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Et si...

Série : Cold Case
Création : 26.03.2010 à 09h29
Auteur : Genna 
Statut : Terminée

« Imaginons que les affaires classées n'existent pas... Et imaginos que la Philly Team ne soit pas ce qu'elle est dans la série... Si, si, imaginez » Genna 

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20 janvier 2008, bureau de la criminelle, Philadelphie.

- Et bas, il n’y a pas grand monde aujourd’hui ! Remarqua Nick qui venait d’arriver.

- Non, lui répondit Lilly. Il n’y a que moi, et le boss qui est dans son bureau.

- Pas d’affaires ?

- Non. Mais la journée ne fait que commencer, tu sais.

- Le week end fut bon ?

- La routine. Kite et moi (oui Lilly serait toujours avec Kite) avons été au cinéma.

- Tiens, le cinéma… Et quoi d’autres ?

- Tu es curieux ! Fit Lilly. Elle n’aimait pas trop parler de sa vie privée. Et toi ?

- Moi ? Et bien je me suis encore disputé avec mon proprio ! Il estime que je ne le paie pas assez vite selon lui !

- La routine, quoi !

 

Kat et Jeffries arrivèrent à leur tour. Lilly servit tout le monde en café, et s’assit à son bureau. Ils n’eurent pas longtemps pour déguster leur boisson revigorante, Stillman sortit de son bureau.

- Bonjour, nous commençons la semaine très fort ! Je viens de raccrocher d’avec les stups… Il y a une affaire pour nous !

- Une affaire qui concerne la crim ? Demanda Will.

- Ernesto Carlton a été retrouvé mort ce matin !

- Quoi ? Le dealer et leader du gang des Chicos ? S’exclama Kat. Manny ne doit pas être très content. Je me rappelle qu’il avait passé un deal avec lui. On le laissait tranquille, si lui de son côté restait calme et assez clean.

- C’est courant ça de copiner avec des dealer ? Demanda Nick.

- Aux stups, oui, remarqua Kat. C’est comme à la crim. On passe bien des marchés avec des…

- Bref, Manny demande donc à ce qu’on le rejoigne sur la scène du crime. Dans la ruelle du central ?

- Quoi ? Demanda Lilly. Vous pensez à un règlement de comptes ?

- C’est ce qu’il faut qu’on détermine, je pense. Rush et Miller, vous venez avec moi. Manny vous connaît, fi-il à Kat.

 

Ils descendirent donc et sortirent dehors, et se dirigèrent vers les derrières du bâtiment abritant les locaux de la police de Philadelphie. Lilly s’approcha de la scène de crime, qui avait été signalée et entourée de ruban. Elle le souleva, s’avança et s’agenouilla au niveau du corps d’Ernesto qui avait été recouvert d’un plastique. Le légiste finissait de faire le constat. Il donnait tous les éléments à un inspecteur qui notait sur son carnet les éléments. Elle s’approcha d’eux et se présenta.

- Inspecteur Rush, Criminelle. Fit-elle en sortant sa plaque. Alors qu’avons-nous ?

- Homme de 25 ans, Latino-américain, tué de 5 coups de couteau dans l’estomac, lui répondit l’inspecteur en détaillant la jeune femme.

- Et vous êtes ? Demanda Lilly agacée par l’attitude qu’il avait pris.

- Désolé ! Scott Valens, Inspecteur aux stups. Je pensais que mon chef vous avait parlé de moi, poursuit-il avec un petit sourire charmeur.

- Et bien non ! Mais, maintenant que je sais qui vous êtes, je vous signale que je m’adressais au légiste… Répondit-elle décontenancée.

- Hey Valens, t’as pas perdu tes habitudes, à ce que je vois ? Lança Kat. Besoin d’aide Lilly ? (J’ai décidé de faire comme si Kat et Scotty avaient fait équipe, avant qu’elle n’arrive à la criminelle).

- Je te remercie Kat, je me débrouille !

- Ca ne m’étonne pas de toi, fit-elle en s’approchant. Hey, Stan ! Contente de te revoir, dit-elle au légiste. Alors ?

- Salut Kat ! La mort remonte à environ 5 heures. Mais je pense qu’il n’a pas été tué ici. Quelqu’un l’a sûrement attaqué et puis l’a jeté d’une voiture ici.

- Une livraison avec paquet cadeau, fit Scotty ironiquement. Sympa le cadeau.

- Ah Ernesto… Pourquoi n’as-tu pas respecté tes engagements ? Demanda Kat en regardant le corps.

- Tu le connaissais ? Demanda Lilly.

- Oui, il nous a aidé à coffrer de sacrés dealer…

- Il nous a permis de fermer ce bar très louche sur Kensignton, continua Scotty. Je suis content de rebosser avec toi Miller, tu sais.

- Le plaisir est partagé Scotty, mais…

- Avez-vous des soupçons sur qui aurait pu commettre ce meurtre ? Coupa Lilly, en s’adressant à Scotty.

- La liste est longue, hélas, répondit-il. Personne ne voyait d’un très bon œil, son alliance avec nous !

 

Elles s’éloignèrent en s’excusant. Lilly en profita pour questionner Kat.

- Ne me dis pas que tu as bossé avec lui ?

- Si, pourquoi ? Répondit-elle étonnée.

- Attends, t’as remarqué ! A quoi cela lui sert de faire son numéro de charme à tout le monde ?

- Ca ? C’est sa marque de fabrique ! Si un jour, Scotty ne charme pas, c’est qu’il est malade, ou énervé. Tu verras, on s’y fait à la longue, et n’hésite pas à le rembarrer. Et puis quand on le connaît…

- Et bien justement, je n’ai pas très envie de le connaître !

 

10 minutes plus tard, Manny et Scotty étaient assis à un bureau de l’open office de la crim. Vera leur déposa une tasse de café, en s’excusant du goût infâme de cette boisson.

- Ne vous inquiétez pas, je pense qu’on a la même chez nous, fit Scotty en riant.

- Alors, par où commençons-nous, chef ? Demanda Lilly.

- Il faudrait qu’on aille interroger les copains d’Ernesto, répondit Manny. A mon avis, ils doivent savoir quelque chose ? Poursuit-il à l’intention de Stillman.

- Tu crois qu’ils se confierait à des flics de la crim ? S’enquit celui-ci.

- On peut y envoyer Valens ! Ca ne te dérange pas Scotty ?

- Non, ils ont confiance en moi ! Répondit-il assez sûr de lui.

Lilly soupira. Il l’exaspérait. Elle pria pour que Stillman envoie Kat, mais il la désigna. Elle se résigna donc et ils sortirent du bureau sous le regard goguenard de Vera.

- J’en connais un, qui ne va pas passer la journée, fit-il en souriant.


Genna  (26.03.2010 à 09:32)

Lilly et Scotty montèrent donc en voiture. Il lui dit qu’il conduisait, non pas parce qu’il n’avait pas confiance en la conduite féminine, mais parce qu’il connaissait la route. Elle l’ignora, et se plongea dans le rapport. Il la dévisagea quelques instants et démarra la voiture. Lilly essaya de se concentrer, mais son esprit était ailleurs. Elle allait lui demander ce qu’il attendait, lorsqu’il démarra. Ils roulèrent pendant 10 minutes et arrivèrent à destination.

- Bon, je pense que pour les questions, au début, il vaudrait mieux que je leur parle. Dit Scotty.

- Et pourquoi ça ? Demanda Lilly. Je suis très capable de mener un interrogatoire, vous savez !

- Je n’en doute pas, mais…

- Ecoutez, je vais être franche ! Ce petit air là, sur moi ça ne marche pas. Vous pensiez m’impressionner, mais vous avez tout faux ! Alors là, vraiment tout ! Je suis là pour bosser, par pour copiner ou autre chose. Donc si vous, de votre côté, vous avez envie de faire agir votre charme, je pense que ces demoiselles, seront ravies de vous voir, dit-elle en désignant des prostituées sur le trottoir.

Elle sortit de la voiture et se dirigea vers la porte d’un petit immeuble. Scotty la regarda sans bouger. C’était la 1ère fois qu’une fille le rembarrait aussi sèchement. Impressionné, il sortit à son tour et se dirigea lentement.

- Je pense qu’il vaudrait mieux que vous parliez en 1er, fit Lilly en se retournant. Vous le dîtes si bien… Ils ont confiance en vous, non ? Fit-elle ironiquement.

 

- Hey ! Amigo, como te vas ? Demanda un homme en ouvrant à Scotty.

- Muy bien ! Je te présente l’inspecteur Rush, de la criminelle !

- Vous venez pour Ernesto ? C’est vraiment nul ce qui lui est arrivé.

- Comment savez-vous que nous venons pour…

- Tout se sait dans ce milieu, ma p’tite dame !

- Hey, du calme Marco, fit Scotty. Marco est le bras droit d’Ernesto, dit-il à Lilly. Il…

- Il prend le relais, maintenant que son chef n’est plus de ce monde, continua t’elle.

- Vous êtes perspicace, inspecteur Rush, remarqua Marco.

- Ah, oui ? Mais vous n’êtes pas mal non plus dans le genre, répondit-elle. Ernesto, mort, vous avez une promotion !

- Attention, Valens ! Si elle me menace… Jamais je ne ferais de mal à Ernesto ! C’est mon pote ! On est comme des hermanos ! Vous avez des frères et sœurs, Inspecteur Rush ?

- Je ne vois pas trop…

- Un conseil, répondez Lilly ! Souffla Scotty à l’oreille de la jeune femme. Ils se regardèrent quelques secondes.

- Une sœur, répondit Lilly après un temps d’hésitation que Marco remarqua. Mais nous ne sommes pas très proches. Peut-on entrer pour parler un peu ?

- Mais faites donc ! Du calme les gars, fit-il en regardant derrière lui. Ils sont là en amis !

Il les laissa entrer. Lilly passa la 1ère, et sentit le regard de Marco sur elle. Il la détailla et se retourna vers Scotty, avec un clin d’œil. Il lui glissa discrètement à l’oreille un « bien roulée » qui fit sourire l’inspecteur. Lilly profita de ce court moment d’accalmie pour se reprendre. Elle avait été troublée par l’attitude de Scotty. Elle l’avait pris pour quelqu’un de prétentieux, mais le conseil qu’il lui avait donné, dévoilait une autre facette de sa personnalité. L’aurait-elle mal jugé ?

 

Après 20 minutes d’entretien, les 2 inspecteurs ressortirent de l’immeuble. Lilly décida de prévenir son chef sur ce qu’ils avaient appris. Ernesto avait quasiment signé son arrêt de mort en s’alliant avec les stups. D’ailleurs, Marco avait paru assez nerveux pendant qu’ils étaient là. Comme s’il craignait que quelque chose n’arrive. Elle lui dit aussi qu’ils avaient une piste. Un certain Timothy Mc Arthur, surnommé Timmy. Timmy était un des revendeurs attitré du gang. Scotty avait essayé de faire dire à Marco où il habitait. Il avait donné l’adresse en voyant que Lilly commençait à s’impatienter. Stillman lui dit qu’il envoyait Jeffries et Kat à l’adresse qu’elle avait eue. Une fois dans la voiture, elle décida de demander des comptes.

- Je vous signale que ce sont des… Des criminels ! Et vous, vous faites comme si c’était vos copains. On est là pour bosser pas pour passer le temps.

