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Série : Doctor Who (2005)
Création : 02.11.2009 à 02h54
Auteur : shirubi
Statut : Terminée
« Le docteur a visité deux fois l'Égypte ancienne, la première fois, il n'y pas tout réglé, il a du y retourner malgré lui. » shirubi
Cette fanfic compte déjà 27 paragraphes
Le docteur et Rose étaient maintenant étendues dans chaque sarcophage. Les tubes avaient été branchés sur leur corps.
- Je ne pensais pas y retourner si vite, fit remarquer Rose au docteur. Combien de temps allons-nous y rester ?
- Pour l’éternité ou jusqu’à ce que quelqu’un daigne nous libérer, répondit tristement le seigneur du temps. Pendant ce temps, nous serons préservés. Nous resterons éternellement jeunes.
- Éternellement, comme des dieux, répondit le prêtre en riant. Car personne ne viendra vous libérer.
Il retira la statuette du pharaon de la console.
- Vous m’avez bien dit que ceci était la clé, n’est-ce pas?
- Ne faites pas ça, s’écria le docteur!
Le prêtre d’Amon n’écouta pas, il jeta la statuette par terre avec force, elle se brisa en plusieurs morceaux. Il se tourna vers le pharaon toujours agenouillé.
- Ramasse les morceaux, dit-il brusquement.
Ce dernier obéit, le visage incroyablement crispé.
- Jette-les dans son sarcophage et ferme-le. Sans clé, personne ne les libérera jamais.
***
Époque 2 : Cynthia, Rose et les docteurs
Cynthia se demanda si elle ne devenait pas folle. Il y a un instant, le docteur se dirigeait vers le second sarcophage et maintenant, il était étendu dans le premier. Elle contourna le sarcophage, pour s’assurer que le docteur était toujours là. Il aidait une jeune femme blonde couchée dans le caisson à débrancher de nombreux tubes. Elle revint vers le sarcophage de gauche.
- Je commence à trouver que les voyages dans le temps, c’est un peu trop compliqué, soupira-t-elle.
- Je vous comprends. Présentement, je suis aussi étonné que vous. Voyez…
Pendant qu’elle débranchait les tubes, il ramassa des débris de la statuette éparpillés sur lui.
- Cette sculpture était la clé qui permettait de déverrouiller les sarcophages, expliqua-t-il en glissant les débris dans sa poche. Les sœurs de Karn ont camouflées un mécanisme d’ouverture à l’intérieur de la poterie et ont ajustés le port d’accès à la taille de la statuette. Mais sans cette clé, comment avez-vous réussi à nous libérer?
Il entendit alors la voix de l’autre docteur qui parlait à Rose et se mit à rire.
- Ça y est, j’ai compris : je me suis libéré moi-même. C’est brillant! Au fait, vous ne m’avez pas dit votre nom.
Alors que le docteur s’extirpait du caisson, Cynthia pensait que s’il lui avait fallu dix ans pour accepter la taille intérieure du Tardis, il lui en faudrait vingt pour accepter que docteur soit présent en deux modèles au même endroit.
- Je suis Cynthia. Vous auriez pu au moins me dire que c’était vous, dit-elle d’une voix plus forte pour que l’autre docteur l’entende. J’ai l’air d’une véritable idiote.
- Vous n’avez pas l’air idiote, dit le docteur du passé en refermant le caisson. Mais je comprends pourquoi je ne vous le dirai pas, ajouta-t-il d’un air espiègle. Votre visage ahuri quand vous m’avez reconnu : c’était trop amusant!
Les deux docteurs et leurs deux compagnes respectives étaient maintenant debout au côté des caissons et se regardaient surpris et contents. Rose fut la première à poser la question au docteur du présent.
- Si je comprends bien, vous venez du futur. Mais… je vous ai dit que je serais toujours avec vous. Alors, où suis-je?
Le docteur du présent parut mal à l’aise. Cynthia comprit. Il n’était pas bon de connaître son avenir, mais l’absence de Rose trahissait ce qu’il allait lui arriver. Si son docteur répondait par un mensonge, le docteur du passé le devinerait. Alors, elle répondit à sa place.
- Tu es avec ta famille, Rose, répondit-elle.
- On se connaît?
- Pas depuis longtemps et, comme je retourne chez moi, pas pour longtemps. Ne crains rien, tu es toujours sa favorite, ajouta-t-elle en souriant.
- Mais pourquoi n’est-il pas resté avec moi?
- Ho! Tu sais, Jackie insistait (Cynthia se rappelait que le docteur avait mentionné la mère de Rose en racontant son histoire). Il fallait que je retourne chez moi, et cet éternel gamin, il est incapable de tenir en place.
- Ça c’est bien vrai, soupira Rose, pendant un instant, j’ai cru…
- Tout va bien pour vous, Rose, coupa le docteur du passé. Alors n’insistez pas, il n’est pas bon de trop en savoir sur son avenir.
- Je dois admettre que j’ai toujours respecté ton opinion, dit le docteur du présent à celui du passé. Tu as entièrement raison. Maintenant, il faudrait se concentrer sur la situation présente. Je vous ai libérés parce que sans cela, je n’aurais jamais été libéré, ni Rose d’ailleurs, et nous n’aurions pas cette conversation. Mais, j’aurais pu le faire à un autre moment : j’ai besoin de votre aide.
- Ha, vous savez ce qu’on dit, répondit le docteur du passé. Deux docteurs valent mieux qu’un.
