Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Cold Case
Création : 13.08.2010 à 13h59
Auteur : Genna
Statut : Terminée
« Lilly vit à Chicago, une enquête la ramène à Philadelphie, et elle se retrouve donc confrontée à ce qu'elle essaie d'oublier. » Genna
Cette fanfic compte déjà 52 paragraphes
Lundi 3 septembre 2012, Chicago, 18h25. Hôtel Four Seasons.
Lilly et Cathy attendaient qu'Emilia termine son service. Cette dernière arriva 10 minutes plus tard.
- Inspecteurs, ne m'en veuillez pas, mais cette journée m'a épuisé. Le congrès des chirurgiens, spécialité en neurologie nous donne beaucoup de travail.
- Je comprends, commença Cathy, mais l'enquête sur Andrew…
- Pourquoi chercher à faire souffrir les gens ?
- Nous ne faisons souffrir personne ? Répondit Lilly.
- Ah oui ? Steve m'a appelé… Il m'a demandé si j'étais au courant pour Andrew et Sam ? Vous n'appelez pas ça faire souffrir ?
- Emilia, ce n'est pas en nous répondant de la sorte que… Commença Cathy.
- Jack m'a parlé de vous, inspecteur, fit Emilia en désignant Lilly. Vous pouvez toujours enquêter, malgré votre lien dans cette affaire ?
Lilly ne broncha pas. Répondre à cette provocation serait une erreur de sa part.
- Comment avez-vous réagi quand Samantha vous a avoué…
- Non, non, non… ne faites pas ça inspecteur Rush. Ne cherchez pas à…
- Emilia, s'il vous plaît, commença Cathy, nous savons qu'Andrew comptait beaucoup pour vous. Nous pensons savoir aussi que vous ne vous êtes jamais remise de votre séparation, ni de sa mort.
- Ne faites pas ça, inspecteurs… Ne…
- Je sais et je comprends ce que vous vivez, lança Lilly sans réfléchir. Vous pensez sûrement que vous êtes la seule à porter un lourd fardeau derrière vous. Vous pensez que la vie ne vous a pas épargnée, et que le bonheur est déjà passé et qu'il ne passera plus… Il faut y croire Emilia… Votre fils en est la preuve. Il est votre raison de vivre…
- Non, il me rappelle ma terrible erreur… Il me rappelle sans cesse que je me déteste d'avoir cédé… Il…
- Mais vous l'aimez. Vous l'aimez car Mickael fait parti de vous, de votre vie… Le lui avez-vous dit au moins ? Lui avez-vous au moins une fois témoigné de l'affection, à d'autres moments que lorsqu'il était bébé ? Vous avez une sacré chance, votre fils est toujours en vie, il va subir une greffe de cœur, qui lui permettra sûrement de mieux se battre…
- Vous ne savez pas ce que c'est inspecteur Rush…
- Oh que si, croyez-moi… Seulement, je ne saurais jamais pourquoi et de quoi ma fille est morte. Je peux juste me rappeler ces 3 semaines de bonheur intense, ces 3 semaines où ce petit être me rendait folle de joie… Ces 3 semaines où ma vie avait enfin un sens. Alors, oui, je sais ce que vous avez enduré, Emilia.
Emilia regardait Lilly et baissa la tête.
- Quand Sam m'a avoué pour Andy et elle, je ne l'ai pas cru.
Flash back.
Hôpital de Philadelphie. Emilia et Samantha se tenait devant une petite vitre. Elles regardaient les médecins s'occuper de Mickael.
- Emi… Tu n'es pas obligée tu sais.
- Il sera nettement plus heureux avec Steve et toi, qu'avec moi… Je…
- Tu es sa mère Emilia !
- Oui, et toi tu peux lui donner un père.
- Emilia…
- Non… Ma décision est prise, Sam.
Emilia regarda alors Samantha, cette dernière baissa la tête.
- Quoi ? Sam, qu'est-ce qu'il y a ?
Samantha emmena la jeune femme hors de l'établissement.
- Emi, voilà ce que je vais te dire est… Comment dire…
- Sami, tu me fais peur là ! Qu'est-ce qu'il y a ?
- C'est au sujet d'Andrew… Et… Moi, fit-elle en baissant la voix.
Emilia dévisagea alors la jeune femme qui se tenait devant elle. Elle ne comprenait pas où son amie voulait en venir.
- Andrew et toi ? Quoi qu'est-ce qu'il y a ? C'est Steve ? Il y a un problème avec Steve ? Demanda t'elle affolée.
- Emi… Quand vous avez rompu Andy et toi, il était si… Il ne savait plus où il en était. Alors quand en plus il a appris que tu étais enceinte de Jack, il… J'ai eu peur qu'il fasse une grosse bêtise… Je suis allée le voir un soir…
- Non, Sam… Tu… Vous, n'avez pas fait…
- Peu de temps après, Andy a cru qu'il devait être aussi honnête que moi je l'avais été vis-à-vis de lui, et m'a appris l'infidélité de Steve… Et c'est à ce moment que…
- C'est une mauvaise blague… Tu me fais marcher là, Sam. Andrew et toi ?
- Je suis désolée Emi… Je…
- Et pourquoi me dis-tu cela maintenant ?
- Parce que tu es sur le point de me confier ton fils, et que je me dois d'être honnête ?
- Honnête ! Tu es honnête ? L'honnêteté aurait été d'arrêter, ou non de ne pas commencer. L'honnêteté aurait été que tu m'en parles avant…
- Emi, je suis désolée…
- Laisse-moi !
- Emi…
- Je sais que je suis loin d'être parfaite, mais moi, je n'aurais jamais brisé la confiance que tu as en moi. Je n'aurais jamais été jusqu'à te voler ton mari !
Emilia s'en alla laissant Samantha seule.
Fin du flash.
- Je ne leur ai confié Mickael, seulement parce que je savais que Steve vivait très mal le fait de ne pas avoir d'enfant.
- Nous comprenons, la rassura Cathy.
Elles prirent congés et sortirent de l'hôtel. Lilly n'avait pas desserré les dents depuis sa confession. Elle ne s'était pas rendue compte de ce qu'elle faisait, mais au moment où elle le disait elle avait ressenti comme un poids en moins sur le cœur. Alors que Cathy conduisait, Lilly sortit son portable, elle appuya sur le dossier message et sélectionna le répertoire. Elle hésita un long moment avant de finalement refermer le clapet.
- Lilly, pourquoi n'as-tu jamais… Fit Cathy.
- Je n'ai pas très envie d'en parler Cathy.
Cathy comprit et pensa qu'après tout, cela était normal que sa collègue ne dise rien. Elle venait sans doute de passer une première étape et il fallait la laisser réaliser d'abord. Elles arrivèrent en silence au commissariat et résumèrent leur entretien. Dave les informa que la crim de Philadelphie étudiait aussi les lettres retrouvées dans les affaires d'Andrew.
Lundi 3 septembre 2012, Chicago, 22h45. Appartement de Lilly Rush.
Lilly avait entrepris de faire un peu de classement dans ses papiers et factures qui s'étaient amoncelées. Levant la tête, elle décida de faire une pause. Elle alluma son ordinateur, et consulta ses mails. Cependant elle du relire 2 fois le nom d'un expéditeur : Mike Valens. Elle hésita, puis finalement, cliqua sur le mail. Elle le lut 3 fois en tout, et elle ne savait pas ce qu'elle devait en penser. Mike lui demandait des nouvelles et avait parlé du seul Noël qu'elle avait passé en leur compagnie. Elle s'en rappelait parfaitement, elle se souvenait du matin du 25 décembre, où ils étaient tous réunis au pied du sapin à même le sol. Elle ne se souvenait pas d'avoir passé un aussi bon moment familial. A un moment, elle s'était levée et s'était isolée. Alegria, la belle-sœur de Scotty, l'avait alors rejoint.
Flash back.
- Ca ne va pas Lilly ?
- Si… Seulement… Fit-elle en regardant d'un œil attendri les 2 frères et le petit Emilio.
- Regarde-moi ça ! C'est un jeu pour enfant et qui joue avec ? De vrais gamins ces deux-là ! S'exclama Alegria en désignant Scotty et Mike.
Lilly sourit.
- Mais on les aime ces gamins… Continua t'elle. Ca fait plaisir de voir Scotty comme ça ! Il… Quand il te regarde, on a l'impression que tu es seule dans la pièce. Il oublie le reste. Et là, quand je te vois les observer, et bien c'est la même expression que je lis dans tes yeux.
- Arrête…
- Non, crois-moi Lilly. Quand un des frères Valens te met le grappin dessus, il ne te lâche pas de sitôt.
- Tu parles d'expérience, donc ! Fit Lilly en riant.
