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Série : Supernatural
Création : 13.05.2009 à 13h52
Auteur : Hecate
Statut : Terminée
« cette fic se situe aprés le 4x10. merci de me laisser l'écrire seule. si le coeur vous en dit, laissez-moi des coms... » Hecate
Cette fanfic compte déjà 50 paragraphes
Park national Big Bend, Texas
La nuit venait de tomber sur la petite ville de Terlingua, et un groupe de jeunes campeurs s'apprêtait à faire un feu au milieu de la forêt. Leurs tentes étaient montées et leurs affaires étaient éparpillées un peu partout.
- « Steven, je t'avais demandé de t'occuper de la bière et je la trouve pas !!! » fit l'un des lycéens.
- « Si tu te sortais les doigts du cul Joey, tu verrais qu'il y a une glacière juste à coté de ma tente et que tout est à l'intérieur... » répliqua le jeune homme en levant les sourcils.
- « Oh, c'est bon, je l'avais pas vu !! t'en es où avec le feu ?
- Si Mark me ramène plus de bois mort, je pense qu'on pourra commencer à faire cuire la viande...
- Génial, je meurs de faim !!!! »
Pendant que Joey et Steven faisait la cuisine, Mark, le petit frère de ce dernier, était parti s'aventurer dans la forêt pour trouver quelques branches de plus afin d'avoir des provisions de bois pour la nuit.
Les trois jeunes hommes n'avaient pas plus de 17 ans mais ils aimaient les sensations fortes comme passer la nuit tous seuls au milieu d'une forêt sordide à boire de la bière en toute illégalité.
- « T'es sûr que ta mère croit que je dors chez toi ce soir ? » demanda Joey à son ami.
- « Aussi sûr que la mienne croit que je dors chez toi... avec Mark, pour finir un devoir !!
- Si on se fait choper, on est bon pour le pensionnat !
- Arrêtes de stresser, c'est quand même pas la première fois qu'on le fait ! tu devrais avoir plus confiance en moi ! tout se passera bien ! » le rassura Steven.
- « Oui, mais je sais pas, cette fois j'ai un mauvais pressentiment.
- Tu t'en fais pour rien... »
Mark arriva en courrant au campement sans branches dans les bras, il était totalement essoufflé et apeuré.
- « Qu'est-ce que t'as foutu ? et il est où le bois mort... » demanda Joey énervé.
- « Y a ...quelque chose...là-bas !!! » répondit Mark en pointant son doigt vers la forêt.
- « Mais de quoi tu parles ? calmes-toi et racontes-nous. » Fit Steven en prenant son petit frère par les épaules.
- « Dans la forêt ! il y a un monstre ! il a des yeux rouges et des dents aussi longues que des sabres....
- Tu délires total ! ça existe pas les monstres... » le coupa Joey en ricanant.
- « Je ne mens pas, j'te jure ! il était en train de dévorer quelque chose ! j'ai cru au début que c'était une biche alors je me suis approché doucement, mais il m'a entendu et il s'est retourné...et c'est là que j'ai vu son visage, il y avait plein de sang autour de sa gueule !
- C'est n'importe quoi, tu dis ça pour nous faire peur... ben c'est raté mon vieux parce que je te crois pas une seconde. » Lança Joey.
- « Steven, tu me crois toi, hein ? » demanda Mark à son grand frère les yeux implorants.
- « Ben, faut avouer que c'est un peu tiré par les cheveux ton histoire et... »
Steven n'eut pas le temps de terminer sa phrase que des bruits de branches brisées se firent entendre. Les trois garçons se retournèrent en même temps. Joey avança son cou pour voir ce qui avait provoqué ces bruits. Tout était sombre, il ne voyait rien à plus d'un mètre. D'un seul coup deux yeux rouges apparurent dans l'obscurité de la forêt. Les trois amis hurlèrent et se mirent à courir, la chose sur leurs talons.
Alors qu'il détalait à perdre haleine, Joey trébucha sur une racine d'arbre et s'étala dans les feuilles mortes. Il se retourna sur son dos tout en se tenant sa cheville probablement cassée. Les larmes coulaient sur ses joues mais lorsqu'il releva ses yeux, la chose était sur lui. De la bave goûtait sur son visage. En un instant, la créature ouvrit sa gueule et planta ses crocs dans le coup du jeune garçon qui se mit à hurler de douleur.
