m'interviewer ! déclare Gale en ramassant la veste rouge de Justin et le tenant contre moi pour que je me glisse dedans.
- Si un journaliste me demande ce que ça fait que d'embrasser un gars, je pense que je pourrais simplement le prendre et lui montrer.
- Celui-ci est gay donc il sait déjà…
Avant que je ne puisse dire un mot, la sonnerie de mon téléphone résonne. Je le prends sur la table.
- Quand on parle du diable…
Je prends le téléphone et dis bonjour à Simon le journaliste avec qui j'ai déjeuné un peu plus tôt.
- Randy, je voulais juste vous remercier à nouveau de m’avoir rencontré. Dit-il.
- Pas de problème, Simon. J'ai passé un bon moment.
- Je voulais aussi vous demander si ça ne vous dérange pas que je prenne contact avec vos collègues pour quelques phrases.
- Non pas de problème ! Il a la gentillesse de le demander, ce qui n’est pas le cas d’habitude.
- Je sais que les entrevues sont un peu envahissantes, donc je voulais vous inclure dans mon travail m’informe Simon et je l’apprécie d’avantage. C'est un gars dans le fond, très honnête.
- Je ne veux pas communiquer avec l'un d’entre eux si vous n’êtes pas à l'aise en interview avec moi
- Vous pouvez prendre contact avec l'un d'eux. Je propose. Nous sommes un groupe ou nous nous respectons et sommes très soudés.
Il me remercie encore et je raccroche. Gale me regarde curieusement du pas de la porte de la loge maintenant ouverte.
- Tu appelles le journaliste par son prénom ? Je hausse les épaules et jette mon téléphone sur la table.
- Ouais. C’est un bon gars.
- Un bon mec gay, corrige Gale et je le regarde.
- Et alors ?
- Alors, c'est bizarre, me dit-il, d’un ton trop haché pour être décontractée. Je ne pourrais pas te dire le nom du dernier gars qui m'a interviewé et je ne lui ai pas donné mon numéro de téléphone.
Je souris alors que nous marchons dans le couloir et il me fusille du regard. J’y crois pas, j’attrape sa main par deux fois.
- Gale ... T’es sérieux. Tu ne peux pas être jaloux. Es-tu jaloux?
Nous sommes très près du groupe et du loft maintenant et les membres de l’équipe commencent à s’animer. Gale ne répond pas et se dirige vers sa place de l'autre côté du loft sans un mot. Je suis moi-même près de la directrice. Elle voit que nous sommes arrivés et tape dans ses mains.
- Ok! Gale ! Randy ! Rappelez-vous de ce dont nous avons parlé. Tu l'embrasses comme si tu détestes le fait de l'aimer. Vu Gale ?
- Ouais, j’ai compris.
Gale démarre et je sens un petit frisson dans mon estomac qui ressemble à une intoxication alimentaire, mais qui ne l'est pas.
Les caméras commencent à tourner. Nous traversons le dialogue sans accroc et puis il me saisit en tirant sur mes vêtements pour m’embrasser si fort et longtemps, que je ne peux pas l’embrasser et respirer. C'est Gale. C'est 100% Gale qui embrasse Randy et je l’embrasse , oubliant Justin. En fait, je ne sais pas si Justin et Brian n’ont jamais été sur le plateau. Quand nous arrivons sur le sol, je ne peux pas me retenir. Tout ce que je veux, c'est lui ; Il me pousse sur le dos, puis commence à s’attaquer à mon pantalon ce qui n'est pas prévu dans le script, mais le directeur ne dit pas « coupez » et Gale enfonce sa main dans mon pantalon, puis il s'attaque à ma bouche. Je le sens qui se fige et je renifle, son rejet me coupe le souffle parce que nous n'agissons pas en tant que Brian et Justin, c'est Gale qui me rejette.
- Coupez ! Le réalisateur crie. Excellent ! Donnez-moi une seconde pour voir ce que nous avons.
Gale retourne se placer sur sa marque dans la chambre. Je me lève et j'ajuste mon pantalon, je prends ma chemise et la maintient aussi simplement que possible devant mon entrejambe et tempête près de lui.
- Qu’est-ce que tu as fait ? Je demande.
- Quoi ? qu'est-ce que tu racontes?
- La main dans le pantalon. Ce n'était pas dans le script ! Je ne portais pas une protection, je te rappelle ! Tu as attrapé devant tout le monde ! Devant la caméra !
- Ouais, et si nous devons recommencer, je le ferai à nouveau, déclare t-il, ce qui me met en colère.
- Attention Gale, quelqu'un pourrait penser que tu aimes ça !
A la minute où je le dis, je le regrette. Ses yeux noisette se rétrécissent et il me grogne littéralement un « Vas te faire voir ».
- Bon les gars ! Nous allons tourner un peu plus et cette fois, Gale, prolonge le regard avant de l’embrasser d'accord ? Crie le réalisateur. Gale, tu pourrais peut-être toucher un peu son visage ou quelque chose comme ça.
- Vas-y ! Me crie Gale en me poussant vers ma marque.
Nous avons dû refaire la prise une seule fois seulement pour apaiser le réalisateur et dès que nous avons terminé, il quitte la scène et moi. Il a fini pour la journée, mais je dois filmer 2 autres scènes avec Fabrizio. Je rampe hors de ma peau au cours de chaque prise, ça n’en finit pas.
J’ai enfin terminé ma journée à 20 heures, soit 3 heures après Gale qui est rentré chez lui. Je vais directement chez lui, mais il ne répond pas à la porte et ne répond pas à son téléphone. J'attends dans ma voiture dans la rue comme un harceleur pendant presque une heure, mais je me trouve pathétique et je rentre à la maison. J'essaie son téléphone jusqu'à presque minuit et pas de chance j’ai droit à la messagerie vocale. Le lendemain matin, quand je sors de la douche il y a un message de lui sur mon portable.
- Hey. C'est moi. Ecoute ... Je m'envole pour New York. Jennifer a besoin de moi là-bas pour quelques conneries de pré-production. Tu sais comment elle est, il tousse inconfortablement. Je te verrais la semaine prochaine au travail.
