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Série : Cold Case
Création : 19.07.2009 à 11h40
Auteur : nala62
Statut : Terminée
« Cross-over Cold Case / FBI Portés Disparus » nala62
Cette fanfic compte déjà 43 paragraphes
Dans une scierie désaffectée, Newark, New Jersey, 28 février 2008, 12H45 .
Kat Miller, disparue depuis 18H15.
Elena se précipita sur Scotty qui venait de s’écrouler à terre. Une auréole rouge commençait à s’élargir à grande vitesse sur le dos de la chemise immaculée du policier. Elle n’eut pas le temps de vérifier son pouls qu’elle entendit des balles siffler à son oreille. On continuait de lui tirer dessus. Des rires gras se faisaient entendre entre deux rafales.
- Waouh ma jolie … t’es une coriace toi … j’aime ça !
Un gars brun, grand, le type hispanique, habillé de noir, s’était approchée d’elle et la mettait en joue.
- Pas de ça ! lance ton joujou sur le côté … doucement. Et recule toi …
Elena lança son arme derrière elle et se mit en retrait. Le gars tournait autour d’elle. Un jeune noir ouvrit la porte et vint vers eux.
- T’a vu ça, dit, t’as vu le carton que j’ai fait !!
Il avait à la main une arme semi-automatique de gros calibre.
- Ouais ! T’excite pas … Prends lui son arme et regarde si tu l’as eu.
- Oui, oui, j’lai eu ce salaud de poulet !! s’agita le jeune homme, prenant l’arme de Scotty.
- Bon, on va donc pouvoir s’occuper de toi sérieusement ma jolie.
Quartier général de la police criminelle de Philadelphie, 28 février 2008, 12H 45 .
Kat Miller, disparue depuis 18H15.
Lilly et Martin sortirent de l’ascenseur menant à l’étage de la brigade criminelle. Le bureau était peu rempli à cette heure. Seul un groupe d’inspecteurs qui avaient pour habitude de se réunir dans le coin de détente attenant pour déjeuner faisait entendre des éclats de voix. Lilly ne vit personne de la brigade des affaires classées. Elle alla dans le bureau de Stillman. Le chef les reçut brièvement, le temps de leur faire part des informations trouvées par Nick.
- Une équipe doit être sur place à cette adresse fit John.
- Où sont Nick et l’agent Malone ? lui demanda Lilly.
- Ils sont partis en renfort. Fernandez a organisé une descente chez les hommes de mains de Maluzzi dans Kensington.
- Très bien chef, on y va.
- Non, je préfère vous voir ici au besoin Lilly.
- Mais chef, … commença-telle.
- L’opération a débuté. Cela ne servirait à rien d’y aller. Restez ici.
Lilly regarda le chef d’un air désappointé.
- Hé bien, si nous allions déjeuner dans ce cas ? fit Martin.
- Soit, alors mettez ce temps à profit pour cela, répondit Stillman d’un air ferme qui signifiait qu’on ne pouvait contester sa décision.
- Bien, … Vous nous accompagnez chef ?
- Merci Lilly… Pas pour moi. Je vous appelle dès que j’ai des nouvelles.
La jeune femme rongeait à moitié son frein de ne pouvoir ainsi être sur le terrain comme elle le souhaitait.
Martin la regarda d’un air compatissant mais ne dit mot. Il sentait qu’il valait mieux la laisser se calmer. Elle commença à desserrer les dents une fois à l’extérieur.
- C’est par là … fit-elle , désignant un ensemble de bâtiment à l’angle de la rue.
Ils traversèrent la rue d’un pas rapide et entrèrent dans le restaurant où se dégageaient des odeurs de viandes rôties. Ils installèrent rapidement et une serveuse vint leur apporter les cartes. Lilly y jeta un œil distrait. Son esprit vagabondait entre les éléments de l’enquête, l’image de Veronica et Kat, Scotty à New York, le chef, … Tout cela se mélangeait et défilait à grande vitesse dans sa tête embuée par la fatigue et par l’angoisse naissante de ne pas en faire assez. Elle soupira intérieurement.
- Je comprends votre implication personnelle dans cette enquête …
Lilly venait de percevoir un son à l’extérieur de ses pensées. Elle releva la tête.
- Pardon ? fit-elle.
- Je comprends votre implication personnelle dans cette enquête répéta Martin.