Le cri résonna dans la forêt et parvint aux deux autres lycéens qui fuyaient toujours. Steven s'arrêta.
- « Joey ?!!!
- Steven, qu'est-ce que tu fous, la bête va nous rattraper!! » Chuchota son petit frère affolé.
- « Ecoutes-moi bien Mark, tu vas courir aussi vite que tu peux et sans te retourner, quoiqu'il arrive...
- Mais toi ?
- Il faut que j'aille aider Joey...
- Non !! tu vas te faire tuer... si ça se trouve Joey est déjà mort !!! fit Mark en pleurant.
- Mais peut être pas !! il a peut être juste besoin d'aide ! fais ce que je te dis !!! » ordonna Steven. « Vas-y, cours!!!! »
Mark regarda son frère une dernière fois et se remit à courir, les larmes aux yeux, à travers les bois. Quelques minutes plus tard, il entendait de nouveau hurler, mais cette fois-ci c'était la voix de son frère qui s'était répandue dans la forêt.
Denver, Colorado
Un petit groupe d'hommes parlait à voix basse dans un entrepôt abandonné. Les trois individus semblaient anxieux et l'un d'eux tournait en rond.
- « On a peut être tort !après tout, c'est un chasseur comme nous!
- Si tu en étais convaincu, tu ne serais pas ici ce soir Mick!
- Mais Bobby Singer dit qu'il est digne de confiance ! écoutes Tom, on fait peut être fausse route...
- Ce vieux Bobby est aveuglé par les émotions, il ne voit pas le mal qui est en lui !
- Oui, Jeff a raison, il faut le mettre hors course, une bonne fois pour toute !
- Gordon était dans le vrai, ce type n'est pas humain, il faut l'éliminer, le plus vite possible. A ce qu'il paraît, il utilise délibérément ses pouvoirs maintenant, c'est une menace pour tout le monde...c'est un monstre.
- Le problème c'est que son frère est toujours avec lui, il ne le lâche pas une seconde ! et ça va pas être facile de l'approcher avec ce con dans nos pattes !
- Il faut donc les séparer, c'est la meilleure solution pour qu'on l'élimine... .
- Alors, tu nous suis Mick ?
- D'accord, mais il faut d'abord les trouver !
- Il suffit de regarder le journal, ils seront là où il y a une chasse !! »
Terlingua, Texas, deux jours plus tard.
Un couple d'une quarantaine d'année était assis sur leur canapé. L'homme avait la main de sa femme dans la sienne. Leurs têtes étaient baissées, les yeux emplis de tristesse. En face d'eux, Dean, posé dans le fauteuil, un calepin à la main.
- « Mme Lévingski, vous me dites que vos enfants sont allés camper dans une forêt en pleine nuit, un jour de semaine ?
- Oui inspecteur, mais je n'étais pas au courrant ! ils avaient manigancé tous ça pour que nous nous rendions compte de rien ! Patty ne savait pas non plus ! » fit la femme en pleurant.
- « Patty ? la mère du troisième garçon ?
- Oui.
- Un ours dans cette région n'est pas une surprise madame, votre deuxième enfant a eu beaucoup de chance de s'en sortir sans une égratignure. Mark invente un monstre parce qu'il est trop traumatisé mais il est bien question d'un ours dans cette affaire. » Mentis Dean. « Je suis toutefois vraiment désolé pour Steven, votre aîné.
- Il allait avoir 17 ans la semaine prochaine ! oh mon Dieu, mon petit garçon !
- Votre cadet n'a pas l'air beaucoup plus jeune ? » continua Dean.
- « Ils ont...avaient, 11 mois de différence ! ils étaient très proches ! Steven protégeait toujours son petit frère... » fit l'homme peiné.
- « Oui je comprends, j'ai moi-même un frère et... »
Sam descendu de l'étage à ce moment précis. Il jeta un regard à son aîné pour lui faire comprendre qu'il en avait fini.
- « Bien, monsieur et madame Levingski, je crois que je vais vous laisser pour aujourd'hui ! je reviendrais vous voir si j'ai d'autres questions. » Lança Dean tout en prenant un gâteau sur la table du salon.
Ils sortirent alors tous les deux de la maison et se dirigèrent vers l'Impala.
- « Alors, qu'est-ce qui t'a dit le morveux ? » demanda Dean la bouche pleine de pâtisserie.
- « Le morveux a un prénom et il vient de perdre son frère de façon tragique...
