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Série : Cold Case
Création : 26.03.2010 à 09h29
Auteur : Genna
Statut : Terminée
« Imaginons que les affaires classées n'existent pas... Et imaginos que la Philly Team ne soit pas ce qu'elle est dans la série... Si, si, imaginez » Genna
Cette fanfic compte déjà 55 paragraphes
La soirée de Lilly se passa tranquillement. Kite était passé la prendre aux alentours de 20h et elle avait décidé de profiter de sa soirée. Après tout Kite devait certainement être plus mature que Scotty, puisqu’il ne lui demandait rien. Elle repensa à leur conversation et ne put s’empêcher de sourire, ce n’était que des enfantillages. Sa décision était prise. Kite et elle avaient eu une histoire qui marchait. Elle ne pouvait pas gommer ça à cause d’un écart de conduite. D’ailleurs, leur rupture leur avait fait du bien à tous les 2. Alors pourquoi hésitait-elle à ce point ? Elle était songeuse et Kite s’en aperçut.
- C’est à lui que tu penses ? Demanda t’il vexé.
- Quoi ? Fit Lilly incrédule.
- Tu passes la soirée avec qui ?
- Arrête ! Je ne te répondrais même pas, tellement c’est idiot.
- Lil… Je ne veux pas te braquer, mais…
- Ah non ! S’énerva t’elle. S’il te plaît, non ! Je sais, je suis au courant… Mais ce n’est pas en me pressant des 2 côtés que je vais y arriver !
- Pourtant, il le faut. Lui répondit-il en devinant ce à quoi elle faisait allusion.
- Tu m’as invité juste pour te faire valoir ? Demanda t’elle.
- Non, j’ai envie de passer du temps avec toi, c’est tout. Ce n’est pas suffisant ? Dis-moi ce que tu veux alors ?
- Je veux retrouver ce qu’on avait toi et moi ! Fit Lilly en baissant la tête. Je veux qu’on se retrouve comme…
- Avant ! Continua Kite. Il faut que je fasse quoi pour te le prouver ça ? Bon sang Lilly, je suis prêt à te pardonner, alors dis-moi ce qu’il faut que je fasse d’autre ?
- Je ne sais pas. Dit-elle à voix basse. Kite… Je suis désolée.
- C’est lui ? Murmura t’il.
- Non… Répondit-elle la voix à peine audible.
- Non ? Attends Lil ! Si ce n’est pas moi, et si ce n’est pas lui, c’est…
- Personne ! Fit-elle en essuyant une larme sur sa joue. On en souffre tous ! Ne me dis pas que tu n’en souffres pas, je ne te croirais. Il en souffre, et moi aussi. Alors, je choisis. Et désolée de te dire que c’est moi la plus adulte.
Ils se regardèrent et il lui demanda si c’était vraiment ce qu’elle voulait ? Elle lui répondit positivement. Il paya la note et se leva. Il la raccompagna chez elle, et au moment de partir, il l’embrassa doucement sur les lèvres.
- Je t’ai aimé Lil. J’espère que tu n’en doutes pas.
- Moi aussi.
- Aller, dépêche-toi avant que je ne change d’avis et que je t’interdise de sortir. Dit-il avec un petit sourire.
Elle s’exécuta et ouvrit la porte. Une fois dehors, elle le regarda et lui renvoya son sourire. Ils restèrent quelques secondes à se regarder avec tendresse, et elle se retourna et se dirigea vers sa maison.
Le lendemain, elle arriva encore la 1ère, et se retrouva avec Will, qui était déjà là à remplir la paperasse. Il l’accueillit en lui disant que c’était le meilleur moment de la journée pour le faire. Personne ne le dérangeait. Elle acquiesça avec un petit sourire.
- Vas-y pose la-moi cette question qui te brûle les lèvres, fit-elle en souriant.
- Quelle question ? Demanda t’il innocemment. C’est ta vie Lil, et je n’ai pas à m’en mêler.
- Personne ! Et je pense que vous pouvez tous récupérer votre fric, ou me le donner alors !
- Quel fric ?
- Je ne suis pas née de la dernière pluie, Will. Je sais que vous avez parié. On le fait à chaque fois qu’il y a un truc qui arrive à l’un d’entre nous. Donc tu passeras le message à Nick et Kat. Ils me doivent du fric !
- Je te paye un café ?
- Ok, mais ne compte pas sur moi pour te raconter ma vie ! Fit-elle avec un petit clin d’œil.
- Ca va aller ? Lui demanda t’il avec un œil plein de tendresse.
- Oui ! Dit-elle sur un ton qui se voulait rassurant. Un peu difficile à gérer au début, mais après je suis sûre d’en rire, et surtout, je me suis fait du fric ! Et tu sais quoi ? Je vais pouvoir frimer lors de la prochaine soirée de la police. Dans mon carnet de bal, désormais Scotty Valens y a sa place ! Je vais en faire des jalouses !
Jeffries répondit à son sourire, mais savait pertinemment que l’insouciance de la jeune femme cachait autre chose. Ils ne furent pas tranquilles longtemps, Stillman et Manny arrivèrent à leur tour. Ils les mirent au courant de leurs projets. Lilly demanda donc si elle pouvait interroger Erin. La jeune femme avait confiance en elle. Stillman acquiesça.
Une heure plus tard, Nick et Scotty firent leur apparition. Lilly buvait la fin de son café tout en finissant son dernier rapport. Voyant que presque tout le monde était là, Nick ne se priva pas pour le remarquer.
- Il y a un nouvel horaire, ou est-ce que vous êtes tous devenus accro au boulot ?
- Tu as vu ton bureau ? Fit Lilly en le désignant du doigt. Maintenant, regarde le mien et celui de Will. Tu remarques qu’on a fini tous nos rapports. Continua t’elle en riant.
- Et il faudra nous payer très cher pour qu’on les fasse à ta place. Renchérit Will en renvoyant le sourire à la jeune femme.
- Vous nous cachez quelque chose ? Demanda Nick vexé de ne pas être dans la confidence.
- Non, mais tu dois du fric à Rush !
- Quoi ? Et pourquoi je te devrais de l’argent.
- Disons que j’ai décidé de participer au pari, et que vous avez tous perdu ! Will a déjà honoré sa dette. Fit-elle en désignant le café.
Elle se leva et s’éloigna sans un regard pour Scotty qui se taisait. Il comprit que ce n’était pas la peine de demander d’explications à la jeune femme. Il s’éloigna en sens inverse. Il avait besoin de digérer cette nouvelle. En même temps, il lui avait demandé de choisir, et elle l’avait fait. Mais, secrètement, il espérait qu’elle n’en ferait rien, ou qu’elle reviendrait vers lui.
- Tu peux m’expliquer ? Demanda Nick à Will.
- Expliquer quoi ? Interrompit Kat qui venait d’arriver.
- Qu’on doit du fric à Rush ! Répondit Nick.
- Et pourquoi ?
- Disons qu’on n’avait pas prévu une éventualité. Fit Will.
- Personne ! S’exclamèrent Vera et Kat.
- Oui !
- Elle a vraiment fait ça ? Demanda Kat. Elle a vraiment laissé les 2 s’en aller ?
- Oh que oui ! Fit Nick en comprenant les réactions de Scotty et de Lilly ce matin.
Lilly conduisait et réfléchissait. Elle se demandait s’il fallait qu’elle aille voir Scotty pour lui expliquer. Elle en déduisit que non. Il ne fallait pas envenimer la situation. A voir sa réaction ce matin, elle comprit qu’il la laisserait tranquille. Il s’effacerait, comme il le lui avait dit. Arrivée chez Erin, elle descendit de son véhicule et sonna chez la jeune femme. Erin vint lui ouvrir, les yeux gonflés et rougis d’avoir encore passée une nuit à pleurer.
- Inspecteur Rush ! Mais que faites-vous là ?
- Je me suis dit que vous auriez besoin de parler, ou de boire un bon café ! Dit-elle en lui tendant un café acheté au starbucks du coin.
- Je n’ai pas besoin de vous ! Vous n’êtes même pas capable de trouver le coupable…
- Je vous ai dit que cela pourrait prendre du temps, pas que nous n’allons pas vous aider, Erin. La rassura Lilly.
