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Série : Cold Case
Création : 19.06.2010 à 18h47
Auteur : Lilou004
Statut : Terminée
« Attention : Histoire post serie final donc spoiler +++ et également du NC-18... » Lilou004
Cette fanfic compte déjà 128 paragraphes
- Maître ?
- Oui ?
- Vous pensez que ces démarches vont prendre combien de temps ?
- Pourquoi cette question monsieur ?
- Avec Lilly, nous vivons et travaillons à Philadelphie. Notre chef nous a donné les congés nécessaires pour tout mettre en ordre mais il faut que nous nous organisions… Ellen a besoin d’une chambre, il faut aussi qu’on trouve une crèche ou une nounou pour s’occuper d’elle la journée…
- Je suis persuadée que mon père et tes parents se feront une joie de nous aider Scotty.
- Je sais Lilly mais…
- Qu’est-ce qui te tracasse ?
- J’aimerai tellement faire les choses par moi-même… Tu comprends ? Aménager sa chambre, rechercher une nounou… Tout ça m’aiderait à prendre la mesure de ce qui nous arrive… On est en train de devenir parent pour la première fois sans avoir rien demandé à personne, sans avoir eu neuf mois pour nous préparer…
Des larmes remplirent les yeux de Lilly et Scotty se leva pour la prendre dans ses bras.
- Hey… Je ne voulais pas te faire pleurer Lil’…
- Je sais… C’est juste que tu penses à des choses auxquelles je ne pense pas…
- Regarde-moi s’il te plait… A la différence de toi, je n’ai pas perdu ma petite sœur mais une amie perdue de vu depuis longtemps…
- Je n’aime pas être comme ça… C’est comme quand…
- Non Lilly ! C’est différent du décès de ta mère !
- Comment tu…
- Je te connais Lil’. Et pour en revenir au sujet précédent, aujourd’hui, en plus de mon soutien, tu as celui de ton père, de ton frère et de Céleste…
- Je vous laisse un instant...
Se sentant de trop, Andréa Parker sortit discrètement de son bureau. Lorsqu’elle y pénétra de nouveau une demi-heure plus tard, ses clients avaient retrouvé leur calme mais la petite Ellen pleurait à chaudes larmes.
- Excusez-moi, où puis-je trouver un micro-onde pour faire réchauffer le biberon d’Ellen ?
- Angela ? Pouvez-vous conduire mademoiselle Rush à la cuisine ?
- Bien sûr, suivez-moi madame.
Pendant l’absence de Lilly, maître Parker expliqua à Scotty la suite des évènements.
- J’ai téléphoné au juge. Je lui ai expliqué votre situation et elle a accepté de vous recevoir avant sa journée au tribunal. Elle nous attend donc demain à 9 heures dans son bureau.
- D’accord, nous y serons. Y a-t-il quelque chose à fournir au juge ?
- Vous n’avez bien évidement pas vos bulletins de salaire sur vous…
- Je peux toujours demander à Stillman de vous les transmettre par fax.
- Ce serait un plus en effet. Je vous donne mon numéro.
- Merci.
Après un rapide coup de téléphone à Stillman, Scotty rejoint Lilly qui nourrit Ellen. Une fois la petite repue, les deux partenaires partirent retrouver le reste de la famille pour passer un agréable moment tous ensemble.
Le lendemain matin, un peu avant 9 heures, Lilly et Scotty patientaient le plus calmement possible dans la salle d’attente du bureau du juge. Quelques minutes plus tard, une porte s’ouvrit sur une élégante femme.
- Monsieur Valens, mademoiselle Rush, entrez je vous prie.
Les deux officiers obéirent et pénétrèrent dans le bureau où se trouvait déjà maître Parker et une troisième femme.
- Asseyez-vous. Je suis la juge Alicia Carter et voici l’assistante sociale en charge de ce dossier, Janet Jackson.
- Enchanté.
- Vous n’avez pas amené la petite avec vous ?
- Non, elle dormait profondément lorsque nous sommes partis et je n’ai pas eu le cœur de la réveiller. Mais mon père, sa femme et mon frère sont là pour veiller sur elle.
- Ne vous en faites pas mademoiselle, vous n’avez pas à vous justifier.
