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Série : Cold Case
Création : 29.05.2009 à 09h20
Auteur : Genna
Statut : Terminée
« Suite indirecte de "La vie à deux". Petites suites d'enquêtes différentes, avec un fil rouge... » Genna
Cette fanfic compte déjà 32 paragraphes
Le réveil sonna. Lilly émergea de son sommeil, l'esprit embrumé. Elle avait encore rêvé. Mais cette fois-ci c'était étrange, c'était comme si tout s'était mélangé. Sa vie, aussi bien que l'enquête qu'ils venaient de résoudre. Une histoire de meurtre pour un des motifs les plus idiots de ce monde, mais aussi celui qui reflétait le monde actuel : l'argent. Elle s'était rapprochée du principal témoin. La meilleure amie de Cynthia Jenkins, Mary Hamilton. Peut-être avait-elle associée Mary à sa vie actuelle. Elle regarda son réveil et caressa ses 2 chats. Il fallait qu'elle se lève, mais ce matin, elle n'était pas courageuse. Il avait plu toute la nuit, et il devait encore pleuvoir. Autant dire un temps à rester coucher au chaud chez soi. Elle resta encore quelques instants à se remémorer son rêve. Elle chercha à se rappeler les détails, et sourit. Les rêves sont souvent absurdes, mais celui-là détenait la palme. Elle se rappela que la veille, elle était tombée sur un épisode de Desperate Housewives. Ceci expliquait peut-être cela. Elle se leva pourtant, et se dirigea vers la salle de bains.
Dans la douche, elle analysa son rêve. Elle sourit, elle était vraiment bête. Il ne fallait pas chercher à analyser. Le cerveau travaille au ralenti la nuit, et traite les informations de la journée. Mais, c'était plus fort qu'elle. Pourquoi avoir ressenti ce besoin de se confier à cette inconnue ? Elle avait des amis autour d'elle, qui ne demandaient qu'à l'écouter et passer du temps avec elle. Elle s'était rapprochée de Kat, et avait réussi à pardonner à Scotty, qui était lui aussi devenu un proche ami. Le fait d'avoir rêvé de lui comme un petit ami éventuel, la travaillait beaucoup. Peut-être en avait-elle assez d'être seule. Une fois prête, elle sortit de chez elle, et se dirigea vers sa voiture. Un camion était stationné en face de chez elle, et des personnes transportaient des meubles dans la maison. De nouveaux voisins. Une fois arrivée au centrale, elle se retrouva avec Kat et Vera qui parlaient de la tempête de la nuit.
- Vous êtes seuls ? Leur demanda t'elle.
- Non, le chef est dans son bureau, il a la porte fermée. Répondit Kat.
- La tête des mauvais jours, dit Vera.
- Ah oui ? Fit Lilly en riant.
- Je pensais être en retard, mais apparemment, il n'y a rien à faire pour le moment, dit Jeffries.
- Rien, nada, que dalle !!, Répondit Vera.
- Journée classement ! S'écria Kat.
- Chouette, journée poussiéreuse, plaisanta Lilly. Au fait, Valens n'est pas là ?
- Attends, Lil' 9h du matin, un jour de pluie, il est certainement chez lui bien au chaud avec sa conquête du moment, plaisanta Vera.
- Et bien, j'ai une drôle de réputation, dit Scotty qui venait d'arriver. Désolé de te décevoir Nicky, mais je suis seul, comme un grand, depuis que tu es parti de chez moi hier soir !
- Un conseil, t'aurais pu rester chez toi, les filles ont prévu une journée de classement, vu qu'il n'y a rien à faire ! Lança Jeffries.
- Chouette, journée poussiéreuse, répondit Scotty en riant.
Lilly sourit, tandis que Kat releva la tête. Cette phrase, Lilly venait de la dire à l'instant même, et il n'était pas là à ce moment. Elle esquissa un début de sourire et bu une gorgée de café pour se retenir de plaisanter à ce sujet. C'est alors que Stillman sortit de son bureau.
- Très bien, tout le monde est là. Désolé de casser vos projets, mais nous avons une affaire.
- Génial, comme ça on va éviter la folie du ménage des filles !! Lança Nick.
- Et cette affaire chef, répondit Kat avec un regard noir pour Vera.
- Une certaine Mélanie Stevenson doit passer dans la matinée. Il y a 15 ans, elle a découvert la mort de son père, une balle dans la tête, et une lettre.
- Quelque chose me dit, qu'il ne s'agit pas d'un suicide finalement, coupa Lilly.
- En effet, sa mère vient de mourir, et elle rangeait ses affaires, elle a trouvé des indices sur le pseudo suicide de son père.
- Comme ? Demanda Scotty.
- Demandez-le-lui, elle vient d'arriver, fit John en se levant.
Il se dirigea vers la personne qui venait d'arriver. Lilly le suivait, tandis que les autres restaient en retrait. Ils n'avaient pas besoin d'être à 36 pour accueillir quelqu'un. Stillman se présenta et présenta Lilly. Mélanie leur montra une pochette avec des photos, et lettres de menaces. Lilly regarda attentivement les clichés, Mélanie lui dit que son père n'était pas si blanc. Il avait une double vie, et sur les photos, elle leur présenta sa demi-sœur. Lilly écarquilla les yeux. Encore et toujours les mêmes motifs de réouverture d'enquête. Mais elle ne se lassait jamais. Elle aimait rendre la justice, et ainsi que les victimes et leurs proches puissent trouver la quiétude à laquelle ils aspirent. Elle promit à Mélanie d'essayer de résoudre cette enquête.
Après avoir raccompagné Mélanie, Kat et Scotty étaient descendus aux archives chercher le fameux dossier Mickael Stevenson. L'enquête avait été vite classée. En général, les cas de suicides étaient réglés en 2 semaines tout au plus. Tout le monde avait épluché le mince dossier, et l'après-midi, Vera et Jeffries avait été interrogé Daniela Jones. Lilly avait rappelé Mélanie pour un complément d'informations. Elle et Scotty s'étaient rendus chez sa mère. Mélanie leur apprit que ses parents étaient heureux. Elle se souvenait de tous les moments passés ensemble. Elle raconta ses meilleures vacances. L'été de ses 13 ans, ils avaient été tous les 3 en croisière. Au début elle n'était pas très heureuse de partir avec eux, mais au bout de 2 jours, elle s'était lié d'amitié avec celle qui est sa meilleure amie depuis, et avait connu son premier amour d'adolescence. Scotty regardait un album photo, et son attention fut attirée par une en particulier. Il la montra à Lilly. Elle lui prit des mains et retourna la photo. Au dos était marqué : Mickael & Jenny Stevenson, Daniela & Josh Jones : Noël 1975 Chez les Stevenson. Lilly demanda à Mélanie s'ils pouvaient prendre la photo, elle lui promit de lui rendre. Cette dernière accepta.
De leur côté, Nick et Will étaient revenus bredouille. Daniela ne s'était pas montrée très coopérative et les avait expédié. Vera ne décolérait pas, et promis à Will de revenir la voir avec un mandat. A 18h, tout le monde commençait à partir. Il n'y avait pas d'éléments nouveaux, donc autant rentrer chez soi par ce temps si maussade.
- Pire qu'un mois de novembre, déclara Kat en serrant son imperméable un peu plus contre elle.
- Mais justement, on est en novembre ! Novembre à Philadelphie, sourit Lilly.
- Vous avez prévu quelque chose ? Tenta Scotty.
- Un gros pull et un match à la télé, dit Nick. T'es partant ?
- Ouais, pourquoi pas, répondit Scotty. Désolé les filles, mais...
- Oui c'est plus important que tout, plaisanta Lilly. On a compris. De toute façon, je n'ai pas très envie de traîner.
- Je te raccompagne ? Proposa Kat.
- Ok. A demain tout le monde.
Kat et Lilly étaient arrivées chez cette dernière. Elles avaient décidé de se faire livrer des plats chinois. Lilly écouta ses messages. Il y en avait un de Mary Hamilton :
Lilly, je ne sais pas très bien pourquoi je vous appelle, mais je ne vais pas très bien depuis la résolution de l'affaire. Vous m'aviez dit de vous contacter si jamais... Enfin... Je vous rappellerai un de ces jours peut-être et on pourrait peut-être prendre un verre ?
Lilly décida de rappeler Mary, elle demanda à Kat si ça ne la dérangeait pas. Cette dernière lui répondit que non. Elle était même contente que Lilly connaisse d'autres personnes. Lilly tomba sur le répondeur de Mary, elle lui laissa un message disant que si elle n'avait rien de prévu, elle pouvait passer ce soir chez elle. En raccrochant, la sonnette de la porte retentit. Lilly alla ouvrir. Elle eut la surprise de trouver un homme sur le seuil. Il était assez séduisant, et souriait. Elle fut troublée par celui qui se trouvait en face d'elle, elle ne l'entendit pas lui dire bonsoir.
- Bonsoir, répondit Lilly.
- Je suis votre nouveau voisin, je viens d'emménager de ce matin, donc c'est tout récent. Je m'excuse de vous déranger, mais je voulais savoir si vous n'aviez pas un peu de farine ?
- Pardon ?
Kat s'était rapprochée.
- Je vous dérange peut-être ?
- Non pas du tout, je vais vous en chercher. Lilly s'éclipsa le temps de prendre le paquet de farine dans sa cuisine. Tenez. Vous faites un gâteau ?
- Non, je cuisine une pizza pour remercier mes amis de leur aide pour l'emménagement. D'ailleurs, si ça vous dit de passer ?
- Je vous remercie, mais peut-être une autre fois. Bonne soirée.
- Bonne soirée.
A peine eut-elle refermée la porte, qu'une avalanche de question se fit entendre de la part de Kat.
- C'est qui ce beau gosse ? Tu ne m'avais pas dit que le sosie de Jude Law habitait dans ton quartier !
- Je ne le connais pas, c'est mon nouveau voisin apparemment. Fit Lilly en rougissant.
- Plutôt mignon alors. Je pense emménager dans ton quartier dans ce cas. Dit-elle malicieusement.
- Bon t'as faim ? On commande peut-être ?
- Change pas de sujet, veux-tu ?
- Mais je...
- Ok, on commande, mais je compte bien prendre des nouvelles de ton voisin !
Le reste de la soirée se passa bien. Kat repartit vers minuit, elle ne tenait plus debout, et il fallait qu'elle songe à rentrer pour dormir au moins un peu. Le lendemain matin, Jeffries et Lilly se retrouvèrent devant chez Daniela pour retenter un nouvel entretien. Cette dernière s'excusa pour l'accueil de la veille, mais elle venait de se disputer avec sa fille, Emily et était plutôt énervée contre elle. Lilly inspecta l'intérieur assez élégant de la maison de Daniela. Elle demanda alors qui était l'homme sur la photo qui était posée sur le buffet. Daniela, surprise, répondit qu'il s'agissait d'un ami de la famille. Will demanda s'il ne s'agissait pas plutôt de Mickael Stevenson ? Daniela pâlit et ne put répondre autre chose que oui. Lilly lui demanda alors de raconter leur histoire, elle lui dit qu'elle était au courant de leur liaison. Daniela, alors fit part de son histoire, leur histoire. Elle se maudissait d'avoir espérer un heureux dénouement à tout ça. Elle réalisait maintenant, qu'elle avait gâché sa vie à attendre que Mickael se décide à quitter sa femme pour elle. Will et Lilly prirent congé de leur hôtesse, et le reste de la journée se passa tranquillement. Au grand désespoir de Nick, qui ne voyait pas du tout ce qu'ils faisaient là. C'était un suicide, point final.
C'est ainsi que le soir, Lilly épluchait le dossier en soupirant. Vera avait raison. L'enquête était résolue. C'est alors qu'elle pensa aux lettres de menaces que Mélanie leur avait donné. Elle décida donc de les étudier le lendemain. Elle allait se coucher quand quelqu'un sonna. Elle alla ouvrir, et se trouva en face de son voisin.
- Bonsoir, je viens vous rendre votre farine.
- Merci. Elle était bonne votre pizza ?
- Très bonne, oui. Je me rends compte que je ne me suis pas présenté. Rick Scheaffer, je viens de déménager de Chicago, pour travailler dans un cabinet d'avocats ici à Philadelphie.
- Ah oui ? Lilly Rush, enchantée de vous connaître, et j'espère que vous vous plairez ici ?
- Je dois dire que pour le moment, je ne suis pas déçu, et que mes voisins sont très gentils et charmants, dit-il en la dévisageant.
- Merci, répondit Lilly en sentant ses joues s'empourprer. Je... Vous voulez peut-être...
- Je ne veux pas abuser de votre gentillesse, mais une autre fois peut-être. Ce soir il est tard, et demain j'ai une affaire très difficile à plaider.
Il s'éloigna. Lilly referma sa porte avec une curieuse sensation. Elle était sous le charme de son voisin. Ca faisait si longtemps qu'elle ne s'était pas sentie comme ça. La sensation de plaire à quelqu'un, d'ailleurs Kat avait raison, il était pas mal du tout. Il n'y avait donc pas de mal pour qu'ils fassent plus connaissance. Le lendemain, Kat arriva vers Lilly et lui demanda à voix haute, comment allait Jude Law ? Et s'il lui avait rendu sa farine. Lilly se mit à rougir, tandis que Scotty et Nick levèrent la tête en direction des deux jeunes femmes. Kat se rendit compte de son indiscrétion. La vie privé de Lilly était quelque chose de secret depuis Joseph. En effet, personne ne savait plus rien, et personne n'osait le lui demander d'ailleurs. Elle décida de trouver une parade, mais n'en trouvant pas, elle fut obligée de vendre la mèche.
- Bah oui, Lilly m'avait caché que du beau monde habitait dans son quartier.
- Elle fait ce qu'elle veut dit Vera, mais pourquoi prête-tu ta farine ?
- Et toi, pourquoi es-tu si indiscret, répondit Lilly du tac au tac.
- Alors ? Insista Kat.
- Alors quoi ? Demanda Lilly. Il me l'a rendu, et on a parlé un peu, et c'est tout.
- T'es pas marrante, lui répondit celle-ci.
- Laissez-la tranquille à la fin. Elle ne veut pas en parler. Interrompit Scotty.
Lilly le remercia, et dit qu'ils fallaient qu'ils étudient les lettres. Elle observa son collègue un peu, et vit qu'en fait il était plutôt soulagé qu'elle ne soit plus au centre de la conversation. Elle esquissa un sourire. Elle aimait bien ce petit côté de jalousie protectrice. Elle se sentait importante, et elle voyait qu'elle comptait pour lui. Ils étaient devenus de bons amis, très complices. Elle arrivait à se confier à lui, chose qu'elle ne faisait jamais auparavant. Les personnes qui avaient le privilège d'être des confidents étaient très rares. Mais avec lui, c'était facile. Il avait répondu présent quand Joseph était parti. Elle ne le lui avait pas demandé, et il ne le lui avait pas dit, mais elle sentait bien qu'au fond il ne l'appréciait pas beaucoup. Il lui avait quand même dit que pour la laisser dès la première dispute, il ne devait pas beaucoup tenir à elle. Elle avait sourit face à cette réplique. Mais ce sujet, il ne l'abordait presque jamais. De leur vie sentimentale, ils ne savaient seulement ce qu'ils disaient aux autres. Dans un sens, c'était un sujet tabou. Pourtant, elle aurait voulu qu'il lui en dise plus. Elle chassa ces idées de sa tête, il fallait reprendre le cours de l'enquête.
