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Série : Cold Case
Création : 15.06.2010 à 06h23
Auteur : Genna
Statut : Terminée
« Imaginez une St Valentin spéciale pour Lilly Rush. Elle n'aime pas spécialement ce jour, pourtant, elle va découvrir une autre facette de cette journée spéciale ;) Petit avertissement aux plus je » Genna
Cette fanfic compte déjà 17 paragraphes
Fêtes de fin d’année.
Première fois que Stillman nous propose de tous nous rendre au banquet de fin d’année de la Police. Nous en sommes tous étonnés, mais ce matin-là, il nous a expliqué le pourquoi de sa requête. Il prend sa retraite, et veut que nous nous retrouvions une dernière fois. Ca ne me plaît pas trop… Les mondanités à échanger entre collègues… J’aime vraiment plus nos soirées chez Jones, plus intimistes… Juste entre nous, juste l’équipe des enquêtes du passé. Scotty passe la tête par la porte de la petite cuisine, et me surprend.
- Je ne sais pas si on te l’a dit, mais… Ce n’est pas en regardant fixement le paquet de café, qu’il se préparera seul.
Je souris face à cette plaisanterie. Il s’approche alors de moi.
- Ca va ?
- Oui, pourquoi ?
- Tu sais bien… Le boss…
- Il a bien mérité un peu de repos, non ?
- Oui, mais… toi… Lui…
- Ca va aller Scotty ! Ce n’est pas comme s’il nous quittait…
- Ok. Je passe te prendre ce soir vers 19h30.
- Oh là… Attends amigo… Qui t’a dit que je viendrais à cette soirée avec toi ? Dis-je mi gênée, mi amusée.
- Personne, je prends ce droit de moi-même, me répond-il avec un petit sourire.
- Et si je ne veux pas…
- Tu n’as pas le choix !
- Tu me donnes un ordre ! Je ne rêve pas là…
- Oh ! Melle Rush est donc outrée que je me permette cette petite liberté… Pourtant, il me semble que la connaissant, il en faut nettement plus pour la choquer.
En disant cette phrase, il s’était approché dangereusement de moi, si bien que nos regards s’étaient trouvés pour ne plus se lâcher. Un frisson descendit de ma nuque, jusque dans le bas de mon dos. Ce genre de petit jeu commençait à me gêner. Pourtant, il n’était pas rare que nous nous amusions à flirter avec nos limites. Et je dois avouer que cela me plaisait, mais depuis quelques temps, je ne trouve plus cela convenable. Je me retrouve encore une fois célibataire… Pourtant, tout se passait bien. Jusqu’à ce qu’il me demande de m’engager un peu plus. Pourquoi ai-je refusé ? Je ne sais pas, mais je me suis aperçue que je n’étais pas aussi amoureuse de mon petit ami que je ne le prétendais.
Son regard marron me fixant, je devine qu’il attend une réponse. Je ne me souviens plus de la question, mais il faut que je lui dise quelque chose. Il s’approche encore un peu plus, et je commence à me sentir mal à l’aise. Mais pourquoi ? Soudain, il s’éloigne vivement. Je cherche mes mots…
- Et qui te dis que je n’ai pas déjà un chauffeur…
- Oh, il y a du nouveau dans la vie de Lilly Rush ?
- J’ai le droit d’avoir mes secrets.
- Alors…
- Qu’est-ce qui te prend Scotty ? Pourquoi est-ce que…
- Ok ! D’accord… Je ne voulais pas te troubler… Et puis d’ailleurs pourquoi tu l’es ?
- Je ne suis pas troublée, je…
- Ah oui ? Je ne te propose rien, là Rush !
- Scotty…
- Qu’est-ce qu’il y a ? Fit-il inquiet.
- Rien ! Oublie.
- Attends… Rappelle-toi, s’il doit y avoir un malaise sur ce qu’on a vécu, on s’est promis d’en parler.
- Oui, je sais. Et non, il n’y a aucun malaise.
- Je suis désolé alors. Donc, si ce soir, tu veux venir par tes propres moyens, pas de problème.
- Je crois qu’il vaut mieux arrêter ça, Scotty ! Je… Depuis que Steve est parti, je…
Il m’interrompt, et me dit de ne pas continuer plus longtemps. Il a compris ce que je veux dire. Il s’en va, mais j’ai l’impression qu’il est contrarié. Je me repasse la petite scène, et je sens un trouble s’emparer de moi.
