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Série : Supernatural
Création : 07.03.2008 à 23h29
Auteur : winsister
Statut : Terminée
« Alors voici ma toute nouvelle fic. merci de me laisser l'écrire seule et bonne lecture à tous! » winsister
Cette fanfic compte déjà 34 paragraphes
L’hélicoptère a du mal à se maintenir en vol. Le pilote tente de garder son appareil le plus stable possible, le temps que son copilote et le secouriste puissent descendre avec la civière. Ils sont enfin au sol. Ils examinent le corps du jeune homme qu’ils ont repéré quelques minutes plus tôt, grâce à un nuage de fumée noire qui s’échappait d’un tas de cendres près de lui. Avec toutes les disparitions signalées ces derniers temps et le mauvais temps qui s’est installé, ils sont obligés de faire des rondes beaucoup plus fréquemment. Mais il faut croire que certains étaient assez stupides pour se croire plus forts que les éléments. Au sol, le secouriste examine le jeune homme. Il est très pâle et ses lèvres virent au bleu. Il trouve difficilement son pouls. Son cœur bat tellement lentement qu’une personne inexpérimentée aurait pu le rater. Il constate également une plaie à la tête et une grande marque de griffure sur son thorax. Et vu la position de son bras, il a sûrement le coude déboité. Après lui avoir posé une minerve, il l’installe sur la civière, aidé par le copilote, et le recouvre d’une couverture de survie. Il actionne le treuil et, lentement, ils rejoignent l’habitacle de l’hélicoptère.
A plusieurs kilomètres de là, un autre jeune homme lutte pour sa survie. Après une chute d’une centaine de mètres dans les rapides, il a du se battre pour ne pas être englouti par les flots déchainés. Pour ne pas heurter les récifs présents sur sa trajectoire. Il n’a pas pu tous les éviter et une profonde entaille est visible sur son épaule. Mais son combat n’est pas fini. Il est dans l’eau depuis plus de deux heures, une eau dont la température n’excède pas 2°C, voire moins encore. A certains endroits, il a pu apercevoir des couches de gel sur les bords. Et malgré tous ses efforts, il n’a pas pu rejoindre celui-ci. Tout son corps est engourdi par la froideur de l’eau et le moindre mouvement lui arrache une grimace de douleur. Mais le plus inquiétant dans sa situation, c’est que cette température l’entraine petit à petit vers le sommeil. Le sommeil dont on ne se réveille pas… Ses pensées se dirigent toutes vers son frère. Où est-il ? S’en est-il sorti ? Il s’épuise progressivement. A plusieurs reprises, l’eau pénètre dans ses poumons, provoquant une horrible sensation de brûlure. Garder la tête hors de l’eau est une lutte de chaque seconde et il sent qu’il ne gagnera pas cette bataille. Sans s’en rendre compte, il a quitté le cours d’eau et se retrouve sur le rivage d’un lac. Il ne sent pas que son corps est posé sur le fond. Il ne sent pas la présence toute proche qui avance vers lui. Il sombre vers l’inconscient….
L’hélicoptère se dirige vers sa base, la station de rangers du parc de Yellowstone. A cause de la tempête qui vient de se lever, il n’a pas pu conduire son blessé à l’hôpital de Grant Village. La base se situe sur un des versants du Mont Hancock et leur ronde s’étend jusqu’au Mont Sheridan, où ils avaient trouvé le jeune homme. Ils le conduisent donc dans leur petite unité médicale, espérant qu’il n’y ait pas de blessures internes. Ils ne sont pas équipés pour ce genre d’intervention. Ils l’installent sous des couvertures chauffantes, soignent ses plaies et lui remettent le coude en place avant de lui immobiliser le bras. Ils rejoignent leur poste de travail, attendant le réveil de ce dernier. L’équipe se constitue de Billy Grant, le pilote et son frère Steven. Il y a aussi Andy Parker, le secouriste. Ils travaillent ensemble depuis déjà de longues années.
BILLY : Je commence à en avoir marre de ces randonneurs du dimanche. Les avis météo étaient pourtant clairs quant à l’arrivée de la tempête il me semble. J’ai pas envie de planter mon bébé pour un inconscient.
STEVEN : Calme toi Billy, yen aura toujours pour se croire au-dessus de tout. C’est comme ça, on y peut rien.
BILLY : Ouai, en attendant, il est bizarre ce type. Pas de papiers, pas de matériel ni de rations de survie. Drôle de randonneur.
ANDY : Au lieu de vous inquiétez de ce qu’il n’avait pas, demandez-vous plutôt ce qu’il faisait avec ça. Un lance fusée, un paquet de M&M’s et un colt 1911 calibre 45 semi-automatique.