- Et ?
- Il est sacrément choqué !! il dit qu'un monstre a dévoré son frère et son ami. » Répondit Sam un peu sur la défensive.
- « Il a dit quel monstre ?
- Disons qu'il m'a fait une petite description. Ça va m'aider pour mes recherches !
- Bon, dans ce cas, retournons au motel pour trouver quelle bébête a pu bouffer des ados.
- Dean ! tu peux pas avoir un peu plus de compassion ! ces parents viennent de perdre un enfant. Ils l'ont identifié garce à ses chaussures parce qu'il ne restait plus que ça de lui... c'est horrible !
- Ils auraient du voir la supercherie avant !! faire croire qu'on dort chez un ami, c'est vieux comme le monde. Et en plus c'est pas la première fois qu'ils le faisaient. Les parents ont jamais vérifié leur dire, c'est insensé !
- Mouais, mais ils ne méritaient pas ça quand même !
- Disons qu'ils feront plus attention avec leur deuxième fils maintenant! » Affirma Dean alors qu'il rentrait dans la Chevrolet et démarrait le moteur.
Sam, quant à lui, soupirait devant l'attitude de son frère puis rentra à son tour dans l'impala.
Une voiture était garée au coin de la rue. Un homme à l'intérieur regardait les deux frères. Il prit son portable et composa un numéro :
- « Ramenez vos culs ici... Terlingua au Texas. Je les ais trouvés ! »
Motel Santa Fé. Terlingua, Texas.
Sam était assis sur une chaise, il pianotait sur son ordinateur tandis que Dean était sur son lit, des bouquins éparpillés partout.
- « Je l'ai !! » s'exclama Sam.
- « Comment tu fais pour trouver aussi vite les infos, j'ai à peine eu le temps de me gratter le nez !
- Ça c'est le talent mon cher frère !!
- C'est vite dit !!! bon, raconte un peu.
- On a affaire ni plu ni moins qu'à un chupacabra ! » fit Sam fier de lui.
- « Tu déconnes ! un chupacabra bouffe pas les humains, c'est inoffensif ... sauf pour les lapins.
- Mais tout concorde Dean. Les yeux rouges et les grandes dents. En plus on est pas loin de la frontière mexicaine, c'est forcément ça !!
- Alors pourquoi ton truc se mettrait à dévorer de l'homme maintenant ?
- Peut être par instinct de survie ! réfléchit Dean ! les trois gamins s'amusent et boivent des bières tranquillement. Ils sont un peu éméchés et ne se soucient de rien. L'un d'eux aperçoit le chupacabra et le dérange pendant sa sieste ou pendant qu'il mange, la bestiole se retourne et voit le garçon. A ce moment elle croit peut être que c'est une menace et lui court après. Lorsqu'elle se rend compte que l'ado n'est pas tout seul, elle devient furieuse et les chasse tous les trois. Une chose en entraînant une autre, elle tue l'un des garçons et goutte à cette nouvelle viande...
- Arrêtes, je vais gerber ! » fit Dean d'un ton dégoûté.
- « Maintenant qu'elle a savouré de l'humain, elle n'y renoncera plus ! c'est pour ça que ce truc a poursuivi puis mangé le deuxième gamin ! » continua Sam.
- « Et c'est aussi pour ça qu'il en dévorera d'autres, il y a pris goût !
- Il faut trouver comment le tuer. » fit Sam, tout en pianotant sur son ordinateur.
- « Si c'est effectivement un chupacabra, les balles simples ne suffirons pas, ni le feu d'ailleurs...
- Je pense que les balles en argent devraient marcher, un peu comme le loup-garou, mais au lieu de lui mettre dans le cœur il faut lui mettre dans la tête ! » affirma Sam.
- « Faudrait-il déjà le trouver ! t'as vu la taille de cette forêt mec ?
- Ben le mieux ça serait de l'appâter...
- C'est même pas la peine d'y penser Sam, tu ne feras pas l'appât !!
- Mais je ne risquerais rien puisque tu seras là pour me couvrir...
- C'est non, Sam ! trop dangereux. Trouve autre chose ! »
Dean se retourna pour aller en direction de son lit quand une fenêtre explosa sous l'effet d'une balle. Le projectile atteignit le mur en éclatant un cadre. Sam tourna la tête et vit que Dean avait été touché à l'épaule. Il s'empressa de rejoindre son frère pour inspecter sa blessure lorsqu'une deuxième balles frôla son crane.