Alegria l'imita, si bien que les 2 frères les dévisagèrent surpris.
Fin du flash.
Lilly souriait bien malgré elle. Mike avait noté son numéro de téléphone à la fin du message. Elle n'en fit rien, et décida de continuer sa lecture de mails. Trente minutes plus tard, elle recliqua sur le message, et resta dessus. Elle se leva, se dirigea vers sa cuisine, se servit un verre d'eau, et retourna vers son ordinateur. Son chat s'était installé juste devant l'écran, elle le prit sur ses genoux, et bu une gorgée d'eau. Elle appuya sur le bouton « répondre ».
Mardi 4 septembre 2012, 8h. Chicago. Bureau de la criminelle.
Lilly était assise à son bureau et attendait qu'Anthony arrive pour se rendre sur les lieux d'un crime. Une prostituée avait été retrouvée morte dans un parc. Elle vit soudain Jack arriver, elle se leva quand il se dirigea vers elle. Il demanda à la voir, elle refusa, il l'insista, donc elle accepta de le voir dans une des salles d'interrogatoire.
- Jack, si ça ne concerne pas l'enquête…
- Emilia est venue me voir hier. Elle m'a dit que vous la soupçonniez…
- Je n'ai pas le droit de t'en parler Jack.
- Ca vous amuse de remuer le couteau dans la plaie ?
- Quoi ?
- Pourquoi faire souffrir…
- Eh attends une minute… Nous ne faisons que notre travail. C'est Steve qui est venu vers nous, je te rappelle. Tu lui aurais parlé des affaires classées.
- Il y a un truc que tu ne sais pas… Emilia a fait une grave dépression quand Andy est mort. Elle a failli mettre fin à ses jours quand Samantha lui a appris…
- Tu étais au courant ? Fit Lilly stupéfaite. Tu étais au courant, et tu n'as rien dit !
- Je n'ai rien dit car je suis sous serment. Emilia était ma patiente…
- Toi ? Un médecin urgentiste…
- Je n'ai pas le droit de divulguer ce qu'un patient me dit.
- Il y a un truc que je ne comprends pas. Pourquoi se serait-elle tournée vers toi ?
- Parce que je suis la seule personne avec Steve qui ne l'a pas abandonnée.
- Mais tu as contribué à son état… Tu agis par culpabilité ?
- Emilia n'est pas bien, et…
- Ce n'est pas à toi de m'interdire d'enquêter, Jack ! S'exclama Lilly sur un ton autoritaire.
- Il y a déjà eu trop de décès dans cette histoire… Il t'en faut un troisième ? Répondit Jack sur le même ton.
- Un homme est mort, et mon devoir est de… S'emporta t'elle.
- Il est bien plus important que la santé mentale des gens ! Fit-il en la toisant du regard. Ou est-ce parce que tu n'as plus que ton travail dans la vie ? Continua t'il plus calmement en baissant la voix et en la dévisageant toujours.
- Sors d'ici Jack ! Hurla alors Lilly.
- J'ai touché le point sensible, et j'ai dévoilé une vérité ! Tu te réfugies dans ton travail, car tu n'as rien d'autre. Tu fuis, ou pense faire fuir tous ceux qui tiennent à toi…
- Sors d'ici, Va t'en Jack ! Fit Lilly en retenant des larmes de rage.
Il l'écouta, ouvrit la porte et une fois sur le seuil, il se retourna.
- Il n'est pas trop tard Lilly… Tu peux éviter de faire souffrir les gens, et par conséquent te punir ou te faire souffrir aussi…
Il partit et Lilly claqua la porte violemment de rage. Un peu plus tard, elle se dirigea vers le bureau de son chef et lui demanda sa matinée. Intrigué, il ne répliqua pas, et la lui accorda.
Sans réfléchir, elle s'était dirigée vers le Cook County Hospital. Une fois arrivée, elle demanda à parler au Dr Mc Phee. On la fit attendre 35 minutes, et enfin, Jack arriva au niveau de la banque d'accueil du triage des patients. Quand il aperçut Lilly, il s'avança vers elle. Il comprit qu'elle voulait continuer leur discussion. Il s'excusa auprès de Franck, et lui demanda de prévenir le Dr Banfield qu'il prenait sa pause. Franck rouspéta un peu en disant qu'il n'était pas son secrétaire particulier. Tony Gates arriva juste au moment où Jack s'en allait avec Lilly.
- Il a l'air accroché à son inspectrice, dis donc ! Constata Tony.
- Non, j'ai entendu dire, que la crim avait rouvert une enquête…
- Et Jack y est mêlé ? Demanda alors l'infirmière Chunny Marquez.
- Non, tu crois que sa petite amie a le droit de l'interroger ?
Ils n'eurent pas le loisir d'en discuter plus, une victime d'un accident de voiture venait d'arriver. Tony s'en occupa alors, et demanda tout de suite les gaz du sang, et tous les premiers examens à faire.
Lilly et Jack marchaient le long des quais. Silencieux, ils n'osaient pas parler. Elle le fit en premier.
- Pourquoi… Pourquoi es-tu resté avec moi tout ce temps, si tu savais…
- Sans doute parce que moi aussi, j'aime me faire souffrir.
- Jack.
- Non, ce n'est pas grave Lilly. Je pensais juste que tu m'aimais au moins…
La jeune femme s'arrêta alors et se planta devant lui.
- Mais je…
- Non, Lilly. Ne te mens pas.
- Jack… Tu crois vraiment que je serais restée aussi longtemps avec quelqu'un que je n'aimais pas au moins un peu ?
- Lilly…
- J'en avais besoin… J'avais besoin de reprendre le contrôle de ma vie… Pour ça, il fallait que…
- Tu es en train de me dire que je t'ai servi de bouée de sauvetage ?
- Tu m'as dit l'autre jour que…
- Je suis aussi fautif dans cette histoire. J'ai continué d'espérer quelque chose qui… Je le sais que tu m'as aimé un peu… Mais pas comme…
- Tais-toi ! Lui ordonna t'elle en posant la main sur sa bouche. Là, il s'agit de toi et moi, pas de ce que j'ai pu vivre à Philadelphie.
Il lui retira sa main qu'il prit dans la sienne.
- Prends soin de toi Lilly. Tu as déjà franchi un énorme pas en me parlant. Tu croyais avoir accepté la situation, mais…
Il s'approcha lentement d'elle et l'embrassa. Elle s'abandonna quelques instants.
- Merci de m'avoir fait confiance, Jack.
Le portable de la jeune femme sonna alors, elle regarda l'appareil et s'excusa auprès de Jack. Il comprit et s'éloigna. Elle prit quelques secondes pour se ressaisir et répondit à Kat.
Mardi 4 septembre 2012, 12h. Philadelphie. Bureau de la criminelle.
Les lettres d'Andrew étaient éparpillées un peu partout sur les bureaux, Scotty en avait pris une partie. Carol qui était assise au bureau face à lui, en examinait d'autres. Ils y étaient depuis un peu plus de 3h maintenant, et la fatigue se fit ressentir. Elle leva la tête et observa quelques instants son collègue. Son visage était cerné et marqué par le manque de sommeil, sûrement. Elle se rappela que Lilly avait les mêmes signes sur son visage. Se sentant surveillé, Scotty leva à son tour la tête.
- Quoi ? Fit-il nonchalamment.
- Rien.
- Alors pourquoi tu me regardes ?
- Je n'en peux plus de lire, pas toi ?
- Une autre question comme réponse, on va avancer comme ça ! Ironisa t'il.
- Te moque pas de moi, Scotty.
- Je ne me moque pas !
- Alors, parle-moi mieux, tu veux ! Fit-elle embarrassée.
- Tu veux que je te parle comment ? Demanda t'il en feignant un ton moqueur.
- Comme quelqu'un qui me respecte, non pas comme quelqu'un qui me considère comme l'ennemi à abattre ! On bosse ensemble Scott !
- Oui, tu as raison sur ce point… Nous ne faisons juste que bosser ensemble !
- C'est pas vrai, Scotty ! Ne me dis pas que…
- Je ne te dis rien Carol, c'est toi qui fais des conclusions hâtives.
- Ne rejette pas tout sur moi… Ce n'est pas parce que Lilly a fait un retour express, que tu dois agir comme à mon arrivée, en m'ignorant et en me considérant comme…
- Comme quoi ? Je… Tu…
- C'est à toi que tu te mens Scotty ! Ce qu'il s'est passé entre nous est une erreur, on en avait parlé, et on avait réussi à parvenir à un accord. Il suffit que Lilly revienne et apprenne ce que nous avons fait et… Il y avait toi et moi ! C'est toi et moi Scotty, pas seulement moi !
Le jeune inspecteur ne répondit pas.