Les deux autres regardent le secouriste qui vient de les rejoindre.
STEVEN : Merde Andy, t’es calé en arme à feu.
ANDY : Si tu avais bien regardé mon CV, mon cher Steven, tu aurais pu voir que j’avais été à l’école de police avant de changer de branche.
BILLY : A ton avis ? Flic ou truand ?
Les regards se tournent vers le petit moniteur qui leur permet de surveiller leur patient en permanence.
ANDY : Ca, on saura quand il se réveillera. D’ailleurs, on dirait que notre ami commence à émerger. Je vais voir comment il va.
Après avoir longé le couloir, il arrive dans la petite pièce qui leur sert pour les soins médicaux. Contrairement à ce qu’il pensait, le jeune homme ne se réveille pas. La fièvre est en train de le faire délirer. Un seul mot, ou plutôt un seul nom, revient en permanence.
-Sam… Veiller sur Sam… Sam… Sammy…
Andy reste près d’une heure auprès de lui, jusqu‘au moment où celui-ci daigne enfin ouvrir les yeux.
ANDY : Hé mon gars, tu m’entends ?
DEAN : Où… Où est-ce que je suis ?
ANDY : A la base de rangers du Mont Hancock.
DEAN : Comment je suis arrivé là ? Qu’est-ce qui s’est passé ?
ANDY : Ben j’espérais que tu pourrais me le dire. On t’a trouvé près d’une falaise du Mont Sheridan et on suppose que tu as du rencontrer un ours. Enfin, c’est ce que laissent penser tes blessures. Tu peux me dire ton nom ?
DEAN : Je… Je… (Ouvrant de grands yeux) Je ne m’en souviens plus !
Il semble complètement perdu, ce qui laisse supposer à Andy qu’il ne joue pas la comédie.
ANDY : Dans ton délire, tu as prononcé le nom de Sam. Tu te rappelle de qui il s’agit ? Il était avec toi là-haut ?
Dean tourne la tête dans tous les sens, fermant les yeux pour tenter de se souvenir d’un détail mais rien ne lui vient à l’esprit à part un trou noir. Il regarde Andy, complètement paniqué.
DEAN : Je sais pas. J’me souviens de rien ! Qu’est-ce que ça veut dire ?
ANDY : T’as pris un sacré coup sur la tête. Il faut attendre et espérer que la mémoire te revienne. Je vais te laisser te reposer. Je reviendrais te voir plus tard.
Il quitte la pièce, laissant Dean, car il s’agit bien de lui, complètement désorienté. Qui est-il ? Que lui est-il arrivé ? Et pourquoi le nom de Sam lui a-t-il déclenché un fort sentiment d’inquiétude ?
Sam se réveille mais n’arrive pas à ouvrir les yeux. Il est rongé par la fièvre et tout son corps n’est que douleur. Il a toujours aussi froid. Il tente de bouger et se rend compte qu’il n’est plus dans l’eau mais plutôt sur un lit dont le matelas est si fin que les ressorts du sommier lui pénètrent le dos. Curieux, il parvient tout de même à ouvrir un œil et a juste le temps d’apercevoir une silhouette avant de le refermer. Sa vision étant floue, il ignore qui est la personne près de lui.
SAM (dans un souffle) : Dean…
VOIX : Chhhut, ne parle pas. Tu dois te reposer. Tu es malade et je t’ai préparé ton médicament.
SAM : Qui êtes-vous ?
VOIX : Allons, bois tout si tu veux guérir.
Sam se demande s’il doit faire ou non confiance à cette femme. Mais il sait aussi qu’il doit guérir pour retrouver Dean. Le dernier souvenir qu’il en a n’est pas réjouissant et il se refuse à admettre la possibilité que Dean ait pu ne pas s’en sortir. Il sent alors une main passer sous sa tête pour le redresser et un verre se coller sur ses lèvres. Le liquide coule dans sa bouche. Un liquide chaud et visqueux, ayant un gout infecte lui provocant un haut le cœur.
SAM : C’est dégueux. C’est quoi ?
VOIX : Soit poli et boit. Tu sais très bien que les remèdes les moins bons sont les plus efficaces.
Refoulant son envie de vomir, il avale tout le contenu du verre. Il se sent toujours aussi mal et garde les yeux fermés.
SAM : Qui êtes-vous ?
VOIX : Tu dois dormir maintenant. Maman s’occupe de toi.
A ces mots, Sam tente une nouvelle fois d’ouvrir les yeux mais sans succès. Il se sent tout à coup très fatigué et replonge dans le sommeil.
