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La Guerre Des Coeurs

Série : Grey's Anatomy
Création : 26.06.2009 à 12h13
Auteur : maluzo83 
Statut : Terminée

« Nouvelle fiction totalement dépaysante... J'écris toujours seule. » maluzo83 

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Je m’approche difficilement de mon but, mais je m’en approche, j’ai l’impression que mes jambes vont m’abandonner à tout moment, mais j’avance, je me surprends moi-même ; je vais entrer, saluer mes supérieurs et m’occuper des patients, ne rien dire, avancer, saluer et exercer mon métier; je respire un dernière fois et je termine les derniers mètres, je vais y arriver, je le sais, pourquoi ? ça j’en suis moins sûre….

Cristina : mais, regardez un peu qui voilà ! ravie de te revoir aussi vite !

Cathy : tu te sens mieux Meredith ?

Meredith : oui, ça va ! je vais me remettre au boulot !

Mike : Il va falloir que tu attendes le prochain hélico pour ça ! en attendant c’est la tournée de Cris ! Profites-en, c’est très rare !

John : Lieutenant John Mitchell, Unité 15 !

Meredith : vous êtes l’unité 15 à vous tout seul ?

John : une partie de l’équipe est dans le désert et ne nous rejoindra que demain, et notre Capitaine a disparu je ne sais où ! Mais autant se réjouir de son absence, croyez-moi !

Cristina : il prend juste le temps de visiter sa tente ! il finira bien par sortir lui aussi de sa tanière !

Meredith : c’est bon, Cristina, on va éviter le sujet, s’il- te -plait ! où puis-je me rendre utile ?

Cathy/Mike : quel sujet ?

John : oui quel sujet ?

Meredith : je crois que je vais repartir d’où je viens !

Cristina : ça va, ok, on va éviter "le" sujet, mais autant que tout le monde soit au courant, ça évitera ce genre de situation !

Meredith : ma vie privée ne regarde personne ! fin de la conversation !

Cathy : et si on s’occupait de préparer le rapatriement du sergent Tobias ? l’Hélico d’Owen ne devrait pas tarder !

Meredith : en voilà une bonne idée !

Cristina : Owen, vivement qu’il rentre, je n’arrive plus à gérer quoi que ce soit, j’ai vraiment besoin d’aide !

John : maintenant qu’elle n’est plus là, on peut en savoir plus ?

Mike : oui; moi aussi j’aimerais quelques détails !

Cristina : mais vous me prenez pour qui, la commère du désert ?

Mike : ben oui !

John : ça, je ne te connais pas suffisamment pour le confirmer ! qu’est-ce qui s’est passé avec le capitaine ?

Mike : qu’est-ce qui s’est passé avec Meredith ?

Cristina : je vais faire bref : ils se connaissent, ont couché ensemble et plus apparemment, mais il lui a brisé le cœur et bla bla… voilà , vous êtes satisfaits ?

John : qu’est-ce qu’elle a pu lui trouver ?

Cristina : le sujet est définitivement clos !!! Voilà l’hélico, enfin du renfort !

Owen : quel accueil ! Ravi de voir que je t’ai manqué !

Cristina : plus que tu ne le penses !

Owen : l’unité 15 est arrivée ?

Cristina : seulement une partie ! Mais y a un tout petit problème qu’il va falloir essayer de régler !

Owen : Le Shep fait déjà ses caprices ? Je verrai ça ce soir, parce qu’il faut déjà que je reparte !

Cristina : encore ? Tu pourrais faire tourner un peu ! On a vraiment besoin de toi ici !

Owen : des blessés que tu ne peux gérer ? ça m’étonnerait fort !

Meredith : je suis volontaire pour partir !

 

(relu par jr)


maluzo83  (03.07.2009 à 07:26)

Owen : euh… Lieutenant, pour une première … il faut aller récupérer nos hommes en pleine embuscade, et je ne crois pas…

Meredith : j’ai été préparée pour toutes les situations mon Capitaine, laissez-moi vous le prouver !

Cristina : il faut faire tourner, Owen, et tu le sais !

Owen : parfois, je me demande qui commande ici ! Allez vous préparer, Lieutenant, je vais voir qui part avec vous !

Meredith : à vos ordres Capitaine !

Cristina : parfait ! Une crise de moins à gérer !

Owen : de quoi tu parles ? Eh bien, en tout cas, elle est vraiment pressée de partir, déjà prête à monter dans l’hélico, je doute qu’elle se rende compte de ce qu’il l’attend !

Cristina : ne me demande pas de partir, pour une fois que nous sommes enfin ensemble !

