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Série : Grey's Anatomy
Création : 27.09.2008 à 03h22
Auteur : Mylene24
Statut : Terminée
« cinquieme fic, j'écris seule, merci » Mylene24
Cette fanfic compte déjà 56 paragraphes
Der : Chargé à 300 !
Inf : Toujours rien !
Bailey : C'est fini pour elle. Heure du décès...
Der : Non ! Nous pouvons encore la sauver ! Elle est jeune, elle a des gens qui l'aiment... Chargé à 350 ! Dégagé !
Une ligne horizontale, toujours plate, sans l'ombre d'une vie, voilà ce que chirurgiens et infirmières voyaient. Une jeune femme qui avait décidé de combattre sa maladie, combattre cette tumeur, était morte, après avoir tout donné pour rester à côté de sa famille. La vie est si injuste, pensa Derek.
Bailey : Heure du décès, 13h52. Bon travail tout de même Dr Shepherd.
Il ne l'écoutait pas, bien trop loin dans ses pensées. Ce matin, il avait eu l'impression que son cœur avait lâché. Et il pensa... Peut-être avait-elle besoin de lui en cet instant ? Il ne connaissait pas sa nouvelle vie, mais peut-être était-elle en danger ? Soudain, la peur s'empara de lui. Chaque seconde de chaque minute comptait... Mais pourquoi pensait-il à ça maintenant ? La peur que Meredith finisse comme cette fille surement... Mourir sur une table d'opération, ne sachant que d'une seconde à l'autre, tout peut bousculer. Une seconde, tu es en vie, l'autre, te voilà mort.
Mark : T'as fait du bon travail ! Et tu sais, cette fille avait surement vécu ce qu'elle devait vivre. Et puis, ce n'est pas tout le monde qui finit comme ça...
Un signe du destin ? Mark avait-il lu dans ses pensées ? Derek voulut y croire, croire qu'un jour prochain, il la reverrait, que ce soit à l'âge de 90 ans, dans une place pour personne âgée où que ce soit demain... Rien n'est encore perdu !
Il est 22h00, j'ai enfin fini cette garde épuisante, après trois décès, je n'en peux plus. Je commence réellement à douter de mon potentiel, songeant que Meredith prend de plus en plus de place dans ma tête. J'entre chez moi, exténué par cette autre journée de travail.
Le silence est maître, Amy doit déjà dormir à poings fermés. Il dépose tranquillement son sac dans le salon, accroche son manteau dans la garde-robe et ouvre l'armoire de la cuisine. Il cherche quelque chose de fort, mais malheureusement, mise à part une bonne limonade aux citrons, il n'y a rien dans le frigo. « Quelle journée de merde, se répète-t-il à voix basse. Si au moins j'avais sauvé une vie ! Même pas... Commence plutôt par sauver la tienne, pensa-t-il. »
Der : Chef ? Vous m'avez demandé ?
Chef : Assied-toi Derek.
Il était dans le bureau du chef ; après une nuit très courte, ses rêves peuplés de personnes chers à ses yeux qui faisaient des allés et venus, des poches étaient apparues sous ses yeux autrefois d'un bleu brillant et il est inutile de préciser qu'il n'avait pas très bonne mine. C'est les yeux dans le même trou qu'il arriva à l'hôpital, mais fut tout de suis appelé dans le bureau du chef.
Il était assis, bien droit, attendant impatiemment son sort. Il était sûr que son taux d'échecs considérables au bloc en était la cause. Il allait surement devoir répondre à toutes sortes de questions, questions qui n'avaient pas de réponse pour lui dans l'immédiat.
Chef : Je voulais te parler à propos de l'avenir de cet hôpital. Je voudrais que...
Der : Je sais, coupa-t-il sèchement. Mais écoute, je ne suis pas dans une bonne passe alors...
Chef : Justement, ce serait une manière de t'encourager.
Der : M'encourager ? demanda-t-il incrédule.
Chef : Bien sûr ! En étant chef de chirurgie, tu aurais plusieurs responsabilités et cela te ferait penser à autre chose. Bien entendu, tu pourras toujours voir ta fille aussi souvent.
Der : Attendez... Vous m'offrez votre poste ? À moi ?
