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Mon Valentin pour une nuit...

Série : Cold Case
Création : 15.06.2010 à 06h23
Auteur : Genna 
Statut : Terminée

« Imaginez une St Valentin spéciale pour Lilly Rush. Elle n'aime pas spécialement ce jour, pourtant, elle va découvrir une autre facette de cette journée spéciale ;) Petit avertissement aux plus je » Genna 

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Avant de commencer cette histoire, Je me dois de faire un petit rappel... Cette histoire a un petit avertissement pour les plus jeunes d'entre nous. Léger, mais voilà, je préfère prévenir ^^

Bonne lecture, et évidemment, ship à souhait  ;-)

 

Je voulais juste prendre le temps de vivre… Je voulais retrouver cette insouciance que j’avais avec Eddie… Je voulais… Je voulais agir avant de réfléchir, c’est tout. Oui j’ai agi bêtement, mais je crois qu’au fond de moi je ne regrette pas le moins du monde cette soirée, cette nuit. Laissez-moi vous raconter donc, et vous comprendrez.

 

J’ai toujours eu horreur de la Saint-Valentin. Peut-être parce que je suis toujours seule lors de ce jour particulier. Je ne ressens donc pas le besoin de fêter ce jour… Ou si, mais étant seule, pas facile, me direz-vous. Pas dans mon habitude non plus de boire excessivement… Mon expérience avec l’alcool me répugne… Pourtant… après toutes ces années, j’en suis arrivée à cette conclusion : je ne hais pas ma mère ! Je ne déteste pas cette femme qui préférait vivre sa passion destructrice avec ses bouteilles de vodka, plutôt que de s’occuper de ses deux filles. Alors, pourquoi ai-je vidé tous ces verres de vin ? Pourquoi ai-je accepté ce rendez-vous arrangé ? Pourquoi, et surtout comment Kat a pu me faire accepter une telle chose ? Dîner avec un inconnu…

 

Ce repas se passait plutôt bien… Cet homme était assez drôle, et sa conversation, intelligente… Mais voilà, ça n’a pas collé… Je n’ai même pas accepté qu’il m’appelle un taxi. Pourquoi avoir décidé de conduire ? J’ai gagné le gros lot… une arrestation et un coup de fil à passer… Pourquoi avoir appelé cette personne ? Pourquoi l’avoir appelé, lui ? Je n’ai le droit qu’à un seul appel… Cette stupide règle… Je ne peux donc pas raccrocher, au risque de passer cette nuit en cellule de dégrisement… Moi, Lilly Rush… Triste coïncidence… La mère comme la fille… A la différence près, c’est que la mère était une habituée de ces soirées. Alors, maintenant… imaginez donc que ce que je vous dis se passe à l’instant.

 

Je suis assise sur un banc. Je regarde la porte de cette cellule avec un drôle de sourire. Ce sourire qui me fait me souvenir que moi-même j’en avais enfermé d’autres personnes dans cet état d’ébriété. Un peu plus d’une bouteille de vin  entière ! Une bouteille et demie pour être précise et deux verres de Martini pomme… Mon dieu…

- Rush ! S’exclama un jeune diplômé de police.

- Oui, murmuré-je.

- Vous avez le droit…

- A un coup de fil, je sais ! Je fais partie de la maison, « le bleu » ! Fis-je sur un ton moqueur.

- Par ici…

Il m’indique un poste. Je m’empresse de décrocher, mais j’ai un blocage. Qui appeler ? Mon père ? Non… Mauvais choix. Stillman… Non plus. Kat ? Non, je ruinerais sa soirée… Je réfléchis. Et avant de comprendre ce que je faisais, je compose le seul numéro, qui je sais répondra. Alors quand le « allo » se fait entendre, je prends une seconde pour réfléchir à ce que je vais dire.

- Scotty… Je… Désolée de te déranger. Tu dois être occupé…

- Ca ne va pas Lilly, t’as une drôle de voix.

En effet, j’ai pris grand soin de cacher mon état à mon collègue. Mais il n’est pas dupe.

- Où es-tu ?

- A une soirée, je…

- Ok… Quel est le montant de ta caution ?

- Je… Quoi ? Tu crois… Comment oses-tu croire que…

- Je sais par expérience, qu’on n’appelle jamais ses collègues lors d’une soirée, à moins d’avoir des ennuis.

 

Trente minutes plus tard, et une promesse de la part de Scotty de me surveiller, et d’avertir notre chef au plus vite, je me retrouve assise côté passager.

- Ma voiture…

- Demain, Lilly, fit Scotty de façon autoritaire.

- Oui, mais…

- Tu n’es pas en mesure de discuter ! Fit-il en haussant le ton.

Je baisse la tête, et sûrement à cause de tout cet alcool ingurgité, je me mets à bouder, telle une petite fille prise sur le fait alors qu’elle est en train de commettre une belle bêtise.

- Non, mais tu as quel âge ? Me demande-t-il alors.

- On ne demande jamais l’âge d’une femme, Scott ! C’est pas digne d’un gentleman !

Ma voix, je ne la reconnais pas. Elle est chevrotante, et j’ai grand mal à retenir l’euphorie qui me gagne à cet instant. Je me concentre, mais en vain. J’éclate de rire.

- C’est loin d’être drôle, Lilly. Enfin…

- Si, c’est drôle, au contraire…

- Nous n’avons pas la même définition du mot drôle alors.

- Je vais te dire un secret, commencé-je sur le ton de la confidence, J’aime bien la tournure de cette soirée. J’aime bien le fait que tu sois venu me chercher, j’aime bien…

- Lilly, tu es complètement ivre. Tu dis n’importe quoi.

 

Et là, sans réfléchir, j’avance ma main et la place sur la sienne qu’il a posée sur le volant. Je la retire instantanément, mais, du bout des doigts je trace un chemin qui part de sa main, pour remonter sur son bras, son épaule, et descendre le long de son dos, ses cuisses, et seulement, là, je m’éloigne définitivement. Je ne réfléchis pas, j’agis. Qu’est-ce qui me pousse à agir de cette façon ? Une réponse que j’ai devinée à l’instant même : l’alcool, et peut-être parce que j’en avais envie. Il ne réagit pas, mais pourtant, je le connais par cœur. Il est troublé, et ne sait pas comment me le dire sans me vexer. Je me terre dans un mutisme dont seule moi j’ai le secret. Vingt minutes plus tard, il arrête la voiture, et je remarque ma maison. Je le remercie poliment et sors du véhicule. Je me tiens à la portière pour ne pas vaciller, et la ferme doucement. Une fois arrivée devant ma porte, j’éclate de rire. Mon sac… Je n’ai pas mon sac. Scotty, le remarque, puisqu’il sort de la voiture, et s’approche de moi.

- Je crois que je vais attendre de voir la lumière s’allumer Lilly avant de repartir…

- Je… Je ne suis pas une gamine Valens, fis-je en me donnant une contenance.

- Sans ça, je pense que tu vas rester un long moment sur le pas de la porte, poursuit-il en agitant mes clés.

- Mon sac ! Tu l’avais caché… Tu… Mais donne-moi ces clés !

Je lui arrache plutôt le trousseau des mains, et je me retourne pour essayer en vain d’ouvrir la porte. Mais sans succès. Je commence à m’énerver, et je peste contre cette foutue porte qui ne veut pas s’ouvrir.

- Attends, laisse-moi faire Lilly !

Sans attendre ma réponse, il passe devant moi, me prend les clés des mains et tout en cherchant la bonne clé, il ouvre ma porte.


Genna  (15.06.2010 à 06:25)

Et là… Je dirige mon regard sur quelque chose que je n’avais jamais observé auparavant. A l’instant même où je m’aperçois de ce que je fais, c’est trop tard… Je suis en train de mater mon collègue. Mais pourquoi je fais ça ? Et puis zut… pas envie de réfléchir… Je réfléchis déjà bien assez en temps normal. Je m’approche donc lentement de Scotty, et je comprends donc un peu mieux les regards appuyés de la gente féminine sur mon co-équipier. C’est vrai, il est séduisant, un sourire qui ferait fondre une banquise, un regard de braise… Il est vêtu différemment de d’habitude. Je n’ai pas le souvenir de l’avoir vu habillé de la sorte… Mais cette allure sportswear lui va également très bien. Sa veste en cuir, son jean qui… Et… Mais ça ne va pas Lilly ! Arrête ça tout de suite ! Reprends vite conscience ! Il s’agit de Scotty Valens, ton collègue ! Pas de ton rencard de ce soir ! Mon dieu… Je ne me souviens même plus de l’homme qui m’a accompagné le temps de ce repas. Et, Scotty me fixe maintenant, et je me sens bizarre… Je me sens rougir.