- Je suis tout à fait d’accord. C’est fou ce que tu as de l’esprit!
Rose leva la voix.
- Allez-vous arrêter de vous flatter l’ego? Expliquez-moi donc ce qui se passe! Combien de temps avons-nous dormi? Et quelle est la situation?
- J’ai toujours aimé quand elle prend les choses en main, dit le docteur du passé à celui du présent. Même si elle tient ça de sa mère.
- Personne n’est parfait.
Le docteur du présent reprit son sérieux.
- Vous avez dormi au moins une cinquantaine d’année. Akhénaton n’est plus le pharaon et sa ville a été détruite. Pa-Ramessou porte maintenant ce titre, il a prit le nom de Ramsès Premier, mais ce n’est pas lui qui dirige, c’est son fils, Séthi Premier qui est aussi le père du futur Ramsès II, un des plus grand pharaon de l’histoire de l’Égypte. Mais ça n’arrivera pas si les prêtres d’Amon continuent de manipuler les pharaons en utilisant le don d’Aton. Ils sont très puissants à cette époque et agissent dans l’ombre. Il faut terminer ce que nous avons commencé. Nous devons aller à Thèbe pour leur prendre le don d’Aton.
- Excellent résumé, mon cher moi-même.
- Docteur, s’impatienta Rose!
- Quoi! C’est très sain de se complimenter soi-même de temps en temps. C’est bon pour l’estime de soi. Vous devriez essayer.
- Je ne crois pas que votre estime de vous soit défaillante, ajouta Cynthia en riant.
- Vous voyez : ça fonctionne!
- Il est temps d’y aller, dit le docteur du présent. Alors…
- Allons-y, s’exclamèrent les deux docteurs en même temps!
Le docteur du présent se tourna vers Cynthia.
- Je savais bien que je finirais par la placer.
- Je ne peux pas rivaliser contre deux docteurs, soupira Cynthia.
Le quatuor montèrent les escaliers pour quitter la pièce souterraine. Le docteur du présent et Cynthia ouvraient la marche, celui du passé et Rose les suivaient. Quand ils arrivèrent en haut de l’escalier, le gallifrérien eut un regard navré vers Cynthia.
- Je suis vraiment désolé, lui murmura-t-il, mais ça doit se passer ainsi.
Elle n’eut pas le temps de demander de quoi il parlait qu’ils furent entourés de gardes. Leurs uniformes étaient différents de ceux qui les avaient arrêtés dans le tombeau, ils n’étaient pas des gardes du pharaon.
- Ne bougez plus, crièrent ces derniers!
Le docteur du passé attrapa Rose par le bras avant qu’elle ne sorte et ils restèrent cachés dans l’escalier.
Le docteur du présent et Cynthia eurent les mains liés dans le dos et furent conduits sans ménagement vers le port où un second bateau baignait dans les eaux du Nil.
Rose et le docteur
Le docteur et Rose attendirent, cachés dans les escaliers, que le bateau s’éloigne et sortirent de leur cachette.
- Je ne comprends pas, dit Rose. Si ce docteur est vous dans le futur, il devait savoir qu’il se ferait arrêter.
- Il le savait, et c’est pour ça qu’il a besoin de notre aide. Nous devons les suivre. Il y a un autre bateau là-bas.
Il pointait la barque par laquelle Cynthia et l’autre docteur étaient arrivée. Le marin était en train de vérifier la voile. Apparemment, il n’avait pas été inquiété par les gardes.
- Mais, insista Rose, si l’autre docteur savait qu’il allait être arrêté, il aurait pu l’éviter, tout simplement.
- Vous savez que c’est impossible. Rappelez-vous quand vous avez essayé de sauver votre père.
- Je vois : il doit le faire parce que les choses se sont passés ainsi.
- Je viens de voir ma version future de moi se faire arrêter, que croyez-vous qu’il se passera si je décide d’éviter ce piège? Je n’aurais jamais vu l’arrestation et donc je n’aurais pas su comment l’éviter. Et on se ramasse en plein paradoxe avec les conséquences que vous connaissez.
Rose frissonna en se rappelant des " reapers ", ces créatures de cauchemars qui se nourrissaient des paradoxes temporels, dévorant tout le monde au passage. (réf. Saison 1 : La fête des pères) Le docteur arrêta sa marche et réfléchi un instant.
- D’ailleurs, ce n’est pas une mauvaise idée de se laisser arrêter. Ces gardes étaient sans doutes à la solde des prêtres d’Amon. En les suivant, ils nous conduiront jusqu’à eux et jusqu’au don d’Aton.
Le duo arrivèrent en vue du bateau. Le marin faillit tomber à la renverse quand il vit le docteur.
- Mais… je les ai vus vous embarquer!
- Ce n’est pas possible puisque je suis là, dit le docteur en souriant.
- Votre amie était avec eux. Qui est cette femme?
- Ils ont pris mon amie, dit le seigneur du temps, et il faut les suivre. Rose, ici présente, va m’accompagner. Alors, ça vous va?
- Tant que vous me payez aussi bien que pour l’allée.
Le voyageur du temps paru inquiet pendant un court instant.
- C’est que je n’ai pas d’argent…
- Je ne parle pas de ça, mais de ce bidule magique qui éclaire. Si vous avez d’autre objet du genre, je vous conduis où vous voulez.
Le marin brandissait fièrement la lampe à manivelle. Le docteur comprit et extirpa de sa poche, à regret, sa fameuse scie laser.
