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Série : Supernatural
Création : 07.03.2008 à 23h29
Auteur : winsister
Statut : Terminée
« Alors voici ma toute nouvelle fic. merci de me laisser l'écrire seule et bonne lecture à tous! » winsister
Cette fanfic compte déjà 34 paragraphes
Un mois. Presqu’un mois que Dean s’est installé à Grant Village. Il travaille au petit garage du coin, même s’il a remarqué qu’il était plutôt doué au poker et qu’il pourrait facilement gagner sa vie avec. Mais le fait de travailler occupe son esprit. Il n’a rien appris de plus sur lui-même ou la personne qui l’accompagnait. Ni même sur ses activités passées. Et cette obsession de la vérité diminue chaque jour d’avantage. Il aime sa nouvelle vie. Un travail, un studio, des amis. Il a l’impression de ne jamais en avoir eu autant avant et redoute de perdre tout ça. Aujourd’hui, il a pris une grave décision. Celle d’arrêter ses recherches. Il ne veut plus se torturer l’esprit. Il veut seulement vivre. Le vide qui l’habite est toujours présent mais il décide d’en faire abstraction. Peut-être arrivera-t-il à le combler un jour…
Sam est assis sur le banc qui se trouve devant la cabane. Sa toux est devenue chronique, il boite à cause de son genou mal ressoudé mais la fièvre n’est plus qu’un mauvais souvenir. Mais il n’a plus rien du Sam que Dean connaissait. A cause de ce que lui fait boire Keira, sa personnalité a changée du tout au tout. Il a d’ailleurs développé une certaine dépendance à ce breuvage et se le prépare désormais seul. C’est devenu comme une drogue pour lui. Elle voulait qu’il ressente de la haine pour Dean et elle y a réussi. Seulement ses espérances ont été plus que dépassées. Comment aurait-elle pu savoir que Sam passait son existence à combattre la part sombre qui l’habitait. Comment aurait-elle pu savoir que Dean était la clé pour contenir tout ce mal au fond de lui. Comment aurait-elle pu savoir qu’elle venait de créer un être empli de haine envers tout ce qui l’entoure…
SAM : M’man ! File-moi les clés d’la caisse !
KEIRA : Quoi ? Mais où tu compte aller ?
SAM : J’vais en ville. J’en ai marre de rester dans ce trou pourri.
KEIRA : Tu n’peux pas y aller, tu le sais. Tu pourrais tomber sur ce Dean et Dieu seul sait ce qu’il pourrait te faire encore.
SAM : Si j’le croise, j’le bute et on en parle plus. Maintenant, file-moi ces putains d’clés !
En prononçant ces mots, il s’est approché d’elle, l’air menaçant.
KEIRA : Matthew, tu m’fais peur…
SAM : Voyons, tu sais que j’te ferais pas d’mal. Du moment que tu fais c’que j’te dis…
Keira commence à avoir peur de lui. Ca ne devait pas se passer comme ça ! Il devait haïr son frère pour l’oublier mais elle, il devait l’aimer ! Sentant qu’il pourrait lui faire du mal, elle finit par céder et lui donne les clés de la camionnette.
SAM : Ben tu vois quand tu veux, tu peux être une bonne mère.
La laissant quelque peu tremblante, il prend son blouson et quitte les lieux. Il roule jusqu’à la ville, n’ayant qu’une idée en tête : trouver Dean et lui régler son compte. Il ressent une haine sans limite pour lui, même s’il ignore pourquoi. D’ailleurs, il hait tout ce qui l’entoure et ne se sent pas à sa place ici. Il rêve de grandeur et de pouvoir. Il sait qu’il pourrait devenir quelqu’un d’important si on lui en donnait la chance. Quelqu’un qui imposerait le respect et la crainte. Et c’est cette vie qu’il désire par-dessus tout. Mais d’abord, il doit se venger de ce type qui s’en est pris à lui et à sa mère. Sa mère… Cette vieille chouette passe son temps à le couver comme un gamin. Il la déteste. Si elle savait comme il la déteste… Sa soif de pouvoir augmente chaque fois qu’il absorbe sa « drogue ». Aujourd’hui, il a pris une grande décision : se débarrasser de Dean puis partir conquérir le monde qui l’entoure…
Après une heure de route, il arrive à Grant Village. Il se rend au bar et, se faisant passé pour un vieil ami de Dean, il se renseigne pour savoir où le trouver. Une fois sa réponse obtenue, il se dirige vers le garage, la rage au cœur. Enfin il y arrive et là, il le voit. Les battements de son cœur s’accélèrent, tout comme sa respiration. Ses mâchoires et ses poings se serrent. Il avance vers lui, le regard haineux. Dean l’aperçoit et pensant qu’il s’agit d’un nouveau client, il se dirige vers lui. Pourtant cet homme déclenche une impression bizarre en lui. Il a le sentiment de l’avoir déjà vu, mais en même temps, il a l’impression de se trouver face à un étranger. Un étranger dont il faut se méfier.
DEAN : Je peux vous aider ?
Mais en guise de réponse, il reçoit le poing de Sam en plein dans l’estomac. Sous le coup de la surprise, il parvient néanmoins à éviter son genou et décoche à son tour un coup au visage à Sam.
DEAN : Je sais pas c’que j’t’ai fais, mais on devrait peut-être en parler !
