HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

Faux- Semblant

Série : Queer As Folk
Création : 13.01.2014 à 18h12
Auteur : cinto 
Statut : Terminée

« Nouvelle version. Rappels: fiction traduite (à 4 mains) de l'anglais dont l'auteure est Blissink. Pour adultes.  » cinto 

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                                                                      BOUCLAGE

                                                                Fin de la saison 4

 

 

Je me réveille avant lui, le matin de la fête de fin . Je le regarde juste dormir. Il est sur le ventre, la tête tournée vers moi et un bras au-dessus de sa tête qui repose sur le matelas, pas l'oreiller. Je n'ai aucune idée où est son oreiller en fait, mais c'est du Rands typique. Il a le sommeil agité. Il commence habituellement avec les couvertures et lance le coussin sur le sol; parfois il me pousse aussi accidentellement.

 

C’est drôle parce qu'il semble si paisible. Sa peau pâle et ses yeux bleus vont me manquer. Je saisis ses cheveux doux entre mes doigts. Ses éclats d’animation et sa manière de s’exprimer ainsi que la façon qu’il a toujours de me faire rire vont me manquer. Je vais manquer de tout .

 

Mais je ne peux pas lui faire ça. Je ne peux pas l’amener dans le placard.

Je repense à hier, quand je suis sorti de la douche, il était au téléphone avec un certain journaliste pour une interview. J'ai essayé de ne pas écouter comme il arpentait le salon, mais il était difficile pour moi de ne pas l'écouter. Il est si éloquent et si passionné et confiant dans ses réponses que je dois écouter. Au fond, plus je l'écoute et plus j'espère pouvoir lui ressembler. Je suis si nul dans les interviews.

 

« - Non, je n'ai pas hésité une fois, je l'entends dire en toute confiance. J'aspire toujours à une carrière au théâtre. La notoriété que j'ai maintenant semble être comme une chance pour moi. Je n'ai jamais ressenti le besoin de manipuler ma carrière, essayé d'être quelqu'un que je ne suis pas.

 

Je m'appuie contre le comptoir de la cuisine et verse du jus d’orange.

 

Absolument, dit-il de cette voix passionnée que j'envie tellement. Je ne sais pas ce que c'est. Je ne pense pas pouvoir être le genre d'acteur que je veux être si je ne suis pas honnête avec moi-même. L'honnêteté est très importante pour moi en tant qu'acteur et en tant que personne. Je ne peux même pas y penser. Je ne veux pas être Tom Cruise. Je ne suis pas après une carrière dans des blockbusters. Ce n'est pas le genre de travail qui m’intéresse et franchement, ce n'est pas le genre de travail que je pourrais obtenir. »

 

Il me regarde fixement et se dirige vers moi, m'embrasse sur la joue. Il demande au journaliste d’attendre une seconde et met sa main sur le microphone.

 

- Il veut savoir pourquoi je ne me cache pas, me dit-il dans un murmure. Ce n'est pas une question originale. »

 

C'est à ce moment là que j’ai su que je ne pouvais pas expliquer mes choix à Randy et encore moins m'attendre à vivre avec eux. Il ressemble vraiment à Justin, dans ce sens, bien que je ne lui dirai jamais parce qu'il voit Justin comme quelqu’un de faible et ennuyeux. Mais Justin sait vraiment qui il est sexuellement et il n'a jamais dévié de cela. Ni Randy. Il sera un acteur sans avoir à mentir sur qui il est.

 

Il m'a dit que lorsqu’ il est arrivé à l'école, ses professeurs de théâtre lui ont tous dit qu'il avait des qualités de star et un regard fait pour la télévision et les films. Mais ils lui ont dit aussi qu'il allait devoir garder son orientation sexuelle "pour lui". Sans sourciller, il a dit :

 

- Ce n’est pas grave. J'aime le théâtre avant tout.

 

Et ça, ce n'est pas moi. Principalement parce que je ne savais pas ce que j'étais. Parce que j'ai aimé un gars « Randy » alors que j'étais déjà un acteur établi. Et j'aime la télévision et le cinéma. Je n’ai pas l’esprit pour le théâtre, je préfère la télévision et le cinéma. C'est la vie et la carrière que je veux et où je suis le meilleur.

 

Cela signifie que je dois garder Randy dans un placard et je ne peux pas lui faire ça ... même s'il me laisse faire. Alors maintenant, je suis allongé ici, je le regarde dormir en retenant mes larmes et la colère qui gonfle en moi. Quand il se réveille, il se frotte les yeux et s'étire comme un chat et je commence à l'embrasser et je ne m'arrête pas jusqu'à ce que nous allions jusqu'à la jouissance.

 

- Bonjour à toi aussi, soupire-t-il dans mon oreille et j’essuie les larmes qui ont coulé.

 

Je me lève et me dirige vers la salle de bain en verrouillant la porte derrière moi.

 

Cette nuit-là à la fête, nous nous tenons par la main, buvons trop et nous nous embrassons devant tout le monde. Et quand nous partons, je sais qu'il est temps de lui dire. Je dois le dire. Je dois le laisser partir.

 

- Randy nous devons parler ...

 

Il se retourne et me regarde avec ce beau sourire qui le rend innocent et pur.

 

- Quoi ?

 

- Nous ......

C'est comme si j’étais au sommet d'une montagne russe et je suis sur le point de descendre; seulement je sais que la piste est cassée et je m'apprête à aller vers ma mort.

 

- Nous devons cesser de nous voir.

 

Il se tient complètement immobile, le sourire toujours sur son visage.

 

- Quoi ?

 

- Nous ne pouvons pas continuer à nous voir.

 

- Tu ..... plaisantes ..... C’est ça ? Le sourire a disparu. Ainsi que l'étincelle dans ses yeux. Il sait que je ne plaisante pas.

 

- Je vais être absent la plupart du hiatus et tu voyages avec la pièce. Je lui rappelle sachant que ces raisons ne sont pas les vrais raisons et il le sait aussi. Et vraiment, je ...

 

- Tu fais quoi ?

 

- Je suis .... Je ne vois pas ce ... aller plus loin.

 

Il me regarde ; je sens les larmes me venir donc je regarde ailleurs. Je regarde devant lui à la porte de notre chambre ouverte. À notre lit que nous n'avons pas pris la peine de faire ce matin. Je regarde les draps froissés.

 

- Gale, dit-il doucement et à sa voix, je sais qu'il se bat pour ne pas pleurer ; il fait revenir mes larmes. Pourquoi fais-tu cela ?

 

Je prends une grande respiration profonde et j’utilise le dos de ma main pour essuyer mes yeux, mais je ne le regarde pas. Je ne peux pas.

 

- Parce que ma vie va dans une direction différente de la tienne. Parce que je ne serai jamais capable de te donner ce que tu veux.

 

- Tu es ce que je veux.

 

- Randy, je ne peux pas.

 

Silence. Froid, dur, douloureux, triste, silencieux.

 

Il part dans la chambre et claque la porte. Je sursaute, puis soupire.

Une minute plus tard, il porte son sac de sport, mais ça déborde de vêtements. Son sac d'ordinateur portable est également en bandoulière sur son épaule. Il se dirige tout droit vers la porte sans un mot.

 

- Où vas-tu? Je demande, affolé. Ne pars pas !

 

- Je ne vais pas rester ici avec toi, dit-il et se tourne vers moi. Il y a des larmes qui coulent sur son visage mais ses yeux sont durs et froids. Je reviendrai dans quelques jours quand tu seras parti pour la Géorgie.

 

- Rands, j’espérais que tu comprendrais.

 

Il quitte en claquant la porte si violemment que les murs et les fenêtres tremblent.

 

Je m’affaisse sur le sol et je pleure. Rien n'a jamais fait aussi mal de toute ma vie. La douleur est insupportable.


cinto  (23.02.2014 à 19:54)

HIATUS

Saison 4

 

POV de Randy

 

-Tu ne conduis pas?

 

- Ma voiture est à Toronto, Andi.

 

Elle me regarde avec des yeux sombres, consternée, mais remplace le verre de whisky sur la table qu’elle a réservée. Nous nous regardons. Je prends le verre et je bois ce liquide ambré qui pique tout le long de ma gorge. Je déteste le whisky. Putain, je déteste. Mais .... Je l'ai aimé avec Gale. Il ne semble pas brûler autant avec Gale.

 

- Il vaut la peine de tout cela? Tu es sûr ? me demande Andi.

 

- Il ne vaut rien, je pulvérise en tentant de bien séparer les mots. Moins que rien.

 

Elle sourit mais avec l'un de ces tristes sourires compatissants .

- Je ne t'ai jamais vu ainsi, quand tu rompais et avec qui que ce soit, dit-elle avec étonnement.

 

- Arrête de me regarder comme si tu étais Diane Fossey et moi un gorille dans la brume, dis-je et elle rit à cela.

 

- Je suis désolé, elle s'excuse mais elle rit toujours. Je sais que c'est horrible. Je veux dire que je te connais depuis 8 ans, c'est la première fois que je te vois pleurer en dehors de la scène. Je sais que c'est grave.

 

- J'étais tellement amoureux de lui, je murmure.

 

Son rire cesse et elle pose une main sur la mienne. Je renifle, je prends une grande respiration et j’avale le whisky.

 

Andi frotte ma main doucement. Je pose le verre et je vois qu’elle regarde, étonnée, au-dessus de ma tête. Et sa bouche est grande ouverte.

 

- Andi ...

 

- Salut Simon ! s’exclame t-elle avec un sourire mal à l'aise.

 

Je me retourne et je le vois juste derrière mon épaule droite. Il sourit à Andi mais son regard glisse vers moi, son sourire faiblit.

 

- Salut Andi, dit-il. Salut Randy !

 

- Simon.

 

Je hoche la tête en essayant de rester impassible.

 

- Puis-je me joindre à vous? demande-t-il. Andi et moi échangeons un regard.

 

- Je suis un peu ....Je regarde mon verre vide. Je suis en train d’avoir une conversation privée.

 

- Oh !

 

Ses yeux me balaient en évaluant la situation. Je suis tout à coup très conscient que je porte un vieux tee-shirt miteux et une paire de jeans que j'ai sorti de mon panier à linge. Il souligne le verre vide.

 

- Whisky, hein ? Ce doit être grave. Je vous laisse à ça.

 

Sur ce, il disparaît vers un groupe de personnes que je reconnais des cocktails quand nous étions ensemble. Je reviens à Andi. Tout le monde me déteste.

 

- Oh chéri, je suis désolé.

 

Nous sommes assis en silence pendant quelques minutes jusqu'à ce que la serveuse arrive et apporte un autre Johnny Walker sur ma table. Je lève les yeux et elle dit simplement.

 

- Un de vos amis vous l’offre.

 

Je regarde à l'arrière du petit bar et Simon lève son verre de vin vers moi. Je lui retourne le geste et prends une longue gorgée, frissonnant dans mon ventre.

 

- Randy ! prévient Andi. Ne le fais pas.