- Il y a une chose que vous devriez savoir sur ces gangs et leurs membres. On les respecte, ils nous respectent. On leur cherche des problèmes, ils nous en trouvent. Nous étions là pour parler avec eux, et savoir qui avait bien pu chercher des problèmes à leur chef. Si on les avait agressé, je ne serais pas dans cette voiture à cet instant, à essayer de vous prouver que je suis un bon flic ! Maintenant, si vous avez d’autres questions, je suis disposé à y répondre.

- Je…

- Manny ne m’aurait jamais laissé y aller seul avec vous, s’il n’avait pas confiance en moi ! Alors, je sais que vous ne m’appréciez pas beaucoup, mais ayez au moins la gentillesse de me faire confiance quant à mon job ! D’autres questions ?

Devant le silence de Lilly, il démarra. Lilly de son côté essaya de se faire discrète. Et dire qu’elle allait passer la journée entière avec lui. Elle s’excusa, et lui dit qu’il ne fallait pas lui en vouloir, elle n’avait pas l’habitude de ces méthodes.

- Normal, lui répondit-il. Je bosse aux stups, et vous à la crim ! Vos clients à vous, sont presque tous morts ! Les nôtres jouent avec le feu, ça je vous l’accorde ! Poursuit-il avec un sourire satisfait.

- Mais nous avons en commun les rapports humains. C’est vrai que nous devons nous mettre à la place des familles des victimes, mais vous…

- Si vous souhaitez passer la journée entière à trouver toutes les différences entre nos 2 sections, je crois que ce soir nous y sommes encore.

Lilly sourit. Il avait raison.

- Enfin, je vois un sourire ! Je pensais que vous me détestiez.

- Et si, on se concentrait sur l’affaire, plutôt ! Répondit Lilly en le regardant.

Il lui sourit en retour. Elle détourna le regard et lui fit le résumé de sa conversation avec Stillman. De temps à autres, il lui lançait un petit regard. Elle était silencieuse, et relisait encore une fois le rapport. Il avait entendu dire qu’elle n’abandonnait jamais une affaire. Même si tout jouait contre eux, elle y croyait toujours. Elle était un peu comme lui. Après son échec dans l’affaire Ana Castilla, la passeuse de drogue qui avait été retrouvée morte, il avait eu l’idée de quitter les stups. Mais son chef l’avait épaulé, et depuis dès qu’il sentait qu’une enquête piétinait, il redoublait d’efforts pour la résoudre. Ils arrivèrent donc au central. Vera les salua. Scotty lui fit un signe de tête, tandis que Lilly s’assit à son bureau. Scotty se dirigea vers le bureau de Stillman, Manny l’ayant vu. Nick les regardait tour à tour, et soupira. Lilly se moqua en lui disant que pas de chance pour lui, ils ne s’étaient pas entretués !


Genna  (27.03.2010 à 08:29)

Jeffries et Kat revinrent quelques heures plus tard, accompagnés de Timmy. Celui-ci fut placé directement en salle d’interrogatoire. Lilly demanda l’autorisation de l’interroger. Kat se proposa pour l’aider. Avant d’y aller, elle la prit à part et lui demanda si elle allait bien.

- Oui, je vais bien ! Ne t’inquiètes pas, je ne l’ai pas tué !

- Mais l’idée t’a effleuré ? Avoue ? Demanda Kat avec un petit sourire.

- Comment t’as pu bosser avec lui ? Ca c’est un truc que je ne comprends pas ? Pendant 5 ans en plus ! Tu n’étais pas folle après…

- Lil ! Il n’est pas méchant ! Et surtout son attitude de dragueur, n’est qu’une façade, et il sait être sérieux quand il le faut ! Tu sais, je n’aurais pas été capable de faire ce qu’il fait !

- Il fait quoi ?

- C’est Scotty qui a tenu à établir des relations courtoises avec eux ! Plus ils ont confiance en nous…

- Plus on a de facilité à les coincer ! Je sais, j’ai plus ou moins eu le droit à…

- C’est un bon flic ! Lil ! Sans doute le meilleur des stups !

Elles entrèrent dans la salle d’interrogatoire. Scotty et Vera étaient dans l’aquarium. Ils avaient eu quasiment le même genre de conversation.

- Lilly prend son boulot très à cœur ! Dit Vera. Nous aussi, mais il faut dire qu’elle… Elle est beaucoup plus déterminée que nous, faut se l’avouer.

- J’ai entendu parler de ça. L’affaire du petit Jeff l’année dernière.

- Oui, c’est quasiment elle qui a résolu l’affaire ! Même Stillman avait décidé d’abandonner. Lilly de son côté, continuait à enquêter. Elle a un défaut et une qualité en même temps. Elle est sacrément têtue ! Essayez de lui faire dire quelque chose qu’elle ne veut pas dire, et après on en reparlera.

- C’est ce qui fait qu’elle est sans doute l’une…

- Des meilleurs ! Oui ça, vous pouvez le dire, acquiesça Nick.

 

- Alors Timmy, commença Kat. Je vous l’avais promis. Vous ne nous disiez rien, il fallait bien qu’on sache quelque chose. Je regrette juste le fait que vous soyez dans cette salle !

- Que voulez-vous que je vous dise d’autre ? Répondit le jeune homme. Quoique je dise, j’irais en taule !

- Vous savez, si vous coopérez, commença Lilly, le jury sera sûrement plus compréhensif à votre égard.

- Vous ne comprenez pas…

- Qu’est-ce qu’on ne comprend pas Timmy ? Demanda Kat.

- Tout… Si seulement vous saviez…

- Justement, on ne sait rien, l’interrompit Lilly. Je vous promets que…

- Alors dîtes à ces personnes de sortir de la pièce, fit-il en désignant la vitre sans teint.

- Ca, je ne le peux pas, fit-elle. Que vous donnait Ernesto en contrepartie de…

- Sa protection ! Je…

Timmy commençait à bouger dans tous les sens, sur sa chaise. Il s’énervait. Lilly le remarqua.

- Quoi ? Qu’avez-vous ?

- Il est en manque, fit Scotty à Vera derrière la vitre.

- Vous êtes sûr ? Lui demanda Nick.

- Il cherche ses mots, il ne reste pas en place, et il va bientôt se mettre à trembler et à avoir froid ou chaud, il va demander une pause pour qu’il se reprenne.

- Et vous devinez ça seulement en regardant un…

- Et vous, vous réussissez bien à voir quand un suspect vous ment, seulement en le dévisageant.

- Timmy, qu’est-ce qu’il y a ? Demanda Kat.

- Non, non, non… Vous ne m’aurez pas comme ça ! Demandez-leur… de… remettre le chauffage ! Il fait très froid là !

- Nous n’avons rien coupé Timmy, répondit Kat doucement.

- Alors, Timmy… Commença Lilly. Vous êtes moins sûr de vous, là ! De quoi avez-vous peur ? Ou besoin ? Oui, c’est ça… Ernesto vous protégeait, mais il vous fournissait aussi ! Vous revendiez de l’héroïne, mais voyons, il fallait tester la marchandise ! Ernesto ne verrait pas qu’il manque quelques petits sachets !

- S’il vous plaît…

- Au début c’était pour le fun… Vous aviez toutes les filles que vous vouliez, et vous en profitiez ! Et puis, l’héroïne vous a eu ! Elle vous a piégé dans son sillon auto-destructeur. Vous ne rapportiez plus assez de fric, et…

- Lilly… Commença Kat.

- Tout ce paquet de fric à rembourser ! Et pas les moyens pour le faire ! Ernesto s’en est aperçu, et…

- C’est faux ! Faites-la sortir… Elle raconte n’importe quoi, fit Timmy en implorant Kat avec un ton suppliant. Il s’arrêta, des vertiges commençaient à apparaître.

- Vous n’êtes pas en manque, donc ? Demanda Lilly. Vous n’êtes donc qu’un trouillard qui fait dans son froc, dès… Ernesto, a su ce que vous faisiez. Il a su que vous lui voliez la drogue. Et vous l’avez tué, pour qu’il ne parle pas ! Ou parce qu’il vous menaçait d’arrêter de vous protéger.

- Lilly, s’il te plaît ! L’interrompit Kat. Il se sent vraiment mal !

- Il est en manque Kat ! Il ferait n’importe quoi, pour qu’on ait pitié de lui !

Scotty entra en trombes dans la salle et cria.

- Oui, il est en manque inspecteur Rush ! Mais il est aussi malade ! Vera appelle les secours, fit-il à Kat en l’aidant à s’occuper de Timmy.

 

Lilly sortit en courant de la salle. Des flashs se matérialisaient dans sa tête. Elle se voyait, enfant. Sa mère traînait sur le canapé, des cadavres de bouteilles un peu partout.

- Soit gentille Lil… J’ai besoin… S’il te plaît… Fais pas ta tête de mule…

Et comme tous les soirs, elle ressortait lui acheter sa dose d’alcool. Et comme tous les soirs en revenant, elle faisait un brin de ménage. Et comme toutes les nuits elle pleurait ensuite dans son lit, en entendant sa mère, trop ivre, pour se lever, trébuchant à chaque pas qu’elle faisait. Et comme chaque nuit, elle se levait et allait dans le lit de sa sœur, et la serrait bien fort dans ses bras. C’était le seul réconfort qu’elle avait. Plusieurs fois, le matin Christina retrouvait Lilly endormie et la serrant dans ses bras, les cheveux collés sur son visage par trop de larmes. Plusieurs fois, elle la serrait aussi fort qu’elle le pouvait, ne se doutant de rien, croyant juste que Lilly l’aimait tellement qu’elle ne pouvait être séparée d’elle. Des larmes de rages coulaient sur son visage. Elle dû se ressaisir. Il le fallait, mais à chaque fois qu’elle se retrouvait confronter à ça, ses vieux démons réapparaissait. Elle était rentrée dans une autre salle d’interrogatoire, et se laissa tomber à même le sol. Son portable sonna. Elle l’ignora. La sonnerie s’interrompit pour reprendre quelques secondes plus tard. Elle regarda qui l’appelait et répondit à Kite.

 

- Salut, fit-elle la voix tremblante.

- Lil ! Ca ne va pas ?

- Si, juste une journée très difficile.

- Dis ! Je t’ai attendu ce midi !

- Oh ! Kite, c’est pas vrai…

- Ce n’est rien ! Une journée difficile… Je comprends ! Tu…

- Il faut que j’y retourne… A ce soir, fit-elle avec un petit sourire.

Elle raccrocha et se releva. Elle souffla et reprit ses esprits. Ce fut peine perdue, Scotty était déjà là et n’avait pas perdu une miette de ce qui s’était déroulé dans la salle.

- Vous ne vous êtes pas aperçue qu’il…

- Pas maintenant, s’il vous plaît ! Répondit-elle les yeux encore humides.

- Ecoutez… Je, commença t’il troublé par l’attitude de la jeune femme. Vous êtes sûre que ça va ?

- Oui, ça va ! J’ai juste eu un petit malaise ! Nous n’avons pas mangé ce midi ! C’est sûrement ça !

- Oui, sûrement ça, répondit-il sceptique en la regardant partir.

Il resta quelques instants seul. Elle lui cachait quelque chose. Il n’était pas idiot, et même si elle disait le contraire, il y avait un truc qui la tracassait. A la façon dont elle avait perdu pied, il fallait que cette chose soit grave.


