HypnoFanfics

Pearl

Série : Cold Case
Création : 13.01.2011 à 01h46
Auteur : Saoirse 
Statut : Terminée

« Un hommage à quelqu'un que j'adore. Pour ne pas briser le fil, j'ajouterais à la fin les traductions de certaines parties ainsi que les copyright des oeuvres utilisées. c'est un ép » Saoirse 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 16 paragraphes

Afficher la fanfic

 

Los Angeles, 4 octobre 1970.

 

 

De la fenêtre de cette chambre d'hôtel qui dominait Sunset boulevard, on apercevait le célèbre « Marlboro man », que le cancer du poumon n'avait pas encore terrassé. La jeune femme se tenait devant la psyché qui lui renvoyait sa propre image:

 

 

Pas flatteuse la star! Pensa-telle.

 

D'un geste mécanique elle porta la bouteille à ses lèvres, et le liquide brun-roux roula dans sa gorge comme une bénédiction. Puis elle se dirigea en titubant vers la table de nuit pour y poser une bouteille qui ne contenait désormais guère plus que l'espoir d'en ouvrir une autre.

 

 

C'est un jour mort, dit-elle à voix basse, puis plus fort elle répéta:

C'est un jour mort. Commencé dans le silence, il s'achèvera dans l'oubli...

 

Elle tâtonna sur la table de nuit et finit par trouver ce qu'elle cherchait: Deux petites pilules blanches et rondes.

 

  

L'oubli...oui l'oubli. L'oubli, l'oubli, l'oubli...

 

Elle répétait ce mot sans cesse jusqu'à, du moins l'espèrait-elle, ce qu'il perde toute signification.

Elle avala les pilules au moment ou elle oubliait l'oubli. Se saisissant de la bouteille par le goulot, elle la projeta vers la psyché qui vola en éclat.

 

Au moment de ce geste, le son de la guitare saturée de l'intro de « Ball and Chain » de Janis Joplin retentit, puis se tait brusquement juste avant le début du chant. Et la femme s'est recroquevillée en position fœtale près de la fenêtre.

 

La femme relève la tête. Elle n'est plus Janis Joplin, la star adulée. Elle est Bessie Smith, morte dans la misère. Elle est Big Mama Thornton dans son champs de coton; et de sa gorge abimée par les excès d'alcool, de drogue et de fumée apparaît le plus parfait des blues que son public n'entendra jamais:

 

Sittin' down by my window,
Honey, lookin' out at the rain.
Lord, Lord, Lord, sittin' down by my window,
Baby, lookin' out at the rain.
Somethin' came along, grabbed a hold of me,
And it felt just like a ball and chain.
Honey, that's exactly what it felt like,
Honey, just dragging me down.

And I say, oh, whoa, whoa, now hon', tell me why,
Why does every single little tiny thing I hold on goes wrong ?

 

Sa voix se casse, s’éteint dans un sanglot. Elle se relève et va s'affaler sur le lit. De nouveau elle veut se relever mais son cou ne supporte plus le poids de sa tête. L'oubli se penche sur elle et lui murmure qu'elle est Pearl pour toujours...

 

Son corps devient transparent et disparaît...

 

...Générique.

 


Saoirse  (13.01.2011 à 01:53)

Los Angeles, 13 Janvier 2011.

 

C'est la même chambre d'hôtel. La preuve en est qu'à travers la fenêtre, l’éternel cow-boy est là essayant vainement depuis plus de quarante ans d'allumer la même cigarette qui lui a malgré tout rongé les poumons. Le mobilier a changé et les murs ont été rafraîchi bien plus de fois que Vera n'a eu de compagnes. La chambre est propre et prête à accueillir un nouvel arrivant. Lilly entre et pose ses bagages. Après un rapide coup d’œil, elle s'avance vers le lit et s'effondre de fatigue. Le téléphone sonne...

 

-oui, dit-elle en décrochant

-Jeffries, annonce la voix, t'es bien arrivée?

-Jeffries! Répond lilly agacée, ça fait pas vingt quatre heures que je suis en vacances, que déjà tu m'appelle.

-Juste pour savoir, répond-il

-Ça va, ça va, je suis juste épuisée par le voyage...

-Quel temps à L.A.? Demande encore Jeffries

-Mieux qu'à Philly, rétorque Lilly.

-Bon, je te laisse; je voulais juste savoir...

-...Si j'étais bien arrivée! le coupe Lilly.

-Ouais, ouais... bon... je...

-Oh! Jeffries? Demanda soudainement Lilly

-Ouaip!

-Qu'est-ce que tu sais sur Janis Joplin?

-Pearl!

-Pearl? Interrogea- t'elle

-C'était son surnom, rapport au boa qu'elle portait toujours.

-Un boa? S'écria Lilly interdite; pourquoi Janis Joplin trimballait un serpent?

 

Un rire tonitruant lui parvint du côté de Philadelphie:

 

- Pas un serpent. Un truc avec des plumes que tu te mets autour du cou, comme les danseuses de saloon, lui expliqua Jeffries quand son rire fût calmé.

-Ah! Ça répondit Lilly vexée. C'est tout?

-Non! T'as du temps?

-Fais moi la version courte, Jeffries; Joplin pour les nuls, tu vois?

-OK!... Janis Lyn Joplin, née à Port Arthur, Texas en 1943 morte en octobre 70 d'une surdose d' héroïne à Los Angeles, Californie; une voix exceptionnelle. La plus célèbre chanteuse du club 27...

-Le club 27? interrogea Lilly d'une voix prudente. Le boa lui restait en travers de la gorge.

-Ce sont les chanteurs morts à 27 ans, annonça Jeffries en réprimant un nouveau rire. Il continua:

-Jimi Hendrix, Jim Morrison, le type des Stones et l'autre là, le chanteur de Nirvana

-Brian Jones et Kurt Cobain !lança Lilly triomphante.

-Ouais c'est ça.

-Bon OK, dit Lilly qui ne voulait pas prolonger la conversation

-Mais, s’étonna Jeffries, pourquoi tu me demande tout ça? C'est pas une affaire classée...

-J'étais curieuse, j'occupe la chambre où elle est morte, dit-elle, certaine de son effet.

-Ça alors! Merde...répliqua Jeffries après un long silence, ramène moi une photo, tu veux.

-Bien, bye! Déclara Lilly satisfaite, je reviens dans une semaine.

-Profites en bien, tu en as besoin, lilly

 

Lilly raccrocha et s'étendit de nouveau sur le lit pour s'endormir pour de bon cette fois.

 

 

 

 

 

Lorsqu'elle se réveilla, Lilly était encore habillée. Le jour traversait la fenêtre et jetait un rayon de soleil qui allait s'écraser sur le sac de voyage de Lilly. Un bruit de circulation montait de Sunnite boulevard. Après une douche revigorante, Lilly avait décidé de se mettre en quête d'un Starbuck pour y prendre son breakfast. Elle se rappelait en avoir vu un pas très loin de l'hôtel avant que le taxi ne la dépose hier. Pas de programme précis, pensa- t'elle, juste du tourisme. Aujourd’hui Venice Beach et demain les studios Universal.

Arrivée à la réception, elle tendit ses clefs à la jeune fille brune qui se prénommait Chloé comme son badge l'indiquait. Celle-ci l'interrogea en prenant la clef:

 

 

-Bien dormi? Miss rush.

-Oh, oui! Soupira Lilly.

-Pas trop ennuyé par le fantôme de Janis? Minauda la jeune réceptionniste

-Non, pas du tout, s'esclaffa Lilly, pourquoi?

-Oh! y'a beaucoup de clients qui l'entendent, répliqua Chloé. Elle s'approcha de Lilly

-comme pour lui confier un inestimable secret:

 

-Faut dire que beaucoup viennent ici en pèlerinage; entre nous on appelle ça le « Joplin Mystery tour » déclara-t'elle. Enfin! J'dis ça, j'dis rien, continua-t'elle en faisant claquer son chewing-gum.

