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Série : Cold Case
Création : 13.08.2010 à 13h59
Auteur : Genna
Statut : Terminée
« Lilly vit à Chicago, une enquête la ramène à Philadelphie, et elle se retrouve donc confrontée à ce qu'elle essaie d'oublier. » Genna
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Lundi 10 septembre 15h. Chicago, Criminelle.
Contre toute attente, Lilly arriva. Dave ne lui posa aucune question, mais il n'ignora pas le regard de John. Elle demanda alors qu'on l'informe sur l'enquête Foreman, chose que Cathy fit, après avoir demandé silencieusement l'autorisation à son chef. Kat l'aida.
- Donc, si je résume, commença Lilly, Jack est le principal suspect, mais…
- Lilly… L'interrompit John.
- Laissez-là faire, coupa Dave, j'ai une intuition.
- Et que faites-vous des affaires internes, chef ? Demanda Lilly.
- Si vous arrivez à le faire tomber, Lilly, je ne vois pas pourquoi on devrait s'inquiéter…
- Ethan Smith et Jack ne devraient pas tarder à arriver, fit Stillman.
- Ethan et moi devons d'abord parler ensemble, continua Dave.
20 minutes plus tard, Ethan et Dave étaient dans le bureau de ce dernier avec Stillman. Jack attendait, assis dans une salle d'interrogatoire. Il n'avait pas croisé Lilly qui avait préféré ne pas se montrer. Kat s'approcha de la jeune femme.
- T'es sûre de toi Lil ?
- Oui, pourquoi ?
- Tu veux vraiment mener l'interrogatoire de Jack ?
- Je veux juste en finir une bonne fois pour toute avec tout ça !
Kat comprit qu'elle ne faisait pas seulement allusion à l'enquête, et ne rajouta rien à ce que son amie venait de dire.
- Vous avez pu parler, lui et toi ? Demanda t'elle juste.
- Je… Je préfère classer l'affaire, Kat, fit Lilly avec une hésitation que Kat nota.
- Ok.
Dave fit signe à Lilly, celle-ci le suivit donc.
- Vous n'entrez pas avec moi, chef ? Fit-elle surprise.
- Non, John vous assiste.
Lilly était donc appuyée contre le mur de la petite salle d'interrogatoire, John assis en face d'Ethan et de Jack. Ce dernier évitait le plus possible le regard de la jeune femme.
- Très bien, Jack, commença Stillman, nous avons parlé avec votre avocat…
- Tu jubiles, n'est-ce pas, Lilly, fulmina Jack.
- Taisez-vous Jack, lui intima Ethan. Laissez-moi gérer cela, au mieux, et racontez donc ce que vous savez.
- Ce que je sais ? Mais j'ai déjà tout dit…
- Emilia ne vous couvre pas, Jack, le prévint Stillman. Du moins, elle ne vous couvre plus.
- Dites ce que vous savez Jack, le supplia alors Ethan. Cela vaut mieux pour vous, je pense.
- Je pensais que vous étiez mon avocat, et que par conséquent, vous me…
- Oui, il te défendra, intervint Lilly, mais dans la mesure du possible, pas en s'opposant à la vérité.
- Tu as le droit de participer à l'enquête ?
- Dis-nous ce qu'il s'est passé, rétorqua t'elle.
- J'ai quitté Andrew juste après notre dispute. Mais il m'a rattrapé. Je l'ai ignoré, mais il m'a dit qu'il aurait besoin d'aide, il saignait, et…
- Aide que tu lui as apporté sans doute ?
- Je suis médecin, je… C'est mon devoir de…
Flash back.
- Attends, mets-ça sur ton nez, Andy, j'appelle une ambulance.
- Je ne suis pas handicapé, tu m'as cogné Jack !
- Il faut voir si ce n'est pas fracturé.
- Ca n'a pas l'air…
- Ecoute-moi un peu Andy, sinon pourquoi tu m'as appelé, si tu ne voulais pas que…
- Parce que tu es médecin et que…
- Je suis désolé, Andrew, vraiment, mais… Cette histoire…
- Pas de ça s'il te plait. Tu me soignes, et après on s'en va chacun de son côté.
- Andy, je n'ai pas envie d'être fâché avec toi, vraiment !
- Il fallait y penser avant de faire un enfant à ma fiancée ! Répondit sèchement Andrew.
- Tu as raison Andy, tu es un saint !
- Arrête de me jouer toujours la même musique Jack… C'est…
- Quoi ? Tu ne peux pas supporter qu'elle ait eu un souvenir de notre aventure.
A ces mots, Andrew se rua sur Jack et le frappa à son tour. Celui-ci se défendit comme il le put. Il aperçut un morceau de câble électrique qui traînait dans la ruelle, et entreprit d'essayer de faire lâcher prise à Andrew. Il l'entoura donc autour du cou de son ami et serra aussi fort qu'il le pouvait. Il savait qu'il aurait dû s'arrêter lorsqu'il avait senti le jeune homme se débattre pour prendre sa respiration. Il savait aussi qu'il aurait dû se raisonner, mais la rage avait pris le dessus. Il ne relâcha le câble que lorsqu'Andrew s'écroula à genou sur le sol. Il le regarda alors, les yeux révulsés par l'asphyxie, le visage écarlate par l'afflux trop important de sang. Il s'écroula sur le sol, inerte. Pris d'une panique soudaine, il se baissa et lui prit son pouls qu'il ne trouva pas. Il ne réfléchit pas à ce qu'il faisait, il fouilla dans les poches d'Andrew et en retira le portefeuille, qu'il jetterait dans une poubelle un peu plus loin, prenant soin de retirer tout l'argent qu'il y trouverait. Une fois terminé, il partit en courant, regardant d'abord si les alentours étaient libres.
Fin du flash.
Jack termina son récit en évitant le regard de Lilly. Celle-ci était restée muette de stupéfaction. Elle était convaincue de la culpabilité de Jack, mais ne s'attendait pas à cette histoire. Il serait condamné pour meurtre sans préméditation. Ethan essaya de négocier avec Stillman la légitime défense, mais vit qu'il pouvait toujours en faire la demande mais sans grande conviction. John passa les menottes à Jack, qui se retourna vers Lilly.
- Nous deux, ça aurait pu donner quelque chose… Si je n'avais pas eu de passé, et si tu n'avais pas eu le tien, je crois sincèrement que…
La jeune femme ne répondit pas, mais lança un regard vide d'expression à Jack. Elle n'avait plus la force de penser. Elle ne savait plus si elle s'était fait avoir en beauté, ou si Jack avait réellement éprouvé des sentiments pour elle. Aurait-elle pu oublier Philadelphie ? Elle n'aurait pas la réponse, encore moins maintenant. John, Ethan et Jack quittèrent la pièce, Lilly referma la porte et s'assit lentement sur une chaise. Dave qui observait avec Kat, derrière le miroir sans tain, fit un signe à la jeune femme. Il comprit que la jeune femme blonde voulait être seule. Elle savait qu'il y avait du monde derrière. Lilly attendit cinq minutes, une fois certaine d'être seule, elle frappa la table de toutes ses forces et des larmes vinrent éclabousser son chemisier. Ce n'étaient pas des larmes de tristesses, elle avait trop pleuré pour cela, mais des larmes de rages. Rage qu'elle n'arrivait pas à exprimer autrement pour le moment.
Samedi 22 décembre 2012, Chicago.
Un peu plus de 2 mois s'étaient écoulés. Lilly avait demandé à Dave des congés. Elle était partie un mois, et s'était rendue pendant quinze jours en Espagne. Elle y était revenue, reposée et détendue, enfin en apparence. Elle n'avait toujours pas réussi à faire son deuil, et le fait que Scotty ignore tous ses appels ne l'avait pas aidé pour autant.
Philadelphie.
Scotty avait décidé de prendre au mot et à la lettre le message de Lilly. La nuit qu'ils avaient passée ensemble était le plus beau cadeau qu'ils avaient pu s'offrir. Rester sur un bon souvenir, et non sur de l'ignorance. Il avait rangé bien précieusement l'écrin, qu'il ouvrait tous les jours pendant les premiers temps. Curtis avait raison, il fallait qu'il soit sûr des intentions de la jeune femme, il avait lut et relut le message dans tous les sens, et avait conclu que c'était un message d'adieu. Aussi, lorsqu'elle l'avait appelé, il en avait été tellement étonné qu'il avait préféré laissé son répondeur travailler. Il avait lutté très fort pour ne pas décrocher lorsqu'elle lui demandait des nouvelles. Puis, les appels s'étaient estompés pour finalement s'arrêter. Il s'apprêtait à passer les fêtes de fin d'année en famille avec son frère, mais le cœur n'y était pas. Il regarda l'endroit où se trouvait le sapin, et le flash back de Lilly et de lui le matin de Noël lui revint en mémoire. Mike le surprit.
- Hey, rêveur ! Il n'existe pas ce nain dans Blanche Neige, mais c'est à ça que tu me fais penser !
- Je ne t'avais pas entendu…
- Je vois ça ! Mais je ne savais pas que mon petit-frère croyait toujours au Père Noël, le taquina t'il.
Scotty sourit et lança une chaussette en laine à son frère qui l'esquiva.
- Hum… Va falloir que je t'apprenne à mieux lancer !
- Te moque pas, Mike ! Je t'ai dépouillé l'autre soir au poker !
