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Une rencontre spéciale

Série : Cold Case
Création : 19.12.2008 à 20h23
Auteur : Genna 
Statut : Terminée

« suite que j'ai imaginé du 4.24 » Genna 

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Avant de repartir vers la maison de Michel et Catherine David, Lilly profita de ces quelques instants de calme pour respirer un peu. Elle resta donc quelques instants sur la tombe de Nicole, et fut rejointe quelques minutes plus tard par Scotty.

- Il va falloir qu'on y aille Lil, lui dit-il doucement.

- Pourquoi ? Pourquoi faut-il que la vie s'acharne sur certaines personnes ? Elle n'a pas l'âge pour ça... Tu te rends compte, son enfance est fichue.

- Non, son enfance n'est pas fichue. Elle a gardé l'insouciance que tous les enfants ont en eux. Elle a gardé l'espoir de la vie. Elle vit une période difficile, mais elle a toute la vie devant elle pour se reconstruire...

- (...)

- Tu as encore de la marge. Tu peux encore construire la tienne Lilly. Fit-il devant l'absence de répartie de sa collègue. Je ne pensais pas pouvoir un jour dire ça. Moi aussi, je pensais ne pas surmonter ça. Et pourtant... Tu sais, je pense souvent à elle. Parfois, je me demande comment Elisa aurait réagit, ce qu'elle pourrait bien dire, ou faire ? Mais voilà, la vie est comme ça. Et il faut aller de l'avant. Je sais que c'est idiot. Tu le sais très bien, mais j'y suis arrivé, alors Millie y arrivera et tu arriveras. Je ne vois pas pourquoi tu serais à part des autres. Il faut juste le temps.

- Combien de temps alors ? Pourquoi c'est si...

- Cela dépend des personnes, je ne saurais pas te répondre. Et puis, c'est la 1ère année qui est la plus dure, car chaque jour qui passe est nouveau. Tandis qu'après une année de bouclée, tu as déjà vécu les événements sans la personne, comme les anniversaires, les noëls...

- Tu vois, ce qui m'embête dans tout ça, c'est que Millie n'a pas d'autres enfants de son âge autour d'elle. Ses grands-parents ne sont plus tous jeunes... Alors, oui elle peut se reconstruire, mais en subissant d'autres traumatismes. Elle peut ne plus avoir de repères. Elle n'a plus ses parents. A Chris et moi il nous restait notre mère...

- Attends, t'es pas sérieuse Lil ? Demanda Scotty soudain paniqué.

- Et si c'était la solution. Il lui faut une présence maternelle, ou paternelle.

- Ce qu'elle aura avec ses grands-parents !

- Pour combien de temps ? 1 an, 2 ans, 10 ans ?

- Ca peut très bien être 10 ans, Lil ! Et si c'est le cas, elle aura grandi. Elle aura mûri.

- C'est justement à la période de l'adolescence qu'un enfant a le plus besoin...

- Et toi, tu dis des bêtises à cause de la fatigue... Tenta Scotty avec un petit sourire. Arrête tout de suite de penser à ça, car tu ne sais pas dans quoi tu t'engages si tu continues. Attends d'en avoir un à toi, et ne prends pas ceux des autres.

- Je ne comprends pas comment tu arrives à plaisanter, fit-elle avec un ton de reproche. C'est de la vie d'une enfant, dont je te parle !

- Non, Lilly. C'est de toi que tu parles. Tu viens de m'avouer ce dont tu rêves...

- Tu crois... Répondit-elle soudain paniquée.

- Oui ! Tu veux être mère. Tu te sens prête.

- Je...

- Ca fait depuis le début de l'enquête que je m'en doute, mais là j'en suis sûr !

 

Ingrid vint les interrompre, Michel s'en allait, et comme ils ne connaissaient pas le chemin de la maison, ils devaient le suivre. Scotty répondit à Ingrid qu'ils la suivaient. Il dû tirer sa collègue par le bras pour qu'elle réagisse. Elle était interdite. Et s'il avait raison ? Si elle avait réellement envie de ça ? C'était le monde à l'envers. Il fallait déjà qu'elle se stabilise psychologiquement et qu'elle trouve la bonne personne pour fonder une famille. Elle décida de ne pas en parler à Léa. Sinon, celle-ci lui recommanderait aussitôt d'autres séances. Elle n'y avait jamais songé avant, ou alors peut-être inconsciemment. Elle s'était toujours refusée d'y penser depuis Ray. C'était lui qui avait bouleversé sa vie. C'était lui qui avait en partie détruit ses rêves, et pourtant à chaque fois qu'il revenait dans sa vie, elle retournait vers lui. Même si elle lui avait dit la dernière fois que ce n'était plus la peine, elle savait que s'il revenait, son 1er instinct serait encore de retourner vers lui. Tout en pensant, elle regardait Scotty. Il s'en aperçut et lui sourit.

- Je n'ai jamais voulu te troubler tu sais.

- Oui, je sais, mais je me demande comment tu...

- Je te connais, c'est simple !

- Et tu arrives à deviner...

- Ce n'est pas le moment Lil, fit Scotty en jetant un regard vers Ingrid qui avait l'air intéressée par leur conversation.

Elle se rendit à l'évidence. Il avait raison. Elle lui répondit qu'ils n'en avaient pas fini, il faudrait qu'ils continuent leur conversation, et sourit à Ingrid. Celle-ci le lui rendit, mais tourna la tête et un sourire malicieux s'afficha sur son visage. Ces 2-là étaient proches c'était certain.

 

A peine, étaient-ils arrivés chez les grands parents de Millie, que le portable d'Ingrid sonna. Elle s'éloigna pour répondre et revint quelques instants plus tard, l'air assez sérieux. Lilly lui demanda ce qui n'allait pas.

- Je crois qu'on a un problème supplémentaire à gérer, répondit-elle.

- Lequel ? Demanda Lilly.

- La raison pour laquelle Nicole a été agressée, c'est qu'elle devait de l'argent à un type, et qu'elle n'arrivait pas à lui rembourser...

- Et, est-ce qu'on sait de quel genre de trafic il s'agit ? Questionna Scotty.

- Hélas non. Votre lieutenant a interrogé le complice d'Arkison. Et ils n'ont rien obtenu d'autre.

- Nicole ? Non... Ce n'est pas possible, fit Lilly en regardant Millie d'un air paniqué. Jamais elle n'aurait pu mettre la vie de sa fille en danger !

- Et pourtant... On en voit tous les jours et bien pire parfois, dit Ingrid.

- Et Ethan ? Suggéra Scotty.

- Le père de Millie ? Demanda Lilly surprise. Non...

- Le mieux, c'est de retourner au commissariat, et on avisera ensuite. Poursuivit Ingrid.

 

C'est ainsi qu'ils arrivèrent 1h plus tard au commissariat. Ils avaient dû inventer une excuse pour Millie, mais Michel comprit et leur demanda de le tenir informé. Ils ne l'avaient pas prévenu. Ce n'était pas le moment. Ils avaient autre chose à penser qu'à ça. Ils trouvèrent le commissaire en pleine effervescence. Il avait eu l'agent de l'ambassade en ligne. C'était la 1ère fois qu'il s'occupait d'une affaire aussi importante. Il pensait que Lilly et Scotty rentreraient plus tôt aux USA, mais Parker lui avait dit qu'ils étaient bien plus utile ici. En effet, ils pourraient trouver des indices dans les affaires de Nicole. Ils étaient tous assit dans le bureau de Chartier. Le téléphone sur haut-parleur permettait ainsi à tout le monde d'entendre Stillman faire un résumé, qu'Ingrid transcrivait ensuite. Scotty fit part de sa théorie, qui fut accueillie avec empressement par son chef. D'ailleurs c'est aussi à Ethan qu'il pensait. Il avait demandé son dossier médical et il était marqué dessus qu'il avait succombé à ses blessures faites par arme blanche, une dans le dos, et une autre au niveau du ventre. Lilly pensa à un règlement de compte, ce que Stillman approuva, mais il fallait le prouver, maintenant. Il leur ordonna donc, en accord avec Chartier, qui n'avait d'autre choix que d'accepter, vu les ordres de l'ambassade, de chercher dans les affaires de Nicole tout ce qui pouvait les mettre sur la piste. Lilly lui dit qu'ils attendraient le lendemain pour ça. En aucun cas elle ne les dérangerait aujourd'hui. Il acquiesça et raccrocha.

 

En sortant du bureau, Lilly en profita pour sortir sur la petite terrasse. Il faisait un soleil éclatant dehors, elle n'en revenait pas. Il faisait si beau, et elle devait travailler, alors qu'il y avait pleins de choses à faire dans cette ville. Elle pensa aussi à ce qui aurait bien pu pousser Ethan à commettre cette erreur. L'argent facile, sûrement. Ingrid la rejoignit.

- Mon chef me dit, que puisque aujourd'hui, on ne peut pas commencer, et ce qu'il comprend d'ailleurs, pourquoi ne pas en profiter ?

- Profiter de quoi ? Lui demanda t'elle avec un petit sourire.

- C'est simple ! Qu'avez-vous envie de faire ?

- C'est sérieux ! S'exclama Lilly surprise. J'aimerais profiter de ce beau temps déjà ! J'ai vu des brochures à l'hôtel sur les alentours.

Elles décidèrent donc de se promener dans les alentours, et Ingrid servirait de guide. Lilly proposa à Scotty, mais il déclina la proposition. Il était plongé dans la lecture du rapport. Lilly voulu s'installer à ses côtés pour y prendre part aussi, mais il refusa. Elle avait besoin de s'aérer. Elle l'écouta donc avec une petite pointe de déception quand même. Il lui promit de lui faire un résumé. Lilly et Ingrid passèrent donc le reste de leur journée à flâner dans les rues de Paris. Elles allèrent jusqu'à place de la Concorde. Lilly était surprise de l'agilité de la jeune femme au volant. Elle se faufilait n'importe où, faut dire aussi que ce n'était pas encore l'heure d'affluence. Elles finirent leur virée par une petite séance shopping.


Genna  (04.02.2009 à 22:25)

Lilly rentra à l'hôtel aux alentours de 19h30. Elle se dirigea tout de suite vers sa chambre et prit une longue douche. Il faisait un temps estival, 28-30° c'était rare, lui avait dit Ingrid. Depuis quelques années, ils avaient un mois de juin très maussade, mais cette année était placée sous le signe du beau temps. Elle espérait que cela dure une bonne partie de l'été. A 20h15, elle alla frapper à la porte de Scotty. Au dernier moment elle se dit qu'elle aurait dû l'appeler, mais il lui ouvrit.

- Je t'emmène dîner, lui dit-elle sur un ton radieux.

- Et où ça ?

- Ce n'est pas très original, mais au restaurant de l'hôtel, répondit-elle en souriant. A moins que tu n'ais pas faim.

- Laisses-moi 10 minutes, je te rejoins en bas. Je ne savais pas qu'il fallait s'habiller classe, rajouta t'il en la détaillant.

- Qui sait ? Peut-être que l'homme de ma vie m'attends, fit-elle après une hésitation de quelques secondes.

Elle descendit et s'installa à une table. Elle laissa ses pensées divaguer. L'inquiétude qu'elle avait ressentie encore il y a quelques temps refaisait surface. Jamais elle n'aurait pensé que l'affaire les emmènerait sur cette piste. Elle ne vit pas son collègue s'installer en face d'elle. Il du s'y reprendre en 2 fois pour lui demander si ça allait ?

- Oui, un peu fatiguée, mentit-elle.

- Je suis désolé d'être porteur de mauvaises nouvelles, mais Ethan flirtait avec les embrouilles.

- Je m'en doutais un peu, fit-elle.

- Il s'est peut-être fait avoir, tu sais, tenta t'il pour la rassurer. Il se retrouve au chômage, et trouve un boulot, il ne se méfie pas et...

- Comment Michel David va t'il prendre le fait qu'on enquête sur sa fille et sur son gendre ? Il vient juste de l'enterrer.

- Ne t'en fais pas Lil ! Et Dis-moi plutôt quel est ton vrai problème ?

- Je n'en ai pas. C'est juste l'enquête qui...

- A d'autres ! Fit-il en tentant un sourire. En fait t'es en pétard car j'ai réussi à deviner ce que...

- D'ailleurs, j'aimerais qu'on enterre ça Scotty. Ca fait partie des choses...

- Qui se passent ailleurs... Oui j'ai compris dit-il, mais un conseil...

- S'il te plaît... On passe à autre chose.

- Alors dis-moi de quoi on va parler ? On n'aborde pas l'enquête, ni notre conversation de tout à l'heure.

- De toi, fit Lilly avec un œil plein de malice.

- Bravo, pris à mon propre jeu, fit-il en riant.

- Comme ça tu sauras que la curiosité est un vilain défaut, continua t'elle sur le même ton.