 

Pleinement satisfaite de son petit commérage, elle retourna derrière son desk et reprit sa routine.

Lilly franchit le seuil; aussitôt une onde de chaleur lui tomba sur les épaules. Amusée par le discours de Chloé, elle se mit à la recherche du Starbuck.

 

 

Début de « Move over » de Janis Joplin, alors que nous suivons Lilly au long de sa journée touristique: les plages de Venice et ses bodybuilders, ses skaters... mais on sent que Lilly à l'esprit ailleurs. A un stand de crème glacée, la tenue très seventies d'une jeune fille; une petite boutique de T-shirts vintage et même les peintures à l'aérographe représentant les visages de Lennon, Morrison et Janis: tout la ramène vers Joplin.

 

 

 

De retour à l'Hôtel, Samantha avait remplacé Chloé pour le service du soir. C'est elle qui lui tendit sa clef,sans un mot; juste le petit sourire commercial de circonstance. Dee toute façon Lilly n'était pas d'humeur a entamer ne serait-ce que le soupçon du début d'uneconversation. Lilly prit sa clef en gratifiant l'employé de son plus solide regard de flic: match nul. L’ascenceur était un de ces vieux engins grinçant de bois et de ferraille doté, de surcroit, de l’énervante cloche signalant l'arrivée et le départ. Quand enfin la machine infernale se décida d'arriver, Lilly dut encore retenir la porte pour attendre le vieux bonhomme qui venait d'entrer dans le hall et s'approchait péniblement de la cage d’ascenseur. Ils allaient au même étage. Le silence s’installa. A peine arrivés, le vieux se précipita hors de la cabine comme si sa vie en dépendait et, d'un pas plus rapide que dans le hall, il tourna au bout du couloir et disparut. Bienvenue dans la cité des Anges murmura Lilly.

C'est au moment d'ouvrir sa porte que Lilly l'entendit tomber. Hésitant un moment sur la conduite à tenir, elle se décida à vérifier que le papi ne s'était pas fait mal.

Il était affalé parmi ses commissions, essayant de se relever en évitant de glisser sur la boite de lait éventrée qui laissait échapper son contenu sur le tapis:

 

 

-besoin d'aide Monsieur? Lança-t'elle

 

Le vieux marmonna quelques injures que Lilly préféra ignorer comprenant qu'elles étaient adressées à la fois au lait qui s'épanchait sur le tapis, au temps qui passe et à la vie qui s'enfuit et qui ne laisse aux vieux tout juste assez de force pour exister un jour supplémentaire. Lilly l'aida à se relever, rassembla ses courses éparpillées et tendit le tout au bonhomme qui s'en empara et disparut dans sa chambre sans mot dire.

Merci! Pensa Lilly peut-être un peu trop fort. Elle tourna les talons et oublia l'incident aussitôt entré. Elle se fit livrer à manger par l'intermédiaire de Miss Samantha-au-sourire-obligé, et se prépara à passer une soirée tranquille avec le livre qu'elle s'était acheté à Venice. Trois coups brefs à sa porte allait bouleverser ce programme bien huilé.

 


Saoirse  (13.01.2011 à 06:31)

Le vieil homme se tenait devant la porte. Environ soixante-dix ans, il portait un T- shirt « Fruit of the Loom » sous un boléro de cuir marron clair, ce qui fit sourire Lilly. Des cheveux longs et gris, une barbe de plusieurs jours, il portait à son oreille gauche une feuille de cannabis. Il tendit à Lilly une main aux doigts fins; à l'index il arborait une bague Tao et son auriculaire s'ornait d'un anneau Peace and love.

 

-Art Markham, dit-il simplement; après une brève pause; comme s'il attendait un signe de la part de Lilly, il continua:

-Je voulais m'excuser pour tout à l'heure et vous remercier de votre aide.

 

Lilly continuait de l'observer sans mot dire, avec, toujours sur son visage le demi-sourire du au T-shirt rétro. Puis elle tendit la main à son tour:

 

-Lilly Rush, je suis ravie d'avoir pu vous aider. Vous êtes vous fait mal?

-Non , je vous remercie, je vais bien, vraiment.

 

Il sortit une bouteille de « Southern comfort » qu'il tendit à Lilly. Elle fit d'abord mine de refuser, puis l'accepta voyant que Markham insistait. Elle bredouilla un merci et s’apprêtait à fermer la porte lorsqu'elle réalisa que ce n'était pas un cadeau à emporter. Art tentait de s'inviter. A nouveau cela la fit sourire. J’aii tapé dansl’œil d'un vieux baba-cool, pensa t'elle, j'en connais qui vont rire à Philly!

Prenant son sourire pour une invitation a continuer, Art s'enhardit:

 

-Notre vieille boisson du Sud, vous connaissez?

-Oui, oui je connais, répondit-elle. L'ennui c'est que je n'ai pas de verres et je...

-...C'est rien, j'en ai moi, je reviens.

 

Il tourna les talons abandonnant Lilly sur le pas de la porte une bouteille de bourbon à la main et l'air aussi stupide qu'Alice rencontrant la Reine de Cœur.

Lilly laissa la porte entrouvertepour Art, alla poser la bouteille tout en se disant qu'elle été retombée en plein « Summer of Love ». Finalement se dit- elle, la perspective de passer une soirée auprès d'un authentique témoin de Woodstock n'était pas si déplaisante. Peut- être Art Markham était un de ces adeptes du fameux « Joplin Mystery tour » dont lui avait parlé Chloé; une occasion d'en apprendre plus sur Janis Joplin, qui sait.

Dés son retour, Art prit les choses en main, il étala les deux verres, ouvrit la bouteille et servit; il s'était arrêté dans le couloir pour remplir un troisième verre auprès de la machine à glaçons. Il tendit son verre à Lilly et leva le sien en guise de toast:

 

-A quoi trinquons- nous? demanda Lilly

-Aux gens qui s'aident et aux absents, dit Art

-Aux absents? Pourquoi?

-Saviez-vous que c'étaient sa boisson préférée? Continua Art sans se soucier des questions de Lilly, on raconte que pendant ses...

-Art! Cria Lilly, qu'est-ce que vous racontez, de qui parlez-vous à la fin! Je commence à croire que tout ça est une très mauvaise idée et franchement je souhaiterais... Elle s'interrompit devant la vision que lui offrait Markham: un homme désemparé, qui la regardait comme un petit garçon qui ne sait bien quelle bêtise il vient de faire pour mériter de tels cris

-Je... euh, je parlais de Janis... euh, Janis Joplin... Euh, je pensais que vous aimeriez savoir des choses sur elle étant donné que vous occupez sa chambre... euh, en général les gens aiment bien que je leur en parle... je... vais... je m'en vais... euh... je … Pardon!

 

Art posa son verre devant une Lilly médusée, et se dirigea vers la porte, il se retourna avant de la franchir et regarda Lilly, puis il franchit le seuil et referma la porte sans bruit.

Lilly ne savait plus quoi penser. Elle profita de ce qu'elle avait un verre en main pour en avaler le contenu. Elle posa le verre vide et soudain réalisa.

Elle attrapa son portable et composa le 1 sur son clavier d'appel rapide; deux sonneries plus tard son correspondant répondait:

 

-C'est pas très drôle Scotty!

-Lilly? Répondit Scotty étonné, tout va bien, qu' est-ce qui n'est pas drôle?

-Où l'as-tu recruté papi Marie-jeanne, à Sing-sing? Un peu plus et je marchais à fond. Ah! c'est bien vu votre numéro, elle s'emballait, d'abord Jeffries qui m'appelle « Pour savoir si tu vas bien » fait- elle, en essayant de l'imiter. Puis l'évadé d'Alcatraz qui me la joue Mister Magoo, et moi qui suis là au milieu. Et Vera, il est dans l'coup aussi? Tu parles c'est lui qui a eu l'idée, je suis sûre...

-Lilly, essayait de l'interrompre Scotty, Lilly de quoi tu parles t'es sûre que tout va bien?

