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Série : Grey's Anatomy
Création : 27.09.2008 à 03h22
Auteur : Mylene24
Statut : Terminée
« cinquieme fic, j'écris seule, merci » Mylene24
Cette fanfic compte déjà 56 paragraphes
Ma fille me regarde les yeux plein d'espoir, et je sens le regard de Derek posé sur moi. Je ne sais pas quoi répondre, je ne veux pas leur dire que je resterai que pour leur faire plaisir et ensuite m'enfuir lâchement. Non, ça je l'ai déjà fait, et je suis loin de ne pas avoir de regret. Mais la question est moi, que veux-je ? Aller coucher ma fille chaque soir en lui lisant des histoires, lui baiser la joue, et ensuite rejoindre un lit avec un amant ô combien désirable. Ce serait une vie parfaite. Bien trop parfaite. Rêver qu'il me pardonnerait et me laisserait revenir dans sa vie comme ça, en claquant des doigts. Mais Rome ne s'est pas fait en un jour, et comme je ne veux pas répéter les mêmes erreurs que par le passé...
Mer : Plus jamais, je te le promets.
Si l'opération réussie pensa-t-elle.
Amy resserra son étreinte, et posa délicatement sa tête sur le ventre de sa mère. Meredith avait senti le souffle de Derek se retenir et puis se relâcher lorsqu'elle lui avait fait part de ses projets d'avenir. Elle ne voulait pas se retourner, elle avait un peu peur de sa réaction, peur qu'il ne veuille peut-être pas d'elle...
Il caressa son dos, puis, de son autre main, lui cajola la joue. Elle restait de marbre, le regard fixé sur la porte. Doucement, il prit son menton en main pour qu'elle se retourne contre lui. Ils étaient à quelques centimètres l'un de l'autre, et ça ne prit pas grand temps pour qu'il s'empare de ses lèvres, si douces, si fragiles, mais qui avaient sur lui un pouvoir qu'aucune autre femme n'avait. Il approfondit son baiser, et ils se laissèrent guider par la danse de leur deux langues.
Il enleva la main qui caressait son dos pour la mettre contre sa nuque, de façon qu'elle soit collée à lui. Leurs souffles se mélangèrent, et lorsque vint la séparation, pour reprendre leur respiration, Derek ne lui donna pas le temps de s'éloigner que déjà il fondait de nouveau sur sa bouche. Une main sur sa nuque, l'autre sur son cou, il avait l'impression de revivre, ses sentiments pour elle ne les avait jamais quittés, au contraire, plus fort que jamais, il voulait que ce baiser persiste, encore et encore, jusqu'à ce qu'ils soient forcés de s'arrêter pour autre chose que le temps.
Génial... Il fallait s'y attendre ! Mais quand même ! Ce doit être leur premier baiser depuis longtemps, car ils n'arrêtent pas, et moi, je commence à me sentir gênée ! Et je ne veux pas me retourner, de peur qu'ils s'arrêtent par ma faute. Donc je fais comme si j'étais sourde, comme si mes parents n'étaient pas en train de s'embrasser... Ouach !
Enfin, je sens maman se reculer tranquillement. Il était temps ! Bon... Étant très intelligente, je crois bien que je devrais les laisser seul, histoire qu'ils discutent un peu. Et aussi, parce que ma joie est immense, que le miracle auquel j'attendais est enfin venu, mes parents réunis, c'est tout ce que je souhaite.
Je me redresse, un peu gênée, et je sors du lit.
Mer : Où vas-tu ? demanda-t-elle encore quelque peu sonnée par ce qui venait d'arriver.
Amy : Je vais vous laisser. Et puis, la grosse madame doit me chercher partout.
Mer : La grosse madame ?
Der : Celle qui s'occupe de la crèche, rectifia-t-il.
Mer : Ha d'accord... Tu reviendras ?
Incapable de déceler si sa mère voulait la revoir ou pas, elle hésita.
Amy : Peut-être...
Mer : Je comprends que tu sois un peu déstabilisée, mais tu peux venir me voir quand tu veux.