Lilly et Scotty échangèrent un sourire avant de reporter leur attention sur les trois femmes en face d’eux. Sentant la nervosité de sa compagne et pour conjurer la sienne, Scotty attrapa la main de Lilly dans la sienne et entremêla ses doigts aux siens. Ce geste n’échappa à personne dans la pièce, y compris le greffier assis un peu à l’écart.
- D’après les informations que nous avons recueillies à votre sujet lors de l’enquête préliminaire, vous avez toutes les qualités requises pour devenir les parents adoptifs de la petite Ellen Rush. De plus, vos bulletins de paye confirment que vous avez les moyens de subvenir aux besoins de cette petite fille. Cependant, deux choses nous chagrinent…
- Pouvons-nous savoir ce que c’est ?
- Bien sûr monsieur. Dans un premier temps, vous êtes tous les deux officiers de police… C’est un métier à risque et nous savons que vous avez déjà failli y rester…
- Vous savez madame le juge, je connais plus d’un couple d’officiers qui ont des enfants. Il y a un risque en effet mais nous sommes entourés. Nous avons des amis et de la famille.
- Même si mes parents seront surpris de se découvrir une petite fille, je suis sure qu’ils seront ravis de nous venir en aide. Les connaissant, on va même avoir du mal à être tranquille…
- Je vois que vous vous projeter déjà tous les deux comme les parents d’Ellen…
- Nous n’en avons pas encore vraiment parlé ensemble mais je pense que, l’un comme l’autre, souhaitons honorer la confiance de Chris et rendre sa fille heureuse.
Lilly hocha la tête et reprit.
- Vous parliez d’un deuxième problème…
- En effet, nous savons que vous ne formez pas un couple mais, pour que vous puissiez adopter Ellen ensemble, il faudrait au moins que vous viviez sous le même toit. Mais sinon, l’un de vous peut adopter officiellement la petite et rien ne vous empêche de l’élever ensemble…
- Je ne suis pas d’accord avec ça… Je veux qu’Ellen soit notre fille à tous les deux ! Je ne veux pas que Scotty soit mis à l’écart !
- Calme-toi Lilly… Je crois qu’il faut qu’on prenne le temps de discuter ensemble de ce que nous allons faire. Merci de nous avoir éclairés sur les problèmes liés à notre situation.
- Pensez-vous que nous pourrions nous revoir dans 3 jours ? Ainsi vous aurez eu le temps de parler et de prendre des décisions quand à votre avenir proche.
- Ça ira, merci madame. Et pour Ellen ?
- En attendant et jusqu’à nouvel ordre, la petite Ellen Liliane Rush vous est confiée. Tous les papiers nécessaires sont prêts et n’attendent que vos signatures.
- Où doit-on signer ?
- Ici, tenez.
Une fois les papiers signés et le prochain rendez-vous fixé, Lilly et Scotty prennent la direction de l’hôtel où ils retrouvent avec plaisir le reste de la famille.
- Alors, comment ça s’est passé ?
- Ellen nous a été confié jusqu’à nouvel ordre. Nous revoyons la juge, l’assistante sociale et la notaire dans trois jours.
- Pourquoi ? Vous n’avez pas pu tout régler aujourd’hui ?
- Papa, avec Scotty, nous devons parler, prendre des décisions… Et puis la juge a soulevé un problème…
- Lequel ?
- Votre fille et moi ne sommes pas en couple et nous ne vivons même pas sous le même toit. Or, pour que nous puissions adopter Ellen ensemble, nous devons réfléchir à notre avenir…
- Je comprends.
- Papa, je change de sujet mais il va falloir que je rentre pour travailler après l’enterrement de Chris… On va faire comment ?
- Lilly, Ellen et moi devons rester ici mais si tu veux, tu peux prendre ma voiture pour rentrer Finn.
- Et vous ferez comment sans voiture tous les trois, hein ? Et puis, de toute manière, il faut moi aussi que je rentre pour mes affaires… Ce n’est pas de gaîté de cœur que je vais vous laisser mais je n’ai pas vraiment le choix. Mon patron m’a appelé ce matin pour savoir quand je reviendrai… Je lui ai dit que je reprendrai le travail après l’enterrement de ma fille mais, honnêtement, je préfèrerai rester avec vous…
- Papa, ton travail est important et je suis sure que Scotty et moi nous en sortirons bien.