Owen : je pensais la même chose, rassure-toi ! je vais mixer un peu les unités, tant qu’à faire !

Derek : Capitaine Hunt ! enfin de retour !

Cristina : et vous, enfin sorti de votre cachette !

Owen : Lieutenant Yang !!!

Derek : je vois qu’un hélico est prêt à partir ! j’y vais: j’ai besoin de m’évader d’ici au plus vite !

Owen : justement, je disais qu’il fallait…

Derek : parfait! à ce soi,r, ou dans une autre vie !

Cristina : euh… Capitaine Shepherd, je crois qu’il faudrait que vous…

Derek : quoi encore Lieutenant ?

Cristina : non rien ! Je ne dis plus rien, moi ! Bonne mission Capitaine !

Derek : alors à bientôt, ou à jamais !

Owen : tu peux me dire ce qui se passe ?

Cristina : et comment ! les deux médecins qui vont prendre cet hélico, le prennent parce qu’il se fuient, cette mission sauvetage s’annonce plus qu’explosive !

Owen : ils se connaissent, et alors ?

Cristina : je dirais qu’ils ont fait plus que se connaître, et crois-moi, ni l’un ni l’autre ne s’en est remis !

Owen : eh bien, je la plains, comment a-t-elle pu supporter un homme pareil ?

Cristina : c’est peut-être son petit cœur brisé qui l’a rendue comme ça !

Owen : c’est vrai que t’as un diplôme de psy, je l’oublie trop souvent ! et si on allait rejoindre le reste de l’équipe, il me faut un café, voire plus !

Cristina : si tu veux plus, je suis là !

Owen : alors j’en veux plus! Beaucoup plus! De toutes façons, il faudra attendre leur retour pour s’occuper de la partie médicale !

Pilote : ah! vous êtes nouvelle ! Bienvenue en enfer, Docteur !

Meredith : Lieutenant Grey ! Je le suis déjà, en enfer !

Pilote : on attend votre équipier et on décolle !

Meredith : qu’est-ce qu’il fout ?

Derek : me voilà on peut…. Mer…

Meredith : et merde !!!!

Pilote : c’est parti !

 

(relu par jr)


maluzo83  (03.07.2009 à 15:17)

Owen : qu’est-ce que tu fais ? Je t’attends !

Cristina : je voulais m’assurer qu’aucun des deux ne saute de l’hélico !

Owen : maintenant que c’est fait je t’attends !

Cristina : dis donc, c’est bien la première fois que tu es plus pressé que moi !

Owen : le malheur des uns fait que je… je veux profiter de mon bonheur, voilà tout !

L’hélicoptère fonçait en plein cœur du désert, seul le pilote connaissait la direction, ; il tenta de prononcer quelques mots, mais en vain, laissant le bruit de l’appareil le porter jusqu’à son point d’arrivée, avec derrière lui deux médecins traumatisés de s’être retrouvés dans cet engin, les deux faisant mine d’admirer le paysage ; ils ne s'étaient rien dit depuis le décollage, et ça risquait fort de se prolonger.

Pilote : nous arrivons à destination, accrochez vous et soyez prêts à riposter, j’ai bien peur que nous ayons un comité d’accueil !

Meredith : mais…..ils n’ont pas le droit de tirer sur un hélico médical !

Pilote : comme s’ils allaient se gêner !

Derek : je me charge de la mitrailleuse ! Prêt à riposter !

Pilote : j’aperçois nos blessés : je vais tenter de me poser au plus près !

Moi qui me croyais prête et entraînée, c’est tout le contraire, la peur m’envahit, en quelque secondes j’oublie que c’est Derek qui est juste à côté de moi, prêt à mitrailler tout ce qui tentera de nous atteindre ; je suis terrorisée à la première détonation, nous sommes pris pour cible, il n’y a plus de doute possible.

Derek riposte sans arrêt, et moi je me sens incapable et inutile, il faut vraiment que je me ressaisisse, maintenant je vis un enfer, pas parce que je suis incapable de riposter, mais parce qu'il y a plus urgent à faire : le pilote vient d’être touché et l’hélico pique du nez, dans quelques secondes il s’écrasera, emportant trois vies avec lui…

Derek : Meredith, qu’est-ce que tu fais ?

Meredith : j’essaie de poser cet appareil ! aide-moi à déplacer le pilote, vite !!! il est encore en vie: autant que nous le restions tous !

Derek : Meredith, c’est foutu ! il faut que tu saches…je…

Meredith : accroche-toi, ça va secouer !!!

