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Série : Cold Case
Création : 28.01.2010 à 18h39
Auteur : LeeLoou
Statut : Terminée
« Un tueur en série reprend du service après 20 ans d'absence. Lilly et ses coéquipiers reprennent l'enquête mais les conséquences ne vont pas être celles que l'on aurait pu imaginer. » LeeLoou
Cette fanfic compte déjà 21 paragraphes
Chapitre 12
Hôpital presbytérien de Philadelphie, 20h00
"J'ai un bouquet pour mademoiselle Rush."
Dit le livreur en consultant un bon de livraison. Il avait hâte de partir de cet hôpital. Après cette livraison sa journée s'achèverait enfin. C'était sa dernière livraison et il pensait pouvoir rentrer chez lui rejoindre sa compagne rapidement. Il ne se doutait pas que sa soirée en amoureux allait être comprise à cause d'un simple bouquet de roses.
L'infirmière le regarda, l'air soupçonneux et le fit patienter quelques minutes. Elle prétexta qu'elle devait demander l'avis d'un médecin avant d'autoriser la livraison et partit en direction d'une chambre. Quelques minutes s'écoulèrent avant qu'un jeune homme brun n'en sorte, visiblement préoccupé par la nouvelle que l'on venait de lui apprendre. Il se dirigea droit sur le livreur et sortit sa plaque de police pour lui signaler qui il était.
_Inspecteur Valens, police criminelle. J'aurai quelques questions à vous poser.
_La criminelle ?
_Qui vous a acheté ce bouquet ?
_J'en sais rien ! Sûrement un ami de la personne hospitalisée.
_Ca c'est peu probable. Vous avez vu cette personne ?
_Ben non. Je fais que livrer moi. C'est Ernie, mon boss, qui prend les commandes au magasin. Moi, je fais que livrer.
_Vous ne savez donc pas comment il a payé ?
_Si, ça je peux vous le dire. Attendez c'est marqué….Là. Payé en espèce par un certain Abélard.
_Vous pensez que votre patron pourrait identifier l'acheteur ?
_J'en sais rien, peut-être. Dites, je peux y aller maintenant ?
_Non, vous allez attendre mes collègues."
Scotty fit signe à ses collègues et amis qui arrivaient à ce moment-là. Il s'occupa de prendre sa déposition avec Will, laissant Nick et Stillman rejoindre Lilly qui dormait quand Scotty s'était absenté
St : Nous ne voulions pas vous réveiller Lilly.
L : Non tout va bien. Où est Scotty ?
N : Parti se dégourdir un peu les jambes. Alors comment ça va ?
L : Mieux mais je n'ai toujours pas le droit de me lever. Le médecin dit que ma tension est trop basse et que je dois aussi laisser le temps à mes plaies de cicatriser. Mais je commence à m'ennuyer !
Sc (qui était entré sans faire de bruit) : T'ennuyer ! Tu as dormi presque toute la journée ! Un vrai petit loir !
L (riant) : Non je n'ai pas fait que dormir !
Sc : C'est vrai tu as harcelé ton médecin et quand tu en as eu fini avec lui tu t'es attaquée à moi !
W : Pauvre petit Scotty !
Ils rirent tous de bon cœur à cette remarque et devant la moue qu'affichait Scotty. Il s'approcha doucement du lit de Lilly et lui prit la main avant de la serrer. Il aimait la voir rire. Elle était plus détendue à cet instant. Il prit le parti de ne pas lui parler du bouquet de roses que le tueur lui avait fait livrer ni du petit poème. Il avait tellement peur de la voir plonger dans de sombres pensées, pourtant il devrait lui en parler tôt ou tard.
De son côté Will avait remarqué le trouble de son collègue. Il décida qu'il devait prendre les choses en mains. Il savait que Lilly n'allait pas aimer ce qu'elle allait apprendre mais il fallait la prévenir de ce qu'il se passait.
W : Lilly, tu ne vas pas aimer ce que je vais te dire mais…
Il hésita un moment. Il ne savait pas trop ce qu'il convenait de faire. Lilly le questionnait du regard, les traits du visage légèrement crispés. Scotty, quant à lui, lui lançait un regard noir comme pour l'inciter à trouver une parade et remettre à plus tard l'annonce inévitable. Contre toutes attentes, Nick prit la situation en main.
N : Il semblerait que tu ais un autre soupirant ! Tu as reçu des roses tout à l'heure !
L : Des roses ?
N : Ouais, un gros bouquet !
Toute décontraction quitta Lilly. Elle se crispa et serra plus fort la main de Scotty. Elle se recroquevilla sur son lit oubliant la douleur lancinante que ce simple mouvement avait provoqué. Elle se massa les côtes de sa main libre. Scotty s'assit sur le bord du lit et tenta de la rassurer mais elle ne semblait plus être parmi eux. Ils pouvaient lire dans son regard toute la panique et la peur que provoquait le simple fait de savoir qu'il était dehors. Ce tueur la rendait folle. La terreur qu'il lui inspirait, était incommensurable. Au bout d'un long moment, elle reprit doucement la parole de sa petite voix à peine audible.
L : C'est moi qu'il veut.
Sc : Ne t'inquiète pas on va l'arrêter. Il ne te fera plus de mal.
N : Ne t'inquiète pas Lilly. On est là !
Elle fixa son collègue avec une telle intensité qu'il eut l'impression qu'elle pouvait lire en lui. Il ne lui connaissait pas ce regard. Il se sentit comme aspirer et se laissa couler. Après une heure de visite, une infirmière vint leur dire qu'il était temps pour eux de partir. Scotty, seul, resta avec Lilly pour veiller sur son sommeil. L'infirmière avait injecté un sédatif à Lilly contre la douleur. Elle s'endormit vite d'un sommeil profond, d'un sommeil sans rêve.
Quelque part dans Philadelphie
Des cris déchirèrent la nuit. Des pleurs troublèrent le silence. Elle criait encore et encore. Elle le suppliait d'arrêter et d'un geste las il laissa tomber un dernier coup. Il tourna les talons laissant sur le sol le corps sanglant de sa victime.
Chapitre 13
Quelque part dans Philadelphie
Des cris déchirèrent la nuit. Des pleurs troublèrent le silence. Elle criait encore et encore. Elle le suppliait d'arrêter et d'un geste las il laissa tomber un dernier coup. Il tourna les talons laissant sur le sol le corps sanglant de sa victime.
Il s'assit à son pupitre et après une longue prière il prit une feuille blanche et un crayon. Il tailla longuement la pointe afin d'obtenir une mine la plus fine possible. Il poussa un long soupir puis posa la pointe de son crayon sur le papier et commença à écrire de sa belle écriture ronde. Au son des sanglots de sa victime, il composa un sonnet, le ratura, en écrivit un autre. Il ratura ainsi une dizaine de poèmes.
"Tais-toi !" Lança-t-il sèchement à la jeune femme qui se recroquevilla.
Il sourit et eu un petit rire de dément. Il attrapa la jeune femme par le bras et la traina sur plusieurs mètres. Elle tenta de ne pas crier mais poussa des gémissements de douleurs incontrôlés.
Lorimer Park, trois jours plus tard
Elle courait depuis une heure. Elle avait besoin de se vider la tête. Cette dispute avec son petit-ami l'avait exaspérée au plus haut point. Elle accéléra encore une fois. L'air froid fouettait son visage et sa peau avait rougie. Elle s'arrêta au bout d'un moment, essoufflée. Passant la main sur son front, elle rabattit une mèche de cheveux blonds qui lui tombait sur le visage. Elle ne vit pas l'homme s'approcher d'elle.
Central de la police de Philadelphie, bureaux de la criminelle, 8h30
Les inspecteurs étaient arrivés tôt ce matin. Leur enquête avançait peu et ce n'était pas les quelques maigres indices que laissait le tueur qui les aidaient beaucoup. Ils n'avaient pas eu de nouvelles victimes depuis l'enlèvement de Lilly. Dorénavant le seul lien avec leur homme étaient les poèmes et les roses.
N : J'y comprends rien à sa poésie !
W : Ce dingue lui écrit des poèmes d'amour du genre.
"Je marchais dans une forêt d'ombres.
Traqué par le passé, je fuyais.
J'ai croisé tes yeux océans.
Je suis revenu parmi les vivants."
Il est dingue ce mec !
St : Il faudrait l'attraper avant que Lilly sorte de l'hôpital. Scotty a dit qu'il la gardait encore deux jours et qu'après elle pourrait rentrer chez elle.
W : Pourquoi il la laisse sortir ? Je croyais qu'elle était encore trop faible pour pouvoir rester seule.
St : L'hôpital a besoin de lits et puis mis à part ses côtes, toutes ses blessures guérissent bien. Reprenons, elle nous a dit qu'Abélard était un théologien, philosophe et compositeur français du XIIe siècle. Il est surtout célèbre en France pour son histoire d'amour avec Héloïse.