 

- Quoi ? Demandé-je timidement.

- Home sweet home Rush. Ta porte est ouverte.

- Merci… Merci Scotty !

Je passe devant lui, et rentre chez moi, le tout en calculant le moindre geste que je fais. Mais, je reviens sur mes pas. Je me place juste devant lui, me hisse à sa hauteur tout en le fixant sans ciller.

- Je sais que j’ai dû gâcher tes projets…

- Quels projets ?

- On est le 14 février, ne me dis pas que…

- Bonne nuit Lilly Rush ! Vous êtes ivre !

Il soutient mon regard, et je ne résiste pas. Je lui dépose un baiser sur la joue.

- Merci Scotty, mais je ne suis pas ivre.

Je recule, et croyant m’adosser contre la porte, je m’étale au sol à la renverse. Une fois par terre, j’éclate de rire. Un rire incontrôlable… Scotty m’aide pour me relever et me soutient, je suis chancelante, aussi bien à cause de l’alcool que de ma chute. C’est en riant, que je rentre chez moi, suivie de Scotty.

- Je n’ai pas besoin de baby sitter !

- La preuve que oui, tu es tombée… Tu ne tiens plus debout, continue t’il en me taquinant doucement.

- Et, je ne t’ai pas invité à rentrer… fis-je avec une moue dubitative et pour masquer mon trouble, en fixant les mains de mon collègue sur mes hanches et ma taille.

- J’ai toujours ton sac à main, il faut bien que je le pose quelque part… Fit-il en enlevant ses mains précipitamment.

- J’ai envie de champagne…

- Pardon ? S’étrangle-t-il presque. Lilly ! Tu n’as pas assez bu !

- Je n’en ai pas… Mais j’ai de la bière ! Beaucoup de bière… Ou du vin…

- Tu veux me faire boire ?

- Moi ? Commencé-je innocemment. Non, je suis choquée que tu imagines…

- A moins que tu ne t’écroules là tout de suite, je pense que tu es en sécurité chez toi. Je vais te souhaiter une bonne nuit.

 

Je n’avais pas envie de me retrouver seule. Il était là, et… Lilly ! Arrête ça tout de suite ! Arrête de fantasmer sur ton collègue ! Non, je n’ai réellement pas envie de me retrouver seule ! J’ai besoin d’un ami. Voilà ! Scotty est un ami !

- Un café ? Proposé-je, avant qu’il ne franchisse le seuil.

- Lilly…

- Un café, c’est tout !

- Ok. Je vais…

- Non, tu es mon invité… Laisse-moi m’occuper de ça.

Cinq minutes plus tard, je reviens avec une tasse de café et une bière. Je dépose le tout sur la table et ouvre la bière. Mon co-équipier me fixe avec un regard étonné.

- Je n’ai pas envie de café, j’en bois suffisamment, me justifié-je sur un ton innocent.

- Lilly, tu crois…

- Mais oui… j’en ai pour toi aussi !

 

Et là, je ne comprends toujours pas comment on est arrivé là, mais cette fin de soirée restera longtemps gravée dans ma mémoire. Finalement, Scotty s’était laissé tenter par cette boisson ambrée. Je jette un rapide coup d’œil à la table basse… cinq bouteilles ! La sixième, toujours dans les mains de mon collègue. J’ai la tête qui tourne, mais je lutte contre l’étourdissement. Nous sommes installés sur le canapé, je suis assise en tailleur, il est adossé contre le dossier, me faisant face. Je ne sais pas de quoi nous parlons, mais ce que je sais, c’est que me perds dans ses yeux, et que je suis obligée de me faire violence pour essayer de suivre un minimum la conversation banale que nous avons. Il s’en rend compte, puisque il dirige son regard vers une pendule. Il se lève en me disant qu’il est préférable qu’il s’en aille. Il est devant la porte.

- Merci encore pour ce soir Scotty. Je suis désolée de t’avoir dérangé…

- Tu crois encore que j’avais un plan ce soir ?

- Je ne sais pas… Mais je n’arrive pas à croire qu’un homme aussi séduisant et sexy que toi, sois seul, un soir de…


Genna  (16.06.2010 à 06:07)

Petit avertissement tout minime. Rien de choquant, mais je me dois de prévenir ;-)

 

Je me tais… Je répète cette phrase dans ma tête… Je l’ai dit… Oui je le lui ai dit… Mais Lilly… Arrête tout de suite ! En même temps, je n’arrive pas à détacher mon regard de celui qui se tient face à moi. Et plus je le regarde, plus je sens une irrésistible attraction, plus les battements de mon cœur s’accélèrent. Il ne bouge pas, me fixant également. Et là, sans que je ne réalise ce que je suis en train de faire, je lui saute dessus, au sens propre du terme. Et à ma grande surprise, il me laisse faire. Même, il me rend ce baiser. Je sens alors toutes forces m’abandonner pendant quelques secondes. Puis je me ressaisis, et reprends le dessus, lui faisant comprendre que j’ai pleine conscience de ce que je fais, mais qu’il est trop tard pour en rester là… Mes mains s’aventurent un peu partout, touchant tout ce qu’elles trouvent sur leur route. Mais maintenant, je ne me contente plus de ces chastes baisers. Il me faut plus… Les soubresauts de ma poitrine me le prouvent. Il le remarque puisque il dévore maintenant ma nuque, mon cou, ma gorge de baisers sensuels, tout en promenant ses doigts sous mon petit top. Mes mains dans sa chevelure, je l’ébouriffe, me mordant les lèvres. Mais que m’arrive-t’il ? Ce n’est pas moi, ça… Ce n’est pas Lilly Rush ! Je n’ai pas pour habitude de me laisser aller de la sorte. Mais les différentes sensations que je ressens à cet instant, sont tellement agréables que je ne peux me résoudre d’arrêter. Je reprends alors la main, et inverse la situation. C’est moi qui fais parcourir mes lèvres sur celles de mon co-équipier, puis sur ses joues, son front, sa nuque, sou cou… Mes mains lui enlèvent le pull qui commence à me gêner dans mon exploration. Mes doigts sur son torse me procurent un immense frisson. Puis, une pause, où ni lui ni moi ne bougeons, nous contentant de reprendre notre souffle en se dévorant du regard. Il soulève mon faux pull-chemisier, pour finalement l’enlever, vu que j’ai de moi-même levé les bras. Puis, nous reprenons notre contemplation, jusqu’à ce que je décide que ce petit échange de regard indécent était plus frustrant qu’autre chose. Je l’attire donc contre moi par un des passants de son jean, et lui mordille la lèvre inférieure. Je me sens fébrile, mais la délicieuse sensation que je ressens alors en valait la peine. Durant toutes ces années, où nous avons travaillé ensemble, je n’ai jamais imaginé qu’il puisse y avoir ne serait-ce qu’une toute petite attirance entre nous. Ses mains me délivrent des centaines de papillonnements, qui ressemblent plus à des frissons.

 

Oui, bien sûr, on pourrait arrêter là. Mais seulement, je ne le veux pas. Je ne sais absolument pas ce qu’il pense, mais il ne doit pas être contre la tournure des événements. Je ne peux m’empêcher de l’embrasser, le toucher, le regarder. Son regard me fait encore un peu plus chavirer. Alors quand il s’approche lentement de mon oreille pour me murmurer quelque chose et me mordiller le lobe, je perds encore plus la notion du temps, et mes mains se font encore plus impatientes, mon souffle plus court encore… Je m’abandonne littéralement… Je lui prends la main en avançant. La montée de l’escalier se fait comme une torture, mais je la fais durer dans le temps. Et quand il est prêt à me toucher, m’embrasser, je le fuis effrontément. Nous sommes enfin arrivés, je me retourne et le dévisage alors et une soudaine peur fait son apparition.