Son sommeil est agité de cauchemars. Il revoit sans cesse les scènes qui ont précédées sa chute. La forêt… L’attaque… Dean… Il se réveille en sueur, fiévreux et nauséeux. Il est tenaillé par un fort sentiment d’angoisse. Est-ce que Dean a survécu ? A-t-il été secouru ? Puis il repense à sa propre situation. Il est là, dans une maison inconnue, malade. Et cette femme. Pourquoi a-t-elle dit « maman » en lui parlant ? A-t-il rêvé ? Est-ce Mary qui se tenait près de lui ? Non, il sait que ce n’est pas elle. Sa mère est morte et a sacrifié son esprit pour les sauver lui et Dean du poltergheist de Lawrence. Mais alors qui est-elle ? Il ouvre vaguement les yeux et s’aperçoit qu’il fait nuit. Si son souvenir est exact, Dean et lui ont été attaqués en début de matinée. Depuis quand dort-il ? Il l’ignore. Tout ce qu’il sait, c’est que tout son corps est douloureux et que sa tête menace d’exploser sous peu. Il tente de se redresser mais une douleur à l’épaule l’en empêche. Il se rappelle alors de sa chute, de l’eau froide qui lui brûlait la peau, les récifs tranchants… En y repensant, un frisson lui parcours le dos. Il se rallonge au mieux, souhaitant guérir le plus vite possible pour retrouver son frère. Même si pour cela, il doit avaler l’affreuse mixture de cette étrange femme. Il se rendort, oubliant que tout ne se passe pas toujours comme on le voudrait…
Dean est dans son lit et fixe le plafond. Il essaie de se concentrer, de se rappeler la moindre petite chose mais rien ne vient. Malgré son bras en écharpe et son terrible mal de tête, il se lève et regarde tout autour de lui. D’instinct, il sait qu’il ne doit pas rester ici, même s’il ignore pourquoi. Il attrape sa chemise, ou du moins ce qu’il en reste, et sort de la pièce. Une fois dans le couloir, il entend un bruit de pas. Andy apparait alors et se dirige vers lui.
ANDY : C’est pas très prudent de te lever. C’est que tu dors depuis presque deux jours. T’as un sacré bol d’être encore en vie, tu n’devrais pas abuser de ta chance.
DEAN : J’en doute pas. Mais j’aime pas rester allongé sans rien faire. C’est quoi ton nom ?
ANDY : Moi c’est Andy. Viens avec moi, je vais te présenter le reste de l’équipe.
Dean le suit jusqu‘au poste de travail. C’est une petite pièce, avec plusieurs tableaux sur lesquels on aperçoit des cartes géographiques et météorologiques. On y trouve aussi des feuilles affichant de nombreuses statistiques. Sur le bureau, un ordinateur, des feuilles de vol fichées sur un clou et une liste de nom soulignés en rouge. Enfin, sur une petite table, on peut voir une cafetière et plusieurs tasses encore fumantes. Et le reste de l’équipe d’Andy, installé sur un petit sofa. Les deux hommes se lèvent à leur arrivée. Le premier est plutôt grand et costaud, avec un air assez dur et froid. Il semble jauger Dean du regard puis, arquant un sourcil, lui tend la main, esquissant un sourire.
BILLY : Salut, moi c’est Billy. Je suis le chauffeur de ces messieurs. Et voici mon copilote, Steven, qui est aussi mon frère.
STEVEN (lui serrant la main à son tour) : Copilote si on veut, j’ai pas le droit de toucher aux commandes.
BILLY : Et c’est pas demain la veille. Il est pas arrivé le jour où quelqu’un d’autre que moi pilotera mon bébé !
Cette remarque fait sourire Dean. Elle sonne à ses oreilles comme quelque chose de familier.
DEAN : Enchanté de vous connaitre.
ANDY : Faut qu’on te trouve un nom en attendant que tu te souviennes du tien.
BILLY : T’as vraiment aucun souvenir ?
DEAN : Rien. Niet. Nada.
STEVEN : Ben ça c’est clair au moins. Bon, comment on va t’appeler ? Paul ? John ? Tom ?
DEAN : Sans façon, non. J’avais pas de porte feuille ?
ANDY : Non, aucun papier qui pourrait nous aider. Que penses-tu de Dan ?
DEAN : Ouai, ça m’convient. Mais… J’avais vraiment rien sur moi ? Quelque chose qui pourrait me renseigner sur qui je suis ?
ANDY : En vérité, si. Tu avais bien des choses sur toi.
DEAN : Et c’est ?
Dean se rend compte que son insistance met les autres mal à l’aise. Mais il sait aussi que tout renseignement peut l’aider à découvrir qui il est.
