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Série : Prison Break
Création : 17.11.2008 à 23h13
Auteur : dacbc77
Statut : Terminée
« une petite fic de 9 chapitres (donc complète) pas de spoiler. Sara se réveille au lendemain de ses retrouvailles avec Michael... » dacbc77
Cette fanfic compte déjà 9 paragraphes
1. Broken
Quel merveilleux rêve que celui que je viens de faire. Le rêve d'une vie normale, sans cavale, sans prison, sans compagnie. J'espère que c'est possible. J'ai envie d'y croire pour nous deux. J'ouvre lentement mes yeux et me tourne vers la place que tu occupais quand je me suis endormie dans tes bras pour la première fois. Je tend mon bras, mais celui-ci retombe sur le matelas. Tu n'es pas là. Je passe mes mains sur mes yeux, et me redresse dans le lit. Mon regard se pose sur la porte de la salle de bain. Je tend l'oreille pour entendre un quelconque bruit dans cette pièce. Rien. Je fronce les sourcils. J'aurais aimé t'avoir avec moi au réveil, mais apparemment tu es déjà sorti, sans doute pour aller chercher le petit déjeuner. Je souris à cette pensée. Tu es vraiment l'homme idéal Michael Scofield.
Je m'entoure du drap et me faufile jusqu'à la douche pour me préparer avant ton retour. L'eau glisse sur moi, et je profite de cette sensation de douceur. Mes yeux se ferment et des flashs de notre nuit me reviennent en mémoire. Je sens encore tes lèvres glisser sur moi, tes mains découvrant mon corps. Aucun homme ne m'avait donné autant de plaisir et d'amour que toi cette nuit. Mes lèvres s'étirent sans que je ne puisse, ni ne veuille, les en empêcher. J'ai encore ce sourire béat quand je regagne la chambre. Tu n'es toujours pas revenu, mais quelque chose attire mon attention... Une lettre posée sur la table.
Je m'en approche et me saisit du papier. Je reconnaît ton écriture, celle des origamis. Mes yeux parcourt les lignes avec douceur.
Sara, Je ne sait pas par où commencer. Cela fait presque une heure que je te regarde dormir à mes côtés. Tu es magnifique, et cette nuit restera la plus merveilleuse de ma vie. Je garderai ces images pour toujours dans mon cœur. Je t'aime. Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée dans la vie. Je n'aurais jamais connu la signification du mot « aimer », si je ne t'avais pas rencontré. Tu es et resteras mon unique amour.
Je souris à la lecture de tes mots. Tu me donnes tellement d'amour. Je n'ai jamais été aussi heureuse qu'à ce moment.
Seulement il y a un tas de choses que je regrette. Tout se que tu as subit par ma faute. On a failli te tuer à plusieurs reprises, tu es allé en prison, tu as perdu le seul membre de ta famille qu'il te restait encore, et on t'a enlevé. Je sais que je suis la cause de ces évènements. Sans moi tu n'aurais jamais eu à ouvrir cette porte et ton père serait toujours en vie. Je ne sais pas si tu pourras me pardonner un jour pour cela, mais saches que moi je m'en voudrais pour le reste de mes jours. J'ai une dernière chose à te dire Sara. Ses quelques mots j'aurais préféré ne jamais avoir à te les dire, mais je ne peut faire autrement. Il en dépend de ta sécurité, de ta vie. J'ai la certitude que tu aurais préféré que je te dise cela face à face, seulement, plus je te regarde dormir à côté de moi, plus je sais que je ne pourrais pas le faire en te regardant dans les yeux. Je suis sûrement un lâche, mais je n'ai pas d'autre choix. Je sais que tu aurais réussi à me faire changer d'avis, et je ne peut pas prendre ce risque.
Mon sourire a disparu après ses quelques lignes, et je suis de plus en plus inquiète de se que je vais découvrir au fil des prochaines phrases. Quel choix as-tu fait Michael? Je ne peux pas penser à cela, je ne le veux pas.
La compagnie est après moi. Gretchen m'a prévenu à notre dernière rencontre. Ils ne lâcheront pas prise, et moi non plus. Je veut les faire tomber, leur faire payer se qu'ils t'ont fait, se qu'ils ont fait à ma famille et mes amis. Mais je ne peut pas t'embarquer avec moi. Tu es trop précieuse à mes yeux pour que je prenne le risque de te perdre. C'est pourquoi après avoir terminé cette lettre je partirais pour toujours, pour te protéger, toi, et aussi Lincoln et LJ. Ils veilleront sur toi j'en suis certain. Je veut que tu sois heureuse Sara, mais cela est impossible avec moi. Je suis désolé. À mon amour éternel, Michael.
Mon souffle s'est coupé, et des larmes se déversent sur mon visage. Comment... Comment as-tu pu faire ça Michael?... Après la nuit que nous avons passé. Comment un homme qui m'a murmuré des « je t'aime » jusqu'à se que je m'endorme peut me briser le cœur avec quelques mots. Je m'effondre sur le sol, les yeux fixés sur ta lettre, qui est maintenant parsemée de gouttes salées. J'ai l'impression de ne plus sentir mon cœur battre, et pour cause, il n'a jamais battu que pour toi. Toi qui est parti... Ma vue se brouille de nouveau, et je distingue de moins en moins les mots.
Je t'aime... Je partirais pour toujours... Je suis désolé.
J'ai du mal à réaliser que tu es l'auteur de cette lettre. Il y a quelques minutes encore je pensais passer le reste de ma vie avec toi, mais tu n'avais pas les même projets que moi apparemment. Je sais pas si je préfère avoir passer cette nuit dans tes bras avant ton départ, ou si j'aurais préféré que tu partes sans avoir été si proche de moi. J'avais encore un tas de choses à te dire, un tas de choses à apprendre sur toi. Je pensais avoir la vie pour le faire, mais cette nuit était mon unique chance.
Est-ce que tu avais décidé de cela hier soir? Est-ce que tu savais déjà que tu me quitterais dans la nuit? Mon esprit s'embrouille avec toutes ses questions, mais une seule chose reste claire. Tu es partie, tu m'a laissé ici, seule. Je me sens trahi par toi, même si je sais que tu penses avoir fait le bon choix en me quittant. En réalité se n'est pas à toi que j'en veut, c'est à eux. Ils ont pris le contrôle de toi, de ta vie. Ils t'ont détruit. Pourquoi n'as-tu pas cessé de lutter? C'est un combat perdu d'avance tu le sais.
Tu veux que je sois heureuse mais comment puis-je l'être si tu n'es pas près de moi. Je ne peut pas vivre sans toi. Je ne serais qu'à moitié en vie sans toi. Michael... je sais qu'un jour tu me reviendras, je l'espère, et je sais également que personne ne pourra jamais prendre ta place dans mon cœur. Il t'appartient, même si pour le moment il est brisé. Alors je t'attendrai, tu me l'as demandé dans cette infirmerie et je sais maintenant que j'attendrai ton retour mon amour.
2. Here By Me
Je marche tranquillement dans les rues de cette ville recouverte de son manteau blanc. Cela faisait longtemps que je n'étais pas revenu ici. En fait je m'étais juré de ne pas revenir, seulement il fallait que je le fasse après se que j'ai découvert. J'ai hésité longtemps, mais je te devais bien ça. Alors me voilà de retour ici, à Chicago. J'observe la vie autour de moi. Rien ne semble avoir changé après tant d'années. Les gens sont toujours aussi happés par leur travail, leur vie personnel. Le stress est toujours présent. Ce stress que je ressentais quand je travaillais encore, avant toute cette histoire qui a brisé ma vie.