- Oui, mais…
- Cette guerre a déjà fait trop de victimes. Et là, il y a un enfant qui en a fait les frais… Je vous promets de faire tout mon possible pour trouver et arrêter celui qui a fait ça, mais il faut que vous ayez confiance en moi. Vous me faites confiance Erin ?
La jeune femme regarda Lilly et les yeux brillants, hocha la tête en signe d’acquiescement. Lilly lui demanda si elle pouvait entrer, Erin la laissa passer.
- Essayez de vous souvenir. Commença t’elle.
- De me souvenir de quoi ? Je vous ai déjà tout dit.
- La moindre petite chose peut nous être utile, même si vous pensez que cela n’est pas intéressant ou important.
- Je vous ai déjà dit qu’Ethan et Stan avaient un contentieux familial.
- Justement, hormis eux, qui était associé à leur business ?
- Je ne m’occupais pas de leurs affaires. Avec Ramiro, j’ai compris vous savez.
- Pourquoi dans ce cas…
- Pourquoi est-ce que je côtoie ce genre d’hommes ? Je dois avoir une part de sadisme en moi. Vous n’avez jamais été attirée par quelqu’un qui est l’opposé de vous ?
Lilly se tut et offrit un timide sourire à Erin. Elle ne put s’empêcher de penser à sa vie, qu’elle avait compliqué sans le vouloir vraiment. Ou l’avait-elle voulu ? Elle ne le savait pas.
- Oui, fut-elle forcée d’admettre. Pas plus tard que ces derniers temps. Je vous comprends.
- Alors, ne cherchez pas à comprendre ce qui m’a poussé à craquer pour Ethan. Moi-même je ne le comprends pas, et vous venez de me dire que vous ne le compreniez pas non plus.
- Erin, je… Ethan vous confiait-il certaines choses ?
- Sur son boulot ? Non, mais ces derniers temps, il avait baissé sa garde. Il me disait vouloir arrêter.
- Justement, ses ennemis veulent peut-être se venger. Ethan mort et Stan dans la nature…
- Personne ne sait que Stan…
- Je ne sais pas, fit Lilly obligée de reconnaître qu’elle n’était pas la spécialiste pour la renseigner.
- Ecoutez…
- Je suis de la criminelle, ce que vous me demandez, ce sont les stups qui peuvent vous renseigner. Moi tout ce que je peux faire c’est enquêter…
- Enquêter ! Vous ne me dîtes que ça depuis…
- Erin, je comprends. Voyant que cela ne servirait à rien d’insister elle tendit sa carte. Si jamais vous vous souvenez de quelque chose, poursuit-elle. N’hésitez pas, appelez-moi.
Lilly se leva et prit congé de la jeune femme.
- Inspecteur ! Je suis désolée.
- Attendez-moi, je reviens.
Une fois dans la rue, elle s’éloigna et prit son portable. Elle réfléchit longtemps à ce qu’elle s’apprêtait à faire, mais elle était professionnelle. Erin avait besoin de réponses qu’il pouvait lui donner. Il demanda par 2 fois qui l’appelait.
- C’est moi. Fit-elle timidement.
- Lilly ? Demanda Scotty.
- J’ai un service à te demander ?
- Tu ne crois pas que…
- Je suis chez Erin, et…
- Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda t’il après une hésitation de quelques secondes.
- Elle a besoin de réponses, que je ne peux pas lui donner.
- Et tu m’appelles pour savoir si je peux lui répondre ? Si tu ne le peux pas, moi non plus.
- Je sais que tu as toutes les raisons pour m’en vouloir, mais si tu veux me prouver que tu es un bon flic, tu sauras mettre ça de côté, et tu viendras faire ton boulot. Sinon, et bien c’est simple, j’ai raison sur toute la ligne.
- J’arrive. Lui dit-il.
Elle raccrocha et ressentit une petite appréhension l’envahir. Elle la chassa en secouant la tête, ils sont adultes tous les 2 et savent gérer leur vie professionnelle. C’est ce qu’on apprend à l’école de police : ne pas mélanger travail et vie privée, mais que s’il y avait un souci quelconque, le côté professionnel devait prendre le dessus. 20 minutes plus tard, Scotty sonna à la porte. Erin vint lui ouvrir. Il se présenta et la suivit dans le salon, où il trouva Lilly installée dans un fauteuil en train de feuilleter un album photos. Elle se leva, et hésitante, résuma la situation. Erin remarqua la gêne des 2 inspecteurs et sourit intérieurement. Elle s’efforça de les mettre à l’aise, et Scotty l’informa sur l’enquête au niveau des stups. Stan était en garde à vue, et un indic était infiltré dans un gang.
- Maintenant, Erin si vous savez quelque chose, dîtes-le nous. Tenta Scotty.
- Je savais que Ramiro n’était pas un ange, mais j’étais loin d’imaginer que… Il aimait son fils, vous savez. Moi je ne sais pas, mais Stephen… Etre parent, ça change une personne.
Lilly devança Scotty qui allait répliquer.
- Vous avez ma carte Erin, je vous fais confiance.
Elle se leva, suivit de Scotty. Une fois dehors, Scotty se dirigea vers sa voiture, Lilly le rappela. Il lui dit que ce n’était pas la peine, il comprenait, et que l’enquête était bien plus importante.
3 mois se déroulèrent encore. L’infiltration de Timmy était de plus en plus concluante, et il s’avérait que Marco et Stan se connaissaient, bien que Marco le démentait formellement. Manny et Scotty étaient donc chez Marco.
- Je t’ai dit que je n’aimais pas qu’on se foute de moi, Marco. Prévint Scotty.
- A quel sujet ?
- Stan ! Dit Manny. Arrête de jouer à ce petit jeu Marco !
- Franchement, vous devez avoir un sérieux problème. Pourquoi penser que je traite avec Ramiro, et maintenant ce Stan que je ne connais même pas !
- Marco, on te coincera ! Avec ou sans ta coopération, mais on y arrivera. Fit Scotty. Il vaudrait mieux pour toi, que tu sois coopératif.
- Et si je vous dis que je connais ce Stan, vous…
- Ca ne marche pas comme ça ! Fit Manny. Stan, n’a plus rien à perdre. Au contraire, il ne peut que gagner. C’est fou comme les gens changent une fois qu’ils sont en prison.
- C’est une menace ?
- Tu le prends comme tu veux. Dit Scotty en se levant.
- Vous savez que je suis au courant pour Timmy ! Je sais qu’il vous rend des comptes.
- Ah oui ! Et comment tu sais ça ? Fit Scotty, en ignorant Manny.
- J’ai mes sources, et vous avez les vôtres. Mais sont-elles sûres ? Là je ne sais pas.
Manny devança Scotty, se leva et sortit forçant le jeune homme à le suivre. Une fois dehors, Scotty demanda des comptes.
- Arrête un peu tes conneries Scotty. Ca suffit.
- Mais tu ne vois pas qu’ils se foutent de nous !
- Tu veux bousiller ta carrière, soit, mais n’embarque pas les autres avec toi.
- Cette enquête fait du surplace à cause de…
- De toi Scotty ! Le procureur et le divisionnaire en ont marre de tes « exploits », dit-il en mimant des guillemets. Ce n’est pas parce que tu n’es pas au mieux de ta forme, qu’il faut que tu n’en fasses qu’à ta tête.
- Je n’ai pas besoin de ton aide, tu sais. Je n’ai jamais demandé qu’on m’aide. Mais…
- Scotty, ça fait 3 mois que la tempête s’est un peu calmée, et à mon avis ta visite n’a fait que…
- Je n’ai pas demandé que tu viennes, mais…
- Ne me force pas à agir comme agit un chef avec toi.
- Tu vas faire quoi ? Me suspendre ? Ok, pas de problème ! S’énerva Scotty. J’en ai marre de toute façon de cette foutue enquête ! Je vais te faciliter la tâche Manny, tu vois, je ne fais pas d’histoire !
Scotty sortit sa plaque et son arme, en vida le chargeur et remit le tout à Manny.
- Elle t’a bousillé ! Cette fille t’a détruit !
- Qui ? Demanda Scotty gêné.
- Ne fais pas l’idiot ! Je ne sais pas qui c’est, mais elle a réussi en tout cas ! Je ne savais pas que tu…
- Que je quoi ? Je gère ma vie comme je l’entends, et ce n’est pas quelqu’un qui me dit quoi faire, et surtout qui me commande !