- Si vous voulez, je peux rester avec vous. Je ne travaille pas et ce n’est pas grave si je rentre en même temps que vous. Enfin, seulement si vous le souhaitez bien sûr…
- Ce serait avec un immense plaisir pour moi Céleste.
- Ça ne me gène pas non plus, ce serait avec plaisir.
- Alors on fait comme ça : cet après-midi, après l’enterrement, Finn et moi rentrons pendant que vous trois restez ici avec la petite.
- J’ai du mal à me dire qu’on enterre Chris aujourd’hui...
- Je sais Lilly, mais n’oublie pas que je suis là et ta famille aussi…
- Merci Scotty.
Après un rapide déjeuner, tout le monde prit la direction du cimetière où une petite cérémonie avait lieu en l’honneur de Chris. Peu de gens étaient présents pour accompagner la jeune femme dans sa dernière demeure… Paul était entouré par Céleste et Finn tandis que Lilly, soutenue par Scotty, cajolait Ellen dans ses bras. A la fin de la petite cérémonie, Lilly déposa un baiser de remerciement sur les lèvres de Scotty sous les regards ahuris du reste de la famille. Au moment où Finn s’apprêtait à dire quelque chose, le regard de son père le coupa dans son élan.
- Laisse-les avancer à leur rythme…
- Ton père a raison, ça ne nous regarde pas.
Après un diner en famille, Finn et Paul saluèrent leurs proches et reprirent la route de Philadelphie. Fatigués par une journée riche en émotions, chacun regagne sa chambre et s’endort rapidement. Le lendemain matin, Lilly fut la première à se réveiller. Dans la faible luminosité de la chambre, elle observa Scotty qui dormait toujours. Son esprit tournait à 100 à l’heure : quelle était la meilleure solution pour tous les trois ? Elle savait que Scotty était un père dans l’âme et qu’elle ne pouvait rêver mieux pour Ellen… Mais comment allaient-ils faire pour gérer au mieux leur cohabitation ? Car cohabitation il y aura puisque c’était un point qui importait aux services sociaux pour qu’ils puissent adopter ensemble cette petite comme le souhaitait Chris…
- Un penny pour tes pensées…
- J’essayais de me projeter dans l’avenir…
- Et ça donnait quoi ?
- Je ne sais pas… Pour le moment c’est un point d’interrogation… Mais une chose est sure, je ferai tout pour respecter les volontés de Chris…
- Alors sur ce point on est d’accord…
- Ça veut dire qu’on va devoir trouver des solutions, emménager ensemble pour que tu puisses adopter Ellen avec moi…
- Tu veux vraiment qu’on adopte la puce ensemble ?
- Scotty, tu es déjà son père autant que je suis sa mère de substitution.
- Mais tu pourrais l’adopter sans moi. Ce n’est pas parce que ce n’est pas ma fille sur le papier que je ne l’aimerai pas, qu’elle ne serait pas ma fille dans mon cœur.
- Oui mais ce ne serait pas pareil Scotty.
- Alors c’est ce que tu veux ?
- Je veux qu’on forme une famille pour Ellen mais aussi pour nous… Tu l’aimes déjà autant que moi, je le vois.
- Donc quoi ? On emménage ensemble ?
- Oui mais où ?
- Mon appartement est bien trop petit pour une famille de trois personnes…
- Le mien est plus grand mais ce n’est pas non plus idéal…
- Mais ta chambre d’amis peut devenir une très belle chambre d’enfant pour Ellen et puis moi je peux toujours dormir sur le canapé en attendant qu’on trouve quelque chose de plus grand.
- Ça peut être une solution oui. Dans ces cas-là, tu fais quoi de ton appartement ?
- Je ne vois pas l’intérêt de conserver la location de mon appartement sauf si tu préfères bien sûr…
- Non tu as raison. Par contre, je veux que ma maison devienne notre maison. Il est hors de question que tu aménages sans que la maison ne subisse des changements. Je sais par exemple que le buffet de ta grand-mère est un meuble auquel tu tiens énormément et je veux qu’il trouve une place chez nous.
- Tu n’es pas obligé de faire ça Lilly…
- Mais j’y tiens ! Si on veut que ça fonctionne entre nous, il faut que chacun de nous s’y retrouve !
- Ok ! Ok ! Je ne me battrai pas avec toi.
- Ba… Baba…
- J’en connais une qui vient de se réveiller, dit Lilly en se redressant.