***
Époque 2 : Cynthia et le docteur
Le bateau des gardes des prêtres d’Amon possédait une voile qui semblait plus décorative qu’utile en l’absence de vent. Cette luxueuse embarcation avançait grâce à une douzaine de longues rames que les gardes manœuvraient eux-mêmes. Les deux prisonniers avaient été mis à l’arrière du bateau, les mains liées dans le dos et sous bonne surveillance.
- Vous saviez ce qui allait se passer, murmura Cynthia.
- Oui, je savais que nous allions être arrêtés, répondit le docteur.
- Je ne parlais pas de ça, mais de notre première rencontre, sur le bord de la rivière. Vous m’aviez déjà rencontrée, vous avez dû me reconnaître.
- Je ne vous ai pas reconnu immédiatement, admit-il, vous étiez plus jeune. Et quand on voyage dans le temps, rien n’est sur, il arrive qu’on vive les événements dans le désordre, ça devient étourdissant.
- Mais quand vous êtes revenus me chercher. Vous saviez que nous irions en Égypte : pourquoi avoir voulu fuir quand nous étions dans le tombeau? Pourquoi avoir voulu l’éviter si c’était inévitable?
Le docteur se détourna du regard de Cynthia et ne répondit pas.
- Il va arriver quelque chose de grave, c’est ça? Quelque chose qui ne peut être éviter. Mais nous n’avons pas le choix d’y aller parce que si vous n’étiez pas revenu, votre version antérieure n’aurait jamais été libérée et nous nagerions en plein paradoxe.
- Vous connaissez la théorie, s’étonna le docteur en fixant Cynthia!
- J’ai du voir " Retour vers le futur " au moins vingt fois, expliqua-t-elle.
Il considéra Cynthia avec sérieux, puis lui répondit dans un soupir.
- C’est pour ça que vous avez menti à Rose. Vous avez compris qu’il valait mieux qu’elle ne connaisse pas son avenir. C’était brillant. Vous devez comprendre que la même chose s’applique à vous. Je ne peux pas vous dire ce qui va arriver.
- Très bien, abdiqua Cynthia, espérons donc que ce sera pour le mieux. Mais même si je comprends ce qu’est un paradoxe, je ne peux pas m’empêcher d’être angoissée.
Le docteur détourna son regard vers le Nil pour ne pas montrer à Cynthia que dans ses yeux se reflétait la même angoisse.
Temple de Karnak (Thèbe)
Le long de l’allée bordée de sphinx menant au temple d’Amon, deux prêtres discutaient. L’un deux était nul autre que le grand prêtre d’Amon, il portait autour du cou un collier au bout duquel était attaché un objet étrange, deux lanière de cuirs retenant un objet central, circulaire au milieu duquel il y avait trois aiguilles immobiles. Le collier se terminait de l’autre côté par un nœud coulant. Ce qui permettait au grand prêtre de le transformer rapidement en bandeau. Quand il le faisait, il devenait le détenteur d’un grand pouvoir : autrefois appelé le Don d’Aton, on l’avait rebaptisé la Volonté Vivante d’Amon. Ce pouvoir, il l’avait hérité de l’ancien Grand Prêtre d’Amon. Grâce à la Volonté Vivante d’Amon, la période la plus honteuse de l’histoire de l’Égypte avait pris fin, le Pharaon hérétique n’était plus et on s’efforçait de le faire disparaître de la mémoire des hommes. De plus, les pharaons étaient contrôlés par son ordre, ce qui éviterait certainement l’avènement d’un autre Akhénaton.
Depuis que l’ancien avait pris possession de la Volonté Vivante d’Amon, l’hérétique avait remarié la jeune Néfertiti qui avait prise un autre nom. Cependant, il était resté sous le contrôle des prêtres d’Amon, pour un court temps. Quand il ne fut plus possible de contrôler Akhénaton, ils l’éliminèrent et placèrent un enfant de neuf ans sur le trône : Touthankamon. Ils avaient fait en sorte que ce dernier réhabilite les anciennes divinité et quand le jeune homme avait été prêt à gouverner, il devint résistant à leur contrôles, alors ils s’étaient organisé pour qu’il ait un petit accident. Comme il n’avait pas de descendant, ils avaient mariés la veuve avec le Divin Père Aÿ pour en faire le nouveau pharaon. Il était déjà âgé, mais toujours sous le contrôle des prêtres à son décès. Le général Horemhed pharaon, autrefois appelé Paatonemheb, devint pharaon à son tour. Comme il n’avait pas d’héritier, il nomma Pa-Ramessou son héritier.
C’est là que les choses se sont corsées. Les nouveaux venus sur le trône étaient d’une famille vigoureuse, possédant une grande force de caractère. La Volonté Vivante d’Amon ne durait pas longtemps sur eux et il était à craindre que la menace qui pesait sur leur proche ne serait pas toujours suffisante pour les contrôler. Les prêtre d’Amon avait besoin de plus de pouvoirs.
Cependant, ce matin-là, un autre sujet les préoccupait.
- Vous aviez raison, votre éminence, commença le prêtre, il ne s’agissait pas d’un imposteur. Nous avons arrêté le faux dieu et sa compagne, ils sortaient de la salle des sarcophages dans la ville interdite. Mais je ne comprends pas : pourquoi ne pas le tuer? C’est pourtant ce que vous vouliez faire dans la vallée des rois.
