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Série : Grey's Anatomy
Création : 13.10.2010 à 18h29
Auteur : Maluzo
Statut : Terminée
« C'est reparti pour de nouvelles aventures. Bonne lecture. » Maluzo
Cette fanfic compte déjà 50 paragraphes
Je peux voir sa colère dans ses yeux, elle me tuerait bien là, à cet instant ! Je connais tant ce regard, je suis son éternel regret et ça ne changera jamais. Mais un tout autre regard m’effraie davantage, je crois que je viens déjà de perdre mon amie du jour.
Cristina : Faut qu’on cause toutes les deux !
Meredith : Je suis désolée, j’ai trouvé que ça comme idée. Mais t’inquiète pas, je vais trouver une solution mais il est hors de question que je rentre chez ma mère !
Cristina : Ta mère va finir par me détester autant qu’elle te déteste !
Meredith : C’est impossible ça, sa haine m’est réservée ! Je suis vraiment désolée de t’avoir mis dans l’embarras, il vaut vite que je trouve quelque chose avant son retour, tu peux m’aider pour ça ?
Cristina : Bien sûr ! Tu squattes mon canapé jusqu’à ce que tu te trouves quelque chose de correct ou jusqu’à ce que tu ne me supportes plus !
Meredith : C’est vrai ? T’es trop… je t’aime déjà beaucoup tu sais !
Cristina : Oui, bon, évite ce genre de déclaration, j’ai horreur de ça !
Meredith : On demandera à Richard de nous aider pour mes affaires à récupérer, merci vraiment de tout ce que tu fais pour moi !
Cristina : Pas de soucis, tu sauras me le rendre un jour j’en suis persuadée !
Meredith : Tu veux faire une dernière chose pour moi ?
Cristina : N’abuse pas trop, là quand même ! Mais je t’écoute !
Meredith : Tu peux me prêter ton téléphone, le mien est déchargé, j’ai que mon sac. Dieu sait où a pu atterrir ma valise avec mes affaires et mon chargeur dedans !
Cristina : J’ai pas un forfait illimité, alors calmos !
Meredith : Merci, je veux juste appeler l’hôpital de New-York ! T’aurais pas le numéro par hasard ?
Richard : Est-ce vraiment raisonnable Meredith ?
Meredith : Oui ça l’est, j’ai vraiment besoin de savoir Richard !
Richard : Ils ne te le passeront pas mais, pour te rassurer, il est en vie, réveillé et se rappelle de l’accident ! Je te promets de te donner toutes les informations que j’aurai, alors n’énerve pas ta mère plus qu’elle ne l’est déjà, d’accord ?
Meredith : D’accord, merci Richard ! Aucune séquelle alors ?
Richard : On attend les dernières IRM de sa moelle épinière pour émettre un diagnostic sûr !
Meredith : Mon Dieu, s’il reste paralysé !
Richard : Il a les meilleurs médecins auprès de lui, arrête de t’inquiéter !
Meredith : Tu t’inquiètes autant que moi, Richard !
Richard : C’est vrai, mais c’est un accident, le plus important est que vous soyez tous les deux en vie. Ta mère est partie pour l’aéroport très contrariée, je ne sais pas ce que tu lui as dit mais elle m’a laissé ton dossier !
Meredith : Comme d’habitude, tu sais bien, elle n’aime pas que je lui tienne tête !
Richard : Tu pourrais faire un effort en ce moment, non ?
Meredith : Pourquoi c’est toujours à moi d’en faire ?
Richard : Parce que ta mère, on ne pourra jamais la changer !
Meredith : Eh bien, je suis une Grey aussi et je ne compte pas qu’on me change non plus !!! Je sors quand ?
Richard : Je confirme, t’es bien une Grey ! Je te garde au moins jusqu’à demain !
Meredith : Très bien et merci, Richard, d’être là pour moi !
Richard : Comme toujours ma chérie !
New-York
Addison : Il ouvre les yeux ! Derek mon amour ! J’ai eu si peur !
Derek : Mere….
Addison : Prends ton temps, tu te réveilles d’un profond coma. Est-ce que tout va bien ? Jim ?