Je suis furieux. Je ne sais pas comment il peut simplement laisser les choses comme ça. Et comment a-t-il pu partir alors qu’on doit filmer une scène ? Nous avons encore deux jours de tournage sur cet épisode ! Comment Dan et Ron ont accepté de le laisser partir ? C'est quoi ça ! Mon téléphone sonne à nouveau et c'est Simon Dumenco, le journaliste de l'autre jour.
- Salut Simon
- Bonjour Randy ! Je me demandais si vous auriez le temps de revoir une ou deux petites choses. Je veux m'assurer que je ne vous trahis pas.
- Je tourne aujourd'hui. Je suis censé être sur le plateau jusqu'à 16 heures. Désolé. Je suis laconique mais m'efforce de rester poli.
Ce n'est pas la faute de ce journaliste si mon amant actuel est un tricheur émotionnel. Il y a une ou deux secondes de silence, puis Simon dit:
- Pourriez-vous me rencontrer brièvement après cela? Disons vers 17 heures, Sushi Queen ? Je vous offre le dîner. Il sera indolore. Je vous le promets.
J'ai une envie irrésistible de dire non, mais si je le fais, il va demander un autre moment et ce sera difficile de refuser. Que vais-je faire d’autre? Rester à la maison et ruminer en pensant à Gale. Etre avec Gale.
- Bien sûr Simon. C’est possible.
On convient d’un rendez-vous. Il est déjà à la table quand j'arrive et me fait un grand sourire en m’accueillant. Il n'a vraiment pas cet air effrayant borderline envahissant que je perçois chez beaucoup de journalistes. Je souris intérieurement essayant de ne pas penser à Gale et m’assois. Nous commandons des Sashimi. Il s'avère que nous aimons les mêmes choses et faisons du chi-cha c’est de la soupe de miso. Nous avons beaucoup en commun, y compris la musique, les livres et les films. Il est même resté à Toronto un jour de plus car il avait des tickets pour un concert qui a lieu demain soir. Il est drôle aussi. Il sort une blague ou deux qui m'ont fait rire à gorge déployée.
Nous buvons du thé et le repas se termine avant de nous rappeler la raison pour laquelle nous sommes ici.
- Alors j'ai parlé avec Ron Cowan au téléphone. C'est un très grand fan de vous, me dit-il, je hoche la tête et sourit joyeusement.
-Il n'a dit que des choses positives à votre sujet, que vous êtes un bon acteur et une bonne personne.
- Nous avons de grands producteurs. Je réponds avec un sourire.
- Puis hier soir, j'ai rencontré Gale Harold, dit-il et je me hérisse. Il le remarque.
- Il était très favorable à votre encontre aussi. Je dirais ... Le mot le plus approprié serait protecteur.
- Que voulez-vous dire ? J'essaie de garder ma voix douce et de rester calme mais je suis complètement sur le qui-vive.
- Il est un peu ... intense, explique Simon. Il dit que vous êtes un partenaire incroyable, il vous apprécie énormément. Mais je pense qu'il était inquiet quand j’ai dit que j'allais écrire quelque chose sur vous de sensationnel. Il était un peu laconique.
- Gale est inquiet au sujet des personnes qui ne prennent pas la série au sérieux à cause de toutes les scènes osées, je lui réponds.
J’ai un besoin irrésistible et incontrôlable de m'assurer que Gale n'est pas détesté. Même si je le déteste un peu en ce moment. Il ne veut qu'aucun d'entre nous en tant qu'acteur ne soit négligé parce que nous nous investissons dans ... beaucoup de choses.
- Oui, je comprends tout à fait. Simon accepte et griffonne quelque chose sur le papier.
- Je n’ai pas pu m'empêcher de lui poser des questions sur tout ce côté hot. Je hoche la tête.
- C'est l'homme le plus droit et le plus confiant, je pense, que j'ai rencontré, déplore Simon. Il n'a jamais fait la moindre allusion sur le fait qu’il soit difficile d'être avec un autre homme.
- Gale n'est pas quelqu’un de difficile. Je laisse échapper, puis rapidement pour revenir en arrière. C'est un grand acteur.
- Je sais, mais c’est à vous qu’il attribue cette facilité.
Simon rit, ne remarquant pas mon malaise, heureusement. Il a même dit que bien que la plupart des choses osées sont des astuces de montage, vous toucher et vous embrasser ne l’a jamais dérouté. Il dit que vous embrassez très bien.
- Il a dit ça? Je le regarde rire alors que mon visage passe à la couleur d'une voiture de pompiers.
- Ouais. Très beau compliment d'un gars hétéro ! J'essaie de ne pas me crisper à nouveau. Au lieu de cela je hausse les épaules.
- Gale ne parle pas beaucoup de sa sexualité.
- Vraiment? Simon semble confus. Il m'a dit tout de suite qu'il était hétéro. Bien que je l'aie deviné quand il s'est présenté avec l'actrice brune de la série.
- Oh. Je suppose qu'il n'est pas .... inquiet à ce sujet .
Je bégaie sur mes mots et essaye de me concentrer sur le reste de la conversation. Lorsque qu’une demi-heure plus tard, je vois enfin la fin de l’entretien avec Simon, je me précipite dans le restaurant qui est situé du coté de la rue Queen. Je repense aux paroles de Simon lors du dîner. Il avait tort, l’entrevue était tout sauf indolore. Mon portable sonne alors que j’en suis à mon 3ème verre de Merlot. Je vois le numéro de Gale sur l'écran d'appel et jette le téléphone à travers la pièce. Le lendemain, Simon appelle une fois de plus et me demande si je veux la place supplémentaire dans la section presse du concert White Strippes. J’accepte. Après le concert, je laisse Simon me raccompagner chez moi. Et je le laisse me dire que je suis beau, je le laisse rire de mes blagues et je le laisse m’embrasser complètement. J'aimerais que ce soit Gale tout le temps.
Lundi matin avant la table de lecture pour le 220, je trouve Gale dans ma loge, il tient une petite carte blanche dans ses mains, il est debout à côté d'un bouquet de lys. Ses yeux sont humides et avant que je ne puisse lui dire bonjour, il passe devant moi et franchit la porte, laissant tomber la carte à mes pieds. Je la ramasse.
« Randy, Nous avons passé un très bon moment. Votre partenaire disait vrai. Vous embrassez fabuleusement. Appelez-moi. Simon »
220 ~
- Il m'aime.
