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Série : Supernatural
Création : 15.02.2008 à 18h33
Auteur : winsister
Statut : Terminée
« Nos deux chasseur arrivent dans l'Utah pour une chasse. Mais il arrive parfoit qu'une chasse en cache une autre... » winsister
Cette fanfic compte déjà 50 paragraphes
Après avoir quitté le snack, William se dirige vers l’hôtel, à pieds. Il passe devant le parc et il aperçoit une silhouette sur un banc. Il reconnait le jeune homme. Il s’agit de Sam. Il s’en approche et se rend compte que le jeune homme n’est réactif à rien. C’est comme s’il dormait les yeux ouverts. William fronce les sourcils et lâche un soupir désespéré. Il connait le phénomène mais c’est la première fois qu’il y assiste. Il sait qu’il ne peut pas intervenir. Ne doit pas. Il regarde autour de lui, puis va se cacher derrière un des buissons qui ornent le parc. Il s’agenouille et attend. Il reste ainsi plusieurs minutes quand enfin il voit ce qu’il redoutait. Il n’entend pas ce qui est dit et il en est soulagé. Il observe le phénomène, silencieux et intrigué. Comment agissait-elle ? Que pouvait-elle bien dire ? Mais la question qui le tracasse le plus est de savoir si il parviendra à ses fins avant qu’il ne soit trop tard pour Sam Winchester…
Sam arrive à l’hôtel. Son frère n’est pas encore là. Ses paupières se faisant de plus en plus lourde, il se déshabille et se couche rapidement. Il ne lui faut que quelques minutes pour sombrer dans le sommeil. Dean arrive peu de temps après. Les paroles de William l’ont intrigué et il a préféré rentrer pour s’assurer que Sam allait bien. Il le trouve endormi dans son lit. Sa respiration est légèrement irrégulière mais il a l’air calme. Il se couche à son tour et s’endort rapidement également…
Sam se réveille et se redresse sur son lit. Il regarde sur le lit voisin et s’aperçoit que Dean n’est pas là. Il se dit qu’il a peut-être finalement obtenu un rencard avec la serveuse. Il se lève et se dirige vers la salle de bain, mais un grattement à la porte d’entrée le stoppe dans son élan. Sûrement Dean qui a oublié sa clef. Il se dirige donc vers la porte, déterminé à passer un savon à son frère qui a un peu trop tendance à le réveiller à cause de sa négligence. Mais quand il ouvre celle-ci, son visage se fige et sa belle détermination disparait. Ce n’est pas son frère qui est face à lui. Non, c’est un monstre… Sam fait un mouvement de recul face à cette vision d’horreur. Cette chose ressemble à … un koala ? Oui, mais un koala qui fait deux fois la taille de Sam, avec des dents pointues et des griffes acérées. Sa gueule est grande ouverte, laissant échapper une écume rageuse. Il pousse des rugissements effrayants, pétrifiants. Sam recule d’un pas, difficilement. Ses jambes ne lui répondent plus. Son cœur bat à tout rompre et un sentiment de peur l’envahit. Qu’est-ce que c’est que ça ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Il se reprend et recule encore mais la bête avance vers lui rapidement. Il commence à courir mais il a l’impression de ne pas avancer, de faire du sur place. Il essaie d’aller plus vite mais la seule chose qu’il réussit à faire, c’est s’étaler de tout son long sur le sol. La panique le gagne quand il sent quelque chose saisir sa jambe. Il croise alors le regard de la bête, un regard flamboyant de cruauté et de soif de sang. Sam appelle son frère au secours, il a peur. Il ne veut pas mourir, pas comme ça. C’est alors que Dean apparait près de lui. Sam sent l’espoir renaitre mais ce sentiment disparait rapidement en apercevant un sourire haineux sur le visage de son frère. Ce dernier s’approche de la bête, lui tapote le flanc et lui lance un « bon appétit » avant de partir dans un grand éclat de rire. Sam regarde alors la bête qui s’approche, la gueule grande ouverte. Elle est de plus en plus proche… Si proche…
Sam se réveille d’un bond. Il se redresse sur son lit, en sueur et le souffle court. Son cœur bat la chamade et il a du mal à se calmer. Un cauchemar, ce n’était qu’un cauchemar. Mais un cauchemar qu’il connait, qu’il a déjà fait, il y a longtemps. Il devait avoir cinq ans alors. Bobby lui avait offert un koala en peluche pour son anniversaire. Bizarrement, elle lui faisait peur. Il avait commencé à faire ce cauchemar la nuit suivante et au bout de deux semaines d’insomnies, John avait fini par bruler le fautif. Mais à cette époque, la peur qu’il avait ressentie était justifiée, il n’était qu’un enfant. Aujourd’hui, il aurait du savoir que ce n’était qu’un rêve. Un rêve digne de faire marrer un gosse de dix ans mais qui lui, Sam Winchester, chasseur de démons, l’avait terrifié. Après avoir réussi à se calmer, il s’étend à nouveau sur son lit et ferme les yeux, espérant se rendormir. Malheureusement, à peine replonge-t-il dans le sommeil qu’il replonge également dans son cauchemar. De nouveau, il se réveille complètement affolé. Il décide donc de lutter pour ne pas se rendormir. Il jette un œil à son portable. Deux heures du matin, la nuit risque d’être longue….