Jim : Si tu me laissais le temps de l’ausculter, je pourrais peut-être en savoir plus !
Addison : Oui pardon, désolée !
Jim : Ravi de te revoir parmi nous Derek !
Derek : Mere…
Addison : Il n’arrive pas à parler ! Il a des séquelles ?
Mark : Moi je dirais que non, puisqu’il réclame la dernière personne avec qui il était. Il se souvient de l’accident, c’est plutôt bon signe !
Addison : Qu’est-ce que tu fais encore ici ?
Jim : Ce n’est pas le moment, vous deux !
Derek : Non ! Jim, donne-moi à boire !
Mark : Tu vois qu’il va bien ! Heureux que tu sois en vie !
Derek : Et moi donc ! Et comment va Meredith ?
Addison : Meredith !!!!!!!! Non mais je rêve !
Derek : Tais-toi Addison et sors s’il te plaît, je n’ai vraiment pas envie de te supporter, ni de te voir !
Addison : Non Derek, je ne t’abandonnerai pas dans un moment pareil !
Derek : Fallait y penser avant, avant de… !
Jim : S’il te plaît Addison, laisse-lui un peu de temps !
Addison : Très bien, je m’en vais, je repasserai tout à l’heure !
Mark : Je suppose que je dois disparaître aussi ? Si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas !
Derek : Justement, j’ai besoin de toi ! Mais je préfère d’abord voir avec Jim pourquoi je ne ressens plus rien du bassin jusqu’aux pieds !
Jim : Il est encore trop tôt pour le dire, ta moelle épinière a été touchée, on va programmer rapidement une IRM !
Derek : Je veux voir celles déjà faites et tout mon dossier s’il te plaît !
Jim : Je te ramène tout ça ! Mark, je te le confie et pas de règlement de comptes !
Mark : Je ne suis pas là pour ça ! Je suis désolé pour tout Derek, et je me sens terriblement fautif !
Derek : Je veux des nouvelles de Meredith, si c’est comme ça qu’elle s’appelle, c’est encore un peu flou dans ma tête !
Mark : Toi, t’as fait fort ! Meredith Grey ! Ellis va débarquer d’ici peu, je ne sais pas ce que tu as fait avec sa fille mais tu auras bientôt de ses nouvelles !
Derek : Elle s’en est sortie alors ? Tant mieux ! C’est la fille d’Ellis ? Oh bordel ! Elle va me tuer !
Mark : Tu ne le savais pas ?
Derek : Non, on s’est rencontré à l’aéroport, notre vol a été annulé, on a été boire un verre et tu connais la suite ! Je ne savais pas que c’était Meredith Grey !
Mark : Eh bien dis-moi, tu n’as pas perdu de temps ! Pardon, c’était déplacé ! Ton poing dans la figure, tu me le réserves pour quand ?
Derek : Quand tu t’y attendras le moins, mon pote ! Je sais pas à qui j’en veux le plus, à elle, à toi ou à moi, je me demande surtout comment nous en sommes arrivés là ! Ma femme Mark, bon sang !
Mark : Je sais ! Tu sais que parfois je ne réfléchis qu’avec ce que j’ai en dessous de la ceinture, si je pouvais revenir en arrière, crois- moi je réfléchirais avant de baisser mon pantalon !
Derek : Je me dis que c’est peut-être un mal pour un bien, nous ne partagions vraiment plus grand-chose à part la médecine !
Mark : Ne pense pas trop à ça pour l’instant, tout ce qui compte c’est de te remettre sur pied !
Derek : C’est ce qui m’inquiète de plus en plus, je n’ai vraiment aucune sensation, tu as vu mes premières IRM ? Sois franc Mark !
Mark : C’est vraiment pas beau à voir, mais pas irréversible. Mais pour ça, il va te falloir un grand chirurgien, aussi bon que toi, ça court pas les rues, mais on le trouvera !
Derek : C’est sûr que je ne laisserai pas Jim m’ouvrir ! Je préfère constater les dégâts par moi-même et j’aviserai !