Il monta dans sa voiture et démarra. Manny le regarda partir et baissa la tête vers l’insigne et l’arme du jeune homme. Il venait de faire une grosse erreur. Il décida d’attendre que Scotty se calme avant de lui rendre le tout.
Scotty ne rentra pas chez lui. Aucune envie. Manny avait raison, Lilly avait réussi à lui gâcher la vie. Il aurait voulu croire qu’il pouvait surmonter ça, mais plus les jours avançaient, plus cela était difficile. Il s’arrêta devant le 1er bar qu’il trouva et en sortit bien des heures plus tard.
Au département de la criminelle, régnait une ambiance assez bon enfant. Contrairement aux autres années, l’été était calme. Pas d’affaires importantes, sauf de petits délits sans gravité. Stillman surveillait de loin l’enquête sur la guerre des gangs. La seule chose qui était intenable était la chaleur. Au plus frais de la journée, le thermomètre indiquait 26°C (aucune idée pour les degrés fahrenheit). Le téléphone sonna et une personne héla Lilly. La communication était pour elle. Elle décrocha et demanda qui était à l’autre bout du fil.
- C’est Erin. Je… J’ai un problème. Fit-elle la voix tremblante.
- Quoi ?
- Je ne peux pas vous en parler, mais je crois que j’ai fait une bêtise. Fit-elle en essayant de contrôler sa voix.
- Ne bougez pas, j’arrive.
Elle raccrocha et demanda à Kat de l’accompagner. 20 minutes plus tard, elles étaient sur place, et sonnèrent chez la jeune femme. Erin vint leur ouvrir, défigurée, les lèvres en sang, et tout en tremblant les fit entrer.
- Mon dieu Erin, que vous est-il arrivé ? Demanda Kat.
- Je… J’ai été agressée, et je crois que j’ai tué un homme. Fit-elle en désignant un corps étendu sur le sol.
Lilly était près du corps et appelait une ambulance.
- Il respire encore, mais… C’est…
- C’est qui ? Demanda Kat en s’approchant.
- Un des hommes de Marco.
- Ok, j’ai compris, j’appelle le chef et Manny.
- Erin, il faut tout me dire, fit Lilly. Que s’est-il passé ?
- A votre avis ?
- Erin… Le connaissez-vous ?
- Non ! Je ne l’ai jamais vu !
Lilly n’insista pas, comprenant qu’elle était en état de choc. Erin leur fit une révélation qui les surprit.
- Il avait un message. Il n’était pas venu seulement pour me... Enfin…
- Un message ? Demanda Kat.
- Oui, il m’a dit que c’était un avertissement. Comme ça, vous savez ce qu’il en coûte de menacer un chef de gang !
- Menacer un chef de gang ! Répéta Lilly stupéfaite. Mais personne n’a…
- Il m’a dit que c’était un avertissement après m’avoir tabassé. Et il a voulu…
- Erin, je sais que c’est difficile. Commença Kat, mais pourquoi est-ce un avertissement ? Nous ne comprenons pas.
- Il m’a dit que la police n’avait pas respecté un de leurs engagements vis-à-vis d’un chef de gang.
Kat commença à voir ce qu’Erin essayait de leur faire comprendre. Elle allait demander à Manny des explications.
L’ambulance était arrivée en même temps que Stillman et Manny. Les secouristes prodiguèrent les 1ers soins à l’homme, et un autre s’occupait d’Erin. Kat demanda ce qu’Erin avait voulu dire ?
- Oui en effet, ce type, on sait qui c’est ? Demanda Stillman.
- J’ai reconnu un des hommes de Marco. Répondit Lilly.
- Ca ne finira donc jamais ! S’exclama Kat.
- Je pensais qu’un semblant de tranquillité était revenu ? Demanda Lilly à Manny.
- Peut-être un fait nouveau. Fit Stillman.
Manny se taisait. Scotty avait vraiment dépassé les bornes. Il ne sait pas comment il pourrait le couvrir cette fois ? Il savait qu’il était impulsif, mais d’avoir continué en solo, et surtout menacé Marco était une erreur. Une grosse erreur. Voyant que tout le monde attendait une explication, il prit la parole.
- Quel est le message que ce type à donner à Erin ?
- Que c’était un avertissement. La police n’a pas respecté ses engagements. L’informa Lilly.
C’était ce qu’il craignait. Stillman comprit et essaya de le rassurer.
- Ce n’est peut-être pas aussi grave que tu ne le crois Manny.
- John, je ne peux plus le couvrir. Je l’ai déjà trop couvert. Il a dépassé les bornes cette fois. Et…
- Réfléchis avant de rendre ton rapport ! C’est le meilleur flic de ton département. Ne brise pas sa carrière.
- Je suis obligé de le faire ce rapport. Une civile a été agressée.
- Eux non plus, n’ont pas respecté leurs engagements, tenta Kat. S’il y avait lieu de répliquer, c’était contre un des nôtres, et pas Erin.
- Je vous comprends Miller. Mais ce n’est pas l’aider, vous le savez aussi bien que moi.
Lilly se taisait. Elle se demandait ce qui avait bien pu se passer ? Elle s’éloigna sous l’œil de Kat. Elle ne savait pas ce qu’elle devait penser. L’idée que Scotty ait pu faire cette erreur la dépassait. Elle ne comprenait pas. Une fois aux côtés d’Erin, elle lui prit la main et la rassura. Elle lui fit comprendre qu’elle savait ce qu’elle ressentait, et lui confia une infime partie de son agression. La jeune femme la dévisagea et se calma.
- Maintenant, Erin, je sais que cela va être dur, mais il va falloir que je prenne votre déposition.
- Je le sais bien inspecteur. Allez-y je suis prête.
- Très bien, mais appelez-moi Lilly.
Erin lui raconta ce qui s’était passé. Elle était chez elle, et rangeait des affaires. Quand il avait sonné à la porte, elle ne s’était pas méfiée, pensant que c’était le livreur. Et quand elle a ouvert la porte, elle n’avait pas eu le temps d’esquiver le 1er coup de poing. Et c’est à ce moment qu’il lui avait laissé le message. Il lui avait dit aussi que Marco n’était pas content d’avoir été trahi. Ce n’est que lorsqu’il avait essayé de lui déchirer son chemisier, qu’elle avait réussi à se défendre avec ses pieds, et avait attrapé son arme.
Un peu plus loin, Stillman demandait des comptes à Manny. Kat se tenait tout près, et hésita à signaler sa présence, mais sa curiosité prit le dessus.
- Il a sérieusement merdé si tu veux vraiment savoir.
- Je ne le connais pas aussi bien que toi, mais d’après ce que j’ai pu voir, Valens est un excellent flic.
- Oui, mais même les meilleurs commettent des erreurs.
- Ce n’est peut-être pas une erreur ?
- Il enquête en solo ! Alors que le divisionnaire a demandé qu’on arrête. Ca fait plus de 3 mois qu’il n’y a pas eu de faits nouveaux. Donc le divisionnaire nous a demandé de laisser un peu de côté cette affaire. Il est allé voir Marco ce matin.
- Quoi ?
- Il y est allé sans me consulter au préalable. C’est Timmy qui m’a prévenu. Et apparemment, Scotty a dû le menacer. Je ne peux plus le couvrir John. Et il le sait, puisqu’il m’a donné son arme et sa plaque. Je le pouvais tout à l’heure, mais maintenant…
- Il t’a remis sa plaque !
Manny ne répondit pas, conscient qu’un de ses meilleurs agents avait de sérieux problèmes. Kat s’éloigna et monta dans la voiture côté passager. Lilly la rejoignit et s’apprêtait à démarrer, mais elle l’arrêta.
- Je crois savoir pourquoi l’homme de Marco a agressé Erin. Dit-elle d’un air grave.
- Et c’est si grave que ça ? Demanda Lilly.
- Lilly… Il faut que je te parle.
- Ca ne peut pas attendre ? Erin…
- Lil, ça a un rapport avec l’agression d’Erin, justement. C’est effectivement Marco qui a envoyé un de ses hommes.
- Oui, mais pourquoi ? Ca n’a aucun sens !
- Lil… Il s’agit de Scotty.