- Ton journaliste aux yeux rêveurs ?
- Coupez !
- Tu te fous de ma gueule ? Dit-il d’une voix sifflante.
- Gale, l’étudiant ! L'informe David Wellington, le directeur.
- Je sais, c’est ma faute. Pouvons-nous recommencer ?
Nous revenons à nos marques.
- Il m'aime.
- Ton étudiant aux yeux rêveurs ?
- D’une manière que tu ne peux pas me donner.
- P*** ! j’aimerais…
- Coupez ! David contient à peine sa frustration.
C'est la dernière scène, le dernier jour du tournage de la saison 2 et Gale se comporte comme un enfoiré chaque fois qu'il le peut.
- Brenda, donnez à Gale une copie du script. Prenons quelques exemples. Randy répète le texte avec lui s'il te plaît ? Merci !
Brenda s'approche et il prend le script. On se regarde. Je me retourne et marche vers la chambre à coucher du loft. Il me suit. Je me tourne vers lui dans un lieu à peine privé.
- Il m'aime.
- Je connais mon texte, Randy.
- David veut que nous répétions ensemble, lui dis-je en restant indifférent.
- Il m'aime.
- Pourquoi tu ne me dis pas si tu l'as fait avec lui ? Et peut-être que je me souviendrai de mes lignes !
- Il m’aime.
- Ecoute, je suis désolé d’avoir été un peu salaud sur l’autre scène. Je le suis vraiment …. dit-il doucement, et je peux dire qu'il est vraiment sincère. Mais est-ce parce que c’est un gay typique qu’il essaie de coucher avec toi ?
- Je n'ai pas couché avec lui Gale ! Je le jure devant Dieu. Il m'a demandé de le rencontrer ce que j'ai fait, c’est tout. Me dit-il, et mon esprit clignote en pensant à lui avec Michelle accrochée à son bras pour parler avec Simon.
- Je lui ai dit à quel point tu étais….
- Tu lui as dit combien tu étais hétéro, je réponds sans ambages. Il me regarde.
- Je ne vais pas aller raconter à « ce sac à merde » avec qui je couche dans un magazine, alors que je n’ai même pas parlé de toi à mes amis ou à ma famille.
- Pourquoi ne pas commencer par parler de ta petite amie. Je crache méchamment.
- Quoi?
- tu sais la fille qui t’accompagnait à ton entrevue avec Simon. Ta petite amie !
- Michelle ? C’est juste une blague !
- Il m'aime.
Je reviens aux lignes de manière obstinée et infantile. Il me regarde.
- Randy ....
- Il m'aime.
Gale lance le script dans la petite pièce. Sous la puissance du geste, le script fait un sifflement dans l’air avant de se claquer avec force contre le mur au-dessus du lit, les feuilles se détachent, volent et s’éparpillent un peu partout. Il se tient au-dessus de moi et pointe un doigt accusateur sur ma poitrine.
- Tu sais qui tu aimes, Justin ?
Il crie devant le groupe. David, Brenda et tout un tas de membre de l’équipe me dévisagent, dans la confusion ; mes yeux sont noyés de larmes.
Il revient quelques minutes plus tard et nous parvenons tous les deux à nous ressaisir. Nous recommençons la scène, même si chaque seconde, je sens que je pourrais éclater en sanglots. Quand le directeur dit « couper » et annonce que la saison deux est dans la boite, je me dépêche de quitter l'ensemble de l’équipe.
Mon téléphone sonne 10 minutes plus tard et je suis assis en larmes dans ma loge.
- Je ne sors pas avec Michelle, dit-il sans un bonjour. Elle était là parce que j’avais besoin d'une amie. Et plus tard cette nuit-là, je lui ai dit exactement pourquoi j’avais besoin d'une amie.
- Tu lui as dit ? Pour nous ?
- Quand je pensais qu'il y avait un nous, me répond Gale. Mais maintenant il est clair qu’il n’y a pas de nous !
- Je... Je croyais que tu étais retourné avec elle, ai-je marmonné faiblement. Je n'aurais jamais ...
- Oui, mais tu l’as fait, ou pas ? La voix de Gale est étouffée est triste et ça me brise le cœur.
- Ce n'était rien.
- Je vais rester chez un ami sur l'Upper West Side. Me dit-il et il renifle. Je pars ce soir, je saute la partie de la mise en boite. Bye Randy.
Le téléphone est muet avant que je ne puisse ouvrir la bouche et lui dire que je l'aime.
HIATUS
De la saison 2
POV Gale
Je m'amuse. Vraiment ... sur le plan créatif et professionnel. Particles of Truth est un très bon scénario et le scénariste, le réalisateur, et ma partenaire, Jen, sont des personnes vraiment formidables. New York est beau en ce printemps, sec et chaud et accueillant. Je pourrais faire des choses bien pires pendant mon hiatus. Bien sûr, je pourrais aussi faire des choses meilleures. Je pourrais être avec Randy. Je soupire et la femme du maquillage qui s’occupe de moi sourit.
-Tu as l'air fatigué, Gale. Tu vas bien ? Je hoche la tête et je souris un peu.
- Ouais. Je n’ai pas bien dormi. Mais je vais bien.
Elle continue à travailler sur mon visage, surtout en se concentrant sur les yeux et les cernes en dessous. Jennifer est debout près de notre table de cantine qui contient des céréales et du lait (puisque c'est avant midi) café, thé et quelques fruits et bagels et du beurre d'arachide. Elle me sourit vaguement et quand elle a fini de parler à un caméraman, elle se dirige vers moi et me tend un thé qu'elle a fait.
- Earl grey, lait, sans sucre. Dit-elle et je le prends avec reconnaissance.
- Merci. J'en ai besoin.
- Tu as des ennuis ? demande t-elle. Je sais que nous sommes sur cette chronologie stupide, mais si tu as besoin de passer un coup de fil, nous pouvons la travailler plus tard ou demain.
Je secoue la tête et m’approche pour lui serrer la main. Elle est vraiment une poupée. Je lui dis qu'elle est la sœur que je n'ai jamais eue. Sérieusement, elle m’impressionne.
- Non, c'est très bien. Je ne peux pas dormir ; si je devais le faire, il me faudrait une journée entière. Ne t’inquiète pas à ce sujet.
