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Série : Cold Case
Création : 11.07.2010 à 09h48
Auteur : Genna
Statut : Terminée
« Fic écrite il y a un bout de temps. Pendant la saison 5, Lilly essaie de reprendre sa vie en main. Une enquête emmène la team sur les lieux de l'ouragan Katrina, et ailleurs. Un "peu" d » Genna
Cette fanfic compte déjà 39 paragraphes
Note de l'auteur : Petit clin d'oeil obligé, je oense à une série qui se déroule à Seattle ^^
Ils attendaient dans la salle d’attente que le Dr Richard Webber les reçoive. A leur arrivée, les Drs Yang et Grey prenaient leur pause. Tout de suite Christina Yang fit des commentaires.
- Tiens, Mulder et Scully viennent d’arriver !
- Arrête ! Répondit Meredith Grey. T’es pas drôle.
- Je suis sérieuse. Mais Mulder a l’air remonté après Scully !
En effet, Scotty faisait toujours plus ou moins la tête, tandis que Lilly avait abandonné d’essayer de savoir ce qu’il avait.
- Mais c’est qui ce beau gosse ? Demanda Izzie Stevens en déposant un dossier.
- Déjà pris Stevens ! Lui répondit Christina en lui lançant un drôle de regard.
- T’es pas drôle Yang ! Répondit Izzie.
- Non, sérieusement, il me faut un post Burke ! Moi je ne me fais pas « mamouriser » dans les ascenseurs !
Meredith lui donna un petit coup de dossier, et Lilly passa juste à ce moment, elle se retourna avec un petit sourire vers le groupe de médecins. Cette femme devait avoir un grand sens de l’humour.
- Scully t’as capté Christina. Fit Meredith. Normal, tu louches sur son Mulder !
- Et alors, ce n’est pas interdit ! Se défendit Izzie. C’est vrai toi t’as ton Dr Mamour, mais nous…
- Vous, vous avez des patients à voir ! S’exclama le Dr Miranda Bailey. Je ne suis pourtant plus votre résidente, mais il faut encore que je vous botte les fesses !
Elle s’éloigna et se dirigea vers Lilly et Scotty.
- Bonjour, je suis le Dr Bailey. En quoi puis-je vous être utile ?
- Nous sommes attendus. Répondit Scotty après s’être présenté. Le Dr Webber nous attend.
- Ah oui, vous êtes les inspecteurs de Philadelphie. Venez, je vous conduis dans son bureau.
Richard vint donc les chercher, ils le suivirent et entrèrent dans le bureau du chef de la chirurgie. Une jeune femme était déjà assise et semblait mal à l’aise. Lilly se dirigea vers elle, et se présenta. Elle fit le maximum pour la mettre en confiance. Cathy se présenta et les yeux toujours baissés répondit positivement à la question de Scotty. Elle était bien la fiancée de Franck.
- On doit vous poser certaines questions. Fit Lilly. Vous comprenez bien que…
- Je redoutais ce moment, et c’est d’ailleurs pour ça que j’ai choisi ce poste d’aide soignante dans le service de chirurgie du Seattle Grace.
- Il était loin de tout ça ! Dit Lilly. Loin de vos souvenirs, loin de ce cauchemar…
- Si seulement je lui avais fait confiance, si je ne l’avais pas forcé à me suivre… Si…
- Ecoutez, tenta Scotty d’une voix douce. Ce n’est pas en vous culpabilisant que…
- Je l’aimais ! Je… J’allais lui donner le plus beau des cadeaux !
- Vous étiez enceinte ? Continua Scotty sur le même ton.
- Oui, et elle aussi… Je… Franck m’avait avoué qu’elle le lui avait annoncé.
- Dylan nous a dit que…
- Franck ne lui avait pas dit qu’il le savait.
- Et comment… Fit Lilly.
- J’ai fait la pire des bassesses qui est possible dans ce monde. Sandra avait fait tomber une enveloppe de son sac le jour de la fête, et prise par la curiosité je l’ai ouverte en voyant qu’elle provenait du service des analyses sanguines du labo de l’hôpital dans lequel je travaillais. Et quand j’ai vu que les analyses concernaient Franck, je suis allée le trouver, avec la ferme intention de le quitter. Je ne savais pas encore que j’étais enceinte à ce moment. Et c’est à ce moment que j’ai croisé Erick.
- Vous avez annoncé à Erick que Sandra était enceinte et que Franck était le père ? Demanda Lilly.
Cathy ne répondit pas et baissa encore plus les yeux. Elle fixait ses mains. Lilly regarda Scotty qui comprit qu’il devait passer un coup de fil à Vera. Il sortit du bureau et fit un signe à Richard qui attendait qu’ils avaient presque fini.
- Cathy, je sais que c’est dur, mais vous n’êtes responsable de rien… Vous avez été humiliée par l’homme que vous aimiez…
- Erick m’a devancé et est allé trouver Franck. Ils se sont battus. Erick a menacé Franck, il lui a dit qu’il ne fallait pas qu’il compte voir grandir le bébé de Sandra, qu’il l’élèverait comme son propre enfant.
- Attendez Cathy. Franck savait que vous étiez enceinte ?
- A ce moment, non ! Je lui ai dit le soir-même avant d’aller dormir à l’hôtel.
- Et comment a t’il réagi ?
- Il était surpris… Nous nous sommes réconciliés au moment de repartir. Et c’est là que je lui ai demandé de me suivre à Philadelphie, sinon on se séparait…
- Et ce bébé ?
- Megan a 3 ans, et elle fait mon bonheur.
Lilly s’excusa et sortit à son tour. Elle parla à Richard et lui demanda de veiller sur Cathy.
Pendant ce temps à La Nouvelle Orléans, Kat et Nick en profitaient pour visiter. Quand Scotty appela Vera s’empressa de décrocher.
- Si tu savais comme je n’en peux plus ! T’as intérêt de me donner de quoi bosser Valens, sinon…
- Bonjour, Scotty ! Comment vas-tu ? Fit le latino dans un demi-sourire.
- Oh, c’est bon, t’as compris quand même ! Alors…
- Je pense qu’il faut que vous retourniez voir Erick. Il sait plus de choses qu’il ne dit. Il nous a aiguillé sur Cathy en nous faisant croire qu’il y avait des raisons de la soupçonner, mais…
- Elle ne doit pas être blanche comme neige pourtant ? Fit Nick sceptique.