- Oui… Mais va expliquer à ton neveu qu'il n'aura pas de beaux cadeaux à Noël, parce que son tonton adoré a volé son père !
Ils éclatèrent de rire.
- Tu penses à elle ? Je me trompe ? Demanda Mike après quelques instants.
Scotty ne répondit pas.
- C'est sans doute la meilleure chose à faire.
- Quoi ?
- Quand tu m'as confié ce qu'il s'était passé à Chicago entre vous, je t'ai conseillé de laisser du temps passer. Le temps est passé maintenant, et vous en êtes toujours au même point. Soit vous êtes trop fiers l'un et l'autre pour vous avouer vos sentiments, ou soit vous avez décidé de garder ce souvenir comme l'un des meilleurs, et que de vivre dans le passé n'était pas la meilleure chose à faire.
- Et c'est toi qui me disais de la reconquérir ! Mike, à quoi tu joues là ?
- A rien !
Le téléphone sonna venant les interrompre.
Lundi 31 décembre 2012, Chicago.
Lilly passait le réveillon avec Cathy qui l'avait traîné de force dans une fête. Un peu avant minuit, elle eut une idée. Elle activa la fonction de masquage de numéro sur son portable et composa celui de Scotty. Même si elle avait deviné et compris son intention d'en rester là, une force invisible la guidait. Il décrocha, et elle dû prendre un instant pour se ressaisir.
- Hey !
Ce simple mot provoqua une foule d'émotion chez le jeune homme, devinant instantanément qui était à l'autre bout du fil.
- Lil'…
- Je voulais juste te souhaiter une bonne année, Scotty.
- Tu…
- A Chicago, fit-elle en répondant à la question non formulée du jeune homme. Je sais que je suis en numéro masqué, mais… C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour te souhaiter mes vœux autrement que sur répondeur.
Scotty était muet. Il ne savait pas ce qu'il devait penser. Qu'elle pense à lui ce soir-là le déstabilisait.
- Bonne année à toi aussi Lilly, parvint-il à lui dire.
Un silence fit son apparition, Lilly luttant contre les battements de son cœur qui s'accéléraient, Scotty réfléchissant à ce qu'il pouvait dire d'autre.
- Je pense que d'ici quelques instants, on risque d'être interrompus, lui signala t'il. Je suis juste en face d'une horloge et il est bientôt…
- Je… Scotty, je…
Lilly entendit le carillon de l'église du village où elle se trouvait, sonner minuit. Scotty se tut aussi, et ils savourèrent ensemble cet instant.
- Bonne année, Lilly !
- Bonne année !
Ils raccrochèrent quelques secondes plus tard. Lilly resta sur le petit balcon regardant les effusions de joies qu'il y avait un peu partout. Cathy s'approcha.
- Alors, miss solitaire ! Que fais-tu ici ?
Elle ne répondit pas, laissant Cathy dans le doute.
- Tu l'as eu au téléphone ?
- Qui ?
- Ne joue pas à ce jeu, fit Cathy en souriant.
- Juste les politesses d'usage, répondit Lilly, rien d'autre !
- Ah oui, rien d'autre ? Demanda Cathy avec malice. Et ce petit sourire ?
- Je…
- Mais fonce ! Vas à Philadelphie ! Vas lui dire que tu ne peux plus vivre loin de lui !
- Bonne année Cathy ! Fit Lilly en faisant en sorte que Cathy se taise.
Comprenant qu'elle ne voulait pas parler de Scotty, Cathy s'approcha de la jeune femme et la serra dans ses bras.
- Je te souhaite pour cette année tout le bonheur que tu puisses trouver sur ta route, murmura Cathy, mais vas le chercher ce bonheur !
Lilly ne put s'empêcher de sourire. Si seulement c'était aussi simple.
Mardi 9 avril 2013, Commissariat de Philadelphie.
Le printemps faisait son grand retour à Philadelphie, amenant son lot de belles journées avec lui. Kat et Carol rédigeaient le rapport d'une enquête que l'équipe venait de terminer. Scotty et Will venaient juste de remonter des archives.
- Quelqu'un sait où le boss et Nick sont ? Demanda Jeffries.
- Stillman est parti en demandant à Vera de le suivre. Mais on n'en sait pas plus, fit Carol.
- Au fait, t'as réussi à te décider pour ton fils ? S'enquit Kat.
- Oui, ça sera une Nintendo DS.
- C'est toujours samedi la fête pour son anniversaire ? Se renseigna Scotty.
- Pourquoi ça t'intéresse Valens ? Remarqua Carol avec un petit sourire.
- Je m'intéresse à mes collègues, il n'y a rien de mal à cela !
Carol eut un petit sourire moqueur.
- Nancy m'aide, au cas où ça t'intéresse…
Will et Kat éclatèrent de rire. Ils aimaient voir l'ambiance au beau fixe. Carol et Scotty s'étaient expliqués calmement, et ils en étaient arrivés à classer définitivement le contentieux qu'il y avait entre eux. Carol avait cependant remarqué que Nancy, une mère célibataire d'un copain de son fils, n'était pas indifférente à son collègue. Elle le taquinait sans cesse maintenant qu'elle l'avait découvert.
- Pourquoi me dis-tu cela ? Demanda Scotty innocemment.
- Je commence à te connaître, maintenant, tu sais… Et puis je sais qu'à chaque fois, tu marches !
C'est à ce moment que Nick et John revinrent.
- Nous avons du boulot ! S'exclama juste le lieutenant.
- Une nouvelle enquête, chef ? Demanda Kat.
- Nous revenons de chez Steve Foreman, informa Nick.
- Steve… Mais le meurtre de son frère est classé, non ? S'étonna Scotty.
- Un nouvel élément, concernant la disparition de sa femme, répondit Stillman.
- Elle ne se serait pas suicidée ? Fit alors Carol stupéfaite.
- Miller, vous souvenez de cette hypothèse que vous aviez émise ?
- Selon laquelle Emilia ne serait pas blanche dans cette affaire ? Répondit-elle.
- Non, chef, vous croyez vraiment que… Commença Scotty.
- Ce n'est pas à exclure vu les différents rebondissements dans cette enquête, remarqua Nick.
- On fait comment ? Fit Kat.
- On enquête d'abord ici. Il faut que nous cherchions dans la vie de Samantha et de Steve, avant de voir avec Chicago… Indiqua John.
Scotty releva la tête et croisa le regard de son chef. Le simple fait d'évoquer le nom de cette ville lui faisait toujours plus ou moins de l'effet. Il s'était résolu à essayer d'oublier, de tourner la page, mais croyant y être arrivé, il s'aperçut que ce n'était pas le cas.
Chicago, Bureau de Dave de la criminelle, au même moment.
Dave raccrocha. John Stillman venait de lui apprendre le nouvel élément dans l'affaire Foreman, mais lui avait demandé de ne pas l'ébruiter. Il se leva, regarda ses agents mettre en commun leurs hypothèses dans une sombre histoire de meurtre dans une confrérie étudiante. Cette enquête n'en finirait donc jamais ? Il avait remarqué que Lilly avait été éprouvée par la résolution du meurtre d'Andrew, elle ne le montrait pas, mais il avait remarqué que son comportement avait changé. Elle était devenue nettement plus froide et distante envers les suspects et témoins, et il n'était pas rare, que ceux-ci le lui fassent remarquer. Elle ne parlait plus de Scotty non plus, bien qu'elle n'en ait jamais parlé auparavant, il avait remarqué que la simple évocation de Philadelphie la renfermait encore un peu plus dans sa coquille. Il se demanda cependant combien de temps, elle tiendrait en agissant de cette façon ?
Samedi 15 juin 2013, Philadelphie.
Scotty était debout, il regarda l'heure : 8h42. Dans sa cuisine, il regardait le chat qui mangeait, l'air pensif. Il avait de plus en plus de mal à faire comme si de rien n'était. Cela faisait un peu moins de deux mois qu'il fréquentait Nancy. Au début, Carol s'était mise en tête de jouer les entremetteuses. Scotty avait besoin de renouveau. Puis, il s'était pris au jeu, et avait trouvé des points communs avec Nancy. Elle dormait encore, il n'osait pas la réveiller. Son chat vint ronronner dans ses jambes, il se baissa et le prit dans ses bras.
Nancy avait choisi ce moment pour se lever. Pelotonnée dans un pull bien trop grand, elle marchait en chaussettes.
- D'accord ! Tu préfères faire des papouilles à ton chat ! Lança t'elle avec un petit sourire.
- Mais non… Je… Commença t'il surpris et gêné par le fait qu'elle l'ait découvert.
- T'es mignon, Scotty ! Vraiment ! Je ne pensais pas qu'un homme pouvait…
- Je te fais un café ?
- Oui, merci.
- Au fait, je ne te l'ai pas dit, mais je travaille cet après-midi.
- Tu…
- Je suis dans l'équipe d'astreinte.
- Le seul week-end que l'on passe ensemble depuis 3 semaines, et tu m'annonces à la dernière minute que tu bosses !
- Je remplace Vera ! Il…
- T'avais qu'à dire non ! S'énerva Nancy. J'ai vraiment l'impression que tu préfères ton travail à moi…
- Nancy… Je ne pouvais pas refuser, Nick m'avait déjà remplacé… Mais qu'est-ce que tu fais ?
- Je m'en vais… Matt est chez ma mère, mais puisque tu travailles, je vais passer la journée avec lui !
