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Série : Supernatural
Création : 12.03.2008 à 18h16
Auteur : socrate
Statut : Terminée
« une première pour moi, alors soyez indulgents. cette fic est complète et je l'écris seule pour l'instant. merci » socrate
Cette fanfic compte déjà 50 paragraphes
Le calme règne dans la chambre. Sam est allongé sur un des lits, tout habillé. Il ne s’est même pas déchaussé. La fatigue l’a terrassé d’un coup. Son visage porte les marques de combats récents, il a l’air exténué mais semble plongé dans un sommeil calme et réparateur.
Dans la salle de bain attenante, l’eau de la douche s’écoule, brûlante, sur la peau de Dean. Lui aussi est épuisé. Sous l’effet de l’eau chaude, ses muscles se détendent. Cette dernière chasse… Il soupire. Cette dernière chasse a été dure, pénible. L’un des amis chasseurs de Bobby y est resté. Son frère a bien failli y perdre la tête. Littéralement. La hache n’est vraiment pas passée loin et Dean se félicite d’avoir eu d’aussi bons réflexes, sinon… Il aurait pu dire adieu à Sam… Encore…
Il secoue la tête. Ce n’est pas ce qu’il voulait pour son petit frère quand il l’a ramené de l’au-delà. Il ne regrette pas son geste une seule seconde. Son âme contre la vie de son frère, de son sang. Si c’était à refaire, il recommencerait sans hésiter. Mais il est déçu. Il aurait aimé croire qu’avec son sacrifice, il offrirait une autre vie à Sam. Une vie normale, sans démon, sans chasse, sans danger. Au lieu de ça, ils combattent au cœur d’une guerre, risquent leur vie en permanence… Et il ne sera bientôt plus là pour le protéger.
Dean sort de ses réflexions. Ca ne sert à rien de culpabiliser ou de se lamenter. Il coupe l’eau et sort de la douche. Le temps qu’il lui reste, il le passera à veiller sur Sam, il se l’est promis.
De la porte entrebâillée, il l’observe. Sa respiration est régulière, à la limite du ronflement. Il sourit, au moins cette nuit, ils pourront dormir sans crainte. Dean se dirige alors vers son lit, prend le temps de déchausser et recouvrir son frère d’une couverture avant, soi-même, de sombrer dans les bras de Morphée.
Ce n’est pas le soleil qui tire Dean de son sommeil, il fait encore nuit noire. Il se tourne et regarde son frère. Sa respiration est plus rapide, saccadée. Il gémit et bouge beaucoup. Il semble faire un cauchemar mais la douleur se lie sur son visage. Cela rappelle à Dean lorsque Sam avait des visions. Pourtant, elles ont stoppé avec la mort du démon, il ne devrait plus en avoir. Sachant qu’il ne peut rien pour aider son frère, Dean reste près de lui, une main sur son bras, l’autre sur son front pour l’apaiser, lui faire sentir sa présence. Ca n’en finira donc jamais !
Soudain, Sam ouvre les yeux. D’abord perdu, il se resitue doucement : la chambre d’hôtel, leur dernière chasse, son frère qui l’observe anxieusement.
Dean : « Hey ! Comment tu te sens ? »
Sam : « Pas au top ! J’ai l’impression d’être passé sous un camion. »
Dean : « Bof, t’es passé entre les mains d’un bûcheron possédé, ça se vaut si tu veux mon avis ! »
Sam : « Je me disais aussi, il était bien costaud pour un jockey ! »
Les deux frères sourient, complices. Puis Dean reprend :
Dean : « Tu gémissais dans ton sommeil, tu as fait un cauchemar ? »
Sam est embarrassé, il a perçu la note d’espoir dans la question. Lui aussi pensait être débarrassé mais apparemment non. Ca n’en finira jamais.
Sam : « Non, ce n’était pas un cauchemar. »
Dean : « Une vision alors… », Compléta-t-il déçu. « Qu’as-tu vu ? »
Sam : « Une jeune femme, égorgée… par un démon… à Los Angeles… Et si j’ai bien vu, cela doit se passer dans deux jours. »
Dean : « Deux jours !?! Sam, on ne peut pas traverser le pays en deux jours et tu sais qu’il est hors de question que je prenne l’avion. »
Sam : « Alors, il faut partir maintenant. On ne s’arrêtera que pour boire, manger, faire le plein et se relayer au volant. »
Dean regarde son frère. Entre deux têtes de mule, il est toujours difficile de savoir qui va céder.