- A part un coup bas, fait par jalousie, il n’y a rien à redire sur son comportement.
Ils raccrochèrent et Vera s’empressa de faire le rapport à Kat.
- Tant mieux ! S’exclama celle-ci. Je commençais à en avoir assez de profiter de tes blagues Vera !
- Que reproches-tu à mes blagues ? Fit-il faussement vexé.
- Elles ne sont pas toutes drôles !
- Personne ne comprend mon humour !
- Pauvre petit Nick qui fait son caliméro. Répondit Kat en souriant. Continue comme ça, et t’es sûr de ne pas passer le reste de la journée.
Il ne répondit rien, sachant que la jeune femme le chambrait. D’ailleurs, il l’avait tellement embêté au début avec Veronica, qu’elle devait se venger. Ils se rendirent donc de nouveau chez Erick, qui les reçut assez froidement.
- Vous n’avez pas d’autres honnêtes gens à embêter inspecteurs ? Ou de vrais criminels à arrêter ?
- Justement, nous cherchons le meurtrier de Franck Johnson. Fit Nick sur le même ton.
- Et je serais allé jusqu’à Philadelphie, j’aurais tué Franck, et je serais revenu. Le tout, sans que personne ne s’étonne qu’un homme en fauteuil roulant fasse autant d’allers-retours ?
- A vous de nous dire le contraire alors ? Remarqua Kat.
- Vu que vous semblez convaincu de ma culpabilité, je ne vois pas comment vous…
- En nous disant la vérité, si jamais vous ne nous la dîtes pas. Continua Nick.
- Mais je vous la dis. Quand bien même j’aurais eu l’intention de le tuer, et je dois avouer que l’idée m’a effleuré de lui refaire le portrait… Je ne suis pas allé jusqu’au bout de mes pensées. Et je le dois à Sandra. C’est elle qui m’a calmé, elle qui m’a dit que…
- Pourquoi nous avoir menti alors la 1ère fois ? Demanda Kat.
- Je ne vous ai pas menti, car à aucun moment, vous ne m’avez demandé si je savais qui était le père du bébé ?
Kat et Nick se regardèrent. Cette enquête commençait à tourner en rond. S’il s’avérait que c’était effectivement un braquage qui avait mal tourné, ils auraient remué tout ça pour rien.
- Vous avez l’air d’oublier une chose. Fit Erick. Même si j’apprécie énormément mon beau-père, il avait demandé à Franck de ne plus essayer de revoir Sandra. Vous connaissez la suite…
Il demanda aux 2 inspecteurs de prendre congés. Nick et Kat étaient tous les 2 surpris du comportement d’Erick.
De leur côté, Lilly et Scotty, après avoir demandé à Cathy s’ils pouvaient interroger ses collègues, faisaient donc le tour du staff du Seattle Grace. Cathy était appréciée par ses collègues, celle dont elle était la plus proche, confia même que son dévouement était exemplaire. Un exemple que tout le monde devrait suivre, selon elle. Lilly ne put s’empêcher de remarquer que Rose dévisageait son collègue et qu’elle était troublée lorsqu’il lui posait des questions. Quand ils se retrouvèrent seuls, elle lui fit remarquer. Il sourit.
- Oui, penses-y à cette idée de reconversion Lil. Mais…
- Mais ? Demanda Lilly. Tu sais que tu vas continuer par…
- Par quoi ? Précise le fond de ta pensée.
- Pense aux conseils que toi et les autres m’avez donné. Je crois qu’ils s’appliquent aussi pour toi. Profite de la vie.
- Lilly, je pense que…
Le portable de la jeune femme sonna. Elle vérifia qui l’appelait et un sourire vint aussitôt éclairer son visage. Elle s’excusa et répondit à Ray en s’éloignant. Scotty la regarda s’éloigner pensif. Il ne comprenait pas du tout ce qu’il se passait. Il savait ce que représentait Ray et son souvenir pour la jeune femme. Mais il enrageait de ne pas faire partie de sa « nouvelle » vie. Il n’avait pas été un modèle comme ami, mais comptait bien se rattraper. Il se demanda depuis combien de temps, il avait changé d’avis sur cette question ? Il admit que la fusillade avait bien des conséquences. Il n’avait jamais compris la façon dont tout s’était déroulé. Trop vite, certes, mais pendant un court moment, imaginer que sa collègue avait pu être touchée à cause de lui le rendait malade. Il ne remarqua pas non plus Rose qui était accoudée sur la banque de l’accueil et qui regardait un dossier. Elle leva la tête et se dirigea vers lui. Après avoir discuté pendant quelques instants, il accepta de prendre un verre avec elle. Après tout, Lilly devait avoir raison. Il faut profiter de la vie.
Lilly était repassée par leur hôtel, et au moment de sortir, croisa Scotty. Elle ne remarqua pas tout de suite la présence de Rose, et lui demanda ce qu’il comptait faire de sa soirée ? Il désigna la jeune femme brune du menton, et Lilly sourit.
- Et voilà comment ta vraie nature revient au galop ! Fit-elle avec un petit sourire. Juste une question… Tu charmes toujours les filles que tu rencontres ?
- Je quoi ?
- Ne fais pas l’innocent ! Et après tout, profite ! Répondit-elle avec un clin d’œil.
Elle ne le lui laissa pas le temps de réagir, car elle s’éloigna dans la direction de la sortie. Elle s’était changée, et portait un jean avec des bottes. Elle avait troqué son chemisier bleu pour un petit pull col roulé fin, couleur bordeaux, et avait coiffé ses cheveux avec une petite queue de cheval soignée, avec une raie qu’elle avait dessiné sur le coté gauche. Elle s’arrêta devant la porte et passa son manteau. Il regarda à l’extérieur et aperçut Ray qui en voyant la jeune femme, sortit un casque supplémentaire. Rose attendait que le jeune homme se décide à avancer et rebroussa chemin. Une fois arrivée à sa hauteur, elle suivit son regard, et aperçut Lilly chausser le casque et monter à l’arrière de la moto. Elle remarqua l’attitude de Scotty.
- Qu’est-ce qui vous chagrine, inspecteur ? Fit-elle d’un air détaché.
- Rien… Répondit-il en reprenant ses esprits… Et s’il vous plait, si nous passons la soirée ensemble, appelez-moi Scotty !
- Vous brûlez des étapes à ce que je vois ! Dit-elle en s’approchant du jeune homme et en souriant.
