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Série : Supernatural
Création : 15.02.2008 à 18h33
Auteur : winsister
Statut : Terminée
« Nos deux chasseur arrivent dans l'Utah pour une chasse. Mais il arrive parfoit qu'une chasse en cache une autre... » winsister
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Ephraïm, comté de Sampete, Utah.
Un appartement dans un immeuble délabré. Un homme, seul, est accroupi dans le coin d’une pièce. Il tremble et ses traits sont tirés. Il enroule frénétiquement une mèche de cheveux blancs autour de ses doigts. Il déteste cette mèche, symbole de ses souffrances. Son visage reflète une grande fatigue et surtout, de la terreur. Cela fait plusieurs jours qu’il ne dort pas, qu’il lutte pour ne pas sombrer dans le sommeil. Il sait que s’il s’endort, cela pourrait lui être fatal. Mais il est à bout de force, il n’en peut plus. Malgré les litres de café, les douches froides et les douleurs physiques qu’il s’impose, il finit par céder. Il sombre finalement, et définitivement dans le sommeil…
Ephraïm, deux jours plus tard.
L’impala roulait depuis plusieurs heures déjà, et ses passagers commençaient à trouver le temps long.
SAM : On arrive bientôt ?
DEAN : Tu m’as déjà demandé ça ya pas dix minutes ! Et je te signale que pendant que moi je me tue à conduire, Monsieur passe son temps à roupiller !
SAM : Et ben j’y peux rien si ta voiture me fait cet effet. Faut croire que c’est une bonne berceuse.
DEAN : Ouai ben, merci Papa. S’il t’avait pas habitué à te faire faire un tour chaque fois que tu pleurais pour t’endormir, j’aurai au moins quelqu’un à qui parler pendant les longs trajets.
SAM : Au lieu de râler, dis moi si on est bientôt arrivés. Je commence à en avoir marre d’être assis.
DEAN : On y sera dans cinq minutes. C’est dingue j’ai l’impression de voyager avec un gosse de quatre ans…
SAM : Si tu me laissais conduire plus souvent, je dormirais moins.
DEAN : T’as vu la Vierge ou quoi ? Uniquement si j’en suis incapable. C’est la règle. Je vais pas laisser ma princesse entre tes grosses pattes.
SAM : La ferme Dean.
DEAN : Respect pour ton ainé tu veux ?
Sam préfère ne pas relancer le débat et se recale dans son siège. Il aurait mieux fait de continuer à dormir. Au bout de cinq minutes, ils arrivent finalement à destination. C’est la plus grande ville du comté, avec ses 6000 habitants. Ils n’ont donc aucune difficulté à trouver un motel bon marché et pas trop désagréable. Après avoir réglé d’avance la chambre pour deux nuits, ils s’y rendent et y déposent leurs affaires. Dean s’affale sur le premier lit à sa portée.
DEAN : Bon ben moi je vais piquer un somme. J’ai assez bossé pour aujourd’hui.
SAM : Bossé ? On n’a encore rien fait !
DEAN : Tu rigoles ? Pendant que tu dormais, j’me suis tapé 650 Km je te rappelle.
SAM : Bon, okay ! Fais ton somme, moi je vais commencer les recherches. En espérant que je trouverais quelque chose d’intéressant.
DEAN : Voilà, fais donc ça Einstein. Et si tu trouves quelque chose, tu me réveilles pas. Je suis claqué et j’ai vraiment besoin de dormir.
SAM : Très bien. Dors bien alors.