Dean : « Sam, t’es crevé, t’es pas en état de faire toute cette route. On ne pourra jamais y être à temps de toute façon alors on retourne se coucher et on avise plus tard, ok ? »
Sam : « Non. Dean, si je l’ai vue, c’est qu’on peut la sauver. Qu’on doit la sauver. Ou tout au moins essayer. Tu pourras vraiment te regarder dans une glace si on ne bouge pas et qu’elle meure ? »
Dean sait bien que non. Et Sam le sait tout aussi bien. Finalement, il se ressemble beaucoup tous les deux.
Dean : « Bon, bon, ça va. T’as plus de détails à me raconter ? »
Sam : « Euh… pas vraiment, non. »
Dean : « Non ? Une fille ? Un démon ? A Los Angeles ? C’est tout ? »
Sam : « Bah, ouais. »
Dean : « C’est plus que léger. Et on parle bien de Los Angeles, en Californie ? Grande métropole de quelques vingt millions d’habitants et je ne compte pas les gens de passage ? »
Sam : « C’est ça. »
Dean : « Bravo Sammy. Merci de m’avoir réveillé pour ça ! Je sens qu’on va bien se marrer sur ce coup-là ! Maintenant, si t’as la moindre idée de comment on va faire pour trouver cette fille, te gêne pas ! Fais-moi partager tes réflexions de génie. Rien ? Bon, je retourne me coucher, réveille-moi quand t’en sauras plus. »
Sam : « Dean ! »
Dean « Quoi ? »
Dean ouvre un œil et manque de s’étrangler de rire en voyant la tête de son frère. Sam lui fait ses gros yeux, comme s’il n’avait pas fini sa soupe.
Dean : « Oh, ça va, c’est bon, lâche-moi ! »
Sam : « Je commence à conduire si tu veux, comme ça tu peux te rendormir. »
Dean : « C’est ça, t’as vraiment pas vu ta tête ! Hors de question que tu t’installes au volant de ma princesse avec une tronche pareille. »
Sam : « Jerk ! »
Dean : « Bitch ! »
Ils se toisent du regard un instant. Dean finit par éclater de rire.
Dean : « Et merde. Bon, ok, on est parti. Mais je te préviens. Après cette chasse, vision ou pas vision, on se prend une semaine de vacances à se prélasser sur la plage, entourés de filles en bikini ! »
Sam : « Vendu ! »
Et ils se lèvent pour se préparer au départ.
Jill regarde autour d’elle, indécise. Les bus ne circulent pas aujourd’hui, grève des chauffeurs. C’est bien sa veine. Elle ne trouvera jamais un taxi de libre. Si elle avait su, elle aurait pu demander à son frère ou à sa sœur de venir la chercher. Mais à l’heure qu’il est, ils sont en cours tous les deux. Et puis de toute façon, le temps qu’ils arrivent… Elle grimace, ses chaussures lui font mal aux pieds. C’est vraiment une journée de merde !
Finalement, elle s’approche du trottoir, au milieu des autres personnes. Peu convaincue, elle tend le bras et appelle « Taxi ! ». Au pire, elle pourra peut-être partager un taxi avec quelqu’un.
Tout à coup, un taxi, vide, s’arrête pile à sa hauteur. Sans réfléchir, elle s’y engouffre, soulagée. Finalement, sa journée n’est peut-être pas fichue.
Jill : « Bonjour, 115 Victoria Avenue à Oxnard, s’il vous plaît ! »
Sans répondre ni même lui jeter un regard, le chauffeur démarre et dirige son véhicule vers l’Interstate 10.
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Jill regarde le paysage défiler. Elle est mal à l’aise. Il y a une odeur bizarre dans ce taxi. Une odeur d’œuf pourri qui lui donne la nausée. Voulant ouvrir sa fenêtre pour respirer un peu d’air frais, elle se rend compte qu’elle est bloquée, sans doute une sécurité enfant. Elle interpelle alors le chauffeur à travers la vitre de séparation pour lui demander d’ouvrir un peu mais n’obtient pas de répondre.