Martin avait bien vu que l’inspectrice était préoccupée. Lilly, tirée ainsi de ses réflexions, essaya de prendre un air assuré.
- J’essaie d’être le plus professionnelle possible … se défendit-elle.
- Ce n’était pas une remarque désobligeante inspecteur Rush précisa le jeune homme, se contentant de la regarder.
La serveuse vint prendre rapidement leur commande malgré l’affluence dans le restaurant qui était envahi de bruits de conversations animées.
Lilly se sentit mal à l’aise. Elle n’avait pas de raison de se justifier ainsi mais elle s’était rendu compte que son ton n’avait pas besoin d’être agressif.
- Vous avez raison, reprit-elle… Cela m’implique personnellement… un peu.
Martin lui sourit.
- Ce n’est pas une faute vous savez ! J’ai compris que vous étiez très proche de l’inspecteur Miller. Ce n’est pas facile de gérer ainsi l’enquête …
- Kat est une amie en effet, au-delà d’être un co-équipier. Sa famille a besoin d’elle.
- Et vous aussi donc ?
Elle regarda Martin étonnée… Comment avait-il pu dire cela ? Oui, c’était vrai, mais dit comme cela de la part d’un étranger qui ne la connaissait pas … C’était singulier ! Lilly lui répondit sans vraiment réfléchir :
- Kat est une femme courageuse, qui affronte beaucoup de choses… Sa fille compte beaucoup sur moi pour la retrouver. Sa famille compte sur moi ….
- Oui, la famille … cela peut être pesant parfois quand elle s’appuie sur vous … Martin avait prononcé ces paroles avec lourdeur.
- Mais c’est pour cela que je fais ce job … Les familles attendent de nous de connaître une vérité fit la jeune femme.
- Vous vous investissez donc toujours autant ? demanda Martin.
Lilly se força à un sourire crispé.
- Bien sûr ! Comment faire autrement !
- Cela demande beaucoup de sacrifices c’est vrai … fit –t-il, menant sa propre réflexion. Mais vous menez votre équipe d’une excellente façon.
- Ce n’est pas mon équipe reprit-elle … Mais toutes ces affaires ne peuvent être oubliées.
- Vous avez quand même eu l’approbation de vos chefs pour ouvrir ce département fit-il.
- Vous êtes bien renseigné !
- Je suis du FBI n’oubliez pas ! ajouta-il dans un sourire. Nous savons tout !!
Cette fois-ci, Lilly perçut le fond de sa plaisanterie.
- Un agent du FBI qui se moque de lui –même … Je ne pensais pas en effet que cela existait ! Je devrais plus souvent collaborer avec vous … lui retourna-t-elle dans un demi-sourire.
- Le Bureau vous est ouvert si le coeur vous en dit !
Leur commande leur fut servie. Ils se hâtèrent tout de même de manger. Lilly dut reconnaître que cette pause lui avait fait du bien alors qu’ils retournaient au central à pieds. Ils avaient ensuite discuté de leur vision des affaires du bureau et de la brigade. Martin l’avait rassurée sur leur volonté de poursuivre leur coopération pour rechercher Kat bien que leur recherche concernant Jones était elle terminée. Lilly s’était rendu compte qu’ils avaient des idées similaires et qu’apparemment, la vie de Martin n’était pas forcément facile non plus. Etait-ce le lot de tous les flics alors comme lui avait fait remarquer Scotty. Que pouvait-il d’ailleurs bien faire ? Elle l’avait appelé avant d’entrer dans le restaurant mais il n’avait pas répondu.
Dans une scierie désaffectée, Newark, New Jersey, 28 février 2008, 12H53 .
Elena ne se débattait pas. Elle attendait le bon moment pour agir. Elle réprima un cri de douleur quand le type lui tira les cheveux en arrière. Il fit courir sur sa nuque la lame froide de son couteau. Elle sentait le souffle tiède de sa respiration sur son épaule alors qu’il la maintenait fermement. Elle sentit le tranchant de l’acier sur son cou. Il continuait de descendre, accentuant la pression de l’arme quand il passa entre ses seins. Il plaqua ensuite le couteau à hauteur de sa cuisse.
- On va vraiment s’amuser ma jolie, lui souffla t-il au creux de l’oreille.
Une vague de panique envahit alors la jeune femme qui commença à se débattre. Elle sentit un filet chaud lui couler sur la jambe. Il l’avait légèrement entaillée.
Le jeune black les regardait tout sourire, pointant l’arme de Scotty sur elle.