L’hélicoptère se posa, si on peut appeler ça comme ça, avec une violence à laquelle on pouvait s'attendre…Meredith n’avait pu que ralentir la chute, mais n'avait pas réussi un atterrissage digne de ses cours de pilotage ; elle avait toutefois évité l’explosion de l’appareil, restait à connaître l’état des occupants après le crash.

Les tirs cessèrent ; ne resta qu’un nuage de terre et de fumée, ce que constata l’ennemi, non loin, attendant confirmation de la totale réussite de leur embuscade. Meredith fut la première à reprendre connaissance, et comprit que la situation dans laquelle elle se trouvait était plus que périlleuse.

Elle réagit en soldat, et uniquement en soldat, évacuant les deux occupants inertes de l’appareil, s’empara du nécessaire vital pour administrer les premiers soins, des armes restantes ; la radio était hélas hors-service, il ne lui restait plus qu’à tromper l’ennemi et au plus vite, en faisant exploser les restes de l’ hélicoptère.

La fuite du Kérosène de l’appareil rendit les choses plus faciles, à une distance sécurisée elle lança une allumette qui ne tarda pas à déclencher une détonation des plus parlantes.

Le bras ensanglanté, (elle s’en souciait peu) , elle se pencha sur le reste de son équipage pour faire un premier constat rapide : le pilote était mort, Derek avait un pouls filant, des blessures multiples, dont une très inquiétante : un crâne ouvert, en plein cœur d’un désert, çà n'avait rien de rassurant ; des renforts immédiats, elle n’y comptait pas, une mallette de première nécessité et son talent, c’est tout ce qu’elle avait pour le sauver.

 

(relu par jr)



maluzo83  (04.07.2009 à 06:59)

Maintenant c’est de plus en plus l’enfer ! Ce n’est pas le moment de paniquer, je suis seule à portée de tir des iraquiens, par chance - si on peut appeler çà ainsi - nous nous sommes crashés tout près de ce qui ressemble à une sorte de colline rocailleuse ; sans parler de Derek, qui va mourir sous mes yeux si je n’agis pas au plus vite.

Je suis trop à découvert pour le moment : il faut que je trouve un endroit au minimum sécurisé, c’est inconscient de le bouger dans son état ; mais je n’ai pas le choix, sinon nous allons y passer tous les deux! Que c’est dur de traîner un corps inerte !

Il a grossi, je trouve, depuis ces deux dernières années! Sa femme a dû lui mijoter des bons petits plats, tout le contraire de moi, me voilà en plein délire, je suis là, à parler toute seule de Mme Shepherd ! Non , parfois j’aurais besoin qu’on me claque violemment, il faut vite que je reprenne mes esprits.

Me voilà un peu plus à l’abri, cet entraînement militaire a fait de moi un petit bout de femme bien musclée : qui l’eut cru ? Il est temps de m’occuper de mon patient, en faisant abstraction de qui il est, ça c’est plus difficile, à un tel point que j’ai la vue qui se trouble ; suis-je plus touchée que je ne le pensais ?

Je ne sens que la douleur de mon bras ensanglanté, mais je perds assez de sang pour commencer à manquer de lucidité, il faut vite que je m’occupe de moi, avant de penser à tenter quoi que ce soit sur le crâne de Derek. Il tient le coup, son pouls est toujours faible ; mais il s’accroche, qu’il continue, surtout, le temps que je stoppe ma propre hémorragie, et d’avaler un calmant, mais vraiment pas le temps d’attendre les premiers effets d’un quelconque soulagement.

A l’affût du moindre bruit, j’essaie tout de même de me concentrer sur ce crâne ouvert, un sérieux hématome, à défaut d’IRM, je n’ai que mes yeux et mon instinct pour me dire qu’une hémorragie est en train de l’emporter ; suis-je capable de prendre un scalpel et de faire ça toute seule ? Non, je ne l’ai jamais fait, la dernière neurochirurgie à laquelle j’ai assisté c’était avec lui, et quand je dit "assisté", c’est déjà un bien grand mot, bon sang, je vais le perdre , comment survivrai-je à ça ?

Je ne sais pas si ce sont les premiers effets de la morphine que je viens de m’injecter, mais j’ai l’impression qu’il a bougé ! J’hallucine, c’est pas possible, si ! Il revient à lui, ouvre les yeux…

 

Meredith: Derek, tu m’entends ? Derek ?

Derek : Mere.. ? mais où suis-je ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Aie !! Ma tête !