- Je pense qu'on devrait se repencher sur les lettres de menaces, proposa Lilly.
- Pour quoi faire ? Demanda Nick. Mickael a reçu ces lettres le dénonçant, et le menaçant de révéler à sa femme l'existence de sa maîtresse et de sa fille. Ne supportant pas le chantage, il décide de mettre fin à ses jours.
- Nick, la vie n'est pas si facile que ça, protesta Lilly. Quelque chose me dit, qu'il y a un truc qu'on ne sait pas, et que personne ne nous dit.
- Oui, je vois où tu veux en venir, répondit Kat. Personne ne nous a parlé de Josh, le mari de Daniela. Même elle ne nous en a pas parlé.
- Bah, ils sont peut-être divorcés et en très mauvais termes, souffla Scotty. Quoi de plus normal d'ailleurs. Je me mets à la place de Josh. Il apprend que sa femme mène une double vie avec un de ses meilleurs amis, et qu'ils ont une...
- Fille ! L'interrompit Lilly. Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ?
- Penser à quoi ? Questionna Nick.
- Emily ? Interrogea Kat. Non ! Tu penses vraiment que...
- C'est une hypothèse non négligeable, indiqua Lilly. Par expérience, je sais que les secrets sont parfois très bien gardés. Et Daniela ne s'est pas montrée très coopérative.
- Ca, c'est le moins qu'on puisse dire, lança Nick. Je me demande comment vous avez fait Will et toi pour en apprendre davantage sur elle.
- Le tact, ironisa Scotty !
- Oh c'est bon !, Répondit Nick en soupirant.
- Eh Oh ! Les enfants ça suffit, lança Kat, on bosse, je vous signale. La récréation c'est plus tard.
- Je propose qu'on aille rendre visite à cette Emily, déclara Lilly.
- Aurais-tu son adresse par hasard ? Demanda Scotty.
- Tu te moques ? Puisque c'est ça, tu viens avec moi, et t'as pas le choix, répondit-elle en riant.
- Ok, capitula t'il.
Ils partirent tous les 2, laissant Nick et Kat seuls, ne leur laissant pas le temps de répliquer. Mais Kat ne put s'empêcher de lancer une petite phrase à Lilly, du style :
- Si je comprends bien Jude Law est libre ??
- Laisse-les tranquilles Miller tu veux ? Dit Nick, et aide-moi plutôt à déchiffrer ces lettres. Car je sais pas pour toi, mais je me rends compte qu'ils nous laissent faire le sale boulot !
- Qu'est-ce qui t'arrives ? D'habitude, t'es le premier à les chambrer !
- Comme tu l'as si bien dit, il y a un temps pour tout ! Là on bosse ! Fin de la conversation.
Will et John arrivèrent à leur tour. Ils n'en revenaient pas de les voir déjà au boulot. Will demanda s'ils avaient eu de nouveaux éléments. Kat répondit que Lilly et Scotty étaient partis interroger Emily, la fille de Daniela. John demanda pourquoi, Nick répondit qu'ils la soupçonnaient d'être la fille illégitime de Mickael et Daniela. Stillman fut un peu vexé, mais en même temps satisfait de voir que même sans lui pour gérer, ses agents faisaient du bon boulot.
De leur côté, Lilly et Scotty s'étaient rendus chez Emily. Lilly avait relevé son adresse dans un petit carnet chez Daniela. Emily fut surprise de leur visite. Elle leur demanda pourquoi ils venaient chez elle, au lieu de résoudre l'affaire. Elle leur apprit qu'elle ne connaissait pas très bien les Stevenson. Elle se souvint qu'elle jouait souvent avec Mélanie quand elles étaient petites et un jour, ses parents lui avaient dit qu'elles devaient cesser de se voir. Elle n'avait pas compris pourquoi, mais elle les avait écouté. Et depuis plus de 15 ans, elle n'avait pas eu de nouvelles de la part de Mélanie. Scotty, étonné lui en fit part. Elle répondit que lors du suicide de Mickael, elle avait surpris sa mère en train de pleurer plusieurs fois, et que depuis, elle semblait ne jamais s'en être remise. Elle avait posé la question à Mélanie, qui l'avait envoyé promener. Elle s'était fait une raison, et n'avait plus posé de question à personne, jusqu'à maintenant, où elle avait reçu un appel de la part de Mélanie disant que sa mère venait de mourir, et qu'il fallait qu'elles se voient pour certains papiers. Lilly comprit. Elle lui dit que c'était pour ça qu'elle s'étaient fâchée avec Daniela. Emily ne répondit pas. Elle dit juste que pour elle, son père resterait toujours celui qui l'a élevé, Joshua. Avant de partir, Lilly lui demanda où ils pouvaient trouver son père. Elle lui donna une adresse à Philadelphie. Ils s'en allèrent.
De retour au central, ils firent part de leur rencontre avec Emily. Stillman les félicita d'avoir trouver le lien entre les 2 familles. Il leur dit que le lendemain, ils devraient aller interroger Joshua Jones. Il fit le résumé de ce qu'ils avaient trouvé dans les lettres. Après avoir lu et relu certaines d'entre elles, ils avaient deviné que l'auteur était impliqué dans toute cette histoire. Ils n'avaient donc pas de doutes là-dessus. Nick avait songé à Daniela qui menaçait de tout raconter, mais Will lui avait dit que Josh pouvait en être l'auteur, qui avait accusé Mickael d'avoir détruit sa vie.
Une fois devant chez elle, Lilly sentit une présence dans son dos, elle se retourna et se retrouva face à Rick. Il lui demanda si elle voulait prendre un verre quelque part. Après une hésitation, elle accepta. Elle avait besoin de s'évader un peu de cette enquête assez sordide.
Il l'emmena dans un bar qui venait d'ouvrir près de leur quartier. Après une petite demi-heure où ils étaient assez timides dans leurs confidences, Lilly se laissa aller, à sa grande surprise d'ailleurs. Elle passait une bonne soirée, et le fait de la passer avec quelqu'un qui n'avait aucun rapport avec son travail la délivrait dans un sens. Non pas qu'elle n'aimait pas les soirées passées avec Kat et Scotty, mais là s'était comme si elle était quelqu'un d'autre, elle, tout simplement.
- Je crois que votre vie est compliquée, demanda t'il.
- Je... Je ne dirais pas compliquée, mais seulement que... rien ne se passe comme j'avais envie. Je n'arrive pas à concilier travail et vie privée.
- Un peu comme moi, comme tout le monde je pense. La vie actuelle est tellement speedante que ça ne nous laisse pas tellement de temps pour nous.
- Je pense qu'il faut qu'on arrive à trouver le juste milieu...
- Et la bonne personne, mais pour y arriver faut essayer !
- Je...
- Vous ne m'avez toujours pas dit ce que vous faisiez dans la vie ?
- Je suis dans la police. Je suis inspecteur à la criminelle.
- Vous ? Dans la police ? Plaisanta t'il.
- Pourquoi ? Vous pensez que je ne devrais pas faire ce genre de boulot ? Répondit-elle en riant.
- Non, c'est juste que...
- Vous vous enfoncez Rick !
- Pour ma défense, je dirais que...
- Vous savez j'entends ça à longueur de journée. Ce métier n'est pas un métier pour les femmes...
- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Je... Hésita t'il.
- Je sais bien, je vous taquine, déclara t'elle en riant.
- Ah oui ?
- Je...
- Alors ça, si je m'attendais à te croiser dans un bar Rush, interrompit une voix bien familière.
- Nick? Mais...
- Et oui, Nicky prends un verre de temps à autre !
- Tout seul ! Hasarda Lilly.
- Mais non, je ne suis pas si désespéré, lança t'il. Je suis avec des potes.
- Le duo infernal s'est séparé ? Demanda Lilly en faisant allusion à Scotty.
- C'est que...
- Ok ! C'est bon, je crois que j'ai compris ! Répondit Lilly un peu énervée. Oh ! J'ai oublié de faire les présentations. Rick, voici un collègue de travail Nick ; Rick est un de mes voisins, il vient d'arriver, et comme il ne connaît pas Philadelphie...
- Tu t'es proposée de lui faire faire la tournée des bars ! Lança Vera hilare. Lil' t'as pas besoin de te justifier, tu fais ce que tu veux ! Non, rectification Valens et toi, vous faites ce que vous voulez de vos vies ! Mais...
- A demain Vera, fit Lilly en le regardant avec un regard autoritaire. Je suis désolée, fit-elle à Rick.
- De quoi ? Pour cette interruption, non, ne vous inquiétez pas, content que vous vous entendiez avec vos collègues !
- Oui, mais parfois, j'aimerais être un peu tranquille !
- Un problème ? Je pense avoir deviné que ce Nick vous charriait à propos de son compagnon de...
- Scott ? Demanda Lilly en riant nerveusement. Alors là, vous ne connaissez pas Nick ! Il adore nous chambrer ! Scott est mon co-équipier.
- D'accord, Fit Rick avec un petit air jaloux. C'est vrai que j'avais oublié que vous fonctionniez par duo, dans votre métier.
- Je... Il commence à se faire tard, dit Lilly en cherchant à dévier de sujet.
Rick n'insista pas, il voyait que Lilly cherchait à changer de sujet de conversation. Il entreprit donc de lui faire oublier ce petit contretemps. Ils rentrèrent donc chez eux. Au moment de se séparer, il s'approcha de Lilly et l'embrassa sur la joue. Etonnée, elle ne fit aucun geste, mais ne pouvait détacher son regard de lui. Elle était complètement sous le charme. Elle décida pour une fois d'agir normalement. Elle le retint par le bras et l'attira à l'intérieur de chez elle. Le lendemain, Lilly se réveilla avec une curieuse sensation. Elle se retourna et vit Rick qui dormait toujours. Elle sourit, pour une fois elle avait fait ce qu'elle voulait vraiment. Elle avait agi librement, sans se demander si c'était bien ou mal. Elle se dégagea de son étreinte et se leva. Il se réveilla à son tour, et lui demanda si elle allait bien. Elle se retourna et lui répondit positivement en souriant. Il se leva aussi, et l'informa qu'il s'occupait du petit déjeuner. Lilly lui répondit que pour elle, se serait un croissant et un café une fois arrivée au commissariat. Il se proposa alors de l'accompagner. Elle hésita, puis accepta. Une fois arrivés au coin de la rue du central, le visage de Lilly se renfrogna d'un seul coup. Elle demanda à Rick s'il ne pouvait pas la laisser là.
- Tu ne veux pas qu'on nous voit ensemble ?
- Rick, non ! C'est juste que...
- T'es sûre qu'il ne s'est jamais rien passé entre ton co-équipier et toi ? Demanda t'il septique.
- Non... Mais qu'est ce que... Fit Lilly abasourdie, par le fait que même lui qui ne la connaissait pas, lui pose cette question.
- Rien, mais t'es pas pareil que...
- Ecoute, je t'ai dit que je ne voulais pas mélanger mon travail et ma vie...
- Eh ! Eh ! Ok j'ai compris ! Je suis désolé de t'avoir...
- Ce n'est rien ! Je te laisse, bonne journée, fit-elle en l'embrassant.
- Bonne journée à toi aussi ! Et, ne pense pas trop à moi ! Dit-il en riant.
Lilly sortit de la voiture un sourire accroché sur son visage. Il fallait qu'elle se reprenne, si elle ne voulait pas affronter l'interrogatoire de Kat, en plus de celui de Vera. Peine perdue, vu que celui-ci était en pleine conversation avec Scotty, Kat et Will. Ils s'interrompirent quand elle arriva.
- Pas la peine de vous taire, je sais que vous parlez de moi...
- Lil', arrête, c'est cool pour toi, fit Nick. Et puis c'est vrai qu'il est charmant ce Rick.
- Tu le connais ? Demanda Scotty, visiblement intéressé par ce que Vera venait de dire.
- Et oui, si tu n'avais pas dragué la serveuse hier soir, tu le connaîtrais toi aussi !
- Mais qu'est ce qui vous arrive vous 2 ? Demanda Kat. On n'est pas au printemps pourtant !
- Quel rapport ? Demanda Will, qui jusqu'ici s'était tu.
- Je sais ! dit Kat, on approche des fêtes de fin d'année, et...
- On n'a pas de boulot aujourd'hui ? Dit Lilly, assez embarrassée.
- Si, d'ailleurs je t'attendais, fit Nick. C'est moi qui t'accompagnes chez Joshua.
- Alors en route, mais je te préviens : Si jamais tu...
- Je me demande comment tu fais pour la supporter parfois Scotty, plaisanta Nick.
Ils partirent tous les 2. Vera esquiva la petite tape que lui adressa Lilly. Les autres riaient, sauf Scotty qui fixait Lilly bizarrement. Pourquoi, alors que tout le monde se réjouissait de la voir heureuse, il réagissait comme ça. D'accord il était content pour elle, mais il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une petite rancœur. Il se demanda si elle aussi, elle réagissait comme ça, à son égard. Will s'aperçut de la gêne de Scotty. Il lui cria presque dans les oreilles, qu'il fallait se réveiller, ils avaient du pain sur la planche. Il se leva donc, sous le regard de Kat, qui le fixait bizarrement.
Dans la voiture qui les emmenaient chez Joshua, Lilly avait demandé à Nick de la laisser tranquille. Ils parlèrent de l'enquête. Nick demanda comment Joshua allait les recevoir. Elle lui répondit qu'elle ne savait pas. Ils verraient au moment voulu. Elle se replongea dans le dossier, mais son esprit était ailleurs. Elle repensa à Rick et une esquisse de sourire vint éclairer son visage. Ce n'était pas dans ses habitudes de se jeter sur le premier venu. Alors que se passait-il en elle ? Elle ne le connaissait que depuis peu, et c'était son voisin. Elle repensa au fait de se sentir seule. Le rêve qu'elle avait fait était une preuve qu'elle ne voulait plus que ça dure. Rêver de son collègue, était sûrement un signal d'alarme. Elle s'aperçut que lorsque Vera lui avait dit la veille que Scotty était en galante compagnie, elle avait tout de suite esquivé la suite. Rick s'en était aperçut lui aussi, car il lui avait paru un peu jaloux. Elle rit nerveusement. Rick jaloux de Scotty ! Non là, il fallait qu'elle se ressaisisse ! Même si l'idée ne lui déplaisait pas. Elle entreprit de se reprendre, ils étaient presque arrivés, et Vera l'observait. Elle se rendit compte qu'elle avait eu un comportement étrange pour son collègue, qui ne savait pas à quoi elle pouvait bien penser.