Six heures du matin. Le portable de Dean sonne pour le réveil. Sam, qui n’a pas fermé l’œil, se retourne et ferme les yeux pour que son frère ne puisse savoir qu’il a fait nuit blanche. Dean tend le bras et tape sur son portable pour l’arrêter.
DEAN (la tête dans l’oreiller) : Sam… Debout…
Sam ne bouge pas tout de suite, feignant de dormir profondément. Dean décolle enfin sa tête de son oreiller.
DEAN : Hé princesse, faut te lever !
Et il lui jette son oreiller dessus. Sam ouvre alors les yeux et gémit comme s’il était en train de se réveiller.
SAM (s’étirant) : Hmmmm c’est quelle heure ?
DEAN : L’heure que tu te lève pour aller chercher le café. Bien dormi ?
Sam préfère mentir à son frère pour ne pas l’inquiéter, mais surtout pour ne pas avoir à lui raconter son cauchemar et ainsi, éviter ses railleries.
SAM : Comme un loir. Bon, quand faut y aller….
Il se lève et se dirige vers la salle de bain. Après avoir fermé la porte, il pousse un soupir de fatigue. Ses nuits sont déjà assez tumultueuses sans y rajouter de nouveaux cauchemars. Il retire son tee-shirt et son caleçon et se glisse sous l’eau chaude. Celle-ci a un effet bienfaisant immédiat. Il ferme les yeux, essayant de se détendre, laissant couler l’eau sur ses muscles tendus. Mais il les rouvre bien vite. Même s’il ne dort pas à cet instant, l’image du monstre est toujours présente devant ses yeux. Et sa peur aussi. Il ne comprend toujours pas pourquoi il a refait ce rêve après toutes ces années. Une fois suffisamment détendu, il coupe l’eau, s’habille et sort de la pièce. Une chose attire son attention. Dean est mort de rire.
SAM : Qu’est-ce que t’as à te marrer ?
DEAN : J’ai mis la main sur ton doudou. Petit cachotier.
SAM : De quoi tu parles ?
Dean se retourne alors vers lui, tendant un objet informe. En y regardant de plus près, Sam reconnait l’objet en question et son sentiment de peur reprend le dessus. Ce que son frère tient à la main n’est rien d’autre qu’une peluche représentant un koala.
SAM (la gorge nouée) : Où t’as trouvé ça ?
DEAN : C’était sous ton lit. Tu trouves pas qu’elle ressemble à celle que Papa avait brulée ? Celle qui te faisait peur !
Tout en parlant, il agite ladite peluche sous le nez de son frère qui a un mouvement de recul.
SAM : C’est pas drôle Dean.
DEAN : Quoi, tu vas pas me dire que ce truc te fait encore peur ?
SAM : Non, mais on a plus important à faire que de jouer avec ça pour le moment.
Il arrache le koala des mains de son frère et le jette dans le sac poubelle, qu’il ferme rapidement en faisant un nœud.
DEAN : Ha effectivement, t’as plus peur.
Et il part d’un grand éclat de rire. Sam lui ne rit pas du tout. Sa peur ne le lâche pas et il se demande ce qui est en train de lui arriver. Le fait de trouver une peluche identique à celle de son cauchemar est-il une coïncidence ? Non, il n’y croit pas. Pas dans sa vie, pas dans son monde.