 

Le reste du repas se passa rapidement. Ils commençaient à prendre l'habitude de ce rythme. Et ce soir, ils avaient décidé de goûter à la cuisine locale. Lilly se régala. Elle ne se souvenait pas avoir si bien mangé. Elle dégusta sa crème brûlée avec délice, tandis que Scotty avait choisi une tarte aux pommes, un classique lui avait dit le serveur. Il la regardait manger et se retenait de lui poser la question qui le hantait. Mais s'il le faisait, il s'attendait à des répercussions. Elle lui avait confié certaines choses, et il savait qu'il serait un moment sans qu'elle ne lui dise autre chose sur elle. Il dévia son regard sur sa gauche, et ce qu'il vit l'amusa. Une dame était en train de donner le reste de son assiette à un petit chien. Il demanda à sa collègue de regarder, et ils partirent d'un grand éclat de rire.

- Je pense qu'elle a remarqué qu'on se moquait d'elle, dit Lilly entre 2 rires.

- Non, je ne pense pas, j'ai été discret, à moins que toi...

Elle lui répondit qu'elle aussi savait la jouer discrète. A 23h, ils prirent le chemin de leurs chambres. Arrivés devant celles de Lilly, ils restèrent quelques instants en silence, à se regarder. Elle ressentit alors un trouble l'envahir, et se rappela les paroles de Lindsay. Etait-ce le fait d'être loin de chez eux, ou la fatigue, mais ça la travaillait. Il comprit, et lui souhaita une bonne nuit avant de s'éloigner. Elle resta encore quelques instants sur le pas de sa porte, incapable de bouger et se décida à rentrer.

 

Le lendemain, quand ils arrivèrent au commissariat, ils eurent la surprise d'y trouver Michel. Ce dernier était assis en face du commissaire, et attendait. Ingrid leur dit qu'ils avaient un peu de retard. Scotty regarda sa montre, 9h15, il s'excusa et dit que normalement c'était à cette heure là qu'ils commençaient leurs journées, et qu'ils ne comptaient plus les soirs où ils faisaient nocturne. Ils entrèrent donc tous les 3 dans le bureau de Chartier.

- J'ai demandé à Monsieur David de venir le plus vite possible, dit-il, en insistant sur le fait qu'ils étaient en retard.

- Il y a un problème ? Demanda celui-ci à Lilly.

- Il semblerait oui ! Coupa Chartier, qui comprenait de mieux en mieux l'anglais.

- Ecoutez, commença Scotty. Nous avons réussi à interpeller les 2 individus qui ont agressé votre fille...

- Mais... Continua Michel, il y a un mais n'est-ce pas ?

- Connaissiez-vous bien votre gendre ? Lui demanda Lilly.

- Je dois avouer que non ! Pourquoi ? Il a quelque chose à voir avec le meurtre de Nicole ?

- Peut-être, fit Chartier avec peu de diplomatie. Votre fille n'était pas du genre à se créer des ennuis. Votre gendre...

- Ce que veut dire le commissaire... Commença Ingrid.

- J'ai compris, la rassura Michel. Ethan a eu quelques soucis, et ma fille en a fait les frais.

- On ne sait pas quel genre de soucis il s'était créé, souligna Lilly. Mais ce qu'on sait c'est que ces gens ne plaisantent pas.

- Vous voulez dire que...

- Non, rassurez-vous, fit Scotty. Il n'y a aucun risque pour Millie, ni pour vous. Ils seront jugés et on s'efforce de remonter la chaîne.

- Et pour y arriver, nous aurions besoin de vérifier certaines choses, dit le commissaire.

- Comme ses affaires ? Demanda Michel. Oui, je comprends. Le problème c'est qu'elles ne sont pas rangées, et qu'il...

- Ce n'est pas un problème, le rassura Lilly. Millie avait l'air déçu qu'on ne visite pas sa maison. Donc... C'est l'occasion !

- Donc l'inspecteur Rush vous accompagne et vous l'aidez à chercher tout ce qui peut nous aider. L'inspecteur Valens reste ici et fait le lien avec son supérieur et l'ambassade, lança Chartier.

 

Il voulait garder un des 2 sous la main pour pouvoir l'aider si le lieutenant rappelait. Ingrid restait aussi au commissariat, elle pourrait s'assurer comme ça que tout le monde se comprenne. Lilly partit donc avec Michel. Ils arrivèrent quelques minutes plus tard dans la maison des David. Millie jouait avec des poupées, tandis qu'un adolescent la surveillait. Elle le détailla, il était là contraint et forcé cela se voyait. Il portait un pantalon bien trop grand pour lui, et des écouteurs pendaient sur son cou et retombaient sur son sweat. Il la salua, Lilly lui répondit en français. Millie ayant reconnu la voix de la jeune femme s'interrompit et se précipita vers elle.

- Je pensais que tu ne reviendrais plus tu sais ! Dit-elle en anglais.

- Sans te dire au revoir ? Voyons Millie...

- Il n'est pas là Scotty ?

- Il travaille, tu sais !

- Et toi tu ne travailles pas ?

- Si, je dois...

- Millie, l'inspecteur Rush doit vérifier certaines choses. Intervint Michel. Elle doit voir si les affaires de ta mère sont toutes arrivées, et s'il y a un problème, elle va voir si elle peut le résoudre.

Lilly le remercia avec un clin d'œil. Son explication tenait plus la route que celle qu'elle s'apprêtait à donner. Michel lui dit qu'il allait l'aider, il demanda à Julien de veiller encore sur Millie. L'adolescent soupira et accepta. Michel expliqua à Lilly qu'il s'agissait du petit-fils d'un de ses voisins, et qu'il faisait de temps en temps du baby-sitting dans le quartier. Après avoir cherché une bonne partie de la matinée, ils prirent le temps du repas comme une pause. Millie était fière de faire voir sa chambre à Lilly. Il y avait encore des cartons, mais ça commençait à prendre forme. Ils n'avaient rien trouvé, mais ne perdaient pas espoir. Lilly demanda si elle pouvait téléphoner. Elle appela donc Scotty pour savoir s'il avait du nouveau de son côté. Il lui apprit qu'il avait passé une bonne partie de la matinée au téléphone avec l'ambassade. Il attendait normalement l'appel de Stillman dans le courant de l'après-midi. Lilly le remercia de lui avoir encore rappelé le décalage horaire. Elle était étonnée de ne pas avoir de nouvelles, mais c'était normal. Il lui demanda d'être un peu plus patiente. Ils raccrochèrent.

 

A peine eut-il raccroché que le portable de Scotty sonna à nouveau. C'était Vera qui l'appelait pour lui dire qu'ils avaient trouvé quelque chose d'intéressant sur les relevés de compte d'Ethan. 6 mois avant son décès, il avait retiré quasiment tout ce qu'il avait sur son compte épargne. Et 1 mois ½ plus tard, cette somme se retrouvait doublée. Ils avaient réinterrogé de nouveau Arkison, qui niait toujours avoir un rapport avec Ethan. Scotty lui demanda alors pourquoi avoir dit que Nicole lui devait de l'argent. Et c'est là que Scotty devina. Ethan était un joueur compulsif. Cela expliquait les variations d'argent sur son compte, et le fait qu'il en doive beaucoup. Il demanda à Nick d'essayer de voir avec Samuels, le complice. Il lui répondit qu'ils avaient déjà essayé, mais qu'ils avaient l'impression qu'Arkison était un pauvre homme qui avait peur de quelque chose. C'était de ce Samuels qu'il fallait se méfier. Arkison était pareil qu'Ethan, sauf qu'il était lié à Samuels à cause de Nicole. Scotty fit part de son intuition, et Vera lui répondit qu'il n'avait pas tort. Avant de raccrocher, il lui demanda comment ça se passait avec Lilly. Bien que surprit par la question, il répondit que tout allait bien, et qu'il fallait qu'il s'occupe de ses affaires. Scotty ajouta que s'il devait se passer quelque chose entre eux, il serait le dernier au courant. Vera allait répliquer, mais il l'en empêcha en lui disant qu'il avait du boulot, et que contrairement à lui, la journée était déjà bien avancée. Vera resta encore quelques secondes avec le téléphone dans les mains. Surprit, il n'avait encore jamais vu son collègue se vexer aussi facilement. Kat lui dit qu'il méritait ce qu'il avait semé. A force de les embêter, il y en a un qui n'a plus trouvé ça drôle du tout.

 

Scotty fit un résumé de sa conversation à Ingrid. Chartier n'avait comprit que quelques mots et impatient, il lui demanda d'aller un peu plus doucement. Ingrid esquissa un sourire et traduisit.

- Une dette de jeu, mais cela paraît évident ! S'exclama t'il.

- En tout cas, ça explique le fait qu'il soit un jour à découvert, et le lendemain, son compte est renfloué. Expliqua Scotty.

- Et ne pouvant plus rembourser car sa chance ayant tourné, les types à qui il devait du fric se sont remboursés en le tuant. Continua Chartier.

- Non, en fait ils se sont retournés contre Nicole. Ils lui ont montré quel homme était son mari. Fit Ingrid. Ces gens-là ne se contentent pas de tuer, ils...

- Oui, je sais de quoi ils sont capables, remarqua Chartier vexé. Merci Ingrid de me faire passer pour un...

- En tout cas, il faudrait que Lilly découvre quelque chose dans les affaires de Nicole qui prouve qu'ils la faisaient chanter. Coupa Scotty. Cela expliquerait pourquoi ils s'en sont pris à elle aussi sévèrement.


Genna  (13.02.2009 à 09:29)

De son côté, Lilly avait moins de chance. Elle n'avait rien trouvé qui puisse relier Ethan à un quelconque trafic. Elle se posa quelques instants et son regard se posa sur un petit cahier. Elle le prit et l'ouvrit. Et ce qu'elle découvrit la surprit. Dans ce petit cahier d'écolier était retranscrit la vie de Nicole. Original comme journal. Jamais elle n'aurait pensé vérifier ce cahier. C'est sûrement ce que Nicole avait pensé aussi en écrivant ses pensées dedans. Jamais personne n'irait farfouiller dedans. Elle tournait les pages et lisait les quelques lignes. Une page retenu son attention. Elle faisait allusion à Ethan. C'était écrit en français et ne lisant pas cette langue il fallait bien demander à quelqu'un. Elle décida donc de demander à Michel. Elle savait que Chartier le lui reprocherait, tout comme Stillman d'ailleurs, mais si elle devait attendre de revenir au commissariat, cela serait une perte de temps. Elle descendit discrètement, mais ce fut peine perdue vu que Millie fixait l'escalier de temps à autre. Elle demanda alors à la petite fille d'être bien sage et de dessiner. Elle devait parler avec son grand-père. Elle demanda Michel de lui lire un passage, mais qu'il devait lui promettre de ne pas réagir. Il le lui promit et se mit à lire et traduire.

 

Ethan me ment. J'en suis quasiment sûre. Il rentre de plus en plus tard, et quand je lui demande pourquoi, il me répond qu'il n'avait pas vu l'heure. Il me ment. Il put le tabac et l'alcool. Qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour qu'il ne veuille plus passer de temps avec nous. Millie le réclame tous les soirs, et à chaque fois je suis obligée d'inventer de nouvelles excuses ! Et surtout, ce courrier de la banque qu'il a reçu. C'était un recommandé donc j'ai été obligée de signer le reçu. Je l'ai ouvert. Je ne lui en ai pas encore parlé, mais ses comptes sont à 0. Il me ment. S'il a une maîtresse, il peut me le dire. On ne serait pas le 1er couple à vivre ça ! Surtout pour Millie. Je ne me sens plus capable de lui mentir.

 

Michel regarda Lilly avec stupeur. Nicole lui mentait. Elle lui avait dit qu'elle était heureuse. Or, le passage qu'il venait de lire disait le contraire. Lilly s'en aperçut et lui dit qu'elle préférait plutôt emmener le journal au commissariat et demander à Ingrid de lui faire la traduction.

- Non, je continue, si vous permettez ! C'est ma fille, et j'ai le droit de savoir si elle était heureuse.

- Je n'aurais jamais dû vous demander ça. Normalement, vous n'avez pas le droit de...

- Et si je l'avais trouvé en rangeant ses affaires ? Je l'aurais lu, j'aurais prit ce temps.

- Ecoutez...

- Je dirais à ce commissaire que c'est moi qui ai trouvé le journal et que j'ai jugé utile de vous le montrer.

- Pourquoi seriez-vous prêt à faire ça pour moi ?

- Parce que je m'en voudrais si jamais vous deviez en faire les frais ! Et je ne pourrais jamais assez vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour Millie vous et l'inspecteur Valens.

- Je ne sais pas quoi vous dire...

- Laissez-moi continuer ! Laissez-moi vous aider à coincer ces salopards !

Lilly accepta après lui avoir demander de garder ça secret. Si jamais quelqu'un devait l'apprendre c'est toute sa carrière qui serait en jeu. Ce journal était devenu un élément de l'enquête. Michel lui promit que même sous la torture, il ne le révèlerai pas. Son explication tenait la route, il avait commencé à ranger les affaires et était tombé dessus par hasard. Et comme il pensait que cela aiderait la police, il le lui avait donné. Elle le remercia encore, et lui demanda de continuer. Il répliqua que c'était lui qui la remerciait encore pour tout, et en même temps il tournait les pages. Il s'arrêta sur un passage qu'il lut d'abord, et en fit la traduction.

