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Série : Cold Case
Création : 04.03.2009 à 18h44
Auteur : nala62
Statut : Terminée
« Première fic de mon cru ... Soyez indulgents ! Bonne lecture ... » nala62
Cette fanfic compte déjà 13 paragraphes
Centre pénitencier de Philadelphie, 26 février 2008, 8H15.
Une pluie glaciale et fine tombait sans discontinuer depuis ce matin. Jeffries ralentit et arrêta la voiture, attendant que la grille de la prison s'ouvre totalement. Sue le siège passager, Lilly tentait de se réchauffer avec le gobelet de café qu'elle tenait précieusement dans les mains. Ils entrèrent en roulant au pas. Ils avaient rendez-vous dans une salle d'interrogatoire avec Walt Sunmore, incarcéré en détention préventive depuis les aveux commis au sujet du trafic d'objets d'art.
L'ancien conservateur du musée les attendait dans la grande pièce éclairée par des néons éblouissants. Attablé, il avait l'air faussement calme, sa respiration courte trahissait la peur produite par l'enchaînement des événements des derniers jours.
- Alors Walt, vous vous plaisez ici ? fit Lilly.
Jeffries était assez étonné par cette entrée en matière peu commune chez Lilly mais ne dit rien.
- Si j'y suis c'est par votre faute, fit Sunmore agressif. Que me voulez-vous encore ?
- Doucement ! lui dit- Will. C'est vous qui vous êtes mis là pour vol et maintenant pour meurtre.
- Qu'est-ce que vous racontez là ? leur fit-il d'un ton qu'il voulait le plus neutre possible.
- Brenda Johansson avait découvert votre petite affaire : beaucoup d'œuvres avaient disparu ou avaient été volées, les déclarations d'assurance l'attestent. Seulement, lorsqu'elle a appris que c'était vous qui étiez derrière tout ça, que c'était vous qui obligiez son mari à trafiquer en le menaçant de l'expulser malgré son statut de réfugié, elle est venue vous voir ... Commença Will.
Sunmore était toujours silencieux mais ces mains se crispaient de plus en plus sur la table, jusqu'à faire blanchir ses jointures.
- Et elle vous a menacé de tout révéler. Alors, vous vous êtes débarrassée d'elle, conclut Lilly. Elle s'était rapprochée de Sunmore par derrière, lui soufflant presque les mots à l'oreille.
Sunmore craqua. Froidement, il répliqua :
- Cette garce voulait me faire tomber ; elle ne me connaissait pas.
- Que lui avez-vous fait Sunmore ? Demanda Will sur le même ton glacial.
Flashback : salle Angkor, section antiquités asiatiques, musée d'art de Philadelphie, 15 juillet 1978, 22H 23.
- Que faites-vous là Brenda ?! Une voix sourde venait de résonner dans l'immense salle d'exposition.
Brenda Johansonn sursauta. Elle se tenait devant une vitrine ouverte où elle s'apprêtait à remettre une des statuettes manquante qu'elle gardait précieusement dans sa poche. Elle se retourna calmement vers l'homme.
- Le temps est venu Walt ... Tout est fini ! fit-elle impassiblement. Je connais vos secrets. Vous ne pouvez vous cacher plus longtemps.
Le conservateur lui sourit.
- Comment avez-vous pu Walt ?! Comme avez-vous pu obliger Vincent à faire cela ? Que lui avez-vous fait ?!
- Il était bien placé pour connaître les réseaux de collectionneurs privés d'art angkorien. Il lui était facile de revendre les pièces subtilisées, répondit-il toujours en souriant.
Mais ... Il s'est rebellé ... Il a refusé de continuer. Vous l'aviez convaincu de tout arrêter ma chère : la famille avant tout !
- Que lui avez-vous fait ? répéta-t-elle nerveusement.
- Il en savait bien trop pour le laisser tranquille, voyez vous ! Certains de mes hommes se sont occupés de lui.
Brenda tressaillit.
- Je lui avais pourtant dit de faire attention à ce qu'il faisait car vous étiez des proies faciles qui pouvaient aussi disparaître ... Mais il n'a pas tenu compte de mes avertissements ... et je vois que vous n'êtes guère plus prudente que lui !