Une fois les deux frères douchés et habillés, ils avalent rapidement les cafés que Sam est allé chercher. Ils prennent ensuite leur matériel et se rendent à leur voiture. Une fois sur le parking, Dean remarque l’absence du 4X4 de William.
DEAN : Tiens, Monsieur perfection est parti on dirait.
SAM : Pardon ?
DEAN : Oui, le 4X4, c’est celui de ce William.
SAM : Ha ben je vois que t’as pris le temps de te renseigner. Et saurais-tu aussi ce que fait ce gars dans le coin ?
DEAN : Non, mais je finirai bien par trouver. J’aime pas sa façon de faire.
SAM : A quel sujet ? Toujours pour la serveuse ?
DEAN : Non, ça c’est une petite guéguerre que je compte bien gagner. Non, je parle de la façon qu’il a de s’intéresser à toi.
SAM : A moi ? Ben pourquoi ?
DEAN : C’est ce que je voudrai bien savoir. Bon, allez. On a une forêt qui nous attend.
Ils montent en voiture et prennent la direction de la forêt.
Durant le trajet, Sam consulte la carte qu’il a trouvée à l’Office de Tourisme. Elle contient un plan détaillé de la forêt.
SAM : Et ben on n’est pas sorti de l’auberge. Va falloir qu’on se partage le travail ou alors qu’on le fasse en deux jours.
DEAN : Hors de question qu’on se sépare en pleine forêt. On fera ça en deux jours s’il le faut mais on reste ensemble.
SAM : Comme tu veux mais ça irait plus vite.
DEAN : Je sais mais je ne veux pas prendre de risques inutiles. Si on est chacun d’un bout et que l’autre se fait attaquer, on a peu de chance de s’en sortir.
SAM : Vu sous cet angle…. Bon, on a qu’à commencer par la partie ouest.
DEAN : Très bien, c’est toi le guide.
Il gare l’impala à l’orée de la forêt et stoppe le moteur. Il sort de la voiture et se dirige vers son coffre. Sam ne sort pas tout de suite. Il a un léger mal de tête et ne veut pas que son frère s’en aperçoive. Il n’a pas envie qu’il commence à s’inquiéter ou qu’il l’écarte de l’enquête. La simple idée que Dean puisse fouiller cette forêt tout seul lui redonne un peu de force. Il sort donc de la voiture à son tour.
DEAN : Bon, on y va ?
Sam acquiesce d’un signe de tête puis attrape la machette qu’il lui tend. Après avoir respiré un bon coup pour essayer de se réveiller, il suit son frère et tous deux s’engouffrent dans la forêt. Les arbres s’y étendent à perte de vue et de nombreux bosquets rendent leur progression difficile. Leurs machettes leur servent donc dans un premier temps à se frayer un chemin au beau milieu de cette végétation. Ils inspectent ainsi plusieurs kilomètres carrés et décident de stopper leurs recherches quand les premiers signes de la nuit se font remarquer. Sam n’est pas mécontent de pouvoir s’assoir dans la voiture. Il est fatigué. Sa courte nuit ajoutée à une journée de recherche difficile l’ont épuisé. Sans oublier son mal de tête qui ne l’a pas lâché. Dean s’en était malheureusement aperçu et il avait prétexté qu’il s’était cogné à une branche, ce qui évidemment avait déclenché un fou rire chez son ainé. Mais il préférait lui raconter ça plutôt que son cauchemar, auquel il ne trouvait d’ailleurs toujours pas d’explication. Il y avait réfléchit toute la journée mais rien ne lui venait en tête. Et il y avait aussi cette mélodie. Elle revenait régulièrement à ses oreilles mais n’en connaissait pas l’origine. Il savait qu’il l’avait déjà entendue mais ne se rappelait ni quand, ni où. Ni les paroles d’ailleurs. Tout ce dont il était sûr, c’est que cela ne présageait rien de bon…
Une fois remontés en voiture, Dean a l’air préoccupé.
SAM : Ya un problème ?
DEAN : J’en sais rien. J’ai l’impression qu’on nous a observés toute la journée mais je ne pourrais pas jurer qu’il s’agit de notre suceur de sang.
SAM : Je n’ai rien ressenti de tel. Tu es peut-être juste un peu surmené.
DEAN : Surmené ? Attends, c’est plutôt calme en ce moment j’te signale. Et je te rappelle que je suis chasseur depuis assez longtemps pour être sûr de ce que j’avance.
