La nuit était tombée depuis un moment. La forêt était encore plus lugubre dans l’obscurité qu’elle ne l’était déjà en plein jour. Les feuilles des arbres hauts et austères frémissaient sous un léger vent. Rien ne troublerait le sommeil des quelque quatre cent habitants de ce petit village de l’Idaho. Quoique…
Vers minuit, une étrange lueur orangée perça les ténèbres, en plein cœur de la forêt. On aurait dit un incendie, mais les arbres ne brûlaient pas. Pourtant, des flammes s’élevaient, c’était certain.
Julia, antiquaire, se réveilla vers trois heures du matin. Elle souffrait d’insomnies et se levait souvent la nuit pour boire et rester un moment à rêver sur la balancelle, sous la véranda ouverte. Cependant, depuis quelques mois, elle avait peur de sortir la nuit. A cause de cette fichue lumière qui lui collait la frousse…Elle quitta sa chambre, traversa le salon, aussi surchargé de bibelots que sa boutique, située en appentis à sa demeure. Se versant un verre d’eau ans la cuisine, elle jeta un coup d’œil distrait par la fenêtre et sursauta.
Encore ! Encore ce feu qui brûlait au centre de la forêt sans consumer les arbres ! Elle voyait la lueur, elle entendait presque les craquements douloureux du bois qui cramait. Se traitant de folle, elle ferma brusquement les rideaux, s’adossa à l’évier en respirant profondément, et avala son verre, avant de s’en resservir un. Ce faisant, son regard tomba sur le cadre doré qui tenait en équilibre instable sur le micro-onde. Sur la photo qu’il contenait, prise au début de l’été dernier au bord de la forêt toute proche, on voyait une jeune femme blonde aux yeux bruns et au teint bronzé dans les bras d’un jeune homme brun, aux yeux pervenche. Kévin. Il l’avait crue folle. C’était pour ça qu’il était parti. Elle n’aurait jamais dû lui parler de ces flammes qu’elle voyait danser au centre du bois, toutes les nuits de pleine lune…Ils avaient rompu un mois plus tôt, justement après une de ces nuits de pleine lune où Julia avait vu –ou du moins cru voir- le fameux feu…cette nuit était la première où l’astre était plein depuis leur séparation. Julia prit sa décision. Elle ne supportait pas d’avoir perdu Kévin pour une hallucination qu’elle avait refusé d’admettre. Mais ce feu n’était pas réel, et elle allait se le prouver ! Elle allait se rendre au centre de la forêt, tout de suite, constater que tout n’existait que dans sa tête et dès demain –ou plutôt aujourd’hui, il était trois heures-, elle irait s’excuser auprès de Kévin pour s’être emportée lorsqu’il avait gentiment essayé de la persuader que ce qu’elle voyait n’était dû qu’à ses insomnies. En avant !
Elle mit juste un manteau et sortit de la maison. Ses cheveux blonds brillaient d’une lueur argentée sous la pleine lune. Ses yeux brillaient. Elle était déterminée. A grands pas, elle se dirigea vers l’orée du bois, frissonnant un peu sous le vent doux mais frais du printemps. Sans ralentir l’allure, elle s’enfonça sous le couvert des arbres. Plus elle avançait, et malgré sa détermination, elle était de plus en plus mal à l’aise. La forêt ne lui avait jamais inspiré confiance. Elle était trop sombre, trop silencieuse. Même pas le hululement d’une chouette la nuit, pas de pépiements d’oiseau le jour. La seule attraction de cette forêt, c’était le dolmen en son centre, érigé par les Irlandais, ancêtres des habitants.
Julia elle-même était d’origine irlandaise. Mais contrairement à d’autres, jamais elle ne s’était intéressée à la culture de ses ancêtres et elle ignorait même la raison pour laquelle on avait érigé un dolmen au cœur de ce bois. Elle s’en approchait, d’ailleurs. Et elle percevait déjà la lumière sanglante du feu. Non, elle était cinglée, ça n’existait pas ! Pinçant les lèvres, elle déboucha dans la clairière du dolmen. Le spectacle la stupéfia.
Les flammes, et ces petits êtres qui dansaient autour…que…c’était impossible…mais elle entendit alors leurs chants et oublia tout. Ils avancèrent vers elle, deux la prirent par la main et l’entraînèrent dans la ronde autour du dolmen. Julia se sentait euphorique. Elle voulait danser, danser, s’amuser pour toujours, chanter pour l’éternité…elle oublia même qu’elle était humaine, elle se croyait comme ces êtres envoûtants. Personne ne devait jamais revoir Julia.
A l’aube, nul ne sut qu’elle hurla pour la dernière fois, alors que les flammes s’évanouissaient sous le dolmen.
Welga (04.05.2008 à 21:05)
Une semaine plus tard, assez loin de là mais dans un Etat tout de même voisin, le Wyoming précisément, Dean entra en fanfare dans la petite chambre de motel dans laquelle les frères Winchester s’étaient installés la veille, revenant d’une chasse éprouvante.