- Tu m'en veux, et à elle tu n'arrives pas à lui reprocher sa relation avec Jack Mc Phee. Je te plains Scotty. Sincèrement…
- Le sujet est clos Carol. On arrête là !
- Très bien, mais ce n'est pas moi qui ai commencé !
Elle s'éloigna prétextant la sensation de faim qui commençait à la tenailler. Will, Kat et Nick étaient restés muets quant à ce qu'il venait de se passer. C'était la 1ère fois que Carol et Scotty se disputaient à ce point, et pour Jeffries et Miller, ils venaient d'apprendre leur secret.
Un peu plus tard, l'ambiance était pesante, mais la lecture des lettres avait de quoi occuper l'équipe. Kat interpella alors Will, elle lui montra un passage. Jeffries lui confirma que ses craintes pouvaient être fondées et alla chercher Stillman. Ce dernier demanda alors à la jeune femme d'appeler Lilly.
Mardi 4 septembre 2012, 16h. Chicago. Bureau de la criminelle.
Lilly était installée depuis plus d'une heure dans le bureau de son chef. Le substitut du procureur Dawson les avait rejoint. Cathy avait été appelée aussi.
- Sans preuve, on ne peut pas l'accuser ! Fit Thomas Dawson.
- Mais nous l'avons la preuve ! Répliqua Dave en brandissant le fax de la lettre qu'Andrew avait écrite.
- Il dit qu'il a rendez-vous effectivement, mais a-t-il eu lieu ? Ca on ne peut pas le certifier !
Lilly se taisait. Elle ne savait pas ce qu'elle devait penser. Dave lui fit la recommandation qu'elle craignait.
- Lilly, vous comprendrez que je ne peux vous laisser continuer cette enquête. Vous pourrez suivre les éventuels interrogatoires au poste, mais…
- Je comprends chef, je le sais bien.
- Comme je vous interdis dorénavant de le voir.
La jeune femme hocha la tête en guise d'acquiescement.
- Il faut demander à l'équipe de Philadelphie de chercher par tous les moyens possibles un éventuel témoin… Quelqu'un ayant vu une personne correspondant à la description de Jack Mc Phee, indiqua Dawson.
Cathy rejoignit Lilly qui s'était éloignée. Elle se tenait devant la fenêtre et regardait la pluie tomber. Le regard vide d'expression, elle fixait un point invisible au loin. Elle remarqua la silhouette de sa collègue dans la vitre.
- Ca va aller, Cathy.
- Ok, Lilly, mais…
- Cathy pas de ça. Ne fais pas ça.
- Je sais que tu as horreur qu'on te le dise, mais si tu veux parler…
- Merci Cathy. Je sais que je peux compter sur toi, merci.
Cathy comprit alors que la jeune inspectrice voulait se retrouver seule, et la laissa donc. Mais, à sa plus grande surprise, elle craqua.
- Il s'est servi de moi ! Il… Il savait ce que je traversais, et il a vu que je…
- Non, Lilly, ne fais pas surtout pas ça ! Ne culpabilise pas. Ce n'est pas à toi de te remettre en question.
- Même tout à l'heure, je me suis fait avoir…
- Quoi ?
- Il a essayé de m'embrouiller l'esprit avec Emilia… L'affaire, et quand je suis allée le voir à l'hôpital, il a fait comme si il regrettait ses paroles… Il s'est fichu de moi. Je me suis livrée à lui tout à l'heure, je lui ai avoué que je l'aimais… Je l'avais aimé.
- Hey Lilly ! C'est terminé entre vous, tu y as mis un terme. C'est toi qui as rompu, pas lui. Il a juste fait en sorte que tu… Pour le moment, le chef nous envoie sur une autre affaire.
- Tu abandonnes aussi…
- On ne peut rien faire pour le moment, c'est à Philadelphie qu'ils peuvent… Jack ne se doute pas que nous le soupçonnons ?
- Non, je ne pense pas.
Mercredi 5 septembre 2012, 10h. Philadelphie.
Kat et Nick étaient assis au bar du St Jones, Andrew avait été retrouvé un peu plus loin. Patrick St Jones arriva alors.
- Inspecteur, je vous ai tout dit. Je ne sais rien d'autre.
- Un meurtre se passe dans la ruelle derrière votre établissement, fit Nick, et vous voulez nous faire croire que vous n'avez rien vu ? Chaque établissement de ce genre, doit posséder des vidéo surveillances.
- Je vous ai déjà dit qu'il y avait une soirée étudiante…
- Et ? Demanda Kat.
- Je ne suis pas responsable de ce qu'il se passe en dehors de mon établissement !
- Andrew Foreman a été retrouvé mort derrière votre bar. Vous l'avez vu de vos propres yeux en jetant la poubelle, lui fit Kat.
- Vous n'êtes suspecté de rien, continua Nick, mais si vous nous cachez certains renseignements…
- Je me rappelle d'un truc assez bizarre, mais je n'en ai pas tenu compte, pensant qu'il s'agissait d'une dispute entre 2 étudiants.
Flash back.
Soir du meurtre d'Andrew.
Patrick sortit du bar, il avait fait ses recommandations à un de ses employés. Il était satisfait du monde qu'il y avait ce soir. La recette serait bonne. Il alluma sa cigarette et tira une première bouffée en soupirant. Il était un peu moins de minuit, et il lui restait à peu près 2 heures d'ouverture. Il entendit soudain des éclats de voix un peu plus loin. Il s'approcha, tout en restant caché. Il vit Andrew en train de parler vivement avec un autre homme qu'il ne voyait que de dos.
- Je pensais que tu étais débordé ? Demanda Andrew.
- J'ai pu me libérer…
- Autrement dit, quand tu m'as appelé tout à l'heure, tu étais…
- Andy… On va arrêter ça ! Nous ne sommes plus des gamins…
- Depuis quand ?
- Quand, quoi ?
- Ne fais pas l'idiot…
- J'ai surpris une de vos conversations téléphoniques. Sam n'avait pas fait attention, et quand elle eut terminé, elle m'a vu. Elle n'a pas nié, et n'a pas caché non plus…
- Tu lui as dit quoi ?
- Rien… Ce ne sont pas mes affaires…
- Tu rigoles ? Hurla Andrew. C'est de ta faute ! Tout… Si tu ne t'étais pas approché d'Emilia…
- Si tu ne l'avais pas délaissé, Andrew…
- Tu n'attendais que ça ! Tu as toujours été plus ou moins jaloux de nous… Sam et Steve, Emi et moi… Tu étais seul…
- Arrête tes conneries Andy…
- Le pire dans tout ça, c'est que j'allais te demander d'être mon témoin…
- T'es amoureux…
- Emi était la femme de ma vie Jack !
- Je te parle de Sam !
Andrew ne répondit pas.
- Andy…
- Mon frère est un imbécile… Il va voir tout le temps ailleurs… Sam et moi…
- Vous êtes…
Andrew baissa la tête, fixant le sol comme si il voulait creuser un trou.
- Notre amitié…
- Il n'y a plus d'amitié Jack ! Fit Andrew. Tu l'as détruite quand tu m'as prit Emilia… J'avais une confiance aveugle en toi… Je te considérais comme mon frère, je partageais tout avec toi, et tu n'as pas hésité à me poignardé dans le dos ! Sache que je n'aurais jamais fait ce que tu m'as fait !
- Ah oui ? T'as la mémoire courte, mon vieux… Rappelle-toi l'été où Emilia et toi avez commencé à vous fréquenter. Elle et moi, on passait du temps ensemble, et il a suffit d'une petite soirée de rien du tout… Une soirée que j'ai passé au chevet de mon grand-père… Et toi, tu en as profité pour te rapprocher d'elle…
- Tu es en train de me dire, que tu te venges ! Tu as eu une aventure avec elle par vengeance ? Vraiment, mon pauvre Jack, tu es tombé bien bas ! Je te plains de tout cœur, et comprends mieux pourquoi aucune fille ne reste avec toi ! Qui voudrait d'un looser comme toi ?
Jack ne réfléchit pas à l'acte qu'il allait commettre, mais il se rua sur Andrew et lui décocha un coup de poing en plein visage. Ce dernier hurla et lança un regard noir à son ami. Jack comprenant son geste, s'approcha de lui.
- Dégage, Jack ! Je n'ai pas besoin de toi !
Fin du Flash.
- Mc Phee est parti après cela ? Demanda alors Kat.
- Oui, et l'autre type se massait douloureusement la joue.
- Et c'est tout ? Continua Nick.
- Je n'ai pas vu le meurtre de ce type, juste la dispute !
- Pourquoi ne pas avoir dit cela à l'époque ? fit Kat.