 

- Quoi ?

 

- Ne recommences pas avec Simon Dumenco, dit Andi catégoriquement.

 

- Quoi ? Jésus! Non, dis-je. Qu'est-ce… ? Est-ce que tu as trop bu ?

 

- S'il te plaît, pas besoin d’être gay pour voir ce qui se passe ici, elle se penche vers moi en secouant une mèche brune de sa tête. Il t’a offert un verre parce qu'il veut te reprendre.

 

- Il ne sait même pas que nous avons rompu!

 

- Randy, tu es assis ici habillé comme un clochard, avec des yeux injectés de sang, en train de te saoûler, rationalise Andi. Tout le monde dans ce bar sait que vous avez rompu.

 

Je me sens soudainement paranoïaque et jette un regard autour de moi. Elle a tort, enfin ... je crois. Mais Andi n'est pas la seule personne à me regarder avec sympathie. Simon aussi. Et merde…

 

Un peu plus tard, je ne sais pas combien de temps parce que je suis saoul, Andi insiste sur le fait que nous devons partir. Elle me dit que je suis resté assis en silence à regarder la table avec des larmes dans mes yeux pendant près de 20 minutes. Je suis choqué. Mais quand je me frotte les yeux, les larmes débordent sur mon visage.

Nous nous sommes levés, mais j'ai le vertige et je tombe. Une main saisit mon coude et une autre entoure ma taille, mais Andi est debout en face de moi.

 

- Je vais l'emmener d'ici.

 

J’entends la voix profonde de Simon à côté de moi.

 

- Non, ce n'est pas grave, explique Andi s'approchant de nous, et posant une main sur mon épaule comme si elle revendiquait des droits sur moi. Je peux le ramener chez lui.

 

- Peux-tu rester avec lui toute la nuit tandis qu'il vomit ? demande Simon. Parce qu'il le fera. Et moi, je peux.

 

Andi me regarde et je la regarde, puis Simon. Il s’avance avec moi et puis soudain, nous sommes à l'extérieur sur le trottoir.

 

- Je vais vomir .... finalement, je reconnais, parce que mon estomac a un malaise.

 

- Randy, je peux rester avec toi, je viens d'appeler Scott. Dit-elle en parlant de son petit ami avec qui elle vit.

 

- Non, j'insiste. Rentre chez Scott. J’irai bien. Je peux arriver chez moi pour vomir.

 

Je dis les trois derniers mots avec conviction, aussi convaincant que peut l’être un homme ivre. Andi regarde Simon, puis moi de nouveau.

 

- Tu m'appelles demain matin, dit-elle, comme une maîtresse d’école.

 

- Il ne sera probablement pas éveillé avant l'après-midi, prédit Simon comme s’il était diseuse de bonne aventure qui peut prédire l’avenir.

 

- Appelle-moi à la minute où tu te réveilles, me dit Andi, ignorant complètement Simon. Ou si tu as besoin de moi.

 

Je hoche la tête et des vagues de nausées me reviennent. Je gémis. Andi hèle timidement un taxi et disparaît me laissant seul avec Simon.

 

- Viens. Rentrons chez moi avant de vomir dans la rue, exhorte Simon et je me hérisse.

- Je veux rentrer chez moi. Seul, j'insiste.

 

- Ton appart est à environ 20 minutes d’ici en taxi, me rappel Simon. Le mien est à moins de 10 minutes. Penses-tu vraiment que tu puisses tenir aussi longtemps? Ou es-tu d'accord avec l’adage qui dit «Pédé ivre dégueule au milieu des étoiles après avoir vu son cœur brisé par sa co-star. » ?

 

Je le regarde fixement d’un air indigné, mais plus tard, il me dit que je semblais dévasté et brisé. Je l'ai laissé arrêter un taxi et donner au conducteur son adresse. Alors que nous roulons, il me parle, et je réponds, parce que si je ne le fais pas, je pourrais vomir.

 

- Quand t’a-t-il largué ?

 

L’humiliation se mêle à la nausée.

 

- Juste après la fin de la saison.

 

- A-t-il dit pourquoi ? Attend! Laissez-moi deviner! Simon s'arrête. Il ne voulait pas dire au monde qu'il est gay.

 

- Non, ce n'est pas la raison. D'ailleurs, je ne lui ai jamais demandé de le dire à quelqu’un. Je le défie.

 

- Parce que tu veux aller dans le placard ?

 

- Non, parce que Gale n’est pas gay, je laisse échapper en saisissant la poignée de la portière pendant que je sens une autre nausée.

 

Simon rit mais c'est amer et dur.

 

- Les garçons n’embrassent pas les garçons sauf s'ils sont gay. Et je l'ai vu t’embrasser.

 

- Il m'a embrassé, je suis d'accord. Il m’a caressé, il couché avec moi, je l’ai caressé, j’ai couché avec lui…

 

- Randy, arrête!

 

Maintenant, c'est au tour de Simon d’avoir la nausée.

 

- Mais c'était parce qu'il m'aimait, dis-je en larmes. Non pas parce qu'il aimait les garçons.

 

Simon me regarde très longtemps ; je me détourne et je pose mon front contre la vitre froide de la portière.

 

- Tu crois vraiment ça, n'est-ce pas ? Me demande- t-il finalement et je confirme en grognant.

 

Le taxi s'arrête en face de sa maison de grès Westside et comme il paie le chauffeur, je sors en trébuchant et je vomis dans une poubelle.

 

Quand j'ai fini, Simon vient me chercher et me conduit jusqu’à son appartement. Il m’allonge sur le plancher près des toilettes, glissant sous moi son épais tapis de bain couleur chocolat pour plus de confort. Je vomis encore. Il m'apporte un verre d'eau et place un chiffon humide frais sur mon front. Je ferme les yeux, mais les larmes coulent.

 

 

- S'il t’avait aimé, Randy, dit doucement Simon à mon oreille, tu ne serais pas ici aujourd'hui.

 

Je sens que ses bras m’entourent et ses lèvres touchent ma nuque C'est tellement bon d'avoir quelqu'un qui me touche. Dieu je vendrais mon âme pour que ce soit Gale.

 


cinto  (25.02.2014 à 14:54)

POV de Gale

 

On frappe à la porte de ma chambre d'hôtel et je l'ignore. En partie parce que je ne veux voir personne ni parler à personne, et en partie parce que je suis tellement brisé que je ne sais pas vraiment où est la porte.

Un autre coup.

 

- Gale ?

 

Un autre coup.

 

La voix, je le réalise quelques secondes plus tard, semble familière mais peu importe.

 

- Gale Morgan Harold, laisse-moi entrer ou je vais casser cette putain de porte!

 

- Susie?

 

- Oui! Maintenant, laisse-moi entrer!

 

Je me lève du sol. Mes jambes sont fragiles et je cogne le coin du bureau et je tombe presque. La lampe aurait probablement basculé si elle n'était pas fixée au sol.

Je trouve la porte, à peu près 15 minutes plus tard, me semble t-il, mais probablement pas. Tout est au ralenti. Je tripote la serrure jusqu'à ce qu'elle s'ouvre.

 

Susie est là, debout toute seule et quand elle me voit, elle pâlit.

 

- Gale, shit !

 

Elle me repousse dans la chambre et j'ai failli tomber. Elle ferme la porte derrière nous et me guide vers le lit où je dégringole en arrière avec elle. Je la retiens dans une étreinte.

 

Soudain, je pleure. Beaucoup. Je ne sais pas pourquoi je suis étonné par cela. J'ai eu des crises de larmes, sans prévenir depuis que j'ai rompu avec lui.

 

- Gale chéri .... Susan baisse sa voix, elle me retient et caresse mes cheveux.

 

Je suis épuisé ; il m’est impossible de garder les yeux ouverts et je cligne des yeux. Seulement, ce n'est pas un clin d'œil. J'ai dû m'endormir parce que quand je me réveille, je suis seul sur le lit.

 

Le téléviseur est allumé et c'est la seule lumière dans la pièce. Il fait sombre à l'extérieur. Au début, je pense que je suis seul dans cette chambre d’hôtel puis je vois Susie dans le fauteuil près du comptoir. Elle me sourit.

 

- Tu te sens mieux ?

 

Je me racle la gorge, je m’assois et je dis, embarrassé.

 

- Ouais. Légèrement.

 

Je regarde la pièce. C'est propre. Les cartons vides, des bouteilles de bière et les contenants de restauration rapide sont tous partis. Les serviettes et le peignoir sont accrochés. Je renifle. La chambre est mieux.

 

- Merci pour le nettoyage, lui dis-je timidement. Tu n'avais pas à ...

 

- Quelqu'un devait le faire, dit-elle doucement. Tu n’étais pas en forme pour ça.

Je souris et elle sourit.

 

- Qu'est-ce qu'il t’a fait ?

 

- Il n'a rien fait, lui dis-je honnêtement en me dirigeant vers le minibar. Je l'ai fait pour lui.

 

- Ca veut dire quoi ça? dit-elle, complètement abasourdie.

 

Je regarde le contenu du minibar. Il y a la moitié d'une petite bouteille de gin et un demi-sandwich Subway qui date de plusieurs jours. Je soupire et me retourne pour faire face à mon amie.

 

- J'ai rompu avec lui.

 

- Il est clair que ce n'était pas une bonne décision.

 

Je souris à son franc-parler.

 

- C'était la seule décision à prendre.

 

- Quoi ? qu’est-ce que ça veut dire ?

 

- Cela signifie que je ne peux pas faire de coming out, j'explique en passant une main dans mes cheveux. Et je me sens comme une merde.

 

- Ah ! Elle me regarde avec bienveillance. Ta carrière.

 

Je hoche la tête.

 

- Donc, ne dis rien ! Dit-elle sans hésitation.

 

- Mais Randy est out, je lui rappelle. Il l’est depuis qu'il a 15 ans. Je ne peux pas attendre de lui qu’il prétendre qu'il n'est pas avec moi. C'est comme aller dans un placard où il n’est jamais allé.

 

- Il t’a dit qu'il ne le ferait pas ? Demande Susie.

 

- Je le connais. Je sais que ce serait le tuer.

 

- Je suis sûr que vivre sans la personne qu'il aime, ce doit être merveilleux pour lui.

 

Je la regarde fixement. Elle a toujours été la reine du sarcasme.

 

- Comment as-tu su que j'étais ici ? Je veux savoir et je m'assois sur le lit. Et que je pourrais avoir besoin d'un ami.

 

- Hum ... Voyons, Susie fait semblant d’hésiter et elle se frotte le menton d’un air moqueur.

 

Je ne peux pas s'empêcher de sourire et de siffler. Elle sourit.

 

- Eh bien, d'abord il y a eu l'appel de Katy pour me demander si tu étais toujours aussi déprimé et introverti…

 

Susie se réfère au producteur exécutif de « Father and sons »qui se trouve également être l'un de ses bons amis.