Mes yeux sont attirés par une vitrine. Un fleuriste. Les fêtes de fin d'année approchent, et la plupart des magasins ont déjà revêtu leur habit de fêtes. La vitrine est décorée de guirlandes rouges et vertes. Avec les années le rituel n'a pas changé. Un petit sapin trône au milieu et de nombreux bouquets parsèment le reste de la devanture. Je fixe un bouquet composé de roses rouges et blanches. Cela te ferait sûrement plaisir. Quelques minutes après je ressors de la boutique avec les fleurs à la main. Je fais une dernière course avant de m'engouffrer dans un taxi pour aller te voir.
Je fixe un point imaginaire à l'extérieur pendant le trajet. Mon esprit, lui, est concentré sur se que je vais pouvoir te dire quand je serais face à toi après autant d'années. Le chauffeur me parle, mais je l'entend à peine. Je suis trop occupée par toi pour lui répondre. Il me dépose à quelques mètres de ta demeure. Je le paye et rejoint le froid de la ville. J'avance jusqu'au portail et m'arrête. Ma main se pose dans la poche de mon manteau. Je baisse les yeux vers son contenu. Peut-être plus tard...
J'ouvre la grille et m'avance dans l'allée. Seuls mes empreintes de pas dans la neige trahisse ma présence. Je sens le stress m'envahir au fur et à mesure que j'avance. Tout se que nous avons vécu me revient en mémoire. Fox River... Gila... Evansville... le Panama... Sona... ce matin où je t'ai abandonné... J'arrive enfin devant se qui te sert de résidence. J'inspire et lit la plaque.
« Sara Tancredi
1976-2006 »
La douleur m'envahit comme lorsque j'ai appris ta mort. Deux larmes viennent rouler sur mes joues. J'avale difficilement ma salive, et tente de faire un pas en avant, mais je tombe à genoux devant toi.
- Sara... Pardonnes-moi.
Mes mains gantées viennent elles aussi s'enfoncer dans la neige. Je suis gelé, à cause de mes vêtements mouillés, mais peu importe. C'est moi qui mériterait d'être six pieds sous terre, pas toi. Je t'ai laissé après notre seule nuit d'amour pour que tu sois heureuse, et vive sans danger, mais aujourd'hui tu es morte. Je ne sais pas encore comment, mais je suis sûr que c'est en rapport avec eux. Ils t'ont tué car tu comptais pour moi. Je pensais qu'en les détruisant, en dévoilant se qu'ils étaient, je pourrais ensuite revenir près de toi, de vous, ma famille... toi, Lincoln et LJ. Seulement, après dix ans de lutte, je n'ai pas pu. Ils m'avaient détruit. J'avais changé... j'ai changé. Je suis très loin de l'homme d'il y a maintenant une vingtaine d'années. Je suis resté quelques années au Panama, puis j'ai du partir. Depuis je vagabonde dans le pays, passant de ville en ville, pour ne pas m'attacher et faire souffrir mes proches comme je l'ai fait avec vous trois.
Je fixe ta pierre, ton nom... Tout ça est de ma faute. Cette culpabilité me ronge depuis des années, et je sens qu'elle m'aura bientôt complètement détruit, plus rien ne me retient ici. Je me demande se qui me faisait tenir jusqu'à présent, peut-être l'idée de pouvoir te revoir un jour... qui s'est évaporée à l'instant où j'ai découvert ta mort... vingt ans plus tard. Je ne peut rester plus longtemps devant toi, alors je me relève et pose le bouquet de roses près de toi. J'enlève mon gant et dépose un baiser sur ma main avant de la mettre sur ta pierre. Les larmes envahissent de nouveau mes yeux.
- Je te rejoindrais bientôt mon amour.
Je m'éloigne rapidement et quitte le cimetière. Mes doigts glissent presque automatiquement dans ma poche, et en ressortent son contenu, la seule chose qui peut me faire oublier ma tristesse pour le moment. Je regarde la bouteille de scotch, et n'attend pas une seconde de plus pour l'ouvrir. La première gorgée me fait un bien fou. Elle me réchauffe. Je vais m'échouer sur un banc à quelques mètres de moi, et reprend une gorgée. Mon esprit se brouille peu à peu, alors que la douleur, elle, s'estompe. Finalement j'ai bien fait d'acheter cette bouteille.
3. Only Time
À peine ai-je ouvert les yeux que déjà un violent mal de tête me saisit. Les bruits qui m'entourent m'arrangent rien à cela. Je passe les mains sur mon visage tout en me redressant sur ce qui m'a servi de lit. Les évènements de la veille me reviennent peu à peu en mémoire, et je me rends compte de l'endroit où je suis, quand je sens une pression sur mon bras. Face à moi se trouve un homme tremblant de partout.
H- Hey mec t'as pas de la cam pour moi?
M- Heu, non désolé.
Je me lève et m'éloigne rapidement de lui pour venir m'approcher de la grille. Je dépose ma tête contre les barreaux de la cellule pour calmer ma migraine, mais la voix d'un agent vient me rappeler à l'ordre.
A- On s'approche pas!
M- Laissez-moi sortir de là.
A- Quand t'auras désaoulé.
M- Écoutez, je ne suis plus saoule. J'ai juste un affreux mal de tête, alors faites-moi sortir que je règle mon amende.
Il s'approche de moi, et me fixe un instant avant de sortir sa clé et de m'ouvrir la grille. Nous nous dirigeons ensuite vers l'entrée pour que je puisse payer. J'ai l'habitude... On me retrouve parfois étendu sur un banc, et je me réveille en cellule avec d'autres gars dans mon genre, ou alors avec des droguées, le lendemain. Cela m'arrive quand j'ai trop bu, et que je n'ai plus la force de me traîner jusqu'à ma chambre d'hôtel. C'est se qui s'est passée hier. Après avoir été te voir, j'ai noyé ma peine dans ma bouteille de scotch, et je me suis laissé aller sur ce banc. J'ai pleuré... j'ai bu... et je me retrouve ici.
Je quitte le poste de police dix minutes plus tard avec cent dollars en moins. Je me frotte les yeux devant la lumière du soleil levant. Je respire un grand coup, et décide de rentrer à mon hôtel à pied, un peu de marche me détendra sûrement. Tout est encore calme à cette heure-ci, mais dans peu de temps les rues seront remplies de ces gens s'affairant à leur vie si parfaite, avec leur femme, ou leur mari, et leurs enfants. Ils n'ont pas eu à traverser autant d'épreuves que moi, mais au final se sont eux les plus heureux. Ils ont une famille et des amis alors que moi je me retrouve seul au monde... Je crois que finalement je ne vais pas rentrer à l'hôtel... J'ai besoin d'un verre.
À quelques mètres de moi, je voit un endroit qui me convient parfaitement. Je passe la porte, et fait le tour d'horizon avec mes yeux. Ce petit bar a l'air tranquille, il y a seulement une serveuse, deux clients au bar qui prennent un café, et un jeune couple assis au fond de la salle. La jeune fille s'approche de moi en souriant, alors que je m'installe au comptoir.
F- Bonjour, je peut vous servir quelque chose monsieur? Nous avons des croissants pour le petit déjeuner si vous voulez.
M- Je... Je prendrais un verre de scotch s'il vous plait.
Son sourire a vite disparu en entendant ma commande, mais elle s'exécute et me sert, avant de repartir à ses occupations. Je fixe un instant le liquide dans mon verre, et le fait tourner, puis boit une gorgée en repensant à ses gens si heureux. Mon regard se tourne ensuite vers le couple en face de moi. Ils ne doivent pas avoir plus de 20 ans. Ils ne connaissent encore rien à la vie, et pense que leur amour durera toujours. Cette pensée me fait rire nerveusement. Si cela pouvait être aussi simple. L'amour est la chose la plus compliquée au monde. Quand on croit faire le bon choix par amour, on se trompe toujours. L'amour nous rend aveugle et stupide, mais en même temps, c'est la plus belle chose qui existe dans le monde. Je n'ai jamais été aussi heureux que lorsque j'étais avec toi. Je n'ai d'ailleurs plus été heureux après mon départ. Plusieurs fois j'ai pensé à revenir près de toi, mais quelque chose me rappelait qu'il me fallait détruire la compagnie avant de pouvoir te rejoindre.
