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Série : Cold Case
Création : 19.07.2009 à 11h40
Auteur : nala62 
Statut : Terminée

« Cross-over Cold Case / FBI Portés Disparus » nala62 

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Petite note avant le début de la fic : l'idée vient de Malu après une observation concernant l'envie exprimée de certains lors de la journée marathon sur le quartier de voir un cross over apparaître entre les deux séries.

Donc, de nouveau, petit défi lancé à Genna et moi-même, que nous avons relevé bien entendu.

Voici les conditions que nous avons dû respectées :

Imposé :

- un seul ship  CC/WAT ( à vous de choisir qui avec qui ..)

- les deux frères Lapaglia doivent se rencontrer ^^ (ça c'est pour nala ^^)

- et .. un disparu et pas des moindre... un membre de la team CC ...

 

Voici donc le fruit de ma production... Celle de Genna ne devrait plus tarder !

Bonne lecture donc :)


nala62  (19.07.2009 à 11:47)

Un crissement de pneus attira l’attention du flic posté devant la barrière bloquant l’accès au garage, et ce, malgré le brouhaha des badauds attroupés devant la petite maison. Les lumières des gyrophares bleus et rouges se reflétaient dans chaque vitre aux alentours. Scotty et Lilly descendirent précipitamment de leur voiture et se dirigèrent vers l’officier, traversant non sans peine le rempart que formait une bonne partie des voisins de Kat. Présentant leurs badges, ils franchirent le cordon policier et avancèrent vers le perron. La porte était grande ouverte et de nombreuses allées et venues d’uniformes indiquaient l’effervescence qui y régnait. Lilly interrogea un flic en faction dans la salle principale :

 - Où est-elle ? Où est la petite fille ?

- Dans sa chambre, en haut.  Le médecin a fini de l’examiner.

Lilly monta quatre à quatre l’escalier menant à l’étage et poussa doucement la porte où était écrit « Veronica » en lettres de bois colorées.

- Dina …

La mère de Kat Miller se leva du fauteuil installé près du lit où Veronica se tenait, et serra les mains de l’inspectrice.

- Comment va Veronica ?   lui demanda cette dernière.

- Elle … Elle va bien, on ne lui a rien fait… Lilly… Qu’est-ce qui s’est passé ?  Comment cela a-t-il pu arriver ?

- Je l’ignore encore pour le moment fit-elle la voix hésitante.

- Lilly ! fit la petite fille… Lilly… Où est maman ?

 Lui prenant la main, la jeune femme la rassura :

-  Pour le moment ta maman n’est pas à la maison. Mais on va vite savoir où elle est partie. Ne t’inquiète pas ma chérie.

Veronica lui répondit par un sourire timide. Lilly s’asseya sur le bord du lit.

- Tu sais, tu as été très courageuse ! Tu as eu la bonne idée d’appeler le central. Ta maman serait fière de toi, fit l’inspectrice doucement.

- Tu crois ?

-  Bien sûr ! Tu as fait ce qu’il fallait ! Maintenant, il va falloir que tu continues à m’aider pour savoir ce qui s’est passé, tu veux bien ?

La fillette hocha la tête en silence, lançant un coup d’œil à sa grand-mère.

- Très bien fit Lilly. Je vais te poser quelques questions. Essaie de te rappeler du plus de détails possible, d’accord ?

- Je vais essayer … 

L’interrogatoire de Veronica révéla qu’elle avait perçu quelques cris forts provenant du rez-de chaussée. Elle avait alors retiré ses écouteurs et était descendue. Lorsqu’elle avait remarqué la table de salon renversée et la porte arrière ouverte sans personne dans la maison, elle avait appelé sa grand-mère au téléphone. Le temps que celle-ci arrive, elle avait aussi appelé le central pour prévenir sa mère. Elle était tombée sur Nick dans le bureau. Très vite, on s’était rendu compte que quelque chose n’allait pas. Véra lui avait dit d’aller à l’étage et de s’enfermer dans sa chambre, ce qu’elle avait fait tout de suite, sentant la peur qui montait. Elle avait attendu, et ce fut sa grand-mère qui lui demanda d’ouvrir la porte de sa chambre.

Lilly avait remercié la fillette et lui promit de tout faire pour savoir ce qui était arrivé. Elle l’embrassa sur la joue, puis se retourna vers Dina.

- Nous retrouverons Kat Madame Miller … fit-elle à voix basse.

Celle-ci regardait Lilly, les yeux embués de larmes. 

- Je vous attends pour vous reconduire jusqu’à votre voiture, continua-elle.

- Merci, répondit Dina.

Cette dernière avait profité de l’interrogatoire de Lilly pour elle-même répondre aux questions de Scotty Valens. Il en fit un rapport rapide à la jeune femme pendant que Veronica et sa grand-mère réunissaient quelques affaires pour que la fillette aille chez celle-ci.

- Veronica a passé tout la journée avec sa grand-mère. Elles sont rentrées à la maison vers 18 H 15. Dina avait un rendez-vous et devait rentrer pour 19 H 00. Kat a appelé sa mère vers 18H50, lui indiquant qu’elle était sur la route et qu’elle serait là d’ici 15 minutes. Elle lui a dit qu’elle pouvait laisser Veronica seule quelques minutes, le temps pour elle d’arriver.

Lilly regardait la fillette s’affairer. Consultant ses notes, le jeune inspecteur poursuivit.

- Dina a donc fait les recommandations d’usage à sa petite –fille et partit vers 18 h 55. Elle a refermé elle-même la porte d’entrée à clé.  La porte de derrière était également verrouillée avant qu’elle ne parte. Elle n’a rien remarqué d’étrange dans la rue, aucune voiture stationnée…

 -  Manifestement, on a attendu que Dina sorte pour pénétrer dans la maison. On la surveillait donc.  Si Kat est entrée peu de temps après, elle a surpris l’agresseur. Mais pourquoi alors l’avoir enlevée si celui –ci a été surpris ? On lui en voulait donc …C’était Kat que l’on visait ? Mais dans ce cas, pourquoi avoir fracturé la porte à ce moment là … ?  s’interrogeait la jeune femme.

Cette affaire apparaissait complexe à l’inspecteur Rush. Il fallait faire vite. Il fallait qu’elle reprenne aussi ses esprits, qu’elle fasse un point logique sur tous ces éléments. En fait, elle ne devait se laisser gagner par les émotions que cette disparition entraînait. Elle avait quitté Kat peu de temps auparavant … Elle ne s’attendait pas à cela ! Personne d’ailleurs …

Flashback : Appartement de Lilly Rush, 27 février 2008, 19 H 20. Il y a 20 minutes.

Les inspecteurs Rush et Valens venaient de boucler une affaire d’homicide familiale complexe et sordide qui les avait éprouvés ( cf.  Histoire ancienne). Un moment de détente autour d’un verre et d’un bon repas entre amis était bienvenu, aussi s’étaient- ils retrouvés tous les deux dans l’appartement de la jeune femme. Scotty venait de perdre brutalement son père deux semaines auparavant dans un accident de voiture. Il avait besoin de soutien, même s’il ne le disait pas … Lilly le savait et elle était là pour l’aider à passer ce cap douloureux de manière discrète mais sûr.

