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Série : Cold Case
Création : 11.07.2010 à 09h48
Auteur : Genna
Statut : Terminée
« Fic écrite il y a un bout de temps. Pendant la saison 5, Lilly essaie de reprendre sa vie en main. Une enquête emmène la team sur les lieux de l'ouragan Katrina, et ailleurs. Un "peu" d » Genna
Cette fanfic compte déjà 39 paragraphes
Lilly repassa par sa chambre et se changea. Elle était, comme elle l’avait prévu, détendue et calme. Elle se promit qu’une fois rentrée, elle s’accorderait quelques fois de petits moments pour elle. Elle redescendit et se dirigea vers la sortie de l’hôtel. Toutefois, son attention fut retenue par quelque chose. Elle avait jeté un petit regard vers le bar de l’hôtel et vit Scotty et Ray attablés, un verre devant eux, et visiblement en pleine conversation. Elle s’avança discrètement vers eux, ce qu’elle réussit, vu qu’ils ne réagissaient pas. Mais ayant prévu que Lilly réapparaîtrait, Ray avait embrayé sur le sport, chose que Scotty comprit. Aussi quand elle signala sa présence aux deux compères, ils furent presque étonnés.
- Sympa comme changement de programme ! Remarqua Lilly. Mais si tu avais prévu de passer la soirée avec mon collègue, Ray, tu aurais pu me prévenir. Poursuit-elle avec un sourire goguenard.
- Et rater la tête que tu fais tout de suite ? Répondit Ray en répondant à son sourire.
Scotty releva la tête et croisa le regard de la jeune femme. Il la rebaissa aussi tôt avec un sourire gêné. Ray, quant à lui se leva et se dirigea vers la jeune femme. Il avait remarqué la réaction du jeune homme et se dit qu’il avait raison.
- Tu ne m’en veux pas Scotty, mais je pense que Lilly est jalouse… Par contre de qui, là je sais pas, rajouta t’il en charriant la jeune femme.
- Tais-toi Ray, au lieu de dire des bêtises, répondit celle-ci.
- Tu es sûr que tu veux rester seul Scotty ? Demanda-t’il.
- Oui, ne vous en faites pas pour moi… Fit le jeune homme d’un air renfrogné. Je vais en profiter pour rattraper mon retard de sommeil.
Lilly n’écoutait déjà plus, elle voulait parler à Ray. Elle savait qu’ils avaient besoin de cette soirée. Elle souhaita une bonne soirée à son collègue qui ne lui répondit qu’évasivement la même chose. Il les regarda s’éloigner et de nouveau, une petite rancœur s’installa. Il avait deviné que sa soirée de la veille avec Rose avait été un fiasco à cause du souci qu’il se faisait pour Lilly. Ce qu’il avait évité de révéler à Ray. Mais il savait pertinemment que le fait d’avoir revu Ray ne laisserait pas son amie indifférente. Bien au contraire, elle serait chamboulée.
- Tu peux me dire ce qu’il se serait passé, si j’avais eu beaucoup de retard ? Demanda Lilly à Ray avec un petit sourire.
- Rien ! Scott et moi aurions continué à parler sport !
- Mouais… Est-ce le même sport que votre conversation sur la « moto » fit-elle en mimant des guillemets.
- Elle t’a marqué cette discussion à ce que je vois. Répondit-il avec un grand sourire.
- Avoue quand même que ne sachant pas de quoi il s’agissait, je pouvais mal comprendre ! S’exclama Lilly vexée.
- Oui je l’avoue, mais ta tête était tellement comique que…
- Vous vous êtes bien trouvés tous les 2 à ce que je vois…
- Lil arrête ! Qu’est-ce qu’il y a ? Fit Ray inquiet.
- Rien… Juste que je ne sais pas où j’en suis… Je ne sais plus. On ne s’est jamais… Pourquoi est-ce qu’à chaque fois que tu repasses dans le coin, je réagis de la sorte ? La dernière fois, avec Joseph, je pensais que… Et non, il n’a jamais voulu me croire quand je lui ai dit que toi et moi c’était fini ! Je foire tout ce que je tente ! Mais j’aimerais vraiment que la prochaine fois que tu repasses dans le coin, je ne réagisse pas…
Ray comprit, et l’interrompit. Il la prit dans ses bras et l’embrassa. Lilly se détendit aussitôt et tous les souvenirs lui revinrent en mémoire. Elle répondit avec empressement à son baiser et passa ses bras autour du cou du jeune homme. Elle approfondit leur étreinte, et elle perdit pieds quelques instants, se contentant de vivre pleinement ce moment. Il l’embrassa dans le cou et lui murmura doucement qu’il comprenait ce qu’elle ressentait, vu qu’il était dans le même cas. Elle se détacha de lui et le regarda.
- Tu es…
- On ne peut pas continuer indéfiniment ainsi. A chaque fois, j’ai l’impression de te trahir…
- Tu ne m’as jamais trahi Ray ! Et tu es bien le seul ! J’ai même cru que ma sœur ne me ferait plus souffrir. A l’époque, elle était plus jeune et elle s’est laissée manipuler. Mais je me suis encore plantée ! Pourquoi est-ce qu’à chaque fois que j’accorde ma confiance, on me trahit en retour ?
- Scotty ne t’a pas trahi, Lil.
Elle eut un petit rire nerveux.
- Si pour toi, me mentir en me disant que Chris ne l’intéressait pas, et que je découvre le contraire, car ma sœur a bien été obligée de m’avouer leur relation, n’est pas ce qu’on appelle une trahison, je ne sais pas ce qu’il e faut !
- Cela s’est passé quand ? Demanda Ray en ne relevant pas l’insinuation de son amie.
- Il y a 3 ans. Et depuis, plus de nouvelles de Chris… Autant pour lui que pour moi. Il n’a jamais voulu me croire quand je l’ai prévenu que les ennuis n’étaient jamais loin avec elle. Il en a fait les frais !
- 3 ans ! Fit-il éberlué. Et tu n’es toujours pas parvenue à lui pardonner ?
- Il t’en a parlé ? Demanda Lilly surprise.
- Non ! Je te jure que non. Mais, il tient à votre amitié.
- Je lui ai pardonné, car j’ai compris qu’il n’était pas au top de sa forme. Il touchait le fond. Mais ce que j’ai du mal à comprendre, c’est pourquoi il a préféré ma sœur ?
- Ne cherche pas à comprendre Lil ! Et ne te mens pas. S’il y a bien une personne qui peut comprendre ce qu’on ressent quand on est malheureux, c’est toi non ? Il ne voulait pas que tu t’inquiètes pour lui, c’est tout ! Comme toi, tu ne veux pas qu’on s’inquiète pour toi.
- Je…
- Ce que je veux dire, Lil, c’est que tous les 2, on a passé un cap. Avant, nous n’aurions jamais pu nous revoir comme on le fait maintenant, sans… Je ne compte plus les fois où tu pleurais dans mes bras la nuit. Je t’ai promis de ne plus y faire allusion, mais à cette époque, tu acceptais qu’on t’aide. Pourquoi ne l’accepte-tu plus aujourd’hui ?
Lilly avait les larmes aux yeux. Ray avait raison. Elle craqua.
- Parce que toi et moi on ne s’est jamais quitté ! Même la dernière fois… Ca ne ressemblait pas à un au revoir. Tu venais de te faire agresser, et ce que j’ai trouvé de mieux à faire, c’est de t’abandonner ! Toi qui as veillé sur moi quand…
- Fais confiance à ceux qui t’entourent Lil ! Fais-lui confiance. N’aies pas peur de t’ouvrir aux autres.
- Tu es en train de me dire que…
- Je ne t’abandonne pas Lilly. Tu l’as dit toi-même. On ne s’est jamais quitté, comme il le fallait. Mais à aucun moment je ne t’en voudrais pour la dernière fois. J’ai débarqué dans ta vie, et j’ai… Et tu ne m’as pas abandonné… Loin de là Lilly. Et tu ne me dois rien, jamais je ne te demanderais de comptes.
