Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Grey's Anatomy
Création : 15.09.2010 à 06h31
Auteur : Maluzo
Statut : Terminée
« C'est reparti pour de nouvelles aventures DerMer. Bonne lecture et merci d'avance pour vos commentaires. » Maluzo
Cette fanfic compte déjà 40 paragraphes
Les Rescapés du vol 5070
- «Les passagers du vol 5070 à destination de Seattle, embarquement immédiat porte A».
Mes vacances sont bel et bien terminées, je repars la valise et la tête pleines de souvenirs de ce séjour australien. Il m’a fallu fuir le plus loin possible de toute la pression qui m’attend dans moins de 48 heures maintenant.
Une pression qui est née dès mon premier souffle de vie, c’est dire ! 25 ans plus tard, je m’apprête à intégrer le programme d’internat de chirurgie, dans l’un des hôpitaux les plus réputés : le Seattle Grace Hospital, dirigé par l’illustre Ellis Grey. Ah oui, petit détail, je suis sa fille, Meredith.
Alors que les passagers s’entassent à l’embarquement, tous pressés de monter en premier, comme si il n’y avait pas assez de place pour chacun, un homme, une petite valise à la main, est là, ne voulant pas s’embarrasser sûrement de l’attente interminable du tapis roulant à son arrivée. Il semble que toute la tristesse du monde lui appartient, c’est le regard vide qu’il se force à avancer dans cette file d’attente. A ce moment précis, c’est sûr qu’il n’est vraiment pas enthousiasmé par sa destination.
-Excusez-moi Monsieur, mais si vous comptez prendre cet avion, il faudrait peut-être avancer !
- Pardon ? Ah oui, passez devant si vous voulez, je ne suis pas pressé, dit-il d’un air vraiment blasé.
- Je suis aussi pressée que vous de rentrer à Seattle ! fit Meredith esquissant un léger sourire.
- C’est comme vous voulez !
- Votre passeport, Monsieur s’il vous plaît ! dit une hôtesse enfin soulagée que ce soit l’un des derniers passagers ! Voilà, je vous souhaite un agréable vol !
- Il ne reste plus que moi, mis à part les retardataires ! fit Meredith qui esquissa le même sourire qu’il y a quelques minutes face à cet illustre inconnu.
- C’est parfait, je vous souhaite un bon retour à Seattle et un agréable vol !
Cette fois-ci, je peux dire adieu à mes dernières longues et insouciantes vacances. Je viens de poser un pied dans cet avion qui va me mener tout droit à ma future vie, un avenir tout tracé que je dois honorer mais surtout ne pas entacher mon illustre patronyme.
-Siège 14 A ! C’est ici ! Encore vous ?
- Je pourrais dire la même chose ! Allez-y, passez avant que je ne m’installe définitivement !
- Vous allez à Seattle ou vous ne faites qu’une escale ?
- Vous comptez parler durant tout le vol ?
- Je vois ! Excusez-moi de vous importuner ! Bon vol à vous alors !
- 4 hôtesses avant vous me l’ont déjà souhaité vous savez !
- Ah oui, c’est vrai je parle trop, désolée !
- Non, ne le soyez pas ! Je suis de mauvaise humeur et je n’ai pas vraiment envie de rentrer chez moi, c’est tout !
- Votre femme doit attendre votre retour ?
- Ma femme ?
- L’alliance !
- Je suis séparé, enfin en instance de séparation et puis je n’ai pas envie de détailler ma vie privée à une illustre inconnue.
- Je comprends bien ! Je m’appelle Meredith !
- Derek ! Bon vol à vous Meredith ! fit-il, esquissant enfin un sourire qui fit totalement changer l’image que Meredith pouvait avoir de lui !