Le téléphone de Valens sonna une nouvelle fois. Il ne reconnut pas le numéro inscrit mais décrocha tout de même au cas où son frère voulait le joindre. Mike le tenait informé chaque jour de la santé de leur mère,  fragilisée par un récent malaise cardiaque survenu après l’enterrement de son mari.

Valens … Allo … Allo … Scotty s’énerva, serrant fortement le combiné.  Ecoutez, qui que vous soyez, sachez qu’on a localisé vos appels, on va vous mettre la main dessus mon vieux !

Une voix métallique se fit enfin entendre au bout du fil :

Vraiment, inspecteur Valens ….   Et l’on raccrocha.  Il se figea un instant. Lilly l’interrogea sur ce qui s’était passé.

- Scott … des mauvaises nouvelles ?

-  Non.

Depuis deux jours Scotty recevait des appels anonymes.  Il n’y avait finalement prêté que peu d’attention lorsqu’il était chez son frère, ayant éteint son téléphone. Il avait néanmoins vu ce matin le nombre de coups de fils reçus quand il l’avait rallumé. Et cela s’était poursuivi dans la journée.

Au même moment, le téléphone de Lilly sonna. C’était Will :

-  Lilly ?! Will ! On a besoin de toi au central, on a un problème ! Sa voix d’habitude si calme et rassurante trahissait alors une certaine panique.

Qu’est-ce qui se passe Will ?

Veronica a appelé le central. Kat n’est pas rentrée chez elle. On n’arrive pas à la joindre, son portable est toujours sur répondeur. Une équipe est sur place qui a pris en charge la petite ….

Quoi, Will ? Qu’est-ce qu’il y a d’autre ?

Lilly … Ils ont trouvé des traces de sang sur la porte de derrière …

Lilly resta une seconde sans voix, imaginant son amie … Le téléphone de Scotty sonna, le numéro du central.

Valens, j’ai besoin de vous immédiatement au poste, on a un problème avec un de nos agents …

- Qui ?

Miller, fit-il, elle a disparu. …

J’arrive tout de suite chef.

De son côté, Lilly avait déjà raccroché, empoigné sa veste et était sur le point de partir.

Scotty, je vais chez Kat, … Sa mère est en route mais je veux voir comment va Veronica.

-  Bon, je te dépose et je file ensuite au central.

………………………………………..

Lilly prit le sac préparé par Dina et toutes montèrent dans la voiture de la vieille femme. Elle avait tenu à accompagner Veronica chez sa grand-mère. Scotty suivait avec leur voiture.  Une fois arrivée, Dina remercia Lilly sur le perron de la maison.

- Je vous tiendrai au courant des évolutions de l’enquête, madame Miller, fit doucement la jeune femme.

- Merci pour tout Lilly … Je … Je m’en veux tellement vous savez… d’avoir laissée Veronica seule à la maison, j’aurais du rester avec elle.

-  Vous n’avez rien à vous reprocher, madame Miller. Comment auriez vous pu savoir !

-  Je sais … mais je me sens tellement coupable.

- Vous n’êtes en rien coupable, répéta Lilly, et je vous le prouverai.

Sur ces mots, l’inspectrice prit congé de la mère de Kat, plus résolue que jamais à la retrouver.


nala62  (19.07.2009 à 11:54)

Quartier général de la police criminelle de Philadelphie, 27 février 2008,

21 H 53. 

Kat Miller, disparue depuis 2 H 53.

Une activité folle régnait dans le bureau. Le chef Stillman avait réussi à conserver cette affaire de disparition qui concernée directement un de ces enquêteurs. Aussi, une bonne partie des inspecteurs de la criminelle était présente pour procéder aux interrogatoires des nombreuses personnes priées de venir témoigner. Il fallait faire vite, comme dans toute affaire de disparition.

Nick Véra terminait d’interroger dans un boucan incommensurable un voisin de sa collègue disparue ce soir. Il se leva pour raccompagner vers la sortie l’homme d’une cinquantaine d’années qu’il venait d’interroger. Finalement, celui-ci ne lui avait été d’aucun secours pour obtenir une information sur une éventuelle activité anormale dans la vie du quartier.

Rush s’avança vers lui, tenant une série de feuilles qu’elle venait de tirer du fax du bureau.

- T’as du nouveau Lil ? demanda-t-il.

- Les labos ont fait vite … Le sang est bien celui de Kat.   Disant cela, Lilly sentit un frisson parcourir son dos, et Nick tiqua.

Les traces d’effraction indiquent qu’on a bien utilisé un pied de biche pour ouvrir la porte de derrière. Les traces sur le cadre de la porte et le parquet confirment aussi qu’il y a eu lutte mais on n’a retrouvé aucune autre empreinte.

- Quand j’aurai chopé ce salopard, … commença Nick sur un ton lourd.

- On saura quoi faire de lui, Nick, le coupa Will.

L’inspecteur Jeffries venait de sortir du bureau du chef Stillman.

- Les stups ratissent tous les dealers et les indics que Kat connaissait…y’en a un paquet, poursuivit-il. Mais pour le moment, on n’a rien.

Regardant par-dessus l’épaule de Nick, Lilly remarqua Scotty qui lui faisait signe de venir le voir.

- Monsieur Monroe, voici l’inspecteur Rush qui travaille aussi avec l’inspecteur Miller.

- Je suis ravi, Mademoiselle de vous rencontrer.

Lilly serra la main du vieil homme.

- Vous pourriez raconter à ma collègue ce que donc vous avez vu ce soir ?

L’homme se tourna sur sa chaise pour être complètement face à Lilly.

- Une Thunderbird 1976 foncée est passée dans la rue ce soir vers 19 H 10. Elle roulait très vite au milieu de la route et a fait une embardée, montant sur le trottoir d’en face. Le conducteur n’avait pas l’air à jeûn !

- Avez-vous vu le conducteur ou une autre personne à ses côtés ?

- Non, malheureusement. Le numéro était aussi illisible. Vous pensez que cela peut être lié à la disparition de Madame Miller ?

- Tout indice est pris en compte et peut nous aider, fit Scotty. Vous êtes sûr du modèle, Mr Monroe ?

- Vieux mais pas gâteux, jeune homme… Un tel tas de ferraille se remarque.

- Merci de votre coopération malgré l’heure tardive monsieur, reprit Lilly.

- J’espère que vous retrouverez cette dame fit l’homme poliment avant de saluer les inspecteurs et de prendre congé.

- Ca correspondrait avec le moment où Veronica a entendu les bruits et est descendue.

- On va rechercher toutes les voitures de ce modèle dans le coin. Je m’y mets avec Nick. Tiens, regarde qui voilà fit Scotty.

Lilly tourna la tête et vit l’assistant du procureur pousser la porte vitrée du bureau, l’air hagard, sa cravate défaite et les cheveux en bataille. Elle se demandait bien ce qu’il faisait là et qui avait bien pu l’appeler. Tout en avançant, il cherchait du regard quelqu’un qu’il  pourrait questionner.  Lilly s’approcha :

- Bell ? Que faites-vous ici ?