Dean : Debout, Sammy !
Sam ne dormait plus, mais cela ne l’empêcha pas de grogner contre le vacarme avant de s’asseoir sur son lit et de lever la tête sur son frère. Il fronça le nez en sentant l’odeur se dégageant du sachet de papier que Dean tenait à la main.
Sam (grognon) : Cheese burger dès le matin ? T’es vraiment irrécupérable !
Dean (souriant) : Hé, j’ai plus qu’un an, faut bien que j’en profite !
Sam (assez sèchement) : Six mois.
Dean (surpris) : Quoi ?!
Sam : ça fait six mois que tu as fait ce fichu pacte, et il ne t’en reste que six !
Il se leva brusquement et alla s’enfermer dans la salle de bain en claquant la porte si fort que les murs tremblèrent. Dean, très surpris, en resta un instant figé. Mais quelle mouche avait piqué son frère ? Sam, toujours si posé, avait de plus en plus souvent des sautes d’humeur ces derniers mois. Déjà, quand ils étaient revenus la veille de leur chasse au Wendigo, il avait sèchement refusé que Dean lui soigne son épaule, que la créature avait griffée assez profondément, en prétextant que son frère n’avait pas à s’inquiéter de lui, qu’il était tout à fait capable de s’occuper de lui tout seul comme un grand. Décidément, Dean avait du mal à comprendre Sam. Ou plutôt, il s’efforçait de ne pas comprendre ce qui perturbait son frère, mais au fond il le savait bien : le pacte. Toujours ce pacte. Plus que six mois…songeur, Dean mordit dans son cheese-burger.
Welga (04.05.2008 à 21:09)
Sam avait pris une douche glacée, autant pour se réveiller que pour passer sa mauvaise humeur. Il se sentit un peu mieux après, et presque honteux d’avoir rappelé à Dean qu’il ne lui restait que six mois. Presque. Parce que dans le fond, Sam en voulait tellement à son frère qu’il aurait souhaité, rien qu’une fois, lui coller une baffe. Qu’est-ce qui lui avait pris, à cette andouille, de le ramener de la mort pour ensuite le laisser seul ? Il ne s’était soucié que de lui, n’avait écouté que son égoïsme ! C’était sincèrement ce que pensait Sam et cela l’éloignait progressivement de son frère. Ils étaient de moins en moins proches. Comme si leurs chemins commençaient déjà à s’écarter l’un de l’autre.
Mais Sam n’avait pas perdu l’espoir de sauver Dean. Il ne voyait aucun moyen d’annuler ce pacte mais croyait toujours que Ruby avait la solution. La femme démon n’avait pas donné signe de vie depuis maintenant plusieurs semaines. Les deux frères ne s’en inquiétaient guère. Ils avaient à présent l’habitude de la voir apparaître et disparaître sans prévenir.
Sam s’habilla rapidement. Il grimaça un peu en voyant son épaule griffée par le wendigo. Saleté de créature ! Puis il sortit de la salle de bain. La bouche pleine de cheese-burger, Dean était allongé sur son lit et le regarda d’un air mi-figue mi-raisin, l’air de dire « T’es calmé ou tu vas me mordre ? ».
Sam : Quoi ? Me regarde pas comme ça, j’suis désolé, OK ? Mais aussi, tu m’agaces, à afficher constamment ton sourire niais alors que tu vas y passer dans moins d’une demi année…si je ne trouve pas de solution.
Dean (la bouche trop pleine) : .ammy laiche .omber ch’est trop .angereux.
Sam (qui a très bien compris) : On t’a jamais dit qu’il fallait pas parler la bouche pleine ?
Dean avala de travers dans sa précipitation à vider sa bouche. Il déglutit, toussa, et lança à son frère un regard furieux :
Dean : Fais pas comme si t’avais pas compris ! Tu sais très bien que si on tente quoi que ce soit pour annuler ce pacte, tu meurs ! Et ça, c’est hors de question !
Sam (sentant son sentiment de rancœur revenir) : C’est vrai, c’est dix fois plus normal que j’aie ta mort sur la conscience plutôt que tu aies la mienne sur la tienne !
Dean (agacé) : Sam, tu commences à me…
Son portable vibra sur la table de chevet. Il tendit la main, saisit l’engin, jeta un coup d’œil à son frère signifiant que leur conversation n’était pas finie puis décrocha.
Dean : Allo ?...salut, Bobby.
Bobby : Les garçons, j’ai une affaire intéressante pour vous. Des disparitions, dans l’Idaho.
Dean : Et où ça précisément ?
Bobby : Justement, c’est le problème, ça s’est produit dans tout l’Etat au cours des derniers mois, et même dans le Wyoming, à côté.
Dean : On est au Wyoming !
Bobby : Ah ! Alors…tu connais Sheridan ?