Une fois arrivés chez Joshua, ils sonnèrent, et ce dernier, vint leur ouvrir. Il ne comprit pas tout de suite, ce qu’ils venaient faire ici, mais quand Vera lui exposa les faits, son visage changea d’expression.
- Co… Comment avez-vous su que je ne pouvais pas avoir d’enfants ?
- Mais nous n’en savions rien du tout, le rassura Nick.
- C’est Emily elle-même qui nous a parlé de ça, dit Lilly. Elle nous a dit que même si Mickael était son père biologique, c’est vous qu’elle considère comme…
- Et pourtant, je ne mérite pas ça !
- Pourquoi ça ? Demanda Vera. C’est plutôt gentil de sa part, et ça montre à quel point elle tient à vous.
- Oui peut-être, mais elle ne sait pas que c’est moi qui ai poussé Mickael à se suicider.
- Pardon ? Questionna Lilly étonnée. Comment l’avez-vous poussé à…
- Les lettres ! Daniela m’a avoué aussitôt après avoir apprit qu’elle était enceinte que Mike était le père du bébé. J’était effondré. J’ai essayé de la soutenir pendant sa grossesse, en essayant de me dire que ce bébé était la bénédiction. Mais une fois Emily née, je ne…
- Je comprends, le rassura Lilly. Elle…
- Vous nous avez vu tous les 3, Emily ressemble à sa mère, mais n’a aucun trait commun avec moi, mais elle ressemble énormément à Mike. Le jour de ses 3 ans, elle était sur ses genoux, et ma mère m’a pris à part pour me dire qu’elle trouvait étrange que sa petite fille ressemble à mon meilleur ami. Et…
- Continuez, l’encouragea Nick.
- Et c’est à ce moment que ma haine envers Mike s’est développée. Je ne cherchais même plus à la contenir, ni à la cacher à Daniela. Les lettres, c’est moi ! Toutes ! J’ai essayé de monter Emily contre lui, contre eux. Résultat : Daniela et moi avons divorcé lorsqu’elle avait 5 ans. J’ai tenu pour elle tout ce temps, mais…
Lilly et Nick prirent congés de Joshua. Elle s’en voulait d’avoir réveillé de vieux démons qu’il avait tenté d’oublier. Vera le remarqua, et lui dit que malheureusement c’était leur boulot. Lilly quant à elle, cherchait en vain comment annoncer à Mélanie que son père s’était réellement suicidé, et surtout les conditions dans lesquelles, il avait effectué son acte. Il se méprisait, et méprisait sa vie. Elle essuya une larme qui coulait le long de sa joue. Une fois arrivés, Nick fit part de leur entrevue avec Joshua. Lilly ne disait rien, elle rangeait les éléments du dossier dans le carton. Elle descendit aux archives la photo de Mélanie à la main. Scotty la suivit. Elle ne se retourna pas, mais lui demanda comment des amis pouvaient arriver à ce stade de haine, en si peu de temps.
- La vie est parfois cruelle, tu sais.
- Je le sais ça, mais…
- Lil’ si tu essaies de résoudre le plus vieux problème du monde, tu ne seras jamais heureuse crois-moi ! Je te raccompagne ?
- Si tu veux !
- C’était plus une affirmation qu’une question, mais puis que tu acceptes, je n’aurais pas à t’enlever, plaisanta t’il.
Le trajet se fit dans le calme. Scotty mourait d’envie de lui poser des questions sur Rick, mais n’en fit rien. Lilly avait deviné, elle sourit et regarda la route. Soudain, elle posa une question qui scotcha son ami.
- Alors, cette fille Charlene ? Ou pas Charlene ?
- Pardon ? Je…
- Tu ne te souviens plus de…
- Ah ça ! Ecoutes, j’en sais rien ! C’est…
- Normalement, on le sait ce genre de chose, fit-elle en plaisantant.
- Ah oui ! Alors Rick ?
- Quoi Rick ?
- Je te retourne ta question ! Voyant que Lilly ne répondait rien, tu peux parler donc !
- Oui, je sais, mais au moins, qu’on vienne pas nous dire qu’on essaie pas !
- Qui te dis ça ?
- Personne, mais je commence à en avoir marre de…
- Je vois, tu sais, comme l’a fait remarquer Kat, c’est sûrement la période des fêtes qui te travaillent.
Tout en parlant, ils étaient arrivés devant chez Lilly, sans s’en apercevoir. Ils étaient bien. Scotty appréciait beaucoup qu’elle s’ouvre à lui comme ça. Il se sentait important. Leur complicité s’était énormément renforcée. Il la dévisageait. Lilly troublée, détourna le regard. Elle vit que la maison de Rick était éclairée. Elle prévint son ami qu’il fallait qu’elle rentre. Il comprit, il regardait lui aussi dans la même direction. Il lui souhaita une bonne soirée et Lilly descendit de voiture en le remerciant. Elle le regarda s’éloigner avec un petit pincement au cœur. Elle aurait pu se confier jusqu’à pas d’heure. Elle se dirigea chez Rick, et hésita avant de frapper. Il vint lui ouvrir. Vu la tête qu’elle faisait, il ne fit aucun commentaire sur l’heure tardive. C’est vrai qu’il était plus de 21h. Lilly, étonnée, elle n’avait pas vu le temps passé. Elle s’assit sur le canapé, et pencha la tête en arrière. Rick lui apporta un verre de vin, qu’elle refusa sagement. Elle était fatiguée, et boire serait une erreur. Il mangèrent des nuggets de poulets devant une rediffusion d’un vieux film. Lilly ne vit pas le film entièrement, elle s’endormit au bout de 30 minutes. Rick hésita avant de la réveiller, puis finalement il s’endormit lui aussi. A 3h du matin, elle ouvrit un œil en se demandant où elle était. Elle se souvint qu’elle s’était endormie dans les bras de Rick. Elle le réveilla doucement, elle préférait rentrer chez elle, finir la nuit. Il refusa, en lui disant qu’il la porterait s’il le fallait, mais il voulait se réveiller avec elle le lendemain. Elle lui dit alors que la proposition était tentante, mais qu’il fallait qu’elle rentre, au moins pour s’occuper de ses chats. Une fois chez elle, elle se traita d’idiote, et dû réprimer une envie de faire marche arrière.
Le lendemain, juste avant qu’elle ne parte, elle sonna à la porte de Rick. Celui-ci vint lui ouvrir, avec un air étonné et surtout encore endormi. Elle le força à reculer, et l’embrassa, en guise de bonjour.
- Que me vaut cet honneur ? Demanda t’il.
- Tu as dit que tu voulais te réveiller avec moi ! Alors, comme je sais que t’es un gros dormeur, je suis venue te réveiller avant d’aller au boulot.
- Tu sais que tu peux revenir quand tu veux, mais c’était pas comme ça que je voyais mon réveil, dit-il en lui chatouillant les taille.
- Arrête, je suis déjà en retard ! Répondit Lilly en riant. Et en plus, je suis chatouilleuse.
- C’est fait exprès ! Répondit-il malicieusement.
- Ecoute, j’adorerais rester, mais là faut vraiment que j’y aille.
- Ce soir, je te veux rien que pour moi, dans ce cas, lui murmura t’il dans l’oreille.
- Ce soir ? Fit Lilly visiblement ennuyée. C’est que…
- Pas de non, je passe te prendre à ton travail…
- Rick, ce soir, ce n’est pas possible ! Je… C’est le 1er jeudi.
- Le quoi ?
- Avec les collègues, 1 fois par mois on va prendre un verre dans le bar à côté du central. C’est sacré, personne n’envisage de le manquer, même si j’ai déjà séché une fois !
- Ok, pas de problème, je me ferais le plus petit possible, ils ne sauront même pas que je suis là !
- Rick !
- Je passe te prendre après alors !
- D’accord ! Ecoute, là faut vraiment que j’y aille.
La journée se passa tranquillement. Pas de nouvelle enquête, Mélanie était juste passée sur la demande de Lilly pour récupérer la photo. Elles avaient pu parler toutes les 2 de l’enquête. Lilly l’avait réconforté du mieux qu’elle pouvait. C’est ainsi que le soir venu, tout le monde se retrouva au bar. Kat demanda à Lilly comment elle avait pu se libérer. Elle lui répondit qu’à 20h30, Rick passait la chercher. Vera surprit la réaction de Scotty, il sourit. Décidément, dès qu’il y en avait un qui s’intéressait à Lilly, il montrait les griffes. La soirée se passa tranquillement et rapidement, ils essayaient en vain de dire à Nick que ses blagues n’étaient pas toujours marrantes. Lilly et Kat pleuraient de rire, tandis que Scotty dévisageait sa co-équipière, sous la surveillance de Stillman. Décidément, elle resplendissait. Il ne savait pas s’il devait s’en réjouir, ou pas. Scotty leva la tête vers son patron et surprit son regard autoritaire. Penaud, il détourna son attention sur Will et Nick qui discutaient, quand soudain, ces derniers s’arrêtèrent de parler. Kat qui avait entendu un blanc autour de la table, leva la tête elle aussi, et fit signe à Lilly de regarder qui était là ?
- Rick ? Fit cette dernière, mais qu’est-ce que…
- Je n’en pouvais plus d’attendre sous la pluie, donc je suis rentré, dit-il. Je dérange peut-être ?
- Non, pas du tout, voyons, fit Scotty boudeur, esquivant une tape de la part de Will.
- Je… Commença Lilly, rouge comme une pivoine.
- Je suis désolé, je me présente : Rick, un ami de Lilly.
- Oui, on se connaît déjà, répondit Vera, d’un air moqueur. Alors en face de moi, c’est John, à côté, Will, celui qui boude, c’est Scotty, et après je pense que vous connaissez Kat, et la belle petite blonde je ne vous la présente pas !
- Je pense que je vais devoir vous abandonner, fit Lilly timidement. A demain tout le monde.
Ils s’éloignèrent. Les commentaires ne se firent pas attendre. Will déclara qu’il était content pour elle, elle le méritait grandement. Kat n’en revenait pas et affirma son intention de déménager dans le quartier de Lilly, Vera se moqua d’elle. Seuls Scotty et Stillman restaient silencieux. Ce dernier d’ailleurs fixait son collègue. Il voyait bien qu’il y avait quelque chose qui le chiffonnait. Plus loin, Lilly fit part de sa surprise à Rick.
- Tu ne pouvais pas attendre encore un tout petit peu, fit-elle.
- Comme ça tes amis me connaissent ! Car à la façon dont il me dévisageait, j’ai bien vu que tu ne lui avait pas parlé de nous.
- Ce sont des collègues de travail ! Je ne vois pas en quoi ça les regarde ! Répondit Lilly en ne relevant pas l’allusion de Rick.
- Collègues que tu côtoies en dehors des heures de travail pour certains, insista t’il.
- T’es jaloux ? Demanda Lilly nerveusement.
- Je n’ai jamais dit ça…
- Il n’y a aucune raison d’être… Commença Lilly, avant de se souvenir de la réaction de Scotty, et de l’allusion de Rick.
- Tu vois que…
- Fin de la discussion, cria presque Lilly.
Le reste de la soirée se passa avec une certaine tension. Au moment de rentrer chez eux, Lilly demanda à Rick de la déposer chez elle. C’est alors qu’il s’excusa pour sa petite crise de tout à l’heure. Elle ne répondit rien, il lui dit qu’en effet il était un peu jaloux. Mais c’était du temps qu’elle passait avec eux. Ce temps là ils ne le partageaient pas. Elle lui fit un timide sourire, il essayait de se rattraper. Elle l’embrassa, et sortit de la voiture. Une fois arrivée devant sa porte, elle lui demanda s’il comptait passer la nuit dans sa voiture. Avec un sourire, il sortit à son tour.
Plusieurs semaines s’étaient passées. Les fêtes de fin d’années approchaient à grand pas. Lilly et Rick passèrent Noël ensemble, mais le réveillon du nouvel an se ferait chacun de leur côté. Rick retournait à Chicago le fêter avec des amis, tandis que Lilly le passait avec Kat et Mary. Justement cette dernière appela Lilly pour la prévenir qu’elle avait invité une de ses amies du cours de peinture. Lilly lui répondit qu’elle ne voyait pas en quoi ça dérangeait, elle lui répondit qu’elle venait accompagnée. Lilly sourit. Le soir du 31 décembre, Kat passa chercher Lilly vers 19h30, elles devaient aider Mary à finir les préparatifs. Le fait de se retrouver à Richemond, rappela à Lilly ses doutes et ses rêves, qu’elle ne faisait plus depuis qu’elle avait rencontré Rick. A 20h, on sonna à la porte, Mary demanda à Lilly d’ouvrir. A peine eut-elle ouvert la porte, qu’elle fit un pas en arrière. Sur le seuil se tenait Jenny avec Scotty. Ils se regardèrent tous les 2, et Scotty vit le regard de reproche que lui lançait sa collègue. Elle lui avait parlé de Rick, tandis que lui restait secret.
Un peu plus tard, Lilly était au téléphone avec Rick. Il l’avait appelé avant minuit, les ondes seraient saturées après. Elle avait ressenti le besoin de l’entendre. Scotty l’avait surpris et il écoutait. Il se sentait indiscret, et se demandait ce qu’il faisait, mais quelque chose le poussait à le faire. Quand elle raccrocha, elle se retourna et le vit. Elle lui demanda ce qu’il faisait là.
- Je passais dans le coin, j’avais envie de prendre l’air. Je te promets que je n’ai pas écouté un traître mot de ta conversation, mentit-il.
- Je ne t’ai pas accusé.
- Non, mais ton regard l’a fait. Je sais, j’aurais du…
- On ne se doit pas de comptes, Scott, seulement…
- Ah tu vois, que…
- C’est pas franchement le soir pour se… Au fait, t’es pas avec elle ?
- Je…
- Attends, tu ne vas quand même pas lui faire ça ce soir ?
Il ne répondit rien. Elle lui dit qu’il n’était pas très galant. Rompre un soir de réveillon c’est la même chose que lors de la Saint-Valentin. Il manque de tact. Il lui dit qu’elle avait raison, mais qu’il ne pouvait pas faire semblant ce soir. Ils ne se rendirent pas compte de l’heure qui avançait. Ils avaient changé de sujet de conversation et parlaient de tout et de rien. Lilly n’avait pas évoqué Rick. Ils parlaient. Ils étaient bien comme ça. Il faisait un froid terrible dehors, mais ce n’est pas pour autant qu’ils rentraient. Quand tout à coup des cris raisonnèrent un peu partout dans la résidence. Scotty regarda sa montre qui indiquait minuit. Lilly comprit à son tour. Ils échangèrent un long regard. Lilly sentit son cœur battre plus fort. Mais que lui arrivait-il ? De son côté, il ressentait la même chose. Quand il décida de rompre le silence qui devenait pesant, il s’approcha de Lilly et lui souhaita une bonne année en l’embrassant sur la joue. Elle ressentit comme un frisson la parcourir. Elle le fixa à son tour et lui souhaita elle aussi une bonne année. Ils furent arrêtés par Kat qui leur dit que ça faisait depuis pas de mal de temps qu’ils les cherchaient à l’intérieur. Elle s’interrompit d’elle-même, consciente du trouble qu’elle venait de jeter. Elle les dévisagea tour à tour, et avec un sourire, elle leur souhaita une bonne année en serrant Lilly dans ses bras.
La nouvelle année commençait doucement. Il n’y avait aucune enquête en cours pour le moment, et Stillman avait décidé de faire le classement. A la grande joie de Vera qui montrait bien qu’il n’était pas d’accord avec cette décision. Quand un jour, un homme d’une cinquantaine d’années demanda à voir une certaine Lilly Rush. Cette dernière se leva de sa chaise et se dirigea vers l’homme. Il demanda alors si elle avait une affaire en cours. Elle répondit que non. Il lui donna donc la raison de sa visite. 10 ans auparavant, sa fille de 9 ans, était retrouvée morte sur le chemin du retour de l’école. A l’époque l’enquête avait été classée rapidement. Un SDF avait sans doute tué la jeune fillette pour quelques dollars. Mais depuis, il n’en était pas sûr, et avait toujours eu des doutes sur un dealer qui traînait du côté de l’école. Il se faisait appeler Lucky. Kat frissonna. Ca aurait pu être sa fille. Elle se rendit compte que sa fille pouvait être en danger à n’importe quel moment. Elle se ressaisit, mais l’instinct maternel était plus fort parfois. Will raccompagna Peter à la porte, tandis que Lilly, Scotty et Nick descendirent aux archives chercher le carton de la petite Tamara Cole. Lilly lisait le rapport à voix haute, la voix tremblante, elle regardait les photos qui y étaient accrochées. C’est vrai qu’un SDF n’aurait pas pu commettre ce crime, tellement elle était défigurée. Elle pâlit. Les clichés qu’elle voyait la ramenèrent des années auparavant, lorsqu’elle avait été agressée. Scotty, voyant le trouble de son amie, lui prit le rapport des mains, manquant de la couper avec le papier. Elle lui fit part de sa surprise, et lui dit qu’il pouvait être plus délicat. Il lui dit qu’elle n’était pas en sucre, et qu’avec un petit pansement c’était fini. Elle allait répliquer quand Nick leur fit comprendre que leurs gamineries l’agaçait.
Durant cette journée, Will et Nick étaient partis interrogés la directrice de l’école Saint Antoine. Madame Pierce les reçut rapidement, elle était en même temps prof et elle était en retard pour son cours à venir. Elle leur dit que Tamara était une bonne élève à l’époque. Elle était largement au dessus de la moyenne de la classe. Elle en parlait avec fierté. Elle avait été sélectionnée pour participer à un championnat des collèges. Quand ils lui posèrent la question sur un dealer qui rôdait dans le coin, elle changea de sujet. Nick comprit qu’elle devait cacher quelque chose. Il se promit donc de rechercher ce Lucky. De leur côté, Lilly et Kat avaient rencontré Oilivia Stone, qui avait trouvé le corps de Tamara dans un parc. Elle leur dit qu’elle avait été choquée, un enfant, c’est toujours horrible. Le fait d’en reparler la fit frissonner. Elles n’en apprirent pas plus que ce qui était marqué dans le rapport.
Lilly était sur le point de rentrer chez elle, quand elle sentit une main se poser sur son épaule. Elle se retourna et Rick pu voir qu’elle avait pleuré. Il lui demanda ce qui n’allait pas, elle lui répondit que c’était une enquête. A chaque fois, qu’ils rouvraient une enquête sur le meurtre d’un enfant, elle était dans cet état, surtout quand le crime était si horrible que celui-là. Il la prit dans ses bras, et lui dit que pour lui changer les idées, il avait 2 places pour le match de ce soir. Elle lui répondit qu’elle n’aimait pas le basket. Il lui dit que c’était du hockey et ne lui laissa pas le choix, il lui confia qu’ils étaient super bien placés et que c’était le cadeau d’un client. Elle sourit, et lui fit remarquer que c’était comme ça que les avocats commençaient à devenir véreux et corrompus. Il sourit, elle avait accepté. Une fois dans la patinoire, il lui expliqua les grandes lignes du match, les points et les pénalités. Elle lui dit qu’elle n’avait pas compris, mais qu’elle voulait bien essayer. Lors de la pause, elle insista pour aller chercher un soda, elle lui cacha qu’en fait, elle voulait aller dans un endroit où elle n’entendrait pas les cris de supporters. Après avoir payé, elle se retourna et se retrouva face à Will.
- Lilly ? Toi à un match ? Mais…
- Rick avait des places.
- Vous êtes où ? On peut peut-être se retrouver ensemble ?
- On est du côté des caméras.
- Quoi ? Attends, vous en avez de la chance, ce sont les meilleures places !
- Je sais, c’est ce que Rick m’a dit. T’es venu avec qui ?
- Les gars, d’ailleurs, je crois qu’ils vont se demander ce que je fais.
- Tu leur dit de venir avec Rick et moi. Il y a de la place qui reste. Rick dit que c’est souvent le cas. Les gens achètent leurs places, mais parfois ne peuvent pas venir.
- Quand tu dis les gens, c’est homme d’affaires ?
- Bah…
- Vu le prix des places, normal !
- Il y a qui avec toi ? Demanda Lilly prise d’une subite peur.
- Quand j’ai dit les gars, c’est les gars, Nick et Scott ! Pourquoi ?
- Oui, c’est vrai, je suis bête, parfois, répondit-elle avec une hésitation que Will nota. Tu vas les chercher je t’attends là.
- Non, je vais les appeler, le temps que j’y aille, qu’on parle un peu, et qu’on te retrouve, le match aura repris.
Il appela Vera et lui expliqua qu’ils avaient une occasion de mieux voir le match. Vera lui demanda comment, il lui répondit que Lilly et Rick étaient là eux-aussi et qu’ils étaient bien placés. Il insista sur le fait qu’ils étaient à côté des caméras. Nick accepta tout de suite et lui dit qu’ils seraient au stand dans la minute qui suivait. Une fois arrivés, Nick s’excusa sur le fait d’avoir un peu traîné, Scotty ne voulait pas bouger de sa place, tant qu’il n’avait pas obtenu le numéro d’une super belle fille brune ! Ce dernier lui fila un petit coup de coude dans le ventre en souriant, quand son regard croisa celui de Lilly. Depuis le réveillon, c’était la première soirée qu’ils passaient ensemble. Il n’avait pas pu venir au 1er jeudi à cause d’une réunion de famille, son frère ne lui aurait pas pardonné d’affronter leur tante tout seul. Visiblement gêné, il se justifia que la fille en question, il la connaissait de vue. Will rit en lui disant qu’il était incorrigible. Lilly ne disait rien, mais au bout d’un moment elle se dit qu’il fallait qu’elle fasse quelque chose pour éviter de paraître stupide. Elle leur dit donc de se dépêcher, Rick attendait et devait se demander ce qu’elle faisait. Chose qu’il lui demanda, quand il la vit revenir. A peine eut-il prononcé la question, qu’il vit les collègues de Lilly lui dire bonjour. Il demanda discrètement à Lilly ce qu’ils faisaient là, elle lui répondit que les places de devant était libres, et qu’ils étaient contents d’être là ! Il fit un peu la tête, mais sourit quand elle l’embrassa. Son visage se rembrunit quand il regarda dans la direction de Scotty. Il ne savait pas comment dire à Lilly qu’il ne l’appréciait pas beaucoup. Il lui ferait de la peine, car elle avait l’air de tenir à leur amitié.
Le reste du match se passa bien. Nick n’arrêtait de se retourner pour remercier Lilly, qui souriait de le voir heureux. Rick la dévisageait. C’est vrai qu’elle avait l’air contente de la tournure de la soirée. Il ne savait pas qu’en fait, ses doutes l’avaient de nouveau assailli. Elle évitait de regarder Scotty, qui faisait tout pour ne pas lui parler et la regarder. Ils crurent que cela passerait inaperçu, mais Will l’avait tout de suite remarqué. A la fin du match, Nick demanda s’ils ne voulaient pas fêter la victoire de l’équipe ? Lilly refusa poliment, en déclarant qu’elle était fatiguée. Scotty en fut presque soulagé. Pourquoi réagissaient-ils comme ça tous les 2 ? Lorsque Rick raccompagna Lilly, il lui demanda ce qui n’allait pas, elle lui répondit que c’était l’enquête qui la travaillait. Il vit qu’il y avait une autre raison, mais ne dit rien. Il la suivi jusque devant la porte, mais à sa grande déception, elle lui dit qu’elle était réellement fatiguée, et qu’il fallait qu’elle dorme. Déçu, il lui souhaita bonne nuit et s’en alla. Il se demanda pourquoi elle l’avait repoussé ?
Le lendemain, Nick et Scotty s’étaient levés de bonne heure pour appliquer l’opération « No drug today ! ». Il fallait à tout prix retrouver ce Lucky, vu qu’aucun des rapports de police ne faisaient état de son décès ou incarcération.
- Alors, vu qu’on est là pour pas mal de temps, as-tu des nouvelles de la petite brune ? Demanda Nick.
- Quoi ? Qui ? Répondit-il surprit.
- Je peux donc tenter ma chance ?
- Mais de quoi tu parles ?
- C’est bien ce que je me disais ! T’es dans la lune.
- Je ne suis pas dans la lune. J’ai juste mal dormi, c’est tout !
- Tu…
- Comme tu l’as dit, on est là pour longtemps ! Donc arrête un peu avec tes questions !
- T’es de mauvais poil ! Je savais que j’aurais dû demander à Jeffries de venir !
En effet, il était un peu de mauvais humeur. Il savait que c’était à cause de la veille. Pourquoi était-il comme ça ? Il devrait se réjouir pour elle, au lieu de ça il montrait qu’il n’appréciait pas la situation. Elle avait du le remarquer puisqu’elle ne lui avait pas parlé de la soirée. Il chassa ses pensées de sa tête, une voiture noire de luxe, vitres teintées ralentissait.
- Tiens, Ramon, t’as de la visite je crois, cria Scotty.
La voiture s’arrêta presque, Nick montra sa plaque. Le véhicule accéléra et repartit.
- Oh, non ! Les mecs, z’êtes pas cool ! Vous savez combien je viens de perdre là ? Dit Ramon en sortant !
- Tu refileras ta saloperie demain, dit Vera. Pour le moment, on a des questions à te poser.
- On n’est pas des stups, si c’est ça que tu crains.
- Ah ouias, qu’est-ce qui me dit que vous allez pas me coffrer ?
- Pourquoi ? Pour nous avoir parler, demanda Nick en regardant Scotty en souriant. Oui l’idée est bonne. Mais non, c’est ton jour de chance. On est de la criminelle, et on cherche un certain Lucky ! Tu le connaîtrais par hasard ?
- Luke La Chance ! Qu’est ce que vous lui voulez ?
- Lui causer un peu, au sujet d’une fille de 9 ans retrouvée morte, dans son secteur. L’informa Scotty.
- Oh ça, ça craint ! C’est…
- Dis-nous où il est, et on te laisse reprendre ton business. L’encouragea Nick.
- Je sais pas ! Il se fait assez discret en ce moment.
- Depuis 10 ans ? Demanda Scotty. Arrête un peu de nous balader.
- Quoi 10 ans qu’elle est morte la gamine ! Vous êtes pas pressés de résoudre l’affaire !!
- Tu réponds à la question ?
- La dernière fois que j’ai vu Lucky, il avait des ennuis. Apparemment il dealait là où il fallait pas, et…
- Et maintenant, il est où ? L’interrompit Scotty en perdant patience.
- Il se fait discret. Il piaule dans un motel au nord de la ville, c’est tout ce que je sais ! Le Streets.
- Et bien voilà ! Quand tu veux ! On te laisse continuer ta journée, fit Vera en pliant sa chaise.
Scotty appela Kat pour lui faire part de leur interrogatoire. Quand il raccrocha il dit à Nick qu’il fallait qu’ils rentrent. Lilly, Kat et Stillman partirent au Streets pour interroger Lucky. Lilly le trouva dans le couloir en train de choisir un paquet de chips dans le distributeur. Elle lui demanda de coopérer, elle ne lui voulait aucun mal, juste lui parler d’un truc. Méfiant, il attrapa son revolver, mais Stillman l’en dissuada. Il lui dit que pour le moment, ils souhaitaient juste lui parler d’une certaine Tamara Cole. Il répondit qu’il ne connaissait pas de personne de ce nom. Kat lui colla alors la photo de Tamara sous le nez. Il la regarda et dit que maintenant il s’en souvenait. Elle avait failli l’envoyer en prison. Il raconta alors ce qu’il avait vu ce jour là. Il revenait d’une affaire, et marchait dans la rue, quand il entendit une voix appeler au secours. Il avait cherché d’où ça pouvait venir. Le temps qu’il trouve l’endroit où elle était il avait entendu une sirène, alors il s’était enfui. Il dit qu’il ne savait pas où cette fillette était, mais qu’il était triste pour elle. Lilly le stoppa. Elle lui dit qu’ils en avaient assez pour le moment, mais lui conseilla fermement de ne pas quitter la ville.
Une fois de retour au central, Kat fit le rapport de leur rencontre avec Luke La Chance. Will lui demanda comment ils avaient fait pour garder leur calme ? Elle lui répondit que Lilly avait failli perdre patience. Scotty regardait Lilly, elle avait l’air marqué. Elle s’éloigna dans la petite kitchenette, il la suivit.
- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda t’elle.
- Rien, j’ai juste envie d’un café, répondit-il.
- Oui, bien sûr ! Je ne suis pas totalement bête tu sais ! Tu as envie d’un café, au moment où Kat a dit que j’avais perdu mon calme.
- Je…
- Ecoutes, je te remercie de ton aide, mais ça va ! C’est juste que je n’arriverais jamais à me faire à…
- Personne, Lil’ ! Une personne censée comme toi et moi n’arrivera jamais à s’y faire ! Un enfant mérite de vivre ! Alors, as-tu aimé le match ?
- Franchement… Non ! De temps en temps d’accord, mais toutes les semaines, c’est…
- C’est parce que tu n’y connais pas encore grand chose ! Mais une fois que tu as compris les règles, je te jure que c’est vraiment plaisant !
- Tu me donnerais des cours ? Dit-elle avec un clin d’œil.
Voyant qu’elle avait parlé beaucoup plus vite qu’elle n’aurait voulu, elle s’excusa. Il lui dit que ce n’était pas grave. Un silence gêné s’installa. Elle fixait la cafetière comme si le fait de la regarder allait faire couler le café plus vite. Parfois quand ils étaient ensemble, les phrases sortaient si facilement qu’elle oubliait qu’ils n’étaient que collègues de travail. Il décida de couper le silence, en lui demandant si Rick avait prévu quelque chose ce soir ?
- Pourquoi ? Ca t’intéresse ? T’aurais envie de…
- C’était juste pour savoir, c’est tout !
- Je ne sais pas, on verra le moment venu !
Le portable de Lilly sonna, elle regarda qui l’appelait. Et c’était Rick justement. Elle s’éloigna en s’excusant. Il lui demanda si elle allait bien, car elle avait une drôle de voix. Elle lui dit que c’était l’enquête qui la tracassait. Ce qui était en partie vrai. Il lui proposa de venir la chercher, et de l’emmener dîner dans un restaurant. Elle lui dit qu’elle préférait rester chez elle, ou chez lui. Déçu, il ne le fit pas voir. Ils raccrochèrent. Elle venait d’avoir sa réponse. Il viendrait chez elle et apporterait le repas.
Stillman envoya Lilly et Scotty interroger de nouveau Peter Cole. Même s’il savait que se serait raviver de douloureux souvenirs. C’est ainsi qu’il se rendirent chez Peter. Lilly s’excusa de l’importuner encore une fois, mais il fallait qu’ils lui demandent de nouveaux éléments. Il leur dit qu’il était à leur disposition, du moment que ça les aiderait à trouver le meurtrier de sa fille. Scotty lui demanda si ça n’avait pas été trop dur d’élever Tamara tout seul. Peter répondit qu’il s’était peu à peu habitué à la mort de sa femme. Tamara ne l’avait jamais connu, et ne lui posait que rarement des questions. Il voyait que quelque part elle en souffrait, mais elle avait totalement accepté Susan. Lilly sourit. Il s’était remarié avec Susan il n’y a seulement 3 ans. Elle lui demanda pourquoi avoir attendu. Il répondit qu’il hésitait à cause de Tamara, et après il avait peur de l’oublier. Elle lui dit qu’il n’y avait aucun risque. Il la rassura et lui avoua qu’il pensait à sa fille tous les jours. Scotty lui demanda s’il n’y avait pas dans son entourage des personnes qui voyaient d’un mauvais œil sa relation avec Susan. Il répondit que même sa mère, lui avait conseillé de poursuivre sa relation. Lilly lui demanda alors s’il avait douté. Peter s’énerva, et lui dit que pour avoir perdu ce qui comptait le plus pour lui dans sa vie, évidemment qu’il avait douté. C’est d’ailleurs pour ça qu’il a tardé à accepter le mariage avec Susan, et qu’il ne voulait plus avoir d’enfants. Il pleurait, Lilly et Scotty se regardèrent impuissants. Comment la vie pouvait-elle s’acharner sur des personnes ? Ils s’en allèrent, en s’excusant encore. Peter leur dit que ce n’était pas grave, ils faisaient leur travail.
Dans la voiture, Lilly était silencieuse. Ils ramaient dans cette affaire. Ils avaient un suspect, mais ils ne pouvaient pas l’inculper faute de preuves. Scotty s’en aperçut et tenta de la rassurer.
- Tu sais, je ne crois pas que Lucky soit coupable !
- Attends, tu ne vas quand même pas couvrir un dealer !
- Justement, son truc c’est de vendre sa daube, pas de tuer des enfants.
- Un règlement de compte entre dealer, Scott ! On en voit tous les jours et tu le sais très bien !
- Tu veux qu’on l’embarque au poste et qu’on l’interroge sur ce qu’il faisait au moment du meurtre ?
- On l’a fait ça ! Il n’a pas coopérer !
- Peut-être, parce que vous ne l’avez accusé de rien !
- Et de quoi on l’accuserait ? Il se tient à carreau. Les stups nous ont fait un rapport ! Il respecte son engagement ! C’est-à-dire, il a ses habitués, et ne fait pas la sortie des écoles !
- Il ne fait peut-être plus la sortie…
- On lui propose un marché, fit Lilly avec un éclair de génie ! Il nous aide à coincer le coupable…
- Attends Lil ! Encore faut-il qu’il ait un rapport avec…
- Donc, c’est bien ce que je dis, on a rien du tout !
- Mais qu’est-ce qui t’arrive ? Je ne t’ai jamais vu aussi découragée !
- Tu ne l’es pas toi ?
Il ne répondit rien. Il savait qu’elle avait raison. Ils n’avaient rien c’est clair. Il ne lui avoua pas ce qu’il pensait. Devant le peu d’éléments, Stillman classerait l’affaire encore une fois. Après tout l’hypothèse du SDF était peut-être la bonne. Après avoir appelé le central, Il raccompagna Lilly chez elle. Stillman leur avait dit que ce n’était pas la peine de repasser. Ils feraient leur rapport le lendemain. Surprise Lilly lui demanda s’il allait bien ? C’était la 1ère fois qu’il leur donnait cette autorisation. Scotty ne répondit rien, il se contenta d’hocher la tête ! Arrivés devant sa maison, Lilly lui demanda s’il voulait prendre un café ? Etonné, il la regarda. Il lui demanda si Rick ne l’attendait pas déjà. Elle regarda l’heure, et il lui dit qu’ils remettraient ça une autre fois ! Le lendemain lors de la pause café par exemple. Elle sourit et lui souhaita une bonne soirée.
Une fois chez elle, Lilly s’assit sur son canapé, et ses jambes furent aussitôt squattées par ses chats. Ils se bâtèrent quelques instants pour avoir le privilège d’une caresse de la part de leur maîtresse. Elle en prit un et l’installa à côté d’elle. Elle était fatiguée. Elle rejeta sa tête en arrière et ferma les yeux. Elle les rouvrit quand la sonnette retentit. Il faisait nuit, elle regarda rapidement l’heure sur le magnétoscope : 19h. Elle sursauta, elle avait dormi 1h30 ! Elle alla donc ouvrir à Rick. Celui-ci, étonné par les petits yeux de son amie, lu demanda si elle allait bien ? Elle lui répondit positivement, et lui dit qu’elle avait un peu somnolé. Il sourit à cette idée. Elle devait vraiment être fatiguée. Il lui dit donc de retourner s’asseoir, c’est lui qui s’occupait de tout. Chose qu’elle fit avec rapidité. Mais, elle avait une subite envie de manger italien. Elle se releva, et se dirigea à pas de loup dans la cuisine. Rick s’affairait, il cherchait un peu partout dans les placards. Il se retourna, et vit Lilly qui lui souriait. Il s’arrêta, et elle s’approcha de lui avec le sourire. Il lui demanda si elle allait bien, elle lui répondit qu’il lui avait déjà demandé ! Elle s’était approchée de lui et avait posé ses bras autour de son cou. Elle l’embrassa.
- Toi, t’as quelque chose à me demander ? Dit-il.
- Non ! Je n’ai pas le droit de…
- Je commence à te connaître Lil !
- J’ai envie… Italien ça te tente ? Il y a un petit resto pas loin !
- Et que devient notre soirée tranquille ?
- On remets ça ! Alors ? Lui demanda t’elle avec un sourire charmeur.
- Je ne sais pas ! Elle l’embrassa à nouveau. Bon ok ! Mais c’est bien pour te faire plaisir !
- Attends, si tu ne veux pas, on n’est pas…
- Si, on y va ! Et puis je ne trouve rien dans ta cuisine !
- Fais gaffe ! Insinuerais-tu que c’est mal rangé ?
- Je n’ai pas dit ça…
- Mais tu l’as pensé !!
Il allait l’embrasser quand elle esquiva son étreinte. Elle se retourna en souriant. 30 minutes plus tard, ils étaient assis à une table dans le resto Al Forno. Rick dit à Lilly qu’il trouvait le cadre sympa. Il ne connaissait pas encore bien Philadelphie, donc il lui faisait confiance. Elle lui sourit. Elle commanda des tagliatelles carbonara, tandis que Rick demanda une pizza sicilienne. Ils parlaient de tout et de rien. Le sujet de l’enquête n’avait pas été abordé. Lilly passait une soirée agréable. Elle regardait Rick, et l’écoutait lui parlé de Chicago. Son frère travaillait au Cook County (petit clin d’œil oblige !!) Il était opérateur radio. Elle l’écoutait attentivement, c’était la première fois qu’il lui parlait de sa vie. Elle appréhenda la suite. Et ses craintes furent vérifiées. Il lui demanda de lui raconter son enfance. Elle pâlit. Il vit tout de suite que ce n’était pas un sujet à aborder. Il s’excusa. Elle lui parla néanmoins de sa mère et de sa sœur. Elle lui apprit qu’elles n’étaient pas une famille très unies. Sa mère collectionnait les jules, tandis que sa sœur, les ennuis. Elle pouvait s’estimer heureuse de s’en être à peu près bien sortie. Il vit ses yeux se remplir de larmes, il passa sa main sur sa joue, et lui essuya celle qui coulait. Elle lui prit sa main dans la sienne, et lui sourit. Quand une voix féminine se fit entendre.
- Rick ? C’est bien toi ?
- Amy ! Fit Rick, surprit ! Ca alors ! Que fais-tu ici ? Max sait que t’es là ?
- Oui, mais il n’a pas essayé de me retenir ! Ton frère, n’est pas…
- Oui, je sais ! Je lui parle si tu veux ?
- Non, c’est bien mieux comme ça, fit-elle avec un sourire malicieux.
- Amy, ne me dis pas que t’as déjà rencontré quelqu’un ?
- Et bien… Je suis désolée, on parle, mais je ne me suis pas présentée : Amy, l’ex belle sœur de Rick.
- Enchantée, Lilly, une…
- Amie de Rick ! Enchantée, et Rick je suis heureuse pour toi ! Enfin tu…
- Tu es ici toute seule ? Ou t’attends quelqu’un ? Interrompit Rick.
- Je suis accompagnée, mais apparemment il est en retard.
- Il ! Tu le rends jaloux ?
- T’es incorrigible, Rick ! Ne me dis pas que tu ne vas pas faire ton rapport !
Amy les laissa tous les 2, son rendez-vous venait d’arriver. Rick regarda alors, et il ne put retenir un « c’est pas vrai » ! Amy était à Philadelphie avec son père. Il ne put s’empêcher d’être un peu soulagé, il salua l’homme d’un signe de tête, et décida de reprendre le cours de sa soirée. Il s’excusa auprès de Lilly. Elle sourit et lui dit qu’elle ne lui en voulait pas. Après avoir partagé un dessert à 2, ils quittèrent le restaurant et se retrouvèrent dans la rue, sous une averse de neige. Rick rouspéta, il n’aimait pas ça, ils seraient trempés. Lilly quant à elle, se moqua de lui gentiment. Elle passa devant lui et marcha d’un pas rapide en souriant. Elle se retourna et lui demanda s’il ne voulait pas se dépêcher avant de se transformer en glaçon. Elle le vit s’arrêter net. Elle l’interrogea du regard, quand elle entendit une voix qu’elle connaissait.
- Tiens ! Je pensais que t’étais fatiguée ?
- Scotty ? Mais qu’est-ce que…
- La rue est à tout le monde tu sais Lil, fit Rick en passant son bras autour des épaules de la jeune femme.
- C’est ce que j’allais dire, répondit Scotty plus par politesse, que par gentillesse.
- Bonsoir, on a pas été présentés je crois, fit Rick à la jeune femme qui accompagnait Scotty. Rick, un ami de Lilly qui est collègue avec Scott.
- Bonsoir, moi c’est Laura.
Rick et Laura parlèrent encore quelques instants, Lilly et Scotty, eux par contre évitaient de se regarder. Elle préférait fixer Rick, tandis que lui regardait ailleurs. Lilly, fit voir à Rick qu’elle voulait rentrer, elle lui dit qu’elle commençait à avoir froid. Il s’excusa auprès de Laura et de Scotty et s’éloigna. Sur le chemin du retour, il demanda si elle ne serait pas d’accord pour aller boire un verre avec eux. Elle s’arrêta net de marcher, et lui demanda ce qui lui avait fait changé d’avis sur son collègue. Il ne répondit rien. Ils rentrèrent chez Rick.
Le lendemain, Lilly était à son bureau en train de boire un café, quand son portable sonna. Elle décrocha. C’était Mary. Elle lui dit qu’elle était contente de l’entendre. Elles parlèrent un peu de leur vie, et Lilly promit de se libérer la semaine suivante avec Kat pour une soirée. Elle répondit qu’elle était d’accord. Kat, ayant entendu son nom se rapprocha et lui demanda ce qui se passait. Elle lui fit un rapide résumé, avant que Stillman ne vienne les interrompre. L’enquête était plus importante. Elles décidèrent donc de retourner voir la directrice. Elle semblait en savoir bien plus que ce qu’elle ne faisait voir. En partant, elles croisèrent Scotty qui venait d’arriver. Ils se regardèrent, et comprirent tous les 2 qu’il leur faudrait parler un peu.
Une fois arrivées à l’école Saint Antoine, Rebecca Pierce les accueillit. Elle les fit asseoir dans son bureau. Lilly lui demanda des précisions sur ces rapports avec Tamara et son père. Rebecca, surprise par la question lui dit qu’elle ne voyait pas ce qu’elle avait à dire là-dessus. Kat lui précisa que lors des réunions parents/professeurs, ils devaient bien avoir parlé de Tamara. Elle répondit qu’il n’y avait rien à dire au sujet de Tamie. Lilly la coupa dans son élan, en lui disant qu’elles savaient que Tamara était bonne élève. Elle lui demanda de lui décrire les rapports qu’elle entretenait avec Peter. Rebecca s’offusqua de l’insinuation de Lilly. Elle lui dit que ce n’était pas dans ses habitudes de mélanger travail et amour. Kat lui dit qu’une exception était peut-être la cause de tout ça. Elle sortit un document, faisant foi de la demande de divorce qu’elle avait entamée peu avant la mort de Tamara. Rebecca essaya de justifier le fait que son mariage était raté et Tamara n’avait aucun rapport. Elle avoua que son mari la trompait depuis le début de leur union. Elle leur dit qu’elle avait même soupçonné qu’il la trompait déjà avant leur mariage. Lilly lui demanda alors pourquoi avoir continué à jouer la comédie, et surtout pourquoi être restée mariée durant toutes ces années. Rebecca ne répondit rien, Kat lui demanda alors si elle connaissait la maîtresse de son mari à l’époque du meurtre de Tamara. Elle leur apprit qu’il s’agissait de Sarah Dickson, qui était son assistante. Quand elle l’avait appris, elle l’avait renvoyée tout de suite. Elle leur donna son adresse. Lilly et Kat prirent congé de Rebecca Pierce, et Lilly appela Nick pour lui donner l’adresse de Sarah Dickson, et lui demanda de s’y rendre. Il lui demanda si cette Sarah était une nouvelle piste, elle lui répondit par l’affirmative. Il lui dit qu’il y allait avec Will.
C’est ainsi que Nick et Will partirent chez Sarah Dickson. Kat rédigeait son rapport, mais elle était plus concentrée sur l’attitude de ses 2 amis que sur ce qu’elle faisait. Lilly essayait de prendre un air sérieux et concentré, tandis que Scotty était occupé à griffonner sur une feuille. Elle trouva ça suspect et entreprit de parler avec Lilly. Elle prétexta l’appel de Mary pour le faire. Elle lui proposa un café, et elles s’éloignèrent, sous l’œil curieux de Scotty.
- Tu n’es pas d’accord pour revoir Mary, demanda Lilly.
- Mais oui, bien sûr, je suis même contente qu’elle nous ait proposé de se voir. Mais je veux savoir une chose ?
- Quoi, fit Lilly étonnée.
- Scotty ?
- Quoi, Scotty ?
- Il est bizarre ces derniers temps.
- Non, je ne vois pas en quoi il serait bizarre ! Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
- Votre attitude à tous les 2 !
- Pardon ! S’étrangla Lilly avec une gorgée de café. Quelle attitude ?
- J’ai bien remarqué que depuis que tu connais Rick, il y avait quelque chose de changé entre vous !
- Mais non, il n’y a rien de changé ! On est amis, c’est tout ! Je vois pas ce qui te fais penser le contraire ?
- Rien, j’ai dû me tromper, fit Kat septique.
- Ecoutes, je sais qu’il m’en voudrait, mais il est avec quelqu’un, et…
- Attends, c’est pas un interrogatoire Lil ! Pourquoi tu…
- Le sujet est clos alors… répondit Lilly visiblement gênée.
- Ok, il est clos, fit Kat de façon malicieuse. Elle savait qu’il y aurait certainement une suite à cette conversation.
De leur côté Vera et Jeffries étaient arrivés chez Sarah Dickson. Celle-ci les accueillit chaleureusement, ne voyant pas ce qu’elle aurait à leur dire, pourtant. Will demanda depuis combien de temps elle et le mari de sa patronne se voyaient. Elle répondit en rougissant que ce n’avait été qu’une petite aventure, elle s’en mordait encore les doigts 10 ans après. Nick lui demanda alors comment ça se passait avec Tamara. Elle leur dit qu’elle était bonne élève, mais qu’elle pensait qu’elle était triste. Elle l’avait pris sous sa protection. Elles étaient devenues proches, et Tamara se confiait facilement à elle. Il n’était pas rare qu’elle la réaccompagne chez son père le soir. Will regarda son collègue, Peter ne l’avait pas mentionné. Nick comprit qu’il leur faudrait retourner le voir. Sarah leur dit que Tamara avait peut-être vu quelque chose qu’elle n’aurait pas dû. Vera pensa alors à une autre infidélité de Tom Pierce. Il nota sur son carnet cette option. De retour au central, ils firent leur rapport, Stillman décida de convoquer Peter et Tom pour les interroger. Ils allaient peut-être apprendre de nouvelles choses.
Lilly et John se chargèrent de Peter. Il avait remarqué que le courant passait bien entre eux, donc il fallait garder cet esprit de confiance. Pourtant, elle décida d’agir plutôt radicalement.
- Alors Peter, vous ne nous avez pas parlé de Sarah Dickson ?
- Qu’est ce qu’elle a à voir dans le meurtre de ma fille ? Demanda t’il surprit.
- Vous vous souvenez d’elle maintenant ? Il paraît qu’elle ramenait souvent Tamara du collège ?
- Elle habitait à quelques rues de nous à l’époque, donc…
- Combien de temps ça a duré ?
- Pardon ? Fit Peter intrigué.
- Ne jouez pas à ça Peter, vous couvrez quelqu’un, et ça peut vous coûter cher. L’assistante de la directrice ne raccompagne pas tous les enfants chez eux !
- Elle…
- Combien de temps ?
- 3 mois. Mais c’était une bêtise ! Susan ne l’a jamais su. D’ailleurs à l’époque, on était un peu en froid, elle croyait que je me préoccupais plus de ma fille que d’elle.
- Ne me dîtes pas que vous vous êtes servis de Tamara pour couvrir votre infidélité ?
- Susan et moi étions séparés ! Je n’étais pas infidèle !
- Et comment avez-vous pris le fait que Sarah ait préféré Tom Pierce à vous ?
- Je…
- Je cherche juste à savoir qui a bien pu commettre cette atrocité ?
- Vous insinuez que j’ai mêlé Tamie à tout ça ?
- Je n’insinue rien du tout !
Scotty et Kat regardaient l’interrogatoire de l’autre côté de la glace. Ils se demandaient à quoi jouait Lilly. Elle malmenait Peter, ce n’était certainement pas la meilleure manière, mais elle réussissait. Ils avaient maintenant la preuve qu’il fallait se concentrer sur Tom et Sarah. Kat nota que Stillman était resté silencieux durant tout l’interrogatoire. Il l’avait laissé agir à sa guise. Ils se dirigèrent donc vers la salle où se trouvait Tom. Kat décida de mener l’interrogatoire, elle ne laissa pas le choix à Scotty. Il pourrait intervenir, mais il valait mieux la laisser faire.
- Comment avez-vous recoller les morceaux votre femme et vous ? Lança t’elle.
- Je ne suis pas là, pour parler de ma vie privé, répondit-il.
- Quand ça concerne le meurtre d’une petite fille, oui !
- Je suis suspect ?
- Pour le moment, non, fit Scotty, mais tout dépend de ce que vous nous direz.
- Ma femme a dû vous parler de nos problèmes de couple…
- Si par problèmes, vous pensez infidélités, oui, dit Kat.
- Avec Sarah, j’ai su tout de suite que c’était mal.
- Car avant vous… commença Kat.
- Continuez, l’interrompit Scotty. Sarah et vous, c’était à quelle fréquence ?
- On se voyait souvent à vrai dire, c’était l’assistante de ma femme.
- Votre relation était avant ou après celle qu’elle a eu avec Peter Cole ?
- Avant… C’est elle qui y a mis un terme, quand elle s’est prise d’amitié pour cette petite.
- Et comment l’avez vous pris ? Demanda Scotty.
- Assez mal en fait, je…
- Une question quand même, dit Kat. Comment votre épouse a su pour vos 2 ?
- J’ai… J’ai essayé de retourner vers Sarah, mais elle n’a pas voulu. Elle m’a dit qu’elle risquait sa place.
- Poursuivez, l’encouragea Kat.
- Elle est allée voir Rebecca, et lui a tout révélé. Elle a donné sa démission. Mais mon épouse lui a dit qu’il valait mieux que ça se passe comme cela.
- Et vous lui avez couru après, malgré le fait qu’elle vous ait clairement fait comprendre, qu’elle ne voulait plus rien à voir avec vous ?
- Je croyais être amoureux !
- C’est ce que vous dites à chaque fois ? Dit Kat d’une façon sarcastique. On aurait du vous donner le conseil de ne pas vous marier, si vous ne pouviez pas rester fidèle !
- Vous savez, j’en souffre le 1er !
- Oui, bien sûr… Voyant le regard de Scotty, Kat reprit le cours de l’enquête. Que s’est-il passé ensuite ?
- Rebecca nous a surprit Sarah et moi en train de nous disputer. Elle est passée devant nous et nous a presque ignorés. Elle s’est quand même retournée pour dire à Sarah qu’elle ne l’attendait pas le lendemain.
- Et vous ? Demanda Scotty.
- Moi, et bien, vu qu’on avait entamé une procédure de divorce, je ne voyais pas ce qu’elle aurait eu à me dire. Mais tout ce que je sais, c’est que le lendemain soir elles devaient se voir pour régler les détails de la démission de Sarah.
Kat et Scotty se regardèrent. Il venait de leur avouer que Sarah et Rebecca avait rendez-vous le soir du meurtre de tamara. Ils le remercièrent, et le laissèrent partir. Il commençait à se faire tard, donc Stillman décida de continuer le lendemain. Kat demanda à Lilly si elle avait prévu quelque chose, elle lui dit qu’elle devait passer la soirée avec Rick. Kat sourit. Elle lui proposa de la ramener. Une fois arrivées devant chez Lilly, elle essaya de lui parler de sa vie. Lilly, fut surprise. C’était une des rares fois où Kat lui parlait. Elles restèrent ainsi pendant plus d’une demi-heure à parler. C’est comme ça que Lilly sut comment Kat s’était retrouvée avec Veronica à élever. Elle lui promit de garder le silence. Lilly regardait son amie, et vit qu’elle attendait que celle-ci parle. Elle lui dit qu’elle n’avait pas franchement le temps, mais commença à lui parler de son entrée dans la police. Kat dévia la conversation sur la vie privé de Lilly. Le plus naturellement possible elle se confia, elle lui dit que depuis Ray, c’était difficile. Elle traversait une période de doutes, mais Rick était adorable avec elle. Il y eut un silence, Kat pensa à la fin de la phrase de Lilly. Elle était bien avec Rick, mais elle ne l’aimait pas. Elle regarda par la fenêtre et lui dit qu’il devait s’impatienter. Lilly sortit et lui souhaita une bonne soirée. Elle se dirigea chez elle. A peine arrivée, ses chats vinrent se frôler à ses jambes. Elle alla vers la cuisine et leur prépara à manger. Ils se jetèrent presque sur leur gamelle. Son téléphone sonna. Elle décrocha, c’était Rick qui lui disait qu’il était désolé, mais qu’il était retenu par une affaire assez compliquée. Une fois raccroché, après avoir dit à Rick, qu’elle le comprenait, vu qu’elle faisait la même chose ; elle ne comptait plus le nombre de soirées qu’elle avait passé au travail.
Le combiné toujours dans les mains, elle composa le numéro de Mary, elle avait envie de voir du monde. Celle-ci décrocha presque tout de suite. Elles parlèrent quelques instants, et décidèrent de se voir ce soir. Elles mangeraient au restaurant, et iraient boire un verre plus tard. Mary appellerait Elly, et de son côté Lilly demanderait à Kat. C’est ainsi qu’une heure et demie plus tard, elles étaient toutes les 4 à table dans un restaurant mexicain. Lilly et Mary parlaient de leur vie. Mary ne comprenait pas pourquoi elle n’avait pas encore vu Rick, mais elle sut tout de suite, à l’attitude de son amie, qu’elle ne le verrait peut-être jamais. Elle fut déçue, Lilly méritait d’être heureuse. Au moins, comme Elly lui avait dit avant d’arriver, elle essayait. Mary, avoua qu’elle se faisait petit à petit à sa vie de célibataire. Peter en prison, elle avait demandé le divorce, ne supportant pas le fait qu’il soit responsable de la mort de Cynthia. Ils étaient en pleine procédure. Lilly avait questionné Elly sur le comportement de Mary. Elle lui répondit qu’elle n’était vraiment pas bien. Elle montrait le contraire, mais le matin parfois, elle avait les yeux gonflés d’avoir pleuré toute la nuit. Lilly ne put s’empêcher de regarder Mary, qui s’en aperçut. Elle se fâcha, et dit à Elly, qu’elle n’avait pas besoin d’alarmer tout le monde, puisqu’elle allait bien. Lilly eut l’impression de se reconnaître. C’était elle ça ! Elle préférait garder pour elle, alors que tout le monde lui disait de se confier. Le reste du repas se passa dans la bonne humeur. Une fois l’addition payée, elles sortirent, et se retrouvèrent dehors sous la neige. Mary proposa d’aller dans un bar qui venait d’ouvrir. Kat regarda sa montre, Lilly s’en aperçut, et lui dit que si elle voulait rentrer voir sa fille, elle pouvait. Kat la dévisagea, et s’excusa. Elly devait rentrer elle aussi. C’est ainsi que Mary et Lilly se retrouvèrent toutes les 2. Elles entrèrent dans l’établissement et commandèrent.
- Tu sais, que ça me fais plaisir de te voir, commença Mary. Je ne pensais pas…
- Moi pareil ! Maintenant qu’on est toutes les 2, comment ça se passe ? Tu sais que tu peux…
- Je vais bien ! Je te le jure, mais tu sais, Peter et moi avons vécu plus de 15 années ensemble, ça ne s’efface pas comme ça !
- Tu sais, que je suis là, si tu as besoin…
- Ecoute, je te remercie, mais je n’ai pas envie de plomber l’ambiance ! Je préfère nettement que tu me parles de toi et de Rick, ou un autre, fit-elle malicieusement.
- Pourquoi un autre ? demanda Lilly surprise par cette question. Insinuerais-tu que je suis…
- Moi ? Fit Mary innocemment, mais je n’ai rien dit du tout ! Si tu ne veux pas m’en parler, je comprends !
- Ecoute, avec Rick… Je sais pas encore…
- Tu ne l’aimes pas ! C’est ça ?
- Je…
- Dans un sens, tu veux que je te dise, ça se voit que c’est pas lui. Je ne te juge pas, loin de là, mais quand on aime quelqu’un on est…
- Oui, je sais ! Fit Lilly un peu énervée. Mais en même temps on est ensemble depuis peu de temps…
- Ne te justifie pas, Lil ! Je te comprends parfaitement, tu sais. Et puis…
- Et puis quoi ? Comment va Paul au fait ? Fit Lilly en essayant de changer de conversation. Elle n’aimait pas parler d’elle et de sa vie privé.
- Il va bien, il est partit vivre à New York. Tu permets quand même juste un conseil, et après, promis on passe à autre chose !
- Ok ! Dit Lilly en soupirant.
- N’attends pas qu’il te le dise ! Si tu es sûre de toi, même si ça doit lui faire de la peine, dis-le lui ! Il te remerciera d’avoir été sincère avec lui.
- Mary…
- Non, sérieusement Lilly ! Et tu veux que je te dise pourquoi j’en suis si sûre ? Vous n’avez pas passé le réveillon du jour de l’an ensemble ! Et ça ne t’as pas dérangé, ajouta t’elle malicieusement.
Lilly se taisait. Mary s’en aperçut, et à voir son attitude, elle avait visé juste. Elle ne lui avait pas dit, qu’elle les avait surprit elle et Scotty, mais elle avait trouvé qu’ils avaient l’air d’être bien ensemble. Et en voyant l’air de Lilly quand elle lui avait parlé de Rick et de ses sentiments, elle sut donc qu’il n’était pas celui qu’elle attendait. Et comme pour appuyer sa théorie, elle croisa le regard de Scotty qui venait de rentrer avec Nick. Elle faisait face à la porte d’entrée, et voyait ainsi tout ce qui se passait. Elle décida de ne pas y prêter attention. Elles passaient la soirée ensemble, et elle était consciente qu’elle venait de perturber son amie avec ses questions.
Scotty qui avait reconnu Mary, décida d’entraîner Nick pour lui dire bonjour. Ce dernier, n’était pas trop d’accord, ils étaient là pour se détendre. Il lui répondit que c’était de la politesse. C’est ainsi qu’ils se dirigèrent vers la table de Mary et Lilly. Quand elle le vit arriver, Mary eut comme un pressentiment. Elle essaya de faire voir à Lilly qu’elles allaient avoir de la visite. En voyant l’expression de son visage, elle se retourna et vit d’abord Vera. Elle ne vit Scotty que lorsqu’il s’arrêta à leur niveau. Il salua Mary, et lui demanda comment elle allait. Elle lui répondit affirmativement, et qu’elle était contente de passer la soirée avec Lilly. C’est là que Vera prit la parole, il dit à Lilly que ça commençait à devenir une habitude de la croiser dans des bars. Elle sourit en lui disant qu’elle avait une vie sociale, contrairement à ce qu’elle avait bien pu laisser entendre il y a quelque temps. Mary était restée silencieuse, ainsi que Scotty. Il se demandait ce que Nick voulait dire à Lilly. Il taquina encore un peu Lilly, qui jouait le jeu. Etonné, il lui demanda si elle allait bien, car normalement elle aurait dû le remettre à sa place depuis longtemps. Elle se moqua de lui en lui disant qu’il fallait se méfier de l’eau qui dormait. Vera stoppa ses taquineries quand il vit l’attitude de Scotty. Il y avait quelque chose qui n’allait pas chez lui, ça se voyait. Il décida donc d’aller chercher les commandes. Il entraîna Lilly de force. Elle essaya de résister, mais devant son air insistant, elle capitula.
- Il faut vraiment que t’apprennes les bonnes manières toi ! Lança t’elle.
- Je sais, mais il faut que je te parle. Répondit Nick.
- Et ça ne peut pas attendre demain ?
- C’est pas pour le boulot…
- C’est quoi alors ?
- Si tu me laissais en placer une, tu le saurais déjà ! C’est au sujet de… Scott !
- Encore ! Décidément ! Tout à l’heure, Kat m’a demandé exactement la même chose !
- Donc, c’est qu’il y a vraiment un truc qui ne va pas chez lui alors !
- Et comment veux-tu que je le sache ?
- Vous vous entendez bien ! Il aurait pu te dire quelque chose.
- Eh ! On a nos vies privés je te rappelle. Et… Attends une minute ! Demain on est quel jour ?
- Mercredi, mais je vois pas en quoi…
- Non pas le jour de la semaine, mais le combien ! Le 30, fit-elle en comptant.
- Et qu’il y a t’il le 30 ?
- L’anniversaire d’Elisa ! (Note de l'auteur : J’en sais rien donc j’invente) répondit-elle en soupirant.
- C’est pas vrai ! Et tu crois que…
- Nick, même dans une vingtaine d’années il s’en souviendra !
Ils se turent, Lilly allait essayer de voir comment allait son collègue. Elle ne savait pas encore comment tourner la conversation, mais elle sentait qu’il fallait qu’il évacue le trop plein. Et elle sentait qu’il lui faisait confiance. C’est là qu’elle comprit un peu mieux la conversation qu’ils avaient eu le soir du réveillon. C’est ainsi que 30 minutes plus tard, Lilly demanda à Scotty de la raccompagner, étonné il accepta. Nick et Mary, partirent eux-aussi, chacun de leur côté.
Une fois dans la voiture, Lilly se demandait comment aborder la conversation avec son ami. Elle fut stopper dans sa réflexion, il commença le premier. Il lui demanda ce que Nick avait bien pu lui dire, pour qu’elle veuille partir presque aussitôt. Elle ne répondit pas, mais lui demanda comment il allait ? Etonné, il la regarda quelques secondes, et lui répondit qu’il allait très bien. Elle lui dit qu’elle ne le croyait pas. Il ne dit rien, elle ajouta qu’elle comprenait. Il ne dit rien, et se contenta de conduire. Elle avait deviné. Il se demanda si c’était visible sur son visage, ou si seulement elle qui avait compris. Après un silence de quelques secondes, il lui dit qu’il savait que ça faisait 3 ans, mais cette période était toujours difficile. Elle lui répondit qu’il y penserait toujours, et que surtout il ne fallait pas qu’il s’en veuille. Il s’arrêta alors et gara la voiture. Il la regardait et ne pu lui dire que merci. Elle sourit faiblement, et il le lui rendit. Ils restèrent encore quelques instants à se regarder. Lilly ne savait pas comment elle pouvait le réconforter, il essayait de refouler les larmes. Elle lui prit la main et la serra dans la sienne. Il ne parlaient pas. Il essuya une larme qui coulait, il ne voulait pas craquer devant elle. Mais en même temps, elle l’apaisait. Elle lui demanda s’il ne préférait pas plutôt qu’elle conduise, il répondit en souriant qu’elle ne toucherait pas à sa voiture, lui vivant. Elle sourit à son tour. Il redémarra. Ils arrivèrent devant chez Lilly. Elle se tourna vers lui et avant qu’elle ne dise un mot, il lui souhaita bonne nuit. Elle fut un peu déçue, mais ne le montra pas. En même temps, elle ne voyait pas ce qu’il aurait pu lui dire de plus.
Une fois chez elle, elle consulta son répondeur. Il y avait un message de Rick qui lui disait qu’elle avait eu une bonne idée de sortir. Il disait qu’il ne valait mieux pas qu’elle l’attende, il en aurait sans doute pour la nuit entière. Elle se dirigea vers sa cuisine se servit un verre d’eau et se préparait à monter, quand son portable sonna. Elle le laissa sonner quelques secondes, il était tard, et elle était fatiguée, mais son instinct lui dicta de répondre. Elle décrocha après avoir vérifier le numéro. C’était Scotty.
- Je pensais que t’étais déjà couchée ? Lui dit-il.
- J’y allais, mais… Tu veux quelque chose ?
- Je voulais juste te prévenir que…
- Que quoi ?
- Je suis encore devant chez toi !
- Ah oui ? Et…T’es sûr que ça va ? Fit-elle soucieuse.
Elle s’était rapprochée de sa porte, l’avait ouverte. Elle le vit sortir de sa voiture. Des milliers de scénarios se matérialisaient dans sa tête. Que faisait-il ? Pourquoi ? Et qu’arriverait-il ? Elle avait bien vu son trouble dans la voiture tout à l’heure. Elle sentit son cœur battre un peu plus vite, et quand il arriva à sa hauteur, elle se rapprocha instinctivement de son ami. Ils se regardaient, et après un moment d’hésitation, elle le laissa rentrer. Elle ferma la porte, et le dévisagea. Pas un seul mot n’avait été dit, elle rompit le silence la première en lui demandant s’il voulait quelque chose ? Il lui répondit que si elle avait quelque chose à boire comme un grand verre de lait, il ne refuserait pas. Elle s’exécuta et revint ave le lait et quelques cookies. Elle s’assit à ses côtés sur le canapé. Il bu une gorgée de lait et croqua un morceau de cookie. Elle le regardait faire, sans parler. Il lui dit qu’il appréciait qu’elle ne lui demande rien. Pourtant elle mourait d’envie de le faire parler. Quinze minutes étaient passées depuis l’arrivée de Scotty. Lilly en avait presque oublié sa fatigue. Elle allait se lever pour ranger le verre dans la cuisine, quand il l’en empêcha. Elle se retourna et se trouva face à lui. Il prit une de ses mèches de cheveux dans ses doigts, et il descendit sa main jusqu’à effleurer sa joue. Elle se laissa faire, ses yeux dans les siens. Le contact de ses doigts sur sa joue la fit frémir, et elle ressentit comme une agréable sensation dans son être. Il retira sa main et s’éloigna d’elle, il ne pouvait pas agir de la sorte. Elle n’était pas une fille de passage. Elle était bien plus que ça. Jamais il ne pourrait la considérer comme ça. Il bredouilla une excuse qui sonna faux. Il allait ouvrir la porte quand elle l’en empêcha. Elle était comme hypnotisée par son collègue. En même temps, elle savait qu’il avait raison d’en rester là. Elle referma la porte et au passage lui prit la main. Il plongea ses yeux dans ceux de sa collègue et l’attira contre lui. Elle fit le pas qui restait à franchir. Elle ne se posait aucune question. Les reproches seraient là bien assez tôt. Il interrompit leur baiser, il ne voulait pas pourtant. C’était la 1ère fois qu’il se sentait bien depuis Elisa. C’était comme si le fait d’être avec Lilly était normal. Il comprit alors la petite jalousie qu’il éprouvait quand elle était avec Rick.
Lilly était troublée. Elle ne savait pas ce qu’il lui avait pris. Mais elle ne regrettait pas. Elle souriait, lui souriait. Il fallait qu’elle trouve quelque chose à dire cependant.
- Scott, je… je ne sais pas…
- Hey ! On est 2, je n’ai pas refusé.
- Tu… Quoi ? Fit Lilly vexée.
- Non, c’est pas ce que j’ai voulu dire. Je…
- Non, ne culpabilise, c’est moi la fautive ! Je ne sais pas… Et puis…
- Rick ! Lança Scotty en devinant les pensées de la jeune femme.
- Ecoute, je ne peux pas lui faire ça ! Il…
Elle ne finit pas sa phrase. Scotty comprit et prit ses clés et s’en alla. Il ne fallait pas laisser la situation empirer davantage. Elle avait raison, même si elle ne ressentait rien pour Rick, il fallait qu’elle le lui dise d’abord. Ensuite, ils verraient. En s’asseyant sur le siège côté conducteur, il regarda instinctivement vers le côté passager. Il pouvait encore sentir son parfum, et voir son visage. Il poussa un soupir et démarra. La nuit portait conseil, et ils en avaient bien besoin.
Lilly ferma la porte et s’y adossa. Mais qu’est-ce qu’elle avait fait ? Non, qu’est-ce qu’ils avaient fait ? Ce n’est pas comme ça, que sa vie s’arrangerait. D’abord, il fallait qu’elle fasse le point sur sa relation avec Rick. Etait-il une passade, ou y aurait-il quelque chose à exploiter ? Elle ne pensa à rien, il fallait qu’elle dorme. Elle se dirigea vers les escaliers et au passage vit les 2 verres et l’assiette de cookies toujours posés sur la table basse. Elle ne put s’empêcher de sourire, et ressentit un frisson dans tout son être. Elle secoua la tête comme pour effacer ce qui s’était passé. Elle savait que la nuit serait très courte.
Le lendemain matin, elle se réveilla avec une sensation de ne pas avoir dormi. Elle se leva et se prépara une tasse de café. Après s’être préparée, elle sortit de chez elle. Elle allait prendre le chemin du central, quand elle sentait qu’on la suivait. Elle se retourna et vit Rick. Elle ne réagit pas tout de suite, mais se dit qu’il fallait qu’elle trouve une chose à lui dire.
- Bonjour, lui dit-elle. Alors cette affaire ?
- Oh, t’as des petits yeux ce matin, je t’avais dit de ne pas m’attendre… Dit-il en la prenant dans ses bras.
- Oh ! C’est juste l’affaire qui me préoccupe, mentit-elle. C’était un demi mensonge, car c’est vrai que l’enquête lui tenait à cœur.
Il l’embrassa sur la joue. Il avait remarqué qu’elle ne montrait pas le même enthousiasme ce matin. Il se dit qu’une fois son enquête classée ça irait sûrement mieux. Il lui proposa de l’emmener déjeuner à midi. Elle hésita, et lui dit qu’elle lui redirait ça dans la matinée. Elle essayait de fuir son regard, mais il ne se décidait pas à la laisser. Elle essaya de lui faire comprendre qu’il fallait qu’elle y aille. Après lui avoir promis de l’appeler, elle partit. Il fallait absolument qu’elle lui parle, Mary avait raison sur ce point. Si elle lui disait ce qu’elle avait sur le cœur, il serait déçu, mais ne la détesterait pas vu qu’elle aura été sincère. Elle se retourna, il était déjà partit. Elle prit son portable, l’appela et lui dit qu’elle était d’accord pour le déjeuner.
Une fois arrivée, elle n’eut pas le temps de souffler, qu’elle fut accaparée par Kat qui lui dit qu’il fallait qu’elle s’active un peu pour aller voir Sarah. Elle jeta un rapide coup d’œil vers le bureau de Scotty. Il n’était pas encore là. Elle réprima un sourire, et suivit Kat. Cette dernière lui dit qu’elles avaient quand même le temps de prendre un café. Elles se dirigèrent donc vers la petite cuisine et se servirent 2 tasses fumantes. Kat en profita pour interroger Lilly sur la soirée de la veille. Elle voulait savoir si Mary s’était confiée. Lilly lui révéla qu’elles avaient parlé, mais n’entra pas plus dans les détails. Kat voyait qu’elle évitait le sujet, donc elle décida de parler d’autre chose. Il s’était sûrement passé quelque chose, et elle voulait oublier. Elle trouva cependant dommage, car Mary était une personne sympa. Vera qui passait par là, demanda à Lilly si elle n’était pas trop fatiguée, et si elle avait pu en savoir plus. La curiosité de Kat était piquée au vif. De quoi parlait-il ?
- Hier soir, Valens et moi on a croisé les filles.
- Ah oui ? Fit Kat en essayant de deviner les pensées de Nick.
- Oui, murmura Lilly. Faut dire que Philadelphie est une ville où on croise beaucoup de gens.
- Je voudrais savoir, c’est quoi cette chose que sur laquelle tu devais te renseigner Lil ? Demanda Kat.
- Oh, c’est rien, répondit Lilly en regardant sa montre. On devrait y aller…
- C’est juste que Lilly m’a dit que toi aussi tu trouvais Scott bizarre en ce moment, et elle devait se renseigner…
- Vera ! Fit Lilly d’une façon autoritaire.
- Quoi ? Répliqua celui-ci ! Alors il t’a dit quoi ? Tu ne lui as pas demandé de te raccompagner si ce n’est pour essayer de savoir…
- Savoir quoi ? Demanda Kat.
- Rien ! Fit Lilly exaspérée. Ecoutez, si vous voulez savoir, vous n’avez qu’à lui demander, il vient d’arriver. Sur ce, Kat, il faut qu’on aille voir Sarah !
Lilly passa devant son bureau, prit son sac et se dirigea vers l’ascenseur, sans un regard pour Scotty, ni pour les autres. Scotty, voyant l’attitude de Lilly, décida de se faire le plus petit possible. Il savait qu’il ne fallait pas l’énerver encore plus. Alors lui parler de la veille était une erreur. Surtout si elle devait voir Rick avant. Dans la voiture, Kat comprit qu’il ne fallait énerver plus son amie. Elle lui demanda néanmoins si elle était d’attaque pour interroger Sarah ? Elle lui répondit qu’il ne fallait pas s’en inquiéter. Arrivées chez Sarah, elles frappèrent et elle les fit entrer. Elle leur dit qu’elle ne voyait pas pourquoi il fallait qu’elle réponde encore une fois à leurs questions. Kat dit qu’il y avait quelques zones d’ombres à éclairer. Contre toute attente, elle refusa l’entretien. Elle dit que s’il le fallait elle parlerait devant un avocat, mais que là, elle n’avait rien à ajouter. Lilly, qui était déjà énervée, se leva précipitamment, et lui demanda alors de les suivre au poste, où elle pourrait répondre à leurs questions, mais que ce sera plus contraignant. Sarah accepta.
- Franchement, je ne comprends pas votre logique, fit remarquer Kat.
- C’est vrai, continua Lilly, pourquoi préférer être interrogée ici, dans cette salle sombre et avec un miroir sans teint, alors que vous étiez tranquillement chez vous ?
- Mon avocat ne va pas tarder, vous savez, fit Sarah, d’une façon méprisante. J’ai appris que de faire confiance aux gens se retournait toujours contre vous !
- Si vous êtes innocente, pourquoi courir le risque qu’on croit le contraire ? Demanda Kat.
- Je ne parlerais pas sans mon avocat.
- Très bien, cria Lilly. Vous voulez jouer et bien on va jouer ! Kat dis-lui ses droits ! Je voulais vraiment vous comprendre, mais là vous… Vous voulez qu’on vous traite en coupable, et bien on va le faire ! Mais ne vous attendez pas à ce que ce soit une partie de rigolade !
Elle partit de la pièce en claquant la porte. Cette journée était vraiment nulle. Elle croisa John et Scotty qui sortaient de la pièce. Stillman lui dit qu’il approuvait, mais qu’il fallait s’attendre à l’hostilité de l’avocat. Lilly se laissa tomber sur sa chaise, Scotty l’avait suivi. Sans se retourner, elle le prévint que ce n’était même pas la peine d’essayer de lui dire quelque chose. Il la regarda avec étonnement, et allait répliquer quelque chose quand quelqu’un se présenta comme étant l’avocat de Sarah Dickson. Lilly releva la tête et son cœur fit un loupé. Rick se tenait devant elle. Elle se leva et sortit sur le balcon en disant à Scotty de se charger de ça, elle n’était pas d’humeur.
- Qu’est-ce qu’elle à ? Demanda Rick à Scotty qui l’emmenait dans la pièce où se trouvait Kat et Sarah.
- Une mauvaise journée, additionnée à une mauvaise soirée sans doute, répondit-il en évitant de le regarder.
- Je le savais qu’elle ne me pardonnerait pas de l’avoir laissé hier soir, mais…
- Vous n’avez pas à me dire… commença Scotty avec lassitude. Lilly sort avec qui elle veut, elle peut rompre si elle veut, mais je ne suis pas obligé de savoir ce qu’elle fait de ses soirées !
Rick allait répliquer quelque chose, mais le regard insistant de Scotty l’en dissuada. Il sut que quelque chose n’allait pas avec Lilly. Il put même deviner qu’il avait peut-être un lien avec son attitude. Ils entrèrent dans la pièce et Kat dû réprimer un geste de surprise quand elle croisa le regard de Scotty. Ce dernier quitta la pièce et dit à Kat que Jeffries allait arriver.
Lilly était sur le balcon. Elle s’en voulait de réagir comme ça. Mais c’était trop. Elle était consciente de ce qu’elle avait fait la veille. Elle ne voulait pas que Rick puisse voir que ça n’allait pas. Elle pensait pouvoir se contrôler, mais dès qu’elle voyait Scotty, elle n’y arrivait pas et ses résolutions fondaient comme neige au soleil. Elle ne voyait que lui. Elle ne s’en était pas rendue compte, mais il jouait un rôle important dans sa vie. Elle voulait lui confier tout de sa vie. Pourtant, elle essayait de résister. Il ne fallait, ils étaient amis, et il fallait que ça dure. Elle avait Rick, qui était adorable avec elle. Elle se retourna, il fallait qu’elle se reconcentre. Elle avait une enquête à boucler. L’introspection serait pour plus tard. Elle se dirigea vers le bureau quand Scotty la prit par le bras et l’emmena directement aux archives, où ils seraient tranquilles selon lui.
- Bon, écoutes, je sais que le moment est mal choisi, mais faut qu’on éclaircisse un point, lui dit-il.
- Tout est clair, pour moi, répondit-elle. On a parlé hier, et on s’est laissé aller, mentit-elle.
- Donc t’as choisi, c’est Rick !
- Scott !
- Non, d’accord, tu fais ce que tu veux !
- Mais…
- C’est moi, j’ai tout fait pour que tu rates avec Rick, j’ai joué au jaloux, je n’ai pas été l’ami idéal, je… n’ai pas fait d’efforts.
- Peut-être, mais je ne t’ai pas…
- Je t’ai dit hier que c’était à cause de la période, tu l’as toi-même deviné !
- Je vais te dire quelque chose, si t’avais préparé ton speech, pourquoi m’avoir dit qu’il fallait qu’on parle ? Tu ne me laisses pas en placer une…
- Je t’écoute !
- Je ne peux pas dire à Rick : « au fait je ne t’aime pas, mais tu sais hier soir j’ai déconné avec mon… »
Il l’interrompit en l’embrassant. Il en mourrait d’envie. En fait il ne regrettait aucunement ce qui s’était passé la veille. C’est vrai que le timing était mauvais, mais c’était comme ça. Il avait compris en la voyant avec Rick, qu’en fait il ne se contenterait plus que des rares confidences de Lilly.
Lilly se laissa aller. Elle ne s’attendait pas du tout à ça. Elle voulait lui dire d’arrêter, mais elle se sentait tellement bien que pour rien au monde elle n’aurait voulu que ça s’arrête. Elle se sentait vivre, chose qu’elle n’avait pas ressentit depuis très longtemps. Elle chassa toute pensée dans sa tête et vécu l’instant présent. Elle répondit à son baiser, et entreprit même de glisser encore un peu plus dans les rayonnages. Elle recula pourtant.
- Scott, tu sais que…
- Je ne suis pas du tout désolé ! Je ne peux plus te voir avec lui sans avoir mal. J’ai essayé de me convaincre du contraire, mais…
- Je…
Elle ne finit pas sa phrase, elle l’attira contre elle et l’embrassa. Il la serra encore plus contre lui, et leur étreinte devint plus passionnée. Ils avaient essayé de contenir leur attirance, mais maintenant ils ne pouvaient plus. Leurs doigts s’entrelacèrent, il dévia son baiser sur sa joue et remonta jusqu’à son oreille, il lui murmura doucement un tendre merci d’être là. Elle sourit, et le regarda. Elle ne disait rien, elle se contentait de savourer ce moment. Elle allait lui répondre, quand il lui dit qu’il valait mieux remonter avant que leur absence ne se remarque. Elle devina qu’il faisait allusion à Rick. Elle ne dit rien et lui sourit. Elle lui déposa un doux baiser sur ses lèvres et remonta.
Pendant ce temps, Will, Kat et Rick étaient dans la salle d’interrogatoire avec Sarah. Rick avait dit à Sarah qu’il la représentait, vu que son collègue était retenu au tribunal toute la journée pour une plaidoirie assez difficile. Il lui promit de l’aider du mieux qu’il pourrait, mais que pour cela, elle devait coopérer elle aussi. Sarah se détendait peu à peu. Elle accepta donc de faire part de ce qu’elle savait. Elle demanda néanmoins si elle serait coupable de quelque chose. Will lui répondit que ça dépendait de ce qu’elle allait leur dire. C’est alors qu’elle raconta son entretien avec Rebecca Pierce. Elle leur avoua que ça s’était très mal passé, et qu’elle était sortie en claquant la porte et furieuse.
Elle raccompagnait Tamara chez elle, même si avec Peter c’était fini, Tamara le lui avait demandé. C’était devenu leur rituel à elles 2. Souvent Peter n’était pas encore rentré, elle devina qu’elle voulait avoir de la compagnie. C’est alors qu’elle entendit Rebecca l’appeler, elle demanda à Tamara de l’attendre dans la voiture, elle lui expliquerait que c’était la dernière fois qu’elle la raccompagnait plus tard. Elle se dirigea vers Rebecca et lui demanda ce qu’elle voulait. Celle-ci lui dit qu’elles n’avaient pas fini leur conversation. En effet, Tom était un coureur de jupons, elle le savait, mais c’était la 1ère fois qu’elle constatait qu’il était amoureux. Sarah fut étonnée de cette révélation. Elle lui dit que jamais, elle n’avait cherché à lui faire du mal. Rebecca lui demanda si elle était amoureuse de lui. Sarah ne répondit rien. Elle se contenta de dire que cela n’avait plus d’importance vu qu’elle démissionnait, et qu’elle partait de Philadelphie. Elle la salua et commençait à s’éloigner quand elle la vit sortir une arme de sa poche. Elle lui dit qu’elle avait brisé son mariage, et qu’elle devait payer pour ça. Sarah prit peur, elle regarda vers la voiture, Tamara attendait sagement sans se soucier des 2 femmes. Elle demanda à Rebecca d’agir en adulte, elle avait la responsabilité d’un établissement scolaire. Elle lui dit qu’elle allait s’éloigner et raccompagner Tamara. Si elle voulait, elles reprendraient leur conversation plus tard. Rebecca ne le lui laissa pas le temps, elle cria à Sarah de rester, elle n’avait pas fini. Le cri avait alerté Tamara qui était sortie de la voiture.
Kat stoppa Sarah dans son récit, elle lui dit que le reste c’était à Rebecca d’en parler. Elle la remercia, et sortit de la pièce, elle croisa Lilly qui venait vers elle, ayant vu la porte s’ouvrir. Elle la mit au courant de la situation, et Lilly décida donc de convoquer Rebecca, elle lui dit qu’elle l’interrogerait avec Stillman. Kat acquiesça et lui demanda si elle n’avait pas vu Scotty. Lilly stoppa sa marche et se retourna. Elle lui demanda pourquoi elle devait le voir. Elle lui répondit qu’il fallait qu’ils se revoient pour la déposition de Tom. Lilly mentit, et lui dit que la dernière fois qu’elle l’avait vu, il conduisait Rick dans la salle d’interrogatoire. Kat hocha la tête, et demanda si elle savait que Rick devait passer. Lilly lui répondit négativement. Au même moment, Rick sortit de la salle d’interrogatoire, Kat en profita pour s’éloigner.
- C’est une drôle de coïncidence, n’est-ce pas ? Lui demanda t’il.
- Oui, c’est vrai que… Ecoutes Rick, je n’ai pas trop le temps de te parler, je travaille, et je dois interroger un suspect. Elle évitait de le regarder, Rick s’en aperçut, mais ne dit rien.
- Cette enquête est sur le point de se terminer, fit-il en souriant. Tu m’as promis un repas, il me semble !
- Rick, je… Commença Lilly. Elle s’arrêta net, Scotty venait d’arriver. Ils se regardèrent un long moment, et il passa son chemin.
- Lil, t’es sûre ça va ?
- Oui, écoutes pour le repas on voit ça ce soir, il faut vraiment que j’aille…
- Oui, vas-y dit-il en l’embrassant sur la joue, je ne voudrais pas que tu perdre ton job à cause de moi. Je t’attends ce soir !
Elle s’éloigna, Rick partit dans le sens contraire et croisa Scotty. Il eut le sentiment de l’avoir surprit en train de les espionner, mais se dit que ce n’était pas possible, il lisait un document. Mais pourtant, il crut déceler un comportement bizarre. Lilly de son côté parlait avec Stillman. Nick était partit chercher Rebecca, il ne devait plus trop tarder à arriver. Une fois Rebecca arrivée, et installée dans la salle d’interrogatoire, Lilly entra et lui demanda de répondre à d’autres questions.
- Je veux bien, répondit Rebecca, mais pourquoi, m’avoir demandé de venir. Vous ne pouviez pas le faire chez moi ?
- Je ne vais pas y aller par 4 chemins, l’informa Lilly. Nous avons les déclarations d’un témoin qui vous a vu sortir une arme de votre poche, le soir du meurtre de Tamara.
- Quoi ? Mais c’est absurde, j’étais chez moi avec Tom, à cette heure là ! Fit Rebecca outrée, des insinuations de Lilly.
- Ah oui ? Vous ne deviez pas voir les points de la démission de Sarah Dickson ?
- Co… Comment savez-vous…
- Je suis flic, ça fait partie de mon métier de deviner, lança Lilly. Alors…
Rick, Stillman et Nick étaient dans la petite pièce à côté de la salle d’interrogatoire et suivait la scène qui s’y déroulait. Rick fut surprit de voir à quel point Lilly était froide et distante. Il devina que c’était son trait de caractère, lors d’interrogatoire. Elle jouait de l’attitude de la personne qu’elle avait en face d’elle, et selon son caractère, elle s’adaptait. Elle voyait que Rebecca la prenait de haut, donc elle faisait pareil, mais avec une différence près. Lilly était sûre d’elle.
- Alors ? Continua Lilly. Vous me le dites, ou nous demandons à Sarah qui est dans une pièce à côté de nous en parler. Elle commença à composer le numéro de Scotty, et elle mit son portable à son oreille.
- Non, je vais vous le dire, fit Rebecca paniquée. S’il vous plaît, je vais… Lilly raccrocha.
Rebecca lui avoua alors ce qui s’était passé ce soir là. Elle lui dit que Tamara était sortie de voiture, et qu’elle s’était approchée d’elles. Elles ne l’avait pas vu, elles étaient trop occupées à résoudre leur problème d’adultes. Tamara avait du remarquer qu’elle tenait une arme et s’était cachée. Elle continuait à menacer Sarah de son arme, elle lui disait que tout était sa faute. Elle s’était mêlée de leur vie à elle et à Tom, et qu’elle devait payer le prix fort. Sarah avait répliquer que ce prix n’était pas la consolation qu’elle attendait, elle finirait en prison. Alors Tom aurait gagné. Il fallait qu’elle se montre plus forte que lui, et demander le divorce. Elle avait trop souffert. Il l’avait trop fait souffrir. Rebecca avait répliqué que ça ne lui suffisait pas. Elle n’aurait pas sa vengeance pour cette trahison. Elle brandit le revolver et visa Sarah. Tamara qui s’était cachée jusque là, sortit de sa cachette, et se précipita sur Sarah au moment où le coup de feu retentit. Elle s’effondra sur le sol, inconsciente. Sarah se précipita sur elle, et essaya de la réanimer, mais sans succès. Elle leva un regard plein de haine sur Rebecca et lui dit que maintenant, la prison, elle pouvait y compter. C’est alors que Rebecca échafauda un plan, elle dit à Sarah qu’elles allaient déposer Tamara dans le parc, et qu’elles allaient faire en sorte que cela ressemble à un accident.
Rebecca termina son récit en larmes. Elle avoua que depuis, elle n’avait pas trouvé le repos. Lilly lui passa alors les menottes, elles sortirent de la pièce en même temps que Kat et Sarah sortaient de l’autre. Les 2 femmes se regardèrent alors, et la haine qui s’était enfoui toutes ces années se réveilla. Elles allaient regretter toutes les 2, d’avoir caché cet acte ignoble.