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Série : Grey's Anatomy
Création : 27.09.2008 à 03h22
Auteur : Mylene24
Statut : Terminée
« cinquieme fic, j'écris seule, merci » Mylene24
Cette fanfic compte déjà 56 paragraphes
Rose : Non ! s'écria-t-elle. Derek... Derek et moi nous aimions, vraiment beaucoup ! Et même avec Amy j'avais une complicité que personne ne soupçonnait. Je l'aidais dans ses leçons, car il faut bien l'avouer, Derek n'était pas très présent et comme elle n'avait plus personne... je l'ai prise sous mon aile.
Un silence s'installa. Rose pensait provoquer une quelconque réaction chez son ennemie, mais celle-ci resta de marbre. Elles se jugeaient du regard, jusqu'à ce que Meredith intervienne, agacée d'avoir cette femme qui ne cessait de l'accuser pour un rien.
Mer : Désolée, mais je ne comprends pas bien ce que vous voulez que je fasse.
Elle prit une grande respiration puis...
Rose : Je veux que vous le libériez...
Mer : Le libérer ?
Rose : Oui ! Dite-lui que c'est fini, une fois pour toute ! Sinon, il restera toujours à la même case ! En partant, vous avez fui, vous ne lui avait pas dit que tout était terminé. Cela dit, il espère toujours alors... Libérez-le, je vous en pris.
Mer : Pour qu'il vous revienne ?
Rose : Mais pas du tout ! dit-elle d'un air faussement scandalisé. Seulement pour qu'il ait une charge de moins sur ses épaules, pour qu'il puisse continuer de vivre sa vie sans savoir si vous et lui... Enfin, vous me comprenez. Bien... Je... Je dois y aller. J'ai d'autres patients à voir... Au revoir, et pensez à ce que je vous ai dit.
Lorsqu'elle referma la porte, Meredith ferma les yeux. Ce n'est peut-être pas grand-chose, mais cette conversation l'avait épuisé sur bien des points. Premièrement, elle remettait la parole de Derek, deuxièmement, elle remettait en cause leur seconde chance qu'elle s'était promis de lui donner, mais si il restait toujours aussi triste, que pourrait-elle faire ? Peut-être que cette infirmière, si stupide avait-elle l'air, était sincère en disant que Derek ne s'en était jamais remis et ne s'en remettrait jamais complètement si elle était toujours dans les parages. D'un autre côté, la façon dont elle avait annoncé les choses, de la façon dont elle les avait décrites, il était clair que ce n'était pas que pour le bien du chirurgien qu'elle voulait -dans ses propres termes- le libérer.
Sa montre indiquait minuit, mais elle n'avait toujours pas sommeil, songeant moult fois à cette discussion qu'elle n'aurait jamais voulu avoir. Ce matin, elle avait choisi Amy et Derek comme avenir. Maintenant... Si seulement quelqu'un pouvait lui dire la vérité... Si seulement quelqu'un d'autre que Derek, qui voulait seulement la protéger, pourrait lui avouer tout avant l'opération du lendemain, pour qu'au moins, elle en ait le cœur net.
À cette dernière pensée, dans un désespoir profond, elle se dit que si elle avait la chance de mourir demain, elle n'aurait ni à choisir, ni à savoir qui disait vrai ou pas.
L'agitation du matin, c'est-à-dire les pré-visites se faisant les yeux cernés autant pour les titulaires que pour les internes, mais pour différentes raisons, les infirmières papotant de leur soirée torride avec leur conjoint ou de leur soirée banale avec un confrère, tout ça répugnait aux patients, car c'était aussi l'heure pour eux de se réveiller pour revenir à la dure réalité, qu'était de faire face à la mort. Se faire sortir de ses rêves par une porte qui claque, un rideau qui s'ouvre brusquement, laissant la lumière du jour déferler la pièce en entier. Quoi de mieux pour un réveil matinal ?
Après de longues heures à tourner le problème dans tous les sens, elle s'était enfin endormie, fatiguée par tout ce charabia. Dormant d'un sommeil profond, elle ne se doutait point qu'il lui restait seulement cinq minutes de tranquillité avant que ces bruyants médecins n'ouvrent la porte de sa chambre.