- Pourquoi, vous avez peur ?
- Moi ? Pas du tout ! Alors, vous proposez quoi ?
- On a dit un verre… Alors on commence par ça. Après on verra… Poursuit-il avec un sourire charmeur.
De leur côté, Lilly et Ray profitaient d’une soirée où ils se remémoraient leurs souvenirs. Ray s’inquiéta tout de suite d’une chose.
- Qu’as-tu fais de ton co-équipier, Lil ?
- Scotty ! Fit celle-ci étonnée.
- Pourquoi, t’es venue avec d’autres personnes ? Evidemment, Scotty !
- Il a trouvé une occupation pour ce soir ! Le rassura Lilly.
- Tu lui fais faire des heures supplémentaires, alors que toi, tu…
- Tu veux qu’on passe la soirée à parler de Scotty et de ses conquêtes, ou… Commença Lilly avec un ton de reproche et d’énervement dans sa voix.
- Ok ! Lil, j’ai compris !
Ray s’aperçut du brutal changement d’attitude chez la jeune femme. Il ne dit rien, et il entreprit de lui raconter un des nombreux souvenirs qu’ils avaient en commun. C’est ainsi que 20 minutes plus tard, Lilly, prise d’un four rire, lui demanda d’arrêter. Il la regarda, et vit pendant quelques secondes la détresse que cachait ce rire. Il se calma, et la regarda intensément. Etonnée, elle soutint son regard, et il tenta d’en savoir plus.
- T’es sûre que tout va bien ? J’ai entendu parler de la fusillade…
- Non, Ray, s’il te plaît ! Fit-elle. Je n’ai plus envie de parler de ça ! C’est pour ça que je suis soulagée que tu sois là ! Scotty n’arrête pas de…
- Il s’inquiète pour toi ! Vous êtes co-équipiers, vous bossez ensemble, si tu le lâches lors d’un interrogatoire…
- Il culpabilise et a pitié de moi… C’est tout !
Encore une fois, Ray ne dit pas un mot. Il connaissait la jeune femme par cœur, et il se doutait que Scotty avait réussi à comprendre une infime partie de la jeune femme, qui évidemment n’acceptait pas cette situation. Elle avait toujours détesté être en position de demande. Il comprit ce qu’elle avait tenté de lui faire comprendre la dernière fois qu’ils s’étaient vu. Elle ne voulait plus vivre dans le passé. Et il en faisait partie. Cette soirée le prouvait. Il profita de l’absence momentanée de la jeune femme pour fouiller dans son sac et ainsi trouver son portable. Il eut l’impression de se mêler de quelque chose qui ne le regardait pas, mais Lilly ne lui disait pas toute la vérité. Il nota sur un morceau de papier le numéro de Scotty, et referma le sac de la jeune femme.
Le lendemain matin, Lilly buvait son café en lisant le journal. Elle se demandait depuis combien de temps elle n’avait pas savouré ce petit moment de tranquillité matinale. Elle parcourait les articles, et ignora les résultats sportifs. Un article retint son attention. Erick Storm devait se rendre à Seattle pour témoigner des conditions de vie des personnes à mobilité réduites. Il devait assurer une conférence au Seattle Grace. Elle composa directement le numéro de Kat.
- Salut Lilly ! T’es bien matinale ! Fit-celle-ci en décrochant.
- J’ai une petite question. Sinon, ça va ? Vera ne t’énerve pas trop ?
- T’entends quoi par énerver ? Si je l’ai enfermé quelque part ? Fit-elle en souriant.
- C’est toujours autant l’amour fou, vous 2 ! Je t’appelais pour savoir, si par hasard Erick Storm vous aurait parlé d’un séminaire à Seattle ?
- Je crois qu’Erick en a assez de nous voir, Lil ! Si on se représente à son domicile, il nous virerait sur-le-champ, malgré le fait qu’il soit en fauteuil roulant.
- Kat, pourquoi Erick, viendrait justement à Seattle pour un séminaire, dans l’hôpital où travaille Cathy ? Pour une coïncidence…
- Une chose à faire Lil, interroger Cathy de nouveau… Elle doit savoir quelque chose aussi. Comme je te le dis, si on s’acharne sur Erick, il ne va pas apprécier…
Lilly s’excusa et raccrocha. Elle venait de voir une personne se diriger vers la file d’attente pour prendre un taxi. Elle sortit et se précipita à sa rencontre.
- Rose ? Demanda t’elle une fois à sa hauteur.
La jeune femme sursauta et se retourna vivement.
- Inspecteur Rush ! Je suis désolée, je ne m’attendais pas à…
- Je vois… Fit Lilly avec un petit sourire énigmatique.
- Je…
- Hey ! Vous n’avez pas à vous justifier. Mon collègue fait ce qu’il veut de son temps libre. On ne se doit pas de comptes, vous savez…
- Vous ne lui direz donc pas que je suis partie comme une voleuse alors ?
- Non ! La rassura Lilly en souriant de la situation. Imaginer Scotty se réveillant seul l’amusait. Vous connaissez bien Cathy ?
- Oui, pourquoi ? Nous sommes assez proches en tant que collègues.
- Vous parle t’elle de sa vie avant… Avant Megan.
- Non, jamais. Elle reste très secrète à ce sujet. Je vois bien qu’elle est chagrinée. Mais…
- Connaissez-vous un certain Erick Storm ?
- Vaguement, elle m’en a parlé une ou deux fois, mais… Pourquoi vous me posez cette question ?
- Justement, Erick Storm donne une conférence au Seattle Grace. Coïncidence, ou est-ce voulu ?
- Peut-être qu’elle veut l’aider…
- Vous êtes donc au courant pour cette conférence.
- On en parle depuis plus d’un mois. Mais, vous savez Cathy et Erick ne sont pas très proches…
- Vous venez de me dire qu’elle ne vous en parlait que rarement !
- Justement, ça montre bien qu’ils ne sont pas proches.
- Dîtes à Cathy qu’on passe dans la journée, éclaircir ce point.