- Parce que je connais un minimum la loi… Je suis tenu au respect de cette loi aux alentours de mon établissement. Je n'ai pas appelé les flics pour cette bagarre… J'aurais dû.
- Ce n'était pas un règlement de comptes à proprement parlé, lança alors Nick. Avez-vous la vidéo ?
- Je ne l'ai jamais regardé… Je l'ai gardé, mais je n'ai jamais pu vérifier si…
- Et vous n'avez pas cru bon de la donner à la police ? Fit Nick énervé.
- Je…
Le gérant ne répondit pas. Nick et Kat repartirent au central avec la cassette de la vidéo surveillance. Ils examinèrent donc le passage qui les intéressait, à savoir donc la dispute et la suite, mais rien. Pas de trace du meurtre d'Andrew.
Mercredi 5 septembre 2012, 22h. Chicago.
Lilly était assise sur un tabouret et accoudé au zinc du Lounge Coffee qui venait d'ouvrir ses portes. Elle fixait son verre depuis plus de quinze minutes maintenant. Elle leva la tête et contempla le regard absent les 3 autres qui trônaient à côté. Elle n'avait plus la force de pleurer, elle n'en avait plus non plus pour se raisonner. Elle voulait oublier, tout oublier de ces dernières années. Son portable sonna, elle rejeta l'appel, aucune envie de parler, même à lui. Le petit appareil sonna de nouveau une minute plus tard et elle fit le même geste. Elle répéta encore une fois son acte, et après éteignit son téléphone.
Philadelphie, au même moment.
John Stillman s'énerva. 3 fois que Lilly lui raccrochait au nez, et cette fois, il tombait sur sa boîte vocale. Son énervement se transforma en inquiétude. Il ne voulait pas la perdre. Il ne savait pas comment lui faire comprendre qu'il était attaché à elle. Personne ne connaissait le lien qui les unissait, pas même Scotty. Il l'aimait comme sa propre fille. Il essuya donc une larme qui perlait au coin de ses yeux.
Jeudi 6 septembre 2012, 8h. Chicago.
Lilly venait d'allumer son portable et consultait son répondeur. Son cœur se serra lorsqu'elle entendit le message de son ancien chef. A sa voix, elle perçut de suite son inquiétude. Pourquoi lui causait-elle autant de soucis ? Cet homme avait été présent à tous les moments de sa vie, depuis ce fameux soir. Ce soir où elle avait reconnu celui qui lui avait fait du mal. Depuis, il veillait sur elle, comme un père sur sa fille. Elle décrocha son téléphone et l'appela. Au bout de cinq minutes, John la prévint qu'il arrivait. Au son de sa voix, elle n'insista pas.
Jeudi 6 septembre 2012, 15h. Chicago.
Stillman avait réussi à avoir un vol rapidement. Il avait contacté Dave par téléphone. Ce dernier lui avait demandé de ne pas trop ébruité l'affaire. Lilly n'avait plus de droit sur l'enquête, et il fallait respecter cette décision. La jeune femme sortit au même moment de la salle d'interrogatoire. Leur indic' avait enfin décidé de collaborer et leur avait donné le nom du coupable. En échange, elle avait dû accepter sa requête : une remise de peine. Quand elle aperçut Stillman dans le bureau de son chef, elle y entra sans prendre la peine de frapper, ce que Dave lui fit remarquer.
- John, mais qu'est-ce que… Commença Lilly.
- Rush, fit Dave sur un ton autoritaire, je ne vous ai pas autorisé à rentrer…
- Laissez Dave, je pense que Lilly peut entendre ce que j'ai à vous dire.
- Ok… Répondit Dave en s'avouant vaincu.
- Alors, j'ai demandé à l'inspecteur Miller de venir interroger Mc Phee, elle arrive demain.
- Du nouveau, alors ? Demanda Lilly.
- Je suis désolé, Lilly, mais je crains que oui, lui répondit Stillman.
- Ne soyez pas désolé…
- Comment cela ?
- Comment te dire ça Lilly… Commença Stillman.
- Je sais que Jack est devenu votre suspect numéro 1, l'interrompit Lilly. Il s'est servi de moi et je n'ai rien vu…
- Ne culpabilise surtout pas, Lilly.
- Je ne participe plus à l'affaire, c'est donc que je suis impliquée… lança la jeune femme.
Elle quitta la pièce en s'excusant. Il lui fallait voir l'ADA pour la requête du jeune Kevin Adams. Peu convaincue que celui-ci accepterait la décision du Procureur, elle essaya au mieux de plaider sa cause. C'est vrai que le jeune garçon risquait gros pour avoir dévoilé cette info. Elle décida donc de se concentrer uniquement sur cette affaire. Au moins, elle ne penserait plus à Jack et à sa trahison.
Au même moment, dans l'avion à destination de Chicago.
- Je n'avais pas besoin de baby-sitter, fit Kat à son voisin en riant.
- T'as entendu le Proc, il ne veut pas trop d'esclandre… Répondit Scotty songeur.
- Il t'a dit quoi le boss ?
- Il… Je ne lui ai rien dit…
- Qu'est-ce que tu as l'intention de faire ? S'enquit-elle suspicieuse.
- Rien… Juste que je n'ai qu'une seule envie… Que cette enquête se termine !
- Ouais, moi aussi, répondit-elle pas convaincue. Pourquoi n'as-tu pas prévenu Stillman alors ?
Scotty ne répondit pas, Kat se contenta alors de ce silence. Elle devina plus ou moins ce qu'il avait en tête. Elle retourna alors à la lecture de son magasine, et eut un petit sourire discret.
Jeudi 6 septembre 2012, 21h. Chicago.
Lilly était assise sur son canapé, Cathy sur une chaise. Elles essayaient de trouver la meilleure parade pour coincer le chef d'un gang qui sévissait en ville. Leur indic' leur avait donné tous les tuyaux pour le faire, mais un détail les gênait.
- Tu n'étais pas obligée de te retirer de l'enquête Foreman, Cathy, fit Lilly à sa collègue.
- Ne raconte pas de bêtises, Lilly. Il fallait quelqu'un pour t'aider sur cette affaire de toute façon.
- Oui, mais…
- Ecoute, on bosse ensemble… Ca fait 2 ans et je sais que…
- Merci !
Cathy n'insista pas. Sa partenaire n'avait pas pour habitude de remercier à tout va. Elle avait compris que c'était sa façon à elle de stopper une conversation. Le portable de l'inspectrice blonde sonna, elle répondit lorsqu'elle aperçut le numéro de Kat. La jeune femme venait d'arriver en ville et lui demandait si elle savait où se trouvait Stillman. Lilly lui répondit qu'aux dernières nouvelles, il était resté avec son chef.
Vendredi 7 septembre 2012, de Chicago.
Stillman, Kat, Scotty et Dave étaient installés dans le bureau de ce dernier. John avait au préalable demandé au jeune latino le pourquoi de sa présence. Devant l'absence de réponse cohérente, il comprit et ne put que soupirer il en avait passé des heures à essayer en vain de faire comprendre à Scotty qu'il fallait laisser le temps se passer, celui-ci n'était pas décidé à abandonner. Ils avaient donc convenu de convoquer Mc Phee au central, et de lui poser des questions. Selon la tournure de l'interrogatoire, ils dévieraient sur leurs soupçons.
Lilly et Cathy arrivèrent à leur tour, les mains chargées de café et autres friandises. Le 1er vendredi de chaque mois était dédié au petit déjeuner au sein de la crim', et petite variante, selon les mois soit les garçons apportaient le nécessaire, ou soit les filles.
- Enfin ! s'écria Anthony. Je commençais à désespérer les filles.
- Où est donc passée ta patience légendaire ? demanda Lilly en étouffant un rire.
- Mais je suis patient ! Je suis même un exemple à suivre… Juste que là, je constate que vous avez du retard…
Il n'attendit pas que Cathy dispose les viennoiseries dans les plats qu'il se servit un beignet, et prit une tasse de café. Lilly éclata de rire.
- Ah oui ! Je vois, tu es effectivement un exemple à suivre Anthony ! fit-elle en reprenant un peu de son sérieux.
- C'est quoi cette provocation, Rush ? demanda t'il en la pointant du doigt.
- Attention, Lilly, fit Cathy, tu es en train de défier notre cher Anthony Samuels ! A ta place, je me méfierais de l'eau qui dort ! Poursuivit-elle en riant à son tour.
Ils éclatèrent de rire tous les 3, ce qui fit sortir Dave de son bureau. Voyant son équipe en train de savourer café et viennoiseries, il se souvint de la tradition. Stillman et Kat l'avaient suivi. Anthony s'arrêta alors et désigna la porte du bureau de leur chef aux 2 filles.
- Café, chef ? Demanda alors Lilly avec un énorme sourire.
