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Série : Grey's Anatomy
Création : 27.09.2008 à 03h22
Auteur : Mylene24
Statut : Terminée
« cinquieme fic, j'écris seule, merci » Mylene24
Cette fanfic compte déjà 56 paragraphes
Nous étions heureux... Enfin, c'est ce que je croyais. Sur cette photo, elle souriait. Sur l'autre aussi d'ailleurs. Aux yeux de tous, nous étions un couple très amoureux, incapable de se séparer ne serait-ce qu'un week-end. Aux miens aussi...
C'est un jeudi soir que ma vie a complètement changé. Suivant mon destin tout tracé, celui d'un neurochirurgien très prometteur, je vivais au jour le jour, car le futur pour moi n'était n'outre que la routine continuelle que je m'efforçais de supporter.
Je me souviens de ce soir-là, je devais commencer le lendemain au Seattle Grace Hospital. Je buvais un verre à l'Emeraud city, un bar que je venais tout juste de connaitre. Je m'étais commandé un scotch pur malt, et m'avait assis sur l'un de ses haut tabouret en cuir, ceux là même qui font très mal au fessier, vous voyez ? Et je songeais à ma vie, une brillante carrière m'attendait, c'est ce que tous mes professeurs m'avaient dit lorsque j'avais fini la fac de médecine. Et ils ont eu vrai, après une semaine d'internat, le chef connaissait mon prénom. Je n'étais pas seulement le docteur Shepherd, mais un brillant étudiant qui irait bien loin, selon les dires de tout le monde.
À l'époque de la fac, on me disait que je deviendrais le génie du bistouri, celui qui révolutionnera le monde de la médecine, mais je n'ai jamais pensé que la médecine n'était qu'un plan secondaire. Et c'est là, devant mon verre d'alcool, que je me disais qu'il manquait un atout majeur à ma vie... Une femme. Qu'elle soit brune, blonde ou rousse, qu'elle soit riche ou pauvre, peu importait, je voulais quelqu'un qui comble ce vide en moi. Mais je n'avais jamais trouvé, espérant durant mes années d'internat y trouver celle qui ferait d'avantage battre mon cœur, celle pour qui je n'hésiterais pas à tout foutre en l'air seulement pour quelques minutes de bonheur dans ses bras. Et je culpabilisais de n'avoir rien tenté avant, de m'être consacré seulement à mes études. C'est après des années de recul qu'on s'aperçoit de nos erreurs, des choses que nous avons manqué, des occasions qui se sont présentées à nous, mais que nous avons refusé pour le métier qui nous apportera gloire et richesse. Mais c'est devant notre scotch que nous nous apercevons que l'important n'est pas la gloire, ni la richesse, mais le fait d'aimer et d'être aimer. En un mot, l'amour.
Je finissais mon deuxième verre, prêt à rentrer à la maison, car je ne suis pas ce genre d'homme à tirer un bon coup et oublier ensuite. Je me levais, prêt à partir, lorsqu'une femme, d'une beauté incroyable, vint s'assoir à mes côtés. Je n'osais croire qu'une demoiselle de la sorte puisse faire son apparition dans un tel lieu. Ébloui par mille feux, je sursautai lorsque le barman s'adressa à moi.
Joe : Vous nous quittez déjà ? La soirée ne fait que commencer.
Puis, regardant la jeune femme, je répondis :
Der : Vous avez raison. Un autre scotch pour moi !
Après l'avoir regardé du coin de l'œil durant quelques minutes, un peu timide, j'engageai la conversation. C'était une femme brillante et très sociale. J'ai appris qu'elle commencerait demain au SGH, tout comme moi. Que ne fut pas ma joie lorsque j'ai découvert qu'elle allait être interne ! Bien que j'ai essayé d'être discret, je ne le fus pas assez. Nous avons parlé de nos vies, de nos attentes, et j'ai été heureux d'apprendre qu'elle était célibataire, du à son attitude très compliquée selon elle. Mais je n'avais que faire de ce qu'elle pensait d'elle, je la voulais, elle, comme jamais je n'ai voulu quoique ce soit auparavant. Après quelques verres, à plaisanter et à rire aux éclats, je lui ai proposé, en bon gentleman, de lui appeler un taxi, ce qu'elle accepta sans la moindre hésitation. La question maintenant était si elle m'inviterait chez elle, mais je n'osais pas le demander, de peur d'un refus. Voyant dans mes yeux l'éclat du désir, elle m'expliqua que ses récentes expériences en matière d'homme n'avait été que d'échec en échec et qu'elle n'espérait plus rien d'un homme. La tête que j'ai faite la fit sourire, et elle me vola un baiser sur la joue, et après quelques minutes, lorsqu'elle fut partie, je ne m'étais toujours pas remis de mes émotions.