Chef : À qui veux-tu que je l'offre ? À Sloan ? Il est déjà assez occupé à mettre dans son lit le plus d'infirmières possibles, tu crois qu'il pourrait assumer le rôle de chef ? Je ne vois personne à part toi, et soyons sincère, je suis sûr que tu ferais un très bon chef !
Der : Vous croyez ? Enfin, je veux dire, hier, je n'ai réussi à sauver aucun de mes patients !
Chef : Ça arrive à tout le monde et tu le sais. Peut importe, je te laisse réfléchir à tout ça, tu me donneras ta réponse dans les jours qui viennent. Car sinon, je ne sais absolument pas qui choisir...
Der : Je vais y réfléchir, je vous le promets. Mais, je ne savais pas que vous vouliez partir ?
Chef : J'y songe depuis quelques semaines déjà. Même si je ne suis pas sûr de vouloir quitter la chirurgie définitivement, je crois qu'il est temps pour moi de faire une pause.
Der : Je comprends.
Chef : Tu peux partir, va sauver d'autres vies ! Mais n'en parle à personne, rien n'es encore sûr jusqu'à présent.
Der : D'accord.
C'est un Derek un peu plus joyeux qui reprit son travail, mais malheureusement, aucune opération n'était prévue pour aujourd'hui. Il se contentait de lire certains dossiers, jusqu'à ce qu'un interne le fasse biper en urgence. Il dévala les escaliers, un groupe de personnes étaient autour du patient en question.
Bailey : Derek ? Que faites-vous ici ?
Der : On m'a bipé. Qu'est-ce qu'on a ?
Mark : Heu... Rien, tenta-t-il de mentir. Une erreur sans doute. Tu peux partir.
Il les entendit murmurer : « Mais qui a bien pu le biper ? On avait dit d'être discret ! s'exclama Mark. ».
Derek : Poussez-vous ! Pourquoi ne pas me laisser voir si cette personne a besoin de mon aide ?
Bailey : Dr Shepherd, s'il-vous-plait, ne...
Il écarta brusquement le Dre Bailey, mais il resta stupéfait par ce qu'il vit. Et stupéfait était faible... Il était abasourdi, comme si ces sens ne répondaient plus. Son esprit avait quitté son corps, laissant celui-ci vagabondé entre la peur et l'angoisse. Cette femme, celle à qui il pensait à tous les jours, était là devant lui, si fragile, si malade, il ne savait comment réagir, donc il resta planté là, devant celle-ci, toujours évanouie.
Bailey: Bon heu... On va l'emmener dans une salle, le temps qu'elle se réveille, puis on lui fera les examens nécessaires. Dr Sloan, je crois que vous devriez rester avec Derek, je m'occuperai de Meredith. Mais surtout, je crois qu'il vaut mieux ne pas propager le fait qu'elle... enfin, que Meredith soit ici.
Mark : D'accord. Derek... Viens avec moi. On va prendre un café ensemble, ça te convient ?
Voyant qu'il ne réagissait pas, il prit son ami par le bras et le força à le suivre. Celui-ci le suivit à contre cœur, fixant la civière de Meredith qui partait vers l'ascenseur.
Mark l'emmena loin des regards indiscrets, c'est-à-dire, dans une des nombreuses salles de garde. Il le fit assoir doucement sur un lit, et le regarda. Il avait le visage blafard et ses yeux démontraient son manque de présence. Il eut beau claquer des doigts, toujours rien. Voyant qu'il n'obtiendrait rien de lui de cette façon, il se mit à lui parler calmement.
Mark : Bon... Je ne suis pas très bon pour ce genre de discours, mais... D'accord, Meredith est là, et alors ? V'là ta chance ! Va la reconquérir nom du ciel ! C'est ce que tu attends depuis trois ans ! Alors bouge ton cul et dis-lui ce que tu ressens ! Car si je me souviens bien, elle est partie sans explication, nada.
Après un discours comme seul Mark pouvait les faire en pareille circonstance, Derek réagit enfin.
Der : Il est peut-être trop tard...
Mark : Dis pas de bêtise ! J'ai lu son dossier et il n'y avait rien d'anormal.
Der : Mais qu'est-ce qui a provoqué sa chute ?
Mark : J'en sais rien... Surement rien de grave !
Der : Je l'espère... vraiment.
