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Série : Grey's Anatomy
Création : 11.09.2008 à 18h55
Auteur : maluzo83
Statut : Terminée
« en avant pour la 16ème.. j'écris toujours seule merci ! » maluzo83
Cette fanfic compte déjà 44 paragraphes
11h58
Cher journal
Je profite d'être seule et en avance pour une fois pour ma pause déjeuner, pour te raconter un peu ma matinée, bien remplie, niveau boulot pas trop, puisque vu le planning des visites, trop de cas neuro, alors j'ai anticipé et j'ai atteri de mon plein gré direct au x urgences, au moins ça en a ravi plus d'un..
Pas de chirurgie pour l'instant, mais j'ai été suffisamment occupée pour ne pas m'apitoyer sur mon sort ,ne pas repartir dans des réflexions bien trop compliquées, même si c'est moi ça, et que je ne vois pas comment me changer, je serai toujours dans cette état d'indécision et d'insatisfaction perpétuelle, suis destinée à ne pas trouver la sérénité ? je pensais l'avoir, je l'ai détenue, un cours instant certes, alors pourquoi ne la retrouverai-je pas..
Enfin tout ça pour dire que j'appréhende vraiment la prochaine confrontation avec Derek, parce qu'il y en aura une, je n'en doute pas une seconde, son comportement trahi ses propres décisions, il est fâché, ne m'adresse plus la parole et ne me regarde même plus, pourtant j'étais si près de lui ce matin, pendant les visites, tous à l'affût d'une quelconque réaction, épiant le moindre regard entre nous, mais il n'a pas eu lieu, ça m'a moins déstabilisé que hier, c'est plus un sentiment de colère qui commence à m'animer, je n'ai rien à me reprocher, si ce n'est d'avoir tenté de me rapprocher de lui pendant notre garde, j'aurai peut-être pas dû..
Je commence à me poser la question, si ce n'est pas mieux ainsi, ne plus se parler, se comporter comme d'illustres inconnus, mais je ne veux pas le détester, comme il le montre ouvertement depuis ce matin, que faire, je ne sais point, c'est à lui que revient la solution je pense, à lui de se poser les bonnes questions, mais pour l'instant il en est incapable, il va falloir que je l'aide, en suis-je capable, c'est risqué non ?
Tiens le voilà, je continue de t'écrire puisque je suis invisible pour lui maintenant, mais pour moi, il est là et bien là, à quelques mètres, je ne peux m'empêcher de ne regarder que lui, c'est plus fort que moi, oups , il m'a surpris en train de le fixes, je baisse vite le yeux, continuer de t'écrire c'est mieux, j'ai envie de relever la tête, il aura sûrement disparu déjà, non.. il s'approche vers moi, panique à bord...
19h21
Cher Journal
Je t'ai quitté dans des circonstances catastrophiques, émotionnellement parlant, mais j'ai pas pu faire autrement, Derek était si proche j'ai du te camoufler vite fait, il ne manquerait plus qu'il apprenne ton existence..
Je n'ai pas déjeuné avec mes confrères comme tu peux t'en douter, nous avons été l'attraction de la cafétéria, mais peu importe ça ne nous a en aucun gêné, rien de ce qui pouvait se passer autour n'a retenu notre attention, il s'est assis en face de moi, l'air si sombre et sérieux, il a eu tellement de mal à prononcer ses premiers mots qu'il a fallu que j'engage la conversation.
Certes j'ai fort mal commencé, un ton relativement agressif, lui faisait comprendre qu'un bonjour serait bien pour commencer, quitte à le faire fuir tant pis, qu'il sache que je ne suis pas prête à pardonner son comportement si facilement, et que si c'était pour défouler sa mauvaise humeur, qu'il aille voir ailleurs.