Jennifer hoche la tête, puis elle me demande subitement.
- Quel est son nom ?
Je ris. Il s'agit plutôt d’une grande expiration qu'un rire réel, mais le sentiment est le même.
- Tu ne me croirais pas si je te le disais.
Son petit sourcil se lève à mes propos. La femme du maquillage termine ce qu'elle fait et me conseille:
- Reste en dehors de la lumière directe du soleil ou tu vas littéralement fondre.
Je hoche la tête et me lève, je me dirige vers l'auvent du bâtiment de l'autre côté de la rue où l'équipe met en place la voiture pour la scène suivante. Jennifer me suit.
- Appelle-la !
- Non. Je secoue la tête. C'est mieux que je ne le fasse pas. Ce n'est pas sensé.
- Si tu veux que ça le soit, ça le sera.
- Tu es une femme, je la pousse du coude. Toute romantique et pleine d'espoir.
Elle touche mon bras.
- Regarde ce que nous sommes Gale. dit-elle. Nous ne serions rien sans espoir. C'est tout ce nous sommes.
Je sirote le thé et réfléchis pendant une longue seconde. Je pense à Randy. Je pense à son sourire, à son corps nu et à ses lèvres. Cette façon passionnée qu’il a pour expliquer ses opinions ou ses sentiments ou autre chose. Je m'ennuie du son de sa voix. Je m'ennuie de la béatitude pacifique qui englobe tout sa personne, je voudrais juste être dans la même pièce que lui.
- Morrison et Lili sont les personnes les plus brisées que le monde ait jamais produites, me rappelle Jen. Et ils le savent. Et ils osent encore imaginer qu'ils puissent être aimés eux aussi. Qu'ils ont le droit d'être heureux aussi.
Elle attire mon attention et elle sourit doucement.
- S’ils arrivent à être heureux, tu arriveras à l’être aussi , Gale.
- Jésus, que fais-tu ? Dr. Phil ?
Elle se moque de moi. Je sors mon portable de ma poche arrière et feuillette mes contacts jusqu'à ce que je plane sur le nom de Randy Je dois composer. Je tiens à le composer. Je vais le composer.
Splash. Un mélange de blanc et de gris se glissent sur le côté de mon visage, le long de ma mâchoire et gouttent sur ma chemise. Je laisse tomber le thé et jure à pleins poumons. Jennifer, la maquilleuse et l'équipe se retournent pour me regarder. Tout le monde éclate de rire. J'éclate de rire. Que puis-je faire d’autre? Soit je ris soit je prends ça comme un signe de Dieu que je ne dois en aucun cas communiquer avec Randy Harrison. Donc oui je ris, parce que l'autre option ne va pas se produire.
- Comment réussis-tu à avoir une merde de pigeon sur toi 5 minutes avant le tournage ? Rit Jennifer.
- Juste la chance, je pense. Je marmonne et essaye de ne pas vomir.
- En fait, c’est sensé être un signe de chance.
La maquilleuse jubile et dit.
- Tu devrais peut-être acheter un billet de loterie, Gale.
- Ouais et puis investir dans ce film afin que nous puissions avoir un meilleur de local, comme peut-être une tente pour conjurer les pigeons.
Jennifer rit et je souris. Deux jours et douze heures plus tard, je ne l'ai toujours pas appelé. Et maintenant, je suis certainement trop ivre pour composer. Jennifer, son mari Lewis et moi sommes à un pub irlandais à discuter sur la façon de boire trop de bière de l'East Village. Lewis et Jen sont ridicules dans l'amour. Et ils sont tellement à l'écoute l’un de l’autre que c'est presque comme s'ils étaient la même personne, parfois. C'est à la fois attirant et doux-amer de les voir ensemble. Je sais qu’avec Randy, j'aurais pu avoir cela.
C’est peut-être un peu ce que nous avons fait. Je veux dire que je me sentais comme s'il était une partie de moi. Je soupire mais tourne la tête pour ne pas attirer l'attention sur mon changement d’humeur. Randy. Je suis tombé
amoureux d’un mec. Vraiment. Ce n'est pas la partie sexuelle qui a été le plus difficile à admettre pour moi. Je suppose que Brian Kinney m’a aidé en cela. C’est toute la peur ou la bizarrerie que je pourrais ressentir à embrasser un homme, et voir le visage de tous ces gars hétéros qui penseraient que je suis bizarre et auraient peur de moi, ou rejeté. Mais cela ne m’a pas découragé. C'était Randy. Je voulais Randy. Je n'avais jamais pensé à un gars avant que je ne rencontre Randy. Et je n’y pense pas plus maintenant. J’ai eu des propositions, j'étais Brian Kinney après tout. Il y avait forcément un retour de bâton de la communauté gay au sujet de mon personnage, je ne pouvais pas m'empêcher de remarquer que même les gens qui ont condamné Brian, au moment où je les ai rencontrés, voulaient me baiser. Brian est ce mec que vous détestez « parce que vous ne disposez pas d'un coup avec lui, non pas parce que vous ne voulez pas d’un coup avec lui ».
Jen et Lewis m’annoncent qu'ils doivent partir. Elle doit être sur le plateau à 7 heures demain matin Il me prend dans ses bras et elle aussi.
-N’attire pas la merde sur le chemin de la maison ! me prévient-elle en riant.
Je ris vaguement quand ils s’en vont, ensuite je me rassois et regarde les restes de ma pinte de Guinness. Je laisse tomber de l’argent sur la table, je prends mon chandail gris tirant sur le dessus de ma chemise de T blanc. Je fourre mes mains dans les poches de mon pantalon gris vintage et me dirige droit vers la porte. J’y suis presque quand une jolie blonde se retrouve sur mon chemin.
- Salut ! Elle parle un peu trop fort et un peu trop vite. Humm êtes-vous .... C’est vous qui jouez dans Queer as Folk ?
Je déteste répondre à cela. Je ne sais pas pourquoi. Ce n'est pas que je n'aime pas être dans la série. Je me sens comme ... un peu confus quand je dois dire oui. Oui, je suis un acteur qui joue dans une série télévisée. Le dire comme ça me convient mieux. Donc, je ne lui réponds pas et me contente de hocher la tête. Elle a un sourire encore plus lumineux et pose une main sur mon épaule. J'essaie de ne pas grincer des dents quand elle me touche. Ce n'est pas sa faute si je me sens mal à l'aise.