Heureuse, elle lui offrit un sourire qui avait disparu depuis trop longtemps, son père était ému de la voir si heureuse, son bonheur se reconstruisait enfin, mais il était le seul qui allait décider si cet avenir à trois était possible ou si la vie serait encore plus cruelle qu'elle l'est déjà.
Amy : D'accord ! Alors... à bientôt !
Elle sortit en prenant bien soins de fermer la porte, un sourire angélique s'installa sur ses lèvres. Elle s'en allait s'engouffrer dans les escaliers, lorsqu'un médecin la poussa brutalement sur le mur, sans s'excuser.
Amy : Non, mais vous pourriez faire attention dit donc !
Voulant savoir de qui il s'agissait pour faire un rapport à son père, elle regarda le médecin qui s'en allait en courant vers une chambre, tout comme quelques infirmières.
... : Elle fait une crise d'épilepsie !
... : Je m'en suis aperçu ! Dégagez bande d'incapables !
Prenant soudain peur, elle courut à la vitesse de l'éclair et ce qu'elle vit lui donna les larmes aux yeux. Sa mère était couchée, mais tremblait de tous ses membres, et son père lui faisait une piqure pour la stabiliser.
Der : Merde...
Infirmier : Dr Shepherd, voulez-vous que j'essaie, vos mains tremblent...
Der : Fermez-la !
Mais quelques secondes plus tard...
Der : Allez-y et dépêchez-vous !
Infirmier : C'est bon, elle redevient stable.
Der : Ouff !
Infirmier : Docteur ?
Der : Quoi ? demanda-t-il sèchement.
Infirmier : Votre fille...
Elle fixait sa mère, telle quelle ne l'avait jamais fait. Même le chuchotement continuel des infirmières mélangé à celui du brouhaha habituel ne vint la brusquer, elle restait là, immobile, durant les cinq premières minutes. Elle avait l'impression que son âme c'était envolé, laissant son corps devant cette fenêtre qui se sentait gênée par tant d'attention. Une main sur celle-ci, elle regardait le triste spectacle qui s'offrait à ses yeux : celui d'une mère qui allait devoir se battre pour vivre. Personne ne devrait se battre pour une telle chose. On se bat pour nos droits, la justice, pour notre liberté...Mais la vie est un cadeau donné, empoisonné, nous devons y faire attention, car la vie ne tient qu'à un fil, si belle soit-elle.
Une main vint se poser sur son épaule. Elle ne bougea pas, se contentant de fermer les yeux un instant.
Der : Tu peux entrer. Elle va bien, c'est passé ma puce, dit-il en lui donnant un baiser sur la joue. Ne t'inquiète, maman va se faire opérer et tout ira bien.
En lui disant cela, il tentait de se convaincre lui-même. Il se devait de l'opérer, famille ou pas, il était le meilleur, et Meredith devait avoir le meilleur. Il devait oublier ses craintes, oublier que s'il faisait le moindre faux pas, la vie de Meredith, sa vie, et celle de sa fille basculeraient à jamais. Il se revoyait à la fac, arrogant et imbus de sa personne, prêt à tout pour prouver qu'il était le meilleur. Et maintenant, songea-t-il. Il soupira, songeant qu'il avait changé, qu'avant, ce sentiment dont il faisait preuve n'existait pas, que c'était pour les autres, pas pour lui, un homme de son calibre ne démontrait que rarement ses sentiments. Mais tout ceci avait changé dès la seconde où il avait posé les yeux sur elle, et il ne voulait pas être celui qui l'enverrait dans un autre monde. Certes, moins cruel, mais sans lui, ce qui en devenait beaucoup plus.
Et pour la première fois depuis la convulsion, elle ouvrit la bouche.
Amy : J'ai peur papa, si tu savais...
Il se mit à sa hauteur et elle l'enlaça, ne voulant pas le perdre, sachant que s'il lui arrivait quelque chose, elle se retrouverait peut-être seule.
