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LA BERCEUSE DE LA MORT

Série : Supernatural
Création : 15.02.2008 à 18h33
Auteur : winsister 
Statut : Terminée

« Nos deux chasseur arrivent dans l'Utah pour une chasse. Mais il arrive parfoit qu'une chasse en cache une autre... » winsister 

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DEAN : Bon, il nous faut un plan si on veut y arriver. On peut pas non plus s’approcher et lui choper son collier comme ça. Je crois pas qu’elle sera d’accord.

WILLIAM : Techniquement, c’est possible.

DEAN : Vous rigolez ?

WILLIAM : Non, sérieusement. Elle ne vient que pour sa victime, sans se préoccuper de ceux qui l’entourent.

SAM : Que se passera-t-il si vous deux vous l’entendez chanter ? Et si vous tombez dans le sommeil aussi ?

WILLIAM : Ca n’arrivera pas. Elle ne vient que pour vous. Ne chante que pour vous.

SAM : Je suis censé me sentir flatté ? Je m’en passerais bien. Dean, tu es sûr de vouloir faire ça ?

DEAN : Il n’y a pas d’autres solutions. Et il est hors de question que tu essaies de l’affronter seul. Tu n’es pas en état.

SAM : Oui mais je sais des choses sur elle maintenant. Et si tu dois aussi affronter ta peur et qu’elle t’affaiblit ?

DEAN : Elle ne m’aura pas. Tu oublis que j’ai peur de rien ?

Il adresse son plus beau sourire et un clin d’œil à son frère, espérant ainsi apaiser ses craintes. Sa plus grande peur, il l’a déjà vécue. Il avait perdu son frère. Il avait perdu sa raison de vivre. Il était mort aussi ce jour là. Alors il avait fait l’impensable pour effacer sa douleur. Il avait passé un pacte. Il avait vendu son âme pour le voir vivre à nouveau. Pour se sentir vivant à nouveau. Aujourd’hui, c’était toujours ce qui lui faisait le plus peur. Mais il saurait gérer ça. Il le fallait. Sinon cette peur se réalisera dans la réalité. Et ça, il ne le supporterait pas une deuxième fois.

SAM : ben voyons. Qu’est-ce qu’il faut pas entendre. Bon j’ai besoin d’une douche.

DEAN : Nan, nan, nan. Tu vas pas aller t’enfermer tout seul dans une pièce ! T’es malade ?!

SAM : Oui ! J’ai une fièvre de cheval, j’ai l’impression que mon corps est en feu et que ma tête va exploser ! Depuis tout à l’heure j’ai deux Dean et deux Willi devant moi. Alors oui je vais me doucher. Mais je m’enfermerais pas. Je suis prêt à prendre une douche froide tout habillé s’il le faut. Mais j’en ai besoin Dean. Je tombe de sommeil et dans l’immédiat, c’est la seule chose qui pourrait me maintenir un tant soit peu éveillé.

DEAN : Alors je viens avec toi.

SAM : Non ! J’y vais seul.

Sam repousse difficilement son frère et pose ses pieds par terre. Mais à peine se met-il debout que ses jambes se dérobent sous lui. Dean le rattrape juste à temps. Nouvel essaie, nouvelle chute.

SAM (résigné) : Bon ben tu viens avec moi alors.

Dean le soutient jusqu’à la salle de bain. Ils se retrouvent tout les deux sous le jet d’eau froide. La fraicheur fait du bien à Sam mais ça n’est que temporaire. A peine cinq minutes plus tard, la fièvre l’assaille de nouveau. Mais il se sent moins fatigué. Il est aussi plus décidé qu’avant. Décidé à lutter. Décidé à ne pas décevoir son frère. Décidé à vivre…

 


winsister  (23.02.2008 à 16:30)

       Dean et Sam sont installés sur le lit depuis déjà deux heures. Ils jouent aux cartes en attendant que la gamine se manifeste. William, lui, dort sur une chaise. Il mène une surveillance maintenue depuis trois jours et a lui-même très peu dormi. Malgré le fait d’être occupé, Sam a du mal à rester éveillé. Mais cette fois, Dean veille au grain. Dès que son frère commence à piquer du nez, il le secoue aussitôt pour éviter de commettre la même erreur que plus tôt. Sam en a assez d’attendre, et surtout, assez de ne pas pouvoir dormir. Il s’étire pour détendre un peu ses muscles mais se fige dans son mouvement. Dean jette un œil dans sa direction. Il remarque aussitôt que les yeux de son frère reflètent de la peur et surtout qu’il tremble. Il se retourne rapidement dans la direction que fixe Sam. Elle est là. Elle fixe Sam de son regard émeraude, affichant un sourire angélique.

DEAN : William ! Will !! Debout !!!

William se réveille d’un bond, regardant autour de lui pour savoir d’où vient cette agitation. Puis son regard se pose sur l’enfant. C’est la première fois qu’il la voit d’aussi près. Mais au fond de lui, il appréhende surtout d’entendre sa chanson, sa berceuse. Son regard va de la fillette à Sam qui semble complètement hypnotisé. Il les voit balancer leurs têtes en cadence. Puis il remarque Dean. Ce dernier s’approche de la petite, doucement, le visage plein d’angoisse. Il est hésitant, se demandant si leur plan va fonctionner. Si Sam survivra à ce dernier rêve. Si lui-même réussira à affronter sa peur… puis les mots tant redoutés se font entendre…

 

Doucement, doucement,

Doucement s’en va le jour,

Doucement, lentement,

Tes pas se font lourds.

 

La lumière te fuit,

Ma chanson te suit,

Et la fièvre aussi,

Dans l’abîme.

 

Doucement, doucement,

Doucement s’en va ton souffle,

Doucement, lentement,

Tes pas se font lourds.

 

Au creux de la nuit,

Tes peurs endormies,

Détruirons ta vie,

Plus de vie.