La fin de journée arrive, et je suis chez moi, debout devant mon armoire, à hésiter comme une ado qui doit choisir sa tenue pour le bal de promo. Je sors une petite robe couleur lavande, mais la repose aussitôt. Non, trop été… Et enfin, je trouve une tenue qui me paraît convenable pour ce genre de soirée. Je ne m’en rappelais plus et en la sortant de son enveloppe de protection, la caresse du bout des doigts. La soie rouge rappelle les couleurs de Noël. Voilà, fin d’année est égale à Noël, donc, le rouge convient. Juste le temps de finir de me préparer, le taxi que j’ai commandé, est pile à l’heure. Je souris timidement en montant dans la voiture : si jamais, Scotty me voit arriver, je sens que je vais avoir le droit à une petite remarque de sa part. Mais, je me persuade en me disant à mi-voix que c’est moi qui ai raison. Il faut que je lui dise, il faut qu’il sache que je ne veux plus continuer ce jeu avec lui. Je ne veux qu’une chose : tourner la page, et de flirter de temps en temps avec lui, ne me permets pas de le faire. Je veux tellement oublier ce que j’ai ressenti avec lui, je veux tellement aussi ressentir ça avec un autre. Mais, son regard… Rien que de sentir ses yeux noisettes sur moi, me rappelle ce qu’on a vécu. Je ne sais pas ce que c’est, mais je dois bien avouer quand même que pendant quelques secondes, il ne m’en faudrait pas plus pour ne pas craquer de nouveau.
- Rush ! S’exclama Nick en me voyant sortir du vestiaire de la salle des fêtes, c’est rare de te voir aussi…
- Aussi quoi, Vera ? Lui répondis-je.
- Bah… euh…
Je souris, pour finalement éclater de rire. Je viens de comprendre, et je l’en remercie. Ma robe est dos nu, mais le décolleté pas trop provoquant. Will me dit que si jamais j’ai un peu froid, il peut me prêter sa veste. Je l’en remercie également, et suis mes deux collègues dans la salle, où se trouvent déjà Scotty, le chef et Kat. J’ignore instantanément Scotty, mais je remarque qu’il a le souffle coupé lui aussi, au sujet de ma tenue. J’esquisse un début de sourire, j’avoue que de le voir perdre ses moyens me galvanise. John vient à ma rencontre et me dépose un léger bisou sur la joue. Surprise, je ne réagis pas, mais il me fait un sourire. Je sens un peu de nostalgie m’emporter. J’ai vécu tellement de choses depuis qu’on se connaît lui et moi. Il représente une part de ma vie tellement importante, que je ne veux pas le perdre. Il doit se douter de mon état, et me rassure :
- Lilan Rush, tu es une personne exceptionnelle. Je l’ai vu tout de suite, il y a fort longtemps, et j’ai tout de suite cru en toi.
Il s’en va. Et moi je ne peux empêcher les larmes de monter. Ce qui me trouble aussi, c’est que Scotty a assisté à toute la scène. Nos regards se croisent, mais il détourne instantanément le sien.
La soirée se passe bien : discussions, rires, etc.… Puis, vient le moment, où dans une soirée, les gens changent de places pour pouvoir parler à d’autres personnes. Il ne reste que Kat et moi à table.
- Ca va Lil’ ?
- Oui, pourquoi ?
- Le chef…
- Mais arrêtez ! Je ne suis pas si fragile que cela !
- Ok, tu préfères sûrement me parler de tes amours alors, fit-elle malicieusement.
- Quoi ? M’étranglé-je.
- Ah, là, je reconnais bien Lilly Rush !
- Mes… Quoi ?
- Lilly… t’as vu la robe que t’as choisis de porter ce soir ? Si ce n’est pas pour plaire à quelqu’un, je ne vois pas pourquoi tu l’as mise alors.
- Je… Mais j’ai le droit de m’habiller comme je veux, non…
- Mouais…
Curtis vient nous interrompre, je le remercie silencieusement, et les regarde se diriger vers la piste de danse. Nick et Scotty reviennent s’asseoir. Je croise le regard de mon coéquipier, mais encore une fois, il détourne le sien. Pourtant, il a choisit de s’asseoir en face de moi, il y a bien un moment, où il sera obligé de me regarder. La phrase de Kat me revient à l’esprit. C’est vrai que ma tenue attire pas mal de regards. Je n’ose pas comprendre ce qui commence à germer dans ma tête. Non ! Je n’ai pas fait ça ! Je n’ai pas choisi cette robe pour lui. Je n’ai pas… Je ne… Je ne sais plus rien. Je me lève, et m’excuse. Pour retrouver une contenance, je dois le faire. Il me regarde alors, et je ressens un trouble s’emparer de moi.