Sam se jette sur lui et tout deux s’écroulent sur le sol. Sam a le dessus et frappe son frère plusieurs fois au visage avant que celui-ci puisse attraper une clé à molette qui trainait sur le sol. Il en donne un grand coup dans les côtes de Sam. Celui-ci parvient à se relever mais reçoit un nouveau coup sur son genou déjà fragile. Une vague de haine et de chaleur l’envahit. Il se dit qu’il aimerait éclater ce gars contre le mur et au même moment, il voit Dean être soulevé de terre et projeté contre le mur le plus proche. Le choc l’assomme, laissant apparaitre une plaie derrière sa tête. Sam est d’abord effrayé par ce qu’il vient de voir. Mais quand il réalise que c’est lui qui a provoqué ça, sa frayeur laisse place à un sentiment d’excitation extrême. Il se rend compte qu’il est différent, qu’il a du pouvoir et se dit que rien ne peut l’arrêter. Satisfait de ce qu’il peut accomplir par le simple biais de la pensée, il se rapproche du corps inerte de Dean, se délectant d’avance de la fin qu’il lui réserve. Mais au moment où il lève la main pour l’achever, il est pris d’une douleur violente à la tête. Et plus il approche de Dean, plus la violence gagne en intensité. Il recule, elle diminue. Mais qu’est-ce que ça veut dire. C’est alors qu’il entend des cris derrière lui. C’est Andy qui vient de voir Dean au sol et qui accoure pour l’aider. Sam, décidant qu’il avait mieux à faire, préfère quitter les lieux. Andy arrive enfin à hauteur de Dean.
ANDY : Dean ? Dean ?! C’est pas vrai, merde !
Ne pouvant le réveiller, il le charge sur ses épaules et décide de le ramener à son studio…
Déjà trois heures qu’Andy veille Dean. Il a soigné et pansé sa plaie à la tête et attend qu’il reprenne conscience. Il semble agité et il a une forte poussée de fièvre. Il fait un cauchemar…
Dean est dans la montagne, entouré par la forêt et la neige. Il est en chasse et il n’est pas seul. Son frère Sam est avec lui. Ils sont là pour un Wendigo. Ils l’ont enfin trouvé mais il ne semble pas vouloir se laisser faire. Après avoir réussi à écarter Sam, il s’est retourné vers lui et d’un violent coup, il l’a propulsé contre un arbre. Son coude et sa tête ont cognés violemment le tronc et une sensation de brûlure se fait sentir sur sa poitrine. Il retombe lourdement et jette un regard perdu en direction de son frère, sentant qu’il va perdre conscience. Mais sa dernière vision le rempli d’effroi. Il revoit encore et encore cette scène. Le Wendigo se rapproche de Sam et après l’avoir attrapé par le col de son blouson, le jette du haut de la falaise…
Il se réveille d’un bond, en sueur, le regard apeuré. Il regarde tout autour de lui et ses yeux se posent sur Andy.
DEAN: Sam! Où est Sam?!
ANDY: Wow, wow. Calme-toi. De qui tu parles ?
DEAN : Où est mon frère ?!!
ANDY : Ton frère ?
DEAN (complètement affolé) : Il est tombé de la falaise, j’dois l’retrouver !
ANDY : Tu vas d’abord commencer par te calmer. Tu te souviens de qui tu es ?
DEAN : Bien sûr ! Par contre je vois pas qui vous êtes ! Alors lâchez-moi, je dois retrouver mon frère.
ANDY : Par curiosité, tu peux me dire quel jour on est ?
DEAN : Quoi ?!
ANDY : Donne-moi la date d’aujourd’hui. S’il-te-plait.
Dean semble réfléchir un moment, puis répond, presque fier de lui.
DEAN : On est le 6 janvier. Content ? J’peux partir maintenant ?
Pour toute réponse, il a le journal qu’Andy lui tend. Il le regarde sans comprendre où il veut en venir, puis réalisant enfin, son visage se décompose.
DEAN : Non, c’est pas possible… On n’est pas…
ANDY : Le 22 Février, si. Ca fait plus d’un mois qu’on t’a trouvé sur le Mont Sheridan. Mais il n’y avait personne avec toi. Je suis désolé.
Cette nouvelle lui fait l’effet d’une bombe. Plus d’un mois que tout ça avait eu lieu. Non, c’était impossible. Si ça faisait si longtemps et que Sam ne l’avait pas retrouvé, alors ça signifiait que… Non. Non, tout mais pas ça ! Ca ne pouvait pas être ça !! Sam ne pouvait pas être mort !!!
DEAN : Et… Et mon frère ? Dites-moi que vous l’avez retrouvé, j’vous en prie !
ANDY : Non, je suis vraiment désolé. Il n’y avait que toi là-haut.
DEAN : Il est tombé de la falaise…
ANDY : Alors il n’a eu aucune chance de s’en sortir. Entre les rapides et la température de l’eau…
Mais Dean ne l’écoute plus. Ses yeux s’embrument de larmes et il a l’impression que son cœur se déchire. Son frère est mort. Son p’tit frère l’a quitté et il n’a rien pu faire pour l’aider. Et il ne peut rien faire pour le ramener cette fois… Il pose sa tête sur ses genoux et pleure. Il sent une main se poser sur son épaule. Andy essaie de le soutenir comme il peut mais il n’y avait que Sam qui puisse faire ça. Et aujourd’hui, il n’était plus là.
ANDY : Dean… Je suis vraiment… Dean ? Tu vas bien ??
Le jeune homme vient de s’attraper la tête, gémissant de douleur. Il a l’impression que des milliers d’aiguilles essaient de se frayer un passage jusqu’à son cerveau. La douleur l’assaille, l’aveuglant presque. Des images défilent dans sa tête à une vitesse vertigineuse. Il est pris d’une violente nausée et si Andy n’avait pas été là pour le soutenir, il se serait certainement écroulé. En moins de cinq minutes, cinq longues et douloureuses minutes, il vient de revivre tout ce qui s’est passé depuis la chute de Sam. Il s’est revu tirer sur le Wendigo alors que celui-ci revenait vers lui. Son réveil à la base des rangers. Sa voiture. Son travail. Sa vie sans Sam. Mais le pire pour lui, ce sont les dernières images qu’il voit. Il voit Sam mais la joie qui en résulte est de courte durée quand il se rend compte que celui-ci n’est là que dans le but de le tuer. Et sa surprise vire à l’angoisse en se remémorant la façon dont Sam l’a mis KO. Se pouvait-il que son frère ait changé à ce point ? Que son frère ait pu basculer du mauvais côté ? Mais comment ? Comment ?!