 

Ca fait un an qu'Ethan est mort. Millie commence à réaliser. En même temps, elle n'a que 3 ans. Mais je sens qu'elle comprend. Je pense rentrer en France. Après tout rien ne nous retient ici... Papa et maman ne le savent pas encore. J'ai l'intention de leur faire la surprise. Je ne digère toujours pas la dispute qu'on a eu papa et moi. Ils s'inquiètent pour nous, c'est normal. Mais il y a aussi quelque chose qui me tourmente. J'ai vu des hommes rôder autour de chez nous. Je ne sais pas ce qu'ils cherchent, mais dès qu'ils ont vu que je les avais remarqué, ils sont partis. Ca fait déjà plusieurs fois que je les vois. J'ai peur pour Millie. Jusqu'à aujourd'hui où l'un d'entre eux est venu me voir. Il m'a menacé en me demandant de lui rendre son argent. Mais je ne sais pas de quoi il parle ? Quel argent ? Je n'ai rien emprunté à personne ! Et c'est là que j'ai décidé de chercher dans les affaires d'Ethan. Il paraissait distant et froid les derniers temps avant... Et j'avais raison de me méfier. Il y avait sur ses comptes un mouvement d'argent incessant. Enfin... Jusqu'à ce que toutes ses économies y passent. Il n'avait plus rien. Je comprends mieux pourquoi je ne pouvais pas payer les formalités pour son enterrement. Il avait entièrement vidé son assurance vie. C'est pour cela qu'il faut que je rentre en France. Sans ça, ils ne nous laisserons jamais tranquilles. Je ne peux même pas prévenir la police. Que feraient-ils ?

 

A peine Michel eut-il finit sa traduction que Lilly composa le numéro de Scotty. Elle lui raconta brièvement les passages, et lui dit qu'elle arrivait le plus vite possible. Il lui demanda comment elle avait trouvé ces éléments. Elle lui répondit après une hésitation de quelques secondes, qu'il nota, que Michel avait trouvé le journal et que l'ayant lu, il avait jugé utile de lui en parler. Ils raccrochèrent, mais Scotty était peu convaincu de l'explication de sa collègue. Elle lui avait déjà fait le coup, de mentir sur ses découvertes. Il verrait en temps voulu à lui demander la véritable explication. Elle arriva un peu plus tard, et tendit le cahier au commissaire. Ce dernier le feuilleta et trouva la découvert intéressante, il faudrait penser à remercier Michel David. Lilly lui dit qu'elle l'avait déjà fait. Ingrid lui raconta ce qu'ils pensaient. Elle trouva leur théorie intéressante, surtout depuis qu'ils avaient le journal de Nicole. Ca expliquait ses doutes et peurs. Scotty appela l'ambassade, toute découverte devait d'abord passer par eux. C'étaient eux qui jugeaient s'ils devaient prévenir Stillman et inversement. Il pesta contre l'administratif. Quelle perte de temps ! Alors que s'il appelait directement son chef, il aurait des renseignements supplémentaires à exploiter et eux en retour en auraient aussi.

 

Il apprit donc que Samuels avait parlé. Il avait dit qu'Ethan avait voulu jouer dans la cour des grands, et qu'il s'était trompé. Il n'était pas de taille. Samuels l'avait repéré, et lui avait dit que son patron était prêt à lui prêter une grosse somme d'argent pour rembourser ses dettes de jeu, s'il acceptait de travailler pour lui en échange. Et à la première affaire que Samuels lui avait confié, Ethan s'était fait avoir et avait refilé tous ses tuyaux à un flic en couverture. Par contre, il niait toujours l'avoir tué, comme il niait le fait d'avoir participer au meurtre de Nicole.

 

Après avoir raconté ce qu'il avait appris, Scotty suggéra de demander une copie des relevés d'Ethan. Chartier répondit qu'il fallait plutôt laisser ses collègues américains s'en charger. S'il y avait besoin de vérifier, ils étaient sur place. Il suggéra donc d'en rester là pour le moment. Lilly regarda sa montre 18h. Elle trouvait qu'ils s'arrêtaient tôt. Elle fit la remarque à Ingrid qui lui dit qu'ils avaient une durée légale à ne pas dépasser. Les heures supplémentaires n'étant pas comptées au bout d'un certain nombre. Elle lui répondit que c'était différent aux états unis. Elle ne comptait plus les soirées passées à travailler.

- Oui, mais vous verrez quand vous aurez une vie familiale, fit Ingrid en souriant.

- Je... Je n'en suis pas là pour le moment, répondit Lilly troublée.

- Désolée, dit Ingrid. Je ne voulais pas...

- Ce n'est pas grave. Je ne vous en veux pas.

Décidément, tout le monde se liguait contre elle. Pourquoi est-ce qu'on lui répétait ça à longueur de temps ? Elle repensa à sa conversation avec Scotty. Se pouvait-il qu'en effet, elle se sente enfin prête ? Oui, mais pour ça, il fallait qu'elle arrive à gérer ses problèmes. Elle répondit à peine à son collègue qui lui demandait ce qu'elle voulait faire. Il insista donc.

- Allô la lune, ici la terre !

- Quoi ?

- Je demandais donc, si tu étais fatiguée ? Sinon on peut peut-être voir si on peut rapporter des souvenirs aux autres ?

- Tu veux jouer au touriste ? Demanda t'elle étonnée.

- Bah quoi ! C'est une belle ville, et je suis sûr qu'il y a pleins de choses à faire avant le dîner.

- Tu me fais une proposition, fit-elle malicieusement.

- Quoi... Non... Lilly... fit-il paniqué.

- Quand t'auras trouvé la réponse appropriée, tu me fais signe, lui dit-elle en riant.

- Tu veux que je t'invite ? Questionna t'il ahuri.

- Pourquoi pas ? J'en ai un peu marre de l'hôtel, du restaurant de l'hôtel, de...

- Mais, je te signale qu'on ne sait pas se débrouiller...

- Si ce n'est que ça, j'ai trouvé une adresse à la réception de l'hôtel. C'est un restaurant spécial touriste, m'a dit l'hôtesse. A moins que tu ne sois encore fatigué ! Si c'est le cas, je vais voir si je peux...

- Et je te laisserais seule dans une ville que tu ne connais pas ! La coupa t'il. Je préfère t'accompagner.

Elle sourit. Son petit côté protecteur réapparaissait. Elle avait envie de sortir du contexte de l'enquête. Elle avait pensé que cela aurait été plus facile. Mais elle était obligée de s'avouer que finalement ça ne l'était pas. Millie était entre de bonnes mains. Ses grands-parents veilleraient sur elle. Mais pourquoi alors, n'était-elle pas soulagée ?

 

Ils passèrent donc la fin de l'après-midi à essayer de rapporter des souvenirs originaux. Lilly acheta un porte clés Tour Eiffel qu'elle accrocherait à ses clés de maison. Scotty se moqua d'elle, elle lui répondit qu'elle faisait ce qu'elle voulait. Les touristes aux Etats Unis s'arrachaient bien les t-shirt I Love NY, et les petites Statues de la Liberté, donc le must en France était ces porte clés. Il admit donc qu'elle avait raison. Pour toute réponse elle lui adressa son plus beau sourire. Ils avaient beau cherché, ils ne trouvaient rien qui pourrait convenir pour leurs collègues. A 20h, ils entrèrent dans le restaurant Le Bistrot, et furent surpris d'être accueilli dans leur langue, après avoir dit qu'ils venaient de la part de Christelle. Ingrid avait appris cette phrase à Lilly, et celle-ci l'avait donc récitée par cœur. Pendant le repas, il entreprit de lui demander des comptes sur la découverte du journal.

- Je rêve ! Tu ne me crois pas ? Fit-elle.

- Tu m'as bien menti une fois, donc...

- A propos de mensonge, t'es pas le mieux placé pour me dire ce que j'ai à faire, je te signale.

- Bien envoyé, répondit-il avec un sourire gêné.

- Je sais ! J'avoue j'aime bien t'embêter avec ça... Tu devrais te voir. A chaque fois tu réagis...

- T'essaies de me faire dire quoi ?

- J'essaie juste de te faire voir que j'ai le droit d'avoir des secrets ! Je ne suis pas obligée de tout te dire de ma vie !

- Je ne t'ai rien demandé !

- Si ! Tu m'as demandé comment j'avais trouvé le journal de Nicole ? Ce n'est pas moi qui l'ai trouvé, mais Michel.

- Ok ! Je te crois ! Fit-il avec un air suspicieux.

- Je vais bien ! Je vais mieux. Le rassura t'elle. Arrête un peu de t'inquiéter pour moi. Et là je ne te mens pas.

- Donc tu me mens pour le journal, fit-il en riant.

- Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit, dit-elle en l'imitant.

- Et toi, ne m'interdis pas de m'inquiéter ! Lui répondit-il doucement et en la fixant.

- Je... Commença Lilly. Tu t'inquiètes réellement ? Continua t'elle troublée.

- Je ne serais pas là, si ce n'était pas le cas. J'aurais laissé Kat ou Vera venir.

- Qu'est-ce que tu lui as dit ? Demanda t'elle sérieusement.

- A qui ?

- Au chef ! Que lui as-tu révélé à mon sujet ?

- Rien... Je...

- Je te faisais confiance Scotty ! Si j'avais su que tu irais tout raconté au patron après, jamais je n'aurais... Dit-elle en comprenant mieux l'attitude de Stillman à son égard.

- Je ne lui ai rien dit qui puisses te nuire. Jamais je n'aurais trahi...

- Il doit bien être au courant de quelque chose. Il ne me lâche pas depuis que... Enfin depuis la prise d'otages.

- A laquelle tu as participé ! Moi je trouve ça normal ! C'est notre chef, et de plus, il tient à toi comme moi je... Il s'interrompit.

- Comme tu ? Questionna Lilly troublée. Comme tu quoi ? Poursuivit-elle, sachant très bien la fin de la phrase. Devant le silence de Scotty, elle continua. Scotty, tu veux dire que...

- Comme si tu en doutais, fit-il. Lilly, on bosse ensemble...

- Je veux la vraie explication !

- Tu veux quoi ? Tu veux que je te dise que je m'en veux énormément pour ce qui s'est passé. C'est une de mes balles qui t'a touché ! J'ai bien cru te perdre, j'étais comme un fou en pensant que c'était à cause de moi. J'ai...

- Scotty...

- Je crois qu'on ferait mieux de rentrer, fit-il de façon à ce qu'elle ne puisse rien ajouter.

 

Il se leva et se dirigea vers la caisse et régla la note. Lilly resta assise à la table abasourdie. Elle ne bougeait pas, comme incapable d'esquisser le moindre mouvement. Elle fixait maintenant la chaise en face d'elle. Non se dit-elle, elle ne venait pas d'entendre ce qu'il lui avait dit. Ses voisins de table la regardaient, mais elle s'en fichait. Au bout d'un moment, elle se décida à sortir. Elle n'allait pas rester indéfiniment assise dans ce restaurant. Elle savait que plus tôt elle lui demanderait des comptes, moins cela serait difficile.

- A quoi tu joues ? Lui demanda t'elle, une fois assise dans la voiture.

- On rentre, lui répondit-il.

Elle coupa le contact et prit les clés.

- Non, dis-moi ce qu'il y a ? Je ne te les rends pas avant que tu me dises clairement...

- Tu as très bien compris ! Ne joues pas à ça avec moi.

- Tu... Enfin, comment ? Pourquoi ?

Il lui fit face et lui répondit qu'il ne savait pas. Il n'y avait jamais songé avant leur voyage, avant de la voir avec Millie. Il ne savait même pas ce que cela voulait dire.

- Ne me dis que tu culpabilises toujours ? C'était...

- Je ne sais pas Lilly.

- Attends ! Tu me fais quoi là ? T'attends que j'aille mieux, et tu me balances ça comme... Comment crois-tu que je le prenne ? D'abord tu me dis, non plutôt tu me fais croire que Millie m'a...

- C'est vrai, et tu le sais ! Ne fais pas celle qui ne vois pas ! Millie a contribué à ton rétablissement. Sans elle, tu en serais toujours au même point avec tes questions !

- J'ai toujours mes questions ! Et tu viens de m'en poser de nouvelles ! Comment crois-tu que je... puisse gérer tout ça en même temps ?

- Je crois qu'on ferait mieux de rentrer !

- Arrêtes avec cette phrase. Ce n'est pas en rentrant à l'hôtel que...

- Non, rentrer chez nous. Retrouver nos repères...

Il lui prit les clés des mains et remit le contact. Le voyage se fit dans un silence de plomb. Une fois arrivés, ils se quittèrent sans un regard.