Mark : Je serai à tes côtés tout le temps que ça prendra, je te dois bien ça !
Derek : Merci Mark ! Mais ne pense pas que je t’ai déjà pardonné pour autant !
Mark : Non, je mérite ton poing dans la figure mais ne m’amoche pas trop tout de même !
Ellis : Eh bien, je vois qu’on rigole bien par ici ! Tu ne vas pas si mal que l’on a pu me le dire, Derek !
Derek : Ellis !
Mark : Docteur Grey, ravi de vous revoir !
Ellis : Docteur Sloane ! Toujours dans les parages !
Mark : Eh oui, nous sommes inséparables !
Ellis : Eh bien il va le falloir quelques minutes, parce que j’aimerais être seule avec Derek un petit moment !
Mark : Il est encore faible et je préfère rester à ses côtés !
Ellis : Je ne vais pas l’étrangler, rassurez-vous !
Derek : C’est bon Mark, tu peux nous laisser !
Mark : Très bien mais je ne serai pas loin, crie si tu as besoin de moi !
Ellis : Ce n’est pas dans cet hôpital que j’espérais nos retrouvailles Derek !
Derek : Moi non plus ! Comment va Meredith ?
Ellis : Meredith ! Justement ! Qu’est-ce que tu faisais avec ma fille et, qui plus est, ivres tous les deux ?
Seattle
C’est ma dernière nuit dans cet hôpital, vivement que je sorte et que je me cache loin de tout ces regards accusateurs et surtout de ma mère !
Je devrais facilement dormir, je suis épuisée, plus moralement que physiquement, ça devrait vite m’aider à sombrer et oublier tout ce qui a bien pu se passer ces derniers jours.
Il ne me reste plus qu’une chose à faire, encore faut-il que Cristina ne m’ait pas oubliée…
Meredith : Ah te voilà ! Tu as pensé à ton téléphone ?
Cristina : Mon téléphone oui, je l’ai toujours sur moi, mais pour ce qui est d’avoir son numéro, j’ai galéré un peu plus.
Meredith : Tu as réussi à l’avoir alors !
Cristina : Je n’échoue jamais dans mes missions ! Enfin, sur ce coup là, tu pourras remercier Richard !
Meredith : C’est un vrai père pour moi !
Cristina : Il m’a juste dit de te dire d’attendre un peu, mais je suppose qu’à la seconde où je serai partie, tu vas te jeter sur mon téléphone !
Meredith : Tu commences à bien me connaître !
Cristina : Tiens voilà, tout est noté là. Je ne vais pas traîner dans le coin, Richard m’attend aux aurores pour amener quelques unes de tes affaires chez moi avant ta sortie !
Meredith : Il a rien dit à ce sujet ?
Cristina : Non, juste souri en pensant à la réaction de ta mère ! C’est lui qui viendra te chercher demain et t’emmènera chez moi, j’ai assez glandé comme ça !
Meredith : Encore merci pour tout, Cristina ! Et vivement qu’on travaille ensemble !
Cristina : Pour l’instant, récupère, ça fait toujours une concurrente de moins pour la première chirurgie !
Meredith : J’ai vraiment hâte d’entrer dans l’arène !
Cristina : A demain ! Et flingue pas mon forfait !
Meredith : T’inquiète pas, je ne pense pas que ça va s’éterniser, je ne sais même pas s’il va vouloir me parler !
Je n’ai pas attendu une seconde de plus après qu’elle ait refermé la porte de ma chambre pour composer le numéro. Il faut que je sache comment il va, entendre sa voix pour me rassurer, me déculpabiliser, savoir peut-être ce qui s’est passé. Ca ne pouvait plus attendre, mon cœur bat à 10 000 à l’heure, les tonalités me paraissent durer une éternité, réponds Derek…
New-York/Seattle
Derek : Ecoutez Ellis, ce n’est pas ce que vous pensez ! Notre vol a été annulé, j’ai juste aidé votre fille à trouver un hôtel, nous avons bu un verre et c’est tout, et puis on nous a appelés, nous nous sommes pressés pour rejoindre l’aéroport, un peu trop peut-être !