-… que je suis en vacances et que c'est pas la peine d'avoir prévu autre chose, d'accord. Ras l'bol des boas, des serpents, des club 27 et de Pearl, vu! Et elle raccrocha sitôt sa diatribe terminée.

 

Elle se resservit un verre et s'empara du livre qu'elle avait prévu pour la soirée. Finalement, elle allait le lire ce foutu bouquin et y'a pas un junkie au monde qui allait l'en empêcher.

 

 


Saoirse  (13.01.2011 à 22:17)
 

             La visite aux studios Universal fût pour Lilly la parfaite illustration de la Loi de Murphy:S'il existe au monde deux voies pour faire une chose et que l'une de ces deux voies est la pire, il existera forcément quelqu'un pour emprunter cette voie. Autrement dit, la LE.M ou Loi de l'Emmerdement Maximum avait pourchassé Lilly toute la journée. Le coup de fil de Scotty avait initié la journée de la L.E.M comme devait se le rappeler Lilly pendant de nombreuses années. Elle avait dû user de tout son pouvoir de persuasion pour l'empêcher de rappliquer illico inquiet qu'il était de son appel de la veille. Après avoir expliqué ce qu'il en était à Scotty, celui-ci lui jura ses grands Dieux que ni lui, Jeffries ou Vera n'avaient quelque chose à voir avec les évènements passés; même s'il s’avérait que c'était Scotty qui lui avait réservé sa chambre d'hôtel. Il ne restait plus qu'une chose à faire pour Lilly: Aller s'excuser auprès d' Art. Celui-ci lui ouvrit la porte, laissant échapper au passage des effluves de patchouli, d'encens et de bourbon réunis; arborant cette fois-ci un T-shirt sur lequel on distinguait la célèbre bouche à la langue tirée emblématique des Stones. Il accepta les excuses de Lilly contre la promesse de remettre l'apéro avorté d'hier, au soir même. Le reste de la journée fût du même acabit: Mauvaise ligne de bus pour les studios, obligeant Lilly à faire le pied de grue pendant une heure à l'autre bout de la ville; des heures de queues pour accéder aux plateaux visibles par les touristes; que ce soit pour voir Wisteria Lane ou le motel de Norman Bates; et pour couronner le tout, les internautes locaux avaient choisi ce jour-là pour organiser une Flash-Mob gigantesque en l'honneur de Michael Jackson au milieu du décor qu'avait utilisé Spielberg pour La Guerre des Mondes.

 

            Lilly rentra à l'hôtel et demanda sa clef à la réceptionniste qui n'était ni Chloé, ni Sourire d'enfer, mais une brunette d'une quarantaine d'années dont le badge indiquait qu' elle se prénommait Bess. Probablement l'employée du Week-end pensa Lilly. Elle en profita pour lui demander ce qu'on pouvait bien faire un vendredi soir à L.A n'ayant pas l'intention de faire durer les festivités avec Markham. Bess lui indiqua ce qui pouvait l’intéresser, lui fournit quelques brochures ainsi que des réductions sur tel ou tel restaurant, lui proposant même de réserver pour elle. Pour être sûre, pensa Lilly que le patron dudit restaurant ne l'oublie pas pour sa commission mensuelle. Elle refusa, remercia Bess de sa disponibilité et s'apprêta à gagner l'ascenseur lorsqu'une dernière chose lui vint à l'esprit:

 

 

-Bess, demanda-t'elle, Vous connaissez Mr. Markham? Il est au même étage que moi.

-Art? Bien évidemment!... Ah! Je vois, il vous a fait le coup du papi volant! Hein c'est ça?

-Euh, et bien... commença Lilly.

-Il fait ça à tous les clients de votre chambre; sa manière à lui d'entamer la conversation vous voyez. Faut dire que la plupart qui réserve cette chambre sont des fans, alors Artie les repèrent et boum! La chute. Après c'est plus facile de raconter son histoire et par là même de se faire quelques dollars.

-Son histoire, interrogea Lilly, c'est quoi son histoire?

-Ben, Art il est là depuis la mort de Miss Joplin, comme quoi il la connaissait avant et qu'il était venu la rejoindre; C'est lui qui l'a découverte cette nuit-là. Et depuis il vit ici. Vous verriez sa chambre: un vrai musée!

 

Lilly remercia Bess et se dirigea vers l'ascenseur. C'était donc ça , pensa-t'elle, Le vieil Artie avait tout un scénario à vendre pour le « Joplin Mystery tour ». Eh bien, soit! Elle était prête à l'écouter. Après tout cela vaudrait bien un mauvais dîner en ville. Et ça gommera un peu la L.E.M de cette journée. Après l'ouverture bruyante de la porte, Lilly entra d'un pas décidé dans l'ascenseur.

 

 

 

 

 

Certains hommes se distinguent par leur sourire, leur manière de s'exprimer, leur voiture; Artie se distinguait par ses T-shirts. Et celui qu'il portait quand Lilly ouvrit lui explosa au visage: Du pur psychédèlique! Un ensemble de cercles aux couleurs pastels dégradées du plus bel effet. Un manche de guitare sur lequel se posait une colombe et en lettres caractèristiques des seventies, c'est à dire lettres rondes et pleines de couleurs diffèrentes, ce message: Woodstock trois jours de Paix et d'Amour.

 

 

-J' espère que votre combi Wolkswagen est bien garé, dit Lilly en réprimant fortement une crise de fou-rire.

-Oui, répondit Art, il est au garage, mais comment savez-vous que j'ai...

-Je vous ai vu, coupa Lilly au bord de la syncope, excusez-moi, je vous laisse servir, réussit-elle à dire en se précipitant vers les toilettes.

-Un ou deux glaçons! Cria Art qui visiblement ne s'était pas rendu compte de la crise qu'il avait involontairement provoqué chez Lilly.

-Un, c'est bien dit Lilly en ressortant calmée.

-Alors, enchaîna-t'elle, vous me disiez hier que c'était la boisson préférée de Janis?

 

Un éclair s'alluma dans les yeux d'Art. On allait jouer sur son terrain:

 

 

-Oui commença-t'il, Janis était excessive en tout: Alcool, drogue, hommes, il rajouta à voix basse, femmes aussi quelques fois...Tenez, le jour ou je l'ai rencontrée...

-Vous la connaissiez? Interrompit Lilly.

-Oui, je l'ai rencontrée ici, il pointait le doigt sur son T-shirt, à Woodstock; ses yeux se fermèrent: Je rentrais du Viet-Nam et un pote m' avait branché sur un plan fric; assurer le service d'ordre des vedettes. Janis a attendu dix heures ce jour-là pour chanter, quand elle est montée sur scène, elle était chargée et elle a assuré comme jamais; c'était pas une voix, c'était son âme qui sortait de son corps...

 

Les premières notes de « Summertime » arrivent et l'on voit Janis Joplin commencer à chanter. Des plans de coupes sur un public de Beatnik et en coulisse un Art Markham jeune avec une allure encore militaire, coupe rase et tenue droite. Mais alors que la voix de Janis résonne on voit son visage se décomposer, son allure s'affaisser. Un gros plan sur son bras nu montre la chair de poule que Janis a provoqué sur Markham et la caméra s'arrête sur ses yeux perdus dans un océan. Il ne pleure pas mais ses yeux sont humides.


Saoirse  (15.01.2011 à 02:18)

-... La voix, sa voix c'était...Art cherchait ses mots autant qu'il cherchait à prendre le dessus sur son émotion, Il s'interrompit.

 

Lilly se leva et lui versa une dose généreuse , lui tendit le verre. Art le prit et en but une longue gorgée:

 

- Je revenais de l'Enfer, reprit-il, elle exprimait tout ce que je ne pouvais pas dire et en même temps je savais que ce n'était pas de moi, ni du public qu'elle parlait mais d'elle. Cette fille que je ne connaissais pas ou peu, que j'avais vu pendant dix heures se saouler, se droguer, se comporter comme le plus vulgaire des routiers; dès qu'elle toucha la scène se transforma. En dehors, elle se serait foutue à poil pour une dose, sur l'estrade c'était sa voix qu'elle mettait à nue, son âme qu'elle offrait. Quand elle est descendue, lorsqu'elle eût fini, j'étais dévasté. Elle m'a demandé de la ramener à son hôtel. Le trajet fût silencieux. Elle me proposa à l'arrivée de monter avec elle, elle ne voulait pas être seule. Je l'accompagnais.