Tout en parlant, Sunmore s'était rapprochée doucement de Brenda. Sans quitter son sourire carnassier, il lui décocha soudainement un coup de poing dans la mâchoire qui assomma littéralement la jeune femme. Il porta son cops inerte jusque dans sa voiture et démarra en direction du quartier du Sud- Est de la ville où de nombreux bâtiments étaient en train de s'élever. Il se gara près d'un chantier en retrait, fit rouler le corps enveloppé d'un sac plastique sur son épaule, et força la grille d'entrée. Il se mit à creuser dans une section où les monceaux de terre sur le côté indiquaient qu'elle allait être comblée. Il fit ensuite rouler le sac et entreprit de le recouvrir. Des gémissements commencèrent à se faire entendre alors qu'il terminait de l'ensevelir.
Les mains de Sunmore continuaient de trembler sur la table. Lilly rompit de silence qui avait envahit la pièce.
- Si vos hommes avaient éliminé Vincent, qui était donc l'homme venu voir son fils ?
- Quand on veut qu'un travail soit bien fait, il faut le faire soi même, répondit le conservateur. Il leur avait échappé lorsqu'ils ont voulu le faire disparaître. Je l'ai appris bien après, quand Martin m'a annoncé que son père était toujours en vie ! Quel idiot ! Cela n'a pas été difficile de le retrouver en ville pour lui faire la peau.
- Où est-il Walt ? fit Lilly en regardant ce monstre dans les yeux.
Il lui sourit.
- Vous ne le trouverez jamais ...
- Pourquoi ne pas nous dire où est son corps Sunmore ? Vous êtes cuit de toute façon !
- Vous ne le trouverez jamais inspecteur Rush, lui fit-il comme seule réponse.
Quartier général de la police criminelle de Philadelphie, 27 février 2008, 10 H 45.
Lilly terminait de mettre en ordre son rapport concernant la mort de Benda Johansonn.
Nick, lui, notait sur le carton contenant les éléments de l'enquête sur Vincent N'Nameen le mois et l'année de résolution, ce qui clôturait définitivement l'affaire.
Stilmann avait félicité son équipe pour cette triple affaire résolue.
Lilly et Nick descendirent aux archives les cartons.
Lorsqu'ils remontèrent, ils aperçurent Scotty Valens qui venait d'arriver. Kat et Will discutaient avec lui un café à la main. Lilly lui sourit, ce que fit le jeune homme à son tour, un peu étonné car depuis qu'il était passé chez elle 3 jours auparavant, elle l'avait superbement ignoré.
Elle ne participa pas vraiment la conversation, se contentant d'hocher parfois la tête, buvant son café à petites gorgées.
Au bout d'un moment, le lieutenant Stillmann leur intima l'ordre de se mettre au travail : la paperasserie administrative n'attendait pas ! Ils se séparèrent pour rejoindre respectivement leur bureau. Will et Nick entamèrent une discussion sur le match de base-ball de la veille où les Phillies étaient sortis victorieux pour la première fois depuis la saison, ce qui avait valu quelques billets à Véra !
Lilly se rapprocha de Scotty et lui demanda comment allait sa mère :
- Elle est rentrée chez elle ce matin. Mike et Isabella l'ont raccompagnée. Elle va être sous surveillance médicale à domicile un moment, fit-il.
- Et toi, tu vas comment ? lui demanda doucement.
- Bien, autant qu'on peut l'être dans cette situation ! Il lui avait répondu avec un petit sourire forcé.
Elle le retint alors qu'il se dirigeait son bureau où une pile de documents à trier l'attendait. Elle ne savait pas trop comment s'y prendre mais elle devait lui dire :
- Scott, euh... ce soir ... j'aimerai qu'on se voit.. Il faut qu'on parle.
Intrigué, il lui répondit :
- Ok Lil'. Où ça ?
- Chez moi lui dit-elle. 20 H 00 , ça te va ?
- Ça marche Rush.
- Bien, n'en parlons plus alors.
Elle était déterminée à éclaircir les choses. D'une façon ou d'une autre, elle devait crever l'abcès.
La journée s'étira lentement. L'enquête qui venait de se terminer avait été éprouvante pour tous.
Scotty Valens avait l'air préoccupé. Certes les épreuves ne l'avaient pas épargnées dernièrement, mais la proposition de sa collègue le laissait perplexe. Néanmoins, il avait décidé de ne rien laisser transparaître et de faire comme si de rien n'était. Lilly avait décidé de jouer le même jeu, restant courtoise quand ils se parlaient, mais ne recherchant pas la présence de Scotty.