- Tu vas te calmer maintenant gronda l’homme en noir en resserrant son étreinte.
Elle ferma les yeux alors qu’il arrachait les boutons de son chemisier avec son couteau. Un rai de lumière les éclaira. La porte venait de s’ouvrir.
- Putain mais qu’est-ce que vous foutez !
Celui qui paraissait mener les deux autres venait d’entrer.
- Des petits poulets sont venus nous rendre visite … Je m’en suis occupé lança en fanfaronnant le Black alors qu’il désignait Scotty qui gisait à terre.
- Mais comment … ! T’es malade ! Lâche là tout de suite ! hurla l’autre en regardant Snake.
- Ta gueule Fisher ! répondit-il … Elle est à moi celle-là !
- C’est pas ce qu’on avait dit !!
- Ta gueule je t’ai dit ! refit Snake. Y’en a marre de tes ordres ! On n’a pas à t’obéir, tu captes !! On fait ce qu’on veut de toi !
Disant cela, il avait lâché Elena, la repoussant violemment sur le sol. Le jeune la tenait toujours en joue. Snake menaçait maintenant Fisher de son couteau en avançant vers lui. Celui-ci commença à paniquer.
- Mais qu’est-ce que tu fous ! lui cria-t-il.
Fisher sortit alors un pistolet automatique qu’il tenait caché coincé dans sa ceinture derrière. Il tira un coup vers le type en noir qui s’écroula aussitôt. Il visa ensuite le jeune black et lui tira en pleine poitrine deux balles avant que ce dernier ait eu le temps de réagir.
Tout s’était passé en à peine cinq secondes. Fisher regardait incrédule le carnage qu’il venait de faire, lui qui ne voulait pas être un tueur. Il fixait Snake allongé sur le dos dans une mare de sang qui s’agrandissait. Sa main tenant l’arme commença à trembler. Il vit alors dans son champ de vision latérale quelque chose qui se déplaçait.
- Bouge pas !! hurla-t-il ! Bouge pas !!
Elena s’était à demi relevée et tentait de se mettre à couvert.
- Merde !! MERDE !! cria-t-il.
Elle le voyait pointer le 45 sur elle. La poitrine de Fisher se gonflait de plus en plus vite. Il sentait sa mâchoire se crisper. Quand il vit qu’Elena tentait d’ouvrir la bouche pou lui parler, il aboya :
- Ferme là ! Ferme là si tu ne veux pas finir comme eux !!
Tout allait très vite dans la tête de Fisher. Mais qu’est-ce qu’il foutait ici ! Rien ne se passait comme prévu … Il devait vite dégager de là !! D’autres flics allaient inévitablement rappliquer ici. Qu’est-ce qu’il devait faire ?!
Il s’approcha de l’agent qui recula, toujours en la pointant avec son arme et lui décocha un coup de crosse à la tête. Elena tomba sur le sol inerte.
Fletcher Street, Kensington, Philadelphie , 28 février 2008, 13H30 .
Les gyrophares des voitures de police garées ici et là barrant la rue continuaient de tourner depuis maintenant plus d’une heure. Des uniformes bleus se mêlaient aux inspecteurs de la criminelle et de la brigade des stupéfiants de la ville.
Manny Fernandez avait réussi à monter cette opération coup de poing dans le quartier avec une rapidité étonnante, ce que même Jack Malone dut reconnaître. Celui-ci se tenait à l’écart au téléphone. Il appelait le bureau à New York pour les informer de ce qu’ils avaient trouvé. C’était Danny qui lui avait répondu. Jack lui indiqua que l’opération pour retrouver la famille des hommes de mains de Maluzzi avait été une réussite.
Véra et lui avait rejoint Manny et ses troupes avant le bouclage du quartier entier sur l’ensemble de trois blocs autour de l’adresse de Rodrigo Mendez, alias Snake, adresse fournie par Maluzzi en personne. Les agents de police et des stups avaient ratissé chaque coin autour de l’appartement miteux dans lequel Snake, sa copine et son fils vivaient. Ces derniers avaient été pris en charge alors qu’ils revenaient de Norris Square Park à deux rues de là.
Dans le même temps, une patrouille faisait une descente dans l’immeuble où vivait Morris Johnston, un black qui était prometteur dans le gang des MP23. La femme de Snake ne coopéra pas d’abord, puis, elle reconnut simplement ne plus avoir eu de nouvelles de Rodrigo depuis deux jours. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’il avait une mission à faire qui pourrait lui valoir une belle promotion au sein du gang.