ANDY : Ca va mieux ?
DEAN : Ma tête va exploser mais sans ça, ça va. Il était là… Je l’ai vu…
ANDY : Ton frère ?
DEAN : C’était lui au garage. Mais pourquoi ? Pourquoi il a essayé de me tuer ?
ANDY : Te tuer ? Tu crois pas que t’exagère ?
DEAN : Non, je l’ai vu dans ses yeux. Je connais mon frère mieux que moi-même. Il dégageait tant de haine…
ANDY : Tu as une idée de pourquoi il aurait fait ça ?
Dean ne répond pas. Il a bien une idée mais comment l’expliquer à Andy ? Comment lui dire que son frère a du sang de démon en lui ? Comment lui faire comprendre que quelque chose avait sûrement déclenché ce changement radical chez son frère ? Que Sam l’a peut-être cru mort et a complètement perdu les pédales…
DEAN : J’en ai bien une mais ce serait bien trop long à expliquer. Et beaucoup trop difficile à comprendre. Et surtout, je n’veux pas t’entrainer là dedans, c’est trop dangereux.
ANDY : Comme tu voudras mais tu sais, essayer de le retrouver seul n’est peut-être pas la solution. En plus, j’ai ma petite idée de l’endroit où il se trouve.
DEAN : Quoi ? Tu sais où il est ?
Andy affirme par un hochement de tête. Dean sent alors une étincelle d’espoir au fond de lui. Il va pouvoir retrouver Sam et l’aider…
A l’approche d’Andy, Sam a préféré partir. Il ne veut pas se faire remarquer dans le coin et son ambition s’est décuplée quand il s’est rendu compte de ce qu’il est capable de faire. Il est donc remonté dans la camionnette et est retourné chez Keira. Il va quitter la région, le parc de Yellowstone n’étant pas à la hauteur de ses ambitions. Dès qu’il entre dans la cabane, sa « mère » s’aperçoit immédiatement qu’il boite bien plus qu’à son départ.
KEIRA : Mon Dieu Matthew ! Tu t’es fait mal ?!
SAM : Lâche-moi. J’ai pas besoin de ton aide.
KEIRA : Mais enfin mon chéri…
SAM : Arrête de m’appeler comme ça ! Tu me gonfle, j’te supporte plus !
KEIRA : Ne me parle pas sur ce ton ! Je suis ta mère et …
SAM : Et quoi ? Tu veux peut-être que je passe mon temps avec toi ? A faire tout ce que tu veux ? Mais tu rêve pauvre folle. J’ai bien l’intention de quitter ce taudis.
KEIRA : Ce taudis est ta maison, comment peux-tu vouloir la quitter ?
SAM : J’ai besoin d’espace. J’ai soif de pouvoir et c’est pas avec toi sur le dos que je pourrais avancer.
KEIRA : Mais de quoi tu parles ?! Tu n’peux pas partir ! Je t’aime et…
SAM : Tu m’aimes ? Et bien sache que moi je te déteste. Je te hais au plus au point. Je hais tout ce que tu es. Et c’est pas toi qui m’empêcheras de partir.
Il se dirige vers sa chambre et empoigne un sac qu’il avait préparé la veille, dans l’espoir de pouvoir partir un jour. Mais Keira en a décidé autrement, ignorant qu’elle vient de faire la plus grosse erreur de sa vie. Elle l’attrape par le bras pour le retenir mais à peine lui touche-t-elle le bras qu’il se retourne et pose sur elle un regard plein de haine. Sans la toucher, d’un simple mouvement de la main, il fait faire à la tête de la pauvre femme un tour à 180°. Elle s’écroule sur le sol, sans un mouvement, sans un cri. Sam la regarde sans un remord, affichant un sourire mauvais et satisfait. Il vient de tuer quelqu’un et il trouve cela excitant, jouissif. C’était sa mère mais il n’a pas eu le moindre mouvement d’hésitation. Il sait à présent que rien ne pourra l’arrêter dans sa quête de pouvoir. Non, rien ni personne ne pourra l’arrêter…
Son sac sur l’épaule, il remonte dans la camionnette est prend la route. Même si celles-ci sont fermées à cause de la neige, il n’a aucun mal à se frayer un chemin, dégageant les monticules blancs par le simple biais de sa pensée. Plus il utilise son pouvoir et plus il s’en délecte. Jetant un œil sur la carte, il choisit sa destination : Denver, Colorado. Une ville à la hauteur de ses ambitions. Son seul remord en quittant le Wyoming, c’est de ne pas avoir pu tuer Dean comme il l’espérait. Mais il sait qu’un jour, il en aura l’occasion, qu’il pourra enfin soulager sa haine en le faisant disparaitre pour de bon…
Au même moment dans le studio, Dean se lève et se dirige vers une armoire. Il l’ouvre et en sort une grande caisse. Andy le rejoint, curieux de savoir ce qu’elle contient. Il avait vaguement aperçu le jeune homme vider son coffre et en mettre le contenu dans cette caisse mais ne lui avait jamais posé de question à ce sujet. Mais en apercevant toutes ces armes étranges, il se dit qu’il aurait préféré ne pas savoir.
ANDY : Nom de Dieu, mais qu’est-ce que tu fais avec tout ça ? Mais qui es-tu à la fin…
DEAN : Je te l’ai dit, vaut mieux pas que tu saches.
ANDY : Et bien moi je veux savoir ! Et tu as intérêt à me répondre si tu veux que je te dise où se trouve ton frère !
Dean lui lance un regard noir. Il n’a jamais accepté le chantage, et encore moins quand cela risque de mettre la vie de son frère en péril. Mais il sent bien qu’Andy ne lâchera pas le morceau tant qu’il n’aura pas eu de réponse.