Jill : « Super. Pas bavard, pas aimable, pas serviable. Je hais les taxis. »
Soudain, elle se rend compte qu’il vient de manquer la bifurcation permettant de contourner Los Angeles par le nord. En passant par le centre, non seulement il rallonge la course mais c’est les embouteillages assurés.
Jill : « Excusez-moi, je vous ai dit Oxnard. Vous venez de manquer l’embranchement. Prenez la prochaine sortie sinon on n’arrivera pas avant demain. »
Mais le chauffeur laisse passer la sortie suivante et même celle d’après. Jill s’énerve et lui répète sa demande. Peut-être qu’il ne l’entend pas bien avec cette fichue vitre alors elle tapote dessus. Au lieu de lui répondre, le chauffeur monte le son de son autoradio.
Jill : « Il me prend pour une idiote ou quoi ! Hey ! Vous m’entendez ? Prenez la prochaine sortie ! Je vous préviens, je ne vous règlerai pas la course ! Hey ! Allo, je vous parle là ! Hey ! Vous allez me répondre oui ?!? »
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Jill ne comprend pas ce qui se passe mais sent bien qu’il y a un problème. L’inquiétude commence à l’envahir alors qu’elle continue d’interpeller le chauffeur sans succès.
Elle se fige alors que leur regard se croise par l’intermédiaire du rétroviseur. Ses yeux sont noirs, complètement noirs, tout le globe oculaire. Jill s’est déjà confrontée à des barjots, des junkies qui carburaient à tout et n’importe quoi. Mais là, cela n’a rien à voir. Non, rien du tout.
Cette fois-ci, la panique monte en elle comme une vague. Refusant de se laisser submerger, elle saisit son téléphone et compose le 911.
Opérateur : « Police Secours, j’écoute. »
Jill : « Allo ? Aidez-moi. Il est en train de m’enlever. »
Opérateur : « Calmez-vous. Dites-moi où vous êtes et ce qui vous arrive. »
Jill : « Je suis dans un taxi. Il a condamné les portes et fenêtres. Impossible de les ouvrir. Il refuse d’arrêter son véhicule. Et ses yeux, mon dieu, ses yeux… »
Opérateur : « Redites-moi où vous êtes précisément, une patrouille peut vous intercepter. »
Jill : « Sur l’Interstate 10, en direction de Los Angeles. On vient de passer la sortie » - bip –bip – bip – « Allo ? Est-ce que vous m’entendez ? Allo ? Allo ? »
Jill, interdite, regarde son téléphone. Plus de batterie. Là, vraiment, c’est une journée de merde. Seule, sans espoir de se faire aider par la police, Jill décide de ne pas se laisser faire. Si elle arrive à attaquer le chauffeur, il sera bien obligé de s’arrêter. Mais la vitre tient bon, impossible de la briser. Le désespoir l’envahit, elle imagine les pires scénarios. Il ne lui reste plus qu’à espérer une aide extérieure.
Elle hurle alors en tapant de toutes ses forces sur les vitres et pare-brise, tentant d’attirer l’attention des autres automobilistes.
Sam : « Dean, ça fait trois fois que tu me le dis. Qu’est-ce que tu veux que je te réponde ! J’ai regardé un plan, un guide touristique, rien ne me semble familier. Mais en sillonnant la ville, peut-être que je reconnaîtrais un bâtiment ! »
Dean : « Tu parles, au cas où tu n’aurais pas remarqué, c’est une grande ville. Et encore, je suis sympa en disant grande ! La probabilité qu’on tombe sur la bonne place avant ce soir, est quasi-nulle. Franchement, je me demande ce qu’on fout là ! »
Sam : « Plutôt que de me saouler, profite donc du paysage ! » rétorque Sam en montrant du doigt deux jolies filles fraîchement vêtues dans une décapotable.
Mais alors qu’il se frotte les mains, l’œil lubrique, le sourire aux lèvres, il remarque l’étrange manège d’une fille dans un taxi.