C’est ce que l’on avait aussi promis à Johnston dont la mère avait fondu en larmes lorsque les policiers avaient envahi sans ménagement son salon. Alors qu’ils l’interrogeaient, le deuxième fils de Madame Johnston fut arrêté tandis qu’il tentait de prendre la fuite devant le cordon de police. Il avait quelques grammes d’herbe dans les poches. Manny en personne l’interrogea, lui faisant comprendre qu’il oublierait le contenu des sachets qu’il avait s’il lui disait où son frère était.
D’abord réticent, Taylor lui répondit qu’il n’en avait aucune idée. Tout ce qu’il savait, c’est que Morris avait quitté la ville rapidement. Il l’avait appelé peu de temps après son départ, lui demandant de veiller sur son secteur où il dealait car il ne pouvait pas rentrer tout de suite, étant sur un gros coup …dans le New Jersey.
Jack demanda à ce propos des nouvelles de l’équipe qui était partie justement sur les lieux de l’usine. Danny lui répondit qu’il avait essayé de joindre Elena sans succès. Malone eut une mauvaise impression. Tout semblait se recouper dans le New Jersey … Il était fort probable que Fisher soit donc dans les parages avec les hommes des MP23. Il fallait qu’ils envoient du renfort là-bas sans tarder.
- Danny, montez une opération là-bas. Je prends la route avec Martin … on rentre.
Véra de son côté avait aussi prévenu son chef. Stillman avait réuni Lilly et Martin dans son bureau alors que Nick donnait les informations recueillies. Ils firent aussi la remarque que tout se recoupait également dans cet Etat. Si Fisher et les hommes des MP23 étaient là-bas, Kat pouvait s’y trouver. Lilly sortit du bureau et appela Scotty une nouvelle fois sur son portable. Le répondeur de Valens se mit de nouveau en route. Cela ne lui disait rien qui vaille. Stillman sortit du bureau suivi de Martin.
- Lilly, L’agent Fitzgerald repart sur New-York avec l’agent Malone. Vous les accompagnez.
Elle acquiesça prenant son manteau rapidement. Alors qu’elle passait de son chef, celui lui dit doucement :
- Lilly, soyez prudente.
Elle hocha la tête et courut pour rattraper Martin qui s’était déjà engouffré dans l’ascenseur.
Dans une scierie désaffectée, Newark, New Jersey, 28 février 2008, 13H43 .
Kat Miller, disparue depuis 19H13.
Steven Fisher était resté un long moment à regarder le corps allongé d’Elena. Un léger flot de sang coulait à la base de ses cheveux, là où il avait porté le coup. Fisher réfléchissait. Il prit son portable et composa le numéro de Matheson. Celui-ci ne répondait pas. Il jura entre ses dents. Il serait seul à gérer ce coup là.
Il mit son automatique à la ceinture de son jean et alla chercher dans le coffre de sa voiture un rouleau de large ruban adhésif gris. Il lia les mains et les pieds de l’agent Delgado. Il la traîna ensuite jusqu’à la porte qui menait à la pièce constamment éclairée où Kat Miller était retenue prisonnière. Si les flics débarquaient, il lui fallait dégager au mieux les lieux afin de ne pas attirer l’attention … cela lui ferait gagner du temps dans sa fuite. Il décida donc de mettre les corps dans la pièce du fond.
Un par un, il prit donc Snake et Johnston. Il attrapa Scotty par les pieds et le fit glisser à travers l’atelier. Fisher ouvrit la porte. Kat avait réussi à s’assoir contre le mur. Le voyant s’approcher d’elle, elle se mit à se débattre comme elle pouvait, les liens entravant ses mains et ses pieds. Il sortit son arme et la menaça :
- Si tu ne veux pas que je te troue la peau ou celle de ta fille, va falloir rester calme.
Il sortit la paire de menottes qu’il avait prises sur Scotty et lui attacha les mains autour du tuyau du vieux feu à pétrole qui trônait dans le coin. Kat vit l’homme porter le corps d’Elena qu’il déposa contre le mur en face d’elle. Un peu plus loin, il déposa ceux des membres des MP23. Kat reconnut Snake en voyant le tatouage de serpent qui courait le long de son bras. Il faisait déjà partie du gang lorsqu’elle était infiltrée.