- J’ai changé d’idée. Il n’est peut-être pas le dieu Thot, mais en relisant les notes de mon prédécesseur à son sujet, j’ai vu qu’il était très érudit en certains domaines. Il connaît cette magie ancienne qui se cache dans le vieux Mastaba.
- Vous parlez de notre projet.
- Nous n’avons pas le choix, la Volonté Vivante d’Amon ne suffit plus. Nous devons protéger notre ordre. Tous les essaies que nous avons faits ont été infructueux. Nous avons besoin de son aide.
- S’il refuse.
- Il ne pourra pas refuser. Nous avons aussi sa compagne. Il ne la laissera pas mourir. Envoyez un messager, quand le bateau arrivera, les prisonniers devront être conduits directement au Mastaba. Venez, nous avons des choses à préparer.
***
Rose et le docteur
Ils avaient suivi le bateau jusqu’à Thèbe, puis ils avaient marchés jusqu’au Mastaba, près de la ville, suivant de loin une procession de soldats qui y conduisaient leurs prisonniers. Ils avaient attendus que les soldats et leur prisonniers soient à l’intérieur pour approcher l’édifice.
- Ce Mastaba est en fait un vaisseau prison, expliquait le docteur à Rose. Les sœurs de Karns étaient emprisonnées dans les caissons dans la section externe que les Égyptiens ont confondus avec une chapelle. L’autre section était la section de pilotage du vaisseau. Les sœurs renégates devaient être exilées sur une planète lointaine.
- Pourquoi leur confrérie s’est-elle donnée tant de mal pour les punir? Ne pouvaient-elles pas les emprisonner chez elles, les empêcher de voler d’autre vies?
- Les sœurs de Karns ont vécu longtemps avec l’idée d’immortalité, elles comprenaient le besoin pour deux des leurs de continuer et je soupçonne aussi qu’elles les enviaient. Elles ne pouvaient se résoudre à les laisser mourir, elles ont décidé d’éloigner le problème, tout simplement.
- Ouais! De faire en sorte que quelqu’un d’autre règle leur problème à leur place.
- Les choses ne se sont pas passées tel que prévu. Les prisonnières devaient être déposées sur une planète avec suffisamment d’eau de vie pour survivre pendant quelques décennies et sans aucune technologie qui leur aurait permis de prolonger leur vie, mais quelque chose s’est produit. Le vaisseau s’est écrasé et a été peu à peu recouvert par les sables du désert pour finir par ressembler à une colline artificielle.
- Que sont devenus les pilotes?
- Ils sont sans doutes morts lors du crash, mais ce n’est pas la question la plus importante.
- Pourquoi l’autre vous et Cynthia sont-ils conduits au Mastaba?
- C’est ce qu’il va falloir découvrir. Vous venez?
Il lui montra l’autre flanc de la colline artificielle.
- Les autres sont passés par le sommet, on ne peut pas escalader ce Mastaba de ce côté là.
- On ne va pas l’escalader non plus.
Il la conduisit vers la chapelle. Ils entrèrent dans la sombre pièce. Le docteur fouilla ses poches à la recherche de son tournevis. Il le pointa pour éclairer les inscriptions sur le mur.
- Je n’avais pas compris de quoi il s’agissait avant d’aller dans la salle de pilotage, expliqua-t-il, pourtant, c’est évident. Ce sont des graffitis.
- Des graffitis extra-terrestres? Mais qu’est-ce que ça fait là?
- Ceci est une cellule. Les prisonniers ne sont pas tous endormis dans des caissons quand ils sont transportés. C’est graffitis ont été faits par des précédents occupants pour tromper leur ennui. Nous sommes à bord d’un vaisseau-prison Zéonien. Les sœurs de Karns leurs ont confiés les renégates.
Le docteur continuait d’explorer les murs de la cellule avec son tournevis.
- Si c’est le cas, il devrait y avoir d’autres cellules, pourquoi n’avons-nous accès qu’à celle-ci?
- Les Zéoniens sont reconnus pour leur système pénal équitable. Même s’ils font le commerce du transport de prisonniers, ils sont contre la peine de mort, et c’est pourquoi ils ne laisseront pas mourir leur passager s’ils sont en danger. Quand le vaisseau s’est écrasé, un système automatique a déverrouillé toutes les écoutilles de secours, même celles des cellules. Celle-ci est la seule à s’être ouverte parce qu’elle était la seule occupée au moment du crash.
Rose commençait à comprendre. Elle s’approcha du mur opposé qu’elle explora avec ses mains.
- Donc, dit-elle, il existe un autre accès à cette cellule, de l’intérieur du vaisseau. Et c’est ce que nous cherchons présentement.
- Exactement! Je crois que je l’ai trouvé!
Il pointa son tournevis sur le mur et l’actionna, une partie du mur glissa vers l’intérieur, leur révélant un long corridor sombre. Toujours éclairés par la lumière blafarde de l’outil sonique, les deux amis avancèrent dans le long corridor. Rose allait parler quand le docteur mit un doigt sur sa bouche. Elle tendit l’oreille. Le faible écho d’une conversation lointaine parvint jusqu’à leurs oreilles.
Cynthia et le docteur
Dans la salle de pilotage, les choses avaient changées : une échelle de cordage servait maintenant à y accéder. On y avait installé des lampes à l’huile un peu partout autour et on avait peint des interdictions sur les murs. Plusieurs consoles étaient ouvertes et leurs fils répandus s’entrecroisaient. Le docteur examina ces fils, dépité.
- Ils ont appris le fonctionnement des ces consoles par ma faute, soupira-t-il.