- Nancy…
- Parfois, j'ai vraiment du mal à te comprendre Scott ! Un coup, tu es adorable, attentionné… Et la minute d'après tu me fuis…
- Je ne… Je ne te fuis pas ! Je… J'ai juste un boulot qui me prend beaucoup de temps !
- Tu t'occupes des affaires classées ! Les victimes sont mortes depuis pas mal de temps… Alors qu'elles attendent un jour de plus…
- Carol fait ce boulot aussi, et tu ne lui dis rien !
- Carol n'est pas ma petite amie ! Toi si !
Nancy se leva et quitta la pièce, laissant le jeune homme seul. Il but le reste de son verre de jus d'orange, et se dirigea vers la salle. Cinq minutes plus tard, Nancy quittait l'appartement. Il savait qu'il leur faudrait parler, mais il ne savait plus ce qu'il devait faire. Continuer ou arrêter ? Ni l'un, ni l'autre n'avait fait attention au répondeur qui clignotait depuis la veille au soir.
Bon, y en a qui vont me détester de finir comme ça ! Et oui, pendant une semaine, je vous prive de suites...
A dans une semaine donc ^^ Je pars en vacances, et à mon retour, je reprendrais la suite de cette historie ^^
Me voici revenue !! Donc, je reprends mes marques doucement, mais sûrement !! Déjà, on commence par la suite de Vivre ^^
Un peu plus tard, Scotty fit son apparition au central.
- Scotty ? S’étonna Will. Je ne t’attendais pas…
- Nick m’a demandé de le remplacer.
- T’avais rien de mieux à faire ce dimanche ?
- Je lui étais redevable.
- Et Nancy…
Scotty ne répondit pas, Will comprit qu’il valait mieux éviter le sujet.
- J’ai plutôt l’impression que Nicky m’évite, fit Will.
- Ah oui ?
- Il t’a fait un cadeau empoisonné, si tu veux mon avis… Il devait m’aider à chercher dans les affaires de Samantha Foreman.
- Ca y est… On a l’autorisation ?
- Disons, qu’il fallait attendre les résultats de l’autopsie.
- Et…
- Samantha a bien été tuée…
- Alors, attelons-nous à la tâche, et finissons-en une bonne fois pour toute avec cette affaire !
Will eut un petit sourire. La détermination du latino lui rappelait celle de Lilly, jadis.
Au même moment, Nancy ouvrait la porte de l’appartement de Scotty. Il lui avait donné une clé qu’elle pouvait utiliser en cas d’urgence. Elle ne savait pas où elle avait laissé son portable, c’était donc une urgence, mais elle se sentait coupable de revenir chez lui après leur dispute. Elle ne faisait rien de mal… Juste chercher son portable. Elle passa devant le téléphone et vit que le répondeur clignotait. Elle voulu effacer son message, elle lui laisserait un mot sur la table de chevet. Elle écouta le message et appuya sur le bouton « effacer », cependant le répondait clignotait toujours, et elle n’eut pas le temps de l’arrêter, la machine délivra le message suivant. C’était la voix d’une femme qui visiblement n’en était pas à son premier verre.
Hey ! Je ne sais même pas pourquoi je t’appelle… C’est évident que tu ne veux pas entendre parler de moi, Scott… Je… Je n’ai pas eu de tes nouvelles depuis la nouvelle année… Je comprends… Mais… Ma vie est un désastre ! On pourrait même en faire un livre… « La vie de Lilly Rush ! » Mon dernier petit ami en date est un meurtrier, et il m’a bien eu… Il m’a fait croire qu’il m’aimait… Mais… Pourquoi je te dis ça, Scotty ? Pourquoi je te parle de Jack ? Et… Pourquoi je n’arrive pas à oublier ? Je suis tombée sur une photo d’elle et de moi… Une photo prise à la maternité… Elle me manque… Tu me manques… Je…
Nancy arrêta la lecture du message. Elle ne voulait pas connaître la suite. Elle s’assit lentement sur le canapé regardant le répondeur clignoter. Puis, elle se leva, et se mit à chercher son portable qu’elle trouva bien vite. L’objet était resté sur la table de nuit. Elle n’arrivait pas à oublier la voix féminine sur le répondeur. Elle retourna dans la salle, et son regard se porta sur un petit buffet. Elle secoua la tête.
- Arrête Nancy, se dit-elle, tu ne peux as faire ça ! De quel droit d’ailleurs…
Mais la curiosité additionnée à une petite pointe de jalousie prit le dessus. Elle ouvrit le premier tiroir qu’elle trouva, et fouilla à l’intérieur. Elle en sortit un petit album photos. Elle n’écouta pas la petite voix qui lui disait de ranger, et s’assit à même le sol. Elle ouvrit, et découvrit des photos légendées et datées. C’est comme cela qu’elle vit la famille de Scotty. Sur l’une d’entre elles, il posait avec ses parents et son frère. Sur plusieurs autres, elle fit la connaissance d’Elisa, puis, elle tomba sur le faire-part de décès. Elle ne mit pas longtemps à comprendre qui était cette jeune femme pour Scotty. Elle referma l’album. Sa curiosité était malsaine, mais une force la guidait à continuer sa découverte. Elle feuilleta quelques pages, puis tomba sur une photo marquée : « Lilly et moi au bal de la Police ». Elle y vit les deux jeunes gens enlacés tendrement, et reconnut Kat Miller à côté. Sur une autre, elle vit la même Lilly, les mains posées sur son ventre qui prenait l’allure d’un petit ballon. La jeune femme blonde était tout sourire sur cette photo. Sur une autre, Lilly, Scotty et un petit bébé posaient. Puis, sur une autre page, un autre faire-part de décès au nom de Julia Valens Rush. Elle referma l’album, les larmes aux yeux et se sentant coupable quant à ce qu’elle venait de faire.
Chicago au même moment.
Lilly était assise à une terrasse, profitant du soleil de plus en plus chaud qui laissait présager un beau début d’été. Elle reposa son verre sur la table, et repensa au message qu’elle avait laissé à Scotty la veille. Pourquoi elle l’avait fait, elle ne savait pas, mais depuis la résolution du meurtre d’Andrew Foreman, elle n’arrêtait pas de se poser des questions. Cathy vint s’asseoir en face d’elle, et elle chassa ses idées noires de sa tête. Elle n’avait trouvé que le boulot pour rester à la surface, alors qu’elle plongeait.
- Tu peux me dire qui on espionne comme ça ?
- Oliver Daniels ! Précisa Lilly.
- Oliver… Lil’, tu sais que le boss nous a interdit de poursuivre l’enquête !
- Et ce salopard peut continuer ainsi à se promener libre… Regarde autour de toi, Cathy. Il y a pas mal de jeunes étudiantes… Ce type…
- Est la pire des ordures que j’ai connues de toute ma carrière, je suis d’accord, mais on n’a pas de preuves ! On ne peut pas l’accuser…
- Et que fais-tu de sa prise de contact avec toutes les victimes ? Bizarre, peu de temps après, toutes ces jeunes filles sont retrouvées mortes après avoir subi des agressions sexuelles.
- Je le sais bien, Lil’…
Le portable de Cathy sonna, elle répondit. Lilly fixait Oliver Daniels qui les avait remarqué. Ce dernier lui fit un sourire qui dégoûta la jeune femme et passa devant elles en faisant un petit signe de tête.
Philadelphie, 2h35 du matin, domicile de Scotty Valens.
Après avoir passé une bonne partie de l'après-midi et de la soirée à chercher un lien entre Samantha Foreman et Emilia Delgado, Scotty était rentré chez lui. Il vit son répondeur clignoter, mais l'ignora. Il savait que Nancy avait dû chercher à le joindre, mais tellement épuisé, il ne voulait pas se battre avec elle ce soir. Il se dirigea vers sa chambre et s'allongea sur le lit. Il se réveilla trois heures plus tard, et se leva. Il repassa devant son répondeur sans pour autant le consulter et entra dans la cuisine, il ouvrit le réfrigérateur, sortit une bouteille de lait et but à même la bouteille. En refermant la porte, il trouva une feuille de papier pliée avec son nom écrit dessus. Il enleva l'aimant qui la maintenait, et lut le mot de Nancy. Il ne comprit pas ce qu'il lisait. Elle lui disait qu'elle était désolée. Mais de quoi s'excusait-elle ? Elle lui disait aussi qu'elle voulait le revoir pour qu'elle lui redonne sa clé. Il s'assit sur une chaise et se posa une multitude de questions. Que voulait-elle bien pouvoir dire ? Il l'appellerait, il fallait qu'ils se parlent.
Il repassa par la salle, et s'approcha de son répondeur, il appuya sur le bouton et le message de Lilly se déclencha. Il s'assit lentement sur le canapé et comprit pourquoi Nancy s'excusait et qu'elle n'avait pas voulu être indiscrète. Il écoutait la voix hésitante de Lilly, le cœur serré. Aussi lorsqu'elle lui avoua qu'il lui manquait et qu'elle n'arrivait plus à avancer, les larmes coulèrent sur son visage. Au ton de la jeune femme, il se doutait que c'était l'alcool qui lui faisait dire tout cela, mais elle avait dû en avoir besoin pour lui dire tout ce qu'elle ressentait. Il décida de sortir. Il avait besoin de prendre l'air. Il marcha longtemps, puis finalement, se retrouva devant le domicile de Nancy. 6h30, ce n'était pas une heure pour débarquer chez les gens, pensa t'il, mais il sortit son portable et composa le numéro de la jeune femme qui lui répondit la voix ensommeillée.