Les larmes coulaient sur les joues de la jeune femme, Ray s’approcha et les essuya avec sa main. Il la regarda intensément et les larmes aux yeux, il lui déposa un tendre baiser sur les lèvres.
- Je t’aime Lil, mais nous 2 se serait une erreur. On ne peut pas vivre dans le passé. On en serait malheureux.
Ils s’étaient installés sur la terrasse du restaurant de l’hôtel. La nuit tombait sur Seattle. Lilly était perdue dans ses pensées et regardait au loin un ferry passer. Elle aurait tant voulu s’enfuir, lui dire qu’elle plaquait tout pour lui, pour eux. Mais elle sut qu’il avait raison. Sa vie était maintenant à Philadelphie, mais sans lui. La preuve, elle avait survécu depuis qu’ils n’étaient plus ensemble. Mais c’est parce qu’elle savait qu’il était quelque part, et qu’il reviendrait la voir. Maintenant, qu’ils se quittaient enfin, qu’ils se disaient adieu, elle ne savait pas comment réagir. Les paroles de sa psy lui revinrent en mémoire. Il faut profiter de la vie, et surtout les souvenirs doivent le rester. Ne pas chercher à les conjuguer au présent, ni au futur. Elle se retourna vers lui, et ils se fixèrent d’un regard plein de tendresse et qui montrait l’amour qu’il y avait entre eux. Il s’approcha d’elle et l’embrassa une dernière fois. Elle ferma les yeux et lui répéta qu’elle l’aimait aussi. Il s’éloigna, elle se retourna et reprit sa contemplation.
Scotty, bien décidé à prendre l’air, s’était dirigé vers la sortie de l’hôtel, mais en passant devant la terrasse, les avait vu. Il s’était senti indiscret et avait avancé d’un pas, mais quand il retourna sa tête vers eux, il vit la jeune femme éclater en pleurs. Son cœur se serra instantanément, comprenant que Lilly avait régressé de plusieurs étapes dans la voie de la guérison. Son principal repère s’effondrait. Même si Ray lui avait dit le contraire, il ne se sentait pas d’attaque pour l’épauler. Il ne supportait pas de la voir triste et lasse de vivre. Et surtout, il se doutait qu’elle ne se laisserait pas approcher aussi facilement, s’il tentait quoique se soit. Les larmes lui montèrent aux yeux. Il n’en voulait pas à Ray de faire ce qu’il faisait, il avait raison, mais c’est le moment qui était mal choisi. Il ne remarqua pas le jeune homme s’avancer vers lui. Il s’arrêta à sa hauteur et regarda dans la même direction que lui. Il détourna son regard à nouveau sur Scotty et vit l’expression de ce dernier.
- Elle a besoin de toi, et tu arriveras à l’aider. C’est toi son repère maintenant. Je le sais, car tu la regardes exactement comme moi je la regarde. Et je crois que tu le sais pertinemment, mais que tu refuses de faire face à tes sentiments. Je me doute que tu te décourageras plus d’une fois… Mais à chaque fois, repense à mes paroles. Repense à ce que je t’ai révélé. Je ne te demanderais juste qu’une chose : Ne la fais pas souffrir ; ne la fais plus souffrir.
Les deux hommes se regardèrent, et Scotty comprit que Ray lui confiait une lourde tâche. Il fut stupéfait que le jeune homme soit parvenu à deviner ce qu’il ressentait en si peu de temps, alors qu’il n’arrivait pas à y mettre une définition. Ray remarqua son étonnement.
- Plusieurs fois, j’ai failli la perdre… Pas de la même façon que toi, mais plusieurs fois, elle a voulu s’enfuir de sa vie… Rien de grave. Mais c’est là que j’ai su que c’est lorsqu’on est sur le point de perdre une personne, que l’on prend conscience des sentiments que l’on éprouve pour elle.
Ray s’éloigna et Scotty le remercia timidement. Il ne tenterait rien ce soir. De toute évidence elle avait envie d’être seule, alors venir la voir pour lui proposer son aide, serait une erreur.
La nuit fut longue pour les 2 inspecteurs. Aussi, ils apprécièrent le silence lors de leur petit déjeuner. Scotty avait décidé d’agir normalement avec Lilly. Leur avion ne décollait qu’en début d’après midi. Au bout de 10 minutes de silence, Lilly le brisa, et d’un ton qu’elle voulut enjouer demanda à son collègue s’il avait passé une soirée agréable. Il décida donc de suivre son exemple.
- Hélas, non ! Désolé de te décevoir Rush ! Fit-il avec un petit sourire.
- Oh… Pourtant, il m’avait semblé que le courant était passé entre Rose et toi ?
- Et bien, parfois, ça ne se passe pas comme on le voudrait… Fit-il de façon à ce que Lilly ne rajoute rien.
- J’ai compris, tu ne veux pas en parler. Mais je t’en prie, ne prends pas de gants avec moi… Ce n’est pas parce que j’ai passé une soirée, difficile que…
- On classe l’affaire Lil !
Il refusait de continuer sur ce sujet où à n’importe quel moment, il pouvait commettre la plus grosse gaffe de sa vie. Ray avait deviné juste, ses sentiments pour la jeune femme avaient évolué, mais il ne se sentait pas encore prêt à les affronter. Pour l’instant, il se contenterait de prouver à Lilly qu’il serait là pour elle à n’importe quel moment. Ils se regardaient, elle lui offrit un timide sourire, mais sincère, qui le subjugua. De son côté, elle ne comprenait plus rien à l’attitude de son collègue. Un coup, il lui disait qu’il se contentait d’aventures, et l’instant d’après, il lui faisait comprendre qu’il attendait plus de la vie.
A La Nouvelle Orléans, Nick et Kat attendaient dans une voiture que Bradley Monroe sorte de chez lui. Il ne répondait à aucun appel, alors qu’il était chez lui. Le lieutenant Carlson leur avait demandé de le surveiller, il trouvait étrange qu’il fasse comme s’il n’était pas chez lui. Kat était pensive, et Nick le remarqua.
- Tu penses encore à ce qu’a dit Erick hier ?
- Et il a dit quoi ? Lui répondit-elle.
- D’accord, fais comme si tu ne m’avais pas compris, je ne te dirais rien…
- Depuis quand tu joues au psychologue toi ? Lui demanda t’elle étonnée.
- Tu sais, je…
Il n’eut pas le loisir de continuer, Bradley sortit de chez lui à cet instant. Il fit signe à Kat qui comprit. Elle sortit de voiture suivie de son collègue.
- M. Monroe ? Demanda Kat. Pouvons-nous vous parler ?
- Ce n’est pas trop le moment !
- Pas le moment ? Pas le moment pour parler à la police ! S’exclama Nick.
- Ma mère est mal en point, je dois aller à Philadelphie.
- Je suis désolée… Commença Kat. Mais avez-vous quelques instants à nous accorder ?
- Ca dépend pour quoi ?
- Toujours pour le meurtre de Franck Johnson… Fit Nick. Alors…
Bradley les fit rentrer chez lui, et ils s’installèrent dans le salon.
- Pourquoi nous avoir menti sur le fait que vous n’aviez pas revu Franck depuis l’ouragan ? Demanda Kat.
- Mais je vous jure que je ne l’ai pas revu !
- Ah oui ! Fit Nick. Et Philadelphie… Ca vous revient maintenant ?
- Oui, d’accord je vais à Philadelphie de temps en temps, mais dois-je vous rappeler que ma mère y vit ?
- Ok, votre mère y vit peut-être, mais un témoin nous a signalé que Franck avait discuté avec un homme plus âgé que lui, et qui n’était pas son père… Remarqua Kat.
- Je… Bon d’accord.. Mais ce n’est pas du tout ce que vous croyez ! Se justifia timidement Bradley.
- Dites toujours, et on avisera. L’encouragea Nick.