- Scotty… On n’est pas obligé…

Pour toute réponse il s’approche vivement de moi et m’embrasse avec une ardeur qu’il ne cherche même pas à retenir. Et juste au moment où j’allais lui rendre cette étreinte, il m’éloigne de lui.

- Et maintenant, me susurre t’il, tu penses toujours qu’on n’est pas obligé de continuer ?

Je suis dans l’incapacité de répondre à cette question, tellement je suis troublée. Je me contente juste de lui tendre la main qu’il prend aussitôt. Et à ma grande surprise, il m’attire contre lui, et me soulève de terre pour me plaquer contre le mur. Pendant une ou deux minutes qui nous parurent une éternité, il n’y eut aucune autre activité que les caresses et soupirs, puis décidant que ce n’était pas ce que j’attendais, je descends mes mains et défais un à un les boutons de son jean, tout en continuant de le regarder. Sa réaction ne se fit pas attendre, et un sourire éclaire mon visage. Il le prend dans ses mains et m’embrasse violemment. Je cherche à retenir ses mains, mais il les a déjà descendus autour de ma taille, pour finalement remonter ma jupe. Je n’arrive plus à respirer… Il me faut donc prendre l’air où je peux le trouver, mais ça pour le moment c’est secondaire… On se sépare des derniers obstacles qui nous empêchent de concrétiser enfin ce désir qui nous brûle, et qui dévaste tout sur son passage, provoquant ainsi des sensations indéfinissables. Nous ne faisons alors plus qu’un, en les laissant s’exprimer pleinement, ne retenant ni nos baisers, ni nos soupirs, ni nos caresses.

 

Voilà… C’est donc comme ça que je viens de passer cette stupide fête des amoureux. J’ai donc agis comme une égoïste pour une fois. Je n’ai pensé qu’à moi. Scotty était déjà parti à mon réveil. Je ne préfère pas penser à nos retrouvailles. Je ne veux surtout pas imaginer la gêne que nous allons tôt ou tard éprouver en se voyant, en se regardant, en travaillant. Je veux juste garder le souvenir de cette soirée… Je veux qu’en y repensant, je ressente, comme là à cet instant, des frissons me parcourir. Je veux me souvenir de ses baisers, ses regards, ses caresses et paroles. Comme je veux me souvenir de mes baisers, la sensation de sa peau… Je veux me souvenir de nous ! Mais pas un nous genre « NOUS » avec tout le tralala… Je veux me souvenir de nous, comme étant un homme et une femme, qui agissent normalement. Une femme qui rencontre un homme séduisant et qui ressent juste pendant quelques instants une irrésistible attraction pour cet homme.

 

Le hasard a fait que c’est homme s’appelle Scotty Valens, mon collègue, avec lequel je travaille tous les jours à la criminelle de Philadelphie… Et qui, je dois l’avouer, est séduisant… Je comprends un peu mieux maintenant, le succès qu’il rencontre parmi la gente féminine…


Genna  (17.06.2010 à 06:13)

Et si rien de tout cela n’était réellement arrivé ? Si j’avais rêvé ? Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Que je commence à éprouver des sentiments pour mon co-équipier… Je ne sais pas, ou plutôt je ne veux pas le savoir… Mais voilà, c’est réellement arrivé… J’ai réellement couché avec Scotty ! Mais qu’est-ce qui m’a pris ? Bref, il va falloir que j’arrête de cogiter… L’eau qui coule dans mon lavabo est gaspillée… Mais le reflet de moi dans la glace me trouble… Ce matin, j’ai beau essayer de penser à autre chose, rien n’y fait… J’ai un petit sourire, et je regarde un souvenir que m’a laissé mon « Valentin » sur la peau de mon cou… Col roulé pour moi aujourd’hui… J’ai compris ! Cette simple évocation de cette nuit me procure un frisson dans tout mon être. Je me mordille la lèvre inférieure en essayant d’effacer cette réaction. Il me faut me concentrer… Mais impossible avec ce mal de tête qui me ronge.

 

Me voilà arrivée au central. Kat m’accueille avec un énorme sourire et en me désignant la petite chaîne qui trône autour de son cou.

- Ce n’est pas dans mon habitude de m’exhiber, mais Curtis m’a vraiment gâtée !

Je regarde à peine ce pendentif, tellement préoccupée à regarder autour de moi. Et quand j’ai constaté qu’IL n’était pas encore là, je me suis détendue.

- En effet, commencé-je en examinant le bijou, la lettre de ton prénom est réellement belle entourée d’émeraudes.

- Et toi ? Ton dîner ? Brian est adorable, non ?

- Brian ?

Mais qui est ce Brian ? Je n’en sais absolument rien, jusqu’à ce que je me rappelle de mon dîner arrangé…

- Brian… hum… Désolée Kat, mais ça n’a pas collé.

- Mais enfin Lilly…

- Il est sympa, mais voilà…

- Tu ne m’en veux pas ?

- Non… C’est gentil de ta part, et vraiment je t’en…

Et là, je m’assois lentement sur ma chaise, Scotty vient d’arriver, le sourire aux lèvres en écoutant Vera lui raconter une blague sans doute. Le simple fait de l’avoir aperçu me trouble, et je nous revois nous embrasser, nous laisser aller, je sens mon pouls s’accélérer… Il me faut une échappatoire. Je propose à Kat un café, qu’elle accepte. Je me lève le plus rapidement possible et cours presque vers la petite cuisine. M’a-t-il vu ? Ca ne je le sais pas… Peut-être, mais je n’ai pas envie d’y réfléchir… Car plus je pense à lui, plus je sens ses mains sur moi, son souffle chaud, les sensations que tout cela me procurait la veille. Je me revois aussi le toucher, l’embrasser… STOP ! Arrête tout Lilly… Concentre-toi un peu.

- T’es sûre que ça va Lilly ? Me demande alors mon amie.

- Oui… Oui ! Je crois que je dois couver un petit rhume.

- Ce qui explique donc le col roulé… Ok j’ai compris. Pendant un moment j’ai cru que Melle Rush avait fait des folies de son corps cette nuit.

 

Et là, je lâche la cafetière qui se renverse sur le sol en se brisant. Je prie pour que le bruit n’attire pas les gens… Peine perdue, Scotty et Nick arrivent.

- Laquelle de vous deux est maladroite ? Fit Nick goguenard.

- Tais-toi Vera, le sermonné-je, et aide nous plutôt à tout essuyer.

Tellement concentrée par ma tâche, je ne prête aucune attention à Scotty. Mais, ce fut de courte durée, on se retrouve accroupi en train d’essuyer mes dégâts. Je relève la tête, lui aussi, et nos yeux se croisent. Et la toute première pensée qui m’effleure l’esprit est celle de me ruer sur lui pour l’embrasser. Je sens une douce chaleur m’envahir… Ses yeux… Je devine instantanément qu’il nous faut parler. Sans un mot, je me relève, difficilement, et m’éloigne vivement de lui. J’ai, néanmoins eu le temps de constater la gêne dans l’attitude mon collègue. Je prie pour que cette petite scène soit passée inaperçue aux yeux de nos deux autres collègues. Pendant que Kat continue de ramasser les morceaux, je me dirige vers l’évier et prends l’éponge. Lorsque je me retourne, Scotty est juste devant moi. Trop tard pour s’éviter… Je fuis ses prunelles marron. Il est tellement près de moi que j’arrive à sentir son odeur, un mélange d’after-shave et d’eau de toilette. Je me mords la joue, car aussitôt j’ai une folle envie de lui sauter au cou. J’en ai lâché l’éponge, il se baisse et la ramasse, et finit par me la tendre. Nos mains s’effleurent et je ressens un frisson me parcourir le dos. Je m’empresse de la prendre, et me dirige vers Kat, qui me regarde.


