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Série : Supernatural
Création : 29.01.2008 à 00h57
Auteur : winsister
Statut : Terminée
« Voilà donc le dernier volet de mon arc "Vengeance". J'espère qu'il vous plaira. » winsister
Cette fanfic compte déjà 40 paragraphes
Au même moment dans une ruelle.
Une jeune femme fait les cents pas. Elle est anxieuse car elle sait que c’est sa dernière chance de lui prouver qu’elle peut lui être utile. Elle a échoué dans sa dernière mission et cela aurait pu lui coûter la vie. Elle a exécuté les ordres de son maitre. Elle a trouvé quelqu’un à l’hôpital pour s’occuper de ses maudits pièges, quelqu’un en qui elle avait toute confiance, au dessus de tout soupçon. Et elle a rassemblé les troupes du maitre. Pas une armée en soit non, juste une dizaine d’hommes et de femmes prêts à se battre pour lui, commandés par les cinq démons qui l’accompagnent. Mais pour l’instant, elle attend trois d’entre eux. Elle n’a pas encaissé l’humiliation qu’elle a subie à cause de ces chasseurs. Elle sait où les trouver, chez l’infirmière qu’Alba possédait, et elle a bien l’intention de se venger. Et si elle parvient à se débarrasser d’eux, le maitre sera content d’elle et la reprendra sous son aile… Elle entend du bruit, provenant du bout de la ruelle. Un simple regard lui fait savoir que ceux qu’elle attend viennent d’arriver.
LUNA : Vous auriez du arriver il y a une demi heure déjà.
HOMME : Tu n’es pas notre maitre alors estime toi heureuse que nous soyons venus.
LUNA : En effet, vous n’avez pas à m’obéir, mais je croyais que comme moi, vous vouliez venger Alba.
HOMME : C’est la seule raison de notre présence ici. Le maitre est-il au courant ?
LUNA : Non, mais je pense qu’il appréciera qu’on lui apporte la tête de Dean Winchester.
HOMME : Tu sais où le trouver ?
LUNA : Oui, lui et un autre chasseur. Et vous aurez même une petite humaine avec qui vous pourrez jouer un peu…
HOMME : Cette escapade va devenir très intéressante je crois.
LUNA ; Mais n’oubliez pas que notre priorité, c’est Winchester. Il doit mourir cette nuit.
Un sourire mauvais s’affiche sur les visages des trois hommes présents devant elle. Oui, Dean Winchester devait mourir cette nuit, coûte que coûte…
Dean et Bobby sont assis dans le salon pendant que Dineka prend sa douche.
BOBBY : On ne devrait pas trop trainer. Ca m’inquiète de les savoir seuls à l’hopital.
DEAN : Oui moi aussi mais il y a autre chose qui m’inquiète.
BOBBY : Quoi donc ?
DEAN : Et bien… J’ai peur que les démons ne s’en prennent à elle. Après tout, elle connait l’endroit où ils se cachent et ils pourraient avoir envie de la faire taire.
BOBBY : Et tu proposes quoi ?
DEAN (fouillant dans ses poches) : Tiens, prends ma voiture et retourne là bas. J’avoue que ça me rassurera un peu. Moi, je vais rester avec la motarde.
BOBBY : Je vois, dès qu’il y a une jolie fille tu…
DEAN (s’emportant) : Tu crois vraiment que je peux avoir la tête à ça en ce moment ?!
BOBBY : Désolé, je... Je n’voulais pas te froisser.
DEAN : C’est rien. Vas-y et tiens-moi au courant s’il se passe quoi que ce soit.
BOBBY : Ok. Et faites gaffe.
Au moment où Bobby se lève pour partir, Dineka réapparait. Dean lui explique la situation et tout deux saluent Bobby avant son départ. Dean est un peu vexé que Bobby ait pu penser qu’il restait pour la drague, cependant, il doit bien avouer que la présence de la jeune femme lui apporte un certain réconfort. Mais ce n’est pas pour autant que son frère n’est plus sa principale préoccupation. Avant le départ de Bobby, il a appelée Marissa pour avoir des nouvelles. Elle lui a dit que le pneumologue qui suivait son frère était passé et qu’il s’était déclaré très optimiste quand à l’évolution de son poumon. A ce rythme là, il pourra respirer seul sans risque d’ici deux jours. Et cette nouvelle a un peu soulagé Dean même s’il s’inquiète toujours pour la vie de son frère. Il est assis sur le canapé, l’air absent, lorsque Dineka le sort de ses pensées.
