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Série : Supernatural
Création : 16.11.2008 à 21h46
Auteur : KilKiller
Statut : Terminée
« L'histoire concerne les Winchester plus jeune, avec un certain Dean plutôt rebelle! J'écris cette fic avec DeanW62. Bonne lecture! » KilKiller
Cette fanfic compte déjà 19 paragraphes
Dean et son père se disputaient. C’était la première fois que Sam les voyait se battre aussi violemment. C’était même la première fois qu’il les entendaient haussé le ton ainsi. D’habitude, Dean suivait toujours les ordres de leur père mais là, il avait tout bonnement refusé. Sam se fit aussi petit que possible dans son coin. Il avait un peu peur et voulait que tout ça s’arrête. Ils étaient dans une chambre de motel en Californie dans une petite ville dont Sam avait oublié le nom. Ils étaient là pour une vulgaire affaire d’esprit vengeur. John avait décidé de faire une petite pause suite à une dure chasse de vampire qui avait failli tournée au désastre. Maintenant, dans cette maudite chambre de motel, Dean et John se dressaient l’un devant l’autre, plus terrifiant que jamais. Même s’il n’avait que seize ans, Dean était vraiment impressionnant lorsqu’il se mettait en colère. Il avait hérité ça de son père qui lui faisait carrément peur.
« Mais qu’est ce qu’il t’a pris ?! J’essaye de te donner un minimum d’éducation et toi tu t’en fiche ?! » s’emporta John.
« Oui je m’en fiche de toute façon dans deux mois il va falloir partir pour aller chasser encore une fois ! Y en a marre de tes foutues chasses à la noix ! » rétorqua Dean pas du tout impressionné par son père.
« Je te demande pas ton avis. Tu es sous ma responsabilité alors tu fait ce que je te dit et pas de discussion ! »
« Je fais ce que je veux et c’est pas toi qui va m’empêcher de sortir ! Si j’ai envie de sécher les cours je le fais ! »
« Oh que non, c’est pas ainsi que ça se passe. Tu vas arrêter de traîner avec ces gamins mal famé et tu as intérêt à te mettre au travail ! »
« Sinon quoi ?! Tu vas m’enfermer et me scotcher à un livre ?! »
« Non mais je peux faire bien pire ! »
« C’est ça ! Oblige moi à faire ce que tu veux, de tout façon t’es qu’un lâche qui ne sait pas s’occuper de ses enfants ! »
Paf ! John n’a pu retenir son geste que déjà il regrette profondément ce qu’il a fait. Dean porta la main à sa joue et regarda son père. Son regard se teinta de mépris et de colère. Il n’en revenait pas ! Son père avait oser lever la main sur lui ! Il ne put rester une minute de plus ici. Il se détourna et sortit à grand pas en claquant la porte. John se remit de sa surprise et se précipita à sa suite mais trop tard, Dean était parti au volant de l’Impala qu’il lui avait offert pour ses seize ans. John rentra lentement et s’assit sur un des lits de la pièce. Il se prit la tête entre les mains et soupira longuement. Il souffrait. Jamais il n’avait levé la main sur ses fils jusqu'à présent. Il aurait voulu se cogner la tête sur les murs tellement il regrettait son geste. Il se dit que Dean rentrerait forcément et qu’à ce moment là il s’excuserait. John releva la tête et aperçut Sam qui le fixait les yeux agrandis par l’étonnement. John ne put supporter ce regard chargé de reproche. Il sorti à son tour et partit se changer les idées au bar le plus proche. Resté seul, Sam se mit à réfléchir à tout ce qui venait de ce passer et surtout aux raisons de cette violente dispute.