 

Lilly risqua la question qui lui brûlait les lèvres:

 

  

-C'est ce soir-là que vous êtes devenus amants?

-Amants? Vous plaisantez ,rétorqua Markham visiblement choqué, pas du tout! Je suis devenu bien plus à mes yeux... Il prit une pause... J'étais son confident.

-Son confident, répéta Lilly sceptique.

-Eh bien dans le monde de Janis où elle ne pouvait que très rarement accorder sa confiance, j'étais le choix le plus raisonnable. Elle m'a dévoilé ce qu'était sa vie cette nuit-là. Au petit matin, J'avais un travail: être présent pour Janis, partout, tout le temps. Ce matin du 17 Août 69 a changé ma vie pour toujours. Treize mois plus tard, je l'ai trouvé morte ici, il désigna le lit. C'est marrant quand j'y pense, Janis a changé ma vie et moi j'ai pris sa...Il hésita

Lilly dressa l'oreille son instinct d'inspectrice pris le dessus

-Sa quoi? Dit-elle précipitamment

-Sa place ici, finit par dire Art, J'ai pris sa place: gardien du souvenir.

 

Tous les deux restèrent silencieux un long moment. Visiblement un malaise s'était installé. Markham suçotait le glaçon qui trainait dans son verre, conscient qu'il avait poussé trop loin la confidence; il avait brisé, pour la première fois de sa vie la sacro-sainte règle: on se maîtrise quelle que soit la quantité d'alcool ingurgitée. Lilly, de son côté réfléchissait: quelle était la part de vérité dans ce que lui avait raconté Markham. Finalement ce fût lui qui brisa le silence.

 

 

-Alors Lilly, dit-il, vous n'êtes visiblement pas ici pour mes histoires sur Janis, qu'êtes vous venue faire à Los Angeles?

-Du tourisme, répondit-elle, je suis en vacances.

-D'où venez-vous? Demanda-t'il, il se leva, je vous ressert? Elle fit non de la tête.

-Je suis de Philadelphie.

-Ce n'est donc pas la peine de vous proposer d'emmener cette maudite cloche d'ascenseur avec vous, vous avez ce qu'il faut là-bas.

-Oui, dit Lilly en riant, elle apprécia le trait d'humour.

-Franchement, fit-il soudain plus sérieux, vous ne m'avez jamais vu au volant de mon combi, Avouez que vous avez mené votre petite enquête sur le vieil Artie.

 

Lilly eût la tentation de répondre la vérité c'est à dire son trait d'humour rapport à ses fringues Vintage et tout son folklore seventies, mais elle se ravisa et tenta la technique Las Végas: le Bluff.

 

 

-C'est la réceptioniste qui m'en a parlé, commença-t'elle

-Bess, la p'tite black du vendredi? Coupa-t'il

-Elle ou une autre je ne sais plus. Lilly tint à rester évasive. Mais vous ne croyez pas si bien dire en parlant d'enquête... figurez vous que c'est mon métier.

 

Elle observait Art, il avait blêmi.

 

 

-Je suis inspectrice de police dit-elle.

-Ah! bon, dit-il faussement détaché, ce doit-être passionnant.

 

Il posa son verre, fit mine de regarder sa montre. Lilly avait touché dans le mille. Elle savait qu'il ne tarderait pas à s'éclipser. Elle savait qu'elle ne le retiendrait pas. Déjà, elle mettait en place, sa prochaine étape: la chasse aux renseignements. Et pour ce faire, elle avait besoin d'inviter quelques collègues pour un Week-end à L.A.

 

-Il se fait tard, annonça Markham, Peut-être avez-vous une idée pour sortir ce soir, je vous conseille du côté de Century City; c'est animé le Vendredi.

-Merci, répondit Lilly, mais je crois que je vais rester ici; la journée a été plutôt chargée pour moi et une bonne douche me fera le plus grand bien et puis j'ai ce livre a terminer.

-Eh, bien, je vous souhaite une bonne soirée, lança Markham qui semblait avoir recouvré sa superbe.

 

Il alla vers la porte et la franchit sans se retourner. Dès qu'elle entendit le clic que fit la clenche. Lilly se rua sur le téléphone.

 


Saoirse  (15.01.2011 à 09:16)

Convaincre Stillman de lui adjoindre ses coéquipiers ne fut pas une mince affaire. Mais elle avait besoin de son aval au cas ou tout ceci deviendrait officiel. Lilly avait appris à négocier avec son supérieur: Elle demanda tout le monde sur le pont pour bénéficier du minimum négociable. En fin de compte, la réponse de Stillman fut exactement ou presque ce qu'elle espérait:

 

 

-OK! Rush, voilà le topo, conclut le Lieutenant: Je vous accorde un inspecteur avec vous à L.A. et un autre sur le terrain si nécessaire. Les autres pourront vous aider d'ici; s'il vous faut plus, ce sera au cas par cas. Et tout ça sur la base du volontariat, Rush,, vous m'avez bien compris?

-Oui, chef, répondit une Lilly plus docile qu'à l'accoutumée.

-Dernière chose, Rush: Je veux un rapport quotidien sur vos activités et sur vos avancées dans l'affaire; S'il vous faut autre chose adressez vous au Capitaine Otten à Parker Center, je le mettrais au courant.

-C'est compris: rapport journalier, Otten; merci chef.

-Bon, Vous voulez qui?

 

C'était la question la plus facile, Lilly ayant déjà arrêté son choix: La faculté de Scotty pour interroger les témoins était un atout à ne pas négliger, mais sa passion de la musique cubaine en était le handicap, ce choix ferait doublon puisqu'après tout elle pouvait elle-même s'en charger. Elle ne pouvait demander à Kat de sacrifier son Week-end et Vera lui serait plus utile pour ce qu'elle lui réservait:

 

-Jeffries ici, avec moi, répondit-elle et Vera à Bethel dans l'état de New-york

-Pourquoi envoyer Vera dans l'état de New-york? Interrogea Stillman

-Parce que c'est là qu'à eu lieu le festival de Woodstock en 69 et j'aimerais qu'il aille se renseigner dans un hôtel là-bas.

-J'espère que vous savez ce que vous faites, déclara Stillman avant de raccrocher

-Moi aussi, dit Lilly pour elle-même en posant le combiné.

 

Lilly s'accorda une minute pour rassembler ses pensées. Elle prit une longue inspiration et décrocha le combiné, il lui fallait maintenant distribuer les rôles; son réveil de voyage indiquait 21h 38, c'était jouable.

 

 

 

 

Une grosse heure s'était écoulée, Lilly en avait profité pour descendre se chercher des nouilles au gingembre au restaurant asiatique en face de l'hôtel. En remontant dans sa chambre, elle essayait de penser à la façon dont elle devait aborder les choses pour ne pas heurter la sensibilité de Scotty. Elle était sûre d'avoir fait le bon choix, mais elle était certaine également que Valens ne partagerait pas son point de vue.

 

De nouveau, elle prit le téléphone et composa le numéro de la police de Philadelphie. Lorsqu'elle obtint le standard elle annonça son numéro matricule et l'objet de son appel:

 

 

-Inspecteur Rush, dit l'officier au standard, les inspecteurs Jeffries, Valens et Vera ainsi que le Lieutenant Stillman sont dans la salle d'audio-conférence, je vous mets en ligne.

-Merci, sergent, répondit Lilly.

-Rush? C'est Stillman, nous sommes réunis, vous pouvez commencer votre briefing.