- Dépêchez-vous, car Anthony est très patient ! Railla alors Cathy en répondant au sourire de sa collègue.
Lilly regarda dans la direction de Dave et vit Kat et John. Elle se dirigea vers eux, et leur tendit une tasse de café en les saluant. Elle ne comprit cependant pas le regard de son amie.
- Surtout, ne pas écouter Cathy et Lilly, se plaignit Anthony en regardant John et Kat, elles ne font que m'embêter… Au fait, je suis Anthony Samuels, et là c'est Cathy Winston, fit-il à l'intention de Kat.
- Kat Miller, répondit celle-ci. Merci pour le café Lil', poursuivit-elle en baissant la voix.
- De rien. Allez, venez vous servir avant que Samuels ne dévore tout avec patience. Répondit Lilly avec un sourire moqueur pour son collègue.
- Tu vas me la faire longtemps, celle-là Rush ?
- Aussi longtemps que tu nous montreras ta patience légendaire ! S'exclama t'elle sur un ton enjoué en mimant des guillemets.
Son sourire disparut cependant d'un seul coup. Elle venait d'apercevoir Scotty qui se tenait dans l'entrebâillement de la porte. Il était sortit du bureau depuis un moment, et ne se lassait pas du spectacle qui se tenait devant lui. L'attitude de la jeune femme l'avait totalement stoppé dans son élan. La voir sourire et se moquer gentiment de ses collègues était un délice pour lui. John et Kat se regardèrent le visage inquiet, tandis que Cathy et Anthony se demandaient ce qu'il se passait. Aucun des 2 inspecteurs n'esquissait le moindre geste, leur regard accroché l'un à l'autre. Scotty déglutit difficilement, et salua sa collègue sur un ton neutre. Elle lui répondit sur le même ton également et détourna son regard. Kat, voyant que l'atmosphère devenait pesante la brisa.
- Nous ne savions pas que le chef était déjà sur le place, Lilly…mentit-elle. Et Scotty m'a accompagné pour…
- Ok ! Répondit celle-ci sans grande conviction.
- Lilly, je crois qu'il faut qu'on aille voir le procureur… Tenta alors Cathy en comprenant qui était le jeune homme. Il doit nous donner la réponse concernant Kevin Adams…
Lilly suivit alors sa collègue sans aucun mot, bien trop abasourdie. Avec le rebondissement dans l'affaire Foreman, elle en avait presque oublié Scotty. Le revoir à cet instant, l'avait ébranlée psychologiquement. Une fois dans l'ascenseur, elle s'adossa alors contre la paroi et soupira en fermant les yeux. Cathy la regarda.
- Tu veux qu'on prenne une minute…
- Le procureur nous attend Cathy ! lança Lilly la voix tremblante mais assez autoritaire pour faire comprendre que ça allait malgré tout.
- Lilly…
- Ca va, Cathy… Ca va ! J'ai juste besoin de silence, là tout de suite !
Elle ferma encore les yeux essayant de calmer les battements de son cœur. Mais rien n'y faisait. Elle avait remarqué le regard de son ancien partenaire. Un regard qu'elle ne connaissait que trop bien, un regard qui la faisait chavirer à chaque fois autrefois. Un regard qui trahissait ce qu'il ressentait pour elle, à chaque fois qu'elle y avait le droit. Un regard qui continuait de la faire craquer même aujourd'hui.
Dave demanda ce qu'il venait de se passer, John lui expliqua alors que Lilly et Scotty s'étaient séparés dans de très mauvais termes. Il hocha la tête sans demander plus de détails, il comprenait ce que son homologue lui avait dit. Scotty, quant à lui, avait décidé de faire comme si de rien n'était. Il s'approcha alors de Kat et demanda à Dave de lui expliquer comment trouver Jack.
- Scotty, je ne crois pas que vous devriez… Commença Stillman.
- Chef, ça va ! Je suis là avec Kat, je l'aide sur cette enquête.
- Non, Scott, remarqua cette dernière, je crois que le chef a raison. Que tu viennes avec moi interroger Mc Phee est une erreur à ne pas commettre, tu n'es pas en état…
- Je connais mon job, Kat ! S'énerva Scotty.
- Scotty…
- Miller a raison, lança Dave. Ce n'est pas votre juridiction, et vu votre passé avec Rush, je pense que vous laisser interroger Mc Phee est une erreur… Aussi, Samuels vous aidera inspecteur Miller. John et vous, pourrez regarder l'interrogatoire, fit-il en regardant Scotty.
Vendredi 7 septembre 14h. Commissariat de Chicago.
Lilly arriva à son bureau et y jeta le dossier qu'elle avait en main.
- Tu peux me dire pourquoi on a perdu cette matinée ? Lança t'elle à Cathy énervée.
- Arrête Lilly…
- Kevin n'aura plus confiance en nous, et maintenant il est en danger ! Continua t'elle dépitée. Je déteste décidément ce procureur !
- On trouvera un moyen…
- Et comment ? Il avait confiance en nous… Tu sais combien de temps j'ai passé à instaurer cette confiance ?
Cathy ne répondit pas, elle avait remarqué Scotty qui venait de sortir de la salle d'observation. Lilly suivit son regard, et vit aussi le jeune homme. Elle l'ignora purement et simplement, ce qui eut pour effet d'agacer le latino. Il savait ce qu'elle faisait, elle lui rejouait encore une fois le rôle de « Reine des glaces ». Cathy quant à elle, ne savait plus ce qu'elle devait faire. Elle se dirigea vers le jeune homme et lui proposa un café, qu'il accepta. Lilly soupira et s'assit à son bureau en ouvrant son dossier. Il lui fallait voir un autre moyen pour que Kevin puisse s'en sortir, et cela lui permettait de garder la face vis-à-vis de son ex-coéquipier.
Pendant ce temps, dans une salle d'interrogatoire, Jack Mc Phee était assis, Kat et Anthony lui faisaient face.
- Ne niez plus, Jack, fit Anthony.
- Nous avons retrouvé la vidéo surveillance du bar où vous étiez le soir du meurtre, continua Kat.
- Et ?
- Votre attitude ne vous aide pas Jack, fit Anthony.
- Andy était mon meilleur pote…
- Voulez-vous qu'on vous repasse les images de la vidéo surveillance ? Demanda alors Kat.
- Vous n'avez jamais eu de divergences d'opinions avec des amis ?
- Jack, si vous continuez, intervint Anthony, vous serez considéré comme le suspect principal dans cette affaire.
- Je ne le suis pas déjà ? Ironisa Jack. Je pense oui, sinon, celle qui m'interrogerait avec vous inspecteur Miller, c'est Lilly Rush, et non…
- Oui, mais il vous faut vous contenter de nous, menaça alors Anthony.
- Ok, j'ai eu des mots avec Andrew.
- Des mots ? On vous voit le frapper, Jack. S'étonna Anthony.
- Je voulais m'expliquer avec lui. Je voulais qu'on règle cette histoire une bonne fois pour toute. Notre amitié ne méritait pas d'être brisée à cause d'une fille.
- Ah oui ? C'est pourtant vous qui avez commencé ! Ironisa Kat.
- C'est Emilia qui a commencé. Un été, on s'est rapproché, elle et moi. Et il a suffit que je la délaisse le temps d'un week end…
- Jack, arrêtez… Je n'y crois pas une seule minute, lança Kat. Ne rejetez pas tout sur elle, s'il vous plaît…
- Nous étions 2, dans cette histoire. Elle et moi. Elle aurait pu tout stopper…
- Comme vous auriez pu le faire.
- On ne refait pas le passé, inspecteur Miller. Vous pouvez le dire à l'inspecteur Rush, ça… On ne peut que vivre avec, et faire tout son possible pour l'oublier, mais tôt ou tard, il refait surface. Et ça, elle le sait pertinemment… Elle ne peut pas refaire sa vie en ignorant son passé.
- Laissez Rush en dehors de ça Mc Phee ! Lança Anthony en s'approchant de Jack.
Jack se tut et fixa Anthony. Il dévia son regard vers la vitre sans tain. Croyant que Lilly suivait tout. Il ignorait qu'en fait, la jeune femme n'y était pas, et qu'à la place Scotty assistait à l'interrogatoire. Ce dernier, s'approcha de la porte et sortit de la pièce. Au moment où il entrait dans le bureau principal, il vit Lilly et Cathy revenir.
Après avoir bu son café, Scotty décida de changer d'air. Plus il restait et plus Lilly s'enfonçait dans son boulot, et moins elle s'occupait de ce qu'il se passait autour d'elle, malgré les multiples essais de Cathy pour communiquer avec elle. Il se leva donc et sortit en lançant un regard à Cathy.