DEAN : Tu veux savoir ? Très bien. Mon frère et moi, on chasse des créatures dont ni toi ni personne ne soupçonne l’existence. Si on est venu ici, c’est pour chasser l’une d’elles, à l’origine des disparitions du Mont Sheridan. J’ignore ce qui s’est passé pour mon frère après sa chute mais je sais que ça a eu des conséquences pas réjouissantes du tout. Mon frère est différent et je n’peux pas t’expliquer en quoi. Mais si j’le retrouve pas tout de suite, je n’aurai pas d’autre choix que…
Il s’interrompt, refusant de prononcer ces derniers mots. Refusant d’envisager une seule seconde d’être obligé d’en arriver là. D’être obligé de tuer son frère.
DEAN : Dis-moi où il est Andy. S’il-te-plait.
Andy est encore sous le choc de ce que Dean vient de lui apprendre. Ces choses existent-elle vraiment ou Dean est-il simplement fou ? Il doit pourtant admettre que depuis qu’ils l’ont trouvé, il n’y avait plus eu de disparition de randonneurs. Son regard se fiche dans celui de Dean et il y lit une telle détresse qu’il est persuadé à présent qu’il vient de lui dire la vérité.
ANDY : Très bien, je te crois. Et je vais t’aider si j’peux.
DEAN : Merci mais je veux juste savoir où peut être mon frère.
ANDY : Chez Keira Nolan. Je l’ai vu partir avec la camionnette de son fils. Mais…
DEAN : Mais quoi ?
ANDY : Ce qui m’étonne c’est qu’elle n’a jamais laissé personne la conduire depuis que Matthew est mort. Alors je me dis que peut-être… Oui peut-être elle cru voir son fils chez ton frère. Il avait à peu près la même carrure que lui.
DEAN : Non, Sam n’aurait jamais accepté de son plein grès d’être le fils d’une autre. Il a du se passer quelque chose sans quoi, il y a longtemps qu’il serait parti à ma recherche. Bon, conduis-moi chez cette Keira.
Moins d’une heure plus tard, ils arrivent à la vieille cabane. L’endroit semble désert. Aucunes traces de vie si ce n’est le cri des coyotes que l’on peut entendre au loin dans la montagne. Dean a un mauvais pressentiment. Andy passe devant et frappe à la porte. Aucune réponse. Dean le pousse alors et enfonce la porte d’un coup de pied, sous le regard surpris de son ami. Il pénètre à l’intérieur et son pressentiment s’intensifie en voyant la pièce sans dessus dessous. Andy passe devant lui à la recherche de Keira. Puis soudain il se fige et Dean le voit pâlir. Hésitant, ne voulant pas voir ce qu’il redoute, il finit par s’approcher et découvre le corps sans vie de la femme.
DEAN : Non, non, non, non !
L’angle étrange de sa tête ne laisse aucun doute quant à la façon dont elle a été tuée. Dean remarque aussi une odeur familière. Elle est faible, très faible même, mais il la connait si bien qu’il la reconnaitrait le nez bouché. Du souffre. Sam venait de franchir un pas vers la faible limite qui le séparait du monde démoniaque.
DEAN (pour lui-même) : Sammy, qu’est-ce que tu as fais…
ANDY : Tu crois qu’il s’est passé quoi ? C’est ton frère qui a fait ça ? Réponds !
DEAN : Il y a forcément une explication. Il n’a pas pu changer comme ça du jour au lendemain. Qu’est-ce qu’elle a bien pu lui faire ?
ANDY : Qu’est-ce que tu veux insinuer ? Que c’est à cause d’elle s’il est comme ça ? J’te rappelle quand même qu’elle est morte !
DEAN : Je sais et j’en suis désolé. Mais Sam n’aurait jamais agit de la sorte s’il n’y avait pas eu quelque chose. C’est pour ça que je suis sûr que…
Il s’interrompt, le regard attiré par un vieux livre qui traine sur le sol. Il s’avance et le ramasse, jetant un œil sur la couverture. Mystère et magie des plantes. Il l’ouvre et s’aperçoit que deux pages sont cornées, comme pour les marquer. Il lit la première puis, inquiet par ce qu’il vient de découvrir, lit la suivante.
DEAN : Et merde, manquait plus que ça…
Sam vient d’arriver à Denver, après plusieurs heures de route. Il ne sait pas pourquoi exactement il a choisi cette ville. Certes c’est une grande ville mais il y avait autre chose. Comme si il avait été attiré ici. Il s’arrête devant un bar et se dirige dans sa direction. Mais il a l’impression d’être épié et cela ne lui plait pas. Il ferme les yeux et se concentre, se laissant guider par son instinct. Puis il affiche un sourire et se dirige vers la ruelle adjacente. Là, il voit un homme qui le fixe, les bras croisés sur la poitrine. Mais ce qui surprend le plus Sam, ce sont ses yeux. Ils ne sont pas ordinaires. Ils sont noirs comme la nuit.
SAM : T’es qui toi ? Je peux savoir pourquoi tu me fixes comme ça ?
HOMME : Mon nom est Lothar. Et je t’attendais.
SAM : Je m’appelle Matthew.
LOTHAR : Matthew ? Bizarre, je m’attendais à un autre nom.
SAM : Comment ça ? Et comment savais-tu que je viendrais ici ?
LOTHAR : Je le savais, c’est tout. Toi et moi sommes… presque pareils. Tu as certains pouvoirs et j’ai les miens. Disons que je peux t’aider à exploiter les tiens au mieux.
SAM : Hooo alors tu me proposes tes services en quelque sorte.
LOTHAR : En quelque sorte oui. Mais mon offre n’est pas désintéressée. Je te connais, et visiblement mieux que toi-même. Je sais que tu es destiné à de grandes choses pour notre peuple.
SAM : Quel peuple ? Et c’est quoi cette destinée dont tu parles ?