Sam s’installe sur l’autre lit et pose son ordinateur devant lui. Depuis quelques temps, la ville est victime d’agressions qui ont tout lieu d’être l’œuvre d’un vampire. Le dernier corps retrouvé était celui d’un jeune garçon. Il s’appelait Morgan et avait à peine quinze ans. Il était stagiaire dans un restaurant. Son corps avait été retrouvé tout près de son arrêt de bus, en fin de journée, deux jours plus tôt. A cette période de l’année, la nuit tombait de bonne heure et les prédateurs attaquaient donc plus tôt. Il était la cinquième victime. La police était un peu désemparée car les corps avaient été vidés de leur sang et l’on distinguait clairement des marques de morsure dans leurs cous, au niveau de la carotide. Ils pensaient donc à la possibilité d’une secte sataniste qui aurait dérapée. C’est cela qui avait attirés les frères Winchester dans cette région. Cinq victimes en trois semaines, au même endroit. Il était clair pour eux qu’il s’agissait d’un vampire isolé, sans quoi, il y aurait eu beaucoup plus de victimes, ainsi que des disparitions. Et ils espéraient lui mettre la main dessus avant qu’il n’y ait une nouvelle victime…
Au bout de deux heures de recherches, Sam a réussi à trouver quelques pistes. Dean dort toujours et Sam remarque que ses traits commencent à se détendre, signe d’un sommeil réparateur. Même si son frère ne lui avait pas demandé, il ne l’aurait réveillé sous aucun prétexte, ou du moins, rien qui n’en vaille vraiment la peine. Surtout depuis que Dean avait passé ce pacte. Ce foutu pacte… Il décide donc d’aller faire un tour en ville. Il referme son ordinateur, le range, et quitte la chambre sans un bruit, sans oublier de laisser un mot à l’attention de son frère. Il sait que si celui-ci ne le voit pas à son réveil, il va s’inquiéter, et c’est bien la dernière chose qu’il souhaite. Il commence donc à arpenter les rues de la ville. Il constate que la ville comporte d’anciens bâtiments, datant de sa création par les mormons. Il peut d’ailleurs constater qu’il y en a encore beaucoup dans la région. Il vient en effet de croiser une charrette, tirée par deux superbes chevaux, et dirigé par un homme portant un complet noir et le traditionnel chapeau mormon. Il continue sa visite et arrive dans un grand parc, où trônent des jeux pour enfants. Plusieurs sont en train de faire de la balançoire ou du toboggan. Il pense avec regret que lui-même aurait aimé connaitre ses instants de bonheur furtifs avec son frère. Mais la vie qu’ils menaient alors avec leur père ne le leur avait jamais permis. Il s’assoit sur un banc. L’endroit est paisible et reposant. Il ferme les yeux, détendu, essayant d’imaginer ce que serait la vie sans la chasse, sans la peur et la douleur. Il reste ainsi ce qu’il lui semble plusieurs minutes, puis se relève et reprend la direction de l’hôtel. En chemin, il a l’étrange sensation d’être épié. Il regarde tout autour de lui mais ne remarque rien ni personne. Peut-être son imagination lui joue-t-elle des tours. Peut-être est-il trop souvent sur ses gardes pour rien. Pourtant il sait que son instinct ne le trompe jamais et décide de se méfier quand même.
En arrivant dans sa chambre, il constate que Dean n’est plus dans son lit. Le contenu de son sac est complètement éparpillé sur son lit. Un bruit d’eau qui coule l’informe qu’il est sous la douche.
SAM : Dean, tu pourrais éviter de t’étaler partout et de foutre ton bordel !
DEAN : T’étais où ?!
SAM : Parti faire un tour ! Je t’ai laissé dormir comme tu me l’as demandé !
La porte de la salle de bain s’ouvre et Dean en sort, vêtu d’un tee-shirt et d’un jean troué aux genoux.
DEAN (énervé) : Ca va faire plus d’une heure que je t’attends. J’en ai eu mare alors j’ai pris une douche pour me calmer.
SAM (surpris) : Tu rigoles ?! Je suis parti à peine vingt minutes !
DEAN (arquant les sourcils) : T’es sûr de toi ? Si tu m’avais pas laissé ce mot, je serai en train d’arpenter toutes les rues de cette ville. T’as fait quoi tout ce temps ?
Sam commence à se poser des questions. Se serait-il endormi sur ce banc, sans s’en rendre compte ?
SAM : Arrêtes de me faire marcher…
DEAN (ouvrant de grands yeux) : Te faire marcher ? Je suis sérieux Sam ! Tu crois que je rigolerais alors qu’on a un vampire qui traine dans le coin ?!