Il sécha ses larmes avec son pouce, malheureux de la voir ainsi. Il la prit dans ses bras et elle ne protesta pas. Il parcourut les couloirs, descendit les escaliers, et arrivés à la crèche, elle dormait déjà. Il s'excusa, puis s'empressa de retrouver sa bien-aimée, le plus vite possible.
Il entra dans la chambre, sans cogner, ne sachant ce qui l'attendait derrière cette porte...
Bouche bée, il resta médusé devant cette vue grandiose, un paysage qu'il n'avait pas vu depuis des lustres. Les yeux grands ouverts, ébahis, la bouche ouverte, il la contempla sous différents angles.
Magnifiquement nue, ou du moins, sans jaquette d'hôpital, c'est-à-dire avec une petite culotte, et je précise sur le petite, fine dentelle, ha... un pur régal pour les yeux du chirurgien qui en avait rêvé depuis tant d'années. Elle avait la poitrine nue, dénudée de tout vêtement, ses cheveux prenant fin à la lisière de ses seins. Ébloui par tant de beauté naturelle, il ne put masquer le regard bouillant qu'il posait sur elle.
Incapable de bouger, subjugué par elle, par ses formes qu'il rêvait à chaque nuit de caresser, il resta là, immobile, pareil à un adolescent qui voyait pour la première fois une femme nue, autre que sa mère lorsqu'il était jeune.
Elle leva un regard vers lui, surprise de s'être fait déranger lors de sa toilette. Un médecin devait d'abord frapper avant d'ouvrir, c'est ce qu'elle c'était dit. Plutôt par réflexe que par autre chose, elle arracha le drap blanc qui était sur le lit pour cacher sa poitrine généreusement fournie. Se faisant, elle essaya tant bien que mal d'attraper son soutien gorge qui se trouvait à l'opposé d'où elle était. Celle-ci, non sans difficulté, s'enroula autour du drap pour ne pas paraître nue aux yeux de son ex amant.
Ils étaient à présent tous deux debout, elle ridiculement enroulée dans un drap et lui, tenant son soutient gorge noir avec un doigt.
Der : C'est ça que tu cherches ? demanda-t-il un brin moqueur.
Mer : Oui merci.
Avec difficulté, elle essaya de lui prendre des mains. Cela fit encore plus rire le chirurgien.
Der : Tu veux que je t'aide à te dérouler de ta couverture ?
Mer : Non, ce ne sera pas nécessaire, mais merci !
Il la laissa faire, voyant qu'elle voulait se persuader qu'elle pouvait y arriver seule. Souriant de toutes ces dents, il la regarda se déprendre pendant quelques minutes lorsqu'enfin, elle réussit.
Mer : Tu peux me le donner maintenant ?
Malheureusement, elle ne vit pas les yeux de Derek brûlant de plaisir, elle ne vit pas que celui-ci c'était drôlement rapproché d'elle par derrière. C'est seulement lorsqu'il commença à lui donner des baisers sur la nuque qu'elle se retourna brusquement, non sans frissonner.
Mer : Derek... soupira-t-elle.
Il fit le sourd, continuant de l'embrasser en posant ses mains sur ses cuisses. Elle ne le repoussa pas, mais ferma les yeux de bonheur.
Elle se laissa tranquillement aller par ces baisers qui devenaient de plus en plus pressants, jusqu'à ce qu'elle sente contre son dos le désir de son ex amant.
Plus sec qu'elle ne l'aurait voulu, elle le repoussa. Il la fixa de son regard de chien battu bien à lui, mais elle n'en eut cure.
Der : Pourquoi ?
Mer : N'importe qui peut entrer à tout moment.
Derek sourit. Non qu'elle ne voulait pas de lui, mais elle voulait seulement ne pas se faire surprendre. Il l'avait bien vu, il l'avait bien senti frissonner et il avait été heureux de savoir qu'il lui faisait toujours autant d'effet.
Der : Et si... Il s'approcha de la porte, puis y mit une chaise pour que personne ne puisse entrer. Bon... Comme ça, personne ne peut nous surprendre...