LOTHAR : Je te parle du peuple des ténèbres, le monde auquel tu appartiens. Pour ce qui est de ta destinée, tu la connaitras bien assez tôt.
SAM : Très bien, alors je te suis. Mais à la moindre entourloupe, je me ferais un plaisir de te tuer.
Lothar affiche un sourire vainqueur et ses yeux reprennent alors une couleur normale, des yeux d’un bleu profond. Intérieurement il se dit qu’il a une chance inouïe. Il vient de mettre la main sur Sam Winchester et, le comble de cette histoire, ce dernier ne semble même pas savoir qui il est. Mais lui l’avait senti dès que ses pouvoirs se sont manifestés. Il avait reconnu les vibrations du sang d’Azazel qui coule dans les veines du jeune homme. Il avait senti que le leader choisi par son mentor venait enfin de prendre possession de la totalité de ses pouvoirs. Il ne lui restait plus à présent qu’à le modeler de manière à ce qu’il devienne ce qu’Azazel avait prévu pour lui : leur chef. A l’heure actuelle, Sam n’est pas un démon, il n’est qu’un être exceptionnel empli de haine et de soif de pouvoir. Il va devoir le pousser à franchir les limites pour en faire un démon à part entière. Il sent qu’il en a déjà franchit une, qu’il a déjà tué quelqu’un. Mais cela ne sera pas suffisant. Il va devoir tuer plus, faire souffrir plus d’une fois avant d’être démoniaque à part entière. Et pour son épreuve finale, il devra lui faire tuer une jeune vierge, supprimant ainsi toute chance de retour en arrière, toute chance de retrouver son humanité…
Sam regarde Lothar du coin de l’œil. Il n’aime pas ce type. Mais il semble qu’il puisse lui être utile. Finalement, il a accepté son aide mais lui non plus n’est pas désintéressé. Il se fiche bien du monde des ténèbres. La seule chose qui l’importe, c’est de développer ses pouvoirs. Ce Lothar veut l’y aider ? Grand bien lui fasse. Mais une fois l’apprentissage terminé, il ne lui sera plus d’aucune utilité et il a bien la ferme intention de s’en débarrasser… Un mal de tête se fait sentir, une douleur lancinante et insistante. Il sort une flasque de sa poche et avale une grande gorgée. Aussitôt la douleur disparait et il sent une vague de chaleur l’envahir. Il sent sa haine du monde augmenter. Il se dit que la potion de Keira fait vraiment des merveilles mais qu’il va vite devoir en refaire, même si se procurer toutes les herbes nécessaires ne sera pas une sinécure dans cette ville. Cette potion lui est indispensable, vitale…
A l’instant où Sam a ressentit son mal de tête, il en a été de même pour Dean. Cela lui était arrivé souvent ces derniers temps, y comprit quand sa mémoire lui faisait défaut. Il en ignore l’origine, se dit que les chocs violents qu’il a reçus à la tête en sont sûrement la cause. Il ne lui vient pas à l’idée que peut-être cela puisse avoir une toute autre origine. Que peut-être cela puisse avoir un lien son frère…
En revenant dans son studio, il prend le portable qu’il avait mis dans la malle, ainsi que l’ordinateur de son frère. Quand il les avait trouvés dans la voiture, il n’avait pas voulu les consulter, trop perturber par tout ce qu’il avait trouvé dans son coffre. Mais aujourd’hui, tout est différent. Il se souvient de qui il est. Il se souvient de son frère. Et il s’en veut de l’avoir laisser tomber. Même s’il sait au fond de lui qu’il n’y est pour rien, il se sent coupable de ce qui arrive à Sam. S’il avait été plus vigilant sur cette falaise, rien de tout ça ne serait arrivé. Jamais Sam n’aurait dérapé avec lui à ses côtés. Il essaie en tout cas de s’en persuader car au fond de lui, il sait que le risque pour que Sam bascule du mauvais côté est toujours omniprésent. Surtout depuis qu’il a apprit que son frère avait le sang d’Azazel en lui. Cette révélation lui avait fait l’effet d’une douche froide, surtout qu’il l’avait apprit de la bouche même d’Azazel. Il en a voulut quelque temps à Sam de ne pas lui en avoir parlé plus tôt mais comme il le lui avait dit, cela ne changeait rien au fait qu’il était son frère et qu’il continuerait à tout faire pour le protéger. Du moins jusqu’à la fin de son échéance. Il se maudit d’avoir perdu un mois. Un mois qu’il aurait voulu passer avec son frère, à chasser ou à ne rien faire. Il ne lui en restait plus que quatre et il ne voulait pas les passer à traquer son cadet. Il voulait le retrouver au plus vite et le défaire de l’emprise de cette drogue. Oui, cette drogue que Keira lui avait fait avaler. Cette drogue dont il avait trouvée la recette dans le livre de cette femme. Cette drogue qu’elle avait utilisée pour remodeler son frère à sa convenance. Mais visiblement, elle en avait perdu le contrôle et l’avait payé de sa vie…
Il prend son téléphone, l’ouvre et compose un des numéros du répertoire.
VOIX : Allo ?
DEAN : C’est Dean. J’ai besoin de toi.
VOIX : Tu es où ?
DEAN : Base des rangers du Mont Hancock, à Yellowstone.
VOIX : J’me mets en route immédiatement.
DEAN : Okay et prend un stock de tranquillisant avec toi. On va en avoir besoin.
VOIX : Quel genre de créature ?
Dean hésite un moment avant de répondre, mais il ne peut pas cacher la vérité à son ami.
DEAN : C’est pour Sam. Il… Il n’est plus lui-même tu comprends ?
VOIX : Okay, j’ai compris. Je prends le stock et j’arrive. Je serais là dans à peu près trois heures.
Dean raccroche et compose un autre numéro.
DEAN: Allo Bobby?
BOBBY: Dean?! Nom d’un chien, ça fait plus d’un mois que j’essaie de vous joindre toi et ton frère. Où vous étiez ?