Ellis : Un verre ? J’ai pas lu encore ton dossier mais le taux de Meredith est assez parlant !
Derek : Un ou deux, peu importe, ce qui est fait est fait !
Dring Dring…
Derek : Excusez-moi ! Allo ? Allo ?
Meredith : Derek ? C’est… c’est Meredith !
Derek : Euh… attends deux secondes… Ellis, vous pouvez m’excusez un moment ?
Ellis : Je vais en profiter pour mettre la main sur ton dossier !
Derek : Merci ! Allo ? Meredith !
Meredith : Ma mère était là ?
Derek : Oui, j’en reviens pas que tu sois la fille d’Ellis !
Meredith : Tu t’en remettras de ça ! C’est ta santé qui m’inquiète le plus, comment tu vas, je suis vraiment désolée d’avoir pris le volant, vraiment…
Derek : Je suis en vie, c’est tout ce qui compte, ne culpabilise pas, je suis autant fautif, même encore plus que toi ! Et toi, comment tu vas ?
Meredith : Comment ça encore plus ? Qu’est-ce qui s’est passé ?
Derek : Tu ne te rappelles plus ?
Meredith : Non, c’est le trou noir !
Derek : Je suis content d’entendre ta voix, merci d’avoir appelé !
Meredith : Qu’est-ce qui s’est passé Derek ?
Ellis : Derek, ton dossier m’inquiète sérieusement !
Derek : Il faut que je raccroche…
Meredith : Derek ? Allo ?
Derek : Vous avez la dernière IRM ? Montrez-moi la, que je sois fixé !
Ellis : Je suis désolée Derek…
Mon mentor a une expression que je connais si bien, mais pour qu’elle dise qu’elle est désolée à un patient, c’est qu’une terrible vérité m’attend. Ai-je vraiment la force d’affronter ça à cet instant, pas vraiment, je réunis toutes mes forces pour assumer ce qui va apparaître sous mes yeux, cette IRM qui va peut-être changer ma vie à tout jamais…
Ellis : Juges-en par toi-même !
Derek : Je comprends maintenant pourquoi je ne ressens plus rien à compter de mon bassin !
Ellis : Je suis vraiment désolée Derek !
Derek : Attendons que les hématomes se résorbent pour envisager une opération !
Ellis : Opérer ? C’est inopérable et tu le sais bien !
Derek : Non, pas si on s’y prend en plusieurs étapes, j’ai fait remarcher un enfant l’année dernière, c’était pire que ça !
Ellis : C’est ce qui t’a valu ta place de numéro un ! Mais personne ne voudra prendre le risque de t’ouvrir et empirer ta paralysie !
Derek : Si, je sais qui le fera !
Ellis : Non, ne me regarde pas comme ça !
Derek : Je ne connais que vous pour réussir ce miracle, Ellis !
Ellis : Je ne suis plus en neuro depuis un moment et je ne veux pas prendre la responsabilité de te clouer dans un lit à tout jamais !
Derek : C’est vous qui m’avez tout appris ! Vous le ferez, vous allez relever ce défi, je vous connais trop bien !
Ellis : Derek, ne me demande pas ça !
Derek : Faites le pour votre fille alors !
Ellis : Ma fille ?
Derek : Elle culpabilise assez comme ça, et elle ne se pardonnera jamais de penser que je vais finir ma vie dans un fauteuil !
Ellis : Penser ? Elle est responsable de cet accident !
Derek : Ce n’est pas de sa faute Ellis, croyez-moi !
Ellis : Qu’est-ce qui s’est passé ce soir-là bon sang ?
Derek : Tout est de ma faute. Le pourquoi du comment, je préfère ne pas vous le révéler ! C’est de ma faute Ellis, otez-lui ce poids ! Et sauvez mes jambes !
Ellis : Si j’accepte, je vais avoir besoin de toi pour me guider !
Derek : On va procéder étape par étape, vertèbre par vertèbre, ça va être long, douloureux, j’en suis conscient mais je suis prêt pour ça !
Ellis : Je n’ai pas accepté encore, Derek !