 

Doucement, lentement,

Cruellement s’en va ta vie,

Doucement, lentement,

Tes rêves t’affaiblissent…

 

Et malgré tes cris,

Au fond de la nuit,

Je prendrais ta vie,

Cette nuit.


winsister  (23.02.2008 à 16:33)

Dean réussit à toucher le collier avant qu’elle n’ait pu prononcer la dernière phrase. Le temps d’une fraction de seconde, il a l’impression que tout devient noir autour de lui. Mais il est toujours dans la chambre, la main sur ce maudit collier de fleurs. Il jette un regard apeuré vers son frère qui s’est endormi, puis en direction de William qui observe la scène, tout aussi inquiet.

DEAN : Merde ça marche pas ! Ca marche pas !!

WILLIAM : Je comprends pas, ça aurait du fonctionner !

Dean se précipite vers son frère et tente vainement de le réveiller.

DEAN : sammy ! Sammy !! Réveille-toi ! J’t’en prie réveille-toi !!

Aucune réaction de sa part.

DEAN (d’une voix désespérée) : On fait quoi maintenant ?! Comment je peux le sauver maintenant ?!

FILLETTE : Tu ne peux pas.

Dean et William se regardent. La petite fille est toujours là. Contrairement aux autres fois, elle n’a pas disparue à la fin de sa chanson.

FILLETTE : Je suis Tisiphone, Erinyes d’Hécate, vengeresse des meurtres. Farrow a Sandman. Sandman a demandé à être vengé. Qu’il en soit ainsi.

DEAN : Mais vous êtes complètement abrutie ou quoi ? Vous l’avez déjà tué ce Farrow. Ca c’est mon frère ! C’est Sam Winchester ! Il n’a rien à voir là dedans ! Alors foutez-lui la paix !

TISIPHONE : Farrow doit mourir. Personne ne peut l’empêcher. La décision d’Hécate est irrévocable.

WILLIAM : Mais enfin puisqu’on vous dit que ce n’est pas Farrow !

Elle se tourne alors vers lui, et d’un simple mouvement de la main, l’envoie s’assommer contre le mur le plus proche. Un craquement sourd couvre le bruit de sa chute. Son corps retombe sur le sol et la position de sa tête laisse facilement supposer qu’il a les cervicales rompues. Dean le regarde, effrayé et désorienté. La seule personne qui aurait pu l’aider à sauver son frère venait de mourir.

TISIPHONE : Farrow doit payer pour ses crimes. Et Sam Winchester doit payer pour les siens.

Elle se tourne alors en direction du lit où le corps de Sam est toujours inerte. Dean se poste immédiatement devant elle.

DEAN : Touche un seul de ses cheveux et je jure que je te renvoie en plusieurs morceaux à ta maitresse.

TISIPHONE : Oserais-tu t’opposer à la décision d’Hécate ? D’une déesse ?

DEAN : J’vais m’gêner peut-être. Tu pourrais être la mort elle-même je te laisserais pas le prendre. Je te laisserais pas me l’enlever !

TISIPHONE : Et c’est toi qui dit ça ? Toi qui as vendu ton âme pour racheter sa vie une fois déjà ? Toi qui va bientôt l’abandonner ? Dis-toi que je lui rends un service en lui épargnant le poids de ton absence. Le poids de la culpabilité. Ton geste le tue à petit feu. Je ne fais qu’accélérer les choses. Et il doit payer pour ses propres crimes, pour tous ces morts qu’il a sur la conscience. Je lui offre la paix à laquelle il aspire tant.

Sans aucun signe avant-coureur, Dean est projeté à l’autre bout de la chambre. Il se relève aussitôt mais ce qu’il voit le stoppe dans son élan. Le corps de Sam flotte au dessus du lit. Il regarde en direction de Tisiphone. Elle a les deux mains tendues devant elle, comme si elle tenait quelque chose. Puis d’un mouvement sec, elle les rabaisse vers le bas. Et Dean reste figé en voyant le corps de son frère se plier en deux dans un grand craquement, la colonne vertébrale brisée en deux.

DEAN : NOOOOOOOOOOONNN !!!!!!!

Il se précipite vers le lit où le corps de son frère vient de retomber lourdement.

DEAN (pleurant) : Sam ! Non, Sammy ! Me laisse pas… SAAAAAAAAAAAAMMM !!!!!

Il pose sa tête sur le corps sans vie de son frère et pleure comme il n’a jamais pleuré auparavant. Son frère est mort. Et encore une fois c’est de sa faute. Mais cette fois, il n’a rien à échanger contre sa vie. Il est mort. Sa plus grande peur vient de se réaliser. Sa plus grande peur… Ce n’est pas logique, Sam devait mourir dans son rêve… C’est sa peur qui devait le tuer… pas Tisiphone elle-même… Mais alors…

Dean se redresse et sèche ses larmes. Il jette un dernier regard vers le corps de Sam puis se tourne vers Tisiphone. Affronter sa peur… Ne pas la laisser vous détruire… Ne pas la laisser prendre le dessus… L’accepter.

DEAN : Je sais que Sam peut mourir. Que ce soit ici, au cours d’une chasse, aujourd’hui ou dans dix ans. Je ne l’ai pas accepté une fois. Et je ne l’accepterais jamais. Mais la mort reste inévitable. Et ce que je devrais affronter s’il part avant moi, ce n’est pas sa mort par elle-même, mais son absence. Et aujourd’hui, je n’ai plus peur de me retrouver seul. Mon frère sera toujours vivant dans mon cœur. Il y sera toujours présent. Je ne serais jamais seul.

Au même moment, il entend un cri derrière la porte. Le temps que son regard fasse l’aller retour de la porte à Tisiphone, celle-ci a disparue. Tout comme les corps de Sam et de William. Il s’agissait bel et bien d’un rêve. De nouveau un cri. Il reconnait la voix.

