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Série : Supernatural
Création : 25.05.2008 à 17h11
Auteur : winsister
Statut : Terminée
« Cette fic a été écrite à deux mains par Dineka38 et moi-même. Elle est complète, merci de ne pas intervenir et bonne lecture à tous ^^ » winsister
Cette fanfic compte déjà 27 paragraphes
Chapitre 12 : Etat d’urgence.
Quand ils arrivent dans la chambre, le regard de Dean s’attarde sur la main de son frère. Il se rend compte que du sang goutte le long de ses doigts.
-Sam, tu saignes?!
-Ah oui, la blessure a du se rouvrir après que Sandra m’ait pris la main.
-Bon viens je vais te refaire ton pansement et après, je veux pas te voir sortir de ton lit avant demain.
Son teint est assez pâle, reflétant son état vulnérable.
-T'as vraiment besoin de repos Mec. Bon viens, je vais te refaire ton pansement et après, je veux pas te voir hors de ton lit avant demain.
-Ai-je le choix? Ose-t-il, révélant par la même occasion son arme ultime: le regard de cocker, qui fait à tous les coups craquer son frère.
Cependant, l’aîné demeure de marbre.
-Pas trop, non. Affirme-t-il, sur un ton qui se voulait sévère.
Sam soupire mais accepte. Tous deux se dirigent alors vers la salle de bain. Une fois son poignet soigné, Sam se rend dans la chambre et se couche sans même retirer ses habits, trop épuisé pour ça. Il s’endort aussitôt, bien calé sous sa couverture. L’aîné s’attarde un instant sur son repos paisible, puis descend rejoindre Sandra, refermant soigneusement la porte derrière lui.
En arrivant au salon, Dean voit Sandra assise sur son canapé, allaitant le jeune Samuel. Ne voulant pas troubler ce moment, il décide de sortir un peu et et va prendre l’air sur le perron, profitant ainsi du spectacle qu'offre le coucher du soleil. Une larme solitaire glisse le long de sa joue, tandis qu’il assimile enfin les derniers évènements.
En peu de temps, il avait failli perdre ce qui lui était le plus cher à ses yeux, ce qui lui donnait la force d‘avancer.
Sam et Sandy, les deux personnes qu’il aimait le plus au monde, avaient bien failli perdre la vie. Il ne se le serait jamais pardonné. Assister à la naissance de Samuel, y avoir contribué lui redonnait du baume au cœur.
Toutes ces émotions lui rappellent douloureusement que bientôt, il ne pourra plus rien ressentir du tout. Que bientôt il ne sera plus là pour les protéger et ça c’est pire que tout. Il efface rageusement cette larme, préférant se concentrer sur le bonheur qu’à provoquer l’arrivée du petit Sam et, en toute priorité, sur sa chasse. Il s’assoit sur le banc sous la fenêtre, réfléchissant à la manière de se débarrasser de Lamashtu mais il a quelque peu surestimé ses forces. Lui-même est épuisé et il s’endort sans même s’en rendre compte.
A l’étage, Sam dort depuis un moment déjà mais son sommeil est agité. Son état de fatigue a provoqué une montée de fièvre et son corps et parcouru de frissons. Il se réveille brusquement et se rend alors compte que ce n’est pas à cause de ça qu’il a froid, non. C’est parce qu’elle est là. Lamashtu se tient là, près de son lit, les yeux rougis de haine. Sam voudrait bouger ou crier mais il est comme paralysé. Aucun de ses muscles ne lui répond, aucun son ne sort de sa bouche. Il réalise alors qu’il est à sa merci. Puis un spectacle étonnant se déroule sous ses yeux. Lamashtu est en train de changer d’apparence. Il se rappelle alors qu’elle peut en prendre sept différentes mais que personne ne les a jamais vues. Son visage prend les traits d’une femme, un visage presqu’angélique, ses mais s’affinent, remplaçant les serres par des doigts longs et fins. Mais ce qu’il remarque surtout, c’est que ses ongles sont longs et effilés comme des aiguilles. Il les voit se rapprocher lentement, dangereusement de son abdomen jusqu’à en sentir le contact sur sa peau. Puis une douleur lui irradie le bas ventre, si intense qu’il pousse un hurlement déchirant. Il ressent la même douleur sur plusieurs parties de son corps, comme si elle plantait ses ongles à différents endroits. Entre deux hurlements, il croise son regard qui se délecte du spectacle. Puis soudain un bruit sourd détourne l’attention de Lamashtu. Dean vient d’enfoncer la porte. D’abord figé par le spectacle qui s’offre à lui, il réagit rapidement en tirant sur cette femme démoniaque. Se dispersant en poussière sous le tir, Lamashtu reprend son apparence affreuse l’instant d’après. Elle lui adresse un rictus hautain, et se dirige vers la sortie, peu préoccupé par Dean. Elle s’occupera de lui plus tard. Avant, elle doit remplir la mission pour laquelle elle a été envoyée ici.
Mais malheureusement pour Lamashtu, le jeune homme ne l’entend pas de cette oreille. En un éclair, il se place dos contre la porte, l’empêchant ainsi de passer.
Elle est furieuse devant son obstination à se mêler de ses affaires.
-Bouge toi de là, j’ai une mission à accomplir.
-Il faudra me passer sur le corps avant.
-Bien, puisque tel est ton choix… Tu risques de le regretter très vite.
Elle le fixe intensément, droit dans les yeux, d’un regard froid et dur.
Tout à coup, sa tête lui fait de plus en plus mal, comme si elle implose de l’intérieur. La douleur trop intense à présent, ses jambes se dérobent sous son poids; il tombe à genoux, se tenant la tête entre les mains.
Il gémit, tentant de calmer ses souffrances, mais le mal est plus fort. Il hurle de douleur, n’en pouvant plus.
Lamashtu semble s’en délecter. Elle se met à son niveau et lui susurre malicieusement…
-Je t’avais bien prévenu, vois où on n’en est arrivés… Tu as voulu jouer le gros dur, tu t’es sacrifié pour les protéger. Ca me crève le cœur devant cette noble action, vraiment. Ca n’a malheureusement rien changé à la situation: ton frère ici présent va mourir, le bébé aussi. Et pour ne pas faire de jaloux, je m’occuperai bien sûr de la mère.
Dean, courbé en deux, serre les poings. Il relève difficilement la tête vers elle.
-Je te jure que je te tuerai, sale créature de mes deux!
-Vous les humains, êtes tous aussi vaniteux les uns que les autres? Toujours à jurer par monts et par vaux…
Elle resserra son étreinte invisible autour de sa tête. A cette douleur s’ajoute des images qui se projettent douloureusement dans son esprit. Il voit le corps de son frère sans vie, vidé de son sang et lacéré de toute part. Non loin de lui, les corps de Sandra et de Kyle, les cervicales rompues et la tête tournée dans un angle étrange. Mais l’image qui le frappe le plus, c’est le corps du petit Samuel, à moitié déchiqueté et démembré. Ces images lui donnent la nausée et il pousse un cri déchirant, refusant que tout cela n’arrive. La douleur augmente encore en intensité, le laissant sans connaissance, recroquevillé sur le sol. Lamashtu le regarde, l’air triomphant. Elle jette un regard à Sam, lui-même inconscient.
-Patience Sammy, je vais vite revenir m’occuper de toi.
Après un dernier sourire avide, elle quitte la chambre pour descendre au salon. Seulement elle trouve les lieux vides. Sandra qui avait entendu les cris et vu Dean se précipiter à l’étage, s’était cachée avec les enfants. Lamashtu scrute la pièce, laissant trainer son regard dans les moindres recoins puis se fixe sur une grande armoire. Elle sent la peur en émaner. Un sourire triomphant s’affiche alors sur son visage.
Du côté des garçons, Sam a repris connaissance. En voyant son frère gisant sur le sol, la panique s’empare de lui. Malgré la douleur qui lui irradie le corps, il parvient à se lever et à le rejoindre. Titubant, il s’abaisse et cherche fébrilement le pouls de son ainé. Il laisse échapper un soupir de soulagement quand enfin il le trouve. Il donne lui donne de petites claques sur la joue pour le faire revenir à lui.
-Dean… Hé Dean réveille-toi !
-Sam ?
Il se relève brutalement.
-Où elle est passée ?
-Je sais pas, elle est peut-être partie. Allez, relèves-toi.
Dean prend appui sur sa main, rappelant à son souvenir son entorse. Une fois debout, il balaie la pièce du regard quand il entend un bruit sourd dans son dos. Il se retourne et voit son frère au sol. Il constate alors avec horreur les blessures que Lamashtu lui a infligées. Des plaies profondes et dispersés sur tout son abdomen, saignant abondamment. Il passe ses bras sous ses épaules pour le relever et l’aide à retourner sur le lit.
-Sammy… Dans quel état elle t’a mis…
-Dean , ya qu’un moyen pour s’en débarrasser. Il faut… Il faut invoquer Pazuzu en personne…
-Quoi, faire appel à un démon ? Non mais ça va pas ?!
-C’est le seul qui puisse la vaincre, il l’a déjà fait… Ecoute, on n’y arrivera pas seuls et… Je… Je pourrais pas t’aider sur ce coup…
-Sam ? Ca va ?
Sam commence à avoir de plus en plus de mal à tenir éveillé. Il a perdu énormemment de sans et s’il ne l’amène pas rapidement à l’hôpital, il risque de le perdre.
-Sammy reste avec moi . Dis-moi comment l’invoquer.
Chapitre 13: Rest In Peace, guys…
-Tu… tu devras dessiner un… pentacle et… en même temps… penser très fort… à son nom.
-C’est tout? T’es sûr de toi Sammy?
-Dean…, murmure-t-il agacé.
-D’accord, je vais faire ça. Et tu crois que ça va mettre longtemps
avant qu’il se pointe ?
-Je… J’en sais rien… Deeaan…
-Qu’est-ce que t’as?
-J’me sens pas bien, je…
-Sam? Sam?!!
Dean secoue son frère qui vient de perdre connaissance mais malgré ses efforts, il n’obtient aucune réaction de ce dernier. Son angoisse monte encore d’un cran. Les blessures de son frère sont sérieuses et il sait qu’il a besoin de soins urgents. Un hurlement provenant du rez-de-chaussée lui rappelle brutalement qu’il y a d’autres personnes en danger dans la maison. A contre-cœur, il abandonne son frère et quitte la chambre en courant. A mi-chemin dans les escaliers, il commence mentalement sa litanie en répétant en boucle le nom de Pazuzu.
Arrivé en bas, il voit Lamashtu se tenir à deux pas de Sandra et les enfants. Pourtant elle n’avance pas plus et semble plutôt en colère. L’amulette faisait son effet et l’empêchait d’avancer plus. Sans un bruit, il va jusqu’à son sac et en sort une grosse craie. Mais son manège n’a pas échappé à Lamashtu. Pourtant, elle ne bouge pas et continue de menacer Sandra. Dean commence alors à dessiner un pentacle sur le sol mais se stoppe à la moitié. Il vient de sentir quelque chose dans son dos. Quelque chose qu’il reconnaît facilement. Le canon d’une arme.
La seule question qui lui vient à l’esprit c’est de savoir qui la tien. Il pense alors à Steeve. Ce fumier en serait bien capable. Il se lève doucement et se retourne. Seulement ce n’est pas Steeve qui se tient face à lui mais son frère. Son frère dont le teint est si pâle. Son frère dont le regard est vide de toute expression.
Mais ce qui inquiète le plus Dean, ce sont ses blessures qui saignent abondamment. Il dirige alors un regard plein de haine vers Lamashtu, comprenant que c’est elle qui contrôle le corps inconscient de Sam, qui l’oblige à le tenir en joue avec son arme.
Il se dit que vu l’état de son frère, il peut le désarmer sans trop de problème et finir son invocation. Mais c’est sans compter le pouvoir de Lamashtu. A peine fait-il un mouvement vers l’arme que le coup part. Le jeune homme sent alors une douleur fulgurante à l’épaule, au niveau de sa clavicule. Il s’écroule sous l’impact et l’intensité de la douleur.
Le visage crispé par la douleur et les yeux mis clos, il voit Sam se diriger vers Sandra, l’arme toujours au poing.
Un sentiment de panique s’empare de lui. Sam ne fait pas ça j’t’en prie… Il souffle un peu en voyant que son frère pose son arme sur la table basse en passant. Mais il se dirige toujours vers Sandra, les bras en avant. Dean comprend que c’est Samuel que veut son frère.
-Sam!!! Laisse-les Sam!!Je sais que tu peux lutter alors bats-toi ! Bats-toi !!
Sam fait encore deux pas puis s’arrête. Pourtant Dean remarque un drôle de mouvement au niveau de ses jambes, comme si elles voulaient bouger mais étaient bloquées. Sandra de son côté, voit parfaitement le regard de Sam. Ses yeux sont agités dans tous les sens, sa mâchoire se crispe et il semble souffrir. Sam tente de reprendre le dessus, de lutter contre cette force qui le dirige malgré lui. Il y parvient enfin mais à bout de force, il s’écroule sur le sol.
Pendant ce temps, Dean prend sur lui pour la douleur à son épaule, et termine le dessin. A peine Dean finit-il de tracer le pentagrame qu’une volute de fumée apparait devant lui, laissant place peu à peu à la forme d’un homme. A sa vue, Dean a du mal à étouffer un rire de surprise. Cet homme, qui n’est autre que Pazuzu lui-même, a une allure des plus étonnantes.
Il porte un pantalon vert fluo des années soixante-dix surplombé d’une tunique bleu trop grande pour lui, des cheveux longs agrémentés de rasta et de perles ainsi qu’un bandeau autour du front et des lunettes de soleil toute rondes.
La première pensée qui frappe Dean , c’est qu’il ressemblerait presque à Jack Sparrow et qu’il a du mal à l’imaginer en couple avec le monstre sanguinaire qu’il doit affronter.
-Yo man ! Ca roule biloute ? Tu m’as invité à ta teuf ou c’est une erreur de numéro ?
-C’est vous Pazuzu?, réussit-il à dire, entre deux fous rires.
-Yep, qui l’demande?
-Je m’attendais à tout, sauf peut-être… Il le jauge de haut en bas. À ça.
remarque-t-il, sous un ton ironique.
-Hey, respect mon gars. Bon, suis attendu ailleurs donc si tu pouvais me dire ce que tu me veux.
Dean soupire un bon coup, retrouvant immédiatement son sérieux. Il désigne du doigt Lamashtu.
-Tu vois la sale bête qui s’trouve là-bas? Eh ben, tu me rendrais un grand service, si tu nous en débarrassais.
-Ah mais c’est ma biquette d’amour! Qu’est-ce qu’elle a encore fait cette fois?, fait-il, sur un ton naturel.
-Non content d’avoir un look original, tu as des goûts très…originaux aussi. Remarque-t-il sur un ton de dégoût entier.
- Ah mec, elle et moi, c’est l’amour avec un grand A! Surtout la nuit, pendant…
-Ca suffit, rétorque-t-il, vraiment dégoûté. Occupes-toi juste de… d’elle et faites un break, très très loin d’ici d’accord? Tiens pourquoi pas en enfer, il parait qu'il y fait chaud toute l'année.
Pour toute réponse, Pazuzu lui fait un petit signe V de la main, agrémenté d’un « peace and love » puis marche nonchalamment vers sa moitié.
-Choupinette, viens un peu voir ton doudou d’amour!
-Qu’est-ce que tu fais ici, toi?
A ses côtés en moins de temps qu’il ne faut, il enroule son bras autour de ses épaules épineuses.
- Ca fait longtemps qu’on s’est pas offert un peu de bon temps tous les deux, loupiote, tu crois pas?
-C’est vrai, mais là tu vois, je suis occupée… Eh, mais qu’est-ce que tu fais?!
Elle vient d’entrevoir son petit manège : l’enlaçant à présent à la taille, Pazuzu la maintient avec fermeté, créant un halo de lumière autour d’eux.
-Tu verras, on va s’la régale!
Le halo devint plus vif, se propageant un peu plus dans la pièce, avant de refluer en un minuscule point étoilé. Puis plus rien.
-Bon débarras…, souffle Dean entre ses dents.
Il s’écroule à même le sol, complètement vidé, et pâle comme un linge.
La frayeur de se faire attaquer enfin passée, Sandra se précipita vers Dean, le visage empreint d’inquiétude.
-Snickers, tout va bien?!
Elle examine sa blessure à l’épaule, ce qui le fait sursauter de douleur.
-Excuse-moi…
Alors qu’elle commence à retirer son gilet de la zone touchée, il bloque gentiment sa main.
-Occupes-toi de Sam, Sandy…
-Mais toi…
-J’t’en prie…
Elle n’insiste pas, et fait ce qu’il lui demande. Elle s’agenouille près de Sam, et lui prend son pouls. Dean s’est contorsionné de façon à pouvoir la voir faire; lorsqu’il voit la surprise peignée sur son visage, son cœur manque un battement. Mais ses paroles le rassurent aussitôt après.
-Il est encore vivant, Dean.
Dean se rallonge, rassuré, tandis que Sandra appelle une ambulance.
Kyle lui, est resté dans son coin, Samuel gazouillant dans ses bras. Il tremblote, encore sous le choc.
Après de nombreuses heures d’attente, rongée par l’angoisse, Sandra est enfin informée de l’état stable des garçons. Ils sont hors de danger et se reposent à présent. Dean s’en sort avec un plâtre au poignet, une attelle pour son épaule, et quelques points de suture pour une coupure à l’arcade sourcilière.
Sam, lui, est parsemé de bandages, c’est à peine si on voit son visage. Il leur faudra bien deux semaines pour se remettre de tout ça. Mais le plus important est qu’ils ont réussi, ramenant le calme dans le quotidien de Sandra.
Durant cette mise à pied forcée, Sam a du mal à rester couché à ne rien faire, alors que les jours se succèdent tels les grains dans un sablier. Malgré son rétablissement assez rapide, Sam se voit interdire par Dean de continuer ses recherches. Refus qui amène toujours son lot de tensions, encore plus à présent, la date se rapprochant dangereusement. Le moral remonte en flèche, grâce en partie aux visites quotidiennes de Sandra, toujours encadrée par les enfants. Une vraie mère-poule : chacune des visites était garnie de gâteries, au grand plaisir de Dean.
C’est toujours dans cette bonne ambiance que se terminèrent leur séjour.
Les garçons peuvent quitter l’hôpital et à peine ont-ils mis un pied dehors que le téléphone de Dean sonne. Sa conversation terminée, il revient vers les autres, le visage rembrunit.
-Qu’est-ce qu’il y a Dean ?
-Rien de grave Sammy, c’était Bobby. Il nous a trouvé une nouvelle affaire dans l’Idaho.
-Et… On part quand ?
-Demain matin.
Chacun de son côté sent une boule se former dans son estomac. Ils auraient tellement voulut profiter encore un peu de cette famille qui est comme la leur.
-Allez venez les garçons. Ce soir c’est notre dernière soirée alors je veux de la joie et de la bonne humeur, c’est compris ?
Sandra tente de sourire en leur parlant ainsi mais sa voix trahit son émotion. Elle aussi aurait aimé les garder plus longtemps auprès d’elle. Le trajet jusqu’à la maison se fait dans une ambiance chaleureuse. Une fois arrivés, chacun trouve de quoi s’occuper. Sandra prépare le repas, Dean joue avec Kyle tandis que Sam donne le biberon au petit Samuel. Le repas du soir ce passe dans une ambiance festive, alternant anecdote et fous rires. La soirée se prolonge jusque tard dans la nuit puis chacun finit par aller se coucher.
CHAPITRE 14 Le temps des adieux.
Le soleil est déjà bien loin dans son avancée, lorsque la maisonnée s’éveille. Après toutes ces émotions, une grasse mat’ n’est pas de refus. Encore allongé dans son lit, Dean ressasse tous les bons moments qu’il a passé ici. Son visage assombri exprime pleinement sa mélancolie. Bientôt il devra quitter tous ceux qu’il aime, et cette idée lui triture les entrailles. Il voudrait bien rester ici, avec Sandra et les enfants, mais il sait bien que ce serait risqué, et la dernière chose qu’il souhaite, c’est les mettre en danger. Il soupire de lassitude, se redresse sur ses jambes, puis descend rejoindre les autres en bas.
Sam range déjà leurs sacs dans la voiture, comme son frère le lui a demandé la veille. S’installant au salon, Dean et Sandra profitent des derniers instants, sachant au fond d’eux qu’il n’y en aura jamais d’autre.
-Alors, c’est le grand départ…soupire Sandra, attristé.
-Hm, malheureusement, Sandy, lui répond Dean sur le même ton.
Un silence pesant s’installe. Chacun boit son café, n’osant pas croiser le regard de l’autre sous peine de craquer.
-Tu vas me manquer Snickers. Tu sais, je crois bien que te rencontrer aura été une vraie chance pour moi. Je suis ravie d’avoir côtoyé un mec comme toi, si sincère, attentionné et toujours prêt à mettre sa vie en danger pour les autres. Ton frère peut être fier de toi, déclare-t-elle, d’un ton enjoué. JE suis fière de toi.
-Merci Sandy, ça me touche beaucoup venant de toi, lui répond Dean, la voix cassée par l’émotion. C’est réciproque tu sais, tu es la plus gentille fille que j’ai jamais rencontré. Je suis tout de suite tombée sous ton charme. La meilleure petite sœur qu’un type puisse avoir.
- Hmm bien Snickers, tu te rattrapes bien, si tu cherches à te faire pardonner de ton départ si précipité.
Le jeune homme sourit à cette remarque. Décidément, elle savait s’y prendre avec lui. Elle trouvait toujours le moyen de dédramatiser les choses. Mon Dieu comme elle allait lui manquer. Sam les rejoint à son tour au salon.
-La voiture est chargée, on part quand tu veux.
Il a prononcé ces quelques mots avec une grande tristesse dans la voix. Lui non plus ne veut pas les quitter. Mais tout comme Dean, il sait que rester les mettrait en danger et en aucun cas, cela ne devait arriver.
-Je vais appeler Kyle pour qu’il vous dise au revoir, dit Sandra en se dirigeant vers l’escalier.
Pendant ce temps, Dean s’approche du berceau où le petit Samuel dort tranquillement. Du bout du doigt, il caresse sa petite joue rose et affiche un sourire triste à la pensée que jamais il ne le verra grandir. Observant la scène, Sam sent une boule se former au fond de sa gorge. Voyant des larmes pointer aux coins des yeux de son frère, il préfère se détourner pour ne pas craquer à son tour. Le petit Kyle arrive alors et saute u coup de Sam, l’étreignant fortement.
-J’veux pas qu’vous partiez tonton.
-Hey il le faut bonhomme, lui répond Sam doucement. Avec tonton Dean, on a du travail et on peut pas rester.
Dean, qui a séché ses larmes à l’arrivée du petit garçon, se retourne et offre son plus beau sourire à Kyle. Sandra se positionne près de lui et passe un bras autour de sa taille, les larmes aux yeux. Sam repose le bambin à terre. Il se retourne vers le petit Samuel à qui il fait quelques grimaces. Ce dernier gazouille jovialement, sous le regard amusé des autres.
-Maman, tonton, vous allez bien ?
Sandra essuie ses larmes, tandis que Dean va à la rencontre de son neveu.
-Tout va bien … lui ment-il.
-Alors c’est vrai tonton Sam et toi, vous partez ?
Il semble si affecté, que les minimes défenses de Dean s’effondrent. Il s’empêchait de craquer jusque là, mais voir son petit neveu dans cet état, c’était trop pour lui.
Il s’agenouille, écarte ses bras de son corps et invite le petit garçon.
-Allez viens par ici, champion.
Kyle ne se fait pas prier, et accoure se réfugier entre ses bras réconfortants.
-Tu reviendras nous voir ?
Cette simple interrogation achève Dean. Il sait qu’il ne les reverra sûrement plus, et ça lui compresse les entrailles.
-J’en sais rien Kyle, peut-être. C’est difficile de savoir avec notre boulot.
Kyle relève la tête, plongeant son regard dans celui de son oncle.
-J’veux pas que tu partes, tonton.
« Moi non plus, si tu savais », pense Dean en son fort intérieur…
Kyle se met à pleurnicher, cherchant sûrement à changer la position du jeune homme.
C’est au tour de Sandra d’entrer en action ; elle s’agenouille à côté d’eux et caresse la tête de son fils.
-Chéri, tu m’as toujours dit que tu voulais être fort comme ton parrain non ?
Il acquiesce timidement la tête, couinant.
- Alors il faut pas que tu pleures comme ça, Kyle.
Il considère les paroles de sa maman un bref instant, puis essuie rapidement les quelques larmes qui coulent sur son visage. Il offre à Dean et Sandra un petit sourire, qui les amuse.
-C’est bien Kyle, t’es un bon p’tit gars. Tu m’accompagnes jusqu’à la voiture ?
Sam croise le regard de son frère et y lit une grande détresse d’avoir du mentir au petit garçon. Mais il sait qu’il est préférable de lui mentir que de lui dire la vérité, que Dean ne reviendra jamais. La petite famille se dirige vers la sortie. Une fois à l’extérieur, Sandra prend la main de Dean dans la sienne, tandis que Sam porte Kyle dans ses bras. Une fois près de la voiture, chacun s’étreint avec force, voulant garder un souvenir immuable de ce contact, voulant graver cet instant à jamais dans sa mémoire. Sam fait à Kyle un salut propre aux djeuns, auquel le petit garçon répond avec fierté. Aucun mot n’est échangé, aucun « au revoir » ou « à bientôt », sachant que cela n’arrivera jamais. Dean sentant les larmes lui revenir met fin à ces adieux en montant dans la voiture, imité par son frère. Après un dernier coup d’œil, Dean démarre, mettant de plus en plus de distance entre eux et la maison. A la sortie du sentier, on ne la voyait quasiment plus.
Les semaines, les mois défilent, accompagnés par les interventions de nos deux frérots. Malgré les recherches tenaces qu’effectue Sam au fil du temps, aucune issue pour sauver son aîné n’est trouvée. Ses nombreux échecs le frustrent, ce qui a pour effet d’engendrer quelques tensions dans sa relation avec Dean. La pression de l’approche de la date ultime, l’angoisse et amène son lot de cauchemars, le peu de temps qu’il s’accorde pour dormir. Résultat, il a une tête de déterré.
Dean, qui depuis bien longtemps a accepté son sort, ne cherche plus à dissuader Sam. Il reste spectateur, mais l’empêche quand même de tenter l’inconcevable. Il sait que quoi qu’il dise ou fasse, Sam s’obstinera jusqu’au bout. Alors il le laisse mener ses recherches tout en le préparant à son absence malgré tout. Même si Sam refuse d’accepter le sort de son frère, il se prépare quand même à cette inévitable séparation. Il fait tout pour ressembler à son frère, il veut que ce dernier soit fier de lui jusqu’au bout et même après. Puis enfin la date fatidique arrive. Une journée. C’est là tout le temps qu’il leur reste à passer ensemble. Sam aurait préféré le passer tranquille avec son frère, savourer les derniers instants. Mais Dean en a décidé autrement. Il veut terminer la chasse en cours, s’occuper l’esprit pour penser le moins possible à ce qui l’attend plus tard. Les heures s’égrainent à une vitesse folle et une fois la chasse conclue, ils retournent à leur hôtel, récupérer leurs affaires. Ils montent en voiture et se dirigent vers un point défini à l’avance, éloigné de tout. Chacun se pose sur le capot de la voiture. Pour une fois, Dean ne rouspète pas que cela risque d’abîmer son bébé. Il a tellement plus important en tête que cela lui semble pour une fois complètement anodin. Sam, lui, a une boule au fond de la gorge, une envie de pleurer qu’il a de plus en plus de mal à retenir. Pourtant, il ne veut pas que son frère ait cette image de lui.
-Sam… Ya tellement de choses que j’voudrais te dire, commence Dean d’une voix éraillée par l’émotion.
-Je… Je sais déjà tout ça Dean, lui répond Sam sur le même ton.
-Toute ma vie, t’as été… Mon p’tit frère, mon meilleur ami… Ma plus grande fierté, tu sais ça ?
-Ya pas vraiment de quoi être fier de moi, j’t’arrive pas à la cheville.
-C’est là que tu te trompes. C’que t’as fait le jour où t’es parti pour Stanford, j’ai rêvé de le faire aussi et plus d’une fois même. Mais moi j’en ai jamais eu le courage. De la même manière que ce que tu as fait pour Madison ou avec Bloody Mary, j’aurai jamais eu la force de le faire.
-Arrêtes tes conneries Dean. Arrêtes de toujours croire que ta vie vaut moins que la mienne. Regarde où ça t’a mené, où ça nous a menés. J’aurais préféré que…
-Tais-toi, le coupe Dean. Ce que j’ai fait, à aucun moment je l’ai regretté. Pas un jour, pas une minute. T’es mon p’tit frère mec, la personne qui a toujours le plus compté dans ma vie. Le seul pour qui j’ai toujours été prêt à donner ma vie.
-Dean…
-Non, écoute-moi. Je sais que j’ai été égoïste sur ce coup mais je me rends compte que finalement, il en est sorti quelque chose de positif.
-Tu vas mourir ! Qu’est-ce qui est positif la dedans ?
-Toi.
-Quoi ?
-Je t’ai bien observé ces derniers temps. Ton obstination, ta détermination. Tout ça a fait de toi un bien meilleur chasseur que je l’ai jamais été. Promets-moi… Promets-moi que tu n’abandonneras jamais Sam.
-Dean… Je… Il a du mal à déglutir. Je te l’promet, j’laisserais jamais tous ces « son of the bitch » en paix.
-Et je sais qu’avec toi, ils ont du soucis à se faire, dit-il une pointe de fierté dans la voix. Ya autre chose que je voudrais que tu me promettes.
-Tout ce que tu veux.
-Prends soin de Sandy et des enfants. C’est eux ta famille à présent alors je veux que tu retourne chez eux quand tout sera fini.
-Dean, je sais pas si je pourrais… Affronter son regard, celui des enfants…
-Sam, reprend Dean en lui attrapant l’épaule, ils sont ta famille. Je veux que tu veilles sur eux comme je l’ai toujours fait avec toi.
-Très bien. J’te promets de le faire. J’les laisserais jamais tomber.
-Je sais que je peux compter sur toi et…
Dean se tait et semble écouter quelque chose.
-Dean ? Qu’est-ce qu’il y a ?
-Ils sont là. Ils arrivent… Ce dernier s’avance vers son frère, puis l’étreigne fermement dans ses bras. Sammy, va-t-en, j’t’en prie.
-Non, hors de question ! Dean me laisse pas !
-Adieu Sammy, je… murmure l’aîné, la voix tremblotante, en s’éloignant de son frère.
-Moi aussi je t’aime grand frère, dit-il…
Chapitre 15: For better and worse…
Le ciel bleuâtre, zébrée par de gros nuages transparents et fluides, marque bien le territoire occupé par la nuit. Devant un motel, un seul véhicule garé, une Impala noire que l’on devine soigneusement entretenue par son propriétaire. Une des chambres, occupée depuis peu, ressemble plus à un quartier général qu’autre chose. Les murs sont recouverts de coupures de journaux et le moindre meuble, occupé par de l’artillerie lourde. Le sol, seul survivant de cette invasion, est lui impeccable.
Un jeune homme de taille assez haute s’apprête à aller se coucher. Avec son visage impassible et ses traits tirés, le cadet des Winchesters est méconnaissable. Avant de s’allonger, il jette un œil sur le lit voisin. Il a encore prit une chambre double, même si depuis deux ans maintenant, une simple lui suffirait. Certaines habitudes sont tenaces, mais surtout lui rappellent le temps où son frère était encore avec lui. Comme chaque soir, il appréhende le sommeil. Comme chaque soir, il appréhende le cauchemar. Le même encore et encore, toujours aussi douloureux, toujours aussi intense, toujours aussi déchirant. Comme chaque nuit, il revit la mort de son frère, il entend ses hurlements de douleur, il ressent sa peur et sa colère.
Comme chaque nuit il se lève, l’estomac retourné et le cœur lourd de désespoir. Et comme chaque matin, il retourne honorer la mémoire de son frère la tête haute. Il retourne chasser toutes les créatures de l’enfer qui croisent sa route. En deux ans, il était pratiquement devenu une légende dans le monde des chasseurs. Il n’était plus considéré comme celui qui avait autrefois ouvert la porte des enfers mais comme le meilleur chasseur ayant jamais existé. Sa réputation n’était plus à faire. Il était craint des chasseurs autant que des démons. Pas une fois il n’a ressenti une once de pitié ou de remord.
Il haïssait les démons pour ce qu’ils avaient fait à son frère, ce qu’ils lui faisaient peut-être encore. Mais aussi parce qu’il n’avait pas pu lui offrir de sépulture. Les chiens n’avaient pas seulement pris son âme, ils l’avaient pris LUI.
Il survit plus qu’il ne vit. Une seule chose le raccroche à la vie. La promesse qu’il a faite à son frère, celle de toujours veiller sur la famille Allister. Sur SA famille. Au cours des deux années passées, il n’a pas été les voir même s’il n’a jamais rompu le contact. Il ne se sentait pas le courage d’affronter son regard, la peine qu’il y lirait. Lui-même avait besoin de prendre du recul, d’accepter les choses telles qu’elles étaient aujourd’hui. Ou plutôt d’accepter de vivre avec, le temps ayant fait son devoir et atténué les blessures. D’ailleurs, dans une semaine, c’est l’anniversaire de Kyle et il se promet qu’il appellera Sandra en fin de journée pour avoir une idée de cadeau à envoyer au petit garçon.
Sam n’est pas le seul à avoir souffert de la perte de Dean. En dehors de lui et de certains chasseurs, une autre personne avait pleuré sa mort durant de longues nuits. Mais pour elle, le temps avait cicatrisé la blessure plus vite, plus facilement. La présence de ses enfants y était pour beaucoup. Elle avait l’impression de revoir Dean dans les attitudes de son aîné, même s’il n’en était pas le père. La façon dont il parle de son petit frère avec fierté, la façon de le rassurer quand il cauchemarde, de le consoler. Elle en est là de ses pensées quand la sonnerie de la porte d’entrée retentit. Kyle, qui joue à ses jeux vidéo, ne bouge pourtant pas du canapé pour aller ouvrir.
-Maman, y a quelqu’un qui a sonné à la porte !! hurle-t-il à la place, à l’adresse de sa mère.
Sandra, qui descend justement de l’étage, lui jette un regard mécontent.
-Ne parle pas si fort, ton frère fait la sieste ! chuchote-t-elle. -Voyant son fils entièrement absorbé dans son jeu- Et ne reste pas trop longtemps, tu vas t’abîmer les yeux ! As-tu terminé tes devoirs au moins ?
-Hum, oui maman.
Puis il repart dans son dégommage de dragons. La jeune maman soupire, blasée, lorsque la sonnerie retentit de nouveau.
-J’arrive, j’arrive !
Quelle est sa surprise, quand elle le découvre sur le pas de la porte…
-Hello Sandra ! Ca fait un bout de temps qu’on s’est pas vu… Tu m’as manqué tu sais, déclare-t-il, ironique.
-Pas toi en tout cas! Qu’est que tu fous encore ici ?
-Du calme, je viens juste voir mon fils. Le pauvre, il doit déprimer d’être loin de son père…
-Détrompe-toi, Steeve, il se porte comme un charme, depuis qu’il n’est plus près de toi. Et ça continuera ainsi.
-Ca, ça reste à voir. Rétorque-t-il, une certaine animosité dans la voix.
Il pousse légèrement Sandra sur le côté, et entre à l’intérieur.
-Où es-tu Kyle ? C’est papa !
Il se dirige vers le salon, où il entend clairement les exclamations qui s’apparentent selon lui à celle de Kyle. Son visage s’émerveille, quand il voit sa petite tête dépasser du fauteuil.
Il s’approche de lui, et lui caresse les cheveux affectueusement ce qui fait sursauter le petit garçon.
-Hé fiston, n’aies pas peur ! On reconnaît plus son papa ?
-Papa ? Mais qu’est-ce que tu fais là ? balbutie Kyle, encore sous le choc.
-J’suis venu te voir. Je sais que j’ai pas été souvent là pour toi ces dernières années, mais tout ça c’est fini. J’vais prendre soin de toi maintenant. Tu vas voir, on va bien s’amuser tous les 2, comme avant.
Kyle le considère quelques secondes, fait l’aller-retour du regard entre sa mère et son père, puis finit par dire quelque chose.
- Comment ça, « tous les 2 » ? Et maman ? Et Samuel ? commençant à paniquer.
Sandra, à l’annonce de Steeve, vire au rouge. Elle se campe devant lui, le fusillant du regard. Elle le prend par le bras et le traîne jusqu’à la cuisine, pour pouvoir lui dire ses 4 vérités tranquillement. Ceci, malgré les protestations de son ex.
- Non, mais tu t’es shooté ou quoi ? Après tout ce que tu as fait, tu débarques ici et tu veux récupérer ton « fils », comme si de rien était ?! Tu as un sacré culot !!
-C’est toi qui parle de culot ?! Toi et Dean, tu crois que j’le voyais pas venir, hein !! Tu t’es bien foutu de moi oui !
- Mais t’es complètement à côté de la plaque, mon pauvre !! Peu importe. J’ai refait ma vie, à présent et je ne te laisserai plus faire comme bon te semble !!
Sandra voit le regard de Steeve changer, regard qu’elle reconnait aussitôt. Le même que celui qu’il avait juste avant de la frapper. Anticipant toute réaction violente de sa part, elle prend son téléphone.
-Maintenant tu vas partir d’ici avant que j’appelle la police, t’as comprit ? le menace-t-elle.
-Très bien, je m’en vais, répond-t-il sur un ton meurtrier. Mais je vais pas te lâcher comme ça. Je récupèrerai mon fils, quoi qu’il en coûte.
Il retourne sur ses pas et se retrouve nez à nez avec le petit Samuel, encore tout endormi. A sa vue, le souvenir de sa dernière entrevue avec Dean lui revient en mémoire et de rage, il bouscule l’enfant qui chute avec violence contre la table basse.
Ses pleurs attirent aussitôt sa mère et son frère alors que Steeve quitte la maison, un sourire victorieux sur les lèvres…
Après une dure journée de chasse, Sam rentre à son motel. Passé sous une bonne douche, il se sent revigoré. L’anniversaire de Kyle approchant, il décide d’appeler Sandra pour avoir une idée de cadeau à envoyer au petit garçon. Il prend son téléphone et compose le numéro, qu’il connaît maintenant par cœur.
-Allo ?
-Salut Sandy.
-Hey Sam ! Ca fait longtemps que tu n’as pas appelé, lui répond-t-elle avec un léger ton de reproche.
-je sais mais j’ai eu pas mal de boulot ces derniers temps.
-Tu devrais souffler un peu tu crois pas ?
-Oui Maman, se moque-t-il gentiment.
-Oui et bien Maman est appelé en urgence pour un petit problème.
-Rien de grave au moins ? s’inquiète-t-il.
-Non, ne t’inquiète pas, répond-t-elle d’une voix triste. Ecoute Sam, je te passe Kyle d’accord ?
Il meurt d’envie de te parler et je dois aller m’occuper de son petit frère.
-Okay, passe-moi le p’tit bonhomme.
Il entend les exclamations de joie du petit garçon avant de pouvoir entendre le son de sa voix dans le combiné.
-Allo tonton ?
-Hey mon grand, comment tu vas ?
-Moi ça va très bien, répond l’enfant enthousiaste.
-Super ! Et ton p’tit frère, tu veilles bien sur lui ?
-…
-Kyle ? Qu’est-ce qui va pas ? Tu sais que tu peux tout me dire.
-Ce matin, on est allé à l’hôpital et Maman, elle arrêtait pas d’pleurer.
-Qu’est-ce qui s’est passé ?
-C’est papa…
-Qu’est-ce qu’il a fait ? Demande Sam avec une légère inquiétude dans la voix.
-Il est venu à la maison et il a crié sur Maman.
-Il lui a fait du mal ?
-Non mais…
-Mais ? Dis-moi ce qui s’est passé. Racontes, l’encourage-t-il.
-Il voulait que je parte avec lui. Il disait qu’on serait que tout les deux mais moi j’voulais pas tu sais.
-Kyle, dis-moi qui a eu besoin d’aller à l’hôpital, insiste Sam, un nœud se formant dans son estomac.
-Quand il est parti, il a poussé Samuel et maintenant…il a un bras cassé.
Entendant ses mots, le sang de Sam ne fait qu’un tour.
-Ecoutes bonhomme, super tonton va aller voir ton père et discuter de tout ça avec lui, d’accord ?
-Il viendra plus embêter Maman ou faire mal à Sammy ?
-Non, j’te l’promets. Répond Sam avec détermination.
Petit moment de silence.
-Tu viens bientôt nous voir ? Demande l’enfant, de nouveau tout joyeux. C’est bientôt mon anniversaire tu sais ?
-Je sais oui. Tu veux que je vienne ?
-Ho oui alors !!!
Sam hésite avant de répondre, ignorant s’il est prêt pour ça. Mais l’enthousiasme du petit garçon le fait céder rapidement.
-Alors c’est d’accord, je viendrais dans quelques jours.
-Ouais ! J’vais l’dire à Maman ! Au revoir tonton !
Tout excité par la nouvelle, il raccroche avant même que Sam n’ait le temps de dire autre chose. Il jette un œil à son portable, un léger sourire aux lèvres. Sourire qui s’efface aussitôt en pensant à ce que Steeve venait de faire.
A cet instant précis, une seule chose occupe son esprit: retrouver la trace de Steeve, et tenter de le raisonner. Après des recherches très méticuleuses, il le localise dans l’Illinois. Le jeune cadet se rend chez lui, histoire de remettre les pendules à l’heure une bonne fois pour toutes.
Steeve l’accueille avec un regard hautain, sourire arrogant aux lèvres.
« Qu’est-ce tu fous là toi ? C’est Sandra qui t’a appelé ?-jetant un regard en direction de la porte- Et ton chien de garde il est où ? Il est resté avec son bâtard de fils ? »
Sam serre les poings, s’empêchant de le frapper.
-Ferme-la, le coupe Sam, irrité.
- Quoi, j’ai dit un truc qui fallait pas ? répond Steeve, sentant qu’il a touché un point sensible. Il t’a laissé tout seul ? Ou alors c’est toi qu’en avait marre de le trainer comme un boulet et tu…
Il ne peut terminer sa phrase ; Sam fonce sur lui, lui ôtant toute chance de l’éviter.
Ils atterrissent contre le dos du fauteuil, arrachant un gémissement plaintif à Steeve. Sam, dominé par la colère, commence à cogner, de plus en plus fort. Il l’empoigne par le cou et le projette contre la commode, qui s’écroule sous le poids de l’impact. Puis, le jeune chasseur l’attrape par le bras et le relève sans ménagement. A peine debout, Steeve sent le canon froid de l’arme de ce dernier sur la tempe. Ayant perdu de son arrogance, il tente de rester impassible, malgré la panique qui sévit en lui.
-Maintenant écoute-moi bien, menace Sam, insistant bien sur chaque mot. Tu vas vite fermer ta gueule avant de le regretter amèrement. Si jamais tu t’avises de prononcer encore une fois le nom de mon frère ou encore de t’approcher de ma famille, je jure que j’te tue et crois-moi, j’hésiterais pas cette fois-ci.
Steeve le regarde sans rien dire, faisant mine d’acquiescer. Sam le relâche alors et, l’arme toujours à la main, se dirige vers la porte. Au moment où il enclenche la poignée, Steeve fait un pas en avant et repart à la charge.
-Tu sais quoi ? Ton frère a détruit ma vie ! J’espère qu’il crèvera et qu’il pourrira en Enfer !!
D’un geste lent, Sam retire sa main de la poignée et se retourne. Son regard n’exprime que de la haine et fait froid dans le dos. A ce moment, Steeve réalise qu’il n’aurait vraiment pas du. Mais il n’a pas le temps de regretter, que déjà il s’effondre un trou fumant au milieu du front. Sam reste figé, le bras tendu devant lui. Le visage impassible, il regarde cet homme qu’il vient d’abattre froidement et pour lequel il ne ressent aucun remord. Cet homme à qui son frère avait fait une promesse et que lui venait de tenir.
Ce petit « contretemps » réglé, il grimpe dans la Chevy, et se dirige enfin vers sa destination première. Durant le trajet, il sent cette boule au ventre qui ne le quitte jamais depuis que Dean n’est plus là, et plus il approche de Kentucky, plus il lui semble qu’elle grossit. La dernière fois qu’il était chez Sandra, son frère était là, vivant et heureux. Aujourd’hui, rien n’est plus pareil. Rien ne sera plus jamais pareil…
Une fois devant le sentier, Sam s’arrête, hésitant. Il est angoissé, ne sachant pas s’il tiendra le coup. L’ironie de la situation le fait sourire. Lui, Sam Winchester, chasseur de démons, a peur d’affronter une petite famille. Peur surtout de ressentir un semblant de bonheur, sentiment qu’il se refuse depuis près de deux ans déjà. Il souffle un bon coup tout en tripotant nerveusement
l’amulette de son frère qu’il porte au cou et qu’il ne quitte jamais, puis redémarre.
Arrivé devant la maison, il sort de la voiture, le cœur toujours aussi emballé. La
porte d’entrée s’ouvre, dévoilant Kyle, grand sourire aux lèvres.
-Maman, Maman !!! Y’a la voiture à Tonton Sam ! hurle le petit garçon à l’intérieur.
Ceci fait, il dévale les escaliers et saute dans les bras de Sam, qui l’accueille en souriant.
-Alors champion, t’as grandi dis-donc !! Et aussi grossi, pense Sam, grimaçant.
-Ouais bientôt j’serai aussi grand que parrain !
A ces mots, le léger sourire de Sam s’efface et son regard se voile de tristesse. Mais il se reprend vite devant le regard inquiet de l’enfant.
-Oui tu seras aussi grand et fort que lui, p’tit gars ! Et il serait fier de
toi s’il te voyait.
Entendant cela, le petit garçon sourit de toutes ses dents, puis son regard se pose sur le coup de Sam.
-C’est le collier de parrain ? demande-t-il avec un léger trémolo dans la voix.
Machinalement, Sam porte sa main à l’amulette.
-Oui, c’est le sien. Je le lui avais offert un Noël, j’étais un peu plus âgé que toi.
Toute sa vie il…
Il s’interrompt, déglutissant difficilement, comme chaque fois qu’il évoquait son frère. Et comme chaque fois, il refoule les larmes qui lui nouent la gorge.
-Tonton ? T’es triste ? demande Kyle, dans un état proche du sien.
-Ton parrain me manque beaucoup, Kyle. Et quand je pense à lui, je suis triste, répond-t-il avec une douceur dont il ne pensait pas être encore capable.
Il s’aperçoit qu’une larme coule le long de la joue de l’enfant. Il le pose au sol
et s’agenouille près de lui.
-Je crois… commence-t-il en dénouant le cordon qui retient l’amulette, je crois
qu’il serait content que tu l’ais.
Kyle fait les gros yeux, stupéfait par son annonce. Cependant, il se reprend bien vite.
-Mais c’est à toi ! C’est ton souvenir !
-Tous mes souvenirs sont là, dit-il en posant sa main sur son cœur. Je veux que tu prennes ce collier en mémoire de ton parrain.
Les yeux de Kyle brillent et il bombe le torse avec fierté pendant que Sam noue le cordon autour de son cou.
Sam relève la tête, et voit Sandra, qui a assisté à cette scène touchante, arriver avec le petit Samuel sur ses talons. La vue du petit bras plâtré renforce son sentiment comme quoi il a bien fait de mettre un terme aux agissements de Steeve.
En croisant le regard de Sandra, le malaise s’installe en lui. Il aurait préféré
que ce soit son frère qui soit là et pas lui. Il a du mal à supporter ce regard
à la fois triste et compatissant. Ce regard que l’on pose sur les personnes en deuil…
Elle s’approche et l’enlace, lui apportant un peu de réconfort sans que le moindre mot ne soit échangé. Après hésitation, il la serre à son tour dans ses bras et malgré ses efforts, quelques larmes lui échappent silencieusement. Pour la première fois depuis la mort de Dean, il laisse s’exprimer sa tristesse et sa douleur. En entendant ses reniflements et en sentant son étreinte s’accentuer, Sandra devine facilement que Sam vient de craquer.
-Shhh Sam, c’est fini…
Elle lui tapote gentiment le dos, tentant de le calmer. Les yeux embués de larmes, elle pleure aussi, en silence. Rapidement, Sam se ressaisit, pensant à ce que son frère dirait s’il le voyait pleurer ainsi. Il essuie ses larmes du bord de la main avant de relâcher Sandra.
-Ca va mieux ? s’inquiète-t-elle.
-Ouais… Je… Je suis désolé, je… bafouille-t-il.
-Hey, c’est normal de pleurer. Personne ne t’en voudrait pour ça. Il te manque et tu en souffre, le rassure-t-elle. C’est une réaction tout à fait humaine, même après tout ce temps.
Pour toute réponse, il lui adresse un sourire timide. De son côté, Kyle montre
fièrement son cadeau à son petit frère.
-Alors, cet anniversaire ! On va le fêter oui ?! finit par demander Sam à ses
neveux.
-Oui, dirent en chœur les deux frères.
Et ils se précipitent vers la maison, suivis de leur mère. Sam regarde en
direction de la route, sans pour autant la voir.
Il sait qu’aujourd’hui, sa douleur sera atténuée par la présence de cette famille qu’il aime comme la sienne. Mais il sait surtout que demain, son quotidien sera de retour et sa solitude avec. Que demain, l’absence cuisante de Dean se fera de nouveau sentir comme au premier jour. Quoiqu’il en soit, il se doit de profiter au maximum du bonheur de cette journée.
« Carpe diem, Sammy »
Cette voix… Sam fait un tour sur lui-même malgré lui, cherchant à déterminer d’où provient le son. C’est là qu’il voit les garçons près de lui, étant revenu sur
leurs pas au vu de son absence.
Chacun prend la main de Sam, et tous deux l’entraînent à l’intérieur, laissant Sandra refermer la porte sur ce bonheur furtif.
The END