 

- … puis il y a eu un ivrogne, sanglotant, m’appelant l'autre nuit pour me dire qu’il m’aimait et Roy aussi et qu’il est tellement désolé d’être un connard.

 

Je cligne des yeux.

 

- J'ai fait cela ?

 

- À 3h30 du matin.

 

- Merde. Désolé, Je me sens perdu. Mes joues commencent à se vider. C'est ... ça a été dur.

 

Elle hoche la tête, va vers le bureau, saisit mon téléphone et me l’envoie.

 

- Appelle-le.

 

- Non, dis-je avec force. Je la dévisage comme si elle était folle. Parce qu'elle est folle.

 

- Gale. Appelle-Le.

 

- Suzie. Non.

 

- Il te manque ? demande Susie et je hoche la tête. Tu es malheureux sans lui ?

 

- Evidemment, je l'avoue. Mais ce n'est pas grave.

 

- Tu es un putain d'idiot, dit-elle, frustrée. C'est tout ce qui compte. Appelle-le.

 

Je regarde mon téléphone. Putain !comme je veux l'appeler.

 

- Fais-le, m’exhorte-elle. Dis-lui pourquoi tu as rompu avec lui. Donne-lui une chance de te dire ce qu’il pense et laisse-le décider s'il peut vivre avec ça ou pas.

 

- Il ne sera pas capable de vivre avec ça. Il va me dire de foutre le camp, je lui dis doucement parce que ça fait mal de le dire. C'est la vérité, mais ça fait mal comme l'enfer.

 

- D'accord, dit-elle stratégiquement. Ensuite il te dit de foutre le camp et tu n'es pas plus mal que tu l’es maintenant. Mais s'il ne le fait pas ?

 

Cette pensée me réchauffe. L'espoir commence à grandir dans ma poitrine. Et s'il ne me dit pas d’aller me faire foutre? Et s'il me dit qu'il a été malheureux sans moi ? Et s'il me dit que je suis un âne de le laisser partir sur quelque chose d'aussi stupide et qu’il revienne ? Ce ne sera pas. Mais s'il le fait ? Je le connais. Je sais qu'il ne fera pas. Mais que faire si?

 

Je regarde Susie une fois de plus et puis, sans réfléchir, je compose le numéro de Randy.

 

- Bonjour Gale. Randy n'est pas disponible en ce moment.

 

- Qui est-ce?

 

- Simon.

 

Je raccroche et jette le téléphone à travers la pièce. Il percute le mur au-dessus du téléviseur et éclate en morceaux. Susan sursaute de son siège sous le choc.

 

- C'est fini, dis-je, en retenant l'horrible sentiment qui détruit mon cœur. Il a changé.

 

- Gale ...

 

- Je ne veux plus jamais en parler, lui dis-je d'une voix sombre, de plus en plus basse. Elle acquiesce.

 

- Allons prendre un verre.

 Je hoche la tête et je la suis à la sortie de l'hôtel. Je ne suis pas triste ou déprimé, ou plus cassé.

Je suis juste vide.


cinto  (27.02.2014 à 19:03)

                                                                  

                                                                       SAISON 5

 

 

~ 501 ~

 

Je suis en pleine panique. Mon cœur bat la chamade, mes mains sont moites, mes genoux sont faibles et ... Et, je ne suis même pas encore dans le restaurant ! C'est ridicule. Je ne devrais rien ressentir. Ça fait 3 mois. Je devrais avoir dépassé cela. Je l’ai dépassé.

 

Mais le sentiment que je n’ai pas dépassé est la colère. L’indignation. Alors, pourquoi suis-je nerveux? Stressé ? Et si je veux être totalement honnête, excité aussi ?

 

Et le plus stupide dans tout cela, c'est que je l'ai déjà vu la nuit dernière. Vais je me sentir comme ça chaque jour maudit jusqu'à la fin de la saison ?

 

J'ouvre la porte à Gramercy Tavern sur East 20 th. Je suis accueilli par une femme brune souriante dans une robe noire courte et simple. Elle sourit comme si elle vendait un dentifrice.

 

- Pour la fête privée ? demande-t-elle doucement.

 

Je hoche la tête et me fait signe de la suivre. Autour d’une grande table près du fond, se trouve l'ensemble du casting. Merde. Je savais que j'étais en retard. Je voulais arriver ici avant lui, pour que je puisse m'installer. Mais il est là, assis entre Hal et Bobby, en face de Michelle et Peter.

 

Tout le monde commence à s'agiter et à crier à mon arrivée. Gale est le seul qui reste silencieux. Il lève les yeux et nos regards se croisent ; je suis maintenant dans les affres d'une crise de panique totale. Je me bats pour ne pas vomir et ne pas m'évanouir. Peter se lève et me propose la chaise à côté de lui et me serre dans ses bras.

 

- Tu vas bien, Randy? chuchote-t-il à mon oreille.

 

- Oui, je réponds froidement.

 

- Tu es sûr ? demande à nouveau Peter en nous regardant, je sais qu'il sait.

Parce que de là où je me trouvais hier soir, les choses n’avaient pas l'air bien.

 

Je le regarde à nouveau et puis rien d'autre qu'un vague haussement d'épaule. Il a raison. Hier soir, c'était un peu pourri. C'était la première à New York de la saison 4. Gale et moi étions mal à l'aise tout le temps et il était tout à fait évident que nous ne nous parlions pas. Pas du tout.

 

Je prends mon siège à la table et commande un scotch. Gale a déjà un verre à moitié vide devant lui. Il l’entoure de ses longs doigts sexys. Je vois un aperçu du tatouage, apparu quand il revint du hiatus de la Saison 1. Je ne lui ai jamais posé des questions à ce sujet. J'ai toujours voulu l’interroger. Maintenant, je ne peux plus lui demander.

 

Le dîner est douloureux, au mieux. Tout le monde est heureux et excité de commencer le tournage de la nouvelle saison la semaine prochaine, mais nous deux, Gale et moi, sommes d’humeur sombre dans la salle.

 

Tout le monde sait que quelque chose s’est passé entre nous, mais personne n'ose en parler. Et il n'a même pas essayé de me parler. En fait, il parle à peine.

 

- Vous savez, dit Ron, pendant le silence. Showtime parle d'une 6 ème saison.

 

- Quoi? demande Théa, exprimant le choc que nous ressentons tous.

 

- Nous avons seulement signé pour 5, leur rappelle Gale, d’un ton bourru.

 

Ron hoche la tête.

 

- Je sais. Donc, en fin de compte, c'est à vous tous de décider. Dan et moi acceptons si nous obtenons le feu vert du réseau.

 

Nous restons tous silencieux alors et nous regardons de l'autre côté de la table. J'ai même fait un contact visuel avec Gale pour une milliseconde avant qu'il ne détourne les yeux vers Peter.

 

- Ne vous inquiétez pas, dit Dan avec un sourire. Nous ne vous demandons pas de décider quoi que ce soit tout de suite. Nous vous faisons juste savoir qu'il peut y avoir une possibilité.

 

Quand le dîner se termine, je me dirige vers les toilettes pour éviter d'avoir à attendre un taxi en même temps que Gale. Je sais qu'il va rester à l'hôtel Waldorf avec les autres.

 

Peter s’approche quand je suis en train de me laver les mains dans l’évier. Il me sourit mais sans empathie.

 

- Tu as survécu ? dit-il.

 

- A peine.

 

- Alors ..... Qu'est-il arrivé ?

 

- Il m'a largué.

 

Peter a un regard expressif qui dit tout. Il est choqué. Je trouve cela suspect.

 

- Pourquoi ? Je demande avec prudence. Qu'est-ce qu'il t’a dit ?

 

- Que tu es retourné avec Simon, explique Peter.

 

- Il a dit ça ? Je demande à Peter qui hoche la tête.

 

- Mot pour mot.

 

- Qu’il aille se faire foutre ! Je ressens de la colère courir dans mes veines. Je serais resté avec lui s'il n'était pas un ...

 

Je m'arrête.

 

- Comment sait-il pour Simon?

 

- Aucune idée, dit Pierre innocemment. Mais si tu penses que tu lui appartiens, pourquoi es-tu avec Simon?

 

- Gale m'a largué la nuit de la fête de fin de saison.

 

- Pourquoi?

 

- Nous allons dans des directions différentes ! Je répète les mots qui m’ont brisé le cœur.

 

- Ouais…C'est des conneries.

 

Le ton de Peter était neutre.

 

- Je suis désolé.

 

- Moi aussi, dis-je doucement.

 

Peter me regarde en silence pendant une minute, puis attrape mon visage dans ses mains, m'embrasse rapidement sur la joue.

 

                                                                               ~ 502 ~

 

Réunion pour la scène de sexe. Zut. Je regarde Gale en face de la table pendant que le directeur Mike explique ce qu'il veut de nous.

- Nous allons donc commencer le tournage, explique Mike. Il a dirigé nombre de nos épisodes.

 

- Je veux faire quelque chose de hot.

 

- Pas de hot.

 

- Aucune langue, j'ajoute à l'objection de Gale afin que nos mots s’emmêlent.

 

Mike s'arrête de parler et me regarde, puis Ron et Dan, puis Gale. Il ne dit rien.

 

- Gale, Randy. Dan commence diplomatiquement. Justin et Brian n'ont pas été ensemble depuis des mois.

 

- Je ne dis pas que nous ne pouvons pas nous embrasser, mais je ne pense pas qu’un ramonage des amygdales soit nécessaire, répond Gale en regardant Mike et moi. Nous sommes des hommes qui voulons juste nous revoir.

 

- Mais il y a de l'amour là, nous rappelle Ron.

 

Nous attendons mais ne disons rien.

 

- Nous nous embrasserons. J’accepte en évitant le regard de colère de Gale parce que j'ai parlé pour nous deux. Laissez-nous gérer cela comme ça vient. Ce sera plus naturel ainsi de toute façon.

 

Mike semble d'accord avec cela. Il sait aussi que nous avons l’habitude. Il va dans tous les sens. Il est prévu qu’on soit face à face, puis il tient ma tête en arrière comme dans la saison 2, côte-à-côte, la main sur la hanche, les lèvres sur le cou, bla, bla, bla…

 

Une fois que tout est clarifié, que le temps où nous devrons être nus au-dessus de l'autre est bien estimé, Gale et moi partons en silence jusqu’à à la caravane pour le maquillage.

 

- Lequel d'entre vous, beauté, veut commencer ? nous demande Yasmine.

 

Avant qu'il ne puisse répondre, je m'avance.

 

- Moi.

 

Gale est scotché. S'il va au maquillage d'abord, il peut prendre une cigarette avant de faire la scène. Maintenant, il ne peut plus. Je le sais et c'est pourquoi j'ai décidé d'aller en premier. Je suis en colère.