Je termine mon verre et fais signe à la serveuse pour qu'elle le remplisse de nouveau. Elle aussi à l'air jeune, 24 peut-être 25 ans.
M- Laissez la bouteille.
Elle me lance un regard perplexe.
F- Je... Vous êtes sûr qu'il n'est pas trop tôt pour ça?
M- Je suis client non? Je paye alors laissez-moi la bouteille.
Elle la dépose rapidement et rejoint les deux hommes au bout du bar, sans doute des habitués. Elle doit leur raconter qu'un inconnu est en train de se saouler à huit heures du matin. Je ne peut empêcher un rire de s'échapper, sans doute l'effet de l'alcool qui commence à se faire sentir. Je dois en être à mon quatrième verre quand un jeune garçon d'à peine 12 ans entre dans le bar. Il passe à côté de moi et va voir la serveuse. Il a un paquet de journaux sous le bras.
F- Tiens bonjour Danny.
D- Salut. Tu veux combien de journaux aujourd'hui?
F- Donnes m'en une vingtaine.
Il les compte, et les pose ensuite sur le comptoir.
D- Voilà 21, j'ai le droit à quelque chose en échange?
La jeune fille lui sourit et lui tend de l'argent, suivit d'un croissant.
F- Ça te suffit?
Il lui adresse un grand sourire.
D- Oh oui, merci Jeanne, à demain.
J- A demain.
Le dénommé Danny repasse à côté de moi, et nous échangeons un léger sourire, avant qu'il ne quitte l'établissement. J'aurais vraiment aimé avoir des enfants avec toi. Une partie de toi et de moi dans un petit être. Si je n'avais pas été si bête, je ne t'aurais pas quitté. Je croyais te protéger mais au lieu de ça, cela a causé ta mort.
Le temps passe peu à peu, et de nouveaux clients arrivent. La plupart ne font que boire un café avant d'aller travailler. Ma bouteille se vide au fur et à mesure, mais plus lentement qu'hier. Je n'ai bu que la moitié. En d'autres circonstances, je l'aurais déjà terminé. Alors que je termine un nouveau verre, la serveuse s'approche de moi.
J- Elle doit vraiment vous avoir fait souffrir.
Je relève les yeux vers elle.
M- De quoi vous parlez?
J- Et bien, il n'est que neuf heures et demi, et vous avez avalé la moitié d'une bouteille de scotch, alors, à mon avis, il n'y a qu'un chagrin d'amour qui peut causer cela.
M- Il peut y avoir un tas d'autres raisons.
J- Lesquelles?
M- Ça, cela ne vous regarde pas.
J- Vous n'avez pas envie d'en parler?
M- C'est plutôt que vous ne me croiriez pas si je vous racontais tout.
J- Essayez toujours.
Je soupire légèrement. À force d'éviter le contact des gens, j'en avais presque oublié combien certains peuvent être têtus.
M- Pour faire court, disons que les vingt dernières années de ma vie ont été un désastre, et que je n'ai plus rien qui me retient ici.
J- Je suis sûr que vous avez des amis, et de la famille.
Je ris nerveusement.
M- Je suis seul depuis vingt ans.
J- Et cette femme?
M- Quelle femme?
J- Votre chagrin d'amour.
Je la fixe un instant avant de regarder mon verre vide.
M- Sara...
J- C'est un beau prénom.
M- Oui.
Je sens la tristesse me gagner de nouveau, alors je m'empare de la bouteille pour la faire disparaître.
J- Où est-elle?
Je bois une gorgée et repose lourdement le verre sur le comptoir.
M- Elle est morte.
Son regard devient immédiatement gêné et sa voix compatissante.
J- Je... Je suis désolée, toutes mes condoléances.
M- C'était il y a vingt ans... mais je ne l'ai appris que récemment.
J- Comment ça?
M- Je vous l'ai dit ma vie est un désastre. Je n'ai fait qu'attirer les problèmes, et maintenant qu'il n'y en a plus, c'est... c'est comme si je ne pouvais plus vivre.
Je la vois me fixer un instant tandis que je vide de nouveau mon verre. Elle s'éloigne ensuite de quelques pas, et reviens vers moi en me montrant un journal.
J- Lisez cela et vous verrez qu'il y a toujours des problèmes dans le monde. Des problèmes plus important que les vôtre j'en suis sûre...
Je n'entend pas la fin de sa phrase. Mes yeux sont restés fixés sur la photo en première page. Je... Non se n'est pas possible.. Cela ne peut pas être ça.
4. She Could Be You
https://fr.youtube.com/watch?v=x343EZleAZ8&feature=related
Je ne peut pas voir cela, c'est impossible. L'alcool doit troublé ma vision. Je cligne plusieurs fois des yeux, mais l'image reste la même... Comment... Ce visage... C'est toi... C'est toi Sara. Mon esprit fonctionne à vive allure. Comment est-ce possible? Pourquoi? La réponse à mes questions se trouvent dans la légende, que je parcoure rapidement.
Mademoiselle Rose Turner, étudiante en médecine, s'apprête à épousé Shawn Pyfrom, le jeune hérité de la fameuse société immobilière du même nom.
Je reste bouche bée. Rose Turner. Rose. Son visage... Elle te ressemble tellement, presque trait pour trait. Je passe mes doigts sur la photo en noir et blanc, comme je l'ai fais de nombreuses fois avec la seule photo que j'avais de toi.
M- Sara...
La jeune serveuse est toujours face à moi, et me regarde fixement, intrigué par mon geste.
J- Vous allez bien?
J'avale difficilement ma salive, puis lève les yeux vers elle.
M- Je... Vous la connaissez?
Je lui montre la photo, espérant qu'elle puisse m'éclaircir sur cette jeune femme qui te ressemble tant.
J- Oh, Rose Turner. Je crois que cette fille est la plus chanceuse du monde. Elle va épousé un homme riche, et apparemment, elle est aussi très intelligente, elle aurait sauté plusieurs classes au collège et lycée.
M- Vous... vous savez où je peut la trouver?
J- Non, désolé. Pourquoi?
M- Je... Je crois que je la connais.
Elle me lance un regard interrogatif, avant de poser ses yeux de nouveau sur la photo que je continue de fixer.
J- Vous pourrez peut-être trouver des infos sur elle à la mairie.
Je la regarde furtivement.
M- Oui... Oui, bien sûr. Merci.
Je lui dépose l'argent pour ma, ou plutôt mes consommations, et sort du bar avec le journal sous le bras. Je parvient à arrêter un taxi, puis demande au chauffeur de me conduire à la mairie. Pendant le trajet, j'en profite pour lire le petit article qui la concerne, Rose.
Ils disent que cette jeune fille à 21 ans, et qu'elle doit se marier dans une semaine. Ils parlent de leur rencontre à l'université, également de ses études pour devenir médecin. 21 ans... autrement dit, elle est née en 2006. Rose... C'est quand même étrange... Ce prénom... Ce visage... Je ne cesse de l'observer, et ce sourire, je le connais... Ce petit nez retroussé... Ces cheveux légèrement ondulés... Sara. Comment cette fille pourrait autant te ressembler? Je ne vois qu'une réponse, mais je ne veut pas y croire... C'est impossible.
Nous arrivons enfin à destination. J'entre dans le bâtiment et me dirige droit vers le bureau administratif à la recherche d'un quelconque renseignement sur elle.
F- Bonjour, je peut vous aider?
M- Oui, je souhaiterais connaître la date de naissance de quelqu'un.
F- De votre famille?
M- Je... Je n'en suis pas sûr.
F- Alors, je suis désolé monsieur, mais je ne peut rien pour vous.
M- Son adresse alors.
Elle soupire, puis tourne les yeux vers son ordinateur.
F- A Chicago?
M- Oui, je suppose.
F- A quel nom?
M- Turner, Rose Turner.