DEAN : Sam…

 


winsister  (23.02.2008 à 16:34)

           Dean ouvre la porte à la volée et se retrouve dans un étrange décor. Le ciel y est rouge sang. L’air y est chargé d’une odeur infecte. Les seuls représentants de la végétation sont brûlés. Les seules traces d’êtres humains sont des ossements qui trainent ça et là. En moins de cinq minutes, il est pris d’une nausée qu’il parvient néanmoins à réprimer. Après voir respiré un bon coup, il se met à la recherche de son frère. C’est bien Sam qu’il a entendu crier. Il doit le retrouver, l’aider à affronter ses peurs, l’aider à survivre à tout ça…

           Sam est dans une sorte de clairière. L’endroit ne pourrait pas mieux représenter la mort. Des squelettes et des arbres calcinés, déracinés et secs. Pas le moindre souffle d’air, pas le moindre signe de vie à part ces êtres qui l’entourent. Ces êtres réunis autour de lui, affichant des rictus de haine et de soif de sang. Un koala monstrueux, des clowns décharnés, Jess et ses parents, Azazel. Il aperçoit même un double de lui aux yeux noirs. Et un seul être semble les commander : Dean. Mais ce n’est pas « son » Dean. Non, ce n’est pas le frère qu’il connait et avec qui il partage tant de chose. Il ignore pourquoi mais il en est sûr. Il ne sait même pas pourquoi il est là, ni d’où viennent tous ces monstres. Ni même pourquoi Jess et ses parents sont présents et en leur compagnie. Tout ce qu’il sait, c’est que l’homme qui les dirige n’est pas son frère. Et qu’il a peur. Peur comme jamais il n’avait encore eu peur. Peur au point d’être incapable du moindre mouvement. De nouveau, pour ne pas perdre espoir et pour se confirmer à lui-même que son doute et justifié, il appelle. Il appelle son frère.

SAM : Deeaannn !!!!!!!

Malgré le fait qu’il cri de toute ses forces, sa voix porte de moins en moins loin. Il s’essouffle rapidement, la fièvre le ronge et sa tête menace d’exploser. Il se sent si fatigué, si fatigué… Puis soudain, il entend une voix au loin. L’espoir renait et il appelle de nouveau.

SAM : Deeaannn !!!

Son cri est encore plus faible que le précédent. Mais quelque chose de plus inquiétant attire son attention. Ses assaillants commencent à se rapprocher de lui. Ils stoppent leur avancée à part le monstre ressemblant au koala. Sam sent les battements de son cœur s’accélérer. Cette chose lui fait peur depuis son enfance mais il ignore pourquoi. Pourquoi est-il venu hanter ses rêves à cause d’une simple peluche ? Il entend de nouveau l’appel de Dean.

SAM : Dean…

Il n’en peut plus. Il n’a plus la force de crier. Il arrive à reculer de deux pas mais cela lui demande un effort qui l’épuise. Puis les clowns se mettent aussi à avancer de nouveau. Cette phobie le suit depuis toujours et même si aujourd’hui il en connait l’origine, il n’arrive pas à s’en débarrasser. Ils se placent tous les quatre autour de lui, la satisfaction de lire la peur sur son visage est palpable et effrayante. Sam ne sait quoi faire. Il commence à paniquer, son cœur bat la chamade, sa respiration devient plus difficile encore. C’est alors qu’il aperçoit une silhouette qui approche rapidement. Dean. C’est Dean qui arrive. Il a entendu son appel. Il vient à son aide.

SAM aux yeux noirs : Il ne te sauvera pas cette fois. Il ne peut rien faire pour toi. Tu vas mourir.

SAM : Non, il ne me laissera pas tomber.

DEAN (méchant) : En es-tu vraiment sûr ?

Sam le regarde, essayant de comprendre ce qu’il veut dire par là. Puis son frère arrive à sa hauteur. Ses jambes ont de plus en plus de mal à le porter et il manque s’écrouler au moment où son frère le rejoint.

DEAN : Sam, tu n’as rien ?

SAM : Je pète la forme, ça se voit pas ?

DEAN : Ben je vois que tu t’es fait pleins d’amis.

SAM : Où on est et qu’est-ce qu’ils font là eux ? Et pourquoi ya deux Dean ?

DEAN : On est dans ton cauchemar. Tu t’en souviens pas ?

SAM : Mon cauchemar ? C’est quoi encore cette histoire ?

DEAN : Ecoute, j’ai pas le temps de tout t’expliquer. Toutes ces adorables personnes représentent tes peurs. D’ailleurs je suis ravi de voir que j’en fais parti. Faudra que tu m’explique… Enfin bref, si on veut sortir d’ici vivant, tu dois vaincre tes peurs.

SAM : Okay. Mais comment tu explique Jess, papa et maman ? Et toi aussi. J’ai pas peur de vous.

Dean réfléchit à ce que viens de dire son frère. Puis, son visage s’éclaire.

DEAN : Elle ne joue pas que sur les peurs…

SAM : Qui ça ? Tu pourrais être plus clair ? Non parce que ça urge là.

Effectivement, le comité d’accueil de Sam s’était remis en mouvement, se rapprochant dangereusement de notre duo intrépide.

DEAN : Ok, Hécate et Tisiphone. Elles n’utilisent pas que les rêves et les terreurs nocturnes. Elles utilisent aussi les remords et la culpabilité.