DINEKA : Depuis quand n’avez-vous pas dormi ? Ou manger ?
DEAN : Depuis l’accident… mais je vais bien, ne vous inquiétez pas.
DINEKA : C’est ça et moi je suis la reine d’Angleterre. Venez vous assoir à table avec moi. Il y a des spaghettis et comme toujours, j’en ai trop fait. Ensuite, vous vous reposerez.
Dean accepte et la rejoint à la petite table en teck. Malgré ce qu’il lui a dit, il se sent épuisé, aussi bien physiquement que moralement. Et il sait que s’il ne se repose pas un peu, il ne sera pas en état de vaincre Seth. Il se résigne donc à suivre les conseils de la jeune femme. Il mange avec elle une bonne assiette de spaghetti, et va s’allonger sur le canapé. Il s’endort très vite d’un sommeil profond et réparateur.
Très peu de temps après, un cri le réveille en sursaut. Il lui suffit d’un bref coup d’œil pour apercevoir Dineka sortir de sa chambre en courant, un homme sur ses talons. Puis Dean entend un autre bruit derrière lui, le bruit d’une fenêtre qu’on casse. Il voit deux autres hommes arriver.
HOMME : On est venu chercher ta tête pour le maitre…
Des démons ! Dean s’attends à être projeté contre un mur d’un instant à l’autre mais rien de tel ne se produit. Les hommes avancent sur lui, les yeux pleins de fureur. Et Dean comprend. Ce ne sont pas des démons, seulement des humains. Des mercenaires à la solde de Seth. En essayant de garder Dineka à l’abri derrière lui, il évite de peu un coup de poing qui lui arrivait en pleine figue. Il riposte à son tour mais au moment où son pied allait toucher son but, l’ente jambe de son adversaire, il se sent tiré en arrière. L’homme qui est arrivé par la chambre de Dineka vient de l’attraper et le maintient par les bras alors que ses acolytes commencent à le rouer de coup au visage et à l’estomac. Puis il entend un grand fracas et l’homme le lâche. Dineka vient de lui briser sa mini comtoise en bois sur la tête. Dean a juste le temps d’éviter un nouveau coup. Il tente et réussit un croche pied sur son assaillant. Puis, après lui avoir asséné plusieurs bons coups de poing dans la figure, finit par l’assommer. Deux de moins. Un cri de terreur le fait se retourner. Pendant qu’il s’occupait de celui là, le dernier à attrapée Dineka. Dean se précipite vers eux mais au moment où il s’en approche, il est projeté contre la longue étagère murale, fracassant tout les bibelots sous le choc. Il ne comprend plus. Comment un simple humain peut faire ça ? C’est alors qu’il entend un rire féminin venant de la chambre. Il voit une jeune femme approcher. Et elle, c’est un démon. Elle s’approche de lui et l’envoie valser vers le mur opposé. Le choc lui provoque une violente douleur à l’épaule.
LUNA : Tu vas mourir Dean. Et ton frère sera la suivant. Et ensuite, tout ceux qui vous ont aidé…
DEAN : T’es pas la première à nous promettre ça et tu vois, on est toujours là !
LUNA : Vas-y, fait le mariole. Seth sera heureux en recevant ta tête en cadeau.
DEAN : Et toi, tu vas aussi vouloir un morceau je suppose ? (ouvrant de grands yeux et arquant le sourcil) Mmm coquine, je suis sûr que je sais lequel…
Luna est maintenant tout près de lui. Mais elle fait une erreur qui va lui couter chère. Elle tourne la tête vers le mercenaire.
LUNA : Pourquoi est-ce qu’ils vous ont envoyé vous au lieu de venir ?!