- Seattle nous voilà ! répondit Meredith d’un air un peu troublé…
(relu par gringo06)
Voilà une bonne heure que nous avons décollé et nous survolons l’océan Pacifique. Le temps n’est vraiment pas de la partie, vu la hauteur des vagues qui se déchaînent, sans parler de la stabilité de l’avion que le pilote tente au mieux de contenir.
Moi qui n’ai pas vraiment d’inquiétude en avion, là j’ai une désagréable sensation qui s’amplifie à voir le teint pâle des autres passagers. Mon voisin, quant à lui, tente de dormir, en musique, un message indirect me disant «ne pas me déranger».
Il est vraiment triste, les joies d’un mariage raté, c’est bien une erreur que je ne commettrai jamais. Si ma mère était là elle me dirait « ne jamais dire jamais, ma petite fille ! ». Enfin, je préfère de loin cette image que j’ai sous les yeux à celle de ma mère me donnant ses lassantes leçons de vie.
Et ça continue à secouer, on se croirait dans une fête foraine ! A bien le regarder, il est plutôt beau gosse, un peu vieux pour moi, mais sa tristesse doit masquer tous les charmes qu’il doit avoir. Quant à ses yeux, là c’est danger, on s’y perd quasiment tout de suite. Ouh là, je suis repérée…
- Vous voulez quelque chose ?
- Non, non, je ne voulais surtout pas vous déranger !
- Arrêtez de me déshabiller du regard, c’est un peu embarrassant !
- Quoi ? Non mais, pour qui vous me prenez ?
- Pour quelqu’un qui me fixe depuis plusieurs minutes !
- Je n’ai pas d’autres vues que la vôtre ! La tempête dehors commence à me foutre sérieusement les jetons !
- C’est un boeing pas un petit avion de tourisme, vous n’avez rien à craindre !
- C’est fou ce que vous me rassurez ! Remettez votre casque, je ne vous dérangerai plus, ni ne vous déshabillerai du regard !
- «Votre attention Mesdames et Messieurs, ici le commandant de bord. Nous traversons de fortes perturbations climatiques, je vous prie de bien vouloir attacher vos ceintures, nous allons être fortement secoués, je vous prie de ne céder à aucune panique ! »
- Même le commandant de bord est inquiet ! Et dire que je n’ai même pas regardé les procédures d’urgence au début du vol !
- N’ayez pas peur ! C’est la procédure, c’est tout ! Le gilet de sauvetage est sous votre siège et le masque à oxygène tombera du plafond !
- C’est comme ça que vous rassurez les jeunes femmes en détresse ?
- Au moins vous avez de l’humour dans toutes les circonstances ! Merde, c’était quoi ça ?
- Oh my god ! Je crois que c’est la fin du voyage…
Ce furent mes derniers mots, à cette seconde précise ce fut le chaos.
Des centaines de passagers hurlant de terreur, pendant que l’avion tombe à pic, c’est comme ça que ma vie va prendre fin. Moi qui n’ai encore rien accompli, il ne me reste que quelques secondes avant l’impact. Y’ a plus rien à faire, à dire, je regarde juste mon voisin, terrifié lui aussi, mais qui a la lucidité de m’équiper de mon gilet et de me serrer la main pour la fin de notre voyage…
(relu par gringo06)
Quelque part au milieu de nulle part, un îlot inconnu, pas répertorié, désert de toute vie humaine, vient subitement d’être envahi par ce qui reste du vol 5007 parti de Sydney et qui n’atteindra jamais Seattle.