Scotty se dirigeait vers la salle de restaurant pour prendre son petit-déjeuner. Il s’était réveillé la tête embrumée. Il avait passé l’âge des soirées alcoolisées et des lendemains à se réveiller auprès de filles qu’il ne connaissait pas. Mais cette fois-ci, c’était le contraire. Elle qui était partie avant son réveil. Il fut surprit de découvrir Lilly en grande conversation avec Rose. Il attendit patiemment que sa collègue revienne, mais sa curiosité le poussa à sortir. Lilly le vit sortir pour les rejoindre et fit un signe à Rose qui comprit et qui se dirigea vers un taxi. Lilly alla à la rencontre de son collègue et l’entraîna à l’intérieur de l’hôtel.
- T’es si jalouse que ça, pour virer une fille de mon lit au petit matin ? Fit Scotty avec un sourire gêné.
Prise au dépourvu, elle ne réagit pas tout de suite. Voyant qu’elle ne répondait pas, et qu’elle cherchait ses mots, il continua.
- C’est ce que j’ai toujours dit… Les filles se battent pour moi ! Mais je ne savais pas que tu étais comme ça toi !
- Tu ne veux pas être sérieux un peu. Dit-elle en reprenant ses esprits. J’ai lu dans le journal qu’Erick Storm était attendu au Seattle Grace pour une conférence…
- Et c’est pour cette raison que tu as débarqué dans… Reprenant son sérieux. Attends, tu veux dire qu’il…
- Rose m’a dit que Cathy et lui n’étaient pas proches, mais je crois que Cathy ne nous dit pas tout. Pourquoi Erick viendrait ici, faire sa conférence ? Pourquoi au Seattle Grace, justement ?
- Qu’en disent Miller et Vera ?
- Kat m’a dit qu’ils ne sentaient plus trop Erick. S’il retournait le voir, il pourrait…
- Un des deux nous cache quelque chose…
- Justement, je pense qu’une consultation s’impose.
- Tu t’en charges ? Demanda Scotty penaud.
- T’es adulte, non ? Fit Lilly en souriant. Assume ! A papillonner de droite à gauche…
- Je plaisantais… Je sais être professionnel.
- Je n’en doute pas ! Fit Lilly avec un petit sourire.
Tout en bavardant, ils étaient arrivés devant la voiture qu’ils avaient loué. Une fois à l’intérieur, Scotty posa une question qui dérangea la jeune femme.
- On parle de moi, mais t’avais un rendez-vous galant avec un certain motard hier soir ?
- C’était pas un rendez-vous galant. Ray, n’est pas… On s’est retrouvés, on a parlé, mais… C’est fini. Dit-elle avec une certaine nostalgie dans la voix. On ne vit pas avec le passé…
- Tu peux me rappeler ce qu’on fait à longueur de journée ?
- Arrête ! Je… Ray était, est et restera mon meilleur ami. Il me connaît par cœur. Il est le…
Elle ne finit pas sa phrase, mais Scotty avait compris. Il lança un timide regard à sa co-équipière et vit qu’elle le fuyait. Il n’en attendait pas moins venant d’elle, sachant qu’elle venait de lui dévoiler un petit peu de sa vie privé.
Une fois arrivés devant l’hôpital, ils demandèrent où était Cathy. Izzie Stevens répondit qu’elle était en train de se préparer pour une opération, elle ne devait pas encore être entrée dans le sas stérile. Elle alla la chercher, et 10 minutes plus tard, ils étaient assis sur un banc devant le SGH (Seattle Grace Hospital).
- Pourquoi nous avoir caché la venue d’Erick Storm ? Demanda Lilly.
- Parce que ça n’a aucun rapport avec…
- Au contraire, faire venir le fiancé de l’ex de votre fiancé… Commença Scotty en jetant un regard à sa collègue.
- Vous ne vivez pas dans un épisode des Feux de l’Amour ! Enchaîna Lilly. Vos actes ont des répercussions, vous savez.
- Je… Vous n’avez pas vécu ce qu’on a vécu.
- Si vous parlez de votre situation sentimentale, non ! S’exclama Lilly, mais la vie n’est pas facile ! Ce n’est pas tout rose, et ce n’est pas tout noir non plus !
- Katrina ! Nous avons attendu les secours ! Nous avons attendu que notre cher président daigne… Fit-elle les larmes aux yeux. Si les secours extérieurs étaient venus plus rapidement, Erick, n’aurait pas perdu ses jambes. Franck a veillé sur lui. Au début Erick ne le voulait pas. Mais les pompiers attendaient des renforts supplémentaires. Franck s’est proposé pour rester avec lui. La maison menaçait de s’écrouler totalement, et il est resté. Franck et Erick sont restés seuls pendant 10 heures ! Erick ne portait peut-être pas Franck dans son cœur, mais… Ce genre de catastrophe naturelle rapproche les gens.
- Autrement dit… Commença Scotty en finissant de boire son café. Autrement dit, vous couvrez Erick, et il…
- Je ne le couvre pas, mais cette attente les a rapproché. Ils étaient ennemis, mais cet ouragan… Ils avaient un point commun. Fit Cathy les larmes aux yeux. Ils ont perdu un être cher ce jour-là. Sandra est morte sur le coup.
Lilly ne disait rien, et pensa qu’ils avaient mal jugé Erick. Elle était touchée par le récit de Cathy. Elle se doutait que ce qu’ils avaient vécu pendant Katrina et après était terrible, mais d’entendre un témoin en parler la touchait encore plus. Même si Cathy, n’était pas originaire de La Nouvelle Orléans, elle y était, elle l’a vécu de l’intérieur. Bien sûr, elle avait vu tous les reportages, avait entendu tous les témoignages, mais jamais elle ne s’était retrouvée en face de quelqu’un ayant vécu cette catastrophe. Bien sûr, on lui dirait que les attentats du 11 septembre étaient aussi une catastrophe, mais cette catastrophe aurait pu être évitée, Katrina, non. Ce début de 21ème siècle resterait dans les mémoires. 2 catastrophes se sont passées aux Etats Unis. Elle se rappela alors que le matin du 11 septembre, elle devait témoigner dans une affaire de meurtre. L’audience avait été reportée, et personne ne savait pourquoi. Ce n’est que lorsque le 2ème avion avait percuté le World Trade Center, qu’ils en avaient été informés. Cette affaire était délicate, et ils s’étaient retrouvés à attendre sans pouvoir communiquer avec l’extérieur du tribunal. Scotty remarqua que sa collègue était partie loin dans ses pensées, et mit fin la conversation. Il s’approcha d’elle et doucement, lui demanda à quoi elle pensait ?
- A rien ! Murmura t’elle. Juste à l’horreur qu’ont dû vivre tous ces gens.