Goulument, il s'attaqua à ses lèvres, laissant ses mains vagabondées sur ce corps parfait. Ses soupirs augmentèrent le désir de Derek déjà bien présent. Il allait franchir le pas, il allait lui faire l'amour comme il ne lui avait jamais fait, lui prouvant qu'elle lui avait manqué, lui prouvant son amour. Malheureusement, le bruit d'une poignée de porte tentant de s'ouvrir sortit la jeune femme de ses émois.
Elle s'arrêta soudain et devint droite comme un soldat, guettant l'ennemi.
Encore une fois, une main essayait d'ouvrir la poignée de porte, mais sans succès. C'est après moult essais que le silence revint, un silence qui devenait de plus en plus pesant. C'est Meredith qui décida de briser le silence.
Mer : Écoute... Je ne suis pas très à l'aise de faire ça ici.
Il la regarda avec des yeux ronds.
Mer : C'est vrai qu'avant ça me dérangeait pas, dit-elle en souriant malgré elle. Vraiment pas même...
Elle rougit avant de continuer.
Mer : Mais tu vois, ce sera notre première fois depuis... depuis que je suis partie.
Elle baissa la tête, honteuse.
Mer : Et je veux qu'on prenne notre temps, je veux pas qu'on se dépêche parce qu'on a peur de se faire prendre, tu comprends ?
La tête baissée, elle avait l'air d'une petite fille, mais d'une petite ô combien désirable ! Il lui releva le menton de façon à ce qu'ils se regardent droit dans les yeux.
Der : Je comprends...
Elle lui fit le plus beau des sourires, et ne pouvant résister, il lui vola un baiser.
Der : Désolé, je n'ai pas pu m'en empêcher ! Mais si tu ne veux pas que je te saute dessus, je t'en pris, habille-toi !
Mer : Hé ! J'te signale que c'est toi qui es arrivé dans ma chambre sans cogner pendant que je me changeais !
Der : La prochaine tu n'auras qu'à aller dans la salle de bain, car je ne suis pas sûr de pouvoir maîtriser mes pulsions une nouvelle fois.
Mer : Ha, c'est que monsieur ne peut plus se contrôler !
Der : En effet, ça fait trois ans, même plus que je n'ai pas... enfin tu vois, dit-il d'un ton plus qu'embarrassé.
Il avait connu certaines femmes, c'est vrai, mais aucune n'était passée dans son lit, ni dans aucun autre lit avec lui.
Elle le regarda interdite. Il n'avait couché avec personne depuis elle, il n'avait couché avec personne depuis plus de trois ans... Elle se sentit honteuse plus que tout, elle qui ne s'était pas gênée pour s'envoyer en l'air avec n'importe quel mec qu'elle avait trouvé dans un bar. Il lui était resté fidele, tandis que elle... Elle lui était restée fidèle à sa façon, c'est-à-dire dans son cœur où personne d'autre n'y était entré depuis lui...depuis toujours.
Longuement après s'être rhabillée, elle repensait à ce qui s'était passé, à ce qui s'était dit avec Derek. Elle ne cessait de revoir la scène dans sa tête. Il avait du déployer toutes ses forces nécessaires pour s'en aller alors qu'elle était pratiquement nue devant lui. Le sourire aux lèvres, ses yeux se fermèrent et elle tomba dans un profond sommeil...
À peine quelques pas franchis hors de la chambre, quelqu'un s'adressa à lui, d'une façon odieuse.
... : Ouais, elle en a de la chance cette fille ! Moi qui croyais que tu ne baisais pas !
Der : Ce n'est pas de vos affaires, ragea-t-il à cette infirmière de malheur.
Il continua sa route, lorsqu'elle l'interpella de nouveau.
... : Alors c'est vrai, c'est elle ? demanda-t-elle avec tout le mépris dont elle était capable.
Der : De quoi parles-tu ? demanda-t-il abruptement.
... : Cette fille qui t'a abandonné... C'est bien elle ?
Der : Et en quoi cela te regarde ?
... : Je veux seulement mettre un visage à cette fille qui nous a empêché de nous aimer...
Der : Quoi ? Meredith n'y est pour rien !