Elle pianote sur son clavier, et me tend quelques secondes après un papier avec l'adresse.
M- Merci.
Elle me fait un petit geste las de la main, avant de repartir à ses activités. Mes yeux glissent, quand à eux, vers la feuille.
Mlle Turner Rose 161 Avenue Racine Chicago, IL
Je n'ai plus qu'à y aller... Oui, il faut que j'y aille... et si je me trompe, j'aurais l'air d'un véritable idiot. Il faut que je trouve plus d'informations sur elle. Allez Mike fais marcher ton cerveau pour une fois... Elle va se marier à quelqu'un de célèbre... donc il doit y avoir des articles sur le net qui parle de ça.
Je lève les yeux et aperçoit la médiathèque. Je m'y dirige et vais directement prendre place face à un des ordinateurs. J'entre son nom dans le moteur de recherche. Rose Turner... Je clique sur le premier site, mais je ne trouve rien de plus que se qu'il y a avait dans l'article. Après avoir visité encore une dizaine de site, je tombe sur quelque chose d'intéressant. Sa date de naissance 15 Avril 2006... Non, je ne peut pas y croire. Cela veut dire qu'elle a été conçue entre le mois de Juillet et le mois d'Août... et je t'ai quitté le 9 Août 2006. Sara... Rose... est-ce que... est-ce que c'est notre fille?... et si oui, alors pourquoi ne porte-t-elle pas ton nom?... Pourquoi ne parlent-t-ils pas de toi, ou de Lincoln et LJ dans les journaux? Je dois trouver des réponses à ses questions avant d'aller la voir... si j'en trouve la force.
5. One Last Chance
https://fr.youtube.com/watch?v=Jq6e0wv-llY
J'entre dans un nouvel hôpital, le quatrième jusqu'à présent. Je me suis dis que je trouverai peut-être l'identité de sa mère, en découvrant l'endroit où cette Rose est née. Seulement, pour l'instant je n'ai pas trouvé. Sur les trois établissements où je suis allé, deux ont refusé de me dire si Rose figurait dans leur liste de naissance, et dans l'autre hôpital, on m'a dit qu'elle n'y était pas. Je me dirige donc vers l'accueil de ce service avec l'espoir qu'elle soit née ici, et que je puisse avoir accès à leur liste. Les infirmières s'activent dans la maternité. J'entend quelques pleurs de bébés résonner. Un son que je n'ai jamais entendu vraiment. Bien sûr, il y a le fils de Sucre et Maricruz, mais jamais ce son n'a été émit par mon enfant, et même si Rose était ma fille, j'aurais loupé toute son enfance. Je ne l'aurais pas éduquée, pas aimé comme un père se doit d'aimer sa fille. Je regrette tant.
J'arrive enfin près des infirmières, et l'une des plus jeunes se dirige vers moi.
M- Bonjour.
I- Bonjour, je peut faire quelque chose pour vous monsieur?
M- Oui, euh... je souhaiterais savoir si une jeune fille est née ici.
I- Je ne sais pas si je peut vous donner cette information, je vais demander à ma supérieur.
M- D'accord.
Elle rejoint une salle en me laissant seul, et reviens quelques minutes plus tard, suivie d'une jeune femme d'une trentaine d'années.
C- Bonjour monsieur.
M- Bonjour.
C- Vous êtes parent de cet enfant?
M- Je n'en suis pas sûr, c'est pour ça que je souhaiterais savoir si elle est née ici. Elle s'appelle Rose Turner, mais elle est peut-être née sous le nom Tancredi.
C- Je suis désolée monsieur, mais si vous n'êtes pas son père, vous ne pouvez pas avoir accès à cette information.
M- S'il vous plait, c'est très important pour moi. Elle est née le 15 Avril 2006.
C- Vraiment désolée, mais cela reste privé. Au revoir.
Elle me lance cette dernière phrase sur un ton froid, avant de s'éloigner dans le couloir. Je pose mes mains sur le comptoir, et baisse la tête. Encore une fois, ma chance de découvrir si Rose est ma fille s'est envolée. Je souffle fortement, et alors que je sens les larmes me monter au yeux, je sens une main se poser sur mon épaule. Mes réflexes de survie sont encore omniprésents, et je me retourne vivement, en levant les bras en avant, mais ce n'est qu'une infirmière. Elle est plus âgée que les autres, peut-être a-t-elle 40 ans ou plus.
M- Désolé.
I2- Ce n'est pas grave monsieur. Est-ce que ça va?
Son regard est compatissant, tout comme son sourire.
M- Oui, je... je vais partir.
I2- En fait, j'ai entendu votre demande, et je crois que je peut vous aider.
Un sourire se dessine sur mes lèvres, je vois enfin une lueur d'espoir, même si je ne vois pas comment elle pourrait m'aider.
M- Co... Comment?
I2- Si je vous raconterais cela autour d'un café?
M- Euh oui, d'accord. Je vous suis.
Nous descendons ensemble à la cafétéria, puis allons nous installer à une table avec nos tasses de café. Le silence s'est installé entre nous, mais je décide de le rompre. J'ai trop hâte de savoir se qu'elle a à me dire.
M- Vous... Vous disiez pouvoir m'aider.
I2- Oui, tout d'abord je m'appelle Annie.
M- Michael.
A- Enchanté.
Je lui fais un petit sourire pour l'inciter à continuer son histoire.
A- Quand vous avez parlé à ma chef tout à l'heure, se que vous avez dit à attirer mon attention. Je ne devrais sûrement pas vous en parler, mais je vois que c'est quelque chose qui vous tient à cœur.
M- Oui.
A- Il y a maintenant un peu plus de vingt ans que j'ai commencé mon métier de sage-femme dans cette hôpital, en 2006 pour être précise. La même année que celle de la naissance de l'enfant dont vous parliez... Mon premier accouchement... je m'en rappellerais toujours, et cela a été l'un de plus tristes à vivre pour moi. La maman avait eu un accident de voiture, et cela avait déclenché les contractions, heureusement, elle était à un peu plus de sept mois de grossesse, et les chances de l'enfant était grande. Cependant, la mère avait de sérieuses blessures et sa vie était en danger... Quand elle est arrivée ici, elle était à peine consciente, mais elle a réussi à parler. Elle a dit de sauver sa fille, même si elle devait mourir, et également qu'elle souhaitait l'appeler Rose... Nous avons procédé à l'accouchement. Le bébé était en assez bonne santé. Cependant, cette femme a fait un arrêt cardiaque juste après que l'on est sorti l'enfant de son ventre. Le médecin n'a pas pu la réanimer, et elle est décédée quelques minutes après la naissance de sa fille... nous avons respecter son vœu de l'appeler Rose, et je crois que c'est l'enfant dont vous parliez, car cette femme s'appelait Tancredi, Sara Tancredi. Je m'en souviens...
Des larmes coulent sur mes joues... Sara... Rose est notre... fille, j'en suis certain maintenant. Cette femme m'en a apporté la preuve, mais elle m'a également décrit les circonstances dans lesquelles tu es morte... en te sacrifiant une nouvelle fois... en donnant ta vie pour sauver notre enfant. Je n'arrive pas à stopper mes larmes. J'ai une fille... nous avons une fille Sara... une fille dont j'ignorait l'existence ce matin encore. Je ne sais pas si je suis heureux ou malheureux. Je pense que ses deux sentiments se mêlent en moi, car j'apprend que je suis père, mais également la manière dont tu as quitté cette Terre. Un accident... J'irais la voir Sara, je t'en fais la promesse... pour nous deux j'irais la voir, et je lui dirais combien tu étais une femme extraordinaire, je te le promet.