Genna  (25.02.2009 à 19:01)

Le lendemain matin, ils s'évitèrent encore lors du petit déjeuner. Ils ne se retrouvèrent qu'une fois devant la voiture. Ils arrivèrent donc au commissariat en silence. Ce qu'Ingrid remarqua aussitôt. Elle voulu demander à Lilly ce qu'il y avait, mais le regard de Scotty l'en dissuada. Lilly avait passé la nuit à chercher des explications à cette révélation, mais sans succès. Tandis que Scotty avait passé la sienne à regarder la télé. Vu qu'il ne comprenait rien de ce qu'il s'y passait, il s'était contenté de la chaîne sportive et avait coupé le son. Il avait donc suivi quasiment l'intégralité des matchs de tennis. En fait, c'était plus un accompagnement car il n'avait pas cessé de se répéter qu'il avait agi comme un idiot. Lui révéler ce qu'il ressentait était une bourde monumentale. Surtout dans l'état dans lequel elle se trouvait. Fragile psychologiquement, ne demandant qu'un choc pour replonger. Et c'est ce qu'il avait fait. Chartier le sortit de ses pensées en disant qu'ils avaient fait un effort sur l'horaire. Il était 8h passé. Lilly répondit qu'ils avaient du boulot, donc autant s'y mettre le plus tôt possible. Elle se dit qu'en fait, plus ils se consacreraient à l'enquête, plus celle-ci avancerait et plus tôt ils rentreraient. Elle était obligée d'admettre que ce voyage brouillait leurs repères. Elle préférait cette explication plausible à ce qu'il lui avait révélé. Il essayait de se rattacher à quelque chose, et pour le moment, il n'avait trouvé qu'elle. A 10h, Michel et Millie arrivèrent. Chartier les avait convoqué pour interroger Millie. Elle devait sans doute se rappeler de certaines choses. Les enfants avaient une capacité à se remémorer des événements qu'ils oubliaient avec le temps par contre. Dès que Millie aperçut Lilly, comme à son habitude elle se précipita vers elle et lui offrit un câlin réconfortant. Lilly essaya de se dégager. Elle se devait de rester concentrée, sinon la résolution qu'elle s'était faite de tenir le coup depuis les événements de la veille ne serait d'aucune utilité. Mais elle dû s'avouer que cela lui faisait du bien. Et s'il avait raison ? Cette question la hantait. Si elle refusait de voir la vérité en face ?

 

Ingrid observait la scène et comprit. Lilly essayait de se convaincre qu'elle n'avait pas besoin des autres pour avancer. Elle lança un regard à Scotty qui faisait celui qui était plongé dans un rapport, mais en fait, c'était une parade. Elle savait que tout ce qui était posé sur le bureau où il se trouvait était en français. Chartier intervint encore une fois et demanda à Michel de l'accompagner. Il appela donc Millie, et ils se dirigèrent dans son bureau.

- Une chose est sûre, fit Ingrid à Lilly. Millie va avoir du mal à vous quitter.

- Je crois que moi aussi, répondit Lilly avec une voix à peine audible.

- Croyez-moi, elle ne vous oubliera jamais. Vous représenterez toujours quelque chose pour elle.

- Je ne croyais pas pouvoir m'attacher aussi rapidement, mais...

- Un conseil ! Ne vous retranchez pas trop derrière elle ! Ne vous voilez pas la face sur vos sentiments et sur votre vie. Fit Ingrid en désignant Scotty du menton.

- Je...

- Je dois avouer que j'ai moi aussi de bonnes relations avec mes collègues, et je ne connais que vous 2, mais je ne suis pas aussi liée à mes collègues comme vous l'êtes.

Elle s'éloigna laissant Lilly seule et stupéfaite par ce qu'elle venait de lui dire. Elle lança un rapide regard à son collègue. Il faisait celui qui n'avait rien vu. Elle s'approcha de lui et lui dit que s'il tenait à rentrer un jour, il fallait s'atteler à la tâche rapidement au lieu de rester à fixer une feuille à laquelle il ne comprendrait rien, vu que c'était en français. Elle ne lui laissa pas le temps de répondre. Il fut obligé d'admettre qu'elle avait raison. Il se leva et la suivit. Mais avant de rentrer dans le bureau, il lui dit qu'il regrettait, il avait agi comme un idiot. Avec un sourire, Lilly lui répondit que pour le moment, ce n'était pas à elle qu'il devait se consacrer, mais à Millie.

- Tu...

- On en reparle plus tard. Je ne suis pas totalement bornée et têtue ! Plus tôt on aura une conversation, et mieux ce sera !

Elle lui sourit timidement et il fit de même. Ils entrèrent donc dans le bureau.

 

Chartier expliqua à Michel ce qu'il avait l'intention de tenter. Il lui dit qu'une assistante sociale et une pédopsychologue devaient arriver normalement pour interroger Millie sur les individus qui rôdaient devant chez elles à Philadelphie. Michel accepta, mais demanda s'il n'y avait aucune conséquence pour sa petite fille. Ingrid lui répondit que la psychologue qui allait mener l'interrogatoire était une des meilleures dans sa spécialité et qu'il ne fallait pas s'en inquiéter. Millie était restée avec Scotty à l'extérieur du bureau. Ce dernier avait dû ruser, car elle ne voulait pas laisser son grand-père tout seul, croyant qu'il ne reviendrait pas. Lilly et Scotty s'étaient regardés. C'était la 1ère fois qu'elle paniquait depuis l'enterrement. Lilly avait encouragé la fillette à le suivre et elle lui avait dit que son niveau de français était nul. Millie avait sourit et donc entreprit de remédier à cela le plus vite possible.

- Je pense que la venue de cette psychologue ne pourra que l'aider au contraire, remarqua Lilly.

- Elle commence à réagir violemment, dit Michel. Elle fait des cauchemars la nuit.

- C'est plutôt bon signe, fit Lilly. Elle évacue. Le tout c'est qu'il ne faut as que cela dure trop longtemps. Pas comme moi, ajouta t'elle.

- Vous... Commença Michel.

- C'est une longue histoire, et je ne préfère pas m'embarquer là dedans.

- Nous pouvons aussi demander à ce que vous restiez, fit Ingrid à Michel.

- Je crois que ce ne serait pas très judicieux, remarqua Chartier. Il va falloir qu'elle se concentre, et si elle voit que son grand-père est là, elle aura peur de lui faire de la peine. C'est valable pour vous aussi Lilly.

Lilly qui avait entendu son nom, détourna son regard vers Ingrid, qui lui expliqua ce que le commissaire venait de dire. Elle acquiesça et répondit qu'elle avait comprit. Elle demanda néanmoins, à ce que Scotty soit présent. Il ne fallait pas enlever tous ses repères à la petite fille non plus. Chartier accepta.

 

Ils sortirent du bureau et Lilly se dirigea vers Millie et son collègue, à qui elle demanda de suivre Ingrid. Il la regarda étonné et s'exécuta. Millie qui observait l'attitude des 2 inspecteurs trouva ça bizarre. Pourquoi était-elle exclue ? Elle posa la question à Lilly.

- Ecoutes ma grande, une dame va venir te poser des questions. Tu sais comme Léa...

- Encore des questions sur maman, fit la fillette les larmes aux yeux.

- Oui, je suis désolée que tu ais à subir cela, mais...

- Je sais ! Mais pourquoi est-ce que vous me le cacher ?

- On ne te le cache pas Millie, puisque je te le dis. C'est juste que ton grand-père n'aura pas le droit d'être avec toi. Et moi non plus.

- Quoi ? Pourquoi ? Commença Millie en essuyant les larmes qui perlaient au coin de ses yeux.

- On sera tout près, ne t'inquiètes pas. Et Scotty sera avec toi.

- Pourquoi pas toi ? Demanda t'elle en serrant la main de la jeune femme.

- Millie, s'il te plaît, fit Lilly doucement.

- Je ne veux pas que tu sois loin...

- Je ne serais pas loin, je te le promets. Et puis pourquoi ne veux-tu pas rester avec Scotty ?

Millie accepta donc. Elle serra Lilly dans ses bras. La jeune femme vit que son collègue les regardait. Elle prit sur elle pour ne pas craquer. Les larmes lui montaient aux yeux et sa gorge se noua. Il fallait qu'elle mette une barrière. Millie ne pouvait pas continuer à s'attacher à elle comme ça. Et elle ne pouvait pas continuer, sinon une fois rentrée, c'était la rechute assurée. Elle comprit que comme son collègue, elle n'avait pas ses repères, donc elle se rattachait à ce qu'elle trouvait, en l'occurrence Millie. En temps normal, jamais ils n'auraient perdu pied, mais le contexte de leur voyage et l'enquête y avaient grandement contribuer. Elle se sépara de la fillette et la conduisit vers Michel. En s'éloignant Scotty vint à sa rencontre.

- Lilly...

- Pas maintenant Scotty.

- Il faut qu'on parle pourtant !

- Oui, mais là ce n'est pas le bon moment !

- Et c'est quand le bon moment, avec toi ?

- On doit rester concentrés pour Millie. Toi, car tu l'accompagnes et moi pour épauler Michel ! Alors ce n'est pas le moment qu'on s'embrouille encore plus.

- Je ne sais pas à quoi tu pensais, mais moi je te parlais de l'enquête ! Je sais très bien que pour parler de ça ce n'est pas le moment. Fit Scotty désabusé.

- Mais...

- Mais comme ça, je sais que tu es prête pour une conversation.

Lilly s'en voulu de s'être laissée prendre au piège, tandis qu'il se félicita. Il savait qu'en jouant la carte de l'ambiguïté, il gagnerait à tous les coups.


Genna  (04.03.2009 à 19:10)

- Alors Millie, fit Nathalie Dunay, la psychologue. J'aimerais que tu me dises si tu aimes bien la France ?

- Pourquoi est-ce que vous devez savoir si...

- Comme ça, juste pour savoir. Tu habitais aux Etats Unis, donc je veux savoir si c'est différent, ici ?

- Je ne sais pas, ça fait pas longtemps que je suis là. Mais je connais déjà. Je suis venue l'année dernière avec maman pour les vacances.

- Justement, tiens ! Est-ce que tu savais que ta mère avait le projet de revenir ici ?

- Oui, elle me disait que j'allais devoir parler français tout le temps. Au début je ne comprenais pas, mais après elle m'a expliqué...

- Tu étais d'accord ?

- Oui, mais j'ai peur de ne pas me faire de nouvelles copines.

- Ecoutes, tu as de la chance, car l'année scolaire est finie, et tu commenceras l'année en même temps que tous les autres enfants.

- Oui, c'est vrai !

- Maintenant, j'ai une question à te poser. Dis-moi, est-ce qu'il t'as semblé que ta maman avait peur de quelque chose ?

- Peur de quoi ?

- Est-ce qu'elle se dépêchait pour préparer toutes les affaires ?

- Oui, quand même un peu.

 

Scotty assistait à l'interrogatoire. Il se demandait ce qu'il faisait là, car il ne comprenait rien. Ingrid s'approcha de lui et lui dit que Millie se sentait en confiance. Elle lui fit un rapide résumé pendant que Nathalie se renseignait auprès de Chartier des questions qu'il fallait qu'elle pose à la fillette. Millie vint à leurs côtés, elle trouvait bizarre qu'on la laisse seule. Elle demanda à Ingrid si la dame était gentille. Ce à quoi celle-ci répondit que oui, et qu'il ne fallait pas qu'elle ait peur. L'entretien se passa difficilement pour la fillette. Nathalie lui demanda si elle avait aperçut des gens bizarres autour de chez elle. Au début elle ne répondit pas, donc Nathalie dû ruser. Elle lui demanda alors si elle avait des souvenirs de son père. Millie répliqua affirmativement. Elle ne se souvenait que de moments particuliers, comme à Noël, elle l'avait reconnu lorsqu'il s'était déguisé. Elle ne l'avait jamais dit. Au bout de 20 minutes, Nathalie n'avait toujours pas réussi à faire dire la moindre chose à Millie. Celle-ci se retenait de pleurer, elle comprenait qu'on essayait de la faire parler. Mais elle ne savait rien de ce qu'on lui demandait. Non elle n'avait vu personne d'étrange, non elle n'avait pas peur ! Scotty voyant que Millie commençait à craquer s'approcha d'elle et lui prit la main. Elle leva son visage baigné de larmes vers lui et lui offrit un timide sourire. Le même genre de sourire que Lilly lui faisait quand elle n'allait pas bien et qu'il la réconfortait. Il essaya de ne pas en tenir compte, mais la ressemblance était frappante.

 

Michel et Lilly étaient restés dans le bureau du commissaire. Lilly ne comprenait toujours pas pourquoi on leur avait demandé de ne pas bouger. Elle se sentait exclue. Mais elle comprit que Millie allait devoir se montrer forte, et que la psychologue connaissait son métier. Elle allait faire de son mieux pour ne pas la brusquer, mais il fallait se montrer ferme. Ingrid vint les voir. Elle leur dit que Millie avait été très courageuse, mais que malheureusement cela n'avait servi à rien. Elle ne savait rien. Michel se leva d'un bond et se dirigea en trombes vers la pièce où se trouvait sa petite-fille. A peine eut-il franchit le seuil que Millie quitta les bras de Scotty pour se précipiter dans ceux de son grand-père, où elle évacua son trop plein d'émotion. Scotty regardait impuissant. Autant de chagrin chez une enfant était inadmissible. Lilly avait raison. Il la regarda, elle venait d'arriver avec Ingrid. Elle resta sur le pas de la porte. Voir la petite fille dans cet état lui fendait le cœur.

 

Le portable de la jeune femme sonna. Elle se ressaisit et s'éloigna.

- Rush, fit-elle avec une voix beaucoup moins assurée qu'elle espérait.