DEAN : Ecoutez, je dois savoir, c’est important pour moi. Peu importe ce que je découvrirais, je dois savoir qui je suis.
ANDY : Très bien, voilà ce que tu avais sur toi.
Il ouvre un tiroir et en sort ce qu’il avait montré aux autres quelques heures plus tôt. Il sort également un objet de sa poche. Un cordon noir avec un petit objet brillant accroché après. Dean tend la main pour prendre l’objet en question. Il s’agit de son médaillon. Il a un pincement au cœur en le voyant mais ne sait pas pourquoi. Il regarde ensuite les objets qu’Andy a sortis. Machinalement, il prend l’arme, sort le chargeur et le tape sur la crosse après l’avoir vérifié. Il le remet en place et s’aperçoit alors que les autres le regardent, incrédules.
ANDY : Apparemment, tu as tes petites manies.
DEAN : Mieux vaut être sûr que toutes les balles soient en place.
ANDY : Pas la peine de demander si tu sais t’en servir ! Au moins tu te rappelle de ça.
DEAN : Ouai ben je préfèrerais me rappeler qui je suis. J’ai pas l’intention de m’en servir contre vous si c’est ce qui t’inquiète.
BILLY : Va savoir pourquoi mais on te fait confiance. Garde-le sur toi. Tu as notre accord.
DEAN : Merci. Mais ça ne me renseigne pas vraiment. Ca ne me donne aucune info sur mon identité.
STEVEN : T’es peut-être flic !
DEAN : Alors ça, permet-moi d’en douter. Et je crois pas non plus être un tueur en série, pourtant…
ANDY : Quoi ? Tu te souviens de quelque chose ?
DEAN : Non, juste une impression. Je suis sûr d’avoir déjà tué.
L’équipe ne sait pas comment ils doivent prendre ces révélations mais comme l’a dit Billy, étonnement, ils lui font confiance…
Sam n’arrive toujours pas à se lever. Il ne sait pas depuis combien de temps il est là. Il a même du mal à se souvenir des circonstances qui l’ont mené jusqu’ici. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il a du avaler cet infâme breuvage une bonne dizaine de fois. Mais son état ne s’améliore pas pour autant. Sa fièvre a augmentée et sa tête tambourine à longueur de temps. Il a du mal à respirer et est souvent pris de terribles quintes de toux. Il n’a toujours pas pu voir distinctement le visage de celle qui s’occupe de lui et elle ne lui a pas reparlé. Lui-même se sent trop faible pour engager une conversation avec elle et surtout, il se préoccupe surtout de ce qui a bien pu arriver à son frère. Si Dean ne le retrouve pas, alors c’est lui qui doit le retrouver. Au prix d’un énorme effort, il parvient à se redresser sur son lit, ce qui entraine une nouvelle quinte de toux. Cela lui provoque une douleur lancinante au niveau du thorax mais il essaie de ne pas en tenir compte. Il retire la mince couverture et s’aperçoit qu’on lui a retirés ses vêtements. Il balaie la pièce du regard et les voit, pliés sur une chaise. Il se lève mais ses jambes sont trop faibles pour le soutenir. Mais il ne se décourage pas et, après de multiples essaies, parvient enfin à tenir debout. Il s’habille tant bien que mal et se dirige vers la porte. Après avoir jeté un œil dans la pièce adjacente, il a la certitude qu’il est seul. Il attrape un vieux manteau et l’enfile. Dehors, l’air est glacial en cette période hivernale, et le vent commence à souffler fort, entrainant avec lui quelques flocons de neige. Il commence à s’éloigner de la petite cabane dans laquelle il se trouvait jusqu’à maintenant. Il avance difficilement car ses jambes ont du mal à lui obéir. Soudain, il entend une voix derrière lui. Il se retourne et voit arriver une femme, se soutenant avec un grand bâton.
FEMME : Reviens ! Matthew, reviens ici !!
Elle arrive à sa hauteur et Sam peut enfin voir son visage. Elle doit avoir une cinquantaine d’année mais son apparence négligée lui en donne beaucoup plus.
FEMME : Allez Matthew, on rentre à la maison.
SAM : Excusez-moi, vous devez me prendre pour quelqu’un d’autre. Je m’appelle Sam et je dois partir. Il faut que je retrouve mon frère.
FEMME : C’est hors de question. Tu m’as abandonnée une fois, je n’te laisserais pas recommencer.
SAM : Je ne comprends pas de quoi vous parlez. Mais je dois partir.
Il se retourne et fait quelques pas quand soudain, il ressent une douleur inouïe au niveau du genou. Il s’écroule, hurlant de douleur et serrant son genou dans ses mains. La femme venait de le frapper violemment avec son bâton.