6. Go On My Child
Un immeuble blanc, voilà se que je fixe depuis un quart d'heure... l'immeuble où habite ma fille... ma fille. Hier encore j'étais prêt à rejoindre Sara, et aujourd'hui je vais voir ma fille... notre fille. Je passe les mains sur mon visage et esquisse un petit sourire en sentant mon menton fraîchement rasé. Je ne voulais pas qu'elle me voit aussi misérable que je le suis, alors je suis passé à mon hôtel pour me changer, et tenter d'améliorer mon apparence. Cela faisait des années que je n'y faisait plus attention. La seule pour qui j'aurais dû le faire n'était pas avec moi... Mais je dois bien cela à Rose.
Je n'arrête pas de me demander comment je vais me présenter à elle.
« Bonjour je m'appelle Michael Scofield et je suis ton père »
Je ris légèrement. Trop direct, et puis je ne sais pas si elle connaît mon existence, ni même si elle est au courant qu'elle a été adoptée. Je ferme rapidement les yeux. Il va falloir que je me lance. Je ne peut pas rester indéfiniment à fixer son immeuble. En d'autres circonstances j'aurais bu une gorgé de scotch avant d'y aller, mais je ne veut pas qu'elle me voit comme ça, je veut être sobre. C'est parti, je me dirige vers l'entrée et pénètre dans le bâtiment. Je cherche son numéro d'appartement sur les boite aux lettres.
« Rose Turner appartement n°217 »
J'appelle l'ascenseur. À peine quelques secondes après, les portes s'ouvrent. Je monte seul. Le voyage semble durer une éternité. J'essaye d'imaginer notre rencontre. Est-ce qu'elle voudra m'écouter? Est-ce qu'elle va me croire? Tant de questions auxquelles je n'ai pas de réponses. J'atteint le deuxième étage, et m'avance dans le couloir en regardant les numéros sur les portes. 204... 207... Au fur et à mesure de mes pas, une boule se forme dans mon estomac. Dans quelques secondes je serais face à elle. 210... 213... Je glisse la main dans ma poche où je garde la chose la plus précieuse que j'ai. Ta photo... La photo que Lincoln m'avait donné à Sona. Je l'ai toujours eu près de moi. Je passe mes doigts sur ton visage.
- C'est pour nous deux Sara.
Quand je relève les yeux, je vois devant moi se dresser le numéro 217. Ça y est, c'est le moment. Je ne peut plus faire marche arrière. Je range précautionneusement la photo, et lève ma main jusqu'à la sonnette. J'inspire un grand coup avant d'appuyer sur le bouton. Le stress me gagne de plus en plus. Des bruits de pas se font entendre à l'intérieur, suivit par celui d'une serrure qu'on déverrouille. La porte s'ouvre.
- Oui?
Je reste fixé sur la femme qui se tient devant moi... Elle est ton portrait craché, à part peut-être pour les yeux, deux pupilles mélangées de bleu, de vert et de marron. Je détaille son visage... Son nez, ses lèvres, la couleur de ses cheveux... J'ai du mal à déglutir.
- Vous allez bien monsieur?
Le ton de sa voix... même ça me fait penser à toi. Il faudrait que je réagisse ou alors elle va me prendre pour un fou.
- Oui, je... Je vais bien.
Elle me lance un regard interrogateur.
- Vous vouliez quelque chose?
- Euh oui... Vous êtes Rose Turner?
- Oui, c'est moi.
- Je souhaiterais vous parler.
- De quoi?
- C'est euh... personnel... à propos de vos parents.
Son air interrogateur se change en inquiétude.
- Il leur est arrivé quelque chose?
- Non, enfin pas que je sache, mais... il faut que je vous parle... C'est important.
Elle me regarde un instant avant de me faire signe d'entrer. Je la remercie d'un signe de la tête avant d'avancer chez elle. Je respire de nouveau, même si je ne cesse d'observer tout se qui m'entoure. Chaque objet, chaque livre me donne une information sur elle. Sur la table du salon je vois des livres de médecine ouverts, elle devait sûrement être en train d'étudier. Tout est plutôt rangé dans l'ensemble.
- Asseyez-vous, je vous en prie.
- Merci.
- Vous voulez une verre d'eau?
- Non, ça ira.
Je m'installe dans le canapé, et elle prend place à mes côtés. Nous restons silencieux un petit moment. Je ne sais pas par où commencer. Je ne veut pas l'effrayer, mais comment faire. Heureusement pour moi Rose rompt ce silence et engage la conversation.
- Vous disiez vouloir me parler de mes parents.
- Oui... Tout d'abord je m'appelle Michael, Michael Scofield.
Elle acquiesce pour que je continue. Apparemment elle ne connaît pas mon nom.
- Je... je dois vous poser une question avant de continuer.
- Allez-y.
- Est-ce que vous... avez-vous été adopté?
Ma question à l'air de la surprendre, mais qui ne le serait pas. Un inconnu entre chez vous et vous demande des détails sur votre vie privée.
- Oui... mes parents adoptifs me l'on dit lorsque j'avais 15 ans. Ils m'ont adopté à ma naissance, alors pour moi, ce sont mes vrais parents, peu importe mes parents biologiques, ce sont eux qui m'ont élevé.
Elle est au courant c'est déjà ça.
- Vous... savez qui ils sont?
- Je n'ai jamais fait de recherche, et de toutes façons cela ne m'intéresse pas... que vouliez-vous me dire?
Je respire fortement avant de baisser les yeux. Il faut que je lui dise... maintenant... que je lui explique.
- Ce matin, j'ai vu par hasard votre photo dans le journal... et vous...
Je lève le regard vers elle.
- Vous ressemblez beaucoup à une femme que j'ai connu... que j'ai aimé... Elle s'appelait Sara... Tancredi... Cela fait un peu plus de vingt ans que je l'ai quitté.
Je sens des larmes me monter aux yeux.
- Quand j'ai vu votre photo, je... j'ai cru que c'était elle, mais... elle est morte... alors, j'ai fait quelques recherches sur vous.
- Des recherches?
- Oui... sur votre date de naissance, et le lieu où vous êtes née.
Elle s'est levée du canapé, et me fixe maintenant avec colère, et frayeur.
- De quel droit faites-vous cela? C'est ma vie privée.
- Je sais, mais je devais le faire... parce que Rose... vous... vous êtes ma fille... à moi et à Sara.
- Vous ne racontez que des bêtises! Je veut que vous sortiez de mon appartement! Tout de suite!
- S'il vous plait écoutez-moi... Je veut juste discuter avec vous.
Elle se dirige vers la porte et l'ouvre pour m'inciter à partir. Je me lève à mon tour, et la rejoint.
- Sortez!
- Rose je ne vous veut aucun mal, croyez-moi.
- Partez tout de suite ou alors j'appelle la police!
Elle me pousse vers l'extérieur. Je ne lutte pas. Je ne veut pas la blesser, ni lui faire peur. Me voilà sur le pas de la porte à présent.
- Rose...
- Je ne veut plus jamais vous revoir, n'essayez pas de me contacter ou alors je préviendrais la police!
Elle me claque la porte au nez. Je baisse la tête, et des larmes commencent à se déverser sur mon visage... J'ai échoué... notre fille ne veut pas de moi... elle ne me croit pas... Pardonnes-moi Sara.
7. Mio Fratello
https://fr.youtube.com/watch?v=syDOscFmf10
Une bouteille à la main, je m'avance dans le couloir. Plus que quelques pas et je serais arrivé à destination. Ce matin j'étais loin de m'imaginer que je finirais ici. Je ne devrais certainement pas faire ça, mais j'en ai besoin. Je ne veut pas partir sans savoir pourquoi. Il me reste encore des questions auxquelles je n'ai pas de réponses, et c'est la seule personne qui peut y répondre. J'arrive devant sa porte, et boit une dernière gorgée avant de frapper lourdement dessus.
PAM! PAM! PAM!
À peine quelques secondes après, la porte s'ouvre. Nous nous fixons un instant. Il a l'air surpris de me voir.
- Mi... Michael? C'est toi?
- Et ouais Linc, c'est moi.
- Je... Je croyais que tu étais... mort.
Je ris nerveusement.