Au moins le message fut clair, mais l'effet donné fut totalement inverse, j'ai enfin entendu le son de sa voix, et la seule qu'il a trouvé à me dire, c'est « pardonne-moi », comment réagir à ça, c'est moi qui perdit la parole un moment, ne sachant plus que trop penser, lui pardonner quoi, sa jalousie maladive, sa lâcheté, son mauvais choix, de quoi voulait t'il se faire pardonner, j'ai pas pu lui demander, j'ai juste acquiescé bêtement.. comme une stupide adolescente totalement lobotomisée devant son amoureux..
Au moins ça a permit de le libérer un peu de sa froideur, sans nous en rendre compte nous avons déjeuné ensemble, parlé peu à peu, de tout et de rien, évitant l'unique sujet qui risquait de compromettre cette accalmie, mais j'aurai tellement aimé en parler, l'entendre me dire que sa jalousie est insupportable, que je lui manque tellement, même si je l'ai constaté, combien de temps va-t-il supporter ça et faire semblant que tout va bien, faire semblant de reconstruire son mariage alors que les fondations indispensables se sont évaporées..
Sera-t-il capable un jour d'affronter ses réels sentiments, je l'espère tellement, mais j'ai peur que ce jour là, si par miracle il se produit, qu'il soit trop tard, combien de temps vais-je devoir attendre, combien de temps vais-je devoir souffrir et assister à son désespoir, pourquoi résiste t'il à n'écouter que son cœur, tant de questions, tant de doutes encore, alors dois-je attendre ou lui rendre sa liberté ?
Nous nous sommes quittés sur un léger et timide sourire, mais rien n'a changé, nous sommes deux cœurs esseulés, s'appelant désespérément, mais rien n'y fait, ces cris sont sourds et muets, chacun de son côté à tenter de survivre l'un de l'autre, j'y arrive peut-être mieux que lui, j'ai quelqu'un à qui parler, me réconforter, et plus même, Derek est seul et totalement perdu.
Je vais devoir te laisser, je dois rendre visite à maman que j'ai un peu zappé ces derniers jours, j'ai encore de la paperasse qui m'attend, malgré qu'il soit si tard, il faut que je me déconnecte de tout ça, et puis maman me manque malgré qu'elle me reconnaisse plus, le fait de la voir, de lui parler me rappelle qui je suis et qui je veux être, Chirurgien, mais je ne serai jamais comme elle, un chirurgien sans cœur et sans faiblesse.. à demain.
23 sept 6h30
Cher journal
Quelle bonne nuit, j'en suis plus que surprise, mais rien n'a perturbé mon sommeil, pourtant ma soirée n'était qu'une répétition de déceptions, maman pour commencer, totalement absente et incapable de se concentrer quelques secondes. Puis j'ai voulu me changer les idées, alors j'ai rendu une petite visite à Brad, sachant qu'il rentrerait tard j'espérais tant qu'il soit là, ou attendre son retour, mais au bout d'une heure j'ai préféré rentrer, son téléphone ne répondait pas, dommage, j'avais tant besoin de réconfort..
Mais le plus étrange, c'est que malgré ma déception, je me suis couchée sans penser à Derek, pas une seconde, je ne m'en inquiète que ce matin, la fatigue et l'heure tardive peut-être ont fait que je me suis vite laissée emporter vers un repos bien mérité, je ne me rappelle même plus avoir rêvé de lui, étrange aussi ça.
Est-ce le début de la fin, la fin de ma douleur, un apaisement progressif, ou est-ce passager, je ne veux pas m'arrêter de penser à lui, je ne veux pas cesser de l'aimer, je commence à perdre la tête, je ne sais plus ce que je veux.
Qu'est ce que je peux être stupide parfois, je viens de relire mes dernières lignes, je l'ai perdu, comment puis-je m'accrocher de la sorte, je l'aime certes, mais quand même, dois-je croire en mon infime pressentiment qui dit qu'il me reviendra, qu'est ce que je fais, je ne sais plus, je me détruis toute seule là..