SAM : Je… J’ai du m’endormir sur le banc du parc sans m’en rendre compte…
DEAN : Ben c’est malin ! Moi je me fais un sang d’encre pendant que Monsieur dort, pour changer…
Sam ne répond pas. Comment a-t-il pu ne pas s’en rendre compte…
Les frères quittent leur chambre et se dirigent vers le snack le plus proche. Dean, comme toujours, crie famine et il a besoin de refaire le plein d’énergie. Ils entrent et s’installent au comptoir. Une ravissante serveuse aux yeux bleus vient prendre leur commande.
DEAN : Bonjour (lisant le prénom sur le badge) Célia. Vous avez un prénom vraiment charmant.
CELIA : Merci. Alors, vous avez choisi ce que vous voulez ?
SAM : Je prendrais juste un café s’il vous plait.
CELIA : Très bien, et pour vous ?
DEAN (sourire enjôleur) : Pour moi ça sera un steak, une grande portion de frite et une bière. Et j’aimerai aussi un petit tête à tête quand votre service sera fini…
CELIA : C’est très gentil à vous, mais ce jeune homme a une longueur d’avance sur vous.
Dean se tourne vers le jeune homme en question. Il doit avoir dans les 25-28 ans, bruns, yeux marron. Il fait dans les 1 mètre 85 et il est plutôt carré d’épaule, d’allure sportive. Son visage est bruni par le soleil et sa barbe de trois jours lui donne un air aventurier à la Indiana Jones. Il regarde en direction de Dean et lui décoche un sourire triomphant, comme s’il venait de gagner une partie de poker. Les deux jeunes gens n’échangent aucun mot mais leurs regards sont suffisants pour comprendre qu’une guerre ouverte vient d’éclater, à savoir qui remportera une nuit avec la demoiselle. Sam, sentant monter la tension, décide de calmer le jeu et de faire les présentations. En l’apercevant de face, une légère étincelle jaillit dans le regard du jeune homme. Dean s’en aperçoit.
SAM : Bonjour, je m’appelle Sam. Et mon frère, Dean.
HOMME : Moi c’est William, enchanté. Touristes ?
DEAN : Ca vous r’garde pas. Et vous ?
WILLIAM : Je suis là pour le travail.
SAM : Quel genre de travail ?
WILLIAM : Comme l’a si bien dit votre frère, ça vous regarde pas.
Durant toute la conversation, il n’avait pas quitté Sam des yeux. Ce qui n’échappa pas à Dean.
DEAN : Ya un problème ?
WILLIAM : Non. Aucun problème. Sur ce, messieurs, je vous laisse. Le travail m’attend.
Il se lève et, après avoir déposé un baiser sur la main de Célia, il se dirige vers la sortie. Avant de refermer la porte derrière lui, il jette un dernier regard en direction des frères, qui lui tournent désormais le dos.
SAM : Il y a quelque chose d’étrange chez lui.
DEAN : Tu m’étonne ! Personne lui a dit que le baise main c’est dépassé ?
SAM : Moi je trouve ça plutôt galant.
DEAN : C’est un bouffon. Et j’aime pas la manière qu’il avait de te fixer.
SAM : Peut-être que je lui rappelle quelqu’un.
DEAN : Mouai. En attendant, je l’aime pas ce type.
SAM : Dis plutôt que tu es jaloux !
DEAN : Hein ? Non mais ça va pas ?! T’as vu la tronche qu’il a ?
SAM : Il est plutôt stylé. Et lui il a eu son rencard !
Dean ne répond pas mais son regard en dit long. Son frère prend le parti de cet homme, grand bien lui fasse. Jaloux, non mais qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre… Sam, lui, est pensif. Il sent que cet homme leur a caché quelque chose. Et il est persuadé qu’ils seront amenés à se revoir…
Dans une chambre d’hôtel.
HOMME : Allo ?
FEMME : Vous avez du nouveau ?