- Franck et son père s’étaient disputés au sujet de Cathy. Dylan ne comprenait pas pourquoi, son fils préférait refaire sa vie avec quelqu’un qu’il n’aimait pas.
- Quelqu’un qu’il n’aimait ! Il a pourtant eu un bébé avec elle ! S’exclama Nick.
- Je sais ce qu’il s’est déroulé lors de l’ouragan. Je suis au courant de la visite de Franck. Et, il m’a avoué qu’il voulait la reconquérir. Lorsqu’ils se sont retrouvés, elle lui a dit clairement qu’elle n’était pas heureuse depuis le jour où ils se sont quittés.
- Et c’est Franck qui vous a dit ça ? Demanda Kat sceptique. C’est lui qui vous aurait confié cela, alors que vous les avez forcé à ne plus se voir ? Il vous aurait pardonné ?
- Vous savez, quand vous traversez ce genre d’épreuves et que vous en ressortez indemne, vous changez d’opinion sur pas mal de choses, et vous vous apercevez que vous vous conduisez comme un abruti de temps en temps. Et bien, c’est ce qui nous est arrivé. La chose la plus intelligente à faire pour la mémoire de ma fille, est d’enterrer la hache de guerre. Et nous l’avons fait.
- Autrement dit, elle avait dans l’idée de rompre avec Erick ? Fit Kat stupéfaite.
- L’ Amour avec un grand A est quelque chose de rare, et quand vous l’avez trouvé, quelque soit la vie que vous choisissez de vivre, vous ne l’oubliez pas. Sandra n’avait pas l’intention de rompre avec Erick, mais il n’était pas idiot, et il a dû vous le dire, il a assisté à leur dernière conversation.
- Vous ne nous avez toujours pas dit de quoi vous avez parlé avec Franck ? Signala Nick.
- Ecoutez… On ne peux vraiment pas en reparler à mon retour de Philadelphie ? Ma mère est…
- Pourquoi attendre votre retour ? Commença Kat. Nous sommes de Philly.
- Alors pourquoi en faites-vous toute une histoire ? Vous pouvez me demander tout cela une fois là-bas !
Sur ces paroles, il leur fit comprendre, qu’il souhaitait qu’ils s’en aillent. Nick et Kat se levèrent donc et prirent congés de Bradley.
Une fois dans la voiture, la jeune femme laissa libre cours à sa frustration, sous le regard moqueur de Vera. Elle venait de donner un coup sur le volant avec son calepin.
- Euh, Miller, fais gaffe, car je connais un gars qui a déclenché son air bag à force de taper sur le volant comme tu viens de le faire !
- Je n’ai pas envie de rire Vera ! Fit-elle en démarrant. Ce type se moque de nous, et ça j’en ai horreur.
- Hum ! Tu disais la même chose d’Erick, alors je serais toi, je me méfierais de mes intuitions…
Il s’interrompit voyant le regard noir de la jeune femme. Il tenta néanmoins une dernière phrase.
- Il faut le comprendre quand même. Sa mère est mourante… Rappelle-toi Lilly…
- Tu oses comparer Lilly et un potentiel suspect ? Heureusement qu’elle n’est pas là, car…
- D’accord j’ai compris… fit-il penaud en décrochant son portable qui sonnait.
Il répondit à Scotty et lui résuma leur tentative de discussion avec Bradley Monroe. 5 minutes plus tard, il raccrocha et dit à Kat de se rendre vers l’aéroport.
Lilly regarda Scotty intriguée. Le jeune homme avait raccroché et semblait énervé. Elle le connaissait tellement bien, qu’elle savait qu’en général il valait mieux le laisser se calmer, mais, là elle se dit qu’il fallait intervenir.
- Ils viennent nous chercher ? S’enquit-elle.
- Oui ! Répondit-il en soupirant.
- Ils ont pu rencontrer Bradley ?
- Oui ! Répéta t’il de la même façon.
- Bon… Commença Lilly étonnée.
- Lil excuse-moi, mais, une fois arrivés à La Nouvelle Orléans, on récupère nos billets de retour pour Philly. Fit-il lassé.
- Je vais réellement croire que c’est l’avion qui te rend aussi bougon ! A l’aller tu étais exactement dans le même état !
Il ne répondit pas.
- Est-ce que je saurais avant l’atterrissage comment s’est déroulé l’entretien où, faut-il que j’appelle Kat ?
Il lui résuma la rencontre entre leurs collègues et Bradley, et Lilly comprit la frustration qu’ils ont dû ressentir. Néanmoins, elle n’insista pas, mais sut que le comportement de son collègue n’était pas dû seulement à l’enquête. Scotty regardait par le hublot, l’air pensif. Il savait que le retour à Philadelphie serait synonyme de doutes et questions pour Lilly. Et comme à son habitude, elle ne montrerait pas qu’elle a besoin d’aide, et elle refuserait encore plus la sienne, s’il le faisait sans le lui demander. Alors, il allait devoir recommencer à la regarder se battre pour survivre. Même l’affaire en cours était un échec, alors ce serait un motif pour elle de baisser les bras. Il s’en voulait aussi de l’attitude qu’il avait avec elle. Il se montrait distant et froid, alors qu’il ne l’était pas du tout.
Lilly quant à elle, n’insistait pas. Son collègue était de mauvaise humeur, et elle mit cela sur le fait que pour une fois ce n’était pas lui qui avait eu le pouvoir de stopper une histoire sans lendemain. Elle sourit timidement, cela l’amusait beaucoup, seulement elle ne le lui dirait pas. Elle repensa à une phrase que Kat lui avait dit un soir de 1er jeudi. Le fait qu’il soit « volage » cachait certainement un refus de souffrir. Elle n’avait rien dit, mais n’en avait pas moins pensé. Elle chassa ces pensées de sa tête et se reconcentra sur l’enquête et sur le comportement de Bradley qu’elle trouvait plus que suspect. Une fois à Philadelphie, elle demanderait à son chef de l’interroger. Ils avaient ce point commun : leurs mères respectives. C’est donc dans le silence que le vol se déroula. Un silence reposant, mais déroutant, et menant vers un quiproquo. Scotty étant persuadé que la jeune femme était marquée par sa soirée avec Ray ; alors que la jeune femme se posait juste des questions sur l’enquête.
Une fois arrivés à l’aéroport, Kat et Nick accueillirent leurs collègues. Ils devaient récupérer les billets pour le retour sur Philadelphie. Scotty et Nick s’en chargèrent, tandis que Lilly et Kat s’installèrent dans la cafétéria. Kat regardait sa collègue, celle-ci s’en aperçut et lui demanda ce qu’il y avait.
- Rien, mais j’ai l’impression que…
- Ray était à Seattle ! Lança Lilly du tac au tac.
- Quoi ? Ray…
- Oui, mais… Je me suis rendue compte que même s’il y avait toujours quelque chose entre nous, ce n’était plus ce que j’attendais de la vie. Je me suis aperçue que Ray faisait partie de mon passé… Et…
- Y aurait-il UN « Présent » ? Demanda Kat en mimant des guillemets et en insistant sur le mot un.
- Non… Pourquoi… Pourquoi dis-tu… Balbutia t’elle.
- Il y a quelqu’un ? Fit Kat avec malice et en souriant.
- Personne, je te jure. Répondit Lilly en fixant sa voisine. Mais, je me suis aperçue que si je me contentais de vivre avec les souvenirs, et en attendant que Ray repasse me voir de temps à autres je ne serais pas heureuse.
Kat dévisageait son amie. Cette confidence ne lui ressemblait pas, et elle savait qu’il fallait la laisser parler, et qu’elle serait sans doute longtemps sans lui avouer autre chose.
- Lil, je suis vraiment touchée que tu me dises cela… Je suis même contente de constater que tu me fais confiance.