Welga (05.05.2008 à 21:13)
Quelques heures plus tard, l’Impala avalait la route menant à Sheridan. Dean avait mis la musique à fond pour faire oublier le silence pesant qui s’était installé entre son frère et lui. Ils n’avaient toujours pas fini leur conversation, étant partis tout de suite après le coup de fil de Bobby. Mais chacun se jurait en lui-même qu’il n’en avait pas fini avec l’autre.
Ils arrivèrent à Sheridan vers le début de la soirée. Sam avait son ordinateur sur les genoux et avait fait quelques recherches sur le cas étrange des disparitions évoquées par Bobby.
Dean : Alors ?
Sam : Bobby a raison, c’est bizarre. Des disparitions dans le Wyoming et l’Idaho, mais aucun lien entre les disparus, à priori. La dernière, c’était à Leprechaun, en Idaho, la semaine dernière. Julia Smith, vingt-huit ans, antiquaire, disparue apparemment dans la nuit. La police n’a aucune piste et semble penser qu’elle est partie de son plein gré sans avertir personne. Avant elle, il y’a eu une dizaine de disparitions en Idaho, et six dans le Wyoming. Dont deux à Sheridan. C’était il y a six mois.
Dean : T’es vraiment certain que ces disparitions sont liées ?
Sam (hésitant) : Ben…pas vraiment, en fait. Elles n’ont que deux points communs : déjà, les disparus n’ont laissé aucune trace derrière eux, rien, comme si, effectivement, ils étaient partis de leur plein gré. Et…
Dean : Quoi ?
Sam : …toutes ces personnes ont disparu une nuit de pleine lune.
Dean : Loups-garous voyageurs ?
Sam (moqueur) : T’as déjà vu des loups-garous laisser tout bien propre derrière eux, toi ?
Dean se renfrogna, vexé. Il avisa un petit hôtel sur le bord de la route et arrêta l’impala sur le parking, juste devant la porte d’entrée. Les deux frères n’avaient pas fait deux mètres en-dehors de la voiture qu’une vieille femme d’au moins une soixantaine d’années surgit de l’hôtel en vociférant. Son très fort accent irlandais perturba Dean qui ne comprenait pas ce qu’elle lui criait. Menaçante, la vieille agita un plumeau sous le nez du jeune homme, sous le regard médusé et amusé de Sam qui regardait la scène.
La vieille femme : Tu vas m’bouger ta charrette de là ! Nan mais tu sais pas lire ? Ne pas se garer devant l’entrée !
Dean (vexé) : Ma charrette ? C’est de mon bébé que vous parlez ?
La vieille : Ouais j’parle de ton affreuse carriole, tu vas la bouger d’là ou tu te trouveras un autre hôtel !
Elle lui fourra le plumeau dans le nez avant de rentrer à pas vifs dans sa baraque. Dean, plus que vexé, furieux que cette vieille bique ait osé insulter sa chère Impala, se tourna vers Sam. Quand il le vit écroulé de rire contre la portière, il grogna et rentra brusquement dans l’Impala.
Dean (dans la voiture) : Grimpe, Sam, j’ai pas envie de dormir ici, la vieille elle me plaît pas !
Sam (se penche par la fenêtre) : C’est sûr qu’elle ne fera pas partie de tes plans foireux de drague ! Mais tu sais quoi, on ferait mieux de rester là. Tu vois cet hôtel ? L’une des victimes de Sheridan vivait ici. Peut-être même que c’était la fille de cette charmante dame. Alors, tu crois pas que c’est l’endroit idéal pour commencer l’enquête ?
Dean (désespéré) : Oh non, va falloir qu’on loge chez ce dinosaure qui a injurié mon bébé ?
Sam : Magne-toi de bouger ta caisse, je vais louer une chambre.
Le cadet commença à s’éloigner vers la porte d’entrée. Dean démarra l’Impala, mais avant d’aller la garer plus loin, lança à Sam :
Dean : Que j’t’y reprenne plus à appeler ma voiture une caisse !
Sam soupira et entra dans l’hôtel.
Welga (06.05.2008 à 21:30)
Une heure plus tard, les deux frères étaient dans une chambre. L’hôtel était tout ce qu’il y avait de plus classique, hormis les quelques trèfles, symbole de l’Irlande, qu’on retrouvait dans la forme des lampes, des poignées des portes, dans les tableaux accrochés au mur…
Sam était sur son ordinateur, mais se mit à pester quand il se rendit compte qu’il n’avait plus de batterie. De fait, l’engin tomba en rade quelques secondes plus tard. Il le mit en charge et le ferma d’un coup sec. Dean, allongé sur son lit, se redressa.
Dean : Alors, Einstein ! Quoi de neuf ?
Sam : Rien de plus. Je sais juste que la jeune femme qui vivait ici était bel et bien la fille de la vieille, elle s’appelait Sarah et avait trente-deux ans. Mariée, un fils, John, de neuf ans, qui habite désormais avec son père, à l’autre bout de Sheridan.
Dean : On devrait cuisiner la vieille pour savoir exactement comment Sarah a disparu !