Dean profite de ce moment d’inattention pour sortir une fiole d’eau bénite qu’il a toujours sur lui. En se retournant vers lui, Luna en prend le contenu en pleine figure, lui arrachant un cri de douleur. Dean se précipite alors vers le seul qui reste, lui envoie un coup de pied bien placé et l’assomme avec un gros vase qui trainait là. Il attrape Dineka par le bras et se dirige vers la porte. Mais cette dernière le freine dans son élan en passant près d’un buffet et récupère quelque chose. Une fois dehors, Dean commence à courir mais un bruit de moteur le stoppe net. Il se retourne et voit Dineka qui a enfourché son bolide et qui lui fait signe de monter. Il lui obéit et, au vue du démarrage sur les chapeaux de roue auquel il a droit, il s’accroche fermement en passant son bras valide autour de la taille de la jeune femme. Luna apparait sur le perron, le visage déformé par la rage et les regarde fuir, impuissante…
De retour dans la ruelle.
LUNA : Vous deviez venir et pas m’envoyer vos larbins !
HOMME : On te l’a déjà dit, tu n’es pas notre maitre. Tu voulais de l’aide, tu l’as eu. Tu as échouée, tu en payeras les conséquences.
LUNA : Vous n’avez rien dit au maitre j’espère ?
UNE VOIX : Tu aurais préféré ?
Luna se raidit en entendant cette voix, celle du maitre. Elle sait qu’elle a commis une erreur et elle n’a pas oublié la promesse qu’il lui a faite.
LUNA : Maitre… Je voulais…
SETH : Tu m’as désobéi !!
LUNA : Non ! J’ai rassemblé vos troupes et quelqu’un est en ce moment même à l’hôpital pour s’occuper des pièges ! Je voulais jus…
Elle n’a pas le temps de finir sa phrase. Juste celui d’apercevoir une lumière aveuglante et de ressentir une douleur fulgurante au niveau de l’estomac. Quand enfin la lumière s’estompe, elle baisse la tête pour apercevoir un trou béant qui la traverse de part en part. Elle s’écroule, sans vie.
SETH : Que cela serve de leçon à ceux qui auraient idée de faire comme elle.
Et il repart comme il est venu, un sourire aux lèvres, satisfait de ce qu’il vient de faire. Il croise une meute de chiens errant, regarde celui qui semble être le dominant dans les yeux, puis poursuit sa route, lâchant un grand éclat de rire. Les chiens, eux, se dirigent avec empressement vers le corps sans vie de Luna…
A l’hôpital, une vingtaine de minutes plus tard.
Dean et Dineka ont rejoint les autres. En arrivant à l’hôpital, elle s’est occupé de soigner les égratignures de Dean et lui a immobilisée l’épaule, qui est sûrement luxée. Quand ils sont rentrés dans la chambre, la première chose que Dean a remarqué, c’est le visage de son frère. Il a l’air détendu, comme s’il ne souffrait plus, et il a repris des couleurs, ce qui est rassurant. Ses battements de cœur sont réguliers et bientôt, il ne sera plus relié à ce poumon artificiel. Petit à petit, il sent diminuer le poids qui pèse sur ses épaules. Mais il sait qu’il reste encore ce problème de paralysie et si ça ne s’arrange pas… Il préfère ne pas y penser pour le moment, sans quoi il risque de baisser sa garde.
Marissa s’approche de lui et l’entraine à l’écart. Elle lui résume ce qu’elle a révélé à Eric sur son attaque. Mais la dernière révélation de Marissa est encore plus inquiétante.
MARISSA : Bobby m’a dit que juste avant l’arrêt cardiaque, le corps de Sam a eu une réaction étrange. Son torse s’est soulevé et ses yeux se sont ouverts puis complètement révulsés avant de se refermer. Et qu’à ce moment là, son EEG s’est emballé. Et ça ne peut signifier qu’une seule chose : une partie de son âme est en train de mourir. La partie du Bien, celle qui a été attaquée. Et si on ne la sauve pas, à son réveil, ton frère sera le monstre qu’il a toujours redouté d’être…
Dean pose un regard paniqué sur son frère. Puis il se tourne vers Eric et il sent de nouveau naitre cette rage qu’il avait réussi à étouffer jusque là. Il a énormément de peine à ne pas céder à son envie de tuer cet homme. Cet homme pour qui il avait pourtant ressenti de la pitié, qu’il avait été prêt à pardonner. Mais là, c’en était trop ! Non seulement il l’avait fait tirer sur son frère, non seulement il avait fait souffrir l’esprit de Sam, mais en plus, voilà qu’il avait peut-être fait de lui un monstre empli de haine !! Si Marissa n’avait pas été là pour le calmer, il aurait sûrement fait quelque chose de regrettable…
Non, pour Sam, il devait garder la tête froide, ne pas céder au désespoir qui commençait à l’envahir. Il devait être fort pour son p’tit frère, fort pour eux deux. Mais il se sentait lui-même si las, si fatigué…
MARISSA : Tu devrais dormir un peu, on doit tous être en forme demain si on veut aider Sam.