Intrigué, il l’observe plus attentivement. Au premier regard, il a crû à une hystérique mais maintenant, il n’en est plus aussi sûr.
Dean : « Sam, rapproche-toi du taxi, tu veux ! »
Sam : « Qu’est-ce qu’il y a ? T’as trouvé la femme de tes rêves ? »
Sam accélère légèrement et se place sur la file voisine. Il jette un œil rapide au taxi.
Sam : « Dean ! C’est elle ! C’est la fille de ma vision ! »
Dean : « T’es sûr ? En tout cas, elle a l’air de vouloir sortir de ce taxi. Rapproche-toi encore. »
Alors que l’Impala remonte à sa hauteur, le chauffeur tourne la tête. Les deux frères remarquent aussitôt ses yeux.
Dean : « Ok, on la sort de là maintenant. Si on attend, avec cette circulation, il pourra trop facilement nous semer. »
Dean se retourne et sort de son sac une arme chargée.
Sam : « Tu peux pas tirer sur le chauffeur ! Tu provoquerais un accident ! »
Dean : « Sur le chauffeur ? Non. Sur la fille ? Oui. »
Sam : « Quoi ? Qu’est-ce que tu fais ? »
Dean : « Approche-toi à sa hauteur à elle. Et vas-y doucement ! La moindre éraflure sur mon bébé et c’est sur toi que je tire ! »
Sam sourit à cette remarque et suit les conseils de son frère.
De son côté, Jill a compris qu’ils allaient l’aider. Elle se calme et attend la suite. Le passager ouvre sa fenêtre et lui fait signe de se baisser. Il pointe une arme vers elle.
Jill : « Il est cinglé ! » a-t-elle le temps de penser avant de se baisser et se protéger la tête.
Le coup de feu retentit et simultanément la vite explose, la recouvrant d’éclat de verre. Le chauffeur, surpris, fait un écart dangereux et accélère en slalomant.
Sam engage alors l’Impala dans une course-poursuite que Dean aurait préféré éviter.
Sam : « Tu serres les fesses frangin ? »
Dean : « Ferme-la et conduis Sammy ! »
Habilement, Sam coince le taxi sur une file de laquelle il ne peut plus zigzaguer.
Sam : « Maintenant, Dean, c’est maintenant ! »
Dean se penche alors légèrement par sa portière et fait signe à la jeune femme de traverser. Si Jill pense toujours qu’il est cinglé, elle n’hésite toutefois pas et se penche à son tour. Elle agrippe les mains qui se tendent vers elle et bascule tout son corps par la fenêtre. Sam rapproche encore la voiture pour qu’elle ne tombe pas entre les deux. Dean la tire vers lui et la tient dans ses bras lorsque le taxi trouve une faille et s’écarte brusquement.
Jill est sauvée. Tremblante, elle reste blottie dans les bras de son sauveur. Le taxi a pris la fuite. Bloqué par un camion, Sam n’a pu le suivre. Dean lui fait signe de quitter la voie rapide.
Dean : « Tout va bien. Vous êtes en sécurité maintenant. Ca va aller. »
Il continue de lui parler, la rassurant. Il est impressionné, elle n’a pas hésité une seconde, elle a fait preuve d’un sacré courage.
Les trois jeunes gens se tiennent à côté de l’Impala. Jill, assise, la portière ouverte, se remet de ses émotions.
Jill : « Merci. Merci beaucoup. »
Dean : « Ca va aller ? »
Jill : « Oui. Oui. Ca va, ça va… »
Sam : « Vous voulez qu’on vous dépose chez vous ? Ou chez un proche ? »
Jill : « Il faudrait plutôt aller à la police, vous ne croyez pas ? S’il s’en prend à quelqu’un d’autre ? J’ai retenu le numéro du taxi. »
Les deux frères se regardent, elle ne comprendrait pas.
Dean : « Vous voulez peut-être un papier pour noter ce numéro, histoire de ne pas l’oublier. »
Dean tend un papier et un crayon à Jill qui y note le numéro sous le regard très attentif de Sam.