Meredith : on s’est écrasés avec l’hélico ! Derek, tu as une sérieuse blessure crânienne , et je ne sais, ni ne peux vraiment rien faire, Derek …

Derek : tu peux le faire Meredith, tu peux le faire…

Meredith : je n’ai jamais fait ça ! Je n’ai pas opéré un cerveau depuis…

Derek : souviens-toi de notre première intervention! Tu as mémorisé tous mes gestes, je le sais, tu peux le faire Meredith, je sais que tu peux, je…je t...
Meredith : Derek ??? Merde!!! Ne m’abandonne pas maintenant… plus de pouls ! Derek tu n’as pas le droit , tu m’entends !

Est-ce à cause de ses derniers mots que je m’acharne à relancer son cœur ? je n’ai que ça, mes mains, mon énergie pour que ce cœur batte à nouveau, pour moi ou non, mais qu’il batte, je ne peux m’y résoudre, il doit repartir. Allez Derek…. ne m’abandonne pas…

 

(relu par JR un soir de piano-bar)


maluzo83  (04.07.2009 à 16:05)

Je ne sais même pas combien de temps il s’est passé depuis, mais ce qui compte c’est que nous sommes toujours en vie. Le médecin a remplacé le soldat, Derek s’accroche, il avait raison, je n’avais rien oublié, ni ses gestes, ni ses mots, ni son enseignement : j’ai résorbé rapidement l’hémorragie, il n’a pas encore repris conscience, ce n’est plus qu’une question de minutes.

Des coups de feu sont échangés, l’unité qui nous attendait ne renonce pas ; je me dis que notre seule chance va être de les rejoindre, mais comment ? ça doit être mon unique réflexion pour le moment, mon M16 à la main, prêt à cracher tout ce qu’il pourra pour prolonger un maximum notre survie.

Il s’est passé plus de temps que je ne pouvais l’imaginer, j’assiste à un spectaculaire coucher de soleil! Non je n’oublie pas où je suis, ni avec qui, et là, je me dis que je ne suis pas prête de retrouver ma tente et tout son confort de "luxe", comparé à cette terre rocailleuse ; douleur se réveille, il va vraiment falloir que je prenne soin de moi, au moins désinfecter cette plaie qui pourrait, à elle seule, nous condamner tous deux : je ne prends pas le risque de m’administrer le moindre calmant, la réserve s’épuise bien trop vite, ma douleur n’est rien comparée à celle qu’il va endurer à son réveil, enfin s’il se réveille...je suis épuisée, mais pas le droit de m’assoupir, je dois garder les yeux ouverts coûte que coûte.

La nuit tombe, je commence à frissonner, le froid, ma blessure, les deux sûrement, j’ai tellement envie de fermer les yeux, dormir, pour oublier où je suis et avec qui je suis, je ne peux m’empêcher de le regarder, c’est plus qu’un patient que je vois, comment pourrait-il en être autrement ?
Je tiens sa main depuis des minutes… ou des heures ? Juste pour sentir, le moindre mouvement annonciateur de son réveil, même si je voudrais tant ne plus jamais avoir à la lâcher, cette main, qui enfin, reprend vie…

Derek : Mer… c’est bien toi, ce n’étaient pas des hallucinations, alors ?

Meredith : non, tu es enfin conscient ! Je suis bien là, laissant échapper une larme de soulagement ! tu te rappelles où nous sommes, et ce qui nous est arrivé ?

Derek : c’est un peu le brouillard, je te vois piloter un hélicoptère, j’ai sérieusement pris un coup sur la tête !

Meredith : si tu te rappelles de l’hélico, le reste va vite te revenir, tu veux plus de morphine ?

Derek : non, autant rester lucide, Mer…

Il me regarde comme avant, comme si ces deux ans n’avaient jamais existé pour lui, signes de complication de sa craniotomie, sûrement, mais la douleur que je ressens à ce moment-là est trop pénible et elle n’est point physique…Il faut vite revenir à la réalité.

Meredith : Lieutenant Grey, Capitaine ! inutile de vous dire que nous sommes vraiment mal barrés, seuls dans ce désert, sans communication, mais une unité alliée est toute proche !

Derek : oh je vois !! c’est tout ce que nous avons ?

Meredith : Il me fallait choisir entre le matériel, ou vous, à sortir de l’hélico !

Derek : merci pour ce choix, lieutenant (souriant), il va falloir passer la nuit ici, avec ce qui nous reste ! on se relayera toutes les deux heures !

Meredith : tu n’es pas en état de relayer qui que ce soit !

Derek : ah ce n’est plus capitaine ! je préfère !

Meredith : Ce n’est pas le moment de jouer sur les mots, si tu crois que c’est facile pour moi !