- Inspecteur Rush … Vous avez des nouvelles ? s’enquit –il.

- Des nouvelles ? … de Kat ? … Hé bien, non. Nous cherchons toujours.

Lilly le regardait. Il avait l’air mal à l’aise. Elle lui demanda :

- Curtis, comment savez –vous qu’elle a disparu ? Je ne savais pas que l’on vous avez appelé.

- Hé bien, … Je… Nous devions passer la soirée dans un restaurant avec Veronica. J’étais en retard, pris dans mon boulot. Quand j’ai vu l’heure, j’ai appelé chez elle. Un officier de la police m’a répondu et m’a raconté qu’elle avait disparu.

Lilly avait haussé les sourcils, l’air surpris en apprenant que Kat et l’assistant du proc se fréquentaient. Mais elle ne releva pas l’allusion, voyant que le jeune homme était un peu gêné par cette explication.

- Où est Veronica ? demanda-t-il.

- Sa grand-mère l’a ramenée  chez elle. Je pense que pour le moment, elle a besoin d’être entourée et rassurée.

- Lilly … Que savez-vous vraiment ?

L’inspectrice lui fit un point rapide du peu d’informations qu’ils détenaient.  Hormis le témoignage sur une fuite possible avec la voiture signalée, ils n’avaient rien.

John Stillman sortit du bureau et appela Rush. L’assistant la suivit dans le bureau du chef qui, trop affairé, ne releva pas sa présence inopinée.

- Lilly, je viens d’avoir un coup de fil du bureau du FBI de New-York.  Ils ont cherché à prendre contact avec Kat ce soir. 

- Pourquoi ça chef ? interrogea Lilly.

- Un homme est recherché après qu’on ait signalé sa disparition aujourd’hui vers 17H30. Il s’agit de  Jarrod Jones.

- C’est le père de Veronica ! s’exclama Lilly  

- Il a disparu peu de temps avant Kat, fit Curtis, faisant part de sa réflexion à voix haute.

- Peut-on imaginer un lien entre les deux disparitions ? demanda-telle.

- Je n’en sais rien, répondit John. Toujours est-il que le bureau de New-York nous envoie deux de leurs agents. La disparition de Kat leur paraît suspecte. Je leur ai dit que nous allions coopérer avec eux Lilly. Je veux que vous en chargiez.

- En tant qu’assistant du procureur, je souhaite participer à l’entretien, fit précipitamment Bell. Si je dois contacter le bureau de New-York pour une quelconque mise en examen, je serai au courant du dossier …

John le fixa l’air interrogateur, puis regarda Lilly. Celle-ci hocha la tête avec un demi-sourire.

- Très bien, fit John, vous accompagnerez Lilly. Les fédéraux ne devraient pas tarder à venir. Vous … devriez prendre un peu de repos Lilly… la nuit risque d’être longue.

- Chef, … le temps nous est compté.

- Je sais Lilly, je sais répondit Stillman.

Will entra dans le bureau.

- La police scientifique vient de consulter le répondeur de Kat. Un appel a été reçu ce soir vers 18H00. Un homme a laissé un message lui demandant de faire rapidement ce qu’ils avaient convenu. On a le numéro…  Un certain Tim Matheson… Il habite New-York.

- On ne peut pas attendre que les Féd’ prennent aussi ça en charge… fit John. Allez trouver ce type avec Scotty.

- Vous risquez d’avoir besoin d’un mandat fit Curtis. C’est en dehors de notre juridiction… Mais je m’en occupe, même si je dois m’attirer les foudres d’un proc’ et d’un juge réveillés à minuit.

Ils sortirent tous du bureau du chef, l’ADA Bell se précipitant sur le téléphone du bureau de l’inspecteur Rush pour passer les coups de fil nécessaires.

- Les fédéraux sont sûr le coup ? remarqua Will.

- Le bureau de New-York nous a contactés … L’ex de Kat, le père de Veronica a aussi disparu il y a quelques heures. Ils pensent que les deux affaires peuvent être liées. Ils nous envoient deux de leurs agents.

- Vraiment… fit Will songeur.

- Ouais, renchérit Lilly, les fédéraux dans les pattes, c’est pas la meilleure chose qu’on puisse rêver d’avoir… mais sur ce coup, il ne faut rien négliger.

- Hum… mouais fit Will peut convaincu. Allez, Scotty, laisse Véra s’occuper des immatriculations, on doit filer sur New-York.

- Y’en a pour un sacré moment encore, être deux ça s’rait pas trop de deux râla Nick.

- Je vais te filer un coup de mains … lui lança Lilly.

L’assistant du procureur avait raccroché. Il revint vers Will et Scotty ;

- J’ai réussi à joindre le procureur de New-York. J’ai eu du mal à le convaincre mais il va demander un mandat de perquisition pour votre suspect au juge. Dès qu’il l’aura délivré, il doit me prévenir. Je vous appellerai alors.

- Très bien, mettons nous tout de suite en route, ne perdons pas de temps fit Will en prenant son manteau.

J’ai pas envie de croiser les fédéraux dans les parages !

- Les fédéraux ? interrogea Scotty.

- Je t’expliquerai en chemin… allons-y, répondit Jeffries.

- Vous savez vous servir d’un ordinateur et d’une banque de données fit Nick à Curtis …


nala62  (26.07.2009 à 11:21)

Will et Scotty montèrent dans la voiture qui démarra aussitôt, prenant la direction de New-York. Les deux inspecteurs restaient silencieux. Seules les voix des Suprêmes reprenant « You keep me hangin’ on » résonnaient dans l’habitacle. Valens rompit le silence qui devenait pesant :

- C’est quoi cette histoire avec les fédéraux ?

Jeffries fit un rapide exposé de la situation à Scotty.

- T’as pas l’air de trop les apprécier dis moi … fit Valens à son collègue.

- J’en ai côtoyés quelques uns …ca m’a pas trop réussi fit Will laconiquement. Tu fais le sale boulot, et ils arrivent pour récolter les honneurs …

- Raconte, fit Scotty.

- Non, c’est compliqué dit Jeffries.

Le portable de Scotty sonna.

- Valens … Allo … Allo … ?

Il raccrocha, rageur.

- Pas de réseau ? demanda Will.

- Euh … non, mentit le jeune flic. Il se plongea dans un mutisme que son coéquipier remarqua.

- T’es sûr que ça va Scotty ?

- Ouais, bien sûr fit t-il en essayant d’être le plus convaincant possible.

Cette fois –ci ce fut le portable de Will qui vibra. Il répondit puis raccrocha.

- C’est bon, on a le mandat contre Matheson. On perquisitionne et au besoin, on l’embarque.

Scotty hocha la tête en silence. Son esprit était alors occupé par ces coups de fil qui le harcelaient.

 

Highway 95,entre New- York et Philadelphie,  à la hauteur de New Brunswick, véhicule de Jack Malone, 27 février 2008, 23 H 20.

Jarrod Jones, disparu depuis 6 h 50. Kat Miller, disparue depuis 4 H 20.