Mais surprise, ce ne fut pas des, mais un médecin qui ouvrit doucement la porte, prenant bien soin de la refermer sans la réveiller. Il la regarda dormir sereinement pendant au moins deux minutes, jusqu'à ce qu'il fut contraint d'interrompre son sommeil en douceur, si elle ne voulait pas de réveil brutal.
Il lui baisa la tempe et avec un doigt, dessina le contour de ses lèvres. Elle émit les premiers signes du réveil, des petites grimaces qui lui plaisaient tant. Il vint à la commissure de ses lèvres pour lui donner un baiser brulant, sans en vouloir plus.
Elle finit par ouvrir les yeux, et l'espace d'un instant elle avait oublié ce pourquoi elle avait si mal dormi... jusqu'à ce qu'elle s'étire complètement et que son cerveau reprenne ses fonctions.
Der : Alors, bien dormi ? demanda-t-il avec sa voix la plus sauve.
Mer : Très bien, mentit-elle.
Der : J'espère ! Car c'est aujourd'hui le grand jour. Je veux que tu sois au mieux de ta forme, en commençant par un bon petit-déjeuner.
Il sortit de son sac un repas qu'il avait apporté du restaurant que lui et Meredith s'y plaisaient bien autrefois. Avant l'arrivée d'Amy, ils y prenaient un certain plaisir à venir manger sur cette terrasse juste avant d'affronter leur longue journée de travail.
Mer : Oh ! s'exclama-t-elle. Ça va faire changement de la nourriture immangeable de l'hôpital !
Der : Je sais, c'est pour ça que je suis allé te chercher ce que tu préfères.
Il était si prévenant avec elle, s'en était désarmant. Plus elle le scrutait, plus elle se disait que cette infirmière avait tout inventé. Derek ne lui avait jamais menti, une de ces qualités qui le rendait si pur.
Der : Meredith ? Tout va bien ?
Brusquement, il se leva et prit une lampe pour scruter ses pupilles.
Mer : Aïe ! Mais qu'est-ce que tu fais ?
Der : J'ai cru que tu faisais une attaque...
Elle éclata de rire.
Mer : Ce n'est pas parce que je réfléchis que je fais une attaque !
Vexé, il reprit sur un ton plus froid.
Der : Et tu pensais à quoi ?
Elle réfléchit... Devait-elle lui dire ou pas ? Si elle ne lui demandait pas, elle savait que cela allait la tourmenter. Mais d'un autre côté... Oserait-il lui avouer la vérité ? Il fallait pourtant qu'elle en parle à quelqu'un... Quelqu'un qui lui dirait la vérité... Oui.
Il la regardait toujours, en attente d'une réponse.
Mer : À l'opération ! T'imagine que ça se passe mal ?
Der : Merci de me faire confiance...
Mer : Mais non ! Ce n'est pas ça ! C'est juste que dans toute opération, il y a un risque, non ?
Der : Bien sûr... Mais étant déjà sur les nerfs, j'apprécierais que tu ne parles pas de malheur.
Mer : Oui c'est vrai... Excuse-moi.
Un trouble s'installa entre les deux, puis, se disant que c'était peut-être - même s'il ne l'espérait pas - la dernière fois qu'il la voyait, il rompit le silence en l'embrassa soudainement. Surprise, elle se recula, se cognant la tête contre le matelas.
Déçu de sa réaction, il se recula, mais celle-ci empoigna fortement la blouse de docteur pour que celui-ci se retrouve au-dessus d'elle. Leurs lèvres se soudèrent et formèrent un baiser violent, comme si toute la frayeur qui les habitait était transmise par celui-ci.
Lorsqu'ils se séparèrent, à bout de souffle, il s'assit près du lit puis lui caressa les cheveux. Ses yeux bleu clair transpercèrent comme au rayon X Meredith. Elle se sentait hypnotisée : elle le suivrait n'importe où, il irait. Il se lancerait d'un pont, elle ferait pareil. Il lui dirait de laisser tomber l'opération, elle le ferait...