- J’ai bien vu que tu n’étais plus avec moi ! Tenta t’il.
- Nous jouons vraiment un mauvais rôle là ! On remue le passé ! On remue leur douleur. On…
- Franck Johnson a été tué à Philadelphie, son meurtrier n’a pas été arrêté. C’est ce meurtre qu’on résout Lil. Ce n’est pas…
- Et s’il s’agissait réellement d’un braquage. Si, on ne faisait que…
- Will et le boss interrogent les collègues de Franck à Philadelphie.
- Je crois qu’on n’a plus rien à faire à Seattle, même à La Nouvelle Orléans. On rentre Scotty.
Pendant ce temps à La Nouvelle Orléans, Nick et Kat tentaient de faire entendre raison au lieutenant Carlson. Il fallait qu’Erick Storm leur dise pourquoi il se rendait à Seattle. Kat lui dit, que la dernière fois, Erick leur avait fait comprendre de le laisser tranquille. C’est ainsi que Kat et Nick se retrouvèrent encore une fois devant la maison d’Erick.
- Allons-y ! Fit Kat. Allons jouer le mauvais rôle !
- Si tu n’es pas contente, il ne fallait pas venir ! Rétorqua Vera.
- Pourquoi le chef ne m’a pas envoyé avec Lilly à Seattle ?
- Parce que Scotty y est déjà, et que nous devons respecter le fait que nous bossons à 2.
- Oui, mais si Scotty était resté avec toi, je crois que tu ferais une autre tête ! Pareil pour moi. Tes blagues j’en ai marre ! Je me demande comment il fait pour les supporter !
- C’est simple, il me dit quand je dépasse les limites ! Chose que tu ne fais pas… Toi, tu te contentes de te plaindre !
- Tu sais que tu m’énerves à avoir réponse à tout !
- Qu’est-ce qui ne t’énerve pas Miller ? Fit Nick. Plus sérieusement, je crois que Lilly a besoin de repères en ce moment, et Scotty…
- Arrête un peu veux-tu ! Laisse…
- Comme tu l’as fait remarquer, je passe beaucoup de temps avec Valens. Donc, je constate plus de choses que toi. Et je peux te dire, qu’il en est malade de voir Lilly dans cet état. Seulement, il ne se doute pas que je l’ai remarqué.
- Et si on se contentait de faire notre job !
- Je te signale, que c’est toi qu’on attend là !
Ils sortirent de la voiture, et se dirigèrent vers la maison d’Erick. Ce dernier, les voyant, ouvrit une fenêtre et cria qu’ils pouvaient repartir.
- Nous aimerions vous parler de Seattle. Commença Kat. Mais nous pouvons aussi vous en parler en criant pour que vos voisins nous entendent.
Erick ferma la fenêtre et quelques secondes plus tard, ils virent la porte s’ouvrir. Une fois installés, Kat reprit.
- Cathy Smith nous a confirmé votre conférence, et elle nous a aussi dévoilé autre chose.
- Quand comprendriez-vous que je veux oublier tout ça ! Je suis infirme, depuis ce jour…
- Pourquoi nous avoir fait croire que vous détestiez Franck ? Demanda Nick.
- Parce que je le haïssais vraiment. Mais…
Kat l’encouragea à continuer.
- Il était venu pour essayer de faire entendre raison à Sandy. Elle refusait de quitter sa maison. Il était venu nous apporter de quoi nous ravitailler, et s’assurer que nous avions un endroit où nous abriter durant la tempête. Or, évidemment leur conversation a dérivé sur le fait que Sandra soit enceinte, et le test de paternité qu’elle avait fait faire sans son consentement.
- Justement, comment avez-vous réagi ? Demanda Nick.
- Nous en avions longuement parlé et Sandra et moi avions décidé de garder le bébé, et de l’élever comme si c’était le mien. Mais Franck n’était pas d’accord. Il voulait reconnaître l’enfant comme étant le sien, ou forcer Sandra à avorter.
- Oui, justement, pourquoi Sandra avait-elle écrit qu’elle avait avorté si ce n’était pas le cas. Remarqua Kat.
- Sa famille est très religieuse, et elle était en proie avec ses doutes concernant l’avortement, et… Ils se sont disputés très longtemps, ils pleuraient tous les 2, et elle m’avait interdit de quitter la pièce où ils se trouvaient. J’ai entendu Franck lui dire qu’il l’aimait toujours, je l’ai entendu répondre qu’elle aussi, mais que la vie était ainsi faite, et qu’il fallait se résoudre à soit laisser ce bébé vivre, ou non ! Je ne saurais dire combien de temps a duré leur conversation, mais quand Franck a voulu partir, c’était bien trop tard, le vent soufflait, et nous avons été contraints de partager notre abri de fortune avec lui. Je ne vous cache pas que l’ambiance était aussi électrique et glaciale que l’ouragan qui arrivait.
Il s’arrêta, les larmes lui brouillant la vue. Kat essaya de lui dire de faire une pause s’il le souhaitait, mais il refusa et continua.
- Sandra voulait vérifier, si les volets étaient tous fermés. Quelle idée, quand on sait qu’un ouragan se fout de savoir si une maison est barricadée ou non. Nous avons essayé de l’empêcher de remonter, mais elle ne nous a pas écouté. Elle était furieuse contre nous, contre le fait qu’on se mette d’accord sur un truc qui était logique. Elle est montée en disant qu’il lui fallait de l’air. Quand elle a fermé la porte de la cave où nous étions, nous avons entendu un gros craquement, qui provenait de la maison. Puis comme si la maison était arrachée du sol, comme si quelqu’un s’était amusé à la changer de place pour l’envoyer valser un peu plus loin, sans se préoccuper de l’endroit. Puis, plus rien, le calme… Enfin tout est relatif, hormis les bourrasques de vent qui balayaient tout sur leurs passages. Et…
Des larmes coulaient maintenant sur le visage d’Erick, mais il continua.