Ils restèrent silencieux un moment, puis, incapable de rester là sans rien faire, sorti de la pièce et parti en courant. Il n'avait pas été là depuis trois ans, mais aujourd'hui, il était là, et il était plus que décider de la revoir, de lui parler.
Il marchait rapidement dans les couloirs et regardait dans chaque pièce, impatient de voir ce visage qui l'avait tant hanté, et qui le hantait toujours.
Chef : Shepherd !
Il se retourna violemment, mais qui pouvait l'intercepter dans cette folle course pour retrouver sa bien-aimée ?
Der : QUOI ? hurla-t-il. Heu... désolé chef.
Chef : On va dire que c'est l'excitation de la revoir. Où cours-tu comme ça ?
Der : Je la cherche, je... je dois lui parler. C'est urgent. Vous savez où elle est ?
Chef : Oui, au troisième étage, dans la chambre 309, mais avant, je voulais vous parler de l'opération de M. Weeds.
Der : Je l'opère demain, pourquoi ?
Chef : Il a changé d'avis et préférait que ce soit aujourd'hui plutôt...
Der : Et pourquoi ? demanda-t-il les dents serrées.
Chef : La fête de sa petite amie demain. Il préférait que tout soit fini avant.
Der : Et bien, dites-lui que je n'ai pas que ça à faire, que demain, je l'opérai, car aujourd'hui, je dois aller voir mon ex petite amie qui est peut-être malade !
Furieux, il partit en courant, ne prenant pas la peine de se retourner. Richard avait les yeux grands ouverts, jamais personne n'avait osé lui parler ainsi. Les infirmières présentes s'empressèrent de tout raconter à leur ami, voilà un potin qui allait faire le tour de l'hôpital !
Mais Derek s'en fichait, il en avait plus qu'assez ! Depuis qu'il l'avait vu sur ce brancard qu'il voulait lui parler, mais personne ne semblait s'en soucier. Évitant l'ascenseur pour fuir tous ces gens qui le regarderaient aux rayons X, il prit les escaliers et les descendit quatre à quatre. Il faillit bousculer une infirmière qui passa par là, mais n'y fit guerre attention.
Der : 306, 307,308... Là voila !
Il s'apprêta à entrer lorsque...
... : Dr Shepherd !
La main sur la poignée de porte, il se retourna, écœuré de tout le monde, de toutes ces personnes qui voulaient ne pas lui permettre de voir Meredith.
Der : Que se passe-t-il ?
... : Le Dr Webber m'a dit que vous ne vouliez pas opérer mon père aujourd'hui pour raisons personnelles... C'est vrai ?
Ne lui laissant pas le temps de répondre, il continua.
... : Car je ne vois pas ce qu'il y a de plus important que de sauver la vie de mon père ! tonna-t-il avec colère.
Inspirer, expirer, se répéta-t-il, au comble du désespoir.
Der : M. Weeds, votre père sera opérer demain, à la première heure si vous le souhaiter, mais dans l'immédiat, c'est impossible.
... : Et pourquoi cela ?
Rouge de colère, n'en ayant plus qu'assez, il cria :
Der : Parce que la vie ne tourne pas autour de vous, parce que je dois voir une patiente, qui soit dit en passant, était ma petite amie, et je dis était, car elle est partie sans explication ! Alors j'aimerais bien vous faire comprendre, à vous, et à tous les gens présents, que je suis hors service pour les prochaines heures à venir ! Merci !
Si on n'avait déjà vu le Dr Shepherd triste, joyeux, jamais on ne l'avait vu dans une colère aussi froide. Inutile de préciser que l'homme en question se retira, ébahi par ce qu'il venait d'entendre.
En prenant une grande inspiration pour se calmer, il ferma les yeux, et entra dans cette chambre où il y trouva une jeune femme éveillée par tout ce bruit qu'il avait causé.
Deux cœurs doublèrent d'intensité en même temps, deux yeux qui ne se détachèrent plus, un bleu clairvoyant mélangé à un vert émeraude, donnèrent un fondu de couleur infini. Le temps semblait s'arrêter, comme si le tic et tac d'une horloge avait cessé, pareil à la terre qui avait cessé de tourner.
Il regardait cette femme, celle pour qui il était devenu ce personnage étrange qui ne vivait que pour sa fille, celle pour qui il aurait tout fait. Elle n'avait pas changé, si ce n'est que son teint blême avec cette tenue d'hôpital. Malgré tout, elle était toujours aussi désirable. Derek ne put s'empêcher de penser qu'en dessous de cette tenue d'hôpital, elle était presque nue.