Sam : Sans vouloir te vexer, je vais le faire moi-même, je n’ai pas l’impression qu’elle t’apprécie assez pour répondre à tes questions…
Il se leva, tandis que Dean haussait les épaules.
Dean : J’vais faire un tour au bar, alors ! Ciao, Sammy !
Sam (perdant à nouveau son calme) : Et voilà, tu recommences à te conduire comme un gamin ! On est en pleine enquête et Monsieur va se soûler et draguer quelques serveuses ! Tu sais quoi, Dean ? J’en ai ras-le-bol de ta conduite ! Au lieu de passer ton temps à t’amuser sous prétexte que tu dois vite en profiter, tu ferais mieux de bouger tes fesses pour te défaire de ton pacte !
Dean (énervé) : Sam…
Mais Sam partit en claquant la porte. Dean soupira, hésita, puis décida de rester dans la chambre. Quand son frère reviendrait, il l’attendrait de pied ferme, pour avoir une vraie conversation. Il fallait qu’ils s’expliquent, tous les deux, ou les choses allaient encore dégénérer…Dean était aussi lassé et agacé par les sautes d’humeur de son frère que Sam l’était au sujet de ses sorties dans les bars et de son comportement léger. Peut-être avait-il eu tort de faire ce pacte. Ce qui est mort doit le rester, avait dit Bobby. Mais Dean n’avait pas pu envisager la vie sans son frère et s’était sacrifié. Il le referait sans hésitation. Il n’aurait pas le courage de continuer sans Sam…mais Sam, lui, pourrait-il continuer sans lui ?
Voix de femme : Le grand frère encore tourmenté par son sacrifice.
Dean se redressa brusquement, saisit par réflexe un pistolet qu’il avait posé sur la table de chevet, mais baissa aussitôt son arme quand il reconnut Ruby.
Dean : Qu’est-ce que tu fiches ici ?!
Ruby : Heureuse également de te revoir. Je suis venue te parler de Sam. Il est encore convaincu que je peux te sauver. Tu dois lui avouer qu’il n’y a aucune solution pour te sauver. Il doit se détourner de toi et préparer son futur.
Dean : Dis-lui toi-même ! C’est toi qui lui as donné cet espoir !
Ruby : Non, c’est à toi de le faire. Et vite. Le nouveau leader s’élève vite, très vite. Et il n’aime pas vraiment Sam, c’est le moins qu’on puisse dire. Il doit se préparer à le vaincre.
Dean soupira, détourna la tête un quart de seconde vers la fenêtre, et quand il reposa les yeux sur Ruby, elle avait disparu.
Welga (07.05.2008 à 16:26)
Sam revint près d’une heure après la visite surprise –et pas franchement agréable- de Ruby. Dean ne souffla pas mot du passage de la jeune femme (ou plutôt du démon) à son frère, mais la discussion qu’il avait eu avec Ruby, bien que courte, le préoccupait tellement qu’il avait oublié son désir d’avoir une vraie conversation avec Sam. Aussi, quand celui-ci rentra dans la chambre, il fut légèrement surpris que son ainé le fixe sans, apparemment, vouloir lui reprocher quoi que ce soit. Sam se serait attendu à une légère engueulade, vu la manière dont il était parti tantôt. Voyant que Dean, l’air un peu dans le vague, ne semblait pas fâché outre mesure, Sam s’empressa de lui apprendre ce qu’il avait réussi à tirer de la vieille femme.
Sam (s’asseyant sur le lit) : Alors, Sarah a disparu comme les autres, c’est-à-dire sans laisser de traces. Sa mère pense même qu’il s’agit d’une fugue.
Dean (moqueur) : Une fugue ? On parle pas d’une gamine en pleine crise d’adolescence, Sammy, on parle d’une femme de trente-deux ans, là !
Sam (enchaîne, un peu agacé) : Et qui plus est, a un fils. D’après la vieille, Sarah n’a laissé aucun mot, rien. Du jour ou lendemain, pffuuuit ! Plus de Sarah !
Dean : Et y t’as fallu une heure pour apprendre ça ?
Sam (très agacé) : Figure-toi que je suis aussi allé voir le mari de Sarah. Il habite à Sheridan. Il n’a pas pu m’en dire plus que la mère, si ce n’est que Sarah avait des crises avant sa disparition. Quand je lui ai demandé « quelles sortes de crises ? », il m’a dit que Sarah avait des hallucinations, et que, la nuit, elle pensait voir des flammes lorsqu’elle regardait par la fenêtre de sa chambre.
Dean (surpris) : Des flammes ?!
Sam hocha la tête mais ne rajouta pas un mot. Tous deux pensaient à la même chose : les victimes n’en étaient peut-être pas, c’était peut-être simplement un hasard si des personnes adultes s’étaient soudainement évaporées dans la nature. Seulement, plusieurs éléments titillaient le cerveau des deux chasseurs : déjà, les disparitions se produisaient les soirs de pleine lune. Et dans leur monde, la pleine lune signifiait beaucoup de choses. Ensuite, il y’avait cette nouvelle info rapportée par Sam : une des victimes avait eu des hallucinations avant sa disparition. Des flammes.