FEMME : Tu reste avec moi.
Elle a prononcé ces mots avec une voix dure et froide. Sam n’a pas le temps de réagir qu’elle porte de nouveau un grand coup sur son genou, qui craque sous le choc. Sam hurle, un cri déchirant, raisonnant dans toute la forêt avoisinante. La femme sort alors une corde de sa poche et l’enroule autour de son corps. Il tente de l’en empêcher mais reçoit un nouveau coup sur son épaule déjà douloureuse. La douleur est telle qu’il n’a plus la force de se débattre. Une fois attaché, elle le traine jusqu’à sa cabane, ignorant ses plaintes et ses cris. Sam ne comprend pas ce qui se passe. Pourquoi agit-elle comme ça ? Pourquoi cette violence envers lui ? Et qui est ce Matthew avec qui elle semble le confondre ? Dean… Dean où es-tu… Dean aide moi !! Ne voulant plus l’entendre, elle lui assène un dernier coup sur la tête, le plongeant dans l’inconscience…
Trois jours se sont écoulés depuis que Dean a quitté son lit. Il s’entend plutôt bien avec ses hôtes, particulièrement avec Andy. Il n’a pas pu quitter la base à cause de la tempête qui fait rage à l’extérieur. Mais dès que le temps sera plus clément, ils le conduiront en ville. Il n’a pas atterri dans le coin par enchantement et la présence d’un trousseau de clé dans sa poche laisse supposer qu’il a une voiture qui l’attend quelque part. Peut-être quelqu’un l’aura-t-il aperçut en ville et pourra le renseigner à ce sujet. Andy lui apprend ce qu’est la vie à la montagne. Il lui parle du parc de Yellowstone, de l’incendie de 88 et de la décision de ne pas intervenir pour l’éteindre. On avait parlé à l’époque de « laisser la nature reprendre ses droits ». Et c’est ce qu’elle a fait. Les arbres ont repoussés plus beaux et plus vite. Cela a donné une jeune forêt de 300 m2. Dean est attentif à ce qu’il lui raconte même s’il sent bien que la forêt, c’est pas trop son truc. Il s’imagine mal en randonneur et se demande ce qu’il pouvait bien faire en haut du Mont Sheridan. Mais il se dit qu’après tout, pourquoi ne pas profiter de cette amnésie. Pour lui, chaque jour est un commencement. Il apprend à vivre avec un nouveau nom. Il tente peu à peu de se construire un présent et un avenir. Mais l’ombre du passé ne le quitte pas. Trop de questions sans réponses. Et surtout, il y a ce terrible vide qu’il ressent. Comme si quelque chose ou quelqu’un lui manquait pour se sentir entier. Se sentir vivant…
Pour Sam, chaque jour est un nouveau combat. Un combat contre la maladie qui le ronge et la douleur qui l’affaiblit. Un combat contre sa peur de ne jamais revoir son frère. Il lutte pour ne pas perdre espoir, pour ne pas sombrer. Mais il s’est aperçu de plus grave encore. L’affreuse mixture qu’il est forcé d’avaler plusieurs fois par jours semble brouiller sa mémoire. Il ne sait plus comment il est arrivé là, comment il s’est trouvé séparé de son frère. Les traits de celui-ci deviennent flous dans sa tête. Plusieurs fois il a tenté de recracher le breuvage. Mais elle avait trouvé le moyen de le lui faire avaler de force, lui pinçant le nez et plaquant une main sur sa bouche. Il n’avait d’autre choix que d’avaler s’il voulait respirer. Entre deux visites de sa geôlière, il se répétait en boucle ce que Dean et lui avaient vécu. Il ne voulait pas oublier. Il ne voulait pas l’oublier… Son genou est douloureux et enflé malgré l’atèle qu’elle lui a fait. Sa toux et sa fièvre ne s’arrangent pas. Si un médecin le voyait, il pourrait sans difficulté affirmer qu’il a une méchante pneumonie. Chaque quinte de toux entraine un violent mal de crâne et il commence à cracher du sang.
SAM : S’il vous plait… Laissez-moi partir…
FEMME : Non, je te l’ai déjà dit Matthew. Tu ne m’abandonneras pas une deuxième fois.
SAM : Mais comment je dois vous le dire bon sang ! Je m’appelle Sam ! Pas Matthew, Sam !!
FEMME : La ferme ! On ne parle pas à sa mère sur ce ton !
SAM : Vous n’êtes pas ma mère alors laissez-moi partir. Je dois voir un médecin sinon vous aurez ma mort sur la conscience !