Elle ne répondit pas et mit le contact.
- Lilly !
- Oui, je t’écoute. Mais il faut qu’on suive l’ambulance jusqu’à l’hôpital.
- Lilly, Marco n’a pas envoyé un de ses hommes sans raisons.
- Et pourquoi m’as-tu parlé de Scotty ?
- Il a de sérieux ennuis.
- Le rapport avec Marco s’il te plait ?
- Tu le fais exprès ma parole ? Ou est-ce que dès que je te parle de lui, tu fais celle qui ne m’écoute pas ?
Lilly resta concentrée sur la route, mais ne répondit pas. Kat poursuivit. Elle lui raconta la conversation entre Manny et Stillman qu’elle n’aurait pas dû entendre.
- Que veux-tu que j’y fasse ? Demanda Lilly. Il a voulu jouer au cow-boy et il en paie les ports cassés.
- Arrête ! Je sais très bien que tu ne t’en fous pas !
- Non ! S’exclama Lilly. Je vois ce que tu veux que je fasse, et c’est non ! Si tu veux le sauver, vas-y, fais-le. Mais moi je ne m’en occupe plus !
- Lil…
- Non Kat ! C’est bien mieux comme ça. Je vais mieux depuis qu’il n’est plus là ! Et comme je veux continuer à aller bien, je ne m’occupe plus de…
- Tu fais comme tu veux Lilly après tout. Mais je persiste à dire que tu as fait une belle bêtise…
- Et alors ? C’est moi que ça regarde ! Arrête de te mêler de ma vie. Je sais très bien la gérer toute seule.
- Ah oui, c’est ce que je vois. Ca t’a bien réussi. Tu es célib…
- Fais gaffe ! Je te signale que tu es pire que moi ! Fit Lilly en souriant.
Kat répondit à son sourire et se mit à rire.
- Oui, c’est vrai que toutes les 2 on fait la paire !
Lilly se gara et descendit de la voiture. Elles étaient arrivée devant l’hôpital.
- Alors ? Demanda Kat en sortant à son tour.
- Alors quoi ? Répéta Lilly. Non ! Il se débrouille, et d’ailleurs, on ne peut rien pour lui.
- Tu sais que tu es…
- Bornée, têtue ! Oui je le sais. Mais c’est ce qui fait mon charme non ? Allez Kat, on a un suspect à voir.
Kat fut obligée de suivre la jeune femme, mais au plus profond d’elle–même, elle savait que cette conversation n’avait pas laissé Lilly de glace. Car même si elle s’en défendait, elle avait été marquée par le choix qu’elle avait dû faire. Elle su bien après que cela avait été le bon. Kite et Scotty en étaient presque à se défier en duel. Et elle avait admit qu’elle avait agi en adulte responsable, même si elle en avait souffert la 1ère. Elle avait trouvé que Lilly avait retrouvé un peu de sa joie de vivre communicative pendant toute cette période. Comme elle lui avait dit, le fait que le « tombeur » de la police se soit intéressé à elle avait été valorisant pour la jeune femme. Une fois arrivées à l’accueil de l’hôpital, elles se présentèrent et demandèrent à voir la victime par balle qui venait d’arriver. Un infirmier les conduisit auprès du service des urgences et leur dit qu’il allait se renseigner. Après 2 heures d’attente, un médecin sortit d’un bloc opératoire et s’approcha d’elles. Il leur annonça qu’Alberto Minguez était sorti d’affaire, mais qu’il était encore trop tôt pour se prononcer sur du long terme. La prochaine nuit serait décisive sur son état. Lilly pria en son fort intérieur pour qu’il s’en sorte. Erin ne risquait rien, puisqu’elle tentait de se défendre, mais ce traumatisme additionné à celui de la perte de son fils allait l’anéantir pour de bon.
Pendant ce temps au central, Will et Nick prenaient la déposition d’Erin. Stillman et Manny, enfermés dans le bureau de celui-ci, parlementaient avec le divisionnaire et Kite.
- A t’on une preuve de l’implication de ce Marco dans cette agression ? Demanda Kite.
- Alberto Minguez, un de ses hommes est hospitalisé des suites d’une blessure par balle, commise par Erin Barns, suite à son agression par Alberto. Résuma Manny.
- Et pourquoi cette femme a t’elle été agressée ? Demanda le divisionnaire.
- Avertissement de Marco.
- Pourquoi ? Remarqua Kite. Tout ce petit monde se tenait à carreaux. Il doit y avoir quelque chose non ? Stan Prinxton, ainsi que Ramiro sont en prison.
- Ecoutez, ce n’est pas parce 2 hommes sont déjà en prison que l’affaire est résolue. Souligna Stillman. C’est une investigation très longue.
- Où se trouve l’inspecteur chargé de cette enquête ? S’enquit le divisionnaire. A moins que ce ne soit vous qui la gérez.
- Il est en congés. Mentit Manny.
- Très bien. Sauf s’il n’est pas à Philadelphie, pouvez-vous l’appeler ? Qu’on règle ça avec lui. C’est son enquête.
Manny chercha de l’aide avec Stillman, Kite s’en aperçut.
- Quoi ? Valens a encore joué au cow-boy pour impressionner une fille ? Dit-il d’un air ironique.
Manny lança un regard noir à Kite, et Stillman répondit.
- Cela ne vous regarde pas.
- Si l’inspecteur Valens a commis une erreur sur cette affaire, oui. Signala le divisionnaire.
- Il n’a commis aucune erreur. Commença Manny. C’est moi… J’ai… Timothy Mc Arthur est infiltré dans le gang des Chicos, et apparemment il a été repéré par Marco. Et celui-ci a répliqué…
- Très bien, fit le divisionnaire peu convaincu. Remettez-moi votre rapport avant de partir. Je verrais quoi faire demain.
Il quitta le bureau en même temps que Kite. Stillman et Manny se regardèrent et Manny soupira.
- Je joue ma carrière, fit Manny.
- Il y a une part de vrai dans ce que tu dis. Mais, il faut que tu marques le coup avec Scotty. Suspends-le une semaine, et dis-lui qu’il se ressaisisse sinon la prochaine fois c’est la bonne.
- C’est demain qu’ils me disent ce qu’il en est, John. Pas ce soir, demain. Demain je saurais si nos 2 carrières sont fichues.
Au moment où Kite quittait le commissariat, Lilly et Kat arrivèrent à leur tour.
- Salut ! Fit-il à la jeune femme blonde.
- Salut.
- Tout va comme tu veux ?
- Qu’est-ce que tu fais là ?
- C’est pas la réponse que j’attendais si tu veux savoir. Fit-il en souriant.
- Je vais bien.
- Je suis venu pour essayer de comprendre ce qui s’est réellement passé. Mais à mon avis il n’est pas étranger à cette situation. Rajouta t’il en insistant sur le mot il.
- Kite arrête !
- Tu le défends encore ?
- Je m’en vais Kite.
- Excuse-moi, mais…
- Je sais. Il faut que…
- Oui. Je comprends. Ca a été un vrai plaisir de te revoir Lil.
Lilly rentra et Kite s’éloigna. Quand elle arriva à l’étage de la criminelle, Nick lui dit que ce n’était pas la peine de remonter, tout le monde s’en allait. Elle soupira de frustration, mais Kat lui dit que pour une fois qu’ils finissaient plus tôt, elle pourrait en profiter. Et avec la chaleur qu’il faisait, il fallait le prendre comme une très bonne chose. Elle regarda rapidement dans le bureau de son chef, et vit que Manny et lui étaient concentrés sur un rapport. Elle sut ce que cela voulait dire. Elle rentra alors. Sur le chemin du retour, elle fit demi-tour. Elle ne sut pas ce que c’était, mais quelque chose la poussait à ne pas rentrer chez elle. Une fois arrivée, elle sortit de sa voiture et se dirigea vers l’immeuble. Elle sonna et n’obtint pas de réponse. Elle réessaya 2 fois, toujours sans succès. Puis une dame lui ouvrit, elle la salua et passa.