- Je sais que je n’ai pas été à la hauteur ces derniers temps…
- Lil tu…
- Je sais sur qui je peux compter en cas de coup dur, et vous tous, vous me l’avez montré. Même Vera avec ses vannes et blagues… Sans elles, je crois que mes journées auraient été moins gaies. De le voir s’adapter aussi facilement à la vie Amish m’a fait énormément rire. Je voulais te dire merci. Merci d’être là… Même si tu as l’impression de ne rien faire. Ta présence m’aide. Et une fois rentrées, je pense sincèrement qu’il faudrait qu’on s’organise des petites soirées toutes les 2.
- Tu lui as dit la même chose ?
- A qui ? Demanda Lilly en faisant semblant de ne pas comprendre.
- On était tous inquiets pour toi, mais celui qui l’était encore plus c’était bien lui.
- Je sais… Je me rappelle de la conversation qu’on a eue avant de partir. Mais, moi aussi je revis cette scène. Je la revivais, et à chaque fois, je ne comprenais pas ce qu’il se passait. Tout est allé si vite, que… Je ne peux que comprendre ce qu’il a ressenti.
- C’était un tir justifié Lil… Ne me dis pas qu’il faut qu’on te le répète sans arrêt à toi aussi ! Et ne cherche pas à savoir. Ne cherchez pas à savoir !
Un peu plus loin, Scotty et Nick attendaient de pouvoir retirer leurs billets. Vera regardait son ami avec un sourire au coin des lèvres.
- Quoi ? Demanda le jeune homme.
- Alors ? Seattle…
- Quoi Seattle… Ah si ! Pendant qu’on y était, il n’a pas plu !
- Ne me dis pas qu’un tombeur comme toi n’a rien fait tomber justement ?
- Je n’ai plus envie de jouer à ça ! Je sais bien que…
- Tu n’as plus envie de jouer à quoi ?
- Je sais bien que c’est ce que j’ai dit… Nous sommes flics, et notre boulot nous prend la majeure partie de notre temps, mais j’ai envie de plus !
- Bon quand t’auras fait le tri dans ta tête, tu m’appelles, car là, je ne comprends pas.
- Laisse tomber ! Fit Scotty en s’apercevant qu’il avait trop parlé.
Il fit signe à Vera que c’était à eux. Il commanda les billets, tandis que Nick analysait la conversation qu’ils avaient eue. Il ne comprit d’abord rien du tout, puis fit le rapport. Il se demandait maintenant qui avait bien pu le faire changer d’avis à ce sujet ? Il pensa d’abord à Lilly, puis se traita d’idiot. Ils étaient des amis, proches certes, mais amis. Alors il décida de ne pas y réfléchir.
Une fois de retour à Philadelphie, Kat raccompagna Lilly jusqu’à chez elle, et comme sa mère gardait Veronica pour la nuit, elle lui demanda si elle pouvait rester ? Lilly lui répondit positivement avec un grand sourire. C’est ainsi que Kat lui confia qu’elle serait un bout de temps sans partir en planque avec Vera. Lilly éclata de rire.
- Vous vous êtes battus donc ? C’est Scotty qui aurait gagné, si j’avais accepté de parier.
- Justement, est-ce que tu sais pourquoi il est si bougon ?
Lilly ne répondit pas et demanda pourquoi Bradley avait l’air si méfiant lors de leur interrogatoire ? Kat regarda son amie, elle esquivait la question. Elle insista quand même.
- Ne me dis pas que…
- Je ne sais pas, mais je pense que je l’ai un peu négligé. Mais c’est tout moi ça… Ray revient et j’oublie tout…
- Ne culpabilise pas. Ray et toi vous avez vécu quelque chose de fort. Et je suis sûre qu’il l’a comprit. Il sait ce qu’il représente pour toi !
- Je ne le reconnais plus, c’est simple ! Le Scotty que je connais n’est pas comme ça. Il n’est pas volage. Si tu l’avais vu avec Elisa…
- Et bien justement, je pense que je comprends. Je ne l’ai pas connu, mais je sais ce qu’il s’est passé. C’est normal. Il ne veut plus souffrir ! Mais, je te signale que ce n’est pas de lui qu’on parle ce soir, mais…
- On a plus important en effet ! L’enquête… Fit Lilly de façon à ce que Kat ne réplique pas. Ce que la jeune femme comprit.
- La mère de Bradley est très mal en point. Répondit Kat. C’est ce qui l’a fait rentrer plus vite à Philadelphie. Je pense qu’on…
- On verra demain ce que le chef aura à nous dire, mais je pense que si elle est vraiment mal, Bradley, s’il a quelque chose à se reprocher, agira.
- Mais justement, il n’a peut-être rien à se reprocher…
- On se trompe de suspect alors ? S’interrogea Lilly plus à elle-même qu’à son amie.
- Je suis d’accord, c’est à n’y rien comprendre ! Il s’agirait donc réellement d’une attaque à main armée ?
- Je vais lui parler demain ! A Bradley.
- Lil je crois que…
- Non, je vais lui parler. J’ai vécu ça il n’y a pas si longtemps… Je pense que… Elle s’interrompit ayant conscience que Kat était toujours avec elle.
Kat n’insista pas, et quitta la jeune femme 20 minutes plus tard.
Le lendemain matin, Lilly arriva en même temps que Will. Ce dernier décida de la briefer sur leurs recherches durant leur absence.
- Je dois t’avouer Lil, que le bureau n’a jamais été aussi calme. Je pense que si cela avait dû s’éterniser, le boss aurait demandé à ce que vous reveniez plus vite. Soit toi et Scotty ou soit Kat et Nick.
- Ah oui ? Fit la jeune femme en souriant. C’était si différent de…
- Les blagues de Vera ne m’auront jamais autant manqué !
Elle servit une tasse de café à son collègue et lui rendit le sourire qu’il lui faisait.
- On est entre nous Lil, et je sais que si tu ne veux pas que je te parle, tu me le diras tout de suite. Mais Tout va comme tu veux ? Fit-il en la regardant avec toute la tendresse dont il était capable.
- Oui, Will. Mieux ! Beaucoup même. Rajouta t’elle en le fixant sérieusement avec un timide sourire.
- Je te connais depuis pas mal de temps, et…
- Je sais !
Ils se regardèrent quelques instants et il posa une main amicale sur l’épaule de la jeune femme.
- Je sais que tu as dû penser que tu étais un poids qu’on traînait derrière nous, mais ce n’est pas le cas.
- Tu interroges Bradley avec moi ? L’interrompit-elle.
- Ok, Lil ! Répondit-il. Mais il faudrait peut-être le convoquer !
- Vous n’avez pas eu le nom de l’hôpital où se trouve Elfie Monroe ?
- Si, mais…
- Je vais rendre visite à Elfie alors ! Fit-elle avec un clin d’œil.
Will s’esclaffa. Quand la jeune femme avait une idée derrière la tête, rien ne lui faisait changer d’avis. Le rire la gagna aussi. Et c’est donc en riant qu’ils se dirigèrent vers les bureaux.
- Je ne savais pas que tu étais doté d’un sens de l’humour Jeffries ! S’exclama Nick.
- Il n’y a pas que toi qui en as le don Nick ! Lui répondit Scotty.
- Je vais à l’hôpital rendre visite à Elfie. Signala Lilly. Qui m’accompagne demanda t’elle aux 3 hommes en agitant ses clés de voiture.
- J’évite les hôpitaux… Si vous voyez ce que je veux dire ! Renchérit Nick.
- T’as besoin d’un chevalier servant maintenant ? Fit Scotty en levant le nez de son journal.
- Pourquoi ? Tu te proposes Valens ! C’est gentil ! Lui répondit-elle avec son plus beau sourire qui ravagea le cœur du jeune homme. A moins que je ne demande au boss, vu que vous ne vous battez pas pour…
- Et si Nick reste dans la voiture à attendre, il peut t’accompagner Lil ! Fit Will.
- Ah oui, c’est une bonne idée ça ! Souligna Lilly. Désolée, Scotty, fallait être plus convaincant ! Fit-elle au jeune homme.