FEMME : Matthew, Matthew… Tu es déjà mort une fois. Et chaque fois que j’ai crue te retrouver, tu es mort à nouveau. Mais cette fois, tu as l’air plus fort et je sais que tu survivras au traitement. Quand tu seras redevenu toi-même, on ira chez le médecin, je te l’promets. Maintenant, dors, tu en as besoin.
SAM : Qu’est-ce que vous voulez dire par « redevenir toi-même ». Qu’est-ce que vous comptez me faire ? Répondez ! Répondez !!
Mais elle se contente de sourire et de quitter la pièce. Sam commence à paniquer de plus en plus. Que va-t-elle lui faire exactement ? Est-ce que ça a un rapport avec ses trous de mémoire ? Il repense à ses dernières phrases : « Tu es déjà mort une fois et chaque fois que j’ai crue te retrouver, tu es mort à nouveau ». Qu’est-ce que ça pouvait bien signifier ? Il chasse toutes ces questions de sa tête et essaie de se concentrer sur ses souvenirs avec son frère. Mais la fatigue, la fièvre et les effets du breuvage l’entrainent de nouveau vers le sommeil…
Après une semaine de neige et de bourrasques, la tempête s’est enfin calmée. Dean va pouvoir se rendre en ville, tenter d’enquêter un peu sur son passé avec l’aide de ses nouveaux amis. Seulement il semble y avoir un hic. Le seul moyen de se rendre à Grant Village, c’est par la voie des airs. Et Dean semble comme tétanisé devant ce monstre d’acier volant.
DEAN : Ha non, je monte pas là dedans. Hors de question. Même pas en rêve.
BILLY : J’le crois pas. Monsieur se balade avec un 45 sous la chemise mais il a peur de monter dans mon bébé. Ca nous apprend au moins un nouveau truc sur toi ça !
DEAN : Ha oui ? Et quoi donc Mister Freud ?
BILLY (moqueur) : T’es une gonzesse.
DEAN : Répète ça et j’te fais bouffer tes dents. Non, mieux encore. Je fous une balle dans ton tas de ferraille.
STEVEN : Bon ça suffit les filles ! On se calme ou je vous en colle une à chacun !
BILLY : C’est nous que tu traite de filles ?
DEAN : Billy, retiens moi ou j’l’éclate.
Les deux hommes se regardent avant de partir dans un grand fou rire.
STEVEN : Vous êtes vraiment pareil tout les deux. Crétins.
BILLY : Andouille.
La complicité des deux frères rend Dean nostalgique. Il se dit qu’il aimerait lui aussi avoir un frère avec qui partager de tels moments. Peut-être en a-t-il un quelque part après tout. Peut-être même que c’est ce Sam dont il a parlé dans son délire.
BILLY : Bon, on a quand même un problème. Si tu veux pas monter dans l’hélico, tu peux pas aller à Grant Village.
DEAN : Ya aucun autre accès ? Une route ou un chemin ?
BILLY : Les routes d’accès sont fermées l’hiver à cause des risques de tempête.
ANDY (qui venait de les rejoindre) : Il y a une autre solution, mais ça sera plus long.
DEAN : N’importe quoi pourvu que j’aie pas à monter là dedans.
ANDY : On a les motos neiges mais ça veut dire une demi-journée de route. Et encore, si tu sais t’en servir.
DEAN : Je devrais pouvoir m’en sortir. Si les routes sont fermées, il y a de fortes chances que je sois allé sur le Mont Sheridan avec un de ces engins.
ANDY : Pas bête. J’y avais pas pensé. Bon, on va prendre quelques affaires et on passer la nuit là-bas. On part dans quinze minutes, le temps de faire le plein.
DEAN : Ca marche.
Quinze minutes plus tard, ils se mettent en route. Il ne leur fallut pas moins de cinq heures pour rejoindre leur destination. Ils s’étaient arrêtés à deux reprises pour refaire le plein d’essence et avaient fait le trajet sans encombre. Ils ont encore deux heures devant eux avant la fermeture des commerces et se rendent dans un premier temps au bar le plus proche pour se réchauffer.
BARMAN : Hé, salut Andy ! Enfin descendu de ta montagne ?
ANDY : Hé Joey ! Content de te voir aussi. Je te présente Dan, un ami.
Joey détaille le nouvel arrivant. Il a déjà vu cet homme mais jurerais que son prénom n’était pas Dan.
JOEY : Tu le connais d’où ce gars ?
ANDY : Un randonneur qu’on a récupéré avant la tempête. Seulement il a perdu la mémoire et on essaie de glaner des infos sur lui. Tu l’as déjà vu ?