W : Et cette Héloïse était son élève. Ca peut expliquer pourquoi il attaquait des adolescentes mais pas pourquoi il s'en est pris à Lilly.
St : Margaret O'Neill a disparu ? Et s'il l'avait enlevée ?
N : Ouais ou la dope l'a eue avant et maintenant il se cherche une nouvelle fiancée. Margaret était blonde, les yeux bleus, comme Rush.
W : Ouais mais Margaret allait à l'église et je doute que Lilly aille à confesse tous les dimanches !
St : Mais les autres victimes avaient des tatouages qui pouvaient avoir une signification religieuse.
W : Il aurait vu les tatouages et aurait disjoncté à ce moment parce qu'il ne retrouvait pas Margaret.
N : Ouais et en voyant Lilly, il pense à elle et l'enlève. Maintenant il lui envoie des poèmes d'amour pour qu'elle revienne auprès de lui. Et si Lilly lui répondait ?
W : Tu as quelque chose à lui reprocher ?! Tu risques de la faire tuer ou mourir de peur ! Tu as vu comment elle est paniquée quand on parle de lui ? Et puis Scotty ne va pas être d'accord avec toi !
St : Nick a une bonne idée. On ne va pas demander à Lilly de lui écrire mais on va le faire en se faisant passer pour elle. Pendant ce temps on la met sous protection pour qu'il ne s'approche pas d'elle. On va passer les voir pour leur en parler.
Hôpital presbytérien de Philadelphie, 10h00
Scotty faisait les cent pas autour du lit de Lilly. Il la regardait dormir tout en marchant en rond. Il passa nerveusement sa main dans ses cheveux avant de soupirer. La fatigue et l'énervement se mélangeaient.
L : Tu vas faire un trou dans le sol et te retrouver à l'étage inférieur si tu continues !
Sc : Lil' ! Tu es réveillée mon ange ?
L : J'ai un peu mal aux côtes dans cette position.
Sc : Tu veux que je t'aide à bouger un peu ?
L : Oui…Ca va ?
Sc : Oui, oui tout va bien. Tu veux un autre oreiller ?
L : non je veux un grand café, un muffin pomme-cannelle, un long baiser passionné et que tu me dises ce qui te travaille !
Scotty se pencha vers Lilly et l'embrassa passionnément. Il aurait souhaité que ce baiser ne cesse jamais. Il ne se lasserait jamais de l'embrasser. A regret, il s'écarta doucement d'elle au bout de quelques instants. Il lui sourit et repris la parole.
Sc : Voici le baiser de Mademoiselle. Maintenant, je vais aller voir si j'arrive à trouver ce qu'il faut pour la rassasier. Sois sage pendant que je ne suis pas là !
L (faisant une petite moue) : Mais je suis toujours sage !
Sc (avec un petit air moqueur) : Will m'a parlé de ta tentative d'évasion ! Ainsi que l'infirmière !
L : Les traîtres ! Ils avaient promis de rien dire !
Il lui déposa un baiser sur le front avant de partir en direction de la cafétéria. Il croisa ses collègues dans le couloir.
Sc : Lilly va être déçue ! Elle ne va pas pouvoir tenter une évasion !
N : De quoi il parle ?
W (souriant) : De la fâcheuse manie de Rush à vouloir fuir de cet hôpital ! (Poussant la porte.) Bonjour Lilly !
L : Bonjour vous tous !
Quelque part dans Philadelphie, au même moment
Elle hurlait de douleur. Cela faisait des jours et des jours qu'elle criait et son geôlier n'arrêtait pas pour autant ses tortures. Son corps n'était plus que douleur et souillures. Il la frappa encore une fois avant de la violer encore une fois. Elle se débattit mais cela ne servit à rien. Il lui murmura doucement à l'oreille.
"Allons Héloïse, il faut être plus raisonnable."
Mais qui était cette Héloïse ? Elle pleura.
Dans la petite pièce jouxtant la salle des tortures Mary réfléchissait à un moyen de sortir de cet enfer. Il ne lui avait fait aucun mal pour le moment. Elle savait que le temps était compté. Elle essaya de faire glisser le bandeau de ses yeux. Il fallait qu'elle parte au plus vite d'ici. Un nouveau cri déchira le silence qui c'était abattu dans la pièce voisine la faisant sursauter. Il la frappait encore puis elle l'entendit lui dire qu'il allait jouer avec un couteau maintenant. Mary réussit à faire glisser le morceau de tissu qui l'empêchait de voir. Elle entreprit de ramper vers un objet tranchant pour défaire ses liens.
_"Mais que fais-tu Héloïse ?
_Je vous en prie…Ayez pitié !"
Il la saisit violement et la plaqua contre une table. Elle était allongée et tenta de se débattre.
"Tu vois Héloïse, cette table vient d'une ancienne morgue. Nous allons passer du bon temps dessus."
Il laissa la fine lame du couteau courir le long des courbes de la jeune femme.
Chapitre 14
Quelque part dans Philadelphie
Il lui avait brisé le cœur et le corps. Son esprit vagabondait très loin de ce lieu sordide mais en était en même temps prisonnier. Elle n'avait plus aucune volonté. Vivre ou mourir ? La mort serait une délivrance alors que la vie un perpétuel enfer. Elle voulait rejoindre les bras d'un sommeil éternel pour ne plus souffrir.
"S'il vous plaît…Arrachez moi ce cœur…".
Hôpital presbytérien de Philadelphie, au même moment
L : Je vais lui écrire.
Sc : Non, il n'en est pas question !
Scotty avait presque hurlé ces mots. Son ton contrastait étrangement avec le ton calme qu'avait employé Lilly. Ils se regardèrent un long moment essayant de trouver la faille et la juste arme pour faire plier l'autre. Un duel silencieux s'engagea entre eux, seuls leurs yeux reflétaient l'intensité de la joute.
L (calmement) : Il le faut Scotty…Pense aux victimes.
Sc (énervé) : Tu es une victime toi aussi. Tu n'as pas à faire ça !
L (de plus en plus calmement) : C'est pour ça que je dois le faire. Je le connais.
Sc (s'énervant un peu plus) : Chef ! Vous ne pouvez pas la laisser faire !
L (plantant son regard dans celui de Stillman) : Il est comme George. Il ne se montrera que lorsque je me montrerai.
St : Lilly, vous n'avez pas à faire ça.
L ((toujours aussi calme) : Je dois le faire…Vous m'avez dit qu'il m'aimait ? Et bien le plus beau cadeau que l'o puisse faire à la personne que l'on aime c'est la laisser partir pour être heureuse, même si ce n'est pas avec soi. Le plus beau cadeau que l'on puisse faire à l'être aimé c'est la liberté.
Sc (énervé) : Et tu crois qu'il va te laisser tranquille juste parce que tu lui as demandé ?
L : Non mais ça va l'obliger à se montrer. A faire des erreurs. Il ne m'arrivera rien.
Sc : Lil'…S'il te plaît…
Elle se tourna doucement vers lui et caressa tendrement la joue du jeune inspecteur. Il avait raison et elle le savait pertinemment. Mais il fallait passer outre son propre intérêt. Elle était inspecteur et elle devait avant tout penser aux victimes. Elle ne voulait pas être l'une d'entre elles. Elle voulait gagner la partie face à lui. Pour continuer à vivre il lui fallait tuer celui qui ne la laisserait jamais en paix.
Sc : Je ne te quitterai pas des yeux. Je te protègerai Lil'.
Elle hocha doucement la tête comme pour achever de la convaincre, de les convaincre. Il posa sa main sur la sienne et l'amena à ses lèvres. Après quelques minutes Stillman prit la parole.
St : Commencez à réfléchir à ce que vous allez lui écrire. Nous retournons au Central pour continuer l'enquête et mettre en place votre protection. Nous repasserons ce soir.
L : A ce soir !
Sc (après que tout le monde soit parti) : Tu es sûre de toi ?
L : Oui, ça va aller. Tu peux aller me chercher un autre café ?
Sc : Bien sûr je reviens tout de suite.
Il lui déposa un doux baiser sur le front et partit en direction de la cafétéria. Il croisa l'infirmière qui s'occupait de Lilly sur son chemin et la salua d'un bref signe de tête. Elle lui fit signe de s'approcher.
I : Bonjour inspecteur. Comment allez-vous aujourd'hui ?
Sc : Bien, merci. Il y a un problème ?
I : Non tout va bien. Votre amie pourra sortir dès demain. Il faut juste que je m'assure qu'elle aura quelqu'un pour s'occuper d'elle à sa sortie.
Sc : Tout un régiment de personnes !
I : Oui c'est certain que vos familles vous être présentes.
Sc (avec un petit sourire en coin) : Oui, c'est sûr ! Excusez-moi mais je dois aller chercher du café.
Scotty repartit en direction de la cafétéria.. Son téléphone sonna alors qu'il rejoignait la chambre de Lilly avec deux gobelets du précieux liquide.
Sc : Valens.
… : Holà Scotty ! Qué tal ?
Sc : Maman ! Ca va bien et toi ?
M : On ne fait même plus l'effort de rappeler sa mère Scotty !
Sc : Oui, pardon ! Je voulais t'appeler mais il y a eu des problèmes au travail. Enfin tu sais ce que c'est !
M : Oui je sais, je sais. Je te sens fatigué, que ce passe t'il ?
Sc : Rien de grave. Ne t'inquiète pas.
M : Ne ment pas à ta mère Scotty !
Sc : Ma petite-amie est à l'hôpital en ce moment. Une sale histoire. Je suis restée avec elle.
M : Tu ne m'avais pas dit que tu voyais quelqu'un. Pourquoi est-elle hospitalisée ?
Sc (soupir) : Agression mais elle va mieux.
M : Elle est flic ?
Sc : Oui, c'est ma collègue l'inspecteur Rush.
M : j'aimerai beaucoup la rencontrer. Que dirais-tu de venir dimanche avec elle ?
Sc : Je ne sais pas si ça va être possible. Bon il faut que je te laisse. Je te rappelle.
Il raccrocha sans attendre la réponse de sa mère. Il ne voulait pas précipiter les choses entre Lilly et lui. Il ne se sentait pas encore prêt.
Bridesburg, Greater Kensington, 15h30
Le corps d'une jeune femme gisait sur un terrain vague. Ses beaux cheveux blonds recouvraient son visage mais on devinait qu'il devait être couvert d'ecchymoses. Son corps était recouvert de coupures et d'hématomes. L'inspecteur Jeffries et le lieutenant Stillman se penchèrent sur la victime.
"C'est Gina Davis. Elle a disparu il y a une semaine."
Stillman avait prononcé ces quelques mots d'un ton étrangement calme. Il n'y avait plus ni surprise ni colère à la découverte de ce corps. Seule, l'impuissance, faisait écho à ses pensées.
Technicien de la police scientifique : Il y avait un mot sur le corps de la victime.
"J'ai cru pouvoir me consoler avec une autre.
Mais ce n'était qu'une pâle copie de mon aimée.
Elle m'a supplié de lui arracher le cœur.
C'est ce que j'ai fait.
Un mot de ma belle et la prochaine vivra.
Rendez-moi mon Héloïse."
St : Le temps joue contre nous. Il a déjà enlevé une nouvelle victime. Il faut l'identifier au plus vite.
W : Je vais éplucher les rapports de disparitions.
St : Dites à Nick de vous aider. Je dois aller voir Lilly pour régler les derniers détails pour sa surveillance.
Hôpital presbytérien de Philadelphie, 21h00
St : Je ne peux pas vous laisser rentrer chez vous Lilly.
L : Mais où vais-je aller ? Et d'ailleurs qui a pensé à mes chats ?
St : Nick s'occupe d'eux. Il faut trouver un autre endroit.
Sc : Chef, j'ai peut-être une idée mais je dois d'abord passer un coup de fil.
L : Tu penses à quoi ?
Sc : Ma mère voulait nous inviter dimanche alors peut-être…
L : Non Scotty !
St : Si votre mère est d'accord, ça me va aussi. Dites lui que tout le monde sera sous protection.
Sc : Je l'appelle tout de suite.
Scotty sortit de la pièce pour téléphoner à sa mère.
Chapitre 15
Un quartier résidentiel de Philadelphie
Scotty gara la voiture et se tourna vers Lilly. Elle n'avait pas parlé de tout le trajet et semblait à la fois inquiète et nerveuse. Elle avait désapprouvé le choix du chef et de Scotty. Elle avait tenté d'échapper cette solution mais rien n'avait pu faire céder les deux hommes. Elle soupira lorsqu'elle vit un couple sortir sur le perron. Elle ne pouvait les voir distinctement à cause de l'obscurité mais elle réussit à déceler la certaine impatience que trahissait leur attitude. Scotty sortit de la voiture tout lui disant de ne pas bouger, il allait l'aider à se lever. Il fit le tour de la voiture et ouvrit la porte du côté de Lilly.
_"Hey ! Ne t'inquiète pas, ils sont impatients de faire ta connaissance. Ils vont t'adorer.
_Scotty…Si tu le dis !"
Elle avait choisi de ne pas commencer une nouvelle joute verbale avec son partenaire. Cela ne servirait à rien maintenant qu'ils étaient là, autant se laisser faire, pour une fois. Elle saisit la main que son ami lui tendait et se redressa. Ils avancèrent vers la maison des parents de Scotty à petits pas. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, Lilly resserrait sa main autour de celle de Scotty. Elle était nerveuse à l'idée de rencontrer ceux qui seraient peut-être un jour ses beaux-parents. Elle retint son souffle quand elle arriva devant eux. Ils avaient l'air tout à fait charmant. Monsieur Valens avança vers elle et lui tendit tout en l'accueillant.
V : Nous sommes enchantés de faire votre connaissance. Je suis Juan Valens et voici ma femme Rosa. Je vous prie entrer.
Tout en joignant le geste à la parole, il entraîna le couple à l'intérieur. Scotty conduisit Lilly au salon et l'aida à s'asseoir dans une des fauteuils. Sa mère leur apporta pendant ce temps de quoi se rafraîchir et elle s'assit à côté de son époux. Lilly nota que Scotty lui ressemblait. Ils avaient les mêmes yeux et elle se demanda si la ressemblance s'arrêtait là ou non.
J : Scotty nous a expliqué ce qu'il c'était passé. Ma femme et moi espérons vraiment que votre agresseur sera arrêté.
R : Allons Juan ne lui parle pas de ça ! A1ors ça fait combien de temps que vous vous voyiez tous les deux. ? Scotty est un petit cachotier, il ne nous avait rien dit.
Sc : Ca a commencé un peu avant l'agression. C'est assez récent.
R : Ce n'est pas une raison pour ne rien dire. Alors, vous êtes inspecteur, ça fait combien de temps ?
Sc : Maman, tu ne vas pas l'interroger ce soir !
R : J'ai le droit de savoir, ce n'est pas interdit !
Sc : On en parlera demain. Le lieutenant Stillman va arriver dans quelques minutes pour tout vous expliquer.
Scotty eut à peine terminé sa phrase que quelqu'un sonnait à la porte. Sa mère se leva et alla ouvrir. C'était bien Stillman qui arrivait accompagné de Will et Nick. Elle les débarrassa avant de les diriger vers le salon.
St : Lilly, j'ai expliqué aux parents de Scotty pourquoi il était nécessaire de vous cacher. Ils ont accepté très gentiment de nous aider.
L (se tournant vers les parents de Scotty) : Je vous remercie pour votre aide.
St : Vous ne pouvez pas sortir de la maison. Des inspecteurs sont en planque devant la maison. S'il y a quoique ce soit d'anormal vous les appelez tout de suite. Vous m'avez bien compris ?
L : Je n'ai pas le choix de toute manière.
W : C'est pour ton bien Lil'.
L : Je sais…Et mes chats ?
N : Je m'occupe d'eux ! D'ailleurs ton chat borgne m'a mordu !
L (souriant) : Ce sont des demoiselles Nick, il faut les traiter avec tous les égards. Et mon chat borgne s'appelle Olivia.
N : C'est pas un nom de chat ça !
Lilly et Nick continuèrent leur petite chamaillerie sous le regard amusé de l'assistance. Stillman finit par les interrompre au bout d'une bonne quinzaine de minutes. Les inspecteurs prirent congé laissant Lilly et Scotty seuls avec les parents de ce dernier.
R : Il est tard. Je vais vous montrer votre chambre Lilly.
Avant que cette dernière n'ait eu le temps de répondre madame Valens l'entraînait déjà vers les escaliers. Elles disparurent à l'étage laissant pendant ce temps Scotty et son père, seuls, au salon. Juan regarda son fils. Lilly lui avait fait bonne impression pour le peu qu'il l'avait vue. Son fils semblait très attaché à elle. Il ne l'avait jamais vu aussi heureux que lorsqu'elle lui souriait. Il y avait bien sûr eu Elisa avant Lilly mais là c'était différent. Après quelques minutes Scotty salua son père et se rendit à l'étage s'assurer que Lilly était bien installée. Il trouva Lilly dans sa chambre d'adolescent.
L: Ta mère voulait absolument que je dorme dans cette chambre.
Sc : C'est ma chambre.
L : Je m'en serai doutée ! Je connais peu de filles qui accrocheraient des posters de voitures ou de joueurs de base-ball aux murs !
Sc : Il y avait quoi sur tes murs quand tu étais ados ?
L : Humm…Rien car j'avais un très joli papier peint !
Ils rirent doucement à cette réflexion. Scotty s'approcha d'elle et la prit dans ses bras. Elle se laissa aller contre lui. Au bout d'un moment, elle le repoussa gentiment.
L : Tu devrais te changer. Il est tard et le grand inspecteur Valens doit se reposer.
Sc : Bien inspecteur Rush. A vos ordres !
Le jeune inspecteur se dévêtit et se coucha auprès de sa belle. Il la prit doucement dans ses bras et il s'endormit presque aussitôt. Lilly, elle, ne s'endormit pas tout de suite. Elle s mit à réfléchir à ce qu'elle pourrait écrire à leur tueur. Elle était loin d'être une poétesse née. Elle commençait à regretter ses paroles. Dire qu'elle allait lui écrire et réellement lui écrire tait deux chose complètement différentes. Elle avait aussi peu qu'il revienne lui faire du mal ou qu'il s'en prenne à un des membres de la famille de Scotty. Son cœur se serra et des larmes perlèrent au coin de ses yeux. Instinctivement, elle se serra contre l'homme qu'elle aimait. Elle tenta de se laisser aller et de ne plus réfléchir à tout ceci. Le sommeil la gagna peu à peu mais un téléphone sonna la faisant sursauter. Elle se dégagea de l'étreinte de Scotty et attrapa le portable. Elle allait décrocher quand Scotty le lui prit des mains et répondit.
Sc : Valens…Bien chef…Oui je peux y être dans trente minutes environ…D'accord, je pars dès qu'il est arrivé.
Il raccrocha et sa passa une main sur le visage. Dubitative, Lilly s'était assise sur le lit, attendant qu'il lui dise ce qu'il se passait. Voyant que son compagnon ne disait rien, elle prit la parole.
L : C'était Stillman ?
Sc : Oui.
L : Une nouvelle victime ?
Sc : Lil'…
L : J'ai le droit de savoir, Scott.
Sc : Oui, on a une nouvelle victime.
L : Où ?
Sc : Lil', tu n'as pas besoin de le savoir. Ca t'avanceras à rien.
L : Et je dis quoi à tes parents ? Je suis désolée, votre fils est dans la nature à la poursuite d'un tueur en série !
Sc : On ne va pas se disputer pour ça ! Bon je vais à Kensington. Ca te va ?
Scotty se leva et se prépara à partir. Lilly, quant à elle, s'était allongée, mais elle ne dormait pas. Elle réfléchissait encore et encore. Elle attrapa un bloc notes et griffonna quelques mots. Quand Scotty eut fini de se préparer, elle se leva et se planta devant lui. Il l'embrassa tendrement et la prit dans ses bras. Au bout d'un long moment il relâcha son étreinte. Elle lui tendit alors le petit morceau de papier.
Sc : C'est pour notre tueur ?
L : Oui. Je ne sais pas comment vous allez pouvoir lui remettre mais voilà je lui ai écrit.
Il l'embrassa puis sortit de la chambre. A l'étage inférieur un nouvel inspecteur était présent. Il devait veiller sur ses proches pendant son absence.
Bridesburg, Greater Kensington, terrain vague, 5h00
N : Ta dulcinée t'a pas laissé partir ?
Sc : Très drôle Nick ! Je dirai à Olivia de te mordre plus fort la prochaine fois ! Qu'est ce qu'on a ?
W : On a deux victimes. Le petit dealer du coin et une jeune femme. On ne l'a pas ecnore identifiée avec certitude mais ça pourrait être Mary Simpson.
Sc : Il y a un mot cette fois-ci ?
N : Ouais il dit qu'il a une autre fille et qu'on doit déposer la lettre de Lilly ici.
W : Il ne prendra pas le risque de venir la chercher.
Les inspecteurs se regardèrent. Ils ne savaient plus quoi penser. C'était déjà la deuxième fois qu'ils retrouvaient des corps sur ce terrain. Cet élément les troublait. Le tueur habituellement changeait de lieu à chaque fois.
Quelque part dans Philadelphie
"Bonsoir Héloïse."
L'homme s'approcha de sa victime. Il la dévêtit en douceur. Elle se débattit mais la lenteur avec laquelle il agissait contrastait cruellement ave la brusquerie des mouvements de sa victime. Il la caressa les cheveux doucement. Il lui murmura de douces paroles à l'oreille. Il s'allongea sur elle et le supplice commença. Quand il eut terminé, il se releva. Il posa un drap sur sa victime.
Il entra dans une autre pièce. Il chauffa dans une petite cuillère une sorte de mixture. Il attrapa une seringue et se dirigea vers une jeune femme. Elle ne réagit pas à sa présence. Elle n'avait plus peur de lui depuis longtemps. Elle n'était plus que l'ombre d'elle-même depuis longtemps.
_"Maggie ?"
Elle acquiesça.
_"Ecoute moi bien. Tu vas aller chercher une lettre pour moi. Et si tu reviens et que tu as été sage je te donnerai cette seringue. Tu veux bien y aller ?"
Elle approuva en hochant la tête. Il la prit par le bras et l'emmena avec lui à travers les ruelles de la ville.
Chapitre 16
Bridesburg, Greater Kensington, terrain vague, 9h00
Will et Nick étaient restés en planque devant le terrain vague. Ils espéraient que leur tueur finirait par se montrer. Les heures défilaient sans que rien ne se produise d'extraordinaire. La racaille habituelle faisait ses petits trafics sans se soucier de la présence de leur voiture. Bien que banalisée, on devinait que c'était une voiture de police. Quelques enfants couraient après un ballon sur le vieux terrain. Etrange terrain que celui-ci. Il servait de terrain de jeu, de petite salle pour trafic en tout genre, plate-forme où les jeunes filles faisaient admirer leurs formes contre quelques billets. Le soleil hivernal ne faisait pas fuir toute cette population étonnante dont les membres cohabitaient sur quelques mètres carrés. Soudain, sortie de nulle part, une fine silhouette émergea. Le visage rongé par des années de drogue, émacié et sale, la peau était cireuse et les yeux enfoncés dans leurs orbites de sorte qu'on ne pouvait deviner leur couleur. On pouvait deviner qu'autrefois elle avait été belle. Sa démarche, bien qu'incertaine, conservait une certaine grâce, presque aérienne. Maggie s'approcha d'un des piliers de basket et en détacha un morceau de papier. Elle le fourra dans sa poche et disparue. L'apparition avait été si fugace que ni Nick ni Will ne l'avait vue. Ils n'avaient pas été distraits, ils n'avaient pas eu le temps de la voir apparaître et disparaître, avalée par la foule des habitants du quartier. Quand ils s'approchèrent du pilier, ils trouvèrent une nouvelle lettre signée de la main d'Abélard.
Un quartier résidentiel de Philadelphie, 9h00
Lilly se réveillait doucement. La douleur lancinante à son côté ne lui avait pas laissé beaucoup de répit. Elle mit quelques minutes à se souvenir où elle était. Elle se redressa lentement et observa ce qui se trouvait autour d'elle. Scotty aimait le sport, basketball et baseball, ainsi que les automobiles. Il l'avait déjà étonnée lors d'une enquête en décrivant chaque détail d'une voiture. Ils avaient arrêtés le meurtrier d'une jeune femme disparue des années auparavant grâce à ses connaissances. Il y avait aussi quelques photographies accrochées au dessus de la petite table de chevet. Scotty était avec des jeunes gens, souriant. Une photographie attira particulièrement son attention. Scotty tenait par la taille une jeune fille brune. Ils souriaient et avaient l'air heureux.
… : C'est Elisa et Scotty avant qu'elle ne tombe malade.
Lilly sursauta et se retourna vers son interlocutrice. Rosa, la mère de Scotty, était entrée dans la chambre sans que celle-ci ne s'en aperçoive. Elle la fixait avec un air doux et protecteur. Elle avait l'air tranquille qu'ont les mères qui veillent sur leurs enfants et qui savent que rien ne leur arrivera tant qu'elles seront là. Rosa s'assit sur le bord du lit. Elle avait du faire ce mouvement anodin des dizaines de fois lorsque Scotty était enfant.
R : Il souriait tout le temps avant. Elle lui faisait du bien. Elle calmait son impulsivité, elle le tempérait.
L : Ils ont l'air heureux sur cette photo. Je ne l'ai jamais vu sourire comme ça.
R : Vous en êtes sûre ?
L : Comment ?
R : Il vous sourit comme il lui souriait. Vous lui faites du bien inspecteur Rush.
L : Lilly.
R : Très bien Lilly. Que diriez-vous de vous lever et d'aller prendre un bon petit déjeuner ? Et ne me dites pas que vous prendrez que du café parce que j'ai préparé des pancakes et un cake aux fruits.
L : Vous ne me laissez pas le choix ! Je vous suis !
Rosa et Lilly se dirigèrent vers la cuisine et discutant de tout et de rien. Lilly appréciait cette femme chaleureuse et douce mais qui avait l'air d'avoir un sacré caractère caché derrière cette façade de douceur. Elle aurait aimé avoir une mère comme elle. Arrivées dans la cuisine, Lilly remarqua la présence d'un nouvel inspecteur. Elle le connaissait vaguement. Il travaillait comme elle à la criminelle mais ils n'avaient jamais travaillé ensemble. Il était assis à table devant une tasse de café. Il la regardait fixement comme pour lire en elle. Après un bref instant, elle s'assit à son tour, face à lui, mais regardant Rosa s'activer dans la cuisine.
R : Vous prendrez du sucre Lilly ?
L : Non merci.
R : Un autre café inspecteur Dawn ?
D : Non merci madame. Content de voir que vous allez mieux inspecteur Rush.
L : Merci. Je devrai pouvoir reprendre le travail dans peu de temps.
R : Vous devriez penser à prendre soin de vous avant de penser à votre travail. Sirop d'érable sur vos pancakes ?
L : Heu…Oui, un peu.
R : Inspecteur Dawn, vous reprendrez bien un peu de cake ?
Il n'eut pas le temps de répondre qu'elle lui servit une grosse tranche de cake au fruit sous l'œil amusé de Lilly. Cependant, son petit sourire s'effaça bien vite en constatant que Rosa entreprenait de la gaver de gré ou de force. Elle lui servit deux fois des pancakes et entre chaque fournées elle lui donnait du cake. Lilly crut que son estomac allait exploser et remercia le ciel quand Rosa fut distraite de son entreprise de gavage par un appel téléphonique. Lilly se leva aussi discrètement qu'elle le put et regagna sa chambre. Elle s'allongea sur le lit et commença à réfléchir à un moyen de pouvoir aider ses collègues. Elle voulait que cette enquête soit bouclée au plus vite. Elle pourrait reprendre sa vie, son travail et cette surveillance cesserait. Elle s'endormit d'un sommeil agité.
… : Réveille toi…
Lilly poussa un cri, terrifiée. Elle sentit une main se poser sur sa bouche et le noir se fit.
Central de la police de Philadelphie, bureaux de la criminelle, 13h30
N : Bon Valens, t'es avec nous ?
Sc : Ouais, Nick, c'est bon !
St : Du nouveau ?
W : On n'a rien vu ! Absolument rien ! Un des gamins nous a dit que c'était une femme qui avait prit le papier.
Sc : Elle ressemblait à quoi ?
W : Le gamin dit qu'elle était blonde et grande. Autrement dit on a rien !
St : La scientifique est sur les lieux pour relever les empreintes. On aura peut-être plus de chance de ce côté. Valens, vous allez arrêtez de téléphoner !
Sc : Elle répond pas !
W : Lilly ? Elle dort peut-être. T'as essayé tes parents ?
Sc : Ouais. Ils étaient partis faire des commissions. Lilly est seule avec Dawn.
N : Dawn ? J'espère qu'elle va être vigilante parce que c'est pas une flèche ce type.
W : Merci de nous rassurer Nick !
Un coursier arriva à ce moment-là.
C : Inspecteur Valens ?
Sc : Oui, par ici.
C : Signez s'il vous plaît.
Scotty ouvrit la lettre qui lui était adressée. Il lut à haute vois la billet, stupéfait par son contenu.
"Il ne peut y avoir qu'un Abélard."
Chapitre 17
Central de la police de Philadelphie, bureaux de la criminelle, 13h30
"Il ne peut y avoir qu'un Abélard."
Personne ne bougea et il se passa une éternité avant que l'un d'eux n'ose briser le silence pesant qui s'était installé. Tous étaient perdus dans leurs pensées. Ils ne savaient quoi penser de cette phrase. Allait-il s'attaquer à Scotty ? Etait-ce une menace ? Il était clair que le tueur le mettait en garde. Il voulait Lilly et ne se laisserait pas impressionner par Scotty.
St : Il vous menace clairement Scotty.
Sc : Chef ! Il veut juste nous faire peur. Il pense qu'il va gagner du temps en nous effrayant.
St : Je pense que la menace est sérieuse Scotty. Vous devriez faire attention.
Sc : Je reste ici travailler. Si je pars on ne va plus avancer et on le bouclera jamais.
W : Le chef a raison Scotty. Tu devrais peut-être retourner chez tes parents.
Sc : Nan ! Il se fout de nous ! Il veut juste nous faire peur et nous ralentir. On ne va pas lui donner ce qu'il veut !
N : Ouais mais si tu rentrais juste pour aujourd'hui. Tu restes avec Lilly et en même temps vous faites des recherches tous les deux.
St : Nick !
N : Ben quoi ? Ca les occupera tous les deux…
W : Et Scotty sera chez lui avec l'inspecteur Dawn pour assurer la sécurité de sa famille.
St : Scotty, rentrez chez vous.
Sc : mais…
St : C'est un ordre !
Scotty saisit son manteau et se dirigea d'un pas vif vers les ascenseurs. Sa respiration était rapide, sa mâchoire se contractait, il appuya rageusement sur le bouton d'appel de l'ascenseur. Quand celui-ci arriva il disparut rapidement de la vue de ses collègues et amis.
Un quartier résidentiel de Philadelphie, 13h30
Sa respiration était haletante. Une douleur au côté se faisait sentir depuis plusieurs minutes si ce n'était pas des heures. La sueur perlait sur son front. Elle tenta de se débattre une nouvelle fois mais ce geste fut vain. Dans une ultime tentative elle essaya d'ouvrir les yeux mais de nouveau elle ressentit cette douleur lancinante derrière les yeux. Elle aurait voulu crier mais elle en était incapable. Elle se laissa alors doucement glisser dans l'inconscience, toutes forces l'abandonnant.
Quelque part dans Philadelphie
"Oh mon Héloïse ! Tu me manques tellement ! Sans toi ma vie n'a plus aucun sens…Je t'ai attendue pendant tant d'années et maintenant que je t'ai trouvée, tu te fourvoies avec un imposteur. Ton cœur est donc aveugle ? Mais je tâcherai de lui faire recouvrer la vue. Tout comme j'ai su te conquérir il y a des siècles de cela je saurait de conquérir à nouveau."
Il appuya son tête lourde de pensées contre un coussin. Ses yeux mi-clos fixaient un point invisible au sol. Il humecta sa lèvre inférieure en passant doucement sa langue sur celle-ci. A quoi pouvait-il songer en ce moment de calme. Son index traça un cercle sur l'accoudoir qu'il frappa d'un geste presque brutal avant de se lever. Il se dirigea vers une petite commode d'où il sortit une bouteille contenant un liquide ambré et un verre.
"Je bois à ta santé mon Héloïse."
Il bu quelques gorgées avant de toussoter de plaisir. Il reposa la bouteille ainsi que son verre à l'endroit où il les avait pris. Il saisit un poignard à la lame effilée et sourit. Il observa attentivement l'objet qui devait être de grande valeur. Il le fit tournoyer entre ses doigts avant de passer son index dessus. Une fine goutte de sang apparu et coula le long de la lame. Semblant satisfait il se dirigea vers une petite pièce où se trouvait une jeune femme blonde.
Central de la police de Philadelphie, bureaux de la criminelle, 17h30
Les inspecteurs travaillaient d'arrache pied depuis des heures. L'enquête avait pris un tour nouveau quand Nick avait découvert que plusieurs bâtiments de Kensington avaient brûlés deux ans auparavant.
N : Il s'agit de cinq bâtiments.
W : Tous pourraient être une excellente planque pour notre tueur. Ils sont tous inhabités, grands et personne ne s'aventurerait à l'intérieur.
St : Il faut que nous ayons plus d'éléments. Si nous investissons le quartier sans savoir où chercher notre tueur pourra prendre la fuite.
W : Si seulement Lilly avait pu nous donner plus d'éléments.
N : On pourrait peut-être l'interroger de nouveau.
St : Je le ferai…Mais j'attendrai demain. Laissons-lui un peu de répit.
Un quartier résidentiel de Philadelphie, 19h45
Scotty posa délicatement sa main sur son front. Il tenta de l'apaiser encore une fois. Il avait répété ce geste plusieurs fois au cours de l'après-midi. Des larmes comme un collier de perles coulaient le long de ses joues blanches. La fièvre s'était emparée du corps de la femme allongée sur le lit. Il remonta doucement la couverture et soupira.
… : Comment va t'elle ?
Sc : Aucun changement.
J : Elle murmurait dans son sommeil tout ç l'heure. Elle a parlé d'une église.
Sc : Je ne vois pas ce que ça pourrait être…
Le père et le fils restèrent silencieux. Ils veillèrent sur son sommeil pendant le reste de la nuit.
Chapitre 18
Un quartier résidentiel de Philadelphie
Lilly s'éveilla au petit matin. La fièvre de la veille était tombée pendant la nuit. Elle se redressa et s'assit. Elle observa la scène qui s'offrait à ses yeux. Scotty était endormi sur une chaise. Son père quant à lui occupait le petit fauteuil près de la fenêtre. Il ne faisait aucun doute que les deux hommes l'avaient veillée. Elle rejeta doucement les couvertures et se leva. D'un pas lent et quelque peu mal assuré, elle se dirigea vers la porte et quitta la pièce. Elle descendit au salon et n'y trouva personne. Elle savoura cet instant de solitude. Elle savoura le simple fait d'être vivante en ce petit matin d'hiver. Elle s'approcha de la fenêtre et regarda le blanc manteau neigeux qui recouvrait la ville. La blancheur immaculée de la neige l'apaisait. Tout était pur et beau. Il n'y avait plus aucune souillure visible. Elle posa son index sur la vitre et frissonna doucement au contact froid de celle-ci. Après quelques minutes à observer la rue, elle se retourna et décida de prendre un manteau et de sortir. Elle saisit le lourd manteau noir de Scotty et sortit sur le perron. L'air froid s'engouffra dans ses poumons, il lui gifla les joues et emmêla sa blonde chevelure. Le vent hivernal l'aspira de son souffle glacé. Elle frissonna violemment et resserra plus étroitement le manteau autour d'elle. Elle mit les mains dans ses poches. Ses longs doux caressèrent alors un morceau de papier. Curieuse, elle retira ses mains de ses poches et observa le mince morceau de papier blanc. Poussée par son instinct, elle le déplia et dû poser sa main sur sa bouche pour étouffer un léger cri. Elle entra précipitamment dans la maison et se précipita à l'étage. Elle ouvrit à la volée la porte de sa chambre ce qui eut pour effet de réveiller en sursaut Juan et Scotty.
Sc : Hein….Lil' ?
J : Vous êtes réveillée !
Sc : Déjà debout ? Tu n'es pas sérieuse….
L : Quand comptais-tu me le dire ?
Sc : De quoi parles-tu ?
L : Ne fais pas l'innocent !! Je te parle de la lettre de menaces !!
J : Comment ça ?!
Sc : Comment le sais-tu ?
L : Je… Je…
Sc : Elle est dans la poche de mon manteau … Tu as fouillé mes poches ?
L : Non… Je suis sortie prendre l'air et j'ai pris ton manteau. Je l'ai trouvé en mettant mes mains dans les poches.
Sc : Tu es sortie ? Tu avais de la fièvre et tu es sortie ? Lilly !!
L : Ne crie pas Scotty ! Je vais bien !
Sc : Non tu ne vas pas bien ! Tu dois te recoucher !
L : Non ! J'en ai assez d'être là à attendre que ça se passe ! Combien de temps cela va-t-il durer ? Jusqu'à ce que vous l'arrêtiez peut-être ?! Mais si vous ne l'arrêtez jamais ? Tu vas me garder enfermée ici à vie ?
Elle était à bout de souffle, les joues roses, les poings serrés, les larmes aux yeux. Plus que la fièvre, plus que ses côtes qui la faisaient souffrir, c'était cette attente qui la rendait folle. Ses puissants nerfs avaient craqué et sa colère, sa frustration, sa peur s'étaient d'un seul coup déversées en un flot ininterrompu. Scotty la regardait, incapable du moindre geste, hébété par ses propos. Il ne savait quoi répondre. Elle avait raison, il ne pouvait la garder éternellement caché mais il avait tellement peur de la perdre. Comment lui faire comprendre qu'il ne se remettrait pas de sa perte ? Il la regardait ne sachant que répondre, incapable du moindre geste pour la réconforter.
J : Et si nous descendions prendre un bon petit déjeuner. Allez, venez mes enfants.
Sans un mot, ils suivirent Juan Valens dans la cuisine familiale. Son épouse était déjà en train de s'affairer aux fourneaux, confectionnait cakes, pancakes et autres douceurs. Elle les accueillit joyeusement et se dépêcha de poser devant eux de quoi se restaurer. Les époux faisaient la conversation pour la tablée, essayant tant bien que mal de détendre l'atmosphère. Subitement Scotty prit la parole.
Sc : Tu as raison. Je ne peux pas te garder enfermée ici.
L : Quoi ?
Sc : Tu as raison Lilly.
L : Ecoute, j'ai eu tort de me mettre en colère tout à l'heure. C'est juste que cette histoire est en train de me rendre folle.
Sc : Moi aussi, ça me rend dingue…
L : Je vais rester ici. Au moins tu seras rassuré mais….Fais attention à toi.
Sc : Ne t'inquiète pas. On va finir par l'avoir. On a de nouvelles informations sur son éventuelle planque.
J : On va vous laisser parler de tout ça.
L : Non, ne partez pas ! On parlera de tout ça après le petit déjeuner.
Central de la police de Philadelphie, bureaux de la criminelle, 8h30
St : La scientifique vient d'appeler. Ce sont les empreintes de Margaret O'Neill.
W : Quoi !? Elle fait le coursier pour son violeur maintenant ?
N : Vu ce qu'elle prend, elle ne doit même pas savoir que c'est son violeur. Elle doit avoir le cerveau en bouillie.
St : Mais maintenant, nous savons sur qui nous devons focaliser notre attention. Ca avance du côté des potentiels endroits où il peut se cacher ?
W : On n'avance pas. Il faudrait qu'on aille sur place.
St : Mais si il nous voit débarquer, il va tenter de s'enfuir. Je vais aller voir Lilly pour essayer d'obtenir plus de renseignements.
N : Vous pensez vraiment qu'elle va se souvenir de quelque chose maintenant ?
W : Elle est secouée mais bon peut-être qu'elle va se souvenir d'un détail.
St : Continuez à chercher des pistes pour localiser Grant. Je vais chez les Valens.
Un quartier résidentiel de Philadelphie, 10h00
John Stillman pénétra dans le salon de la maison familiale. Deux de ses inspecteurs l'attendaient, assis sur le canapé, les yeux dans le vague. La jeune femme se mordait la lèvre inférieure. Elle semblait perdue dans ses pensées. Le jeune à ses côtés se tordait nerveusement les doigts.
St : Bonjour à vous.
L et Sc : Bonjour patron.
St : Comment allez vous aujourd'hui ?
L : Bien.
Sc : Mieux qu'hier.
St : Bien. Vous savez pourquoi je viens vous rendre visite ?
L : Dawn m'a balancée.
St : Comment ça ?
L : Non…Rien…Pourquoi êtes-vous ici ?
St : Nous avons besoin de votre aide Lilly. Il faut que vous essayiez de vous souvenir de l'endroit où vous étiez retenue.
Lilly releva la tête brusquement. Ses yeux étaient grands ouverts et les paroles moururent dans sa gorge. Scotty lui prit la main. Instinctivement, elle resserra sa main dans la sienne. Après plusieurs minutes d'hésitation, elle prit une profonde inspiration et commença à parler.
L : Il faisait froid et humide. Quand je me suis réveillée, j'avais les yeux bandés et mes mains étaient attachées. J'étais suspendue par les poignets au plafond ou plutôt à une sorte de crochet. Je ne sais pas…
Elle s'arrêta et attendit quelques minutes avant de poursuivre son récit.
L : Je n'ai pas vu à quoi j'étais suspendue. J'avais un peu de mal à garder mon équilibre. Il a passé plusieurs fois un objet métallique contre ma joue. Alicia était dans la pièce d'à-côté. J'ai tout entendu…J'ai l'impression que ça a duré des heures ! Elle criait tellement, sans s'arrêter…Elle le suppliait d'arrêter. Il venait me voir seulement quand elle était inconsciente….Je redoutais les silences. Je suis un monstre ! Je voulais qu'elle continue à hurler !
Elle dégagea sa main de celle de Scotty. Elle se prit le visage entre les mains et commença à sangloter violement. Il la prit doucement par les épaules et ramena tête au creux de son cou. Il la berça tout en lui caressant les cheveux.
Sc : Tu n'es pas un monstre…Tu étais terrifiée. Personne ne peut t'en vouloir d'avoir pensé ce genre de choses. Lilly, tout va bien maintenant…
Elle resta blottie contre lui et pleura pendant de longues minutes. Elle n'avait pas parlé de sa détention depuis se fuite. Elle avait fait des cauchemars mais n'avait rien dit. Elle n'avait pas laissé le mal sortir et crever l'abcès maintenant lui semblait si difficile. Elle aurait voulu tout enfouir au fond de sa mémoire et ne plus jamais en parler. Après un long moment, elle prit son courage à deux mains et se lança dans un monologue. Elle ne voulait pas être interrompue sous peine de perdre toute force.
L : Il m'a détachée au bout d'un moment et transférée dans une autre pièce. Je n'entendais plus Alicia crier. Il m'a battue plusieurs fois. Je ne sais pas combien de temps ça a duré. Les jours et les heures se mélangeaient. J'ai essayé de ne pas crier. Plus on crie, plus les coups sont violents. Au bout d'un moment mon attitude a commencé à le lasser. Il m'a alors raconté e qu'il avait fait à Alicia et j'ai eu si peur pour ma vie ! Il a prit un couteau et il m'a…tailladée. J'avais tellement mal…Je l'ai entendu sortir un jour. J'ai réussi à faire glisser le bandeau de mes yeux et je suis parvenue à me détachée. J'étais dans une pièce avec une sorte d'autel au milieu. Il y avait des escaliers derrière. J'ai monté les marches jusque dans une sorte d'église. Je suis sortie et j'ai couru aussi vite que je pouvais. Je ne me souviens de rien d'autre. Quand je suis revenue à moi, j'étais à l'hôpital.
La jeune femme se blottie dans les bras de Scotty, épuisée. Elle ne voulait plus jamais avoir à raconter son histoire. Elle voulait oublier maintenant. John Stillman se leva et serra la main de Scotty.
St : Merci pour votre aide Lilly. Reposez vous maintenant. Scotty, prenez soin d'elle.
Le lieutenant quitta la maison des Valens et se dirigea vers sa voiture. Une fois à l'intérieur, il inspira profondément. Il s'accorda un moment de répit avent de téléphoner au reste de son équipe pour les tenir informer des derniers développements de l'enquête.
Chapitre 19
Un quartier résidentiel de Philadelphie
Lilly regardait par la fenêtre. La neige tombait depuis des heures. L'hiver n'en finissait pas cette année. Le froid continuait de les mordre et se jouait bien de leurs épais vêtements, s'insinuant au plus profond d'eux ? Mais était ce vraiment le froid hivernal qui les saisissait impitoyablement ? Elle aurait voulu sortir de cette pièce étouffante. Elle se sentait captive dans cette maison pourtant accueillante. Elle voulait vivre. Elle voulait courir dans la neige à en perdre haleine. Sentir le vent lui fouetter le visage. Sentir ses poumons se déchira sous les coups de l'air glacial pénétrant des ses poumons. Se sentir vivante…Mais était-elle vivante ? N'était-elle pas un zombie en réalité. Depuis son enlèvement, elle ne pouvait plus rien décider par elle-même. Elle était devenue un pantin se courbant aux volontés d'autrui. Elle n'était plus Lilly. Elle était une copie. Une autre volonté avait pris possession de son corps et elle la regardait évoluer dans le monde, son monde. Elle aperçut Scotty quitter la maison. Il démarrait sa voiture. Il jetait un regard vers sa fenêtre. Lui faire un signe de la main pour donner le change. Maintenant il disparaissait, avalé par le rideau neigeux. Elle voulut crier. Le cri mourut sur ses lèvres. Les larmes se mirent à couler. Elle voulait sortir. Elle voulait sentir la vie couler en elle.
Central de la police de Philadelphie, bureaux de la criminelle, 14h00
N : Salut Scotty ! Ca va ?
Sc : Mouais, ça va. Lilly vous passe le bonjour.
W : Comment va-t-elle ?
Sc : C'est pas la grande forme. Elle a parlé à Stillman de ce que lui a fait cet enfoiré. Ca l'a remuée.
W : Tu aurais du rester avec elle.
Sc : Nan, elle voulait être seule. De toute façon, elle va sûrement passer la journée couchée. Elle a eu de la fièvre hier. Il faut qu'elle se repose.
N : Le principal c'est qu'elle reprenne des forces ! Bon, on te fait un rapide topo de ce qu'on sait.
Sc : Le chef m'a fait un résumé de ce que vous saviez ce matin. Du nouveau ?
N : Ouais ! On a réduit notre périmètre à cinq bâtiments. C'est un coin de Kensington qui a brûlé il y a sept ans de ça.
Sc : Il y a une église ?
W : Pas une mais deux. La première était en chantier quand il y a eu un premier incendie. La seconde a été construite au même emplacement.
Sc : Ca serait la planque de Grant.
N : On vérifie avec nos indics mais il est fort plausible que ça soit ça.
Sc : On va se le faire cet enfoiré !
St : Non pas vous Scotty. Vous rentrez chez vous. Vous ne devriez même pas être ici.
Sc : Chef !
St : Je ne veux pas le savoir c'est non ! Un nouvel inspecteur va prendre votre place. Scotty !
Mais celui-ci ne l'écoutait plus. Il était parti en direction de la salle de repos faisant claquer sur son passage la porte vitrée. Il était en colère. Sa rage l'étouffait, l'aveuglait, le prenait à la gorge et serrait à vouloir l'étrangler. Il devait faire partie de cette descente. Il le fallait pour elle, pour lui, pour eux, pour qu'ils puissent s'en sortir. Il le fallait pour qu'il voit dans ses yeux une étincelle de vie et non plus cette mer calme, vide, morte. Lui rendre le goût à la vie et l'envie de lutter telle était sa mission. Mais comment faire lorsque personne ne comprend cela ? Il voulait crier mais aucun son ne franchit la barrière de ses lèvres.
Une rue de Philadelphie
Elle marchait dans la neige depuis des heures. Elle ne savait pas où elle allait. Ses jambes la portaient au gré de leurs fantaisies. Son pas n'était pas rapide. Elle semblait se promener. En fait, elle errait dans la grande ville. La première capitale des Etats-Unis contemplait sa lente dérive vers un endroit inconnu. Il lui était égal de sentir le froid contre sa peau. Elle marchait comme dans un rêve.
Un quartier résidentiel de Philadelphie
Lilly s'était détournée de la fenêtre. Son esprit embrumé par la fièvre et la douleur peinait à se concentrer. Qu'avait-elle dit à Stillman ce matin ? Lui avait-elle dit qu'il lui avait semblé reconnaître le carillon d'une église dans le lointain ? Le quartier qui l'avait vu naître. Elle en était persuadée à présent. Il était dans le quartier de son enfance. Il était là-bas et elle devait y aller. Elle avait laissé quelque chose d'important là-bas. Sa vie.
Sa main s'approcha du téléphone. Elle attendit un moment. Personne ne semblait être près d'elle ou dans une pièce voisine. Après quelques minutes d'hésitation, elle composa un numéro de téléphone.
Le taxi arriva dix minutes plus tard. Elle pressa le pas et s'installa à l'arrière. Elle ordonna au chauffeur de partir sans plus attendre.
Central de la police de Philadelphie, bureaux de la criminelle, 17h00
Sc :Inspecteur Valens.
Rosa : Scotty ! Elle est partie !
Sc : Maman ! Je ne comprends rien !
R : Lilly a pris un taxi ! Je ne sais pas où elle est allée !
Sc : Quoi ?
Scotty raccrocha sans attendre la suite. Il se rua dans les bureaux et il hurla à ses collègues.
"Lilly est parte ! Elle va essayer de retrouver le tueur !"
Chapitre 20
Quartier de Kensington, Philadelphie, 18h00
Le taxi s'était arrêté face à une petite épicerie. Lilly paya et descendit du véhicule. Le chauffeur démarra et elle fût bientôt seule dans la grande rue déserte. Les environs étaient calmes. Les habitants du quartier devaient être chez eux, protégés du froid. Elle eut un faible sourire à cette pensée. Non, personne n'avait chaud ici. On restait chez soi en espérant garder un peu de chaleur à l'intérieur sans pour autant y parvenir.
Flash back
Une fillette blonde soufflait sur ses mains rouges. Elle avait froid cependant elle n'accélérait pas son pas. Le froid était un ami intime depuis bien des années maintenant. Ici, dans cette grande rue, un sentiment de fragile sécurité lui gonflait le cœur. L'illusoire sensation que rien ne pouvait l'atteindre la rassurait. Elle tourna au coin et se trouva face à un petit kiosque. Encore quelques mètres et elle devrait affronter un autre ennemi.
Une fillette courut vers elle. Ses cheveux bouclés, mal coiffés, dépassaient de son bonnet miteux. Son souffle formait un petit nuage qui la précédait. La fillette blonde s'arrêta et attendit que la plus jeune des deux arrive à sa hauteur. Lorsque l'enfant s'arrêta devant elle, elles se sourirent.