 

Yasmine me place derrière le rideau où elle pose des lotions, des poudres... J'entends Clara, l'une des coiffeuses, commencer à parler avec Gale. La discussion se transforme en argumentation presque instantanément. C'est devenu la norme aujourd'hui. Tout à coup, Gale est têtu à propos de ses cheveux cette saison. Il refuse de les couper, et en plus il refuse qu’on mettre du produit. Alors maintenant, il s’obstine pour une raie au milieu et collés sur les côtés. Et il ne ressemble à rien comme ça. Je sais qu'il fait exprès pour me repousser. Et ça marche : même si je ne sais pas pourquoi je suis contrarié au sujet de ses cheveux. Je râle pendant qu'il est au maquillage et quand il se présente, je vois que Clara a gagné la bataille. Elle a ébouriffé ses cheveux de manière très sexy. Très sexy. Dieu, Gale est vachement sexy.

 

Mike nous appelle vers le lit et nous donne des instructions.

 

- D'accord, Gale ? tu es sur le lit, sur le dos, Randy, à cheval sur toi et vous commencez à vous embrasser puis tu glisses le long de son corps et vous commencez la sim.

 

« Sim » signifie simulation. Je hoche la tête, laconique et j’attends que Gale grimpe dans le lit, ce qu'il fait, laissant tomber son peignoir sur le sol à côté. L’habilleuse va le ramasser et je lui tends le mien et ajuste ma protection de sexe consciencieusement. Gale baisse les yeux vers elle, se lèche ses lèvres et je rougis. Je rampe sur lui et il saisit mes hanches. Nos yeux se ferment.

 

- Prêts, les gars?

 

- Oui. dit Gale d’une voix dénuée d’émotion.

 

Ses mains sont toujours autour de mes hanches. Ses longs doigts jouent dans le bas de mon dos, ses pouces sur mon bas-ventre vers mon nombril.

 

- Oui, dis-je en espérant être aussi impassible que lui.

 

Mike et l'équipe se mettent en place. Je m’allonge au-dessus de lui et commence à embrasser son cou. Comme mes lèvres frôlent sa mâchoire et descend sous son oreille, je laisse ma langue glisser sur la peau…son goût me manque tellement. Je me dis qu'il va me repousser ou être froid et Mike va dire « coupez ! », mais je ne peux pas m'en empêcher.

Et Gale me surprend. Au lieu de m'arrêter ou de reculer, il tourne la tête vers moi et m'embrasse sur la joue, poussant son visage contre le mien. J'embrasse son corps de tout son long et je descends mon visage jusqu’à l'aine et commence à simuler ce que je souhaite faire réellement sur Gale.

 

Mike crie « coupez ! » et nous dit que c’était fabuleux, puis demande à Gale de prendre la position de dominant. Quand la caméra tourne, il embrasse mon corps tout le long et caresse ma chair comme j’aime et il le sait. Il arrive à mon entrejambe, écarte ses mains et penche la tête. Je sens ses doux cheveux chatouiller mon ventre et ses doigts frôlent ma protection. Bien sûr, mon corps commence à réagir.. Instinctivement je veux perdre mes doigts dans ses cheveux et pousser sa tête plus près de mon sexe, mais je m'arrête avant de le toucher.

 

Nous faisons ensuite quelques autres positions. Mike est content du travail depuis le début et nous avons terminé 15 minutes avant l’heure prévue. Gale et moi ramassons nos peignoirs et nous enroulons dedans.

 

Je regarde sa poitrine frissonner comme il prend une profonde inspiration et ses doigts tremblent lorsqu’ ils attachent la ceinture de la robe. Il est secoué.

 

- Putain, j’ai besoin de fumer à un tel point que ça fait mal, marmonne-t-il en s’éloignant.

 

Je sais que ce n'est pas pour la cigarette. C'est moi. Ça me touche à nouveau. Bon. Au moins, je ne suis pas le seul.

 

~ 505 ~

 

Nous terminons notre dernière scène, après quoi nous avons une petite fête pour Rosie O'Donnell, guest star des deux dernières épisodes. Dans cette scène, Gale est tellement en sueur qu’il semble malade. Notre directeur, Chris, est heureux d’avoir cette image.

 

Nous prenons nos marques et il hurle « action ». Gale se dirige vers moi et j’attends qu’il se penche vers moi et qu’il murmure les mots « J'aime ta sauce blanche. » Mais au lieu de faire comme à la dernière prise, se pencher face-à-


cinto  (01.03.2014 à 18:28)

                                                                                ~ 505 ~

 

Nous terminons notre dernière scène, après quoi nous avons une petite fête pour Rosie O'Donnell, guest star des deux dernières épisodes. Dans cette scène, Gale est tellement en sueur qu’il semble malade. Notre directeur, Chris, est heureux d’avoir cette image.

 

Nous prenons nos marques et il hurle « action ». Gale se dirige vers moi et j’attends qu’il se penche vers moi et qu’il murmure les mots « J'aime ta sauce blanche. » Mais au lieu de faire comme à la dernière prise, se pencher face-à-face, il se dirige vers moi avec sa poitrine collée à mon épaule. Puis il fait une pause pour appuyer sa tête contre la mienne, le nez dans mes cheveux. J’ai la chair de poule instantanément. Nous nous disputons pour la syphilis et Chris dit « coupez » et boucle la scène. Je pars pour le vestiaire immédiatement. Il me suit tout en enfilant un T-shirt.

 

- Vas-tu à la fête ?

 

- Quoi ?

 

Je suis réellement surpris qu'il me parle.

- Non.

 

Il me regarde avec des yeux plissés.

 

- Tu ne penses pas que c'est peu professionnel de ta part de sauter des évènements professionnels à cause de tes problèmes personnels avec moi?

 

Je m'arrête instantanément. Je le fais si brusquement qu'il ne peut pas s'arrêter aussi vite et son épaule heurte la mienne.

 

- Ce n'est pas vraiment à cause de toi, dis-je avec colère. Mais c’est bon de voir que ton ego est intact.

 

- Randy, viens à la fête, dit-il d'un ton neutre.

 

Je ne m’attendais pas à cette réaction, à ces paroles.

 

- Tu es mieux sans moi et au fond tu le sais.

 

- Oh mon Dieu, tu es ignoble, je siffle, en combattant mes larmes qui menacent. Tu es celui qui semble être le mieux maintenant ! Pas moi. Si ce n'est pas pour moi, admets le au moins pour toi même. Tu n'as jamais voulu que ce soit autre chose qu'une expérience pour faciliter le travail.

 

Je commence à passer devant lui, mais il saisit mon bras. J'essaie de le retirer, mais ne peut pas. Il a travaillé ses muscles.

 

- Je me sens mieux maintenant, admet Gale doucement et ces mots n’empêchent pas plus les larmes de venir. Je n'ai pas à me sentir coupable non plus et non, je n’ai pas joué avec toi.

 

Wahou !. Il l’admet. Il m’a baisé, dans tous les sens du terme. J'espérais vraiment m’être trompé à ce sujet. Dieu ! J’avais tort ! J'arrive à libérer mon bras enfin, à prendre une profonde respiration.

 

- Merci d'être honnête. Maintenant, s'il te plaît, laisse-moi tranquille. Nous ne serons jamais amis.

 

Je me retourne et je grogne dans le couloir. Je peux l’ entendre marcher loin sur le béton derrière moi. Il ne va pas me laisser tranquille. Je vais avoir à claquer la porte de ma loge sur son visage. Je le ferai. Je vais faire ce que je dois faire pour l'empêcher de voir mes larmes.

 

Mais alors que je tourne le coin, je vois Ron debout devant la porte de ma loge, et je chancelle. Je n'ai nulle part où aller. Je ne peux pas revenir en arrière parce que Gale est là et je ne veux pas continuer à avancer parce que la dernière chose que je veux faire dans cet état émotionnel est de parler « job » avec un producteur. Mais je n'ai pas le choix. Je me demande ce que j’ai fait pour mériter cela.

Je renifle, me racle la gorge et je souris à Ron.

 

- Hey, dis-je avec désinvolture simulée.

 

- Tu vas bien Randy ? demande t’il.

 

Évidemment, mes talents d'acteur me servent.

 

- Super. Nous avons eu une scène émotionnelle.

 

Gale est à côté de moi à présent, et sourit légèrement. Ouais, rien ne le dérange. Il se sent bien. Il n'a pas à se sentir là coupable non plus.Putain.

 

Ron me regarde de façon perplexe, ce qui est logique car il a probablement mémorisé le calendrier de tournage et n'a aucune idée de pourquoi la scène de la syphilis me ferait venir larmes aux yeux. Il hausse les épaules, un peu, hoche la tête et dit ensuite:

 

- Nous avons eu de bonnes nouvelles aujourd'hui. C'est officiel. Showtime veut faire une 6 ème saison.

 

Je me hérisse.

 

- Je ne veux pas.

 

Les mots ont jailli de la bouche de Gale.

 

Nous le regardons tous les deux.

 

- Je ne peux pas. Je suis désolé.

 

Et puis il gronde dans le couloir et gagne la porte de sortie. Ron me regarde.

 

- Est-il sérieux ?

 

Je hoche la tête lentement.

 

- Ouais, je crois qu'il l’est, je l'avoue carrément. Et je le suis aussi. Je ne peux pas faire une autre saison. Je viens de .... Je ne pense pas que nous devrions.

 

- Oh.

 

- Désolé, Ron. Je suis vraiment désolé.

 

Je sors, certes avec beaucoup moins d’élégance et détermination que mon prédécesseur. Gale fait les cent pas dans le parking sous un ciel gris, menaçant d’une averse à chaque seconde.

Je m'approche de lui avec précaution, comme je le ferai avec un lion sauvage. Il ne lève pas les yeux, mais je sais qu'il sait que je suis là.

 

- Cela n'a rien à voir avec toi, ok. hurle-t-il à moitié. J'aime ...j’aime travailler avec toi. Malgré tout, je suis sûr ... tu es un grand acteur et tu fais de moi un meilleur acteur. Mais je ne peux pas être ce gars davantage. Ça .... m’étouffe maintenant. Brian a baisé tout Pittsburgh, a survécu à un cancer, enterré un parent, procréé, est tombé amoureux, a eu le cœur brisé, retrouve son véritable amour, sauve tous ses amis de quelque chose au moins une fois, a presque fait faillite, et maintenant il a contracté une MST. Qu'y a t-il d’autre à faire pour lui ?

 

- Je sais. Je sais. dis-je doucement. J'aime travailler avec toi aussi. Je n'arrive pas à comprendre Justin davantage. Je veux dire, je l'aime sur beaucoup de plans. Mais je ne sais pas où ils peuvent l’emmener et je ne veux pas que cela continue, maintenant, il a juste quelque chose à offrir artistiquement.

 

Il lève vers moi ses yeux verts.

 

- Ouais. C'est tout. Tu comprends. Cette histoire avait un but. Il y avait un engagement envers les personnages et le public et .... je pense qu'il est rempli maintenant.

 

Je hoche la tête.

 

- Showtime veut gagner de l'argent et je le comprends. Ce n'est pas injustifié, mais ce n'est pas ce qui est le mieux pour cette histoire ou ses fans.

 

- Oui.