- Je sais que tu n'es pas obligée d'entretenir une longue et passionnante conversation avec lui, mais là tu joues vraiment à la parfaite idiote Lilly ! S'exclama Cathy.
- Ne te mêle pas de ça, Cathy s'il te plaît ! Rétorqua Lilly vexée.
- Je m'en mêlerai, tant que cela aura une incidence sur notre boulot ! T'as vu le jeu auquel tu joues depuis qu'il est là ? Arrête de jouer à la gamine, Lilly !
- Et bien, si tu n'es pas satisfaite, va bosser avec lui sur l'affaire Foreman, et laisse-moi tranquille ! Je n'ai pas besoin d'aide ! Je n'en ai pas demandé !
- Change d'attitude tout de suite, Lilly…
- Ou, quoi ? Tu vas faire un rapport au boss ?
- Se serait vraiment très dommage d'en arriver là à cause d'une broutille !
- Broutille ! S'étrangla la jeune femme.
Elle se tut aussitôt, comprenant que Cathy avait raison.
- Encore une fois, Cathy, ne t'en mêle pas. Laisse Scotty en dehors de notre boulot…
- Fais-en autant, et on pourra de nouveau parvenir à s'entendre, Lilly.
La jeune femme n'eut pas le temps de répliquer que la porte de la salle d'interrogatoire s'ouvrit brutalement. Jack en sortit et lança un regard à Lilly, qui se leva et sortit à son tour. Excédé, il la suivit alors et la rattrapa devant le commissariat. Il la força à se retourner sans se préoccuper de Scotty qui allait à la rencontre de la jeune femme. Ce dernier fit donc marche arrière.
- Tu as vraiment décidé de me pourrir la vie Rush !
- Ca te va de dire ça Jack ! Tu m'as manipulé ! Tu m'as menti !
- Oh et bien sûr, tu es une sainte !
- Je ne t'ai pas menti !
- Ah oui, et de me cacher que tu as perdu un enfant, c'est ce qui ne s'appelle pas…
- Tu n'avais pas besoin de savoir, Jack. Laisse ma vie passé en dehors, s'il te plait !
- Je ne demandais pas mieux, Lilly. Mais c'est à toi de l'oublier en premier ce passé, pas à moi !
- Pourquoi l'avoir tué ? Pourquoi avoir tué Andrew ?
Scotty décida d'intervenir, voyant que la jeune femme perdait pied.
- Lilly, arrête…
- Je ne t'ai pas parlé Scotty ! Hurla alors la jeune femme. Tu n'aurais jamais dû venir ici ! Tu n'aurais jamais dû chercher à…
- A quoi faire ? C'est toi qui es venue à Philadelphie ! Pas moi, Lilly.
Jack s'était éloigné pour finalement partir. Lilly s'en étant aperçue s'éloigna à son tour, voyant que Jack en avait profité pour éviter l'interrogatoire.
- Je n'ai pas fini Lilly !
- Moi si, je n'ai plus rien à te dire !
- C'est bien continue de m'ignorer, Lilly. Continue de te mentir, et continue de faire comme si tout allait bien pour toi.
- Et toi arrête de courir après quelque chose qui n'existe plus.
- Es-tu sûre de l'avoir réellement aimé pour ne pas lui avoir parlé de Julia. N'aies pas peur de me blesser Lilly.
- Ne prononce pas son nom ! Ne me parle pas d'elle, Scotty. Ne…
- Tu n'as pas répondu à ma question. Est-ce que oui ou non tu l'as aimé ? Ou est-ce que tu essayais de te convaincre que tu pouvais redémarrer une nouvelle vie juste en claquant des doigts ? Continua t'il en s'approchant de Lilly.
- (…)
- Très bien, j'ai la réponse à ma question, fit Scotty en s'éloignant de la jeune femme.
- Ne cherche plus à me revoir Scotty. Oublie-moi, et oublie tout ce qu'il s'est passé !
- Comme toi tu l'as oublié ? Fit-il en lui désignant la petite médaille.
Lilly fut stupéfaite et prit un temps pour répondre. Elle le fit sur un ton neutre mais distant et très froid. Elle pesa chaque mot, et les prononça lentement.
- Au moins, moi j'ai essayé de reconstruire ma vie ! On ne peut pas en dire autant pour toi ! Qu'as-tu fais toi ? Qui de nous 2 donc vit dans le passé ? Moi je n'ai pas couché avec la première personne que je croisais, pensant que ça résoudrait tous mes problèmes !
Scotty ébahi, ne répondit pas. C'était la deuxième fois qu'elle lui disait des mots qui n'avaient rien de gentils. La deuxième fois, qu'elle gagnait par KO. Il se demandait pourquoi elle remettait cette histoire avec Carol sur le tapis ? Il allait enfin répondre lorsqu'il s'aperçut que Dave et Stillman étaient descendus, Cathy les ayant prévenus de ce qu'il se passait. Sur un ton autoritaire, Dave interrompit les deux inspecteurs et leur demanda de remonter et de les attendre sagement. Lilly passa alors devant son chef et baissa la tête lorsqu'elle vit son regard. Scotty allait répliquer, mais Stillman l'en empêcha. Cathy et Anthony revenaient alors bredouilles. Mc Phee était parti en leur disant qu'ils devraient parler d'abord à son avocat.
Vendredi 7 septembre 16h35. Commissariat de Chicago.
Lilly et Scotty étaient assis dans le bureau de Dave. Stillman leur faisait face également. La jeune femme était curieusement silencieuse. Elle savait qu'elle avait laissé ses émotions prendre le contrôle. Après avoir entendu les remontrances de son chef, elle lui demanda si elle pouvait sortir, il accepta. Anthony la dévisagea alors, et voulut la suivre, mais Cathy l'en empêcha sachant que la jeune femme voulait être seule. Dave avait demandait à la jeune femme de prendre le reste de sa journée. Stillman ordonna alors à Scotty de rentrer à Philadelphie. Le ton employé ne laissa pas le choix au latino. Il quitta à son tour le bureau et demanda à Kat de le suivre, il devait lui parler.
Vendredi 7 septembre 19h. Commissariat de Chicago.
Ethan Smith, avocat de Jack Mc Phee, et ancien associé d'Andrew Foreman, était assis dans une salle du commissariat. Jack l'accompagnait, et Dave et John se tenaient debout.
- Qu'avez-vous contre mon client, lieutenants ? Demanda alors Ethan.
- Il est la dernière personne à avoir vu Andrew Foreman en vie, répondit Dave.
- Et cela fait de lui un suspect ?
- Vu qu'on le voit sur une vidéo avec la victime en train de se disputer et de se battre, oui, poursuivit Stillman.
- Donc, vous n'avez qu'une dispute et une bagarre, et vous accusez M. Mc Phee !
- Vous refusez de nous dire la suite des événements Jack ! Fit Dave.
- Parce qu'il n'y a pas de suite.
- Andrew a été retrouvé mort comme ça, par hasard, donc ? Demanda Dave excédé. Jack… si vous couvrez quelqu'un ou si vous mentez…
- Je ne couvre personne !
- Alors, dîtes-nous ce que vous ne nous avez pas révélé.
- Il n'y a rien à dire. Andrew a été agressé par…
- Vous n'avez aucune preuve ! Donc laissez-mon client tranquille ! Intervint Ethan.
- Depuis quand êtes-vous son avocat ? Demanda alors Stillman.
- Cette question est hors de propos.
- Oui, il vous paie combien pour vos services ? Continua Dave.
- Venez Jack, les flics n'ont rien contre vous, ils ne peuvent pas…
- Andrew vous avait piqué Emilia. Vous pensiez que ce petit béguin ne durerait pas, et puis vous vous êtes trompé…
- Stop lieutenants ! Ordonna Ethan. Si vous n'avez rien d'autre à dire à mon client, cet entretien est terminé.
Jack et Ethan quittèrent alors la pièce.
- Je suis persuadé que c'est lui, fit Dave à John.
- Nous n'avons aucune preuve de ce que nous avançons Dave. Il faut savoir accepter une défaite.
Dave acquiesça alors. Il savait que John avait raison, mais enrageait de ne pas pouvoir clôturer cette affaire.
Vendredi 7 septembre 20h. Chicago.
Kat avait appelé Lilly pour savoir si tout allait bien. N'ayant pas su quoi répondre, elle avait dû raccrocher en acceptant d'aller prendre un verre. Les deux jeunes femmes étaient donc installées dans un bar tout proche de l'hôtel où résidait Kat. D'ailleurs, cette dernière avait vu plusieurs personnes croisées un peu avant. Elle ne savait pas non plus comment mener la conversation, alors lorsqu'elle vit Cathy arriver, comprit que pour Lilly, le sujet était clôt.