SAM : Ca va, faut pas t’énervé. Je disais ça comme ça.
DEAN : Ouai. Mais je suis sûr que quelqu’un était là à nous observer. Je pourrais le jurer.
SAM : Bon, on arrive bientôt ?
DEAN : Ha non, tu vas pas recommencer ! Tu m’as déjà pris la tête en venant dans ce bled avec ça.
SAM : Bon écoute je suis crevé alors roule plus vite s’il te plait. J’ai pas envie de me prendre la tête.
DEAN : Hé, t’es sûr que ça va ?
SAM : Mais oui t’inquiète. J’ai juste un bon coup de barre c’est tout.
Dean n’est pas très convaincu mais se dit qu’après tout, son frère n’a aucune raison de lui mentir. Il accélère donc un peu. De son côté, Sam lutte pour ne pas s’endormir dans la voiture. Il appréhende le sommeil et surtout, il appréhende de revivre à nouveau ce cauchemar.
Une fois arrivés, Sam se dirige directement dans la chambre, laissant à Dean le soin, ou plutôt la corvée, de prendre le sac contenant leur matériel.
DEAN : Hé ho ! Où tu vas comme ça ?!
SAM : Dean je t’ai dit que j’étais naze !
DEAN : Ben moi aussi figure toi ! Je vais chercher un truc à bouffer, toi tu rentres les affaires.
SAM : Deaannn…
DEAN : Je suis sérieux !
Et il part en direction du snack pour chercher de quoi manger, laissant Sam tout penaud près de la voiture. Après avoir pris les affaires, il se traine difficilement jusqu’à la porte d’entrée. Mais au moment où il va pour mettre la clef dans la serrure, un bruit attire son attention. Il tourne la tête et se retrouve face à une petite fille. Il a l’impression de l’avoir déjà vue mais comme si c’était dans un rêve, un rêve éveillé. Il sent tout au fond de lui que quelque chose ne va pas avec cette enfant, mais il n’arrive pas à déterminer ce que c’est. Il la regarde et son regard plonge dans le sien. Malgré son envie, il n’arrive pas à s’en détacher. Puis la petite fille entame un mouvement de balancier avec la tête et, sans pouvoir s’en empêcher, Sam fait de même. La fillette arbore un drôle de sourire puis entonne sa chanson :
Doucement, doucement,
Doucement s’en va le jour
Doucement, lentement,
Tes pas se font lourds
La lumière te fuit
Ma chanson te suit
Et la fièvre aussi
Dans l’abîme
…
Sam se sent étourdi et ferme les yeux une seconde. Mais quand il les rouvre, la fillette a disparue. Il regarde tout autour de lui mais ne la voit nulle part. Qui est-elle et que signifie cette chanson ? C’est comme une berceuse à part que les paroles n’en sont pas vraiment réjouissantes. Puis il se sent étrangement fatigué, ses yeux commencent à se fermer. Il se dépêche d’entrer mais à peine se pose-t-il près le lit qu’il sombre aussitôt dans l’inconscient….
Dean entre dans la chambre, les bras chargés de victuailles. En apercevant son frère, il manque lâcher ses paquets. Ce dernier est couché tout habillé, en vrac sur le lit, n’ayant que la tête et le haut du corps sur le matelas. Ses jambes sont posées de travers à même le sol.
DEAN : Sam ?
S’approchant légèrement, il se rend compte qu’il est tout simplement endormi. Mais comme la nuit précédente, sa respiration est plutôt irrégulière. Il entreprend donc de repositionner son frère plus confortablement.