- Désolé de venir te déranger maintenant, mais je pense que me dois bien ça, après tout, je t'ai sauvé la vie!
- Mike...
Sans me prévenir, il s'avance vers moi, et me prend dans ses bras.
- Où est-ce que tu étais passé?
Je m'éloigne rapidement de lui, et entre dans son appartement sans attendre son invitation. Je reprend une gorgée de Scotch, tout en observant rapidement l'aménagement de son chez lui.
- Pas mal... On dirait que tu t'es offert une belle vie après tout ça. La prime de l'État a dû t'y aider!
- Michael? Tu vas bien?
- Je vais TRÈS bien!
Je reporte la bouteille à mes lèvres.
- Tu es saoul.
- Peut-être, mais j'ai des raisons de l'être!
- Mike qu'est-ce qui se passe?
- Sara est morte Linc!... Et j'ai une fille qui refuse de me voir!
- Oh Michael...
J'éclate en sanglots devant lui, et cette fois, ne le repousse pas quand il me serre dans ses bras.
- Je suis désolé Mike... Je suis désolé.
Je ne peut arrêter mes larmes de couler. Mon chagrin est trop grand pour qu'il cesse en quelques minutes. Je n'ai pas eu le temps de faire le deuil de la seule femme que j'ai aimé, que je dois faire face au rejet de notre fille. Pendant toutes ces années j'ai tenté de réprimer l'amour que j'éprouvais pour Sara... pour ma famille... parce que je pensais que cela les sauverait, et qu'ainsi ils seraient heureux... Mais j'ai fait une erreur, je m'en rend compte aujourd'hui. Je n'aurais jamais dû les quitter. Avec eux j'avais une chance d'avoir une vie normale, une vie pleine d'amour, de bonheur... Seulement j'ai fais le mauvais choix, et aujourd'hui je me retrouve... sans ma femme... sans ma fille... Seul...
J'ouvre les yeux, et un terrible mal de tête me saisit... J'ai encore trop bu hier. Je ne reconnais pas le lieu où je suis. Sur un canapé dans un salon... Lincoln. Je me rappelle être venu hier soir.
- T'es réveillé petit frère.
Je tourne la tête vers lui tout en me redressant.
- Linc... Salut.
- Bien dormi?
- Ouais, je crois. Est-ce que tu aurais...
- De l'aspirine?
Je lui souris légèrement et acquiesce.
- Je vais te chercher ça.
Il s'éclipse un instant, puis reviens avec un verre d'eau et le fameux cachet, avant de me le donner.
- Merci.
Je l'avale rapidement et il vient s'asseoir à mes côtés. Nous sommes tout les deux un peu mal à l'aise de la situation. Un silence pesant commence à s'installer. Je n'ose pas le rompre, car je sais que je vais devoir tout lui expliquer... tout lui dire...
- Je suis content que tu sois revenu Michael.
Il pose sa main dans mon dos.
- Je suis désolé... Je suis désolé de vous avoir abandonné Linc. Sara serait...
- Arrêtes. Se qui lui est arrivé n'a rien à voir avec toi.
- Mais si j'avais été là, elle serait encore en vie, et nous aurions notre famille... Moi, elle, et Rose...
Une larme roule sur ma joue.
- Michael...
- Pourquoi Linc?... Pourquoi elle a été adoptée? Pourquoi tu n'es pas devenu son tuteur?
- Quand... Quand Sara a eut son accident... j'étais à New York, c'est LJ qui m'a prévenu... Il m'a dit qu'elle était morte... et votre fille... elle a été placée par une assistante sociale... J'ai essayé de la récupérer, mais ils nous ont dit qu'il fallait retrouver son père... On t'a cherché pendant plusieurs mois Mike... Seulement, on avait aucune piste, et on n'a pas réussi à te retrouver.
- Tu as juste... laissé tomber alors?
- Non. J'ai demandé sa garde, avec LJ on a tout tenté pour la récupérer... deux mois après notre requête, ils nous ont dit qu'on ne pouvait pas l'avoir... Avec toute cette histoire de prison, et d'évasion, ils ont jugé que l'on ne pouvait pas lui offrir un environnement assez sain.
- Alors elle a été placée...
- Oui... on a plus eu de nouvelles d'elle depuis... je ne sais pas où elle est Michael... je suis désolé...
- Je l'ai rencontré.
Il relève rapidement les yeux vers moi.
- Quoi?
- Hier matin, je l'ai vu dans le journal... Au départ j'ai cru que c'était Sara, mais ensuite, j'ai découvert qui elle était... j'ai fait des recherches sur elle... et hier après-midi, je suis allé la voir.
- Comment ça s'est passé?
- Mal... Elle m'a jeté dehors quand je lui ai dit que j'étais son père.
Il passe de nouveau sa main dans mon dos pour me réconforter.
- Je n'ai personne Linc... Je les ai perdu toutes les deux.
- Je suis là Michael, LJ aussi. Il va être heureux de te revoir... Tu sais qu'il a grandi.
J'esquisse un sourire. C'est vrai qu'il doit avoir changé... 39 ans... C'est son âge. Il doit sûrement être marié et avoir des enfants.
- Mike... je... où est-ce que tu étais passé?
Ça y est, je vais devoir lui raconté tout, lui dire se que je fais de plus horrible pour arriver à mes fins, lui parler de mes problèmes d'alcool, de ma solitude...
- Je... Quand j'ai quitté Sara, je suis allé à Seattle, là où j'avais perdu leur trace la dernière fois... Au fil des mois, j'ai appris de plus en plus de choses sur eux, sur leurs activités... Mais trois mois après mon départ, j'ai découvert que Sucre était à Sona. Je suis retourné au Panama pour l'aider et j'ai réussi à le faire sortir quatre semaines après... je suis resté avec lui deux mois, le temps qu'il parvienne à s'installer avec Maricruz, et leur fils... Il a tenté de me dissuader de repartir, mais... ils nous avaient fait trop de mal... Je ne pouvais les laisser s'en sortir comme ça. Je les ai traqué pendant plusieurs années. Je ne voyais pas le temps passé, j'étais guidé par ma vengeance. Plusieurs fois je me suis rapproché d'eux, mais ils parvenaient à m'échapper. La première année, j'ai réussi à attraper Whistler. Je n'ai pas pu lui soutirer beaucoup d'informations. Il ne signifiait rien pour la compagnie, c'était seulement un pion pour eux... Je... Je me suis débarrassé de lui, et j'ai continué. J'amassais de plus en plus de renseignements sur eux. Au fur et à mesure je devenais plus proche. Je tombais parfois sur des membres de la compagnie, et quand il m'avait donné se que je voulais, je les tuais... Au bout de sept ans, je l'ai eu, elle... Gretchen. Je suis resté plusieurs jours seul avec elle. Au départ elle ne disait rien, et j'ai finalement eu des noms...
Je marque une pause dans mon récit. Me remémorer tout cela me fait souffrir. J'aurais préféré oublier, mais Lincoln a le droit de savoir se que je faisais durant tout ce temps.
- Neuf années après mon départ, j'ai enfin atteint mon but. J'ai réussi à les faire couler. Ils ont été jugé devant la justice.
- Je n'en ai pas entendu parlé.
- Cela a été étouffé par l'État. Il ne voulait pas que cela se sache, tout s'est fait dans la plus grande confidentialité. Les plus grands dirigeants ont été jugés pendant un an. J'ai dû rester sur place pour témoigner.
- Et après? Où est-ce que tu étais Mike?
- Je... J'ai fait de la prison pendant sept ans.
- Quoi?
- J'avais tué des gens Linc, et même si c'était pour les démasquer... ça ne change rien. J'ai été jugé, tout comme eux, et j'ai eu une peine de 10 ans... Je suis sorti avant pour bonne conduite.
- Pourquoi ne pas être revenu à ta sortie de prison?