- Comment ils auraient pu l’apprendre, ils ne connaissent rien de la technologie.
- Je me suis servi du don d’Aton devant le grand prêtre d’Amon pour accéder à la console des caissons. Il a comprit qu’on peu utiliser le don d’Aton pour contrôler cette technologie. Il a du s’en servir pour accéder aux bases de données de ce vaisseau. Ils savent comment s’en servir, mais ils ne comprennent pas ce qu’il font.
- Silence! Imposteur!
Celui qui venait de parler s’avança du fond de la pièce. Le docteur reconnu sa montre posée sur son front et retenue par une courroie qui lui passait derrière la tête.
- Vous devez être le grand prêtre d’Amon. J’ai connu votre prédécesseur.
- J’ai dit : silence!
- Très bien. Je me tais.
Le grand prêtre avança vers Cynthia. Il regarda avec dédains sa robe salle et déchirée, puis il la fixa dans les yeux.
- Elle n’a pas les cheveux couleurs du soleil, comme le racontait l’ancien, mais c’est une étrangère.
Le grand prêtre tendit sa main vers Cynthia. Elle sentit alors le besoin irrésistible de se gifler elle-même, mais elle résistait à cet appel, mieux encore que quand on lui avait ordonné de tuer le docteur. Cependant, le grand prêtre semblait ignorer qu’elle pouvait y résister. Il était loin d’elle la première fois que c’est arrivé et il avait aussi envoûté les gardes. Elle décida de jouer le jeu et se gifla volontairement.
- Aïe, dit-elle entre chaques gifles! Je ne peux pas m’arrêter.
Comme elle se donnait une bonne gifle, elle tourna la tête vers le docteur et lui fit un clin d’œil. Il répondit d’un hochement de tête.
- Arrêtez, s’écria-t-il! Que cherchez-vous à prouver?
- Vous savez très bien. Nous n’avons pas l’intention de lui ordonner de se tuer elle-même, mais si vous nous désobéissez, elle se blessera ou se mutilera à chaque fois. C’est vous qui décidez.
- C’est bon, dit-il. Je ferai ce que vous voudrez, mais laissez-la tranquille.
L’envie de se gifler s’estompa. Cynthia arrêta et frotta ses joues endolories.
- C’est bien ainsi, docteur. Maintenant, vous allez nous aider. Venez!
Le prêtre attira le docteur vers une console au fond de la pièce. Sur la console était posé un casque, semblable à un casque de vélo, mais entouré d’un mince fil de métal. Dès qu’il le vit, il comprit.
- C’est incroyable, on dirait… Je comprends maintenant! Les Zéoniens ont utilisé l’eau de vie que les Karniennes avaient laissés aux deux exilées pour activer un générateur quantique qu’ils ont jumelés à ce casque. C’est brillant, mais dangereux!
Le grand prêtre le regarda avec mépris.
- Je n’ai aucune idée de quoi vous parler. Utilisez des mots que je peux comprendre.
- Très bien, dit durement le docteur, savez-vous à quoi ça sert?
- À vivre pour toujours, mais ça ne marche pas. Et je comptes sur vous pour le réparer, sinon la dame mourra.
- Dans ce cas, répondit le seigneur du temps en sortant son tournevis sonique.
- Je vous avertie, pas de fausse manœuvre.
- Ceci est un outils, expliqua le gallifrérien, très utile pour réparer ce genre de technologie.
Il passa de l’explication à la démonstration en allumant la console avec le tournevis. Puis, il se mit au travail en explorant les bases de données à la recherche d’information sur le fonctionnement du casque.
***
Rose et le docteur
Il faisait très sombre et le corridor ne semblait plus se terminer. Les deux voyageurs du temps avançaient lentement dans la pénombre d’un pas incertain.
- Je n’entends pas ce qu’ils disent, s’impatienta Rose.
- Nous devons nous rapprocher encore, chuchota le docteur. Ils sont de l’autre côté de la porte du bout du couloir.
- Avez-vous un plan?
Le docteur réfléchit un moment, il n’aimait pas ce qu’il allait dire.
- Je devrais peut-être me faire passer pour Toth.
- Je croyais que vous vouliez l’éviter.
- Comment croyez-vous qu’ils réagiront quand ils me verront en deux exemplaires.
Le son des voix s’intensifia. Le seigneur du temps mit son doigt sur sa bouche pour faire signe à sa compagne de ne pas faire de bruit. Puis, du bout de son tournevis, il chercha la façon d’ouvrir la porte.
Cynthia Rose et les docteurs
Le gallifrérien releva les yeux vers le grand prêtre.
- C’est trop dangereux, insista-t-il. Je ne peux pas faire ça!
- Docteur, continuez votre travail! Sinon…
Il tendit la main vers Cynthia, elle fut prise de l’envie soudaine de prendre la dague accrochée à la taille d’un des gardes. Elle s’approcha de lui, il la lui tendit. Elle réalisa avec horreur que son impulsion suivante était de se trancher un doigt; ce qu’elle ne ferait jamais. Cependant, elle poursuivit son bluff et tendit sa main pendant qu’elle approchait la dague de son index.
- Attendez! Laissez-moi vous expliquer, s’écria le docteur!
Le grand prêtre abaissa sa main. Cynthia su qu’elle devait suspendre son geste, mais sans baisser le couteau.
- N’essayez pas de me tromper, l’averti le grand prêtre.
- Vous savez que ce Mastaba est en fait, un vaisseau spatial : un genre de bateau qui vogue dans le ciel.