Il va falloir que je prenne une décision, et je m'oblige à le faire dès maintenant, soit je me bats pour Derek, soit je l'oublie pour toujours, et Brad dans tout ça ? oh et puis c'est Derek mon mal-être, un à la fois, il faut que je me décide, assez cette souffrance, cette torture mentale, assez de tout, je me donne jusqu'à la fin de la journée pour donner un unique sens à ma vie.
15h40
Petite pause café, je n'ai pas pu te parler à midi, déjeuner avec tous les internes, impossible que tu passes inaperçu, mais que ce fut pénible, toujours moi au centre de la conversation, toujours Derek, et Brad de plus en plus, bref de quoi m'enfuir et vite, mais elles m'en ont empêché.
Brad ne m'a pas toujours pas rappelé, juste un texto me disant qu'il avait passé la nuit à la caserne, et qu'il enchainait sa garde du jour mais que je lui manque, je n'ai pas répondu, je ne veux pas lui mentir, ce n'est pas lui qui peut combler ce vide omniprésent qui fait que je ne peux sortir la tête de l'eau, ce n'est pas un pompier qui me sauvera de ce naufrage-là.
Donc tu te doutes un peu de ma grande résolution, je crois que je suis enfin décidée, ce n'est pas un choix entre Derek et Brad, mais un choix entre me battre ou abandonner l'homme que j'aime, alors je me prépare pour une grande bataille, je ne sais pas encore quand, comment, mon objectif est désormais fixé, et je ne compte plus faire marche arrière.
Je veux être heureuse, l'unique moyen est de récupérer celui qui est capable de me donner ce bonheur, le seul qui me foudroie de sensations démesurées au moindre regard, le seul qui connait le moindre de mes désirs, comprend le moindre de mes soupirs, seul lui peut m'aimer comme je veux qu'on m'aime..
Reste à trouver le moyen, je ne vais pas me précipiter, il est hors de question que j'échoue, je n'en relèverai pas cette fois-ci, j'attendrai le bon moment, je le saurai quand il se présentera, je trouverai les mots, les gestes justes, le temps est mon allié maintenant, je n'ai plus peur d'attendre, j'ai juste hâte que cet instant arrive.
Pause déjà terminée, mais que je suis soulagée de t'avoir parlé, je me sens tellement bien, déterminée et d'un optimisme à toute épreuve, merci à toi, on se retrouve ce soir c'est une quasi certitude.
24 sept 5h15
Cher journal
Je n'ai pas pu te parler hier soir pour la simple raison que tu es resté dans mon casier à l'hôpital, qu'est ce que je m'en suis voulue, mais comme tu vois, je t'ai déjà récupéré, il est bien tôt ,hélas je ne peux échapper au pré-visites éternellement.
J'aurai tant aimé t'écrire dehors sur mon banc fétiche, mais il pleut, pour la plupart la pluie rime avec mauvaise humeur, moi au contraire j'aime la regarder tomber, résistant à la rejoindre, ça m'est arrivée déjà, pleurer avec le ciel, à en hurler ma douleur, qu'est ce que ça me fait du bien, je vais me contenter de me l'imaginer ce matin, je suis déjà en tenue et je commence dans quelques minutes.
Te raconter ma soirée serait une perte de temps, rien de vraiment nouveau, un verre chez Joe's après ma garde, un dîner à peine avalé, je n'ai pas rappelé Brad, omnubilée par une seule idée, au point de m'en torturer afin d'agir au plus vite ? Non je préfère prendre mon temps, nous nous reparlons à peine, ne rien précipiter, je veux d'abord retrouver cette lueur dans ses yeux, celle qui traduit les « je t'aime » jamais entendus, ce regard qui se perdait jadis dans le mien, nous transportant bien au-delà qu'un simple bonheur.