Sam (après un moment de silence) : L’hypothèse des loups-garous et vampires s’effondre…
Dean : Peut-être pas, mais faudrait vérifier cette histoire de flammes. Il y’a bien eu une autre victime dans cette ville, non ?
Sam : Euh…ouais.
Dean : On file voir sa famille.
Il saisit son manteau, attendit que son frère en fasse autant, puis chercha ses clés de voiture, qu’il ne trouva pas. Pris d’un doute, il se tourna vers Sam.
Dean : Sam…rassure-moi…comment tu es allé chez le mari de Sarah ?
Sam (l’air naturel) : Ben…avec ta bagnole !
Prévoyant la réaction de son frère, il lui balança les clés et s’enfuit en courant.
Dean : SAAAAAAAAAAAAAAMMMMM ! rugit-il. Si tu retouches à mon bébé, avec ou sans mon autorisation, j’te bute ! Tu m’entends ?!
Tout en criant, il était sorti de la chambre et se retrouva nez à nez avec…le dinosaure ! La vieille femme tenait cette fois un balai.
La vieille : Pas bientôt fini d’faire ton bordel, ‘spèce de gamin ! Filoche, que j’te r’voie pas d’la journée !
Dean s’empressa d’obéir, plus par crainte du balai que par crainte de la vieille. Il rejoignit son frère à l’Impala et trouva Sam écroulé de rire sur le siège passager.
Dean (démarrant la voiture et grommelant) : Tu trouves ça drôle ?
Sam : Oui ! On dirait Missouri ! Avec elle, tu files doux, pareil !
Dean : Pffff…toi, c’est avec moi que t’as intérêt à filer doux !
L’Impala bondit sur la route.
Welga (07.05.2008 à 16:32)
Les deux frères passèrent plusieurs jours à Sheridan. Après être allés voir la cousine de l’autre victime, ils avaient découvert qu’avant de disparaître, celle-ci avait aussi cru voir des flammes, lorsqu’elle s’éveillait la nuit et regardait par la fenêtre. Dean et Sam avaient cependant eu beau pousser loin leurs investigations, ils n’avaient abouti à rien. Ils ne comprenaient pas pourquoi les victimes s’étaient envolées ainsi.
Après plusieurs jours sans rien trouver de conséquent, alors qu’ils étaient dans leur chambre d’hôtel à éplucher des journaux ou (pour Sam) à fouiner sur la Toile, Dean s’agaça.
Dean : Y’en a marre ! ça peut pas être un vampire, ni un loup-garou, ni un wendigo, ni une quelconque créature qu’on a pu déjà rencontrer ! On dirait pas que c’est un esprit, le passé de la ville comme des victimes est clean !
Sam : Alors quoi ? Un démon ?
Dean (moqueur) : Si c’était un démon, on l’aurait p’tèt déjà rencontré, non ? Au cas où t’aurais oublié, les démons sont un peu après toi, en ce moment, Sammy !
Sam (pas convaincu) : Mouais…
Dean savait que s’ils pourchassaient un démon, Ruby le lui aurait dit, et serait probablement restée pour les aider. Non, ce n’était pas un démon. Mais alors, qu’est-ce que c’était ? Avec l’histoire des flammes, les victimes étaient indéniablement liées ! A bout de patience, Dean prit son téléphone et chercha un numéro.
Sam : T’appelles qui ?
Dean : Bobby ! J’vois que lui pour nous aider !
Sam (soupir) : Si seulement Ash était encore en vie…
A l’évocation du nom de Ash, brûlé dans l’incendie du RoadHouse, un ange passa. Quelque part, les deux frères se sentaient un peu coupables de la mort du jeune homme et de tous ceux qui avaient grillé avec lui. Ils n’y étaient pour rien, c’était la faute à pas de chance, ou plutôt, aux foutus démons qu’ils avaient pour tâche de chasser. Mais rien ne pouvait empêcher la culpabilité de ronger une existence…chacun des deux frères était bien placé pour le dire.
Le cœur de Sam était chaque jour plus rongé par le remords, la colère, le sentiment d’être coupable des malheurs des siens, de la mort prochaine de son frère…même s’il luttait contre cela, il s’endurcissait de jour en jour, devenant plus détaché, plus froid face à la mort.
Dean, lui, avait longtemps buté des créatures sans une once de pitié ou de culpabilité. Et maintenant, cette dernière commençait à se faire sentir. Oui, il regrettait certains de ses actes, oui, il culpabilisait de laisser son petit frère bientôt seul dans un monde de plus en plus noir…
Dean dut faire un effort pour revenir à la réalité lorsque Bobby décrocha. C’était fou comme le simple nom d’une personne disparue –Ash- pouvait entraîner un flot de pensées…
… : Allo ?