DEAN (tirant son frère sur le lit) : Non mais ça devrait pas être permis d’être aussi lourd… Comment tu fais pour dormir autant…
Sam émerge doucement. Il sent qu’on est en train de le déplacer. Surement Dean qui le recouche comme il faut car il lui semble qu’il s’est un peu étalé n’importe comment. Il ouvre les yeux mais un frisson d’effroi lui parcours tout le dos. Ce n’est pas son frère qui le déplace mais…. des clowns ! Des clowns dont l’apparence est bien éloignée de ceux qu’on voit dans les cirques. Les orbites de leurs yeux sont vides, leurs bouches dégoulinent de sang, leur maquillage blanc recouvre à peine les parties de leurs visage où règne encore un semblant de chaire. Les lambeaux de leurs vêtements se confondent avec ceux de leur peau. Ca et là, on peut apercevoir un membre en décomposition. De vraies visions de l’enfer. Sam a toujours eu une peur maladive des clowns mais celle-ci vient d’atteindre son paroxysme. Il se débat pour échapper à leur emprise mais ils sont beaucoup plus nombreux. Ils sont trois au total à le tenir et un quatrième regarde la scène, se délectant de la peur qu’il lit dans le regard du jeune homme. Et par-dessus le bruit de leurs rires malfaisants, Sam entend encore cette mélodie, si douce et si angoissante à la fois. Il la reconnait cette fois, c’est l’air de la berceuse que chantait la petite fille aux yeux verts. Mais il a plus urgent à penser. Le dernier clown, qui jusque là était resté à l’écart, s’approche de lui, un rictus sur ce qu’il lui reste de lèvre et surtout, un couteau à la main. Sam se débat plus fort et au comble du désespoir, appelle son frère. De nouveau, Dean apparait mais au lieu de l’aider, il assiste à la scène, affichant un sourire satisfait. Il s’approche de Sam et sort un papier de sa poche. Il le déplie et le pose sur le côté gauche de la poitrine de son frère. En y jetant un œil, Sam s’aperçoit que le dessin sur la feuille représente une cible. Dean le regarde de nouveau et, ironiquement, lui balance un « Faut pas qu’il rate sa cible » avant de partir dans un éclat de rire. Sam voit le clown lever son bras armé, son cœur bat à une vitesse folle…
Sam se redresse sur son lit, pâle comme un linge, en sueur et cherchant sa respiration comme s’il était en train de se noyer. En portant ses mains à hauteur de ses yeux, il remarque qu’elles tremblent. Sa peur était si intense, tout avait l’air si réel… Il s’aperçoit alors qu’il n’est plus habillé et qu’il est correctement installé dans son lit. Un bruit faible et régulier l’informe que Dean dort tranquillement. Il hésite. Doit-il le réveiller pour lui parler de tout ça ? Non, son frère passait déjà suffisamment de temps à s’inquiéter pour lui. Et il l’avait payé de son âme. Il était hors de question qu’il en rajoute. Il devait découvrir seul de quoi il en retournait. Tout d’abord, il faudra qu’il fasse des recherches pour savoir qui est cette fillette et ce que signifie cette berceuse. Tout en réfléchissant à cela, il se rallonge mais malgré la fatigue qui se fait sentir, il lutte pour rester éveillé. Il préfère ne pas regarder l’heure qu’il est, sachant qu’il est encore tôt et que de nouveau, une longue nuit l’attend. Il aurait bien commencé ses recherches mais la batterie de son ordinateur venait de le lâcher et il n’avait pas de cordon d’alimentation sous la main. Il s’occupera de tout ça dès qu’ils auront réglé ce problème de vampire. En attendant, le mieux à faire reste encore de penser à autre chose pour ne pas dormir…
Le lendemain se passe comme le précédent. A la différence que Sam s’était rendormi malgré lui et avait revécu son cauchemar, son angoisse, sa peur. De nouveau, il fait semblant de dormir en attendant que Dean se lève.
DEAN : Allez debout faignasse ! Je commence à en avoir marre de te secouer le matin. Il est passé où le Sam qui se lève aux aurores ?
SAM : Ouai ça va, j’me lève…
Il ouvre un œil et voit son frère fouiller dans son sac. Il en sort un flacon de gel douche et se dirige vers la salle de bain.
DEAN : Et je veux mon café quand je sors !
Puis il referme la porte derrière lui. Il fait couler l’eau pour qu’elle soit à bonne température puis ôte son caleçon et s’installe sous le jet d’eau brulante et apaisante. L’eau ruisselle le long de son corps, détendant chaque partie, chaque muscle. Et il en a bien besoin. Entre son pacte, la chasse en cours et ce type qui s’intéresse de trop près à son frère, il est plutôt tendu. Il ramasse le gel douche qu’il a pris dans son sac. Un gel au bois de santal de la marque Angelgym qu’il aimerait tester. Le parfum qui s’en dégage est plutôt revitalisant. Il se frictionne bien puis se rince avant de sortir. Il s’enroule une serviette autour de la taille et retourne auprès de son lit pour chercher ses vêtements.