Il n'aimait pas ce qui venait de se passer. Jamais il n'avait assisté à ça. Il était peut être jeune, mais il pouvait sentir que cela ne leur apporterait rien de bon. Il s'allongea sur son lit et regarda le plafond. Il sentait son cœur battre tellement vite dans sa poitrine. Il respira calmement. Jamais il n'avait eu aussi peur auparavant. Il n'avait jamais vu son frère aussi en colère surtout face à leur père. Tout ça c'était à cause de cette ville. Depuis qu'ils étaient arrivés et qu'ils étaient rentrés dans leur nouvel établissement scolaire, Dean avait rencontré de nouvelles personnes. Et elles n'étaient pas de bonne compagnie. Dean n'avait jamais aimé l'école. Ce n'était un secret pour personne, et quand il était tombé sur cette bande de garçons, il s'était senti dans son élément. Au début, ils rentraient à deux en voiture. Ils se racontaient leur journée. Un moment privilégié entre eux. Après tout, ils avaient toujours étaient proches. Mais Sam s'était fait un ami et Dean également. Alors Dean rentrait de plus en plus tard, faisait les troubles fait en classe, et il avait était bien plus loin, il avait insulté un prof. Et voila où il en était. Dean était sorti, sûrement pour rejoindre ses amis et son père était sorti prendre l'air. Il resterait sûrement seul une heure ou deux. Oh non, Dean reviendrait avec lui. Il ne le laisser jamais seul. Il veillait toujours sur lui. Sauf, que son frère ne savait pas que leur père était sorti. Et puis, il ne s'occupait plus de lui. Il se releva, une larme perlant aux coins de ses yeux. Le monde était vraiment mal fait pour eux, les Winchester.
Dean pianotait nerveusement sur le volant de l’Impala. Il n’arrivait toujours pas à réaliser ce qui venait de ce passer. Son père l’avait giflé ! Le grand John Winchester avait levé la main sur son fils qui depuis des années lui obéissait au doigt et à l’œil ! Il conduisait lentement, tout en réfléchissant. Il se décida finalement et reprit une conduite plus assurée. Il s’arrêta devant un vieil immeuble abandonné, repère de toutes sorte d’individus mal famés. Les murs étaient tellement recouverts de graffitis qu’on ne pouvait y voir la couleur d’origine. Dean s’enfonça dans l’ouverture peu rassurante de la façade la plus proche. Il se dirigea vers le fond de l’immeuble et rejoignit une bande de jeunes ados avachit là, tel des limaces en pleine digestion après un copieux repas.
La bande se composait de quatre individus plus débraillés les uns que les autres. Le plus jeune s’amusait à faire tourner une bouteille de bière vide. Il devait avoir environ seize ans et se prénommait Jasper. Habillé tout en noir, il était le plus discret et le plus silencieux de la bande et suivait le chef comme son ombre. Ses yeux étaient vitreux et rêveurs comme déconnectés du monde alentour. Ses longs cheveux noirs emmêlés contrastaient avec son visage pâle et sa petite taille masquait une agilité surprenante.
Adossé au mur, se tenait le garde du corps de la bande. Grand, gros, très imposant, celui-ci ne brillait pas par son intelligence ! Vêtu d’un grand sweat-shirt taché et de botte en cuir, il avait les cheveux très courts et le visage rond et joufflu. Pete avait dix sept ans et suivait tous les ordres que lui donnait le chef.
Assise sur une large caisse, Cindy, âgée de dix sept ans, croisait ses longues jambes et mettait en avant son grand décolleté plongeant. Elle était grande, blonde et surtout très vulgaire ! Chaussée de chaussures à très hauts talons, serrée dans une mini jupe trop courte, moulé dans un t-shirt laissant apparaître un piercing au niveau du nombril, le chewing-gum constamment dans la bouche, Cindy avait tout de la bimbo de mauvais goût. Elle dévorait des yeux son petit ami, situé à quelque pas d’elle.
Le chef de la bande -surnommée les Pitbulls-, était sans doute le plus dangereux des quatre adolescents. Il était grand et bien bâti. Ses cheveux blonds étaient gras et sales. Il était vêtu d’une veste en jean sans manche, d’un jean sale et déchiré et de rangers usées. La cigarette dans la bouche, la bière dans une main, il avait un piercing sur les lèvres et un tatouage dans le cou représentant un loup-garou aux dents découvertes. Son attitude était menaçante et ses yeux noirs reflétaient la méchanceté et le mépris. Raoul avait dix huit ans et un casier judiciaire déjà très chargé. Tous se redressèrent à l’arrivée de Dean.
