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Série : Supernatural
Création : 11.11.2008 à 13h44
Auteur : Luinel
Statut : Terminée
« Voici une courte fic complète, un 'One Shot' qui comporte des spoilers. » Luinel
Cette fanfic compte déjà 8 paragraphes
Un bon début de la fic avait été écrite pour un concours sur un autre site en juin dernier et j'ai voulu la poursuivre suite à la diffusion de la saison 4.
C'est une fic courte, un 'One Shot'.
Dean raconte ce qu'il lui ait arrivé en enfer et comment il s'en ait sorti. La fic est plus centrée sur ce qu'il a vécu en enfer. La fin est un peu plus sombre. C'est volontaire, je voulais explorer quelque chose de différent, j'espère que ça vous plaira. Bonne lecture. ^^
PS: un grand merci à Cilmus qui a eu la gentilles de me lire et de me corriger.
Oubliez tout ce que vous savez sur l'enfer car croyez-moi, ce que j'ai vu et ce que j'ai vécu est très loin de tout ce qu'on peut imaginer, les flammes de l'enfer sont bien plus brûlantes et étouffantes qu'on ne le dit.
Tout a commencé quand je me suis retrouvé accroché comme un vulgaire morceau de viande à des chaînes au-dessus du néant.
Enchaîné à ma douleur, c'est après Sam que je hurlais, je priais quiconque pouvant me trouver, qu'il vienne me sauver, qu'on vienne me sauver de cette douleur atroce.
Je ne savais pas combien de temps cela avait duré, des jours, des mois, des années...j'étais enchaîné au-dessus du néant, de l'éternité, je ne ressentais plus rien depuis quelques temps, je ne savais plus si j'étais encore...Si la conscience a un sens dans cet endroit alors j'ai dû la perdre, pendant combien de temps ? Je ne sais pas mais ce que je sais c'est qu'en me réveillant, je n'étais plus attaché mais la douleur n'avait pas disparu, les marques des crochets ne s'étaient pas cicatrisées et mes épaules étaient atrocement transpercées.
Je me relevai du sol poussiéreux où je me trouvais, l'endroit était étouffant et clos, l'atmosphère était embrumée, ça ressemblait vaguement à une grotte.
Il y faisait sombre et je tentais d'avancer à tâtons dans un long tunnel rocheux. Je trébuchais à plusieurs reprise me tordant de douleur ; ces foutus démons n'avaient en aucun cas menti, l'enfer est tout sauf ce qu'on imagine, on ne peut pas imaginer cet endroit avant d'y avoir été.
Mais je ne regrette rien, si ça a permis à Sammy de s'en sortir...
Soudain, alors que je sortais du tunnel, j'entendis des cris stridents et vis des ombres partout dans l'immense crypte où la galerie avait débouché.
Les roches aux couleurs noirâtres et humides entouraient le souterrain, leur forme conique les rendait agressives, comme des dents pointues prêtes à nous déchiqueter. Je fis volte-face en entendant à nouveau ces cris qui se rapprochaient en même temps que les ombres et là, je les vis. Ces horribles démons qui avaient promis de m'attendre, qui avaient promis de m'accueillir. Encore une fois, ils n'avaient pas menti.
Leur apparence hideuse est indescriptible. En plus de la douleur qui m'accablait, la peur vint s'ajouter, c'était bien la première fois que j'avais réellement peur.
Ils se mirent à me pourchasser, moi le chasseur, j'étais devenu le gibier, j'étais celui qui devait être torturé et qui ne s'en sortirait pas, j'étais condamné à souffrir pour l'éternité.
Je me mis à courir péniblement, je fis abstraction de ma douleur en me disant que ce qu'ils me feraient s'ils m'attrapaient serait bien pire.
Je les sentais derrière moi, de plus en plus proches, je m'engouffrai dans un nouveau tunnel et espérai voir une éventuelle issue ... Une issue. Si seulement tout ceci n'était qu'un rêve, Sammy, je t'en prie, réveille-moi !