Derek : Quand vous vous serez décidée, préparez mon transfert à Seattle !
Ellis : Pardon ?
Derek : Vous avez un hôpital à diriger je vous évite des incessants aller et retour New-York/Seattle !
Ellis : Si c’est pour Meredith que…
Derek : Mon unique priorité est de remarcher, Ellis !
Ellis : J’ai besoin d’y réfléchir un moment !
Derek : Ne m’abandonnez pas Ellis… !
Ellis : Repose-toi, je serai là demain matin à la première heure !
Derek : Je ne bouge pas d’ici ! A demain Ellis ! Et n’oubliez pas mes scans, vous allez les étudier une bonne partie de la nuit !
Ellis : A demain Derek !
Seattle
Je me sens de mieux en mieux, je vais vite récupérer de cet accident, au contraire de mon passager qui, lui, risque d’avoir des séquelles définitives. Mais tout est toujours flou, quant à son état, quant à ce qui s’est réellement passé, pourquoi a-t-il dit que c’était de sa faute ?
J’aimerais bien le rappeler, pour entendre de nouveau sa voix, même fébrile, quel soulagement de l’avoir entendu, même quelques secondes hier ! Je vais attendre un peu, Richard ne devrait pas tarder pour m’emmener chez Cristina. Je dois vite me remettre, j’ai tellement hâte de débuter mon internat, malgré le lourd handicap que je vais traîner dès le départ… ça rend le challenge encore plus excitant.
Richard : Tu es déjà réveillée ?
Meredith : Oui et prête à partir !
Richard : Tes derniers résultats sont revenus !
Meredith : Oui, je vais très bien Richard !
Richard : Alors on va pouvoir y aller ! Tiens, voilà quelques affaires, ton chargeur de téléphone !
Meredith : Je t’adore Richard !
Richard : Je me suis dit que le docteur Yang allait vite vouloir récupérer son téléphone !
Meredith : Merci !
Richard : Tu as pu lui parler ?
Meredith : J’en sais pas plus ! Il a dû raccrocher précipitamment !
Richard : Ta mère je suppose !
M
eredith : Bingo !
Richard : J’ai eu Ellis ce matin ! Elle va bientôt rentrer avec un miracle à accomplir !
Meredith : Comment ça ?
Richard : Sortons d’ici, allons prendre un petit-déjeuner bien copieux et je t’expliquerai tout en détail !
Meredith: On n’attend pas Cristina ?
Richard : Non, elle est un peu en manque et a déjà commencé les pré-visites, j’ai le double des clés, tes futures clés !
Meredith : Vivement que je commence, moi aussi !
Richard : Chaque chose en son temps !
Meredith : Allons voir mon nouvel appart alors !
Richard : Tu l’as juste en face de toi !
Meredith : Elle habite là ? A 5 mètres ? C’est tout Cristina ça !
Richard : On va le prendre ce petit déjeuner ?
Meredith : Et comment !
C’est en dévorant tous les muffins à la framboise que Richard me révèle la dure vérité, le diagnostic sans appel pour mon passager, plus il me détaille l’état de ses vertèbres, plus je sens que je m’étouffe avec ces foutus muffins.
Derek est paralysé, il ne remarchera peut-être plus jamais, sa seule chance c’est ma mère, qui arrive demain avec lui…
C’est pas d’un café dont j’ai besoin là, mais je ne veux plus entendre parler d’alcool pour le reste de ma vie…
New-York
Je sais que remarcher un jour tiendra du miracle ou du talent de mon mentor, j’ai passé la nuit à examiner mes propres scans et je sais très bien ce que je dis à mes patients dans ces cas là.
Mais j’ai toujours cet infime espoir qui me transcende, ces cas où l’inopérable peut le devenir, ceux pour lesquels je suis médecin, mais cette fois-ci les rôles sont inversés, ce n’est pas pour autant que je baisserai les bras si facilement.
Mark : Je te dérange pas ?
Derek : Non, non, comme tu vois je ne me prépare pas pour mon footing matinal !
Mark : Tu as retrouvé ton sens de l’humour, c’est bon signe !
