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Série : Supernatural
Création : 28.01.2008 à 21h46
Auteur : clavel41
Statut : Terminée
« Les deux frères repartent en chasse après une série de meurtres inexpliqués en Oklahoma. Mais ils vont trouver bien plus qu’un esprit en colère… » clavel41
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Sam n’écoute plus son frère que d’une oreille, il regarde discrètement cette jeune fille que la vie a décidément entreprit de ne pas épargner. Elle est assise sur le sol, les genoux repliés, et fixe le poignard qu’inlassablement elle fait tourner entre ses doigts. Il voudrait pouvoir dire quelque chose pour soulager le fardeau qu’elle porte mais il ne trouve pas de mots qui pourraient l’apaiser. En deux jours elle ne lui a adressé la parole qu’une seule fois pour lui demander pourquoi Azmet l’avait appelé l’enfant-roi chose à quoi il n’a pas pu répondre, ne connaissant lui même pas l’explication. Il avait attendu que le bon moment se présente pour lui poser à son tour les questions qui lui taraudent l’esprit mais jusqu’à maintenant ce moment n’est jamais arrivé. Peut-être demain? Il ne sait rien d’elle ni de ce qu’elle ressent, elle est aussi expressive qu’un tableau vide. C’est certainement sa manière à elle de tenir le coup, de ne pas flancher. Le meilleur moyen de ne pas souffrir reste de ne rien ressentir. Leurs yeux se croisent et une douloureuse étreinte lui serre le cœur, il y a quelque chose en elle qui le blesse, comme un froid pénétrant.
Parfois elle aimerait pouvoir tout leur dire, partager avec quelqu’un les cauchemars qui la hantent, mais quelque chose la retient. C’est peut-être sa part d’elle même qu’elle déteste tant et qui s’acharne à l’isoler jour après jour d’avantage du monde qui l’entoure. Non, cette explication est un peu trop facile et la vérité n’est pas là. La vérité c’est qu’elle est un poison pour les gens qui l’approchent, contagieuse comme la peste. Ils sont tous morts parce qu’ils se sont trop approchés. Si elle reste avec eux elle va les tuer eux aussi et d’ailleurs ça n’est déjà pas passé loin. Vont-ils comprendre pourquoi elle doit fuir ? Non. Comment peuvent ils comprendre que sa seule proximité leur coûtera la vie ? Qu’elle est poursuivie par une organisation secrète d’hommes à la botte de démons ? Qu’elle porte en elle un don dévastateur qu’elle est incapable de contrôler ? Une arme secrète offerte en récompense par Dieu… Tu parles ! Dans ce cas Dieu a un drôle d’humour ! C’est un présent diabolique ! Cette chose que lui ont transmise ces ancêtres c’est le drame de sa vie. Elle coule dans ses veines depuis sa naissance comme dans celles de toutes les autres Amalanes avant elle. Force est d’admettre que la transmission par le sang c’était pas bête comme idée, c’est plus sûr qu’un transport de fonds… Là au moins personne ne risque de la voler mais elle n’a aussi aucun moyen de s’en débarrasser. Son sang est mortel pour les démons mais quand il se met à bouillonner dans ses veines jusqu’à en faire saigner sa marque comme il l’a fait avec Azmet, il lui fait perdre tout contrôle d‘elle même. Elle n’arrive pas à garder le dessus sur cette part d’elle maléfique et dévastatrice. Elle ne fait plus la différence entre le bien et le mal et se laisse entièrement gouverner pas ses instincts les plus primaires : la survie, la colère, la rage. Comment son maître d’armes appelait ça au fait ? Ah oui… son double moi intérieur… Un bien grand mot pour une merde pareille ! Oui… il faut qu’elle s’éloigne d’eux car un jour elle pourrait les blesser elle même sans s’en rendre compte et sa conscience pèse déjà très lourd pour ne pas rajouter par dessus le poids de la mort des fils de John, la liste est déjà bien trop longue… Dévastatrice. Maléfique. Monstrueuse.
La nuit a commencé sa ronde et toute la troupe se met au lit sans rechigner attendant avec impatience la venue du sommeil réparateur.
Dean regarde son petit frère sombrer lentement dans les bras de Morphée. Il a l’air paisible et cela le rassure, il a eu tellement peur de le perdre encore une fois. Quand Sammy s’était réveillé et qu’il lui avait parlé, il avait dû se retenir pour ne pas le serrer dans ses bras et pleurer comme un gamin. Pas d’attendrissement : c’est la règle. En plus il ne veut pas lui donner l’impression de trop s’en faire, d’être un fardeau ou de l’étouffer. Il va bien ! Cette nuit il peut baisser sa garde. Il est épuisé, harassé, cette chasse à vraiment été éprouvante. Il remonte un peu le duvet et s’enfonce tout doucement dans cette sensation cotonneuse qui soulage ses souffrances. Il dort déjà profondément d’un sommeil sans rêve, sans peur.
Elle marche à pas de velours et ouvre la porte d’entrée, grimaçant légèrement quand celle-ci émet un petit grincement sonore. Elle se retourne et observe une dernière fois la petite maison à la lueur du clair de lune avant de s’éloigner dans la petite allée, envahie par les mauvaises herbes ondulant sous l’effet d’une légère brise glaciale. Ils ne peuvent pas comprendre.