... : Meredith... Il me semble avoir déjà entendu ce nom quelque part...
Elle fit mine de réfléchir avant de s'exclamer :
... : Mais bien sûr ! La jeune fille de cinq ans... C'est elle ta fille ? Elle a drôlement changé ! Et ce n'est pas pour le meilleur !
Der : La-ferme Rose ! Je ne veux pas que tu t'approches de ma fille, n'y même de Meredith ! Elles n'ont aucun rapport avec ce qui s'est passé entre nous deux ! Ou enfin... peut-on dire ça pour le peu de chose qui s'est passé entre nous ?
Rose : Salaud ! Tu semblais pourtant heureux d'avoir quelqu'un quand je t'ai ramassé à la petite cuillère.
Der : Je semblais, mais je ne l'étais pas ! Je croyais que tu étais mon amie à cette époque... Mais j'étais trop naïf, j'avais le cœur brisé, et je n'ai pas vu qui tu étais vraiment. Alors pour la dernière fois, éloigne-toi de ma famille ou sinon...
Rose : Sinon quoi ?
Il serra les dents, ferma les yeux un instant, espérant les rouvrir et qu'elle soit partie. Mais malheureusement, son visage hideux et ses yeux acariâtres le dévisageaient toujours et d'un dernier regard à faire glacer le sang, il tourna les talons.
Qu'est-ce que cette garce lui voulait encore ? Cela devait faire quoi... deux ans et demi qu'ils s'étaient fréquentés... si on peut dire ça comme ça. C'était quelques mois à peine après la disparition de Meredith, Derek était toujours aussi malheureux, personne, ni même son meilleur ami ne parvenait à lui décrocher le moindre sourire. Il était hanté par ces jours passés à ses côtés, souvenirs auxquelles il s'accrochait de toutes ses forces.
Le chef de chirurgie avait employé une nouvelle infirmière de bloc, une certaine Rose. À cette époque, il voyait cette fille comme toutes les autres, elle n'en était pas différente, si ce n'est qu'elle était plus réservée que les autres. Au contraire de bien des femmes, elle n'avait pas essayé de l'inviter à diner pour lui plaire, elle s'était contentée de l'observer, une force qu'il n'avait pas soupçonné jusque là.
Voilà comment c'était passé leur première rencontre...
Il était 21h30, il venait de finir cette longue journée épuisante pour tous. Un accident d'avion avait donné lieu à plusieurs interventions difficiles, des patients gisant de sang qui ne demandaient qu'à être soignés, même si la plupart des passagers étaient morts sur le coup de l'impact, ravagés par les flammes ou par une valise qui avait subitement tombé sur leur tête par manque de chance.
Sa mallette à la main, il longea le hall et s'apprêta à sortir de l'hôpital lorsque quelqu'un le héla.
... : Dr Shepherd !
Découragé, il se retourna vers son interlocutrice.
Der : Je suis en repos.
... : Je sais, mais c'est votre fille !
Il blêmit soudainement, la peur s'y lisait dans ses yeux. Plus rien n'avait réellement d'importance depuis que Meredith était partie, mais sa fille... Sans elle, il n'était plus rien, sans elle, c'était fini.
Der : Qu'est-ce, qu'est-ce que...
Il commença à hyper ventiler, d'abord Meredith qui part, ensuite sa fille qui n'est pas bien... Bon sang, qu'avait-il fait pour vivre ça ?
... : C'est sa gardienne, Mary... Mary- Lyne qui a appelé l'ambulance, elle a essayé de vous appeler, mais votre portable était surement éteint...
Tout en parlant, ils marchaient, couraient parmi le personnel de l'hôpital qui les regardait avec interrogation.
...: Elle se plaignait d'avoir mal au ventre je crois...
Der : Vous croyez ? Mais bon sang, vous êtes infirmière nom de Dieu ! Faites votre job comme du monde ! hurla-t-il.
Prenant peur, celle-ci s'en alla, le laissant seul courir jusqu'à la chambre de sa fille.