Mais Scotty arrêta son geste ce qui lui valut un regard plus que surpris de Lilly.
- Laisse Papa faire.
- Papa ?
- Ça te gène ?
- Non, ça me fait drôle.
- Bonjour Princesse ! Tu as bien dormi ?
- Ba !
- Je prends ça pour un oui ! Et si on allait dire bonjour à Maman ?
- Ba !
- Bonjour ma puce !
Après un agréable moment tous les trois, la toute nouvelle famille rejoint Céleste pour un petit déjeuner bien mérité. La journée se passa de manière agréable. Lilly et Scotty profitaient de leur premier vrai jour de vacances et de leur premier vrai jour de parents. En fin d’après-midi, sentant que Lilly avait besoin de discuter avec Céleste, Scotty s’éclipsa avec Ellen sous prétexte de passer du temps seul à seule avec la petite.
- Quelque chose te tracasse visiblement… Qu’est-ce qui se passe Lilly ?
- Je suis un peu perdue… Je… J’aimerai tellement que Maman soit là pour me guider…
- Je sais que je ne remplacerai jamais ta mère Lilly mais, si tu as besoin d’une oreille ou d’un conseil, je suis là pour toi.
- Merci Céleste.
Le silence s’installa un moment avant que Lilly ne le brise de nouveau.
- Tu crois que je vais y arriver ?
- Lilly…
- Bah quoi ? Je n’y connais rien, je ne…
- Je t’arrête tout de suite. Depuis que je suis arrivée, je te vois interagir avec Ellen et je peux te dire une chose : tu es une excellente maman en devenir !
- Heureusement que Scotty est là…
- Je peux te poser une question ?
- Bien sûr.
- Qui a-t-il entre Scotty et toi ?
- C’est mon partenaire et mon meilleur ami.
- Et ?
- Ah oui, le père de ma fille aussi !
- Lilian Rush !
- Ah non ! Pas Lilian !
- Alors dis-moi la vérité !
- Il n’y a rien de plus Céleste, je te le promets !
- Et c’est parce qu’il n’y a rien entre vous que depuis le début de cette histoire vous partager la même chambre ? Et, vu la taille des chambres, le même lit ?
- …
- Et c’est aussi parce qu’il n’y a rien entre vous que tu l’embrasses sans raison ?
- Ce n’était qu’un…
- Lilly !
- Je ne sais pas Céleste… Je ne sais plus…
- Laisse-moi te donner un conseil de femme à femme : ne le laisse pas filer, c’est un bon gars et vous avez ce petit quelque chose qui me fait dire qu’ensemble vous êtes plus fort…
- C’est normal, c’est mon partenaire ! On veille l’un sur l’autre, on…
- Je ne discuterai pas plus avec toi sur ce sujet mais n’oublie pas que, si un jour tu veux parler, je suis là. D’accord ?
- Promis Céleste et merci.
- Je vais aller prendre une douche. On se rejoint pour le diner.
- D’accord. A tout à l’heure.
- Et remercie Scotty pour sa perspicacité !
- Je n’y manquerai pas, répondit Lilly avec un sourire.
Une fois seule, Lilly ne se sentant pas prête à retrouver Scotty et Ellen décida de sortir faire un tour. Lorsqu’elle revint une demi-heure plus tard, elle s’assit dans le salon de l’hôtel et sortit son portable pour composer un numéro familier.
- Miller.
- Kat, c’est Lilly.
- Hey Lilly, comment vas-tu ?
- On fait aller mais je suis bien entourée.
- Stillman nous a dit pour ta sœur, je suis désolée.
- Kat, tu as cinq minutes pour discuter ?
- Attends. Chef, je m’absente un moment.
- Pas de problème Kat.
- Voilà, je suis toute à toi. Qu’est-ce qui se passe ?
- Tu me promets de garder le secret pour le moment.
- D’accord.
- Chris avait une fille. Ellen a 8 mois et demi.
- Elle va bien ?
- Oui, ne t’en fait pas.
- Que va-t-il advenir d’elle maintenant ?
- Elle m’a été confiée mais…
- Lilly ?
- Je ne suis pas la seule à avoir sa garde, Kat…
- Comment ça ?
- Chris a fait une sorte de testament dans lequel elle indique son souhait de voir Ellen élevée par Scotty et moi…
- Scotty ? C’est pour ça qu’il est lui aussi en congés ? Il est avec toi ?