L'ambiance du bureau était studieuse... surtout depuis le départ de Véra qui avait décrété « pizza pour tous ce midi ». Bon prince, il mettait à profit les gains empochés du dernier pari sportif perdus par Scotty, Will et John pour régaler toute l'équipe. Cela valut à Kat une réflexion :
- On va devoir ensuite le remercier des années durant de ce geste de bonté, vous verrez !
Cela avait bien faire rire tous ses collègues qui avaient alors relevé le nez de leur paperasserie du jour. Après le retour du « fils prodigue et de ses pizzas » comme l'avait surnommé Will, se moquant de lui, les inspecteurs de la criminelle se lancèrent donc dans un pique-nique improvisé sur le bureau de Nick.
La pluie s'était arrêtée dehors. Le travail de fourmi entreprit le matin dans la mise à jour des procès-verbaux et autres dépositions continua donc. Le portable de Scotty se mit à résonner dans la pièce alors qu'il terminait de classer toute une série de dossiers.
- Valens, fit-il d'une voix assurée. Allo ... Allo ... qui est- au bout du fil ... ?
Il raccrocha. Lilly, qui se tenait en face de lui, l'interrogea du regard brièvement.
- Encore une groupie, Valens ... sortit Nick l'œil goguenard.
- Non... Personne, répondit-il, préoccupé.
La nuit commençait à tomber sur la ville. Stillman sortit de son bureau et annonça qu'ils pouvaient rentrer chez eux plus tôt aujourd'hui, ce qui incluait Lilly bien sûr, souligna-t-il en souriant à moitié.
- Bien chef ! Puisque c'est comme ça, j'y vais ! Répondit-elle en souriant. Cela faisait bien longtemps que John ne l'avait vu réagir ainsi, spontanée, presque de manière espiègle.
- Je te dépose, inspecteur ? lui demanda Scotty un peu à part.
Elle le fixa et lui répondit :
- Puisque nous allons au même endroit, ... Je te suis !
Elle monta dans la voiture. Scotty démarra rapidement. Ils s'étaient mis à discuter de tout et de rien, revenant principalement sur la résolution de l'enquête de la veille.
Le portable de Scotty sonna de nouveau. Il décrocha mais il n'y avait personne au bout di fil.
- Faux numéro... expliqua-t-il.
Appartement de Lilly Rush , 27 février 2008, 19 H 15.
Il se gara à quelques mètres de l'appartement de Lilly. Le froid les saisit en sortant du véhicule et ils se pressèrent d'entrer. Ils furent, comme Lilly à son habitude, assaillis par un des chats de la maison.
- Je croyais qu'ils attaquaient en groupe ? dans un clin d'œil.
- Ce n'est pas la bonne entrée en matière à utiliser Valens !
- Entrée en matière pour quoi ? profita -t-il.
Lilly ne répondit pas.
- Gin ? proposa-t-elle.
- Si tu fais la cuisine, oui, il faut que je puisse repartir avec quelque chose de correct dans l'estomac !
- Valens, si t'as encore une critique, c'est dehors, ok ! fit-elle mi-amusée.
- D'accord. Alors ?!
Elle revint avec deux verres une bouteille. Il entreprit de les servir.
- Alors ?! reprit-elle.
- Pourquoi cette réunion Lil' ? ... La dernière fois que je me suis retrouvé ici ... Tu as réfléchi ...
Elle savait que ce qu'elle allait lui dire était très important, pour elle comme pour lui. Mais elle ne savait quels étaient les mots les plus justes pour exprimer ce qu'elle ressentait au plus profond d'elle, ce qui s'était révélé à elle depuis quelques temps et qu'elle enfin accepté.
- Scotty, commença-t-elle, bien des choses ont changé ces derniers temps. Je sais que je n'ai pas été honnête avec vous tous. Et je m'en veux encore plus de ne pas l'avoir été avec toi. Tu ...
Elle se leva et se planta devant lui. Elle avait ainsi l'impression de dominer la situation.
- Je ne suis pas si douée que ça avec les mots tu sais, plaisanta-telle nerveusement.
Tu ne sais pas combien ta présence après la fusillade a été précieuse pour moi. Mais vois-tu, je ne l'ai compris que très récemment...
Scotty la dévisageait, essayant de comprendre la réalité de ce qu'elle lui expliquait.