Derek : Je vais en avoir besoin ! Tout est prêt ?
Mark : Oui, Ellis s’est occupée du transport, moi de tout le reste. Je n’ai plus
que quelques unes de mes affaires à préparer et dans 2h nous partons pour Seattle !
Derek : Tes affaires ? Tu m’accompagnes ?
Mark : Je ne vais pas te laisser affronter ça tout seul ! Inutile d’en discuter, j’ai donné ma démission, mis en rage ta femme et donné congé de mon appartement !
Derek : En clair, il va falloir que je te supporte et que je ne donne pas mon avis !
Mark : C’est exactement ça !
Derek : Merci Mark !
Mark : De rien mon pote ! Et c’était moi ou l’une de tes sœurs !
Derek : Alors, doublement merci ! D’autant plus que tu auras une mission à remplir dès ton arrivée !
Mark : Une mission prénommée Meredith ! Je me trompe ?
Derek : En effet ! Je doute qu’Ellis m’autorise à la voir ! Je veux juste que tu lui donnes cette lettre, ça explique les détails de l’accident, je veux qu’elle les connaisse !
Mark : Il ne s’est vraiment rien passé entre vous ?
Derek : Non mais si nous n’avions pas été rappelés, je pense que nous aurions pu vivre une nuit torride !
Mark : Rien n’est perdu tu sais !
Derek : Je ne pense pas que je puisse un jour de nouveau faire…
Ellis : Faire quoi ?
Mark : Son footing matinal auquel il tient tant !
Derek : Bonjour Ellis ! Tout est prêt ?
Ellis : Oui, nous allons pouvoir quitter New-York d’ici peu !
Mark : Je vais finir de rassembler mes affaires !
Ellis : L’ambulance arrive dans une heure Mark !
Mark : J’y serai ! A tout de suite !
Ellis : A nous deux ! Nous avons quelques détails à régler impérativement
avant de décoller !
Derek : Nous aurons tout le temps de parler de l’opération à Seattle, non ?
Ellis : Les détails n’ont rien de chirurgical !
Derek : Ah je vois ! J’ai compris !
Ellis : On s’est compris !
Seattle
Me voilà installée dans mon nouvel appart, qui l’aurait cru, pas moi ! Je ne remercierai jamais assez Cristina pour ça, même si je lui ai pas trop laissé le temps de réfléchir à cette idée, j’envahis son espace, sa vie en moins de 48 heures, je vais tâcher d’être la plus discrète possible.
Maman est dans l’avion à l’heure qu’il est, avec ce qu’il reste du meilleur neurochirurgien du pays. Bien sûr, on m’a interdit de venir à l’aéroport et à l’hôpital et contraint à un repos absolu pour le reste de la semaine, si je veux enfiler ma blouse d’interne rapidement…
Je sens que je vais vite devenir dingue seule ici, il va falloir que je m’occupe l’esprit rapidement, ce ne sont pas les horaires de Cristina qui vont me tenir compagnie, autant commencer par vider quelques cartons. Je mangerais bien un truc mais le frigo est vide de tout aliment comestible.
Cristina : Salut ! J’ai été libérée plus tôt ! Devine par qui ?
Meredith : Elle veut pas que tu me surveilles 24/24h non plus !
Cristina : Elle veut juste s’assurer de ne pas te voir à son arrivée, je pense ! J’ai commandé une pizza, on mange dans 20 minutes !
Meredith : Je vois que tu connais la contenance de ton frigo !
Cristina : Je mange rarement ici ! Faudra t’y faire ou remplir le frigo !
Meredith : Je suis désolée de t’envahir de la sorte !
Cristina : Recommence pas avec ça ! J’aurais pu dire non ! Un peu de compagnie me fera du bien !
Meredith : Tu as l’heure de leur arrivée ?
Cristina : Oui, mais j’ai ordre de te garder ici ! N’y pense même pas !
Meredith : Non, non, je ne vais pas mettre ta mère en colère contre toi ! Juste que tu me préviennes quand elle quitte l’hôpital ! Quoique, je vois presque le parking de la fenêtre, je peux surveiller !