- « Restes à terre ! » cria Dean à son frère.
- « Comment tu te sens ? » demanda Sam accroupi.
- « C'est rien, la balle ne m'a qu'effleuré !! ça brûle un peu, c'est tout ! »
Sam avait rejoint son frère à quatre-pattes lorsqu'une troisième balle siffla au-dessus de ses oreilles.
- « Nom de Dieu, c'est quoi ce bordel ? » hurla Dean.
- « J'en sais rien ! mais laisses-moi voir ta blessure...
- Je t'ai dit que ça aller ! ne t'inquiètes pas. »
Sam regardait tout de même l'épaule de son frère et il entendit qu'une voiture démarrait en trombe.
- « Ils sont partis, ça y est !! » marmonna Dean en serrant les dents car sa plaie le faisait souffrir.
- « Ça ils vont le payer ! » dit Sam alors qu'il prenait son blouson et qu'il s'apprêtait à sortir.
- « Qu'est-ce que tu fous Sammy, ne les suis pas !! »
Sam avait déjà passé le pas de la porte les yeux pleins de fureur sans écouté les recommandations de son frère. Il avait vu la voiture s'enfuire de leur parking, une berline bleue et à son bord, deux hommes. Dean s'était relevé mais trop tard. Son cadet avait volé le premier véhicule devant lui en quelques secondes, et l'avait démarré. Sam ne voulait pas prendre l'Impala de peur de l'abîmer pendant la course poursuite. Il partit donc, pied au planché pour rattraper ceux qui avaient blessé son frère.
Dean cherchait les clés de l'Impala désespérément. Avec son épaule qui le faisait souffrir, il était beaucoup plus lent à fouiller. Il les trouva enfin sous les livres, sur le lit, mais Sam avait déjà pris de l'avance et Dean avait une très mauvaise intuition.
Il pleuvait à torrent sur les petites routes de Terlingua. Sam avait rattrapé la voiture qui était partie à toute vitesse du parking du motel. Il avait même eu l'impression que les tireurs avaient ralenti pour qu'il puisse les rattraper. Les phares de sa voiture révélaient qu'il n'y avait qu'un homme dans celle qui le précédait alors qu'il était persuadé d'avoir vu deux individus devant le motel.
Le portable de Sam se mit alors à sonner, celui-ci le prit dans sa poche et décrocha sachant pertinemment qui était à l'autre bout du fil.
- « Sam, t'es où ?
- Sur la route 118, juste avant la forêt !
- Ok, je suis pas loin derrière toi. Attends-moi, j'arrive !
- Non, j'ai rattrapé le type ! je vais essayer de le stopper, il est tout seul !
- Attends-moi et on le chopera ensemble, Sam !! en plus ce genre de mec n'est jamais tout seul. Ils sont probablement plusieurs dans la voiture mais ils se cachent pour te faire croire qu'il n'y a que le conducteur, du coup tu crois te battre contre un seul homme : plus facile et moins dangereux ! c'est une technique de chasseurs !
- C'est ce que je me suis dit aussi mais ils pourraient s'échapper le temps que tu arrives... et ça c'est hors de question !
- Sam, ces hommes sont des pros, s'ils avaient voulu te semer, ils l'auraient fait depuis longtemps ! il y a quelques chose qui cloche, je t'en pris arrêtes-toi !
- Si on les laisse partir, ils recommenceront à nous canarder et peut être qu'ils ne nous louperont pas la prochaine fois !
- Sam je te promets qu'on les aura mais tu dois m'attendre !!! s'il te plaît... »
Un homme chargeait son fusil sur le bas-coté de la route et se préparait à tirer en entendant les deux voitures qui arrivaient au point de rendez-vous.
- « D'accord Dean, mais fait vite !! »Sam commençait à ralentir et il vit une ombre sur le coté. « Mais qu'est ce que.... ! » Sam lâcha son portable pour reprendre le contrôle de son véhicule.
L'homme sur la bas-coté avait tiré dans le pneu de sa voiture. Il éclata sous l'impact. Le cadet des Winchester avait donné un coup de volant pour se rattraper mais trop tard. Les routes étaient glissantes avec la pluie et la voiture partit en tonneaux avant de s'écraser contre un arbre.
- « Sam ? Sammy !!!! »
Dean était toujours au téléphone mais n'avait plus de réponse de son frère, il avait entendu une détonation puis plus rien. La panique et la colère s'empara de lui.