- J’ai dit que… Tenta Nick. Qu’est-ce que je t’ai fait Will ?
- Tu t’es moqué de lui ! S’exclama Scotty en lui lançant un regard moqueur.
Lilly appela alors Vera, qui se dépêcha de la rattraper. Elle attendait déjà près de la sortie du bureau.
- C’est sûrement la 1ère fois que je vois Nick courir après une fille. Fit Scotty en riant.
- Et ce n’est pas n’importe quelle fille ! Souligna Will en dévisageant son collègue.
Scotty ne répondit pas, tandis que Will prit la partie du journal qui l’intéressait.
- Je ne suis pas aveugle, Scotty. J’ai remarqué ton brutal changement d’attitude. Au début je mettais ça sur les retombées de la fusillade et de ta « désobéissance », fit-il en mimant des guillemets. Mais maintenant, je sais que c’est autre chose. Tu…
- Je me trompe royalement ! C’est tout !
- Je ne crois pas ! La façon dont tu la regardes te trahit. Et quand elle croise ton regard, tu baisses le tien, comme si tu avais peur qu’elle lise dans tes pensées, qu’elle sache ce que tu ressens pour elle.
- Je ne ressens rien pour elle ! Enfin… C’est une amie…
- Mouais… Commença Will.
Il fut interrompu par l’entrée de Kat essoufflée, qui justifia son retard en maudissant les réunions parents/professeurs improvisées.
Une fois arrivés à l’hôpital, Nick s’adressa à l’accueil pour savoir où se trouvait Elfie Monroe. Une infirmière lui demanda ce qu’il voulait. Il lui tendit sa plaque, se présenta et désigna Lilly. Elle leur demanda de la suivre. Devant la porte de la chambre d’Elfie, Lilly toqua, et entra en entendant une voix lui répondre. Elfie fut surprise de la voir.
- Inspecteur Rush ! Vous venez m’annoncer une nouvelle ?
- Pas la résolution de l’enquête, hélas. Mais Bradley nous a plus ou moins prévenu de votre état.
- Il m’a raconté aussi que vous le suspectiez ! S’exclama froidement Elfie.
- Il agit en tant que tel ! Répliqua Nick. En refusant de nous parler, il…
- Vous ne comprenez pas ! De repenser à cette période le fait souffrir. Il culpabilise d’avoir séparé Franck et Sandra. Si vous saviez comme il…
- Ca ne vous suffit pas de venir remuer le passé ! Intervint Bradley qui venait d’arriver. Il faut aussi que vous veniez embêter une personne qui est mourante.
- Laisse Brad ! L’interrompit Elfie. C’est moi qui ai demandé à ce que vous rouvriez l’enquête sur la mort de Franck. Ajouta t’elle à l’intention de Lilly et Nick. C’est moi qui ai remué le passé.
- Nous venions pour prendre de vos nouvelles Elfie, lui dit Lilly.
Un médecin rentra dans la pièce, et fit sortir tout le monde. Bradley en profita pour les emmener un peu plus loin.
- En effet, je vous ai menti ! Si je me suis disputé avec Franck, c’était pour lui ouvrir les yeux.
- Lui ouvrir les yeux ? Répéta Nick.
Bradley raconta qu’il avait surpris une conversation entre Cathy et Erick. C’était peu après l’ouragan. Cathy était venue lui rendre visite à l’hôpital. Elle lui avait dit qu’elle savait que Franck ne l’aimait plus. Elle savait aussi que Sandra aimait encore Franck. Bradley n’avait pas jugé utile de continuer à écouter. Lilly le remercia et regarda Nick. Ils s’éloignèrent.
- Je crois que Cathy nous a mené en bateau ! Fit-elle amèrement.
- Que veux-tu dire par-là ?
- Elle nous a dit qu’Erick et elle avaient eu une aventure, après la mort de Franck…
- Mais tu crois que leur relation a débuté…
- Avant le décès de Franck ! Oui c’est une possibilité.
- Autrement dit, on retourne à Seattle ?
- Non, Cathy viendra ici.
Ils rentrèrent au central, et racontèrent leur visite à Elfie.
- Bradley est innocent ? Fit Kat stupéfaite. Et bien pour un innocent, il a bien joué le rôle du suspect !
- Cette enquête nous fait tourner en rond ! S’exclama Scotty. On repart en voyage ?
- Personne ne part où que ce soit ! Signala Stillman. Nous allons demander à Cathy de venir ici.
- Elle va se méfier ! Autant…
- Elle a confiance en moi ! Fit Lilly. Je lui demande de venir ici pour qu’on parle de Franck et de leur vie à Philly.
Lilly appela Cathy, et après avoir parlé pendant plus de 10 minutes, elle avait réussi à la convaincre de venir lui parler de Franck et de sa vie à Philadelphie. Leur vie. Elle s’arrangerait pour venir le surlendemain. Stillman décida de profiter de ce petit moment d’accalmie pour rattraper le retard de paperasserie, à la plus grande joie de ses agents. Il ne tint pas compte des réactions et se dirigea vers son bureau. Lui-aussi avait des rapports à rendre. Après une journée entière de « dépoussiérage » Nick proposa un verre, que Will accepta avec plaisir. Ils quittèrent donc le central à l’exception de Lilly et de Scotty.
- Tu ne vas pas les rejoindre ? Demanda t’elle.
- Je te retourne la question !
- J’ai encore ce rapport à terminer, fit-elle en désignant le dossier ouvert sur son bureau. Et après…
- Et après, tu seras trop fatiguée pour venir, donc tu rentreras, seule !
- Et que me conseilles-tu de faire ?
- De rendre tes devoirs en retard ! Fit-il malicieusement. Et de venir faire l’école buissonnière.
- T’étais de ce genre là toi ? Lui demanda t’elle.
- De quoi ?
- Le genre mauvais élève qui séchait les cours ?
- Et toi, tu devais être la petite fille modèle que tout le monde embêtait !
- A la différence, c’est que j’avais mon garde du corps !
- Justement Lil, si tu veux…
- Bon j’ai compris Valens ! On y va avant que tu commences à dire des bêtises !
- Lil, il faut que…
- Je vais bien ! Tu sais. Je m’étais préparée à ça. J’ai su après avoir passé la soirée avec lui que c’était réellement fini. C’est mon passé.
- Non, il y a un truc que je dois te dire ! Ray…
- Ca suffit Scotty ! Fit-elle doucement. Je ne vais pas m’effondrer au sol pour pleurer les larmes de mon corps. Je m’y étais préparée. On s’y était préparé. On savait tous les 2 où cela nous mènerait si nous avions continué à nier une évidence. Alors, arrête de te faire du souci pour moi, et profite de la vie ! Profite de ta vie !
- Lil…
- Merci en tout cas ! Je sais que je compte au moins un peu pour toi ! Ajouta t’elle avec un clin d’œil.
Elle s’éloigna vers son vestiaire et prit son manteau. Scotty la regarda ouvrir son casier, y déposer son arme et le fermer. Il ajouta à voix basse :
- Tu ne compte pas qu’un peu pour moi Lilly ! Tu comptes énormément !
Il fut sorti de sa rêverie par sa collègue qui lui demandait ce qu’il faisait. Il reprit ses esprits et décida d’essayer de mettre de côté cette petite faiblesse. Ils étaient amis, et collègues, ils bossaient ensemble, et cela fonctionnait plutôt bien. Alors pourquoi venir tout gâcher avec quelque chose qui, de toute évidence, lui passerait. Il repensa aux paroles de Ray, et décida de les interpréter comme cela. Il veillerait sur elle comme un frère veille sur sa sœur.
Ils passèrent donc la soirée tous ensemble. Lilly et Kat semblaient être en pleine discussion toutes les 2, elles ne se préoccupaient même plus de Nick et de ses blagues. Will se moqua d’elles gentiment.