Sam n’est plus là. Il est parti chercher les cafés. Il a préféré sortir avant de croiser le regard de son frère. Il sait qu’il ne pourra pas lui cacher la vérité très longtemps et il n’aime pas lui mentir. En entrant dans le snack, il aperçoit William et lui fait un signe de tête en guise de bonjour. Puis il se tourne vers le bar pour passer sa commande. Et il manque défaillir en apercevant un objet incongru sur le comptoir. Un objet qui le renvoie à son cauchemar. Un clown. Un clown musical qui se met en route dès qu’il pose les yeux dessus. Le son, comparable à celui d’une boite à musique, entame sa mélodie. Une mélodie que Sam reconnait de suite. Une mélodie qui provoque un nouveau tremblement de ses mains. La berceuse de la fillette…
CELIA : Monsieur ? Monsieur ??
SAM (revenant à la réalité) : Que… Quoi ?
CELIA : Vous allez bien ?
SAM : Euh … oui. Oui ça va merci. D’où viens cette… chose ?
CELIA : Je ne sais pas, c’était là ce matin. Il est mignon n’est-ce pas ?
SAM : Non, pas vraiment. Je hais les clowns.
WILLIAM (qui venait de les rejoindre) : Vous n’avez pas l’air dans votre assiette. Vous êtes sûr que ça va ?
SAM (méfiant) : J’ai déjà répondu à cette question. Je vais bien, mêlez-vous de ce qui vous regarde.
WILLIAM : Pour ce que j’en disais…
SAM (se retournant vers la serveuse) : Deux cafés à emporter s’il vous plait.
Pendant que Célia s’occupe de lui préparer sa commande, Sam attend, évitant de regarder le clown musical. William ne le quitte pas des yeux et cela commence à l’énerver.
SAM : Bon qu’est-ce qu’il y a à la fin ?
WILLIAM : Comment ça ?
SAM : J’aimerais que voue cessiez de me fixer comme vous le faites d’accord ?! Ou alors expliquez- moi pourquoi vous avez l’air de tellement vous intéresser à moi.
WILLIAM : Il n’y a rien. Comme je l’ai dit à votre frère, vous me rappeler quelqu’un c’est tout.
SAM : Qui donc ?
WILLIAM : Un homme qui est décédé il y a longtemps.
SAM : Un membre de votre famille ?
WILLIAM : Non, juste un homme.
SAM : Oui et bien je suis désolé pour vous mais arrêtez de vous occuper de mes affaires c’est clair ?
WILLIAM : Message reçu.
Il se lève et s’en va. Une fois que Sam obtient ses cafés, il en fait de même après avoir payé, et rejoint son frère dans la chambre…
Pendant qu’il remonte la rue, Sam ne cesse de penser à ce clown musical. Et surtout à l’air qu’il jouait. Cette fois, il est sûr qu’il ne s’agit pas d’une coïncidence. Il s’arrête pour réfléchir à tout ça. D’abord ce rêve, surgit de son enfance. Puis maintenant sa peur des clowns. Tout cela n’avait aucun sens. Et qui était cette petite fille ? Il comprend que c’est elle qui provoque tout ça. Mais comment ? Et pourquoi ? Et sa chanson, que signifie-t-elle ? La mélodie ne le quitte pas, s’immisçant continuellement dans sa tête. Et cet air incessant semble l’affaiblir. Certes il est fatigué. Deux nuits blanches consécutives ne sont pas l’idéal pour être au top de sa forme. Mais ce n’est pas la première fois que cela lui arrive. Après la mort de Jess, il ne dormait que deux heures par nuit et il était beaucoup plus en forme. Non, cette fois c’est différent. Il sent que cette musique le vide petit à petit de son énergie. Las de tout ça, il ferme les yeux. Mais de nouveau, il les rouvre aussi sec. Les images de son rêve sont toujours là, effrayantes et angoissantes. Il a peur. Oui, il commence à vraiment avoir peur. Peur de ce qu’il lui arrive. Peur de ce qui l’attend. Peur d’avoir encore plus peur…
Il ouvre la porte de sa chambre. Dean est assis sur le lit, affûtant sa machette. En entendant le bruit, Dean relève la tête. Il est frappé par le visage fatigué de son frère.
DEAN : Hé mec, t’es sûr d’avoir bien dormi ?
SAM : Hmm ? Ouai ça va aller t’inquiète. J’ai encore un peu mal à la tête c’est tout.
DEAN : Je peux y aller seul tu sais.
SAM : Hors de question. Tu l’as dis toi-même, on reste ensemble.
DEAN : Ecoute, je veux être sûr de pouvoir compter sur toi c’est tout.
SAM : Une bonne douche et ça ira mieux.
Sur ce, il se dirige vers la salle de bain. Cette fois, il prend une douche pratiquement froide, espérant que cela lui remettra les idées en place et le rendra un peu plus d’attaque. Il sort de la douche et s’enroule une serviette autour de la taille. Mais au moment où il regarde dans le miroir, il la voit. Elle est là, derrière lui. Il ne veut pas se retourner. Malheureusement, il croise son regard dans le reflet du miroir et tout s’enchaine. Il voudrait appeler son frère mais aucun son ne sort de sa bouche. Il voudrait quitter cette pièce mais son corps est comme figé sur place. Il ne veut pas la regarder, pas l’entendre mais c’est déjà trop tard. Son regard plonge dans le sien, leurs têtes bougent en rythme. Et sa chanson reprend :
Doucement, doucement,
Doucement s’en va le jour
Doucement, lentement,
Tes pas se font lourds.
La lumière te fuit,
Ma chanson te suit,
Et la fièvre aussi
Dans l’abîme.
Doucement, doucement,
Doucement s’en va ton souffle
Doucement, lentement,
Tes pas se font lourds.
…
La tête de Sam retombe lourdement sur sa poitrine, le réveillant d’un coup. Il jette un regard apeuré en direction du miroir. Elle n’est plus là. Il se retourne mais ne la voit pas non plus derrière lui. A-t-il rêvé ou était-elle vraiment là ? Il s’habille rapidement, déterminé à en parler à son frère. Mais un violent mal de tête le saisit. Sous le coup de la douleur, il se retrouve à genou. Puis il entend un murmure. Une voix, celle d’une femme. Ca provient de la chambre et il lui semble qu’elle l’appelle. Hésitant d’abord, il finit par ouvrir la porte…
Contre toute attente, il ne se retrouve pas dans la chambre. Il est dans une pièce froide et humide. Et Dean n’est pas là. Il entend toujours la voix, plus claire cette fois. Son cœur fait un bond quand il la reconnait.
SAM: Jess? C’est toi?
JESS: Sam… Pourquoi ?
SAM : Jess…
A ce moment là, la jeune femme apparait devant lui. Son teint est gris et ses yeux n’ont aucun éclat. Cette vision serre le cœur de Sam et ses yeux se remplissent de larmes.
SAM : Jess, je suis tellement désolé…
JESS : Désolé ? Je suis morte par ta faute et tout ce que tu trouve à dire c’est ça ? Que tu es désolé ?!
SAM : Jess…
JESS : Non Sam. Si tu étais aussi désolé que tu le prétends, tu m’aurais suivi dans la mort. Mais aujourd’hui je suis là et je ne suis pas seule. On va arranger ça.
C’est alors qu’apparaissent d’autres personnes à ses côtés. Sam les reconnait sans difficulté, même si leurs traits sont différents que dans son souvenir. Ils ont tous le même teint grisâtre qu’elle et leurs yeux sont morts.
SAM: Papa, Maman…
JOHN: Jess a raison Sam. Tu dois mourir pour nous montrer ton amour. Nous allons t’aider.
MARY : N’aie pas peur, tu ne souffriras pas. Enfin, pas trop.
Chacun sort alors un immense couteau et avance vers lui. Ils affichent désormais des sourires ne reflétant que la haine. Sam essaie de reculer mais quelque chose, ou plutôt quelqu’un l’empêche de bouger. Il se retourne et se retrouve face à face avec son frère. Ce dernier affiche le même sourire haineux que les autres.
DEAN : Tu vas pas nous quitter en pleine réunion familiale quand même.
Sam se débat pour échapper à son emprise mais Dean est plus fort et lui se sent de plus en plus faible. C’est alors qu’il ressent une violente douleur au niveau de l’omoplate. Jess vient de lui planter sa lame dans l’épaule, lui arrachant un cri de douleur.
JOHN : Ce n’est que le début Sammy. Nous sommes morts en souffrant par ta faute. Il est normal qu’il en soit de même pour toi. Et crois moi, on va y prendre plaisir, sans se presser.