Attendre cet instant fait que je parais moins triste, extérieurement parlant et aux yeux des autres cela va s'en dire, parce qu'à l'intérieur, c'est un cœur qui saigne de ses larmes, le manque n'est pas une hémorragie qu'on peut stopper sur un simple clampage, plutôt un traitement à long terme avec effets indésirables, je ne peux rien faire d'autre que de supporter ces maudits et douloureux effets.
Voilà mon humeur de ce matin, je vais bientôt devoir te laisser, j'hésite encore à franchir le pas et me porter volontaire pour un cas neuro, c'est peut être l'occasion idéale, puisque Mme Shepherd n'est pas au planning aujourd'hui, je me déciderai au moment venu, je préfère m'assurer qu'il est un tant soit peu ravi de me voir, et prêt à m'avoir près de lui pour la journée, verdict dans quelques minutes.. Je ne manquerai pas de tout te raconter, à très vite.
20h55
Imagine ma journée chargée, j'ai à peine eu le temps de déjeuner, juste 15 minutes, debout entre deux brancards, ce fut la panique aux urgences, un déraillement ferroviaire, le deuxième ce mois-ci, rappelle moi d'éviter de prendre le train.
Je suis éreintée de cette folle journée, pas une minute pour penser, juste le boulot, réfléchir vite, mais tu vois, prendre les bonnes décisions en si peu de temps a été une pression que j'ai apprécié de subir, et je m'en suis sortie plus que bien, mes patients ont sont tous vivants, c'est le principal non ?
Dans tout ça, mes plans du jour se sont évaporés, je ne peux pas dire que je n'ai pas approché ni même collaborer avec Derek, plus que je ne l'aurais espéré même, mais n'avons pu partager autre chose que des conversations médicales, nous sommes médecins avant tout, des jours comme ceux là sont rares, les occasions de nous rapprocher sont innombrables.
Je suis raisonnablement patiente ce soir, la fatigue sûrement, je vais assurément bien dormir ce soir, puisque seuls les moments intenses de cette journée occupent mon esprit, c'est un signe que je vais bien mieux, du moins c'est que je crois, oui, je pense pas à ma vie de femme brisée, juste à la médecine, demain ce sera certainement différent, autant profiter de cette accalmie, elle risque d'être très courte.
Je ne vais pas m'éterniser, parce que si je continue de te parler je vais me piéger moi-même, et perdre mon optimisme d'un soir, alors je te dis à demain matin promis, peut-être que je te donnerai enfin quelques détails sur ce rêve merveilleux qui revient nuit après nuit..
25 sept 5h30
Cher Journal
Ca à du bon de s'endormir tôt, je suis prête, les idées claires et en pleine forme, vu l'heure, c'est un exploit, c'est Meredith qui parle là ? Si ça pouvait être comme ça tous les jours, bien dormir, se lever avec envie, j'ai même chanté sous la douche, je suis en forme, je revis, pour combien de temps ? Autant ne pas y penser, parce que je suis capable de passer du sourire aux larmes en cinq minutes.
Je vais descendre discrètement me servir un bon café, je dois être la seule interne réveillée à cette heure ci alors que nous commençons à 8h aujourd'hui, chacun sa façon de décompresser de cette folle journée, je me lasse de ces beuveries à répétition finissant à des heures impossibles, de plus elles ont un effet vraiment déprimant sur moi. Café.
J'apprécie le calme de ma maison, c'est tellement rare, non pas que je regrette d'avoir fait de la maison de maman un refuge d'internes, mais j'ai tellement besoin de me retrouver au calme, j'ai grandi et appris à apprécier ma solitude.
Elle est différente aujourd'hui, je tente d'en retrouver ses bienfaits, je suis si bien avec moi-même quant tout va bien, mais rien ne va et tu le sais, j'ai tellement envie de connaître la sérénité de cette solitude à deux, lui et moi et plus rien ne compte, tout s'envole autour, le néant, laissant le battement de nos cœurs nous diriger.