Une fois chez lui, Scotty chercha dans ses placards, mais ne trouva rien. Il ne savait pas ce qu’il cherchait après tout. Mais il constata une fois de plus qu’il était seul. Il desserra sa cravate et la défit, déboutonna quelques boutons de sa chemise et la sortit de son pantalon. Il vit 2 verres sur la table basse. Il les ramassa et allait les ranger dans l’évier. Il repensa à celle qui avait laissé un des 2 verres et sourit bien malgré lui. Aucune ne parvenait à lui faire oublier le vide de sa vie. Aucune ne lui faisait oublier celle qui occupait ses pensées. Manny avait raison. Il n’était qu’à 2 doigts d’aller très mal. Il avait besoin d’aide, et il ne savait pas comment le demander. Il avait surtout besoin d’elle. Il entreprit de nettoyer un peu. Un clochard n’accepterait même pas son hospitalité. La sonnette retentit, il l’ignora. Il n’avait envie de voir personne. On insista 2 fois, et 2 fois il ignora. Son chef attendrait le lendemain. Il n’avait aucune envie de lui parler. Il ne savait pas la suite des événements. Donc le lendemain, il irait voir Manny et lui présenterait ses excuses. Quand on sonna à sa porte, il se posa des questions et devina qu’un de ses voisins avait dû laisser entrer son visiteur. Cette personne devait absolument tenir à le voir, car elle ressonna une 2ème fois. Il se promit donc de dire à son chef qu’il était reconnaissant de sa visite, mais qu’il ne voulait voir personne. Aussi fut-il surprit lorsqu’il ouvrit la porte.
- Lilly ?
- Hey ! Je tombe mal peut-être ? Dit-elle en voyant la tenue du jeune homme et la bouteille qu’il tenait dans la main ainsi que les 2 verres.
- Je… Je n’attendais pas de visite.
- Ou en tout cas pas d’autre. Fit Lilly vexée malgré elle.
- Lil attends ! Non c’est pas ce que…
- Tu n’as aucune excuse à me donner Scotty. Fit Lilly en s’éloignant.
- Lil attends !
- Non, tu vis ta vie, et je vis la mienne.
- Lil, il n’y a personne ! Cria Scotty dans le couloir.
Elle se retourna et voyant qu’il était sincère, le suivit. Quand elle entra dans l’appartement, elle entendit le jeune homme lui dire de ne pas faire attention au bazar. Elle regarda pourtant autour d’elle et se demanda si une tempête n’avait pas dévasté l’intérieur.
- Tu viens voir ton œuvre ? Fit le jeune homme, la voix pâteuse à cause de trop de boisson.
- Je n’ai pas envie de me chamailler Scotty. Pas maintenant.
- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda t’il en la dévisageant.
- Scotty tu as un gros souci !
- Ce n’est pas parce que j’ai un peu trop bu hier soir, que j’ai un problème avec l’alcool.
- Et tu me dis ça, en étant sobre ?
- Arrête. Fit-il énervé qu’elle devine son état. Dis-moi ce qu’il y a plutôt.
- Erin a été agressée par un des hommes de Marco. Fit-elle du tac au tac.
- Erin a été agressée ? Parvint-il à dire. Pourquoi ?
- Pourquoi ? Tu me demandes pourquoi ? Bon sang Scotty c’est quoi ton problème ?
- Comme si tu t’en inquiétais réellement !
- Un minimum, sinon je ne serais pas là.
- Ce n’est pas pour moi que tu es venue, mais pour ta carrière, ton enquête !
- Ce n’est pas mon enquête, et tu le sais !
- Je n’ai pas besoin de toi Lilly.
- Je sais que tu as un problème. Je le sais car j’ai appris pourquoi Marco avait envoyé un de ses hommes. Il a délivré un message à ton intention. L’agression d’Erin est une riposte à ta visite surprise de menace de ce matin. Il s’agit d’un avertissement Scotty. Tu as enfreint une des règles…
- Un avertissement ? Fit-il en s’asseyant sur le canapé. Erin a… Il fixa au loin un point invisible.
- Scotty ? Voyant qu’il ne répondait pas, elle se leva.
- Reste s’il te plaît !
- Je…
- Si tu ne te souciais pas un peu de moi, tu ne serais pas là ce soir Lilly.
Elle lui promit de rester un peu, et lui conseilla d’aller prendre une douche. Pendant ce temps elle s’activa un peu. Elle fit ce qu’elle avait longtemps fait pour sa mère. Elle rangea, lava, et essuya la vaisselle. Elle jeta les bouteilles vides dans la poubelle. Elle vit les 2 verres et ne pensa à rien. Il faisait ce qu’il voulait de son temps libre après tout. Elle avait fait du déca et se retourna en sentant une présence derrière elle. Elle vit que le jeune homme l’observait et qu’un sourire éclairait son visage. Ils restèrent encore quelques instants à se regarder, puis Lilly sortit 2 tasses et versa le café.
- C’est du déca. Fit-elle avec un petit sourire.
- Il fait au moins 35° dehors, et toi tu fais du café brûlant !
- Je…
- Merci. L’interrompit-il. Merci Lilly. Je ne le mérite pas.
Il s’était approché et prit une tasse des mains de la jeune femme et la posa sur la table. Il lui prit la 2ème et en fit de même. Il la regardait toujours. Il passa une de ses mains sur son visage et le caressa. Lilly recula, mais son autre main l’attirait déjà contre lui. Elle tenta alors de fuir son regard, mais il lui releva le menton. Elle était incapable de parler. Il n’en avait pas envie non plus. Il approcha son visage du sien et lui déposa un doux baiser sur les lèvres. Lilly résista, et il en profita pour approfondir son étreinte et la serrer encore un peu plus contre lui. Il laissa toute sa frustration qui le tenaillait s’exprimer. Il serrait la femme qu’il aimait plus que tout dans ses bras. Et même si c’était temporaire, il était heureux. Lilly se laissa aller et passa ses 2 mains dans les cheveux du jeune homme. Elle pouvait bien lui accorder cette faveur, mais elle sut qu’une fois fini, ce baiser serait un motif supplémentaire de gêne. Il dévia son baiser sur son cou, sa gorge, et avec ses mains dégageait déjà les fines bretelles du débardeur de la jeune femme. Revenant à la réalité, Lilly le stoppa dans son élan. Il comprit et lui glissa dans l’oreille les 3 mots qu’il n’arrêtait pas de lui dire en rêves. Elle s’éloigna de lui et le regarda. Il comprit et dévia son regard.
- Je suis désolée Scotty. Fit-elle troublée.
- C’est moi ! Je ne sais pas ce qu’il m’a pris.
- Scotty…
- Tu ferais mieux de partir Lilly.
- Scotty !
Elle n’insista pas et prit ses affaires. Elle partit sans se retourner. Et uns fois la porte fermée, il s’y adossa. Il prit quelques secondes pour se ressaisir, et donna un coup de poing rageur dans le mur. Pourquoi avait-il fait ça ? Qu’avait-il pu bien se passer dans sa tête ? Mais le simple fait qu’elle soit venue le voir, l’avait totalement troublé. Quoiqu’elle dise, elle s’inquiétait pour lui, et c’était ce qu’il devait retenir. Il n’avait rien d’autre à attendre d’elle, elle avait pris une décision, et parce qu’il l’aimait, il la respecterait.
Une fois dans sa voiture, Lilly démarra en trombes. Elle s’arrêta quelques rues plus loin et frappa son volant de rage. Elle repensa à ce qu’il venait de se passer. Pourquoi est-ce qu’à chaque fois qu’il la regardait de cette façon, elle n’arrivait jamais à résister bien longtemps ? Malgré la canicule, elle avait ressenti des frissons la parcourir qui la forçaient à se coller encore plus contre lui. Même si elle le savait, il ne le lui avait jamais dit mot pour mot ce qu’il ressentait. Jamais elle ne l’avait entendu prononcer ces mots. Et malgré elle, un sourire vint éclairer son visage. Elle ressentit un trouble encore plus grand l’envahir et dû contrôler sa respiration. Et si ? Elle n’eut pas le loisir de réfléchir plus à la question, son portable sonna. Elle décrocha quand elle vit que c’était Erin.
- Erin ? Ca ne va pas ?
- Non…
- Où êtes-vous ?
- Je… Pas chez moi. Je n’ai pas trop envie de…
- Je comprends. Dîtes-moi où vous êtes et je viens.
- Je ne veux pas vous déranger Lilly.