- J’ai perdu la notion du temps à ce moment. Je ne saurais jamais combien de temps il s’est écoulé avant que Franck et moi ne réalisions ce qu’il s’était réellement passé. Nous nous sommes levés et sommes retournés à l’étage… Je nous entends encore hurler le nom de Sandra pour qu’elle nous dise que tout va bien, qu’elle avait trouvé un endroit où se cacher. Pour qu’elle nous rassure… Et pour qu’elle nous dise que… Et c’est là que Franck est devenu fou. Il l’a vu sous les décombres et a voulu, à lui-seul, la sortir de là. Seulement, il n’avait pas vu que l’escalier était encore debout par je ne sais quel miracle. Il a tenté de déblayer à peu près l’endroit où elle se trouvait. Je suis allé l’aider, et vous connaissez la suite… J’ai perdu l’équilibre, et je me suis rattrapé à l’escalier que je pensais stable… Il l’était effectivement, mais pas le morceau de plafond qui m’est tombé dessus, m’assommant. Et Franck est venu tout de suite me voir, il m’a demandé si je pouvais bouger les jambes ? Et j’ai vu à la tête qu’il faisait, que ce n’était pas très bon signe, le fait que je ne puisse pas bouger autre chose que le haut de mon corps. Il me parlait, pour que je ne m’évanouisse pas… Et il continuait à essayer de déblayer les décombres. Je ne sais pas quel miracle, il a réussi, mais il a pu déblayer un peu l’endroit où se trouvait Sandra. Après avoir pris son pouls, il n’a plus parlé. C’est là que j’ai compris qu’elle était… Et c’est à cet instant, qu’il a agit en héros. Malgré nos différends, et le fait qu’on ne s’appréciait pas outre mesure, il est resté avec moi. Il ne m’a abandonné que lorsqu’il est remonté chercher des secours… Les 2 plus longues heures de ma vie, considérant que les 8 autres n’étaient rien…
Il ne put continuer. Kat et Nick se regardèrent, impuissants face à la détresse du jeune homme.
- Je suis vraiment désolée… Fit Kat doucement. Je me doute que cela a dû être difficile pour vous, mais…
- Et oui, vous vous êtes bien plantés inspecteurs ! Je ne suis pas le suspect que vous rêviez d’appréhender.
- Pourquoi nous avoir laissé le supposer alors ? Demanda Nick.
- Parce que d’avoir à raconter ça… Je ne l’ai jamais fais depuis Katrina. C’est la 1ère fois que… Même pendant les conférences que j’organise sur le handicap… Evidemment, les gens savent que c’est à cause de l’ouragan, mais personne ne connaît l’aspect personnel de cette catastrophe.
- Personne, sauf Cathy ? S’enquit Kat.
Erick ne répondit pas et baissa la tête. Il acquiesça, Cathy l’avait aidé, et encore là, elle avait fait tout son possible pour organiser cette conférence. Nick et Kat prirent congés d’Erick et s’excusèrent encore pour lui avoir fait se remémorer des souvenirs qu’il préférait oublier. Il leur répondit que ce n’était rien et qu’ils ne faisaient juste que leur travail. Kat prit son portable et appela Lilly. Elle lui résuma rapidement leur entrevue avec Erick.
Lilly avait fait signe à Scotty de continuer à avancer, elle lui parlerait après sa conversation. Il s’exécuta, sachant que ce n’était pas le moment de contredire sa collègue. Il sortit de l’hôpital et se dirigea vers sa voiture. Il allait monter dans le véhicule, lorsqu’il aperçut Ray. Lilly était restée en retrait et décrocha son portable qui vibrait. Kat lui fit le résumé de leur entrevue avec Erick, et Lilly décida de retourner voir Cathy. Elle devina qu’ils cachaient une chose. Elle appela Scotty et lui dit de retourner à l’hôtel. Elle se dirigea vers la petite salle de repos, et y trouva Cathy en compagnie de Meredith et de Lexie Grey. Elles étaient en pleine discussion, et hésita à signaler sa présence.
- Ca devrait aller un peu mieux ! Fit Cathy. Merci beaucoup, mais à chaque fois que je repense à…
- J’imagine que ça doit être horrible à vivre ça. Remarqua Lexie.
- C’est surtout imaginer que Megan ne connaîtra jamais son père…
- Là-dessus, je crois que je ne peux que comprendre ! Fit Meredith. Je ne peux pas dire que le mien… Elle s’arrêta en voyant que Lexie l’a fixait.
- Je n’ai rien dans ma vie… A part Megan ! Et je ne sais pas comment…
- Vous attendez quelqu’un ? Demanda Derek Sheperd à Lilly.
Lilly répondit surprise.
- J’attendais de voir si Cathy Smith était là. Inspecteur Rush, police de Philadelphie.
- Nous savons qui vous êtes ! S’exclama Mark Sloane.
Derek rentra dans la salle de repos et demanda à Cathy de sortir, car Lilly l’attendait. C’est ainsi que les 2 jeunes femmes s’éloignèrent sous le regard de Mark. Ce dernier détaillait Lilly et ne put s’empêcher de faire un commentaire en rentrant à son tour dans la salle de repos.
- Je sais que c’est difficile pour vous de revivre ça, commença Lilly. Mais il faut que je vous pose une question.
- A quel sujet ?
- Venez vous asseoir. Fit Lilly en désignant la chaise à côté d’elle. Elles se trouvaient à la cafétéria de l’hôpital.
- C’est si difficile que ça, la question que vous souhaitez me poser inspecteur ?
- Il n’y a vraiment rien entre Erick et vous ?
- Non… murmura Cathy. Ce n’était qu’une erreur.
- Combien de temps a duré cette erreur ?
- 3 semaines. On avait besoin de se réconforter mutuellement. On cherchait quelque chose d’impossible à vivre ensemble.
- Je ne vous demande pas de détails. Je veux juste que vous me disiez si cette conférence, vous l’organisez…
- Non, jamais ! Je ne ressentirais jamais aucune pitié pour lui. Et si vous cherchez toujours le meurtrier de Franck, je peux vous garantir que ce n’est pas Erick. Il est venu en personne me dire que ce n’était pas lui. Et c’est ce jour-là que ça a commencé entre nous.
Lilly ne répondait pas, consciente de la bêtise qu’elle venait de commettre. Parfois, mieux vaut laisser le doute planer que de plutôt essayer à tout prix de savoir ce que les gens cachent.
Pendant ce temps, Scotty et Ray étaient installés dans un bar. Ray voulait parler de Lilly. Il avoua à Scotty qu’il avait appris ce qu’il s’était passé lors de la fusillade à Philadelphie. Il avait voulu reprendre contact avec Lilly, mais s’était souvenu qu’ils s’étaient quittés. Il lui dit aussi qu’il s’inquiétait pour elle, mais qu’il avait confiance en lui. Scotty, intrigué lui demanda pourquoi il lui disait tout ça ?