Restes de débris métalliques, de bagages flottants, mais ce qu’on ne verra jamais, cette image dramatique et choquante, celle d’un petit coin de paradis transformé soudainement en un véritable enfer, un ilot envahi de corps sans vie, échoués dans un ultime voyage sur cette plage de sable blanc subitement entachée d’une macabre noirceur…
Quelque chose de bizarre me sort de mon réveil, étrange sensation. Je me sens portée par ce bruit de vagues qui me berce comme si je flottais. Quel étrange rêve ai-je pu faire ? Je peine à ouvrir les yeux, j’ai mal, très mal, mais je ne saurais localiser d’où vient cette douleur et j’ai froid subitement. Je prends peu à peu conscience que je ne sors pas d’un rêve enchanté mais que j’ai vécu un véritable cauchemar auquel j’ai survécu…
J’ouvre enfin les yeux. Malgré le soleil aveuglant, des images se précisent, des arbres, du sable, de l’eau, je suis encore dans l’eau, échouée sur une plage. J’’ai survécu au crash d’un avion, mais dans quel état ? J’ai du mal à me redresser, la douleur commence à se préciser, j’ai du mal à respirer, pourvu que ce ne soit que quelques côtes, j’ai survécu à la chute de l’avion, ce n’est pas pour mourir d’une hémorragie interne seule sur cette plage !
Il m’aura fallu plusieurs minutes pour m’asseoir et retirer mon gilet, c’est certainement grâce à lui que je respire encore, difficilement certes, mais je respire. Après un rapide examen de mon corps, je constate que rien ne semble cassé extérieurement mais confirme qu’une de mes côtes au moins est à l’origine de ma douleur.
Quelques minutes pour reprendre tous mes esprits, trouver la force de regarder autour de moi, en priant, suppliant tous les dieux de la terre que je ne sois pas la seule et unique survivante.
Le spectacle que j’ai sous les yeux, si on peut appeler ça un spectacle, va me hanter jusqu’à la fin de mes jours, sans aucun doute. Des corps, je n’en ai jamais vu autant de ma vie, je sens mes larmes couler au fur et à mesure que je m’approche, j’avance difficilement parmi les débris de ce qui reste de l’avion, mais je prends la peine de vérifier chaque corps, chaque pouls, en espérant entendre battre un cœur, au moins un par pitié.
J’erre sur ce morceau de plage transformée en cimetière, d’autres corps arrivent peu à peu s’échouer, j’en vois d’autres qui flottent encore à des centaines de mètres de la plage, je ne sais plus trop quoi faire, ils sont morts, tous morts, pourquoi suis-je en vie ? Pourquoi ?
Et là, je percute ! Le gilet ! Tous les corps déjà échoués sur la plage n’en n’ont pas, je réalise que mon compagnon de voyage, le triste marié aux beaux yeux, m’a sauvé la vie. J’entre dans l’eau, cherchant le moindre gilet flottant, il y en a quelque uns, mais ils sont encore loin, mes côtes ne me permettent pas d’aller plus loin que là où mes pieds touchent le fond.
Je repars chercher mon gilet, oublie que tu as mal Meredith, oublie, j’ai peut-être des vies à sauver, je dois en sauver, il le faut !
(relu par gringo06)
Je ne me voyais vraiment pas commencer mon métier de la sorte ! Je tente, tant bien que mal, de nager au milieu de ces corps inertes, dans l’espoir de sentir un pouls, je ne peux me résoudre à l’idée d’être la seule à avoir survécu, c’est pas possible.
Et c’est juste au moment où j’allais hurler mon désespoir que je réalisai enfin que mon cœur n’était plus le seul à battre. Je me suis précipitée pour ramener sur la plage le corps de ce petit garçon d’environ 7 ans, à demi conscient, prononçant difficilement le seul mot que je compris, celui de sa maman…
Le premier examen me donna beaucoup d’espoir, rien ne laissait présager qu’il avait de graves blessures. Je lui ai retiré son gilet pour le glisser sous ses cervicales, tentant de le rassurer du mieux que je pouvais, lui promettant de revenir très vite m’occuper de lui.
Il fallait que je reparte dans l’eau, me dirigeant verts tous les gilets flottants, à la recherche d’autres survivants, je donnerai toutes les forces qu’il me reste, mais je vais vérifier chaque passager qui flotte.