- Je n’avais rien de prévu ce soir de toute façon. Elle ne mentait pas totalement, vu qu’elle n’avait pas vraiment envie de repenser à ce qu’il venait de se dérouler.
- Je suis devant le commissariat.
- J’arrive, je suis en voiture. D’ici 10 minutes je suis là.
Elle raccrocha, et redémarra et 10 minutes plus tard, sortit de sa voiture. Erin l’attendait devant le commissariat. Elle lui demanda ce qu’elle voulait faire, et rentrèrent dans une cafétéria. Elles commandèrent un soda et parlèrent. Enfin surtout Erin, elle ne comprenait pas pourquoi cet homme lui en voulait. Lilly ne disait rien, elle l’écoutait, pensive. Erin le remarqua et s’excusa de l’ennuyer.
- Erin, vous ne m’ennuyez pas, mais je n’ai pas le droit de parler de l’enquête avec vous. Ou tout du moins ce que vous voulez savoir.
- C’est parce que je suis l’ex de Ramiro ? Ou parce que mon petit ami s’est fait descendre et que…
- Erin, je n’ai pas le droit de… C’est idiot, ce que je vais dire, mais pour votre sécurité, moins vous en savez, mieux vous serez.
- Et comment pourrais-je me protéger si…
- Ils n’attaquent jamais 2 fois la même personne coup sur coup.
- Et comment savez-vous ça ? Je suis le seul lien avec Ramiro.
- Croyez-moi, il a bien longtemps que Ramiro n’est plus l’ennemi à abattre.
Le reste de la soirée se passa tranquillement. Lilly raccompagna Erin chez elle, et comme celle-ci ne voulait pas rester seule, elle l’aida à prendre quelques affaires et la déposa dans un hôtel. Elle lui promit de laisser son portable allumé.
Le lendemain, Lilly arriva à son bureau déjà complètement lessivée. Les journalistes de la météo avaient prévu qu’une dépression descendait du nord du pays et que la canicule qui régnait en ce moment serait bientôt qu’un souvenir. Mais bon, ce n’était pas encore pour cette matinée. 28° à 9h du matin, c’était du jamais vu depuis longtemps. Elle arriva dans la petite cuisine et se rua vers le ventilateur qui peinait à distribuer de l’air tiède.
- C’est inhumain, je suis d’accord ! Fit Vera affalé sur une chaise. Je donnerais n’importe quoi pour un peu de fraîcheur.
- Oui, mais pour le moment, on doit se contenter de cette chaleur. Allez, le calvaire est bientôt fini. Dès ce soir, il paraît que des orages vont éclater un peu partout.
- Je ne sais pas comment tu fais Rush ! Mais moi dès que je fais un mouvement, je…
- Et si t’arrêtais déjà de dire des bêtises ! répondit Kat. Ca te reposerais, et nous aussi.
- Le boss n’est pas arrivé en plus ! Alors…
- Il est avec Manny et le divisionnaire, lâcha Will un peu trop vite.
- Ah oui ? Fit Nick.
- Ta curiosité te perdra Nick. Risqua Lilly.
- Et que fait le divisionnaire ici ? Demanda Kat.
- A mon avis, c’est pour l’agression d’Erin et le message de Marco. Répondit Vera.
- Et pourquoi Stillman doit être présent ? Renchérit Kat.
Lilly ne disait rien, et Will le remarqua.
- Quoi ? Tu sais quelque chose Lil ? Demanda l’inspecteur.
- Non… Rien. Fit-elle timidement.
- Allez Lilly, tu sais quelque chose ! Railla Nick.
Elle ne répondit pas, et se leva. Elle quitta la pièce et entreprit de descendre un carton aux archives. Kat la suivit.
- Qu’est-ce qu’il y a Lilly ? Demanda la jeune femme, une fois dans la salle des archives.
- Rien.
- Et tu fais cette tête parce que… ?
- Il faut que j’appelle Erin.
- Tu es allée le voir ! Devina Kat avec jubilation.
- J’ai vu Erin hier soir…
- Il sait ce qui l’attend ?
- Kat… Je te parle de…
- Arrête de faire l’autruche Lilly. Si tu ne ressens rien pour lui, pourquoi changes-tu toujours de sujet ?
- C’est sa vie Kat. Pas la mienne !
- Tu es très convaincante là tu sais. Lilly…
- Fin de la conversation Kat. On a plus important à faire, tu ne crois pas ?
- C’est ça ton problème Lilly. La fuite. Dès que quelque chose ne tourne pas comme tu veux, tu fuis. Tu as préféré la facilité. A aucun moment tu as fais un choix. Tu as fui Lilly. Oui certes, tu as eu ce que tu voulais. La tranquillité, mais tu… Ecoute ton cœur. C’est tout ce que je peux te dire. Si c’est Kite, et bien c’est Kite, mais si… Il n’abandonnera pas, et tu n’oublieras pas car tu n’as rien sur quoi te reposer. Si tu avais choisi Kite, il aurait pu continuer à vivre sa vie, oublier, mais tu ne l’as pas choisi, et tu ne l’as pas choisi lui non plus. Et si tu n’as pas fait ce choix, c’est que quelque part tu ne le voulais pas. Alors, je ne sais pas ce qu’il s’est passé entre Scotty et toi, hier soir, mais ce n’est pas réglé. Loin de là.
Lilly fixait un carton tout en étant perdue dans ses pensées. Elle n’en revenait pas que Kat ait aussi bien vu ce qui la rongeait. Elle n’avait pas beaucoup dormi et ressassait toujours la même chose. Alors que quelqu’un lui dise en si peu de mots ce qu’elle ressentait depuis plus de 6 mois, la bluffait. Kat poursuivit.
- La question est simple Lilly. Je ne parle pas de Kite, là. J’ai bien vu qu’hier, c’était fini entre vous. Vous n’aviez rien à vous dire. La question, maintenant est : Que ressens-tu pour Scotty ? Il t’aime plus que sa vie. Mais toi ? Penses-y et si tu trouves la réponse, ta vie sera beaucoup plus simple, crois-moi.
La jeune femme remonta laissant Lilly seule. Elle remonta cinq minutes plus tard, le temps pour elle de se ressaisir. A l’étage des stups, l’ambiance était plus tendue. Scotty venait d’arriver et se dirigeait vers le bureau de son chef, comme ce dernier lui avait demandé sur son répondeur. Au passage, il avait vu sa plaque et son arme sur son bureau. Intrigué, il les avait pris et comptait bien demander pourquoi Manny les lui rendait. Aussi, fut-il étonné quand il vit que son chef n’était pas seul.
- Entre. Fit Manny. On t’attendait.
- Manny vous a mit au courant ? Je suppose. Dit le divisionnaire.
Le jeune homme acquiesça et il continua.
- Nous avons de bonnes raisons de penser que Marco, le chef des Chicos n’a pas agit sans arrières pensées.
- Je vous ai déjà tout écrit dans le rapport. Intervint Manny.
- Oui, mais je n’ai pas la version de l’inspecteur Valens.
- Il est en congés. Tenta Manny. Il n’est pas au courant…
- J’aimerais sa version des faits. Je trouve juste ça un peu étrange qu’au moment où vous partez en congés…
- Peut-être une coïncidence. Fit Scotty incertain.
- Alors, donc vous… D’accord. Donc d’après votre chef, Timothy Mc Arthur, votre indic infiltré chez les Chicos, l’aurait contacté. Manny serait allé le voir directement là bas, et Marco aurait surpris leur conversation. L’ayant pris comme une menace, il décide répliquer. Il envoie donc un de ses hommes agresser Erin Barns, à titre d’avertissement. Voilà, c’est à peu près ce qui est marqué dans ce rapport. Mais j’ai comme l’impression qu’il y a un truc qui ne va pas. Pourquoi iriez-vous commettre une erreur de débutant Manny ?
Scotty se taisait pensant au fait que son chef risquait sa carrière pour le couvrir. Il avait réellement disjoncté. Il se rendit compte combien il avait été idiot. Il n’osait plus parler. Stillman, qui n’avait rien dit, le dévisageait et comprit son désarroi.
- Vous n’avez rien d’autre à dire inspecteur ? Demanda le divisionnaire au jeune homme.
- Je… Je suis responsable. Fit-il. C’est moi qui…
- Scotty, tu étais à bout ! Normal que je t’accorde des congés.