Cristina : Tu es sûre qu’il ne s’est rien passé entre vous ? Tu m’as l’air bien accro !
Meredith : Non il ne s’est rien passé, pas que je me souvienne, c’est juste que j’ai besoin de le voir, de m’assurer qu’il va bien, c’est tout !
Cristina : Tu sais comment il va et il ne va pas bien !
Meredith : Oui mais c’est plus fort que moi, j’ai besoin de le voir, de lui dire que je suis désolée pour tout ça !
Cristina : Tu lui as parlé, non ?
Meredith : Oui, mais… c’était très bref, il a dû raccrocher !
Cristina : Je serais toi, j’attendrais tranquillement demain ! Pizza et dodo, il faut que tu reprennes des forces !
Meredith : Oui, je vais attendre demain !
Cristina : Tu ne sais vraiment pas mentir toi ! Eh merde, mon bip déjà ! Changement de plan !
Meredith : Je te garde un morceau de pizza ?
Cristina : Mange ! Et bouge pas d’ici !
Meredith : Promis… !
Cristina : Hum… à plus tard !
Je ne sais pas combien de temps j’ai pu rester collée à cette fenêtre, à guetter la moindre ambulance mais ça doit faire un moment et j’en ai presque le tournis. Je suis sensée me reposer mais au lieu de ça, j’épuise mes forces à attendre de tout juste les apercevoir.
J’ai dû rater leur arrivée, il vaudrait mieux que je m’allonge un peu avant que je ne m’écroule par terre. Mais avant je vais appeler Cristina, au moins je saurai.
Toc Toc Toc
Meredith : Tu as oublié tes clés, Cris… Maman ?
Ellis : Quel enthousiasme de me revoir !
Meredith : Non, juste un peu surprise que tu sois déjà rentrée !
Ellis : On ne perd pas de temps à l’aéroport avec les vols sanitaires ! Tu n’as pas bonne mine, tu devrais être au lit !
Meredith : J’en sors à peine, je me suis levée un peu trop vite je pense ! Mais je vais bien, rassure-toi !
Ellis : C’est ce dont je voulais m’assurer, et voir comment tu étais installée ! C’est petit mais au moins, c’est tout proche de l’hôpital ! Tu es sûre de vouloir rester ici ?
Meredith : Oui Maman, totalement !
Ellis : Bon, je ne vais pas m’éterniser, repose-toi et, si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle-moi !
Meredith : D’accord ! Et comment va le Docteur Shepherd ?
Ellis : Il a bien supporté le voyage. Inutile de te préciser que je ne veux pas te voir traverser cette rue pour lui rendre visite !
Meredith : Pourquoi ?
Ellis : Tu le sais très bien !
Meredith : Qu’il sache au moins que je suis désolée pour ce qui est arrivé, non ?
Ellis : Ce sera inutile pour l’instant ! Tu te reposes et c’est tout si tu veux commencer ton internat un jour !
Meredith : Oui, Maman !
Ellis : Je vais en faire de même, je suis épuisée et Richard doit m’attendre ! Je passerai te voir demain matin !
Meredith : Tu comptes venir me voir tout le temps ?
Ellis : Ne t’inquiète pas, quand tu auras récupéré, je te laisserai tranquille !
Meredith : Non c’était juste que… je ne suis pas chez moi et que…
Ellis : Je t’appelle demain, ça te va ?
Meredith : Très bien ! Repose-toi bien, je retourne me coucher !
Ellis : Tu as intérêt ! Au revoir, Meredith !
Meredith : Au revoir, Maman !
Bien sûr que je vais me coucher, non mais, elle rêve ! Faut que je mange quelque chose, sinon je n’arriverai jamais à atteindre l’hôpital. Il ne me reste plus qu’à attendre le départ de la voiture de Richard et je vais enfin pouvoir aller le voir.
La voilà qui traverse, je prie pour qu’elle aille directement au parking, Yes, elle s’en va ! J’engloutis un morceau de pizza froide tout en enfilant un jean, pressée de le voir mais un peu anxieuse de ces retrouvailles, si on peut les appeler ainsi…