- Vous êtes la meilleure chose dans cette série, à la télé ! Elle se corrige avec enthousiasme. Vous êtes la seule raison pour laquelle je la regarde.
- Merci, je marmonne et hoche la tête avec un petit sourire.
Je suis désolé, je dois y aller. Je suis en retard.
- Oh mais avez-vous le temps d'une photo ? Laissez-moi aller chercher mon amie. Elle a l’appareil et elle aimerait bien vous rencontrer aussi !
Je secoue la tête, puis lui retire la main de mon épaule en lui donnant un peu de pression.
- Je ne peux pas ... Je suis désolé mais je vous remercie encore une fois.
Elle a l'air déçue, mais pas dévastée. Et je m'échappe du bar. Je déteste faire des photos de moi prises par de parfaits inconnus. C'est comme une peur phobique totale. Ca me ferait presque avoir une attaque de panique. Maintenant, j’ai une phobie que je n'aurais jamais soupçonné avoir si j'étais resté à travailler comme mécanicien moto ou autre chose.
Je suis à mi-chemin en bas du bloc quand j'entends crier mon nom et je me tourne et il y a un flash. C'est la blonde et son amie tout aussi blonde. Elles rient et je me retourne brusquement et commence à marcher aussi vite que possible mais sans les fuir. Quand je me m’aperçois qu'elles ne me suivent pas, je ralentis, errant vers l’est et je prends la première à gauche en sachant exactement où je vais et ce n'est pas le métro. Je sors mon paquet de cigarettes de ma poche et en allume une. Il est presque 1 h du matin. Je suis un idiot pour faire cela. Je n'ai pas l'intention d'appeler ou d’aller sonner le soir comme quand j’allais à son appartement, donc je ne sais pas pourquoi je ne m'en vais pas. Je suis là. Et puis, 15 minutes et 2 cigarettes plus tard, je me retrouve assis sur les marches en bas de son immeuble de l'East Village.
Je lève ma tête en arrière et regarde vers le bâtiment, à l’envers. Il y a peu de lumières provenant des fenêtres et je me demande s’il est dans son bain. Est- ce qu'il dort là-haut et plus important encore, est-il seul ? Je sors les cigarettes de ma poche ; cette fois elles s’échappent de mes doigts maladroits et tombe sur le béton. Comme je me penche en avant pour les ramasser, j’'entends des pas.
- Gale Harold ?
C'est une voix que je ne reconnais pas.
- Gale ?
C'est une voix que je connais trop bien.
Je lève les yeux, je regarde vers l'est jusqu'à la rue en face de l'immeuble voisin, et là se tiennent immobiles, le journaliste et Randy. Je ne peux pas empêcher mes yeux d’aller de l’un à l’autre. Je ne peux pas empêcher mon estomac de se retourner me rendant nauséeux. Je me lève et commence à marcher dans la direction opposée.
- Gale, attend !
Randy m’appelle et j'entends ses pieds frappant le trottoir rapidement. Il attrape mon bras, saisissant le tissu avec ses doigts qui s’enroulent dedans et je ne peux pas bouger sans prendre le risque de foutre en l’air le chandail. Je me retourne et jette un regard sur lui et sur le journaliste qui se tient toujours au même endroit.
- Simon, donne-moi une minute. Dit Randy calmement. Je te retrouverai là-bas plus tard.
Simon hésite mais hoche la tête et se dirige silencieusement vers les marches et ouvre la porte avec sa clé.
Il dispose d'une clé. Une autre vague de nausée me traverse et je pose ma main sur mon ventre. Simon est parti et maintenant Randy se tourne vers moi, toujours accroché à mon chandail.
- Est-ce que ça va ? Tu n'as pas l'air bien.
- Laissez-moi m’en aller, je murmure. Je ne veux pas te parler. Les yeux bleus ciel de Randy brillent un peu mais il ne lâche pas mon pull. Putain !
-Si tu ne veux pas me parler, alors pourquoi es-tu assis sur mon perron ?
- Je croyais que tu dormais ou quelque chose comme ça, je murmure en évitant son regard. De toute façon, je ne sais pas à quoi je pensais. Laisse- moi partir.
Je tire sur mon bras, mais il creuse ses doigts profondément dans la laine et se tord les doigts dans le vêtement et je ne peux pas bouger sans prendre le risque de perdre quelques vêtements, ce qui reste une option.
- Comment va le film?
- Super ... je l’aime bien. Je réponds calmement.
Et toi ta pièce ….ça se passe bien ?
- C’est le cas, répond-il. J'aimerais que tu viennes la voir.
- Je l'ai déjà vue. Cela m’échappe et aussitôt je regrette. Je pense que tu es fantastique, vraiment.
Il a l'air encore plus choqué que lorsqu’ il m'a trouvé sur son perron. Je ne l'ai jamais vu l’air si énervé. Je tire sur mon bras, car il ne s'agit pas de se laisser aller.
- Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Ou t’arrêter dans les coulisses ou quelque chose ?
Je hausse les épaules.
Nous nous regardons l’ un l’autre et je sens ma vision devenir floue, les larmes de frustration me piquent mes yeux. Ses doigts se desserrent un peu et je regarde brièvement vers lui avant de fixer mes chaussures noires éraflées.
- Tu le vois ?
Il fait un pas plus près de moi.
- Oui.
Je libère enfin mon bras libre et trébuche sur le trottoir loin de lui. La nausée dans mon estomac est pire que jamais. Il me suit. Je peux entendre ses pas derrière moi. Il m’appelle une fois. Puis deux. Je l'ignore et continue à marcher. Au moment où j'arrive au coin, il a ses doigts pâles tordus dans mon pull à nouveau. Je me retourne pour lui faire face et le pousser avec ma main libre.
- Randy, laisse-moi tranquille !
Il utilise sa main libre pour attraper mon T-shirt. Je le repousse à nouveau. Ses yeux se noient de larmes.
- Que veux-tu de moi, Gale ?
- Je veux que tu me laisses partir.
Je prie pour combattre mes propres larmes. Ah ! J'aurais aimé être Brian Kinney à cet instant. Je souhaiterais ne rien avoir à foutre de qui que ce soit. Je voudrai blesser les gens avant qu'ils ne me blessent.