- Et voilà, ce qui devait arriver est arrivé !
- Quoi ? Firent-elles en même temps.
- Je me demandais quand vous vous trouverez toutes les 2 ?
- Quand on se trouverait ? Répéta Kat.
- Je vois… Commença Nick. La complicité féminine ! A 2, vous supportez mieux d’être entourées d’hommes !
- Je préfère quand tu blagues, Nick ! Fit Scotty. Au moins tu…
- Et alors vous ne savez même pas de quoi on parle ! S’exclama Lilly de façon mystérieuse. On parle peut-être de l’enquête…
- Ou on vous critique peut-être ! Lança Kat en riant.
Stillman regardait et esquissa un sourire. Il aimait quand son équipe se charriait gentiment. Il savait qu’il avait énormément de chance de travailler avec des personnes qui s’apprécient et qui s’entendent bien. Cela n’avait pas été toujours le cas. Un peu plus tard, ils se quittèrent tous, chacun reprenant le chemin du retour. Seuls, Will et Scotty devaient récupérer leurs voitures, restées au central. Scotty était silencieux, mais Will se garda de faire un commentaire. Ils arrivèrent devant le parking, et le jeune homme tenta alors une question.
- Tu crois qu’il faut que je le lui dise ?
- Dire quoi et à qui ? Demanda Will en faisant semblant de ne pas savoir à quoi il faisait allusion.
- Oublie ! Je…
- C’est toi seul qui a la réponse à cette question Scotty. Si tu crois que ça peut valoir la peine, vas-y ! Si tu crois que ça ne fera que compliquer les choses… En aucun cas, je vais te dire quoi faire. Mais la 1ère question, c’est à toi qu’il faut la poser. Que ressens-tu réellement ?
- Justement… Je ne sais plus ! Et puis, A Seattle, Ray a…
- Attends ! Ray est de retour !
- Non ! Ils ont juste tourné la page, et Ray m’a dit de veiller sur Lilly, comme lui veillait sur elle. Il m’a fait comprendre que cela ne serait pas difficile pour moi de prendre le relais. Enfin… Je n’ai pas envie de perdre ce qu’on a elle et moi. Je…
- Je ne peux pas t’aider, si tu ne sais pas ce que tu cherches réellement, Scotty ! Je te le redis, comprends d’abord ce que tu ressens pour elle, et là tu sauras comment agir !
- Mais combien…
- Je ne sais pas, mais en général, ces choses là se comprennent rapidement.
- Il y a une chose que je sais ! Je veux qu’elle soit heureuse, et qu’elle ait confiance en elle et en la vie.
- Dors quand même un peu Scott ! Demain, n’oublie pas qu’on a l’opération « classement » !
- Et ?
- Et ! Tel que je la connais, elle va se dévouer pour ranger les dossiers aux archives…
- Tu me demandes de…
- Je ne te demande rien, je te préviens juste de l’occasion qui se présente à toi de répondre à la 1ère question.
Il laissa son ami seul et monta dans sa voiture. Scotty se poussa pour le laisser passer, et à son tour se dirigea vers sa voiture. Il aurait voulu le remercier, lui dire qu’il appréciait ce qu’il faisait, mais pas un son ne sortait de sa bouche. Il avait certes peur de s’avouer ce qu’il ressentait pour sa collègue, mais il avait bien plus peur de la réaction de Stillman. Donc le fait que Will l’encourage à réfléchir le réconfortait. Ce n’était pas idiot, et égoïste, donc.
C’est donc en bon dernier qu’il arriva le lendemain. Il salua rapidement Nick qui s’abstint de commentaires vu l’humeur de son ami, et se dirigea vers la petite cuisine. Lilly et Will étaient en train discuter devant la cafetière.
- Si tu veux du café, Scotty, il va falloir te contenter du distributeur en bas. La cafetière vient de lâcher. Fit Lilly amèrement.
- Non, il faut juste la détartrer c’est tout !
- Et que crois-tu qu’on fait depuis notre arrivée ? Fit Will avec un petit sourire.
- De toute façon, c’est la loi des séries… Remarqua Lilly, La batterie de ma voiture était à plat. Donc obligée d’appeler Kat pour qu’elle vienne me dépanner !
- Pourquoi tu ne m’as pas appelé plutôt ? Demanda Scotty. J’habite un peu plus près de chez toi que Kat, je te signale.
Elle ne répondit pas. Will prit le récipient de la cafetière plein d’eau bouillante et décida d’aller le vider, les laissant seul. Il ignora le regard du jeune inspecteur.
- Laisse tomber Will ! Signala Lilly. On est bons pour en racheter une autre !
- Et alors ! Laisse-moi refaire un dernier détartrage… Qui ne tente rien n’a rien ! Rajouta t’il en fixant Scotty.
- Tu m’accompagnerais choisir une nouvelle cafetière ? Demanda Lilly à Scotty.
- Et tu ne peux pas y aller seule ? Fit-il en souriant.
- Ce n’est pas un achat que je fais pour moi, mais pour nous… Enfin le bureau.
- Ah ! Je vois que tu as réfléchi à ma proposition d’école buissonnière ! S’exclama t’il en continuant de sourire.
- Tu as vraiment décidé de me dévier du droit chemin on dirait !
- Oh, ce n’est pas ça qui va te faire passer du côté obscur de la force !
Elle éclata de rire, et il fut subjugué par sa rapide euphorie. Elle réitéra la question, et il fut forcé d’accepter. Ils se dirigèrent vers le bureau de leur chef, et Lilly plaida leur cause en disant que depuis plus d’une heure ils s’évertuaient tous à sauver la cafetière. Il accepta donc, à la plus grande surprise du jeune homme qui croyait que leur chef refuserait catégoriquement.
Attention ce qui va suivre est un petit délire… Vu qu’il faut laisser un peu de temps pour que Cathy arrive à Philly, faut bien aussi occuper nos inspecteurs !!!
Je plaide donc coupable pour ce qui suit, et si ça ne vous plaît pas, et bien... tant pis :p
Petit délire couper en plusieurs parties pour laisser un peu de suspence malgré tout ^^
Ils se retrouvèrent donc à devoir attendre que le magasin ouvre. Lilly consulta l’heure sur le tableau de bord. 9h50. 10 minutes encore à attendre. Scotty le remarqua.
- Quand je pense que les autres sont en train de classer, ranger, et…
- A ta place, je ne me réjouirais pas trop ! Fit Lilly. A mon avis, le boss a prévu quelque chose pour nous à notre retour !
- On est en mission quand même, là ! On doit chercher la perle rare en cafetière ! Cette perle qui a le don d’achever notre réveil le matin ! Bref, on bosse !
Lilly retint un rire.
- Tu peux me dire ce que t’as mangé ce matin ? Si c’est un clown, je ne pourrais que te croire ! Ou alors, Vera déteint sur toi, et l’élève a dépassé le maître en matière d’humour !
- Nick en Maître Yoda ? Fit Scotty en plissant les yeux. Hum, là faut vraiment voir pour le croire !
- 2 allusions à « Star Wars » ce matin ! Je crois savoir ce que tu as regardé hier soir !
- Et mince ! Découvert ! Que veux-tu ? Cette saga est sans doute l’une des plus…
- Bizarre ! Je te voyais plus accro à la saga « Le Parrain » !
- Ah ! Ca aussi c’est du bon cinéma ! Pas le même genre… Et pourquoi tu me voyais plus comme étant accro au Parrain ?
- Je sais pas ! Ca y est ! Le rideau se lève !
- Et tu veux y aller tout de suite ? Fit-il étonné. Rappelle-moi de ne pas faire le 1er jour des soldes avec toi !