Même s'il était heureux de la revoir, il était tout de même inquiet du malaise que celle-ci avait fait. Peut-être était-ce rien du tout, un coup de fatigue, tout simplement, mais étant chirurgien, il s'imaginait les pires horreurs.
Il s'avança tranquillement vers la jeune femme qui ne savait quoi dire, quoi faire pour se justifier.
Il lui prit la main, la caressa, heureux de sentir sa peau contre la sienne. Il ferma les yeux, et en un instant, s'imagina qu'elle n'était jamais partie. Que se serait-il arrivé si elle était restée ? Serait-il marié, père de trois enfants ? Cette flamme de bonheur s'éteignit, laissant place à l'image d'une Meredith qui se demandait comment Derek allait réagir.
Der : Tu nous as fait une belle peur dis donc !
Ne voyant pas où il voulait en venir, elle garda le silence, attendant que Derek délaisse sur elle son flot de colère qu'il ressentait depuis qu'elle l'avait quitté.
Der : Une belle surprise aussi ! Vraiment, je suis content de te voir ! Ça faisait drôlement longtemps !
Les sourcils froncés, elle regarda son médecin faire son discours qu'il voulait ironique, mais le ton de sa voix laissait prétendre qu'il était tout, sauf ironique.
Der : Dommage que tu nous ais fait part de ta présence seulement aujourd'hui ! Parce que moi, on s'en fou de ce que je pense, de ce que je ressens, on me laisse là comme un vieux chiffon qu'on ne prend même pas la peine de nettoyer et on le jette aux poubelles, sans trou, rien ! Si au moins il aurait eu une bonne raison, peut-être aurais-je pu comprendre, mais là... Ça me dépasse !
Elle écouta attentivement Derek déverser sa colère sur elle, car elle savait qu'il avait en partie raison.
Der : ...Et tu as pensé à moi ? Je ne crois pas ! Tu m'as laissé seul du jour au lendemain, tu as abandonné notre fille, tu nous as abandonné !
Il prit un profond respire et la question qui lui brulait les lèvres depuis tant d'années finit par sortir.
Der : Pourquoi es-tu partie ?
Elle s'y attendait, seulement, elle ne savait pas comment lui répondre. Elle était partie parce que... Parce qu'elle en avait marre de cette vie, elle voulait du changement ! Elle n'avait réalisé que la moitié de ses rêves, dont celui d'être chirurgien, et encore là, il y avait encore des années avant que tout se concrétise ! Elle n'avait jamais prévu avoir un enfant durant son internat et encore moins se marier ! Il lui en avait vaguement parlé, mais elle savait que la demande était pour bientôt. Elle aimait Derek, ça oui, mais elle ne voulait pas s'enfermer dans un mariage qui la plupart du temps échouait quelques années plus tard, à cause du travail et des disputes incessantes à propos de tout et de rien. Elle était encore jeune, elle voulait vivre à pleine dent la vie !
Après l'avoir quitté, elle avait rejoint une de ses amies à San Francisco, qui faisait elle aussi son internat. Elle s'était connue à la fac de médecine et ensemble faisaient les 400 coups. Elles allaient le soir au bar, se soulaient et ramenaient chacun un mec dans leur lit. Mais lorsqu'elle était partie de Seattle pour aller à San Francisco et qu'elles avaient recommencé à jouer ce petit jeu, cela ne l'amusait plus autant qu'avant. Pire, elle n'y prenait vraiment aucun plaisir ! Et c'est là qu'elle comprit que les soirées entre amies, les jeux stupides, c'était fini pour elle. Elle avait connu l'amour le vrai, et l'avait quitté pour... de folles parties de jambe en l'air complètement exécrables !
Elle se trouvait moche, très moche. Plus d'une fois elle avait fait sa valise, et la défaisait, se disant que jamais il ne voudrait qu'elle revienne dans sa vie. Mais il y deux jours à peine, elle était revenue à Seattle, elle avait oublié quelques papiers importants qu'il lui fallait bientôt. Et c'est ainsi que pendant ces trois longues années, à ne penser qu'à lui, elle finissait par se retrouver dans un lit d'hôpital et en face d'elle, un Derek complètement assommé.