- Lil ! Ca va ? Lui demanda Lindsay.

- Oui, ça va... C'est juste que...

- Je sais. On a apprit qu'une pédopsychologue interrogeait Millie.

- Ca n'a rien donné hélas, dit Lilly. Au contraire, ça n'a fait que du mal. Milli est dans un sale état...

- Millie ? Ou toi ?

- Lindsay ! On parle de Millie, une petite fille qui...

- A laquelle tu t'es attachée à une vitesse folle, je te rappelle ! Je te comprends ! Comment ne pas être touché face à la détresse d'un enfant ?

- Il y a du nouveau sinon ? Demanda Lilly pour changer de sujet de conversation.

- Kat est à côté de moi je te la passe.

Lilly salua sa collègue et lui réitéra donc sa question. Cette dernière répondit qu'ils essayaient de confronter les 2 suspects. Ils allaient faire en sorte de leur faire croire que chacun avait vendu l'autre. Lilly lui dit que c'était une bonne idée et qu'en général il y en avait un qui craquait. Elle lui révéla aussi qu'elle aurait aimé y assister. Cela promettait d'être intéressant. Kat lui demanda si elle allait bien, et si de leur côté ça avançait. Lilly lui répondit que Millie commençait à craquer nerveusement et qu'elle ne savait pas combien de temps elle tiendrait encore. Elle lui dit que l'interrogatoire de la psychologue ayant échoué, la pression était énorme de leur côté. Kat sourit et lui dit qu'elle aimait bien les challenges. Elles raccrochèrent, après que Kat ait tenté de savoir si ses 2 collègues ne se tapaient pas trop dessus. Lilly esquiva la réponse en disant qu'ils n'avaient quasiment pas de temps pour se chamailler. Ce que Kat nota. Sa collègue arrangeait la vérité là.

 

Lilly raconta à Ingrid ce qu'elle veniat d'apprendre. Chartier dit que c'était une bonne idée. Lilly lui confirma sa pensée en disant qu'elle était pour aussi. Au moins là, ils obtiendraient sûrement quelque chose. Chartier l'interrompit en disant que Millie la cherchait. Elle se dirigea vers la petite pièce où elle se trouvait en compagnie de son grand-père. Il préféra les laisser seules, Millie y tenait particulièrement. Lilly s'avança vers la petite fille.

- Ce n'est pas grave tu sais, Millie, fit-elle doucement. Personne ne t'en veut tu sais.

- J'avais l'impression qu'on allait me disputer.

- Pourquoi ? Ecoutes, on sait très bien que tu ne mens pas. Si jamais tu savais quelque chose, tu nous l'aurais dit.

- Est-ce que je pourrais revenir te voir de temps en temps ?

- Millie... Commença Lilly complètement décontenancée. Je vais te dire une chose, et tu dois comprendre que c'est pour ton bien.

- Tu ne veux pas ? Répliqua la fillette les larmes aux yeux.

- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Mais tu ne dois pas continuer à t'accrocher à moi. Tes grands-parents sont là. Ils seront présents pour toi.

- Oui, mais toi tu...

- Non Millie ! Tu ne dois pas...Je te promets de prendre de tes nouvelles, mais... Je ne suis pas et je ne serais jamais ta mère... Elle s'interrompit. Sa dernière phrase était maladroite, mais trop tard, elle l'avait prononcé.

- Je le sais bien ! S'écria Millie en s'énervant. Je sais. Mais t'es pareille que moi. Tu n'as plus tes parents et...

Elle s'arrêta net, ses sanglots longtemps retenus l'empêchaient de continuer. Elle réalisait. Scotty qui était resté dans un coin s'était approché de la petite fille et à son grand étonnement, elle le repoussa, comme elle repoussa Lilly. Elle se précipita hors de la pièce et claqua la porte derrière elle. Lilly resta encore un moment incapable de réagir. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer chez Millie, pour qu'elle agisse de la sorte ? Une réaction violente expliquait la détresse dans laquelle elle se trouvait, et personne ne pouvait l'aider. Hormis le temps. Ce qu'elle avait comprit depuis peu. Le temps effaçait pas mal de chose.

- Lilly, tu as eu raison. C'est ce qu'il fallait dire ! Tenta Scotty.

- Oui, mais je sais que moi je n'aurais pas supporter qu'on me lance ça en pleine figure !

- Il faut qu'elle comprenne, et qu'elle laisse sa colère s'exprimer.

- Oui, mais j'aurais pu...

- Ne culpabilise pas !

- C'est facile pour toi de dire ça ! Mais laisse-moi te rafraîchir la mémoire ! Ce n'est pas toi qui me disais que tu te sentais responsable de... Tiens encore hier, tu...

- Oui, mais c'est différent !

- Ah oui ? En quoi est-ce différent ? Voyant qu'il ne réagissait pas, elle continua. Donc oui, c'est facile pour toi d'agir de cette sorte, en oubliant ce que tu ressens et en essayant de donner des conseils ! A quoi ça sert, si toi-même tu ne les suis pas ?

- Ne confonds pas tout Lilly !

- Je ne confonds pas, j'observe, c'est tout. Tu me dis qu'il faut que j'assume mes sentiments, que j'assume cette révélation. Mais toi tu n'assumes pas le fait...

- Et si j'assumais ce que je ressens, comme tu le dis, je pense qu'on ne bosserait plus ensemble toi et moi !

Il se leva et partit, ne laissant pas le temps à Lilly de répliquer. Cette dernière se leva à son tour et se dirigea elle aussi vers le grand bureau. Il avait raison. A voir comment elle réagissait, il est clair qu'en temps normal, elle ne lui aurait pas laisser de chance de s'expliquer.

 

Le reste de la journée se passa à attendre le résultat de la confrontation de Samuels et d'Arkison. Chartier ne raccrochait pas son téléphone. Ingrid et d'autres collègues en profitèrent pour demander à Scotty comment ça se passait quand ils avaient un creux. Il lui répondit qu'en général leur chef en profitait pour leur faire ranger les archives. Ce à quoi Lilly répliqua avec un sourire que ça n'était arrivé qu'une fois, et que ça s'était transformé plus en une partie de rigolade que de classement. Elle raconta comment Vera s'était retrouvé enfermé dans un rayonnage suite à une blague de Scotty. En se souvenant, elle se mit à rire, bientôt imitée par Ingrid. Scotty, pour sa défense, dit que son collègue n'arrêtait pas de l'embêter, et qu'il s'était vengé. La soirée arriva vite, et ils n'avaient toujours aucune nouvelle. Eric proposa de suivre la soirée de foot dans le même bar. Scotty accepta, Eric le rassura en disant qu'il se débrouillait plutôt bien en anglais, ayant travaillé pendant 3 étés dans un office de tourisme près de Calais. Lilly et Ingrid se retrouvèrent donc toutes les 2. Le mari d'Ingrid retrouvant les autres pour le match. Ingrid appela sa mère pour qu'elle s'occupe de son fils. Lilly lui avait demandé de ne pas bouleverser sa soirée pour elle. Mais Ingrid ne lui laissa pas le choix.

 

Elles passèrent donc la soirée dans un petit restaurant assez sympa. Il y avait une bonne ambiance, le restaurant était très petit, ça facilitait donc cette ambiance chaleureuse. Lilly en profita réellement. Elle ne se souvenait plus depuis combien de temps, elle n'avait pas autant rit. Ingrid essaya de lui apprendre quelques expressions françaises. A la fin de la soirée, Lilly savait donc demander l'heure, dire qu'il pleuvait des cordes. Elle savait aussi lire le menu, enfin le nom et l'adresse du restaurant. Elles ne s'étaient pas limitées et avaient donc bien profité. Elles furent donc obliger de rentrer en taxi.


Genna  (12.03.2009 à 18:20)

De son côté Scotty passait aussi une bonne soirée. Le Real de Madrid menait contre l'AS Rome. Il avoua qu'il y prenait goût à ce sport, mais qu'hélas, il n'était pas sûr de trouver du monde pour suivre les matchs. Et d'ailleurs, aux Etats Unis les matchs européens n'étaient pas retransmis. Eric lui dit que la Coupe du Monde et l'Euro devait être rediffusées. Le match se termina donc par une victoire écrasante du Real 5 à 2. Un but avait suscité la polémique pourtant. Scotty rentra à l'hôtel et se dirigea vers sa chambre. Il hésita un moment en passant devant celle de sa collègue. Devait-il l'appeler ? Finalement il passa son chemin et rentra dans la sienne. Il s'endormit encore la télé allumée. Il se réveilla 15 minutes plus tard. Quelqu'un frappait à sa porte. Il se leva et alla ouvrir à Lilly.

- Qu'est-ce que tu fais là ? Lui demanda t'il. Tu n'as pu vu qu'il était un peu plus de 0h30.

- Désolée, mais ça ne pouvais pas attendre, lui répondit-elle. Tu ne devineras jamais qui m'a appelé.

- Lilly ?? Je n'ai pas envie de jouer aux devinettes. On en reparle demain.

- Vera m'a appelé. Fit-elle déçu de son attitude. Ils ont réussi ! Samuels a craché le morceau.

- Quoi ? Pourquoi est-ce que Nick t'as appelé et pas moi ?

- T'es jaloux ? Fit-elle avec un sourire. Il n'arrivait pas à te joindre. Il t'a laissé un message te demandant de le rappeler.

- Je n'ai pas quitté mon portable de la soirée pourtant. Comment ?

- Arkison n'a pas du tout aimé le fait que Samuels lui fasse porter le chapeau, donc il a avoué que c'était Samuels qui avait tout manigancé. Par contre jamais Nicole n'aurait dû en faire les frais.

- Et c'était si facile ?

- Stillman a eu la bonne idée d'interroger Samuels en 1er. Après Arkison n'a eu qu'à révéler la vérité. Ingrid était avec moi, et on a un peu fêté la fin de l'enquête.

- C'est donc ce qui explique ton état euphorique, fit-il avec malice.

- On a été raisonnable, et d'ailleurs je n'ai pas de comptes à te rendre sur ma vie, répliqua t'elle furieuse de s'être laissée avoir. Je te paye un verre de la part de Nick. Ils vont fêter ça de leur côté, donc pourquoi pas nous ?

- Lilly...

- Ce n'est pas moi, c'est Vera qui t'invite !

Il capitula devant l'insistance de sa collègue. Elle lui sourit en retour. Un signal d'alarme se déclencha dans la tête de Scotty, mais il décida de ne pas en tenir compte et la suivit donc. Il dû se dépêcher car celle-ci l'attendait déjà devant la porte de l'ascenseur.

- Tu peux me dire pourquoi es-tu aussi pressée ?

- J'ai peur que tu changes d'avis et que tu retournes jouer à la marmotte. Répliqua t'elle avec un regard malicieux.

- Et rater une soirée avec toi qui commence à être un peu pompette ? Fit-il entrant dans son jeu.

- Hey ! Je ne suis pas pompette !! Je sais où sont mes limites ! Et je ne les ai pas dépassées.

- Ok, ok ! Ce n'est pas la peine de...

Il s'interrompit, la porte de l'ascenseur s'ouvrant devant eux.

 

Ils arrivèrent du côté du bar, et Scotty demanda à Lilly si elle se sentait toujours d'attaque. Elle lui lança un sourire dont elle seule avait le secret et entra dans la pièce. Il commençait à s'inquiéter et se demandait s'il ne devait pas plutôt la ramener à la raison. Néanmoins il la suivit, poussé par la curiosité de voir sa collègue agir naturellement, sans se préoccuper des autres. Elle connaissait ses limites, mais lui aussi, et il était capable de la ramener de pied ferme à bon port. Elle commanda 2 bières et ils trinquèrent pour fêter leur réussite. Lilly lui dit qu'elle avait hâte de l'annoncer à Millie et Michel. Elle voulait voir la tête de la petite fille s'éclairer et la remercier. Le simple fait d'en parler lui mettait pleins d'étincelles dans les yeux. Il la regardait. Elle semblait reposée et calme, le contraire de ce qu'elle avait été ces derniers temps. Millie avait contribué à sa guérison. Lilly s'arrêta en plein milieu d'une phrase et le questionna sur son attitude. Il ne répondit pas, se contentant de la fixer. Elle se sentit soudainement troublée. Elle décida de reporter son attention sur autre chose. Elle regarda en vain dans la pièce. A part le barman et eux, il n'y avait personne. Il s'en rendit compte et chercha à changer de sujet. Il demanda combien de verres Nick avait dit leur offrir ? Car à ce rythme là, ils pourraient essayer de lui faire payer autre chose. Lilly éclata de rire, et ils se mirent donc à parler de choses et d'autres, oubliant l'enquête. Ils passaient juste une soirée ensemble. Le même genre de soirée dont ils avaient tous l'habitude de passer. De temps à autre un blanc s'installait et c'était à ce moment que leurs regards se croisaient, juste quelques secondes, mais suffisamment pour que la gêne revienne.