- Alors, à quoi trinquons-nous ? Demanda Cathy sur un ton enjoué.
- A une soirée entre filles, fit Lilly, à une soirée où on va essayer de montrer que nous sommes nous aussi en droit de s'amuser ! Nous pouvons vivre sans eux ! Fit-elle en désignant une table où 4 hommes buvaient eux aussi un verre.
Kat faillit s'étrangler. Cela ne ressemblait pas du tout à son amie d'être aussi libérée dans ses actes et paroles. Elle décida néanmoins de jouer le jeu.
- Ok ! Donc à une soirée entre filles !
Cathy lança un regard à Lilly. Elle constata que la jeune femme n'en était pas à son premier verre. Elle fit signe à Kat, qui comprit son allusion, et lui promit silencieusement de veiller sur elle.
- Hey ! Vous n'êtes pas ravies d'être en week end ? Remarqua Lilly. Allez, haut les cœurs ! Deux jours à passer loin du boulot, loin de tout ! On fête ça !
- Lilly… Commença Cathy.
- Quoi ?
- Rien ! Fit-elle en voyant l'air de Kat. Ok, on trinque !
Un peu plus tard, Lilly sortit avec Cathy, Kat était déjà repartie vers son hôtel. Cathy avait promis de raccompagner Lilly, mais elle avait dû garer sa voiture dans le parking de l'hôtel, son macaron de flic lui était très utile lorsqu'elle ne trouvait pas de place. Lilly lui avait dit qu'elle abusait du système, et elle lui avait répondu qu'il fallait bien qu'ils aient certains avantages dans leur métier. Au moment de se diriger vers la voiture de Cathy, elles aperçurent Scotty qui sortait de la sienne, il avait dû faire un tour. Il fixa alors Lilly qui s'arrêta net de marcher. Aucun son ne sortait de leur bouche, et Cathy se sentit embarrassée. Lilly allait passer sa route lorsqu'il l'appela. Elle hésita, il insista et Cathy décida de les laisser seuls et se dirigea vers sa voiture.
- La discussion est close, Scotty, fit Lilly en essayant de paraître calme.
- Lilly… Il faut qu'on crève…
- On s'est tout dit ! Il faut savoir s'arrêter avant de tomber dans le…
- Ca ne peut pas s'arrêter comme ça Lil ! On ne peut pas se quitter comme ça, en étant en froid et en se détestant. Pour elle, on ne doit pas se détester, si on ne le fait pas pour nous.
- Il faut me laisser du temps, Scotty.
- Ce n'est pas en fuyant que cela se résoudra. La preuve, tu es partie à Chicago, et on en est toujours au même point toi et moi. On s'évite.
- Scotty je…
- Lilly, je n'arrive pas… Sans toi. Je ne peux pas lui dire au revoir sans toi.
Il s'approcha lentement de Lilly qui resta immobile, incapable de bouger.
- La preuve, tu m'as dit des choses blessantes tout à l'heure, et je n'arrive pas à t'en vouloir, car je sais qu'au plus profond de toi, tu ne les pensais pas. Je n'arrive même pas à t'en vouloir pour Jack, alors que lui je le déteste. Et toi, tu…
- Bonne nuit Scotty.
Elle allait partir lorsqu'il lui attrapa doucement le bras et la força à le regarder. Il lui caressa la joue, elle ferma les yeux et se laissa porter quelques instants par le flot d'émotion que ce geste lui procurait. Elle posa sa main sur la sienne et la serra. Il passa son autre bras autour de la taille de la jeune femme toujours en la fixant, et l'attira contre lui.
- Je n'ai pas oublié car je ne veux pas oublier. Je ne veux pas t'oublier Lilly, lui murmura t'il à l'oreille.
La jeune femme l'observa alors et sentit les battements sourds de son cœur qui martelaient sa poitrine. Lentement, il approcha son visage du sien toujours en la fixant, elle se laissa faire, ne sachant plus où elle était, la sensation qu'elle ressentait à cet instant la déstabilisait totalement la renvoyant à tous ces moments qu'ils avaient vécus. Ces moments, où elle était heureuse, ces moments où elle aimait et était aimée. Elle reprit tout à coup conscience, et recula brutalement de Scotty.
- Il est tard… Je… Cathy m'attend. Balbutia t'elle.
- Lilly…
- Bonne nuit Scotty.
Elle s'éloigna rapidement, priant qu'il ne la rappelle pas, sachant qu'elle ne résisterait pas plus longtemps. Le cœur toujours battant, elle lutait contre les larmes. Elle grimpa alors sans mots dans la voiture de sa collègue qui démarra sans demander son reste. La jeune femme se détourna alors vers la vitre, ferma les yeux et laissa les larmes envahir son visage en se mordillant les lèvres pour ne pas craquer. Scotty quant à lui, était resté immobile. Il décida de la laisser s'en aller, mais il avait remarqué le trouble de la jeune femme.
Lundi 10 septembre Season Hotel, Chicago.
Kat et Cathy étaient installées dans une salle de réunion, Emilia se tenait debout ne croyant pas ce que les deux inspecteurs lui avaient dit.
- Vous pensez vraiment que… Enfin, vous croyez que Jack…
- Il est le dernier à avoir vu Andrew en vie, répondit Kat.
- Oui, mais l'accusez de meurtre ! Il…
- Vous savez quelque chose ? Lui demanda Cathy.
La jeune femme ne répondit pas, et baissa les yeux pour fixer le sol. Kat saisit l'occasion qui se présentait.
- Vous étiez à Philadelphie, c'est ça ?
- Non… s'offusqua Emilia, je peux vous certifier que…
- Emilia…
- J'y étais oui, mais… J'ai vu Andrew l'après-midi même, à l'aéroport.
Flash Back.
Emilia attendait l'heure de l'enregistrement de son vol. Elle venait d'apprendre la relation entre Samantha et Andrew. La jeune femme venait de lui avouer. Emilia avait donc décidé de repartir pour Chicago. Elle entendit quelqu'un l'appeler, et se retourna.
- Vas-t'en Andy ! Fit-elle sur un ton autoritaire.
- Non, Emi, pas avant que tu m'aies écouté !
- Je n'ai pas envie de t'entendre !
- Emilia… Ne joue pas à ce jeu, s'il te plait ! Ne joue pas à celle qui…
- Samantha ! Tu aurais pu coucher avec une autre, non, c'est ma meilleure amie que tu as choisi ! La femme de ton frère !
- Eh, tu peux parler toi ! Je te signale que tu as fait…
- Oh, très bien ! Et pour te venger tu t'es dit que de te taper la femme de ton frère, et qui plus est ma meilleure amie, était la meilleure chose à faire !
- Arrête Emi ! Tu n'assumes même pas ton fils ! Tu n'assumes pas Mickael, le fruit de ta…
- Ne mêle pas Mickael à ça, Andrew ! Laisse-le en dehors de ça !
- C'est toi qui as tout gâché Emilia ! Pas moi…C'est toi qui es la seule coupable, pour nous…
- Ca y est Jack et Andrew sont de nouveaux les meilleurs potes !
- Non, Jack et toi, je vous ai rayé de ma vie.
- Sam… Tu… La femme de ton frère ! Tu étais témoin à leur mariage… Tu es tombé bien bas Andrew, vraiment…
- Tu ne vas quand même pas…
- C'est à Sam de lui dire… C'est à toi aussi de faire ce qui te semble le mieux approprié… Je n'ai pas à me mêler de leur couple. Et je n'ai pas à me mêler de ce qu'il s'est passé entre Sam et toi !
- Qu'est-ce qu'il s'est passé Emi ? Pourquoi ça n'a pas collé toi et moi ? Pourquoi…
- C'est qu'on ne devait pas finir notre vie ensemble.
Fin du flash.
- Et c'est tout ? Demanda Kat ahurie.
- Oui…
- Vous allez nous faire croire que…
- Je vous jure sur la vie de mon fils que c'est la dernière fois que j'ai vu Andy. Je…
- Etiez-vous au courant de la présence de Jack ? S'enquit Cathy.
- Non.
- Emilia…
- Seulement à mon retour sur Chicago… Je l'ai appelé pour lui donner des nouvelles de Mickael, et c'est là qu'il m'a dit qu'il avait été le voir. Il ne m'a rien dit d'autre.
Kat et Cathy prirent congés de la jeune femme. Les soupçons se confirmaient autour de Jack, Samantha, n'étant plus en vie, ne pouvait pas témoigner. Cathy appela son chef qui décida donc de contacter Ethan Smith.
Pendant ce temps.