Il la regardait toujours, attendant impatiemment la réponse qui allait lui faire changer sa vision de voir les choses.
Mer : Je...
Elle allait lui dire, elle allait lui dévoiler la vérité ! Un poids de moins pour sa conscience, même si elle avait peur de sa réaction.
Mais l'arrivé soudaine du chef interrompit cette dernière dans son explication.
Chef : Désolé de vous déranger, mais j'ai les résultats d'analyse.
Mer : Et puis ? La fatigue je suppose ! Je sais, je ne me repose pas assez, mais tu sais, être résident n'est pas de tout repos, même si c'est mieux qu'int...
Chef : Non, ce n'est pas ça.
Il l'avait interrompu avec un ton las, un ton inquiétant...
Der : Richard... Que se passe-t-il ?
Chef : Derek, il vaudrait mieux que tu sortes. Je dois parler seul à seul avec Meredith.
Der : Je ne sortirai pas ! Pas avant avoir vu ces résultats !
Chef : Dr Shepherd, je vous prierais de sortir et de me laisser seul avec la patiente !
Il avait dit ça d'un ton autoritaire. L'ambiance était toute autre, un silence pesant s'installa, ils étaient tous trois tendus. Derek se demandait pourquoi Richard était ainsi, ce devait être plutôt grave. Meredith, quant à elle, regardait son ancien chef d'un œil effaré. Était-elle réellement malade ? Et Richard, lui, regardait cette jeune fille encore jeune et il devait malheureusement lui annoncer une très mauvaise nouvelle.
Chef : Bon, très bien. Meredith, veux-tu qu'il reste ?
Il la regarda, essayant à travers son regard de lui faire comprendre sa détresse et sa volonté d'être près d'elle pour la soutenir. Elle soutint son regard et après quelques secondes :
Mer : Oui.
Il perdit complètement sa colère, son amertume, sa rancœur pour elle, il fondait devant ses yeux si soucieux, si tristes de savoir bientôt cette vérité qu'ils ne voulaient chacun ne pas entendre.
Il s'approcha d'elle et s'assit sur le lit. Il lui prit la main, elle se laissa faire. Il la regarda, qu'elle était belle ! Mais il avait l'impression que le ciel leur tomberait bientôt sur la tête ! Il lui mit la main dans les cheveux, humm ! Que ce parfum à la lavande lui avait manqué ! Il lui baisa la joue et lui parla en chuchotant.
Der : Tu es prête ?
Elle le regarda, mais cette fois-ci ses yeux brillaient, elle allait pleurer, et il ne voulait absolument pas qu'elle s'y mette, car lui-même était à deux doigts d'éclater en sanglots.
Après quelques secondes à se regarder droit dans les yeux, elle se tourna vers Richard pour lui faire face.
Mer : Je suis prête.
Chef : Alors... Est-ce que... est-ce que dernièrement tu as eu des maux de têtes, des vomissements ou des pertes d'équilibres ?
Mer : Heu... Je ne sais pas... Peut-être... Pourquoi ?
Chef : Le scan démontre une élévation de la pression intracrânienne et l'irritation d'une partie adjacente du cerveau où des dommages ont été subis par celle-ci.
Mer : Je... je vois. Mais, tu sais, j'aimerais que tu me le dises, car si je me trompe, et c'est vrai, je peux me tromper, je ne suis qu'une résidente, alors je n'ai pas toujours vrai. Donc, j'aimerais vraiment que tu me dises Richard, que ce n'est qu'une petite opération pour me remettre sur pied.
Elle lui avait dit d'un trait, sans prendre sa respiration. Elle avait trop peur de la réponse, trop peur que ses doutes soient réellement fondés.
Chef : Meredith, je suis désolé, mais... tu as une tumeur du système nerveux central.
Les cartes étaient mises à terre, le résultat était tombé, aucun des deux ne s'imaginaient une telle chose, une chose aussi éprouvante, aussi démesurée par rapport à ce qu'ils pensaient.