- Oui…
- Et ça va donner quoi ?
- Je ne sais pas encore… Nous avons rencontré les personnes en charge du dossier hier et nous les revoyons dans deux jours…
- Tu sais que, si tu as besoin de parler, je suis là.
- Merci Kat, pour tout.
- De rien.
- Je te laisse, Scotty, Ellen et Céleste arrivent pour diner.
- Ok, prends soin de vous trois.
- Promis. Et ne dis rien, ok ?
- Promis. Bye.
Lilly raccrocha et rejoint les autres dans la salle de restaurant.
- Kat va bien ?
- Comment tu… Non, je ne veux même pas savoir !
- Tu lui as dit ?
- Oui. Ellen, le testament de Chris… Toi aussi… Je lui ai tout dit…
- Et elle l’a pris comment ?
- Je crois qu’elle est sous le choc mais elle a promis de garder le secret.
- Bon ! Et si on passait commande ?
- Céleste !
- Bah quoi ? J’ai faim moi !
Les trois adultes éclatèrent de rire et la petite ne tarda pas à se joindre à eux en gazouillant.
Le reste de la soirée se passa d’agréable manière, dans la joie et la bonne humeur. Lilly et Scotty laissèrent Céleste veiller sur le sommeil d’Ellen pendant qu’ils s’éclipsaient un moment pour une balade nocturne. Main dans la main, ils déambulèrent en silence dans les rues, profitant simplement de la présence de l’autre et de la douceur de cette soirée estivale. Une fois rentrés, ils remercièrent Céleste et tout le monde partit se coucher.
Le lendemain, pendant que Céleste faisait des courses en compagnie de la petite fille, Lilly et Scotty discutaient, assis sur un banc dans un parc au bord d’un lac. Les discussions allaient bon train.
- Donc on est d’accord ? On emménage ensemble et on adopte Ellen ?
- Ça me va. Dis-moi, on va l’appeler comment ?
- Lilly, ta nièce a déjà un nom ! Elle s’appelle Ellen Lilian Rush !
- Je sais mais, vu que tu vas devenir son père et que les enfants portent le plus souvent le nom de leur père, je me pose la question.
- Lilly, pour moi Ellen est une Rush…
- Et pour moi, elle va devenir une Valens…
- Et si on apposait les deux noms ?
- Scotty, je veux vraiment que la puce s’appelle Ellen Lilian Valens.
- Tu es sure ?
- Certaine.
Très ému, Scotty se pencha vers Lilly et déposa un baiser sur les lèvres de sa compagne.
- Merci Maman.
- De rien Papa.
- Il va falloir prévenir Stillman…
- Attendons de voir le rendez-vous de demain.
- Tu as raison.
- A ton avis, comment tes parents vont réagir ?
- Je pense qu’ils seront plus que surpris au début mais qu’ils deviendront rapidement complètement gaga de leur petite fille !
Après ça, Lilly et Scotty rejoignirent Céleste et Ellen dans une brasserie et découvrirent un amoncellement de paquets autour de la poussette.
- Céleste ?
- Je n’ai pas pu résister… Regardez comme c’est mignon !
- Sans vouloir vous offensez Céleste, nous serons quatre dans la voiture au retour dont trois adultes. Et il faudra également y faire entrer la poussette et le lit parapluie entre autre…
- Je suis désolée, je n’avais pas ce genre de détails…
- Ce n’est rien, je vous comprends. En tout cas, tout ce que j’ai aperçu dans ces sacs est magnifique.
- Céleste ?
- Oui ma chérie ?
- Si tu veux vraiment offrir quelque chose à Ellen, je pense qu’un coup de main pour financer sa chambre ne nous ferait pas de mal…
- Ok Lilly, compte sur notre aide.
- Merci.
Le reste de la journée se passa sans incident majeur et, bien vite, le nouveau rendez-vous avec le juge arriva. Ne voulant pas rester seule avec Ellen à angoisser, Céleste accompagna Lilly et Scotty et c’est tous les quatre qu’ils pénétrèrent dans le bureau de la juge Carter.
- Avez-vous eu le temps de discuter ?
- Oui et nous nous sommes mis d’accord.
- Je vais emménager chez Lilly et nous allons transformer la chambre d’amis en une chambre pour Ellen.
- Et qu’allez-vous faire de votre appartement ?