Et nous nous sommes revus le lendemain, et bien sûr, c'est elle, l'interne que j'ai demandé pour m'assister. Je complétais des dossiers lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et je l'ai vu, s'avancer vers moi le sourire aux lèvres. Et c'est là que j'ai su... que c'était elle mon âme sœur...
... : Papa, papa, vient me lire une histoire !
Dur retour à la réalité. Je range mes photos dans un de mes tiroirs, chagriné que ce ne soit que du passé. Heureusement, il y a ma fille, qui sans elle, je ne sais plus où j'en serais. Elle est ma raison de vivre, ma lumière au bout de ce tunnel obscure qui me dit de ne pas lâcher. Sans elle, je ne serai plus rien, c'est mon bébé, notre bébé. J'étais tellement heureux le jour où elle m'a appris que j'allais être papa. Mais le vivre était encore plus intense. Je me disais que j'avais tout ce que je voulais, qu'à présent, tout irait bien, j'avais trouvé l'amour de ma vie et elle m'avait fait le plus beau des cadeaux : Amy. Il ne manquait qu'une chose... une chose que je pensais déjà acquise, celle qu'elle m'épouse, mais j'eus tort de penser ainsi...
Amy : Papa ? Ça va ? Tu n'as pas l'air bien...
Il s'en voulait de faire souffrir sa propre fille. Déjà que celle-ci avait souffert lorsque sa mère était partie, il ne voulait pas qu'elle pleure encore. Il se trouvait pathétique d'avoir encore un peu d'espoir. Mais il ne pouvait s'en empêcher. Tout était allé si vite... En moins de 24 heures il était devenu l'homme le plus malheureux de la terre. Lui qui disait que sa vie était parfaite...
Der : Oui, je vais très bien, ne t'inquiète pas pour moi ! Dis-moi, comment a été ta rentrée scolaire ?
Amy : Ça été... Mais toutes mes amies étaient avec leur parent !
Der : Amy, je t'ai déjà dit que papa travaillait beaucoup. Et puis, tu es une grande fille maintenant ! Tu as sept ans.
Amy : Je sais... Sinon, c'était bien, mon professeur a l'air gentil. Mais y a des garçons dans ma classe qui m'énervent !
Der : Comment ça ?
Amy : Ils veulent me donner des bisous ! À moi et à Catherine.
Der : Ce n'est pas méchant tu sais...
Amy : Mais je suis pas amoureuse !
Der : Oui... Mais ce n'est pas, plus nécessaire... Enfin... Papa est fatigué ce soir, demain je te raconterai une histoire.
Amy : Tu m'as dit la même chose hier...
Der : Demain, promis, dit-il en lui baisant le front.
Amy : Mais...
Der : Pas de mais ! Bonne nuit et fais de beaux rêves.
Amy : Bonne nuit papa.
Il ferma les lumières et laissa la porte entre ouverte. Il la regarda serré très fort son toutou, celui que sa mère lui avait donné à sa naissance. Depuis ce temps, jamais elle ne s'en était séparée pour dormir. Il la laissa s'en aller vers le pays des rêves, tandis que lui repensait à ces quelques années de rêves qui avaient trop vite passées. Sa présence lui manquait, son corps lui manquait, les mots doux qu'elle murmurait à son oreille lorsqu'il la faisait jouir... Mais plus que tout, son sourire lui manquait. Il s'allongea dans son lit et ferma les yeux, pour se remémorer, pour la millième fois, la perte de son bonheur, ce jour qui chaque année le mettait hors de lui. Car demain, cela ferait trois ans qu'elle ne vivait plus avec eux, qu'elle était partie, pour de bon.