SAM : Hooo…

DEAN : Et je sais comment tu peux les vaincre…


winsister  (23.02.2008 à 16:35)

          William ramasse le corps de Dean. Il s’est écroulé dès qu’il a posé la main sur le collier de la fillette et celle-ci avait disparue, comme à son habitude. Il le dépose le mieux qu’il peut sur le lit. Il regarde les deux frères tour à tour. Dean n’a pas l’air trop mal, malgré l’inquiétude qui se lit sur son visage. Mais Sam lui, affiche un air totalement terrifié. Il aimerait pouvoir les aider plus, seulement il ne sait pas comment. Il s’installe sur une chaise, entre les deux lits, attendant qu’ils se réveillent. Espérant qu’ils se réveillent… Il fait nuit depuis déjà une heure. Ce qui rend la situation encore plus angoissante. Soudain, Sam se met à crier, à hurler de toutes ses forces. Il appelle son frère. Ce cri déchirant saisit William, lui faisant prendre conscience que si l’un des deux frères ne s’en sort pas, l’autre n’y survivra certainement pas. Il craint qu’ils n’aient que peu de chance de s’en sortir indemnes tous les deux. Il repense au dernier couplet de la berceuse : Et malgré tes cris ; Au fond de la nuit ; Je prendrais ta vie ; Cette nuit…  

           Il se rend alors compte d’un changement dans la pièce. La fraicheur s’y est installée. Mais elle semble s’intensifier de plus en plus, jusqu’à devenir glaciale. De la buée s’échappe de sa bouche à chaque respiration. Les lumières de la pièce vacillent. Un esprit. Un esprit approche. William pense immédiatement au seul esprit susceptible de s’intéresser à leur action : Sandman. Il se relève de sa chaise et se dirige vers son sac. Malheureusement, Sandman l’a pris de vitesse. Il est là, face à lui. Il n’a plus rien de l’apparence d’un homme. Son visage est rongé par une horrible marque de brûlure. Quand à ses mains, elles se terminent par de longues lames en guise de doigts. Sa tenue n’est pas commune non plus. Il porte un chapeau feutre, une chemise à rayures rouge et un horrible pantalon à brettelles. Du peu de lèvre qu’il lui reste, il semble afficher un horrible rictus. Son regard haineux se dirige tour à tour vers William, Sam puis Dean. Il ramène son regard sur Sam. William comprend alors ce qu’il veut faire.

WILLIAM : Ho non mon gaillard. N’y compte même pas.

Sandman s’avance vers Sam, ses lames en avant. William se précipite vers son sac et en sort un fusil chargé de gros sel. Il se retourne et tire sur l’esprit. Celui-ci s’évapore. Mais pas pour longtemps. Dans la seconde suivante, il réapparait près de Dean. Trop près. Ses lames se rapprochent dangereusement de sa gorge. William tire une nouvelle fois, avant que les lames n’atteignent leur but. De nouveau, Sandman disparait. William regarde tout autour de lui, guettant son retour. Il s’attend à le voir surgir derrière lui d’un moment à l’autre. Malheureusement pour lui, la seule chose qu’il peut faire pour le moment, c’est le tenir à distance. Il n’y a pas de corps à brûler, les villageois s’en sont chargés. Il n’y a pas non plus d’objet le rattachant à ce monde. Son enquête l’avait conforté dans cette idée. Et il n’avait d’ailleurs jamais pensé que Sandman se manifesterait un jour. Pourquoi ici ? Pourquoi aujourd’hui ? Cela voulait-il dire que les Winchester étaient sur la bonne voie pour mettre un terme à tout ça ? Il recharge son fusil, et attend. Et Sandman réapparait enfin. Et il tire. Encore. Et ainsi de suite pendant un bon moment…

 


winsister  (23.02.2008 à 16:35)

Les frères se retrouvaient maintenant acculés par leurs assaillants. Sam tremblait de tout son être et Dean n’en menait pas très large non plus. Non pas qu’il avait peur d’eux, mais il s’inquiétait de plus en plus pour son frère. Il se demandait si Sam serait assez fort pour affronter ce qui l’attendait. Certains seraient plus faciles à battre que d’autres. Mais il était là cette fois. Et il ne le laisserait pas tomber.

DEAN : Bon Sam, ça va être à toi de jouer. Tu dois les affronter.

SAM : Je… Je peux pas…

DEAN : Tu dois te ressaisir tu m’entends ?! Sinon on est condamnés. Tous les deux.

Cette dernière remarque fait réagir Sam.

SAM : Okay, je dois faire quoi à ton avis ?

DEAN : Ben pour commencer, dis moi d’où sort cet espèce de koala King Kong.

SAM : C’est… C’est la peluche de Bobby.

DEAN : Wahow. J’me l’rappelle pas comme ça.

SAM : Non c’est vrai. C’est à cette époque que j’ai commencé à avoir peur de ce qui se cachait dans le noir. Je crois que j’ai fait un transfert sur la peluche.

DEAN : Okay, donc cette chose est née de ton imagination. Donc tu peux la faire disparaitre. Depuis le temps, tu sais ce qui se cache dans le noir. C’est terrifiant mais ça ne t’ai plus inconnu. Il te suffit d’y croire et il disparaitra.

Sam n’est pas très sûr que cela puisse fonctionner. Malgré tout, il ferme les yeux et se concentre sur cette chose informe qui, petit à petit, disparait sous les yeux de Dean.

DEAN : Tu peux ouvrir les yeux, ton copain poilu est parti.

Sam s’exécute et regarde tout autour de lui.

SAM : Ben merde, j’pensais pas que ça marcherait.

DEAN : Bon, ben ya plus qu’à passer au suivant. Les clowns ? Qui sont très charmants en passant. Tu fais vraiment des rêves bizarres toi tu sais ?

SAM : Oui ben j’m’en passerais bien figure toi. Et ceux là, je m’en débarrasse comment ?

DEAN : Ca va être plus compliqué mais ya pas de raison que tu y arrives pas. Au pire, on se bat avec.

SAM : Même ça j’en suis incapable. J’ai déjà du mal à les regarder.

DEAN : Mais oui !!

SAM : Quoi ?

DEAN : Les affronter, c’est pas forcement en trouver l’origine.

SAM : Comment ça ? Tu veux peut-être que j’aille leur faire un câlin ?