Alors que Fisher attrapait Scotty sous les bras pour mieux le porter, il s’aperçut que le flic respirait encore … très faiblement. Ce type n’était pas mort ! Il décida donc de l’attacher avec le ruban adhésif comme il avait fait pour la fille. Kat écarquilla les yeux et s’agita lorsqu’elle vit l’homme tirer le corps de Scotty dans la pièce. Elle ne pouvait y croire… Pas Scotty !! Fisher se retourna vers elle, lui lançant un regard mauvais.
Il colla un morceau de ruban sur la bouche des deux flics inconscients. On n’est jamais trop prudent… pensa-t-il. Il reprit son arme et allait refermer sa porte sur Kat qui tentait désespérément de secouer le tuyau autour duquel elle était attachée. Il s’arrêta un instant et traversa la pièce dans sa direction.
Sortie sud de Newark, secteur de la zone industrialisée, 28 février 2008, 14H27 .
Kat Miller, disparue depuis 20H07.
Les trois véhicules filaient toujours à vive allure alors qu’ils venaient de quitter l’autoroute. Un fourgon blindé sombre flanqué des trois lettres jaunes FBI inscrites sur le côté ouvrait le convoi. Une escouade d’intervention avait été mobilisée. Danny et Sam suivaient dans leur voiture. Vivian conduisait le dernier véhicule. Will était assis à ses côtés. Il avait bien évidemment insisté pour être présent sur les lieux où Scotty s’était rendu avant de ne plus répondre à ses appels.
Ils arrivèrent non loin de l’adresse de la scierie. L’endroit retiré était entouré de bâtiments désaffectés. La zone était abandonnée depuis des années en fait. Le fourgon s’arrêta à une centaine de mètres, dans sa parcelle voisine. Il ne fallait pas être trop prêt du bâtiment au risque de d’indiquer leur présence. Les trois agents et l’inspecteur Jeffries descendirent et revêtirent chacun un gilet pare-balles. Sam et Danny dirigeraient l’intervention avec l’agent Palmer. Celui-ci avait d’ailleurs repérer la voiture d’Elena garée devant la porte d’entrée métallique de la scierie. Il passa les jumelles à Danny.
- Une autre voiture est stationnée devant la porte Ouest du bâtiment ajouta-t-il.
L’agent Palmer organisa rapidement un briefing avec ses hommes. Le souci était de savoir si, prisonniers il y avait, où était l’endroit où ils se trouvaient. Dans cette opération, ils avanceraient en aveugle. Danny devait passer avec le premier groupe par l’avant. Sam serait avec le deuxième en retrait. Will avait réussi à intégrer ce dernier. Vivian avait accepté qu’il intervienne à cette seule condition.
Le groupe de Palmer avança donc, coupant le grillage qui les séparait du terrain sur lequel était la scierie. Ils avancèrent à couvert, profitant des nombreux amoncellements où se mêlaient morceaux de bois et poutres métalliques rouillées. Une fois arrivés autour du bâtiment, les deux équipes se séparèrent. Danny et le chef du commando jetèrent un œil par les fenêtres de devant. Ils virent un homme qui était penché sur un corps, puis qui le prenait par les bras pour le traîner dans une pièce à côté.
Il y avait donc une pièce donnant sur l’arrière. Palmer communiqua l’information aux hommes du deuxième groupe dont le casque était équipé de micro émetteur-récepteur. Il était en train de parler quand il entendit résonner à la fois dans son oreillette et de l’autre côté du bâtiment trois coups de feu. Une autre salve de tirs plus nourrie celle-ci ne se fit pas attendre. Le deuxième groupe avait répliqué. Palmer entendit dans son casque «agent touché ! Agent touché ! On dégage !! ».
Bâtiment de la Scierie Shepherd, sud de Newark, secteur de la zone industrialisée, 28 février 2008, 14H42 .