Et comme chaque 2 septembre depuis trois ans, il n'allait pas travailler, préférant rester au lit à pleurer sur son sort. Ses amis avaient été de tout cœur avec lui pour le soutenir, mais nul ne faisait, il était brisé à jamais. Même les amies de celle-ci avaient été là pour lui, ne comprenant pas le geste de leur meilleure amie.
Tout cela c'était passé trois ans auparavant. Il revenait d'une garde, épuisé, prêt à rejoindre celle qu'il aime ainsi que sa fille. Il salua ses confrères, puis prit sa voiture pour se rendre à sa maison respective. Il se stationna, intrigué que l'auto de Meredith n'y soit pas.
Der : Bonjour, dit-il en entrant dans le hall.
Sa voix retentit lourdement dans la maison, s'attendant à ce que sa fille lui saute au cou. Peut-être étaient-elles au parc ? Il ôta ses chaussures et se dirigea vers la cuisine pour y prendre un verre d'eau, lorsqu'il entendit des pleures venant du premier étage. Il monta les escaliers, soucieux de savoir qui pleurait, lui qui pensait être seul ici.
Les pleures venait de la chambre de sa fille et maintenant qu'il approchait, il les reconnaissait. Meredith ne devait pas être loin...
Il ouvrit la porte et découvrit Amy en larme. Il eut un pincement au cœur. Voir son enfant pleurer est une chose, mais la voir recroqueviller en petite boule vidant toutes les larmes de son corps en est une autre. Il s'approcha doucement et vint s'assoir sur son lit. Il lui caressa le dos tranquillement, la tristesse voila ses yeux de voir son enfant si triste.
Der : Hé, qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il d'une voix douce.
Elle essaya d'articuler quelque chose, mais seul des râlements en sortirent.
Der : Tiens. Souffle dedans, ça va t'aider. Ça l'a déjà aidé à maman, dit-il en lui donnant un sac en papier.
À ce nom, elle éclata en sanglot encore plus. Ne comprenant toujours pas, il donna des petites tapes dans le dos. Il lui souleva le menton et la regarda droit dans les yeux.
Der : Maintenant, tu vas cesser de pleurer et me dire ce qu'il y a, ok ?
Il lui donna un mouchoir et lui essuya les yeux. Il se pencha et lui baisa la joue, pour lui démontrer qu'il attendait son explication. Elle leva les yeux vers lui, et lui dit, d'un ton avec peu d'assurance :
Amy : Maman est partie.
Der : Ha oui ? Où ça, à l'épicerie ? Il manque encore du lait !
La gamine le regarda dans les yeux et lui dit, d'une voix un peu plus grave :
Amy : C'est fini papa... Maman est partie pour toujours. Elle ne reviendra pas, dit-elle quelques instants plus tard.
Il la regarda, ses yeux s'agrandirent et sa bouche s'ouvra. Un instant, son cœur s'arrêta, puis repartit et il sourit.
Der : Écoute, maman t'as surement dit qu'elle s'en allait chez une copine et qu'elle ne reviendra pas ce soir, c'est tout. Tu n'as pas à t'inquiéter ma chérie.
Amy mit la main sous son oreiller et en sortit une lettre. Elle la tendit à son père qui la regarda intrigué.
Der : C'est quoi ?
Amy : C'est pour toi. J'ai promis de te la donner...
Il regarda sa fille, les yeux toujours rougis, et ouvra l'enveloppe. À mesure qu'il parcourait les quelques lignes, le silence se fit, il n'y avait que lui et cette lettre. Plus rien d'autre n'existait. Ses mains tremblaient, les larmes coulaient, il manquait d'air. Amy le regarda inquiète, son père devint très blême.
Amy : Papa, ça va... ?
Non... non, ce n'était pas possible. Il tourna la page, pour lire que c'était une blague, une simple farce qui avait bien mauvais goût. Mais malheureusement, il n'y avait rien, le blanc douloureux...