Genna  (18.06.2010 à 08:33)

Un peu plus tard, nous sommes sur une enquête, je cherche un certain Mark Adams dans la base de données inter police, que je ne trouve pas. Je commence à désespérer de le trouver avant la fin de la journée. Will me regarde, je lui dis que je reviens. Besoin de souffler. Il comprend, lui aussi peste contre le téléphone par contre. C’est la troisième fois que la voix de la standardiste d’un grand groupe de presse lui dit que son interlocuteur va bientôt lui parler. Une fois dans le couloir qui mène vers le distributeur de sucreries et de boissons, je suis tellement absorbée par mes recherches infructueuses que je ne remarque pas Scotty qui arrive. Lui me voit par contre, et sans que je ne puisse réaliser ce qu’il fait, il m’entraîne de force dans une salle d’interrogatoire, la ferme à clé de l’intérieur, et me demande d’entrer dans l’aquarium. Il répète la même opération dans la deuxième et revient me voir. Je comprends ce qu’il veut et je ne suis pas très à l’aise.

- Scotty, ce n’est réellement pas le moment… Je…

- Il n’y aura jamais de bons moments Lilly…

- On oublie !

- Je suis bien d’accord, mais pour oublier, il faudrait que toi d’abord tu acceptes d’oublier.

- Quoi ?

- Tu m’évites !

- Parce qu’on travaille Scotty.

- J’ai longtemps réfléchis ce matin, Lilly… Je ne suis pas parti sur un coup de tête… Je…

- Ne te justifie surtout pas. Et après tout, c’est moi qui…

- Je n’ai rien empêché non plus.

 

Est-ce la situation assez tendue, ou notre proximité, mais je ressens une irrésistible envie de l’embrasser. Son regard me trouble… Et je remarque qu’il ne sait pas comment ni où me regarder. Je commence à avoir chaud, je baisse les yeux, il s’éloigne un peu.

- Gardons cette nuit comme un agréable souvenir, alors, me propose-t’il.

J’acquiesce et je lève la tête. Nos regards se croisent et on se sourit. Mais il est déjà trop tard pour moi… Je nous revois… Je ne sais plus si j’ai au moins déjà ressenti cela avec un homme. Que seuls les souvenirs de nous suffisent à me troubler au plus haut point, à me frustrer dirais-je presque. Frustration de ne pas pouvoir recommencer, frustration de décider d’en rester là… Cette seule nuit me troublera bien longtemps encore… Alors pour ce qui est de son attitude de la vie de tous les jours… Car je ne suis pas dupe, il ne restera pas seul longtemps… Est-ce qu’il ressent la même chose ? Est-il aussi frustré que moi ? Pourquoi je n’arrive pas à le lui demander ? Je devine : la décence… Mais bon sang, la nuit dernière était loin d’être décente… Je me sentais tellement bien et en osmose que oui, Lilly Rush s’est lâchée… Je me sentais belle, et épanouie… Je lisais dans ses yeux tellement de désir que je ne pouvais pas m’empêcher de réagir face à cela… Est-ce bien ou mal ? Je ne sais répondre. Il n’y a pas de mal à se faire du bien, dit un adage… Et mon dieu, il me suffit de fermer les yeux, et de repenser à cette nuit pour me sentir bien. Et là, plus je réfléchis, moins j’arrive à reprendre mon sérieux.

- Oui on repart sur de nouvelles bases, répondis-je.

C’est à son tour d’acquiescer avec un petit sourire, qui d’habitude me laisse de glace. Mais moi, je ne me contente pas de son hochement de tête, ni de ce rictus. Il dégage le col de mon pull avec étonnement. Cela fait des années que je n’en ai pas mis au travail… Et là, il sourit encore. Du bout des doigts, comme s’il avait peur de me faire mal, il caresse la boursouflure aux couleurs bleues violacées. Je ressens un frisson me parcourir, plus comme une décharge électrique en fait… Je m’approche de lui, et lui dépose un baiser fiévreux sur les lèvres. Je ne sais pas ce qui me pousse à le faire, mais j’en ressens le besoin. Je ne veux pas que les sensations disparaissent. Je veux les ressentir à chaque fois que j’y repense. Il répond à mon baiser, et nos mains repartent se promener de façon indécente mais tellement plaisante. Je me sens partir… C’est comme s’il y avait deux Lilly. Une sage et sérieuse, et une autre plus libertine, qui se fout des apparences, et qui prend le plaisir là où elle peut le prendre. Ce simple baiser m’arrache un gémissement de plaisir. Ce simple baiser me rappelle sur le champ les autres sensations ressenties il n’y a seulement que quelques heures. Est-ce que je me sers de lui ? Oui sûrement… Est-ce que ces sensations seraient présentes avec un autre ? Je ne sais pas. Mais, il me repousse vivement.

- Un agréable souvenir, Lilly… C’est tout.

Il ne me laisse pas le temps de répliquer, il s’enfuit, enfin c’est ce qui me donne l’impression de fuite. Frustration. Oui ce mot convient parfaitement à ce que je ressens à ce moment. Pourquoi refuser de s’abandonner ? Je ne le comprends pas. Mais je suppose qu’il agit comme ça pour nous faciliter le retour à la réalité. Nous travaillons ensemble… Nous interrogeons des témoins et suspects ensemble. Donc, il nous faut être professionnels. Il me faut donc essayer de classer toutes mes pensées dans un coin de mon cerveau. Et ça, je sais le faire. Lilly Rush, première femme de la section criminelle de Philadelphie sait cacher ses émotions. Alors, ce n’est pas Scotty Valens qui m’empêchera de le faire.


Genna  (19.06.2010 à 08:36)

Trois mois plus tard.

 

Le printemps est revenu. La nature revit, et moi aussi. Je déteste l’hiver. Je déteste avoir froid… Mais je n’aime pas trop la chaleur non plus. Cette sensation d’étouffement au moindre geste, très peu pour moi. Ce que j’appellerais « l’anecdote Saint Valentin » est classée, du moins je le crois. Il y a quelque chose de brisé entre Scotty et moi, mais, ni lui ni moi, décidons d’y prêter attention. J’ai réussi avec du mal à ranger ce souvenir dans ma tête. Nous ne sommes plus aussi proches, mais on ne s’en plaint pas. Seule Kat a eu quelques doutes une fois sur notre relation. Doutes que je lui ai très vite ôté de l’esprit. Eddie est revenu… on se revoit, mais ce n’est plus aussi fort entre nous. Il a vécu pas mal de choses, et je sens bien qu’il est devenu distant. Je ne m’en plains pas, mais quelque part, ça me gêne. Parfois, je rêve encore de cette nuit spéciale. Je me réveille alors en sursaut le cœur battant, et une envie de redevenir cette Lilly. Mais alors qu’avant, je voyais, voire je revivais chaque moment avec Scotty, maintenant, c’est plus flou. Je rêve, mais ce n’est plus lui, ou alors je ne le distingue plus. Mais ce que je ressens est toujours aussi fort, voire indescriptible.

 

Je suis invitée à un enterrement de vie de jeune fille. J’ai horreur de ça. Ce cliché… J’espère au moins éviter toute forme de cliché que représente cette soirée… La future mariée ivre savourant une de ses dernières nuit de liberté totale. Absurde ! Pourtant, je me surprends à m’amuser. Je m’éclate ! Moi qui ai horreur de danser, je m’éclate comme une folle sur la piste de danse ! La future mariée, amie d’une amie, n’est pas ivre. Donc tout va bien ! On profite… Elle flirte gentiment… Je ris, je taquine et parle avec tout le monde… Jusqu’à ce que je le vois. Et là, toutes ces sensations que j’avais enfouies au plus profond de ma tête, refont surface. Il est là… Adossé contre le comptoir du bar, à boire un verre. Il sourit… Je bloque dessus. Ce sourire me fait tout oublier… Mais, j’ai un doute… Est-ce à moi qu’il est destiné ce sourire ? Je m’avance prudemment, et finalement, je recule… Quelle idiote je suis ! Il n’est pas du genre à aller boire seul… Je rejoins donc mes amies d’un soir, et j’essaie de m’amuser. Mais, je n’arrive plus à faire comme si de rien n’était… J’ai bien eu le temps de le détailler. J’avoue avoir toujours aimé son style de costumes… Mais de le voir habillé avec ce polo d’un couturier très connu, et ce jean pourtant très classique me fait de l’effet. N’importe qui a, dans sa garde robe, au moins un jean de cette marque… Banal, voilà c’est banal ! Mais alors pourquoi je réagis de cette façon ? Pourquoi est-ce que je ressens comme une forme de jalousie ? Je n’en ai aucun droit ! Et pourtant… Cette fille qui rit, qui lui touche le bras, qui le regarde… Je la hais ! Mon regard est sans arrêt attiré par l’endroit où se trouve mon collègue. Et à chaque fois, je baisse les yeux en jurant de ne plus me laisser avoir de la sorte. Et surtout, il risque de me voir. Mais rien que cette pensée me fait sourire, et aussitôt j’imagine qu’il laisserait tomber sa pimbêche pour me retrouver.