Genna  (28.03.2010 à 13:49)

Lilly arriva dans l’open office, craignant que Stillman ne la convoque. Il n’en fit rien, mais vit le regard de reproche qu’il lui adressait. Elle baissa la tête et demanda timidement des nouvelles de Timmy.

- Il est en état de manque, l’informa Manny. Les secours l’ont emmené à l’hôpital.

- Je suis désolée, fit-elle.

- Vous n’y êtes pour rien Lilly, la rassura Stillman. Mais vous avez touché une corde sensible. Scotty et Vera sont retournés voir Marco est ses copains.

- Vous ne croyez pas que c’est un perte de temps, chef ? Tenta Kat.

- On verra bien. Je viens de raccrocher avec le tribunal. On a besoin d’un mandat.

 

- Hey, mon pote ! On ne se quitte plus. Fit Marco en ouvrant à Scotty et Nick. Elle est où la blonde super sexy que t’as amené ce matin ? Poursuit-il à voix basse.

- Faudra te contenter de moi, répondit Vera en sortant sa plaque.

- Timmy est mal en point, tu sais. Affirma Scotty. Dis-moi que tu n’as rien à voir avec ça ?

- Tu sais ce qui arrive quand les flics nous menacent, Fit Marco agressivement.

- Je ne te menace pas, mais je n’aime pas qu’on se foute de moi ! Nuance.

- Relax ! Elle ne t’a quand même disputé ta copine de ce matin ?

- Je n’ai pas une très grande patience, moi par contre. Fit remarquer Nick avec un regard interrogatif pour Scotty. Alors, tu nous dis ce qu’on veut savoir.

- Ok, pas de menace ! Ernesto savait que Timmy n’était pas réglo. Il était revendeur, il avait donc sa commission, mais Ernesto veillait à ce que ces commissions ne restent que des commissions.

- Autrement dit, dès qu’il voyait qu’un de ces revendeurs touchait le fond, il… Commença Nick.

- Il lui retirait sa protection, refusait de le fournir, coupa Marco. Autant dire qu’après pour trouver un autre Saint Bernard, c’était fichu ! Il devenait un junkie parmi tant d’autres.

- Que sais-tu d’autres ? Demanda Scotty.

- Rien, et je te le jure !

 

Scotty et Vera repartirent. Scotty appela son chef pour le prévenir de surveiller les faits et gestes des Chicos. Nick lui demanda ce qu’il craignait. Il lui répondit qu’Ernesto avait peut-être été victime de la guerre des gangs. Nick essaya de savoir ce qu’avait voulu dire Marco au sujet de Lilly ? Scotty ne répondant pas, il devina. Ils ne s’entendaient pas très bien et Lilly avait trouvé quelqu’un avec un caractère aussi tranché que le sien. Il sourit, il aurait donné n’importe quoi pour assister à leur chamaillerie. Connaissant Lilly, elle avait dû le renvoyer dans les roses, mais elle n’avait pas dû prévoir qu’il avait lui aussi du répondant. Ils retournèrent au central. Une fois arrivés, ils ne trouvèrent que Jeffries.

- Où sont Rush et Miller ? Demanda Nick.

- Parties récupérer un mandat pour fouiller l’appartement de Timmy, répondit Will mécaniquement.

- En pause donc, conclut Nick avec un petit sourire.

- Pourquoi ça ? Demanda Scotty curieux.

- Si Kat revient toute seule, il ne faut pas s’inquiéter pour notre Lilly, donc. Continua Vera.

- Si Lilly était là tu te prendrais une boule de papier en pleine figure, Nicky ! Répondit Will en riant.

- Bah quoi ! C’est plus un secret ! 3 ans que ça dure entre eux ! Même le boss en fait exprès ! Ne me dis pas qu’il a envoyé Lilly récupérer le mandat par hasard ? Il sait qu’elle fera craquer Kite tout le temps ! Le nombre de mandat qu’il nous a délivré est conséquent, fit-il à Scotty.

- Ne joue pas trop avec le feu, Nick ! Tu la connais !

- Je ne la connais pas encore bien, mais je sais qu’elle peut vous griller en un rien de temps auprès des autres, fit Scotty dans un soupir.

- Bienvenue au club, mon pote ! Lui répondit Nick.

- Lil t’aime bien Nick, arrête de jouer au martyr ! S’esclaffa Will.

- Elle m’a bien ridiculisé l’autre jour au billard !

- Tu l’avais cherché aussi.

- Désolé d’interrompre votre récréation, mais elles ont réussi à avoir le mandat. Fit Stillman en entrant dans la pièce. Elles se rendent sur place directement.

Scotty décida d’ignorer le regard satisfait de Vera.

 

Pendant ce temps, Lilly et Kat étaient au tribunal. Elles avaient obtenu le mandat avec rapidité. Lilly avait demandé à sa collègue de l’attendre dans la voiture. Elle comprit et la laissa seule.

- Je suis désolée pour ce midi Kite. Si tu savais la journée de fou que je vis !

- Je m’en doute, mais Lil, là j’ai la chance de t’avoir pour moi pendant encore à peu près 5 minutes ! Dit-il en souriant.

- Plutôt 2, la patience de Kat a des limites… Commença t’elle en souriant à son tour.

Il ne la laissa pas finir et l’embrassa. Elle se laissa faire, et passa ses bras autour de la taille de son homme. Elle aurait pu rester des heures entières. Elle se sentait bien. Pourtant, elle était distante. Il le remarqua.

- Cette enquête est si difficile que ça ? Ce n’est qu’une affaire parmi tant d’autres de…

- Tu ne dirais pas ça, si tu connaissais mon co-équipier ! Il sait tout, connaît tout, et…

- Il t’exaspère donc ! Dis-toi que tu as encore 3 heures à le supporter, et après tu retrouves ton copain, qui ne sait rien et ne connaît rien ! Qui t’aime tout simplement !

Elle sourit et l’embrassa doucement.

 

Lilly et Kat étaient arrivées à l’adresse donnée par Timmy. Elles eurent la surprise de trouver Will et Nick déjà sur place. Kat remarqua le soupir de soulagement de Lilly. Elle sourit, son sourire s’agrandit encore plus quand elle vit Scotty arriver. Elle ne comprenait pas pourquoi Lilly ne le supportait pas. Quand elles étaient arrivées, elle l’avait vu parler avec Vera, et les 2 hommes riaient. Elle savait que Lilly avait son caractère bien trempé, mais, elle pouvait faire des efforts aussi. Elle s’apprêtait à le lui dire quand celle-ci la devança.

- Et voilà, tout mon entrain vient de disparaître.

- Arrête Lil ! C’est lassant à la fin ! Fais un effort, je suis sûre que tu peux réussir à t’entendre avec lui !

- Mais toi, arrête ! Je suis casée… fit-elle faussement outrée. J’ai l’impression que tu essaies…

- Vous parlez de moi je suppose ! Intervint Scotty en souriant.

- Vous n’êtes pas seul sur terre, vous savez, lui répondit Lilly avec un petit sourire moqueur.

- Touché ! Répondit-il avec un clin d’œil pour Kat.

- Quand vous aurez fini de vous chamailler, fit celle-ci, vous me prévenez, je crois qu’on nous attend.

Elle s’éloigna, les laissant seuls. Ils se regardèrent quelques instants et ils durent admettre qu’elle avait raison. Lilly lui demanda de l’excuser, il fit de même. Kat se retourna et sourit. Nick lui demanda pourquoi elle faisait cette tête, elle lui demanda de s’occuper de ses affaires.


Genna  (29.03.2010 à 17:38)

Pendant un peu plus d’une heure, ils cherchèrent des indices sur la vie que menait Timmy. Will découvrit la cachette de Timmy. Il fit une bonne prise, il y avait environ 50 sachets d’héroïne. Lilly qui était près de lui, demanda pourquoi il gardait autant de drogue chez lui. Scotty lui rappela qu’il revendait pour le compte d’Ernesto. Elle prit un livre qui traînait sur une table et lu le titre. Elle ne connaissait pas. Elle l’ouvrit là où il y avait un marque page et un papier tomba au sol. Scotty le ramassa. Il fit un geste de victoire et remercia la jeune femme. Elle ne comprit pas et interrogea Will du regard qui haussa les épaules. Elle décida de suivre le jeune homme. Elle le trouva en pleine conversation téléphonique. Elle s’approcha.

- Merci Franck, t’es génial ! Il raccrocha et devant le regard plus qu’inquisiteur de Lilly lui expliqua. Timmy jouait avec le feu ! Il a plusieurs employeurs. Et je te parie que les sachets que Jeffries a trouvé ne viennent pas du même revendeur.

- Déjà on ne se connaît pas assez pour que… Elle s’interrompit devant l’air interrogatif de Scotty. Il dealait pour plusieurs gangs ?

- Malin Timmy ! Très malin ! Il devenait copain avec plusieurs leaders et…

- Tu crois donc, qu’il essayait de monter les gangs les uns contre les autres ?

- Je pensais qu’on ne se connaissait pas assez… D’accord j’arrête. Ton raisonnement n’est pas mal du tout. Je pense que notre copain Timmy nous a joué la comédie !

- Et je crois que tu me dois des excuses… Fit Lilly avec un sourire satisfait.

- Ca on verra quand on l’aura de nouveau interrogé ! Ca te dis une petite visite à l’hôpital ?

- Oui, seulement si je conduis, fit-elle malicieusement.

- Ma voiture ? Certainement pas !

- C’est ce que je disais ! Tous les mêmes les hommes. Dit-elle en s’éloignant. Tu comptes prendre racine ?

 

Scotty la rejoignit et monta dans la voiture avec un petit sourire. Lilly appela Kat et lui apprit où ils se rendaient. Kat se mit à rire et lui demanda ce qu’il lui avait fait changer d’avis sur Scotty. Lilly ne répondit pas, mais lui dit que c’était l’enquête d’abord. Ils arrivèrent quelques instants plus tard à l’hôpital. Lilly se présenta à l’accueil, tandis que Scotty faisait un rapide tour d’horizon. On leur demanda d’attendre que le médecin vienne les voir pour leur donner tous les renseignements au sujet de l’état de Timmy. Lilly s’assit donc sur une chaise. Scotty la regarda.

- Quoi ? Fit-elle intriguée.

- Tu penses vraiment qu’on va attendre comme si on était des patients ?

- Que veux-tu faire d’autre ? Demanda t’elle. Je pense que Timmy n’est pas le seul patient de cet hôpital. Donc j’attends sagement.

- Et perdre notre temps ! Toi tu fais comme tu veux, mais moi je compte bien m’activer.

- Ca m’embête tout autant de rester ici à attendre, mais…

Elle ne put terminer sa phrase, une infirmière les désignait à un homme d’une cinquantaine d’années, qui était vêtu d’une blouse blanche. Elle adressa un sourire victorieux à Scotty. Etonné, il allait lui demander ce qu’elle voulait, mais n’en eut pas le temps.

- Inspecteur Rush ? Demanda l’homme.

- Oui, fit Scotty. Lilly le fusilla du regard. C’est elle, fit-il en la désignant. Inspecteur Valens, poursuit-il en sortant sa plaque.

- Dr Morris. (c’est le 1er nom qui m’est venu !)Se présenta l’homme. Vous venez pour Timothy Mc Arthur ?