DEAN : J’irai pas jusque là. Bien que ça pourrait être drôle…

SAM : Deeaann…

DEAN : Oui bon, passons. Tu dois leur tenir tête, surmonter ta peur. Bref, te tenir devant eux sans tomber dans les pommes.

SAM : Tu crois que c’est aussi facile que ça peut-être. Tu ferais quoi si tu étais entouré de rats ?

DEAN : Si nos deux vies étaient menacées, je crois que je ferais l’effort.

SAM (soupirant) : Okay.

Il respire un bon coup, et s’avance prudemment, vérifiant sans cesse que son frère est toujours derrière lui. Il n’est plus qu’à un mètre d’eux. Ils le fixent de leurs orbites vides, souriant en sentant se peur encore palpable. L’un d’entre eux se détache du groupe, le plus effrayant de tous. Mais aussi le plus réaliste des clowns, avec le nez rouge et le gros nœud papillon. Sam a du mal à déglutir, ses jambes commencent à flageoler. Puis sans prévenir, le clown fait un geste brusque dans sa direction, une sorte de « Bouh » effrayant. Surpris, Sam fait un mouvement de recul, percutant ainsi son frère à qui il marche sur le pied. Dean crie, Sam sursaute, les clowns rient… Le cœur de Sam s’accélère, sa peur augmente. Mais la présence de son frère renforce sa détermination. Il souffle un grand coup, reprend son avancée et se plante devant le clown. Il le regarde droit dans les yeux, ou du moins les orbites. Il soutient cet échange sans broncher, sa peur faiblissant peu à peu. Puis, comme le koala, les clowns disparaissent.

Voyant cela, Dean pousse à son tour un soupir de soulagement.

DEAN : Bon, ça c’est fait. A qui le tour ?

SAM : Je crois que les suivants se sont désignés tout seuls.

Dean tourne la tête et voit approcher ses parents et Jess. A leur vue, son cœur se serre. Et cela empire lorsqu’il voit les yeux de son frère se remplir de larmes.

SAM : J’y arriverais pas. Pas avec eux…

DEAN : Sammy, ON y arrivera. Tous les deux…

Sam regarde son frère. Il peut lire de la compassion dans son regard, mais surtout, il ressent son soutien sans limite…

 


winsister  (28.02.2008 à 01:15)

            Tous trois affichent un regard plein de reproches. Au fur et à mesure qu’ils avancent, Sam recule, inconsciemment. Dean s’en aperçoit et l’attrape doucement par le bras. Le regard de Sam ne quitte pas celui de Jess et son visage ruisselle de larmes.

DEAN : Sam… Il est temps que tu cesses de te faire des reproches. Que tu te pardonne, même si ce n’est pas ta faute.

SAM : Et comment je peux faire ça ? Ils sont morts à cause de moi. Par le simple fait de ma naissance ou de m’avoir connu.

DEAN : Sam, c’était pas ta faute ! C’est pas toi qui les as tués, c’est Azazel. C’est ce fumier le responsable, pas toi !

SAM : Alors pourquoi je me sens aussi coupable ? Pourquoi je n’arrête pas de me dire que si je n’étais jamais né, maman serait encore vivante. Que si je ne l’avais pas laissée seule, Jess serait encore vivante. Que si j’avais tiré quand j’en avais l’occasion, papa serait mort mais pas prisonnier en enfer. Pourquoi ? Pourquoi ?!!

DEAN : Papa est prisonnier en enfer à cause du pacte qu’il a fait pour moi. Tu n’as rien à voir là dedans. Si Jess est restée seule, c’est parce que je suis venu te chercher. Si maman est morte, c’est uniquement la faute de ce fumier de démon. S’il y a bien quelqu’un à blâmer, ça n’est certainement pas toi.

SAM : Si le démon ne m’avait pas choisi, tout ça ne serait jamais arrivé. Ils seraient tous vivants. Et toi…

DEAN : Quoi moi ?

SAM : Tu n’aurais pas vendu ton âme pour moi. Alors, dis-moi… Dis-moi que je ne suis pas responsable du malheur de cette famille.

DEAN : Tu n’es pas responsable Sam. Ce n’est pas toi qui as pris ces décisions. Ce n’est pas toi qui as demandé à être choisi par ce taré. Ce n’est pas toi qui les as tués. Quant à moi, j’ai pris ma décision seul, en mon âme et conscience. Tu n’as pas à te le reprocher non plus. C’était mon choix, pas le tien.

SAM : Et comment je peux vivre avec ça sur la conscience ?

DEAN : En acceptant leur mort. En acceptant ma mort prochaine. Tout comme j’ai accepté celle de maman, puis de papa. Je n’avais pas accepté la tienne et regarde où j’en suis. Mais si c’était à refaire, je le referais sans hésiter et j’accepterais tout autant mon sort.

SAM : C’est si douloureux d’admettre qu’ils sont morts, que toi aussi tu vas mourir.

DEAN : On meurt tous un jour. Il faut apprendre à vivre avec cette absence et le vide que cela crée.

Sam ne dit rien pendant un moment, regardant tour à tour ses parents, Jess et le double de Dean qui vient de les rejoindre. Puis son regard se perd dans le vague. Une dernière larme coule sur sa joue. Puis doucement, leurs traits s’estompent, de plus en plus, jusqu’à disparaitre.

AZAZEL : Que tout cela est émouvant, vraiment. Mais tu crois vraiment que ta culpabilité va s’effacer comme ça ? Allons Sammy, ne soit pas si naïf.

DEAN : C’est Sam ! Et on t’a rien d’mandé.

SAM : La culpabilité est toujours là. Mais je ne la porte plus comme un fardeau. Et toi… Toi tu n’me fais plus peur non plus.

AZAZEL : Pourtant tu devrais. Tu oublies que même si je suis mort, mon sang coule dans tes veines.

Dean regarde son frère, les yeux pleins d’incompréhension.

AZAZEL : Ha, mais je vois que tu ne lui as pas parlé de ça.