« Eh ! Salut les gars ! »
Cindy se précipita à sa rencontre et lui déposa un bisou sonore sur la joue. Elle le trouvait très craquant avec ses cheveux en bataille et sa veste en cuir. Jasper lui adressa un timide signe de la main, Pete lui répondit d’un salut rapide et désintéressé, et Raoul se contenta d’un grognement. Dean avait réussit à intégrer la bande grâce à ses talents de combattant. Il s’était battu avec un grand gamin costaud qui avait insulté son frère. L’adolescent s’était retrouvé à l’hôpital avec le nez cassé et des dents en moins. Dean avait failli se faire renvoyé mais il avait réussit à entrer dans la bande mythique qui faisait régner la terreur sur l’école.
Dean s'approcha de Raoul et lui serra vigoureusement la main, toujours suivi par Cindy, qui avait passé ses bras autour de sa taille.
Raoul : Alors vieux ? Qu'est ce qui t'amènes ?
Dean : Rien de spécial. J'avais envie de prendre l'air.
Cindy : T'en avait marre de jouer les nounous pour ton intello de frère ?
Dean déglutit difficilement. Il repensa à la sérieuse dispute entre son père et lui ainsi que son frère Sammy, tapit dans le coin de la chambre, le regard apeuré par ce qui se passer. Il regarda fixement Cindy qui mâchait frénétiquement son chewing-gum. Elle avait déposé sur son visage pâle, une tonne de mascara et de crayon entourant ses grands yeux verts, faisant ressortir l'éclat de ses cheveux décolorés.
Dean : D'une voix à peine audible. Oui on peut dire ça. C'est surtout mon père.
Jasper : D'une petite voix fluette. C'est ça les vieux. Il pense qu'à nous faire la morale. Moi si je pouvais, je tordrai bien le cou à ma vieille de temps à autre.
Cindy : Ouais. Dis-moi mon Dean à croquer, on peut aller faire un tour avec ta voiture ?
Dean : Oui bien sûr.
Raoul : Bon c'est parti.
Ils sortirent un par un du vieux bâtiment et regagnèrent la voiture. La nuit était déjà fraîchement tombée.
Raoul : Hey vieux, tu me passes les clés ?
Dean : Désolé mec. Pas ce coup là ! C'est mon bijou.
Raoul : Ouais, t'inquiète je comprends.
Raoul prit Cindy par le bras, lui attrapa les fesses et l'embrassa goulûment sous le regard rieur des trois autres jeunes présent.
Raoul : Reprenant haleine. Alors on va casser quoi ce soir ? Perso, j'irai bien crever des pneus.
Ils se mirent tous à rire. Dean se tordait les côtes. Décidément, il se sentait bien auprès d'eux. Il se sentait libre, sans frontière ni danger.
Dean : J'ai vraiment du pot de vous avoir rencontrés.
Raoul : Mais c'est parce que t'es comme nous Dean. Un vrai dur !
Il lui mit une claque dans le dos puis montèrent dans l'impala. Dean mit la voiture en route, sous les exclamations des ses nouveaux amis, ravis de sortir.
Dean : Alors ? Où est ce qu’on va ?
Tous se regardèrent, indécis quant à leur destination.
Cindy : J’ai une idée ! Et si on allait s’acheter à boire ?
Jasper : Mais on n’a pas d’argent !
Raoul : Vous en faites pas, je connais un autre moyen pour boire sans acheter quoi que ce soit.
Un sourire mauvais se dessina sur les lèvres de Raoul. Cindy et Jasper se regardèrent en acquiesçant et Dean se trémoussa sur son siège, mal à l’aise. Il n’avait encore jamais volé de sa vie. Il décida tout de même de suivre la bande, près à tout faire pour contrarier son père. Pete fronça les sourcils et une expression d’intense réflexion se peignit sur son visage.
Pete : Comment tu vas faire ?
Tous les autres se retournèrent vers lui, surpris qu’il n’est pas saisi l’allusion. Ils éclatèrent alors de rire, laissant le pauvre Pete plus perplexe encore qu’avant. Après un court trajet en voiture, ils s’arrêtèrent devant une petite épicerie qui bordait la route. Le maître des lieux se tenait avachi de l’autre coté du comptoir, lisant un magasine féminin. Son gros ventre dépassait de sous son t-shirt trop court et son nez crochu était gras. Il jeta à peine un regard sur les adolescents lorsqu’ils passèrent devant lui en se poussant sauvagement. Ils se dirigèrent vers le rayon des boissons alcoolisées et cachèrent en passant divers sucreries dans leurs poches. Raoul leur fit signe de se rassembler.