- Oui, répondit Lilly. Avez-vous du nouveau ?

- M. Mc Arthur se trouvait avec vous, lors de son malaise ?

- Nous étions en train de l’interroger en tant que témoin dans une affaire en cours, souligna Scotty. Et puis…

- Justement, je pense que M. Mc Arthur est en pleine forme. Il a juste fait une petite crise d’angoisse.

- Une crise d’angoisse ? Répéta Lilly.

- Etiez-vous en train de le menacer ? Le soupçonniez-vous ?

- Non ! Commença Lilly, ignorant le regard de Scotty. Juste un interrogatoire banal !

- Au cours duquel tu lui as demandé s’il disait la vérité ? Et vu ce qu’on a trouvé…

- Donc on a notre verdict ! Répondit le Dr Morris.

- Peut-on le voir ? Demanda Lilly.

- Oui, il est chambre 217.

 

Lilly et Scotty le remercièrent, et s’éloignèrent. Scotty en profita pour dire à la jeune femme d’accepter qu’ils travaillent en duo. Ils arrivèrent devant la porte et Lilly frappa à la porte. Elle décida de ravaler sa fierté et de faire comme s’il n’avait rien dit.

- Re-bonjour Timmy, dit Lilly. Comment allez-vous ?

- Je n’ai rien à vous dire ! Répondit celui-ci.

- Ah oui ? Poursuivit Scotty. On a fait une belle découverte chez toi, tu sais !

- Vous avez fouillé chez moi ! Comment…

- Nous avons un mandat, fit Lilly. Alors, mon collègue attend une réponse.

- Quelle découverte ?

- Fais pas l’idiot, Timmy ! Fit Scotty. Tu sais avec ce qu’on a trouvé, tu vas directement en prison sans passer par la case départ.

- Je ne vois pas pourquoi vous êtes surpris, vu que vous saviez que je bossais pour Ernesto !

- Et Ernesto vous donnais tout ça ? Répondis Lilly. Attendez… Vous savez ce qu’on pense ? On pense que vous couriez 2 lièvres à la fois. Vous bossiez pour plusieurs dealers. Et vous leur jouiez cette comédie. Ainsi, vous étiez protégé. Et si, par mégarde, un de vos « potes » apprenait que vous n’étiez pas réglo, vous lui juriez que jamais vous ne le trahiriez, et que vous refusez toute proposition.

- Et ? Demanda Timmy, amusé par la théorie de Lilly.

- Et… Commença Scotty. Et, la tentation est trop grande ! Toute cette drogue, chez vous. Tout ce blé qui, hélas, n’est pas pour vous. Ce serait dommage de le laisser à d’autres.

- Je n’ai pas tué Ernesto !

- Non, vous ne l’avez pas tué. Répondit Lilly. Mais vous avez contribué à son meurtre ! Dîtes-nous juste à qui vous avez révélé qu’Ernesto était votre dealer !

Timmy ne répondit rien. Lilly se leva et s’éloigna.

- Très bien, fit-elle. C’est dommage, vous allez devoir de nouveau nous suivre. Notre visite était une preuve de notre intention de conciliation avec vous. Mais puisque vous ne voulez toujours rien dire, nous sommes dans l’obligation de vous arrêter cette fois !

 

Elle sortit de la pièce, laissant à Scotty la charge de la lecture des droits. Elle les attendait dehors, adossée à la porte côté conducteur de la voiture. Elle les vit arriver 5 minutes plus tard. Scotty ouvrit la porte arrière et força Timmy à monter dans le véhicule. Il rejoignit Lilly et attendit que celle-ci se pousse. Elle ne bougea pas.

- J’ai les clés, je pense que sans ça, tu ne peux pas conduire, lui dit-il avec son éternel sourire.

- Et bien, donne-les-moi dans ce cas, répondit-elle en soutenant son regard.

- Tu ne sais même pas où on va !

- Attends, laisse moi deviner… Timmy est dans la voiture. On retourne au central, continua t’elle avec un air sarcastique.

- Tu veux vraiment qu’on se chamaille maintenant ? Ecoute, je sais que tu n’apprécies pas de te retrouver à faire équipe avec moi ! Mais voilà, on fait équipe. Alors, sois gentille…

- Tu sais, une équipe fonctionne, quand la confiance est réciproque. Je ne vois pas pourquoi je devrais te faire confiance, si toi tu ne me fais pas confiance !

Il se rendit à l’évidence et laissa les clés à la jeune femme en soupirant. Lilly afficha un sourire satisfait et monta dans le véhicule. Elle mit le contact et Scotty eut juste le temps de s’installer avant qu’elle ne démarre.

- Tu sais, moi aussi, je ne t’apprécie pas beaucoup, fit-il. Mais comme tu le vois, je fais avec !

- Tu n’es pas obligé de le dire devant un suspect, répondit-elle nerveusement.

Timmy regardait avec étonnement la scène qui se déroulait devant lui. Et il se mit à sourire de lui-même. Lilly le voyant dans le rétroviseur, lui demanda ce qu’il avait. Scotty se retourna et Timmy baissa la tête en répondant que ça allait bien, malgré les menottes.


Genna  (01.04.2010 à 18:26)

De retour au central, Stillman et Manny les convoquèrent. Lilly et Scotty se regardèrent ne sachant pas à quoi ils devaient s’attendre. Vera, comme à son habitude, eut un petit sourire moqueur en les dévisageant. Stillman ferma la porte et leur demanda de s’asseoir.

- Je ne sais pas comment vous fonctionnez aux stups, dit-il à Scotty, mais nous, à la crim, nous n’agissons pas sur coup de tête ! Vous le savez Lilly !

- Oui, je le sais, chef, mais…

- C’est de ma faute la coupa Scotty. Mais, tu sais très bien, dit-il à Manny, que j’ai agi dans l’urgence. Timmy se foutait de nous, et si on le laissait rentrer chez lui, jamais on ne l’aurait ramené ici ! Sans mandat, du moins !

- Scotty, on bosse avec la crim sur cette affaire. Il n’y a pas que moi à prévenir des actions que tu entreprends.

- J’ai prévenu Kat, se défendit Lilly. Je lui ai dit où nous allions et pourquoi !

- Et c’est moi qui dois vous dire si c’est une bonne idée, répondit Stillman un peu plus calmement. Vous auriez dû aussi m’appeler.

- Kat ne l’a pas fait ?

- Si, mais…

- Alors dans ce cas !

- Tes craintes sont fondées Scotty ! Intervint Manny. Marco n’est pas resté sagement à attendre. Il est allé trouvé le rival le plus proche d’Ernesto.

- Et ? Demanda le jeune homme.

- Et… Je dois te dire que Ramiro a pris du gallon depuis la dernière fois qu’on l’a vu !

Ce simple nom eut l’effet d’une bombe pour Scotty. Il planta son regard dans celui de son chef, cherchant une réponse. Stillman et Lilly voyant son trouble, ne surent comment réagir.

- Et qui est-ce ? Demanda Lilly.

- Un… Commença Manny.

- Une vieille connaissance, l’interrompit Scotty. Il y a 10 ans, j’étais chargé de démanteler un réseau de passeurs de drogue, dont le chef était un certain Cortez.

- Oui, j’en ai entendu parler, fit Stillman. Cette affaire fut une des plus importante et plus grosse de toute la décennie.

- Oui, répondit Scotty. Et le seul moyen d’y arriver, était d’infiltrer ce réseau. Donc…

- On a réussi ! S’exclama Manny. Cortez a été arrêté, mais hélas Ramiro avait pris le large. Il est revenu, plus fort.

- Comment ça, plus fort ? L’interpella Scotty.

- Il a longtemps été le larbin de Cortez, maintenant c’est lui qui est à la tête du réseau.

- Et vous pensez qu’il est derrière tout ça ? Demanda Lilly, voyant que Scotty ne réagissait.

- Je suis sûr que si nous demandons à Timmy s’il connaît un certain Ramiro, il nous répondra positivement. Lui confirma Manny.

- Excusez-moi, je… Commença Scotty.

Il sortit du bureau, ne laissant pas le choix à Manny de le retenir. Lilly et Stillman se regardèrent, ne comprenant pas ce qui se passait.

- Je pense que tu devrais aller le voir, fit Stillman à Manny.

- Non, crois-moi à cet instant il préfère être seul !

- Pourquoi ? Demanda Lilly inquiète.

 

Manny leur raconta l’affaire Ana Castilla, et le fait que Scotty se sente responsable de son meurtre, qui ne fut jamais élucidé. Affaire classée sans suite à l’époque, car trop peu d’éléments. Même si Cortez avait été arrêté, la joie d’avoir réussi cette opération était moindre. Il avait essayé d’aider Ana, du mieux qu’il pouvait. Il ne pouvait pas dévoiler sa couverture, et c’est sans doute ça qu’il se reprochait. De n’avoir pas fait le maximum. Après quelques instants ils sortirent du bureau, et Stillman regardant l’heure leur donna congés. Lilly partit la dernière. Elle avait vu que Scotty était toujours seul sur le balcon. Elle alla le rejoindre.

- On ne peut pas tous les sauver, tu sais Scotty !

- Je n’ai vraiment pas envie de parler de ça avec toi, sans te vexer, lui répondit-il.

- On fait équipe, je te rappelle.

- Ne te force pas Lilly s’il te plait ! Tu n’es vraiment pas obligée de venir me voir et de me demander si je vais bien ! Ce n’est pas ce que tu as essayé de me faire comprendre tout à l’heure, quand je t’ai surpris les larmes aux yeux ?

- Il était tard, et je n’avais pas mangé… Mais…

- Je te le répète, ne te sens pas obligée. Je n’ai pas besoin que tu prennes pitié de moi ! J’ai compris tu sais, tu ne m’apprécies pas, et moi non plus, et si tu es là, c’est par…

- Très bien ! Fit-elle surprise de son attitude. Bonne soirée !

Elle se dirigea vers le bureau, prit ses affaires, et avant de partir, jeta un regard vers le balcon. Il n’avait pas changé de place. Elle s’apprêtait à faire demi-tour, mais son portable l’arrêta.

 

La soirée de Lilly se passa tranquillement. Elle était néanmoins perturbée par le comportement de Scotty. Celui qui se trouvait sur le balcon ne ressemblait en rien à celui qu’elle avait côtoyé toute la journée. Il paraissait vulnérable, et elle se sentait mal. Elle ne comprenait pas pourquoi elle réagissait de cette façon, mais elle avait très mal pris le fait qu’il lui rappelle que la barrière était bien présente entre eux. Elle aurait voulu lui dire, qu’une équipe devait s’épauler, mais il devait le savoir tout aussi bien qu’elle. Le lendemain, elle avait décidé d’arriver tôt et de consulter le dossier d’Ana. Elle avait bien vu que Manny n’avait pas tout dit à ce sujet. Kite lui demanda à quoi elle pensait.

- A rien, fit-elle. Je te l’ai dit cette journée a été particulièrement…

- Alors arrête d’y penser ! Dit-il en la prenant dans ses bras. Elle le repoussa. Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a Lil ? Si c’est encore ton collègue qui t’énerve, laisse-le en dehors pour ce soir !

- Justement… Je l’ai peut-être mal jugé.

- Crois-moi, les 1ères impressions sont souvent les bonnes !

- Ah oui ? Alors je ne vois pas du tout ce que je fais avec toi dans ce cas ? Dit-elle en riant.