DEAN : Sam ? De quoi il parle là ?

SAM : La nuit… La nuit où maman est morte, ce salaud m’a fait avalé de son sang.

Dean a du mal à encaisser ce qu’il vient d’entendre. Le monde viendrait de s’écrouler autour de lui qu’il en ressentirait les mêmes effets.

DEAN : Comment ça son sang ? Tu as le sang de ce pourri en toi ? Et tu comptais m’en parler quand ?!

SAM : Comment voulais-tu que je te dise un truc pareil ?! Tu crois peut-être que ça m’réjouit ?!

DEAN : J’aurais préféré l’entendre de ta bouche que de la sienne ! Tu aurais du m’en parler !!

SAM : Et ça aurait changé quoi ? Tu n’aurais pas passé ce foutu pacte en fin de compte ?

Il réalise soudain ce qu’il vient de dire. Les larmes lui montent aux yeux et il tente de s’approcher de son frère. Mais ce dernier esquisse un mouvement de recul.

DEAN : Comment tu peux dire ça… Même si tu étais devenu le démon que tu craignais d’être au moment où tu es mort, j’aurai passé ce pacte. Tu es mon frère, et rien ni personne ne changera ça. Même pas quelques gouttes de sang.

SAM : Je suis désolé de ne t’avoir rien dis.

DEAN : C’est la seule chose que je te reproche. Alors maintenant, tu nous débarrasse de ce pourri s’il te plait.

SAM : Avec grand plaisir.

Il s’approche d’Azazel, le sourire aux lèvres, plus déterminé que jamais.

SAM : Je ne serais jamais comme toi. J’ai peut-être un peu de ton sang en moi, mais j’ai surtout du sang de Winchester. Et j’ai Dean.

AZAZEL : Plus pour longtemps.

SAM : Je sais, mais il sera toujours avec moi. Alors que toi, il y a longtemps que tu ne fais plus partie de mon existence. Tu es mort Azazel. Définitivement mort. Tu ne peux plus rien me faire et je n’ai plus peur de devenir comme toi. Tu as échoué, j’ai gagné. Alors toi et ton Sam de pacotille, je n’ai qu’une chose à vous dire. Bye bye.

Et au même moment, Azazel et le double de Sam disparaissent dans une volute de fumée. Les frères se regardent. Puis, réalisant qu’ils venaient de remporter la partie, se sourient. Ils s’approchent l’un de l’autre puis sont soudain bloqués dans leur mouvement. Chacun tombe à genou, avant de s’effondrer sur le sol, sans connaissance…

 


winsister  (28.02.2008 à 01:18)

           Au même moment, dans la chambre, William continue sa lutte contre l’esprit de Sandman. Le pauvre garçon présente déjà plusieurs blessures mais aucune ne met sa vie en danger. Du moins pour le moment. Sandman semble en avoir assez de le voir en travers de sa route et l’attaque de plus en plus férocement. Maintenant, il ne cherche plus à l’écarter de son chemin mais bel et bien à le tuer. William commence à désespérer. Il est seul face à ce monstre qui joue à cache-cache avec lui, disparaissant et réapparaissant sans cesse. Tantôt derrière lui, tantôt près de l’un des frères. Chaque fois, William avait réussi à l’éloigner avant qu’il ne les frappe de ses lames. Mais il était de plus en plus fatigué et ses munitions n’allaient pas en augmentant. Trois cartouches, c’est tout ce qu’il lui restait. C’est alors qu’il vit Dean commencer à bouger. L’espoir s’empare alors de lui. S’il se réveille, alors cela voudrait dire qu’ils ont réussi. Il jette un œil en direction de Sam. Malheureusement, aucun mouvement de son côté, en dehors des mouvements de son thorax, difficiles et irréguliers. Durant les brefs moments de répit que Sandman lui avait laissé, il avait vérifié l’état du cadet mais aucune amélioration. Toujours autant de fièvre et les mêmes problèmes respiratoires. Il l’avait d’ailleurs redressé car il avait manqué s’étouffer à plusieurs reprises. Dean bouge de plus en plus et finit par ouvrir les yeux. Et il se retrouve face aux lames de Sandman qui vient juste de réapparaitre près de lui.

DEAN : Hou merde !

Et il roule sur le lit pour éviter le coup qui lui aurait été fatal.

WILLIAM : Dean, ça va ?

DEAN : Tout baigne ! T’as invité un pote pendant qu’on avait le dos tourné ?

WILLIAM : C’est Sandman !

Dean vient de se relever et se poste devant le lit de Sam, jetant des coups d’œil inquiets vers son frère toujours endormi.

DEAN : Munitions ?

WILLIAM : Une cartouche !

DEAN : Génial. Bon, aux grands maux les grands remèdes.

Il passe sa main dans son dos, en attrapant son arme qui ne le quitte jamais. Il vérifie rapidement son chargeur, le tape contre sa crosse avant de le remettre en place et tire sur Sandman. Ce qui évidemment ne lui fait aucun effet.

SANDMAN : C’est inutile. Vous avez peut-être battu Tisiphone, mais vous ne gagnerez pas la partie. Votre frère ne s’en sortira pas. Quant à « elle », je vais me charger personnellement de son cas. Il n’y aura plus de descendance. Ils seront tous morts et j’aurai ma vengeance.

Il part dans un horrible éclat de rire avant de disparaitre. Les deux chasseurs se regardent, incrédules.

DEAN : Qu’est-ce qu’il a voulu dire ? De qui parlait-il ?

WILLIAM (inquiet) : Angélique. Il veut s’en prendre à Angélique ! On doit aller l’aider.

DEAN : On doit d’abord s’occuper de Sam. Pourquoi il ne se réveille pas ?

C’est alors que la fillette aux yeux verts apparait devant eux. Elle les regarde puis son corps change, laissant apparaitre à la place une femme aux traits austères. Elle les toise du regard.