Un peu plus loin sur la route, la berline s'était arrêtée. L'homme au fusil se dirigeait vers la voiture de Sam. Il s'apprêtait à ouvrir la portière de ce dernier lorsqu'il vit des phares au loin se rapprochaient très vite. L'homme fit demi-tour vers ses acolytes et rentra dans l'auto bleue. A l'intérieur, deux hommes l'attendaient.
- « C'est bon Jeff, tu peux te relever, le plan à fonctionner !
- Alors il est mort ?
- j'en sais rien, j'ai pas eu le temps de vérifier ! mais je peux te dire qu'il est en mauvais état !
- Et s'il n'est pas mort ?
- T'inquiètes pas !on trouvera un autre moyen de le butter !!
- Il y a une voiture qui se ramène. Démarres Mick ! ça doit être son frère ! »
La berline bleue partit à toute allure avec à son bord les trois chasseurs. En moins de cinq secondes, les phares de leur voiture disparurent dans la nuit.
Dean roulait pied au plancher ; au loin une voiture partait précipitamment. Il arrivait à la lisière du bois quand il aperçut des bouts de verre étalés partout sur la route qui brillaient sous la lumière de ses phares. En tournant la tête, il vit la voiture de son frère complètement disloquée, appuyée sur un arbre. Dean gara la Chevrolet non loin du lieu de l'accident et partit en courrant vers l'épave.
Il ouvrit la portière, non sans mal, et découvrit son frère. Il était recouvert de sang et ne bougeait plus. Dean prit le pouls de son cadet. Il sentit une légère pulsation. L'aîné se passa une main sur son visage comme pour enlever le stress mais l'inquiétude était toujours présente, marquée inexorablement sur son visage. Il dégagea son frère de la carcasse de sa voiture et l'installa délicatement sur le siège passager de l'Impala. Il démarra la Chevrolet et partit en direction de l'hôpital.
Dean conduisait à toute vitesse, il avait mis moins de dix minutes pour arriver à destination. Cependant il avait plus regardé son frère que la route devant lui et certains virages furent très serrés. Sam n'avait pas bougé d'un millimètre, du sang s'écoulait toujours d'une blessure à la tête, ses bras étaient entaillés à plusieurs endroits, dus probablement aux bouts de verres, et sa respiration était très saccadée, presque infime.
Dean se gara devant l'hôpital, sortit Sam de la voiture et le porta jusqu'à l'intérieur. Lorsque que le personnel de l'établissement vit les deux hommes entrés, plusieurs infirmières et médecins se précipitèrent sur eux afin de leur venir en aide.
- « Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda un homme de grand gabarit.
- « Mon frère a eu un accident de voiture, il n'a pas repris conscience depuis et il a beaucoup de mal à respirer !! » fit Dean en installant Sam sur un brancard.
- « Nous allons nous occuper de lui, monsieur... ?
- Mustaine.
- Monsieur Mustaine . Nous vous appèlerons dés qu'il y a du nouveau. Je vous invite à aller à l'accueil afin de remplir quelques papiers...
- Oui, bien sur. » Marmonna Dean en regardant son frère s'éloignait dans un couloir.
Le médecin partit à son tour avec le groupe d'infirmières qui emmenait Sam.
Dean se dirigea alors à l'accueil pour donner les informations nécessaires. Evidemment il mentit tout au long du questionnaire et signa le nom Mustaine en bas de la page qu'il remit à la secrétaire. Cette dernière prit le formulaire et en relevant la tête elle s'aperçut que Dean était blessé.
- « Monsieur, vous étiez également dans la voiture lors de l'accident ?
- Non, pourquoi ?
- Votre épaule, elle saigne beaucoup... »
Dean regarda alors sa blessure et fit une grimace.
- « Je me suis blessé en sortant mon frère de sa voiture, un bout de verre a du me couper. » mentit-il.
- « Mais ça à l'air profond, il faudrait peut être vous faire voir à un docteur...
- Je vais bien et je ne veux pas de docteur. » la coupa sèchement l'aîné.
Lorsqu'il vit que l'infirmière n'avait pas apprécié son ton, il se radoucit avant d'ajouter :
- « Désolé, je suis un peu anxieux pour mon frère mais je vais très bien, merci.