Ils avaient tellement passé de bons moments ensemble. Les meilleurs de sa vie, sans aucun doute. Avec cette femme, il avait su apprécier les choses simples de la vie, surmonter les hauts et les bas à deux, il avait appris à aimer... Et à penser à un avenir pour eux. Amy avait été une magnifique surprise, mais jamais il n'aurait cru à une surprise tel qu'aujourd'hui. Il lui avait fait une place dans son cœur, mais sans prévenir, elle le quitta, laissant un cœur déchiré par le chagrin, la tristesse.
Et c'est depuis ce temps, que le 2 septembre, est une date qu'on ne mentionne jamais en sa présence, une date maudite. Bien qu'au départ, il aurait fait n'importe quoi pour la retrouver, on l'en dissuada, sachant qu'elle était partie de son plein gré et que ça ne servirait à rien de la retrouver pour se faire rejeter encore une fois.
Alors il était resté ici, à la même maison qu'il ne pouvait se résoudre à quitter, car les plus beaux moments de sa vie y habitaient. Professionnellement, il avait eu beaucoup de mal à reprendre le travail en ayant une vie normale. Il avait l'habitude de la croiser dans les couloirs, de se donner rendez-vous dans certaines salles de garde. Tout lui rappelait Meredith. Il pouvait voir sur chaque visage qu'il croisait la tristesse, la sympathie des gens, mais cela ne l'aidait en rien à continuer son chemin de vie. Il ne pouvait et ne voulait l'oublier, Meredith était la plus belle expérience de sa vie et le restera toujours.
Sur le plan personnel, il avait connu quelques femmes. Tous très différentes de Meredith, il essayait de trouver en elles ce qu'il y avait en Meredith. Mais en vain... L'amour, le seul, il l'avait croisé, mais était reparti en sens inverse.
Le 12 septembre avait quelques règles...
1- Pour le petit-déjeuner, une boîte de céréale, sans lait ni autre ;
2- Pas de rasage, ni de douche, prendre soin de son apparence était catégoriquement interdit ;
3- Interdiction de manger, le jeûne mise à part les céréales et les chips au ketchup, celle que lui est Meredith aimaient tant...
Les trois règles d'or. Il ne se les était pas imposé, mais était très pointilleux sur celle-ci. De plus, les vacances scolaires étaient terminées, donc il passait son temps entre l'hôpital et l'autre à s'occuper de sa fille le soir.
Il était seul, sa fille était partie à l'école, la gardienne s'occupait d'elle en permanence. Et la jeune fille savait d'autant plus que son père ne voulait pas être déranger ce jour-là, cette date qui avait tant bousculé leur vie. Il se leva et sans prendre le temps de faire son lit, car faire le ménage était strictement interdit, il descendit les escaliers et se versa un bol de céréale Muslix.
Il ouvrit la télé, question de se divertir un peu, mais sans succès. Il se fichait complètement des aventures de Bob l'éponge, des discours politiques ainsi que la mort de plusieurs personnes dans le Bronx. Un ouragan pourrait passer à deux coins de rue de chez lui et il n'en serait même pas étonné, ni perturbé. Il était dans une dimension où seul le chagrin et la tristesse étaient roi.
L'avant-midi passa sans rien de bien intéressant, il se reposait et mangeait ses chips, sans grande conviction spécialement, seulement pour s'occuper les mains.
C'est seulement en fin d'après-midi que le téléphone sonna. Maugréant, se demandant qui pouvait bien le déranger en cette journée destinée à ses songes, il décrocha le téléphone. Manque de chance, c'était Richard qui lui informa qu'un accident de la route avait fait plusieurs blessés. Ce n'était pas un ordre, mais il se devait d'y aller pour sauver la vie de ses pauvres gens. Rageant, il s'habilla, sans se coiffer, tant pis pour sa réputation de tombeur, cette journée lui était dédiée, mais la vie de pauvres gens en danger était prioritaire.
Il arriva en trombe à l'hôpital, ne se souciant des regards que la gente féminine lançait sur lui, étonnée et dégoutée même de voir leur sex-symbol si mal coiffé, si mal habillé.
Il fut vite appelé, la vie d'un garçon de dix ans dépendait de lui, au moins, pendant le temps de l'opération, il n'aurait pas à penser que l'élu de son cœur l'avait abandonné trois ans auparavant.