Derek : parce que tu crois que ça l’est pour moi ?

Un silence s'installa, quelques secondes, afin de réaliser qu’il allait falloir oublier ce qu'ils avaient été, le temps d’un internat à Seattle, leur survie en dépendait, ils le savaient tous les deux : ils allaient devoir se comporter comme deux soldats solidaires, seuls et perdus dans ce désert…

 

(relu par Jr)




maluzo83  (04.07.2009 à 20:27)

Meredith : essaie de te reposer, et préviens-moi du moindre symptôme post-op ! Je vais voir si je ne peux rien récupérer dans l’hélico !

Derek : il n’y a plus rien à récupérer, c’est trop risqué !

Meredith : au moins l’arme du pilote: on risque de vite être à court de munitions si on…

Derek : tu as fait tout ce qu’il fallait, je pense qu’ils nous croient morts, bien joué sur ce coup là Lieutenant !

Meredith : j’ai été formée pour ça , Capitaine ! Pourquoi souris –tu ?

Derek : ça te va bien, l’uniforme !

Meredith : tu te crois drôle, là ?

Derek : je ne savais pas que tu te passionnais pour l’armée ! Et en plus, tu es pilote !

Meredith : des passions ont en remplacé d’autres !

Derek : mais tu es toujours aussi douée pour la chirurgie: je doute que ma cicatrice soit parfaite vu les circonstances, mais merci de m’avoir sauvé !

Meredith : un jour, tu… vous me le rendrez, Capitaine !

Derek : je ne l’oublierai jamais ! Où vas-tu ?

Meredith : voir s’il y a quelque chose à récupérer !

Derek : c’est inutile, n’y va pas : c’est trop risqué !

Meredith : je pensais avoir bien joué ; ils doivent nous croire morts !

Derek : cachés, oui ! Reste ici!

Meredith : à vos ordres, Capitaine !

Derek : viens te reposer un peu, la nuit va être longue! Mais, tu es blessée ?

Meredith : ce n’est rien, juste une égratignure !

Derek : fais-moi voir ça !

Meredith : tu peux à peine te relever, je m’en suis occupée, ne t’inquiète pas pour moi !

Derek : sauf que tu saignes toujours, il faut suturer cette plaie, Mer !

Meredith : je n’ai pas pu le faire, de la main gauche ça aurait été un désastre !

Derek : tu n’as plus confiance en mes talents ? Viens par là, prends une dose de morphine et donne-moi le nécessaire de suture !

Meredith : ça va aller, je te dis, tu es dix fois plus amoché que moi, autant se concentrer sur ta convalescence, çà presse , je ne pourrais pas te porter !

Derek : parce qu'en te vidant de ton sang, ou en chopant une infection, tu vas m’être d’un grand secours ? Je me sens mieux, regarde je m’assieds, ouh - là ! ça tourne un peu, mais ça va, allez, fais-moi voir ce bras !

Meredith : Derek…

Derek : c’est un ordre, Mer !

Meredith : si c’est un ordre ! tu es blanc, Derek ! tu vas tomber dans le pommes! Rallonge-toi !

Derek : ça va, je te dis ! Le temps de t’injecter la morphine et qu’elle fasse effet, j’irai mieux !

Meredith : il va falloir faire sans !

Derek : si tu crois que je vais te recoudre sans, n’y compte pas !

Meredith : tu vas en avoir besoin d’ici peu, crois-moi !

Derek : je supporte toutes les douleurs depuis bien longtemps, donne moi cette foutue dose Meredith !

Meredith : c’est un ordre ça ? Un coup lieutenant, Mer, Meredith, je sais plus trop quand je dois obéir ou non !

Derek : si tu étais plus raisonnable, je n’aurais pas à te donner d' ordres !

Meredith : tenez, capitaine ! Vous pouvez me charcuter le bras maintenant !

Derek : enfin ! La raison l’emporte !

 

(relu par jr)


maluzo83  (05.07.2009 à 12:27)

Il a eu raison d’insister pour cette dose de morphine, vu la douleur qui me transperçait à chaque coup d’aiguilles ; mais cela n’était rien comparé à ses gestes, son application, une tendresse chirurgicale qui a tout fait remonter à la surface ; le fait qu’il m’ait touchée aura suffi pour que tout s’efface ; ce combat pour me relever, vivre après et sans lui, cette force que j’ai tenté de me forger, celle qui fait que je suis ici, tout ça s’évapore, il a suffi qu’il me touche… Qui plus est, la fuite est impossible.

Derek : à quoi penses-tu ?