Je ne sais pas combien de temps je suis restée dans l’eau, mais là je sens mon corps m’abandonner, je n’ai plus la moindre force pour continuer, j’ai ramené 3 survivants.
Le petit garçon n’a rien de grave. Choqué et traumatisé, il n’a pas réussi à prononcer le moindre mot. Je tente de le rassurer de mon mieux pendant qu’il me regarde m’occuper des deux autres passagers que j’ai ramenés, et le destin a fait que celui qui m’a sauvé en m’équipant de mon gilet soit parmi eux.
Mais je constate là que je suis juste une étudiante qui sort de la faculté de médecine. Malgré mes brillants résultats, je panique à l’idée de ne pas savoir trop quoi faire devant ces deux personnes gravement blessées.
Des plaies ouvertes, du sang qui coule, que faire et qui traiter en premier ? Si je commence à paniquer et perdre mes moyens, ils vont mourir alors qu’ils ont un médecin auprès d’eux. Réfléchis Meredith, calme-toi et réfléchis, j’ai besoin d’aide et je n’ai qu’un enfant de 7 ans totalement traumatisé comme seule assistance.
-Hey ! Comment-tu t’appelles ?
- Lucas répondit le petit garçon d’une voix quasi inaudible !
- Lucas, j’ai besoin que tu m’aides, je suis docteur et j’ai besoin de toi ! Tu peux te lever ?
- Où est ma maman ?
- Je ne sais pas Lucas, mais il faut qu’on soigne ces deux messieurs, tu veux bien essayer de te lever et de me ramener la valise qu’il y a là bas ?
- Je vais essayer dit Lucas d’une voix un peu plus assurée !
- Bravo Lucas, tu es vraiment un garçon très courageux !
- Y’a que des habits mouillés dedans !
- Je sais ! Viens par ici, je vais essorer au maximum ce tee-shirt, ne regarde pas la jambe du monsieur pour l’instant ! Voilà, il faut que tu mettes ta main en appuyant un petit peu, d’accord ?
-D’accord fit Lucas se prenant au jeu bien réel de jouer au docteur !
- Je vais pouvoir m’occuper de l’autre monsieur comme ça !
- Vous êtes vraiment un docteur ?
- On va dire que oui !
- Regardez ! Votre monsieur il ouvre les yeux !
- Seigneur Dieu, merci !
J’essaie de me rappeler son prénom, malgré le choc, je me concentre sur ce regard unique, qui me fait chercher au plus profond de ma mémoire nos derniers mots échangés.
- Derek !
(relu par gringo06)
- Où je suis ? Qui êtes-vous ?
- Meredith ! Vous vous rappelez ? J’étais assise à côté de vous dans l’avion !
- Nous sommes pas morts ? fit Derek en tentant de se redresser.
- Ne bougez pas, je ne connais pas l’ampleur de vos blessures pour le moment ! Vous avez mal quelque part ?
- Vous êtes médecin ?
- Oui, non, enfin presque !
- C’est vous que je devrais peut-être ausculter ! dit Derek qui avait subitement retrouvé toute sa lucidité !
- Vous êtes médecin ? demanda Meredith d’un ton plus qu’étonné !
- Oui, moi j’en suis certain ! Je n’ai pas l’air d’avoir de graves blessures, peut- être la pire chose qui pouvait m’arriver, ma main me fait atrocement souffrir et je ne peux pas la bouger !
- Vous devez avoir une fracture, je vais regarder ça, mais je dois stopper une hémorragie ! Lucas ne va pas tenir longtemps à compresser la blessure !
- Qui est Lucas ? Vous êtes médecin alors ? Laissez-moi me relever ! Je vais voir çà !
- Je suis médecin oui, enfin je devais commencer mon internat de chirurgie dans quelques jours !
- Drôle de façon de commencer, Docteur ! Où sont les autres survivants ?
- Je n’ai pu ramener que vous trois, je n’avais plus la force !