Alors que je me dirige vers les toilettes, John m’interpelle, et m’entraîne sur la piste. J’accepte volontiers. Et nous voilà partis dans un rock. J’en oublie mon trouble, et je profite de cette danse. La soirée se termine, Scotty m’a évité, ce qui, je pense n’a pas échappé au reste de l’équipe. Will m’a donc raccompagné.
A peine rentrée, je retrouve mes chats, mais aussitôt je ressens l’envie de ressortir. Je prends les clés de ma voiture, et une fois à l’intérieur, je démarre. Il me faut éclaircir un point qui me rend folle. Pourquoi je n’arrive pas à avancer dans ma vie ? Et pour y répondre, je sonne donc à deux heures du matin à la porte de mon collègue. Il m’ouvre, surprit. Je n’attends pas son invitation, et rentre dans l’appartement.
- Lilly, il est plus de deux heures…
- Je sais bien !
Je n’arrive pas à détacher mon regard du sien. La tenue qu’il arbore alors, me gêne d’un coup : chemise déboutonnée et sortie du pantalon. Je ressens alors un frisson me parcourir. Il est bien obligé de soutenir mon regard, et je remarque qu’il lutte. Et si j’avais fait une erreur en venant ? Et si… Et si en effet, j’avais envie de lui plaire, comme l’a suggéré rapidement Kat… Et si… Et si j’arrêtais un peu de réfléchir ! A voir son attitude, et la mienne, il est clair que nous essayons de lutter contre nos pulsions. Mais, je perds la première la bataille. Je m’approche de lui, sans un mot, une fois arrivée à sa hauteur, je déboutonne mon manteau, l’enlève et le jette négligemment un peu plus loin dans la pièce. Il est dos contre la porte d’entrée, mais recule pourtant d’un pas. Je ne sais pas ce que je fais, mais je le fais. A cet instant précis, tout ce qui compte, c’est lui, moi… Nous. Les souvenirs refont alors surface : nos baisers, caresses, et soupirs… Je veux retrouver tout ça. Je veux le retrouver.
Pas de quoi s'alarmer, mais attention pour les plus jeunes.
Je m’approche alors encore un peu plus, et pose ma main sur son torse après avoir dégagé le morceau de tissu qui me gênait. Il me regarde alors, déglutissant avec difficulté. Je ne lui laisse pas plus de temps, je me précipite sur ses lèvres que j’embrasse alors fiévreusement et avec une fougue que je ne retiens pas, ce qui me procure une sensation que j’avais oublié. Il ne me repousse pas, et répond à mon baiser tout aussi violemment que moi. Nos mains se hâtent alors de se frayer un passage sur nos corps, et je prends l’initiative d’enlever juste ce qui me gêne dans ma rapide exploration. On ne prend le temps pour rien. Il renverse la situation et me plaque alors contre le mur en soulevant ma jambe gauche pour la passer autour de sa taille, laissant ainsi remonter ma robe. Je répète alors la même opération pour la droite et m’accroche alors à son cou. Notre étreinte est alors violente et nos souffles saccadés ne suffisent plus pour exprimer ce que nous ressentons à ce moment précis. Il m’a manqué, et de toute évidence je lui ai manqué. Nos regards ancrés l’un dans l’autre, nous nous réjouissons du bien que nous nous faisons. Il m’embrasse alors, mes ongles s’accrochent encore un peu plus dans la peau de sa nuque et de son dos. Plus de questions, je ne veux plus me poser de questions. C’est LUI. Il n’y a que lui qui me procure toutes ces sensations. Il n’y a qu’avec lui que je me sens aussi en osmose, en accord avec l’autre.
On se sépare, il me regarde, et chose totalement stupide, je me recoiffe. Il sourit.
- Tu… Tu veux boire quelque chose ? Me demande-t-il le souffle court.
- Oui, pourquoi pas, fais-je en essayant de reprendre une contenance.