- Parce que je sais que je peux avoir confiance en toi. Vous êtes coéquipiers. Vous bossez ensemble, et vous devez vous connaître…
- Là, je t’arrête tout de suite ! Je ne connais pas grand chose sur la vie de Lilly. Tu n’ignores pas qu’elle…
- Ne me fais pas croire que vous ne faites que bosser ensemble ?
- Et pourtant… Fit Scotty avec une certaine rancœur dans la voix.
- Je vois bien qu’elle ne va pas bien… Je l’ai déjà vu comme ça ! Seulement, elle est trop fière pour dire qu’elle a besoin d’aide.
- Et tu veux savoir quoi là ? Je ne suis pas le mieux placé pour te répondre, vu qu’il est évident que je ne la connais pas suffisamment comme toi tu la connais.
Ray ne répondit pas, et se contentait de fixer sa tasse. Il avala d’une traite le café et se leva. Il s’excusa auprès de Scotty.
- Je pensais que tu étais un de ses amis, mais je m’aperçois que je me trompe.
- Je ne peux pas faire plus que ça ! J’ai essayé de…
- Elle a confiance en toi. Je l’ai remarqué hier soir. Elle sait qu’elle peut compter sur toi, tant sur le plan professionnel que…
Il s’interrompit, son portable sonna. Il regarda le numéro de Lilly s’afficher et s’éloigna, laissant Scotty indécis quant à l’attitude qu’il devait adopter. Ray était peut-être celui qui permettrait à Lilly de se ressaisir. Elle avait confiance en lui, et le connaissait depuis toujours. Et le temps du vol, il avait retrouvé sa collègue telle qu’il l’avait connu. Le sourire en plus.
Lilly raccrocha. Ray passait la chercher le soir-même. Elle était dans sa chambre, elle zappait sur les chaînes. Son portable sonna, et elle répondit à Stillman. Ils avaient du nouveau au sujet de l’enquête. Will prévenait Nick de son côté. Selon Dean, un collègue de Franck, ce dernier se serait disputé avec un homme plus âgé. Bradley sûrement s’était rendu à Philadelphie. Il fallait savoir pourquoi maintenant ? Scotty frappa à la porte de sa collègue, elle lui ouvrit et raccrocha.
- Devine qui est allé faire un tour à Philadelphie ?
- Ne me dis pas que c’est Erick !
- Bradley Monroe !
- Tiens ! Celui qui dit qu’il n’avait pas revu Franck depuis l’ouragan ! Intéressant en effet !
- Vera et Miller iront l’interroger demain !
- Demain ? Et pourquoi pas aujourd’hui ?
- Il n’est pas chez lui.
- Je suppose qu’on rentre ?
- Pourquoi ? Tu as d’autres projets à Seattle ? Fit Lilly de façon malicieuse.
- Et toi ? Je pourrais te retourner la question.
- Moi je ne saute pas sur la 1ère personne que je croise !
- Je te signale que c’est toi qui m’a presque forcé à…
- Ah oui ! S’exclama Lilly en riant. Et bien on peut dire que tu manques de résistance alors ! Tu craques facilement !
- Je suppose que tu vois Ray ce soir ? Demanda t’il d’un air détaché.
- Tu supposes bien. Il passe me chercher tout à l’heure. Tu veux que je…
- Non, ne fais surtout pas ça ! Profites-en de ta soirée.
Il la regarda avec un petit sourire. Elle avait changé d’attitude. Et de nouveau il ressentit une impression de bien être. Mais cette fois-ci, Lilly s’en aperçut. Elle lui demanda s’il allait bien ? Il ne répondit pas, et s’excusa. Il quitta la pièce en laissant Lilly stupéfaite. Elle décida d’aménager un peu sa soirée. Elle appela Ray et lui demanda s’il était disponible maintenant, elle devait lui parler. Il lui répondit que non. Ils raccrochèrent et elle décida de profiter de son temps libre pour se chouchouter. Elle avait vu un petit centre de beauté à côté de l’hôtel. Elle s’y rendit dans la ferme intention qu’on s’occupe d’elle, et qu’elle se relaxe.
Ray était garé juste devant l’hôtel et dû ruser quand il vit la jeune femme sortir. Après s’être assuré qu’elle ne le voyait pas, il se partit vers l’entrée de l’hôtel. Il se demandait pourquoi il faisait ça, mais il voulait que Lilly soit heureuse, et il avait une intuition. Il rentra dans le bar et se dirigea vers une table.
- Je ne sais pas ce que je dois en penser ? Fit Scotty avec un petit rire nerveux. Tu me préfères à Lilly… Il y a un truc que je ne…
- C’est fou comme tu es drôle ! Si je suis là, c’est parce qu’il faut que je sache une chose.
- Et je peux t’aider à le savoir ? Demanda Scotty curieux.
- C’est au sujet de Lilly…
- Non… Ne compte pas sur moi pour te dire quoique soit. Si elle ne t’a rien dit, c’est qu’il doit y avoir une raison. Je la connais quand même un peu pour savoir qu’elle ne se confie pas si facilement que ça.
- Elle ne t’a jamais rien confié ? T’es sûr Scotty ? Ne me fais pas croire ça. Elle a confiance en toi, ça se voit.
- Si, mais à chaque fois, elle se referme comme une huître quand elle s’aperçoit qu’elle en a trop dit. Et je…
- Et tu te demandes comment faire pour qu’elle voit que tu es là pour elle. Elle le sait, elle m’a un peu raconté ce que tu avais fais lors de cette fusillade, et ce que tu lui avais dit au sujet de sa mère. Et j’ai compris…
- Quoi ?
- Je suis son passé… Elle n’a plus besoin de moi… Ce que je veux dire c’est que…
- Tu le lui as dit ? Car ne t’enfuis pas ! Ce serait la pire des choses qui lui arriverait, que tu la quittes sans rien lui dire. Quittes-là, mais dis le lui. Je ne sais pas pourquoi elle est aussi méfiante, mais si…
- Lilly et moi, c’est fini, et elle le sait ! Que je lui dise ou non !
- Ne fais pas ça Ray ! Ne la quitte pas sans rien dire ! Elle n’a pas besoin de ça… Surtout en ce moment !