Après être resté au près de sa fille, qui souffrait d'une bénigne crise d'appendicite, il chercha l'infirmière dans tout le service de chirurgie, lorsqu'enfin, il la vit, un dossier à la main.
Il s'approcha d'elle, et lorsqu'elle leva les yeux, elle s'enfuit en sens inverse.
Der : Attendez ! Je voudrais... m'excuser.
Elle sourit, un sourire qu'on aurait du mal à déchiffrer. Puis, elle se retourna, la colère reprenant surface.
... : Vous excuser ? Sérieusement ? Vous m'avez crié dessus, vous m'avez insulté ! Je n'avais pas pris la peine de lire son dossier avec attention, j'ai préféré venir vous avertir ! Mais je vois que j'ai eu tort !
Der : Non... Vous avez fait ce qu'il fallait faire. C'est moi qui est paniqué... vous comprenez, c'est ma fille...
Devant ses yeux plein de chagrin, elle ne put que l'excuser.
... : Je vous pardonne, mais ne recommencez plus !
Der : Très bien, dit-il en lui serrant la main.
Elle tourna les talons, en croisant les doigts, priant pour qu'il l'appelle de nouveau. Et comme de fait...
Der : Vous vous appelez ?
Souriante, elle se retourna.
... : Rose.
Der : Moi c'est Derek. Alors... heu... à une prochaine fois.
Et voilà comment c'était passé leur première rencontre. Si seulement tout ceci s'était arrêté là. Mais non, il a joué avec le feu, il l'a invité au restaurant, pensant s'en faire une amie. Et c'est ce qui arriva. Malheureusement, ils n'avaient pas la même vision de l'amitié...
C'était un soir d'hiver, Amy était partie chez une de ses amies, et Derek et Rose mangeaient de la truite, pour faire changement. Et comme tout le monde sauf Meredith qui était l'exception, Rose fit une grimace avant de manger, mais Derek ne le remarqua pas. Elle s'était fait belle pour lui, avait soigné son apparence depuis qu'ils se fréquentaient, essayant de se démontrer de ces autres femmes. Mais Derek ne voyant qu'en elle une amie, une amie à qui il pouvait se confier sans avoir peur qu'elle ne le répète à quiconque. Bien sûr, il y avait Mark, mais Rose savait mieux y faire. Malheureusement, elle commençait à en avoir marre de jouer l'amie, et c'est ce soir qu'elle allait lui faire savoir qu'elle ne voulait plus jouer ce rôle.
Après le souper, comme à leur habitude, ils s'installèrent sur le fauteuil pour écouter un film. Et c'est le moment qu'elle choisit pour se rapprocher de lui.
Elle passa une main dans son dos et accota sa tête dans son cou.
Derek n'y vit que du feu...
Der : Voyons... la télécommande ne fonctionne pas ! Ça fait plusieurs fois que j'appuie sur le trois !
Rose : Essaie peut-être ça...
En prenant soins de s'appuyer plus qu'il ne le faut sur lui, elle lui prit la télécommande des mains en frôlant les siennes. Elle se retourna, plongeant son regard dans les yeux bleus de celui-ci. Ils restèrent ainsi quelques secondes avant que Rose ne franchisse le pas. Elle l'embrassa du bout des lèvres, puis, voyant qu'il ne faisait rien, elle tenta sa chance et y présenta sa langue. Mais cette erreur lui fut fatale...Il la repoussa brusquement, étonné de ce qui venait d'arriver.
Rose : Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Tu n'aimes pas ?
Il la regarda longuement, pour voir si elle plaisantait, mais il n'en était rien. Il ne savait pas comment réagir, car pour lui, Rose n'était seulement qu'une bonne amie, rien d'autre...
Der : Écoute... Je pensais qu'on était ami ?
Elle était toujours accrochée à lui, prenant un malin plaisir à se détendre dans ses bras.
Rose : Oui mais... Rien ne nous empêche d'avoir du plaisir ensemble autre que diner et regarder des films...
Voyant où elle voulait en venir, il se releva brusquement, la regardant avec effroi.
Der : Moi qui croyait que tu étais différente.