DEAN : On a eu quelques soucis, je t’expliquerai. Ecoute, j’ai besoin que tu viennes de toute urgence à la base des rangers du Mont Hancock à Yellowstone.
BOBBY : Qu’est-ce qui s’passe ?
DEAN : C’est Sam. Il a sombré mais j’ai le moyen de le ramener à la raison.
BOBBY : Tu veux dire qu’il a changé de camp ? C’est ça ?
DEAN : Ecoute, c’est trop long à t’expliquer au téléphone alors viens, s’il te plait. J’y arriverais pas si t’es pas là.
BOBBY : Très bien mais tu sais que si ton frère a changé de camp, ça va vite se savoir.
DEAN : C’est pour ça qu’on doit faire vite. Je t’attends.
BOBBY : Je pars de suite.
Dean referme son téléphone et s’adosse au mur. Il tourne la tête en direction d’Andy qui ne l’a pas quitté des yeux tout le temps de ses conversations.
ANDY : Tu veux toujours pas me dire ce qui va pas avec ton frère ?
DEAN : Non. Inutile de redemander, la réponse sera toujours non.
ANDY : Dean…
DEAN : Ecoute, j’apprécie énormément tout ce que toi et les autres avaient fait pour moi. Avec vous, j’ai eu des amis pour la première fois depuis longtemps. Et c’est pour ça que je n’te dirais rien. J’veux pas mettre vos vies en danger, tu comprends ?
ANDY : Très bien. Mais sache que si tu as besoin, tu peux compter sur nous.
DEAN : Je sais et… J’t’en remercie.
Après une poignée de main chaleureuse, Andy quitte le studio, laissant Dean seul face à ses angoisses…
Une poignée d’heure plus tard, on frappe à la porte du studio. Dean vérifie l’identité du nouvel arrivant en regardant par le judas, espérant au fond de lui y apercevoir les traits de son frère. Mais il n’en est rien. Il est toutefois heureux de reconnaitre l’homme qui se tient derrière la porte. Il l’ouvre donc et tente d’afficher un sourire mais malgré sa joie de revoir son ami, le cœur n’y est pas.
DEAN : Salut William. Content que tu ais pu venir.
WILLIAM : J’ai une dette envers ton frère. Ce jour là, j’avais autant de chance d’y rester que toi et sans Sam, c’est ce qui serait arrivé. Il m’a sauvé la vie et je ferais tout pour payer ma dette.
DEAN : Merci pour lui. On attend Bobby et je vous résume ce qui se passe avec Sam.
WILLIAM : En attendant, explique-moi pourquoi je n’ai pas réussi à vous joindre pendant plus d’un mois.
DEAN : Nous joindre ? Tu as eu des problèmes ?
WILLIAM : Ha non, pas vraiment. Je voulais seulement vous annoncer que Célia et moi allions nous marier.
DEAN : Vous… Tu vas te… Ha ben merde alors ! Enfin je veux dire, mes félicitations !
WILLIAM : Merci mais pas de mariage tant qu’on n’a pas récupéré ton frère.
Au même moment, on frappe à la porte. Il s’agit de Bobby. Quand Dean le fait entrer, il remarque que son visage reflète une certaine inquiétude. Il sait que Bobby les aime comme ses enfants et il apprécie qu’il se fasse autant de soucis pour eux. Parfois il se dit qu’il aurait aimé l’avoir comme père.
DEAN : Merci d’être venu. Bon, maintenant que vous êtes là tous les deux, je vous explique.
Il leur raconte les grandes lignes de ce qui lui est arrivé pendant la période écoulée. De l’attaque du Wendigo jusqu’au retour de sa mémoire. Puis il aborde le sujet de Sam. Son attitude envers lui. Le fait qu’il ait tenté de le tuer. Le fait qu’il ait tué Keira Nolan. Puis il leur parle du livre qu’il a trouvé chez elle et des pages qui y étaient cornées. Il leur explique aussi sa théorie selon laquelle Sam serait sous l’emprise de la potion que Keira lui a fait prendre. Que celle-ci avait surement annihilé les barrières mentales qu’il avait dressées pour bloquer cette part de ténèbres au fond de lui. Il pense que s’ils arrivent à retrouver Sam à temps, il pourra le soigner et le faire redevenir lui-même.
BOBBY : Qu’est-ce qui te fais croire que ça marchera ? J’te rappelle qu’il a déjà tué quelqu’un !
DEAN : Tu crois peut-être que j’y pense pas ?! Ecoute, je pense que c’est possible. Je voudrais que tu fasses des recherches là-dessus. Il doit sûrement y avoir plusieurs étapes à franchir avant d’être complètement démoniaque .Un quelconque rituel ou n’importe quoi qui puisse nous informer à ce sujet. Pour William, j’aurais besoin de toi pour le chercher, le neutraliser et le soigner. Je vais te donner les ingrédients du truc qu’elle lui a fait avaler et vois ce que tu peux nous trouver comme antidote.
WILLIAM : Tu te rends bien compte qui si on lui fait subir un sevrage, ça aura sur lui les mêmes effets que sur un drogué. Il va souffrir horriblement.
DEAN : Je préfère ça plutôt que de le voir devenir un monstre et être obligé de le tuer.
Bobby s’installe donc au bureau et commence à pianoter sur l’ordinateur avant de plonger le nez dans l’armada de bouquins qu’il a fait suivre. Dean et William vérifient leurs armes puis quittent le studio…
A Denver, au fond d’un bar.