 

Tout bascule à nouveau… J’ai envie d’oublier ce que je ressens pour lui au plus vite… Et je viens de trouver ! Je jette mon dévolu sur la belle bouteille qui trône sur notre table. Grossière erreur… Après deux verres bu coup sur coup, je me sens bizarre. Je décide donc d’aller danser et de me « défrustrer ». J’y arrive… Stephen ou Ethan… Je n’ai pas trop compris son prénom me fait danser au rythme d’une salsa. Je me laisse aller, mais évidemment ce n’est pas le visage de mon cavalier que je vois… Et cette simple image me procure d’agréables sensations… Mais pourquoi me fait-il autant d’effet ? Pourquoi est-ce que je me laisse aller autant à chaque fois que je pense à lui ? Pourquoi est-il devenu un fantasme ? Pourquoi… Mon partenaire m’attire plus près de lui, je ne résiste pas… Il me murmure quelque chose à l’oreille, je souris… Je ne suis plus présente… Je suis bien au-delà de toute cette mascarade… Le début de « Purple Rain » de Princese fait entendre, je ne réalise même pas que je danse toujours avec mon cavalier d’un soir… Mon regard se dirige encore une fois vers Scotty. Mais cette fois, il reste accroché. Juste à ce moment, il a relevé la tête, et nos yeux se sont rencontrés pour ne plus se lâcher. Et c’est comme si ma mémoire avait besoin de cette stimulation pour se souvenir de cette nuit. Je ne prête plus du tout attention à cet Ethan ou Stephen… Je danse comme un robot sur un slow sensuel en dévorant des yeux mon collègue. En un regard, me revoilà partie loin… très loin. On en profite tous les deux, la distance entre nous est un supplice, mais ni lui, ni moi ne baissons la tête. Mon cœur ne résiste plus, il tambourine dans ma poitrine, j’ai un creux au ventre et une sensation de chaleur. Ce regard ravage chacune des parties de mon corps… Il est seul, mais pas très longtemps, sa pimbêche est de retour. Elle lui glisse un mot à l’oreille, il détache son regard du mien… Mon cœur n’en finit plus de battre comme un fou dans ma poitrine. Il se lève, je le vois déposer son verre sur le comptoir, et il risque un regard vers moi. Puis il me tourne le dos, et je regarde très au sud… Je m’en mords les lèvres de dépit. Il part, me laissant seule et dans un état avancé de frustration. J’étouffe d’un seul coup… Je veux prendre l’air, je veux m’en aller… Je ne veux pas les imaginer ne serait-ce un instant, vivre ce que j’imagine moi-même dans ma tête à cet instant. Je prétexte un truc bidon et plante machin truc au beau milieu de la piste. Je pars sans même saluer les personnes qui m’accompagnent. Il me faut de l’air… Il faut que j’oublie ce que je suis en train d’imaginer… Il faut simplement que je l’oublie lui.

 

Je sors enfin. L’air frais me fait du bien. Je pars à la recherche de ma voiture. Je la retrouve, grimpe dedans et mets le contact. Je n’ai pas abusé de la boisson, tout est sous contrôle. Je roule. Les vitres ouvertes, je veux avoir de l’air… Voilà, c’est ce qu’il me fallait… Me concentrer sur autre chose. Et en conduite, il faut être concentré sur la route. Après plus de cinq minutes à rouler avec l’air frais qui s’engouffrait dans l’habitacle, je ressens une sensation de froid, je ferme la fenêtre et allume le chauffage. Stoppée à un feu, je ferme les yeux… Erreur… Lilly, pourquoi as-tu fais ça ? Me dis-je à voix haute… Ne ferme pas les yeux, ne laisse pas ton esprit divaguer… Concentre-toi sur la route… Les personnes qui me croiseraient me prendraient pour une folle, je parle seule ! Et au loin, je distingue une voiture. Je freine prudemment, et la regarde passer devant moi. J’ai reconnu la pimbêche… Et là, je ne sais pas ce qu’il m’est passé par la tête, mais j’ai décidé de les suivre. Je suis folle, oui voilà, c’est ça je suis folle… Mais là à cet instant précis, ce n’est plus Lilly Rush qui pense, qui agit, c’est mon autre moi… Le moi qui veut à tout prix retrouver cette sensation de ne plus contrôler ses gestes, de ne plus les retenir.

 

Et évidemment ce que je craignais, arriva… Arrêtée au coin d’une rue, tous phares éteints, je les vois rentrer à l’intérieur d’un immeuble. A cet instant précis, je me maudis… Je suis minable… Suivre mon collègue… Mais de quoi je me mêle ? Il fallait agir avant Lilly… Il fallait agir lorsque tu l’as aperçu ce soir ! Il fallait… Il fallait… D’un geste rageur, je frappe mon volant, et je démarre en trombe. Je suis en colère contre moi, tellement en colère contre mon inactivité. Et en même temps, je culpabilise. Je ne suis pas fière de ce que je ressens, mais c’est plus fort que moi. Les souvenirs maintenant ne me suffisent plus… Et la seule impression de notre échange de regard de ce soir me frustre. C’était devenu un jeu… Pendant un peu moins de cinq minutes, juste le temps de cette chanson, j’ai eu l’impression que je n’étais pas la seule à ressentir quelque chose.


Genna  (20.06.2010 à 07:27)

C’est en véritable zombie que j’arrive le lendemain. Un café dans les mains, je ne fais attention qu’aux chiffres qui égrènent les étages dans l’ascenseur. Je descends à l’étage de la crim’, et me dirige à mon bureau. Je ne suis tranquille que le temps d’allumer mon ordinateur. Nick m’interpelle, une enquête à rouvrir, je le suis. Et de toute la journée je n’ai croisé Scotty qu’une seule fois. Et encore, même pas eu le temps de dire quoique ce soit. Je m’en félicite quelque part, mais je pense que Will a dû remarquer ma petite gêne.

 

Le soir, je suis donc au volant de ma voiture, à m’impatienter des embouteillages. Je suis partie plus tôt, pas envie de travailler. Je détache mes cheveux, et rejette la tête en arrière. Un coup d’œil dans le rétroviseur, je vois que je ne suis pas la seule à m’impatienter. Je hausse le volume de ma radio, et commence à me détendre. Soudain, mon portable sonne. Je regarde qui m’appelle, et heureusement, je suis déjà assise. J’en oublie le volume de ma radio et réponds à Scotty.

- J’espère que ce n’est pas pour le boulot, pour une fois que je rentre de bonne heure, dis-je sur un ton délibérément distant.

- Je crois qu’il faut qu’on parle Lilly, me répond-il seulement.

- De quoi ? Fais-je innocemment.

- Tu le sais très bien…

- On a déjà parlé de ça… On a classé l’affaire, et ça s’est passé il y a trois mois Scotty… Je ne vois pas ce qu’on pourrait dire de plus.

- Lilly…

- Je suis au volant Scotty !