Sam, relâché par Dean, commence à trembler. Son souffle se fait de plus en plus court. La peur s’empare de lui. Il veut fuir mais ne voit aucune issue, il veut crier mais n’y arrive pas. Les couteaux s’approchent de plus en plus dangereusement, menaçants. Ils rient, il tremble. Ils lèvent leurs bras armés, il se réveille….
Sam est assis sur le sol de la salle de bain. Tout son corps tremble. Les battements de son cœur raisonnent dans ses oreilles. Sa respiration est difficile et il n’arrive pas à la réguler. La nausée le gagne et il manque de temps pour tourner sa tête vers la cuvette des toilettes avant de pouvoir expulser la bile qui lui remonte. Il se retrouve de nouveau bon pour la douche. Mais au moment où il veut se lever, il ressent une violente douleur à l’omoplate. Prenant appui sur son autre bras, il finit par se remettre debout et inspecte son dos dans le miroir. Il aperçoit clairement la marque d’un coup de couteau et la blessure saigne beaucoup. Son angoisse augmente encore. La peluche, le clown, et maintenant ça. Il se demande alors ce qu’il se passerait s’il venait à mourir dans un de ses cauchemars. Cette idée lui provoque un frisson le long du dos.
On tambourine à la porte. Sam se remet à trembler sans pouvoir se maitriser.
DEAN : Bon t’as fini ou quoi ? On n’a pas toute la journée !
SAM : Euh…. Oui, donnes moi une minute, j’arrive.
Il repasse vite fait sous la douche, faisant disparaitre l’odeur de vomi qu’il dégage et qui commence à lui retourner de nouveau l’estomac. Sans prendre le temps de se sécher, il s’habille et sort de la pièce. Il ouvre la porte avec prudence, craignant de revivre son rêve mais cette fois, il entre bien dans la chambre. Il n’a pas pris le temps de mettre quelque chose sur sa blessure. Il profite donc de ce que son frère ait le dos tourné pour enfiler son blouson. Quand Dean se tourne vers lui, son visage exprime aussitôt de l’inquiétude.
DEAN : T’as vraiment pas l’air bien. T’es malade ?
SAM : Non, je t’ai dit que ça allait alors lâche moi avec ça.
DEAN : Houlà ! Pas besoin de monter sur tes grands chevaux ! Je m’inquiète c’est tout. T’as l’air en aussi bonne santé qu’un mort.
SAM : Merci de me le rappeler. J’me sentais pas assez à l’ouest comme ça.
DEAN : Ha non, aujourd’hui on va à l’Est.
Sam lui jette un regard noir. Comme s’il avait en plus besoin des sarcasmes de son frère. S’il le pouvait il lui sauterait dessus mais son épaule lui fait bien trop mal. Il respire un grand coup, histoire de se reprendre un peu et de chasser les dernières images de ce cauchemar qui hantent son esprit. Mais la fatigue et la nausée ne l’y aide pas vraiment. Il ramasse donc son sac et se dirige vers la porte.
SAM : On y va.
DEAN : Susceptible…
Une fois dans la voiture, Dean s’aperçoit facilement que quelque chose ne va pas avec son frère, mais vu l’humeur massacrante de ce dernier, il préfère ne pas poser de question. Il aura bien le temps de lui en parler plus tard. Après avoir roulé une demi-heure, ils arrivent à la forêt. Dean sort de la voiture et remarque que Sam a du mal à s’en extirper.
DEAN : Tu sais que tu commence sérieusement à m’inquiéter. Non mais t’as vu ta tronche ? T’arrive même pas à te bouger !
SAM : Deaannn…
DEAN : Non, je veux savoir ce que tu as. Je bougerais pas d’ici tant que tu m’auras rien dit.
SAM : Ya rien à dire.
DEAN : Ha oui ? Tu t’endors n’importe où n’importe comment, tu as une tête de déterré, tu donnes l’impression de pas avoir dormi d’une semaine mais tu trouves que ya rien à dire.
Sam ouvre la bouche pour lui répondre puis finalement décide de ne rien dire. Il n’oubli pas que Dean était présent dans chacun de ses rêves mais surtout qu’il ne l’aidait pas, bien au contraire. Il sort donc sa machette du sac et se dirige vers la forêt. Dean pousse un soupir, se retenant de l’engueuler et le suit, machette en main également.