Je chutai à nouveau et quand je voulus me relever, il était trop tard, les démons m'entouraient et j'eus l'impression qu'ils me souriaient ironiquement.
Je n'eus pas le temps de me relever, ils s'étaient déjà jetés sur moi, je sentis leur odeur fétide, leurs dents s'enfoncèrent dans ma chair... ma chair, si seulement j'étais un corps, mais la douleur était bien pire que la douleur physique, c'était une douleur beaucoup plus profonde, ils s'arrachaient mon âme, l'essence de mon être.
Je criais et pensais à ma mère. Si seulement tu n'étais jamais partie, si seulement tu vivais toujours, tout ceci ne serait jamais arrivé.
Je perdis sans doute connaissance à nouveau et je me retrouvais dans une sorte d'obscure forêt où les arbres étaient morts, où la terre était stérile, il n'y avait pas d'air, rien.
Je vis soudain une ombre filer, je la suivis, j'aperçus alors une sorte de voile blanc dans ces ténèbres, je pressai le pas puis stoppai net. Elle était là, une femme dont la chevelure blonde faisait contraste dans ce décor macabre. Je m'approchai alors doucement vers elle puis elle se retourna et me sourit :
- Maman !
Elle s'avança vers moi et me caressa la joue, je sentis les larmes couler le long de mon visage. Elle était entourée d'un halo blanc. Mais que pouvait-elle bien faire dans ce monstrueux endroit ?
- Dean, ne t'en fais pas, ta cause n'est pas perdue, on viendra te sauver, ne perds pas espoir, garde la foi...
Je n'eus pas le temps d'ouvrir la bouche ou de la prendre dans mes bras qu'elle s'était volatilisée. Je m'écroulai au sol et pris ma tête entre les mains. J'ai sans doute pleuré pendant un long moment et je m'évanouis d'épuisement.
Je n'avais plus aucun repère, ni dans le temps, ni dans l'espace, j'errais telle une âme perdue en essayant de m'accrocher à l'espoir, à Sam. Je ne pouvais l'imaginer seul là-haut en train de me pleurer.
L'espoir. C'est tout ce qui me restait. Des bruits sourds vinrent me réveiller. Je repris connaissance et me rendis compte que j'étais à nouveau dans la grotte. Des ombres dansaient contre les murs noirs et j'aperçus vaguement une lumière. Prudemment, j'avançai vers la source de chaleur et atterris devant un grand puits de flammes. Si vous aviez vu ça : un énorme puits sans fond de flammes. Au moment où je voulais reculer, une horde de démons m'avait de nouveau encerclé.
Vous allez me dire qu'en tant que chasseur j'aurais pu me défendre, tenter quelque chose. Et bien j'aurais voulu en faire autant. Mais j'étais paralysé par la douleur et je n'étais qu'une âme.
Ils s'avancèrent vers moi, je voulus leur bondir dessus mais la force me manqua, avant que je ne comprenne ce qu'il m'arrivait, ils m'avaient poussé dans les flammes de l'enfer, je fis une chute longue et lente au cœur de l'enfer, je me sentis me consumer et soudain je me réveillai à nouveau dans la forêt cafardeuse et morbide.
J'étais tout en sueur. J'examinais alors mes mains mais aucune trace de brûlure, rien. J'avais pourtant ressenti la douleur, oh que oui je l'avais ressentie.
Je regardai autour de moi et soudain, j'aperçus mon père. Je restai face à lui, ébahi. Que faisait-il là ? Sa peau était pleine de blessures profondes et son visage était tuméfié.
- Papa ! Je m'approchai de lui et le pris dans mes bras, je pouvais le sentir, étrangement, je me sentais soulagé de le voir. Il me prit les bras et me dit :
- Dean, je sais comment te sortir de là, on n'a pas beaucoup de temps, il va falloir faire vite.
C'était la meilleure chose que j'avais entendue depuis longtemps. Puis une autre voix vint nous interrompre.
- Attendez !
Je me retournai et la personne que je vis, était bien la dernière personne à qui je m'attendais. Papa avait l'air d'autant plus estomaqué :
- Sam ?