- Je…
Elle ne continua pas, et sortit de la voiture, laissant son co-équipierprendre le temps de réaliser ce qu’elle faisait. Une fois dans le magasin, Scotty regarda les gens qui s’y trouvaient. Il fut étonné de voir autant de monde à une heure si matinale. Lilly s’était déjà dirigée vers le rayon qui les intéressaient. Elle se retourna, et constata que son collègue ne suivait pas. Elle regarda autour d’elle pendant plusieurs secondes, et le vit, entouré d’autres personnes, devant un écran de télévision. Elle leva la tête et remarqua le néon jeux vidéo. Elle soupira à la vue de la majorité masculine qui regardaient les différentes consoles de jeux, et se dit que tous les hommes se ressemblaient !
C’est donc seule, qu’elle choisit la cafetière qui remplacerait celle qui venait de rendre l’âme. Et à son tour elle fut attirée par un rayon. « Dégustation de café » était inscrit sur un panneau. Elle s’y dirigea, et une hôtesse lui demanda quelle sorte de café elle souhaitait ? Elle regarda le coffret présenté sur le comptoir et prit une capsule café chocolat/noisette. L’hôtesse lui indiqua que c’était un très bon choix. Lilly dégusta sa boisson, et ne sentit pas une présence derrière elle.
- Hum, moi aussi je peux boire du café bien moussant et crémeux et dire « What else » ! Répliqua Scotty goguenard.
- Non, mais celui-ci est particulièrement délicieux ! Se justifia t’elle.
- Oui, bien sûr… Mais tu sais qu’il n’est pas livré avec la machine. Se moqua t’il. En tout cas, pas de ça au central, sinon on va devoir se frayer un chemin vers la machine pour avoir le droit de boire un café.
- Jaloux, d’un acteur qui vante un produit ! Fit-elle à son tour d’un air moqueur.
- Pas du tout ! Seulement, je trouve ça totalement idiot ! Comme si George « What else » Clooney pouvait vous faire acheter une machine à expresso !
- C’est bien ce que je dis ! Jaloux, car tu ne serais plus au centre des attentions au commissariat ! Fit-elle en riant.
- Alors là, je répète que pas du tout ! Il n’est pas réel, ce type !
- Je te signale que c’est la même chose pour vous ! Une super belle fille un brin vulgaire, vous ferait acheter n’importe quoi ! Il n’y a qu’à voir les bimbos superficielles aux différents salons automobiles !
- C’est pas pareil… Tenta t’il.
- Mouais ! Pas convaincue !
- Viens essayer cette console ! Et tu verras que c’est pas n’importe quoi !
- Ok ! Mais bois d’abord un café !
- Lilly Rush marche au chantage ! S’exclama t’il. Ok ! Je bois quoi ?
- Je marche peut-être au chantage, mais toi tu n’es pas du tout difficile à corrompre !
- D’accord ! Je ne me moque pas de toi si tu achètes cette machine à expresso, et toi tu ne te moques pas de moi, si j’achète cette console !
Ils se regardèrent, et Scotty sentait que quelque chose se passait en lui. Cela ne lui semblait pas du tout étrange qu’ils soient en plein milieu d’un magasin d’électroménagers, en pleine journée, à se chamailler au sujet de futilités, comme un expresso et un jeu vidéo. L’hôtesse qui était toujours présente et qui assistait à la scène eut un petit sourire. Pour elle, c’était quotidiennement qu’elle voyait des couples se chamailler ainsi.
- Marché conclu ! S’exclama Lilly en avançant sa main pour une poignée de main scellant leur pari. Et c’est quoi le réel enjeu de ce pari ?
- Un dîner ! Le perdant paie le resto à l’autre ! Fit Scotty du tac au tac sans réfléchir.
- Un dîner ? Demanda Lilly troublée. Un…
- Ou un déjeuner. Se rattrapa t’il. Un resto j’ai dit… Ca peut être à n’importe quel moment de la journée…
- N’importe quel moment ? Alors si je gagne, je peux te demander de m’offrir un croissant et un café !
- Je… On peut voir pour autre chose, si le resto ne te tente pas !
- Mais si ! C’est une bonne idée ça ! Alors ? Dit-elle en attendant toujours qu’il lui sert la main. T’as peur de perdre ? Poursuit-elle en le fixant.
- Perdre ? Je ne connais pas ce mot Rush ! Répondit-il en serrant la main de le jeune femme.
- Alors ? Comment vas-tu me faire changer d’avis au sujet des jeux vidéos ?
- En faisant comme toi… Je bois un café et tu joues à un jeu avec moi. Seulement, c’est moi qui choisis.
- Très bien ! Je choisis le café !
Elle se planta devant le coffret de façon à ce qu’il ne voit pas ce qu’elle choisissait. Elle tendit la capsule à la jeune femme avec un sourire.
- J’espère que tu ne m’as pas choisi un parfum de fille !
- Tu verras bien… Et surtout, tu verras que ce café est vraiment meilleur que celui qu’on boit au boulot.
Il prit le petit gobelet en carton que lui tendait l’hôtesse et s’éloigna. Lilly allait le suivre quand l’hôtesse l’appela.
- Mon mari aussi disais que ce café devait être comme tous les autres. Et devinez ce qu’il m’a offert à la Saint Valentin ?
- Ce n’est pas mon mari ! Fit Lilly avant qu’elle ne comprenne que la vendeuse ne lui parlait pas de son statut.
Elle se tut. La vendeuse continua en ne tenant pas compte de la remarque de Lilly.
- Les hommes représentent 40% de nos acheteurs. Dans ce magasin. Et l’excuse qui revient le plus souvent est : « ma femme n’arrête pas de me parler de ce café ! »
Un peu plus loin, Scotty trempa ses lèvres dans la boisson chaude sans grande conviction. Ce café devait avoir le même goût que tous les autres ! Autant aller dans un Starbucks pour en savourer un plus grand. Il ne vit pas sa collègue arriver. Elle avait fait le tour d’un rayon afin de lui faire face. Et lorsqu’il releva la tête, pensant être seul, il fut surprit de la voir lui adresser un sourire victorieux. En effet, il ne s’était pas aperçu qu’il avait une expression qui laissait penser qu’il aimait bien cette boisson, mais qu’il fallait le cacher.
- J’ai gagné ! Lança Lilly en souriant de plus belle. Alors, ce George vante bien les mérites de cette marque de café non ? Et ce café vanille est bon non ?
- T’as peut-être gagné cette bataille, mais je n’ai pas perdu la guerre ! Rappelle-toi…
- Montre le moi ce jeu vidéo qui…
Il désigna du doigt une devanture, où une console de jeu blanche était exposée. A l’écran d’une petite télé était diffusée une démo de jeu de bowling.
- La Wii ! Tu veux me faire jouer à la Wii ? Lança Lilly stupéfaite !
- Oui, pourquoi ? Tu abandonnes ? Lui demanda t’il goguenard.
- C’est pas un jeu vidéo ça ! La fille de Kat n’arrête pas d’y jouer ! Et après tu vas me faire jouer à la DS ! Fit-elle en riant.
- Tu t’y connais en console ? Fit-il étonné.
- Je pensais juste que t’allais me faire jouer aux jeux : genre soccer, Tomb Raider…
Il écarquilla les yeux !
- Et oui ! Lilly Rush regarde la télé ! Lilly Rush sait que ces jeux sont très populaires chez la gente masculine ! Et Lilly Rush connaît la psp !
Elle se dirigea vers le rayon et attendit derrière 2 jeunes garçons qui jouaient. Elle n’attendit pas longtemps, les parents des 2 enfants vinrent les chercher. Elle se retourna vers son collègue qui finissait de boire son café.
- Alors tu viens me défier ou t’es impressionné de mes connaissances ?
- J’arrive, mais avant laisse-moi choisir le jeu. T’as rien contre le golf ?
- J’en ai jamais fait de ma vie, mais sur console, ça doit pas être bien sorcier !
- Alors là, permets-moi de te contredire !
Pendant qu’ils parlaient, il avait sélectionné les différents joueurs et avait programmé la partie. Il commença et lança la balle. Il tenta une 2ème fois, et réussi à la mettre dans le trou.