Ils déjeunèrent en silence, Nancy fixant Scotty, hésitante quant à ce qu'elle allait lui dire. Elle se doutait qu'il avait entendu le message, et elle savait qu'il avait dû en être bouleversé.
- Scotty…
- Lilly… C'est… Une de mes anciennes collègues, mon ancienne co-équipière, et…
- Eh, doucement Scott, je ne te demande pas de m'expliquer… J'ai été bien trop curieuse. J'aurais dû stopper le répondeur dès le début !
- Je viens de passer les 3 années les pires de ma vie. Et quand je crois que tout commence à aller mieux…
- Vous avez enterré votre fille Scotty ! Ce n'est pas rien…
- Comment… Comment sais-tu que…
- Je…
Nancy se sentit confuse. A aucun moment, Lilly n'avait fait allusion au décès de Julia. Elle décida donc de tout lui raconter, et à sa grande surprise, Scotty ne broncha pas. Ou est-ce qu'il était bien trop abasourdi pour lui reprocher quoique ce soit ? Il se leva et sortit de la cuisine. Elle le suivit dans le salon.
- Parle-moi, Scotty ! Dis-moi au moins…
- De quel droit ?
- Je suis désolée… Je…
- Et si j'avais fouillé dans ta vie ? Si j'avais été aussi pervers que toi ?
- Scotty !
- Tu m'aurais posé la question ce matin, je t'aurais raconté… La preuve je commençais à le faire, mais tu m'as interrompu, car tu le savais déjà…
- Ecoute, je sais ce que c'est…
- J'en doute fort… Tu n'as jamais perdu d'êtres qui t'étaient chers ?
- Détrompes-toi… Le père de Matt, est mort peu après sa naissance. Il s'est fait renverser par une voiture. Il pleuvait ce jour-là, et il était venu me rejoindre le midi pour déjeuner ensemble, il a traversé et n'a pas fait attention à la circulation. Je n'ai connu que très peu de temps mon grand-père maternelle…
- Tu veux quoi ? Tu veux qu'on pleure ensemble ?
- Ce que je veux dire Scotty, c'est que la vie continue… Et je suis là pour t'aider à le faire.
- A faire quoi ?
- A tourner la page définitivement. Et surtout, vous n'avez jamais parlé de ça. Vous ne vous êtes jamais…
- Je t'en prie Nancy, on ne se connait pas depuis assez longtemps pour que tu règles ma vie !
- Je ne la règle pas, je t'aide…
- Et je n'ai pas besoin de ton aide !
- Alors, pourquoi es-tu venu me voir ce matin ? Si c'est pour me dire que tu l'aimes encore, ce n'est pas la peine ! Je le vois bien.
- Ce qu'il s'est passé hier matin… Je… Tu m'en demandes trop Nancy. Je ne suis pas prêt pour ça ! Je ne veux pas m'engager sérieusement pour le moment.
- Je l'avais deviné Scotty. Le premier week-end depuis trois semaines que l'on passe ensemble et tu trouves le moyen de l'éviter.
Après quelques secondes à se regarder, Nancy laissa au latino le choix. Il partait, ou il restait. Celui-ci se leva et s'excusa auprès d'elle et sortit.
Lundi 17 juin 2013, Philadelphie Criminelle.
Scotty était déjà là lorsque John arriva. Surpris, ce dernier ne fit aucune remarque, constatant juste le visage cerné de son collègue. Un peu plus tard dans la journée, Steve Foreman débarqua.
- Elle m'a appelé, fit-il à Kat.
- Emilia vous a contacté ! S'étonna Carol.
- Elle voulait avoir des nouvelles de Mickael.
- Que lui avez-vous dit ? Demanda Kat.
- Que le bilan était positif. Il supporte de mieux en mieux le nouveau traitement, et les médecins sont confiants.
- C'est une très bonne nouvelle, mais…
- Non, inspecteur Dickinson, je ne lui ai rien dit au sujet de Sam. Mais pourquoi Emilia aurait pu…
- Nous le savons pas encore, mais nous avons eu le retour de l'autopsie pratiquée sur votre femme, fit Kat.
- Et…
- Au vu des analyses ADN que nous avions réalisées sur Emilia et Jack, nous pouvons vous certifier que celui d'Emilia a été retrouvé sur le corps de Samantha.
- Mais…
- Vous nous avez confié avoir acheté une arme lorsqu'une vague de cambriolage a eu lieu dans votre quartier, or cette arme est introuvable… Intervint Carol.
- Je…
- Non, Steve… Nous savons que vous êtes en règle pour cette arme, mais nous trouvons juste étrange que celle-ci soit introuvable, alors que l'autopsie révèle que votre femme a été frappée par la crosse d'un revolver, et que sous le choc, elle a heurté quelque chose. Son assassin a maquillé le meurtre, en mettant en évidence un verre avec un fond d'alcool dedans et des médicaments.
Steve regarda Kat, incrédule.
- Vous voulez dire que…
- Votre femme a été assassinée Steve, fit Carol. Nous en avons la preuve formelle. L'ADN d'Emilia a été retrouvé sur son corps, mais cela ne justifie pas que nous l'arrêtions, nous n'avons pas de preuves plus importantes.
- Nous allons l'interroger pour en savoir plus, car il est clair qu'elle est venue à Philadelphie et qu'elles se sont vues, lui indiqua Kat.
19h45.
Il ne restait plus que John et Scotty. Ce dernier débarqua dans le bureau de son chef l'air sûr de lui.
- Il vous faut quelqu'un pour vous accompagner, chef, et…
- Et ce ne sera pas vous Scotty.
- Mais…
- Vous avez tout le loisir pour vous rendre là-bas, mais pour cette enquête, non. D'ailleurs, à Chicago, la crim' ne participe pas.
- Chef !
- C'est non, Scotty ! Fit Stillman sur un ton autoritaire. Avez-vous remarqué ce qu'il s'est passé la dernière fois ?
Le jeune homme ne répondit pas, et sortit du bureau sous le regard de son chef. John regarda Scotty, et il se dit qu'il faisait peine à voir. Il décida donc de parler à Lilly une fois qu'il serait sur place.
Lundi 24 juin 2013, Chicago. 8h42, Bureau de la criminelle.
- Je vais finir par croire John que vous aimez l'air de Chicago ! S'exclama Dave en accueillant son homologue.
- En temps normal, oui… J'aime bien Chicago comme ville, mais j'aimerais en profiter autrement que pour le boulot !
- Je vous comprends… Inspecteur Valens, c'est donc vous qui venez prêter main forte.
- Oui. On ne sera pas trop de deux pour appréhender le suspect.
- Il faut juste que…
- Je ne suis là que pour faire mon boulot ! Rien d'autre…
- Et l'inspecteur Rush sait à quoi s'en tenir également, Dave, fit remarquer Stillman. Je l'ai prévenu.
- Oui, elle m'a dit qu'elle savait le pourquoi de votre visite ici. D'ailleurs, actuellement nous sommes sur une affaire de violeur et tueur en série.
- Le type qui a réussi à être acquitté faute de preuve ? Lança Scotty ahuri. Ca fait la une des journaux en ce moment.
Une heure plus tard, ils sortirent tous les trois du bureau. Cathy et Anthony levèrent la tête, stupéfait, tandis que Lilly n'y prêta aucune attention, le combiné de téléphone collé à l'oreille. Elle était en attente depuis un quart d'heure, et commençait à s'impatienter. Oliver Daniels vivait ses dernières heures de tranquillité et elle comptait bien être celle qui lui passerait les menottes. Scotty risqua quand même un petit regard vers elle, mais la voix de Dave le rappela à la raison.
- Le lieutenant Stillman et l'inspecteur Valens sont là pour arrêter Emilia Dickinson pour le meurtre de Samantha Foreman.
- Bon retour parmi nous, fit Anthony en tendant la main à John.
- Emilia a donc joué un rôle dans cette histoire ? Demanda Cathy.
- Il faut croire, oui… fit Stillman. Lilly, continua t'il en saluant la jeune femme.
- Chef !
Elle regarda Scotty qui baissa aussitôt son regard. Elle fit de même, puis se reconcentra.
- Du nouveau Rush ? Demanda Dave.
- Je suis en ligne avec le FBI, depuis environ quinze minutes.
- Les fédéraux ?
- Daniels, est l'un des types les plus recherchés du moment, fit Lilly, et j'essaie de participer à son arrestation.
- Bon courage Lil', fit Scotty en la dévisageant.
Elle esquissa un début de sourire en guise de remerciement. Ce qui ravagea le cœur du latino qui dû encore une fois se raisonner. Anthony n'avait rien perdu de cet échange de regard. Dave l'appela dans son bureau et lui demanda d'accompagner Scotty, Stillman devant régler quelques formalités avant.
Lundi 24 juin 2013, Chicago. 10h35, domicile d'Emilia Delgado.
- En quoi puis-je vous aider, inspecteurs ? Demanda Emilia en leur déposant une tasse de café sur la petite table basse.
- Nous aimerions avoir quelques précisions concernant le meurtre d'Andrew, lui indiqua Scotty.
- Jack a été arrêté, il me semble.
- Oui, mais il y a un truc qui ne colle pas avec Samantha. Ils s'échangeaient une correspondance, et…
- Jack serait innocent ? Fit Emilia stupéfaite.