C'est une partie de mon rêve quotidien, c'est pas évident à décrire, c'est tellement surréaliste, des lumières, des flashs, rien n'est reconnaissable, des images défilent, des endroits inconnus, mais c'est toujours nous deux, nus, osmose totale, corps et âme, ce n'est pas que sexuel, passion intense, amour crié, joie pleurante, pas facile de te décrire tout ce qui nous envahit, affection infinie, jouissance extrême à la limite de nous évanouir, renversant..
Mais ce n'est qu'un rêve, il ne tient qu'à moi de faire en sorte de le réaliser et ce, dès maintenant, je file à l'hôpital, la neuro est pour moi aujourd'hui et personne d'autres.
Si tu savais ce qui me passe par la tête à cet instant, te raconter un peu mon rêve a réveillé toutes mes pulsions que je peux avoir pour lui quand..euh.., j'ai envie de lui, envie qu'il me fasse l'amour comme lui seul sait le faire, je veux jouir à nouveau pour lui, stop, je vais craquer, il faut que je m'arrête, une deuxième douche est nécessaire, froide bien sûr et en route pour le service de neurochirurgie..
12h30
Eh bien non, je n'ai pas perdu de mon optimisme depuis ce matin ! J 'en suis moi-même surprise, pourvu que ça dure ! Je ne vais pas pouvoir trop te parler, je dois surveiller mon patient sur le point de se réveiller, les premiers examens sont primordiaux et je compte bien appliquer les consignes de mon titulaire préféré, évidemment.
Si tu avais vu la réaction de mes chers confrères à mon empressement d'être sur les cas neuro ! Le plus étonné de tous fut Derek, ne sachant pas trop comment il devait réagir, cachant maladroitement sa gêne, mais moi seule me suis aperçue d' un soupçon d'enthousiasme, voire une esquisse de sourire, de me savoir près de lui pour le reste de la journée.
Surtout ne pas s'emballer ! Nous n'avons que très peu de temps rien qu'à nous, débordés et jamais seuls surtout, comme si on nous avait assigné un chien de garde : danger : ne pas les laisser trop près l'un de l'autre sans surveillance ! C'était à prévoir, il arrivera bien un moment où nous serons enfin seuls, je le sens, ça va arriver, et là il ne faudra pas que je fasse marche arrière, je m'en sens capable, enfin on en reparlera le moment venu.
Tiens voilà Derek ! On ne se quitte plus, tu vois, je lui manque déjà. Je te reprends très vite.
Plus vite que prévu d'ailleurs, puisque je fais un passage express dans mon vestiaire pour m'habiller en chirurgien urgentiste, attendant un hélico, nous allons devoir trépaner un enfant sous les décombres d'un immeuble ; le voilà cet instant, nous nous échappons tous les deux, prêts à nous envoler , et ce dans tous les sens du terme...
Il faut que j'y aille, je ne veux pas le faire attendre, j'en suis toute excitée, tu ne peux pas savoir ! Je n'ai aucune appréhension, au contraire : je suis plus déterminée que jamais ! Je te laisse avec hâte pour la première fois....
(rel: jr)
26 sept 6h30
Cher Journal
Je t'ai laissé hier juste avant de prendre un hélico, comme tu peux le constater, ce ne fut pas de tout repos, l'enfer plutôt ! Nous sommes restés avec l'équipe de secours, en place jusque très tard dans la soirée. Moi qui croyais avoir tout vu aux urgences, j'étais vraiment bien loin de la réalité.
Vite envolée mon excitation de me retrouver seule avec Derek, ce que nous avons vécu hier dépasse toutes les situations auxquelles je m'étais préparée, ma conviction première disparue : la chirurgie est possible en dehors d'un bloc stérile, sans matériel de pointe, Derek m'a démontré que nos mains de chirurgiens peuvent, à elles seules, maintenir la vie..