- C'est normal d'être inquiet. » Dit la jeune femme calmement avec un sourire. « Je vais vous apporter un café si vous voulez, asseyez-vous dans la salle d'attente et je vous l'amène de suite.
- Oui, merci. » Répondit doucement l'aîné en marchant jusqu'à la fameuse salle.
Une pendule était installée sur le mur en face de Dean. Il regardait les aiguilles tournaient inlassablement. Les secondes devenaient des minutes qui devenaient à leur tour des heures. Il avait essayé d'appeler Bobby pour le prévenir de ce qui se passait mais pas de réponse. Au bout du septième appel et autant de messages, Dean capitula et rangea son portable, non sans avoir lancer un « putain Bobby, t'es où bordel » dans la salle d'attente au milieu des autres personnes présentes.
Après 8 cafés et 4 heures d'attente interminable, le médecin qui s'occupait de Sam fit enfin son apparition. Dean bondit de sa chaise pour aller à sa rencontre. Cependant la mine du docteur n'était pas réjouissante.
- « Alors Doc, dites-moi tout, il va bien ?
- Monsieur Mustaine, votre frère à beaucoup de chance d'être toujours en vie avec les blessures qu'il a : plusieurs côtes cassées, dont une qui a perforé son poumon droit, une veine sectionnée par un bout de verre et le pire, un traumatisme crânien très important.
- Mais il va s'en sortir n'est-ce pas ?
- Nous ne pouvons pas nous prononcer le temps qu'il n'est pas réveillé. Il est actuellement dans le coma. Il est inutile de vous dire que plus il se réveillera tôt, mieux se sera pour lui...
- Mon frère est très résistant, il va se réveiller très vite j'en suis sur. » Fit Dean presque à lui-même, comme pour se redonner du courage.
- « Malheureusement, être résistant ne suffira peut être pas, il faut aussi beaucoup de volonté.... pour vivre. » Déclara le médecin.
Dean fixa le docteur, il aurait préféré entendre que Sam allait très bien et qu'ils pouvaient repartir tous les deux dans la soirée. Ce n'était pas le cas. Il ne savait pas si son frère aurai la volonté de se réveiller ; après tout il ne savait pas si lui-même en aurai envie avec cette vie de merde qu'ils avaient tous les deux. Le médecin le coupa dans ses pensées :
- « Nous l'avons mis dans une chambre en soins intensifs mais vous pouvez aller le voir si vous voulez ! chambre 237.
- Oui, merci docteur. » Fit Dean tout en se dirigeant vers l'ascenseur.
Arrivé à la chambre de Sam, Dean inspira un grand coup avant d'ouvrir la porte. Il entra et s'approcha du lit de son frère et le regarda intensément. Il avait une large bande sur la tête ainsi qu'à son bras et tout autour de son torse. Des fils étaient également reliés à des machines qui surveillaient l'activité cardiaque et la respiration de Sam.
Dean prit alors la chaise dans le coin de la pièce et la posa à coté du lit de son cadet. Il s'assit et posa sa tête dans ses mains. Son petit frère était entre la vie et la mort et il ne le supportait pas. De l'inquiétude mais aussi de la colère pouvaient se lire dans ses yeux. Dean releva la tête pour regardait Sam toujours inconscient :
- « Nom de dieu sammy, qu'est-ce qui t'a pris de les pourchasser tout seul comme ça... ça ne te ressemble pas pourtant. C'est moi qui fonce tête baissée d'habitude... ! je crois que tu as pris de mauvaises habitudes quand j'étais en enfer...mais je suis là maintenant, avec toi, alors ce genre de décision suicidaire, c'est terminé... tu m'entends ? »
La seule réponse qui lui parvînt, fût les bips horripilants du monitoring de Sam. Son frère ne réagissait pas, il restait allongé dans son lit d'hôpital, serein, blême. Les yeux de Dean brillaient intensément et ses mains se crispèrent sous la colère :
- « tu avais raison sur un point Sammy, ils vont le payer...et très cher ! »
Il était 6h du matin et Dean attendait patiemment le moindre geste de Sam lorsqu'il entendit des sirènes qui arrivaient dans la rue. Il se leva de sa chaise et se dirigea vers la fenêtre, curieux. Trois ambulances se garaient devant l'hôpital. Deux d'entres-elles amenaient des hommes grièvement blessés, étant donné la quantité de sang ; la troisième apportait un cadavre, le sac mortuaire sur le brancard ne pouvait pas tromper.