Rose : Je suis différente ! Mais bon, je pensais qu'après tout ce que j'ai fait pour toi, je méritais...
Der : Une récompense ?
Ne semblant comprendre où elle voulait en venir, elle continua.
Rose : Oui ! J'ai été là pour toi plus que n'importe qui d'autre, je t'ai aidé après que cette stupide fille t'a laissé tomber.
Der : Elle n'est pas stupide ! Elle est tout sauf stupide ! Elle est partie certes, mais elle doit avoir de bonnes raisons ! hurla-t-il.
Le ton de la conversation monta d'un cran.
Rose : De bonnes raisons, tu parles ! Mais qui était-là quand tu en avais le plus besoin ? Moi ! Je pensais qu'entre toi et moi, il pouvait y avoir plus ! Mais décidemment, tu n'es pas très ouvert ! Ou bien alors, aurais-tu quelques difficultés avec...
Elle pointa sans pudeur son entre jambe. Piqué au vif, il la regarda tel qu'il ne l'avait jamais fait.
Der : Je me suis trompé sur toi. Moi qui pensais que tu étais différente... Vous êtes tous les mêmes ! Maintenant, sors de chez moi, je ne veux plus jamais que tu m'adresses la parole !
Rose : Mais Derek...
Der : Sors j'ai dit !
Ses yeux lançaient des éclairs, furieux contre lui-même d'avoir cru à cette amitié, furieux de ne pas avoir vu le plan foireux de Rose, il se servit généreusement un verre de cognac.
Et c'est ainsi que Derek Shepherd ne laissa plus personne entrer dans sa vie, excepté ceux qu'il connaissait déjà.
Après son altercation avec Rose, il se cacha dans une salle de repos pour laisser libre cours à ses larmes. En tant qu'homme, il ne pleurait pas souvent, seulement lorsque de douloureux souvenirs lui revenaient en mémoire. Mais là... entre Meredith qui devait être opérée et Rose qui lui en faisait voir de toutes les couleurs, il n'en portait pas large.
Pleurer lui faisait du bien, cela lui ôtait un poids sur la poitrine. Bien sûr, il faisait toujours attention de ne pas être vu, ni entendu.
L'opération de Meredith devait avoir lieu demain, vers 15h00. Il essayait de se calmer, de se dire que tout allait bien aller, mais impossible, le stress était trop fort, trop cruel pour arrêter de hanter son esprit.
Il décida d'aller se pratiquer pour l'opération de demain, pour être à son meilleur. Demain, il n'aura pas droit à l'erreur, demain, tout se passera entre lui et la mort qui narguait Meredith, une femme si douce qui a peut-être fait des erreurs, mais qui au fond, est une bonne personne, et chaque bonne personne doit avoir une seconde chance...
Il s'enferma dans une pièce, pour y rester plusieurs heures, jusqu'à ce qu'il regarde sa montre qui lui indiquait 22h00. Il se dépêcha de tout serrer pour aller rejoindre Amy, puis dire au revoir à Meredith et enfin pouvoir rentrer chez eux pour quelques petites heures de repos... si bien sûr, il arrivait à trouver le sommeil, ce qui était loin d'être sur !
Nu dans son lit, non, il n'avait quand même pas couché avec une autre la veille de l'opération la plus importante de sa vie, mais il se sentait à l'aise. Il voyait et revoyait les moindres gestes qu'il devrait effectuer le lendemain avec précision, sans erreur, au risque de tuer la femme de sa vie, la mère de sa fille, qui lui en voudrait pour toujours.
Il se décida enfin à se lever pour aller chercher dans la pharmacie de quoi lui faire oublier tout ce qui le tracassait qui l'empêchait de dormir. Et comme de fait, ses yeux se fermèrent, accueilli dans les bras de Morphée.
Pendant ce temps, à l'hôpital, une jeune femme commençait réellement à angoisser pour son opération du lendemain. Pas qu'elle n'avait pas confiance en Derek, au contraire, il lui avait enseigné beaucoup plus que ce qu'un aucun autre enseignant aurait pu faire, mais le doute était toujours là ; elle ne voulait pas mourir demain, c'était trop tôt, beaucoup trop ! Elle n'avait pas tout vécu, loin de là !