- Non Manny…
- C’est humain, Scotty. Intervint Stillman qui comprenait ce que faisait son collègue. On a tous besoin de repos. Le lieu du rendez-vous devait être secret, et Marco s’est méfié… Personne n’y pouvait rien, et on savait que Timmy se ferait démasquer un jour ou l’autre.
- Très bien ! S’exclama le divisionnaire. J’ai votre rapport. J’aviserai.
Il se leva et sortit, Stillman le suivit laissant Scotty seul avec Manny.
- Je…
- Je ne mens pas Scotty. Enfin… Je te demande de prendre sur le champs des congés.
- Manny…
- 10 jours. Prends 10 jours, et après on verra.
- Ne m’enlève pas cette affaire.
- Scotty, j’ai sauvé ta carrière là ! Cria Manny. Arrête un peu…
- Et alors ! Je ne le mérite peut-être pas. J’ai merdé Manny. Et pas qu’un peu. Une innocente…
- Scotty, tu t’en rends compte, et ça, c’est déjà pas mal. Mais ce ne serait pas un service à te rendre que de te… Prends ces congés comme une dernière chance. Je ne pourrais plus te couvrir, si jamais.
- Je ne mérite pas ta confiance. Je…
- Alors ne me fais plus mentir. J’aime pas ça.
Les 2 hommes se regardèrent encore quelques secondes, puis Scotty sortit sa plaque, mais Manny l’arrêta.
- J’ai confiance Scotty. Je sais que tu ne feras rien qui…
Scotty se leva et se dirigea vers la porte. Avant de sortir, il se retourna et remercia son chef.
Il sortit du commissariat, et ne sachant pas comment s’occuper, il marcha. Longtemps. Il prit tout le temps qu’il lui fallait pour faire le vide dans sa tête. Il avait une seconde chance qui s’offrait à lui. Il savait que c’était la dernière, alors il ne la gâcherait pas. Toutes ces résolutions le menèrent à une dernière : Lilly. Il décida d’oublier. Il ne pouvait pas réussir à avancer, à aller de l’avant s’il pensait toujours à elle. Et même s’il savait que cette dernière chose serait difficile à réaliser, il décida de le faire. Après tout, il n’était pas le 1er à passer par là, et il ne serait sans doute pas le dernier. Et avec le temps, la douleur finirait par s’estomper, pour finalement disparaître. Il était plus de 11h30 quand il réalisa que sa voiture était toujours au central. Il y retourna alors. Une fois arrivé, il croisa Nick et Lilly qui sortaient précipitamment. La jeune femme l’ignora, tandis que Nick lui demanda ce qu’il faisait ici à cette heure ?
- Je suis en congés. Je profite de ce beau temps.
- T’es pas en nage ? Attends il fait trop chaud pour…
- Tu devrais aller la rejoindre, elle s’impatiente. Fit Scotty en lançant un rapide regard vers Lilly.
- Oui, je devrais, mais la victime d’un vol à main armé peut encore attendre un peu !
- Bon courage alors. Fit Scotty en s’éloignant.
Il se demanda comment il avait pu réussir à l’ignorer, alors qu’il mourait d’envie de lui parler. Il monta dans sa voiture et brancha la clim à fond. Vera avait raison, il faisait trop chaud dehors.
Une fois dans la voiture, Nick demanda à Lilly ce qu’elle lui avait fait ? Elle lui répondit de se mêler de ses affaires et mit la clim. Il démarra sans demander son reste. Connaissant les 2 inspecteurs, il savait qu’il ne fallait pas leur demander des explications sur leur attitude. Le hasard voulu qu’au 1er feu, les 2 voitures se retrouvent côte à côte. Par curiosité, Lilly tourna la tête sur sa droite et vit Scotty. Elle se reconcentra vite et regarda droit devant elle. Elle entreprit de vérifier si le ruban de banalisation était dans la boîte à gant, mais trop tard, son attention était distraite et elle dû lutter pour ne pas retourner la tête. Scotty fit de même et vit que la jeune femme se passait une mèche de cheveux derrière l’oreille, tout en ouvrant la boîte à gant. Il sourit, malgré lui. Il pourrait passer des heures à la regarder sans se lasser. Lilly ne pu résister davantage et retourna la tête vers Scotty. Leurs regards s’accrochèrent et aucun des 2 ne voulait abandonner. Lilly ressentit une douce chaleur l’envahir, et vérifia l’arrivée d’air. Le feu passa au vert, et Nick démarra. Lilly pu se ressaisir, mais le mal était fait, son voisin de gauche n’avait rien perdu de cet échange de regard et de leurs réactions.
Il fallait qu’il parte. Loin de préférence. Ce qui venait de se passer était un signe qu’il devait saisir. Il décida de profiter de ses congés pour partir en voyage, se ressourcer. Et quoi de mieux, que d’aller voir sa famille ? Il s’arrêta et se gara, sortit son portable et passa un appel. 5 minutes plus tard, il raccrocha, sa sœur l’attendait dans la maison familiale. Profiter de cette fin de mois d’août en famille, et au bord de la mer l’enthousiasmait.
De leur côté, Nick et Lilly avaient d’autres projets. Stillman avait appelé la jeune femme pour lui demander de se rendre illico chez Marco. Elle essaya de refuser, mais il lui fit comprendre qu’ils n’avaient pas le choix, une équipe était déjà sur les lieux du vol à main armée. Après avoir raccroché, elle signala à Nick le changement de programme. C’est ainsi qu’ils se retrouvèrent quelques minutes plus tard chez Marco.
- Inspecteur Rush ! S’exclama Marco. C’est un vrai plaisir de vous revoir. Vous me manquiez !
- Tout doux ! S’interposa Nick.
- Oh ! Vous évitez Valens ! Il y a de l’eau dans le gaz entre vous ?
- Nous venons vous poser quelques questions. Fit Lilly en fixant Marco.
- Je suis toute ouïe. Alors que voulez-vous savoir ?
- Cet homme, vous le connaissez ? Demanda t’elle en lui montrant une photo.
- Dan ! Ouhlà, il est…
- Merci, nous ne connaissions pas son nom. Fit Nick de façon ironique.
- Mais que lui est-il arrivé ?
- Vous ne le savez pas ? Insista Lilly. Je peux vous rafraîchir la mémoire ?
- Ah je crois avoir deviné pourquoi entre Valens et vous ça n’a pas collé. Vous avez 2 fichus caractères !
- On ne parle pas de l’inspecteur Valens ! Signala Nick.
- Ne pas menacer, je pense qu’il a dû l’oublier ça !
- On veut juste parler, Marco, fit Lilly. Personne ne menace. Nous voulons juste comprendre pourquoi Dan s’est retrouvé dans cet état ?
- Comme si vous ne le saviez pas ? Je suis loin d’être stupide, si vous êtes là tous les 2, c’est que Scotty a…
- Justement, Stan en prison, il…
- Vous voulez savoir si je connais Stan Prinxton ? Oui, fit Marco en dévisageant Lilly. Ce type est venu me voir quand Ramiro est arrivé en ville. Il m’a dit qu’il se méfiait de lui… Et… son frère…
- Pourquoi vous nous dîtes ça ? Demanda Nick incrédule.
- Vous savez, Ethan n’était pas celui qu’il prétendait être.
- Quoi ? Fit Lilly.
- Ethan ! C’est lui qui a tué Ernesto.
- Vous vous moquez de nous ! S’indigna Nick. Je n’aime pas perdre mon temps !
- Ah oui ! Et vous ne trouvez pas ça étrange qu’il sorte avec l’ex de Ramiro, et qu’il s’occupe de son fils comme…
- Vous avez envoyé Dan agresser Erin pour vous venger d’Ethan ! S’exclama Lilly incrédule.
- Non, Valens a joué au malin, et a cru bon de se moquer de moi ! Comme vous le faites en ce moment inspecteurs ! Et vous savez, Timmy… A votre place, je n’aurais pas confiance en lui !
- Je ne vous le fais pas dire. Fit Nick en sortant ses menottes.
- Oh là ! Vous faites quoi, là ?
- Ce qu’on aurait dû faire depuis longtemps. Continua Nick. En reconnaissant ce Dan, vous venez d’avouer avoir participé à l’agression d’Erin.