Derek ne voyait plus rien, n'entendait plus, comme si on l'avait enfermé dans un immense bâtiment vide, là où seuls les murs pouvaient lui tenir compagnie. Il ne pouvait y croire, il ne pouvait se résoudre d'y penser ! Sa Meredith, cette femme qui lui avait volé son cœur, allait... Il ne pouvait prononcer, n'y songer à cette possibilité. Il connaissait les effets d'une telle tumeur, il connaissait les craintes qu'il pouvait y avoir...
Il se retourna plus brusquement qu'il ne l'aurait voulu vers Meredith. Son visage démontrait une incompréhension totale. Elle ne bougeait pas, les yeux toujours fixés comme il y a quelques secondes. La seule chose qui semblait avoir changé chez elle était son teint anormalement blême. N'osant pas la toucher, de peur de provoquer une réaction exagérée de sa part, il se contenta de la regarder, essayant de capter son regard, mais en vain. N'y tenant plus, il l'a prit dans ses bras et c'est le moment qu'elle choisit pour éclater en sanglot. La peine qui augmentait de jour en jour depuis ces trois dernières années put enfin ressortir. Celle de l'avoir quitté et ensuite de l'avoir regretté, celle d'avoir attendu désespérément qu'il la retrouve, une petite lueur d'espoir qu'elle avait eu tout au fond d'elle-même pour continuer à vivre. Mais maintenant, avec la nouvelle de sa maladie, elle n'avait pu se retenir, s'en était trop.
Derek l'aidait du mieux qu'il pouvait, mais il ne savait pas trop comment réagir, car lui aussi était sous le choc. Il se contenta de lui ébouriffer les cheveux et de lui prêter son épaule pour pleurer.
Richard, cependant, ne semblait pas particulièrement à l'aise. Il préféra les laisser, et revenir plus tard pour parler des différentes options qui s'offraient à eux.
À mesures que les minutes passaient, la respiration de Meredith devint moins saccadée et ses pleures diminuèrent de moitié. Ses yeux étaient rougis et le désespoir était le seul sentiment qu'on pouvait y déceler dans ses yeux. Doucement, elle s'écarta des bras de son ancien amant et posa la tête sur l'oreiller. Elle fixait le plafond, sans cependant le voir réellement.
C'est après quelques minutes de pur silence que Derek se décida à prendre la parole.
Der : Meredith... Regarde-moi. Regarde-moi.
Elle ne pouvait pas le regarder, c'était en ce moment un effort considérable pour elle. Elle ne voulait pas lire dans ses yeux de la pitié ou un quel conte sentiment ressemblant. Cela redoublerait sa peine. Elle parvint cependant à articuler une réponse, non sans sanglots.
Mer : Je... Je ne peux pas... Je préfèrerais que tu partes. Je peux m'en sortir seul, je l'ai toujours fait...
Der : Justement, dit-il en s'approchant d'elle pour la regarder droit dans les yeux. Tu as vu où cela t'a mené ? Meredith, tu as besoin de quelqu'un, une épreuve comme celle-ci ne se surmonte pas seule. À deux, on y arrivera, j'en suis sûr. D'accord ?
Il lui tendit la main, espérant de tout son cœur qu'elle enlace la sienne. Et c'est les yeux dans les yeux qu'elle ajouta :
Mer : D'accord.
Cela faisait quelques jours que la rumeur qu'une ancienne interne, ayant brisé le cœur de son titulaire, était revenue et souffrait à présent d'une tumeur. Les proches de celle-ci, ses anciens amis, étaient tous venus la voir, pour l'encourager et non pour la réprimander sur le geste qu'elle avait fait trois ans plus tôt, ce qu'elle leur en était fort reconnaissante. Le personnel de l'hôpital la traitait comme n'importe qu'elle patiente atteinte de sa maladie, car la plupart ne savait que quelques détails sur cette jeune résidente.
Derek, lui, faisait face tant bien que mal à la tournure que prenait les évènements. Certes, la voir lui faisait le plus grand bien, mais la voir si fragile lui brisait le cœur. Ils n'avaient pas une relation médecin-patient, mais aux yeux de tous, ils semblaient de simples amis, même si Cristina et sa bande étaient les seuls à voir beaucoup plus loin, et qui sait, avec une mince lueur d'espoir.