- Mais qu’attends tu de moi ? demande- t-il à nouveau,
Puis il continue ses remontrances avant que je puisse répondre.
- Tu viens sur le plateau comme un gars parfaitement hétéro et droit. Tu fais de moi ce que tu veux, ensuite tu me laisses seul, et tout à coup tu me suis jusqu’à New York, mais tu refuses de reconnaitre que tu es gay. Puis tu t’affiches à Toronto avec Michelle, ensuite tu me demandes de te prendre, puis tu déclares a Simon que tu es hétéro ; arrête moi parce que je ne peux pas le faire, c'est les montagnes russes émotionnelles avec toi.
- Je ne suis pas gay, dis- je vivement. Je suis amoureux d’un homme, mais juste d’un homme.
- Qu’est-ce que tu dis ?
Je le repousse encore et il laisse tomber sa main de mon T-shirt mais il ne veut toujours pas lâcher le chandail putain.
- Je suis retourné à Los Angeles pour quelques semaines avant de venir ici faire le film.
Je parle tout en essayant de me libérer de mon vêtement si j’y arrive.
-Je suis allé dans un bar gay à Valley Village avec mon ami Luc qui est homosexuel. Je laisse un beau mec nommé Gavin me suivre dans les toilettes. Je l'ai laissé me suivre.
Il me regarde intensément, suspendu à mes lèvres. Je continue.
-Il n'arrêtait pas de me dire combien j'étais sexy et finalement il voulait juste m'embrasser, je l'ai embrassé aussi et je l’ai laissé me toucher.
Il ne cligne même pas des yeux. Randy Harrison s'est transformé en statue. Je prends une grande respiration irrégulière.
- Mais il ne m’a rien fait. Je ne pouvais pas, c’était trop difficile même si on m’avait payé.
Je vois ses épaules s'affaisser visiblement avec soulagement et expiré dans un soupir de soulagement.
- Donc tu n’étais pas attiré par ce mec !
- Je ne suis pas attiré par les gars, je corrige. Sauf toi.
- Cela n'a pas de sens, soutient-il d'une voix neutre, douce.
- Je sais, je suis d'accord. Et si cela t’importe, je ne suis pas plus attirée par les femmes non plus.
- Quoi?
- Après le fiasco du bar gay, j'ai appelé mon ex avec qui je dors de temps en temps, je parle doucement et je sens mes joues s’enflammer. Elle est venue et ... Je n'ai rien fait. Je n'ai pas essayé de prendre son corps. Je n'en ai pas eu envie.
Je m’aperçois que je suis en train de .... pleurer.
- Et je lui ai tout dit pour toi.
- Je ne sais pas quoi dire ... Répond Randy d’une voie étouffée tordant toujours ses fichus doigts dans mon pull. Gale, je ne sais pas si je peux revenir à des choses…
- Bien sûr que tu ne peux pas, je renifle maladroitement. Je ne vais pas te le demander. Tu es avec Simon. Vous êtes bien ensemble. Ce n'est pas une grosse affaire pour toi. C'est très bien.
- Ce n'est pas ce que j’ai……Proteste Randy mais je secoue la tête.
- Ce n’est rien, c’est moi qui en fais toute une histoire, dis-je me sentant comme un perdant complet. Ce n’est pas important, allez vas-y et profite de ta pause. Je te vois plus tard à ton retour à Toronto.
Je commence à m’éloigner. J'essaie quand même, mais il ne veut pas lâcher mon pull. Maintenant il a les deux mains qui saisissent et tordent le bas de ma manche droite et l'autre tenant serré dans le coin inférieur de devant le dernier bouton.
Il commence à me tirer vers lui. Je mets mes mains à contrecœur sur ses épaules pour le tenir à distance, mais ça ne fonctionne pas. Je passe 10 heures par semaine à soulever de la fonte et pourtant mes muscles me lâchent. Ironique. Il s'est enfoncé dans ma poitrine avant que je puisse comprendre ce qui se passe et mes lèvres son appuyées sur sommet de sa tête. Et nous sommes là au cœur de l'East Village se tenant l’un à l’autre dans le milieu de la nuit.
- Je souhaiterais que nous puissions être ensemble, murmure t’il.
- Nous le pouvons.
- Je ne sais pas ..., répond-il. Il y a Simon ... Je trouve enfin un peu de force et le pousse hors de mes bras.
- Très bien. Tu restes avec ton ami confortablement gay qui aime les gars ! Tous les gars. Pas seulement toi. Dis-je avec colère. Ma vie sera beaucoup plus simple sans toi. Maintenant, je sais que ça fait. Rendez-vous à Toronto.
Il ne veut pas lâcher mon pull, alors je fais ce que je dois. Je sors les épaules de mon gilet et je cours dans la rue aussi vite que je peux. Je l'entends m’appeler et me suivre pendant près d'un bloc entier, mais je ne m'arrête pas. Et quand j'entre dans le métro, je me rends compte qu'il a abandonné et que je suis seul. Je suis complètement seul.
POV Randy
Je suis sur le coin de la 4e Avenue Est et A, je reste là longtemps, bien après que Gale ait disparu de ma vue. Son chandail gris accroché dans mes mains, un pied appuyé contre le mur en béton de couleur crème. Je ne peux pas m'empêcher de pleurer et je ne peux même pas me punir pour cela. Je blâme Gale complètement.
Je guérissais lentement mais sûrement. Simon est.... bon pour moi. Il se soucie de moi. Il est gentil et drôle. Il est intelligent ... Pas la même intelligence que Gale. Mais il a une intelligente vive. Il peut mettre un peu plus de 4 minutes pour faire les Sodokus les plus difficile, mais il réussit à le faire. Il n’est peut être pas en mesure de fixer un alternateur de voiture avec des collants, mais il peut épeler n'importe quel mot dans la langue anglaise sans l’écrire et lui donner plus de 3 sens différents.
Et Simon me tient la main en public. Simon m'embrasse en public. Simon ne se soucie pas de qui le voit ou que l’on sache que je suis son amant. Je ne me rendais pas compte combien j'avais oublié d’agir simplement, ressentir les choses sans avoir à se retenir ou à m’inquiéter d’être vu jusqu'à ce que je n’y pense plus.