- Et mais attendez, j’ai rien dit…
- Vous accusez Ethan d’avoir tué Ernesto, je pense que de vous retrouver dans la même pièce que son frère vous fera le plus grand bien. Fit Lilly en regardant Vera.
- On pourrait peut-être demander à Ramiro d’arbitrer tout ça… Faut passer prendre des pop corns alors !
- Vous foutez pas de moi, vous voulez ! Sur quel motif vous m’arrêtez ?
- Complicité d’agression, ça vous va ? Demanda Lilly avec un petit sourire.
- Oh mais là, ça change tout. J’accepte, seulement si c’est l’inspecteur Rush qui me passe les menottes. Répondit Marco en détaillant la jeune femme.
Vera allait réagir, mais Lilly l’en empêcha, Marco continua.
- Je comprends pourquoi Scotty a succombé à votre charme. Vous savez, je le connais plus qu’il ne veut l’admettre. A un moment, il passait me voir régulièrement. C’était il y a à peu près 3 ans, à la suite du décès de sa fiancée. Il était au plus bas, et à partir du moment où je vous ai rencontré inspecteur Rush, j’ai su qu’il se passait quelque chose pour lui.
Lilly ne répondit pas, tellement stupéfaite par ce que venait de dire Marco.
- J’ai touché une corde sensible là ! Se félicita Marco. Et vous ? Qu’en pensez-vous Lilly ?
- Elle pense, qu’il faut qu’on vous emmène au commissariat, fit Nick en lui passant les menottes.
Il fit signe à Lilly d’appeler Stillman, ce qu’elle fit sur-le-champ.
Une fois de retour, Marco fut installé dans une salle d’interrogatoire. Manny et Stillman se chargèrent de son interrogatoire. Will et Kat étaient partis en direction de la prison pour ramener Stan. Seuls, Lilly et Nick étaient libres. L’inspecteur demanda à la jeune femme, si elle ne voulait pas boire un soda bien glacé. Elle acquiesça avec un grand sourire, reconnaissante, qu’il y ait au moins une personne qui le lui propose. Elle ne tenait plus tellement la canicule était accablante, rendant l’air irrespirable. Elle regarda le ciel, une fois dans la rue, et de gros nuages noirs commençaient à se former.
- Le calvaire est bientôt terminé. Dit Nick. Je donnerai n’importe quoi pour une bonne pluie bien fraîche.
- Tu l’as dit, c’est bientôt fini.
Ils rentrèrent avec leurs sodas, et se dirigèrent dans la salle de repos. Nick ne lâchait pas Lilly des yeux. Elle s’en aperçut.
- Quoi ?
- Rien.
- Vera, il y a quelque chose. Alors demande-moi ce que tu veux savoir.
- Ca voulait dire quoi ce qui s’est passé dans la voiture tout à l’heure ?
- Dans la voiture ? Demanda t’elle en faisant semblant de ne pas comprendre.
- Dis-le lui Lil. Il y a des signes qui ne trompent pas. Et celui-là, et bien, il est énorme. Je n’ai jamais vu 2 personnes se regarder avec cette intensité.
- Je…
- De quoi as-tu peur ? Il t’aime et il ne te laisse pas du tout indifférente. Ne mens plus Lilly.
- Mais arrêtez à la fin ! Je suis assez grande pour savoir ce que j’ai à faire ! Mêlez-vous de vos affaires Kat et toi !
- Ok, mais on voit où ça mène de vous laisser tranquilles tous les 2. Il m’a appelé pour me dire que demain soir il annulait notre soirée basket. Il part chez sa sœur quelques jours. Je ne suis peut-être pas Einstein, mais à mon avis, il fuit.
- Arrête ! Ca ne sert à rien ce que tu essaies de faire. Ca part peut-être d’une bonne intention, mais même si on tentait quelque chose lui et moi, ça ne mènerait nulle part, surtout quand on voit comment ça a commencé. Ajouta t’elle ironiquement.
- Lil, je vais te confier un secret. Au lycée, j’étais fou amoureux d’une fille. On était heureux tous les 2, puis 1 jour ça s’est fini. On s’est éloigné l’un de l’autre. La vie en avait décidé autrement. J’ai eu beaucoup de mal à digérer, et puis j’ai laissé courir. Et regarde où ça m’a mené. Je viens de divorcer, et même si j’ai vécu de belles années avec ma femme, ce n’était pas aussi fort que… Là où je veux en venir Lilly, c’est qu’il ne faut surtout pas que tu regrettes. Si dans 15 ans, tu regrettes de ne pas avoir saisi cette chance, tu…
Ils furent interrompus par Stillman qui les prévenait que Stan était arrivé. Lilly regarda Nick et avant de sortir de la pièce, le remercia. Il l’observa quelques instants et sourit. Il venait de comprendre ce qu’elle venait de lui dire. Il y avait plus urgent pour le moment, mais il composa en vitesse un message discrètement. Stillman fit le rapport de leur entretien avec Marco. Celui-ci était loin d’être concluant, Marco niait farouchement avoir un rapport avec Stan. Lilly et Nick s’installèrent dans la salle d’observation. Kat et Will rentrèrent dans la salle d’interrogatoire et s’installèrent en face de Stan.
- Stan, nous avons quelques questions à vous poser. Fit Will.
- Je m’en doute, sinon vous ne m’auriez pas amené ici. Répondit Stan ironiquement.
- Nous avons appris certaines choses qui nous font supposer que votre frère n’était pas celui qu’il prétendait être. Signala Kat.
- Laissez mon frère là où il est. Laissez-le reposer en paix.
- Ce n’est qu’une supposition, mais connaissiez-vous très bien le chef des Chicos, Ernesto ? Demanda Will.
- Tous les chefs de gangs se connaissent un peu quand même. Cela nous permet de nous respecter entre nous.
- Ce n’est pas la réponse que nous attendions. Signala Kat. Je pense que vous avez très bien compris cette question.
- Attendez, vous croyez que… Mon frère a tué Ernesto ?
- C’est une hypothèse qu’on soulève, effectivement. Répondit Will.
- Et vous allez me dire qu’il a eu cette idée saugrenue tout seul ?
- Ethan sortait avec Erin, qui était l’ex de Ramiro. Ramiro l’a appris et l’a menacé. Ethan lui a demandé de le laisser tranquille en échange d’un petit service. Les Chicos sont leader à Philadelphie. Leur chef éliminé, la place de nouveau leader est disponible. Ramiro arrivant à Philadelphie… Résuma Kat.
Stan éclata de rire nerveusement.
- D’où tenez-vous cette hypothèse saugrenue ? Fit-il
- Marco ayant découvert le stratagème tue votre frère, mais le petit Stephen l’a vu et… Continua Will.
- Et moi dans cette histoire ? Si je comprends bien, je n’ai joué aucun rôle.
- Vous vous êtes enfuis à la mort de votre frère. Mais il y a un truc qui cloche. Fit Kat à Will. Les Black Angels ? Je ne vois pas trop le rapport là.
L’inspecteur comprenant ce que Kat tentait, la suivit.
- Oui, ça n’a pas de sens. Pourquoi est-ce que leur chef aurait été abattu ?
- A moins que… Commença Kat en regardant Stan.
- Hey, hey, hey ! Fit Stan. Attendez ! Je vois ce que…
- Nous ne vous accusons de rien. Fit Kat. Si vous le prenez contre vous, c’est que vous avez des choses à vous reprocher.
- Je…
- Stan…
- Vous avez l’air de penser que je suis coupable, donc…
- Encore une fois, nous vous accusons de rien. Il s’agit juste d’une supposition. Réfléchissez-y. Fit Kat en suivant Will qui s’en allait. Au fait, Marco, il est dans la pièce à côté.
Lilly et Nick n’avaient pas perdu une miette de cet entretien et regardaient maintenant la réaction de Stan. Kat et Will les rejoignirent et ensemble attendirent que Stan leur fasse signe. Ce qui ne se fit pas attendre bien longtemps. Lilly et Nick se regardèrent et Will leur donna l’autorisation.
- Vous êtes combien à me regarder dans cette pièce ? Fit-il en désignant le miroir sans tain.
- C’est nous qui posons les questions. Répondit Lilly de façon autoritaire.
- Qu’avez-vous à nous dire de si important Stan ? Signala Nick.