Sam était là, planté face à nous et j'étais prêt à courir vers lui quand soudain ses yeux devinrent rouges, rouges comme le sang. Il nous sourit et je compris que ce n'était pas Sam, que ce n'était plus Sam.
Je me retournais vers mon père qui avait disparu, je le cherchais du regard mais en vain. Que se passait-il ici ? Je n'y comprenais plus rien. Je restais planté là dans ce décor sans vie face à Sam. Je l'examinais du regard, il souriait toujours et là je compris, ce n'était pas Sam. Ces enfoirés avaient bien compris ce qui me ferait le plus souffrir, ce qui me terrifiais au plus profond de moi-même : voir Sam, mon frère bien-aimé, l'être qui m'est cher se transformer en démon sans pitié.
La peur m'avait de nouveau envahi. Tétanisé une nouvelle fois, je savais que je ne devais pas me laisser intimider par ces foutus démons, ceci n'était pas réel et je devais m'en convaincre :
- Alors Dean, commença Sam. Tu vois ce que je suis devenu sans toi, tout ceci est de ta faute, si tu n'avais pas joué les héros, je ne serais pas devenu ainsi !
Ses yeux devinrent rouge sang et en une seule seconde, il m'avait plaqué contre un arbre humide de la forêt.
- Tu n'es pas mon frère, espèce de sale démon ! Tu n'es pas Sam ! hurlai-je.
- Tu peux toujours essayer de t'en convaincre si ça peut te faire plaisir, mais le fait est là, Dean !
Il me relâcha et je tombai à terre, mes blessures me faisaient tellement mal, mais ce que Sam, ou peu importe qui il était, disait me faisait encore plus mal :
- Tout ceci est ton œuvre mon cher Dean ! Rien ne serait arrivé si tu n'étais pas venu me mêler à cette histoire lorsque je me trouvais à l'Université ! Ton égoïsme a encore fait des siennes. Tu ne penses qu'à toi, peu importe si tu fais souffrir les gens autour de toi !
Il me regarda avec tant de haine et de mépris que les larmes roulèrent sur mon visage ensanglanté. Était-ce possible ? Sam pensait vraiment ça de moi. Je repris avec difficulté mes esprits et me convaincs que ce n'était pas Sam. Non ! Ce n'était pas lui. Jamais Sam ne dirait une chose pareille. Je me relevais, déterminé :
- Non ! le Sam que je connais ne dirait jamais ça ! Oh Non !
Sam se mit à rire, je ne comprenais pas.
- Mon pauvre Dean. Il s'approcha de moi, il ressemblait tellement à Sam mais en même temps... Ce que tu peux être naïf. Tu n'as aucune idée du temps que tu as passé en enfer. N'est-ce pas ? C'est normal, ma foi, ici la notion du temps est inexistante et puis je ne peux pas vieillir. Dix ans Dean ! Ca fait dix ans que tu es dans ce trou à rat ! Dix ans, mon grand.
Il se mit à rire une nouvelle fois.
Dix ans. J'eu un choc. Ce n'était pas possible. Dix ans. Oh Sammy ! Je le regardais avec désespoir et culpabilité. C'était donc bien lui. Sam n'avait pas réussi à survivre à ma mort.
- Ne t'en fais pas Dean. Je ne t'en veux pas finalement. D'ailleurs, je devrais même te remercier. Oui, merci mon cher frère Dean. Car grâce à toi, je suis devenu quelqu'un de puissant, de très puissant, tu verrais les pouvoirs que j'ai acquis pendant ton absence. La preuve, je peux même aller et venir comme je veux en enfer ! Excuse-moi de ne pas être venu plus tôt mais j'étais assez occupé. Lilith et son histoire d'armée. Ca a duré un temps et puis elle a commencé vraiment à m'énerver avec ses ordres. Je m'en suis donc débarrassé !
Je restai bouche bée face à ce discours surréaliste. Comment en était-il arrivé là ? Le Sam que je connaissais n'aurait jamais permis cela. Je m'avançai vers lui et essayai de retrouver une partie de mon frère dans cet être inhumain.