A ce moment là, quelqu’un frappe à la porte. Intrigué, Dean va ouvrir et se retrouve nez à nez avec une petite fille qui porte un costume de scout.
DEAN : Bonsoir, on peut t’aider ?
P.F. : Bonsoir, je vends des cookies pour les enfants qui ne peuvent pas partir en vacance. Vous voulez bien m’en acheter s’il vous plait ?
DEAN (attendri par son sourire) : Bien sûr, c’est combien ?
P.F. : Deux dollars la boite de douze, monsieur.
Dean fouille dans sa poche et donne les deux dollars à la fillette en échange d’une belle boite aux mille couleurs. La petite fille lui fait un dernier sourire et repart comme elle est venue. Dean ouvre la boite, hume la bonne odeur des cookies et en distribue à tout le monde. Chacun est installé sur une des chaises que Dineka a fait amenées, et mange son cookie en silence…
Dean se réveille d’un bond. Il vient de tomber de sa chaise. Il jette un regard autour de lui et se rend compte que les autres dorment tous, mais parterre. Il semble qu’il ne soit pas le seul à avoir chuté en dormant. Il se relève, mais ce simple mouvement le rend un peu nauséeux et il se demande bien pourquoi. Son premier réflex est de jeter un œil à son frère et ce qu’il voit lui fait le même effet que si son cœur venait de s’arrêter…
Dans la vieille maison.
Seth est assis dans son fauteuil. Il attend. Oui, il attend une visite qu’il espère depuis de longs mois déjà. Il a ruminé sa vengeance contre ces chasseurs et il compte bien la mener à terme. Quand Ella a disparue, il a cru mourir. Cela en avait étonné plus d’un que lui, Seth, le plus cruel des démons, puisse ressentir de l’amour, ce sentiment inutile qui fait la faiblesse des hommes. Mais sous l’influence de cet amour, il avait changé, il s’était ramolli. Il s’était attendri… Sa haine pour l’humanité avait faiblie et même s’il continuait de torturer et tuer, ce n’était plus pour le plaisir de faire souffrir la race humaine. Non, c’était pour le plaisir de lui faire plaisir. Oui il l’aimait et aujourd’hui encore, il la pleurait. Il continuait d’espérer qu’un jour, elle pourra s’échapper et lui revenir. Et à cela, il avait du rajouter la perte de sa fille. C’était un amour différent qu’il ressentait pour elle. Elle était sa fierté, sa descendance, celle qui reprendrait la place que lui même avait occupée jadis, à côté du Maitre des Enfer. Elle avait été choisie pour sa loyauté et sa dévotion au Maitre. Elle avait insisté pour l’accompagner et maintenant, elle n’était plus. Il était seul à présent et il n’était plus qu’un bloc de haine prêt à exploser. Prêt à se venger…
Un raclement de gorge le sort de ses pensées. Il regarde en direction de la porte et aperçoit un de ses lieutenants.
SETH : Je t’écoute Thomésos.
THOMESOS : Votre « livraison » vient d’arriver, maitre.
Un sourire machiavélique s’étend sur le visage de Seth…
Dean se met à trembler de tout son être. Le lit de son frère et vide et on peut y voir une grande tâche de sang sur le drap blanc. Bobby se réveille à son tour, aussi nauséeux que Dean mais quand il l’aperçoit tremblant et livide, il craint que Sam ne soit mort et se lève précipitamment, réveillant les autres au passage.
BOBBY : Dean, qu’est-ce qui s’passe ?
DEAN (la voix éteinte) : Il… Il n’est plus là…
Et il tourne vers Bobby le visage blafard, le regard vide, comme si la mort venait de s’abattre sur lui.
DEAN : Il n’est plus là… Ils l’ont pris… COMMENT ?!!
Bobby se précipite vers lui car il est sur le point de s’écrouler, submergé par la peur et le désespoir. Dean craque et son corps est secoué de sanglots.
MARISSA : Comment ils ont fait pour entrer ? Et pourquoi est-ce qu’aucun de nous ne les a entendus ?
C’est alors qu’Eric leur fourni une partie de l’explication.
ERIC : Regardez, les cercles de protection ont été brisés.
Bobby réfléchit puis son visage s’éclaire.
BOBBY : Qui se rappelle de ce qu’il a fait après avoir avalé son cookie ? Personne ? Et qui veut parier avec moi que ces saletés étaient droguées ?
DEAN (se reprenant peu à peu) : Il faut qu’on le retrouve. S’il ne reçoit plus ses soins…
DINEKA : Vous pensez que la petite fille est complice ?
BOBBY : Oui, même si elle n’en a pas été consciente. Ils nous ont drogués et ont profité de notre état pour emmener Sam. Pourquoi ils ne nous ont pas plutôt tués, ça j’voudrais bien l’savoir.
DEAN : Il joue avec nous, avec moi… Il veut se venger… Il a pris Sam et maintenant, il va s’en servir comme appât pour m’avoir aussi.
DINEKA : La vieille maison, c’est sûrement là bas qu’ils sont. Mais ils sont plus nombreux que vous !
BOBBY : Pour ça, je m’en occupe.
Il prend son téléphone et quitte la chambre.
DEAN : Ils vont me payer ça. Je vais lui faire regretter d’avoir osé toucher à mon frère.
Il s’est remis debout. Son regard n’est plus du tout vide. Au contraire, il est plein de rage, de colère. Tout son être se remplit de haine pour ce démon. Depuis le début de cette histoire, il y a six mois, il n’a eu de cesse de s’en prendre à eux, de les faire souffrir. Mais là, il était allé trop loin, il les avait fait souffrir une fois de trop. Il s’en est pris à Sam alors qu’il était sans défenses et ça, il allait le lui faire payer…
Au même moment, à la vieille maison.
Seth se tient debout devant ce corps inerte dans lequel on peut encore sentir un souffle de vie. Finalement, il se dit que le plan de Luna n’était pas si mal et qu’il aurait peut-être du attendre avant de se débarrasser d’elle. Mais il faut bien l’avouer, la tuer s’était avéré délectable…
SETH (s’adressant au corps) : Enfin… Je vais pouvoir mettre un terme à cette histoire une bonne fois pour toute. Et ça, grâce à toi… Oui, je sais ce qui s’est passé dans ton esprit et cela va bien me servir. Mais d’abord, il faut rectifier un petit détail, histoire que tu sois un soldat opérationnel…
Il s’accroupit et pose sa main sur le torse du jeune homme étendu sur le sol, l’effleurant à peine. Sa paume se met alors à irradier et cette lumière se propage dans tout ce corps, lui provoquant des convulsions. Quand enfin il s’arrête, Seth retire sa main et se redresse. Il fixe le jeune homme et attend. Au bout de quelques minutes, ce dernier reprend conscience, son regard est d’abord égaré, puis se pose sur Seth.
J.H. : Je suis où ? Et qui vous êtes ?
SETH (sourire cynique) : Je suis celui qui va te permettre de t’exprimer librement…
Le jeune homme se relève, regarde Seth dans les yeux. Son regard n’est plus du tout égaré. Il est dur, métallique. Il affiche à son tour un sourire mauvais et fait un signe de tête en signe d’approbation.
J.H. : J’ai besoin de m’amuser un peu.
SETH : Ne t’inquiètes pas, tu ne devrais pas tarder à pouvoir assouvir tes pulsions.
J.H. : Je sens déjà l’odeur de la mort.
SETH : Oui, et bientôt, tu tueras notre ennemi.
J.H. : Qui est-il ?
SETH : L’homme qui t’as brimé pendant toutes ces années, qui t’as toujours empêché d’être ce que tu es vraiment. Celui qui est à l’origine de toutes tes souffrances, de cette vie misérable que tu as.
Le visage du jeune homme change. Ses traits se durcissent, ses yeux se remplissent de haine et il serre les mâchoires.
SETH : Oui, notre ennemi, c’est Dean Winchester…
Deux heures plus tard.
Deux hommes sont postés non loin de la porte sud de la maison. Ils attendent qu’on leur donne le signal pour intervenir. Face à la porte d’entrée, ils sont quatre, et il y en a un de chaque côté, près des fenêtres. Ils sont tous aux aguets, à l’affût du moindre bruit. Ils connaissent la cible mais gardent l’objectif principal en tête. Retrouver et sortir d’ici le fils de leur vieil ami, John Winchester. Quand Bobby les a appelés, ils ont aussitôt répondu présent. Tous ont eu un jour une dette envers John, et comme il n’est plus, ils s’en acquitteront auprès de ses fils. Et aujourd’hui, ils en ont l’occasion. Le cadet des Winchester est en danger, face à un puissant démon, et ils vont tout faire pour le sortir de là.
Dean s’avance lentement et discrètement vers la porte. Il longe la façade et s’approche de la fenêtre principale. Furtivement, il jette un bref coup d’œil pour s’assurer qu’il n’est pas dans le champ de vision d’un de ces démons. Une fois assuré de cette certitude, il regarde plus précisément l’intérieur de la pièce. Il aperçoit un groupe d’hommes dans un coin, deux femmes plus loin. Puis, près d’un mur à moitié calciné, il aperçoit celui qui a fait naitre cette haine en lui : Seth. Il est en train de discuter avec un jeune homme. Puis, parvenant à contrôler son envie de lui sauter à la gorge, il détourne son regard vers l’autre côté de la pièce. Et là, son sang ne fait qu’un tour. Il voit son frère, allongé sur un vieux matelas à même le sol, inconscient, déposé comme un vulgaire sac de patate. Dean pense alors à sa blessure au dos, aux conseils du médecin lui disant qu’en aucun cas son frère ne devait être bougé sans quoi, ce serait irréversible….
Dean a du mal à détourner son regard, il aimerait entrer tout de suite, voler au secours de son frère, mais il sait que si il réagit de façon impulsive, il court à leur perte à tout les deux. Et surtout, depuis la disparition de Sam, il a en permanence une petite voix dans la tête qui lui dit d’être prudent, que quelque chose cloche. Une petite voix qui lui fait penser à la façon dont Sam lui parle quand il le met en garde, quand il s’inquiète pour lui…
Après avoir vu ce qui l’intéresse, Dean retourne auprès de Bobby.
BOBBY : Alors ?
DEAN (inquiet) : Sam est là mais je sais pas dans quel état il est. Ils l’ont balancé comme…
BOBBY : Ecoute, je comprends ton inquiétude mais reprends toi. Si tu craques maintenant, tu pourras pas l’aider. Bon, ils sont combien là dedans ?
DEAN (se ressaisissant) : J’en ai compté une quinzaine et on sait qu’il doit y avoir cinq démons parmi eux. Et il y a Seth.
BOBBY : Super idée les renforts alors.
DEAN : Ouais, à deux contre quinze, fallait pas trop espérer non plus. On a bien fait de laisser les autres à l’hôpital, c’est bien trop dangereux ici.
BOBBY : Bon, on va pouvoir y aller alors.
DEAN : Je m’occupe de sortir Sam et dans la mesure du possible, de Seth.