Raoul : Bon. Jasper, tu fais le guet auprès du gros phoque. Cindy, tu vas cherché d’autre bouffe. Pete, tu te mets devant nous et tu nous caches. Dean, tu viens avec moi et tu prends autant de bouteilles que tu peux. Si on se fait prendre on se sépare et on se retrouve devant la caisse de Dean. Allez on y va !
Tous se mirent à leurs postes, près à partir au moindre faux pas. Dean sentait son cœur battre à grands coups. Il était nerveux et inquiet à l’idée de se faire prendre. Chasser lui procurait autant de sensation ! Raoul fit un signe de tête à ses coéquipiers. Dean et lui s’emparèrent de plusieurs bouteilles et s’éloignèrent calmement derrière Pete qui les cachait avec son corps volumineux. Le caissier releva la tête lorsqu’il sentit le changement d’ambiance dans le magasin. Il aperçu Dean et Raoul chargés de bouteilles se dirigeant vers la sortie. Jasper siffla un grand coup afin de prévenir ses amis. Tous détalèrent rapidement poursuivit par le caissier qui avait bien du mal à se déplacer.
Le caissier : Hey vous ! Arrêtez !
Tout en rigolant, les cinq amis se précipitèrent dans l’Impala et Dean démarra en trombe sous le regard furieux du gros bonhomme.
Cindy : Pff ! On a réussit ! Vite allons nous poser quelque part afin de pouvoir en profiter !
Dean ne s’était jamais senti aussi libre. Il avait du mal à reprendre son souffle mais il éprouvait une intense satisfaction à l’idée d’imaginer la tête de son père s’il l’avait vu en train de voler. Ils s’installèrent dans un coin isolé et commencèrent à vider les sept bouteilles de whisky qu’ils avaient pris. La soirée se déroula joyeusement sous les éclats de rires des cinq compagnons, de plus en plus ivre au fil du temps. Il était cinq heure du matin lorsqu’ils se décidèrent enfin à rentrer dans leurs foyers respectifs. Ils rejoignirent en titubant la voiture de l’aîné des Winchester. Raoul se tenait en retrait, observant ses amis chanter un tube de AC/DC à pleine voix. Il jeta un coup d'oeil derrière son épaule afin de voir si personne ne les suivaient. Lorsqu’il se retourna, ses yeux devinrent entièrement noir .Un rictus déforma sa bouche lorsque son regard de possédé se fixa sur Dean.
John marchait dans la rue. La nuit était tombée et il faisait à présent très froid. Peu de voitures roulaient encore à présent, tous étaient rentrés chez eux, sûrement au chaud. Il regagna alors la chambre de motel espérant y voir ses deux fils et surtout Dean à nouveau raisonnable. Ainsi ils auraient peut être une conversation et il pourrait lui dire qu'il regrettait son geste. Il remonta son col et accéléra l'allure. Quand il arriva au motel et qu'il ouvrit la porte, il vit Sam affalé sur le canapé, la télé allumée sur une chaîne de dessin animé.
John : Sammy ?! Tu es tout seul ?
Sam : Grognon. Oui. Dean n'est pas rentré. Dis papa j'ai faim.
John : D'accord. Je vais faire chauffer une pizza.
Sam : T'étais ou ?
John : Je suis sorti faire un tour. Sam tu veux bien m'écouter s'il te plait ?
Sam : Se tournant vers lui. Hum.
John : Alors écoute. Je sais que vous n'avez pas une vie facile mais sache que je fais du mieux que je peux pour vous éduquer, et je suis terriblement désolé de ce que tu as vu tout à l'heure.
Sam : Papa. J'ai douze ans. Tu peux me parler comme à un grand.
John : Souriant timidement. Oui. Dean et moi on s'est disputés parce qu'il a de très mauvaises fréquentations.
Sam : Je sais.