- Quoi ? Tu veux dire que…

- Il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis, dit-elle en l’embrassant sur le front.

- Tu vois, c’est pour ça que je t’aime Lil ! J’adore ta capacité à passer du coq à l’âne !

- Arrête ça tout de suite, lui dit-elle.

- Quoi ? Arrêter quoi ? Lui demanda t’il en la regardant.

- Tu sais très bien ! Tu sais pertinemment que lorsque tu me regardes de cette façon, je ne résiste pas !

- Et bien, ne résiste pas.

Il avait dit ces paroles en la prenant dans ses bras. Et dans un geste vif, il la ramena contre lui et l’embrassa passionnément. Lilly s’abandonna. Et comme il lui avait dit plus tôt, elle se sentit légère.

 

Scotty, quant à lui était rentré chez lui. Il regarda autour de lui, et ce qu’il y vit l’anéantit. Personne. Il avait bien vu que Lilly était sincère. Mais sa foutue fierté ne voulait pas qu’il demande de l’aide à une personne qu’il ne connaissait pas, et qu’il n’appréciait pas trop outre mesure. Pourtant, de l’avoir vue sur le balcon, l’avait réconforté. Oui bien sûr il connaissait la réputation de Lilly Rush. La froide et distante Lilly Rush. Elle faisait craquer les pires serials killers. Mais celle qu’il avait surpris dans la salle d’interrogatoire en train de pleurer, et celle qui était venue le voir sur le balcon, était une autre Lilly. La vraie, sans sa carapace. D’ailleurs, lui aussi c’était forgé une solide carapace. Ramiro l’avait bien détruit. Il ne s’était jamais remis de la mort d’Ana. Ce qui avait provoqué un froid avec Elisa, qui l’accusait de se préoccuper plus de cette fille que d’elle, à juste titre d’ailleurs. Il l’avait repoussé pendant plusieurs semaines. Ce n’est que lorsque le médecin leur avait annoncé le verdict de la maladie qui la condamnait, qu’il s’était aperçu de son erreur. Il en était sorti donc plus fort. Et c’est à ce moment qu’il avait eu l’idée de créer des « liens » avec différents trafiquants de drogue. Tout en étant perdu dans ses pensées, il cherchait dans ses placards de quoi manger. Il regarda aussi dans son réfrigérateur, et ce qu’il vit ne l’enchanta pas. Il se dirigea vers un autre placard et en sorti une bouteille de whisky. Le lendemain matin, il se réveilla avec une sensation de bourdonnement dans les oreilles, et avait mal à la tête. Il regarda autour de lui et vit que la bouteille sur la table basse était à moitié vide. Il se dirigea vers la salle de bains, et en sorti 30 minutes plus tard. Il sortit de chez lui et se rendit directement au central.


Genna  (03.04.2010 à 08:37)

Il y trouva Lilly en pleine lecture. Il s’approcha d’elle et fut surpris par ce qu’elle lisait.

- Tu n’as aucun droit d’enquêter là-dessus, hurla t’il hors de lui.

- Peut-être, répondit-elle sur le même ton, mais comme on ne me dit pas tout, j’ai bien le droit d’être informée ! Si on doit traquer ce Ramiro, j’aimerais être au courant de tout !

- Et tu ne pouvais pas demander ?

- A qui ? A toi ? Excuse-moi, mais vu ta réaction excessive je crois que je n’aurais pas obtenu satisfaction !

- Je ne suis pas comme toi ! J’ai un cœur, moi !

- Tu… Commença Lilly les larmes aux yeux. Bon, très bien ! Puisque je suis une sans cœur, froide et distante, je te laisse seul ! Je me retire de cette enquête ! Je refuse d’y participer, et je refuse maintenant tout contact avec toi ! Satisfait ?

- Je suis désolé, je n’ai pas voulu, fit-il honteux.

- Peut-être, mais c’est dit. J’attends que Stillman arrive, et je lui dis que je prends un congé ! J’ai juste une chose à te dire. Moi aussi, j’ai des problèmes, moi aussi j’ai des soucis, et moi aussi j’ai des doutes. Mais je ne suis pas agressive, et je n’entraîne pas les autres, parce que je suis malheureuse ! Ca, c’est la différence énorme entre toi et moi ! Et c’est pour ça que de travailler avec toi ne… me conviens pas ! J’ai passé ma soirée d’hier à être absente alors que Kite faisait tout pour être agréable et gentil !

Elle avait dit ces mots en rangeant les documents dans le carton. Elle le prit et commença à le descendre. Scotty l’en empêcha.

- D’accord, je ne suis pas très fier de moi là tout de suite, et je comprends que tu n’ais aucune envie de me parler, mais… Vas-y, que veux-tu savoir sur Ana ?

- C’est trop tard Scotty.

Il la devança et lui barra le passage avec son bras.

- Pousse-toi de là, demanda t’elle énervée.

- Que veux-tu savoir ? Tu veux savoir si je me suis senti responsable de ce qui s’est passé ? Tu veux savoir que pendant un moment, je ne vivais plus, que j’étais devenu le fantôme de moi-même ! Que j’ai failli perdre ma copine à cause de ça ! Que…

Il s’arrêta les sanglots l’empêchant de continuer. Lilly était décontenancée. Elle ne savait pas comment réagir. Il s’était dégagé du passage, la laissant libre dans son choix. Elle avança lentement. Elle se sentait mal, elle savait qu’il n’avait jamais eu l’intention de la blesser. Elle se retourna et le regarda.

- Et si tu me disais tout ça, aux archives, dit-elle timidement.

Il lui rendit son sourire, tout aussi timidement. Ils se fixèrent quelques instants, lui ne sachant pas comment lui dire qu’il était désolé, elle troublée par le regard si triste qu’il avait. Il se reprit poussa la porte qui menait aux archives.

 

Il était maintenant un peu plus de 9h, et cela faisait pratiquement 2 heures que Scotty expliquait à Lilly les détails de cette opération. Elle ne l’interrompait que pour demander des précisions. Leurs portables respectifs, en mode silencieux avaient vibré plus d’une fois, mais ils n’y prêtaient aucune attention. Leur attitude aussi avait changé. D’électrique et très froide, une sorte de respect s’était installé. Elle regarda sa montre machinalement et sursauta. L’heure indiquait 9h30, elle informa Scotty et ils se séparèrent.

- Qu’est-ce que tu fais ? Demanda Scotty en dévisageant Lilly.

- Je remonte ce carton ! Si on peut trouver un lien entre Ramiro et Ana, outre celui de trafiquant/passeur, je pense qu’on le coincera plus facilement !

- Je ne t’ai pas raconté ça, pour que tu rouvres l’enquête.

- Je sais ! Mais j’ai compris que tu aimais ton travail, exactement comme moi ! Et que tu n’obtiendras satisfaction que lorsque tout sera rentré dans l’ordre.

- Tu sais, cette affaire ne me préoccupe pas comme celle du petit Jeff, fit-il avec un timide sourire gêné.

- On a tous notre petit Jeff, Scotty. Le tien s’appelle Ana, c’est tout !

Il ne su quoi dire. Ils se dévisagèrent quelques instants. Troublée, Lilly prit le couvercle du carton et le referma. Il n’arrivait pas à trouver de mot pour la remercier, alors il lui demanda une faveur.

- Si tu rouvres cette enquête, laisse-moi y participer.

- Scotty… Devant l’air décidé du jeune homme, elle abdiqua. D’accord, mais tu sais, il faut déjà que Stillman et Manny nous donnent leur feu vert, et après, c’est après.

- Merci…

- C’est normal !

Ils remontèrent, et trouvèrent Vera et Jeffries assis à leurs bureaux.

- C’est à cette heure que t’arrives Rush, demanda Nick.

- Plains-toi Nick, j’arrive avec une affaire !

- Grâce à moi, d’ailleurs, fit Scotty en souriant.

- Si on veut oui, répondit-elle ; sachant que ce sourire n’était qu’une façade.

- Je ne savais que vous étiez devenus copains tous les 2 !

- Pourquoi ? Jaloux demanda Lilly en souriant.

- Non, mais pour quelqu’un que tu dis détester…

Il eut juste le temps d’esquiver la petite boule de papier de Will.

- T’as pas mieux à faire ? Lui demanda Jeffries.

- Bah quoi, ça fait longtemps que je n’ai pas embêté Lil !

- Et tu sais, ça ne m’a pas manqué, fit celle-ci en riant. Stillman est dans son bureau ?

- Oui, avec Manny, répondit Will. D’ailleurs, il vous cherche, dit-il à Scotty.

- Justement on a besoin de leur parler de ça, fit Scotty en montrant le carton.

Ils se dirigèrent vers le bureau et y entrèrent sous l’œil plus que stupéfait de Vera. Kat arriva à ce moment, et demanda ce qui était si étonnant que ça. Will lui expliqua, elle acquiesça, en effet, c’était étonnant. Surtout après ce que Lilly lui avait dit au sujet de Scotty.

 

Une fois rentrés dans le bureau de Stillman, ils s’assirent. Lilly allait parler, mais son chef la devança.

- Je vous ai laissé plusieurs messages Lilly.

- Justement, j’ai une bonne raison. Répondit-elle en désignant le carton.

- A. Castilla, lu Manny à haute voix. Non Scotty, ne me dis pas que…

- Tout comme moi, tu veux coincer Ramiro ? Alors, voici le motif idéal pour le faire.

- Une réouverture d’enquête ! Fit Manny, incrédule. Tu crois vraiment que ça va lui faire peur ?

- Ca c’est à la crim d’en juger, répondit Lilly fermement. Elle regarda son chef.

- La décision ne tient pas que de moi, se défendit Stillman. Il faut que j’en parle au divisionnaire, qui devra certainement en référer au procureur…

- Je m’en charge, le coupa Lilly. Si je fais lire à Kite les éléments du dossier…

- Et vous comptez vous y prendre comment ? Demanda Manny. Un substitut n’a certainement pas un emploi du temps à trou.

- Pour Lilly, fit Scotty, je pense qu’il va s’arranger, continua t’il avec son éternel petit sourire, qui curieusement n’agaçait plus Lilly.

Stillman les dévisagea tour à tour, et ce qu’il vit l’amusa. Il n’avait jamais vu Lilly aussi déterminée. Sauf peut-être lors de l’affaire du petit Jeff. Il sut pertinemment qu’elle ne changerai pas d’avis. C’était aussi le cas du jeune homme. Ils étaient tout aussi déterminés, l’un comme l’autre. Et surtout il avait remarqué à leur arrivée le sourire complice qu’ils s’étaient échangés. Il avait regardé Manny étonné. Il donna donc sa réponse. Il accepta et demanda à son collègue d’en faire autant. Car connaissant Lilly, elle n’abandonnerait pas. Ils sortirent donc du bureau et Stillman donna les éléments à tout le monde.

 

- On ne fait plus de terrain ? Demanda Nick.

- Pour cette enquête, non, répondit Stillman.

- Comment comptes-tu t’y prendre pour parler à ce Ramiro ? Demanda Kat.

- Facile, j’ai un atout charme, répondit Scotty.

- Sérieusement Scotty, lui demanda Lilly. Comment comptes-tu t’y prendre ?

- C’est toi, mon atout charme !