 

Lilly commença par les mettre au courant des évènements de ces derniers jours. Elle leur parla de Markham et de sa petite combine, et leur rapporta la conversation qu'ils avaient eu quelques heures plus tôt. Elle leur dit qu'elle n'avait rien de plus qu'une intuition, Qu' elle était certaine qu' Art cachait quelque chose et que ce quelque chose était énorme. Lorsqu'elle eût fini, la voix de Scotty brisa le silence; nous y voilà, pensa-t'elle:

 

-Et c'est quoi ton intuition, Lilly? Que Markham a tué Joplin? Allons t'es pas sérieuse, c'est une affaire publique concernant une des plus grande star des seventies. Ce type là, il est resté quoi... quarante ans sur les lieux de son crime...

-Je ne pense pas à un crime, Scotty rétorqua Lilly. Je pense à un secret, une énigme; quoique ce soit Markham sait quelque chose et tu sais aussi bien que moi, inspecteur Valens, dit Lilly en appuyant bien sur le mot inspecteur, que lorsqu'il y a secret, il y a victime de tel secret et nous sommes tous les deux bien placés pour le savoir. T’as compris le message, pensa Lilly.

-C'est quoi ton problème, inspecteur Rush? Où veux- tu en venir? Scotty réagissait en animal blessé. Tu crois que tu peux débarquer à L.A et sauver Markham de ses propres démons. Tu crois que tu y réussiras mieux qu'avec...

-ça suffit vous deux! Coupa Stillman; s'adressant a Valens il rajouta, j'ai donné mon feu vert pour une enquête préliminaire Scotty, je pense donc qu'il y a quelque chose à apprendre. Lilly continua-t il, comment voulez-vous procéder?

-Et bien, je...commença Lilly ébranlée par le dernier échange avec Scotty, elle se ressaisit; J'aimerais que Jeffries prennent le prochain vol pour L.A, j'ai besoin de ses connaissances en la matière ici; Vera, vois du côté de Woodstock: Markham et Joplin s'y sont rencontrés; vois du côté de l'hôtel où ils ont passé la nuit. Essaye de trouver des témoins de l'époque, un registre des arrivées; Scotty, elle hésita, si tu peux creuser un peu sur Markham ça me serait utile. Je vous rappelle que vous n'êtes pas obligés. Comme le Lieutenant vous l'a précisé, pas d'heures supp' , que des volontaires; un devoir de vacances en somme, elle s'essayait à l'humour et le regretta aussitôt. L'échange vigoureux entre elle et Scotty était bien présent dans les esprits

-Je marche Lilly, annonça Jeffries sans en rajouter

-J'en suis, dit Vera

-Scotty? Interrogea Lilly d'une voix blanche

 

Scotty haussa les épaules et fit oui de la tête

 

-C'est OK pour lui interpréta Stillman à l'intention de Lilly

-Bien , dit celle-ci, il est près de minuit: Jeffries tu as un vol à 04h30, je passerais te prendre à l'aéroport, j'aurais loué une voiture. Les autres vous savez ce que vous devez faire. Disons demain à 13h00 en audio pour faire un point?


Saoirse  (15.01.2011 à 17:58)

Jeffries attendait Lilly sur l'aire de débarquement:

 

-Tu as trouvé une voiture? Demanda-t'il; elle Hocha la tête.

-Bon c'est quoi le programme? Reprit-il

-J'ai appelé le Capitaine Otten, commença Lilly, pour lui demander le dossier Joplin, nous passons le prendre à Parker Center; on en profitera pour passer le profil de Markham à la bécane.

-Pas la peine, Scotty l'a fait, j'ai la fiche avec moi.

-Qu'est-ce qu'elle dit? Demanda Lilly

-Arthur James Markham, né en 42 à Hoboken, New jersey; vétéran du Vietnam il a fait deux séjours: 66 et 68, célibataire, une fille: Bethany; aucune ccondamnation débita Jeffries d'une voix monocorde.

-Une fille? Commenta Lilly, ici à L.A? Il sera peut-être nécessaire de la rencontrer

-On a rien sur sa fille, on a pas cherché. Il s'arrêta devant la voiture

-Tu as été un peu dure avec Scotty, il la prit par le bras, il s'inquiète pour toi, tu sais.

-Oui, je sais fit-elle en se dégageant doucement, je n'ai pas besoin qu'il me chaperonne sans cesse, je suis une grande fille et tu es le plus qualifié pour m'aider ici; si Scotty ne peut pas l'entendre, j'en suis désolée.

-Reçu fort et clair! Bien, enchaîna-t'il, si on profitait de la circulation pour que je t'affranchisse sur les fabuleuses années 70? Je conduis.

 

Lilly lui lança les clefs de voiture et acquiesça. Ils démarrèrent et se fondirent dans la circulation.

 

 

 

Bethel, état de New-york

 

L'inspecteur Vera était arrivé plus tôt dans la matinée. En comptant le décalage horaire avec L.A, c'est à dire cinq heures, il lui restait à peine plus d'une heure avant le briefing prévu par Lilly. Il se dirigea vers le syndicat d'initiative afin d'avoir la liste des hôtels qui existaient déjà en 69 et voir parmi ceux-ci lequel avait accueilli les vedettes de Woodstock.

S'il existe un Dieu pour les policiers, Nick l'avait emmené dans ses bagages. Il lui fallut en tout et pour tout vingt minutes pour décrocher la première info. Frank Battles jr. s'occupait de l'accueil; il était grand , fin de cinquantaine, solidement charpenté et était occupé à classer des brochures sur un présentoir;Vera s'adressa à lui:

 

 

-Bonjour, Inspecteur Nick Vera brigade de Philadelphie, j'aimerais avoir quelques informations

-Bonjour inspecteur répondit Battles en regardant la plaque de Vera, je serais heureux de vous aider, vous n'avez qu'à demander

-En fait, initia Vera, j'aimerais localiser l'hôtel où est descendu Janis Joplin pendant l'été de Woodstock.

-Rien de plus facile, répondit Battles visiblement surpris, vous n'aviez pas besoin d'exhiber votre badge pour ça, ce n'est pas un secret par ici; l'hôtel c'est le « Battles Inn » et il se trouve que c'était celui de mes parents, il désigna sa poitrine indiquant à Vera que Battles était son nom.

-Et où pourrais-je trouver vos parents? Demanda Vera

-Ils ne sont plus de ce monde, mais pourquoi auriez vous voulu les voir?

-Désolé pour vos parents , dit Vera, j'aurais voulu avoir la possibilité de consulter les registres de cette époque s'ils existent toujours.

-Oh,oui ils existent toujours. Ils sont exposés au musée du festival, au bout de la rue, vous pouvez y aller ils viennent d'ouvrir.

 

Vera remercia Battles et se dirigea vers le musée en relevant son col pour lutter contre le froid de ce matin de Janvier.

 

 

Los Angeles, Parker Center.

 

Le sergent Gomis attendait Lilly et Jeffries dans le hall d'entrée pour les conduire à la division centrale des enquêtes. Le capitaine Otten l'avait chargé de les chapeauter dans les dédales de l'immense commissariat.

 

 

-Vous n'êtes pas les premiers à demander ce dossier, dit-il

-Comment-ça? Demanda Lilly en jetant un coup d’œil à Jeffries, qui d'autre a consulté ce dossier dernièrement?

-Ils sont tellement nombreux, argua Gomis, a croire que posséder une plaque procure tous les privilèges. Dés qu'un flic est en Vacances ici, il demande à consulter le dossier. C'est un peu notre Déclaration d'Indépendance à nous. Alors on a aucun problème à le sortir. En fait chaque département en a une photocopie pour éviter les allées et venues.

-Il y a tant de flic que ça qui s’intéresseu dossier Joplin, demanda Jeffries surpris, il rendit son coup d'œil à Lilly.

 

Gomis stoppa net. Il regarda Jeffries puis Lilly:

 

 

-Le dossier Joplin? Vous n'êtes pas venu pour Michael Jackson?

-Non! Répondirent-ils en chœur.