- Le dossier indique que Kat Miller était à la brigade des stups jusqu’en 2006, date à laquelle elle a intégré la criminelle de Philadelphie.

L’agent Martin Fitzgerald compulsait une nouvelle fois les quelques informations issues du dossier de la nouvelle disparue Kat Miller qui se trouvait être aussi flic. Ils n’avaient eu qu’à regarder dans la banque de données privées de la police de Pennsylvanie.

- Elle gardait sûrement contact avec Jones. Il y avait des photos récentes de lui et de sa fille chez lui, répondit Jack Malone.

L’agent spécial Malone, qui dirigeait le service des personnes disparues au bureau du FBI depuis maintenant quelques années, était rôdé à des situations de disparitions particulièrement difficiles. Néanmoins, quand il avait appris que l’ex femme de Jones, un flic, avait aussi disparu, il avait senti que l’affaire serait corsée et dangereuse.

Il avait aussi été surpris que la criminelle de Philadelphie coopère aussi facilement. Cela révélait qu’ils ne devaient rien avoir comme piste. Jones avait un lourd passé : dealer pris en flag, condamné pour trafic de drogue, il venait de passer cinq ans derrière les barreaux. Il avait été libéré il y a 10 mois. Malone se demandait comment Miller avait pu avoir une fille avec un gars pareil. Elle ne devait pas être très claire non plus. Le chef de la criminelle devait être sur les dents d’avoir un de ses éléments qui avait disparu ainsi pensait-il.

- Apparemment, à l’époque, Miller avait infiltré le milieu auprès d’un gang de dealers de la zone Nord de Philadelphie, les MP23. C’est le même gang auquel appartenait Jones, poursuivit Fitzgerald en consultant ses notes.

- Je suppose que le chef Stillman nous en apprendra plus. On doit voir l’inspecteur Rush. C’est elle qui en charge de l’affaire, répondit Jack. Je veux une collaboration très étroite … Il nous faut apprendre le maximum de choses entre Jones et Miller. Les MP23 ont des liens avec les gangs de Brooklyn à New-York, c’est comme ça qu’ils ont repéré Jones chez nous.

- Très bien fit Martin en hochant la tête.

- J’ai demandé à Sam et Danny de surveiller les activités des BBB (Brooklyn Bad Boys) par l’intermédiaire de Hanson, le chef des stups précisa Jack. Autant éviter de trop expliquer nos connections établies pour le moment. Laissons les venir et voyons ce que la police de Phillie a nous dire.

Malone n’avait pas voulu que Sam s’occupe de ce dossier sensible car le gang était réputé pour être l’un des plus actifs en matière de criminalité comprenant trafic de drogues, de voitures et prostitution. Elle avait insisté et devant les autres, il  n’avait pu refuser. Il avait demandé à Danny de la surveiller pour la protéger mais aussi parce qu’il connaissait la réputation de Hanson qui était un charmeur invétéré, et il n’aimait pas ça … Certes, il faisait confiance à Sam… trop peut être se demandait-il parfois.


nala62  (01.08.2009 à 16:41)

Quartier général de la police criminelle de Philadelphie, 27 février 2008, 23 h 50 .

Jarrod Jones, disparu depuis 7 h 20. Kat Miller, disparue depuis  4 H 50.

Rush et Véra consultaient toujours les bandes de données des immatriculations liés au modèle Thunderbird 1976. Leurs recherches aboutirent à une liste des propriétaires multiples en Pennsylvanie, et dans les états aux alentours.

L’ADA Bell s’était assoupi un moment, allongé sur les sièges dans le bureau qui avait retrouvé une quiétude toute relative après la folie des dernières heures. Beaucoup d’inspecteurs étaient rentrés chez eux. Certains terminaient de consigner les dépositions. Il n’y avait eu pas de réelle avancée grâce aux interrogatoires des voisins.

La fatigue commençait à se faire sentir chez les deux inspecteurs de la criminelle qui depuis maintenant plus de trois-quarts d’heure avaient les yeux rivés sur leurs écrans d’ordinateur. Lilly cependant ne voulait bien sûr rien lâcher, tout comme Véra qui n’avait plus sorti un mot depuis plus d’un quart d’heure.

Deux hommes en costume et cravate sombres entrèrent dans le bureau, se dirigeant de suite vers celui du chef de la police. Lilly les suivit des yeux mais elle comprit vite de qui il s’agissait. Les deux agents du FBI entrèrent dans le bureau de Stillman. Celui-ci ouvrit la porte à la volée quelques secondes plus tard pour appeler Lilly et l’ADA Bell.

La jeune femme avait tapé sur l’épaule de l’assistant qui mit un petit moment à s’éveiller.

- Le FBI est là … Levez-vous ! ordonna-t-elle.

Ils entrèrent à leur tour dans le bureau. Le lieutenant Stillman fit les présentations :

- Agent spécial Malone, agent spécial Fitzgerald, voici l’inspecteur Lilly en charge de l’enquête et l’assistant du procureur Curtis Bell.

On se serra la main avec les politesses d’usage. Très vite, Jack reprit la parole :

- Nous sommes ici pour avoir plus d’informations sur la disparition de l’inspecteur Miller. Nous cherchons éventuellement un lien avec l’affaire de son ex compagnon Jarrod Jones.

Lilly était sur ses gardes. Elle savait que bien souvent le FBI cherchait à récupérer des infos mais qu’eux en donnaient peu en retour.

- Il a disparu cette après-midi donc de son domicile, c’est bien ça fit l’inspectrice.

Jack reprit sur un ton calme mais déterminé.

- C’est exact inspecteur… Mais au sujet de l’inspecteur Miller … L’enquête dont elle s’occupait avait –elle une relation avec les milieux de la drogue de la ville ?  Gardait-elle contact avec Jones ?

- Je crois que vous devriez d’abord nous en dire un peu plus sur ce Jones justement, répliqua Lilly.

Bell les regardait tous les deux avec un air interrogateur. Lilly et Jack se toisaient du regard, campant chacun sur leurs positions. Stillman coupa sèchement :

- Inspecteur Rush … Agent Malone ! Nous perdons du temps dans ces deux affaires !! Agent Malone, nous avons accepté de coopérer, ce qui signifie que nous vous donnerons accès à toutes les informations nécessaires en échange des vôtres. C’est une condition implicite à notre bonne relation.

Malone et Fitzgerald se regardèrent un court instant. L’enjeu des deux affaires étaient en effet trop important pour eux … Il leur fallait absolument retrouver Jones avant le début du procès.

- Très bien fit Jack. Jouons cartes sur table, s’asseyant dans un des fauteuils.

Martin prit la parole.

- Jones a été signalé manquant à l’appel à son travail de terrassier ce matin.  Un de ses collègues est passé chez lui en fin de journée. Son appartement était ouvert. Des traces de lutte étaient visibles. Sa disparition nous a été signalée vers 17 H 30. Aucune empreinte ni traces d’effraction.

Jones a un lourd passé carcéral derrière lui.

- Nous sommes au courant, fit John.

L’ADA Bell se manifesta, croisant les bras et toussant. Martin poursuivit. Jack écoutait silencieusement, regardant Lilly qui prenait des notes.