Dean : « On va vous laisser souffler un peu et puis on vous dépose au poste de police le plus proche, ok ? »
Le silence s’installe. Les deux frères n’osent pas lui poser trop de question pour ne pas éveiller ses soupçons. C’est Jill qui rompt cette gêne. Elle parle plutôt pour elle-même. Sa voix est douce, chaude, elle ne tremble plus. Elle parle bas mais les frères n’en perdent pas une miette.
Jill : « J’avais jamais vu ça. J’ai eu la peur de ma vie. Il avait des yeux noirs, entièrement noirs. Quand il m’a regardé, mon sang s’est glacé. C’est pas humain des yeux pareils… C’est pas possible… C’est pas humain… Bon sang, je divague complètement… J’ai dû rêver… Ca n’existe pas des yeux pareils… Et pourtant, je suis sûre de ce que j’ai vu… Vous devez me prendre pour une folle ! »
Dean : « On a vu ses yeux. » lâcha Dean. « Et ils étaient noirs, comme vous dites. Et vous avez raison, c’est pas humain… pas tout à fait. »
Sam regarde son frère, surpris. Il n’est pas sûr qu’elle soit prête à entendre ça. Mais pour une raison inconnue, Dean sent qu’il faut lui dire. Est-ce parce qu’il a vu son courage, sa détermination quand ses yeux s’accrochaient aux siens pendant qu’elle traversait ? Est-ce parce qu’il devine qu’il se cache autre chose qu’une frêle jeune femme sous ce tailleur chic ? Est-ce son calme, sa voix posée qui énonce un simple fait ? Il n’arrive pas à déterminer ce qui le pousse à vouloir lui expliquer la vérité mais son instinct lui dit qu’il ne se trompe pas. Il s’apprête à reprendre sa phrase quand il remarque que Sam plisse les yeux et commence à grimacer de douleur.
Dean : « Sam ? »
Mais celui-ci ne répond pas, il se tient la tête et se plie de douleur.
Dean : « Sam ? Ca va aller. Assied-toi. Tiens-toi à moi. Ca va aller. »
Dean soutient son frère qui ne voit plus rien, aveuglé par la douleur, perdu dans une nouvelle vision.
Jill : « Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qu’il a ? »
Dean : « Ca va lui passer. Ca lui arrive de temps en temps. Sam, ça va ? »
Sam émerge doucement. Il regarde Dean, puis la jeune femme. Le regard fixé sur elle.
Sam à son frère : « C’est elle qu’il veut. Il en a après elle, pas quelqu’un d’autre. Il va revenir la chercher. Il faut la protéger. Elle a quelque chose de spécial… »
Jill : « Quoi ? Qu’est-ce qu’il raconte ? Pourquoi il dit ça ? »
Dean ne répond pas de suite, il réfléchit. Il va falloir qu’elle accepte de croire en beaucoup de choses en pas longtemps… Et surtout, qu’ils s’éloignent d’ici, et vite.
Dean : « Ok. Ecoutez-moi. Regardez-moi. » Il la force à lui faire face, à le regarder dans les yeux. « Je sais que ce que je vais vous demander va vous paraître impossible mais là on n’a vraiment pas le temps. Alors, il va falloir que vous nous fassiez confiance. On peut vous protéger. Non, écoutez-moi. La police ne vous protégera pas. Nous, oui. Vous devez venir avec nous. Maintenant. Faites-nous confiance, on veut vous aider. »
D’un geste, il lui fait signe de monter dans la voiture. Jill hésite. La logique voudrait qu’ils aillent à la police. Mais quelque chose la retient : la sincérité dans le regard du plus âgé, l’anxiété réelle du plus jeune, le fait qu’ils aient l’air de la croire pour les yeux du chauffeur… Elle prend sa décision, ils lui apporteront les réponses. Elle hoche la tête et s’installe à l’arrière de la voiture. Dean prend le volant et démarre sur les chapeaux de roues.
Dean : « Au fait, moi, c’est Dean Winchester et lui, c’est Sam, mon frère. On trouve un abri sûr pour la nuit et après on discute. »
Les trois jeunes gens sont attablés autour du dîner préféré de Dean : hamburger saignant et méga plat de frites. Jill et Dean mangent d’un bon appétit sous l’œil amusé de Sam. Dans la voiture, c’est Jill qui a réclamé à manger la première, immédiatement approuvée par Dean.