"Dis Lil', tu peux y aller à ma place ? J'ai froid."
Sans un mot l'aînée des sœurs prit le billet des mains de sa cadette. Elle lui sourit une dernière fois avant de faire demi-tour. Sa ballade hivernale était prolongée. Quelques minutes de sursis et de chaleur chez l'épicier. Après, il faudrait rentrer et affronter une autre sorte de froid.
Fin du flash back
Elle fit quelques pas et dépassa la petite épicerie. Elle fit encore quelques mètres et tourna à l'angle. Elle aperçut un petit kiosque couvert de graffitis. Elle continua son chemin et longea les façades d'immeubles. Tout était aussi gris et sale que dans son souvenir. Le temps avait arrêté son vol au dessus de ce quartier. Rien ne devait changer. Elle s'arrêta soudain, cligna des yeux, puis, reprit sa marche. Non, il n'y avait pas de fillettes dans la rue.
Elle marcha ainsi pendant une heure, ignorant la neige qui s'était remise à tomber. Tout à coup, un sourire anima son visage. Elle semblait avoir trouvé ce qu'elle cherchait. Elle s'arrêta et prit une profonde inspiration. Elle observa les lieux. Tout était calme. Déjà, lorsqu'elle était enfant, peu de gens fréquentait cet endroit un peu en retrait. Maintenant que le lieu n'était plus qu'un enchevêtrement de planches brûlées, cendres, morceaux de béton, toute forme de vie s'emblait avoir disparue. Pourtant, le lieu n'était pas désert et le calme ambiant était un odieux mensonge. Elle ferma les yeux pour les rouvrir presque aussitôt. Elle ne pouvait pas se laisser aller. Pas encore.
Une rue de Philadelphie
La frêle silhouette s'immobilisa. Aucune surprise ne vint troubler les traits du maigre visage. Nul n'aurait pu dire si elle était surprise, en colère ou triste de voir une jeune femme immobile regardant l'antre de son tortionnaire. Elle observa la jeune femme. Elle avait de longs cheveux blonds. Elle était vêtue d'un manteau noir, d'un pantalon gris et de chaussures noires. Maggie pensa qu'elle devait être belle. Elle le devinait sans peine.
Central de la police de Philadelphie, bureaux de la criminelle, 19h00
Deux heures s'étaient écoulées depuis que Scotty avait appris le départ de Lilly pour un lieu inconnu. Il tournait en rond, se passant de temps à autre la main sur la nuque. Will le regardait d'un œil inquiet. Il savait qu'aucune parole ne mettrait fin à son angoisse.
_"Nous avons une piste. Lança Nick tout en pénétrant dans la pièce. Un chauffeur de taxi a déposé Lilly à Kensington. On a déjà envoyé une patrouille sur les lieux.
_Attends Nick. C'est pas loin du supposé repère de notre suspect. Will joignant le geste à la parole lui désigna deux points sur une carte.
N : Il aurait fallu qu'elle marche environ une heure pour y aller. Avec ce temps…
St : C'est son quartier. Elle a grandit là-bas. Elle connaît certainement des raccourcis. Bien Will, Nick et moi allons voir si elle se trouve près de l'église. Quant à vous Scotty vous allez avec Moore là où le taxi l'a déposée.
Sc : Chef !
St : Ne discutez pas Scotty !"
Tous quittèrent la pièce. Ils se dirigèrent ensuite vers les parkings et quittèrent le central au volant de leurs véhicules.
Une rue de Philadelphie, 19h00
Maggie avança doucement la main et effleura du bout des doigts les cheveux soyeux. Lilly sursauta et fit volte face. Elle étouffa un léger cri de surprise, peut-être de peur et de soulagement mêlés aussi. L'heure de l'affrontement n'était pas encore arrivée.
_"Vous ne devriez pas être ici. Partez avant qu'il vous voit.
_Je suis inspecteur. Je suis venue pour l'arrêter.
_Rien ne l'arrêtera…Jamais…Il est Satan."
Maggie passa à côté de Lilly. Elle fit mine de la bousculer. Peut-être l'avait-elle bousculée mais son corps amaigri n'avait pu exprimer aucune violence. Lilly la regarda, interdite, s'éloigner. Elle n'était pas certaine de ce qu'elle voulait faire. Fuir ? Rester ? Affronter seule son tortionnaire ? Appeler de l'aide ? Elle soupira. Non, elle ne pouvait pas partir en laissant Maggie derrière elle. Elle composa le numéro de son meilleur ami, son co-équipier, l'homme de sa vie.
Chapitre 21
Elle raccrocha avant que Scotty décroche. Elle composa rapidement un message écrit et le lui envoya. Le son de sa voix aurait pu alerter le tueur. Elle ne voulait pas prendre le risque d'être découverte. Elle remit son téléphone dans sa poche et inspira profondément. L'air était soudain devenu lourd et irrespirable. Que venait-elle faire en ce lieu de perdition ? Elle avait envie de fuir mais une force presque surnaturelle l'en empêchait. Elle ne pouvait faire demi-tour. Il était trop tard pour cela. Doucement, elle avança vers l'église en ruine.
Maggie était restée à la porte du bâtiment. Elle avait espéré que cette femme parte. Que venait-elle faire ici ? Elle était en vie alors à quoi bon revenir ici. Elle avait pourtant eu peur durant sa captivité. Elle avait pleuré, saigné, grelotté de froid et prié pour qu'on vienne la libérer. Alors pourquoi revenir ? Elle ne savait pas bien quoi penser de cette étrange femme blonde. Cependant, dans les brumes de son esprit, un raisonnement essayait de se frayer un chemin. Elle aussi était revenue. Pourquoi revenir auprès de son bourreau si ce n'est pour essayer de lui reprendre ce qu'il vous a volé ? Elle n'avait jamais eu la force de se révolter face à lui et au lieu de lutter, elle avait courbé l'échine tel un chien docile.
Lilly atteint la porte. Maggie la lui tint ouverte avant de la refermer discrètement derrière elles. Elle montra le fond de la pièce à Lilly. Celle-ci reconnu l'escalier par lequel elle avait émergé de cet enfer. Elle allait se diriger vers celui-ci quand Maggie exerça une légère pression sur son bras tout en faisant un mouvement négatif de la tête. Elle entraîna l'inspectrice du côté opposé de l'église en remontant l'aile gauche. Elles passèrent de l'autre côté du chœur et elles furent dissimulées par un triptyque de bois et quelques ruines brûlées. Maggie lui fit signe d'attendre le moment propice pour entrer en action. Elles attendirent ainsi pendant plus d'une heure.
Des pas résonnèrent enfin. Un pas lent. La foulée régulière sans aucune marque de précipitation se rapprochait. Mais il sembla aux jeunes femmes qu'elle s'éloignait d'elles. Puis, après un instant d'arrêt, elle entendirent le pas de cette personne dans les escaliers. Les sons résonnaient, rebondissant sur les murs. Un long moment passa avant que Lilly ne se décide à faire un mouvement. Maggie la suivit. Il n'y avait ni crainte ni aucune autre émotion dans son regard. Elle guida Lilly le plus silencieusement possible à travers le bâtiment. Arrivées devant les escaliers, elle lui fit signe d'ôter ses chaussures. Silencieuses, elles descendirent vers les ténèbres.
Une rue de Philadelphie, au même moment
Les voitures des inspecteurs filaient à vive allure à travers la ville. Giro fards allumés et sirènes hurlantes, les voitures fendaient la nuit froides. La neige s'était remise à tomber depuis qu'ils avaient quittés le central. D'épais flocons ralentissaient leur avancée. Cependant, personne ne voulait ralentir. Une force les poussait à aller toujours plus vite.
Une église abandonnée à Kensington
Parvenues à l'étage inférieur, elles prirent un moment pour analyser ce qu'elles voyaient. Maggie connaissait les lieux mais il semblait à Lilly qu'elle les voyait pour la première fois. Tout semblait différent à présent. Maggie saisit la main de l'inspectrice et l'entraîna dans une petite pièce obscure. Elle lui posa un doigt dur les lèvres pour lui faire garder le silence. Puis, avant que Lilly ne puisse comprendre quoique ce soit, elle la poussa violement contre une table. La tête de la jeune femme heurta celle-ci et elle perdit connaissance.
Il sursauta pour la première fois de sa vie. Il n'était plus aussi tranquille qu'auparavant. Il ne trouvait plus la paix depuis elle…Depuis Lilly. Il tendit l'oreille et se détendit lorsqu'il vit la silhouette de Maggie apparaître dans l'embrasure de la porte. Il se retourna et saisit son verre. Il ne fit pas attention à elle. Il ne fit plus attention à rien désormais. Ses yeux se fermèrent et des larmes coulèrent le long des joues pâles de la jeune femme.