Dean : Bobby, c’est Dean !...oui, on est à Sheridan, et pour tout te dire, on bosse sur une affaire qui nous bloque complètement. Même Einstein et son ordi sont inutiles ! (Sam lui jeta un regard noir)…OK, j’te raconte.
Dean passa près d’un quart d’heure à expliquer leur job du moment à Bobby. Le vieux chasseur resta un moment silencieux au bout du fil.
Bobby (après un moment de réflexion) : Je vois absolument pas à quoi vous avez affaire, les gars.
Dean (déçu) : Merde ! Et tu connais personne qui pourrait nous aider ?
Bobby : Disons que votre affaire ne ressemble à rien de connu, et pourtant, j’en ai vu des vertes et des pas mûres, toutes ces années ! S’il n’y a rien même dans le journal de votre père, c’est que soit ces disparitions ne sont pas surnaturelles et que les flammes sont juste une coïncidence…
Dean (interrompant) : Coïncidence troublante !
Bobby (grommelant) : Laisse-moi finir bon sang ! Soit c’est que vous vous heurtez à une créature encore inconnue !
Dean : Oh, galère…on fait quoi, alors ? Quand je pense qu’Ash était un génie qui nous aurait trouvé ce qui se trame en un clin d’œil…
Il avait dit ça sans s’en rendre compte, songeant que véritablement, Ash savait sortir les chasseurs de l’impasse. Il fut surpris du soudain silence de Bobby, au bout du fil. Dean se sentit gêné. Avait-il fait une gaffe ? Après tout, Bobby connaissait assez bien Ash, peut-être avait-il été maladroit d’évoquer son nom devant lui !
Dean (timidement) : Bobby ? T’es toujours là ?
Bobby : Euh…oui, oui, je suis là ! C’est juste que l’évocation de Ash, ça…
Dean : Désolé, je ne voulais pas te blesser…
Bobby : Oh, c’est pas ça, Dean ! Que veux-tu, il est mort, c’est la vie ! Non, c’est juste qu’en parlant de Ash, tu m’as fait penser à quelque chose…j’ai peut-être une personne qui peut vous aider !
Dean (surpris) : Un autre génie dans le genre Ash ?
Bobby (souriant, cela s’entendait dans sa voix) : Ouais, si on veut. Sauf que très peu de chasseurs ont ses coordonnées. Une dizaine au maximum. Mais je pense que vous êtes dignes de confiance, non ? Je vais vous filer son adresse, vous avez du bol, c’est pas trop loin de là où vous êtes en ce moment. Prends note.
Dean attrapa un crayon, le déboucha avec ses dents et griffonna l’adresse que lui donna Bobby sur un bout de papier. Il remercia mille fois son vieil ami puis raccrocha.
Dean : Rassemble tes affaires, Sam ! En route vers l’Idaho ! Et c’est toi qui vas payer, j’ai pas envie de croiser le dinosaure !
Welga (07.05.2008 à 16:39)
Idaho, le lendemain. L’Impala roulait en pleine campagne. Pas une habitation alentour, quelques arbres. La voiture rebondissait sur la mauvaise route. Dean grommelait, se plaignant de l’état du chemin qui allait lui abîmer sa chère voiture.
Dean : Qu’est-ce que c’est que c’t’endroit, enfin ?!
Sam : L’Idaho, jusqu’à preuve du contraire, non ?
Dean : Ah, c’est malin ! T’as beau faire des efforts, t’auras jamais mon humour et ma classe naturelle !
Il assortit sa pique d’un clin d’œil et monta le son de la radio pour ne pas entendre la réponse de son frère. Qui ne réagit même pas. Un cahot plus violent secoua la voiture. Sam se cogna dans la vitre et jura. Jetant un coup d’œil par la fenêtre, il se figea.
Sam : STOOOOOOOOOOOOP !
Sursautant, Dean donna un coup de volant et l’Impala tourna comme une toupie sur elle-même avant de s’arrêter dans un nuage de poussière.
Dean : Mais t’es taré ou quoi, mec ?! ça va pas de gueuler comme ça !
Sam : T’as raté la route, banane ! C’était là !
Dean redémarra prudemment et avança doucement vers l’endroit indiqué. Un panneau couvert de poussière, vieux et tordu, indiquait en effet : Mor-Eneoù. Soudainement soupçonneux, Sam arracha le papier où l’adresse était notée des mains de son frère, et découvrit la même inscription. Mais qu’est-ce que c’était que ce nom ?! Lui qui avait cru que l’écriture de Dean posait problème…cette langue n’était pas de l’anglais, c’était certain.
Dean hésita, puis s’engagea dans un chemin pire que toutes les routes qu’ils avaient déjà parcourues. Plein de creux et de bosses, il se retrouva bientôt encadré par de grands arbres austères. Et enfin, l’Impala déboucha au cœur d’un bosquet où se trouvait une maison bien étrange.