John : Et que je voudrais à tout prix qu'il puisse encore être jeune. Je sais aussi que ça fait bien longtemps qu'il est devenu très grand mais il ne doit pas faire de bêtises. Il ne sait pas à quel point je suis dégoûté de lui demander toujours autant mais je suis tellement fier de lui et quelque fois j'oublie que ce n'est encore qu'un gamin qui n'a pas profité de son enfance.
Sam : Mettant sa main sur celle de son père. Papa, on sait déjà tout ça. Et je ne t'en veux pas.
John : D'accord. Je vais faire chauffer la pizza.
Sam regarda son père se diriger vers le frigo et le mini four pour préparer le dîner puis se retourna pour regarder la télé. Il pensa à ce que venait de dire son père quand il grimaça et pensa : « Ce n'est pas à toi que j'en veux papa. C'est à Dean ».
Tout à coup, la porte s'ouvrit à la volée. Un Dean totalement ahuri apparut à la porte.
Dean : A Sam. Alors Sammy le petit, t'es pas encore couché ?
John apparu et regarda son fils. Dean avait le regard vague, ses joues rouges n'étaient pas du que au froid qui régnait dehors. Il avait l'air totalement perdu.
John : Dean ! Qu'est ce que tu as fait ?
Dean : J'me suis saoulé.
John : Tu as quoi ?
Dean : J'ai vidé des bouteilles de différents alcools dans un parc avec mes nouveaux amis.
John : En colère. Et ça ta plu ?
Dean : J'me suis senti libre.
John : Pauvre idiot ! Va te doucher et ensuite t'ira te coucher !
Dean : Oh nan. Je n'ai pas envie.
John : Perdant patience. Dean ne m'exaspère pas.
Dean : Tais toi ! Toi et tes leçons de morale. Quand est ce que tu vas me laisser vivre ?
Sam se leva et regarda Dean, les yeux plein de colère et de tristesse.
Sam : Pourquoi ? Tu n'es pas heureux avec nous ? Tu en as marre de moi ?
Dean : Retrouvant son calme. Sammy ...
Sam s'enfuit en courant dans sa chambre. Dean, penaud, regarda son père, qui sortit à son tour du petit salon pour rejoindre son deuxième fils, laissant Dean seul.
Dean : Toujours aussi hilare. Mais non je ne t'ai pas oublié grosse tête. Ah la famille ...
Il s'affaissa dans le canapé du salon et changea les chaînes pour voir ce qui avait à la télé.
Le lendemain, Sam claqua violemment la porte afin de réveiller son frère qui s’était endormi sur le canapé. Celui-ci fit un tel bond que le cadet des Winchester ne put retenir un ricanement.
Dean : (en grognant très fort) Mais ça va pas ! J’ai un super mal au crâne !
Sam : (sèchement) T’avais qu’à pas te saouler ! Allez dépêches toi, on va être en retard à l’école.
Dean se releva difficilement du canapé. Un mal de tête lancinant l’accompagna jusqu’à la douche et le guida vers la trousse à pharmacie à la recherche d’un médicament. Il se doucha rapidement et avala en quelque bouchées un morceau de toast qui traînait sur la table. Sam trépignait sur le palier. Il détestait arriver en retard.
Sam : Allez ! Dépêches toi !
Dean : Oui, c’est bon j’arrive ! Au fait, où est papa ?
Sam : Il est parti très tôt. Pour chasser.
Dean émit à nouveau un grognement désapprobateur et sortit à la suite de son jeune frère. Le trajet jusqu’à l’école se fit dans un silence pesant. Sam boudait dans son coin et Dean réfléchissait en essayant de se rétablir de sa gueule de bois.
Dean : Tu vas me faire la tête longtemps comme ça ?
Sam : Oui.
Dean retourna dans son mutisme. Ils arrivèrent enfin dans le parking de l’école. Sam descendit sans un mot de la voiture et se dirigea à grands pas vers un petit groupe de jeunes garçons en pleine discussion. Dean, quant à lui, resta assit un moment en contemplant son frère et ses amis. Il allait sortir lorsqu’il se ravisa et remit le contact. Sam se retourna juste à temps pour apercevoir son aîné qui roulait en direction des anciens bâtiments. Il fit comme s’il n’avait rien vu et essaya de se mêler à la conversation sans y parvenir entièrement. Il était déçu par l’attitude de son frère et lui en voulait de se conduire ainsi.