J'aimerais tant te détailler tout ce que j'ai pu accomplir, mais je n'en ai pas le temps ! Heureusement, Derek était près de moi, j'ai rapidement paniqué, la pression et la vision de ces corps inertes, les cris, l'odeur, tout ce monde qui s'agitait autour, en quelques mots, yeux dans les yeux, j'ai retrouvé mes esprits, et seule la médecine nous a unis pour le reste de la journée, nous formions une si belle équipe ! Nous avons sauvé quelques vies, et peut-être commencé à sauver les nôtres.
Nous sommes rentrés au Sgh avec le dernier patient, l'équipe de jour avait disparu, seuls, nous le sommes restés un moment, mais je n'ai rien tenté, trop éprouvée moralement par cette intense journée, lui de même.
Il m'a tout de même félicité de mon travail accompli, moi je l'ai remercié de m'avoir soutenue, un court moment de tendres paroles qui aurait peut-être pu se prolonger, nous ne voulions pas nous séparer, partir chacun dans une direction que nous ne voulions pas prendre, mais la réalité s'appella Addison Shepherd, interrompant nos dernières secondes rien qu'à nous..
En les regardant s'éloigner, je n'ai pas sombré, ni crié, ni pleuré, au contraire : le fait qu'il se retourne juste avant de disparaître, me transmettant toute sa tristesse, a fait que j'y crois encore plus qu'hier, je ne compte pas abandonner, je suis motivée plus que jamais : Derek m'aime, j'en suis sûre maintenant..
C'est l'heure du départ pour l'hôpital, assurée de retrouver Derek, nos patients de la veille nous attendent, c'est dire si je suis plus qu'excitée pour travailler, un sourire de lui, à mon arrivée, suffira à mon bonheur ce matin !
(rel:jr)
13h30
Un passage express, pour te dire que tout va bien, j'ai hâte de reprendre, une chirurgie est prévue dans exactement 20 minutes, lui et moi, tu comprends mieux mon empressement.
Nous sommes inséparables depuis ce matin, nous avons beaucoup parlé, sans aucune retenue, osant même me questionner concernant Brad, je l'avais un peu oublié à vrai dire, deux messages auxquels je n'ai pas répondu, il n'a pas insisté plus, mais il faudra que je l'appelle tout de même.
Oui comme je disais, il a tenu à savoir, alors j'ai fait de même, je comprends sa déception sur le moment, puisque je suis la seule avoir connu le sexe depuis... Je n'en reviens pas qu'il n'ait pas fait l'amour avec sa femme, c'est un sujet qui revient souvent pourtant suivant ses dires, mais elle ne fait rien pour qu'il en ait un soupçon d'envie, tant mieux, réaction égoïste certes, mais j'assume et je jubile de cette nouvelle. Et puis personne ne va lire mon journal.
Tout ça pour dire que malgré sa déception, sa colère avait enfin disparu, triste qu'un autre ait pu posséder mon corps alors qu'il était totalement promis à lui, n'osant me demander ce que j'avais pu ressentir, j'ai trouvé le moyen de lui chuchoter qu'il n'y avait aucune comparaison possible, ça lui a suffit a lui rendre son sourire, le mien n'a pu que suivre, celui qu'il aimait tant, me devançant, scellant ce délicieux moment par une caresse si douce sur mon visage..
Des sensations que je croyais avoir perdues, j'ai de nouveau frissonné à son contact, j'aurai tellement voulu que ce moment nous emporte, que nos lèvres s'attirent, j'ai hésité, un bref instant suffisant pour qu'il se ravise, suffisant pour que cette salle de radio ne nous appartienne plus, il en a profité pour s'échapper.
Frustrée ? Non, c'est un pas en avant, il va me revenir, j'en suis plus que certaine, quand et comment c'est tout ce qui ne l'est pas, le plus tôt sera le mieux, importe et la manière m'importe peu. Le voilà qui vient me chercher, tu vois ! Quel titulaire de cet hôpital vient chercher son interne pour reprendre le service ? vite ton camouflage est urgent..