Kat Miller vit dans les yeux de son geôlier que quelque chose n’allait pas. Elle aussi avait entendu un bruit sourd à l’extérieur mais elle n’avait rien laissé paraître. Fisher traversa la pièce dans sa direction et se plaça derrière la porte métallique qui était à côté d’elle. Il tendit l’oreille, immobile, et sortit son automatique. Ca y est, ils sont là … Ce bruit … Merde… pensa t-il nerveusement… Ou alors était-ce son imagination qui lui jouait des tours. Il lui fallait vérifier. Il sortit une petite clef plate de sa poche et la fit tourner doucement dans la serrure. Il lança un coup d’œil à Kat, posant un doigt sur sa bouche lui signifiant qu’elle ne devait pas faire de bruit. Il entrouvrit la porte. Tout était calme… pas un bruit. Il entreprit donc de l’ouvrir un peu plus et se posta dans l’entrebâillement. Il attendit ainsi une dizaine de secondes. Non, il n’y avait rien aux alentours. Quand il se retourna pour fermer la porte, il vit une ombre noire passer rapidement au coin du bâtiment. D’instinct, il fit feu deux fois. Il eut à peine le temps de refermer la porte que déjà il essuyait un tir extérieur. Le cœur cognant dans sa poitrine, il referma vite à clef la porte et entendit derrière une voix d’homme criant « Agent touché, agent touché ! ».
Fisher sentit une vague de panique l’envahir en même temps que la sueur, qui perlait de son front, lui troublait la vue. Il se frotta les yeux et regarda Kat en la menaçant de son arme. Elle fit non de la tête, les yeux écarquillés. Elle avait toujours un large ruban sur les lèvres. La main de Fisher tremblait.
Qu’est-ce qu’il allait faire ? Les flics, ces pourritures étaient là. Il lui fallait fuir. Il courut vers l’autre porte pour sortir dans l’entrepôt quand il entendit une voix lui crier :
- Steven Fisher ! Vous être encerclé, vous ne pouvez pas sortir !! Déposez votre arme à terre et sortez, aucun mal ne vous sera fait.
Il prit peur et retourna vite dans la pièce qu’il ferma aussi à clé. Il était pris au piège !! Il ne lui restait qu’une seule option.
A l’arrière du bâtiment, Sam grimaçait de douleur. Un des membres du commando l’avait tiré par son gilet pare-balles pour la mettre à l’abri. Pourquoi avait-elle ainsi prit le parti d’avancer sans couverture ! Sa cuisse saignait abondamment. Le groupe se replia un peu plus loin à l’abri. Jeffries apposa sa main sur la blessure pour limiter l’hémorragie. Le temps qu’un membre du groupe aille chercher la trousse de premier secours, Sam s’était évanouie. Danny lâcha sa position et vint les rejoindre. Il vit Sam allongée inconsciente.
- Oh non ! fit-il, se précipitant vers eux. Sam ! Sam !
Il s’agenouilla à côté d’eux.
- Elle a pris une balle dans la cuisse et dans le tibia. Sa jambe doit être cassée. Il faut appeler une ambulance fit Will. Hé, hé , regardez moi !! Ca va aller !
Danny le regarda dans les yeux, une colère sourde montait en lui.
- On a appelé les secours et des renforts fit l’agent Palmer derrière eux. Les hommes sont en position.
- Danny, fit Will, allez lui parler, il faut garder le contact. Allez négocier, ne perdez pas de temps… Il reste des otages dedans très certainement. Je m’occupe d’elle.
L’inspecteur hocha la tête pour encourager l’agent du FBI. Danny soutint son regard encore quelques instants et fit demi-tour. Il retourna auprès du premier groupe dont une partie des hommes avait investi l’intérieur de l’usine. Fisher était bel et bien pris au piège.
Highway 95,entre Philadelphie et New- York, à la hauteur de Trenton, véhicule de Jack Malone, 28 février 2008, 15H00.
Il fallait à peine deux heures pour parcourir les 85 miles qui séparaient Philadelphie de Newark. Martin roulait au-delà des limites de vitesse autorisées depuis plus d’une heure. Ils avaient dépassé la ville de Trenton qui se trouvait à mi chemin il y avait au moins un bon quart d’heure maintenant. Lilly à l’arrière était silencieuse. Son inquiétude grandissait à mesure que la distance entre elle et Newark se réduisait. Kat était-elle vraiment là ? Et Scotty ? Que se passait-il pour qu’il ne répondre pas ainsi. Jack lui non plus ne parlait pas. Son téléphone se mit à sonner. Il décrocha et écouta attentivement son interlocuteur. Il soupira fortement.
- Quand ? fit-il très inquiet. Comment va-t-elle ?
Lilly se raidit sur la banquette arrière. Elle était sur le qui-vive.
- Nous serons là d’ici 30 minutes.
.Jack raccrocha. Il regarda Martin qui n’arrêtait pas de lui lancer des coups d’œil rapides. Les mots ne réussissaient pas à traverser sa gorge.