Il s’approche de moi et me dépose un tendre baiser sur les lèvres que je retiens, juste le temps de savourer ce moment. Je le repousse gentiment et réponds alors à son sourire.
- Au choix : bière, soda, whisky… ou… il doit me rester du rhum…
- Tu veux me faire boire ? Lui demandé-je malicieusement.
- Loin de moi cette idée.
On se sourit.
Et là, j’ai une soudaine peur. Je me demande ce que je fais ici ? Est-ce que Scotty et moi sommes ensemble, est-ce que… Je ne veux pas perdre ce que nous avons lui et moi. Nous sommes collègues, amis… Sommes-nous plus que ça ? Oui, aurais-je envie de dire, nous sommes amants. Mais, sommes-nous encore plus que cela ? Je le regarde alors s’affairer, et je ressens un frisson. J’ai déjà ressenti cela. Je devine donc ce que c’est. Oui, je pense que je suis tombée sous le charme de Scotty. Et comment je m’en suis rendue compte ? Sur le chemin qui me menait ici, et la confirmation, je l’ai eue lorsqu’il m’a ouvert la porte. Je ressens quelque chose de plus fort que mon amitié pour lui. Je fais un rapide tour de la situation : quand il sourit, je ne peux m’empêcher d’en esquisser un, et quand ce sourire m’est destiné, je suis plus que troublée. Quand, en plus il me regarde en me souriant, je peine alors à soutenir son regard. Dois-je lui avouer ce que je ressens pour lui ? Je n’en sais strictement rien. Il revient vers moi, et je sens mon cœur s’affoler. Je me mords les lèvres, mais trop tard, le mal est fait pour moi. Il me tend un verre, je ne regarde pas son contenu, je le prends, et nos mains s’effleurent alors. J’en sursaute, ce n’était pas prévu cette réaction. Il doit le remarquer, mais contre toute attente, il m’attire à lui, en prenant la peine de me retirer le verre des mains, et m’enlace après l’avoir déposé sur une table. Mon cœur tambourine tellement, que j’ai l’impression qu’il va s’enfuir à tout moment de ma cage thoracique. Il faut que je parle, il faut que je trouve quelque chose à dire.
- Je… Scotty…
- Chut, Lil’, me fait-il doucement.
- Non… Attends, je… fais-je en m’éloignant de lui
- On verra ça en temps voulu, Lilly… Pour le moment, je veux me contenter d’être avec toi. Je… Oui, il y a quelque chose de changer entre nous, mais je veux découvrir cette nouvelle étape dans notre relation avec toi. Ca ne sert à rien de nier ce qu’il se passe entre nous. Il y a certes une forte et réelle attirance, mais pour qu’à chaque fois qu’on se retrouve, on ressente une nouvelle sensation, c’est qu’il y a quelque chose de fort entre nous, quelque chose qui nous pousse à aller plus loin, et à le vivre ensemble.
- Alors… On…
- Oui.
On se regarde alors. Je l’embrasse tendrement. La sensation que je ressens alors à cet instant est nouvelle et différente. Elle m’apaise, mais m’affole en même temps. J’en ferme les yeux, et je savoure pleinement le présent. Scotty m’a dit que nous franchirions les étapes une à une, mais je crois que je sais ce que je ressens. Je m’étais pourtant défendue de tomber amoureuse de lui…
Et soudain, j’entends une voix féminine annoncer qu’il pleuvrait encore toute la journée. Je réalise que je suis chez moi, dans mon lit, et que le réveil vient de s’enclencher : Il est 6h45. Je ne suis donc pas ressortie après que Will m’ait raccompagnée. Je ne suis pas allée chez Scotty, et… J’ai donc rêvé. J’ai rêvé cette troisième fois entre nous. Mais est-ce que la révélation de mon rêve est réelle ? Mon cœur s’affole. Oui bien sûr, j’ai déjà rêvé de lui, de nous… Oui, j’ai cherché à revivre chaque instant que nous avions vécu… Mais cette fois-ci avait l’air si réelle… J’ai réellement l’impression d’avoir senti ses mains, ses lèvres sur moi... J’ai… Je ne sais plus quoi penser, et je ne peux en parler à personne. Je… Mais… Non ! Je ne ressens aucun sentiment pour Scotty.
J’arrive exceptionnellement en retard ce matin. Nick ne me dit rien, mais je vois qu’il n’en pense pas moins. Kat est assise à son bureau et bavarde avec Scotty et Will. Je vais directement m’installer à mon bureau, mais Nick ne compte pas me laisser tranquille.