Et maintenant, il débarque ici, bouscule cet équilibre en me demandant de l’aimer à nouveau. J'utilise le dos de ma main libre pour essuyer mes larmes, je me retourne et commence à me diriger vers mon appartement, son chandail encore accroché à ma main, je le soulève légèrement pour qu’il ne traine pas sur le trottoir.
Ça me fait penser à Evan. Evan était le dernier copain que j’ai eu au collège. C’était un gars hétéro qui travaillait au café en face du campus. Il n’était pas de mon école, mais il traînait avec des jeunes que je connaissais et une nuit lors d'une fête, lui et moi on a commencé à parler. Nous aimions les mêmes groupes et nous sommes allés à un concert de Muse ensemble, où nous avons partagé un flacon de rhum épicé. Après quoi, nous avons fait comme tous les jeunes de 16 ans dans sa voiture Honda Civic. Quand je l'ai vu le lendemain au café, et il a agi comme s’il n’était jamais rien arrivé. Je l'ai laissé jusqu'à ce qu'il arrive à une fête que j’organisais chez moi ; j'étais chez moi, il me coince dans une chambre vide . Evan et moi avons continué d’avoir cette relation enfermée pendant près d’un an. Ça ne m'a jamais contrarié comme ça le fait avec Gale. En fait, c'était assez excitant et amusant d'être la seule personne à savoir que ce mec était gay et d’être le seul garçon qu'il touchait. Tout s’est terminé lorsque j'ai obtenu mon diplôme .
Mais avec Gale, ces choses qui m’excitaient avec Evan, me font du mal. Je voudrais que le monde sache qu'il m'aime et que je l’aime. Je voudrais lui tenir la main en public. Je voudrais qu'il me touche au coin des rues. Je suis amoureux de Gale. Je n'étais pas amoureux avec Evan. C’était seulement de la convoitise. Je monte les escaliers de mon appartement au deuxième étage et déverrouille la porte. Il n'y a pas de lumière mais une faible lueur qui sort de la chambre au bout de la pièce. Je retire mes chaussures et me dirige vers la chambre. Par la porte entrouverte, je vois Simon dormir avec un livre sur sa poitrine nue. Il a dû s'endormir en attendant que je rentre à la maison. Je suis soulagé. Je ne sais pas comment je vais lui expliquer ce qui vient de se passerJe le place dans coin de mon cerveau, je suis fatigué, je retire doucement le livre de sa poitrine et j’éteins la lampe avant de retourner dans le salon.
Je me glisse dans son chandail que j’ai toujours avec moi, je m’étends sur le canapé en humant le parfum de Gale sur le vêtement. Je pense à Gale avec son ex petite amie. Je pense à un gars de Gale qui embrassait ses lèvres et ça me brise le cœur. Je m’imagine être à nouveau avec Gale et ça me terrifie. Je pense à rester avec Simon et ça me fait ... me sentir en sécurité. Je sais que Simon ne va pas me briser le cœur. Je suis presque certain que Gale, oui. Je décide de rester avec Simon. J'enveloppe le chandail serré autour de moi et plonge mon nez dans la laine et le respire à nouveau. Mon pouls s’accélère, j’ai des papillons dans le ventre. Je reste toujours avec Simon.
SAISON 3
J'entre dans le bâtiment, étrangement calme. Les acteurs et l’équipe ne doivent pas revenir avant demain, mais Dan et Ron m'ont demandé de venir aujourd'hui pour avoir une discussion. Je suis nerveux. Je pense que je n'ai aucune raison d'être inquiet, je fais du bon travail. Je mords ma langue jusqu'au sang sur la plupart des problèmes que je rencontre avec le personnage de Justin. Je suis rarement en retard. Je n'ai aucune idée de la durée de cette réunion. Mais encore cette fois, je me sens comme un enfant délinquant convoqué dans le bureau du principal. Je frappe à la porte de la salle de conférence et j'entends un jovial :
- Entre !
J’ouvre la porte et j’entre sans hésitation jusqu'à ce que je vois Gale assis au bord de sa chaise au bout de la grande table avec Ron et Dan.
Les deux producteurs sont penchés au-dessus d'un script, stylos à la main et ils effectuent des modifications apparemment.
- Salut.
- Randy !
Dan sourit et se lève pour me rejoindre à grandes enjambées, les bras ouverts. Il me fait une accolade. Ron fait la même chose quelques secondes plus tard. Gale me salue d’un simple hochement de tête, un sourire crispé, sans bouger de sa place.
- Merci d'être venu si vite, dit Ron et il m’invite à prendre un siège ce que je fais, aussi loin que possible de Gale.
- Comment était ton hiatus ?
Je hausse les épaules et je souris légèrement.
-Pas mal.
- tu étais à New York ? demande Dan, je hoche la tête à nouveau. Toi et Gale étiez au même endroit ?
Avant que je puisse répondre, il répond.
- Je n’y étais que pour quelques semaines, ensuite je suis retourné un peu à Los Angeles et je suis revenu à Toronto depuis presque un mois maintenant.
Ron et Dan font un clin d’œil et je ne peux pas m'empêcher de corriger Gale. Même si je ne sais pas pourquoi.
- Eh bien, nous nous sommes croisés une nuit, totalement par hasard. Et bien sûr, il est venu me voir jouer et il a adoré, n'est-ce pas Gale ?
Il me regarde avec des yeux durs, mais il acquiesce.
- Gale est venu pour nous parler la semaine dernière.
Dan commence à être un peu moins jovial.
- Il est préoccupé par la direction que prennent vos personnages.
Je lève un sourcil choqué et me tourne vers Gale qui fixe ses doigts qu'il tord sur ses genoux. Je retourne mon attention vers les producteurs.
- Est-ce vrai ?
- Comment ressens-tu la façon dont nous avons laissé Brian et Justin ? veut savoir Ron.
- Je suis content que Justin l'ait quitté.
Je peux dire honnêtement qu’il n'a vraiment rien à voir avec Gale et moi et notre vie actuelle, même si je sais qu'il va y penser.
- Brian ne peut pas donner ce dont Justin a besoin et il le traite comme de la merde.
Je vois Gale se redresser, plus rigide. Ron échange un regard avec Dan qui se racle la gorge mal à l'aise.