JOEY : Il me semble bien. Et son nom n’est pas Dan. Il s’appelle Dean quelque chose et il posait plein de questions.
DEAN : Et à quel sujet les questions ? Dites moi ce dont vous vous souvenez.
ANDY : Hé doucement Dan. Euh Dean. Est-ce qu’au moins ton prénom te rappelle quelque chose ? Ton nom par exemple ?
DEAN : Non, rien du tout. Alors, ces questions ?
JOEY : Vous vouliez savoir ce qui était arrivé aux randonneurs disparus. Savoir si c’était déjà arrivé. C’est tout ce dont je me souviens.
ANDY : Ben c’est déjà un bon début. Est-ce que par hasard tu saurais si quelqu’un l’accompagnait ?
JOEY : Quand je l’ai vu, il était seul, ça j’en suis sûr.
ANDY : Bon, merci Joey.
DEAN : Merci.
Ils quittent l’établissement pour se diriger vers les locations de moto neige. La jeune fille de l’accueil perd son sourire dès qu’elle les voit arriver.
ANDY : Salut Paula.
PAULA : Andy. Qu’est-ce qu’il fout avec toi celui-là ? Il a eu peur que je l’étripe s’il venait seul ?
DEAN : Okay, ben je vois qu’on se connait. Désolé mais vous m’en voulez pourquoi beauté ?
PAULA : Monsieur joue les innocents en plus !
ANDY : Non, monsieur est amnésique. Quand l’as-tu vu la dernière fois ?
PAULA : Ho, désolée alors. La dernière fois que je l’ai vu c’était… il y a presque deux semaines.
ANDY : Mmm. Le jour où on t’a trouvé quoi. Tu sais s’il était seul ?
PAULA : Ben j’ai vu que lui mais il devait y avoir quelqu’un d’autre.
DEAN : Comment ça ?
PAULA : Vous m’avez loué deux motos neiges, que je n’ai toujours pas récupérées en passant.
ANDY : Merde, ça s’complique. Ca veut dire…
DEAN : Que celui qui était avec moi est peut-être resté là haut. Et je sais même pas qui ça peut être.
ANDY : On trouvera, t’inquiète. Au fait Paula, tu sais s’il avait une voiture ?
PAULA : Ho oui ! Il a pas arrêté de vanter les mérites de son « bébé ». C’est la charrette noire garée en face.
Dean se vexe en entendant le mot charrette. Et il l’est encore plus en apercevant la magnifique Impala noire qui l’attend sur le trottoir d’en face. Il s’en approche et insère la clé dans la serrure. Il ouvre la portière et s’installe au volant. Son premier réflexe est d’ouvrir la boite à gant. Il trouve peu de choses à part des cassettes de rock des années 80. Entre les deux sièges, il aperçoit une boite et l’ouvre. Il est surpris d’y trouver un grand nombre de carte d’identité, d’insigne de police et d’agent fédéral. Il en trouve même une d’inspecteur en bikini, ce qui le fait sourire. Puis il se demande à quoi elles peuvent bien lui servir. Mais il n’y a aucune photo sur les cartes et il se rend compte qu’elles sont à deux noms différents, ou du moins deux prénoms : Dean et Sam. Il sort de la voiture et se dirige vers son coffre. En l’ouvrant, il aperçoit une sorte de trappe et l’ouvre. Il la referme aussi sec en voyant diverses armes, pieux, machettes et autres engins de mort en tout genre. Mais qui était-il bon sang ?! Que faisait-il avec tout ça ?! Tout ce qu’il venait de voir ne lui inspirait rien de bon : le danger, la souffrance, la mort. Il commence à avoir des doutes quant à savoir s’il a vraiment envie de retrouver sa vie d’avant. Et si c’était là une opportunité pour pouvoir en changer…
Ne pas l’oublier… Ne pas oublier mon frère… Ne pas oublier… Son nom… Quel est son nom déjà… Ne pas… Ne pas quoi ? Je ne me souviens pas… Je ne me souviens de rien ! Il se redresse péniblement, les yeux s’agitant dans tous les sens. Il ne se souvient de rien. Ou presque. La seule chose qu’il sait, c’est qu’il ne devait pas oublier mais qu’il a échoué. Il a oublié. Il a oublié qui il était. Oublié où il était. Oublié ce qu’il était… La panique s’empare de lui mais au même moment, la porte s’ouvre sur une femme. Elle le regarde puis s’approche de lui, sourire aux lèvres.
FEMME : Comment te sens-tu Matthew ?
SAM : Matthew ? C’est comme ça que je m’appelle ?
FEMME : Bien sûr que c’est comme ça que tu t’appelle. Tu ne te souviens pas ?