- Levée du pied gauche Rush ?
- Je t’en pose des questions ? Répondis-je avec une voix plus sèche que je ne le crois.
- Ok, Ok ! Lilly… Je te laisse tranquille, fait-il penaud.
Je ne l’ai pas regardé. Je veux éviter le plus possible de le voir. Ce rêve me trouble encore plus que les autres. J’allume mon ordinateur, et compose un mail que j’envoie à Kat. Il faut que j’en parle, il faut que j’évacue tout ça. Je lui propose donc un repas. L’objet du mail étant « confidentiel », elle ne réagit pas, juste un petit regard vers moi.
La journée se passe. Est-ce que le chef se doute de quelque chose ? Je chasse cette idée saugrenue de ma tête, mais j’ai remarqué qu’il avait composé les équipes de façon à ce que j’évite le plus possible Scotty. A la fin de cette journée donc, je suis de meilleure humeur. Kat m’attend dans la petite cuisine, nous passons la soirée ensemble. Je dois finir un rapport avec Will. Vingt minutes plus tard, nous sommes installées à la table d’une pizzeria. C’est moi qui ai choisi l’endroit… Je préfère un endroit public, sachant que je peux parler un peu plus librement que si nous avions été chez l’une ou chez l’autre. C’est la première fois que je ressens le besoin de parler de ma vie sentimentale. Que m’arrive-t’il ? Et c’est la réponse à cette question qui me fait peur. Bien sûr, à aucun moment je n’ai cité le prénom de mon co-équipier.
- Et tu es sûre que de son côté, il n’y a pas de sentiments ? Me fait-elle.
- Non, je… Je ne pense pas… Du moins, je…
A ma grande surprise, elle ne m’a pas jugé. Elle ne m’a pas reproché ce petit côté « libertin » de notre relation. Et moi, rien que le fait de reparler de vive voix de ce que j’ai vécu m’a fait du bien. Enfin, une autre personne sait ce que j’ai vécu. Cependant, je ne sais pas si elle se doute de qui est celui qui me fait perdre mes moyens. J’ai arrangé un peu la vérité pour la deuxième fois… Oui, je suis bien allée sur son lieu de travail à lui, j’ai dit que j’avais utilisé ma qualité d’inspecteur de la crim’ pour passer les contrôles de sécurité.
- Et là, tu veux que je te dise que ton rêve est étrange, et qu’il y a effectivement un truc qui cloche !
- Non Kat… Je veux savoir ce que toi tu ferais à ma place ?
- Je foncerais !
- Tu crois que…
- Ce mec te rend folle, n’est-ce pas ? Et de toute évidence, tu ne le laisses pas indifférent. Tente !
- Il ne me rend pas folle…
- Oui à d’autres ! Me fait-elle avec un sourire sceptique.
- J’ai déjà rêvé de lui, je te l’ai dit, mais…
- Va chez lui, ce soir après que je t’ai raccompagné. Revis ton rêve, essaye, du moins. S’il te laisse faire, t’as ta réponse, sinon, tu l’as aussi…
- Oui, mais je gagne le droit d’être la première des imbéciles, dans ce cas !
- Peut-être, mais au moins tu seras fixée. Et puis… avec ce que tu m’as décris, il n’y a pas de mal à se faire du bien, poursuit-elle malicieusement.
Le reste du dîner se passe tranquillement. Nous parlons de choses et d’autres, de Veronica, de Stillman qui prend sa retraite. Puis elle me pose une question qui me laisse quasiment sans voix.
- Tu ne l’as dit à personne d’autre ce que tu m’as confié, pas à même à Scotty ?
- Surtout pas à lui, répondis-je du tac-au-tac sans même réfléchir.
- Et pourquoi, surtout pas à Scotty ?
- Parce que… Parce que je préfère en parler à une autre femme…
Je joue nerveusement avec ma petite cuillère, et évite de lever mes yeux vers elle. Je commence à me sentir troublée… J’ai passé toute la soirée à parler de lui sans mentionner son nom, ce qui a rendu ma confession plus simple à faire. Mais là en moins de dix secondes je repense à lui et je l’associe à tout ce que j’ai révélé à Kat, je nous revois encore une fois tous les deux, j’ai l’impression de sentir ses baisers, ses mains sur moi. Je commence à avoir chaud, mon cœur commence à battre plus fort.