Ray ne répondit pas, se contentant de sourire. Son intuition était bonne. Il se demandait juste pourquoi Scotty avait peur de ce qu’il ressentait ? Il était son avenir, alors que lui représentait son passé. Il n’avait jamais apprécié ceux qui tournaient autour de Lilly, mais Scotty était différent. Il hésitait quant à l’attitude à prendre envers la jeune femme, mais il devina qu’un lien spécial s’était tissé entre eux, outre celui de co-équipiers.
Pendant ce temps, Lilly réfléchissait. Elle avait repoussé Ray la veille, ou était-ce le contraire ? Elle ne savait plus, mais elle avait l’impression qu’il lui manquait quelque chose. Si elle ne le faisait pas, à chaque fois qu’il reviendrait, elle réagirait de la sorte. Redevenir une adolescente, vivre dans le souvenir de son premier grand amour, auquel elle n’avait jamais mis de mot fin. Peut-être pour éviter d’avoir mal, éviter de souffrir, éviter d’avoir peur. Mais, soit Ray restait pour de bon, soit il partait de sa vie. Définitivement. Elle savait que le jeune homme ne tenait pas en place longtemps. Pour preuve, leur escapade alors qu’elle n’avait que 19 ans. C’est à ce moment qu’elle avait compris, que l’équilibre du jeune homme ne tenait qu’à la liberté de ses mouvements et actes. Il n’aimait pas qu’on lui donne des ordres. Sa moto était pour lui le meilleur moyen de liberté. On ne peut pas charger indéfiniment le petit coffre d’une moto… Elle comprit que Ray était son repère dans la vie. Elle manquait de présence masculine stable. Il avait été là dans les moments difficiles où elle n’avait qu’une seule envie… Il avait su l’épauler, et l’aimer tel qu’elle en avait besoin. Elle ne pardonnerait jamais à son père l’abandon, mais arriverait à comprendre que Ray s’en aille. Elle ne s’aperçut pas que les larmes dégoulinaient sur son visage. Elle ne pleurait pas de tristesse, mais de mélancolie. Elle savait que Ray l’aimerait toujours, et elle pareil. Elle ressentirait toujours de l’amour pour lui, mais il y a plusieurs sortes d’amour.
A la Nouvelle Orléans, Kat venait de raccrocher avec sa fille. Un sourire aux lèvres, elle se dirigea vers Nick.
- C’est qui le gars qui te laisse ce sourire, Miller ?
- Tu ne peux pas t’occuper de tes affaires une fois pour toute !
- Tu ne nous as jamais parlé du père de ta fille ? Fit celui-ci avec un ton doux.
- C’est parce qu’il n’y en a pas ! Répondit-elle sèchement.
- Tu ne l’as pas eu toute seule ta fille à ce que je sache !
- Vraiment Vera occupes-toi de tes oignons !
- D’accord, j’ai compris sujet tabou ! Fit-il plus à lui-même qu’à sa collègue.
- Je…
Ils étaient dans une salle de repos du commissariat, et un homme se dirigea vers eux, en leur signalant qu’Erick était présent. Kat et Nick se regardèrent étonnés. Erick entra et se dirigea vers les 2 inspecteurs.
- Je voulais m’excuser pour mon attitude. Mais de repenser à cette tragédie, me rend…
- Je comprends ! Fit Kat en devançant Nick qui allait parler. Nous comprenons. Mais vous auriez-dû nous dire tout, dès le début.
- Oui, pourquoi avoir voulu qu’on vous traite en suspect ? Demanda Nick sur un ton sceptique.
- Je ne veux pas attirer la pitié sur moi… C’est déjà difficile de vivre ma vie en chaise roulante, alors qu’il n’y a pas si longtemps, je planifiais mon mariage avec la femme de ma vie… Et que je n’arrive pas à haïr, celui qui ne voulait pas que Sandra l’oublie. Je n’arriverais jamais à détester Franck alors que j’ai toutes les raisons pour le faire ! Il m’a sauvé la vie ! Moi son ennemi, celui qui gâchait ses chances avec… Pour tout ça, je tenais à m’excuser… Mais vous savez, parfois, le coupable n’est pas celui qui est tout désigné…
- Où voulez-vous en venir ? Tenta Kat.
- Je veux dire que celui qui joue les pères éplorés et qui pleure sa fille, n’est peut-être pas si triste que Franck ne soit plus de ce monde ! Sandra et moi sommes revenus pour lui, mais… Vous savez, même s’il vous dit qu’il ne pourrait jamais trahir Dylan, pour l’amour de sa fille et de son bonheur, il…
- Attendez ! Signala Nick. Vous êtes en train de l’accuser ouvertement ?
- Je n’accuse personne, je remarque ! Je pense que vos collègues vous ont sans doute parlé de Cathy…
- En effet ! Fit Kat en repensant à la conversation qu’elle avait eu brièvement avec Lilly.
- Une erreur… Mais une erreur de deux âmes en peine qui voulaient un peu de réconfort dans leur tristesse. Deux âmes qui étaient sûres que l’un comprenait l’autre et inversement… Une erreur qui, si on l’avait continué nous aurait amené à détester la vie qui se déroulait. Cathy, malgré tout, est heureuse. Sa fille la rend heureuse. Elle a de l’amour à donner, et à recevoir… Quoi de mieux non ? Alors que moi…
Kat ne put qu’acquiescer. Surtout qu’Erick avait dit cette dernière phrase en fixant la jeune femme. C’est vrai ce qu’il disait, Veronica égayait ses journées.
- Je comprends, fit-elle en exprimant tout haut ses pensées. Mais parfois, on aimerait que quelqu’un d’autre nous aime aussi fort que ce petit être qui fait notre bonheur pourtant !
Nick se taisait, dévisageant tour à tour Erick et Kat. Il se traita d’idiot. Pourquoi toujours mettre les pieds dans le plat. Evidemment que Kat souffrait de sa situation de mère célibataire, évidemment que sa fille devait lui poser les questions au sujet de son père. Alors pourquoi remuer le couteau dans la plaie, et se mêler, de ce qui de toute évidence, ne le regardait pas, et que la jeune femme voulait garder secret.
Erick s’excusa encore une fois de son attitude et partit. Ket et Nick se regardèrent surpris. Ils s’étaient bien trompés à son sujet, mais se demandaient toujours pourquoi il s’était comporté comme un suspect potentiel. Ils devaient attendre le retour de Bradley pour le savoir.