Elle avait oublié : oublié le fait qu'il ne lui avait peut-être pas dit la vérité, le fait qu'il était supposément malheureux... Parce que ce qu'elle voyait dans ses yeux était tout, sauf de la tristesse.
Cependant, elle rompit le charme, car il fallait absolument qu'elle lui parle d'un point très important.
Mer : Derek... Je veux que tu me promettes quelque chose.
Il ferma les yeux, puis les rouvrit. Il la regarda sceptique.
Mer : Je veux que tu me promettes que si... si l'opération tourne mal, je ne veux pas que tu t'en veuilles, je veux que tu continues ta vie comme avant. D'accord ?
Il s'immobilisa, et pendant un instant, arrêta de respirer. Puis, il prit la parole.
Der : Quand tu es partie, je ne m'en suis jamais remis. Bien sûr, je travaillais, parfois je sortais le soir avec Mark, j'affichais à Amy un sourire, mais au fond, je souffrais de t'avoir perdu, de ne pas avoir été capable de te garder, de ne pas avoir vu que tu n'étais pas bien...
Mer : Derek...
Der : Ma vie a changé radicalement, je n'étais plus le même homme, et seulement pour Amy, je suis resté. Mais si tu pars et que jamais plus je ne pourrai te revoir... Ne me demande pas l'impossible Meredith...
Elle ne sut quoi dire, quoi penser. Avait-elle réellement compris que si elle partait, il la rejoindrait... ?
Elle le regarda droit dans les yeux, effrayée. Lui ne la regardait plus, préférant fixer le plafond, ainsi, ses larmes ne coulaient pas.
Le silence l'effrayait, elle devait en être sûre, elle devait savoir si...
Mer : Amy t'aime. Vraiment. Tu es ce qu'elle a de plus cher. Depuis que je suis partie, elle n'a que toi sur qui compter. Et si jamais je devais partir pour ne plus revenir... Elle ne pourra pas s'en remettre. Pas seule. Alors ne fait pas comme moi, et ne laisse pas tomber ceux qui t'aime.
Der : Et comment je ferai sans toi ?
Il n'y avait plus aucun doute, il pleurait, devant elle. Il ne pouvait plus se maitriser.
Der : Tu ne crois quand même pas que ces sept années ont été faciles pour moi ! Je souffrais, et je souffre encore ! Pour le moment, je suis bien à t'embrasser, te regarder dormir, être à tes côtés ! Mais te perdre une deuxième fois... Non.
Mer : Alors... Si je comprends bien, si je survie, tu veux bien me laisser une place dans ta vie, mais si... (Sa voix se noua) si je meurs... tu vas suivre. On a vraiment deux opposés !
Elle aussi pleurait maintenant, constatant que ce qui lui avait distrait il y a à peine quelques minutes à propos qu'il avait eu une aventure avec une autre, ça ne voulait absolument rien dire, peu importait, il l'aimait, point barre. Et comme on dit, il l'aimait au point d'en mourir...
Elle ne voulait plus prononcer un mot, seulement pleurer sa peine, mais elle devait y parvenir, lui dire ce qu'elle avait au fond du cœur.
Mer : En faisant cela, tu ne prouveras rien...
Der : Et tu crois que je veux prouver quelque chose ? tonna-t-il avec colère.
Mer : Non ! Ce que je veux dire, c'est que ton attitude est lâche ! Oui, s'exclama-t-elle lorsqu'il releva la tête vers elle. On a une fille, et j'ai fait la plus grosse erreur de ma vie en l'abandonnant. Et toi, tu veux faire la même chose ? Laisse-moi te dire que si tu pars avec moi sans elle, tu n'auras jamais la paix...
Ils se turent, incapable d'ajouter quoi que ce soit. Mais soudain, la porte grinça, voulant se refermer, on pouvait y distinguer une petite chevelure brune...
Ils se regardèrent pétrifiés. Ils restèrent le regard figé sur la porte qui venait tout juste de se refermer, lorsque soudain, celle-ci s'ouvrit avec violence.