- Surtout pas à lui, parce que c’est de lui qu’il s’agit n’est-ce pas ? Me demande Kat doucement.
Les yeux toujours baissés, je me mords les lèvres de malaise. L’absence de réponse lui suffit.
- Vous avez été discrets, là n’est pas la question… Je te jure que jamais je n’aurais fait le lien aussi facilement si tu ne m’avais rien dit ce soir. Mais plus tu me racontais votre histoire, plus le nom de Scotty me semblait évident.
- S’il te plaît Kat…
- Un secret reste un secret. Et avec moi il est bien gardé.
- Je ne sais pas quoi faire, réellement…
- Je t’ai dit ce que tu avais à faire pourtant. Et mon conseil reste le même, maintenant que j’ai la confirmation de ton valentin : Fonce ! Une telle alchimie entre vous ne peut pas s’éteindre d’un coup.
- On bosse ensemble, Kat ! Tu imagines si on doit en arriver à se détester lui et moi !
- Et bien c’est la vie ! Mais elle est trop courte, alors, vis-la pleinement, et profites-en.
- Je n’éprouve pas de sentiment pour Scotty…
- En es-tu sûre ?
Je suis obligée de me faire une raison. Je n’en sais absolument rien. Je cherche à nier quelque chose sans même savoir de quoi il s’agit réellement…
Un peu plus tard, je suis assise dans la voiture, et Kat vient d’arrêter le moteur. Je regarde la porte de ma maison, incapable de bouger. Elle redémarre la voiture sans même me laisser le temps de répliquer. Une fois en route, je lui demande ce qu’elle fait.
- Je te donne un coup de main !
- Kat ! Non ! Je ne veux pas le voir ce soir… Je ne…
- Et que vas-tu faire d’autre alors ? Tu vas encore rêver de vous, et tu seras encore d’une humeur massacrante demain matin au réveil ! Tu t’es entendue ce soir ? Tout ce que tu m’as confié ! Si tu ne ressentais rien du tout comme tu le dis, tu ne m’aurais rien dit… Et… maintenant que je sais… Je peux te dire qu’hier soir, il te dévorait du regard. Tu l’as superbement ignoré, et à mon avis ça a dû le rendre fou. T’as réussi ton effet, inconsciemment, mais tu l’as réussi !
Je me tais. C’est la seule chose que je trouve à faire. Kat attrape alors mon sac qui est à mes pieds et sans que je ne puisse réagir, sort mon portable et compose le numéro de Scotty, elle écoute les deux premières sonneries, l’entend prononcer un allo et raccroche aussitôt. Elle me tend le portable.
- Il va te rappeler. En général, quand on décroche et que ça raccroche, ça rappelle ! Maintenant, descends de ma voiture… et décroche quand ça sonne.
Et ça n’a pas raté. Mon portable sonne, je suis en train de sortir de la voiture, Kat s’en va sans même me dire au revoir. Je décroche et prends une voix normale, enfin une voix que j’essaie de contrôler. Il prononce mon nom, sa voix me donne des frissons. Il me demande ce que je voulais ? Et là, sans que je ne m’en rende compte, je lui dis que je suis en bas de chez lui, et que j’avais envie de lui parler. Je ne réalise mes propos qu’une fois que je les ai prononcés. Je suis réellement devant sa porte maintenant, je n’ai pas sonné, et j’entends le déclic de l’interphone.
- Ca va, Lil’ ? Me demande-t-il une fois la porte de son appartement ouverte.
J’acquiesce, tout en évitant son regard. Je ressens un trouble s’emparer de moi. A peu de choses près, je revis mon rêve de la veille là. Je suis chez lui, il est étonné de me voir, et moi j’ai une brutale envie de l’embrasser.
- Ce n’est pas l’impression que tu donnes en tout cas, me fait-il en me laissant entrer.
- Si, je t’assure que ça va.
Je défais mon manteau, il le prend. Il cherche cependant à retenir mon bras, mais je me dégage assez facilement. Le dos tourné j’essaie de contrôler les battements de mon cœur, je sais que si je ferme les yeux, je ne contrôlerais plus rien du tout.
- Tu ne devais pas passer la soirée avec Kat ?
- Comment tu sais ça toi ? Lui demandé-je en me retournant alors vers lui.