- Non, mais il a peut-être eu un complice…
- Et Sam, ne supportant plus, de…
- Nous n'avons jamais dit qu'il s'agissait de Samantha, remarqua Anthony.
- Alors pourquoi vouloir me parler d'elle ?
- Vous la connaissiez… Vous… Commença Scotty.
- On s'est fâchée…
- Non, Emilia, ne faites pas ça, lui conseilla Anthony. Nous savons que vous étiez restée en contact pour votre fils.
- Je parlais beaucoup plus souvent à Steve… Demandez-le-lui.
- Vous n'avez jamais voulu venger celui que vous aimiez ? Fit Anthony. Même si vous vous assurez du contraire, Andrew était…
- Il n'y avait plus rien entre lui et moi… Il éprouvait des sentiments pour Sam !
- Croyez-moi, fit Scotty doucement, les sentiments très forts qu'on a éprouvés pour une personne, ne disparaissent jamais totalement ! On peut essayer de se convaincre du contraire, on peut tout faire pour les oublier, mais il y aura toujours quelque chose qui vous les rappelleront. Regardez, Steve et Samantha…
- Et même si vous avez confié votre fils à Steve et Samantha, il s'agit de votre fils ! Fit Anthony. Une mère ne coupe pas tout contact avec son enfant sans essayer un jour ou l'autre de le reprendre.
- Ecoutez, je suis obligée de… Je commence mon service dans une heure, et…
- Nous avons le rapport des médecins qui suivent votre fils, Emilia, conclut Scotty. Au cas où cela vous intéresse, nous les tenons à votre disposition au central de police.
Scotty et Anthony quittèrent donc le domicile d'Emilia qui s'efforça de paraître naturelle. Mais, en effet, l'instinct maternel était plus fort que tout. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas eu de nouvelles de Michael, et elle commençait à s'inquiéter.
Dans la voiture, Anthony conduisait. Il jetait de temps à autres des petits regards à son voisin, qui à la longue, s'en aperçut.
- Vous croyez qu'elle va venir ? Demanda Anthony.
- Nous lui avons dit que nous avions des nouvelles de son fils… Ne vous inquiétez pas, elle viendra.
- Vous savez, Scotty, cette affaire nous préoccupe beaucoup.
- Quelle affaire ?
- Oliver Daniels… Mais Lilly est particulièrement troublée…
Scotty se rappela l'affaire George Marks, et en fit part à Anthony.
- Oui, c'est vrai, on peut y retrouver certaines ressemblances, mais… J'ai l'impression qu'elle prend trop l'affaire Daniels à cœur, comme si elle ne vivait que pour cette enquête.
- Que voulez-vous dire ? Demanda Scotty timidement.
- Je pense que vous le savez !
- Et comment…
- Ne me dites pas que votre présence ici n'est due que pour l'enquête, inspecteur.
- Et pourtant…
- Elle ne fera jamais le premier pas. Je ne la connais pas aussi bien que vous, mais, j'en ai plus appris sur elle pendant cette enquête que depuis son arrivée à Chicago.
- Et je vous répète que je ne suis pas là pour la…
- C'est quand même insensé qu'Emilia ait pu commettre ce meurtre, fit Anthony pour changer de conversation.
- Il nous faut ses aveux, Anthony, pour le moment, elle est innocente.
Le portable d'Anthony sonna, il demanda à Scotty de décrocher. Ce dernier répondit donc à Cathy.
- On ne retourne pas au central, fit-il.
- On va où ?
- Sur les lieux d'un meurtre. Sur les quais.
- Non… Une autre ?
Le silence de Scotty lui donna la réponse. Avant de brancher le gyrophare, il frappa des mains sur le volant.
- Ce type est…
- Calmez-vous Anthony… Lui conseilla Scotty.
Ils arrivèrent dix minutes plus tard. Scotty sortit de la voiture, mais se ravisa. Ce n'était pas sa juridiction, donc il devait laisser Anthony parler. Ce dernier lui fit signe et en tendant sa plaque à un jeune policier, il l'informa que l'inspecteur Valens l'accompagnait. Lilly prenait en notes les constatations du légiste. Ils s'approchèrent.
- Les analyses nous le confirmeront sans doute, commença le Dr Sheperd, mais cette jeune femme a été violée.
- Toujours pas de traces de l'ADN du tueur ? Demanda Anthony.
- Non, aucune.
- C'est une gamine ! S'exclama Lilly. Lindsay Chambers, étudiante en 1ère année de droit, elle vient tout juste d'avoir 20 ans. Ce type…
- Attends, Lilly, commença Scotty en enfilant une paire de gants, Cette fille est brune, alors pourquoi un cheveu blond sur son pull ?
- Oui en effet ! S'exclama Anthony. Daniels vient de commettre sa 1ère erreur.
- Quel est son mode opératoire ? S'enquit le latino.
- Il les drague sans doute dans un bar, leur offre un verre et…
- Retrouve-t'on la drogue du violeur, ou un de ses dérivés, dans le sang des victimes ?
- Oui, fit Lilly. On l'a fait Scott. On a déjà mis les stups sur le coup, mais apparemment, il passe d'intermédiaires en intermédiaires…
- Et puis le mal est déjà fait, inspecteur Valens, fit Anthony, il ne faut que quelques milligrammes pour endormir les victimes. Sachant qu'il est recherché, il a dû s'en procurer beaucoup pour ne pas avoir à se réapprovisionner.
- Et vous vous souvenez de ce site internet qui disait comment en fabriquer ! Intervint l'agent Stills. Même si ce site a été interdit, le mal est fait, oui.
Lilly le présenta à Scotty et Anthony. L'agent Stills travaillait au FBI et collaborait sur l'affaire avec la criminelle de Chicago.
- Inspecteur Rush, je sais que mon directeur vous a demandé de prendre de la distance avec cette affaire, mais je vous remercie de votre aide.
- Agent Stills, malgré tout le respect que je vous dois, vous n'êtes là que pour arrêter Daniels. Il y a eu un nouveau meurtre…
- Pourquoi le FBI ? S'enquit Scotty.
- Daniels est un fugitif, inspecteur, mais vous n'êtes pas en mesure de donner vos suppositions sur cette affaire, vu que vous n'êtes pas…
- Ce n'est pas ma juridiction, oui merci de me le rappeler, répondit Scotty avec lassitude.
- Il est avec moi, intervint Anthony, Philadelphie et Chicago travaillent conjointement sur une autre affaire, et nous étions près de la scène de crime.
Stills dévisageait Lilly. Agé de 45 ans à peu près, aussi blond qu'elle, et les yeux verts, il avait une silhouette élancée. Celle-ci ne lui prêtait aucune attention, bien trop préoccupée par la jeune fille étendue sur le sol. Ce qui eut pour effet d'amuser le latino, il avait remarqué l'attitude de l'agent du FBI, et l'indifférence de la jeune femme, et il reconnaissait son professionnalisme. Sur une scène de crime, rien ne comptait à part les suppositions des personnes concernées. Stills lança un petit regard à Scotty, puis s'agenouilla. Il souleva la petite couverture qui avait été posée sur la victime et l'examina.
- L'inspecteur Valens a trouvé un cheveu, signala Lilly. Daniels…
- Il a pu être dérangé, oui c'est une supposition à ne pas négliger, répondit Stills. Surtout quand on sait avec quelle minutie il met en scène ses meurtres.
- Mise en scène ? Interrogea Scotty.
- Toutes les victimes étaient rhabillées, et coiffées, fit Anthony. As-tu encore besoin de mon aide, Lilly, poursuivit-il, Le boss nous a demandé un rapport sur notre visite à Emilia…
- Non, ça devrait aller Anthony, l'agent Stills est là, lui répondit-elle. Merci d'être venus en tout cas.
Anthony se dirigea vers la voiture, tandis que Scotty et Lilly se dévisageaient. La jeune femme avait l'air marqué par cette affaire, et le latino s'en apercevait et ne savait pas ce qu'il devait faire. Elle esquissa un petit sourire, que Scotty comprit. Il s'éloigna à son tour.
Jeudi 27 juin 2013, Chicago. 15h, Bureau de la criminelle.
John Stillman avait dû rentrer à Philadelphie. Le divisionnaire le convoquant à la première heure le lendemain au sujet de l'affaire Foreman, ne lui en avait pas laissé le choix. Pas besoin de mobiliser deux agents selon lui. Scotty et Anthony attendaient la visite d'Emilia. Les photos de son fils la feraient venir, le latino en était persuadé.
- Il y a une chose que je ne comprends pas, fit Anthony, pourquoi Emilia Delgado aurait tué Samantha Foreman ?
- Les motifs sont parfois incompréhensibles pour nous qui venons de l'extérieur.
- Vous avez raison. Pourquoi attend-elle pour venir ?
- Je ne sais pas…
Le reste de la journée, ils le passèrent à attendre. Mais en vain, Emilia, ne fit pas d'apparition. Lilly et Cathy revinrent un peu plus tard. Stills suivait et s'enferma dans le bureau de Dave.
- Ca n'a pas l'air d'aller ? Demanda Anthony.
- Le FBI nous retire l'enquête, répondit Lilly.
- Comment ça ? Fit-il.
- Daniels est un fugitif, et est recherché par le FBI maintenant, commença Cathy, nous sommes autorisés seulement à être présents sur les lieux du crime et relever les premiers indices… Daniels, est à eux.
- Pour enquêter, il faut bien… Commença Scotty.