Bailey : Dre Grey ! Comment allez-vous aujourd'hui ? demanda-t-elle sans prendre la peine de la regarder. Bon ! Qui nous présente le cas ?
Trois internes, l'air effrayé, se tenait bien droit et aucun d'eux n'avait l'air de vouloir répondre. Bailey se retourna brusquement vers eux, après avoir lu le dossier de la patiente.
Bailey : Bien alors ! Quelqu'un va se lancer ou on va attendre ici toute la journée ! J'ai un rancart avec mon mari ce soir, alors dépêchez-vous...
L'un d'entre eux, un jeune roux ayant le visage taché de tache de rousseur, éleva la voix timidement.
Justin : Je crois que le moment est mal choisi...
Il fit un signe de tente en direction de la patiente et de son chirurgien. Ils étaient dans la même position depuis que tout ce beau monde venait d'entrer : ils regardaient tout deux la porte, comme s'ils guettaient l'arrivée de quelqu'un.
Bailey : Dr Shepherd ? Tout va bien... ?
Mer : Cours.
Il ne se le fit pas dire deux fois. Il passa à côté des internes et de leur résidante sans leur accorder un seul regard, puis parti dans une direction, essayant de ne pas penser aux horreurs que leur fille devait en ce moment avoir dans la tête... « Pourvu qu'elle ne fasse pas de bêtise, pensa-t-il. »
Ouvrant les portes de différentes salles en les claquant brusquement, plusieurs têtes se mirent à le regarder curieusement. Il essayait de ne pas penser à ce qu'elle aurait pu entendre... Il espérait seulement qu'elle n'ait pas tout entendu.
Entendre que son père la laisserait seule si ma mère partait pour de bon... Quel genre de fille s'y sentirait indifférente ? Il ne savait pas le sentiment qu'il l'habitait, mais une chose était sûre, il lui devait une explication. Car Amy était jeune, certes, mais pas idiote, plutôt intelligente même, étant donné les parents qu'elle avait. Mais comme sa mère, elle était fragile, et comme sa mère, elle ne voulait pas de parents qui ne veulent pas d'elle.
Courant toujours en regardant dans toutes les salles de garde, il tomba sur une où son meilleur ami pratiquait son sport favoris en compagnie d'une infirmière qui, selon ses sources, venait du Texas. D'abord surpris, puis dégouté, il entendit vaguement les cris de protestation qui s'élevèrent. Il referma la porte, toujours anxieux de retrouver sa fille.
... : Derek !
Derek : Désolé chef, mais je n'ai pas le temps !
Chef : Où courrez-vous ainsi ?
Derek : Je cherche Amy. Vous ne l'auriez pas vu ?
Chef : Non... Pourquoi ? Il y a quelque chose qui ne va pas ?
Il faillit laisser entendre « tout », mais cela lui aurait valu divers explications auxquelles il ne pouvait répondre maintenant.
Derek : Non, c'est juste que...
Chef : Parfait ! Parce qu'il y a un trauma crânien qui arrive !
Derek : Mais je dois opérer Meredith, dit-il désarçonné.
Chef : Ce n'est que dans quelques heures Derek...
Il était mal en point. Non seulement il ne pouvait chercher Amy, mais en plus, il devait sauver la vie d'un patient de tout urgence... Mais sa fille était prioritaire.
Derek : Écoutez... je dois trouver Amy avant. Bipez un résident et il s'en chargera. S'il doit aller au bloc, bipez-moi... Mais seulement en cas d'extrême urgence.
Le chef ne fit pas de commentaire et retourna rapidement à sa tâche.
... : Derek ?
Derek : Pas encore toi ! Je suis très occupé, alors...
... : Deuxième couloir à droite, première salle de garde. Elle y sera.
Derek : Qui ?
... : Amy ! Bon sang...
Derek : Heu... Merci Rose...
Même s'il se disait que cette attitude était plus qu'anormale, il ne se le fit pas dire deux fois. Il ouvrit la porte à la volée, pour n'y trouver... rien. Était-ce une mauvaise plaisanterie que Rose avait voulu lui faire ? Quelque chose lui disait le contraire cependant...
Il entendit une sorte de toussement, puis un gémissement provenant d'un des lits. Il se pencha pour y retrouver une jeune fille, accroupie en petite boule, les larmes coulant sur son beau visage. Elle était collée sur le mur, où Derek ne pouvait l'atteindre. D'ailleurs, elle ne semblait pas l'avoir vu.
Der : Amy...
Elle se retourna brusquement, se cogna la tête sur le lit, laissant entendre un « aïe » envahit par plusieurs sanglots. Elle le regarda, puis baissa les yeux. Ceux-ci n'avaient pas démontré de colère, mais pire, ils n'avaient démontré rien du tout. Ses yeux semblaient vides, pareil à quelqu'un à qui on aurait ôté son âme. On entendait sa respiration -accélérée- qui diminuait au fur et à mesure que ses sanglots s'estompaient.
Der : Sors s'il-te-plait.
Elle ne bougea pas, ne regarda pas son père, préférant étudier le plancher.
Der : On doit parler... J'ignore ce que tu as entendu, mais... C'est un malentendu. Allez, sors, dit-il en lui tendant sa main.
Elle n'en fit rien. Perdant patience, il lui parla, d'un ton un peu plus autoritaire.
Der : Écoute, c'est difficile, c'est vrai, mais tu dois sortir de là ! On doit parler ! Et j'ai un patient qui s'en vient et papa doit le soigner... Et puis, il y a plein de poussière là-dessous !
Résignée, elle ne bougea pas d'un centimètre. Voulant jouer le tout pour le tout, il lui dit :
Der : Si tu ne viens pas, mon patient va mourir ou je vais sans doute devoir l'opérer plus longtemps, ce qui retardera l'opération de maman, donc sa chance de survie...
Elle releva la tête doucement.
Amy : Et en quoi ça peut m'affecter ? Plus personne ne veut de moi ! Je croyais que toi, tu tenais à moi, car tu ne m'avais pas abandonné ! Mais j'ai eu tort de penser ainsi, n'est-ce pas ?
Der : Et je tiens à toi, plus qu'à n'importe qui d'autre !
Amy : Plus qu'à Meredith ?
Il allait lui répondre quelque chose, mais il avait été stoppé net. Amy avait appelé sa mère Meredith... C'était la toute première fois, cela sonnait... énormément faux ! Mais plus important encore, elle attendait sa réponse. L'aimait-il vraiment plus que Meredith, sa Meredith. Il ne pouvait tout simplement pas y répondre. C'était une question sans réponse, une question qu'un père ne pouvait tout simplement pas répondre.
Comprenant qu'il s'agissait d'un non, elle pleura de plus belle.
Der : Mais je n'ai rien dit ! Écoute-moi maintenant ! Je ne peux pas choisir, car vous êtes toutes les deux les personnes les plus importantes dans ma vie. Sans vous je serais... perdu.
Amy : Mais sans Meredith, tu as dit que tu partirais...
Der : Oublie ce que j'ai dit, c'était stupide, terriblement stupide ! Alors, maintenant, sors d'ici et allons voir maman une dernière fois avant son opération !
Elle hésita, puis sorti de sa cachette pour aller directement dans les bras de son père. Il lui caressa le dos, heureux, et se dit que si elle partait, il allait souffrir comme jamais, mais cette petite chose qu'il tenait entre ses bras ne valaient pas la peine de la briser, il devait continuer son chemin, avec ou sans sa douce moitié, ne serait-ce que pour la voir grandir.
L'avant-midi se déroula sans aucun autre problème : Amy prenait soin de sa mère, elles avaient tous deux régler leur différent, Derek avait continué les visites, la peur s'accumulant au fur et à mesure que l'avant-midi passait. Et à 14h45, comme prévu, Meredith dut se préparer pour le bloc et faire son au revoir et non ses adieux à Amy. L'étreinte était déchirante, ne sachant si elle reviendrait, elle voulut lui dire à quel point elle était désolée et à quel point elle l'aimait. Mais ce ne fut pas le plus affreux, le plus difficile. Ses derniers mots, ce dernier instant avec Derek... Elle s'en rappelait, voulait tout se mémoriser avant que l'anesthésiste fasse son travail.
Elle était couchée, à quelques secondes de se faire endormir, lorsqu'elle y repensa, pour une énième fois.
Respire Meredith, respire, tout va bien aller. Derek va t'ouvrir le crâne, et tu vas guérir ! Tu pourras donc continuer ta vie d'il y a environ trois ans, et tout ira pour le mieux, comme dans un conte de fée ! Inutile de penser au pire, pas d'onde négative ici !
Un dernier au revoir à Amy, voilà qui avait été énormément difficile, mais le plus dur restait à venir. Et le plus dur entra dans sa chambre, songeur.
Mer : Qu'est-ce qu'il y a ? Un problème ?
Il hésita, mais elle le coupa direct.
Mer : Oh non ! Mon état s'est empiré ! Je porte la poisse !
Der : Mais non, pas du tout ! C'est juste que je me demande si c'est une bonne idée...
Mer : De quoi ?
Der : Que je t'opère toujours.
Mer : Tu rigoles ? Tu ne vas tout de même pas me lâcher ! Et tu ne peux pas ! J'ai droit au meilleur chirurgien, alors si tu choisis quelqu'un d'autre, j'aurai moins de chances de survivre.
Der : Mais que se passera-t-il si je rate ? Tu as pensé à moi ? Je ne pourrai plus avoir la tête haute, j'aurai trop honte d'avoir échoué. Et Amy, elle aura besoin de moi plus que n'importe qui d'autre...
Mer : Je comprends, mais tu es Derek Shepherd, le meilleur neurochirurgien ! J'ai confiance en toi !
Der : Et si l'opération échoue parce que... parce que je suis trop impliqué, parce que j'aurai trop peur de te perdre.
Mer : Et ça n'arrivera pas, car aussitôt que tu franchiras ces portes, celles qui te mèneront à moi, tu ne seras plus mon Derek, tu seras le chirurgien qui m'opérera, et rien d'autre.
Der : Je veux que tu me promettes que tu vas te battre quoiqu'il arrive !
Elle lui prit la main, et le regarda droit dans les yeux.
Mer : Je te le promets.
Der : Oserais-tu me promettre un peu plus ?
Elle suivit son regard, sa main enlaçait la sienne.
... : Êtes-vous prêtes mademoiselle ?
Doucement, elle se retourna vers l'anesthésiste, puis lui affirma d'un signe de tête.
... : Très bien, comptez jusqu'à dix...
Plutôt que de compter, elle pensa à ce baiser échangé quelques minutes plus tôt. Elle en avait profité, plus que jamais. Maintenant, elle avait une raison de rester, elle avait fait une promesse... Et elle n'allait plus fuir, elle était prête désormais, elle espérait seulement que le destin n'en décide pas autrement...
Trou noir
Infirmier : Dr Shepherd... ?
Derek : Oui ?
Infirmier : Cela fait cinq minutes que vous ne faites rien...
Derek : Erreur. Si réfléchir à la manière de m'y prendre pour ne pas tuer une personne, c'est une perte de temps...
Infirmier : Pardon.
Il ne lui répondit pas, toujours très concentré. Il souffla un coup. Il devait y aller, il n'y échapperait pas.
Derek : C'est une belle journée pour sauver des vies ! Allons-y !
Il mit un doigt sur la tête de celle-ci, puis incisa à la racine des cheveux. Doucement, il commença son opération. L'ambiance était tendue dans le bloc et on avait demandé à ce que la galerie soit fermée.
Il soupira.
Infirmier : Que se passe-t-il ?
Aussitôt la question posée, un bruit bruyant, aigüe, vint déranger le chirurgien.
Infirmier : La pression chute, annonça-t-il.
Calme-toi Derek, calme-toi. Ça ne sert à rien de paniquer, il faut que tu respires. Elle ne va pas mourir, elle ne peut pas...
Il commençait à avoir chaud, son front était luisant, preuve qu'il disjonctait complètement.
Infirmier : Docteur, elle n'a plus de pouls. On fait un massage, mais... DOCTEUR !