-Ah, ça alors! C'est... c'est...pas banal fut tout ce que l'inspecteur Gomis trouva à dire

-Ben attendez-moi ici, je vais vous le trouver, bredouilla-t'il

 

Il tourna les talons. Lilly et Jeffries se regardèrent et éclatèrent de rire. Il ne restait plus qu'à attendre.

 

Bethel, état de New-york

 

Vera se tenait devant la vitrine exposant le registre du Battles Inn ouvert à la page du 16 et 17 Août 1969. On y distinguait les signatures entre autres de Carlos Santana, Joe Cocker, Jimi Hendrix, Neil Young et celle de Janis Joplin y figurait en bonne place; dans la marge une inscription supplémentaire avait été rajoutée: « 05h20: grenier, Arthur Markham 12$50 ».Bon, se dit Vera, Ils étaient bien là tous les deux. Un bruit le fit se retourner. Frank Battles se tenait derrière lui:

 

 

-Je me souviens de cette nuit-là, dit-il, j'avais 15 ans à l'époque et toutes mes idoles étaient là, chez moi. Autant vous dire que j'en ai pas dormi

-Vous avez vu Joplin rentrer? Demanda Vera sautant sur l'occasion.

-Oui, bien sûr... Allons prendre un café, je vous raconterais.

 

Nick emboita le pas de Battles. Après tout un café serait le bienvenue et il lui restait quelques minutes encore avant le début de la réunion.

 

Los Angeles, Parker Center

 

Lilly et Jeffries s'étaient installés à un bureau libre pour consulter le dossier que venait de leur amener Gomis. Lilly se chargea du rapport d'autopsie, Jeffries lui se réservant le rapport de police. Ils s'arrêtaient de temps à autres pour se montrer un détail ou partager leurs opinions. Mais rien de premier abord ne leur semblait sortir de l'ordinaire.

 

Le rapport d'autopsie indiquait une mort par surdose d’héroïne consécutive à une injection. Il énumérait les différentes traces de piqûres anciennes et récentes, les emplacements des tatouages que portaient Janis Joplin, ainsi qu'une cicatrice au niveau de l'abdomen. Sûrement l'appendicite songea Lilly, le rapport ne le précisait pas. Elle montra ce point à Jeffries, il lui expliqua que ces cicatrices étaient anormalement grande à l'époque à cause des techniques d'opérations qui ne permettaient pas comme de nos jours de ne laisser quasiment aucune traces dans ce genre d'intervention.

 

De son côté Jeffries ne trouvait pas grand-chose non plus. Art Markham avait appelé la Police à 01h40 dans la nuit du 4 octobre 1970. Il avait été interrogé et rien ne mettait en cause la véracité de son témoignage. Il avait découvert le corps aux environs de 01h10. Interrogé sur le laps de temps d'une demie-heure avant qu'il n'appelle. Celui-ci avait répondu qu'il avait tenté de ranimer Joplin sans se rendre compte du temps qu'il y avait passé.

 

Finalement, ils durent se rendre à l'évidence qu'ils avaient fait chou blanc. Quelque part Lilly se sentit rassurée. Si Markham avait un secret, il ne regardait que lui.

 

 

-OK! Fit-elle, c'est bientôt l'heure, je vais demander à Gomis de nous préparer la ligne.

-Je vais chercher des sandwiches et je te rejoins, répondit Jeffries.

 

 

Bethel, état de New-york

 

 

Vera et Frank se faisaient face au Crimson's Diner. Frank se délectait d'un Cappuccino; Vera avait opté pour le café noir ainsi qu'un doughnut local.

 

 

-Alors, Frank, si vous me racontiez un peu...

-Ma mère m'avait interdit de sortir de ma chambre, attaqua Battles, mais l'occasion était trop belle. Alors je me suis caché et depuis ma cachette j'avais une vue imprenable sur l'entrée. Je voulais tous les voir: Joe Cocker est entré; il avait fini son set puis plus tard c'est Carlos Santana qui est arrivé, j'étais aux anges: et puis Janis Joplin est arrivée...

 

Frank Battles est un adolescent, il épie le hall d'entrée depuis sa cachette, on entend la chanson de Janis Joplin « Me and Bobby Mc Gee ». Joplin entre, elle est suivie de Markham: ils rient. Elle sort de sa poche une bouteille et boit directement au goulot. Elle s 'avance vers la rampe d'escalier et titube, Markham la retient et l'aide à monter les escaliers. Ils entrent dans la chambre de Janis et quelques secondes plus tard, Markham ressort, redescend et sort de l'hôtel, on entend un bruit d'ouverture de portière puis de fermeture. Markham rentre dans l'hôtel, il porte un couffin. Il monte dans la chambre de janis et entre. On voit Frank Battles s'endormir. Un bruit le réveille, il jette un œil sur l'horloge murale: Il est 05h15. Un homme vient d'entrer dans l'hôtel: Il es t grand, noir une coiffure afro, il porte un étui de guitare. Il monte les escaliers se dirige vers la chambre en face de celle de Joplin, entre. Il ressort sans son étui et entre dans la chambre de Joplin.

 

 

-Ce mec là, c'était Jimi Hendrix! Déclara Battles, le mec à l'allure militaire est ressorti cinq minutes après avec le couffin et il a réveillé mon père pour avoir une chambre. Mon père lui a loué le grenier plus pour la petite que pour lui.

 


Saoirse  (16.01.2011 à 21:23)

Los Angeles, Parker Center, 13h05

 

 

Tous étaient au rendez-vous pour le briefing. Lilly commença le tour de table, pendant que Jeffries consultait les pages d'un fax envoyé par Scotty:

 

 

-La lecture des rapports d'autopsie et de police ont l'air clair. Jeffries et moi avons passé la matinée dessus. Quelques incohérences dans les horaires, mais rien d’inexplicable. J’ai transmis le rapport d'autopsie à notre légiste pour qu'il jette un œil. Tu as quoi de ton côté, Nick?

-J'ai pu consulter le registre, figurez-vous qu'ils l'ont mis dans un foutu musée, dit-il, Markham a pris une chambre à... il cherchait dans ses notes...05h20; de plus j'ai un témoin qui confirme.

-Markham a dit la vérité, reprit Lilly, Il l'a bien rencontrée là-bas et ils n'étaient pas amants; elle était soulagée.

-Non Joplin avait quelqu'un dans sa vie à cette époque, Vera avait ménagé son effet

-On sait qui c'est? Demanda Lilly

-Jimi Hendrix, Lâcha-t'il

 

Un sifflement s'éleva derrière Lilly; Jeffries s'était levé et s'approchait de l'intercom:

 

 

-Confirmé par ton témoin? Nick.

-Affirmatif, Will. Vera leur raconta le témoignage de Battles

-C'est une sacrée surprise! Commenta Jeffries. Cette idylle a été évoquée bien des fois, mais l'entourage et les familles des deux stars ont été formels, il ne s'est rien passé entre eux. Le voilà donc le secret de Markham.

 

Bravo! Pensa Lilly, bien joué, j'ai plus qu'à aller vendre des glaces en Alaska, je réussirais mieux.

 

 

-A mon avis c'est pas le seul secret du vieill Artie, relança Scotty

-Qu'est-ce que tu entends par là? Demanda Lilly en se redressant

-Et bien, si tu regardes le fax que je vous ai envoyé, au vu de ce que vient de dire Nick y'a quelque chose qui colle plus

-Et c'est quoi? fit-elle en attrapant les feuilles que lui tendait Jeffries

-C'est la sixième page, Scotty laissa le temps à Lilly de s'y retrouver et continua, Le matin de Noël 65, les parents de Markham, sa petite amie ainsi que leur bébé de trois mois ont été victimes de l'incendie de leur maison à Hoboken; la guirlande du sapin avait un faux contact et l'arbre a prit feu. Alors même en admettant que le bébé en ait réchappé, j'aimerais comprendre ce que Markham faisait à Bethel avec une enfant de presque cinq ans dans un couffin? Il conclut, je ne sais pas où ça nous mène, Lilly, mais tu avais raison: Markham cache du lourd!