Mais le plus difficile avait été de le dire à Amy. Comment dire à une jeune fille si douce, si innocente soit-elle, que sa mère allait peut-être mourir ? Il lui avait présenté les choses comme tel : Meredith était revenue, elle pourrait peut-être la voir. Celle-ci avait sourit, un sourire comme tout parent rêve de voir sur les lèvres de son enfant. Mais celui-ci c'était très vite assombrit lorsqu'il lui avait dit qu'elle était au Seattle Grace Hospital, non pas comme médecin comme elle le croyait, mais plutôt comme patiente. Elle avait versé quelques larmes, mais sans plus. Derek lui avait expliqué qu'elle était exactement sa maladie, qu'elle pouvait guérir, mais il avait oublié, ou sans doute ne voulait-il pas voir le côté sombre de la médaille, le côté qui le détruirait entièrement, de dire à sa fille unique que sa mère allait peut-être quitter ce monde si cruel.
Il était 20h00, Derek rentrait d'une grosse journée de travail, opération par-dessus opération. Il avait eu une petite conversation avec Meredith, mais s'en trop élaborer le sujet. Ils ne se parlaient pas encore beaucoup, la gêne les séparait, les empêchait de se dire tout ce qu'il voulait savoir, voulait entendre.
Il l'avait regardé longtemps avant d'entrer, elle regardait sagement la télévision, mais sans comprendre réellement le sens de l'histoire, elle était dans sa bulle, là où seul elle et sa maladie étaient maître.
Il cogna et elle se retourna. Ses yeux gris-vert le transpercèrent, puis, il tourna la poignée de porte. Il la contempla dans toute sa splendeur, elle d'origine si maigrichonne, peut-être était-ce un effet de son imagination, mais elle semblait encore plus mince qu'auparavant.
Il s'avança lentement et vint, comme par habitude, à présent, s'asseoir sur son lit. Il regarda un instant CSI qui jouait sur la chaîne avant de tourner les yeux vers elle. Il baissa le volume et lui prit la main. C'était devenu un rituel pour lui, s'asseoir, lui prendre la main, et ensuite, la regarder droit dans les yeux avec son regard qui faisait fondre n'importe qu'elle femme.
Der : On m'a dit que tu en faisais voir de toutes les couleurs à ces pauvres infirmières.
Mer : Pauvres infirmières ? Depuis quand les prends-tu en pitié ?
Il sourit, déjà, il ne savait plus quoi répondre. Cette femme avait le don de lui clouer le bec.
Der : Oui... Tu as reparlé à Cristina ?
Mer : Oui pourquoi ?
Der : Elle s'en fait beaucoup pour toi tu sais.
Mer : Je sais. Et toi, il parait que tu as opéré sur des siamois.
Der : En effet. Dis donc, tu écoutes pas mal les ragots !
Mer : Que veux-tu que je fasse d'autre ! Je suis pris ici pour encore plusieurs semaines si j'ai bien compris.
Der : Profites-en pour te reposer et faire le vide. En tous cas, je dois y aller, Amy m'attend.
Il se retourna, non sans avoir remarqué l'expression sur son visage lorsqu'il avait prononcé le nom d'Amy.
Il s'apprêtait à quitter lorsqu'elle l'interpella.
Mer : Elle va bien ? Je veux dire... Amy, elle va bien ?
Il mit un instant avant de répondre.
Der : Elle s'en sort...
En entrant chez lui, sa fille lui sauta immédiatement dans les bras.
Der : Hé ! Mais que fais-tu debout ? Tu ne devrais pas être couchée ?
Il regarda Mary-Lyne, la jeune femme qui s'occupait de sa fille lorsqu'il partait travailler. C'était un peu comme sa deuxième mère, bien que Meredith était irremplaçable, et ça, tout le monde l'avait bien compris. Elle lui fit un signe d'impuissance, avant d'ajouter :
Mary : Mademoiselle voulait absolument vous parler. Elle a quelque chose à vous demander.
Der : Qu'est-ce qu'il y a Amy ?
Amy : Je me demandais si on pouvait aller voir maman ce soir ? Et avant que tu ne dises non, dit-elle en parlant plus fort pour ne pas que son père l'interrompre, toi tu as pu la voir tous les jours, pas moi ! Allez, s'il-te-plait, soit sympa !
Der : Amy, je t'ai déjà dit que c'était impossible ! Regarde-moi, dit-il en prenant le visage en colère de sa fille. Ta mère ne va pas bien, alors je ne crois pas que ce soit le moment d'aller lui rendre visite ! Et puis, il est beaucoup trop tard, demain tu seras très fatiguée à l'école.