Elle était en pierres et en bois, comme un chalet d’alpages français, mais il n’y avait presque aucune fenêtre et les seules qui existaient, à l’étage, n’étaient que des lucarnes closes, volets rabattus. Carrée, au toit en triangle, de couleur sombre, la maison n’inspirait guère confiance. Vers quel illuminé Bobby les avait-il envoyés ?
Les deux frères quittèrent la voiture et allèrent prudemment jusqu’à la porte d’entrée. L’endroit était totalement silencieux, pas même le pépiement d’un oiseau. Ils avaient gardé leurs armes à portée de main, juste au cas où.
Dean frappa trois coups à la porte et attendit. Les minutes passant sans qu’on lui ouvre, il s’impatienta, refrappa, puis tambourina franchement à la porte…qui s’ouvrit sous la violence des coups. Pour un peu, il aurait basculé tête en avant dans la maison. Il se rattrapa juste à temps, puis les deux chasseurs entrèrent franchement dans le bâtiment.
Un couloir sombre, éclairé juste par des lampes bleues, qui traversait toute la maison. Quatre portes sur chaque mur, toutes closes. Et du sel devant chaque battant de bois. Au moins, le génie recommandé par Bobby était prudent !
Sam : Y’a quelqu’un ?!
Voix : Qui êtes-vous ?
Les deux frères sursautèrent. La voix semblait venir du plafond. Ils découvrirent une caméra mobile qui zoomait sur eux, ainsi qu’une petite grille, d’où sortait la voix, si métalliquement transformée qu’elle n’avait plus rien d’humain. On aurait dit qu’un robot enrhumé leur parlait.
Voix : Qui êtes-vous ?!
Welga (07.05.2008 à 16:42)
Sam et Dean se regardèrent. Sous ses apparences pauvres, la maison était bien protégée ! Ils ne remarquèrent qu’à cet instant les pentacles sur les murs, le sol, et le plafond, plus les gris-gris vaudous pendant aux lampes.
Sam : Vous êtes bien protégé.
Voix (s’énervant) : Qui êtes-vous ?!
Le grésillement du haut-parleur vrilla leurs tympans.
Sam : Oh, du calme ! Nous sommes des chasseurs, Dean et Sam Winchester. Bobby nous envoie !
Dean : ça te suffit ou on doit te réciter un exorcisme en latin ?
Voix : ça m’ira.
Une des portes s’ouvrit quelques secondes plus tard. Personne n’en sortit. Dean et Sam se dirigèrent donc seuls vers elle, et découvrirent un escalier très raide menant à l’étage. Ils l’empruntèrent, un peu mal à l’aise. C’était à croire que c’était un fantôme qui vivait dans cette maison !
Quand enfin l’escalier prit fin, ils se trouvèrent dans une petite pièce aux angles doux, meublée de canapés, coussins, fauteuils aux tons chauds, baigné dans une douce lumière jaune. Un bar rempli de boissons diverses occupait tout un pan de mur. Quelqu’un était assis dans un fauteuil, tournant le dos aux deux jeunes hommes. Levant la main, la mystérieuse personne leur fit signe de s’asseoir sur le canapé derrière elle, et leur désigna en passant deux bières posées à leur intention sur une table basse. Les deux frères s’assirent. Dean n’hésita pas à prendre sa bière et en avala goulûment une gorgée. Sam n’y toucha pas.
La personne : Bien vu, Sam.
Dean toussa.
Dean : C’est dégueulasse !
La personne : Eau bénite.
Elle fit pivoter son fauteuil et Dean fut si surpris qu’il cessa de tousser. Les yeux de Sam s’agrandirent. Une blague de Bobby ?
Welga (07.05.2008 à 16:45)
La jeune fille qui leur faisait face ne parut pas du tout apprécier leur air ahuri et ses sourcils très noirs se froncèrent, ses narines palpitèrent.
La fille : Quoi ?! J’ai de la tomate sur la figure ?
Ses mains se crispèrent sur un fusil posé sur ses genoux. Sam et Dean essayèrent de reprendre leurs esprits.
Sam : Euh…on ne s’attendait pas à…
Dean (franc) : …à toi ! Une fille !
Fille : T’as un problème avec les filles, macho ?
Pour le coup, ce fut Dean qui fronça les sourcils, peu habitué à ce qu’on lui parle comme ça. Non mais où elle se croyait, celle-là ? Gamine insolente !
Elle ne devait pas dépasser les dix-huit ans. Dean se retint de lui dire : d’abord, t’es sûre que t’es une fille ? Elle portait un vieux jean large, usé et rapiécé aux genoux, d’énormes baskets aux lacets multicolores, un grand sweat-shirt noir avec une inscription en runes. Du vernis à ongle violet foncé tranchait avec ses mains blanches, une pierre d’améthyste était montée en pendentif autour de son cou. Son visage était pâle, ses lèvres bien dessinées et recouvertes de rouge à lèvres couleur mûre, son nez un peu fort était criblé de taches de rousseur. Ses yeux étaient sombres, d’une couleur indéfinissable penchant vers le vert-gris, et ses cils étonnamment longs.