- Oui, mais c'est comme ça ! L'interrompit Lilly. Et je n'ai pas trop envie de me les mettre à dos. Ils ont un pouvoir sur nos carrières…
- Arrête, Lil… Je ne te reconnais pas… Ce n'est pas dans tes habitudes de…
- Quand le FBI te dit stop, et bien tu stoppes tout Scotty, tu ne contestes pas…
- Mais Lilly…
Il s'interrompit de lui-même. Constatant la réaction de la jeune femme, et connaissant trop bien cette attitude, il sut que le moment n'était pas à la discussion. Il fallait lui laisser le temps de digérer cette nouvelle.
- Mais bon, dans un sens, on va pouvoir vous aider Anthony et toi, fit-elle de façon à clore le sujet. Emilia sera obligée d'avouer.
Vendredi 28 juin 2013, Chicago. 10h, Bureau de la criminelle.
Emilia arriva. Un agent désigna Scotty, elle se dirigea vers lui. Après les avoir salué, Anthony et Scotty s'installèrent dans une petite salle, et sans qu'ils ne le sachent, Lilly entra dans la petite pièce derrière la vitre sans tain.
- Vous m'avez dit que vous aviez des nouvelles de Michael ? Demanda alors Emilia à Scotty.
- Pas plus que ce que Steve a dû vous révéler, Emilia.
- Il ne m'a rien dit, la dernière fois que je l'ai eu au téléphone, on était en attente des résultats.
- Ne mentez pas, Emilia, lui conseilla Anthony.
- Je ne mens pas… Vous pensez vraiment que je me servirais de mon fils pour mentir ?
Scotty s'approcha d'Emilia et la regarda fixement.
- J'ai une fille, commença t'il doucement, elle faisait mon bonheur, sa mère et moi étions comblés. Mais voilà, nous avons subi le plus gros des traumatismes pour des parents : perdre son enfant. Nous ne saurons jamais de quoi elle est morte, la mort subite du nourrisson ne s'explique pas… Et tout c'est accéléré, je n'arrivais plus à réconforter celle que j'aimais, et on s'est séparés. Elle est venue ici à Chicago, et moi…
De l'autre côté de la vitre, Lilly avala difficilement sa salive, mais ne tiqua pas.
- Ma vie ne ressemble pas à la vôtre, inspecteur…
- Vous aimez votre fils, mais vous aimiez aussi Andrew, Emilia, continua Scotty, et vous l'aimerez toujours. Comme je l'aimerais toujours… Malgré la vie qui nous a éloignés, elle reste celle qui compte le plus pour moi, et je ne veux que son bonheur, au détriment du mien, si cela peut l'aider à vivre… Andrew et vous, vous vous êtes éloignés, mais les sentiments étaient toujours présents. Des sentiments aussi forts…
- Ne disparaissent pas, fit-elle, je le sais oui… Si je leur ai laissé Mickael, c'était pour Steve. Sam…
Lilly luttait contre les larmes qui avaient envahies ses yeux. Elle n'avait jamais entendu Scotty dire à quelqu'un ce qu'il ressentait. Elle se reconcentra, l'enquête était prioritaire sur tout le reste.
- Votre meilleure amie vous avait trahie, intervint Anthony.
- Même si je sais que Steve n'était pas le mari idéal, je…
- Samantha et vous étiez comme deux sœurs, continua Anthony, elle vous a trahi en vous volant Andrew celui dont vous étiez folle amoureuse. Oui, c'est vous qui aviez commencé en fautant avec Jack, mais, nous ne sommes que des êtres humains après tout… Pas parfaits, on commet des erreurs, mais parfois, avec un peu de temps ces erreurs sont réparables.
- Pas celle-là… Andrew ne m'a jamais pardonné pour Mickael…
- Il vous aimait encore, fit Scotty, sinon pourquoi se serait-il battu avec Jack ?
- Il était avec Sam, ils…
- Ils étaient dans une période où ils devaient s'épauler mutuellement… Sam, souffrait des infidélités à répétition de Steve, elle souffrait aussi d'être celle qui ne pouvait pas lui donner d'enfants…
- Dans la vie, nous faisons des choix, continua Anthony, ces choix sont parfois difficiles à faire, et risquent de faire souffrir les autres.
- Où voulez-vous en venir ?
- Vous êtes allées à Philadelphie, vous vouliez vous réconcilier avec elle, fit Anthony
- Je ne voyais que Steve pour tout ce qui concernait Mickael. Samantha ne…
- Emilia…
- Non ! Vous êtes en train de m'accuser de quelque chose d'horrible ! Jamais je n'aurais pu… Sam et moi… Nous étions comme deux sœurs… Jamais je n'aurais pu…
Lilly eut une idée, elle composa le numéro d'Anthony et lui demanda de venir la voir.
- Elle ne répondra plus à aucune de vos questions, fit-elle lorsque Scotty et Anthony la rejoignirent.
- Comment peux-tu le savoir, ça ? S'enquit Anthony.
- Une intuition.
- Cette affaire n'a que trop traîné Lil', répondit Scotty.
- Je comprends ce qu'elle ressent. Je le ressens aussi…
- Tu le ressens ?
Elle ne répondit pas, et passa devant le latino. Anthony assistait à cette petite scène et ne comprenait pas ce qu'il se passait. Pendant ce court échange, les deux jeunes gens s'étaient dévisagés avec une telle intensité qu'il n'avait pu que se sentir de trop.
- Lilly, tu ressens quoi ? Continua Scotty.
- Laissez-la faire Scotty.
- Bonjour Emilia, fit Lilly en rentrant dans la petite salle d'interrogatoire.
- Inspecteur Rush… Je suis vraiment désolée… Jack…
- Affaire classée, l'interrompit-elle. Son procès va s'ouvrir bientôt.
- Pourquoi penser que…
- Vous dîtes que Samantha et vous étiez comme deux sœurs.
- Oui, élevées ensemble, et proches…
- Mais elle vous a trahi.
- Je…
- Comme ma sœur ! Quand nous étions petites, j'agissais comme la mère qu'elle aurait dû avoir… Que nous aurions dû avoir toutes les deux. Mais, elle n'a pas été aussi forte que moi, ou je n'ai pas su la recadrer comme seule une mère aurait pu le faire.
- Et votre père ?
- Absent ! Dans la famille Rush, il n'y a que des femmes.
- Pourquoi me dîtes-vous cela ?
Scotty devina l'intention de Lilly, et s'approcha de la vitre. Cet interrogatoire laisserait des traces sur elle, il en était convaincu. Ce qu'elle s'apprêtait à dire ne pouvait la laisser de marbre.
- Ma sœur m'a trahi aussi. Et je peux vous dire à quel point j'en ai souffert. Je savais qu'elle n'était pas une sainte, mais j'étais loin de me douter qu'elle irait jusqu'à me piquer mon fiancé… Un peu comme Sam avec vous…
- Arrêtez, ce n'est pas…
- Si vous saviez comme je lui en ai voulu ! Comme je lui en veux encore… Mais, j'ai perdu toute trace d'elle. Je ne sais même pas si elle est encore vivante, ou si elle n'est pas enfermée dans une de ces prisons quelque part aux Etats-Unis. Nous avions failli nous réconcilier… Même, nous y étions pratiquement parvenues, mais je pense que la vie en avait décidé autrement… Encore une fois, elle m'a trahie… Elle a essayé de semer le trouble dans le semblant de stabilité que j'avais trouvé.
- Sam et moi ne sommes pas sœurs.
- Non, mais vous la considériez en tant que telle. Sinon, pourquoi… La première fois que Chris m'a blessé, j'ai eu une folle envie de lui faire mal. De la blesser physiquement… J'avoue que l'idée m'a effleuré. Mais voilà, la deuxième fois, je l'ai chassé sans ménagement de ma vie… Et maintenant, je le regrette sincèrement… Elle est loin d'être un ange, mais… je l'aime ! C'est elle qui m'apportait un semblant de vie quand nous étions petites, lorsque maman était trop ivre pour s'occuper de nous.
- Je…
- Sam vous a trahi. Celle que vous aimiez comme votre propre sœur…
- J'ai fait n'importe quoi aussi… Je savais pour les infidélités de Steve, et je n'ai rien dit…
- Parce que vous ne vouliez pas être celle qui l'a fait souffrir…
- Oui, mais…
- Vous vouliez être celle sur qui elle se serait reposée. Alors qu'elle vous trahisse à ce point…
- Je me suis rapprochée de Steve, mais…
- Sam voulait renouer avec vous…
- Elle m'a dit qu'elle était tombée amoureuse d'Andy, sans s'en apercevoir… Elle me dit ça, à moi ! S'exclama Emilia avec rage. A moi, elle m'avoue qu'elle n'arrive plus à faire semblant avec Steve, qu'Andy lui manquait tellement ! Je…
- Lui avez-vous dit que vous éprouviez les mêmes sentiments ? Vous aimiez Andrew, malgré le fait que la vie vous ait séparé, vous continuiez à vivre pour lui…
- Mickael est le seul…
- Ne mentez plus Emilia ! Ne vous mentez plus ! Oui, votre fils est votre raison de vivre, mais…
- C'est elle qui m'a appelé. J'ai longtemps hésité avant d'aller la voir.
Flash back.
Philadelphie, samedi 25 août 2012.
Emilia s'approchait du domicile de Steve et de Samantha. Steve n'était pas là. Elle hésita à entrer lorsque Samantha lui ouvrit la porte.