TISIPHONE : Vous avez réussi à surmonter vos peurs. Le pacte avec Sandman est donc rompu.

DEAN : Pourquoi est-ce que mon frère ne se réveille pas alors ?

TISIPHONE : Nous ne pouvons pas le guérir. Ce n’est pas notre rôle.

DEAN : Et pour Sandman ?

TISIPHONE : Le pacte est rompu. Il n’est plus sous la protection d’Hécate. Libre à vous d’en faire ce que vous voulez. Désormais, il a les mêmes faiblesses qu’un mortel.

DEAN : C’est-à-dire ?

TISIPHONE : Qu’il est aussi vulnérable que vous. Nous ferons en sorte que cela soit.

DEAN : Madame est trop bonne.

TISIPHONE : Nous ne l’avons jamais aimé. Disons que c’est le trophée du vainqueur.

Elle esquisse un sourire puis disparait dans un tourbillon.

DEAN : Bon, on emmène Sam à l’hôpital et on va s’occuper de ce salaud.

WILLIAM : Je préviens Angélique.

Dean s’approche de son frère pendant que William passe son appel. Il passe une main sur son front brûlant. A ce contact, Sam ouvre les yeux.

SAM : Dean…

DEAN : T’as réussi frangin. Tu l’as battue.

SAM : Je me sens… si mal…

DEAN : On va te conduire à l’hôpital. On va te soigner.

SAM : Non, j’veux pas y aller. Tu sais ce que j’en pense.

DEAN : Je sais mais là, t’es pas vraiment en état de discuter.

William le rejoint et tous deux soulèvent Sam pour le conduire à la voiture. Une fois à l’hôpital, Dean invente une histoire pour justifier son état, puis, après une dernière accolade, prennent la route pour se rendre chez Angélique…


winsister  (28.02.2008 à 01:21)

           Plusieurs kilomètres plus tard, l’impala et le 4x4 arrivent à Yuma. Ils se garent dans une petite ruelle, devant un vieil immeuble.

WILLIAM : On aurait pu y venir avec une seule voiture.

DEAN : On voit que tu connais pas Sam. Même avec les deux jambes en moins, il aurait été foutu de prendre la voiture et de nous suivre.

WILLIAM : Ha je vois que j’ai droit au « tu » maintenant. Ca veut dire que j’ai aussi droit à Célia ?

DEAN : Même pas en rêve. Le fait de nous avoir aidés t’accorde le privilège d’être compté parmi nos amis. Et aussi l’obligation de toujours me laisser les jolies filles.

Il dit ça en affichant son plus beau sourire, ce qui fait rire William. Puis ils reprennent leur sérieux et se dirige vers la porte d’entrée de l’immeuble.

DEAN : Quel étage ?

WILLIAM : Premier. Normalement elle nous attend.

Ils pénètrent dans le hall. Ils arrivent au bas de l’escalier quand ils entendent des cris provenant de l’étage supérieur. Prenant à peine le temps d’échanger un regard, ils dégainent leurs armes et se précipitent dans l’escalier, grimpant les marches trois par trois. Arrivés devant la porte de l’appartement d’Angélique, Dean ne prend pas la peine de réfléchir et la défonce d’un coup de pied. Ils entrent dans l’appartement mais n’ont pas le temps de faire le moindre geste.ils se retrouvent plaqués au mur. Sandman est là, tenant Angélique par les cheveux. A leur vue, il la lâche et se dirige vers eux, ses lames en avant. Les garçons ne peuvent pas bouger et chacun se demande comment cela va finir.

DEAN : Elle avait pas dit qu’il était mortel ?

WILLIAM : Si mais apparemment, il a gardé certains pouvoirs.

DEAN : Ben oui, c’est c’que j’vois. Et on est mal barrés là.

Sandman s’approche de William. Il affiche un sourire vengeur et, d’un geste vif, lui enfonce ses lames dans la cuisse. William lutte mais ne parvient pas à étouffer un cri de douleur.

DEAN : Espèce de pourriture ! Libère moi et tu vas voir ce que tu…Aarrggghh !!!

Sandman vient de lui faire une profonde entaille sur le flanc droit, suffisamment profonde au vue de la quantité de sang qui s’en échappe.

Sandman rit. Un rire haineux et guttural qui ne présage rien de bon. Il regarde les garçons tour à tour, portant ses lames à sa bouche pour en goutter le sang qui s’en écoule. Il s’approche de Dean, se délectant d’avance de ce qu’il présage de lui faire. Il approche ses lames de sa gorge tandis que ce dernier tente de se débattre. Mais il perd trop de sang et s’affaiblit rapidement. Mais alors que celles-ci ne sont plus qu’à quelques millimètres de leur destination, une détonation retentit, faisant sursauter tout le monde. Sandman bloque son geste et baisse la tête. A l’emplacement de son cœur, un trou de faible diamètre par lequel il peut voir s’échapper son sang. Il tourne la tête vers l’origine du bruit, puis s’écroule. Dean et William retombent à terre. Dean relève la tête en entendant des pas se diriger vers lui. En voyant le nouvel arrivant, son visage passe par plusieurs expressions. Le soulagement, la colère puis l’inquiétude.

DEAN : Non mais qu’est-ce que tu fous là ! T’es censé être à l’hôpital !

SAM (commençant à chanceler) : Ben reproche moi de vous avoir tirés de là tant que tu y es. Comment ça va ?

DEAN : J’aurai une nouvelle cicatrice à montrer aux filles mais je devrais y survivre. Willy, ça va ?

WILLIAM : C’est William. Et oui ça va. Par contre pour vous deux, on va devoir aller à l’hosto le plus proche.

Angélique, qui avait assisté à tout ça sans oser bouger de son coin, s’approcha d’eux.

ANGELIQUE : Est-ce que c’est fini cette fois ? C’est vraiment fini ?