Lilly rougit, tandis que Kat regarda Scotty étonnée. Tout le monde avait remarqué le tutoiement, et la gêne des 2 concernés après ces paroles. Will eut juste le temps d’empêcher Vera de sortir une bêtise.

- Vous êtes d’accord avec ça chef ? Demanda Will.

- Je n’ai pas le choix, répondit Stillman en regardant les 2 jeunes gens.

Il donna les missions de chacun. Kat et Jeffries étaient chargés de prendre contact avec les connaissances d’Ana, Nick devait se rendre aux douanes pour consulter le registre des entrées aux Etats-Unis de cette année là. Lilly, Scotty et Manny allaient voir Marco pour lui demander s’il savait où se trouvait la planque de Ramiro. Ils tenteraient d’abord de voir si Timmy était plus disposé à parler après une nuit en garde à vue. Avant qu’ils ne se mettent tous au travail, Kat prit Lilly à part.

- T’as eu un déclic pendant la nuit ? Lui demanda t’elle.

- Pourquoi ?

- Pourquoi ? Répéta Kat étonnée. Hier, tu me disais que jamais tu ne pourrais sympathiser avec lui, tellement il est exaspérant, et ce matin…

- Il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis, Kat. Fit Lilly mystérieuse.

- Il t’a piégé. Tu es sous son emprise ! Même moi, j’ai été plus lente à changer d’avis sur lui ! Et pourtant, comme tu dis, on a bossé pendant 5 ans ensemble.

- Que veux-tu que je te dise ? Tu avais raison, ce n’est qu’une façade. Je l’ai mal jugé.

- Alors, là c’est bien la 1ère fois que je te vois perdre tes moyens devant quelqu’un !

- Ecoute, il a un motif pour reprendre cette affaire. Et je le comprends. Je te signale que vous m’avez tous abandonné quand j’ai persévéré pour Jeff.

- Lil, fais attention, quand même ! Je le connais.

- Il faudrait savoir. Soit je reste distante, ou soit je lui accorde une chance, mais ne change pas d’avis !

- Tu peux parler toi ! Répondit Kat malicieusement. Bon, je pense qu’on a du pain sur la planche.

Elle s’éloigna laissant Lilly étonnée. Elle s’était trompée, cela lui arrivait, parfois, mais elle avait l’impression que les autres comptaient beaucoup trop sur elle. Elle se dirigea vers Scotty et Manny qui l’attendaient. Kat ignora le regard curieux de Vera et se mit au travail.


Genna  (07.04.2010 à 09:03)

- Alors Timmy, fit Lilly. Bien dormi ?

- A votre avis ? C’est pas très confortable, mais on s’y fait, dit-il ironiquement.

- Nous avons une question à vous poser, et nous espérons votre coopération, intervint Scotty.

- Tiens, j’ai eu une promotion ! Hier, vous me considériez comme étant rien du tout !

- Fais pas l’idiot, s’énerva Scotty. Après tout tu fais comme tu veux. Si tu aimes le confort de ta chambre…

- Sérieusement, coupa Lilly, Timmy, si vous pouviez nous renseigner…

- Ah oui ? Et pourquoi je devrais coopérer ?

- Tu es notre seul suspect pour le meurtre d’Ernesto, ça te suffit cette raison ? Lui dit Scotty.

- Je ne l’ai pas tué !

- Alors, c’est simple dîtes-nous pour qui vous travaillez ? On sait pour Ernesto, mais, avec ce qu’on a découvert chez vous, il me semble que vous bossez pour d’autres !

- Je ne suis pas fou ! Si je vous le dis, je signe mon arrêt de mort !

- Ton arrêt tu l’as signé en dormant en prison cette nuit, fit remarquer Scotty.

- Vous savez ce qu’on pense ? Demanda Lilly en s’asseyant face à Timmy. On pense que vous vous procuriez un stock pour monter votre propre trafic. En prenant les fournisseurs des gros bras. Vous gardez chez vous un pourcentage de ce que vous donne vos copains, et vous les revendez pour votre propre compte…

- Mais ce que tu ne sais pas, coupa Scotty. C’est que chaque sachet de drogue à une petite marque. Une sorte de code barre, si tu préfères. Chaque gang à sa marque. Pour les Chicos c’est une moitié de cœur. Il leur suffit de le voir sur un sachet pour savoir que c’est à eux. Ne nous dis pas qu’ils ne connaissent pas tes acheteurs ? Ils les connaissent, ils ne te font confiance que si tu respectes le deal. Si jamais ils voient qu’un de leur sachet est dans les mains de personnes qu’ils ne connaissent pas…

- Ernesto…

- Si je vous demande si vous connaissez un certain Ramiro ? Que me répondez-vous ? Demanda Lilly du tac au tac, en ignorant le regard de Scotty.

- De toute façon, si je vous dis non, vous allez encore me prouver le contraire. Alors…

- L’inspecteur Rush ne te demande pas de mentir, Timmy, dit Scotty agacé. Elle te demande de dire la vérité.

- Et ce Ramiro, pour qui il travaillerait ?

- A vous de nous le dire, fit Lilly.

Timmy ne répondit pas. Manny qui était derrière la vitre, dit à Stillman que ce n’était plus la peine d’essayer de faire avouer à Timmy. Il ne dirait rien.

 

- Bon, on dirait qu'on va retourner voir Marco ! S'exclama Lilly en sortant de la salle d'interrogatoire.

- On dirait, oui acquiesça Scotty.

- Attends, attends s'il te plaît, dit Manny. Cette fois, c'est différent. On ne va pas voir Marco pour papoter, on y va pour lui demander des explications.

- Et tu crois que je ne le sais pas ça !

- Si, et c'est pour ça que j'aimerais que tu ne sois pas trop…

- Ne me retire pas cette enquête ! Si Marco voit débarquer la cavalerie, il…

- Je ne te la retire pas, mais je te préviens que je vous accompagne, dit-il en regardant Lilly qui était restée silencieuse.

Scotty s'éloigna. Son chef ne lui faisait pas confiance. Il se doutait qu'il verrait la réouverture de l'affaire Ana Castilla comme inutile, mais c'était justement le meilleur moment pour retenter le coup. Bien sûr cela serait trop facile si Ramiro était coupable, mais il savait qu'il l'attaquerait là dessus. Une fois dans la voiture, il ne quittait pas des yeux le rétroviseur, croisant de temps à autres le regard de son chef qui conduisait. Lilly quant à elle, essayait tant bien que mal de détendre l'atmosphère pesante et lourde. Elle ne savait pas à qui elle devait s'adresser. Quand elle parlait à Scotty, c'était Manny qui lui répondait et inversement. Le trajet fut court. Manny coupa le contact et se retourna vers Scotty en lui disant qu'il préférait mener l'interrogatoire. Le jeune homme ne réagit pas et se contenta de sortir de la voiture. Lilly le suivit et s'apprêtait à parler, lorsqu'il lui fit comprendre que ce n'était pas la peine. Elle insista et Manny lui dit de le laisser tranquille bouder dans son coin. Elle frappa et Marco ouvrit.

 

- Salut ma belle ! Je savais que tu aimais les hommes, les vrais ! Valens n'est pas pour toi !

- Comme vous, peut-être demanda Lilly ironiquement.

- Et oui, elles viennent toutes me voir ! Oh ! Mais c'est que vous n'êtes pas venus seuls ! T'as eu peur mon pote! T'as décidé d'emmener ton boss pour te protéger !

- Nous aimerions vous parler, intervint Manny.

- Je suis populaire en ce moment, tout le monde veut me parler ! Les flics…

- Arrêtez ce petit jeu ! Ca ne marche pas avec moi ! Je n'ai pas la même patience que l'inspecteur Valens. Donc, soit nous parlons gentiment, soit nous vous demandons de nous suivre.

- Tu n'as pas donné à ton boss les détails de notre contrat Scott ! On me menace, je…

- Un conseil, ne jouez plus trop au malin, lui dit Lilly avec un petit sourire. Il déteste qu'on se foute de lui. D'ailleurs quand on y pense, c'est normal !

- Bon allez-y entrez donc. Vous avez de la chance, j'ai renvoyé ma cavalerie.

Il les laissa passer et retint Scotty. Ils se regardèrent quelques instants, et lui glissa à l'oreille :

- Fais attention, mon vieux ! Je n'aime pas trop qu'on me prenne pour un idiot !

Scotty lui lança un regard assez dur, et allait répliquer quand il croisa le regard de son chef. Il se retint donc et se plaça près d'un mur, face à Marco.

- Alors, que voulez-vous savoir ? Demanda t'il.

- Nous savons que vous n'êtes pas resté seul, dans votre coin à attendre qu'on bosse pour vous. Lui répondit Lilly.

- Ah ! Ca ! Toutes les organisations fonctionnent à peu près pareil. Le chef disparaît, on cherche à savoir qui a voulu nous nuire.

- Donc vous reconnaissez avoir voulu venger Ernesto ? Demanda Manny.

- T'es pas très bavard ? Pourquoi ? Et cette fois, je m'adresse à toi. Alors, ne répondez plus à sa place dit Marco à Manny.

Scotty chercha une réponse appropriée et Lilly l'encouragea.

- Dans toutes tes connaissances, saurais-tu nous dire où trouver un certain Ramiro ?

- Et qu'est ce que vous lui voulez à Ramiro ?

- Juste lui parler, répondit Scotty. Et je pense que tu dois savoir qui il est et où le trouver !

- Et pourquoi je devrais le dire ?

- Mais parce que sinon nous serions dans l'obligation de vous le demander au poste. Fit Lilly.

- Un conseil, je ne sais pas d'où vous connaissez Ramiro, et je ne vais pas chercher à le savoir, mais vous devriez savoir que ce type est intelligent ! Très intelligent.

- Merci, mais je le sais. C'est une vieille connaissance, répondit Scotty. Alors ? Où pouvons-nous le trouver ?

Marco décida donc de coopérer. Il demande, néanmoins à ce qu'il ne soit pas mêlé à ça. Il préférait la jouer discrète. Ernesto mort, c'était lui qui prenait le relais. Et si le milieu apprenait qu'il coopérait facilement avec les flics en balançant ses rivaux, il ne vivrait pas longtemps. Il donna donc l'adresse de Ramiro, et demanda s'ils ne pouvaient pas faire comme s'ils l'avaient pris en filature. Manny réfléchit et devant l'air de Scotty, il acquiesça, contraint et forcé. Après avoir obtenu leur information, Lilly prit les devants et appela Stillman. Elle sentait que la tension entre Manny et Scotty augmentait, et elle ne voulait pas se retrouver coincée à devoir faire un choix, il fallait qu'elle se couvre. Stillman leur ordonna donc de repasser au central. Les 2 hommes se regardèrent, et levèrent les yeux au ciel. Quelle perte de temps pensaient ils. Si ça se trouve Marco allait renseigner Ramiro. Une fois installés dans la voiture, Manny avait repris le volant. Lilly était à l'arrière et parlait toujours avec son chef.


Genna  (09.04.2010 à 22:09)

Note de l'auteur :

(J'ai décidé d'arranger un tout petit peu la résolution de l'enquête. J'espère que vous ne m'en voudrez pas ? Comme on connaît déjà les coupables, je les garde, mais je ne respecte pas toutes les grandes lignes. Je résume un peu si vous voulez ! Ma fic n'est pas la réécriture de l'épisode !!)

 

- Kat et Will ont découvert qu'un homme avait aidé Ana.