- Merci d'être venue Emi…
- Je suis là, parce que Steve s'occupe de Mickael…
- Arrête…
- De quoi voulais-tu me parler ?
- Je regrette le temps où nous étions… Jack m'a appelé. Il veut nous présenter sa nouvelle petite amie.
- L'inspecteur… Oui, Steve et moi la connaissons déjà, mentit Emilia.
- Je pensais que… Enfin, on pouvait se réunir tous ensemble, ici…
- Non, ne me demande pas de faire semblant Sam… Ne me demande pas d'oublier que…
- Ecoute, je sais que je n'ai pas le droit de te dire ça, mais… Il me manque. Steve et moi, c'est du n'importe quoi…
- S'il te plaît, Sam… Ne me prends pas pour une idiote !
- Si je pouvais effacer, jamais je ne gâcherais notre amitié !
- Tu te rends compte de ce que tu me dis ? Tu m'avoues que tu es amoureuse d'Andy ! Tu me le dis à moi !
- Je… Je me suis rendue compte que ce n'était pas réellement de l'amour…
- Arrête ! C'est pathétique ! Tu nies maintenant…
- Tu étais au courant pour Steve ! Tu le savais…
- Ne me fais pas croire que tu ne voyais pas ses infidélités ! C'était flagrant Sam ! Il te trompait quasiment sous tes yeux !
- La mort d'Andrew m'a fait prendre conscience de plusieurs choses. Oui au début j'ai été très touchée, mais… Tu me manques ! Steve et moi essayons de sauver les apparences, mais à la moindre dispute, c'est toute cette histoire qui ressort…
- Il…
- Tu l'aimes encore, Emi… Ca se voit ! Vous avez vécu tant de choses…
- Peut-être qu'avec le temps, nous aurions pu reconstruire quelque chose, si tu ne t'en étais pas mêlée Sam !
- Je sais, c'est de ma faute, et si tu pouvais savoir comme je m'en veux… Je croyais que c'était de l'amour… Mais… je voulais fuir le désastre de mon mariage…
- Je regrette aussi, mais ne me demande pas ça… Je ne peux pas. Je ne peux pas faire comme si… Je ne peux pas effacer ce passage… Il y a Mickael.
- Tu… Non… Emi…
- C'est mon fils !
- Tu nous l'as confié !
- J'ai demandé à Steve de s'occuper de lui… Nuance… Je te signale que je paie une partie des frais médicaux !
- Tu ne t'es pas occupée de lui pendant tout ce temps, et là tu…
- Comment oses-tu dire ça ? Tu ne venais jamais, tu ne viens jamais avec Steve ! Il n'y a que lui qui s'en occupe !
- Je…
- Arrête de te voiler la face Sam ! Arrête s'il te plaît ! C'est d'autant plus stupide…
- Emi, je veux retrouver notre amitié ! J'en ai besoin… Steve et moi…
- Je ne te plaindrais pas ! Peut-être avant… Si Andy et toi vous aviez arrêté comme Jack et moi l'avons fait, peut-être que j'aurais pu… Mais…
- Emi… commença Sam les larmes aux yeux.
Emilia commença à s'éloigner. Elle ne supportait plus de se trouver dans la même pièce. Les larmes aux yeux, elle serra les poings.
- Emi… Je ne peux plus vivre sans ton soutien. Tu es comme ma sœur… On a tout connu ensemble !
- C'est du passé !
- Oui ! C'est ça que tu veux entendre ? Oui, je l'ai aimé ! Oui, ma vie s'est arrêtée lorsque j'ai appris sa mort ! Mais…
- Tais-toi ! Hurla Emilia. Comment oses-tu ?
- Il t'aimait… Je le voyais bien… En apparence, il faisait celui qui te détestait, mais…
- Tais-toi ! Tais-toi ! Tais-toi ! Ragea Emilia.
Son regard s'arrêta sur le tiroir de la petite commode où Steve rangeait le revolver. Il lui avait montré, en lui demandant de ne jamais en parler à Samantha. Elle avait une sainte horreur des armes. Elle ne réfléchissait plus. Elle l'ouvrit et sortit l'arme, elle s'approcha ensuite de Samantha.
- Tu me l'as enlevé… Tu m'as trahie !
Elle la frappa à la tête et la jeune femme s'écroula. Les larmes aux yeux, Emilia regardait autour d'elle. Il fallait qu'elle réfléchisse. Elle s'assit et prit une feuille de papier, elle imitait à la perfection l'écriture de son amie. Plus jeunes, elles ne comptaient plus les nombre de devoirs faits en commun… Une fois fini, elle alla chercher des médicaments et versa un peu d'alcool dans un verre.
Fin du flash.
Lilly finissait d'écrire la déposition d'Emilia. Anthony rentra alors dans la pièce et la menotta. Ils sortirent ensuite, laissant l'inspecteur seule. La porte de la salle d'observation encore ouverte, elle croisa le regard de Scotty. Ils se dévisagèrent quelques instants, puis, le latino sortit de la pièce. Lilly esquissa un geste, pour le suivre, mais se résigna. Cet échange de regard l'avait touchée.
Un peu plus tard, Cathy et Scotty étaient chez Emilia et la jeune femme prit l'arme de Steve à l'aide de ses mains gantées, puis la rangea dans un sachet. Scotty releva la tête et les fantômes de Samantha et Andrew lui adressèrent un léger sourire en guise de remerciement.
Sur le chemin du retour, Cathy conduisait, mais trouvait que le silence qu'il y avait était pesant. Elle ne savait pas comment aborder la conversation. Scotty l'ayant remarqué aussi, sortit son portable et appela Nick pour lui dire qu'ils avaient terminé l'enquête.
- A Philly, nous avons pour habitude, dès qu'une enquête est terminée, de sortir tous ensemble fêter ça, fit-il, une fois raccroché.
- C'est une bonne idée, oui. Il y a un petit bar sympa, avec Lilly on y va souvent et…
Cathy se tut. Elle ne savait pas comment parler de sa collègue à Scotty.
- Ne vous sentez pas gênée, Cathy. Vous n'y êtes pour rien dans cette histoire.
- L'affaire Daniels, nous prenait énormément de temps et d'énergie. Elle est à bout, je pense, et le coup de grâce du FBI n'a pas arrangé son état.
- Pourquoi le FBI vous a retiré l'affaire ?
- Daniels est un fugitif et la crim' n'a pas à enquêter là-dessus.
- Il a commis un autre meurtre pourtant !
- Vous les connaissez les fédéraux… Ils ne font confiance qu'à eux.
- Vous pensez que Lilly n'abandonnera pas ?
- Et bien…
- Ce n'est pas à moi de lui dire, Cathy. Je n'ai pas le droit d'intervenir dans son travail, ici. Je n'ai plus à intervenir dans sa vie.
- Elle a confiance en vous, et même si…
- Je n'en ferais rien Cathy.
Elle esquissa un sourire. Elle avait remarqué une petite ressemblance avec Lilly. Aussi têtu et borné se dit-elle.
Vendredi 28 juin 2013, Chicago, 21h.
Lilly et Cathy étaient installées sur une banquette dans un petit bar. Elles discutaient de choses et d'autres.
- Le boss va voir avec le divisionnaire pour Daniels, fit Lilly en reprenant son sérieux.
- Non, Lilly, ne me dis pas que…
- Ecoute, cette affaire… Nous y avons consacré du temps et de l'énergie, et…
- Nous avons fait tout ce que nous pouvions Lilly, accepte que…
- Accepter quoi ?
- Il n'est pas venu que pour classer définitivement l'affaire Foreman… Il… Commença Cathy.
Elle s'arrêta et dévisagea sa collègue qui avait changé d'attitude.
- Parle-lui, Lilly…
- Cathy, ne te mêle pas de ma vie…
- Je te dis ça, car il arrive avec Anthony.
Lilly leva la tête et les aperçut effectivement.
- Scotty me disait qu'à Philadelphie, vous aviez pour habitude de vous réunir une fois pas moi, le jeudi, commença Anthony, mais que parfois, vous dérogiez à cette règle et sortiez après avoir terminé une enquête.
- Le premier jeudi de chaque mois, est toujours le rendez-vous incontournable ! Répondit Scotty en évitant le regard de Lilly.
Lilly baissa la tête. Ces jeudis lui manquaient, elle ne l'avouerait jamais à voix haute, mais Philadelphie lui manquait.
Une heure et demie plus tard, Cathy regarda sa montre, et fit signe à Anthony qu'il était temps de partir. Au début, la conversation était tendue, mais Scotty racontait les plaisanteries de Vera, et Lilly avait pris le relais.
- Tu veux qu'on y aille, Cathy ? Demanda Lilly.
- Non, reste, je suis fatiguée, mais toi…
- Ok, on y va, je te…
- Non, je ramène Anthony, ne t'inquiète pas…
Lilly la dévisagea avec un regard de reproche, comprenant ce qu'elle voulait faire. Anthony acquiesça rapidement, et salua Scotty.
- Je suis désolée, fit Lilly une fois Cathy et Anthony partis.
- Je vais peut-être suivre le mouvement, commença Scotty.
- Je te fais fuir ?
- Non, mais…
- Oui, c'est vrai… C'est bizarre, tu as raison.
- Bon, un dernier verre, et après on s'en va, qu'en dis-tu ? Fit-il en dévisageant la jeune femme.