Un trauma crânien important, un long coup de bistouri et Derek Shepherd accomplit un autre miracle. Contrairement aux premiers jours, ces collègues ne l'applaudissaient plus, il était devenu normal que celui-ci réussisse une chirurgie que plusieurs qualifieraient comme impossible. Le chef de chirurgie le rattrapa à la hâte, lui souriant d'un regard bienveillant.
Richard : Félicitation pour l'opération. Je ne te le dis plus vraiment, mais grâce à toi, notre hôpital à la meilleure cote. Et aussi, je voulais te dire que je suis désolé de t'avoir dérangé aujourd'hui... Je sais que tu préférais être seul, mais...
Der : Ça m'a fait plaisir d'aider ce gamin, dit-il en lui coupant sèchement la parole. Je peux repartir maintenant ?
Richard : Oui, dit-il un peu déçu par le ton qu'avait pris son collègue.
Der : Très bien, n'oubliez pas de vérifier ses constantes à toutes les heures et ne me bipez qu'en cas d'extrême urgence.
Richard : Oui... Mais tu ne crois pas que...
Ne sachant s'il devait continuer, il dévisagea le jeune homme qui celui-ci le regardait durement.
Richard : Tu fais ce que tu veux... Mais la vie continue Derek, les choses changent, les gens avancent... mais toi, tu restes là où tu étais il y a trois ans, tu n'as pas bougé... Tu devrais peut-être envisager de...
Der : Non ! Vous m'avez déjà proposé d'aller consulté et je vous ai clairement fait comprendre que je ne voulais rien entendre ! dit-il brusquement.
Puis, avec un brin plus calme ajouta :
Der : Tu as sans doute raison... Mais je ne peux pas, je ne veux pas. En parler ferait ôter ce point qui pèse sur mes épaules depuis trop longtemps, mais j'ai peur... peur de l'oublier. Je préférerais mourir dans la solitude avec elle dans mes songes que mourir... sans elle.
Richard : Tu n'es pas seul Derek. Tu as tes amis qui sont toujours là pour toi... Mais surtout, tu as une personne qui te comprend plus que quiconque ici et cette personne te ressemble et ressemble à Meredith. Crois-moi, jamais tu ne l'oublieras. Tu ne vivras peut-être pas plus heureux, mais au mois, tu aurais essayé.
Der : Peut-être... Bref, je dois y aller, Amy revient de l'école et je veux être là pour elle.
Richard : Va la rejoindre. Et dis lui de ne pas oublier que samedi je viens la chercher pour son cours de gymnastique !
Der : D'accord. Au revoir Chef.
Richard : Tu peux m'appeler Richard...dit-il, mais celui-ci était déjà parti.
Amy : Papa !
Elle sauta dans ses bras et s'agrippa à lui de toutes ses forces. Il la prit dans ses bras et lui baisa la joue.
Der : Tu as l'air d'aller bien !
Amy : Oui ! On se demandait où tu étais parti !
Der : À l'hôpital... On avait besoin de moi.
Amy : Ha bon... Et toi... ça va ?
Elle lui avait demandé sur un ton inquiet, sachant pertinemment la réponse bien qu'elle savait qu'il allait lui répondre le contraire.
Der : Moi ? Je pète le feu ! Dis, ça te dirait d'aller manger chez Bonnie ?
Amy : Oh oui ! Le restaurant où ils font de mégas gateaux pour dessert !
Der : Dans ce cas je vais me changer et nous partons tout de suite.
Il se félicita d'avoir trouvé cette idée pour le moins génial, sa fille était le modèle craché de sa mère concernant les sucreries. Il essayait tant bien que mal de paraitre intéresser aux activités de sa fille, d'être la pour elle, de lui sourire... Bref, être un visage à deux faces.
Mais aujourd'hui il avait fait un grand pas. Il était sorti pour aller à l'hôpital et là, il irait au restaurant. Serait-ce un signe qu'il commençait à avancer ? Peut-être... Mais il restait encore beaucoup à faire !
Il avait passé un bon moment avec sa fille. Un des rares moments où elle et lui avaient été complices. Tous deux avaient ri, et comme on ne pouvait passer à côté, ils avaient parlé du « avant ». Amy s'était toujours montrée douce envers son père, car elle savait qu'il souffrait toujours. Elle aussi d'ailleurs...