- Que t'est-il arrivé Sam ? Je te pensais plus fort que ça ? N'as-tu pas essayé de me sortir de là ? Le Sam d'avant aurait tout tenté.
Il eut un silence. Les yeux de Sam étaient redevenus normaux. Il chercha dans ses lointains souvenirs et la voix du vrai Sammy se fit entendre :
- J'ai essayé Dean. Bien sûr que j'ai essayé, pendant des mois et des mois sans relâche, j'ai même essayé de vendre mon âme mais personne n'a voulu te ramener, tout le monde t'avait oublié. Je suis allé partout. En Europe, en Afrique, en Asie. Rien. J'ai cru que j'allais devenir fou. Et c'est là que Ruby a refait surface, elle a réussi à me convaincre petit à petit de développer mes pouvoirs puis ensuite c'est Lilith qui est venue à moi et ensemble...
Je n'avais qu'une envie, le prendre dans mes bras, lui dire que tout pouvait redevenir comme avant mais c'était impossible. Sam me regarda avec son regard fraternel d'antan. Je lui souris douloureusement puis ses yeux devinrent ceux du démon jaune.
- Assez parlé du bon vieux temps Dean. Je voulais juste m'assurer que tu t'éclatais bien en enfer. Moi j'ai du pain sur la planche ! Il me reste encore à éliminer quelques chasseurs... tiens au fait, notre cher Bobby, paix à son âme d'ailleurs, avait un fils caché. Tu l'aurais cru toi.
La colère me monta :
- Espèce de saloperie !
Je fonçai sur lui et atterris de nouveau dans la grotte lugubre et morbide.
Je suis resté face au sol, épuisé, vide, seul quand une lumière étincelante et aveuglante fit son apparition. Elle m'enveloppa de sa chaleur rassurante. J'eu l'impression de m'envoler, d'être léger...
J'ouvris les yeux et la première chose que je vis, furent les fissures que le plafond de la chambre d'hôtel laissait apparaître. J'hésitais un instant à bouger. Était- ce encore une illusion malsaine de l'enfer ou étais-je revenu sur Terre ? Je me relevai du lit sur lequel j'étais allongé. Je ne sentais aucune douleur, rien. J'examinai mes mains puis me levai du lit sans difficulté. Je retirai ma chemise neuve et devant le miroir, auscultai mon corps. Aucune cicatrice. Rien. Tout avait disparu. En remettant ma chemise, je vis un homme se refléter dans le miroir. Je me retournais. Il était grand, brun et ténébreux avec une élégance angélique.
- Bienvenue sur Terre, Dean.
Je haussai les sourcils et le regardai, interrogateur.
- Je sais que tout ceci peut te sembler soudain. Mais il est temps de faire quelque chose avant qu'il ne soit vraiment trop tard.
- Je pense que vous arrivez un peu tard, lançai-je, dix ans trop tard même.
- Non Dean, fit l'homme qui s'était approché de moi. Ca ne fait que quatre mois que tu es parti. Il est encore temps de l'arrêter. Je sais ce que tu as vu, Dean. Je le sais. Et c'est ce qui va se passer si tu ne l'arrêtes pas. Si tu n'arrêtes pas Sam.
Arrêter Sam avant qu'il ne devienne ce qu'il doit devenir. Voilà ce qu'était la raison de mon retour sur Terre. Comment allais-je faire ? Oh Sammy, j'espère que tu n'es pas déjà sur le mauvais chemin. De grandes décisions allaient s'imposer à moi.
Le plus dur n'est donc pas passé, croyez-le ou non, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour ne pas retourner là-bas, dans cet endroit étouffant et macabre où ces êtres répugnants vous torturent et ne vous laissent aucun répit, je ne retournerai pas en enfer, je ferai le nécessaire pour l'empêcher de devenir ce démon impitoyable. Et s'il devient ce démon que j'ai vu sous terre alors il aura ce que tout démon mérite : un aller simple en enfer.
*¤*¤* FIN *¤*¤*