- On vous a vu partir ensemble Nick et moi, c’était simple à deviner pour la suite.
- La soirée est finie, et…
- Et c’est pour ça que tu débarques chez moi sans prévenir…
- Je…
On se fixe alors. Chacun cherchant à déstabiliser l’autre. Je crois qu’à cet instant, on sait tous les deux la suite des événements. Mais aucun de nous ne veut perdre la face devant l’autre. Je lutte pour ne pas craquer la première. Mon cœur n’en finit plus de s’affoler. Non, je ne craquerais pas en premier. S’il me veut, c’est à lui de venir me chercher. J’ai fait la moitié du chemin en venant chez lui. On se regarde toujours, je commence à fondre. Le temps passe, mais on ne le remarque pas.
- Pourquoi es-tu là ce soir Lilly ? Me demande-t-il avec une voix qu’il essaie de contrôler.
- A toi de me le dire, répondis-je de façon un peu espiègle je dois l’avouer.
- Vous avez encore trop bu Melle Rush ?
- Pas besoin d’être euphorique pour venir te voir, continué-je en faisant parcourir mon regard sur mon co-équipier.
Je lui tourne le dos, et là je le sens, je le sais ! J’ai gagné ! J’avance dans l’appartement, lentement. Il attrape mon bras, et me fait pivoter afin de me trouver face à lui.
- Tu es cruelle, Lilly, j’espère que tu le sais ça !
- Je… Quoi ? Je suis quoi ?
Il ne répond pas, mais en profite pour m’attirer un peu plus contre lui. Deux options s’offrent alors à moi : je le fuis effrontément, ou je l’embrasse. J’en choisis une troisième. Je lui dépose un baiser furtif au coin de ses lèvres, et essaie de me dégager. Mais il est plus rapide, et me rattrape avant que je ne m’éloigne. Il m’embrasse, je me laisse faire. Il insiste, je fais de même, et notre baiser s’enflamme alors. Je ne pense à rien d’autre qu’à ce que je ressens à cet instant. Cette fois, c’est réel. Je lui mords la lèvre inférieure, ses mains m’enlèvent mon écharpe et mon petit pull. Il me fait reculer jusqu’au mur, je dégage son torse. Comme dans mon rêve, sa chemise ouverte sur un tee-shirt me facilite l’existence : pas de bouton à enlever. Et d’ailleurs, il m’empoigne les poignets avec force, si bien que je me retrouve totalement à sa merci. Il lève mes bras, m’embrasse dans le cou, je me mords les lèvres à mon tour. Je fais le vide dans ma tête. Je ne veux penser qu’à lui en ce moment.
- Tu me manques, me murmure t’il dans l’oreille.
Cette seule phrase me rend folle. Je ne trouve rien à répondre, alors je dégage une de mes mains, et l’attire contre moi par le tissu de son tee-shirt pour finalement l’embrasser avec une fougue incontrôlable.
C’est vrai alors. Nous sommes un couple, on ne partage rien d’autre que le plaisir, mais quand nous sommes séparés, le temps nous semble durer une éternité, et nous ressentons comme un vide. Nous ne sommes pas un couple au sens propre du terme, mais notre relation étant déjà particulière, il fallait bien que ce côté le soit aussi. Ces moments d’intimités renforcent encore un peu plus à chaque fois notre relation. Notre amitié est particulière, certes, en règle générale on évite de coucher avec son meilleur ami. Mais là, c’est comme si c’était vital pour notre relation. Le seul problème, c’est qu’à ce rythme on ne sera jamais heureux en couples… Si à chaque fois on retourne vers l’autre, et si à chaque fois, on cherche à comparer, ce que je fais je l’avoue. Mais pour le moment, je ne pense qu’à ce que nous vivons.
Mon rêve était donc prémonitoire. Notre étreinte est violente, mais le plaisir ressenti intense et aussi dévastateur qu’une tempête. La seule différence est que là, c’est bien réel. Et chose contrastante avec mon rêve, on se sépare, mais on s’embrasse très longuement, avec une réelle tendresse dans nos baisers. LA question revient alors dans ma tête : Suis-je amoureuse ? Et si oui, pourquoi je ne le lui avoue pas ? Et LUI ? Que pense-t’il de nous ? Bon, ça fait plus d’une question, ça, je le sais…
- Reste, me glisse t’il à l’oreille.