 

- Oui.

 

Je regarde vers le ciel. Gale regarde le trottoir. Une lourde et épaisse goutte de pluie frappe mon épaule gauche. Je regarde une autre goutte sur le T-shirt blanc de Gale. Il ne semble pas le remarquer tandis qu’il prend une longue et dernière bouffée de sa cigarette.

 

- Tout le monde va nous détester, dit-il tristement.

 

- Je ne pense pas, lui dis-je. Peut-être qu'ils vont tout simplement continuer sans nous.

 

Il fait un bruit de sa gorge et me sourit.

 

- Tu es fou.

- Parfois. Ouais. Je souris un peu. Je dois y aller, changer de vêtements et me rendre à la fête.

 

Gale sourit un peu plus.

 

- Rendez-vous là-bas, alors.

 

Nous nous sommes grisés tous les deux à la fête et avons passé un bon moment. Le bruit que Showtime veut prolonger les contrats, et la série, s'est étendu et c’est le sujet de la soirée. Les sentiments semblent être partagés. L'équipe semble excitée à l’idée de cette possibilité, comme Bobby et Michelle et Théa. Mais Peter se tait sur le sujet ainsi que Sharon, Gale et Moi. Scott dit ouvertement qu'il est presque sûr qu'il a fait tout son possible.

 

À 23h, Gale et moi partons de la fête. Nous marchons ensemble vers la station de métro la plus proche. Il allume une cigarette et me la tend. Je secoue la tête.

 

- J'ai arrêté.

 

- Oh, il hausse les épaules et prend une tire une bouffée.

 

La pluie a enfin cessé, mais les trottoirs et les routes sont remplis de flaques. Gale marche sur le côté du trottoir près de la chaussée ; il est dans un état d'ébriété avancé, il trébuche. Je tends la main et je le retiens instinctivement pour l'empêcher de tomber. Nous trébuchons en arrière jusqu'à ce que mon dos heurte un lampadaire et que nous retrouvions notre équilibre.

 

Il est penché sur moi maintenant. Mes mains sont sur ses bras juste au-dessus de ses coudes et les siennes sont sur mes hanches tandis que nos poitrines sont collées. Il me regarde avec ses yeux verts, sort sa langue et mouille sa lèvre inférieure. Je me sens un mouvement convulsif dans mon pantalon et j’ai l’eau à la bouche. Mmm, je veux le goûter.

 

- Tu me manques comme un fou, Randy, murmure-t-il doucement et son souffle chaud caresse ma joue.

 

- Tu n’as pas le droit de dire que je te manque, Gale, dis-je essayant de ne pas trop montrer mon désir...C’est toi qui a rompu.

 

- Je devais le faire.

 

- Parce que tu m'as utilisé ! Tu as joué avec moi, je sais ! dis-je sèchement.

 

Sur son magnifique visage, je vois la confusion.

 

- Randy, je ne voulais pas .... Je voulais. ... il a l'air si mal. Tu penses que je me suis juste amusé avec toi et tes sentiments ? Ce n’était pas ça. Je t'aimais. Je t'aime toujours.

 

- Alors, pourquoi m’as-tu brisé le cœur ?

 

- Tu ne crois pas que le mien a été complètement arraché quand je t’ai appelé et que c’est Simon qui a répondu à ce putain de téléphone à 3 h du mat?

 

Je sens que mon sang se fige. Littéralement.

 

- Tu as appelé ? Où étais-je ?

 

- A toi de me le dire Je ne sais pas, je ne t’ai pas parlé directement. J'ai parlé à Simon, dit Gale faiblement.

 

- Gale, j'ai totalement merdé et il a pris soin de moi pendant que je vomissais, j’explique tout à coup.

 

Ce devait être le soir après le bar avec Andi. Je ne suis pas resté davantage avec Simon. Je n’ai pas passé la nuit, au cas où Gale appellerait ou je trouve le courage de l'appeler.

 

- Mais il est toujours là pour prendre soin de toi, me rappelle t-il. Et je n'ai aucun argument parce qu'il a raison. Et ce n'est pas grave. Je veux quelqu'un pour prendre soin de toi. Etre là. Parce que je ne le peux pas.

 

- Pourquoi pas ? Je demande d’une voix tremblante, puis j’attrape le tissu de sa chemise et l’approche un peu. Je veux que tu sois là. Pas lui.

 

Il ne me répond pas mais se penche vers moi et couvre mes lèvres des siennes. Je l'embrasse, glisse ma langue dans sa bouche et gémis quand je sens la sienne. Il pousse de tout son poids contre moi, m’écrasant contre le lampadaire derrière moi mais je m’en moque. Je me laisse noyer dans la sensation de sa bouche et son corps contre moi. Il s'éloigne.

 

- Randy ... Je ne peux pas, dit-il, et regarde la rue vide d’un air coupable, nerveux avant de la traverser et disparaître dans la station de métro.

 


cinto  (03.03.2014 à 17:25)

                                                                   SAISON 5

 

                                                                     ~ 507 ~

 

C'est samedi soir. Lundi, nous devons commencer à filmer le 507.

Ron et Dan nous avaient donné les scripts vendredi après avoir fini le 506, comme c'est l’habitude quand nous ne faisons pas une table de lecture préalable.

 

Après avoir passé la journée à travailler, j'ai acheté des sushis sur le chemin de la maison et maintenant je transpire en débouchant une bouteille de rouge pour le dîner et je me mets à lire le script.

Avec un rouleau de thon épicé en équilibre sur une côtelette à quelques pouces de ma bouche, je me fige. Les mots sur la page ne semblent pas réels. Ils ne peuvent pas être réels. "Ils nous séparent", je chuchote dans mon appartement vide.

 

Mon cœur souffre soudainement mais quelque part, je suis aussi ravi. Justin sait se battre pour ce qu'il veut. Justin a enfin terminé d’être soumis à Brian. Mais ... Dieu ! que j'aime Gale. Les nouvelles dispositions de Justin font que je

n'ai plus de raison ou d’excuses pour toucher Gale. Mon cœur se serre à l'idée de perdre ça. Une demi-heure plus tard, le sushi reste inachevé sur ma table, la bouteille de vin à moitié vide et je me retrouve à lire et relire la scène où Brian se dispute avec Michael chez lui et Ben. Dieu ! Il aime tellement Justin ; pourquoi ne pas s’en remettre qu’à ça ?

 

Pourquoi diable Gale ne se laisse t-il pas aller, à juste être bien avec moi?

Je veux l'appeler et lui demander s'il l'a lu. Mais je ne peux pas. Nous n'en sommes pas encore là. Depuis la soirée et le baiser, la tension entre nous a certainement diminué, mais nous ne sommes pas exactement copains. Je ne peux pas l’ appeler à moitié ivre à 21 h le samedi et commencer à râler.

 

Mais apparemment, il peut frapper à ma porte à 23 h le dimanche à moitié saoûl. Parce que c'est exactement ce qu'il fait la nuit suivante. J'ouvre la porte sans rien sur moi à part mon caleçon parce que j'étais déjà au lit. Il passe devant moi et à grandes enjambées, sans hésiter, il arrive dans le couloir. Dans sa main gauche, il y a un script enroulé et en lambeaux. Il fait un signe vers moi.

 

- Tu as lu ça ?

 

Je hoche la tête et je frotte mes yeux ensommeillés.

 

- Ils nous ont séparés, dit-il. Et ils n'ont pas fait réagir Brian à ce sujet.

 

Je hoche la tête à nouveau.

 

Il soupire bruyamment mais la tension ne semble pas retomber. Il feuillette le script comme s’il pourrait être à la recherche de quelque chose de spécifique, mais ensuite il s'arrête et le jette sur mon canapé.

 

- Mais Brian a raison, annonce-t-il tout à coup. Impossible est un mot qui implique que tu es incapable de faire quelque chose. Je ne pouvais pas utiliser ce mot quand j'ai dit que je ne pouvais pas être avec toi. Je voulais dire : Je ne veux pas.

 

- Très bien, je réponds un peu vexé qu'il me réveille pour m’expliquer pourquoi il m'a largué. Tu ne veux pas être avec moi, même si tu m'aimes. Quelle précision fabuleuse !

 

- Pour être un couple, les deux personnes doivent vouloir la même chose, aller dans la même direction.

 

- C'est mon dialogue, ça ! dis-je en le fixant, me demandant pourquoi il cite Justin.

 

- Je sais. Et c'est la vérité, répond-il, faisant un pas vers moi. Toi et moi, on ne va pas dans la même direction.

 

- Gale. Je ne veux pas entendre ça, je préviens.

 

- Mais…

 

- Non, vraiment je ne veux pas entendre ça, je le répète et je sens que mes émotions commencent à prendre le dessus. Je n’en ai rien à foutre de savoir pourquoi tu ne veux pas être avec moi. Je n'ai pas besoin d'entendre une centaine de raisons. J’ai assez mal comme ça.

 

- Tu me remercieras pour cela, me dit Gale et ça me rend furieux. Un jour, quand tu seras dans le début d’une relation, tu seras heureux de ne pas être secrètement coincé avec un mec estampillé hétéro.

 

- Tu n’as pas le droit de me traiter comme ça et prétendre savoir ce qui est le mieux pour moi, je me surprends à hurler. Il sursaute.

 

- Ce n’est pas moi qui le dis, dit-il en élevant la voix à son tour. C’est toi qui as dit ça.

 

- Putain, qu'est- ce que tu racontes ?

 

- Tu m'as dit que tu ne vivrais jamais dans le placard. Tu as dit au journaliste au téléphone l'an dernier la même chose, explique-t-il. Et que l'honnêteté était très importante pour toi en tant qu'acteur et en tant que personne. Je ne peux pas être honnête avec le monde qui nous entoure. Du moins pas si je peux exercer la carrière que je veux. Je ne peux pas être un homme de théâtre. Je veux rêver à la carrière de Tom Cruise.

 

Mon cerveau est en plein court-circuit. J'essaie de traiter tout ce dont il parle. Essayer de comprendre de quoi il parle. Il y a un grand silence.

 

- Je suis désolé de t'avoir réveillé, dit finalement Gale et il se dirige vers la porte. Je te verrai demain.

 

Nous devons faire un gros travail. La première scène que nous devons filmer est celle de notre rupture. Je ne peux pas m'empêcher de remarquer qu’il y a là une partie du casting. Théa est là et Peter aussi. C'est une grande scène. Une grosse affaire. Et je pense que les deux se rendent compte combien ça va nous toucher bien plus que Justin et Brian.

 

Gale commence à être terriblement bouleversé à un moment donné et nous devons arrêter pour qu'il se calme. Parce que Brian ne pleure jamais.

Le dernier jour, nous tournons la scène chez Michael et Ben. Cela prend la plus grande partie de l'après-midi et Gale a un moment difficile avec ses émotions. Je voudrais le saisir et le tenir, mais je ne peux pas.