- Je... Je ne pouvais pas... J'avais changé... Je ne pouvais pas me regarder en face, alors comment vous vous auriez pu le faire?... Je ne méritais pas votre amour, ni votre pitié... Alors j'ai juste... vagabondé dans le pays... avec ma bouteille.
Les larmes viennent de nouveau s'écouler sur mon visage. J'ai gâché ma vie, je le sais. Les bras de mon frère viennent se placer autour de moi. Je l'entend me répéter « Je suis là Michael... Tu n'es plus seul ».
8. Apologize
Une semaine que je suis arrivé. Une semaine que je les ai retrouvé. Une semaine que je vis à leurs côtés. Une semaine que je me force à paraître heureux.
Après avoir passé ma première nuit chez lui, Lincoln a insisté pour que je reste. J'ai revu LJ, et est été présenté à sa femme et ses trois enfants. Je passe le plus clair de mon temps avec mon frère, et mon neveu. Ils sont tellement contents de me revoir... moi aussi... enfin en un sens. C'est vrai qu'ils me manquaient, mais... rien ne peut te remplacer, ni toi, ni elle. Devant eux je discute, je souris, je ris, mais en moi... je pleure. Je m'en veut de ne pas avoir été là pendant toutes ces années, de ne pas être revenu plus tôt, de ne pas m'être douter que nous avions une fille... de ne pas... avoir été un père digne... de ne pas avoir su la convaincre que je lui disais la vérité. Je t'avais promis que j'irais la voir pour lui parler de toi, de nous... mais j'ai échoué, et depuis une semaine je me torture l'esprit pour savoir si oui, ou non je dois retourner la voir. Linc me dit que je devrais lui laisser un peu de temps, mais combien? Une semaine? Un mois? Un an? Je ne sais pas, et je ne veut pas avoir à subir un nouveau rejet à notre prochaine rencontre si jamais elle a lieu. Au fond de moi il n'y a qu'une seule chose dont j'ai envie... te retrouver. Après tout, Rose a sa vie, elle fait de brillantes études, et va se marier. Elle n'a pas besoin de moi pour être heureuse. Lincoln et LJ aussi sont comblés. Ils ont réussi à reprendre une vie normale. Je ne veut pas une nouvelle fois leur bousiller. Et puis... j'ai besoin de toi. Avant ce manque je le comblait avec l'alcool, mais ils m'ont poussé à arrêter soi-disant pour mon bien. Seulement, si je ne vide pas de bouteille, mon cœur s'emplit de tristesse, et chaque soir je repense à se que notre vie aurait pu être si tu t'étais réveillé à mes côtés, si je n'avais pas écrit cette lettre... Il faut que je retourne te voir pour te parler, et peut-être aussi te...
- A quoi tu penses?
Je relève les yeux vers Lincoln, j'avais presque oublié qu'il était là.
-Quoi?
- Ça fait un quart d'heure que tu fixes ton assiette sans parler.
Je baisse de nouveau les yeux vers mon repas, qui comme Linc, avait disparu de ma vue.
- Je n'ai pas très faim... Je vais aller faire un tour.
- Tu veux que je t'accompagne?
- Non, j'ai besoin d'être un peu seul.
- D'accord.
Je quitte l'appartement emmitouflé dans mon manteau pour faire face au froid de la ville. Comme il y a une semaine je prends un taxi pour le cimetière. A peine dix minutes après, je suis arrivé à destination. Devant moi se dresse une nouvelle fois la grille en fer forgée de l'entrée. Je la pousse doucement, et parcourt les allées pour venir te voir. Alors que je me trouve à une dizaine de mètres de toi, je remarque que quelqu'un est déjà présent... une femme... j'ai l'impression de voir un fantôme, mais je comprend très vite que c'est elle. Je m'approche le plus doucement possible. Elle ne fait aucun geste, ne tourne pas la tête quand je viens me placer à ses côtés. Je me rend alors compte qu'elle fixe ta pierre tombale, ton nom. Quand à moi, je la regarde elle.
- Tu lui ressembles beaucoup.
Je vois un petit sourire s'étirer sur ses lèvres, en même temps qu'une larme roule sur sa joue.
- Parlez moi d'elle.
- Elle... Sara était la fille du gou...
- Pas comme ça...
Elle relève soudain les yeux vers moi, et viens les accrocher aux miens.
- Parlez moi d'ELLE.
Je suis déstabiliser un instant par son regard, mais je fini par lui répondre.
- Sara était quelqu'un de merveilleux. Une femme extraordinaire, forte et courageuse, tout en étant sensible et fragile. Elle donnait une chance à tout le monde, même si... on l'avait fait souffrir... c'était une personne formidable, et je l'aimai... je l'aime.
- Mais vous l'avez quitté.
- C'était... compliqué, et j'ai fait le mauvais choix. Le pire de ma vie.
Mon regard est venu se planter sur ton nom, et ma vue se brouille peu à peu.
- Je veut savoir... Pourquoi?... Pourquoi j'ai été adopté et pourquoi vous n'êtes pas revenu avant?
- J'ignorais... ton existence jusqu'à il y a une semaine. Quand je t'ai vu dans le journal... ça a été comme un électrochoc. J'ai cru la voir elle tellement tu lui ressembles. Vous avez le même visage, le même nez, les même lèvres... le même sourire.
Je la fixe elle, la détaillant pour la énième fois. Je ne cesse d'avoir des flashs de toi quand je la voit. Son visage s'illumine de nouveau pendant mon énumération.
- Mais pas le même regard.
Je souris légèrement à mon tour.
- Non, je crois que ça, cela vient de moi.
Nous échangeons un sourire, le premier depuis que nous nous connaissons, si l'on peut dire qu'on se connaît.
- C'est un vrai atout.
- De quoi?
- Nos yeux.
- Peut-être... pour Sara en tout cas cela a marché.
Je repense à nos petits regards à l'infirmerie. Cette époque me manque, car même si j'étais en prison, et que notre relation était interdite, je pouvais te voir tous les jours.
- C'est se que Shawn préfère chez moi... Shawn est mon...
- Fiancé, oui, je sais.
- C'est lui qui m'a convaincu de... faire des recherches sur vous, et votre histoire à tout les deux... j'ignorais tout de vous avant. Je savais seulement que j'avais adopté à ma naissance, même mes parents ignoraient que vous étiez mes parents biologiques. J'ai appris un tas de choses grâce à Internet... Fox River, et puis l'évasion, la fuite... mais il n'y avait pas vraiment d'histoire sur vous et Sara. Ils évoquaient juste le fait qu'elle vous avait aidé... Comment... Comment êtes-vous tombé amoureux.? Enfin, je veut dire dans ce contexte là.
- Je... Je ne sais pas vraiment en fait. Au départ je devais aller à l'infirmerie pour planifier l'évasion, mais au fur et à mesure, on a appris à se connaître, et plus le temps passait, plus je savais que j'étais en train de tomber amoureux, elle aussi par la même occasion... J'ai dû... me servir d'elle pour pouvoir m'évader avec mon frère, et je pensais l'avoir perdu à tout jamais, mais elle a été emportée dans toute cette histoire de complot, donc, cela nous a permis de nous retrouver.
- Pour combien de temps?
- Quelques heures étalées sur plusieurs jours, pendant deux ou trois mois. Il y avait toujours quelque chose qui nous séparait de nouveau, mais notre amour n'a jamais cessé... et la seule fois où cela aurait vraiment pu marcher, je...
- Suis parti.
- Oui. Après notre première et seule nuit ensemble.
- Une seule nuit?
J'acquiesce sans lever le regard vers elle tant j'ai honte de ce choix.
- Et cela a suffit pour... pour que j'existe?
- Apparemment oui.
- C'est dingue.
Je ris légèrement à sa réponse.
- Je... Je voulais que tu saches que... si j'avais su avant que tu existais, je serais revenu, je me serais occupé de toi.
- Mais maintenant c'est trop tard.