- Gale ressent la même chose que toi, précise Ron. Je regarde Gale qui répond à mon regard et dit :
- Brian n'a jamais voulu Justin dans sa vie pour commencer. Il s’est imposé, et de tout façon il n'était pas heureux avec la personnalité de Brian, il passait son temps à essayer de le changer. Il doit être soulagé qu’il soit parti.
- Il a eu une chance ! Justin n’en avait aucune avec lui, je réplique.
Gale ne dit rien et Dan et Ron se sentent de plus en plus mal à l'aise. Enfin Dan se lève et se racle la gorge.
- Eh bien, nous avons modifié un peu l'épisode 14 de la saison 3. Et bien que toi- Justin, tu commences la saison avec Ethan il est très probable que tu la finiras avec Brian. En fait, tu…. Ron pointe son stylo vers Gale.
- En fait, tu acceptes la relation et fait croire que tu es à l'aise avec ça. Vous devenez le duo dynamique, comme dirait Michael Novotny.
- Alors il ne dit rien, il nie ses sentiments ! Dis-je un peu trop brusquement et je dois me rappeler que nous parlons de Brian/Justin ici et non de Gale.
- Randy. Sans le dire oui ! admet Dan et je roule des yeux. Brian commence à penser à Justin comme à un boyfriend, et non, il n’arrête pas de coucher avec d'autres hommes.
-Alors Justin continue de se faire baiser, dis-je. Emotionnellement et physiquement.
Ron et Dan restent impuissants face à moi. Je me bats pour essayer de comprendre les motivations de Justin, ça me harcèle depuis le début de la saison 2. Je ne comprends tout simplement pas.
- Et Brian ne cesse de se comporter comme un démon parce que son amant n'est pas assez homme pour comprendre que l'amour est désordonné et compliqué et que les roses et les mots ne sont que des conneries. dit Gale d’une voix sifflante.
Inutile de lever les yeux.
- C'est drôle, nous avons fait une scène avec Ethan et des roses ... dit Dan qui cesse rapidement de parler quand il sent la tension épaisse qui flotte dans l'air et qui ne va pas diminuer par des blagues ou autres frivolités.
- Voilà ! dit Dan redevenu sérieux. Le fait est que les fans veulent Brian et Justin ensemble. Et les fans obtiendront Brian et Justin ensemble.
- Stuart finit avec Vince. Pas avec Nathan, raconte Gale pour la fin de la version anglaise. Quand doivent rompre Michael et Ben pour que je puisse le faire ?
- Tu ne le fais pas, explique Dan. Nous allons dans une direction différente. C'est ce que notre public veut.
- Alors Michael et Brian ne sont pas ...? Je peux à peine formuler la phrase. Dan et Ron hochent la tête.
- Je ne dis pas que c'est une fin de conte de fées pour Brian et Justin. Nous avons quelques années devant nous et je ne sais pas comment ça va finir mais pour la saison 3, Brian et Justin seront à nouveau ensemble.
Gale soupire d’un air vaincu. Ça me met en colère de l'entendre.
- Je vous promets qu'il y aura du changement dans leurs personnalités. Nous tuyaute Ron. Il y aura de la crédibilité, des histoires poignantes. Vous pourrez être fiers de votre travail.
- Ouais. Ok.
Gale hoche la tête et regarde les producteurs de ses yeux noisette .
-Mais ma situation personnelle a changé, et celle de Randy aussi, et je ne suis plus aussi à l'aise avec certaines scènes.
- Comme quoi ? Demande Dan avec prudence.
Je meurs d'envie d'entendre la réponse. Qu’est-ce que c’est? Est-il tout à coup contre le sexe gay ? S'il ose aller jusque-là, je vais le trouver, ici et maintenant, je le jure devant Dieu.
- Je ne veux plus embrasser avec la langue, annonce t- il. Ni Randy. Ni quelqu’un d’autre. Je suis dans une relation sérieuse et je sens que c'est irrespectueux.
- Tu es dans une relation sérieuse ? Je répète, trop surpris pour pouvoir le cacher.
Il me regarde fixement et froidement de ses yeux noisette.
- Ouais c’est exact.
Il continue.
- Alors, soyons respectueux et ne mettons pas la langue et toute cette merde. Nous somme des hommes et souvent nus putain, nous allons devoir jouer des scènes osées à un moment donné. Si garder ma langue dans ma bouche peut te faciliter la tâche, alors, je serai plus qu'heureux de m’abstenir. Simon sera heureux lui aussi j'en suis sûr !Je ne voudrais pas que Simon sois malheureux, dit Gale avec sarcasme d’une voix rauque.
Ron et Dan échangent un regard mais ne disent rien. Ron nous remet à chacun un exemplaire du premier épisode.
- Comme vous êtes là, je vous le donne à lire pour ce soir. Nous ferons une première lecture demain à 10h.
Gale prend sa copie, hoche la tête et quitte la salle. Je les remercie tous les deux et je me précipite dans le couloir rapidement pour le rattraper. Il est à cheval sur sa moto et sur le point de mettre son casque quand j'arrive près de lui sur le parking. Je suis furieux.
- C'était quoi ce bordel ? Tu as impliqué Ron et Dan? Il est tout aussi furieux.
- Impliqué qui Randy ? C'est pas comme si je leur avais dit que je t’avais baisé pendant 2 saisons et que maintenant je ne le fais plus ; je ne peux pas supporter l'idée que tu m’embrasses, crie t-il.
Il prend une profonde inspiration. Qu’on en finisse ! je me sens si vide. Puis il continue sur un ton plus contrôlé.
- Le fait est que nous sommes tous les deux avec quelqu’un et il n'est pas nécessaire d'être aussi physique que nous l’étions. Nous avons été déjà trop loin . Nous pouvons prendre un peu de recul. Personne ne remarquera et, comme tu l’as dit, Simon sera ravi.
- Simon n’en a rien à foutre. Il ne regarde pas la série, j'avoue.
Gale me dévisage en silence pendant de longues secondes et puis hausse les épaules
- Eh bien, mon amie le fait, et je tiens à lui assurer que nous restons professionnels.
- Nous avons toujours été professionnels !
- Nous n'avons jamais été professionnels !, soutient-il.
Il fait basculer son casque sur sa tête et fait hurler sa moto à la sortie du parking.