- Nous avons décidé que nous ne le garderons pas et que nous mettrons les meubles en trop dans un garde-meuble. Nous voulons vraiment adopter ensemble la fille de Chris.
- Je n’en doute pas un seul instant. Etes-vous prêt à lancer la procédure d’adoption ?
- Oh que oui !
- Bien alors commençons.
- Avant de commencer, nous aimerions vous faire par d’un souhait que nous avons…
- Dites-nous.
- Nous en avons discuté ensemble et nous voudrions qu’Ellen devienne une Valens. Cela serait possible ?
- Bien sûr mademoiselle, je ne vois pas de problème.
Pendant plus de deux heures, Lilly et Scotty remplirent les différents formulaires nécessaires à la demande d’adoption. Puis ils reçurent l’autorisation de ramener Ellen avec eux à Philadelphie.
- J’ai pris contact avec une collègue de Philadelphie à qui j’ai transmis le dossier. Madame Cassandra Stevenson vous rendra une petite visite dans une semaine environ pour voir comment vous vous êtes installés. Ensuite, attendez-vous à des visites impromptues de temps en temps.
- C’est tout à fait normal.
- Bon, et bien maintenant que tout est finalisé ici, je vous libère.
- On se revoit dans trois mois.
- Au revoir mesdames.
- Au revoir et bonne chance tous les trois.
- Merci.
Une fois sorti du tribunal, Céleste insista pour aller fêter le lancement de la procédure d’adoption dans un restaurant chic de la ville. Une fois repus, la petite famille prit la direction de l’hôtel après avoir acheté un sac de voyage supplémentaire afin d’y ranger l’ensemble des affaires d’Ellen. Tout en faisant leurs sacs, Lilly appela son père puis Kat pour les tenir au courant de l’avancée des évènements. De son côté, Scotty se chargea de l’appel à Stillman. Après une bonne nuit de sommeil, ils reprirent la route de Philadelphie. Ils arrivèrent un peu avant midi et déposèrent Céleste à son domicile avant de repasser le pont pour rentrer chez eux. Ils se rendirent chez Scotty afin de déjeuner puis se mirent à la recherche d’un garde-meuble. Une heure plus tard, ils avaient trouvé leur bonheur et étaient chez Scotty en train de faire des cartons. Ellen dormait comme une bienheureuse dans son lit parapluie qu’ils avaient installé dans la chambre de Scotty.
- Et ça ? Je le mets où ?
- Dans ce que j’emmène pour chez toi…
- Scotty !
- D’accord, d’accord ! Chez nous…
- Merci.
Au bout de quatre heures de cartons intensifs, Lilly et Scotty s’écroulèrent sur le canapé épuisés. Ils quittèrent l’appartement de Scotty pour se rendre dans la maison de Lilly, petite maison qui allait devenir la leur.
- Dieu que ça fait du bien de s’asseoir ! dit Scotty en s’effondrant sur le canapé après avoir rentré tous les sacs.
- A qui le dis-tu ! Par contre, j’en connais une qui a la pêche ce soir !
En effet, Ellen faisait connaissance avec Olivia et Tripode les deux chats de la maison. Après les avoir observés pendant plusieurs minutes, la petite fille essayait de les approcher mais les deux chats ne semblaient pas de cet avis. Olivia finit par se réfugier sur le canapé à côté de Lilly et Ellen tendit les bras pour rejoindre le petit animal. Lilly se pencha et l’assit sur ses genoux.
- Olivia, je te présente Ellen. Elle fait partie de la famille tout comme toi et Tripode. C’était la fille de Chris et maintenant elle est la mienne et celle de Scotty.
Olivia se laissa caresser par la petite fille sous le regard attentif de Lilly. Tripode, sentant tout danger écarté, s’approcha à son tour et se laissa découvrir par Ellen. Une demi-heure plus tard, Ellen et les deux chats jouaient comme si ils se connaissaient depuis toujours sous l’œil attentif de Lilly. Scotty avait investi la cuisine et préparait un rapide repas.
- Si j’avais su que tu cuisinais, je t’aurais invité à partager cette maison plus tôt !
- Très drôle Rush !
- En attendant, je vais donner son bain à notre fille !
- Courage fuyons, c’est ça ?
- Hahaha !
Ils dinèrent en famille avant de coucher la petite dans sa nouvelle chambre pas encore aménagée.