 

La faille de San Andréas se serait ouvert sous les pieds de Lilly que cela ne l'aurait pas moins surprise. Tout était là, noir sur blanc: L'incendie, l'alibi de Markham était indiscutable; il travaillait à l'époque et tout avait été vérifié. Artie s'était porté volontaire peu après pour son premier tour au Vietnam. Lilly dût se rendre à l'évidence: Il avait kidnappé un enfant! Le reste n'était qu'hypothèse mais se tenait; il lui fallait s'attacher quelqu'un comme Joplin, rester dans son ombre; fuir. Un jour ici, un autre là; c'était parfait! Seule la mort de la star l'avait stoppé, pour ainsi dire coincé dans son rôle de « Junkie Artie ». Lilly réagit:

 

 

-Scotty, dit-elle, vois ce que tu peux trouver sur les allées et venues de Markham à cette époque, recoupes ces données avec d’éventuelles disparitions d'enfants, les bébés de moins d'un an de sexe féminin. Vera, pareil pour toi, les signalements de disparitions pour Bethel et ses environs. Jeffries et moi on va avoir une petite conversation avec ce cher Markham. Adressez tout ce que vous trouverez au sergent Gomis à Parker Center, il saura où nous trouver.

-OK! répondit Scotty

-Cinq sur cinq! Lança Vera

-Scotty, Vera? Ajouta Lilly avant qu'ils ne coupent la communication, Merci... A vous deux.


Saoirse  (17.01.2011 à 07:07)

 

Avertissement aux plus jeunes : Ce paragraphe comporte une scène au langage explicite susceptible de les choquer

  

 

 

« Bonne chance Mr Gorsky! », c'est le message qu'affichait le T-shirt à l’effigie de Neil Armstrong que portait Markham quand il ouvrit la porte aux Inspecteurs Rush et Jeffries. Allusion à la plus célèbre deuxième phrase qu'il avait prononcé lors de ses fameux premiers pas sur la Lune.

Lilly ne rit pas cette fois-là; pour deux raisons: primo, elle n'avait plus envie de rire et secundo, elle ne saisit pas l'allusion. Jeffries quant à lui comprit parfaitement et malgré les circonstances esquissa un sourire.

 

 

-Inspecteur Rush, l’accueilli Markham. L'heure n'était plus à se donner du Lilly et du Art.

-Monsieur Markham, répondit Lilly sur le même ton; je vous présente l'Inspecteur Jeffries, mon collègue, pouvons nous entrer, nous avons quelques questions à vous poser?

 

Elle eût préféré visiter « l'antre Markham » d'autre manière qu'en s'invitant « ex abrupto », mais la recherche de la vérité ne s'encombrait pas de telles considérations. En revanche, elle crût discerner chez Jeffries le regard empreint de respect qu'il porta sur les lieux. Son impression fût si forte, qu'elle se surprit à fixer les pieds de Jeffries, craignant qu'il ne se déchausse pour marquer sa dévotion au Temple que s'était bâti Markham au fil des années.

 

La pièce était réduite par les tentures colorées qui descendaient à partir d'un lustre en macramé, transformant l'endroit en cocon quasiment fœtale. Les photos dédicacées des plus grandes stars des seventies étaient savamment agencés en un désordre organisé afin que l’œil ne puisse en manquer une seule. Au centre trônait une table d'inspiration orientale en cuivre ciselé entouré de poufs en cuir damasquiné. Une petite bibliothèque discrète dans laquelle sans s'y attarder, Jeffries fût sûr qu'elle contenait les œuvres Ginsberg, Kerouac et d'autres auteurs de la « Beat Generation ». Le tout baignait dans des effluves d'encens parmi lesquels on pouvait distinguer réunis la Rose et le Jasmin . Markham les fit asseoir: si Lilly n'eût aucune difficulté, Jeffries chercha une position optimale pour caler sa masse dans l'espace étroit entre le rebord de la table et le bord du pouf.

 

-Monsieur Markham commença Jeffries, nous avons quelques raisons de penser que vous avez commis un grave délit.

-Inspecteur! Markham l'interrompit d'un geste de la main. Avant toute chose j'aimerais être sûr que vous êtes bien habilités à enquêter à Los Angeles, car je ne crois pas que vous fassiez parti du L.A.P.D, n'est-ce pas?

-Rassurez-vous, dit Lilly, nos prérogatives sont valables, et vous pouvez, si vous le désirez, vous renseigner auprès du Capitaine Otten à Parker Center.

-Ce ne sera pas nécessaire, leur répondit-il, certain d'avoir planté la première banderille. Mais avant de commencer, peut-être aimeriez vous une tasse de thé, où quelque chose de plus fort.

-Du thé ce sera bien dit Lilly

 

 

Jeffries hocha la tête. Markham s'approcha de la bibliothèque, écarta un rideau découvrant ainsi une porte qui donnait sur la cuisine. A peine eût-il disparu que Lilly se tourna vers Jeffries:

 

 

-C'est quoi le message sur son T-shirt, un truc des années 70 encore?

-C'est une histoire amusante, déclara Jeffries

-Racontes, demanda-t'elle

-Neil Armstrong ne se contenta pas de prononcer l’une des phrases les plus célèbres de l’Histoire en posant son pied sur la Lune, dit Jeffries. Au cours de la mission Apollo 11, il ajouta une phrase très énigmatique : « Bonne chance Monsieur Gorsky ! ».

 

 

-Les journalistes, la NASA et bien d’autres tentèrent de découvrir l’identité de cet étrange Monsieur Gorsky et le pourquoi de cette phrase. En vain. Aucun Astronaute ni Cosmonaute Soviétique ne portait ce nom, ni aucune personnalité étant susceptible de retenir l’attention d’Armstrong. Interrogé sur ce point, ce dernier garda le silence durant 25 ans.

 

-Puis, un jour à la suite d’une réunion, il aurait enfin accepté d’éclaircir cette zone d’ombre :

 

-« Monsieur Gorsky est mort maintenant. Je vais pouvoir répondre à votre question : lorsque j’étais gosse, j’avais l’habitude de jouer au Basket dans le jardin. Un jour, le ballon atterrit dans le jardin du voisin. Au moment ou j’allais le ramasser, je suis passé devant la fenêtre de la chambre à coucher de Mr et Mme Gorsky, nos voisins. Et là, j’ai pu entendre Madame Gorsky qui disait à Monsieur Gorsky :

 

- Une fellation ? Tu veux que je te fasse une fellation ? Je t’en ferai une le jour ou le fils du voisin marchera sur la Lune…

 

 

-Tu plaisantes? Lilly regarda Jeffries incrédule.

-Cette anecdote est véridique, dit Jeffries en riant, à l'époque c'était un mystère et le mouvement Hippie se l'accapara au même titre que « Faîtes l'Amour, pas la Guerre! » et « Frodon est vivant!  ».

-Ah! Frodon est vivant, sacré Tolkien! Dit Markham en revenant avec un plateau, vous avez connu cette époque Inspecteur, il s'adressait à Jeffries.

-Oui, répondit Jeffries, j'ai fait la marche avec le Pasteur King.

 

Lilly s'impatientait:

 

 

-Désolée d'interrompre votre petite réunion, coupa-t'elle. Mais il ne me semble pas, Monsieur Markham que vous ayez compris la gravité de la situation. On est pas là pour se passer les petits fours!

-Veuillez m'excuser, inspecteur, vous avez raison, il jeta un regard complice à Jeffries; alors que me reproche-t'on?

 

Jeffries cherchait à se rattraper de son apparente complicité d'avec Markham, il fonça:

 

 

-Avez- vous des enfants Monsieur Markham, une fille plus précisément?

-Oui, j'ai eu une fille, répondit Markham tristement, la pauvre enfant est morte à 3 mois dans l'incendie de notre maison dans le New-Jersey.