HOMME : Oui. Eddy Brocart est mort et il était le dernier.
FEMME : Vous ne me dites pas tout n’est-ce pas ?
HOMME : Disons que j’ai encore certaines choses à vérifier.
FEMME : Quel genre de chose ?
HOMME : Le genre qui pourrait modifier la suite des évènements. Je vous tiendrez au courant, ne vous en faites pas.
FEMME : Vous croyez qu’il y aura une nouvelle victime ?
HOMME : Si c’est le cas, nous aurons peut être enfin une chance de l’avoir.
FEMME : Mais je croyais que…
HOMME : Je sais mais comme je vous l’ai dis, je dois vérifier certaines choses. Je vous rappelle bientôt.
L’homme raccroche et quitte sa chambre…
De retour dans leur chambre, les garçons s’installent sur leurs lits respectifs et Sam entreprend de faire le résumé de ses recherches.
SAM : Bon, la dernière agression remonte à deux jours. Au total on a cinq victimes et apparemment, notre vampire suit un certain schéma rythmique.
DEAN : Toujours le même laps de temps entre chaque victime ?
SAM : Exactement. Une victime tous les cinq jours.
DEAN : Et la dernière remonte à deux jours. Ce qui nous laisse trois jours avant le suivant.
SAM : Hou t’es fort en maths ! Tu m’épates !
DEAN : La ferme… Dis moi plutôt ce que t’as trouvé d’autre au lieu de faire du sarcasme.
SAM : Hum, ok. Désolé. Bon, tout les corps ont été retrouvés dans le quartier nord de la ville, l’ancien quartier mormon.
DEAN : Et ya quoi là bas ?
SAM : De vieux bâtiments qui datent de la construction de la ville en 1854. Une église, une bibliothèque et quelques vieilles maisons.
DEAN : Et pourquoi la ville ne les a pas détruits ?
SAM : Tout simplement par ce qu’ils représentent une sorte de memoriam. Histoire de ne pas oublier qui a battit cette ville. Et comme il y a encore beaucoup de mormons dans la région, je suppose qu’ils ont du demander à ce que l’on garde ces ruines en place.
DEAN : Bon. Et tu crois que notre ami pourrait se trouver là bas ?
SAM : C’est possible. Je pense qu’on le trouvera soit là bas, soit dans la forêt avoisinante.
DEAN : Ben on va déjà commencer par les ruines et avec de la chance, on l’aura rapidement.
SAM : Ok, je prends le matériel et on y va.
Il se lève, attrape le sac, et vérifie que les machettes sont bien à l’intérieur. Puis tous deux contrôlent que les révolvers qu’ils ont à la ceinture sont bien chargés. Une fois les vérifications terminées, ils sortent de la chambre et montent en voiture, direction le nord de la ville.
Une fois arrivés à destination, ils sortent de la voiture sans faire de bruit et regardent aux alentours. Personne en vue. Le quartier est désert, surement à cause de son délabrement et de l’insalubrité des bâtiments. Ils vont donc pouvoir entamer leurs fouilles tranquillement, sans risque de se faire surprendre par un voisin.
SAM : On devrait se séparer et prendre chacun un bâtiment.
DEAN : Ca me plait pas vraiment ton idée.
SAM : Moi non plus ça m’enchante pas mais ça multiplie les chances de le trouver par deux.
DEAN : Ok mais alors tu fais gaffe à toi. Toutes ces vieilles baraques n’ont pas l’air très solide.
SAM : J’avais remarqué. La ville devrait peut être finalement raser ce quartier.
DEAN : Ha tu vois ? C’est ce que je te disais. Bon, moi je prends l’église et toi la bibliothèque. Et si tu le vois ou si tu as un problème, tu tires une fois, t’as compris ?
SAM (sourire moqueur) : Oui Papa.
DEAN : Hé mec je suis sérieux, j’ai pas envie de devoir sortir tes fesses de dessous des décombres. J’ai le dos fragile moi…
SAM : Bien sur. Bon, on y va.
Dean part donc en direction de l’église et Sam dans celle de la bibliothèque. En pénétrant dans la bâtisse, Dean se rend compte que plusieurs poutres se sont effondrées et qu’une partie du toit est absente. Des amas de tuiles cassées sont visibles un peu partout dans la seule pièce qui compose l’église. La plupart des vitraux sont en miettes et les parties qui tiennent encore en place ont perdu toutes leurs couleurs. Les bancs et le confessionnal, en bois, sont rongés par les termites. Quant à l’autel, seul le vestige d’un bougeoir et d’un crucifix en bronze démontre que le tas de planches présent au milieu de l’estrade en fut un. Il avance doucement, craignant que les rares poutres plafonnières encore en place ne se détachent. Après avoir inspecté la pièce, il doute sérieusement que quelqu’un ait pu séjourner ici, même un vampire. Il en ressort donc, avec les mêmes précautions. Une fois à l’extérieur, il hésite entre visiter un autre bâtiment et rejoindre son frère. Il s’inquiète pour lui mais ne veut pas que ce dernier se vexe en le voyant débarquer pour le surveiller. Mais il n’y peut rien. C’est son p’tit frère et il s’inquiètera toujours pour lui. Il se résigne donc à visiter la maison suivante…
De son côté, Sam est tout aussi précautionneux que Dean. La bibliothèque est très instable et il n’a pas très envie de prendre un mur ou une des immenses étagères sur le coin de la figure. Les bureaux sont en morceaux pour la plupart. Certains sont jonchés de vieux livres poussiéreux. Il en prend un mais celui-ci est tellement friable qu’il tombe en morceaux au contact de ses doigts. Il ne comprend pas pourquoi la ville n’a pas essayé de sauver tout ça au lieu de laisser à l’abandon toute cette partie de son histoire. Il continue son avancée, les doigts crispés sur sa machette. Un bruit sourd attire son attention. Il lève la tête et recule in extrémis, évitant ainsi la chute d’une étagère, provoquée par un envol de corbeaux. Les planches vermoulues s’écrasent au sol dans un énorme fracas. Après avoir poussé un soupir de soulagement, il se dirige vers la pièce adjacente. La porte a quitté ses gongs depuis longtemps. Il passe l’encadrement et se retrouve dans ce qui dut autrefois être une salle de classe. Plusieurs pupitres sont disposés bien alignés et un bureau trône au fond de la pièce. Un vieux tableau noir semble faire de gros efforts pour rester accroché au mur. Cette pièce semble avoir été un peu plus épargnée par l’usure du temps. Sam imagine les enfants, assis à leurs places, reprenant en chœur les leçons d’histoire ou les prières mormones. Il sourit, repensant à ses propres années scolaires, assis derrière un pupitre différent chaque semaine. Sa seule stabilité avait été son entrée à Stanford, seule école où il avait enfin pu tisser des liens d’amitié, où il avait pu rencontrer l’amour. Il a un pincement au cœur en pensant à Jess. Elle lui manque cruellement et il s’en veut toujours. Il secoue la tête, essayant de s’extirper à ces souvenirs douloureux, et reprend son inspection des lieux. Il lui aura fallut pas moins d’une demie heure pour tout fouiller, du moins les pièces accessibles. Certaines sont en effet condamnées à cause de l’effondrement du toit. Mais pour lui, une chose est sûre : le vampire ne se trouve pas dans le coin, et n’a certainement jamais mis les pieds dans ces ruines.
Une fois sorti de là, il aperçoit son frère qui sort également d’une maison.
SAM : Tu as trouvé quelque chose ?
DEAN : Nada. Faudrait être suicidaire pour se planquer dans un lieu pareil. A mon avis, il n’est jamais venu ici.
SAM : C’est aussi ce que je pense. Le simple fait de poser un pied dans une pièce fait trembler les murs. Et les étagères sont mesquines, elles tombent sans prévenir.
DEAN : T’as rien au moins ?
SAM : Rassure-toi, je vais bien. J’ai des réflexes au top !