Jill : « Alors ? Vous savez qui est cet homme ? »
Dean : « Qui ? Non. Quoi ? Oui. Les yeux entièrement noirs que vous avez remarqués sont la caractéristique physique d’un corps humain possédé par un démon. »
Jill manque de s’étouffer. Elle ne s’attendait pas à ça. Il est cinglé, définitivement.
Sam poursuit : « On sait que c’est dur à croire. Pourtant, nous sommes entourés d’éléments surnaturels : fantômes, esprits vengeurs, démons, vampires et j’en passe. La plupart sont dangereux, s’en prennent à l’homme de façon systématique ou pour répondre à un objectif défini. Le choix de leurs victimes peut être hasardeux comme précis. D’après ma vision, vous faites partie de cette seconde catégorie. »
Jill : « Une minute, une minute. Admettons que je veuille bien croire en dieu. Ce n’est pas le cas mais admettons. Mais des vampires ? Des démons ? Vous êtes trop allés au cinéma. Et cette histoire de vision ? Vous êtes quoi ? Médium ? »
Sam : « Euh, non, pas médium… Mais des fois, je vois des choses qui vont se passer… Avant, elles étaient toujours en lien avec un démon précis… Mais nous l’avons anéanti, alors je ne suis pas sûr de la raison… »
Dean est songeur. Il ne s’était pas posé la question, n’avait pas cherché à savoir pourquoi Sam avait eu une vision, trop surpris qu’il en ait à nouveau.
Jill : « Et vous faites quoi dans la vie, pour me parler de… ce genre de choses ? »
Sam : « Nous sommes… des chasseurs. »
Jill : « Et vous passez votre temps à chasser ces… choses. Ok, vous êtes complètement barrés. Tous les deux. Je n’aurais jamais dû vous suivre. »
Jill se lève pour partir quand :
Dean : « Est-ce que votre mère est morte dans l’incendie de votre maison quand vous étiez enfant ? »
Jill s’arrête net. Comment Dean peut-il être au courant ? Sam, aussi surpris qu’elle, regarde son frère d’un air interrogateur. Dean reprend.
Dean : « Le démon que nous avons tué, avait assassiné notre mère. Les visions de Sam nous ont toujours conduits à des familles qui avaient eu à subir ce même drame. Nous pensions avoir trouvé tous les enfants concernés, mais on peut s’être trompés. »
Sam est impressionné. Ce serait logique. Et dans ce cas, l’attaque du démon s’expliquerait aussi. Il chercherait à tuer celui ou celle qui serait susceptible de prendre la place du roi.
Jill se rassoie, touchée. Cette histoire est très personnelle, elle n’en parle que très rarement. C’est un épisode douloureux qui a dicté le déroulement de son existence, qui a fait d’elle ce qu’elle est devenue, une battante. Ne jamais baisser les bras. Jamais !
Jill : « Mon père nous a sauvés, moi, mon frère et ma sœur. Mais il est retourné chercher Maman. Il n’est jamais ressorti. Nous avons été placés dans des familles d’accueil, des foyers. Nous avons été séparés. Dès que j’ai été assez grande, je les ai retrouvés et j’ai obtenu leur garde. » Elle s’arrête le regard voilé. « Vous dites que c’est un démon qui a tué mes parents ? Et que maintenant il s’en prend à moi ? Pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai de spécial ? »
Dean : « Ce n’est pas le même démon. Avant que nous le détruisions, il a eu le temps de libérer une armée de démons de l’enfer. L’un des enfants que le démon avait marqué, devait devenir le chef de cette armée. Mais… euh… Ca ne s’est pas tout à fait passer comme ça. Et maintenant, certains démons cherchent à obtenir la place du roi. »
Jill : « Marqué ? Comment ça ? »
Dean : « Est-ce que vous possédez un don ? Une sorte de pouvoir ? »
Jill : « Quoi ? Non ! Je suis douée en architecture, mais j’ai travaillé dur pour ça ! »
Sam : « Dean. Elle est l’aînée, ce n’est pas elle qu’Azazel a marquée… Lequel de votre frère ou de votre sœur était bébé quand cela s’est produit ? »
Jill : « Les deux… Ils sont jumeaux. »