Je raccroche. Mais pourquoi l’ai-je rembarré de la sorte ? Parce que j’ai décidé de ne plus le laisser guider ma vie. Je ne veux plus ressentir ce que j’ai ressenti la veille. Je ne suis pas amoureuse de lui… Du moins… Non, c’est pas ça… c’est pas de l’amour. Je ne sais plus du tout ce que je ressens. Je suis perdue. Mon portable sonne de nouveau. Je l’ignore. A peine rentrée chez moi, je suis accueillie par mes deux seuls amours véritables. Je prends un de mes chats dans mes bras, et je me baisse pour saluer le deuxième. J’ai le sentiment de rater quelque chose. Je ne sais pas quoi, ou plutôt je ne veux pas réfléchir. Je me détends ce soir : envie de penser à moi… Je regarde mon portable, et j’aperçois la petite enveloppe d’un message… Je ne prends pas la peine de le consulter, je sais de qui il est, et il est la dernière personne à qui j’ai envie de parler ce soir.

 

Un peu plus tard, je suis assise sur mon canapé et je déguste un petit verre de vin. Oui, je sais, ça fait alcoolique, mais juste une envie de passer cette soirée tranquille… Je suis ressortie un peu après mon arrivée pour m’acheter le grand jeu : Repas de chez le traiteur. Un dvd, ou une idiotie à la télé, et une soirée agréable. Ca me change des soirées à penser aux morts qui trônent sur la table de nuit… Est-ce ça la nouvelle Lilly Rush ? Penser un plus à moi, et reléguer certaines choses au second, voire troisième plan ? Enfin, tout ce que je constate ce soir, c’est que je me sens mieux… J’ai compris qu’il fallait que j’aille chercher, que j’aille provoquer les sensations ressenties cette fois-là. Mais ce soir, je n’en ressens pas le besoin. Certainement parce que je veux digérer ma défaite de la veille. Défaite ! Mais ce n’était pas une compétition… Pour qu’il y ait compétition, il fallait que je me déclare compétiteur… Mon attention se porte sur mon portable, l’enveloppe clignote toujours. Je me saisis de l’appareil et je consulte l’appel manqué avant le message. J’ai la confirmation qu’il s’agissait bien de mon collègue. J’écoute son message, il est bloqué au central ce soir… Astreinte. Et là, j’ai une idée. Pour classer l’affaire, il faut bien la résoudre ?


Genna  (21.06.2010 à 06:08)

Je prends mes clés et sors sans prendre le temps de me changer. Après tout, je suis de repos, alors normal d’être habillé en décontracté… Et Puis zut ! Lilly tu te compliques trop l’existence. Je m’arrête en cours de chemin dans un fast food et prends un menu. J’arrive dix minutes plus tard, la circulation était plutôt fluide. Je présente mon badge au type de la sécurité, et je monte jusqu’à l’étage de la crim’ plongé dans le noir, sauf la petite lampe du bureau de Scotty qui est allumée. Sans bruit, je marche lentement jusqu’à sa hauteur et une fois arrivée près de lui, je lui tends le sachet en carton marron. Il sursaute et me regarde. L’air surpris, il plisse le front… Cette simple réaction me fait oublier le pourquoi de ma présence… Son seul regard suffit pour me faire planer. Il faut que je dise quelque chose…

- Je savais que tu n’aurais pas mangé ! Lui dis-je.

- Lilly, mais…

- Il n’y avait rien à la télé…

Je lui souris, il me répond.

- Alors, qu’est-ce qu’on a ?

- Pourquoi t’es venue ?

- Je te l’ai dit, il n’y avait rien à la télé…

- T’es trop professionnelle Lilly…

- J’ai juste une conscience professionnelle… On patine sur l’enquête, et j’ai envie de la voir classée.

Je réalise tout à coup que ma réponse est ambiguë. Mais il a l’air de ne pas le remarquer. Sûrement parce qu’il ne sait absolument pas ce à quoi je fais allusion. Il ne sait pas qu’il occupe mes pensées et rêves les plus secrets depuis plus de trois mois. Il ne sait pas que je donnerais tout pour juste ressentir ses mains sur ma peau, la sensation de ses baisers et caresses…

- En tout cas, tu tombes bien Rush, j’ai ça à éplucher.

Il me tend un paquet d’une vingtaine de relevés bancaires et téléphoniques. Je le regarde, étonnée.

- Il ne fallait pas venir… tu veux classer l’affaire rapidement… Tu viens juste de le dire Lilly, me lance t’il avec un sourire qui me procure un agréable frisson dans tout mon être.

Je lui prends le paquet des mains, et je ne sais pas si ce geste était calculé pour lui, mais je me suis arrangée pour lui effleurer la main en le dévisageant. Une douce chaleur m’envahit alors. Et aussitôt des images se matérialisent dans ma tête… Je me vois jeter négligemment les feuilles sur un coin du bureau, m’approcher de lui et l’attraper par sa cravate pour l’attirer vivement à moi. Je me vois l’embrasser sans aucune retenue, je me vois grimper sur cette table… Lilly ! Non… Arrête ça… Et le voilà qui me regarde maintenant… Mais bon sang… Qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans ma tête ? Qu’est-ce qui m’empêche de ressentir ça avec un autre ?

- Lil’, t’es sûre que tout va bien ? Me demande-t-il doucement.

- Oui… Oui, pourquoi ? Répondis-je en baissant la tête sur la pile de documents.

Mais pourquoi ai-je baissé la tête en répondant ? Autant lui dire que oui il me fait un effet terrible et que je n’arrive plus à le cacher aussi bien qu’avant. En tout cas, une chose est sûre, ce soir, je suis seule avec lui. Et si j’arrive à passer cette soirée sans craquer, j’aurais classé l’affaire.

 

Trente minutes se sont écoulées. J’ai réussi à me plonger dans ces documents. Et, j’ai même réussi à oublier sa présence, alors que nous nous trouvons l’un en face de l’autre. Tu vois, quand tu veux Lilly, me félicité-je dans ma tête. J’en ai tellement oublié sa présence, que je m’étire en baillant sur ma chaise. Mais pas un petit bâillement étouffé… Le bâillement style chat qui s’étire de tout son long… Et j’ai même rajouté un petit soupir de bien être à la fin. Ce n’est qu’en reprenant ma place sur cette chaise, bien droite que je réalise que Scotty me dévisage.

- Ok, me fait-il, un café pour toi, et un pour moi…

- Quoi ?

- Pourquoi t’es venue Lil’ ?

- Je te l’ai déjà…

- Ne me ressors pas cette excuse de télévision…

- Mais enfin…

- Suis-moi, fait-il en se levant.

- Scotty…

Il ne me laisse pas le choix, et me prends le bras afin de me forcer à le suivre.

- Ca voulait dire quoi hier soir ?

- Quoi hier soir, demandé-je innocemment.

- Arrête Lilly… Sois franche avec moi ! Nous bossons ensemble depuis longtemps maintenant, et j’ai une pleine confiance en toi… Ne brise pas cette confiance.

- Je n’ai rien à te dire Scott !

- D’accord… Donc Lilly Rush n’a vraiment que son boulot dans sa vie ! Choisir de revenir travailler un soir de repos prouve combien tu es dévouée à ton travail. La vie est trop courte Lilly… Profites-en tant que tu peux le faire… Eclate-toi un peu ! Sors de ta coquille…

Je rêve ! Il fait quoi là ? Il me provoque… Je n’hallucine pas… Il me provoque réellement !

- Ce soir, je n’ai pas envie de sortir de ma coquille, Scotty ! Ce soir, je veux…

- Il ne s’est rien passé !

- Pardon ?

- Je l’ai juste raccompagné.

- Quoi ? Mais enfin tu parles de quoi là ?

- Non, Lilly… Réagis comme tu veux, mais surtout pas comme ça ! Ne joue pas à ça… Ne nie pas…

Il a laissé tomber sa pimbêche ! Il l’a juste raccompagné !

- J’aimerais te croire Scotty, mais tu ne me dois pas de compte… Tu vis ta vie, et je…

- J’ai secrètement espéré que tu me suivrais aussi jusqu’à chez moi Lil’, me murmure t’il à l’oreille.

- Comment…

- Je suis flic Lil’ ! Toutes les astuces pour suivre discrètement quelqu’un, je les connais !

Là c’en est trop pour moi… Je n’arrive plus à résister. Son regard sur moi me transporte encore à des années lumières de cette salle.

- Scott… Il n’y a pas de nous, et il n’y aura jamais de nous… Je…

- Je ne veux pas de nous… Je te veux juste toi !