- Il travaillait depuis sa sortie de prison après avoir trouvé un boulot dans le bâtiment à New-York. Pas de problèmes jusque là. Il s’était acheté une conduite. Il n’avait jamais été en retard au travail, avait réglé ses loyers toujours en temps et en heure, … La veille, ses collègues et voisins n’ont rien remarqué de suspect. Il était rentré chez lui hier soir selon le concierge de son immeuble. On ne l’a pas revu depuis.

Lilly s’était arrêtée d’écrire.

- Nous savions fit Jack à Lilly que Jones avait une famille… Nous avons retrouvé des photos de lui et de sa fille. Il avait donc gardé contact avec elle et sa mère.

- Il a recherché en effet à revoir sa fille à sa sortie de prison. Kat ne voulait pas au début, mais finalement, ils ont tous deux trouvé un accord pour que la petite puisse le voir régulièrement. Jones venait de temps à autre à Philadelphie.

- Y a-t-il eu des problèmes ? demanda Martin.

- Non, pas à ma connaissance répondit Lilly. Cette affaire serait liée à leur fille ? avança l’inspectrice.

- Nous n’en savons rien… releva Jack. Que pouvez-vous nous dire au sujet de Miller.

Lilly commença à faire un condensé des maigres indices qu’ils avaient recueillis. Nick frappa à la porte et entra directement dans le bureau, une série de feuilles dans les mains.

- Voilà ce qu’on a trouvé pour les propriétaires de la Thunderbird… Il posa la liste sur la table devant Lilly et Jack, et serra la main des deux agents pendant que Stillman le présentait.

Malone prit la liste et s’intéressa surtout aux noms de l’état du New-Jersey. Un nom lui rappela quelque chose.

- Steven Fisher … fit-il interrogateur. Steven Fisher … c’est …

Martin regarda dans le dossier.

- C’est le patron de Jones…  Fisher rénovations et constructions …

Jack se leva et demanda :

- Vous avez un tableau ?


nala62  (04.08.2009 à 11:55)

Domicile de Tim Matheson , 48th street, Woodside, quartier du Queens, New York, 28 février 2008, 00 h 15 .

Jeffries venait de garer la voiture non loin de l’adresse de Matheson. Le quartier n’était pas très animé, hormis un restaurant pakistanais ouvert dont les néons rouges indiquaient « best food ever eaten 24 / 24 ». Les deux inspecteurs attendirent une minute avant de descendre, afin d’observer les lieux.

- Quatrième étage, regarde, fit-il à son co-équipier, désignant une rangée de fenêtres dont plusieurs étaient encore allumées.  C’est bon, on y va Scotty.

Ils grimpèrent les étages et arrivèrent devant la porte. Will frappa.

- Tim Matheson ? Police de Philadelphie. Ouvrez…

Will frappa de nouveau et relança son injonction. Aucun bruit ne se faisait entendre de l’autre côté de la porte. Scotty commença à dégager son holter pour prendre son arme et se mit de côté. Will l’imita et annonça :

- Ouvrez la porte immédiatement.

Sur un signe de tête de Jeffries, Scotty essaya d’ouvrir la porte. Celle-ci était ouverte à sa grande surprise. Quand il passa la tête dans l’encadrement de la porte, deux éclairs illuminèrent la pièce… On lui tirait dessus.

Le jeune flic n’eut que le temps de se reculer. Un bruit de meuble renversé se fit entendre. Will en profita pour mettre en joue la pièce plongée dans l’obscurité et tira deux coups pendant que son partenaire pénétrait à l’intérieur. S’agenouillant derrière un fauteuil pour se protéger, Valens plissa les yeux pour essayer d’apercevoir le tireur avec la faible lumière provenant d’un lampadaire voisin dans la rue.  Un silence s’était abattu dans la pièce. Scotty fit signe à Will : il allait s’approcher de la fenêtre. Jeffries se prépara de nouveau à couvrir son partenaire qui avança prudemment presque à genoux vers la seule source lumineuse.  Il remarqua que la fenêtre était ouverte. Il se releva à moitié et passa la tête prudemment.

-  Merde … Il est parti … fit-il, un accès de rage dans la voix. 

Will avait actionné l’interrupteur. Une lumière blafarde éclairait maintenant de son halo jaunâtre l’unique pièce où s’entassaient restes de nourriture, magazines éparpillés sur le sol, vêtements, cannettes de bière et autre fouilli inqualifiable.  Il était inutile de vouloir poursuivre l’occupant des lieux qui avait bien réussi à s’échapper. Scotty donna un coup de pied dans une bouteille.

Des bruits provenaient du couloir de l’appartement, derrière Jeffries. Celui-ci se retourna et aperçut un vieil homme noir avec une arme qu’il pointait vers lui.

- Du calme, mon gars, fit Will. Je suis de la police, je vais doucement prendre mon insigne dans ma veste et vous le montrer. Ne faites rien … Regardez, je vais doucement.

- Les flics sont prévenus, sales cons. N’avez pas intérêt à bouger ou je vous troue la peau hurla l’autre.

Sans perdre son sang froid, Will posa son arme à terre, leva les mains en signe d’apaisement.

- Ok, fit-il, alors on va attendre sagement que la police arrive … Voyez, je n’ai rien sûr moi. Alors … voilà, je prends mon insigne…

Ce faisant, Will vit Scotty dans l’embrasure de la porte, prêt à intervenir. Le flic lui fit non de la tête. Il tenait sa pochette en cuir dans la main et l’ouvrit, le bras en hauteur pour que l’autre puisse bien l’apercevoir.

- Regardez … Je ne vous mens pas, je suis de la police de Philadelphie. Je suis venu interroger Tim Matheson. Celui-ci s’est enfui après nous avoir tirés dessus, expliqua-t-il.

L’homme commençait à baisser son arme. Il entendit un bruit de pas dans les escaliers. Deux uniformes bleus apparurent derrière lui. Les deux agents armés lui intimèrent l’ordre de lâcher son arme, ce qui fit l’homme sur le champ. Jeffries soupira, réitérant de loin son appartenance à la police. Un des deux flics emmena le type dans son appartement sur le palier pour vérifier son identité et sa licence de port d’armes.

Le deuxième vint trouver Will et Scotty qui expliquèrent leur présence et ce qui s’était passé. Un avis de recherche fut immédiatement lancé pour essayer de retrouver Matheson dans le secteur.  Des renforts furent également appelés pour fouiller l’appartement du suspect.

Stillman n’allait pas être heureux d’apprendre qu’ils n’avaient pas réussi à interroger Matheson, encore moins de savoir que celui-ci s’était enfui. Les deux inspecteurs descendirent et virent dans la voiture de police l’homme qui les avait menacés … Détention illégale d’armes, avait répondu le flic quand Will avait demandé l’objet de son arrestation.

Arrivé au poste de police du district, Scotty se résolut à appeler son chef à Philadelphie. Les recherches entamées pour appréhender Matheson étaient restées vaines pour le moment.

 

Quartier général de la police criminelle de Philadelphie, 28 février 2008, 00 h 35 .