- J'ai merdé sur toute la ligne en ne regardant pas les choses en face. J'ai besoin de me ... reconstruire Scot. J'ai besoin d'aide, j'ai besoin de ton aide ... Si je te le demande, c'est parce que je sais que je sais que je peux compter sur un ami cher. Scott, Je t'aime vraiment mais comme une sœur peut aimer un frère ... Tu ne peux pas me demander plus, je suis désolée et ....
- Lilly, c'est ta décision, ton choix donc, vraiment la coupa Valens, n'y tenant ... Ne ressens-tu rien de plus ?
- Je ... J'ai besoin de temps Scotty, je ne me sens pas de taille à me lancer dans une relation où me perdrai...
- Pourquoi te perdre ? lui fit-il en se levant vers elle.
Elle freina son geste
- Non, arrête, s'il te plaît... C'est assez difficile comme ça ... J'ai besoin ...
- ...d'un soutien mais pas plus... je vois. ... Lil' je suis désolée pour avoir été trop loin la dernière fois. Je ne sais pas quoi te dire d'autre.
- Il n'y a rien à dire ... Il y a longtemps que je n'ai eu confiance comme en ce moment en quelqu'un. C'est ...
Elle se sentait submergée par l'émotion, essayant de contenir cette vague où se mêlaient les angoisses, l'amertume passées avec les peurs et espoirs futurs. Ses yeux se mirent à briller de quelques larmes naissantes. Elle espérait avoir fait le bon choix, celui qui la sortirait du tunnel plutôt que de la faire souffrir. Elle devait du moins s'en convaincre.
- Ok, fit Scotty, je te protégerais comme ma sœur Lil alors ... fit-il la prenant dans ses bras, la serrant comme si elle lui échappait. Elle se blottit contre lui, laissant évacuer quelques sanglots étouffées dans un sourire de quiétude. Elle se sentait en paix, définitivement à l'abri, elle avait trouvé un ami véritable, il avait perdu un être chéri.
Ils restèrent ainsi quelques instants. Lilly se dégagea de son étreinte et s'asseya, rassemblant ses idées encore un peu confuses.
- Ca va aller, Lilly ... T'as un sacré courage, tu sais ... lui dit-il doucement admiratif.
- Je ne sais pas ...
- Alors, si on allait faire un tour, manger un morceau, ....
- Je ne sais pas , répéta-t-elle, indécise ... pourquoi pas ...
Le téléphone de Valens sonna une nouvelle fois. Il ne reconnu pas le numéro inscrit mais décrocha tout de même au cas où son frère voulait le joindre.
- Valens ... Allo ... Ecoutez, qui que vous soyez, sachez qu'on a localisé vos appels, on va vous mettre la main dessus mon vieux !
Une voix métallique se fit enfin entendre au bout du fil :
- Vraiment, inspecteur Valens .... Et l'on raccrocha. Il se figea un instant. Lilly l'interrogea sur ce qui s'était passé.
- Scott ... des mauvaises nouvelles ?
- Non.
Cela faisait maintenant deux jours que Scotty recevait des appels anonymes. Il n'y avait finalement prêté que peu d'attention lorsqu'il était chez son frère, ayant éteint son téléphone. Il avait néanmoins vu ce matin le nombre de coups de fils reçus quand il l'avait rallumé. Et cela s'était poursuivi dans la journée.
Au même moment, le téléphone de Lilly sonna également. C'était Will :
- Lilly ?! Will ! On a besoin de toi au central, on a un problème ! Sa voix si calme et rassurante trahissait une certaine panique.
- Qu'est-ce qui se passe Will ?
- Veronica a appelé le central. Kat n'est pas rentrée chez elle. On n'arrive pas à la joindre, son portable est toujours sur répondeur. Une équipe est sur place qui a pris en charge la petite ....
- Quoi, Will, ? qu'est-ce qu'il y a d'autre ? Lilly ... Ils ont trouvé des traces de sans sur la porte de derrière ...
Lilly resta une seconde sans voix, imaginant son amie ...
Le téléphone de Scotty sonna, le numéro du central.
- Valens, j'ai besoin de vous immédiatement au poste, on a un problème avec un de nos agents ...
- Qui ?
- Miller, fit-il, elle a disparu. ...
- J'arrive tout de suite chef.
De son côté, Lilly avait déjà raccroché, empoigné sa veste et était sur le point de partir.
- Scotty, je vais chez Kat, ... Sa mère est en route mais je veux voir comment va Véronica.
- Bon, je te dépose et je file ensuite au central.