- Vous nous avez sortis de l’eau ? dit Derek d’un ton surpris.
- Vous pensez qu’il va s’en sortir ? dit Meredith pour changer de sujet et éviter le moindre remerciement.
- Sans aucun matériel médical, je ne vois pas ce que je peux faire ! Nous sommes les seuls survivants ?
- Je n’ai pas pu explorer ce qui semble être une ile déserte ! Mais les secours vont rapidement arriver, tentons de le maintenir en vie !
- 4 survivants, deux médecins, je pense qu’on peut s’en sortir ! Meredith, vous allez bien ?
- Oui pourquoi ?
- Vous êtes aussi blanche que ce sable ! Allongez-vous ! Vous souffrez quelque part ?
- Je dois avoir quelques côtes abîmées ! Rien de grave !
-Il va falloir récupérer toutes les valises qui flottent en quête de tout médicament possible ! Hey, petit garçon !
- Il s’appelle Lucas, dit Meredith qui s’allongea, sentant le malaise arriver !
- Oui Monsieur !
- Je vais t’envoyer en mission spéciale !
- Vous allez chercher Maman après ?
- Oui ! Mais il faut d’abord que nous nous soignions pour chercher ta maman ! Tu es grand, plein de muscles et en pleine forme ! Il n’a rien ? Meredith ?
- Non je l’ai examiné… Il a….
- Meredith ? Lucas ramène tous les bagages que tu pourras et toutes les trousses de toilette qu’il y a dedans, d’accord ?
- D’accord, Monsieur !
- Meredith ? Eh oh ! Qu’est-ce qu’elle me fait ? Son pouls est filant ! Bon sang !! Avec une seule main ! Bordel de merde d’avion de malheur !!! Si j’avais su que la première femme que j’embrasserais après ma femme serait une illustre inconnue qu’il faut réanimer, je n’envisagerais peut-être pas de divorcer !
- De quoi vous plaignez vous ? Elle est belle comme un cœur !
- Vous avez repris conscience, vous ? Bonne nouvelle ! Je viens m’occuper de vous dès que j’aurais réanimé cette femme, belle comme un cœur vous avez raison ! Un deux…trois… Allez, bon sang !
(relu par gringo06)
- Je me sens bien et je pense n’avoir rien de cassé, vous avez besoin d’aide ?
- Allez Meredith, ne m’abandonnez pas maintenant ! Ca y est, j’ai un pouls !
- Je peux me rendre utile ?
- Oui, nous allons la transporter là-bas, autant se mettre à l’abri en attendant les secours !
- Vous croyez qu’on va nous retrouver ?
- Bien sûr, l’avion a dû être localisé avant sa chute, mais en attendant il va falloir qu’on se débrouille seuls, avec des corps partout, rien à manger et un petit garçon orphelin !
- Nous avons survécu, remercions Dieu pour ce cadeau !
- Vous parlez d’un cadeau ! Voilà, elle est très bien installée là, elle devrait vite reprendre conscience.
- Je vais aller rejoindre le petit garçon et récupérer tout ce dont nous pourrions avoir besoin !
- Il s’appelle Lucas ! Vous allez vraiment bien ? Aucune douleur nulle part ?
- Non, j’ai du mal à y croire mais je vais bien ! Oh, elle se réveille ! Je vais voir Lucas !
- Comment vous sentez-vous ?
- Qu’est-ce qui m’est arrivé ?
- J’ai juste eu à vous réanimer ! Où avez-vous mal Meredith ?
- J’ai du mal à respirer, je dois avoir des côtes en mauvais état ! Mais ça va aller, il faut continuer à chercher des survivants !
- Vous n’allez nulle part, repos total, pensez d’abord à votre survie ! Les secours ne vont pas tarder, en attendant ne bougez pas !
- Merci de m’avoir sauvée !
- Merci de m’avoir sauvé aussi !