La pire journée du calendrier s'achevait, un autre x a coché, un nouveau jour demain, rien de bien encourageant pour continuer. Seule la présence d'Amy l'incitait à vivre, car il savait que s'il n'était plus là, Amy devrait vivre chez ses parents, et Dieu qu'il savait qu'Amy et les Shepherd faisaient deux ! Sur ce coup là, elle avait hérité du caractère de sa mère. Et il ne voulait pas la laisser seule, sa fille avait subi trop de séparations dans son enfance pour en subir une nouvelle.
Il était 2h00 du matin. Cela faisait maintenant trois heures qu'il regardait le plafond. Il savait maintenant combien de tuiles il y avait, dans le moindre détail. Le voilà moins niaiseux...
Il essayait tant bien que mal de s'endormir, mais l'image de Meredith intervenait dans son esprit à chaque fois. Elle revenait, comme pour le narguer, pour l'empêcher de dormir. Il l'entendait encore et encore...
Mer : Derek... Il faut que je te dise quelque chose... Quelque chose d'important.
Der : Meredith, tu m'inquiètes mon cœur.
Mer : Je ne sais pas comment te le dire.
Der : Mais qu'est-ce qu'il se passe ? J'ai fait quelque chose de mal ? Meredith, je suis vraiment désolé de ne pas avoir été à notre rendez-vous, mais j'avais une opération importante et...
Mer : Tais-toi. Hier, je voulais te dire... te dire... dit-elle en pleurant.
Der : Quoi ? demanda-t-il exaspéré.
Mer : J'suis enceinte, finit-elle par dire d'une voix suraigu.
Il avait été tellement heureux de l'apprendre. Elle était plus que terrorisée par la nouvelle, mais il avait réussi à la convaincre, car cela ne faisait que quelques mois qu'ils étaient en couple. Ensuite, il y a eu quelques petites disputes, du aux hormones. Et puis, l'accouchement vint. Tout s'était bien passé, à son grand soulagement. Il tenait dans ses bras sa chair, ce petit être qui les avait rapprochés encore plus l'un de l'autre. Et après... Quelques années après tout ce bonheur, il voyait tous ces rêves, tous ses projets s'écrouler. Peut-être que s'il ne lui avait pas parlé de mariage, peut-être serait-elle toujours là avec lui. Peut-être qu'au lieu de se retourner dans son lit pendant des heures, il serait dans ses bras, lui faisant doucement l'amour...
Mais non, ce n'était surement pas la seule raison de son départ. Le mariage l'avait peut-être effrayé, mais il sentait qu'il n'y avait pas eu que ça... Et c'est ça qui le hantait par-dessus tout.
Son cadran sonna, beaucoup trop tôt à son goût. Il n'avait dormi que quelques heures, et déjà, le petit train-train quotidien commençait. Il se leva, non sans grincher, et alla réveiller sa fille, puis descendit préparer le petit-déjeuner. Normalement, il faisait bruler quelques toasts et mettait de la confiture pour camoufler son talent de cuisinier, mais aujourd'hui, l'idée et surtout le désir lui pris de faire des crêpes, chose qu'il n'avait pas fait depuis... depuis très longtemps !
Amy : Papa ! Est-ce que tu te sens bien ?
Der : Heu... Je crois que oui. Pourquoi ? demanda-t-il surpris.
Amy : Et bien... les crêpes. C'était notre routine le dimanche matin... À nous trois, finit-elle par ajouter quant au regard interrogateur de son père.
Der : Oui, mais... Ça fait longtemps ! Et il faut savoir passer l'éponge, tout comme je fais !
Amy : Ouais... si tu le dis !
Un silence pesant vint s'installer dans la cuisine. Un mensonge, pur et net, chacun d'eux le savait, mais personne n'osa contrarier cette affirmation. C'est dans le même silence qu'ils mangèrent, lui en lisant le journal, elle en regardant les dessins animés à la télé. Il se perdit dans la contemplation d'une image dans le journal. C'était dans la section des morts, une jeune femme d'une trentaine d'année y était affichée. Mais son regard était figé, va savoir pourquoi...