- Ok, répondit-elle troublée par son ancien collègue.
Lilly s'excusa et s'éloigna, juste le temps de se ressaisir. Passer la soirée avec Scotty la gênait. Elle ne savait pas comment réagir face à lui. Elle savait qu'il avait écouté son message, elle se doutait aussi qu'il cherchait à l'éviter. Elle ne savait plus ce qu'elle devait en penser, cependant.
Scotty apprécia ce petit répit. La soirée s'annonçait étrange. Tout se mélangeait dans sa tête : sentiments, doutes et un étrange bienêtre qui commençait à le gagner. La voir sourire, pendant qu'ils relataient les blagues de Nick le calmait. Pour un peu, il en aurait oublié la ville où il était, et tout son contexte.
Un peu plus tard, la conversation avait reprise. Des choses banales le plus souvent, jusqu'à ce que Scotty pose la question qui lui brûlait les lèvres depuis le début de la soirée.
- Tu veux vraiment te battre pour cette enquête, Lil ?
- Je veux leur rendre justice ! A toutes ses victimes, leurs familles, je me dois de…
- Et calmer ainsi ton sentiment de culpabilité ! Je te connais Lilly, ne prends pas de gants avec moi.
- Mais je…
- C'est toi qui as fait ce que les affaires classées sont aujourd'hui ! Sans toi, Stillman ne serait qu'un lieutenant de la crim' banal… Un boss parmi tant d'autres.
- Ce n'est pas moi qui tiens les rênes à Philly, Scott… Regarde, le service tient debout même quand je ne suis pas là !
- Oui, mais à quel prix ! A ton départ, John a failli raccrocher !
- Comment ça ? S'intrigua Lilly.
- Il était à deux doigts de prendre sa retraite… Will a réussi à le raisonner, mais le divisionnaire a vraiment failli fermer notre unité.
- Il ne m'a rien dit… Commença Lilly troublée. Pourquoi, il m'a caché ça ?
- Certainement parce qu'il tient à toi… Moi aussi, j'ai failli arrêter… Sans toi, ça ne rimait plus…
- S'il te plaît Scotty… Pas de ça ! Pas ce soir !
- J'ai changé d'avis avant de signer définitivement ma mutation. Pour toi, je ne devais pas faire mourir ce service ! Fit-il en ne tenant pas compte des objections de Lilly.
- Scotty…
- Non, Lilly ! Arrêtons de passer sous silence nos sentiments ! Ca m'a détruit ! Ton départ… Je voulais passer ce moment difficile auprès de toi, et regarde où nous en sommes ? 4 ans plus tard, on n'a toujours pas fait notre deuil !
- Je n'ai pas envie d'en parler !
- Et voilà ! C'est typique de Lilly Rush, ça ! Tu fuis ! Arrête d'avoir peur de tes sentiments ! Je sais pertinemment que ça te travaille autant que moi ! Sinon, pourquoi m'avoir appelé ? Pourquoi avoir cherché à me souhaiter la nouvelle année ?
- Je…
- Tu me manques, Lil… A un point que tu ne peux imaginer. Je… J'ai essayé de respecter ton choix, mais je ne peux pas… Je ne veux pas ! Tu me manque aussi pendant les interrogatoires. Et pour que Nick en fasse lui-même la remarque, c'est que tu nous manques à tous ! L'enquête Foreman, ton retour rapide… il m'a avoué que pour lui, c'est comme si tu n'étais jamais partie ! Tu vois, Lilly, je ne parle pas que de moi. Tu nous manques à tous…
Les larmes montaient aux yeux de la jeune femme, elle secoua la tête et reporta son regard sur le barman qui s'activait. Scotty remarqua sa manœuvre et se tut.
- Tu sais pourquoi, je n'ai pas cherché à recréer les affaires classées, ici ? Demanda Lilly après un moment de réflexion.
- Je ne te l'ai pas demandé, et je ne veux pas que tu te justifies !
- Alors pourquoi chercher à me culpabiliser ? Pourquoi essayer de me faire comprendre que je vous ai abandonné ? Que je t'ai abandonné…
- Je n'ai jamais rien dit de tel…
- Je ne t'ai pas abandonné, Scotty… Je t'ai blessé, je le sais, et je le regrette, mais…
- Je t'aime…
Le barman interrompit le latino. Voyant que Lilly l'observait, il s'était avancé, et demanda donc ce qu'elle voulait. Il n'insista pas, constatant la gêne qui gagnait les deux inspecteurs, et s'éloigna aussi rapidement qu'il était arrivé. Lilly se taisait toujours, bien trop surprise qu'il le lui avoue aussi simplement que cela. Scotty essaya de se justifier.
- Lilly, je…
- Pourquoi…
- Depuis cette fameuse nuit, où tu es venue me voir, je veux te le dire, Lilly. On s'était promis de ne pas chercher à raviver ce qu'il y avait entre nous… Mais je n'ai pas pu aller outre ce que je ressens pour toi. Tu es toute ma vie, Lilly. Je veux… Je sais que je te l'ai déjà dit tout ça, mais là, je te le redis face à face… Et en te regardant, je constate que mes paroles ne te laissent pas indifférente.
- Scotty…
- Que faut-il que je fasse ? Dis-moi, et je le ferais.
Lilly avala sa salive difficilement, le cœur battant, elle l'écoutait parler, mais tout ce qu'elle retenait c'était les trois mots qu'il lui avait dit.
- Il faut que je prenne l'air, Scott.
Ils se levèrent et sortirent du bar. Lilly marchait, Scotty la suivait. Elle se retourna soudain, le forçant à s'arrêter.
- Je ne veux pas l'oublier, fit-elle les larmes aux yeux. Je ne veux plus souffrir parce que j'aime une personne, et que celle-ci disparaît. Je…
- Je ne partirais pas Lil', je ne t'abandonnerais pas. Je n'ai aimé que deux personnes comme je t'aime : Elisa, et Julia. Je les ai perdu toutes les deux, mais toi, tu es là, et je refuse de te perdre.
Il s'était approché d'elle en disant ces paroles, elle l'avait laissé faire, ses yeux encrés dans les siens, et refusant de les baisser de peur qu'il s'en aille. Il lui caressa la joue, elle posa sa main sur la sienne en fermant les yeux.
- Je… Je ne sais pas, Scotty.
- C'est tous les deux qu'on sera fort.
- Si tu savais combien je regrette… Commença-t-elle avant que sa voix ne s'étrangle par les sanglots qui la gagnaient. C'est de ma faute si elle…
- Non, Lilly ! l'interrompit Scotty. Ce n'est pas de ta faute, ni de la mienne… Les médecins ont dit qu'elle avait une malformation, mais que cela c'était généralisé bien avant qu'on ne puisse faire quelque chose…
- Oui, mais elle refusait de manger, j'aurais dû le voir, j'aurais dû…
- Hey, fit-il en lui relevant le menton, on l'a emmené aux urgences dès qu'on a constaté qu'elle n'était pas en forme… On a fait tout ce qu'il fallait Lil' !
- Je ne veux pas l'oublier, mais être avec toi, c'est…
- Et moi je te dis, que c'est à deux qu'on arrivera à surmonter ça ! C'est avec de l'amour, qu'on…
- Je…
- Laisse-moi te prouver que j'ai raison. Rappelle-toi le matin de Noël, chez mon frère… Une famille c'est ça aussi…
Lilly eut un timide sourire. Elle se rappela la phrase de la belle sœur de Scotty :
« Quand un des frères Valens te met le grappin dessus, il ne te lâche pas de sitôt. »
- Quoi ? Fit-il surpris.
- Rien… Mais, Alegria avait raison.
- Quoi ? Que vient faire la femme de mon frère dans cette histoire ?
- Elle vous connait juste par cœur Mike et toi.
- Tu… Tu lui as parlé récemment ?
- Non… Juste une phrase qu'elle m'a dite un jour.
- Et c'était quoi cette phrase ?
- Un secret entre elle et moi.
- Inspecteur Rush, soit vous en avez trop dit, ou soit pas assez !
- Arrête, Scotty, fit Lilly avec un sourire.
- Toi, arrête ! J'aimerais savoir à quoi tu penses pour sourire comme ça !
- A ta famille…
- Et pour le moment, c'est toi ma famille Lil' ! C'est toi que j'aime comme un fou. C'est toi qui fais battre mon cœur, qui me fais sourire, qui occupes mes pensées. C'est à toi que je pense quand je me réveille, et quand j'éteins la lumière…
- Tais-toi !
Ils se regardaient, profitant du cocon dans lequel ils se trouvaient. Une fine pluie commençait à tomber, mais ils ne voulaient pas interrompre ce moment qu'ils partageaient, incapables de bouger de peur, de le perdre. Ils voulaient juste savourer le regard de l'autre, un regard qui faisait battre leur cœur.
Ils étaient arrivés devant la voiture de location de Scotty, hésitants quant à ce qu'ils devaient faire. Ce fut Lilly qui réagit en première. Elle fit le tour de la voiture, et se posta devant la portière du côté passager. Sans mot, Scotty comprit et ouvrit la voiture. Une fois installés dedans, il démarra et demanda juste l'adresse exacte de la jeune femme. Quinze minutes plus tard, ils étaient arrivés devant l'immeuble de Lilly.
- Il y a une place juste là, indiqua Lilly sans regarder son voisin.
- Tu veux que je…
- On n'a pas fini notre conversation, fit-elle avec un léger sourire.