- L'avait aidé ? Demanda Lilly. A faire quoi ?

- A arrêté tout ça ! A rentrer dans le droit chemin.

- Ana avait décidé d'arrêter ? Scotty se retourna.

- Elle avait été demandée de l'aide à un prêtre. Et apparemment celui-ci prenait très à cœur sa défense.

- Ramiro l'a su et l'a élimé ? Voyant le trouble de Scotty grandir. Chef ?

- Lilly, faites attention ! Ce type est…

- Je vois !

Elle raccrocha. Manny, lui demanda de faire le résumé. Elle s'exécuta, mais sentait que quelque chose n'allait pas du côté de Scotty. Soudain le jeune homme explosa.

- On y va !

- Quoi ? Ou ça ? Demanda Manny.

- Tu sais très bien ! Cet enfoiré ne va pas s'en sortir. Si on tarde à y aller, il filera, comme la 1ère fois !

- On n'est pas suffisamment nombreux ! Si ça se trouve, il nous attend déjà !

- Je peux y aller seul ! Il ne se méfiera pas !

- Et comment le sais-tu ça ?

- Il se méfiera au début, mais…

- Ta couverture est grillée ! Tu crois vraiment que si tu te pointes il ne se méfiera pas ? Tu as entendu Marco, il est rusé ce type !

- Et alors ? C'est à tenter !

- Il nous faut un plan, Scotty ! Fit Manny.

- On n'a pas le temps d'élaborer un plan ! Tu me laisses à 3 pâtés de maisons de son adresse, vous appelez les renforts et vous rappliquez !

- Scotty… Commença Lilly.

- Sa décision est prise, inspecteur Rush, fit Manny, après avoir lancé un regard à Scotty.

- Mais c'est de la folie !

- Non ! Répondit Scotty.

- Ah oui ? Et tu peux dire, comment Ramiro ne va pas se méfier ? Mais regarde-toi ! Et regarde Marco ! Vous êtes différents !

- J'improviserai ! Tenta Scotty.

- Mais…

- Non, Lilly ! Laisse-moi gérer ça ! Je peux le faire !

Elle dû se rendre à l'évidence. Elle se tut, et pendant le reste du trajet réfléchissait à la suite des événements. La voiture s'arrêta. Manny demanda une dernière fois à Scotty, s'il se sentait prêt. Il n'obtint pas de réponse. Le jeune homme se contenta de déposer son insigne sur le tableau de bord, et descendit. Lilly se précipita sur son portable et appela Stillman. Ce dernier lui ordonna de parler à Manny. Ils passèrent cinq minutes à parler. A la fin Stillman lui dit qu'il arrivait sur place. Il redonna le portable à Lilly en lui disant de se tenir prête. Si Ramiro se méfiait, il faudrait agir vite. Elle comprit.

 

Une fois arrivé, Scotty frappa à la porte. Une jeune femme rousse vint lui ouvrir. Il la détailla et vit qu'elle était enceinte. Il lui demanda si Ramiro était présent. Elle acquiesça, et lui demanda qui il était. Il lui répondit qu'il était une vieille connaissance, et qu'il avait entendu qu'il était de passage à Philadelphie. Elle accepta de le laisser entrer. Elle partit dans une autre pièce. Il examina la pièce, et prit son portable et composa le numéro de Manny, qui décrocha. N'entendant rien il allait raccrocher quand il entendit une voix lointaine. Il comprit. Scotty n'était pas totalement inconscient.

- Ca alors ! C'est une surprise ! Si un jour, on m'avait dit que tu reviendrais me voir, je pense que j'aurais bien rigolé !

- Il ne fallait pas t'envoler dans la nature, Ramiro !

- Le quartier était devenu mal famé !

- On dit que tu as ton propre réseau maintenant ?

- Oui, mais… Et toi ? Ne me dis pas que tu t'es recyclé ! Ou alors tu vas à une cérémonie !

- J'ai arrêté tout ça ! Question de sécurité.

- Comment tu as su où me trouver ?

- Oh, tu sais, un ami d'un ami m'a dit…

- Ouais… Si tu viens de la part de l'autre qui est venu me supplier, tu perds ton temps…

- Quel autre ?

- Tu m'as compris ! Je ne suis pas dupe, tu sais ! Je débarque ici, et tout le monde veut m'avoir dans son camps ! Je suis le copain d'un sacré nombre de personnes que je ne connais pas !

- Justement, j'ai un tuyau. Tu sais, j'ai un contact chez les flics. Il m'a dit qu'ils étaient en effervescence suite au meurtre de ce Ernesto.

- Oui, j'ai entendu ! C'est triste, pauvre type ! Dis-moi, veux-tu que je t'offre quelque chose à boire ou à manger ? Comme au bon vieux temps !

- Ce n'est pas de refus, fit Scotty nerveusement. Ramiro n'était pas si aimable avant, et ne lui avait jamais proposé de lui servir quelque chose.

Ramiro se dirigea vers un petit meuble et en sortit une bouteille de whisky. Il prit un revolver que Scotty ne remarqua que plus tard.

- Tu me crois idiot ? Tu crois vraiment que je t'accueillerais chez moi, sans savoir si tu es réglo !

- Mais…

 

Manny regardait Lilly. Ils étaient arrivés, mais les renforts n'étaient pas encore là. Tout à coup, Manny sortit de la voiture et lança un regard à Lilly qui comprit. Ils firent le tour de la maison, et trouvèrent une porte de service. Par chance elle n'était pas fermée, ils pénétrèrent à l'intérieur de la maison et Lilly eut juste le temps de demander à la jeune femme rousse de se taire. Elle sortit sa plaque et lui conseilla de sortir discrètement. Des bribes de voix leurs parvenaient de la pièce du fond de la cuisine. Ils approchèrent lentement.

- Je n'ai rien entendu à ton sujet ! Fit Ramiro. Tu fais toujours le larbin ? T'as pas eu l'ambition de monter dans la hiérarchie ?

- Je te l'ai dit, j'ai arrêté tout ça ! Depuis Ana…

- Je me doutais bien qu'elle et toi, vous étiez…

- C'est toi qui l'a tué ?

- Non, c'est sa bêtise ! Pourquoi croyait-elle que le sachet, qui était dans son estomac ne…

- On ne l'a pas retrouvé ce sachet !

- On ?

- Les flics !

- Et tu dis on, quand tu parles des flics ?

- Je…

Ramiro pointa son arme sur Scotty.

- Je te l’ai dit, je ne suis pas totalement idiot ! Pour qui travailles-tu ?

- Mais…

- Tu sais, ce type qui est passé me voir, il se trouve que c’est le nouveau leader des Chicos ! Tu sais ce Ernesto qui s’est fait buter. C’est Marco qui t’a envoyé ?

- Quoi ? Non ! Je…

- Dis-moi pour qui tu bosses ? Il enleva le cran de sûreté et chargea son arme.

- Pour nous, hurla Manny ! Allez Ramiro, je pense que tu dois te souvenir…

- T’es une balance ? Demanda Ramiro à Scotty.

- Non, je suis même mieux que ça, répondit-il en sortant son arme. Je suis flic ! Inspecteur Valens. Et ton règne prend fin ce soir.

 

Lilly s’approcha d’eux et passa ses menottes à Scotty. 10 minutes plus tard, Stillman et Manny parlaient dehors. Ramiro avait été installé à l’arrière d’une voiture. Le mieux était de le ramener au central, mais curieusement Stillman hésitait. Pour quel motif ? Manny le rassura. Il était suspect dans l’enquête du meurtre d’Ana Castilla. C’est ainsi que Ramiro fut ramené au central pour subir un interrogatoire. Lilly et Kat s’en chargèrent.

- Donc, vous avez décidé de rouvrir l’enquête sur l’éventuel meurtre d’une mule ! S’exclama Ramiro.

- Pourquoi éventuel ? Demanda Kat. Pourquoi ne l’aurait-on pas tuée ?

- Tous les passeurs jouent avec la mort tous les jours ! Faut être sacrément dérangé pour se foutre une dizaine de ballons de poudre dans l’estomac !

- Vous dîtes ça comme si vous vous préoccupiez d’eux ? Fit Lilly.

- Mais, vous savez je me soucie d’eux. Je…

- Vous vous souciez du fric qu’ils ont avalé plutôt ! Suggéra Kat. Que pouvez-vous nous dire sur Ana ?

- Ce que vous savez déjà ! Elle voulait arrêter. Mais elle a cru pouvoir me doubler.

- Comment ça ? S’étonna Lilly.

- Elle est venue me narguer en me demandant de lui rendre son passeport. Mais je savais qu’elle ne m’avait pas tout donné. Il manquait un sachet. A moins qu’elle ne fut totalement idiote, elle ne l’avait pas gardé en elle !

- Pourquoi aviez-vous son passeport ?

- Pour éviter ce genre d’entourloupes justement ! Sans leur passeport, ils ne sont rien ! Ils sont en situation irrégulière et On peut les renvoyer dans leur pays…

- Et selon vous, elle vous avait berné ? Demanda Kat.

- Et comment appelez-vous une personne qui vous fait chanter pour…

- Pour quoi ? Du fric ? Sa liberté ? Demanda Lilly. Que saviez-vous d’elle ? A part le fait qu’elle faisait entrer de la drogue aux Etats-Unis ?

- Elle était là parce qu’elle le voulait bien ! D’après vous, pourquoi revenait-elle à chaque fois ? Pourquoi ? Pour le fric !

- Et ce sachet qui vous manquait, l’aviez-vous retrouvé ? S’enquit Kat.

- Non ! Et je ne l’ai pas tué ! Je ne l’ai pas tué dit-il en regardant le miroir.

 

Lilly et Kat sortirent de la salle d’interrogatoire, elles se dirigèrent vers l’open space. Will et Nick avaient réussi à retrouver une fille qui connaissait Ana. Elle était paumée à l’époque, se battant contre la drogue. Tout comme Ana le père Peralta l’avait recueilli. Lilly demanda si l’interrogatoire de Ceci avait donné quelque chose ? Will lui répondit que le lendemain, ils devraient de nouveau voir le prêtre pour éclaircir un point. Lilly et Kat partirent de leur côté. Il se faisait tard, et ils ne pourraient plus rien faire pour la journée. Une fois chez elle, Lilly donna à manger à ses chats, elle réfléchissait. Il y avait un truc qui clochait dans le récit de Ceci. Pourquoi avait-elle disparu de la circulation après la mort d’Ana ? Elle ne put y réfléchir plus longuement, la porte d’entrée s’ouvrit et des pas se firent entendre dans le salon. Elle se retourna et ne résista pas quand Kite la prit dans ses bras. Elle s’abandonna à la délicieuse sensation de confort qui la prenait à chaque fois qu’ils se voyaient. Il lui demanda si elle ne voulait pas sortir boire un verre. Il en avait assez de passer toutes les soirées devant la télé. Il voulait sortir. Elle ne se fit pas prier, et le suivit.