-Pourtant, renchérit Lilly, un témoin affirme vous avoir vu avec un bébé dans un couffin, la nuit où vous avez connu Janis Joplin à Bethel.

-C'est absurde! Clama Markham, Bethany est née en 1965, elle aurait eu 5 ans, je ne l'aurais pas trimballée dans un couffin en 69!

-A qui appartenait ce bébé, Markham? Jeffries avait décidé de hausser le ton.

-Écoutez, inspecteurs, c'est loin tout ça, je vous rappelle que nous étions en plein Summer of Love, probablement qu'une mère m'avait confié son enfant pour s'éclater un peu, ça se faisait à l'époque; personne n'y trouvait rien à redire, je ne me souviens plus.

-Je ne vous crois pas, lui jeta Lilly, cette journée est restée gravée dans votre esprit dans les moindres détails, vous-même m'en avez parlé comme s'il s'agissait d'hier. Qu'est-ce que vous cachez, Markham?

 

Le téléphone de Lilly sonna, donnant un bref répit à Markham et brisant par là-même la règle numéro un de tout bon interrogatoire: Seul l'inspecteur décide de l'arrêt dudit interrogatoire. Énervée, Lilly passa son téléphone à Jeffries pour qu'il s'occupe de l'appel tout en continuant de fixer un Markham qui se tassait ostensiblement sur son pouf.

 

Jeffries se leva, pas mécontent de se déplier un peu. Il s'avança vers la porte pour prendre la communication dans le couloir. Lorsqu'il l'ouvrit, il tomba nez à nez avec le sergent Gomis, bras en l'air prêt à taper à la porte:

 

 

-Ben alors! Ça c'est pas banal, bredouilla Gomis, j'étais venu vous apportez ces fax que l'inspecteur Valens m'a chargé de vous faire parvenir.

-Lilly, je reviens,lança Jeffries du couloir en décrochant le combiné d'une main et en prenant les fax de l'autre.


Saoirse  (18.01.2011 à 07:12)

Ils étaient seuls à présent. Lilly n'avait pas quitté Markham du regard pendant tout le temps que dura l'intermède. Quant à ce dernier, il n'osait bouger de peur de rompre ce contact qui le retenait encore à cette réalité qu'il s'était construite. Il avait redouté ce moment pendant de nombreuses années. Les premiers temps, se rappelait-il, Il avait peur qu'on ne vienne la lui reprendre; peur qu'une des quatre personne, lui mis à part, au courant de la vraie nature de son secret, ne se trahisse d'une manière ou d'une autre. Le destin en avait décidé autrement et depuis plus de trente ans, ils n'étaient plus que deux à savoir. L'autre était du côté de New-york et ne dirait rien. Mais lui, Art Markham, n'était plus très sûr de pouvoir tenir encore et peut-être que la trahison qu'il avait tant redouté des autres viendrait de lui-même. Et tout ça il le devait à l'inspectrice qui le fixait en ce moment même, cette Lilly Rush, qui par la similitude de son regard, lui avait tant rappelé Pamela. Il devait admettre qu'il avait fait une erreur: Markham avait succombé au souvenir.

 

De son côté, Lilly observait Markham et se demandait quelles pouvaient bien être ses pensées en ce moment précis. Il y avait chez cette homme la fragilité des accros qu'elle ne connaissait que trop bien et, cependant, il émanait de lui une force qu'elle ne savait quantifier. Elle se surprit à penser que quoi que cet homme ait pu faire; quelles que soient les pires horreurs qu'il ait pu commettre, il les avaient faits pour de bonnes raisons; et que de toute façon quelle qu'en soit l'issue ce qui suivrait serait une injustice. La Loi de Murphy, pensa-t'elle. Elle profita de ce que Jeffries fût hors de la pièce pour tenter une nouvelle approche:

 

--Artie, dit-elle d'une voix douce presque maternelle, je ne suis pas là pour vous juger, j'aimerais vous aider. Il y a des gens qui attendent des réponses et vous avez le pouvoir de les leurs donner. Ne croyez vous pas qu'il est grand temps de dissiper tout ça? Je dois vous dire que j'ai avec moi la meilleure équipe qu'il est possible d'avoir; croyez-moi: quoi qu'il y ait à trouver, ils trouveront. Elle posa sa main sur celle de Markham; Artie, murmura-t'elle, épargnez vous la peine, l'angoisse de cette attente: Libérez vous...

 

Markham détacha ses yeux de Lilly, son regard se mouilla. Il prit délicatement la main de l'inspectrice et la porta à ses lèvres. Lilly se laissa faire. Il déposa un baiser sur la main de Lilly et la lui rendit:

 

 

-Lilly! Dit enfin Markham après un long silence, avez-vous la moindre idée de ce qu'est ma vie. Il attendait la réponse, mais Lilly ne bougea pas; ma vie c'est ça, reprit-il en balayant la pièce d'un geste de la main, cette chambre que j'occupe, cet hôtel, il se leva; laissez-moi vous montrer quelque chose. Il s'approcha de la bibliothèque et revint avec un porte document; tenez, regardez, il le lui tendit, Lilly le prit sans un mot; C'est le testament de Janis, Markham lui montra une page: ici vous voyez, 250,000 $ c'est la somme que Janis m'a laissé et croyez moi en 70 ce n'était pas rien.

-Il est daté du premier octobre, dit Lilly, trois jours avant sa mort. Pourquoi vous avoir laissé une telle somme; après tout, excusez moi, elle ne vous connaissez que depuis à peine plus d'un an.

-Le secret! Répondit Markham, ce que vous tenez tellement à savoir, Janis me l'a acheté en quelque sorte.

-Vous la faisiez chanter! S'écria Lilly comme une révélation.

-Non, pas du tout, mais on peut dire qu'elle a acheté mon silence.

 

Jeffries entra sans frapper. Son regard s'était assombri, il jeta un œil plein de courroux vers Markham et s'adressa à Lilly:

 

-Il faut que tu viennes Lilly, y'a du nouveau. Elle se leva et dit à Markham de l'excuser:

 

 

-Nous avons une conversation à finir, Art, bougez pas, je reviens.

 

Markham opina. « Aléa jacta est! » pensa-t'il; Le sort en est jeté. Lilly sortit. Elle demanda au sergent Gomis de rester devant la porte de Markham, au cas où, et suivi Jeffries dans la chambre qu'elle lui avait réservé et que celui-ci n'avait pas encore utilisé. Elle lui fit un rapide topo de la conversation qu'elle avait eu avec Markham au sujet du testament. Jeffries hochait la tête comme si Lilly confirmait ce que lui venait d'apprendre. Lorsqu'elle eût fini, il prit la parole:

 

 

-Au téléphone, c'était Vera, rien sur les disparitions d'enfants là-bas, il rentre. Lilly acquiesça.

-Par contre, Scotty a déterré un truc, continua-t'il, tu te rappelles lui avoir demandé des renseignements sur ses allées et venues, et bien figure toi que Markham était à Londres, le 18 septembre 1970

-Et c'est pas normal? Demanda Lilly, Janis Joplin voyageait pour ses concerts et si Markham la suivait partout comme il le dit.

-Tu n'y est pas du tout, Lilly! Joplin était en plein enregistrement de son nouvel album ici, à L.A. J'ai vérifié. Markham est parti seul à Londres.

-Alors quoi, fit Lilly qui s'impatientait

-Bien c'est ce jour-là que Jimi Hendrix a été retrouvé mort d'une overdose discutable... à Londres.


Saoirse  (18.01.2011 à 15:23)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E200
Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
1.49m / 10.1% (Part)

Logo de la chaîne France 2

L'or bleu, S01E06
Mercredi 3 juin à 22:00
2.29m / 15.0% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Sept séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs francophones. Allez-vous regarder...

HypnoRooms

ShanInXYZ, 01.06.2026 à 20:39

Nouveau mois sur les quartiers Cat's Eyes et Doctor Who, n'hésitez pas à passer

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, Avant-hier à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, Hier à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, Hier à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages