Une heure s’écoula avant qu’ils ne se décident à retourner voir Maëlle. Ils la trouvèrent dans la même position que lorsqu’ils l’avaient quittée : penchée sur l’écran de son ordinateur, tapant à toute vitesse sur les touches. Une imprimante ronflait à côté d’elle et crachait des feuilles couvertes d’images ou de textes.
Dean : A la bourre.
Il se laissa tomber sur le canapé, imité par Sam. Maëlle fronça les sourcils et lui envoya un regard meurtrier.
Maëlle : Tu permets, les cinq dernières minutes ne sont pas passées ! Et d’ailleurs, j’ai fini !
Elle appuya plus fort que nécessaire sur le clic de la souris pour quitter ses programmes et ferma –claqua plutôt- son ordinateur, avant de le ranger sous la table. Puis elle s’assit sur son fauteuil, en tailleur, et mit ses mains sous son menton en pliant les doigts. On aurait presque cru qu’elle priait, mais en fait elle réfléchissait.
Maëlle : Vous êtes tombés sur une créature originale, on peut pas le nier. J’savais même pas qu’il y’en avait aux Etats-Unis, les seules que j’ai vues c’était en Europe…
Sam (coupant) : En Europe ?
Maëlle : J’suis née en Bretagne, c’est en France. C’est pour ça que je m’appelle comme ça. Mais mes parents sont américains. Ma mère, mon père, mon frère et moi on est retourné aux Etats-Unis un an après ma naissance. Quand mes parents ont divorcé, j’suis retournée en France, pour faire mes études, j’y suis restée cinq ans, avant de revenir ici y’a quelques mois.
Dean : Ma parole, c’est la première fois qu’on t’entend parler autant !
Maëlle : Ferme-la. Concernant votre affaire…c’est pas banal. J’suis même pas sûre que vous connaissez ces créatures, ou peut-être que de nom.
Sam et Dean : C’est quoi ?!
Maëlle : Farfadets.
Welga (07.05.2008 à 16:54)
Farfadets. Dean et Sam n’avaient jamais nié leur existence, mais n’y avaient pas franchement cru non plus. Au même titre que les anges, pour eux, cela tenait plus de la légende. Farfadets. Comme dans les contes pour enfants.
Dean : Ils existent vraiment ?
Maëlle : J’en ai vu qu’une fois, en Irlande. C’est la seule créature qui peut expliquer ces disparitions et ce feu que voie chaque victime avant d’être enlevée…j’m’explique : les farfadets sont pas foncièrement méchants, enfin, normalement. Ils aiment faire des blagues et la fête. D’après les traditions celtes, bretonnes et irlandaises, ils dansent certaines nuits autour des dolmens, et les humains entraînés dans la ronde n’en reviennent jamais.
Sam : ça explique ces disparitions si soudaines…mais le feu, la pleine lune ?
Maëlle : Manifestement, ces farfadets-là ne sortent que les semaines de pleine lune, et c’est la lueur de leur feu de joie qui attire les victimes. Elles sont entraînées dans la ronde dansante et n’y survivent pas. Selon une légende, dès que l’aube survient, les farfadets se réfugient sous terre avec les victimes de leur fête, dans leur royaume nommé Kouril. A côté de cela, ces créatures ne sont pas, comme je l’ai dit, méchantes. Elles aiment s’amuser, et certaines protègent même les humains. On dit parfois qu’un farfadet veillant sur une maison vaut mieux qu’une bénédiction.
Dean (ironique) : C’est sûr que s’ils ne tuaient pas les gens, ils seraient tout à fait charmants ! D’abord, comment on tue ces trucs-là ?
Maëlle : Bonne question. Cela dépend du contexte. Ce qui est sûr, c’est que les classiques tels qu’eau bénite, balles en argent, sel, balles normales, n’ont aucun effet. Le feu ne leur fait rien, il est leur allié. Techniquement, ils ne craignent pas grand-chose. Faut creuser.
Sam : Quelque chose cloche dans ton explication, Maëlle.
Maëlle (surprise) : Et quoi ?
Sam : Comment cela se fait-il qu’il n’y ait pas plus de gens à avoir vu la lumière du feu ? Prends la nommée Sarah de Sheridan, par exemple : elle vivait dans un quartier très fréquenté, pourquoi est-elle la seule à avoir disparu, donc à avoir vu le feu ? Et pourquoi ces disparitions se produisent dans deux Etats différents ?
Maëlle : Nous sommes face à un cas particulier. Je n’ai aucune preuve concrète, mais j’ai une idée crédible. Les farfadets choisissent ici qui ils veulent entraîner dans la ronde. Seules ces personnes désignées voient le feu.
Dean : Et comment ces victimes sont-elles choisies, génie ?
Maëlle : Quelque chose vous a échappé, et si vous l’aviez vu, vous auriez peut-être compris. Toutes les victimes étaient d’origine irlandaise. Donc liées par la légende aux farfadets. Seules les gens ayant une parcelle, même infime, de sang irlandais, peuvent voir le feu. Voici l’hypothèse la plus vraisemblable.
Hypothèse à laquelle Dean et Sam ne trouvèrent rien à redire. Maëlle avait probablement raison. Des farfadets ! Rien que ça ! S’ils récapitulaient bien, ces créatures ne craignaient aucune de leurs armes. Ils ne savaient pas comment les tuer. Elles apparaissaient toutes les semaines de pleine lune. Elles dansaient, allumaient un feu, et entraînaient les humains d’origine irlandaise dans leur fête mortelle. Bon.
Ils avaient bien avancé grâce à Maëlle, c’était sûr, mais il leur manquait deux points essentiels pour se débarrasser des farfadets : la manière de les tuer et le lieu où ils apparaîtraient à la prochaine semaine de pleine lune.
Sam : Tu ne pourrais pas prédire l’endroit où ils surgiront la prochaine fois, Maëlle ?
Maëlle : J’ai vu qu’ils n’étaient apparus que dans cinq endroits différents, dans l’Idaho, le Wyoming, et même dans le Montana. Et devinez le point commun entre ces cinq sites ? Un dolmen s’y trouve, édifié par les premiers Irlandais à avoir débarqué, dont les descendants sont encore ici ! Les premières apparitions de farfadets sont assez récentes. Elles semblent coïncider avec la destruction d’un site où se trouvait un cercle de menhirs dans le Nebraska. Peut-être que la disparition de ces menhirs a réveillé les farfadets, qui sont liés à tout ce qui se rapporte aux traditions ancestrales irlandaises dans ce pays.
Dean : Ils sont liés à tout ce qui se rapporte aux traditions ancestrales irlandaises…ils sont attachés à tous les sites comportant des dolmens ou des menhirs…et si on détruit ces derniers ?
Pour le coup, Maëlle se tut. Elle fit semblant de réfléchir, mais dans le fond, elle savait déjà que l’idée de Dean était de loin la meilleure pour se débarrasser de ces créatures. Il n’était finalement pas si bête, l’aîné des Winchester…même si elle le détestait, lui et son frère, elle devait reconnaître qu’ils n’étaient pas idiots, tous les deux. Elle ne pouvait pas leur avouer la raison de son antipathie à leur égard, mais voyait bien que cela étonnait les deux frères. Qu’importe. Ils allaient partir, et ils ne se reverraient jamais.
Maëlle : Je vous ai imprimé toutes les infos –elle donna une liasse de papiers à Sam-. Maintenant barrez-vous, vous avez du boulot !
Ostensiblement elle fit pivoter son fauteuil pour leur tourner le dos. Etonnés, ils arquèrent un sourcil, échangèrent un regard, puis partirent. Inutile de rester là, ils avaient un travail à terminer.
Avant de quitter la pièce, Sam se tourna vers le fauteuil. Il ne voyait même pas Maëlle, enfoncée dans les coussins.
Sam : Euh…merci.
Dean (faisant un effort) : Peut-être à bientôt.
Maëlle (sèchement) : J’espère pas ! Au plaisir de ne jamais vous revoir, Winchesters !
Ils filèrent très vite. Bientôt, l’Impala quittait la propriété de Maëlle pour reprendre les dures routes.
Welga (07.05.2008 à 17:00)
Dans la voiture, la radio criait à fond. Ils avaient regagné une route moins difficile une heure auparavant et roulaient plus vite. Sam lisait les papiers donnés par Maëlle, ce qu’il n’avait pas pu faire auparavant car les cahots dans les chemins caillouteux n’aidaient pas à la lecture.
Sam : On a pas trente-six solutions, faut détruire ces cinq lieux où se trouvent les menhirs. T’es sûr de toi, Dean ?
Dean : Nan. Mais si t’as une autre idée…
Sam dut bien admettre que non.
Sam : T’es au courant qu’on aura jamais le temps de détruire tous ces dolmens avant la prochaine pleine lune ? C’est demain soir !
Dean : Téléphone à Bobby, il nous aidera.
Sam s’exécuta. Dès qu’il eut fait part à Bobby de leur souci de temps, le vieux chasseur le rassura, disant qu’il allait charger quelques amis chasseurs de se débarrasser de trois des dolmens : celui dans le Montana, et les deux dans le Wyoming. Sam et Dean n’auraient plus qu’à faire disparaître les deux de l’Idaho.
Sam : Merci beaucoup, Bobby.
Bobby : De rien, Sam. Maëlle vous a bien aidés sur ce coup-là, non ?
Sam : Plutôt, ouais. Mais elle n’avait pas l’air très enthousiaste. Je crois que si ce n’était pas toi qui nous avais envoyés, elle n’aurait jamais voulu nous aider ! Tu sais pourquoi elle peut pas nous voir ?
Bobby (gêné) : J’ai hésité à vous le dire avant…j’ai préféré éviter, je vous connais, surtout Dean, il aurait été capable de faire une gaffe.
Sam : …quoi ? J’comprends pas.
Bobby : Sam, tu n’as pas compris qui est Maëlle ?
Sam : Euh…
Bobby : C’est –c’était- la petite sœur de Ash.
Sam en resta bouche bée, stupéfait. Dean lui jeta un coup d’œil surpris.
Dean : Sam ?
Sam : Quoi ?! Mais…euh…merci de me le dire quand même !
Bobby : ça aurait changé quoi que je te le dise avant ? Prenez soin de vous, les garçons. A plus.
Sam : Salut…
Il raccrocha. Dean baissa le son de la radio.
Dean : Qu’est-ce qu’il t’a dit, Bobby ?
Sam : Rien, rien d’important. On doit détruire les deux dolmens de l’Idaho. Y’en a un à une centaine de kilomètres d’ici, c’est le plus proche.
Dean : On fonce !
Welga (07.05.2008 à 17:04)
Ils ne s’arrêtèrent pas pour dormir, ce soir-là. Ils parvinrent au fameux dolmen, érigé en plein cœur d’un parc dans une petite ville, alors que la nuit tombait.
Il leur fallut attendre que tous les promeneurs s’en aillent pour effectuer leur travail, si bien qu’ils poireautèrent jusqu’à près de minuit. Enfin, le dernier passant disparut, et les lumières de la ville s’éteignirent.
A la lueur de leurs lampes torches, les deux frères s’approchèrent du dolmen. Ils ne prirent pas le risque de le faire cramer, à la fois parce qu’ils ne voulaient pas déclencher un incendie, mais aussi parce qu’ils avaient que le feu était l’allié des farfadets. Durant quelques minutes, ils se livrèrent à une mystérieuse activité autour de l’immense pierre posée sur quatre autres presque aussi énormes, puis ils reculèrent très vite et rejoignirent l’Impala.
Dean démarra en trombe alors que derrière eux retentissait une formidable explosion, suivie des bruits des gravats s’écrasant sur le bitume de la route, dans les arbres, l’herbe, atteignant même une fenêtre d’une maison proche. Leurs explosifs avaient fait du beau travail, il ne restait rien du vestige de la civilisation traditionnelle irlandaise !
Sans plus se préoccuper de l’endroit, où commençaient à s’allumer les lumières et à retentir les exclamations des habitants réveillés en sursaut par le son assourdissant de l’explosion, les Winchester filèrent vers l’autre dolmen. Ils avaient moins d’une journée pour y parvenir.
Welga (07.05.2008 à 17:06)
Maëlle appuya à fond sur son klaxon, invectivant le malheureux chauffeur qui avait eu l’audace de se garer devant elle pour décharger des journaux dans une presse, bloquant ainsi la rue. La jeune fille, au volant d’une petite Clio noire toute poussiéreuse agrémentée de dessins de fées gothiques sur la carrosserie, jurait comme un charretier, tantôt en anglais, tantôt en français, parfois en italien, quelquefois en espagnol, un peu en allemand. Après avoir vécu plus de cinq ans en Europe, on retenait ce qui faisait le folklore d’une langue : les injures.
Maëlle : Merde, merde, merde et merde, tu vas bouger ta charrette oui ?!
Le camion redémarra enfin, et dès qu’il gagne une route plus large, Maëlle le doubla à toute vitesse, si bien que le conducteur ne vit passer qu’un éclair noir qui répandait des nuages de poussière.
Mais où se rendait Maëlle ? Au dernier dolmen, à Leprechaun.
Elle s’était rendu compte qu’elle avait oublié de prévenir les frères Winchester d’un petit détail…qui pourrait leur coûter la vie. Et comme par hasard, son téléphone l’avait lâchée, elle ne pouvait pas les appeler, et puis d’abord elle n’avait leur numéro et répugnait à passer par Bobby pour le connaître.
A vrai dire, elle n’avait aucune envie de se lancer à la poursuite des deux chasseurs pour leur sauver la mise, car elle leur en voulait, et elle leur en voulait vraiment pour la mort de son frère Ash. Mais bon, entre personnes du même camp, il valait mieux s’aider, aussi Maëlle fonçait-elle vers le dernier dolmen, espérant y trouver les frères…avant la nuit.
Welga (07.05.2008 à 17:09)
La nuit tombait, et la pleine lune éclairait les environs. L’Impala se gara le long d’une petite forêt qui touchait presque à un village endormi.
Leprechaun, Idaho.
Dean et Sam savaient que le dolmen se trouvait dans la forêt, mais ils ne voyaient pas les flammes. Evidemment, ils n’avaient aucune origine irlandaise, jusqu’à preuve du contraire. Remplissant un sac de tout un matériel hétéroclite, ils s’enfoncèrent dans la forêt, vers le lieu d’apparition des farfadets.
Le jeune homme ne savait pas pourquoi il se dirigeait vers ces flammes montant haut dans le ciel. C’était une volonté qu’il ne contrôlait pas qui menait ses pas vers le cœur de la forêt. Il distinguait la lueur, de plus en plus vive. Et il aperçut bientôt les curieux petits êtres dansant autour du dolmen…deux coururent vers lui, lui prirent la main, et l’entraînèrent dans leur ronde.
Le jeune homme oublia tout, qui il était, ce qu’il était, pourquoi il était…il voulait s’amuser, danser, pour toujours…il serait la prochaine victime, à l’aube, il mourrait, mais il s’en fichait…
La Clio pila dans un grincement de frein très désagréable et Maëlle bondit hors de sa voiture, un fusil à la main, un sac rempli de petits explosifs sur le dos. La jeune fille passa en coup de vent près de l’Impala des Winchester et se rua dans la forêt.
Welga (07.05.2008 à 17:11)
Dean et Sam arrivaient près de la clairière au dolmen. Ils se tenaient sur leurs gardes. Soudain, ils crurent avoir la berlue : ils voyaient les flammes. Ils les voyaient ! Manifestement, même quand on n’était pas Irlandais, on pouvait distinguer le feu des farfadets, à condition d’en être proche.
Dean fit signe à Sam d’être prudent, Sam lui retourna le conseil d’un hochement de tête. Ils avancèrent discrètement, au couvert des arbres, et se figèrent quand ils découvrirent le spectacle.
Les farfadets, hauts comme trois pommes, vêtus de peaux de bête, les cheveux longs, tressés et noirs, les ongles et les mains fins et immenses par rapport à leur taille, des cornes poussant sur le front de certains, les pieds nus et poilus comme leur visage, les yeux rouges, dansaient autour du dolmen. Et avec eux, un jeune homme d’environ dix-huit ans, un air hagard sur son visage pâle, ses cheveux bruns en bataille, ses yeux bleus traversés par une lueur de folie, les suivait dans leur ronde folle.
Dean et Sam échangèrent un regard. Ils devaient sauver ce jeune homme avant de détruire le dolmen, ils le savaient. Voilà qui contrariait leurs plans, eux qui avaient voulu faire exploser la grosse pierre en balançant simplement leurs explosifs dessus.
Dean fit comprendre par mimique à son frère qu’il s’occupait d’arracher le jeune homme à l’emprise des farfadets. Sam souffla qu’il le couvrait au cas où et arma son fusil, même s’il savait que cela ne ferait rien aux petites créatures.
Dean sortit de sa cachette. Deux farfadets se détachèrent du groupe pour venir vers lui. Sam tira. Les petits êtres ne furent guère ralentis par les balles qui les touchèrent à la tête et à l’abdomen, et saisirent Dean par les mains sans que celui-ci ait le temps de réagir. Ils étaient trop rapides et agiles, ces farfadets !
Sam fut surpris de ne pas voir Dean se débattre. Que… ? Puis il distingua l’air perdu, hagard mais euphorique, de son grand frère : il était pris au piège ! Sam ne réfléchit pas davantage et bondit dans la clairière, ouvrant le feu sur les farfadets. Une dizaine se dirigèrent vers lui, lui sautèrent dessus, leurs ongles, comme des griffes, lui lacérant les bras pour qu’il lâche son arme. Ce qu’il finit par faire. Possédé comme son frère et le jeune homme par la folie fêtarde des farfadets, il se laissa relever par les créatures et traîner dans la ronde, ne sentant même pas le sang s’échappant de ses blessures.
C’est alors que la détonation retentit dans la clairière et que Dean poussa un cri.
Welga (07.05.2008 à 17:14)
Dean se sentait bien, même s’il ne savait plus ce qu’il était. Il dansait, entraîné par ces merveilleux petits êtres joyeux. Quand une détonation retentit et qu’une vive douleur dans la jambe lui arracha un cri de douleur.
Alors, le charme fut brisé. Il redevint Dean, le vrai Dean. Et se rendit compte que les farfadets le traînaient avec eux en une ronde effrénée autour du dolmen.
Le murmure des créatures lui parvint aux oreilles, mais il n’avait plus rien d’enchanteur. La douleur empêchait la magie d’agir sur Dean. Mais alors, celui qui lui avait tiré dessus l’avait sauvé…il se dégagea vivement de l’étreinte des farfadets et se retourna, pour découvrir Maëlle, fusil en main. C’était elle qui l’avait visé.
Maëlle : Recule et fais exploser ce putain de truc !
Dean courut vers elle, sentant les farfadets qui le poursuivaient. Maëlle déclencha une véritable fusillade, mais les petits bonhommes évitaient avec une facilité déconcertante les balles qui volaient. Alors que Dean se précipitait sur le sac rempli d’explosifs qu’il avait posé à terre quelques minutes auparavant, les farfadets se jetaient sur Maëlle.
Dean se redressa.
Il fut horrifié de voir son frère en train de danser avec les farfadets, les bras en sang. Puis son regard se porta sur Maëlle, assaillie par les créatures. Deux la saisirent par la main. Au grand étonnement de Dean, le murmure enchanteur ne fonctionna pas sur Maëlle qui envoya un formidable uppercut dans la figure rondouillarde d’un des petits êtres. Le farfadet vola sur plusieurs mètres. Dean alluma un explosif et le lança.
Welga (07.05.2008 à 17:17)
L’explosion retentit dans toute la clairière, et Maëlle fut projetée contre un arbre. Dean avait lancé l’explosif sur la troupe de farfadets attaquant la jeune fille, mais il n’avait pas prévu que l’explosion serait aussi puissante et toucherait Maëlle. Elle se cogna durement le dos contre l’arbre et se releva en gémissant.
Maëlle : Crétin ! Occupe-toi de ton frangin et de l’autre gars, j’vais faire sauter cette saloperie !
Dean, saisissant une arme étrange dans son sac, sauta par-dessus les farfadets étendus à terre, touchés par la première explosion. L’aîné des Winchester balança son arme sur les farfadets qui tenaient son frère.
Une vive lueur aveugla les petits êtres et les enfuma. C’était un fumigène lumineux qu’avait lancé Dean. Autant lui n’était pas touché par l’agressive lumière ni par la fumée, autant les farfadets, plus petits, étaient en plein dedans. Suffoquant, aveuglés, ils arrêtèrent leurs chants et leurs cris.
Dean envoya deux coups de pied à ceux qui tenaient Sam, ceintura son frère et l’éloigna rapidement du dolmen. Mais Sam était toujours possédé et se débattait. Lui n’avait pas une vive douleur dans la jambe pour l’empêcher d’être attiré par le murmure envoûtant. Alors Dean, n’ayant pas le choix, cogna la tête de Sam dans un arbre pour l’assommer.
Dean : Désolé, mais y’avait urgence.
Il retourna vers le dolmen, saisit le jeune homme encore envoûté, et le ramena vers Maëlle et Sam. Au même instant, la lumière et la fumée se dissipèrent. Les farfadets, hoquetant, virent que leurs proies s’étaient échappées et se jetèrent tous sur les humains.
Welga (14.05.2008 à 16:15)
La horde bruyante, écumante de colère, aux yeux rouges de fureur, n’atteignit jamais les quatre humains, car cinq explosifs s’abattirent sur le dolmen et celui-ci se désintégra littéralement. Dans une série de claquements secs, de cris de rage, de nuages de fumée dorée, les farfadets disparurent, retournant pour toujours à Kouril, leur royaume souterrain.
Welga (14.05.2008 à 16:15)