 

C'est presque une semaine plus tard, quand je ne peux pas dormir et que je suis au téléphone avec Simon que soudainement je suis frappé par le souvenir du journaliste et de l’interview auxquels il faisait allusion. Le magazine

«Advocate ». L'année dernière. Avant que tout explose.

 

- Simon, je dois y aller, je l’interromps au milieu d'une phrase.

 

- Aller où ? Il est presque une heure du matin?

 

- J'ai oublié d’acheter du café pour demain matin. Je cours au magasin tout proche.

 

Je mens. Mal.

 

- Randy si tu vois quelqu’un, tu n’as pas à mentir à ce sujet, dit Simon calmement. Nous avons convenu d'être libres pendant que nous sommes séparés, tu te souviens?

 

- Je t'appelle demain. Je te promets, je lui dis et raccroche.

 

Quand il ouvre la porte, il n’est vêtu d'absolument rien. Je le regarde son entrejambe et j’ai l’eau à la bouche. Je lève les yeux qui se posent sur son visage ensommeillé.

Je passe devant lui alors qu'il ouvre grand la porte pour me laisser entrer, je me tourne et claque un exemplaire du magazine sur sa poitrine. Il le prend et le regarde, perplexe.

 

- C'est quoi ?

 

- L'article que tu as mentionné il y a quelques semaines, je lui dis d'un ton neutre. Tu ne l’as manifestement jamais lu.

 

- Et alors ?

 

Je le lui reprends des mains et je l’ouvre à la page concerné et commence à lire à haute voix.

 

- En fait, j'ai plus de respect pour les gens qui sont dans le placard. Vous exposez tellement de vous-même quand vous devez parler de votre vie sexuelle. Vous ne devriez pas avoir à en parler. Je n'aime pas les gens qui mentent. Mais si vous ne parlez pas, c'est que vous êtes trop peureux pour en parler, ce qui n’est pas mon cas. Je dirais : Faites-le rapidement et discrètement au début de votre carrière.

 

Il me regarde. Maintenant c'est à son tour de se sentir avec un court-circuit dans le cerveau.

 

- Si tu m’avais parlé de cela, je t’aurai dit tout ceci et plus encore, je lui dis à voix basse. Je t’ai dit que je comprenais tout à fait que tu n’aies pas eu la chance de le faire au début de ta carrière. Je comprends que tu sois coincé pour en parler ou que tu n’aimes pas mentir à ce sujet et je m’en moque. Ça ne fait pas de toi un lâche et j’ai beaucoup de respect pour toi et pour ce que tu auras à traverser. Je voulais être avec toi, peu importe le reste.

 

Il me dévisage simplement. Je tends la main et prends la sienne. Je me détourne et commence à marcher vers la chambre à coucher sans lâcher sa main. Il me résiste au début, mais je continue à marcher et il commence à me suivre.

 

- Randy ...

 

- M'aimes-tu ? Je demande simplement quand j'arrive à la chambre à coucher.

 

- Toujours, dit-il d'une voix tendue granuleuse.

 

- Donc tais-toi, lui dis-je et je me dresse sur la pointe des pieds pour planter mes lèvres sur les siennes.

 

Le sexe n'est pas lascif ou maniaque. C'est absolument nécessaire et incroyablement intense. Nous sommes lents et sensuels. Il passe son temps à faire courir ses doigts sur chaque centimètre de ma peau nue. Je ne peux pas ôter mes lèvres ou ma langue de sa peau. Je suis obsédé par le gout de sa peau, de lui.

 

Il est doux, en savourant chaque poussée. Son regard me brûle ; Quelques instants après, je suis aussi doux que lui et je me noie dans la perception de son corps.

 


cinto  (05.03.2014 à 19:46)

 ~ 510 ~

 

- Ah !!!!, enfin !!!!

 

La salle éclate de rire. Je souris et j’enveloppe un bras autour de son épaule en le serrant.

 

«Oups», sourit Gale. Je veux dire ... Je t'aime.

 

- Ils reculent et Justin le regarde, confus. Comme s’ il ne peut pas croire ce qu'il a entendu, dit Ron lisant les directives du script comme lui ou Dan font généralement à la séance de lecture.

 

- Je t'aime, Gale lit la ligne suivante.

 

- Ils s'embrassent et la caméra recule. Long travelling de la scène avec Brian et Justin s’embrassant. En fondu de noir.

 

- Putain, il était temps, j'annonce et lève les bras en l'air. « Justin gagne ! »

 

Tout le monde rit à nouveau. Gale penche sa tête et heurte mon épaule. Finir le 510 prend près de deux semaines entières à cause de la pyrotechnique à l'extérieur et tout le reste.

 

Les jours sont plus longs que la normale. Mais ce n'est pas grave. Ça vaut la peine parce que chaque nuit, je suis dans le lit avec Gale, il m’entoure de ses bras et chacun murmure à l'autre jusqu'à ce que nous nous endormions. Et chaque matin, je me réveille avec sa main sur mon sexe ou ses lèvres sur ma gorge. Je suis au 7ème ciel à nouveau.

 

Mais je sais que ça ne peut pas durer. Je sais que nous sommes voués à l'échec. Je l'accepte. Mais cela ne m'empêche pas de foncer tête baissée et de me perdre dans l'amour et la passion que je ressens pour lui et tout recommencer.

 

~ 513 ~

 

Et tout comme ce que je sais que ça doit nous arriver, Brian et Justin sont également séparés. Gale et moi soutenons avec véhémence à Ron et Dan le jour où nous recevons le script pour 513. Nous sommes comme des avocats de la défense trop zélés.

 

- Vous rendez un mauvais service à toute l’évolution de Brian, leur dit Gale. Il a évolué jusqu’à ce point où, enfin, il a mis réellement son cœur à nu et vous détruisez cela.

 

- Gale ...

 

- Et Justin ressemble à un trou du cul, je rétorque avant que Ron ne puisse répondre à la préoccupation de Gale. Il obtient enfin tout ce qu’il n’a jamais désiré de la seule personne qu'il aime et puis il laisse tout tomber juste pour ça. Vraiment ? Jésus, je le hais maintenant.

 

- Est-ce vraiment ce que vous voulez que les fans ressentent ?

 

- Les gars ! Ron élève la voix pour la première fois depuis que je le connais. Nous nous calmons. Vous n'êtes pas en train de rompre !

 

- Justin va à New York, explique Dan. Mais vous n'êtes pas en train de rompre.

 

- Brian ne va pas abandonner maintenant. Et même s'il essayait, Justin, comme d'habitude, ne le laisserait pas faire, ajoute Ron.

 

- Si nous ne le faisons pas, comment quelqu’un d’autre le ferait ? Je demande.

 

- Ils le feront.

 

- Je ne pense pas.

 

- Moi non plus, Gale acquiers. Pourquoi ne pouvons-nous le filmer en train de prendre l’avion? Ou pourquoi je ne peux pas faire des plans pour le voir, comme dans le dialogue.

 

- Gale, c'est fait. C’est comme ça, dit Ron d'une voix forte.

 

Nous nous en allons tous les deux sans un mot. Plus tard dans la nuit alors qu’il nettoie le sperme de mon ventre sous le jet de la douche il dit :

 

- Je ne pense pas que je me battais seulement pour Justin et Brian.

 

Je le regarde.

 

- Je parlais pour nous aussi. Justin et Brian ne se retrouvent pas ... la même chose pourrait nous arriver et je crois que je ne faisais que lutter contre cela.

 

- Ouais, je suppose que moi aussi.

 

Il arrête la douche et nous ne parlons plus jusqu'à ce que nous soyons tous les deux blottis dans le lit quelques minutes plus tard.

 

- Je ne veux pas que nous soyons séparés, lui dis-je calmement.

 

- Donc, il ne faut pas.

 

- Je voudrais que ce soit aussi simple que cela.

 

- Moi aussi, Rands.


cinto  (07.03.2014 à 17:42)

                                                                   BOUCLAGE

                                                                 Fin de saison 5

 

J’avais l'impression que j'allais m'évanouir. Que d'émotions claquent en moi tout à coup quand je suis dans le loft et que je serre Brian pour la dernière fois. Puis, soudain, il y a des applaudissements et il est clair que la scène, la série, sont bel et bien terminées maintenant.

 

Nous nous sommes finalement séparés et je me place dans le coin du studio. Gale s'attarde, essayant sans succès de réprimer ses émotions. Dan commence à parler, il est sincère et gentil mais mes yeux sont sur Gale qui pleure silencieusement et ça me fait pleurer. Ce qui le bouleverse encore plus. Il déteste quand je pleure.

 

Je l'ai fait beaucoup au cours des dernières semaines. J'ai été un énorme gâchis émotionnel parce que je savais que la fin était proche. Enfin, comme Dan continue de parler, nous parvenons à nous ressaisir un peu. Gale se tient un peu derrière moi et il place sa main sur le bas de mon dos, accroche ses doigts dans le haut de mes jeans et ça me fait sourire. Je suis comme une ancre pour lui.

Puis Dan commence à nous féliciter de nous être jamais plaints et l'équipe se met à rire. Je ris aux éclats et m'incline quand Gale m'attrape et me tire vers sa poitrine.

 

Ron prend la parole à son tour en étant aussi éloquent que son homologue.

Gale déteste parler en public, mais nous savions tous les deux ce qu'on attendait de nous. Il peine à le faire. Je remue constamment à côté de lui à vouloir le toucher, le calmer, embrasser ses larmes, mais en sachant que tout cela est filmé, je ne peux rien faire, seulement remuer.

 

Quand c'est mon tour de parler, Gale s’éloigne et s'accroupit. Je sais que c'est parce que si je craque, il lui sera impossible de ne pas me toucher, me calmer, m’embrasser, si je suis à portée de main. Il est tellement tactile quand il s'agit de moi. Et je l'aime.

 

Quand je parle de comment nous avons passé plus de temps ensemble qu’ avec nos propre famille, je vois Gale se démarquer et s’éloigner. Je sais que c'est parce que j’ai une voix cassée à ce moment-là et il a besoin de prendre ses distances pour ne pas m’étreindre et m’embrasser.

 

Et puis, comme l’a dit Gale, la putain de raison pour laquelle nous sommes ici….Je leur dis et ma voix commence à s'essouffler quelque peu. Savent-ils combien ils sont chanceux d'avoir travaillé avec lui ? De l’avoir connu ?

Je m'arrête. Avec ce genre d'exemple ...Je me retourne vers lui d’un mouvement de ma main. Ce que j'ai eu ... bla, bla ... le type d'ouverture et ... la façon dont vous avez traité certains sujets. Je montre Ron et Dan et l’ensemble des acteurs de l’autre côté. Il devient de plus en plus difficile de parler et soudain je me souviens d'une des blagues que Gale m’a dit vouloir faire quand nous en parlions la nuit dernière dans le lit.

 

- Je ne pourrai jamais tous vous remercier assez ... pour cela ... Car je n'ai jamais pris la peine d'apprendre tous vos noms.

 

Tout le monde éclate de rire et je lance un regard à Gale, en levant les bras en signe de victoire.