- Qu’y a-t-il ? lui fit Lilly pressante.
- Ils sont là-bas… Ils ont trouvé Fisher arriva-t-il enfin à dire d’une voix crispée. Il s’est réfugié dans la scierie avec des otages.
Regardant Martin, il lui dit :
- Sam est touchée. Il lui a tiré dessus …
- Quoi ?!! fit Martin. La voiture fit une très légère embardée. Martin avait eu un geste brusque.
- Les médecins s’occupent d’elle. Elle est encore en vie mais elle est inconsciente. … Ce salopard tient aussi Elena en otage.
Martin ne répondit pas. Il se concentra sur la route et accéléra. Ses mains se crispèrent sur le volant jusqu’à ce que ses jointures blanchissent.
Se tournant vers Lilly, Jack marque une pause. Puis il dit gravement :
- Les inspecteurs Miller et Valens sont avec elle.
Lilly sentit l’habitacle de la voiture disparaître sous ses pieds. Non !! Non !! Il fallait tenir pour eux jusqu’au bout.
Quartier général de la police criminelle de Philadelphie, 28 février 2008, 15H10 .
John Stillman était dans son bureau quand il reçut l’appel. Il raccrocha, sortit et se dirigea rapidement vers le bureau de Vera. Celui-ci discutait avec Curtis Bell qui était repassé au Central pour avoir des nouvelles suite à la descente faite à Kensington. John regarda les deux hommes d’un air déterminé et anxieux :
- Ils ont retrouvé Kat apparemment.
- Comment va-t-elle ? s’empressa de demander l’ADA Bell.
- On ne sait pas. Elle serait dans la scierie à Newark. Ce type tient des otages. Scotty et un agent du FBI en feraient partie.
- Je dois y aller ! fit Curtis. Son ton était déterminé et très inquiet.
- Attendez ! fit Stillman, je préférerais que vous restiez ici … La famille de Kat va avoir besoin de soutien.
- Ecoutez … Ne me faites pas ça, s’il vous plaît … Je … J’aimerais y aller, la voir …
C’était la première fois qu’il laissait ainsi transparaître aussi franchement ses sentiments envers Kat. Mais il s’en fichait, l’heure n’était plus aux cachotteries. Nick intervint. Il avait deviné chez la mère de Kat ce que représentait la jeune femme à ses yeux.
- Chef, je vais aller chez Dina Miller. Vous me contacterez dès que vous aurez des nouvelles.
Il regarda Curtis qui eut un petit rictus.
- Très bien fit John. Dans ce cas, nous partons tout de suite. Nick, occupez vous donc de sa famille … Il ne faut pas …
- Je sais chef, …
Cette fois –ci , Curtis avait regardé Nick en hochant la tête pour le remercier.
- Vous allez nous la ramener fit ce dernier en tapant sur l’épaule de l’ADA Bell qui prenait son manteau et s’empressa de suivre le lieutenant Stillman.
- Nick, prévenez les de notre venue … Appelez aussi Lilly.
- Bien chef.
Nick n’attendit qu’une sonnerie pour avoir Lilly à l’autre bout du fil. Elle lui expliqua qu’elle était déjà au courant. L’agent Taylor avait prévenu Malone de ce qui s’était passé. Elle raconta qu’un agent du FBI avait été touché. Scotty et Kat faisaient bien partie des otages. Une opération de négociation était en cours. Les renforts ne devaient plus tarder à arriver. Lilly l’informa qu’ils arriveraient à Newark d’ici une demi-heure au plus. Vera lui précisa en retour que Stillman et Bell étaient également en chemin.
- Curtis est au courant ?
- Oui, il était passé au bureau quand le chef nous a appris la nouvelle. Il a insisté pour y aller … On ne pouvait pas l’en empêcher. .. Lil, reprit Vera, je vais passer chez Dina. Tenez-moi au courant là-bas.
- Nick, ne dis pas tout …
- Je sais, fit l’inspecteur, ne t’inquiète pas, Veronica ne saura rien avant …
- Bien fit Rush … Je sais. Je vous tiens au courant.
Lilly avait raccroché. Son esprit oscillait une nouvelle fois entre Veronica, Scotty, Kat … Il fallait cependant qu’elle reste professionnelle afin de résoudre cette situation. Dans la voiture, les deux agents du FBI étaient arrivés à la même conclusion dans un silence tendu.