Un homme est assis à une table. Il fixe le comptoir où sont installés deux autres gars. Il les connait mais pour des raisons différentes. Le premier, il le piste depuis plusieurs jours déjà. Il sait quel genre de créature c’est. Un démon. Un fumier de démon qui s’est échappé de la porte des enfers. Quant à l’autre, il le connait pour l’avoir déjà croisé plus d’une fois au Road House, le bar d’Hélène Harvelle. Il sait qu’il s’agit de Samuel Winchester, le fils du grand John Winchester. Mais aussi le responsable de l’ouverture de la porte. Un homme dont son ami Gordon Walker disait qu’il fallait le tuer parce qu’il était comme les créatures qu’il chassait, voire pire. Et aujourd’hui il le voit, là, trinquant avec un démon. Cette fois, il a la preuve que Gordon disait vrai. Samuel Winchester est un traitre à sa race et il doit mourir…
Sam est accoudé au bar aux côtés de Lothar. Ils viennent de sceller leur alliance, même si, du point de vue de chacun, elle n’est que temporaire. Depuis leur conversation dans la ruelle, une idée a germé dans l’esprit du démon. Il sait que Sam aura de grands pouvoirs s’il arrive à bien les maitriser. Mais il sait aussi qu’il sera forcé de lui obéir, que Sam aura ce pouvoir là sur tous les démons. Il se dit qu’ayant été le plus fidèle à Azazel, c’est à lui que devrait revenir le privilège de conduire son armée et pas à cet humain qui a tué bon nombre de leur race. Il a déjà son idée en tête pour lui voler ses pouvoirs. Après l’étape finale, la mort de la vierge, il lui suffira de tuer Sam et de mêler son sang au sien. Alors il récupèrera toute sa puissance et la totalité de ses pouvoirs. Lui n’a que le pouvoir de base d’un démon alors que Sam, lui, il regroupera la totalité des pouvoirs de tous les démons existants ou ayant existés. Il sera l’être le plus puissant après le Maitre. Et Lothar ne peut pas laisser passer ça. Il ne peut pas laisser passer cette chance de devenir le bras droit du maitre. Oui, dès que Sam sera prêt, il se débarrassera de lui…
Sam ne fait plus attention à son partenaire. Plusieurs choses se bousculent dans sa tête. Il se demande quelle est cette destinée dont il lui a parlé. A quel point peut-elle être importante pour qu’un démon vienne se charger de son « apprentissage » ? Il n’est pas dupe. Il sait que Lothar veut se servir de lui mais il n’a pas l’intention de se laisser manipuler. Il a refusé ce droit à sa mère, ce n’est pas pour l’accorder au premier inconnu qui passe, tout démon soit-il. Il repense aussi à Dean, à la satisfaction qu’il a ressenti en étant proche de le tuer, à la frustration de son échec. Mais aussi à cette sensation étrange qu’il a ressentie. Plus il s’approchait de lui, plus il avait l’impression d’avoir la tête dans le brouillard, une petite voix lui répétant sans cesse la même litanie. Tu as oublié… Souviens-toi… Souviens-toi… Qu’est-ce que ça pouvait bien signifier ? Qu’avait-il oublié ? De quoi devait-il se souvenir ? Il sait que cela a sûrement un rapport avec Dean mais il ne sait pas lequel. Il ne sait pas que tout au fond de lui, que tout au fond de son âme, une infime part de lui-même ne veut pas être cet être démoniaque qu’il s’apprête à devenir. Qu’une infime part se souvient encore de son frère et a voulu l’empêcher de le tuer…
Perdu dans ses pensées, il en est tiré en sentant un bras se poser sur son épaule. Il se retourne et se retrouve face à une femme. Mais pas le genre de femme que Sam aurait appréciée en tant normal. Celle-ci est vulgaire et fortement provocante, maquillée outrageusement et à moitié ivre.
FEMME : Salut mon mignon. Tu veux t’amuser un peu ?
SAM : Ca dépend ce que tu entends par là.
FEMME : Pas une partie de poker si tu vois ce que je veux dire.
SAM : Je vois parfaitement oui. Attends-moi dehors.
FEMME : Je pensais qu’on aurait pu boire un verre avant, qu’est-ce que tu en penses ?
Sam la regarde au fond des yeux, la pénétrant d’un regard intense. La femme ne peut pas s’en détacher et sous son influence, ses pupilles se dilatent et elle perd son sourire. Son regard et son visage n’affichent plus la moindre expression. Elle ne bouge plus et attend. Sam se tourne alors vers Lothar qui a observé la scène.
SAM : Je te laisse. On se retrouve ici demain matin.
LOTHAR : impressionnant ta façon de la mater.
SAM : Disons juste que j’avais besoin qu’elle se taise cinq minutes.
Il se lève et se dirige vers la porte, suivi par la femme. Ils vont ainsi jusqu’à une chambre d’hôtel. Une fois sur place, Sam ferme les yeux et en quelques secondes, la femme sort de son état léthargique.
FEMME : Comment on est arrivés là ?
SAM : Petit tour de passe-passe.