- Tu…

- Comme je vois que là à cet instant tu fais un énorme effort pour résister…

Il s’approche de moi, je me noie dans son regard.

- Ne résiste plus Lilly… Cette soirée me travaille aussi Lil’. Et hier soir, je m’aperçois que j’ai agis en idiot ! J’aurais dû envoyer balader ton Roméo de pacotille… Je voyais bien que ce n’était pas avec lui que tu étais hier soir, mais avec moi.


Genna  (22.06.2010 à 06:02)

Attention, petit avertissement !! Le passage qui suit peut choquer les plus jeunes.

 

J’ai de plus en plus de mal à l’écouter, à le regarder… Les images dans ma tête sont si réalistes que je ne résiste plus. Et là, je décide que tout ce petit jeu n’a que trop duré… Je ne veux plus passer une seule minute à lutter contre ça, à lutter contre ce que je ressens, contre l’effet qu’il me fait… En silence, je l’attrape par la chemise et je l’attire vivement à moi. A ma grande surprise, il se laisse faire. Je l’embrasse, il répond à mon baiser. Je commence à desserrer le nœud de sa cravate, ses mains soulèvent mon pull pour se promener le long de mon dos. Je sens ses doigts s’attarder sur ma taille et ses ongles y dessiner des sillons… Je réalise soudain l’endroit où nous nous trouvons. Je le repousse, le regarde, et sans mot, je le guide jusque dans l’aquarium… On se sépare juste le temps de s’enfermer.

 

Je prends délibérément mon temps pour me diriger vers lui. La seule sensation de sentir son regard sur moi me procure déjà un délicieux effet. Je le dévore des yeux, laissant mon imagination commencer son travail. Je reste exprès à une distance trop éloignée. Je ne bouge plus, je savoure de le voir frustré à son tour. Enfin, je peux voir que lui aussi ressent quelque chose… Et rien que le fait de l’imaginer penser à moi, penser à cette fameuse nuit, me donne des ailes. Je lui fais donc de l’effet ! Je lis dans ses yeux qu’il ne demande qu’une chose : m’embrasser, me toucher, me faire chavirer. Alors, je décide que je peux bien lui accorder ce qu’il demande. Je prends sa cravate entre mes doigts, les fait remonter un peu plus haut, et je l’attire contre moi. Il m’embrasse avec une fougue qui me fait perdre mes moyens. Mais bon sang, pourquoi ? Je chasse les questions de ma tête. Je vis au présent… Et en ce moment, l’homme qui occupe mes rêves la nuit, m’embrasse, me caresse, et y prend un certain plaisir à me faire craquer. Je réponds à cette étreinte et me montre très entreprenante… Je lâche tout… Il reprend le dessus juste pendant quelques secondes, le temps de me soulever de terre et de m’allonger sur le petit bureau. Je place mes jambes autour de ses hanches et l’embrasse, mes mains se sont déjà occupées de sa cravate et de sa chemise, que j’ai dû un peu abîmer dans ma hâte. Quelques boutons ont dus sauter. Il m’enlève mon petit pull, et fait parcourir ses lèvres sur ma poitrine, je ne retiens pas ma réaction. Cette fois est encore plus palpitante que la première. Comment est-ce possible ? J’ai la réponse, l’attente et la frustration ont joué leur rôle. Ses baisers remontent le long de mon ventre, ma poitrine, ma gorge, mon cou, et finalement nos lèvres se rencontrent une nouvelle fois, mais encore plus intense… Et c’est à mon tour de lui faire vivre la même douce torture… Je savoure, je déguste… Je n’en finis plus… De le sentir réagir me comble… Et soudain, il m’arrête dans mon élan, et plonge son regard dans le mien. Et comme la veille, l’imagination joue son rôle… En silence, nous nous dévisageons, luttant contre nos pulsions. Luttant difficilement même… Nous jouons à celui qui craquera le premier. Et comme je n’ai plus du tout envie de jouer, je fais exprès de perdre. Mes baisers et caresses sont encore plus enflammés qu’il y a quelques minutes. Il ne résiste plus… Plus du tout même. Je me félicite, j’ai gagné, je l’ai fait craquer ! Il reprend le dessus, et il déboutonne mon jean, et là encore sa bouche suit ses mains… Aucune parole n’a été échangée… Mais est-ce bien utile ? Mes mains dans ses cheveux l’arrêtent… Je veux le regarder… Je veux le fixer, je veux lire dans ses yeux le même désir que j’éprouve à cet instant. Et là, il y a une accalmie. On se regarde, il m’embrasse tendrement au coin de ma bouche. Cette chasteté contraste tellement avec les quelques secondes écoulées, que j’en suis surprise. Je me laisse aller aussi à cette pause. De doux et longs baisers, bien agréables je dois l’avouer. Un peu bizarre me direz-vous de tout stopper pour juste s’embrasser comme des ados. Mais ce que je ressens à cet instant est tellement fort, que je n’ose pas briser cette pause. Mais c’est mal connaître mon co-équipier… Juste au moment où je m’y attendais le moins, il me murmure quelques mots dans l’oreille, et me revoilà repartie pour l’escalade jusqu’au sommet du plaisir. Nous ne retenons plus rien… Les réactions de l’autre suffisent à nous assurer du bien que nous nous faisons. Ce moment valait bien cette longue et frustrante attente… Cette attente où je ne savais rien de ce qu’il vivait aussi. Cette attente qu’il a dû lui aussi vivre comme un supplice, hésitant lui aussi à provoquer de nouveau nos sensations… Etonnamment, nous ne précipitons pas les événements, on se contente de faire durer dans le temps les préliminaires. Pourtant je commence à devenir impatiente… La frustration revient… Je veux qu’il ressente en même temps que moi la vague déferlante qui procure une sensation bien au-delà encore de ce que je ressens actuellement. Je prononce son nom, il comprend, me regarde et me répond qu’il arrive avant de m’embrasser fiévreusement.

 

Je ne retiens plus rien du tout… Même mes soupirs ne sont plus des soupirs, mais des petits cris. Je suis brûlante mais je frissonne tellement… Je n’arrive plus à respirer calmement… Et je n’accepte plus cette « distance » entre nous… C’est donc ça qu’il veut… Il me fait vivre un véritable calvaire là… Je le veux ! Je ne peux plus attendre, je ne veux plus attendre, je refuse toute forme de frustration… Il veut donc que je le supplie, que je sois au bord de la crise de nerfs… Ma bouche retrouve le chemin de la sienne et mon baiser est tellement violent qu’il ne peut que comprendre ce que je veux maintenant. Il fait semblant de ne rien comprendre, et moi je suis comme une folle. Je l’arrête, le regarde, et en le fixant dans les yeux, j’essaie d’articuler une phrase. Je n’y arrive pas… Et j’hallucine, il sourit.

- Viens… soupiré-je. Je ne veux plus t’attendre Scotty.

N’attendant pas sa réponse, je le repousse vivement. Je suis pire que frustrée… Je veux avoir ce que j’attends depuis le début. Il me regarde, je ne saurais dire sa réaction… Mais j’ai envie de tester sa patience. Même si je n’en peux plus, je veux lui faire vivre ce qu’il me fait endurer. Je le provoque, mes mains et mes baisers ne s’attardent pas trop longtemps. Je devine qu’il n’accepte pas ce revirement de situation, mais il résiste, et moi je m’amuse. Il m’attire contre lui et m’embrasse rageusement. Je le repousse après une dizaine de secondes d’étreinte intense. Je le regarde et me félicite : sa frustration est extrême. Il comprend enfin… Il me redépose sur le bureau, se penche et m’embrasse rapidement… Il termine ce baiser par un mordillement intense de mes lèvres. Je sens que le dénouement est proche, très proche même. Mes jambes sont serrées contre ses hanches quand enfin je sens la délivrance. Je n’en peux plus et mes petits cris le prouve. On se regarde, il ressent la même chose que moi… Je réussis à me redresser et lui capture les lèvres d’un baiser enflammé. Mes mains agrippent son dos sa taille, ses hanches, montent et descendent, en laissant l’empreinte de mes ongles. Le temps s’est arrêté… Nous sommes incapables de dire combien de minutes durent notre étreinte. Nos sensations et réactions simultanées sont une récompense à elles seules, et nous montrent à quel point nous avons raison de les avoir provoquées.