Amy : Mais je m'en fou ! Je veux la voir ! J'en ai assez de rester ici en sachant qu'elle est tout près et qu'elle ne va pas bien ! Je pourrais lui tenir compagnie, maman adorait ça lorsqu'elle ne se sentait pas très bien !
Der : Adorait, Amy, adorait ! Écoute...
Il se mit à sa hauteur et lui parla doucement.
Der : Nous irons la voir, je te le promets, mais pas aujourd'hui, et sûrement pas demain.
Amy : Je pourrai la voir avant son opération ?
Der : Mais bien sûr ! Mais là, au lit jeune fille ! Sinon pas d'histoire !
Amy : Non !
Comme à tous les jours, à cette heure-ci, les visites allaient commencer. Derek devait être là depuis déjà un petit moment dans la chambre de Meredith et celle-ci s'inquiétait. Il était le seul qui ne la jugeait pas, et pourtant, tout le monde savait comment il avait souffert. Je dis juger, mais c'est faux, seulement, dans la voix de ses amis, leurs regards, on sentait qu'ils ne comprenaient toujours pas sa décision, mais personne n'osait aborder le sujet, le principal était sa santé.
Elle guettait la porte à chaque passant, mais nul Derek ne faisait son apparition. Tourmentée, elle sursauta lorsque les internes arrivèrent dans sa chambre accompagnés de leur résident respectif, le Dr Dickens.
Dickens : Bonjour Dre Grey ! Alors, comment allez-vous aujourd'hui ?
Mer : Comme quelqu'un qui a une tumeur...
Dickens : Bien heu... Pattison, commencez !
Alors, chacun d'eux, comme des robots, récitèrent le dossier qu'ils avaient du apprendre par chœur pour simplement aller au bloc.
Pattison : Meredith Grey, trente-cinq ans, jour 3, est hospitalisée après la découverte d'une tumeur se logeant dans le cerveau.
Martin : Le Dr Shepherd opérera pour essayer d'enlever le plus de cancer possible, mais il se peut qu'il soit obligé de refermer et de rouvrir une prochaine fois si les dégâts sont trop importants.
George : Après la neurochirurgie, si tout se passe bien, la radiothérapie est fortement recommandée. L'opération devrait se tenir dans deux jours, si les constantes sont stables.
Gates : Le Dr Shepherd a aussi ordonné une nouvelle IRM pour voir si la tumeur avait progressé d'ici trois jours. Étant donné que c'est une tumeur qui, dans la majorité des cas, est souvent associé aux enfants, il faut faire preuve de prudence.
Dickens : Très bien ! Alors Martin tu es sur ce cas, tu vas lui faire une IRM et tu me biperas après étant donné que Shepherd n'est pas encore arrivé. Les autres, suivez-moi, prochain patient !
Mer : Dr Dickens !
Dickens : Oui ?
Mer : Vous savez où est le Dr Shepherd ? Il avait promis de passer...
Dickens : Aucune idée, mais vous feriez mieux de demander au chef ! Je vous laisse entre les mains de Christopher Martin, c'est le meilleur interne que j'aie.
Martin : Bien, l'IRM est libéré, vous êtes prêtes ?
Mer : Toujours, dit-elle sans grand enthousiasme.
La vérité, c'est que sans lui, sans Derek, elle avait peur. Elle se retrouvait ainsi seule, au milieu de tous ces gens qu'elle ne connaissait que de visage. Voir un visage familier la réconfortait, lui donnait du courage. Elle avait pu surmonter ces journées à rester au lit en n'ayant nul autre compagnie que la télé et les quelques va-et-vient des infirmières, ses amis étant tous très occupés, mais c'était grâce à ses visites, à ses sourires propres à lui qu'elle pouvait dire qu'elle s'en sortait bien.
Mais ce matin, il n'était pas là pour cette IRM qui déciderait de son sort. Y aurait-il des complications ? Elle avait tant de crainte, elle avait tant besoin de parler à un ami, ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant. Et cet ami, ce n'était pas Cristina, ni même Izzie, c'était quelqu'un qui pouvait la soulager rien qu'en l'écoutant parler, c'était quelqu'un en qui elle avait une confiance infinie... C'était Derek.