 

- C'était ma blague! proclame-t-il et je ris plus fort. Je me retourne avec un petit coup de pied en arrière.

 

- Je t'aime voleur, me dit-il.

 

-Tu es mon cœur, lui dis-je et il m'attrape et me retient à lui.

 

- Gale, s’ils filment encore ?

 

- Peu importe, dit-il avec défi. Je l’embrasse.

 

Une semaine plus tard, nous sommes debout devant mon appartement vacant à nous regarder.

 

- Je t’appelle quand j’arrive

 

- D'accord.

 

- Tu vas me manquer comme un fou.

 

- Tu vas me manquer aussi, Rands.

 

- Mais nous nous reverrons encore ....

 

- Bientôt, promet-il, et il m'embrasse doucement sur les lèvres. Je vais rentrer à New York à la fin du mois.

 

- Cool. Super.

 

J'entends le grondement du taxi à l'arrêt derrière moi. Je l'ignore. Il klaxonne.

Gale lui fait signe d’attendre une minute et m'embrasse à nouveau.

 

- Je t'aime.

 

- Je t'aime aussi. Toujours.

 

Je monte dans le taxi et je ne me retourne pas pour ne pas avoir dans ma tête son image qui s’éloigne. Je ne veux pas que ce soit la dernière chose dont je me souvienne de lui. Parce que je sais que nous ne serons pas à nouveau ensemble. Je sais qu'il ne viendra pas dans un mois et je sais que je ne vais pas l'appeler pour savoir pourquoi.

 

Et même, même s'il vient, ce ne sera pas long avant que nous ne commencions à annuler des plans et des visites et des appels téléphoniques. Tout ce que je peux espérer, c'est que nous tenions quelques bonnes années ... mais je ne serai pas surpris si nous ne faisons que quelques mois.

 

Je le sais, même si je ne peux pas accepter pleinement ou admettre en ce moment que nos défis sont trop grands. Et qu’ils deviennent encore plus grands maintenant que nous ne pouvons plus nous cacher à Toronto, sous le couvert de la série. Je sais que je ne serai pas capable de gérer le fait de ne pas pouvoir lui rendre visite sur le tournage ou l'embrasser en public, ou tenir sa belle main. Et je sais que je vais lui en vouloir quand je mentirai aux gens. Et je sais qu'il le sait et il ne veut pas me le demander.

 

Mais ce n'est pas grave. Je vais toujours l'aimer. Et il m'aimera toujours. Je sais cela. Ce n'est pas grave.

 

Un jour, ça va probablement cesser de me faire mal. Probablement.

 


cinto  (09.03.2014 à 19:33)

                                                                        Epilogue

 

 

17:44 ~ 14 octobre 2008

 

- Bonjour…?

 

- Randy, c'est Peter.

 

- Peter ? Wahou. Salut. Comment ... ça fait longtemps ! Comment vas-tu?

 

- Bien, mais je suis ... Je voulais savoir si tu étais au courant.

 

- Au courant de quoi ?

 

- Je ne pense pas que tu l’aies entendu. C’est partout sur Internet, mais je sais que tu n’aimes pas traîner sur le Net, je pense que quelqu'un devait .... Randy….Gale a eu un accident.

 

C'est comme si j’avais reçu un coup en pleine poitrine. Je n’arrive plus à respirer tout à coup, je ne sais plus comment respirer.

 

- Randy ?

 

- Je suis là. Je. .. Quel genre d'accident ? Est-ce qu'il va bien ? Est-il ? ... que s’est-il passé?

 

- Je ne suis pas complètement sûr, mais il était sur sa moto. C'était un accident de moto.

 

Cette putain de moto. Je me suis toujours inquiété pour lui avec cette putain de moto.

 

- Oh mon Dieu. C'est ... pas bon, n'est-ce pas ?

 

- J'ai appelé son agent Nancy et elle m'a dit que tout ce qu'elle savait, c'est qu'il était en soins intensifs. Ils attendent d’en savoir plus.

 

Je prends une grande respiration et je m’étouffe presque. Soins intensifs. Il n’a pas seulement dit « soins intensifs ». S'il plaît à Dieu. Non ! Non ! Non ! Non ! Non ! Non !

 

- Randy ... C’est tout ce que je sais. Je voulais que tu sois informé.

 

- Merci. Je. .. C’est gentil. Merci.

 

Je m’étouffe dans un sanglot.

 

Je ne vais pas pleurer. Il n'y a aucune raison de pleurer. Je ne le ferai pas. Pas encore. Espérons ne pas avoir à le faire. Dieu s'il vous plaît, ne me donnez pas de raisons de pleurer. Je vous en supplie. Non.

 

- Est-ce que ça va?

 

- Ouais. Bien sûr. Juste ... choqué. Je suis ... inquiet.

 

20:23 ~ 14 octobre 2008

 

- Bonjour ?

 

- Salut Ron, c'est Randy Harrison. Je déteste te déranger à la maison si tard mais…

 

- C'est bon, je sais pourquoi tu appelles.

 

Je me sens soudain soulagé et je prends une grande respiration.

 

- Je ne savais pas qui appeler. Je sais que tu connais Marc Cherry et j'ai pensé que tu aurais pu le contacter. Il pourrait savoir quelque chose. Est-ce que tu sais quelque chose? D’après le Net, ils disent que son état est critique.

 

- Oui, j'ai appelé Marc à la minute où j'ai appris. Malheureusement, pour une fois, Internet dit juste.

 

- Oh. Je. ... Ok. Oh mon Dieu ....

 

- Tu vas bien Randy ?

 

- Ouais ! Non ! Je veux dire .... C'est grave !

 

C’est grave. Il pourrait ..., il pourrait ..., oh mon Dieu s'il vous plaît, non.

 

- Tu travailles en ce moment ?

 

- Je suis entre deux pièces.

 

- Randy, si jamais tu veux encore le voir ... ce serait peut-être maintenant.

 

- Ouais. Je sais. Je viens ....

 

Je ne sais pas comment c'est arrivé. Ma voix se brise. Cela ne peut pas s’être produit.

 

13:24 ~ 15 octobre 2008

 

- Salut ! Merci de venir me chercher.

 

- Pas de problème ! Je ne voulais pas que tu prennes un taxi, dit Scott

 

- As-tu des nouvelles ?

 

- Il est toujours en soins intensifs. Les visites ne sont pas autorisées, mais une déclaration a été publiée disant qu'il va se rétablir complètement.

 

J'essaie de ne rien montrer de mes doutes à ce sujet.

 

- Ouais. J'ai lu la déclaration sur mon Blackberry.

 

- Mon agent a appelé le sien pour connaître la vérité.

 

J’aurai pu embrasser Scott là tout de suite.

 

- Et alors ?

 

- Il a une sévère perte de mémoire et le gonflement de son cerveau ne diminue pas aussi vite qu'ils l’avaient espéré. Ils ont du faire un trou dans sa tête.

 

- Putain de merde.

 

Je me sens nauséeux. Et j’ai froid. Putain, pourquoi ai-je si froid ?

 

- Je sais.

 

- Et la perte de mémoire ? Bordel, ça veut dire quoi ?

 

- Ils ne savent pas. Ou bien ils ne m'ont rien dit.

 

- Donc, il ne se souvient pas de la date de l'accident et il ne sait pas son nom ?

 

Je suis soudain furieux. Froid, nauséeux et furieux. Scott doit penser que j'ai perdu la tête.

 

- Pourquoi ne pas aller à l'hôpital et voir ce qu’ils vont nous dire, en personne ?

 

- Merci Scott. Je suis désolé. Mais je ne peux pas.

 

- Je sais. C'est effrayant. Tu as peur.

 

Il me sourit et je tente de me calmer. Je me frotte les yeux fatigués et renifle.

 

- Et s'il ne se souvient pas ?

 

- On verra. Disons simplement qu’il faut espérer.

 

17:17 ~ 17 octobre 2008

 

- Hey.

 

Sa voix. Sa belle voix douce, stoïque. Il vient de me parler. Ses yeux s'ouvrent et il me parle. J’étais en enfer, je me retrouve au paradis.

 

- Oh mon Dieu ! Je pensais que tu dormais.

 

- Non, je continue juste à fermer mes yeux. La lumière me fait mal. J'ai mal à la tête tout le temps.

 

- Oh.

 

- Oui.

 

Je suis stupéfait. Je le regarde fixement. Je ne peux pas .... Je ne peux pas croire qu'il me parle. Et c’est compréhensible. Je suis tellement soulagé, je suis sans voix. Merci mon Dieu. C'est ma chance. L'accident a été mon coup de semonce et c'est la chance pour laquelle je priais.

 

- Gale ...

- C'est ce qu'ils me disent. Et tu es ?

- Qu .. Quoi ? Je suis ... J'étais ...

- Je plaisante, Randy.

 

Je souris avec soulagement et je saisis les barres autour de son lit. Il rit doucement.

- Jésus-Christ! Dieu merci! Ce n'est pas drôle, putain! Je vais devenir encore plus fou.

 

- Je voulais voir un peu ce que tu allais répondre. Comment tu allais te présenter.

 

- Ce n'est pas drôle !

 

- Désolé.

 

Comment je me serais présenté? Son ancien partenaire ? Son ami? L'homme qu'il a baisé ? L'homme qu'il a aimé ? Qu’est-ce que j’aurais pu dire?

 

- Comment vas-tu ?

 

- J'ai l'air bien ?

 

- Pas vraiment. Je lui avoue et ça fait mal.

 

J'essaie d'éviter de regarder tous les tubes et les bandages. Mais ils sont partout.

 

- Parce que je ne suis pas ....... Mais je serai.

 

- Gale ...

 

Je sens que mes yeux me piquent et mes joues deviennent brulantes.

 

- Ca va aller, Rands. Je te le promets. Ca va juste prendre un peu de temps.

 

- C'est juste .... C’est trop, tout ça.

 

Maintenant, il n’arrive pas à me regarder.

 

- Ouais. Je sais.

 

- Qu'est-il arrivé ?

 

- On m’a dit que j'ai pris un virage et qu’un gars a changé de voie devant moi sans signalisation.

 

- Putain.

 

- Ils disent que j'ai frappé le côté de sa voiture avec le côté de mon casque à environ 35 miles à l'heure avant de rebondir sur le trottoir et de me briser l’épaule.

- Mon Dieu !

 

J’ai à nouveau envie de vomir. J’aurais pu être avec lui. Si je ne l’'avais pas laissé partir, peut-être que j'aurais été là. Peut-être que je l'aurais convaincu d'arrêter la moto. Ou peut-être que ce jour-là, je l'aurais retardé ou empêché ....

 

- Maintenant, je ne me souviens même pas de m’être réveillé ce matin. Je ne me souviens pas de toute la semaine. Je pense que je me souviens de la semaine précédente, mais je ne suis pas sûr.

 

- Tu penses t’en rappeler un jour?