 

On se sépare. L’éloignement soudain est un supplice. On se regarde, il s’approche de moi, et replace une mèche de mes cheveux. Ce simple geste me replonge dans un état second… Il le remarque, sourit et m’embrasse. Il part à la recherche de ses vêtements, mais je ne le laisse pas faire.

- Lil’, tu veux…

- Juste t’embrasser, dis-je en joignant le geste à la parole.

Même ce baiser est intense. Il n’en faudrait pas plus pour que je craque à nouveau. On se sépare au bout de quelques minutes, et là, nous comprenons que le temps a reprit sa course… Ou plutôt, nous redescendons enfin sur la terre ferme. Enfin pas totalement, je garde un sourire aux lèvres. Un sourire qu’il va falloir que je fasse disparaître, mais pas tout de suite. Je le dévisage… Mon cœur s’emballe dans ma poitrine… J’ai déjà du mal à reprendre mon souffle, mais je m’en fiche. Mon Valentin est mon amant. Je suis sa Valentine et sa maîtresse. Ca nous suffit amplement… Et je ne pense pas que nos ébats auraient été aussi forts si cela avait été le contraire… L’officialisation de quelque chose entre nous aurait peut-être bloqué nos sensations. Tandis que là, nous nous sommes contentés de vivre pleinement la chose… Il va falloir quand même avoir une conversation sérieuse. Mais là, maintenant, je n’ai qu’une seule envie… L’embrasser et peut-être le titiller encore un peu…

 

On convient tous les deux de se séparer quelques instants, le temps de se reprendre. J’hésite quant à ce que je dois faire… Retourner travailler alors que je suis de repos, ou rentrer chez moi… En même temps, je n’ai pas envie de me retrouver seule. Je veux plutôt rester avec lui. Une image se matérialise dans ma tête : je le raccompagne chez lui, et me réveille le lendemain matin dans ses bras. Je la chasse bien rapidement. Je ne veux pas penser à l’après pour le moment. Je veux juste repenser à ce moment que nous venons de partager… Et c’est avec le sourire que je sors à mon tour de cette petite pièce. Je décide de laisser ouvert, la buée s’était formée sur les vitres de la glace sans tain. Une chose est certaine : je vais avoir un peu de mal à retourner dans cette pièce sans repenser à ce que j’y ai vécu. Mais contrairement à la fusillade au cours de laquelle j’ai été blessée, ce souvenir m’est bien plus agréable et me laisse rêveuse.

 

Je suis arrivée dans l’open space, je regarde mon bureau, Scotty est déjà installé au sien et lit un document, ou du moins fait comme s’il travaillait depuis pas mal de temps. Le sachet marron à ses côtés est déplié, et le menu est disposé sur un coin du bureau. Une tasse fumante est déposée sur le mien. Il relève la tête, et me regarde. Je sens le sol se dérober sous mes pieds. Ses yeux me font encore un effet monstre. On se sourit.

- Le hamburger est froid, mais j’ai tellement faim, que je le mange quand même. Merci Rush.

- Merci à toi de le manger quand même, Valens, répondis-je en saisissant très bien le double sens de sa phrase.

Je ris. C’est idiot… Il n’y a personne d’autre à part nous. Pourquoi parler en langage codé ? Mais ce petit côté secret me plaît…


Genna  (23.06.2010 à 06:10)

Quelques temps plus tard.

 

Revoilà, la Saint-Valentin… Cette stupide fête est de retour… Et moi… Et moi je ne suis pas seule. J’ai quelqu’un avec qui passer ce moment. Je viens d’arriver au central, et ce matin, je ne suis pas seule… Scotty est déjà là. J’ai failli m’asseoir à côté de ma chaise lorsque je l’ai vu arriver.

- T’es tombé de ton lit Casanova ? Dis-je avec un petit sourire aux lèvres.

- Tu m’as l’air bien curieuse Rush, me répond-il en prenant une moue choquée.

Il me tend un petit paquet. Nous ne sommes que tous les deux encore. Surprise je le prends.

- Qu’est-ce que c’est ?

- Ouvre et tu verras, me dit-il.

Je n’ose pas croire à ce que je pense… Il n’a pas fait ça ? Il ne m’a pas offert de cadeau ? Et pourtant… J’ouvre le paquet et je découvre une boule de neige représentant un ange.

- Mais… Commencé-je

- Tu m’as bien dit que tes chats avaient cassé celle que tu avais ?

- Oui, mais… Scotty, pourquoi ?

- Ton Valentin…

- Ta Valentine, continué-je.

- Et il y a un an, je volais à ton secours…

On se sourit. Repenser à ces deux incartades nous procure toujours autant de frissons.

- Et maintenant, je me sens nulle…

- Surtout pas Lil’…

- Je me sens nulle, car mon cadeau est nul !

Je lui tends un petit sac à mon tour. Etonné, il l’ouvre et en sort un stylo. Mais pas un stylo bic qu’on trouve à chaque coin de rue…

- Comme ça, t’arrêteras de m’emprunter le mien, me justifié-je avec un petit sourire malicieux.

Il me remercie, je fais de même. Et sans que je ne puisse réagir, il me dépose un baiser sur les lèvres. Je le retiens juste le temps de savourer ce geste. Toutes les sensations me reviennent en mémoire… Non, nous ne sommes pas un couple, mais ce qu’on a partagé ensemble est unique en son genre. Une expérience que nous n’avons pas reproduite, mais je dois bien l’avouer, je repense souvent à lui, à moi, à nous… Comment avons-nous pu être en totale osmose ? Et même s’il ne se passera plus jamais rien entre nous, ce souvenir me laisse rêveuse. J’ai aussi l’impression que cela nous a énormément rapprochés même… Nous partageons un secret, mais il n’y a pas seulement ça selon moi. Notre baiser dure, et s’enflamme. Des petits frissons remontent le long de mon dos… Oui, il me fait toujours autant d’effet… Oui, je l’avoue, j’aimerais encore une fois revivre tout ça avec lui ! Suis-je amoureuse ? Ou est-ce que j’aime seulement pouvoir m’abandonner autant dans ses bras, sans rien avoir à prouver en retour ? Je n’en sais absolument rien… Il stoppe notre étreinte, je le regarde, on se regarde… Et je constate qu’il est dans le même état que moi… Il recule vivement, et fixe maintenant, le sac qui contenait son cadeau.

- Alors, où t’emmènes ton cher et tendre ? Me demande-t-il en reprenant sa place à son bureau.

- Je ne sais pas… Mais dis-moi, t’es pas en célibataire ce soir ?

- Pourquoi ? T’as quelque chose à me proposer ?

- Dans tes rêves Valens ! Lui répondis-je en lui lançant une boulette de papier.

- Ne pas me dire ça Rush… Mes rêves ne l’ont pas toujours été… Et si je veux, je peux te refaire craquer ici et sur le champ, Rush !

- J’aimerais bien voir ça, répondis-je sur un ton délibérément espiègle.

Il rit, je ris. Et c’est à ce moment que Kat, Will et le chef font leur apparition. A la façon dont Kat me dévisage, j’ai l’impression qu’elle sait quelque chose. Elle m’a demandé une fois si Scotty et moi ne cachons pas quelque chose. Je suis restée évasive, mais je pense qu’elle n’a pas cru tellement à mon histoire. En me levant, je suis passée juste à côté de lui, et ma main a rapidement caressé son avant bras. Ce simple petit geste m’a totalement hypnotisée, et je suis sûre ne l’a pas laissé indifférent non plus.

 

Une question subsiste, cependant : Dois-t-on recommencer ? Et je dois bien l’avouer, rien que l’idée, et le fait d’y repenser me donne envie de recommencer. Peut-être que finalement, nous sommes une sorte de couple… Sauf que nous n’officialiseront jamais le fait d’en être un. Nous préférons la liberté de se donner et recevoir du plaisir sans rien attendre en retour.


Genna  (24.06.2010 à 06:10)

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