Il se dépêcha, cela faisait très longtemps que Derek Shepherd était arrivé en retard à son travail, lui qui était réglé comme une horloge. Il passa en vitesse devant le bureau des infirmières, grimpa les marches quatre à quatre pour aller se changer. Une fois qu'il fut en tenue de chirurgien, il se dirigea vers le tableau, là où étaient inscrites toutes les opérations du jour. Aucune n'était prévue pour le chirurgien dans la matinée, soulagé, il se dirigea vers la machine à café, là où se trouvait son meilleur ami.
Mark : Hé, t'aurais pas de l'argent à me prêter ? Je n'ai plus rien sur moi.
Der : Bien sûr.
Tous deux armés d'un café, Derek ne sachant que dire, ce fut Mark qui engagea la conversation.
Mark : On m'a dit que tu étais arrivé en retard ce matin ! Les infirmières jasent beaucoup, dit-il en répondant au regard interrogatif de son ami. Le réveil n'a pas sonné ?
Der : C'est pas ça, dit-il en regardant son café, comme si celui-ci était soudain devenu très attrayant.
Mark : Alors... qu'est-ce qu'il y a ?
D'un geste las, il fouilla dans sa poche et en sorti un article de journal découpé à la main.
Mark : Qu'est-ce que c'est que ça ?
Der : Regarde.
Il déplia l'article et lui montra une photo.
Mark : Hé ben ça alors ! Pauvre toi ! Je comprends pourquoi tu es arrivé en retard ! Tu veux en parler ? Je suis là tu sais. Et je suis sûr que si tu demandes à Richard, tu pourras avoir ta journée. Dis, tu lui as dit à Amy ?
Der : Dire quoi ?
Mark : Ben que sa mère est morte ! Oups... enfin, je m'excuse, je ne voulais pas...
Der : Non ! Regarde plus attentivement ! Et lis le nom en bas.
Mark : Hé ! Mais c'est pas...
Der : Non c'est pas Meredith ! Tu comprends, quand j'ai vu ça, j'ai complètement... capoté. Je ne pouvais pas y croire ! Je suis resté cinq minutes à fixer cette photo ! J'ai cru... j'ai cru mourir Mark. Tu te rends compte, ça fait trois ans qu'elle est sortie de ma vie et je pense toujours autant à elle ! Et j'en suis malade. Et quand j'ai lu le nom de la personne et que j'ai compris que ce n'était pas elle... j'étais triste.
Mark : Triste ? Rassuré peut-être !
Der : Tu ne comprends pas ! J'ai pris Meredith pour une autre femme ! J'ai... Jamais avant je ne l'aurais confondu avec une autre personne ! Je crois que... que je suis en train de l'oublier.
Mark : Mais non ! dit-il en lui donnant une tape sur l'épaule. Tu le dis toi-même, tu ne fais que penser à elle. Et moi-même j'y ai cru.
Der : Oui, mais moi... C'est la femme de ma vie Mark. Et hier, ça faisait trois ans... Et je crois que jamais je ne réussirai à l'oublier. Donc, c'est ça ma vie ? Vivre les meilleurs moments avec elle et ensuite rêver d'elle pendant le reste de mes jours ? Je ne peux pas, je ne peux plus...
Mark : Heu... Pas de connerie d'accord ? Et si elle te manque tant, cherche là !
Der : Mais elle ne veut plus de moi !
Mark : Qui te dit qu'elle ne veut plus de toi ? Elle regrette peut-être son geste et elle est dans la même situation que toi vieux !
Der : Non. Elle, elle peut toujours revenir, elle a le choix. Elle sait où me retrouver. Et elle ne l'a pas fait alors... je ne veux pas d'une femme qui ne m'aime pas.
Mark : Et moi je ne veux pas d'un meilleur ami qui ne fait que revivre le passé.
Il y eut un moment de silence où ils se regardèrent droit dans les yeux, voulant savoir qui baissera les siens en premier.
Der : Eh bien, je crois que je n'ai pas trop le choix, c'est la triste réalité, dit-il en baissant les yeux et en partant chercher un dossier.