Le grand prêtre opina.
- Ce bateau s’est écrasé ici à cause de ce casque. Les techniciens, je veux dire les marins qui opéraient ce vaisseau, ont eut l’idée de fabriquer ce casque, mais ils n’avaient pas l’énergie nécessaire pour le faire fonctionner correctement. Alors, ils ont prit l’énergie du vaisseau, qui est un mini trou noir, une des énergies les plus instables qui soient.
Devant l’air hébété du grand prêtre, le docteur tenta de simplifier.
- C’est comme si on prenait le soleil et qu’on l’enfermait dans une boîte. La boîte est faite pour le garder à l’intérieur en sécurité, mais l’ouvrir pour en saisir les rayons risque de le faire exploser.
- Allez au fait!
- Si vous tentez d’utiliser ce casque, la boîte s’ouvrira et tout sera détruit.
- Vous voulez dire que le Mastaba sera détruit.
- Le Mastaba, Thèbe, l’Égypte, la Terre.
Pendant que le docteur expliquait sa théorie, Cynthia comprit soudain qu’en plus de n’être pas sous le contrôle du grand prêtre, elle avait un couteau dans les mains et son ennemi ne se méfiait pas. Ce que le docteur lui expliquait semblait le mettre en colère et il portait de moins en moins attention à elle. C’était le bon moment pour agir. Elle se précipita sur le grand prêtre et lui mit le couteau sur la gorge.
- Que personne ne bouge, cria-t-elle!
Le grand prêtre se crispa sous la concentration. Cynthia sentit qu’il voulait qu’elle se plante le couteau dans le ventre, mais cette fois, elle résista.
- Ne faites pas ça, Cynthia, lui murmura le Gallifrérien.
Elle se sentit horriblement gênée, elle voulu lui faire savoir qu’elle bluffait, que jamais elle ne pourrait tuer quelqu’un, mais elle réalisa qu’après tout, elle était effrayée, tendue à l’extrême. Une mauvaise réaction de la part du grand prêtre et qui sait… Il fallait qu’elle trouve autre chose.
Cynthia eut alors une idée. Elle lâcha brièvement le grand prêtre, puis d’un coup sec, elle arracha la corde qui maintenant le don d’Aton alias la volonté vivante d’Amon sur le front du grand prêtre. Elle ignorait cependant que le grand prêtre, étant dans l’impossibilité de la contrôler, de contrôler le docteur ou de la faire maîtriser par ses gardes, avait accédé aux consoles et avec activé les moteurs du vaisseau. Elle lui avait enlevé son pouvoir trop tard.
Au même moment, le mur du fond coulissa et le docteur du passé et Rose entrèrent dans la pièce. Ils n’eurent pas le temps de réagir. La pièce s’emplit de rayons de lumière qui explosaient dans tous les sens, le grand prêtre fut vaporisé ainsi que deux de ses gardes. Le docteur du présent fut renversé par une explosion de lumière et tomba par terre, inconscient.
- Docteur, s’écria Rose en se précipitant!
- Ne bougez pas, Rose, cria le docteur du passé!
Cynthia plaça le don d’Aton sur son front et tenta d’arrêter ce que le grand prêtre venait de faire. Il fallait faire vite, le docteur du passé n’étaient assez près pour le faire à sa place et il ne pouvait approcher à cause des explosions de lumière qui manquaient de les vaporiser à chaque instant. Mais dès qu’elle eut accès aux consoles du vaisseau, sa tête fut emplie de données à un tel point qu’elle se sentit perdue.
- Le trou noir est déstabilisé, cria le docteur, on ne peut plus l’arrêter. Il faut actionner le système de sécurité d’urgence.
- Comment?
- Concentrez-vous! Pensez : " sécurité " et " urgence ".
Elle obéit et sans avoir a appuyer sur un quelconque bouton ni à fouiller dans un menu, un champs de force entoura la console sur laquelle le casque était posé et contint ainsi la lumière. L’ennui, c’est qu’elle se trouvait du mauvais côté du champs de force, près de la console.
- Docteur, cria-t-elle désespérée!
- Je suis là, lui dit-il en se précipitant, tournevis sonique à la main, vers une autre console. Le trou noir continue de se déstabiliser, le champs de force ne tiendra pas longtemps.
- Est-ce que je peux faire quelque chose, demanda Cynthia?
- Ayez confiance, je vais vous sortir de là, Cynthia.
Il courrait rageusement d’une console à l’autre, en activant une de son tournevis et en pianotant sur un autre clavier.
- J’ai le don d’Aton, s’exclama Cynthia, je vais explorer les banques de données, ils doit y avoir une solution.
Elle ferma les yeux et laissa le flot de données pénétrer son esprit, elle pensa à ce quel cherchait, comme le docteur le lui avait expliquer, puis elle comprit.
- Ça n’affecte pas l’hémisphère droit, pensa-t-elle, ça renforce le gauche, le côté logique, calculateur. Le don d’Aton fait de mon cerveau un ordinateur, la console de contrôle principal du vaisseau-prison. Quand ça contrôle l’esprit d’un autre, ça en fait aussi un ordinateur, en réseau avec le mien. C’est ça. Je suis l’ordinateur de bord. Je peux contrôler ce vaisseau!
- Je sais comment l’arrêter, cria-t-elle, tout haut! Sortez du vaisseau! Vite!
- Non! Cria le docteur! Il a sûrement une autre solution.