Sans ajouter un mot, il l’attrape par les épaules et l’attire à lui. Il l’embrasse fougueusement, lui arrachant presque ses vêtements. Elle est surprise puis semble satisfaite de tant de passion. L’obligeant à reculer, il la pousse ensuite sur le lit avant de se dévêtir à son tour. Puis il la rejoint et commence à la caresser fiévreusement. Ses gestes deviennent de plus en plus précis et entreprenants. Il ne fait preuve d’aucune délicatesse vis-à-vis de sa partenaire mais cela ne semble pas la gêner outre mesure. Quand enfin elle est prête à le recevoir en elle, il s’installe entre ses cuisses mais de nouveau, aucun signe de chaleur. Il est brusque pour ne pas dire bestial. Comme un animal n’écoutant que ses plus bas instincts. Il lui maintient les avants bras plaqués contre le matelas pour ne pas sentir ses caresses. Elle, elle fait abstraction de son manque de chaleur, se contentant du plaisir extrême qu’il lui donne. Quand il atteint enfin le sommet de son plaisir, il l’attrape par les cheveux pour amener sa bouche contre la sienne, étouffant ainsi ses gémissements. Il la relâche et sa tête retombe sur l’oreiller, la laissant haletante et satisfaite. Elle va pour se lever mais il la retient par le bras, lui faisant comprendre que la nuit n’était pas encore finie et qu’il n’avait pas l’intention de s’arrêter là…
Dean et William ont roulé plusieurs heures puis se sont finalement arrêtés pour la nuit dans un petit motel pas très loin de Denver. Dean l’ignore mais il s’est considérablement rapproché de son frère. Il va directement dans sa chambre, sans même prendre la peine de manger. Il n’a pas la tête à ça. Il pense à Sam, se demande s’il réussira à le sortir de là. Il se demande aussi comment Sam réagira quand il saura qu’il a tué quelqu’un. Il le connait assez pour savoir qu’il va s’en vouloir comme jamais. Il s’en veut déjà de la mort de ses proches alors qu’il n’y est pour rien, mais là, il s’agit d’une toute autre histoire. Là, Sam a tué de ses mains une personne innocente. Certes, elle avait visiblement usé d’une drogue sur lui mais cela ne justifiait pas un tel acte. Cela ne justifiait pas d’ôter la vie de quelqu’un. Puis il envisage le pire. Il envisage le fait de ne pas pouvoir ramener son frère à la raison. Il envisage le fait d’être obligé de le tuer. Et s’il n’y arrivait pas ? D’ailleurs, comment ose-t-il envisager cette hypothèse il s’en veut immédiatement mais il sait tout au fond de lui que peut-être il n’aura pas d’autre alternative. C’est pour ça qu’il a demandé à William de venir. Pour le cas où lui n’est pas la force de faire le nécessaire. La sonnerie de son téléphone le sort de ses pensées.
DEAN : Bobby ?
BOBBY : Oui, bon écoute. J’ai des infos, et pas que des bonnes nouvelles malheureusement.
DEAN : Bon ben commence par les bonnes, on verra le reste après.
BOBBY : Okay. Bon, pour qu’un être devienne démoniaque, il y a plusieurs possibilités. Ca va du rituel par le sang à d’autre bien plus gores dont je te passe les détails. Par contre, le seul que j’ai trouvé qui pourrait s’adapter à Sam, c’est une initiation démoniaque.
DEAN : C'est-à-dire ?
BOBBY : Il faut qu’un démon le prenne sous son aile et le pousse à utiliser le maximum de son potentiel, le tout en une période assez courte, généralement 24 heures. Cette initiation finit par le sacrifice d’une vierge, ce qui implique la plus complète impossibilité de retour en arrière.
DEAN : Donc en gros, s’il tue une vierge, il perd toute chance de retrouver son humanité ?
BOBBY : Exactement.
DEAN : Bon ben à moins qu’il ait pu se trouver un démon à…
BOBBY : Il en a un.
DEAN : Quoi ?!
BOBBY : C’est une des mauvaises nouvelles. Il a trouvé un démon, ou un démon l’a trouvé peu importe.
DEAN : Comment tu l’as appris ?
BOBBY : Par Hélène. Elle a entendu deux chasseurs au bar en discuter. Ils devaient en rejoindre un troisième qui surveille ce démon et ton frère. Dean, ils ont l’intention de le tuer et crois-moi, Desmond et Baldwin sont pas des tendres.
Dean ne répond pas. La nouvelle lui fait l’effet d’une bombe. Son frère allié à un démon, des chasseurs à ses trousses. Comment va-t-il réussir à le sauver ? Comment vont-ils s’en sortir cette fois ?
BOBBY : Dean ?!
DEAN : Oui, euh… Tu sais où ils sont partis ?
BOBBY : Non, Hélène n’a pas su me dire. Comment tu vas le retrouver ?
DEAN : J’en sais rien Bobby, j’en sais rien…
Il raccroche, s’assoit sur son lit et se passe la main sur le visage. Pour la première fois de sa vie, il ne sait pas quoi faire. Il ne sait pas quelle décision prendre. Il se sent perdu sans son frère à ses côtés. C’est comme si… Comme s’il avait perdu une partie de lui-même. La porte de la chambre s’ouvre, laissant apparaitre William.
WILLIAM : Dean, ça va ?
DEAN : Sam a tué quelqu’un, il s’est allié à un démon et des chasseurs sont à ses trousses. Alors non, ça n’va pas. J’ai échoué lamentablement. J’ai pas su le protéger et voilà le résultat. Aujourd’hui mon frère est à deux doigts de devenir le monstre qu’il a toujours redouté d’être, je suis à deux doigts d’être obligé de le tuer. Pourquoi ?!! Pourquoi le sort s’acharne toujours sur notre famille, hein ?!! Pourquoi est-ce qu’on doit toujours avoir une épée de Damoclès au dessus de la tête ?!!!
Tout en parlant, il s’est levé, écartant les bras comme s’il voulait expulser toute la colère qu’il ressentait, tout son désespoir.
WILLIAM : On le sortira de là. On f’ra tout c’qui faut pour ça. J’ai déjà réussi à regrouper tous les ingrédients dont j’aurai besoin pour l’antidote.
DEAN : J’espère vraiment que ça marchera et surtout, qu’on le retrouvera à temps.
WILLIAM : Tu devrais aller dormir un peu.
DEAN : Ouai, toi aussi. On a du boulot demain.
Tout deux rejoignent leurs lits respectifs et se couchent. Dean mets un long moment à s’endormir. Il tourne et retourne dans son lit, assaillit par toutes ces pensées au sujet de son frère. Il finit tout de même par s’endormir mais sa tranquillité n’est que de courte durée. Il fait un rêve étrange dans lequel il voit Sam. Sam en compagnie d’un homme aux yeux noirs, assis à un bar. Puis une enseigne, le « Nuggets » et sur les murs, plusieurs affiches annonçant des matchs de basket-ball pour l’équipe des Denver Nuggets. Puis finalement une lumière blanche aveuglante, accompagnée d’un violent mal de tête le réveille d’un bond.
DEAN : Il est à Denver…