Un long silence s’abattit, un regard indéfinissable se prolongeait, je ne saurais expliquer ce qu’il signifiait, tant de choses à la fois, le choc, la peur, le soulagement, la gratitude, tant de sentiments qui n’avaient pas besoin de mots pour s’exprimer, cet échange nous a suffi, malgré le trouble qui commençait à s’installer…
- Je vais aller voir si Lucas va bien !
- Ne me laissez pas seule ici !
- Vous avez besoin de repos, je reviens très vite et il faut que je me soigne sinon je ne vais pas pouvoir prendre soin de vous !
- Ils reviennent, regardez !
- Et ils n’ont pas récupéré grand-chose !
(relu par gringo06)
- Lucas : J’ai trouvé une psp mais elle est toute mouillée !
- J’ai pas réussi à la lui faire lâcher, désolé ! J’ai ramené ce que je pensais utile, j’ai quelques antalgiques, c’est tout ce que j’ai de médical !
Derek : On s’en contentera ! Un briquet, il nous faut sécher un briquet !
- Ça, j’en ai toujours un ! Mais faut le sécher comme vous dites !
Derek : Il nous faut un feu, c’est vital !
- Vous, vous avez trop regardé Koh-Lanta !
- Non, je veux juste qu’on nous rapatrie au plus vite !
Meredith : Là il a raison !
Derek : Qu’est-ce que je vous ai dit ! Restez allongée !
Meredith : Je me sens bien et je dois vous soigner et peut-être continuer à chercher s’il y a d’autres rescapés, non ?
Lucas : C’est quoi un rescapé ?
- J’ai bien peur que nous soyons les seuls !
Derek : Il va commencer à faire nuit, autant allumer un feu et se mettre à l’abri pour la nuit !
Lucas : Je vais la voir quand, ma maman ?
Meredith : Les secours vont vite arriver, nous trouver et la trouver aussi. En attendant, tu vas m’aider à ramasser un peu de bois d’accord ?
- Je vais m’en charger ! Vous avez entendu le doc, vous devez vous reposer !
Derek : Enfin quelqu’un qui m’entend ! Merci !
- Pas de quoi ! Au fait, je m’appelle Mike !
Derek : Enchanté Mike, moi c’est Derek, le médecin têtu s’appelle Meredith !
Meredith : Meredith ça suffira !
Mike : On l’allume ce feu ?
Derek : Oui, il vaudrait mieux, je n’ai vraiment pas envie de m’éterniser ici !
Lucas : On va dormir où ?
Meredith : Bonne question Lucas ! Je crois que nous allons dormir à la belle étoile !
Lucas : J’ai peur du noir, et des serpents et des araignées et…
Meredith : Tais-toi, j’en ai aussi peur que toi !
Dès que les premières flammes apparurent, un brin de soulagement me traversa l’esprit. Nous avons survécu à un crash d’avion, nous allons être secourus, reste à savoir dans combien d’heures ou de jours. En attendant, nous allons essayer de nous remettre du choc que nous venons de subir, nous réalisons tous les quatre, à ce dernier rayon du soleil qui vient de se coucher, le drame qui nous entoure, nous sommes vivants et nous remercions en silence tous les dieux qui nous ont épargnés.
(relu par gringo06)
Voilà deux jours et deux nuits que nous attendons désespérément le bruit d’un avion, d’un hélicoptère, d’un bateau, n’importe quel bruit de moteur qui pourrait nous donner le moindre espoir mais rien, rien mis à part le bruit des vagues qui frappent les rochers non loin du lieu où nous nous sommes réfugiés.
Je me remets difficilement de mes blessures, quelques côtes déglinguées, ce n’est rien si on considère que je suis tombée en plein ciel, mais qu’est-ce que c’est douloureux !
Lucas, malgré son jeune âge, commence à réaliser qu’il ne reverra peut-être plus jamais sa mère. Moi qui l’ai souhaité si souvent, je réalise à quel point je n’aurais pas autant de courage que lui, c’est bien une des rare fois où ma mère me manque.