DEAN : Bon, ben il ne reste plus que la forêt alors.
SAM : Ouai. Le mieux sera de s’en occuper demain. La nuit ne va pas tarder et personnellement, je n’ai pas très envie de le croiser alors qu’il sera au top de sa forme.
DEAN : C’est vrai, t’as raison. On profitera du fait qu’il dort pour essayer de le repérer.
Ils remontent dans leur voiture et repartent pour l’hôtel. En passant devant le parc, Sam repense au fait qu’il y a dormi sans s’en apercevoir. Ce fait l’intrigue et il se dit qu’il ira y refaire un tour plus tard. Ils arrivent enfin et quelque chose attire leur regard. Sur le parking, ils aperçoivent un énorme 4X4 Chevrolet, entièrement noir. Les vitres en sont teintées, les tubulures brillent comme si elles étaient neuves, et les jantes en alu reflètent une propreté sans tache.
DEAN : Wahow, regarde un peu l’engin !
SAM : Ha c’est sûr, ta caisse fait tache à côté.
Il explose de rire, fier de sa remarque. Dean lui jette un regard noir.
DEAN : En attendant t’es bien content que ma caisse traine ta grande carcasse. Je me demande à qui il appartient. Sûrement à un gars qui a autant de classe que moi.
Sam rit de plus belle.
SAM : Toi, de la classe ? C’est nouveau ça ?
DEAN : Bitch.
SAM : Jerk.
Sur ce bel échange fraternel, ils regagnent leur chambre…
Après avoir pris une bonne douche relaxante, Sam s’installe sur son lit. Dean, lui, enfile son blouson de cuir.
SAM : Tu vas où ?
DEAN : Je retourne voir cette charmante serveuse avant la fin de son service.
SAM : Tu veux pas lâcher l’affaire,
Dean : Ha ça non. Je vais pas laisser ce bellâtre remporter la victoire. C’est mal me connaitre.
SAM : T’es décidemment incurable. Bon ben moi je vais aller faire un tour au parc.
DEAN (moqueur) : T’as envie de faire de la balançoire ? T’es un peu grand pour ça non ?
SAM : Ha ha, je me marre.
DEAN : Fallait pas te moquer de ma princesse.
Il quitte la chambre en riant. Sam finit de s’habiller, enfile son blouson, et quitte la chambre à son tour. Il se dirige vers le parc d’un pas décidé, même s’il ne sait pas trop pourquoi il tient tant à y retourner. De nouveau, il a la sensation d’être observé mais il préfère ne pas y prêter attention. Comme s’il voulait pour une fois faire une ballade sans avoir à se soucier de ses arrières. Une fois arrivé, il se rassoit sur le même banc que la première fois. Il reste ainsi quelques minutes puis une chose, ou plutôt quelqu’un attire son attention. Il s’agit d’une petite fille. Elle s’approche de lui jusqu’à n’être plus qu’à un mètre de lui. Elle doit avoir dans les sept ans. Elle porte une petite robe blanche et un collier composé de bourgeons de fleurs rouges sang. Ses cheveux tombent dans une rafale de belles anglaises blondes et ses yeux, d’un vert profond, plongent dans ceux de Sam. Il n’arrive pas à détacher son regard du sien. Il est si limpide, si plein d’innocence. Sans le lâcher des yeux, elle commence à balancer sa tête de droite à gauche, souriant à pleine dent. Inconsciemment, Sam répète le même mouvement qu’elle. Puis le sourire de la petite s’efface et elle entonne les paroles d’une petite berceuse :
Doucement, doucement
Doucement s’en va le jour
Doucement, lentement,
Tes pas se font lourds
…
Puis elle met fin au balancier de sa tête, imité par Sam, toujours plongé dans son regard. Elle lui sourit de nouveau, puis se retourne et repart comme elle est venue, dans un léger bruissement d’air. Sam est toujours immobile, le regard hagard, comme s’il n’avait pas été présent au cours de cette scène. Puis d’un coup, il relève la tête et ses yeux retrouvent leur éclat. Il regarde autour de lui, comme s’il se réveillait, se demandant s’il rentre déjà à l’hôtel ou s’il rejoint son frère au snack. L’idée de voir son frère en mode « prédateur sexuel » ne l’enchante pas vraiment. Il décide donc de rentrer se coucher, étant donné qu’il se sent soudain très fatigué.