- Tu… Scott…
- Juste pour une fois. Juste pour une nuit. Reste.
- Mais…
- Lilly, toi et moi…
- Tais-toi Scotty ! Fais-je en plaçant ma main sur sa bouche. Ne dis rien, ne dis surtout pas ça.
J’ai soudain peur. Peur d’une réalité, peut-être. Il me prend la main et croise ses doigts entre les miens. Ce doux moment me trouble. Il m’embrasse tendrement, je me sens fondre.
- J’ai juste envie de me réveiller avec toi demain matin. Je veux profiter du fait que nous ne sommes pas pris par le boulot. Juste pour cette fois ! Je veux continuer de t’embrasser de te serrer dans mes bras, je veux…
Cette révélation sonne un peu comme une déclaration. Je ne sais pas comment réagir, je baisse la tête.
- Juste pour une nuit, Lilly.
Mon cœur bat tellement fort, je ne pensais pas que Scotty avait besoin de cela. Je ne me doutais à aucun moment qu’il avait besoin de tendresse. Je ne pensais pas devoir le protéger comme il me protège. Je ne réponds rien, je lui prends la main et l’attire jusque dans le salon. Je m’arrête, lui aussi, et toujours sans aucune parole, je l’embrasse. Tout s’enflamme encore une fois, mais avec une nouvelle sensation en plus. Kat a raison : une telle alchimie ne s’éteint pas toute seule et d’un coup.
Cette soirée s’est passée il y a maintenant deux mois. Nous nous apprêtons à passer encore une fois la Saint Valentin chacun de notre côté. Seuls, mais le deal, on le respecte : Une seule et unique nuit passée ensemble pour conclure notre relation hors du commun. Cette petite histoire nous a rapprochés, mais nous préférons en rester là.
Un an plus tard encore, nous nous croisons par hasard lors d’une soirée. Accompagnés chacun de notre côté, les présentations sont faites, et les politesses d’usage de sorties. Cependant, je remarque un petit sourire que je connais maintenant parfaitement sur le visage de Scotty. Le genre de sourire qui me fait chavirer, le genre de sourire qu’on s’est promis de ne plus se faire. Mais, je ne suis pas très franche avec moi-même : je continue encore à rêver de nous. Et à Noël, si on s’est embrassé sous le gui, c’est parce que je l’avais décidé. C’est moi qui avais déposé cette branche, en espérant secrètement qu’on se retrouverait lui et moi dessous. Il continuera toujours de me faire un certain effet, mais je pense que nous préférons garder un souvenir de nous. Ce simple baiser échangé, devant tout le monde, certes, a réveillé en nous toutes ces sensations enfouies, tous ces souvenirs… D’agréables souvenirs… Ce simple baiser a d’ailleurs duré, s’est presque enflammé. C’est Nick qui s’est manifesté en premier pour interrompre ce qui aurait pu encore une fois déraper.
Kat, n’a jamais rien dit sur notre décision. Mais j’ai la conviction, qu’elle a fait ses conclusions sur notre relation. Elle me l’a avoué après les fêtes de fin d’année. Elle ne comprend pas pourquoi nous avons décidé de ne pas continuer ensemble. Pour elle, notre couple est une évidence. Je l’ai avoué à Scotty, il m’a révélé qu’il avait lui aussi parlé de nous à son frère. Cette petite aventure aura au moins eu le don de nous faire prendre conscience de combien notre relation est forte. On le voit au boulot, mais aussi en dehors du boulot. On sera toujours présent pour l’autre.
On se quitte. Chacun passe la soirée avec quelqu’un d’autre. Cependant, on se retourne et nos regards se croisent, furtivement, mais nous l’avons remarqué. Je me mords légèrement les lèvres. Y aura-t-il réellement un mot « FIN » entre nous ? Tout à commencé lors de la Saint-Valentin, se pourrait-il que justement à cause de cette date, nous soyons dans l’incapacité à mettre un terme à tout cela ? Un Valentin et une Valentine seuls ce soir-là, se sont trouvés et se sont en quelque sorte aimés. Alors, oui peut-être qu’on se retrouvera un jour. Peut-être qu’inconsciemment nous avons trouvé notre âme sœur en l’autre. Peut-être que oui, nous nous aimons. Seulement, pour ma part, je préfère garder cette spontanéité qu’il y avait à chaque fois. Spontanéité des gestes, spontanéité du moment partagé.
THE END.