SAM : Non. Qui êtes-vous ? Qu’est-ce qui m’est arrivé ?
FEMME : Je suis ta mère voyons ! Tu as eu un accident et tu t’es cogné la tête. Tu t’es aussi fracturé le genou. Tout ça à cause de ce sale type.
SAM : Quel sale type ? De qui tu parle ?
Lui tournant le dos, elle affiche un sourire satisfait. Ca a marché. Ca a vraiment marché. Elle va enfin pouvoir retrouver son fils à travers lui. Mais elle doit faire en sorte qu’il n’essaie plus de retrouver son frère. Elle l’avait entendu plus d’une fois délirer dans son sommeil. Ces périodes de forte fièvre où il l’avait appelé. Dean, son frère. Le seul qui pourrait encore se mettre en travers de sa route. Mais elle savait que même lui en était dans l’impossibilité. Elle était allée à Grant Village la veille et avait appris qu’un jeune homme du nom de Dean avait été retrouvé par les rangers du Mont Hancock mais que ce dernier était amnésique. Mais ce qui l’avait confortée dans son idée, c’était de savoir qu’apparemment, le jeune homme en question n’avait pas l’air de chercher à retrouver son frère. Mais elle devait être sûre que Sam ne s’y mettrait pas à son tour. Mieux valait être prudente. Elle avait réussi à lui faire tout oublier de sa vie grâce à un mélange d’herbes qu’elle avait trouvé sur un très vieux livre sur les plantes médicinales. Un mélange dangereux pour celui qui en prenait car il contenait de la ciguë. Mais si le « patient » y survivait, sa mémoire n’en faisait pas de même. Et tant qu’il en prendrait, il n’avait aucune chance d’un quelconque changement. Elle avait donc décidé de faire en sorte que Sam, ou plutôt Matthew comme elle l’appelait maintenant, haïsse Dean.
FEMME : Je veux parler de ce Dean bien sûr. L’aurais-tu déjà oublié ?
Cette phrase raisonne dans sa tête comme une sentence. Il a oublié. Il ignore quoi, mais il a oublié quelque chose d’important. De vital.
SAM : Je… J’ai du prendre un sacré coup sur la tête alors parce que je me rappelle de rien.
FEMME : Même pas de moi ?
SAM : Non. Désolé… Maman.
Il a prononcé ce mot sans trop y croire. Mais après tout, quelle raison aurait-elle de lui mentir. Il trouve cependant étrange de ne ressentir aucune affection envers elle. Peut-être sa perte de mémoire en est-elle responsable.
FEMME : Ce n’est pas grave. On va réapprendre à se connaitre, tu verras. Mais si ce Dean de malheur s’en prend encore à toi…
SAM : Qu’a-t-il fait exactement ?
FEMME : Ce qu’il a fait ? Il t’avait donné rendez-vous sur le Mont Sheridan, pour je ne sais quelle raison. Je t’ai suivi parce que je n’ai pas confiance en lui. Et j’ai bien fait. Je vous ai vus vous disputer et… Et il…
SAM : Quoi ? Qu’est-ce qu’il a fait ?
FEMME : Il t’a poussé de la falaise… Il a essayé de te tuer. Et quand il a vu que j’étais là, il a essayé de s’en prendre aussi à moi mais j’ai réussi à me cacher. Sinon, je suis sûre qu’il m’aurait tuée. Je suis persuadée qu’il réessayera. Tu dois l’en empêcher Matthew. Tu dois l’empêcher de nous faire du mal.
Tout en parlant, elle a préparé un nouveau verre de son mélange, mais y a apporté quelques modifications. Elle ne veut plus seulement le priver de sa mémoire. Elle veut aussi lui forger un nouveau caractère, une nouvelle façon de penser. Elle a aussi modifié le gout pour qu’il l’avale plus facilement, sans résister.
FEMME : Tiens, bois ça. Ca va te redonner des forces. Le gout n’est pas extra mais c’est très efficace.
SAM : Merci. Maman ?
FEMME : Oui ?
SAM : Ton prénom, c’est comment déjà ?
FEMME : Keira. Si tu veux, tu peux m’appeler comme ça, si c’est plus facile pour toi au début.
SAM : Merci. C’est un très joli prénom mais je crois que je préfère dire maman.
FEMME : Tu es un bon fils.
Elle quitte la pièce, laissant Sam à ses réflexions. Même si pour l’instant il ne ressent pas de réelle affection pour elle, il se dit qu’il a de la chance d’avoir une mère auprès de lui pour l’aider. Cela lui réchauffe le cœur car il a l’impression que c’est quelque chose qui lui a manqué toute sa vie…