- Vous savez qu’il y en pas. Vous l’avez toujours su. Partez! Et emmenez-le, ajouta-t-elle en pointant l’autre docteur, toujours inconscient.
- Il est moi, je ne peux pas le toucher et je doute que Rose soit assez forte pour le porter.
Cynthia regarda les quelques gardes qui restaient et en utilisant le don d’Aton, elle tendit la main vers eux.
- Emmenez-le dehors par le chemin qu’elle vous indiquera, ajouta-t-elle en pointant Rose.
- Allez-y, murmura le docteur à la jeune britannique. Je vous rejoins tout de suite.
Rose voulu protester, mais les gardes ramassaient le docteur inconscient et se dirigeaient déjà vers elle. À moitié résignée, elle leur montra le chemins par les corridors sombres d’où elle était venues. Le docteur se tourna vers Cynthia.
- Donnez-moi au moins cinq minutes, supplia-t-il.
- Vous n’avez même pas ce temps. Je sens ce vaisseau comme si c’était mon propre corps. C’est comme ça que les choses doivent se passer. Vous savez qu’on ne peut changer ce qui s’est passé. Je vous en prie! Ne restez pas ici!
Le docteur poussa un profond soupire et regarda Cynthia dans les yeux.
- Je ne vous connais pas encore, mais j’aurais préféré que ça ne se termine pas ainsi.
- Ça ne se termine pas encore, vous me reverrez bientôt, puisque je fais parti de votre avenir. Vous devez sortir maintenant, sinon, nous ne nous rencontrerons jamais. Alors, à bientôt et adieu.
La luminosité s’accrut. Le docteur se précipita vers la porte et couru à perdre haleine dans le corridor sombre jusqu’à l’extérieur, avec Rose, l’autre docteur et les gardes. Un grondement sourd, monta du sol et la colline artificielle s’arracha soudainement au sable du désert. Elle s’éleva lentement dans les airs puis dans un éclair de lumière aveuglante, elle disparut.
Rose et les docteurs
Le docteur du présent reprit lentement conscience. La première chose qu’il vit fut le visage angélique de Rose penché sur lui. Il devait rêver… Puis, sa mémoire se remit en marche et il se rappela.
- Cynthia, murmura-t-il avec tristesse.
Rose secoua la tête, les larmes aux yeux.
- Je suis désolée.
Il se rappelait maintenant comment tout cela s’était passé et comment avant même de la connaître, il avait essayé de la sauver, tout en sachant qu’il ne la sauverait pas. Rose, qui sentit sa tristesse, le serra dans ses bras momentanément. Comme ça lui avait manqué!
L’autre docteur restait en retrait, visiblement mal à l’aise. Il se leva, il se sentait étourdit, avec un mal tête affreux, mais il sentait que ça ne durerait pas. Il regarda son alter ego et lui dit ce qu’il se rappelait s’être dit, il y a longtemps, mais il sentait le besoin de le dire.
- Tu n’aurais pas pu la sauver.
- Je sais, dit l’autre dans un souffle. Le pire, c’est que je vais devoir revivre ça.
- Je sais, dit-il. Et bien d’autre choses, pensa-t-il en regardant Rose. Je ne t’envie pas, reprit-il tout haut.
Ils restèrent un moment silencieux, à regarder le cratère qu’avait fait le vaisseau en décollant.
- Avant de partir, ajouta le docteur du passé. Peux-tu me dire où est le Tardis, mon Tardis.
- Ho! Ça c’est facile. Notre ami Pa-Ramessou et son père Séthi l’ont caché pendant la période confuse qui a suivi notre mise en sommeil. C’est ce qu’il voulait dire quand il m’a dit que mon Tardis était en sécurité dans son tombeau. Ironiquement, c’est là que j’ai atterri. Ton Tardis se trouve tout près du mien, dans le tombeau de Ramsès Premier. Il l’a fait emmurer pour le protéger. Je vais vous y conduire. Allons-y!
***
Époque 2 : le docteur
Après avoir aidé Rose et son alter ego à trouver l’autre Tardis, le docteur fit ses adieux à Rose et les regarda partir. Il se retrouvait à nouveau seul avec un autre deuil sur le cœur : une autre perte parmi trop d’autres pertes. Le cœur lourd, il alla vers son Tardis et enfonça la clé dans la serrure.
Il entendit alors des bruits de pas et une voix s’écrier : " Toth! Attendez! ". Il se retourna pour se retrouver face à un jeune homme essoufflé qu’il n’avait jamais rencontré, mais qui lui semblait familier : le visage, bien sûr, mais la carrure et cette détermination dans le regard. Le jeune homme ressemblait énormément à Séthi, le père de Pa-Ramessou.
- Vous devez être un prince.
- Je suis Ramsès, fils de Séthi Premier, héritier du trône.
- Bien sur, s’exclama le docteur joyeusement. Ramsès II! Je suis ravi de faire votre connaissance.
- Moi aussi, Thot. Mon grand père m’a beaucoup parlé de vous.
Le jeune homme tendit vers le docteur un rouleau de papyrus.
- Il m’a demandé de vous remettre ceci.
Le docteur prit le document et le déroula. Il reconnu au milieu du texte, la colonne bleue de Thot, la représentation du Tardis que le père de Pa-Ramessou lui avait montré, il y a longtemps.
- Ce rouleau est dans votre famille depuis des générations. Je ne peux pas accepter.
- Mais il parle de vous. Il a été écrit pour vous.