Quant aux deux survivants masculins de ce crash, y a tant à dire ! Ils ne montrent en aucun cas leur peur ni leur désarroi, ils s’activent sans répit à notre propre survie, je découvre un tout autre Derek que l’homme triste et austère rencontré à l’aéroport. Je remercie le destin de ne pas m’avoir fait survivre sans eux sur cette île.
Derek : Vous allez bien ?
Meredith : Oui, je survis !
Derek : On finira par nous retrouver, j’en suis certain !
Meredith : Plus le temps passe, plus je me dis que les secours ne savent pas du tout où nous sommes, on le sait même pas nous !
Derek : L’avion a dû être localisé avant sa chute, c’est juste une question de temps ! Vous voulez de la noix de coco ?
Meredith : Non merci, l’overdose est proche !
Derek : Il va falloir se contenter des seuls fruits de l’île si vous voulez survivre ! Si vous avalez ce gros morceau, je vous promets que dès que nous serons de retour à Seattle, je vous invite dans le meilleur restaurant de la ville !
Meredith : Vous croyez que c’est le moment de parler de restaurant ! Comment va votre main ?
Derek : Je souffre en silence, mais votre attelle est très réussie, vous avez peut-être sauvé ma carrière de chirurgien après m’avoir sauvé la vie !
Meredith : Ce n’est qu’une attelle, même Lucas aurait pu la faire !
Derek : Où est passée la femme belle, joyeuse et enthousiaste que j’ai rencontrée à l’aéroport ?
Meredith : Elle a été victime d’un crash !
Derek : Il ne faut pas perdre espoir Meredith…
Mike : Je vous dérange pas, les tourtereaux ?
Meredith : Très drôle !
(relu par gringo06)
Derek : J’essaie juste de lui remonter le moral, Mike !
Mike : Te justifie pas vieux, je suis pas ta femme !
Derek : Votre humour est embarrassant par moments !
Meredith : Qu’est-ce que vous avez fabriqué ?
Mike : Vous croyez pas qu’il est grand temps de se passer des bonnes manières ? J’ai l’impression de revivre mes séjours chez mon ex belle-mère, épargnez-moi ça s’il vous plaît !
Derek : C’est vrai, tu as raison ! Tu comptes tuer quoi avec ça ?
Mike : Y’a rien de vivant sur cette île, à part nous, rassurez vous je ne suis pas cannibale ! Mais du poisson, y’en a à profusion !
Meredith : Et vous comptez en attraper avec ça ?
Mike : A vrai dire, j’ai jamais pêché de ma vie !
Derek : Moi, la truite mais avec une canne et un hameçon !
Meredith : On n’a pas ça en stock, Derek ! Donne-moi ça Mike !
Derek : Qu’est-ce que tu fais ?
Meredith : Je vais pêcher !
Mike : Euh…
Meredith : Vous pensez que j’en suis incapable ? J’ai vraiment beaucoup plus d’expérience que vous, à vous entendre !
Mike : Je dis plus rien !
Derek : Tu n’es pas vraiment en état physique de…
Meredith : Préparez le feu, on mange du poisson ce soir !
Mike : Elle est vraiment pas commode, quel caractère, j’adore ! Et en plus elle…
Derek : Est jolie comme un cœur, je sais !
Mike : T’inquiète vieux, j’ai aucune chance ! Elle n’a d’yeux que pour toi !
Derek : Tu crois que c’est le moment de parler de ça ?
Mike : C’est toujours le moment de parler de ça !
Lucas : C’est vrai qu’on va manger du poisson ? J’aime pas le poisson !
Derek : Voilà autre chose !
Non mais, s’ils pensent qu’ils sont les seuls à pouvoir jouer les survivants en herbe, ce sont bien des hommes ! Ils vont vite comprendre que grandir à Seattle n’a pas que des inconvénients.