Dean passa sa main sur ses yeux pour enlever la fatigue qui s'était incrustée sur son visage, il avait veillé son frère toute la nuit. Il décida donc d'aller chercher un café à l'accueil et par la même occasion de se renseigner sur les deux hommes qui venaient d'êtres admis aux urgences. Il jeta un dernier coup d'œil à Sam et quitta la chambre.
Au rez-de-chaussée, les médecins et infirmières courraient dans tous les sens. L'un des docteurs hurlait.
- « Mettez le deuxième Ranger en salle trois et où sont mes perfs ? il est entrain de se vider de son sang... bougez-vous !!! »
Dean longeait les murs pour ne pas gêner les allés et venues des infirmières. En passant devant la salle n°1, il vit un homme d'une trentaine d'années, couché sur un brancard. Il avait un bras arraché, son visage était recouvert de sang et ses yeux étaient grand ouverts mais sans aucune expression. Son torse ne bougeait plus, cet homme ne respirait plus. Le médecin regarda une de ses infirmières puis se tourna vers l'horloge et soupira :
- « C'est fini, on ne peut plus rien pour lui. Heure du décès : 6h11 am.
- Allez voir en sale trois s'ils ont besoin d'aide, je m'occupe du corps... et appelez sa femme. » Fit l'une des infirmières.
Le médecin sortit de la pièce, traversa le couloir pour rejoindre une autre salle.
Dean l'avait suivi et regardait la scène avec effroi. Un autre homme, de plus de quarante ans cette fois, se tordait de douleur sur son brancard. Il était éventré et ses intestins ressortaient de son corps. Du sang coulait par terre pour former une flaque immense sur le carrelage. L'homme était déchiqueté mais conscient.
- « Calmes-toi Frank, laisses-moi t'ausculter ! » fit l'un des docteurs. « Qu'on m'apporte de la morphine !
- Où est... Danny ? est-ce... qu'il va ...bien ? » demanda le blessé avec difficulté.
Mais personne ne lui répondit. Les médecins savaient que ses deux compagnons étaient morts et que lui aussi ne s'en sortirait probablement pas.
- « Gardes tes forces Frank, ne parles pas... » fit le premier docteur. « Je vais t'administrer quelque chose pour te soulager de la douleur...
- Il y avait... cette bête sauvage...c'était ...un ...monstre ! » reprit l'homme agonisant.
- Il est entrain de délirer, passez-moi de la lidocaïne, il faut le calmer. .
- Non, ...je ne mens pas... il nous a attaqués...et... »
Il ne put finir sa phrase, son cœur s'arrêta, son électrocardiogramme devînt plat.
Les médecins et infirmières essayèrent tant bien que mal de relancer son cœur mais sans résultat. Au bout de 10 bonnes minutes, le docteur déclara l'heure de la mort, enleva ses gants et sa blouse tachés par le sang et sortit de la salle accompagné de son collègue, tous deux démoralisés.
- « Nom de Dieu, Paul qu'est-ce qui s'est passé ? pourquoi trois Rangers sont arrivés ici en morceaux ?
- J'en sais rien mais à ce qu'il paraît, Frank et ses hommes étaient partis au Park national Big Bend pour pister l'ours qui a attaqué les ados il y a 3 jours. » Répondit son confrère.
- « Tu crois que c'est le même ours qui est responsable de ce massacre ?
- Peut être bien. Il va falloir pourtant faire quelque chose, ça fait 5 morts en moins d'une semaine... c'est plus possible.
- Oui, surtout pour les familles qu'ils laissent derrières eux... je dois aller prévenir leurs femmes. »
Dean avait assisté à la conversation et savait très bien que ce n'était pas un ours qui s'en était pris à ses trois Rangers. Il savait aussi qu'il ne pourrait chasser cette créature tout seul, il fallait qu'il attende le bon rétablissement de Sam, si toutefois il se rétablissait. En plus de cela, des chasseurs étaient à leurs trousses, ça ne pouvait être que des professionnels, vu leurs méthodes. Il ne savait pas comment ils allaient s'en sortir cette fois : un monstre qui tut tout ce qui bouge, des chasseurs déterminés et un Bobby injoignable...Dean baissa les yeux, il soupira longuement avant d'ajouter un « putain, on est vraiment dans la merde. » Il prit son café et remonta au second étage jusqu'à la chambre de son frère.
Lorsqu'il entra, Sam n'était plus dans son lit.