Dean retrouva les Pitt’bulls à la même place que la dernière fois. Sauf que cette fois-ci, ils étaient encore plus avachis que d’habitude. Raoul releva la tête au son de ses pas et ses yeux scintillèrent lorsqu’il reconnu la silhouette de Dean.
Raoul : Alors comme ça tu sèches à nouveau ?
Dean : Ouais j’avais pas le courage de me retrouver en face des profs. Ils auraient tous voulu savoir pourquoi j’avais séché la dernière fois.
Raoul se rapprocha de Dean et passa un bras autour de ses épaules. Ses compagnons le regardaient fixement, les yeux vides de toute expression, immobile.
Raoul : Tu sais quoi Dean ? Je t’apprécie de plus en plus ! Ta façon de faire, ta voiture, ton caractère de chien.
Il se mit à rire comme un dément. L’aîné des Winchester se sentait de plus en plus mal à l’aise. Quelque chose avait changé. Il ne savait pas quoi mais il le sentait. Raoul s’écarta légèrement mais garda une main sur son épaule.
Raoul : Dean, très cher Dean, fils de John Winchester le grand chasseur, je vais te faire un cadeau.
Avant que Dean ai pu effectuer le moindre geste, le chef des Pitt’bulls le plaqua violemment contre le mur, lui bloquant la respiration. Lorsqu’il releva la tête, le jeune homme aperçut les visages de ses amis qui l’entouraient. Il ne put retenir un cri de surprise lorsqu’il se rendit compte que tous avaient les yeux entièrement noirs.
Dean : (dans un souffle) Non ! C’est pas possible !
Raoul le maintenait fermement contre le mur, une main appuyée sur son épaule.
Raoul : Et si mon petit Dean ! Tu vas bientôt faire parti des nôtres et on va voir comment ton père va s’en sortir face à un de ses fils possédé. Mais je te rassure, ça va faire très mal !
John déambulait dans la superette, une petite liste à la main, ne sachant vraiment quoi acheter pour que ses enfants ai une bonne alimentation. Il passa dans le rayon surgelé et entassa des tas de barquette micro-ondable. De toute façon, il n'allait pas tarder à partir de cette ville. L'état de Dean l'inquiétait. Même en traînant avec des abrutis pareil, son fils n'aurait pas autant défailli. Quelque chose avait changé. Et puis rien ne le retenait ici puisqu'il n'y avait pas de chasse en vue. Il reprendrait l'ordinateur ce soir pour voir si quelque chose avait bouger dans les parages. Il paya rapidement ses achats, les mit dans le coffre et rentra au motel. Il déchargea la voiture et prit sa clé, la fille de l'accueil n'étant pas là il se permit de la pendre comme elle lui avait dit de faire. Une fois arrivé, il rangea ses achats dans les petits placards et dans le mini frigo quand il entendit son portable sonner. Il décrocha.
John : John Winchester, oui ?
Homme : Oui, Monsieur Winchester. C'est le principal Mezip. Nous avons un petit problème, il semblerait que votre fils ne soit pas encore venu en cours aujourd'hui.
John : Dean ?
Mr Mezip : Oui. Il aurait amené son frère Samuel et serait repartit. Sa voiture n'est pas sur le parking.
John : Je ne savais pas. Il dérape un peu en ce moment. Vous savez sa mère est morte quand il était jeune et j'ai eu du mal à les éduquer. Pourtant Dean n'aurait jamais réagi avant de fréquenter sa nouvelle bande d'ami.
Mr Mezip : Oui, je comprends. Mais il est nécessaire que vous entreteniez une conversation avec lui. J'ai déjà du faire d'énormes changements pour intégrer vos deux fils en milieu d'année et pour si peu de temps.
John : D'accord. Encore désolé et merci. Je ferai ce que je dois faire.