 

- Ils ne savent pas. Mais au moins, je parle à nouveau. Au début, je ne pouvais pas parler correctement. Tout était pâteux et déformé.

 

- Oh. Je vais avoir du mal à respirer.

 

- Et le trou dans ma tête guérit bien, à ce qu'on m'a dit.

 

J'ai finalement levé les yeux vers la gaze blanche sur sa tête. C'est alors que je sens à nouveau les larmes couler doucement sur mes joues.

 

- Randy ... Allez… Rand. Non. Sérieusement. S'il te plaît, ne pleure pas.

 

- Je suis désolé. Je pense que c'est juste ... c'est juste un soulagement. J'ai eu affreusement peur.

 

Je prends une inspiration tremblante qui se transforme en un sanglot étranglé. Encore plus de larmes.

 

- Je vais bien. Ne pleure pas. Allez ... ça m'énerve. Arrête.

 

- Tu es toujours bouleversé quand je pleure.

 

Je me calme un peu.

 

- Tu vois, je suis toujours le même. Je déteste toujours autant te voir pleurer.....Sérieusement Randy. Ce n'est pas grave.

 

- Je suis désolé. Je sais. Tu es juste ... tu as l’air si fatigué. Tu es fatigué ?

 

Je suis capable de retenir mes larmes maintenant. Enfin. Je renifle et j’essuie mon visage sur ma manche.

 

- Ouais. Un peu. Ce sont les antidouleurs.

 

Je fais un pas vers la porte.

 

- Je vais y aller. Tu pourras te reposer.

 

- Aller où ?

 

- J'ai une chambre à l’hôtel Standard.

 

- Ah. Bon. Alors ... tu vas rester un peu ?

 

- Au moins quelques jours. Je veux être sûr que tu vas bien.

 

- Pour toi ou pour moi ?

 

Je ne réponds pas pendant un moment.

 

- Les deux. Maintenant, repose toi un peu. Je serai ici demain.

 

                                                                                                                                     A suivre...


cinto  (11.03.2014 à 21:54)

00:31 ~ 18 octobre 2008

 

- Déjà de retour ?

 

- J'ai dit que je te verrai demain et techniquement on est demain. Rendors-toi.

 

- Je ne veux pas.

 

J'essaie de ne pas sourire à son enfantillage. Gale n'a jamais été un malade facile. Il est devenu fou la dernière fois que nous étions ensemble alors qu’il avait juste un rhume.

 

- Gale, il faut que tu dormes. Ils vont me virer si je te dérange. Déjà qu’ils ne voulaient pas me laisser entrer.

 

- Je ne t'ai pas vu depuis près de deux ans. Je ne vais pas dormir maintenant.

 

Nous nous regardons ; le poids de sa déclaration et la vérité de celle-ci nous frappent de plein fouet.

 

- Comment te sens-tu ?

 

- Merdique. J’attends de rentrer à la maison. Ce n'est pas si merdique quand on est dans son lit, tu sais ?

 

- Ouais, je sais.

 

Il soupire et sourit.

 

- Je suis heureux de te revoir, Randy.

 

Je me penche sur ma chaise, me penche près de son lit. Je prends sa main dans la mienne. Le contact m’envoie des ondes électriques le long de ma colonne vertébrale et mon estomac se retourne.

 

- J'aimerais que ce soit dans des circonstances différentes.

 

- Nous savons tous les deux que la seule chose qui pourrait te faire mettre les pieds à Hollywood serait une tragédie proche de la mort.

 

- Tu as raison. Je déteste cet endroit.

 

- Eh bien merci d'être venu malgré tout.

 

- Tu sais que je ferais n'importe quoi pour toi. Toujours.

 

- Je ne sais pas. Je l'espérais, mais je ne savais pas.

 

Cela fait un peu mal mais je sais que je mérite son manque de confiance.

 

- Eh bien maintenant tu sais .... Gale, si rien ne s'était passé ...

 

Il me serre la main.

 

- Je vais bien. Je vais me remettre !

 

Mais tout ce que je pouvais penser était de savoir comment nous avons juste ....

Mes yeux se noient de larme à nouveau. Je prends une grande respiration et j’essaie de rester calme.

 

- Si tu ne t’étais pas presque fait tuer sur cette putain de moto, nous n'aurions jamais eu la chance ... une chance de ....

 

Je pleure encore.

 

- Une chance de quoi, Randy ?

 

Sa voix est dure.

 

- Quoi ? Pourquoi me regardes-tu comme ça?

 

- Je me demandais ! Si je ne m’étais pas crashé avec cette moto, est-ce que tu m’aurais jamais reparlé ?

 

- Je pense à toi tous les jours.

 

- Pas assez pour décrocher le téléphone.

 

Je voudrais être en colère contre son attaque. Mais je ne peux pas l'être. Ses yeux sont si tristes. Je ne peux pas être en colère.

 

- Tu pouvais le faire aussi.

 

- Tu étais dans une relation.

 

- Ça fait un moment, alors, que tu ne t’intéresses plus à moi !

 

Il réfléchit à cette déclaration et je regarde ses yeux tendres. Je frotte mon pouce sur ses doigts croûtés de sa main que je tiens.

 

- J'ai arrêté de vouloir savoir environ un an après que tu aies cessé d'appeler.

 

- Je ne veux pas faire ça, Gale.

 

- Quoi ?

 

- Me disputer avec toi.

 

- Que veux-tu faire?

 

- T’embrasser.

 

- Je t'ai toujours dit de faire ce qui te rend heureux, Randy.

 

Il me sourit.

 

Je me lève de ma chaise et je me penche sur son lit et j’embrasse ses lèvres lentement. Le baiser devient plus profond, sa langue glisse doucement dans ma bouche. Lorsque nous nous séparons, ses yeux sont flous et ses joues sont pâles. Je suis sûr que c’est pareil pour moi.

 

- Tu me rends heureux, lui dis-je.

 

- Pas assez.

 

- C'était assez. C'est tout le reste qui était de trop.

 

- Vraiment ! J’ai oublié. Tu ne peux pas vivre dans le placard et je ne peux pas sortir.

 

- Gale ..

 

- Ça devait arriver, Rands. Je le savais, mais tu m’as dit que j'avais tort et puis…J'avais raison finalement …

 

Il avait raison. Je me déteste pour cela.

 

- On a eu un bon moment ensemble après la série.

 

- A peine un an.

 

- Je croyais que tu étais censé avoir des pertes de mémoire ?

 

- Très drôle.

 

Il avait raison. Mais maintenant, je suis plus mature. Je suis moins .... stupide. Je sais ce qui m’importe.

 

- Putain.

 

- Qu'est-ce qu’il y a, Gale ? Ça va ?

 

- Ouais. J’ai mal à la tête de nouveau. Et je suis fatigué. Je déteste tous ces putains de médicaments.

 

- Eh bien, dors maintenant.

 

- Tu devrais aller dormir un peu, toi aussi.

 

- Je le ferai. Plus tard.

 

- Quoi? Tu vas juste rester là et me regarder?

 

- Ouais. J'aime te regarder. Maintenant, dors.

 

- Pas avant que je reçoive un autre baiser.

 

- Gale ...

 

Je n'ai aucune idée de la raison pour laquelle je lutte contre lui. Je l'embrasse à nouveau. C’est plus chaud et plus long cette fois et je dois me battre contre mon envie de grimper dans ce lit avec lui.

 

- Dieu, ça m’a manqué !

 

- Ouais. A moi aussi. Maintenant, dors s'il te plaît.

 

17:33 ~ Octobre 20, 2008

 

- Salut.

 

- Hey.

 

- Comment vas-tu ?

 

- Mieux maintenant que tu es là.

 

- Vraiment?

 

- Arrête de sourire, petit con.

 

- Désolé. Tu es juste trop mignon quand tu flirtes.

 

- Même tout amoché ?

 

- Ouais. Même tout amoché.

 

Je me penche sur le lit et l'embrasse. Il appuie sur ma nuque pour me tenir un peu plus longtemps. Je me rends compte qu'il a moins de perfusions. Cette prise de conscience me donne un peu le vertige.

 

- Je voudrais être à la maison.

 

- Est-ce qu’ils ont dit quand tu pourras rentrer chez toi ?

 

- Pas encore. Ils sont inquiets au sujet de mon cerveau. A cause d’éventuels caillots et toute cette merde.

 

Mon vertige est parti.

 

- Mais tu te sens bien, n’est-ce pas?

- Nancy m’a apporté mon texte, j'essaie de retenir quelques lignes et je ne me souviens pas. C’est la merde.

 

- Donne-toi du temps.

 

- Randy, c’est ce que j’ai toujours fait dans ma putain de vie. Que vais-je faire si…

 

- Gale, relax. Tout va bien se passer. Les médecins ont promis que tu te rétablirais complètement. Je les crois.

 

J'espère que tout va bien se passer. Je ne sais pas. J'ai juste peur... il faut que ça aille. Il ne peut pas perdre ça. Il aime trop son métier.

 

- J'ai peur.

 

Ses yeux prennent la couleur d’un vert plus clair. J'ai mal.

 

- Je te promets que ça ira très bien.

 

Il pose sa main sur la mienne et détourne les yeux.

 

- Quand vas-tu revenir ?

 

- Quand je te manquerai comme un fou, et que tu me le demanderas.

 

Il tourne son regard vers moi et je vois le sourire sur ses lèvres pleines.

 

- Eh bien, tu pourrais tout aussi bien vendre ton appartement alors.

 

- Ha ! Ha !

 

Le sourire s’efface et disparaît. Ses yeux sont graves. Je retiens mon souffle.

 

- tu penses qu’on peut le faire, Randy ?

 

- Je pense que nous devrions au moins essayer.

 

- Vraiment ?

 

Pourquoi croit-il que je dirais n’importe quoi à ce sujet ?

 

- Oui, je le crois. Mais ce n'est pas à moi de décider. Qu'en penses-tu ?

 

- Je pense que c'est des conneries.

 

Mon cœur tombe dans mes baskets.

 

- Excuse-moi ?

 

- C'est de la merde quand tu dis que ce n’est pas à toi de décider. Tu es celui qui m'a quitté. Je serais bien resté pour toujours. C’est toi qui m’as quitté ! Ce qui fait que la balle est dans ton camp.

 

- Mais comme tu l’as dit, je suis parti. Pourquoi diable voudrais-tu encore de moi?

 

Nous nous regardons en silence pendant un long moment, il se redresse dans le lit.

 

- Parce que c’est à toi que j’ai pensé en premier quand je me suis réveillé après l'accident. Et je suis prêt à parier que c’est probablement à toi que j’ai pensé en dernier juste avant l’accident. Donc oui, je veux que tu reviennes. Nous avons déjà passé trop de temps éloignés. La vie est trop courte, putain.

 

Je me penche en avant et touche sa joue doucement et j'essaie de ne pas pleurer.

 

- Je t'aime.

 

- Je t'aime aussi.

                                                   A suivre ...

 


cinto  (13.03.2014 à 16:58)

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