Jarrod Jones, disparu depuis 7 h 50. Kat Miller, disparue depuis 5 H 20.

Martin avait inscrit sur le tableau les différentes activités connues de Jones d’un côté et celle de Miller de l’autre, essayant de mettre en parallèle les connections dans les différents emplois du temps et indices. Le nom de Steven Fisher était le seul qui pouvait relier les deux disparitions.

Jack avait appelé au bureau.  Il avait demandé à Danny Taylor d’y rester le temps qu’ils arrivent à Philadelphie. Le téléphone ne cessait de sonner dans le bureau à demi dans l’obscurité.  Danny était en conversation avec Elena sur son portable. Elle l’avait appelé pour savoir ce qu’il en était au bureau et quand il pensait rentrer.  Voyant le numéro de Jack apparaître sur l’écran, il lui indiqua précipitamment qu’il devait raccrocher et qu’il la rappellerait le plus rapidement possible. Il s’en voulut de l’avoir ainsi quitté d’une manière aussi brusque mais il n’avait pas le choix … Cela faisait maintenant plusieurs mois qu’ils sortaient ensemble et que leur relation était officielle. Mais depuis quelques temps, il s’interrogeait sur leur engagement. Danny se demandait pourquoi ne pas aller plus loin. Il avait du mal à lui parler de cela. Il était convaincu qu’il l’aimait profondément.

Chassant ces idées, il décrocha enfin :

- Oui, Jack, désolé …

- Danny, on a un nouvel élément ici, fit Jack, essayant de contenir son agacement. La voiture du patron de Jones a peut être été aperçue ici aux alentours de 19H10… C’est une Thunderbird 1976 foncée. Le conducteur n’a pas été identifié. Il est fort probable qu’elle soit impliquée dans l’enlèvement de l’ex de Jones. Il faut aller trouver ce type, Steven Fisher.

Danny prenait notes de toutes ces informations. 

- J’y serai dès l’aube répondit Danny.

- C’est impossible … Tu le sais bien fit plus bas Jack. Nous n’avons pas la moindre seconde à perdre. Il faut que je te laisse … fit Malone précipitamment.

Danny soupira en raccrochant. Il s’obligea à rappeler Elena avant de chercher l’adresse de Fisher et de se mettre en route.

Le téléphone avait également sonné dans le bureau de Stillman au moment où Jack appelait Danny. C’était Scotty qui expliquait ce qui s’était passé. Stillman n’était effectivement pas ravi de l’issu de leur recherche, d’autant qu’ils avaient fait cela au nez et à la barbe du FBI. D’une manière ou d’une autre, il leur aurait fallu expliquer cette intervention, mais s’ils avaient eu des informations, cela aurait pu être plus acceptable. Il ordonna à Valens et Jeffries de revenir.  John fit un rapide exposé de l’échec à New York à Lilly qu’il avait rappelée dans

 son bureau. Pour elle, il n’y avait aucun doute, ils avaient agi comme il fallait en temps et en heure. Elle nota donc, sans aucun d’état d’âme le nom de Tim Matheson comme autre suspect dans la disparition de Kat sur le tableau blanc. Martin la regardait noter quand il se leva de sa chaise.

-  Comment avez-vous eu ce nom ? lui demanda –t-il avec insistance. Où l’avez –vous eu ?!

Martin s’agitait, ce qui ne lui ressemblait guère, lui habituellement si calme et si posé.  Jetant un coup d’œil furtif à l’ADA Bell qui observait la scène, elle lui expliqua le coup de fil reçu par Kat sur le répondeur, coup de fil dont l’auteur avait donc été identifié comme ce Matheson que Valens et Jeffries avaient manqué de peu d’arrêter à New York.

- C’est pas vrai … Vous avez envoyé des flics arrêter Matheson ! reprit Martin, presque en criant.

- Si vous nous disiez pourquoi cela est si important pour vous ?! fit Lilly agacée. Comment vous, vous le connaissez ?

Le chef du FBI venait de s’approcher de son agent. Voyant aussi le nom de Matheson, il raccrocha rapidement et lança un regard noir à Lilly et à son chef.

- Il va falloir vous expliquer … il y a eu rétention d’informations, ce qui signifie obstruction gronda jack.

- Je vous prierai de baisser d’un ton avec moi et mon équipe fit John très froidement.

La tension était palpable dans la pièce. L’ADA Bell intervint.

- Il n’y a eu aucune obstruction en quoique ce soit, se défendit l’assistant du procureur. Nous avons eu un mandat en bonne et due forme. Aucune information ne nous a été communiquée sur ce suspect à interroger, ni sur sa dangerosité ! Je crois que c’est vous qui nous devez une explication ici. Je vous rappelle dans l’histoire que deux personnes dont un représentant de la police est manquant à l’appel !!

Disant cela, on sentait que Bell faisait de très gros efforts pour ne pas écraser son poing sur le nez de Malone. Ce dernier se retourna brutalement et donna un coup sur une lampe de bureau. Voyant cela, Lilly resta sans voix … Jack reprit ses esprits … Il regarda Martin, puis Lilly. Prenant une grande inspiration, il demanda à John :

- Très bien… Appelez vos deux inspecteurs… Dites leur de rester sur place et de contacter le bureau à ce numéro. Je crois que nous allons devoir être plus coopératifs mais cela doit rester strictement confidentiel.

 


nala62  (07.08.2009 à 04:50)

Dans une scierie désaffectée, à l’écart d’une ville, adresse inconnue, 28 février 2008, 04 h 38 .

Jarrod Jones, disparu depuis 12 h 08. Kat Miller, disparue depuis 9 H 38.

Il n’y avait rien qui permettait se repérer dans le temps, aucun moyen de savoir s’il faisait jour ou noir. La pièce sans fenêtre était juste éclairée par une série de deux néons éblouissants. Seuls repères dans la pièce, un vieux feu à pétrole et une porte métallique donnant sur l’arrière du terrain.  La jeune femme était allongée sur le côté, les pieds et les jambes ficelés, les mains liées dans le dos. Cette position n’était plus seulement inconfortable, elle devenait de plus en plus douloureuse. Hormis la chaleur tiède de la bâche en plastique qui semblait recouvrir le sol et un engourdissement de tous les membres, la sensation qui prédominait était la soif.

Kat s’était éveillée il y a quelques temps avec un goût âcre dans la bouche. Elle avait essayé de ramper, de se lever, de glisser sur le sol sans succès, hurlant des minutes qui lui semblèrent interminables sans que personne ne lui réponde. Elle avait cédé un moment à la panique, pensant immédiatement à sa fille. Elle avait du fournir un gros effort de concentration pour se calmer et essayer de remettre les idées en ordre dans son esprit.