Meredith : à comment nous sortir de là !

Derek : dors un peu, demain je pourrais me lever et marcher, comment te sens-tu ?

Meredith : ce serait plutôt à moi de te demander ça, et il est hors de question que je dorme ! Toi, par contre tu devrais, et c’est un ordre, de médecin, je précise !

Derek : je vais essayer, mais je n’y arriverais pas te sachant seule à monter la garde, et puis la douleur , elle, ne veut pas faire une pause !

Meredith : tu n’avais qu’à ne pas m’ordonner de te voler ta morphine !

Derek : tu m’as ausculté partout ? Parce que ce n’est pas mon crâne qui me fait mal !

Meredith : bien sûr ! Pour qui tu me prends ?

Derek : te vexe pas, je demandais juste…

Meredith : mise à part une côte amochée, sûrement l’origine de ta douleur actuelle, tu n’as que de simples contusions !

Derek : me voilà averti, je suis bon pour un rapatriement !

Meredith : il vaudrait mieux, oui, qu’un neurochirurgien puisse s’occuper de ta tête rapidement !

Derek : tu doutes de tes capacités ? pas moi ! je ne te parlerais pas en ce moment, sinon !

Meredith : et maintenant tu vas te taire et dormir, je vais me poster juste un peu plus haut !

Derek : hors de question qu’on se sépare !

Meredith : pardon ?

Derek : on doit se couvrir l’un l’autre, et tu le sais très bien !

Meredith : ah oui ? Et avec quoi comptes-tu me couvrir ? Des cailloux ?

Derek : tu n’as pas perdu ton sens de l’humour ! écoute, je crois que nous sommes en sécurité, j’en suis persuadé, il faut que nous dormions, pour pouvoir rejoindre l’unité alliée aux aurores !

Meredith : d’accord ! Mais je ne lâche pas le M16 de la nuit !

Derek : je préfèrerais aussi ! C’est mon équipement que tu as récupéré ?

Meredith : oui, pourquoi ?

Derek : alors, je vous invite à dîner, Lieutenant !

Meredith : tu te fous de moi ?

Derek : vu que tu m’as sauvé la vie, je veux bien partager l’unique barre chocolatée qu’il y a dans la petite poche, là !

Meredith : quelle générosité ! Merci Capitaine !

Il avait raison, j’avais besoin de repos, l’adrénaline retombée, la peur et le froid reprirent leur place. J’étais là, prenant tout mon temps pour apprécier l’unique denrée alimentaire qu’il venait de partager, il a suffi que je le regarde une seule fois, lui, l’homme que j’ai aimé, pas le soldat, pour que je laisse échapper un fou -rire plus que nerveux, plutôt déguisé : en aucun cas, il ne devait voir mes larmes…

 

(relu par jr)




maluzo83  (06.07.2009 à 06:18)

Derek : j’aimerais bien savoir ce qui te fait rire !

Meredith : non rien, c’est juste que… non rien !

Derek : ah ! Il y a au moins une chose qui n’a pas changé !

Meredith : tu insinues quoi, là ? oh, et puis je ne veux pas le savoir ! Je vais essayer de dormir un peu !

Derek : qu’est-ce qui t’est arrivé, Meredith ? Mais qu’est-ce que tu fais ici, surtout ?

Meredith : je pourrais te poser la même question !

Derek : j’ai toujours été réserviste ; mon père aurait préféré que je fasse une carrière militaire, alors je n’ai jamais vraiment coupé les liens avec l’armée, et pour tout te dire, je les ai devancés, j’avais besoin de… de faire autre chose !

Meredith : de faire autre chose ? Pareil pour moi !

Derek : mais de là à t’engager dans l’armée! Jamais je n’aurais pu t’imaginer dans cette voie là !

Meredith : la preuve que si! Il n' y a plus d’hélicoptère, mais nous sommes encore en vie !

Derek : où as-tu fait tes classes ?

Meredith : West-point, j’y étais encore il y a quarante-huit heures !

Derek : tu ne t’es pas réveillée un beau matin en te disant que tu voulais faire carrière dans l’armée! Il y a un homme derrière tout ça ! Je me trompe ?

Ma gorge se noue, mais qu’est-ce qu’il va s’imaginer, lui répondre oui, que l’homme qui a brisé mon cœur est la cause de ce changement radical de carrière ? Il a tiré un trait sur son passé facilement lui, il a dû m’oublier à la minute où il a repris sa petite vie de couple parfaite à New-York ; je n’ai jamais été qu’une aventure insignifiante pour lui, ma colère va prendre le dessus, et ce n’est vraiment pas l’endroit pour lui déballer tout ce que je retiens depuis trop longtemps…

Meredith : non, tu ne t’es pas trompé ! il est temps de dormir maintenant !