- Et oui, c’est un jeu interactif… Donc on joue comme si on pratiquait…
- Je ne suis blonde que de couleur de cheveux Valens !
- Je ne me permettrais pas. A toi l’honneur, vas-y.
Elle prit la manette et plissa les yeux, ce qui fit rire son collègue. Il se retint d’éclater de rire, mais le mal était fait. Elle fut déconcentrée et rata son coup. Et là, il ne put se retenir et partit d’un franc éclat de rire.
- Tu te moques là ! Fit-elle faussement vexée.
- Non ! Je t’ai déjà dit que…
- Si tu te moques !
Elle s’approcha de lui et pointa la manette dans sa direction.
- Tu es mauvaise joueuse donc ?
- Non… Mais on avait dit qu’on ne se moquait pas.
- Et je ne me moque pas. Je trouve juste que ta façon de te concentrer est…
Il s’interrompit. Dans l’instant de complicité qu’ils vivaient tous les 2, il s’apprêtait à lui révéler un peu ce qu’il ressentait. Il allait lui dire qu’il trouvait sa façon de se concentrer attendrissante.
- Ma façon de me concentrer est… Est quoi ? Je suis si nulle que ça ?
- Non ! Répondit-il en se ressaisissant. C’est juste que… Tu veux que je te montre comment faire ? Reprit-il sérieusement.
- Je…
Il lui prit la manette des mains et lui demanda de regarder ce qu’il faisait. Lentement il fit tous les gestes comme s’il s’apprêtait vraiment à lancer la balle de golf à l’aide de son club. Lilly était concentrée et le regardait faire avec attention. Il frappa la balle et lui demanda de jouer le 2ème coup. Elle s’exécuta, mais frappa trop fort. Il oublia que c’était à lui de rejouer, et se plaça en face d’elle. Il lui demanda de reproduire les gestes en même temps qu’il les faisait. Voyant qu’elle se plaçait mal, il tenta autre chose. Il se plaça cette fois-ci derrière elle, superposa ses mains sur les siennes et lui demanda de le laisser faire. Surprise, elle s’exécuta. Il ne se rendait pas compte de ce qu’il faisait, et elle ne semblait pas non plus dérangée. Il la guida du mieux qu’il put et lorsqu’ils relâchèrent le bouton qui permettait de lancer la balle, Lilly vit que celle-ci prenait une toute autre direction qu’au tour précédent. Satisfaite, elle regarda la trajectoire de sa balle et sourit. Il avait toujours gardé ses mains sur les siennes et sans qu’il ne s’en aperçoive, avait resserré la pression de ses doigts. Une douce chaleur l’envahit, et en aucun cas, il n’aurait voulu que cela s’arrête. Il résista à l’envie qui le tenaillait de la prendre dans ses bras, mais il savait que s’il ne disait rien, ou si elle ne faisait aucun geste, il risquerait de se laisser aller. Son cœur s’emballait pour finalement marteler dans sa poitrine. Jamais il n’aurait pensé ressentir à nouveau cette sensation, et cette torture de ne pas pouvoir concrétiser son envie de l’embrasser dans le cou.
De son côté, Lilly commençait à ressentir une petite gêne sur la proximité de son collègue. D’autant plus qu’elle sentait son souffle chaud dans son cou. Elle était à mille lieu d’imaginer ce qu’il se passait dans la tête du jeune inspecteur. Elle ne l’avait jamais ressenti auparavant ce trouble. Même lorsqu’elle s’était laissée aller, et que lors de son retour de convalescence, il l’avait serré dans ses bras. Elle avait toujours les yeux rivés sur l’écran malgré tout, et lorsqu’elle vit la balle rentrer dans le trou, elle s’éloigna vivement de lui, et s’écria :
- J’ai réussi ! J’ai réussi !
Tout en disant ces paroles, elle s’était retournée et le regardait avec un sourire radieux, et ne put empêcher un saut de victoire. Cette réaction, soulagea Scotty, mais lorsqu’il vit le sourire et le saut, il ressentit de nouveau la même sensation. Et il comprit que tout ce qu’il tenterait pour essayer de s’en dissuader échouerait. Il était tombé amoureux d’elle, et plus il essaierait d’effacer ce sentiment, plus celui-ci augmenterait en intensité. Il prit sur lui, et machinalement, consulta sa montre.
- 11h ! On va chercher cette cafetière et on rentre ! Je ne sais pas quelle excuse on va trouver pour le boss, mais va falloir qu’on réfléchisse.
- Réfléchir ! C’est dans tes cordes ça Valens ?
Il ne répliqua pas, et évita de soutenir son regard. Il fallait qu’il lui fasse comprendre sans se dévoiler que leurs petites chamailleries devaient s’arrêter là. Lilly régla la cafetière, et se promit de revenir un peu plus tard, acheter son expresso. Elle s’assit dans la voiture, côté conducteur, ce qui fit sourire son partenaire.
- Je n’y crois pas trop là, Lilly !
- Ce n’est pas ta voiture à ce que je sache ! C’est une de la flotte automobile du commissariat, où tu bosses. Et j’y bosse aussi, ce qui me donne donc le droit de la conduire aussi ! Fit-elle en le narguant. Et puis, le réservoir est bientôt vide et j’ai horreur de remettre de l’essence ! Ajouta t’elle malicieusement.
- Tu sais que tu…
- Je quoi ? Lui demanda t’elle avec un petit sourire. Attention à toi, quand on me contrarie, je me venge !
Il monta dans le véhicule, et 5 minutes plus tard, elle s’arrêta dans une station service. Elle lui lança un petit regard et s’avouant vaincu, il descendit. Elle alluma l’autoradio, et chercha une station. Elle en trouva une et augmenta le volume. Rehab d’Amy Winehouseretentit alors dans l’habitacle. Elle en oublia son collègue qui remettait de l’essence et qui attendait dehors, et se mit à chanter. Intrigué, il jeta un rapide coup d’œil, et fut encore plus sous le charme. Sa collègue chantait et dansait, en augmentant au fur et à mesure le son avec les commandes situées au niveau du volant. Bien qu’elle sache ce que la chanson racontait, l’air entraînant l’emportait. Ils arrivèrent 10 minutes plus tard devant le central et se garèrent dans le parking. Lilly descendit la 1ère, ouvrit le coffre et en sortit le carton qui contenait la nouvelle cafetière. Scotty l’arrêta dans son élan.
- On dit quoi à Stillman sur notre retard ?
- Que le choix de la cafetière parfaite a prit plus de temps que prévu ! Fit-elle avec un clin d’œil.
Elle s’éloigna, le laissant en arrière. Il la rattrapa et la devança. Il se planta devant elle, l’empêchant de continuer. Il savait que ce moment ne reviendrait pas de si tôt.
- Attends Lil !
Il s’approcha doucement, et l’embrassa sur la joue. A ce contact, il ressentit un frisson le parcourir, et dû lutter pour ne pas aller plus loin. De son côté, la jeune femme surprise, n’eut pas le temps de l’esquiver. Elle ne trouva pas non plus le courage de le repousser. Il recula de lui-même, en prenant sur lui et évita de croiser son regard sachant qu’elle attendait une explication à ce geste spontané. Il hésita un long moment et finalement trouva l’excuse parfaite.
- C’était pour avoir réussi au golf !
Elle sembla être d’accord avec cette récompense, mais se justifia quand même.
- Je n’ai pas gagné…
- On faisait une compétition ? L’interrompit-il.
Ils se fixèrent quelques secondes, et elle brisa le silence.
- Merci alors ! Dit-elle avec un grand sourire aux lèvres. Et ne t’inquiète pas, je ne dirais à personne que tu adores le café vanille de George…
Elle ouvrit la porte et entra dans le bâtiment, il la suivit et la porte se referma derrière eux.
Ainsi s'achève cette petite pause bien méritée !! Le prochain pagaraphe sera un retour à l'histoire normale !! J'espère que ce petit passage vous aura plus ;-)