Elle aurait peut-être –et encore, les deux jeunes hommes n’en étaient pas persuadés- pu être jolie sans cette allure de gothique-rebelle-ésotérique. Pour parfaire son look, ses cheveux bouclés bruns, négligés et parcourus de mèches noir ébène et violettes, ses boucles d’oreille en triskèle et ses deux piercings, au nez et sur la langue, et une grosse cicatrice argentée, qui barrait son front.
Dean : C’est toi le « génie » ?! Laisse-moi rire !
Sam : Dean !
Fille : Ben vas-y, rigole, si ça t’éclate. T’es quand même pas venu pour te fendre la poire ?
Sam : En fait, on bosse sur une affaire un peu compliquée, et on est…dans une sorte d’impasse…dis, ça te dérangerait de te présenter ?
Fille : Ouais, ça m’dérange, mais j’vais quand même le faire. Maëlle.
Sam : Tu es chasseur depuis longtemps ?
Maëlle : J’suis pas chasseuse, j’aide les chasseurs, nuance. J’aime pas toutes les saloperies qui traînent dehors, mais c’est pas pour ça que je leur cours après, je tiens à la vie, moi ! C’est quoi votre affaire ?
Manifestement, c’était le genre de personne qui n’aimait pas parler de soi et n’était pas friande de longues conversations. Sam choisit de se taire, même s’il aurait aimé découvrir un peu mieux la jeune fille très spéciale de son point de vue. Un peu trop de celui de Dean, qui, vexé par les réparties de Maëlle, s’était muré dans le silence.
Maëlle : L’eau bénite t’a rendu muet, Winchester ?
Elle ricana et darda sur les deux frères un regard haineux qui les surprit. On aurait dit qu’elle leur en voulait. Pourquoi ? Ils n’auraient su le dire. Pas franchement à l’aise devant ce regard gris-vert assassin, Sam entreprit néanmoins de raconter leur affaire dans les moindres détails. Maëlle griffonnait parfois quelques mots sur un carnet, probablement les grandes lignes de « l’enquête ». Puis quand Sam eut fini, elle extirpa un ordinateur de sous la table et l’alluma.
Dean : Alors, génie, tu peux faire mieux qu’Einstein ?
Il désigna son frère d’un doigt moqueur. Sam leva les yeux au ciel.
Maëlle : Donne-moi une heure et cinq minutes.
Estomaqués, les deux frères se regardèrent. La même manie que Ash, annoncer le temps qu’il lui faudrait à la minute près. Les génies se ressemblaient. Excentriques et apparemment timbrés mais leur tête était bien pleine !
Etant donné qu’il leur restait un peu plus d’une heure à tirer sans rien faire, les Winchester quittèrent la pièce et sortirent carrément de la maison pour échanger leurs impressions sur Maëlle sans qu’elle ne puisse les entendre.
Dean : Pourquoi est-ce que toutes les femmes qu’on croise en ce moment sont des dragons ?
Sa mimique désespérée arracha un sourire à Sam.
Sam : Encore une avec qui tu pourras pas sortir !
Dean : Déjà j’aime pas les laiderons !
Sam : T’exagères, elle est pas si moche…bizarre, mais pas laide.
Dean (outré) : Nan mais défends-la en plus !
Sam pouffa encore de rire. Ils s’adossèrent à la voiture, respirant l’air frais, et discutèrent un peu de Maëlle. L’un comme l’autre, ils avaient remarqué le regard noir de la jeune fille, et se demandaient pourquoi elle les avait fixés ainsi. Ne trouvant pas de réponse, ils se mirent à parler de leur affaire en cours, puis, d’un seul coup, Dean, l’air de rien, lâcha :
Dean : Dis-moi, t’as eu des nouvelles de Ruby ces derniers temps ?
Sam : Aucune, pourquoi ?
Dean : Pour rien, je pensais qu’elle pourrait nous être utile, plutôt que cette…Maëlle. Drôle de prénom !
Il repartit dans une tirade agacée à l’encontre de Maëlle, espérant faire oublier à Sam la question qu’il venait de lui poser. Pourquoi ? Parce que s’il lui avait demandé s’il avait vu Ruby, c’était parce qu’il avait espéré que la femme-démon se montre et avoue à Sam qu’il n’y avait aucun moyen de briser le pacte de son frère. Mais Dean aurait dû se douter qu’elle ne l’avait pas fait. Sam lui en aurait parlé. Quoique ces derniers temps, il montrait moins ses sentiments, ce qui commençait à inquiéter Dean. L’aîné avait l’impression que malgré sa présence et quoiqu’en disait Sam, son jeune frère virait à l’insensibilité et à la froideur. Dean se demanda si, une fois lui parti, Sam saurait rester dans le droit chemin. Il y avait toujours un risque qu’il se penche un jour du côté démoniaque…encore cinq mois, et Dean ne pourrait plus le surveiller.
Welga (07.05.2008 à 16:51)