 

Le barman leur posa 2 autres bières sur la petite table. Lilly sentait sa tête tourner irrésistiblement. La fatigue additionnée au mélange en étaient la cause. Elle questionna le barman sur le fait qu'il n'y avait personne. Il lui répondit qu'habituellement à cette heure, ils étaient fermés. Elle regarda sa montre et vit que les aiguilles indiquaient 2h10. Elle regarda son collègue qui comprit. Il rajouta qu'il allait demander aussi au jeune couple qui était attablé de partir. Lilly regarda dans la direction qu'il lui indiquait et remarqua leur présence. Le barman lui glissa discrètement dans l'oreille qu'il pensait que le type avait dû faire sa demande car la fille tenait une rose blanche dans ses mains. Elle les détailla un peu plus, et lui dit qu'il avait un œil bien exercé. Scotty arrêta leur conversation prétextant l'heure. Lilly sourit, il n'avait jamais aimé se sentir exclu d'une chose. Il était déjà debout et attendait que sa collègue l'imite. Elle décida de jouer encore un peu. Elle prit donc tout son temps et remercia le barman encore une fois pour avoir veiller un peu plus longtemps qu'à l'accoutumé. Elle se dirigea vers la sortie, suivant de loin Scotty, qui se retournait de temps à autre pour voir si elle suivait toujours. Elle ralentit au niveau de la table du couple et offrit un sourire à la femme. Celle-ci le lui rendit, et Lilly pu voir une petite bague orner son annulaire gauche. Son sourire s'élargit et elle lui fit un clin d'œil.

 

- Tu peux me dire ce qu'il y avait d'intéressant entre le bar et la sortie ? Demanda Scotty.

- T'es vraiment rabat-joie Scotty !

- Non, je suis juste un peu plus raisonnable que toi, c'est tout !

- Oui bien sûr ! A d'autres ! Fit-elle en passant devant lui.

- Lilly...

- Là c'est toi qui traîne je te signale, lui dit-elle en riant.

- Parce qu'on attend que l'ascenseur arrive, répondit-il en l'imitant.

Il s'était rapproché de la porte, et regardait sa collègue. Là encore, elle ressentit un trouble l'envahir. Elle essaya de porter son attention ailleurs, mais rien à faire. Elle soutint elle aussi son regard. Une fois dans l'ascenseur, un silence s'installa. Ni l'un ni l'autre, n'osait parler le 1er. Lilly fixait les chiffres, tandis que Scotty était dans ses pensées. La porte s'ouvrit, ils hésitèrent un instant puis Lilly se décida et sortit dans le couloir. Toujours troublée, elle avançait rapidement. Il la rattrapa et lui demanda ce qu'elle avait ?

- Rien, je... Suis un peu fatiguée, dit-elle en l'évitant.

- C'est ça que de s'amuser, tenta t'il.

Elle lui sourit timidement. Elle ne savait pas ce qu'il lui arrivait, mais le simple fait d'avoir passer cette fin de soirée avec lui la troublait. Elle dû se rendre à l'évidence que depuis qu'il lui avait avoué ce qu'il ressentait, elle faisait un peu plus attention à tout ce qui se passait. Elle ne savait pas à quel point il se sentait mal. Ils étaient arrivés devant la porte de la jeune femme. Il lui souhaita une bonne nuit et s'éloigna. Lilly l'appela, il se retourna. Elle s'avança vers lui doucement et une fois arrivée à sa hauteur, elle lui déposa un baiser sur la joue. Il la regarda avec étonnement, tandis qu'elle recula brutalement, consciente de ce qu'elle venait de faire. Elle tenta de donner une excuse, mais les quelques mots prononcés eurent l'effet contraire. Scotty s'approcha d'elle à son tour et lui caressa la joue. Lilly perdit pied quelques instants, puis se ressaisit. Elle esquiva son collègue et fit un pas en arrière. Il la retint et lui demanda pourquoi elle avait agit de la sorte. Elle hésita et lui répondit qu'elle ne savait pas. Il se mit alors à la dévisager. Lilly se sentit troublée et pour toute réponse elle l'embrassa. Il la prit dans ses bras et leur étreinte se fit plus passionnée. Lilly ne pensait plus à rien. Après tout c'est elle qui avait commencé, si elle ne l'avait pas quasiment forcé à sortir, rien de tout cela ne serait arrivé. Ils se séparèrent et se regardèrent de nouveau. Après quelques instants qui leurs parurent une éternité, Scotty pris la parole.

- Lilly... On ne devrait...

- On est loin de chez nous, et on... Ca ne compte pas !

- Je crois qu'on ferait mieux d'aller dormir.

Il la regarda, et le timide sourire que Lilly affichait eut raison de sa volonté. Il se sentit fondre et guidé par l'attitude de la jeune femme, il l'attira contre lui et l'embrassa avec une passion mal contenue. Lilly se laissa aller elle aussi. Après tout, elle s'aperçut que le simple fait de laisser libre cours à la folie pouvait avoir du bon. Les effets de l'alcool et de la fatigue se mélangeaient habilement avec le fait d'agir spontanément. Elle en oubliait les règles. D'ailleurs ces règles n'avaient plus cours ici. Avant de s'abandonner totalement elle l'arrêta et le regarda intensément dans les yeux.

- Ca ne se passe qu'ici, une fois rentrés on...

- On passe à autre chose, lui murmura t'il en lui mordillant tendrement l'oreille. Promis.

Elle sourit et lui prit la main et ouvrit la porte de sa chambre. Il la suivit en passant ses bras autour de sa taille et en l'embrassant dans le cou.

 

Scotty se réveilla en sursaut. Il regarda autour de lui et referma les yeux. Il les rouvrit aussitôt en se remémorant ce qui s'était passé. C'était Lilly qui dormait à ses côtés. C'était ses bras qui la tenaient serrée contre lui. Il l'observa quelques instant. Elle était si paisible, et sa respiration régulière, prouvait qu'elle dormait. Lentement, il se dégagea, et après s'être levé, il sortit de la pièce. Une fois dehors, il regarda sa montre qui indiquait 7h15. Il repassa par sa chambre et en sortit 20 minutes plus tard. Il descendit prendre son petit déjeuner. Il était encore attablé quand Lilly vint le rejoindre 45 minutes plus tard. Elle l'avait entendu partir et était restée seule à analyser ce qui c'était passé entre eux. Elle le salua et posa son plateau sur la table. Elle croqua un morceau de son croissant. Un silence s'était installé, il le rompit, et crut qu'en disant des banalités la gêne s'envolerait.

- Bien dormie ?

- Pas assez, commença Lilly en rougissant. Je...

- On fait comme on a dit ! Une fois rentrés on oublie tout !

Ils se regardaient et Scotty caressa la joue de son amie qui ferma les yeux.

- Et si on n'y arrive pas ? Lança la jeune femme.

- Et bien on verra ça en temps voulu, répondit-il en la rassurant.

- C'est donc pour cette raison, qu'il vaut mieux arrêter tout maintenant. Pendant qu'on le peut encore ! Ca peut encore s'expliquer. On s'est laissé aller, sans se soucier des conséquences car on est ici, et que l'enquête nous a marqué. Donc on...

- Hey ! Ne t'inquiètes pas. Si ça te va, ça me va aussi. On arrête donc.

Il se tut, et bu la fin de son café. Il s'apprêtait à s'en servir une autre tasse quand elle l'en empêcha.

- Scotty ! Je vois bien que t'es contrarié ! Tu...

- Je vais bien Lilly ! Juste mal réveillé.

- Ne mens pas s'il te plaît ! Je vois bien que... Tu es sans doute l'un de mes meilleurs amis. Je ne veux pas te perdre à cause de bêtises !

- Ok ! Ok ! On arrête, puisque c'est une bêtise ! On arrête ! Mais ne te justifies pas dans ce cas ! C'est ton droit le plus légitime de ne pas vouloir continuer. Mais si tu cherches des excuses, par peur de me contrarier...

- Et tu l'es !

- Lilly ! Pour une fois, assumes tes actes. Assumes les conséquences ! Je viens de comprendre pourquoi tu restes coincée dans ta vie sentimentale. Tu veux aller de l'avant, mais quand l'occasion se présente, tu freines des 2 pieds et tu t'inventes des excuses. Si tu aimes toujours Ray, dis-le lui, et ne te mens plus !

Il se leva, et s'éloigna en la laissant seule. Il fallait qu'il s'en aille. Elle ne comprenait pas que pour lui c'était différent. Il s'en voulait d'avoir cédé, et en même temps, il en avait profité pour essayer de lui prouver qu'il l'aimait. Il avait longtemps lutté contre ça. Il y était même arrivé, et ce voyage lui avait montré qu'en fait il avait mis une parenthèse à ce qu'il ressentait pour elle.

 

Lilly resta interdite. D'accord ils avaient commis une erreur, mais pourquoi il lui mettait tout sur le dos. Ils étaient tous les 2 à la commettre cette bêtise. Il aurait pu tout stopper, il n'en a rien fait. Elle avala en vitesse son café et sortit à son tour, son croissant toujours dans les mains. Elle le retrouva à la voiture. Quand il la vit, il monta dans le véhicule et mit le contact. Lilly comprit et s'installa rapidement côté passager. Par chance, le trajet fut rapide. Une fois arrivés au commissariat, ils durent affronter Chartier qui était en colère car ils étaient encore en retard. Lilly n'eut pas longtemps à l'écouter car Millie, qui était déjà là se précipita vers elle. Michel la suivait de près. Le commissaire les avait appelé pour leur demander de passer dès qu'ils le pourraient. La petite fille entraîna la jeune femme à l'écart et lui offrit un câlin réconfortant. Lilly n'eut pas le temps de répliquer.

- Millie, doucement, tu vas faire tomber l'inspecteur Rush, fit Michel.

- Il m'en faut plus pour tomber, répondit la jeune femme avec un sourire.

- Merci Lilly, dit Millie. Merci pour tout. Ajouta t'elle les larmes aux yeux.

- C'est normal ma grande tu sais. Je suis contente pour vous. Vous êtes au courant ? Demanda t'elle à Michel.

- Ingrid n'a pas su tenir sa langue apparemment, répondit Scotty en évitant de regarder sa collègue, ce que Michel remarqua.

- Je pensais que le commissaire les avait mis au courant, fit Ingrid avec un sourire pour Lilly. Bien dormie ? Lui demanda t'elle.

- Ca peut aller, murmura cette dernière. Je...

- Pas assez ? Moi non plus en remarque. Il faudra qu'on se raisonne la prochaine fois !

Lilly lança un regard à Scotty. Il détourna le sien.

- Oui, je pense qu'on aurait dû être plus raisonnable, dit Lilly en réponse à Ingrid et indirectement à Scotty.

Ingrid ne répondit pas, mais saisit l'allusion. Il s'était passé quelque chose entre eux, quelque chose qu'il aurait mieux valut ne pas laisser se produire, selon Lilly. Elle ne dit rien, mais observa Scotty. Ce dernier était occupé à regarder ce que Millie lui montrait. Elle avait pris des photos de sa chambre. Michel en profita pour parler à Lilly. Il l'emmena à part.


Genna  (15.03.2009 à 20:33)

- Merci, pour tout, lui dit-il.

- De rien, c'est notre métier, vous savez.

- Non ! Merci de ne pas avoir révélé...

- Je vous l'ai dit c'est notre secret. Personne n'a besoin de le savoir. Et puis tout est rentré dans l'ordre. Et pour tout vous dire, ce sont les affaires de Nicole, vous avez tous les droits...

- Vous auriez pu vous attirer des ennuis à cause...

- Et je vais en avoir, si vous n'arrêtez pas d'en parler, lui dit Lilly avec un sourire. Et vous aussi d'ailleurs, nous avons caché un élément...

- D'accord ! Vous savez, je pense que Millie serait contente que vous passiez tous les 2 voir sa nouvelle maison, dit-il en désignant Scotty, qui était toujours avec Millie.

- Je... Commença Lilly. L'idée de se retrouver avec lui chez Millie ne l'enchantait pas beaucoup. D'accord, fit-elle en regardant la petite fille rire.

- Et puis, vous savez, vous ne serez pas obligés de vous parler ! Je pense que tout le monde a remarqué que vous étiez en froid tous les 2.

Lilly resta abasourdie. C'était si évident que ça ? Elle savait qu'ils auraient du mal à faire comme si de rien était, mais elle ne savait pas que cela se verrait autant dans leur attitude.

 

Michel ayant vu Scotty se lever, appela Millie et se dirigea vers elle avec un regard pour Lilly qui comprit. Cette dernière suivit son collègue et ils rentrèrent dans un petit bureau. Elle referma la porte doucement, il se retourna surprit de la voir là, pensant être seul.

- S'il te plaît, Lilly, ce n'est pas trop le moment !

- Tu sais très bien qu'il n'y aura jamais de bons moments pour parler, répondit-elle gênée.

- On en a déjà parlé, et on a décidé qu'on oubliait, je te signale !

- Tu étais en colère. Ce n'est pas ce que j'appelle parler !