- Très bien, abdiqua le docteur en roulant le document, remerciez-le de ma part.
- Je le ferai. Si vous le permettez, j’aimerais vous regarder partir, comme ça, je saurai à quel point les histoires de mon grand-père sont vraies.
- Bien sur! Rincez vous l’œil! Ce fut un plaisir, Ramsès. Je vous souhaite un long règne.
Après avoir serré chaleureusement la main du futur monarque, le seigneur du temps entra dans le Tardis et referma la porte. Il examina rapidement le document, en lu quelques brides et s'exclama au comble du bonheur.
- Mais oui! C’est ça! C’est bien elle!
Il jeta encore un coup d’œil au texte puis se mit à programmer le décollage du Tardis. La console se releva et se baissa plusieurs fois pendant qu’un futur Pharaon voyait la colonne bleue de Thot disparaître.
Époque 0 Le docteur et la conteuse
La vieille femme se chauffait au soleil. C’était la saison de la sécheresse et bientôt suivrait les pluies, elle profitait de ce temps sec pour prendre du soleil avant la saison humide. Autour d’elle, jouaient ses petits enfants et les enfants des serviteurs. Elle était en paix. Elle savait que son temps achevait, mais elle avait eut une vie longue et heureuse. Son petit-fils Tothmès, l’aîné des enfants, alla la voir.
- Grand-mère, dit-il, raconte-moi encore des histoires.
- Ho oui! S’exclamèrent les plus jeunes en se regroupant autour de l’aïeule.
- Quelle histoire voulez-vous entendre?
- Parles-nous de la fois où le docteur a réveillé la dame de la rivière.
- Non, parles-nous du Tardis!
- C’est quoi le Tardis, demanda le plus jeune garçon des serviteurs?
- C’est avec ça qu’il voyage, qu’il va partout ou il veut.
- À quoi ressemble le Tardis?
- C’est une petite cabine bleue, répondit Tothmès.
- Qu’est-ce qu’une cabine, demanda Dédetes la plus jeune.
La vieille femme réfléchit à la façon de le leur expliquer.
- Cela ressemblait à une colonne, mais moins haute et un peu plus large. C’était une colonne toute bleue.
- Comme celle-là, s’écria Dédetes en pointant quelque chose derrière elle?
Elle se tourna et vit, au milieu du désert, le Tardis qui venait d’apparaître. La porte s’ouvrit et le docteur en sorti. Il se dirigea lentement vers le groupe, en souriant.
- C’est le totheur, s’écria Emsaf, un autre de ses petits enfants!
- Le docteur, le corrigea Tothmès. Est-ce vraiment lui, grand-mère?
- Oui, dit-elle en souriant. C’est vraiment lui.
- Bonjour Cynthia, dit le seigneur du temps à la vieille femme.
- Je savais que vous me retrouveriez.
- Avez-vous toujours le don d’Aton?
- Je l’ai détruit en broyant la montre entre deux pierres.
- Vous avez bien fait. Et le vaisseau prison?
- Il n’a pas supporté le voyage, c’est maintenant une colline de débris recouverte de sable.
- Excellent! Ce n’était pas une mauvaise idée de laisser un message pour moi à vos descendants.
Elle regarda le groupe d’enfants.
- Je n’y suis pour rien, ils ont toujours été fascinés par les histoires vous concernant.
Et c’était vrai, les enfants entouraient maintenant le docteur avec le regard émerveillé. Ce n’était pas toujours les jours que leur héros arrivait à l’improviste. Toth ne serait déifié que quelques générations plus tard.
- Je ne l’aurais pas deviné, mais cette force de caractère, cette détermination chez Séthi, Pa-Ramessou et Ramsès II : c'était vous tout craché. Qui l’aurait cru? Vous êtres l’ancêtre de la dynastie des Ramésides.
- Grace à vous! Le trou noir qui alimentait le vaisseau m’a envoyé dans le passé. J’y ai rencontré mon époux, il m’a recueilli et enseigné la langue et les coutumes égyptienne. J’ai connu une vie simple, mais belle. En fait, ce n’était pas vous qui aviez une dette envers le temps, c’était moi. Le Tardis a attendu que je sois votre passagère pour nous y emmener.
Le galifrérien acquiesça et montra à Cynthia le rouleau de papyrus qu’il tenait toujours à la main.
- Je suis content que vous ayez laissé des traces. Sans ça, je vous vous aurais cru morte…
Une lueur de tristesse passa dans ces yeux. La vieille femme se rappela qu’elle avait remarqué cette tristesse à plusieurs reprises chez le voyageur du temps. Il avait perdu des gens, elle le sentait. Elle se leva avec difficulté et fit quelques pas vers le seigneur du temps pour lui embrasser la joue.
- Qu’allez-vous faire maintenant?
- J’ai plein d’idées. Peut-être que vais-je aller faire un tour sur Mars. Ça me changerait de la Terre.
- Alors, profitez-en bien. J’aurais aimé pouvoir vous accompagner…
- Ho! Mais rien ne presse, ajouta-t-il en souriant, j’ai tout mon temps.
Il sortit un Yo-Yo de sa poche et s’adressa aux enfants.
- Vous voulez que je vous montre quelques tours?
- Oui, s’écrièrent les enfants en l’entourant!
Alors que le soleil se couchait sur le Nil de l’Égypte ancienne, le docteur savourait un de ses derniers moments de joies simples avec des enfants et une vieille amie. Sa chanson achevait, mais ça, c’est une autre histoire…
FIN