Il était encore temps de changer d'avis et partir loin pour profiter de ces quelques mois qui lui restaient, à faire tout ce qu'elle avait toujours rêvé ! Le seul problème, c'est qu'elle voulait faire toutes ces choses avec une seule personne... Et cette personne était malheureusement son chirurgien, donc inutile de partir, ou de lui demander de partir avec elle, jamais il n'approuverait.
Plongé dans ses pensées, elle sursauta lorsque la porte s'ouvrit.
... : Tout va bien ?
Mer : Parfaitement ! Je vais me faire opérer, j'ai droit au meilleur chirurgien, donc pourquoi ça n'irait pas ?
Elle essayait aussi de se convaincre elle-même, mais c'était inutile, sa voix se brisait à mesure qu'elle parlait.
... : Non, je ne parlais pas de ça ! Comment avez-vous pu abandonner un homme tel que lui ? À cause de vous, j'ai souffert, beaucoup !
Mer : Et vous êtes... ?
Rose : Je m'appelle Rose ! Quand vous êtes partie, c'est moi qui me suis occupée de Derek. Oh bien sûr, au début, c'était plaisant, entre nous, on profitait de ce que la vie nous offrait, vous voyez ?
La voyant suspicieuse, elle continua, toujours dans sa lancée.
Rose : Derek est un homme en or ! Lui et moi... C'était magique ! Du pur plaisir...
Elle marqua une pause, comme pour se remémorer ce souvenir bien trop parfait. Elle regardait Meredith, heureuse d'y voir dans ses yeux une pointe de curiosité où se mêlait la jalousie et la froideur. Elle continua.
Rose : Oui, on vivait paisiblement ensemble, avec Amy et...
Que Derek sorte avec une femme, ça pouvait passer, mais qu'Amy y soit mêlée... Ça ne passait pas! Surtout que Derek lui avait dit qu'il n'avait eu aucune relation depuis elle ! Soit cette fille mentait, mais pourquoi ? Soit Derek lui mentait, car il ne voulait pas l'achever la veille de son opération...
Mer : Et pourquoi me dites-vous ça maintenant ? la coupa-t-elle sèchement.
Rose : J'ai pensé que cela vous intéresserait. Derek et moi, c'était...
Elle poussa un soupire qui s'avérait bien trop faux.
Mer : Alors, si c'était si merveilleux, dit-elle furieusement, pourquoi n'êtes-vous plus ensemble ?
Rose : Les regrets... Quand vous êtes partie, il ne vivait plus que pour sa fille. Sa vie était monotone, plus rien n'avait d'importance à ses yeux. En fait, il s'interdisait d'être heureux.
Sous les yeux stupéfaits de Meredith, elle continua, contente que cela provoque l'effet escompté.
Rose : Il se disait qu'il n'avait pas droit au bonheur... Et quand je l'ai rencontré, j'ai bien vu que sa fille était malheureuse, et moi, voir une jeune fille triste, ça me touche... vraiment.
Portant sa main à son cœur, elle approuva d'un signe de tête, essayant de pleurer, mais sans succès.
Rose : Alors je lui ai proposé d'être ami, pour que je puisse l'aider. Mais comme vous devez vous douter, Derek avait des idées bien plus coquines derrière la tête, que jamais je n'aurais imaginées ! Lorsqu'il m'a ouvert son cœur, j'étais sous le choc, j'ai du prendre quelque temps pour m'en remettre. Et puis, j'ai dit oui, après tout, il s'agissait du meilleur et du plus sexy chirurgien de la côte ouest ! Et puis, nous avons vécu heureux un certain temps... jusqu'à ce qu'il replonge dans ses souvenirs...
Après un bref instant de silence, Meredith, qui ne voyait guère où elle voulait en arriver, lui dit :
Mer : Alors, si je comprends bien, vous avez souffert par ma faute, car Derek pensait à moi quand il était avec vous ? demanda-t-elle avec le sourire.