- Lilly, tu aurais de quoi faire un lit ?
- Je te descends ça de suite.
Après avoir installé un lit de fortune sur le canapé du salon, Lilly et Scotty se séparèrent et rejoignirent leurs lits respectifs. Une heure plus tard, ni l’un ni l’autre ne parvenaient à trouver le sommeil malgré leur état de fatigue dû au voyage et à la mise en carton de l’appartement de Scotty.
Au bout d’un moment interminable, Lilly se décida à se lever et à descendre se prendre un verre d’eau fraîche dans la cuisine. A pas de souris, elle rejoignit la pièce voulue et ouvrit le frigo pour se servir. Appuyée dos à l’évier, elle laissa ses pensées s’envoler vers les évènements des jours derniers et donc forcément vers Scotty qui dormait dans le salon. Malgré sa rêverie, un bruit attira son attention. Visiblement Scotty se tournait et se retournait entre les draps de son lit de fortune. Avec un sourire, elle déposa son verre dans l’évier et se dirigea vers le salon. Elle avait compris que ni l’un ni l’autre ne pourraient trouver le sommeil, si la situation restait inchangée.
- Scotty ?
- Tu ne dors pas ?
- Pas plus que toi, dit Lilly en s’asseyant sur le bord du canapé. Il n’est pas très confortable, hein ?
- J’ai connu pire, ne t’en fait pas…
- Scotty, mon lit est largement assez grand pour nous deux tu sais.
- Je ne voudrais pas te déranger…
- Scotty, d’un, c’est moi qui te le propose. De deux, ça fait une semaine maintenant qu’on dort ensemble, sans que cela ne crée aucun problème. Et de trois, notre fille a besoin d’un Papa en pleine forme !
- Tu es sure ?
- Scotty, tu as cinq minutes pour monter sinon je viens te chercher par la peau du cou !
- A vos ordres inspecteur !
- Très fin, dit Lilly avant de disparaitre dans l’escalier menant aux chambres.
Scotty ne tarda pas à la rejoindre. Quand il poussa timidement la porte de la chambre, Lilly sourit en découvrant sa tenue. En effet, lors de la semaine précédente, Scotty avait veillé à toujours porter un t-shirt mais ce soir-là, pensant dormir seul sur le canapé, il s’était mis à l’aise.
- Je vais passer quelque chose…
- Scotty, il fait chaud alors autant que tu sois à l’aise, assura Lilly n’en revenant pas de sa propre audace.
Scotty obtempéra donc et se glissa sous le drap aux côtés de Lilly. Ils s’endormirent rapidement et c’est tout naturellement que Lilly se retrouva dans les bras de Scotty. Le lendemain matin, Lilly fut la première à ouvrir les yeux et mit quelques secondes pour rassembler ses esprits et comprendre que sa tête reposait sur le torse nu de Scotty qui entourait sa taille de son bras. Les rayons du soleil filtraient à travers les rideaux fermés de la chambre et venaient jouer sur les pectoraux musclés de Scotty. Une douce tendresse envahit peu à peu Lilly, vite rejointe par quelque chose d’indéfinissable… Quelque chose de plus profond qui la troublaient grandement… Perdue dans ses pensées, Lilly laissa ses doigts courir sur le torse de Scotty, le réveillant peu à peu. Les gazouillis qui lui parvenaient au travers de l’écoute bébé lui indiquèrent qu’Ellen se réveillait. Lilly se reprit donc et s’extirpa doucement des bras de son partenaire avant de quitter la pièce. Une fois seul, Scotty s’autorisa à ouvrir les yeux et repensa au tendre réveil auquel il venait d’avoir droit. Une violente émotion faisait battre son cœur plus rapidement qu’à l’accoutumé. Entendant Lilly et Ellen descendre les escaliers. Scotty se leva et prit la direction de la salle de bain. Il avait besoin d’une bonne douche, froide de préférence… Lorsqu’il eut retrouvé son calme, Scotty rejoignit les filles au rez-de-chaussée et ensemble ils partagèrent un bon petit déjeuner. Ensuite ils s’attaquèrent à la mise en carton des affaires de Lilly qui devaient aller rejoindre celles de Scotty dans le garde-meuble. A midi, tout est terminé et le jeune couple s’autorise une pause bien méritée autour d’un repas frugal.