D’accord, je n’ai ni masque, ni tuba, ni fusil, matériel adéquat, mais je ne ressortirai pas de cette eau sans au moins un poisson, même si j’ai tendance à vite oublier que j’ai quelques côtes en mauvais état. J’ai survécu à ce crash, je survivrai à quelques minutes sous l’eau et je ramènerai le dîner, il le faut, parole de Grey !
Mike : Ca fait un moment qu’elle est dans l’eau ! Il faudrait peut-être la ramener à la raison !
Derek : Elle ne reviendra pas les mains vides ! Je commence à cerner le personnage !
Mike : Oui ça, pour la cerner ! Mais tu es encore plus inquiet que moi ! Va la chercher avant qu’elle reste au fond !
Derek : Je ne suis pas inquiet, je la surveille c’est tout !
Mike : Oui, donc tu es inquiet !
Derek : C’est bon, je vais la chercher !
Lucas : On le mange quand, le poisson ?
Mike : Tu sais mon grand, ça tombe bien que tu n’aimes pas ça ! Tu veux de la noix de coco ?
(relu par gringo06)
Derek : Meredith ! Sors de l’eau, ça devient trop dangereux !
Faisons comme si je l’avais pas entendu, je suis toute proche de mon but, j’ai raté deux fois ce gros poisson, la 3ème sera la bonne, je le sens, il le faut parce que j’ai froid, j’ai mal, je risque de payer fort mon entêtement.
Derek : Meredith ! Sors de l’eau ou je viens te chercher de force !
Meredith : Je l’ai, je l’ai eu !!!
Derek : Waouh !
Meredith : Je vous l’avais dit qu’on mangerait du poisson ce soir ! Ouh là… viens m’aider à sortir de l’eau, je suis à bout de forces !
Derek : Et tu es blanche à nouveau ! C’est pas raisonnable ! Tout ça pour un poisson ! Tu es têtue comme une mule !
Meredith : Je croirais entendre ma mère !
Derek : Elles ont souvent raison, tu sais !
Meredith : Ca se voit que tu ne connais pas ma mère ! Aide-moi s’il te plaît, j’ai du mal à tenir sur mes jambes !
Derek : Viens là !
Meredith : Mais qu’est-ce que tu fais ?
Derek : Je te porte jusqu’au campement, avant que tu ne t’évanouisses et ne deviennes un poids mort deux fois plus lourd ! Belle prise ! Dîner royal ce soir !
Meredith : Merci ! Je l’ai pêché, vous ferez le reste !
Derek : Laisse-moi deviner… tu n’es pas douée pour cuisiner, c’est ça ?
Meredith : On va dire ça !
Derek : Un sourire, un premier sourire, enfin !
Meredith : Tu peux me poser maintenant, évitons les remarques de Mike !
Derek : Pourquoi tu rougis ?
Meredith : Moi ? Je ne rougis pas, je reprends des couleurs, je vais mieux, c’est tout !
Lucas : Wouah le méga poisson !!! Mike a dit que…
Mike : Mike a dit que le feu est prêt pour le dîner !
Meredith : Eh bien, Mike va s’occuper du poisson qu’il ne pensait pas manger ce soir !
Derek : Ca, c’est envoyé !
Mike : Je m’incline ! Bravo Meredith ! Imprudente mais bravo !
Ce fut la première fois que nous nous laissâmes aller à rigoler, à oublier le pourquoi du comment nous étions tous les quatre sur cette île. Même si ce sera de courte durée, je me dis qu’il faut profiter de ce moment de répit, ne penser ni à la douleur morale ou physique, oublier ces corps qui nous entourent, éviter de se décourager de la lenteur des secours.
Un répit court mais rempli d’espoir, dans le sourire de ce petit garçon orphelin et surtout dans le regard indéfinissable de…. Derek.
(relu par gringo06)