- Bon sang Lilly, ouvres les yeux un peu ! Tu ne vois pas que... Tu ne vois pas que je n'ai pas du tout envie de parler de ça avec toi maintenant, se reprit-il. Je dois faire le point sur ce que je ressens, et te savoir à côté de moi, m'en empêche. C'est ça que tu veux entendre ? Tu veux entendre que je ne me contente plus de quelques moments passés avec toi, ces quelques moments où je me sens heureux ! Ces quelques moments où je me dis que finalement c'est peut-être possible ! Que tu ressens peut-être la même chose pour moi. Ces quelques moments où je me surprends à t'aimer sans me l'interdire.

- Scotty... Je...

- C'est comme ça Lilly ! J'ai bien essayé de me prouver le contraire, de m'en dissuader. Mais rien n'y fait. J'aurais dû hier soir tout stopper, je le reconnais, mais, je pouvais t'avoir, t'aimer, te regarder avec ton consentement. Alors oui, tu peux m'en vouloir, tu peux rejeter toute la faute sur moi, si tu veux, mais j'ai été honnête avec toi. Au risque de te blesser, de me blesser, mais je l'ai été. Alors sois-le aussi pour une fois. N'ais pas peur de me blesser, et dis-moi ce que...

- Tu n'as pas le droit de me lancer ça à la figure comme ça ! Sans prendre de gants ! Explosa Lilly. Je ne t'ai jamais encouragé à... Et même si cela avait été le cas, ce serait impossible. Tu es mon ami, et je ne veux pas gâcher ça. Je ne veux pas me retrouver seule un jour, en ne sachant pas vers qui me tourner. Je ne veux plus avoir peur de me confier. J'ai confiance en toi, mais... Elle s'arrêta, les sanglots dans la voix l'empêchant de continuer.

- Mais tu ne ressens pas la même chose pour moi, lui dit-il doucement. Lil écoutes-moi, poursuit-il en essayant de réconforter du mieux qu'il pouvait son amie. Jamais je ne t'en voudrais, et jamais je ne te laisserais. Mais je pense que pendant un certain temps, il va falloir qu'on fasse le point chacun de notre côté. Je ne sais pas combien de temps cela prendra, mais si tu tiens à notre amitié, ce temps on en a besoin. Et puis... Je crois que j'ai gâché toutes mes chances à cause de ta sœur, fit-il avec un timide sourire.

- Ce n'est pas drôle Scotty, rétorqua t'elle en éclatant de rire nerveusement.

- Et bien alors pourquoi tu ris ?

- Je préfère rire que de me mettre à pleurer ; ce qui nous ferait nous sentir encore plus coupable, car...

Il l'interrompit en l'embrassant sur la joue. Ce geste était si spontané qu'il n'avait pu le retenir. Lilly le regarda avec un air triste.

- Ne me regardes pas comme ça, lui demanda t'il. Je ne veux pas que... Oh et puis zut...

Il l'attira contre lui et l'embrassa avec une fougue que lui-même ne contrôlait pas. Lilly bien que surprise de la rapidité avec laquelle cela s'était produit, perdit pied, totalement troublée par ce baiser qu'il lui volait. Après quelques instants où ni l'un ni l'autre ne voulaient interrompre ce moment, il y mit fin. Et tout en la regardant, il lui murmura le mot merci. Ce simple mot, Lilly le comprit. Il la remerciait de l'avoir laissé faire, de l'avoir laissé l'aimer juste une fois. Il partit. Et une fois seule, Lilly laissa libre cours aux sanglots qui l'envahissaient. Elle venait de perdre son meilleur ami, car quoiqu'il dise, il leur faudrait beaucoup de temps pour reprendre une relation amicale. Cela ne s'oublierait pas aussi facilement que ça. Ils avaient commis tous les 2 une bêtise. Lui de ne pas avoir su se contrôler, elle de l'avoir laissé continuer. Mais, même si elle ne l'avouerait jamais, cette bêtise lui avait fait le plus grand bien. Elle avait retrouvé sa confiance en elle.

 

Le reste de la journée se passa donc comme elle avait commencé. Ils évitèrent de se croiser le plus possible, mais ne purent échapper à l'invitation de Michel David. Ce dernier avait invité toute l'équipe chez lui. Il voulait les remercier pour ne pas avoir laissé tomber l'affaire, malgré la complexité de celle-ci. Scotty lui dit que l'enquête évoluait. Maintenant, il fallait remonter la chaîne et essayer d'infiltrer l'organisation, et de la démanteler. Mais comme ce n'était plus de leur ressort, ils étaient obligés de laisser une autre brigade s'en occuper. Lilly avait réussi à trouver un vol plus tôt que celui prévu pour leur retour. L'idée de passer tout le trajet à mesurer leurs paroles ne l'enchantait pas. Elle rentrait donc le lendemain, laissant Scotty passer 2 jours supplémentaires dans la capitale. Elle avait trouvé une excuse que Stillman crut sans difficulté. Léa lui avait demandé de rentrer un peu plus tôt, voulant la voir à tout prix pour parler de l'enquête, avant qu'elle ne rende son rapport. Elle s'en voulut de se servir d'elle de cette façon, mais c'était la seule qu'elle avait trouvé et qui tenait la route. Son chef n'aurait sans doute pas l'idée de vérifier. Elle fut sortit d ses pensées par Millie.

- Tu penses à quoi ? Lui demanda la petite fille.

- A rien, ma grande, répondit-elle calmement. Qu'est-ce qu'il y a ?

- Viens !

Millie traîna Lilly jusqu'à une pièce où elles se retrouvèrent seules. Elle lui tendit un petit paquet. La jeune femme le prit et l'ouvrit. Elle ne s'attendait pas à ce qu'elle allait y trouver. Elle sortit un petit écrin et l'ouvrit. Dedans se trouvait une petite chaîne avec son prénom en pendentif. Lilly eut les larmes aux yeux et mit le petit collier autour de son cou.

- Merci Millie, tu es adorable, mais je n'ai rien pour toi, fit-elle désolée.

- Si tu m'as fait un très beau cadeau. Celui qui a tué ma maman est en prison !

- Je n'ai fait que mon métier ma grande, tu sais.

- Oui, mais ça compte pour moi ! Répondit Millie en se blottissant dans les bras de la jeune femme.

Lilly sentit ses yeux briller et elle ne put s'empêcher d'afficher un grand sourire, le seul qui était vrai dans cette journée. Le seul où elle ne se forçait pas. Elle serra elle aussi la petite fille dans ses bras. Après quelques minutes, elles se séparèrent, essuyant chacune leur visage.

- Et puis tu sais, il y en a un aussi pour Scotty ! Papi m'a dit qu'on retournerait aux états unis. Je passerais te voir, mais tu vas me manquer !

- Toi aussi, tu vas me manquer Millie. Tu sais que tu m'as apporté énormément de bien. Et de t'aider m'a aidé aussi.

Millie embrassa Lilly sur la joue et lui offrit un petit câlin avant de retourner dans le salon. Son grand-père l'appelait. Lilly resta encore seule quelques instants. Elle regardait le petit pendentif et un sourire éclaira son visage. Au moins une bonne chose était arrivée. Elle se ressaisit et sortit à son tour. Elle retourna s'asseoir aux côtés d'Ingrid. Ce qu'elle ne savait pas c'est que Scotty avait assisté à toute la scène. Il était au téléphone avec Vera et s'était isolé pour entendre ce qu'il lui disait. C'était donc un autre secret qu'il devait garder pour lui. Elle lui en voudrait s'il le lui disait.

 

Ingrid avait raccompagné Lilly à l'hôtel, afin qu'elle puisse faire ses valises. Elle lui demanda pourquoi elle rentrait plus tôt, mais n'obtenant pas de réponse elle su qu'elle était indiscrète. Les adieux avec Millie avaient été très difficiles. La petite fille pleurait, et Lilly avait dû prendre beaucoup sur elle aussi. La soirée avança relativement vite. Il fallait cependant qu'elle descende manger. Elle prit son courage à deux mains et se retrouva dans la salle de restaurant. Elle s'installa à une table, et regardait le menu, quand elle sentit une présence derrière elle. Elle se retourna et vit que son collègue attendait.

- Je peux quand même ? Lui demanda t'il.

- Bien sûr que oui, lui répondit-elle.

- J'aurais pu rentrer plus tôt...

- Scotty...

- Beau collier.

- Merci, dit-elle en rougissant. C'est un cadeau de Millie !

- Je sais, j'y ai eu le droit aussi.

Il prit lui aussi le menu et regarda ce qu'il y avait d'inscrit. Il cherchait ce qu'il pourrait dire. Il admit donc qu'elle avait raison de rentrer seule. De quoi auraient-ils parlé dans l'avion ? Le repas se fit donc dans le silence. Lilly se contenta d'une salade du chef, elle n'avait pas très faim et le fait d'être en face de Scotty la dérangeait. Elle ne savait pas comment elle devait réagir. Une fois le repas terminé, Lilly s'excusa et sortit de table. Elle décollait tôt le lendemain. Il fit de même et la suivit. Il lui souhaita une bonne nuit et un bon voyage. Elle se rendait à l'aéroport en taxi. Ils restèrent encore quelques instants à se regarder, puis Lilly le remercia et rentra dans sa chambre. Elle s'empressa de fermer la porte et s'y adossa le cœur battant. Elle le connaissait très bien, et elle avait deviné qu'il n'arrivait plus à se contrôler. C'était donc une bonne idée de rentrer séparément.


Genna  (21.03.2009 à 09:08)

Une fois arrivée à Philadelphie, Lilly aperçut Kat de loin. Elles se saluèrent, Kat offrant un accolade accueillante à son amie. Elle trouva néanmoins que Lilly devait se reposer, elle avait une mine affreuse. Cette dernière sourit et lui dit que le voyage avait été plus difficile qu'à l'aller.

- T'as balancé Scotty par-dessus bord ? Fit Kat en riant.

- Non, il est resté un peu plus longtemps à Paris, répondit Lilly en choisissant ses mots. Ce que Kat nota.

- Ah oui ? On ne le refera pas je crois ! Fit-elle malicieuse.

- Je ne sais pas, murmura Lilly pensive. Je ne sais pas.

- Je suppose que t'es crevée ! Mais je suppose aussi que t'as pleins de choses à me dire ?

- Quels genres de choses ? Demanda Lilly en détournant son regard.

- Ne me dis pas qu'il n'y a que Scotty qui a trouvé...

- Je suis fatiguée Kat, l'interrompit Lilly sèchement.

Kat n'insista pas. Elle trouva étrange que sa collègue réagisse comme ça. Elle raccompagna Lilly jusqu'à chez elle. Elle ne resta pas, Lilly ne tenant plus debout. Une fois seule, cette dernière laissa toute la tension nerveuse s'évacuer. Elle ne saurait dire combien de temps elle avait pleuré, mais le simple fait de se retrouver chez elle était libérateur. Elle passa la journée du lendemain à ranger ses affaires, et à dormir. Le surlendemain, elle retourna au central où elle fut accueillie par ses collègues. Kat avait dû les mettre au courant, car personne ne lui posait de questions. Ce qu'elle apprécia. Plusieurs fois dans la journée son regard s'attarda sur le bureau vide de Scotty, et à chaque fois les larmes lui montaient aux yeux. Will l'avait remarqué et préféra ne rien laisser paraître.

 

Scotty fit son retour trois jours plus tard. Les retrouvailles furent toutes aussi chaleureuse que celles de Lilly. Et qui plus est, il avait rapporté un souvenir à chacun. Lilly l'interrogea du regard, mais n'obtint pas de réponse. Il attendit de se retrouver seul avec elle.

- J'ai eu un peu de temps pour faire les magasins, lui dit-il.

- Et tu te moquais de moi ! Fit-elle en riant.

- Bah quoi ? Ca t'arrive d'avoir de bonnes idées parfois tu sais ! Répondit-il en riant aussi. Il esquiva la petite boulette de papier qu'elle lui lança. Ils se regardèrent quelques secondes, puis il continua, troublé par la tournure que prenait la situation. J'ai eu une proposition, lui dit-il. Et je pense accepter. Ils veulent que je m'occupe de remonter la chaîne jusqu'à démanteler toute cette organisation.

- Tu arrêtes les affaires classées ? Demanda Lilly étonnée.

- Je crois que ça vaut mieux pour nous. J'y ai réfléchi longtemps, tu sais. Et c'est la solution qui nous conviendrait.

- Je... Stillman est au courant ? Se reprit-elle.

- Il est d'accord en plus, il trouve que le terrain me convient plus ! Hey ! Ne culpabilise pas Lil ! Tu le sais très bien qu'on n'arrivera jamais à tirer un trait sur ce qui s'est passé, si on bosse ensemble. Et puis, pour le moment, c'est temporaire. C'est juste la durée de l'infiltration.

- Tu vas faire parti de...

- Non, je ne suis pas exercé pour ça. J'ai aussi pensé à toi...

- Scotty ! S'il te plaît... Le supplia t'elle.

- Je me suis dit que tes clés de voitures seraient jalouses. Donc je t'ai acheté une autre mini Tour Eiffel ! Et comme tu avais pris la 1ère couleur bronze et bien celle-ci est couleur argent.