WILLIAM : On assaisonne ce truc à l’essence et au sel avant de le rôtir et il ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

Soulagée, elle éclate en sanglot. Sam tente d’aider son frère à se relever mais chaque mouvement lui coupe la respiration et la nausée le reprend.

DEAN : Si jamais tu me vomis dessus je te tue !

Angélique prend Sam par le bras et le conduit aux toilettes.

WILLIAM : Maintenant qu’il n’est plus là, dis moi comment ça va.

DEAN : Pas bien du tout. Je voulais pas inquiéter Sam, il va déjà assez mal comme ça.

WILLIAM : Bon, je vous conduis à l’hôpital avant que toi tu nous fasses une hémorragie interne.

DEAN : Okay mais ne dis rien à Sam sur mon état.

WILLIAM : Pas de problème.

Une fois que Sam les a rejoints, ils descendent péniblement les escaliers. Il n’y a qu’un étage mais ça n’a pas été une sinécure. William veut d’abord aidé Dean dont l’état est le plus inquiétant. Mais après plusieurs « Sam en premier », il finit par céder et aide le jeune Winchester à rejoindre le 4x4. Puis il remonte chercher Dean qu’il retrouve plus à demi-inconscient, assis sur les marches. Une fois tout le monde dans le 4x4, il les conduit à l’hôpital le plus proche…


winsister  (28.02.2008 à 01:21)

          Deux jours plus tard, nos trois lascars sont réunis dans la chambre de Dean. Tous s’étaient bien reposés, surtout Sam dont les cernes avaient pratiquement disparues. Sa respiration s’était nettement améliorée et il n’avait pratiquement plus de fièvre. Dean avait subie une intervention chirurgicale sans complication et il arborait fièrement un énorme pansement. William boitait un peu suite à sa plaie à la jambe mais cela n’avait pas nécessité d’hospitalisation. Il avait réussi à convaincre le personnel soignant qu’ils avaient été victime d’un agression et que Sam était en plus malade depuis plusieurs jours. Les médecins avaient diagnostiqué une pneumopathie. Il était donc forcé de prendre plusieurs médicaments et d’éviter les gros efforts qui l’essoufflaient immédiatement. Ces trois là étaient devenus amis et s’entendaient comme larrons en foire.

DEAN : Dis moi Sammy, comment tu nous as rejoint ? On t’avait laissé à moitié mort à l’hôpital.

SAM : Oui, donc à moitié vivant. Je me suis sauvé et je vous ai suivi. J’ai bien faillit m’endormir au volant d’ailleurs.

DEAN : Quoi ?! Non mais t’es vraiment inconscient !

SAM : Ca va… J’suis arrivé entier et à temps j’te rappelle.

WILLIAM : Et t’as pris quel véhicule ? On avait pris les deux voitures exprès pour que tu puisses pas.

SAM (la voix basse) : Ben… j’ai emprunté une ambulance…

DEAN (fier mais mort de rire) : Ca c’est mon frère.

WILLIAM : Bon les mecs, je vais vous laisser. J’ai un rencard et ensuite, je pars sur une nouvelle affaire.

DEAN : J’y crois pas. Me dis pas que tu as profité de l’occasion pour emballer la serveuse ?!

WILLIAM : Tout les moyens sont bons ! Allez, bonne continuation et faites gaffe à vos fesses. Je serais pas toujours là pour vous sortir de la mouise.

DEAN : T’inquiète. Tant que je suis là, Sam ne risque rien.

Du coin de l’œil, il aperçoit le visage de Sam qui reflète soudain de la tristesse.

DEAN : Et avec lui à mes côtés, je sais qu’il me reste encore un espoir.

SAM : Il y a toujours un espoir.

WILLIAM : Si jamais un jour vous avez besoin, n’hésitez pas à m’appeler.

Après une dernière accolade, il quitte la chambre, les laissant seuls.

SAM : Tu veux qu’on en parle ?

DEAN : De quoi ?

SAM : De cette histoire de sang de démon. Je comprendrais que tu m’en veuilles pour ça.

DEAN : Je te l’ai déjà dit. Ca ne change rien pour moi. Tu reste quand même mon emmerdeur de p’tit frère. C’est juste que j’aurais préféré que tu m’en parle avant. Ca aurait été mieux que de l’apprendre par lui.

SAM : J’avais peur de ta réaction. Peur que tu ne me considère plus comme un frère mais plutôt comme…

DEAN : Comme ?

SAM : Comme un de ces monstres.

DEAN : Tu crois vraiment que j’aurais pu penser ça de toi ? Je te connais Sam. Oui et mieux que personne sur cette terre ou en dessous. Je sais ce que tu es et ce que tu ne seras jamais. Rien ni personne ne pourra changer quoi que ce soit sur ce point. Tu es mon frère et c’est du sang de Winchester qui coule dans tes veines. Le même que le mien.

SAM : Du sang d’emmerdeur quoi.

DEAN : Yep. Bon, quand c’est qu’on pourra sortir d’ici ?

SAM : Moi je peux déjà sortir. Toi tu dois encore attendre deux jours.

DEN : Bon, ben j’espère que les infirmières sont plus jolies qu’à Cheyenne. Brrrrrr, rien que d’y penser j’en ai encore des frissons.

Ils éclatent de rire, oubliant quelques instants la dure réalité de leurs vies.

Deux jours passent donc, permettant à nos deux jeunes gens de se reposer et de profiter d’un peu de tranquillité. Lorsque Dean sort enfin de l’hôpital, il mène un dur combat contre son frère pour pouvoir récupérer les clé de sa précieuse voiture. Mais Sam est plus que déterminé et c’est donc lui qui remporte la bataille. Ils reprennent donc la route, direction le Grand Canyon, profitant qu’ils ne sont pas loin pour enfin pouvoir y faire un petit séjour…

 

 

FIN


winsister  (28.02.2008 à 01:23)

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