Il raccrocha. Il fallait absolument qu'il parte d'ici. Dès ce soir, il aurait une conversation avec Dean. Il parlerait aussi à Sam. Lui serait sûrement déçu, il avait à présent des amis et il adorait les études mais si c'était pour protéger son grand frère, il ferait ça. Il commençait à plier certaines de ses affaires déballées quand à nouveau son téléphone sonna. Le numéro qui l'appelait était celui de Caleb.
John : Allo, Caleb ! Qu'est ce qui se passe ? Tu as un problème ?
Caleb : Non, John, ne t'inquiète pas je vais bien. Tu es bien à Tucson, dans l'Arizona ?
John : Oui, mais je n'ai pas l'intention de rester longtemps pourquoi ?
Caleb : Et bien je crois qu'il va falloir que tu y séjournes plus longtemps. Il y a un fort pourcentage de possédés, sans oublier des actes de vandalisme.
John : Des possédés tu dis ?
Caleb : Oui, pourquoi ?
John : Non comme ça. Bon pour le vandalisme je ne peux rien faire mais pour les possédés je vais mener mon enquête.
Caleb : D'accord, merci. A toute John.
John : Prend bien soin de toi.
Caleb : Je te retourne la phrase.
John raccrocha. Ce soir il irait chercher Sam à l'école et lui parler. Ensuite il s'occuperait de Dean et des ces histoires de possédés.
John se tenait en compagnie de Sam dans son 4x4 flambant neuf en direction de leur motel provisoire. Ils étaient tous les deux plongés dans leur pensées avec un même sujet d’inquiétude : Dean. John se demandait comment il allait régler le problème en douceur. Il était inquiet et en colère. Inquiet pour son fils qui se comportait de plus en plus mal et en colère car c’était en partie de sa faute. Il n’avait pas su s’y prendre avec lui. C’était presque un homme maintenant même s’il n’avait que seize ans. Il avait grandi trop vite, beaucoup trop vite. Sans prendre le temps de découvrir les joies de la vie d’enfant. John soupira un bon coup reprit quelque instants plus tard par Sam. Lui aussi était inquiet. Comment allait-il faire s’il ne pouvait plus faire confiance à son frère ? Il avait toujours été là dans les moments difficiles, le protégeant, le soutenant, le faisant rire, le rassurant… Comment est ce qu’il en était arrivé là ? De la colère remplaça petit à petit l’inquiétude de Sam. Tout ça c’était la faute de ses idiots d’amis !
Lorsque le jeune Winchester sortit de sa rêverie, il se rendit compte qu’ils étaient déjà arrivés. Il se tourna vers son père pour l’interroger mais ne dit rien lorsqu’il aperçut sa tête. Ce n’était pas le moment de poser des questions. Le père et le fils sortirent du 4x4 et s’engagèrent dans l’allée qui les conduisait à leur chambre. Sam se tenait derrière son père qui était de nouveau plongé dans ses pensées. Il le percuta de plein fouet lorsque celui-ci s’arrêta brusquement. S’écartant, il regarda ce qui l’avait stoppé. Il le vit, là, appuyé négligemment contre le montant de la porte, les bras croisés. Dean.
Le visage de John se durcit. L’orage n’était pas très loin. D’une démarche raide, le père des deux garçons se rapprocha de son fils aîné.
John : (d’une voix dure) Où t’étais passé ? Pourquoi est ce que tu as encore séché les cours ?! Et pourquoi t’as laissé Sammy tout seul ?!
Dean releva la tête vers son père, et un petit sourire narquois se figea sur son visage.
Dean : Ça fait beaucoup de question tout ça.
Sammy n’en revenait pas. Était-ce bien son frère qui parlait ? Il vit son père se contenir difficilement, sa colère était sur le point d’exploser. John respira plusieurs fois afin de se calmer.
John : (d’une voix plus calme et froide) Je repose ma question : où es tu allé ?
Dean : Je suis allé me promener.
John : Où ?
Dean : Quelque part.
John ne put retenir plus longtemps sa rage. Il attrapa son fils par le col et le plaqua sur le mur. Il plongea son regard dans les yeux verts de son fils. Celui-ci continua à sourire, narguant son père.
Dean : Quoi ? Tu vas encore me frapper ?
John : Non, mais je crois qu’il faut qu’on ai une petite discussion tout les deux.
Il lâcha brusquement son fils, surpris, et s’écarta vivement de lui.
John : (d’une voix inquiète) Sammy !
N’entendant pas de réponse de son jeune fils, John se retourna et une rage terrible s’empara de lui. Raoul et la bande se tenaient devant lui. Le chef plaquait une main sur la bouche de Sam qui se débâtait fermement pour échapper à la poigne dure qui le retenait prisonnier. Ses yeux reflétaient la peur et la colère lorsqu’il rencontra ceux de son père. John tourna de nouveau son regard vers Dean qui se redressa et vint se placer devant lui. Sa rage grandit encore plus lorsqu’il vit les yeux noirs de son fils et le sourire cruel de son visage.
Dean : Je crois aussi qu’il faut qu’on ai une petite discussion !
John : Dean !
Dean : Oui c'est moi !
John : Dieu du ciel ! Les possédés ce sont tes nouveaux amis et maintenant tu en fais parti !
Dean : Et bien écoute, on se sent en grande forme après ! C'est vrai que ton fils a légèrement eu mal mais il en était bien content une fois la possession terminée.
John : Cela m'étonnerait fort. Il vous déteste.
Dean : Oui, il tient ça de toi. Mais à vrai dire, il est bien différent.
John : De quoi tu parles ?
John se retourna et jeta un coup d'œil à Sam. Il était à présent maintenu par un gros garçon mais il s'était tellement débattu, qu'il se laissait aller, épuisé, essayant de reprendre un minimum de souffle, ce qui lui était difficile puisque Raoul, avait laissé sa main plaquée sur sa bouche. Quand il se retourna, Dean avait retrouvé la couleur de ses yeux normaux.
Dean : C'est bon tu es de nouveau connecté ? Dean sait très bien que de toute manière tu as toujours préféré Sammy.
John : Tais toi !
Dean : Dean est là et c'est lui qui dit tout ça. Je ne fais juste que lui ouvrir les yeux.
John : Les possédés ne parlent jamais. Ce sont seulement vous saletés de démons.
Cindy : C'est faux !
John pivota et se trouva nez à nez avec une jeune fille qu'il jugea très vulgaire.
Cindy : Nous sommes comment dire ... un peu plus évolués. Nous possédons simplement les personnes qui ont soif de colère, qui ont peur ou qui veulent le pouvoir pour une petite vengeance.
Raoul : Cette bande était idéale pour nous. Ils étaient tous mal dans leur peau, isolée du reste de la société. Ils ont étaient très contents quand nous sommes venus nous abriter dans leurs corps.
John : Dean n'aurait jamais permis ça.
Dean : Mon cher papa, au fond tu ne me connais pas !
John bouillonnait de rage. Il serra ses poings fortement. Il savait que son fils ne parlait pas seul. Que le possédé influençait ses paroles mais il savait aussi que Dean pensait en majeur partie les idées qu'il énonçait. Il savait que son fils aîné aurait aimé la tranquillité, une petite amie, des amis et lui, il lui avait donné une vie sur les routes à chasser les créatures dont personne ne connaissait l'existence et dont il ne pouvait parler de peur de passer pour un fou. Dean voyait que John était en pleine réflexion et en plein doute.
Dean : Tu verrais ta tête. Mais je préfère voir celle que tu feras quand ton autre fils sera lui aussi possédé. Tu sais, on est une bonne petite bande et il leur faut un corps pour toujours. Alors dans les Winchester.
John allait répliquer quand un étouffement grave se fit entendre, il se tourna et vit Sam qui venait de donner un coup de coude à Raoul. Le gros sous la surprise, n'avait pas su réagir et Sam avec force avait sorti un petit canif et avait fait une éraflure au colosse qui le maintenait. Celui-ci avait alors poussait un cri et lâchait Sam. John en avait alors profité pour pousser Dean. Il avait attrapé le bras de Sam et avait couru. Ils s'étaient engouffrés dans la voiture et avaient démarrés en trombe. Derrière la voiture, Dean et sa bande essayait de rattraper la voiture, criant de rage.
Sam : Papa, on a oublié Dean.
John : C'est nous qu'il veut maintenant. Il ne fera de mal à personne. On va chercher ce qui faut pour le libérer, lui et les gosses.