Bobby fait signe au chasseur le plus proche que le départ est donné. Celui-ci prévient le suivant et ainsi de suite. Ils sont tous armés, et deux d’entre eux ont sur le dos ce qui ressemble à des lances flammes, à ce détail près qu’ils sont remplis d’eau bénite. Ce sont eux qui vont pénétrer les premiers dans la place, de manière à neutraliser au mieux les démons. Un sifflement retenti. C’est le signal. Les deus porteurs d’eau bénite défoncent les portes de devant et derrière, et commencent à arroser tout le monde. Cinq des occupants se mettent à pousser des cris de douleur. Les autres chasseurs profitent de ce mouvement de panique pour se précipiter à l’intérieur. Sept contre quinze, la lutte pourrait paraitre inégale. Pourtant nos chasseurs ont tout prévu. A l’aide des lances à eau, ils regroupent les démons et réussissent à les faire sortir. Une fois dehors, ils cessent leur attaque. Les démons veulent alors répliquer mais ils sont coincés. Ils regardent au sol : ils sont en plein milieu d’un piège, tracé dans la poussière. Un des chasseurs reste auprès d’eux et commence l’exorcisme, tandis que l’autre retourne à l’intérieur et se jette dans la bataille. Dean est aux prises avec un type plutôt baraqué, Bobby avec une tigresse déchainée, chaque chasseur a de quoi s’occuper. Les coups pleuvent, donnant tantôt l’avantage aux uns, tantôt aux autres. Les deux femmes finissent par être neutralisées et solidement attachées par Bobby tandis qu’un chasseur est à terre, malmené par deux brutes épaisses. Dean, après avoir encaissé et donné de nombreux coups, finit par mettre son adversaire hors jeu. Mais il ne s’en sort pas indemne. Son épaule le fait de nouveau souffrir et il se demande si cette fois, elle ne s’est pas déboitée. Quant à son nez, la douleur qu’il lui provoque lui résonne dans la tête. Tant bien que mal, il va aider le chasseur en sautant sur le dos d’un des deux assaillants. A l’aide de son bras valide, il lui enserre le coup jusqu’à ce que l’autre, manquant d’air, s’écroule. Titubant légèrement à cause de la douleur, il réussit à se rapprocher de Sam. A quelques pas de son frère, quelque chose le trouble.
VOIX : Méfie-toi, c’est un piège… Dean, sauve toi, il est encore temps…
Encore cette voix dans sa tête. Il réalise alors qu’il n’a pas vu Seth au cours de la bagarre. Il pivote sur lui-même, le cherchant du regard, en vain. Puis il reporte son attention sur son frère, ignorant cette petite voix tenace.
VOIX : Sauve toi, ne t’en approche pas...
Il s’accroupit près de lui, tremblant d’inquiétude en cherchant son pouls. Quand enfin il le trouve, il relâche enfin la pression. Il passe un bras sous la tête de son frère quand brusquement…
Pendant ce temps, à l’hôpital.
Eric est assis sur le fauteuil près du lit. Il a les yeux fermés et ses traits sont tirés. Depuis la disparition de Sam, il est concentré pour que chaque personne qui entre dans la pièce ne s’aperçoive de rien. Quand le médecin est venu dix minutes plus tôt, il a ausculté Marissa alors qu’il pensait se trouver face à Sam. Il n’y a vu que du feu, constatant gaiement que l’état de son patient s’améliorait. Cela demande beaucoup d’efforts à Eric car il n’intervient pas sur une mais plusieurs personnes à la fois. Dineka a du les laisser car elle est de service aujourd’hui et elle ne peut pas manquer son travail. Quand ils sont seuls dans la chambre, Eric et Marissa font les préparatifs pour le retour de Sam, de manière à pouvoir entamer au plus vite le processus de guérison de son âme.
MARISSA : J’espère qu’ils feront vite pour le ramener et surtout qu’ils le retrouveront vivant.
ERIC : Vous ne pouvez pas vous connecter à son âme ?
MARISSA : Non, quelque chose m’en empêche, il y a comme une barrière. Et ça signifie soit qu’il est mort, soit que le Mal est plus fort qu’avant.
ERIC : Est-ce que son âme peut encore être soignée ?
MARISSA : Plus le temps passe, plus ses chances diminuent. Et surtout, plus le Mal se renforce.
ERIC : Comment est-ce que je pourrai vous aider ?
MARISSA : En amenant mon esprit auprès du sien puisque je ne peux pas y aller seule. Peut être qu’à nous deux, on arrivera à franchir cette barrière mentale qu’il a dressé. J’ai promis à Sam que je l’aiderai, et je ferai tout pour y arriver.
Elle a dit cette dernière phrase dans un murmure, la voix tremblante. Ses yeux se sont embués et elle fait un effort pour retenir ses larmes. Eric s’en aperçoit malgré tout. Il s’approche d’elle et lui pose une main sur l’épaule. N’en pouvant plus, elle s’appuie contre son torse et craque. Il serre dans ses bras la jeune femme, en proie à une crise de larmes qui n’attendait que le moment de pouvoir s’exprimer…