Derek : je suis heureux pour toi, Meredith…

Meredith : et moi aussi, je le suis ! Essaie de dormir, maintenant !

Derek : je peux te demander un dernière…

Meredith : non !

Derek : j’ai dit quelque chose qui t’a contrarié ?

Meredith : non ! J’aimerais dormir !

Derek : alors, si tu veux dormir, et ne pas grelotter toute la nuit, il doit y avoir une couverture de survie dans mon paquetage !

Meredith : je vais la chercher ! Mais tu en auras plus besoin que moi !

Derek : je survivrai, prends - là !

Meredith : non! Je suis ton médecin, et je compte te garder en vie au moins jusqu’à demain matin !

Derek : alors je ne vois qu’une solution ! Nous allons devoir la partager !

Meredith : pardon ? Hors de question !

Derek : agis en soldat, Meredith ! Je ne vais pas te sauter dessus, rassure-toi !

Meredith : si tu crois que c’est ce qui m’inquiète… merci de me rassurer, de toutes façons, vu ton état, tu en serais incapable !

Derek : alors, autant que je te serve de chauffage d’appoint, et réciproquement !

Meredith : je ne suis pas si fatiguée que ça, je vais plutôt monter la garde !

Derek : toujours aussi têtue ! Faut-il que je redevienne Capitaine pour t’obliger à te reposer ?

Meredith : je n’ai pas froid, et je peux très bien me reposer ici !

Derek : allez, viens, tu trembles déjà, et la température va tomber d'au moins dix degrés, sans compter le vent qui se lève ! Lieutenant Grey !

Meredith : Si c’est un ordre…

 

(relu par Jr)


maluzo83  (07.07.2009 à 06:29)

Je tremble, mais ce n’est pas de froid comme il peut se l’imaginer, je suis sur le point de m’installer tout contre lui, je ne sais pas comment je vais vivre cet instant, tout ce que je me répète, seconde après seconde, c’est qu’il ne doit pas voir une seule larme, ; agir en soldat, c’est la seule option possible, mais le suis-je à cet instant ?

Plus je vais tarder, plus vite il comprendra, une dernière respiration, un M16 entre nous devrait suffire à ne pas me laisser submerger par ce que j’ai espéré depuis tout ce temps : m’endormir dans ses bras à nouveau…

Derek : tu devrais plutôt venir de ce côté !

Meredith : ah ! Parce que même en plein désert, tu as tes petites habitudes…Arrête de rigoler !

Derek : non, c’est juste que, vu l’état d’au moins deux de mes côtes, je n’ai pas envie que ce M16 les martèle toute la nuit !

Meredith : ah, pardon désolée, j’avais oublié !

Derek : attends, avant que tu ne t’installes pour de bon, si tu pouvais trouver n’importe quoi pour calmer la douleur et remplacer la morphine que nous n’avons plus !

Meredith : je doute que de simples antalgiques soulagent deux côtes bien amochées !

Derek : Ce n’est pas les côtes qui me font le plus souffrir, Mer !

Meredith : évite de m’appeler Mer, s’il -te - plait ! C’est ta tête ?

Derek : oui, donne-moi ce que tu as, ça devrait aller !

Meredith : tu ne me caches aucun symptôme inquiétant, au moins ?

Derek : non juste la douleur persistante d’un marteau-piqueur dans mon petit cerveau !

Meredith : tiens, ce n’est peut-être pas suffisant, mais au moins ça t’aidera à dormir !

Derek : Merci Mer, allez viens, il est temps de profiter de cette courte accalmie, parce que demain…

Meredith : demain est un autre jour, je te ramènerai au camp de base, et en vie, je te le promets !

Derek : alors je peux dormir maintenant ?

Meredith : oui, dors…

Toutes mes craintes se sont envolées à la seconde où, épuisé qu’il était, il a fermé les yeux, dès l’instant où il s’est blotti contre moi, je n’ai plus bougé de la nuit. Je ne sais pas si j’ai dormi plus d’une heure, mais la fatigue s’est envolée, sa respiration sur ma poitrine, mon cou, m’a divinement bercée, pour rien au monde je n'aurais voulu m’échapper.

Ce moment, aussi éphémère qu’il fut, m’a donné toute la force nécessaire pour ce jour nouveau ; j’ai fait une promesse, et je la tiendrai coûte que coûte. Retour à la réalité ; j’ai déjà fait une rapide reconnaissance des lieux aux premières lueurs matinales, rassemblé le minimum vital à emporter ; il ne reste plus qu’à le réveiller, rejoindre l’unité proche, attendre l’hélico et rentrer, c’est comme ça que ça va se passer, je te l’ai promis, Derek…

 

(relu par jr)


maluzo83  (09.07.2009 à 06:34)

Meredith : hey, debout Capitaine ! on décampe dans cinq minutes !

Derek : moi qui faisais un rêve magnifique…

Meredith : ben maintenant, c’est le cauchemar qui commence !

Derek : quel réveil ! j’aurais préféré un simple bonjour !

Meredith : allez, viens, je t’aide à te lever, qu’on sache rapidement si tu peux tenir debout, et surtout marcher dans ce désert !

Derek : à vos ordres, Lieutenant !

Meredith : comment te sens-tu ?

Derek : ça tourne un peu, mais ça devrait aller ! Bon, on décampe et vite ! tu comptes partir chargée comme ça ?

Meredith : je n’ai pris que le strict minimum !

Derek : inutile que je te demande de te délester un peu !?

Meredith : inutile, en effet ! Tu es pâle, Derek ! Tu vas t’écrouler au bout de dix mètres !

Derek : non, je te dis que ça va aller, alors ça ira ! en route !

Meredith : alors, l’unité était localisée selon les dernières données, bon sang !

Derek : un problème de boussole ? ah! Enfin une faiblesse !

Meredith : je te préviens que si tu oses esquisser le moindre sourire moqueur, moi, je te laisse sur place !

Derek : n’oublie pas que tu m’as fait une promesse ! Donne-moi cette boussole, et leurs coordonnées ! Autant que je serve à quelque- chose !

Meredith : alors, par où va-t-on ?

Derek : là où je ne voulais pas me diriger ! Il va falloir traverser cette zone !

Meredith : merde ! Nous allons être à découvert sur au moins deux kilomètres !

Derek : nous n’avons pas le choix, donne-moi ton pistolet, stock de munitions.

Meredith : tu tiens à peine debout, Derek ! Je garde mes armes, et je te couvre jusqu’au bout !

Derek : inutile de perdre notre temps, je n’aurai jamais le dernier mot !

Meredith : exact ! On y va avant que le jour se lève complètement !

Derek : oui, Docteur !

Meredith : appuie-toi sur moi, on avancera plus vite !


Un pas après l’autre, la souffrance est sur son visage, la peur sur le mien, mon doigt sur la gâchette ; nous avançons, mais pas assez vite, nous n’atteindrons jamais la terre promise avant le lever du jour ; il s’appuie de plus en plus sur moi, il ne dit plus rien, se concentrant sur ses pas, il devient de plus en plus lourd, il n’y arrivera jamais; je pense déjà à…
Meredith : Derek !!!

Derek : je ne peux plus, Meredith, laisse-moi ; va chercher du renfort !

Meredith : pas question de te laisser ici tout seul, tu m’entends ?

Derek : ma tête va exploser, j’ai du mal à respirer, ne te sacrifie pas pour moi !

Meredith : tu veux avoir encore plus mal ? Parce - que c’est ce qui va t’arriver si tu continues ! Tant pis pour l’équipement médical, je vais te porter sur mon dos !

Derek : tu n’y arriveras pas Mer, sois réaliste ! Sauve ta vie pendant qu’il en est encore temps !

Meredith : ma vie ? Je n’en n’ai plus depuis bien longtemps ! S’il faut t’assommer pour te faire taire, je le ferai! Alors maintenant, tu vas m’obéir !

Je suis un soldat bien entraîné, très bien même, mais je ne suis qu’un petit bout de femme ; il a raison, je n’arriverai pas jusqu’au bout, je vais m’écrouler avec lui d’ici peu ; le jour se lève, plus je veux avancer plus ma cadence diminue, il est de plus en plus lourd, je crois même qu’il a perdu connaissance, je m’accroche, je m’encourage, je ne peux pas mourir ici et avec lui, non, je m’y refuse…

Ma vision se trouble, les premiers rayons de soleil m’aveuglent, je ne vois plus mon objectif, la dernière chose que j’ai ressentie, c’est cette douleur fulgurante qui a traversé ma jambe, et ces coups de feu venus de toute part, c’est fini, je n’aurai pas tenu ma promesse, je me sens tomber, je ne ressens plus rien, je vais mourir dans ses bras, c’est tout ce qui compte désormais.


maluzo83  (09.07.2009 à 07:18)

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