Bâtiment de la Scierie Shepherd, sud de Newark, secteur de la zone industrialisée, 28 février 2008, 15H17 .
Fisher ferma les yeux l’espace d’une seconde. Il ressentait comme un souffle d’air frais sur le visage… Cela lui rappelait la première fois où il avait vu la mer, un jour de tempête … Il avait suivi sa mère à New-York, partie avec son frère sous le bras pour échapper à la nouvelle colère d’un père maniaco-dépressif et violent. Lui, le petit gars miteux, souffre-douleur des brutes du quartier du middle-town de Forthshaw, au cœur du Nevada, un bled perdu pris entre les sables des déserts environnants, lui … Il avait ressenti les embruns sur le visage, portés par des vents soufflant en rafales dangereuses. Il s’était sentit si libre alors. Il n’avait que douze ans. C’est cette fraîcheur qu’il perçut soudainement. Il ne pouvait arriver à la conclusion qu’il ressentait ici le dernier souffle de liberté.
Il rouvrit les yeux et avança d’un pas décidé vers Kat. Il s’accroupit près d’elle et ouvrit la petite trappe située sur le côté du feu à pétrole. Il ne jeta même pas un regard à la jeune femme. Il lui fallait faire vite, très vite maintenant. Ce qu’elle vit lui fit battre son cœur dans la poitrine à tout rompre.
Steven Fisher venait de dérouler une ceinture remplie de petits bâtonnets d’explosifs. Deux fils, l’un bleu l’autre noir couraient le long de chaque large bande de tissu. Il déposa minutieusement tout le matériel sur le sol. Quatre ceintures en tout et pour tout. Il du se lever et plier les genoux pour atteindre à l’intérieur cinq petits boitiers noirs. Un sourire lui barrait le visage. L’homme que Kat avait vu encore quelques instants auparavant était maintenant transfiguré par une attitude de folie.
Il recula, tirant doucement les explosifs et entreprit de connecter les boitiers aux fils. Les détonateurs étaient prêts.
A l’extérieur de l’entrepôt, les hommes de Palmer avaient pris position afin de défoncer la porte et intervenir dès que le signal aurait été donné. Danny se tenait auprès du groupe le plus proche de la porte.
- Steven Fisher ! cria-t-il. Je suis l’agent Danny Taylor du FBI. Je suis là pour vous aider à résoudre cette situation. Nous pouvons voir ensemble quoi faire pour que tout le monde puisse aller au mieux. J’ai besoin de savoir ce que vous voulez. …. Vous m’entendez Steven ? Nous avons contacté vos amis… Ils ne vont pas pouvoir venir … la seule porte de sortie est de voir ensemble quoi faire, vous comprenez ?!
Danny attendit quelques instants. L’agent Palmer venait de le rejoindre et hocha la tête en le regardant. Taylor fit non de la même façon.
- Steven,… Steven, vous m’entendez ?! reprit le collègue de Delgado. Dites moi ce dont vous avez besoin …
Fisher pensa alors « foutez moi le camp !! C’est tout ce que je demande ! ». Il finissait d’attacher la première ceinture autour de la taille de Kat. Celle-ci s’était débattue légèrement, autant que son épaule blessée et ses liens le lui permettaient. Il avait alors menacé directement de tout faire sauter, … il n’avait plus rien à perdre de toute façon… Pour lui, c’était l’injection létale qui l’attendait, alors autant essayer d’aller jusqu’au bout pour s’en sortir. L’inspectrice se tint donc tranquille, elle ne pouvait faire autrement. Etait-ce du bluff ? Elle ne pouvait le dire.
L’homme alla ensuite vers Elena toujours inconsciente. Il leva son chemisier et accola sur la peau la deuxième ceinture, serrant le plus possible. Il activa ensuite un bouton sur le côté, le maintenant enfoncé quelques secondes, le temps qu’apparaisse un voyant rouge lumineux qui se mit à clignoter. Il refit les mêmes opérations sur le corps de Scotty. En le manipulant, Kat remarqua qu’il perdait énormément de sang. Le jeune flic restait lui aussi totalement inerte. Enfin, Fisher se passa la dernière ceinture autour de lui, comme il avait précédemment fait pour les autres. Il sortit son calibre 45 automatique. Sur sa cuisse droite, il avait attaché un genre de brassard quand lequel il avait logé le dernier boitier commandant les autres à distance. Il était prêt.