Lilly tournait en rond chez elle. Elle avait appelé son chef pour lui dire qu'elle ne viendrait pas travailler ce lundi. Elle avait aussi ignoré les appels de John qui avaient suivi cette décision, jusqu'au 4ème où elle lui avait assuré qu'il lui fallait un peu de repos. Elle n'arrivait pas à oublier ce qu'il s'était passé ce week end.
Flash back. Vendredi 7 septembre 2012, 23h50.
Lilly était chez elle, et Cathy venait de partir. La jeune femme ouvrit alors un placard, en sortit un verre et y versa de l'eau qu'elle tira du robinet de son évier. Elle soupira après avoir bu et regarda l'heure. Elle décida donc de se coucher. 20 minutes plus tard, elle se releva, incapable de dormir. Elle erra quelques minutes dans sa cuisine, puis finalement se rhabilla, prit ses clés de voitures et sortit de chez elle. Elle roula pendant un peu plus de trente minutes, puis sans qu'elle ne s'en aperçoive réellement, se retrouva devant le Renaissance Hotel. Après avoir attendu devant pendant cinq minutes, elle remit le contact et s'éloigna en soupirant. Mais à un carrefour, elle fit demi-tour, et se gara sur la première place qu'elle trouva, sortit de voiture et se dirigea vers l'hôtel. Elle ne réfléchissait plus, et c'est donc sans réfléchir, qu'elle se vit sortir sa plaque et la coller au nez d'un jeune homme à l'accueil, en lui demandant de lui communiquer le numéro de chambre de l'inspecteur Valens, en certifiant qu'il s'agissait d'une enquête primordiale. C'est sans réfléchir non plus qu'elle se retrouva dans l'ascenseur, et qu'une fois arrivée devant la porte, frappa. Mais une fois celle-ci ouverte, la réalité refit surface violemment.
- Lilly ? Fit Scotty la voix encore enrayée.
- Je… Désolée, je ne voulais pas…
- Me réveiller ? Il est 2h du matin Lilly, tu croyais peut-être que…
La jeune femme s'éloigna en s'excusant, mais le jeune homme plus rapide la retint.
- Lilly, tu es venue pour…
- Rien, laisse tomber ! Je… J'ai agi bêtement !
Il observa attentivement la jeune femme. Ses yeux gonflés et rougis ne cachaient pas l'état dans lequel elle se trouvait. Doucement il essuya une larme imaginaire sur le visage de la jeune femme.
- Scott… Je…
- Chuuut Lilly, murmura t'il.
Elle planta ses yeux dans ceux du jeune homme et sentit le sol se dérober sous ses pieds. Il l'attira lentement dans la pièce et referma la porte. Toujours aussi lentement, il la prit dans ses bras, lui laissant alors encore le choix. Le regard toujours encré dans le sien, elle passa ses bras autour de son cou. Leurs cœurs cognaient, et leurs respirations étaient saccadées. Elle fit le pas qui restait à franchir, et posa ses lèvres sur celles de son ancien collègue, qui n'attendit pas plus longtemps et lui rendit son baiser. Les événements s'accélèrent alors et leur étreinte se fit plus passionnée. Il la plaqua doucement contre le mur et entreprit de la couvrir de baisers sur le visage et le cou, elle plongea sa main dans la chevelure noire du jeune homme en se mordant la lèvre inférieure. Ils sentaient les battements de leurs cœurs résonner dans tout leur être. Il remonta jusqu'à son oreille et lui mordilla délicatement le lobe. Elle soupira, puis le repoussa lentement.
- Scott, on…
- Mon vol est demain matin, Lilly. Je rentre à Philadelphie, lui répondit-il en la dévisageant.
- Tu…
- J'ai compris ce que tu vivais Lilly. Je… J'ai été égoïste, je n'ai pensé qu'à moi, qu'à ce que je ressentais, mais je…
- Scotty…
- On se dit au revoir, Lilly. Et je n'ai trouvé que cette façon pour le faire. Je l'ai compris bien avant que tu ne viennes… Mais quand je t'ai vu l'autre jour, j'ai…
Elle l'interrompit en posant sa main sur sa bouche, de l'autre elle lui attrapa une de ses mains et l'attira contre elle. Il l'embrassa alors, la prit dans ses bras et l'emmena vers l'intérieur de la chambre pour la déposer sur le lit.
Ce n'est que beaucoup plus tard, qu'il se réveilla, et voyant que ses bras serraient toujours la jeune femme, il se redressa et l'observa. Il caressa sa joue et replaça une mèche de cheveux qui lui barrait le front, et finit par lui déposer un doux baiser dessus. Il ne saurait dire ce qu'il ressentait à ce moment précis, tellement il était heureux. Il savait pourtant que ce bonheur était éphémère. Il repensa alors à son projet, et secoua la tête pour chasser cette idée. Ils s'étaient interdit de prononcer le moindre mot qui se rapportait à des sentiments, alors qu'il mourrait d'envie de lui dire qu'il était fou amoureux d'elle et qu'il ne concevait plus sa vie sans elle. Il se rendormit.
Lilly se réveilla, leva son bras, se saisit du portable de Scotty, et lut l'heure : 6h. Elle se redressa lentement en prenant soin de ne pas le réveiller, se leva et se rhabilla. Une fois prête, elle s'approcha de lui, s'assit sur le rebord du lit, prit une profonde respiration, et lui caressa la joue. Elle aurait tant aimé rester près de lui, sentir ses bras autour d'elle, voir son regard sur elle. Elle réprima un sanglot, mais il resta coincé dans sa gorge. Elle se leva, et sortit de la chambre. Une fois dans sa voiture, elle essuya d'un revers de main les larmes qui lui brouillaient la vue, et démarra. Ce n'est qu'une fois arrivée chez elle, qu'elle composa un message sur son portable : les simples mots : merci et au revoir qu'elle envoya à Scotty.
Fin du flash.
Toutes les 5 minutes la jeune femme vérifiait son portable instinctivement. Le message était resté sans réponse. Kat lui avait donné l'horaire de départ de Scotty, mais elle avait décidé de ne pas en tenir compte. Mais à 11h, elle regarda mécaniquement l'heure et eut une pensée pour le jeune homme. A partir de ce moment, elle calcula le temps de vol entre Chicago et Philadelphie. Elle ne savait pas pourquoi elle le faisait, mais elle en ressentait le besoin. Cette nuit, ce moment passé avec lui avait ravivé en elle pleins de choses. Devaient-ils se quitter de cette façon ? Elle n'avait pas la réponse. Aussi, elle décida de s'occuper, et se mit en tête de réaménager son appartement, enfin son salon. Scotty quant à lui, ne savait pas ce qu'il devait penser. A son réveil, il savait pertinemment qu'il n'y aurait pas trouvé la jeune femme, mais une partie de lui l'avait espéré. Avaient-ils commis une erreur ? Il ne savait pas non plus. Mais ce qu'il retint, c'est que pendant un instant, ils s'étaient retrouvés. Aussi, lorsqu'il lut le message de Lilly, il ne trouva pas de réponse à y apporter. C'était elle qui avait raison. Il prit donc l'avion à destination de Philadelphie, le cœur partagé entre courir la rejoindre et continuer leur vie chacun de leur côté.
Uns fois arrivé à Philadelphie, Curtis accueillit Scotty.
- Ca n'a pas l'air d'aller mon vieux ? Fit celui-ci.
- Pas assez dormi… Et…
- L'enquête est finie ?
- Non, je rentre c'est tout.
Curtis n'insista pas, voyant que Scotty n'était pas d'humeur à parler. Il devina alors la raison du retour précipité de son ami. Scotty passa devant lui et Curtis lui tapota gentiment l'épaule. Dans la voiture, le trajet se fit en silence, jusqu'à ce que Curtis s'arrête à un feu rouge. Scotty hésita alors, puis plongea sa main dans sa veste, sortit le petit écrin, et le tendit à son voisin.
- Ouvre-le.
Il s'exécuta, puis regarda la bague.
- Je suis touché, Scott, mais tu n'es pas trop mon genre d'idéal, fit Curtis pour détendre l'atmosphère.
Scotty sourit timidement.
- Sérieusement, tu allais à Chicago pour…
- Je ne sais pas… Je ne sais plus.
- Et… Tu n'as pas…
- L'occasion ne s'est pas présentée, mais… J'ai eu le sentiment que tout aurait pu reprendre entre nous.
- Elle te l'a fait comprendre ?
- Je ne sais pas.
- Je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre vous, mais une chose est sûre, il faut que tu saches Scotty.
- Que je sache quoi ?
- Ce qu'elle pense de toi ? Car tant que tu ne le sauras pas, tu te promèneras toujours avec cette boîte.
Scotty sourit timidement et reprit l'écrin pour le ranger dans sa poche. Curtis avait raison. Il fallait qu'il ait une réponse précise sur ses sentiments et ceux de la jeune femme.