Je la regarde de nouveau. Son ton n'est pas méchant, au contraire, il est plutôt doux.
- Parce que j'ai un mari qui prend soin de moi, mais... mais... je veut bien d'un deuxième père.
Un sentiment de joie intense m'envahi. Ces mots me surprennent tellement, et en même temps, me font un bien immense. Alors que je croyais avoir tout perdu, elle me donne une seconde chance.
- Enfin, si tu veux bien... papa.
Des larmes viennent s'écraser sur mes joues à l'entente de ce si petit, et pourtant si important, mot.
- Bien sûr.
Elle émet un petit souffle de soulagement, avant de s'avancer pour que je puisse la prendre dans mes bras. Peut-être avait-elle peur que je la rejette comme elle l'avait fait dans un premier temps avec moi, mais comment pourrais-je refuser de faire partie de la vie de ma fille, de notre fille. Après quelques secondes, nous nous décollons l'un de l'autre.
- J'ai un tas de questions.
Nous rions légèrement à sa phrase.
- Je pourrais te dire la même chose, mais je crois que je vais d'abord te donner les réponses que tu veux.
Nous échangeons un sourire.
- Que dirais-tu d'aller discuter de ça autour d'un café? Je t'invite.
- D'accord.
Elle commence à avancer, mais remarque que je ne bouge pas.
- Tu viens?
- Je... J'arrive dans deux secondes, je veut juste...
- J'ai compris. Je vous laisse seuls.
- Merci.
Elle s'éloigne de moi, et je me retourne vers toi. Je vais m'accroupir à côté de ta pierre en posant ma main dessus.
- Mon amour... Je ne sais pas si tu peux m'entendre de là où tu es mais... je ne te remercierais jamais assez Sara pour tout se que tu as fait. Rose... C'est le plus chose au monde qui pouvais nous arriver, et même si tu n'es pas là, je ferais en sorte que tu le sois, en lui parlant de toi. Je sais que tu aurais été une mère extraordinaire, d'ailleurs tu l'as été en te sacrifiant pour qu'elle puisse vivre... je te promet de tout faire pour qu'elle continue à être heureuse. Je t'aimerai toujours Sara.
Je dépose un baiser sur ta tombe, et part rejoindre Rose à l'entrée. Elle m'adresse un grand sourire en me voyant. Je sais maintenant qu'elle sera la personne la plus importante pour moi sur Terre.
9. Épilogue
Les quelques retardataires rejoignent rapidement leur place dans ce lieu sacré, pour l'instant habité d'un brouhaha incessant. Au premier rang se tiennent les familles respectives. On peut facilement deviner que le niveau de vie diffère de part et d'autre de l'allée. À droite les diamants, et autres pierres précieuses sont de sortie, alors qu'à gauche, les bijoux brillent nettement moins. Mais peu importe ce genre de différences, car tous sont ici pour la même raison... l'amour.
Sur le parvis de ce lieu se tient un homme, grand, fin, les cheveux et la barbe fraîchement rasé. Il est toujours aussi séduisant que la dernière fois où nous nous sommes vu. Son regard océan s'allie parfaitement avec le costume blanc qu'il porte. Il fixe inlassablement le bout de la rue, attendant impatiemment l'arrivée de quelqu'un. Toutes les trente secondes, il regarde sa montre. Quand enfin, une grande limousine noire apparaît, son visage d'ange s'illumine d'un sourire. Il descend les quelques marches du perron pour aller ouvrir la portière arrière de la voiture, et tend la main pour aider la jeune femme à sortir de la voiture avec sa longue robe blanche. Elle a le même regard que lui. Personne ne peut nier leur lien de parenté. Tout deux échangent un sourire avant de s'avancer vers la porte. J'aimerai tant pouvoir être à leur côté. Elle s'accroche au bras qu'il lui offre, et entre dans ce lieu, maintenant habité par le silence. Je ne cesse de penser que cela aurait pu être moi... si seulement je n'avais pas eu cette accident. Ils s'arrêtent avant de faire face à cette allée qui les dévoilent aux yeux de tous, et une femme vient donner un bouquet à la future épouse, puis va rejoindre les autres convives. La mariée pousse un long soupir en regardant les fleurs qu'elle tient en main.
-Ça va aller.
Ces quelques mots me rappelle le moment où il m'a sauvé pendant l'émeute. Il a toujours su comment me réconforter, et cette fois encore, il y parvient avec elle.
- Oui, je sais.
Ils se fixent quelques secondes, puis elle rajoute.
- Je suis contente que tu sois là.
- Moi aussi Rose.
Il la prend dans ses bras, et lui murmure à l'oreille.
-Je t'aime.
Elle avale sa salive pour repousser les larmes. Sa voix est tellement sincère... aussi sincère que quand il me l'a répété sans fin pendant notre seule nuit ensemble.
- Moi aussi... papa.
Son sourire s'élargit de nouveau, et il se recule en passant sa main sur ses yeux pour éviter de pleurer. Je sais que cela le touche vraiment. Tout au long de sa vie, seul quatre ou cinq personnes lui ont dit ces mots, et venant d'elle cela est encore plus fort. Elle n'a eu qu'une semaine pour apprendre à le connaître, mais cela lui a suffit pour décider qu'il l'emmènerait au bout de cette allée.
- Je... Je voudrais te donner quelque chose.
Elle acquiesce, et il met sa main dans sa poche.
- C'est le premier cadeau que j'ai fait à Sara, et si tu le veux, j'aimerai la mettre dans le bouquet.
Il ouvre sa paume pour qu'elle puisse voir une fleur en origami. Les larmes menacent de nouveau de tomber, mais elle trouve la force de les repousser. En voyant cette rose, le souvenir de mon vingt-neuvième anniversaire me revient en mémoire, mais également ces heures enfermées avec LJ, avec seulement cette fleur pour me réconforter. Elle lève les yeux vers son père.
- Ce serait une joie de l'avoir avec moi.
Leurs lèvres s'étirent de nouveau. Il place précautionneusement l'objet de papier parmi les fleurs du bouquet, et lui tend de nouveau son bras. Ils échangent un dernier regard, puis s'avancent au bout de l'allée. À peine apparaissent-ils que la musique brise le silence instauré. Tout les invités se lèvent en tournant la tête vers eux. Le regard de Rose se fige sur l'homme en costume noire à l'autre bout de l'allée. Je pense que moi comme Michael devons beaucoup à ce jeune homme. Tout d'abord parce qu'il la rend heureuse depuis maintenant plusieurs années, mais également car il est parvenu à la convaincre de faire des recherches sur nous, et ainsi, elle a accepté de nous rencontrer. Vous vous avancez tout les deux, lentement dans cette allée parsemée de roses blanches, sous le regard heureux de l'assemblée. Certains ignorent qui tu es, mais d'autres te reconnaissent, et sont heureux de savoir que vous vous êtes retrouvés. Vous arrivez devant l'autel. Le futur marié sourit à sa future femme, mais également à son beau-père. Tu lâches la main de notre enfant pour la tendre à son fiancée. Elle va donner son cœur à cette homme pour la vie, tout comme je l'avais fait avec toi jusqu'à ma mort. Mais depuis que le mien a cessé de battre, je n'ai fait que veiller sur le sien, sachant qu'un jour, il battrait pour toi. Tu les observes en souriant, et je ne peut qu'imaginer se que tu ressens, de la joie certainement, et peut-être un peu de tristesse, sachant que nous n'avons pas pu vivre ce moment-là ensemble. Mais une chose est sûre pour moi, je sais que ton cœur continuera de battre pour deux personnes, Rose, notre enfant, notre fille, le mélange parfait de nos deux êtres, le souvenir de notre seule nuit partagée, et pour moi, tout comme le mien n'a eu de cesse de battre pour toi. Je veillerai toujours sur vous mon amour, et attendrait, aussi longtemps qu'il le faudra, pour que tu me rejoignes et que nous soyons enfin unis pour l'éternité.