Lilly fut décontenancée. Elle ne s'attendait pas à cela. Elle prit le petit porte des clés des mains de son collègue, le regarda et le rangea dans sa poche en le remerciant. Elle ne savait pas comment le remercier, ce qu'il comprit. Il lui répondit que son sourire était un grand remerciement à lui tout seul. Son portable sonna, il décrocha et répondit à Vera qu'il arrivait. Il s'excusa auprès de Lilly et s'en alla. Il prit quelques instants avant de franchir la porte, et essuya une larme. Cette décision était plus dure qu'il ne l'aurait cru. Pourtant c'était la bonne. Il fallait qu'ils soient éloignés pendant quelques temps l'un de l'autre. Lilly eut la même réaction. Elle le suivit quelques secondes plus tard et rentra dans l'open space.

 

Ils ne furent pas tranquille longtemps dans leurs résolutions. Leur « folie » avait laissé plus de conséquences qu'ils ne l'auraient voulu. Le rêve le plus cher de Lilly était exaucé. Elle avait d'abord voulu garder le secret. Seuls Kat et Stillman avaient été mis dans la confidence. Et encore ils ne savaient pas tout. Mais Kat n'étant pas dupe devina. Elles s'étaient d'ailleurs disputées bien fort à ce sujet. Lilly voulait garder tout ça pour elle. Mais elle avait été obligée de prévenir ses collègues, en omettant les détails. Elle avait juste dit qu'elle serait absente un long moment, et que quand elle reviendrait, elle devrait s'occuper d'un petit bébé. Et évidemment, un d'entre eux (devinez qui ??) n'avait pas su tenir sa langue, et avait tout révélé à Scotty. C'est ainsi qu'ils s'étaient donc retrouvés tous les 2 à s'occuper de la petite Emma, qui avait les cheveux et le teint mat de son père et les yeux et le sourire de sa mère. A chaque fois que l'un des 2 la regardait, il voyait l'autre. Ce qui évidemment fut très difficile pour Scotty, n'ayant pas réussi à effacer ses sentiments pour Lilly. Ils s'entendaient pourtant très bien et s'étaient arrangés pour qu'Emma en souffre le moins possible. Ils avaient donc opté pour la garde en alternance. Mais cette situation n'était pas innocente... A chaque fois qu'il la laissait chez Lilly, Scotty sentait son cœur se serrer. Il devait passer une semaine sans sa fille, une semaine à essayer de ne pas penser à elles. Lilly de son côté, rayonnait de bonheur. Même si la situation était étrange et bizarre selon Vera, qui était convaincu de la réciprocité des sentiments, elle en était satisfaite. Elle savait que Scotty ferait un très bon père, et quelque part elle en était rassurée. Mais elle avait un regret quand même. Il n'était plus celui vers qui elle se tournait en cas de problème.

 

En France, Millie et ses grands-parents s'organisaient. Ils avaient été mis au courant de la réussite de l'infiltration. Michel prévoyait une visite aux états unis pour rendre visite aux nouveaux parents. Et Millie avait accueilli la nouvelle par un « Je le savais !! »

 

Voilà c'est fini... J'avais prévenu qu'il y aurait un peu de ship, mais comme dans la vie, le tout beau tout rose n'existe pas... Je ne les ai pas laissé ensemble ! Mais torturés chacun de leur côté... Ne m'en voulez pas ! J'espère que ça vous a plu !

 

Mais... je pense que vous commencez à me connaître ! Un épilogue arrive !


Genna  (25.03.2009 à 08:52)

Et voci un petit épilogue, car vous me connaissez maintenant... terminer une histoire sans happy end, je sais pas faire!

 

La visite de Millie et de ses grands-parents eu lieue 3 ans plus tard. Les médecins avaient autorisé sa grand-mère a prendre l'avion. Ils arrivèrent à la période des fêtes de fin d'année. Emma allait sur ses 4 ans. Ils avaient donc passé 2 jours ensemble. Michel fit la connaissance de Stillman et de toute l'équipe, il les remercia de vive voix. Stillman en profita pour lui dire que l'infiltration avait réussi et que toute l'organisation frauduleuse avait été démantelée. Millie et Lilly s'étaient retrouvées. La petite fille qui avait bien grandi s'était quand même précipité dans les bras de la jeune femme. Lilly lui confia que Millie était le 2nd prénom de sa fille. Millie la remercia.

 

C'est ainsi que le 24 décembre au soir, Scotty se présenta chez Lilly. Elle retint un éclat de rire en le voyant. Il vit son hilarité qu'elle essayait de cacher. Il s'était déguisé en père Noël et était bien décidé à aller jusqu'au bout. Lilly ferma la porte et sortit sur le seuil.

- Tu peux me dire à quoi tu joues ? Fit-elle en essayant de ne pas rire.

- Au moins je te fais sourire ! D'après toi, continua t'il. On est le 24 décembre, et je n'ai pas envie d'attendre demain pour offrir mes cadeaux.

- Scotty... Tu veux les lui donner ce soir ? Et demain, elle n'en aura pas donc ?

- Demain, à mon avis son tonton gâteau va la gâter à son tour ! T'es vraiment sûre de ne pas vouloir venir chez mon frère ?

- On en a déjà parlé, je crois que... Penses à Emma.

- Tu sais ce qu'elle m'a dit l'autre jour ? Elle m'a dit qu'elle voulait que le père Noël rende sa maman heureuse, car elle pense qu'elle ne l'est pas.

- T'es sûre que c'est elle qui a dit ça ? Répondit-elle suspicieuse.

- Elle a ajouté que son papa aussi devrait être heureux...

Il s'interrompit. Parfois il oubliait qu'ils n'étaient plus aussi proches. Il s'en voulait. Il avait l'impression qu'elle faisait tout ce qui était possible pour le fuir. Jamais un mot sur elle, toujours sur Emma. Lilly le regardait. Son regard s'attendrit soudain. Il avait dû prendre beaucoup sur lui pour venir ce soir. Elle sourit et ouvrit la porte en l'invitant à la suivre.

 

- Emma, regardes qui est arrivé un peu plus tôt ! S'exclama Lilly.

La petite fille arriva et eut un mouvement de recul, que Lilly prit pour de la surprise.

- Apparemment, le père Noël a décidé de passer un peu plus tôt. Il m'a dit que c'était ton père qui le lui avait demandé.

Scotty s'était approché et Emma s'était précipité vers lui. Elle le détailla avec attention, et le pointa du doigt.

- T'as pas reconnu papa ? C'est papa, maman !

Lilly éclata de rire devant l'ai ahuri de Scotty. Elle le regardait et il fut lui aussi gagner par le rire.

 

Ils avaient passé la soirée tous les 3 et Scotty avait décidé d'offrir ses cadeaux. Lilly les regardait. Ils étaient assis par terre et il lui expliquait comment assembler les pièces de la petite maison de poupées. Elle s'absenta dans la cuisine, il le remarqua et la suivit. Elle ne le vit pas et il découvrit qu'elle pleurait. Il s'approcha d'elle.

- Tu as raison, je crois que je vais partir.

- Pas maintenant Scott ! Si tu pars, elle...

- Qu'est-ce qu'il y a ? Lui demanda t'il inquiet.

- Rien... Rien que tu ne puisses régler. Ce sont mes habituelles larmes de Noël, ajouta t'elle ironiquement.

- Et si je te dis que je n'y crois pas !

- Je n'ai pas de famille ! Je ne sais pas ce que sont les fêtes de fin d'année... Je n'ai pas l'esprit de Noël et je ne sais pas comment le transmettre à Emma... Et toi, tu arrives comme si de rien était, et tu me fais voir que je ne sais pas comment égayer cette soirée.

- C'est de ta faute aussi ! Tu refuses systématiquement les invitations. Kat, Nick... Moi...

- Scotty...

- Ecoutes Lil, un enfant voit quand ses parents leurs mentent. Et tu lui mens. Tu lui dis que tu es heureuse, mais tu ne l'es pas. Et elle le voit. Et je le vois.

- Arrêtes ! Pas maintenant ! Pas ce soir. Tu veux que je te dise ce que je ressens ? Je n'en peux plus de devoir faire comme si de rien était. Oui je l'aime, mais je souffre de ne pas lui donner la vie de famille qu'elle mériterait d'avoir.

- Elle a une famille. Elle nous a nous.

- Ce n'est pas ça une famille et tu le sais ! On ne se parle que devant elle, et pour faire le point sur la semaine passée et sur celle à venir.

- Fallait y réfléchir avant de me mettre devant le fait accompli dans ce cas ! Lui dit-il sèchement. Comment crois-tu que je l'ai pris ? Tu m'annonces au bout du 3ème mois que tu es enceinte. Non rectification, c'est Vera qui m'en a parlé. T'avais pris ta décision, et tu te moquais bien de savoir comment j'allais le prendre. Et après tu t'étonnes que je ne sois plus aussi présent dans ta vie !

- Tu n'as plus confiance en moi ?

- Je ne sais plus Lilly. J'aimerais vraiment que ça soit plus facile, mais ce n'est pas le cas. Tu as agis sciemment. Tu connaissais mes sentiments, et tu...

- Je crois qu'on devrait reparler de ça un autre jour.

- Non, tu ne vas pas fuir cette fois. On en parle maintenant. Je te le redemande, qu'est-ce qu'il y a ?

 

Lilly chercha un échappatoire, mais elle vit que ce n'était pas la peine. Il lui laissait une chance de lui expliquer. Elle hésita et lança un regard vers la salle. Il comprit et se dirigea vers Emma. Il lui demanda si elle voulait qu'il lui lise une historie avant de dormir. Elle accepta avec joie et demanda à ce que Lilly soit aussi présente. Cette dernière acquiesça. Emma obéit donc et alla se brosser les dents en vitesse. Elle souriait. Une fois couchée, elle leur dit une phrase qui les surprit tous les 2.

- C'est le seul cadeau que je veux vraiment ! Et le père Noël m'a écouté ! Je lui ai dis que je voulais que mes parents soient réunis à Noël ! Qu'on soit tous les 3, comme une famille, une vraie famille.

Lilly ne put contenir ses larmes plus longtemps. C'est ce qu'elle essayait en vain de dire à Scotty depuis le début de la soirée. Maladroitement, certes. Elle n'avait jamais été douée pour ça. Elle la prit dans ses bras et lui déposa un doux baiser sur son front, en lui souhaitant une bonne nuit. Elle se leva et lança un timide regard à Scotty, et s'éloigna.

 

Un peu plus tard, il redescendit et lui dit qu'il partait. Elle ne lui répondit pas. Il resta encore quelques secondes, hésitant, ne sachant pas comment interpréter l'attitude de la jeune femme. Elle l'évitait. Il prit son manteau et se dirigea vers la porte, Lilly n'avait toujours pas bougé et regardait la neige tomber. Elle essayait de contenir le flot de sanglot qui l'étranglait. Il allait ouvrir la porte quand elle l'appela d'une voix à peine audible. Il s'arrêta et se retourna lentement vers elle. Elle leva son visage inondé de larmes vers lui, et aussitôt sa colère s'effaça. Comment pouvait-il lui en vouloir, alors qu'elle était dans cet état ? Il s'approcha d'elle et il la prit dans ses bras. Il ne savait plus depuis combien de temps il rêvait de la prendre dans ses bras, il avait essayé de l'oublier, mais c'était impossible. Lilly s'abandonna dans les bras réconfortant qui l'entourait. Elle laissa libre cours à tout son chagrin et toute sa rage. Elle se calma peu à peu. Elle se sentit bien, et resserra ses bras autour de la taille du jeune homme. Après quelques instants il s'écarta et lui dit qu'il allait partir. Lilly le retint par le bras, elle se leva et très lentement, s'approcha de lui.

- Je n'en peux plus de faire semblant, lui murmura t'elle.

- Semblant ? Semblant de quoi ?

- D'aller bien, alors que je t'ai perdu ! Dit-elle dans souffle en baissant la tête.

Il lui releva le menton et la força à le regarder. Elle sentit un frisson la parcourir, le même qu'elle avait ressenti 4 ans plus tôt à Paris. Le même qui l'avait poussé à sauter le pas, à franchir la frontière. Il essuya ses larmes avec le revers de sa main.

- Tu ne m'as pas perdu. Je suis là, je serais toujours là pour toi, tu n'as pas oublié ?

- Je me suis convaincue que... Emma a égayé ma vie, mais...

- Je n'ai pas changé...

Elle l'interrompit en l'embrassant, timidement d'abord, puis elle laissa toute sa frustration s'exprimer. Il l'a prit dans ses bras, la souleva de terre et très lentement il répondit à son baiser, et il la déposa sur le canapé. Elle réussit à se dégager et s'assit sur ses genoux et colla son front au sien en le regardant intensément.

- Aime-moi, encore ! J'ai besoin de toi.

- Je n'ai jamais cessé de t'aimer, Lil.

- Et moi, je crois bien que je t'...

- Chut ! Je veux le découvrir ça ! Fit-il en posant sa main sur la bouche de la jeune femme.

Il l'embrassa tendrement, essuyant les larmes de celle qu'il aimait. Et tout en caresses, ils laissèrent leur passion longtemps contenue s'exprimer. Le lendemain, Emma se leva et trouva le plus beau des cadeaux de Noël. Ses parents étaient enlacés sur le canapé et dormaient.

 The End


Genna  (27.03.2009 à 09:03)

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