Quelques minutes plus tôt.
Dean se trouve au snack. La belle Célia travaille encore, et il a bien l’intention d’obtenir son rencard.
DEAN : Votre chevalier vous a fait faux bond on dirait. Il n’est pas là à ce que je vois.
CELIA : Il doit passer dans une heure pour m’emmener faire un tour dans son 4X4.
DEAN (se rappelant l’engin en question) : Quoi, celui sur le parking de l’hôtel c’est le sien ?
CELIA : Oui. Il est magnifique n’est-ce pas ?
DEAN : Bof…
CELIA : En tout cas il est beaucoup mieux que la vieille Chevy que j’ai aperçue ce matin. Sûrement la voiture d’un pauvre type.
Dean manque s’étouffer avec le muffin qu’il est train de manger.
CELIA : Ben, ça va pas ?
DEAN (reprenant son souffle) : Si… Si si ça va. C’est juste que c’est de ma caisse que vous êtes en train de parler.
CELIA (confuse) : Oh je suis désolée. Elle a beaucoup de cachet et je trouve que vous êtes bien assortis.
DEAN : Vous vous rattrapez bien.
Les yeux de Dean s’éclairent, comme s’il voyait là l’opportunité qu’il attendait.
DEAN : Mais si vous voulez vraiment vous faire pardonner, vous sortez avec moi ce soir.
CELIA : Je suis déjà prise et vous le savez.
DEAN : C’est la seule façon de vous faire pardonner. Et vous risquez de vous ennuyer à mourir avec lui.
La porte s’ouvre. Dean se retourne, pensant voir arriver son frère. Il lui avait dit qu’il le rejoindrait peut être. Malheureusement, ce n’est pas Sam mais William qui vient de franchir la porte.
WILLIAM : Et bien le monde est petit. Je ne m’attendais pas à vous recroiser ici. Votre frère n’est pas avec vous ?
DEAN (sur la défensive) : Qu’est-ce que vous lui voulez ?
WILLIAM : Rien en particulier. Pas la peine d’être agressif.
DEAN : Je n’aime pas la façon dont vous l’avez regardé tout à l’heure, ni le fait que vous vous intéressiez à lui. Vous n’êtes pas son genre.
WILLIAM : Lui non plus rassurez-vous. C’est juste qu’il me rappelle quelqu’un, c’est tout.
DEAN : Vous savez quoi ? Je ne vous aime pas. Vous me mentez et je n’aime pas ça.
WILLIAM : Je vous retourne le compliment.
Il s’assoit sur le tabouret à côté de Dean, sans le quitter du regard. Puis son visage prend un air grave.
WILLIAM : Vous devriez rentrer à votre hôtel et vous occuper de votre frère.
DEAN : Comment ça ?
WILLIAM : Faire votre boulot de grand frère, comme ça je pourrai emmener la demoiselle en ballade.
Dean croit rêver. De quel droit ce malotru se permettait-il de lui donner des conseils ? Ca n’allait pas se passer comme ça.
DEAN : Mon frère est assez grand pour prendre soin de lui tout seul (enfin j’espère). Et la demoiselle sort avec moi. Elle a une petite chose à se faire pardonner.
WILLIAM : Très bien ! Faites comme vous voulez, après tout je m’en moque. Je vous accorde cette soirée, mais vous n’avez pas encore gagné la partie.
DEAN : C’est ça. Allez donc voir ailleurs si j’y suis.
WILLIAM : Si vous avez besoin de moi, je suis dans le même hôtel que vous.
DEAN : Ca risque pas d’arriver.
William se lève et se dirige vers la sortie. Et, dans un murmure inaudible pour les autres :
WILLIAM : Je l’espère…