Elle s’était presque habituée à la douleur lancinante qui montait de sa mâchoire et irradiait tout son visage.  Ne pas oublier chaque détail. Elle avait ouvert la porte, les bras remplis de sacs provenant du supermarché par lequel elle était repassée en sortant du boulot. Elle était éreintée. Appelant Veronica du bas des escaliers, Kat aperçut immédiatement en avançant que la porte arrière dans la cuisine était à demi ouverte, le chambranle de la porte en bois abîmé au niveau de la serrure. L’inspecteur posa les sacs à terre et sortit son revolver, pointant vers la cuisine vers laquelle elle s’avançait doucement. Son champ de vision s’obscurcit alors brutalement, suivi d’une immense douleur au visage. Elle y porta ses deux mains et se plia en deux. Elle sentit plusieurs coups de poing s’abattre dans ses côtes et dans le dos. Elle laissa échapper quelques cris. Le sol se déroba sous ses pieds, et elle tomba en avant, essayant de se retenir au montant de la porte sans succès.

C’est un vrombissement qui la réveilla. Elle crut d’abord à un hélicoptère, mais cela ne semblait être qu’un système puissant de ventilation. Des voix… Elle entendait des voix … Non… une voix s’adressait à elle :

- Hé ! T’es réveillée ma grande !

Elle sentit une main la soulever en arrière, la tenant par les cheveux. Elle poussa un hurlement. Elle sentit qu’on lui susurrait à l’oreille :

- T’es foutue ma jolie.

Une voix d’homme. Un nouveau coup porté au visage lui fit perdre connaissance.


nala62  (08.08.2009 à 13:14)

 Bureau fédéral des personnes disparues, siège du FBI, New York, 28 février 2008, 06 h 13.

Jarrod Jones, disparu depuis 13 h 43. Kat Miller, disparue depuis 11 H 13.

La nuit avait été courte et agitée, mais au moins les deux inspecteurs avaient pu dormir quelques heures salutaires. Auparavant, Scotty et Will avaient été contactés alors qu’ils s’apprêter à rentrer bredouilles sur Philadelphie. Stillman leur avait demandés de rester sur place et de coopérer avec l’équipe de fédéraux du bureau pour enquêter. L’affaire se révélant beaucoup plus complexe et délicate qu’ils ne l’avaient imaginée, le chef de la police criminelle de Philadelphie et l’agent spécial Malone avaient convenu d’un accord de coopération totale cette fois ci.

Une équipe devait donc intervenir à New-York. Martin avait eu le temps de prévenir alors Danny qui avait contacté les deux inspecteurs sur place. Il leur avait expliqué les liens entre Jones et un gang de Brooklyn dont le chef était tombé il y a quelques semaines pour meurtre. Son procès devait débuter dans deux jours. Pour l’heure, ils ne devaient pas recommencé le fiasco de Matheson avec l’arrestation de Steven Fisher, l’employeur de Jones. Ils se devaient cette fois ci de tout planifier et ne rien laisser au hasard.   Aussi, ils avaient préféré attendre le petit matin pour s’organiser.

Tous les agents de l’équipe de Malone étaient donc arrivés de très bonne heure. Danny fit les présentations entre Elena Delgado, Samantha Spade et les deux inspecteurs. Celle-ci leur exposa le rôle que jouaient Matheson qui leur avait échappé au sein du gang des BBB.

- Tim Matheson est un des hommes de main de Léonard Duroy, le chef présumé des BBB arrêté et écroué en préventive il y a neuf semaines pour le meurtre d’une jeune femme. Matheson est également en contact avec le gang des MP23 de Philadelphie avec lesquels on le soupçonne d’organiser divers trafics. Il est d’ailleurs inculpé de complicité dans le même procès. Il a bénéficié cependant d’une remise en liberté sous caution. Il était sous contrôle judiciaire jusqu’au procès.

Samantha posa sur la table la photo de Duroy et de Matheson.

- C’est donc ce type qui nous a tiré dessus-, fit Scotty en tiquant.

Elena, qui s’était absentée, revint un dossier dans les mains. Elle prit la parole à son tour :

- Voici Steven Fisher. Elle posa sa photo à côté des précédentes. 37 ans. Divorcé, sans enfant. Il a servi dans les marines durant 5 ans. Retour à la vie civile en 1999. Licencié en 2003 d’une entreprise de fabrique de charpentes en bois.  Il dirige une entreprise de rénovations et de construction dans le bâtiment depuis 2004. Pas d’antécédents criminels hormis une arrestation pour voie de faits sur son ex -femme en 2006. Il a embauché Jarrod Jones à sa sorti de prison en avril 2007.

- Les liens entre Jones et lui devaient donc être aussi d’une autre nature … Il l’avait mis au courant pour sa famille à Philadelphie. Pourquoi vouloir s’en prendre à son ex et à sa fille si Jones ne lui devait pas quelque chose ? avança Will.

- On peut penser en effet à une vengeance de Fisher … conclut Danny.

- Dans quel but ? questionna Scotty.

- Dans celui de le faire taire …

Une voix venait de résonner dans leurs dos. C’était le bras droit de Malone, l’agent spécial Vivian Johnson.  Tous se retournèrent sur elle. Les regardant, elle s’arrêta sur Will, le dévisageant un bref instant.

-  J’aurai aimé que vous puissiez attendre ma présence pour tirer vos conclusions.  Inspecteur Valens, inspecteur … Jeffries.

Elle les salua d’un mouvement de tête rapide, d’une manière qui se voulait volontairement distante.  Elle reprit :

-  Jones est un témoin capital dans le procès Duroy.  Il est cité à comparaître pour démontrer les liens entretenus entre les BBB de Brooklyn et le gang des MP23. On sait que Jones avait été recontacté par ses anciens partenaires de Philadelphie comme médiateur auprès des gangs de New-York après sa sortie de prison. Il ne voulait pas replonger … Il a contacté les stups ici pour qui il s’est mis à travailler, étant une taupe au sein des deux gangs. L’affaire nous est revenue avec la mise en examen de Duroy. Son témoignage mettrait sa couverture au grand jour, mais nous n’avons pas le choix si nous voulons faire tomber Duroy, son gang et celui des MP23. On peut imaginer qu’il ne sait pas fait que des amis d’ailleurs aussi là-bas … Trahir les siens, peut entraîner des représailles…

Disant cela, elle avait fixé un instant Will.

- Jones était sous la protection de témoins, du moins jusqu’à sa disparition ce qui est un gros problème pour nos services reconnut-elle. Nous ne devons de ne commettre aucun impair cette fois ci. Sam et Danny, vous allez chez Fisher. Elena, vous allez avec l’inspecteur Valens au local de l’entreprise de Fisher sur Northrop avenue.

- Je vais contacter le chef des stups Hanson afin qu’il nous envoie tout ce qu’il sait sur Matheson. Il nous faut le retrouver.  Il faudrait aussi que l’on ait le dossier complet de Jones et de ses relations à Philadelphie quand il était au sein de la bande.

Se tournant vers Jeffries, elle lui fit sans même lever les yeux pour le regarder :

- Vous vous en chargez.

Tous s’éparpillèrent rapidement : Will prenant le dossier et allant vers un bureau sans mot dire, Valens suivant Elena que Danny le lâchait pas du regard, avant de partir lui-même avec Sam chez Fisher.


nala62  (10.08.2009 à 11:04)

Bureau de l’entreprise Fisher rénovations et constructions, 28 février 2008,  6 H 58 .

L’agent spécial Delgado et l’inspecteur Valens étaient en train de fouiller dans les registres et autres papiers rangés dans un large classeur métallique.

- On cherche quoi finalement … Dans ce tas de paperasses … un chien n’y retrouverait pas ses petits … fit Scotty avec une moue désabusée.

Elena le regarda et leva les yeux au ciel. Elle se retourna et prit une nouvelle pile de dossiers qu’elle prit soin d’examiner consciencieusement en silence. Voyant le manque de communication de l’agent fédéral, Scotty souffla puis se remit dans la lecture rapide des dossiers de comptabilités de l’année passée.

- Je crois que j’ai quelque chose fit Helena.

 Elle reprit plusieurs dossiers qui couvraient les trois dernières années.

- Regardez les soldes … A cette période, ils sont tous toujours négatifs durant vingt-quatre heures, comme si on avait presque vidé les comptes puis ils sont de nouveaux créditeurs, la somme étant identique …

Scotty prit les dossiers et consulta les siens à des dates différentes.

- On repère ce mouvement de fonds deux fois chaque année. C’est un moyen de blanchir de l’argent provenant de trafic, assura Valens. On connaît donc les liens qu’entretenaient Fisher avec Duroy.

- Jones n’a pas eu loin à aller pour refaire surface dans le milieu mais à New-York cette fois ci…

Le téléphone cellulaire d’Elena se mit à sonner. Elle raccrocha rapidement.

- La police de Jersey City vient d’arrêter Matheson. Il faut aller l’interroger. Pas de nouvelles par contre de Fisher chez lui. Il semble qu’il soit parti en voyage avant-hier selon ses voisins.

Laissant la police terminer la perquisition et mettre les scellés, Elena fit le tour de la voiture, monta rapidement et mit en route le moteur. Scotty était resté dehors pour passer un coup de fil à son chef. Elle baissa la vitre du véhicule et l’appela, l’air exaspéré :

- Vous venez ?!

Il monta dans la voiture sans la regarder. Stillman avait branché le haut parleur pour que tous puissent écouter ce qu’ils avaient trouvé.


nala62  (13.08.2009 à 16:20)

Quartier général de la police criminelle de Philadelphie, 28 février 2008,  7 H 35 .

Jarrod Jones, disparu depuis 16 h 05. Kat Miller, disparue depuis 13 H 35.

La fraîcheur de l’eau sur la nuque fit du bien à Lilly. La jeune femme releva la tête et attrapa la serviette qu’elle avait apportée avec elle. S’épongeant le cou, elle regarda son reflet dans le miroir. Des cernes apparaissaient encore sous ses yeux qui n’étaient plus cependant aussi gonflés de fatigue qu’il y a quelques heures encore.

Elle n’avait pas voulu rentrer chez elle, comme les autres d’ailleurs, et avait réussi à trouver le sommeil quelques instants dans un coin du bureau.  Elle tenta de s’attacher les cheveux de manière approximative. Prenant appui avec les deux mains sur le lavabo blanc et froid, elle se concentra, fermant les yeux, et essaya de chasser une vague d’angoisse qui lui faisait monter les larmes aux yeux. Pas maintenant … Il ne fallait pas qu’elle craque maintenant.

Elle renifla, s’essuya une dernière fois le visage, souffla et poussa la porte des toilettes du bureau. Elle passa devant Nick qui ronflait bruyamment, allongé sur les trois sièges de l’entrée, bien trop petits pour lui faire une couchette convenable.

Elle se dirigea vers la cuisine où s’étaient réunis Jack Malone et John Stillman. Les deux hommes avaient fini par ne plus s’affronter, mettant en commun leurs compétences sur un ton qui se voulait diplomatiquement neutre. L’agent Fitzgerald et l’ADA Bell étaient partis chercher des beignets au coffee shop du coin. John lui tendit une tasse de café fumant.

- Merci chef fit-elle.

Malone l’observa. Il du reconnaître que cette fille avait un sacré tempérament et qu’elle ne lâchait rien. Elle semblait mériter sa place au sein de la criminelle… Se sentant observée, elle répliqua :

- Vous voulez savoir quelque chose agent Malone ?

- Vous êtes tenace, avoua-t-il. Je comprends pourquoi on vient vous voir pour rouvrir de vieilles affaires de crime impossibles à résoudre.

- Elles ne sont pas impossibles… Elles sont plus importantes que les autres au contraire … Elles ont attendu plus longtemps. Ce qui compte, ce sont les gens, les victimes … Elles ne doivent pas être oubliées. Les vivants doivent comprendre, savoir, …

- … Et justice être rendue termina Jack en finissant sa tasse.

Nick entra à son tour dans la cuisine, les cheveux en bataille. Martin et Curtis l’avait réveillé en remontant dans le bureau, une boîte remplie de donuts dans les mains que Martin posa sur la table. Véra l’ouvrit et se servit en premier, s’assit et mâcha en silence en tentant de reprendre peu à peu ses esprits. Un fax venait de tomber. Lilly prit la feuille et la lut rapidement. Elle la passa à son chef. C’était un rapport rapide des activités menées par Manny, le chef de la brigade des stups, l’ancien patron de Valens et Miller.

Le téléphone sonna dans le bureau de Stillman. C’était Scotty Valens. Le jeune flic fit un résumé de leurs recherches au domicile et à l’entreprise de Fisher. John mit le haut parleur afin que tous puissent écouter.

-  Des nouvelles côtés des stups ? demanda Scotty.

-  Manny a envoyé une brigade faire le ménage auprès des lieutenants des MP 23.  Ils ont Enzo Maluzzi fit Stillman.

Scotty connaissait ce nom. Ce gars avait fait envoyer ad patrès le chef des MP23 alors que Kat était infiltrée dans le gang. C’était même un peu grâce à elle que Maluzzi avait pu se débarrasser du précédent meneur qu’elle avait arrêté. Lui faire la peau en taule par un détenu avait été très facile, et il avait pu jouir de la nouvelle place vacante !

- Vraiment fit Scotty. Il reprit d’une voix anxieuse. Et pour Kat… ?

- Non, on a toujours rien fit John.

Jack ne cessait de bouger dans le bureau, fatiguant Véra qui préféra sortir et suivre de loin la conversation. Curtis soupira en entendant la remarque. Lilly leva les yeux sur Martin qui la fixait depuis un petit moment. Il lui fit un petit sourire pincé. John raccrocha.

- Lilly, il faut que vous alliez voir ce Maluzzi. Manny vous attend chez les stups. Se tournant vers Jack : Vous souhaitez l’accompagner je présume.

- Oui répondit Malone. Martin, tu viens avec nous.

-  Bien. Véra va contacter la mère de Kat. Il nous faut savoir quand Jones a vu sa fille pour la dernière fois et si elle sait ce que Kat avait convenu de faire. Curtis, vous devriez aller avec lui pour voir Veronica.

L’assistant du procureur comprit que manifestement Lilly avait vendu la mèche de sa relation avec Miller à son patron.

- Oui, j’aimerais beaucoup répondit-il simplement.


nala62  (13.08.2009 à 16:26)

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