Genna  (11.04.2010 à 22:05)

Scotty était assis au bar. Il ressassait toujours les mêmes choses. Et s’il n’avait pas été si prudent, comme le lui avait suggéré Manny. Et s’il avait répondu à ce coup de fil, à la place de son chef ? Ana serait toujours en vie, et Ramiro à l’ombre depuis longtemps ! Et s’il n’avait pas eu une sorte de faiblesse, il aurait réussi ! Mais voilà, il s’était attaché à Ana. A la longue leurs trajets étaient devenus un rituel que l’autre attendait à chaque fois avec impatience. Ils avaient tous les 2 un secret à garder. Difficilement, mais c’était le challenge. Manny avait raison, la réouverture de l’enquête était une erreur. Il avait passé ces dernières années à oublier. Autour de lui l’agitation était à son comble. Une retransmission de basket était rediffusée. Mais il n’y prenait pas goût. Il avait envie de se retrouver seul parmi tout ce monde. Il voulait voir les autres s’amuser, alors que lui n’avait pas le cœur à rire. Il ne comptait plus les verres qui s’étalaient devant lui. Etait-ce une bêtise ? Il ne savait pas, mais ce qui était sûr c’est qu’il eu l’impression d’avoir oublier pendant un instant le vide de sa vie. Sa vie n’était qu’une façade. La seule qui aurait pu le réconforter avait préféré s’éloigner de lui pour qu’il ne souffre pas. Mais voilà, l’éloignement est parfois trop dur à vivre. Et il ne trouvait du réconfort que dans la boisson ambrée qu’il avalait en trop grande quantité.

 

Lilly passa à côté de lui, sans même le voir. Il hésita un moment à l’appeler, mais vit qu’elle n’était pas seule. Elle s’était installée à une table et le hasard fit qu’elle se trouva juste dans son champ de vision. Il hésita un moment, puis se retourna. Il replongea son regard dans son verre et le vida d’un trait. Quand il releva la tête il regarda son reflet dans la glace. Le barman comprit et lui demanda les clés de sa voiture ainsi que son permis de conduire, et lui resservit un verre à contrecœur. Il demanda à la jeune femme qui attendait ce qu’elle voulait. Elle passa commande et au même moment Scotty se retourna et aperçut Lilly. Elle le vit à son tour et baissa les yeux et remarqua les verres alignés sur le zinc. Elle s’approcha de lui doucement.

- Il y a quelque chose qui ne va pas ? Demanda t’elle avec hésitation.

- Non, tout va bien ! Une soirée comme toutes les autres. Répondit-il avec ironie. Je la passe en compagnie de ma copine. Continua t’il en désignant la bouteille en évidence.

- Je te ramène chez toi, avant que…

- Je te l’ai dit, ne te sens pas obliger de…

- Il n’y a pas de mais…

- Et Kite ?

- Je… Attends.

Elle s’éloigna, et donna comme excuse à Kite qu’une de ses amies étaient dans un sale état. Elle aurait sûrement besoin de parler.

- Qu’est-ce que tu ne ferais pas pour conduire ma voiture ! Fit Scotty en montant dans le véhicule.

- Tu aurais peut-être préféré rentrer en taxi et la retrouver demain matin avec une contravention ? Tu étais garé sur une place livraison ! Répondit la jeune femme fermement.

- Encore une fois, je n’ai pas besoin de toi ! Je m’en sors bien !

- Ca veut dire quoi ? Tu peux me dire à quoi tu joues ?

- A rien !

- Ah oui ! Ne me dis pas que tu n’as pas de problèmes ! Pour que le barman laisse la bouteille en évidence, et qu’il te prenne tes clés et ton permis, c’est que tu dois sérieusement…

- Je n’ai pas de problèmes !

- Ma mère non plus n’a pas de problèmes ! Et ça n’empêche pas le fait qu’elle en soit à sa Xième cure de désintoxication.

- Je n’en suis pas là !

- Peut-être, mais continue et tu en prends le chemin. Maintenant, donne-moi ton adresse, que je puisse te déposer chez toi.

- C’est une ruse ! Fit Scotty goguenard. Je ne savais pas que Lilly Rush était de ce genre là !

- Je suis du genre à t’éviter des ennuis…

- Ah oui ? Maintenant qu’on se supporte un peu mieux, ne me dis pas que…

- Ne te fatigue pas ! Je suis complètement transparente à ton charme ! Répondit Lilly sérieusement.

Ils se regardèrent quelques secondes. Scotty dévisageait la jeune femme et lui donna son adresse. Il lui demanda comment elle ferait pour rentrer après. Elle lui répondit qu’il n’avait pas à s’en soucier. Le trajet se fit dans un silence assez reposant. Scotty en profitait pour faire le vide dans sa tête. De temps à autres il lançait des petits regards à sa voisine. Elle le remarqua et lui dit qu’elle savait conduire et qu’il ne fallait pas qu’il ait peur. Cette remarque fit sourire le jeune homme. Elle avait réponse à tout. Il avait parlé avec Kat, et en avait apprit un peu plus sur elle. Il savait que sa famille était un sujet tabou, donc il n’avait pas insisté quand elle lui avait dit pour sa mère. Ils étaient arrivés. Il descendit de voiture en même temps que Lilly.

 

- Entre ! Je ne vais pas te laisser appeler et attendre ton taxi dehors sous ce froid.

- Tu sais, ce petit appareil s’appelle un téléphone et je peux très bien m’en servir toute seule sans chaperon, dit-elle avec un petit sourire en agitant son portable.

- Tu crois vraiment que j’ai de mauvaises intentions ? Demanda t’il en répondant à son sourire.

Elle capitula. Après tout c’est vrai, de quoi avait-elle peur ? Une fois rentrés, il se dirigea vers la cuisine et fit couler du café. Elle avait accepté son offre et était en train d’appeler un taxi. En raccrochant, elle pesta : 30 minutes pour venir la chercher, il ne fallait pas que ce soit une urgence.

- Et si j’étais sur le point d’accoucher ! S’exclama t’elle.

- Je pense que dans ce cas, tu aurais eu la présence d’esprit d’appeler le 911 au lieu d’un taxi ! Répondit-il en se moquant gentiment d’elle.

- Oui, c’est vrai ! Le type m’a dit que c’était soir de matchs et qu’ils étaient surchargés.

Ils parlèrent encore quelques instants. Scotty revint avec 2 tasses de café fumantes. Lilly lui dit que normalement elle n’en prenait plus à cette heure de la soirée, mais qu’elle faisait une exception. Il sourit et lui répondit que c’était du déca.

- Et quand comptais-tu me le dire ?

- Jamais en fait !

La demie-heure passa avec une telle rapidité que lorsque la sonnette retentit ils sursautèrent tous les 2. Il la raccompagna jusqu’à la porte, et une fois sur le seuil, Lilly lui souhaita une bonne nuit. Elle commençait à s’éloigner lorsqu’il la rappela. Elle se retourna, il s’avança vers elle. Il la regarda et très lentement lui déposa un baiser sur les lèvres. Surprise, elle lui demanda des comptes et eut pour toute réponse un 2ème baiser, plus insistant cette fois-ci. Il allait s’éloigner quand elle l’attrapa par le bras. Ils se dévisagèrent quelques secondes, et cette fois-ci se fut Lilly qui l’embrassa. Elle ne savait pas ce qu’il lui prenait, mais elle en avait envie. Elle s’était mentit. Il y avait quelque chose chez Scotty qui la troublait. Il la tenait par la taille et elle sentit une main lui caresser le dos. Très lentement il l’attira vers l’intérieur de son appartement, il referma la porte. Lilly, se laissait aller, c’était une bêtise, mais elle n’avait pas envie d’en rester là. Il s’en aperçut et en profita pour approfondir un peu plus son étreinte. Elle se retrouva coincée contre un mur. Il dévia son baiser sur sa nuque en passant par une de ses oreilles et s’arrêta sur son cou tout en soulevant le pull de la jeune femme. Lilly quant à elle, jouait avec les boutons de la chemise du jeune homme. Ils savaient tous les 2 que ce qu’ils s’apprêtaient à faire était une énorme bêtise, mais ils ne s’arrêtaient pas. Aucune envie sûrement. Se retrouver dans une situation plus que normale pour n’importe qui d’autre, mais pas pour eux. Soudain elle pensa à Kite qui l’attendait sûrement sagement. Elle repoussa Scotty.

- Je… Je crois que le taxi va repartir. Dit-elle encore troublée.

- S’il n’est pas déjà reparti, remarqua Scotty en reprenant la partie là où il l’avait laissé.

- Non, sérieusement, Scotty ! Fit Lilly en le repoussant. Je pense qu’il vaudrait mieux que je…

- Que tu rentres !

- Je… Oui, fit-elle sagement. La journée a été très dure et…

- Ca c’est mon excuse, et la tienne ? Demanda Scotty en l’attirant vers lui.

- Scotty, s’il te plaît… Dit-elle en enlevant sa main de la sienne. Tu sais tout aussi bien que moi que c’est une erreur. Tu n’es pas au mieux de ta forme et moi je…

- Tu es transparente à mon charme ! La coupa t’il en souriant. Je pense que tu as raison, il vaut mieux qu’on en reste là. D’ailleurs il ne s’est rien passé. Tu m’as raccompagné et…

- C’est tout, continua Lilly.

Ils se regardèrent encore quelques instants, et la sonnette retentit pour la 2ème fois les surprenant encore. Scotty répondit en disant que Lilly descendait. Il ignora la voix du chauffeur qui s’impatientait. Lilly en profita pour s’en aller. Plus elle restait, plus ses résolutions s’effaçaient.

 

Une fois dans le taxi, elle soupira de frustration ou de soulagement, elle ne saurait le dire. Elle se demandait ce qui se serait passé s’ils avaient continué. Une bêtise comme elle lui avait dit. Mais ça avait été plus fort qu’elle. Elle ne supportait pas de voir quelqu’un dans la détresse, c’est ce qui l’avait poussé à exercer ce métier. Mais pourquoi elle avait réagit de cette façon avec Scotty, ça elle ne le savait pas. Le trajet se passa rapidement. Elle essayait d’effacer tout ça. Une fois arrivée elle régla la note et rentra chez elle. Elle alluma la lumière du salon et ses chats vinrent la saluer. Elle en prit un dans ses bras et s’assit sur le canapé. Le répondeur clignotait, elle écouta le message de Kite qui lui souhaitait une bonne nuit, et qu’il passerait la chercher le lendemain matin. Et c’est à cet instant qu’elle se dit qu’elle avait bien eu raison d’arrêter. A quoi bon chercher les complications là où il n’y en a pas !

 

Scotty quant à lui n’arrivait pas à réaliser ce qui s’était passé. Il fallait qu’il arrête ça. A quoi cela lui servait de draguer tout ce qui bougeait ? A rien se dit-il à voix haute. A voir la réticence de la jeune femme au début, il était clair que Kat avait dû lui parler de lui. Mais il n’était pas comme ça. Il agissait de cette façon quand ça n’allait pas. Et là il savait que ça n’allait pas. Son frère lui disait qu’il réagissait comme quelqu’un qui a peur de l’engagement car il a été déçu. Il ne comprenait pas. Elisa ne l’avait pas déçu. D’ailleurs ils avaient failli se fâcher. Mais il avait peut-être raison… Pour lui il faisait sa vie avec elle. Mais maintenant qu’elle est disparue, son monde s’était écroulé. Il avait besoin de repères qu’il retrouvait chez Lilly. Ils ne se connaissaient pas, mais pourtant il avait l’impression de l’avoir toujours connue. Il se coucha avec les idées embrouillées, mais ne tarda pas à sombrer dans le sommeil.


Genna  (14.04.2010 à 06:21)

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