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Child's Play

Série : Supernatural
Création : 21.07.2009 à 22h02
Auteur : Hecate 
Statut : Terminée

« voici une nouvelle fic qui j'espère vous plaira. merci de me laisser l'écrire seule. cet épisode virtuel se passe aprés la saison 4, donc attention il y a quelques spoilers. » Hecate 

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Hensley, Arkansas.

 

 

-         « …tu plaisantes, Mr Smith a carrément faillit tourner de l’oeil…

-         quelle chochotte ce type, il est déjà nul en tant que prof mais en plus il vaut rien en tant qu’homme !

-         ouais, c’est clair, quand tu penses que c’est lui qui va nous chaperonner pour le bal de fin d’année, ça fait peur …

-          sauf s’il ne se remet pas de cette journée, tous ce sang, c’est sur il va partir en dépression…

-         Ça serait peut être pas une mauvaise chose…

-         ben dans tous les cas, j’aimerais bien savoir qui t’as fait cette mauvaise blague, j’veux dire c’est quand même stupide de mettre des aiguilles de couture dans une trousse d’école au milieu de tous tes stylos, t’aurais pu te faire encore plus mal !

-         j’ai ma petite idée là-dessus…

 

-         Claire, chérie, tu me raccroches tout de suite ce téléphone sinon je fais couper ta ligne perso…

 

-         Bon faut que je te laisse ou ma mère va péter une durite si j’explose encore le forfait de téléphone !

-         ouais, je comprends, la mienne est pareil… bon on se voit demain au lycée ?

-         ça marche, je te dirais mes suppositions sur qui est derrière ma blessure fatale !!

-         mouais… dors bien !

-         toi aussi ! tchao Milly ! »

 

Claire, assise en tailleur sur son lit, raccrocha le téléphone avec un sourire serein sur le visage. Sa main droite, bandée, témoignait  de son agression mais ne semblait pas la gêner plus que de coutume.

Son amie d’enfance et elle ne pouvaient s’empêcher de s’appeler le soir malgré le fait qu’elles venaient de passer 8 heures ensemble dans le même lycée. Les rumeurs et les racontars ne pouvaient attendre une nuit entière pour des jeunes filles de 15 ans et le téléphone  était probablement l’outil indispensable dans une chambre d’ado en mal d’amitié.

 

-         « Claire, je t’ai demandé de raccrocher ! » hurla une femme d’environ 45 ans en bas des escaliers, les mains sur les hanches et les sourcils froncés reflétant incontestablement le visage renfrogné d’une mère en charge d’une adolescente.

-          «  c’est fait maman, depuis déjà 5 bonnes minutes ! » répondit sa fille sur un ton de défi, comme d’habitude.

-         « Alors comment expliques-tu que le téléphone du bas ne marche pas ?

-         Je te promets que j’ai raccroché, tu peux venir vérifier si tu ne me crois pas, ton phone doit déconner, voilà tout…

-         Ne parle pas comme ça ! je te préviens Claire, les soirées en n’en plus finir au téléphone avec tes copines, c’est terminé ! vous vous voyez toute la journée au lycée, il faudra t’en contenter pour papoter… 

-         Ouais, ouais… » objecta Claire à voix basse comme si les propos de sa mère n’étaient que des paroles en l’air qui lui passaient bien au dessus de la tête.

 

Après quelques minutes à regarder un magazine où figurait sa chanteuse préférée, la jeune femme dut se résigner à bouger de son lit pour se préparer à aller se coucher. Elle rangea donc tous ses livres de classes qui traînaient ouverts sur ses couvertures ainsi que son bloc note totalement griffonné de petits dessins insignifiants qu’elle avait réalisé lors de son entretient téléphonique avec son amie.

Après un lavage de dents express et avoir souhaité, dans un soupir, une bonne nuit tout aussi rapide à ses parents, l’adolescente se décida tant bien que mal à se mettre au lit.

 

Il était environ minuit et demi et tout était calme dans la maison depuis environ 1 heure.

Claire, comme à son habitude depuis maintenant 3 jours, se tournait inlassablement dans son lit à la recherche du sommeil qui ne semblait pas vouloir venir. En plus de la chaleur incessante et de la lourdeur de l’air due aux orages environnants, sa main blessée lui grattait horriblement, ce qui l’empêchait de se détendre et de se reposer malgré le fait qu’elle ne dorme toujours pas.

Sa chambre était ornée de tableaux et posters divers accrochés aléatoirement sur des murs de couleurs gris perle dont on ne voyait d’ailleurs plus réellement les teintes. Juste à coté de son lit, se dressait un magnifique cadre d’environ 70 centimètres de hauteur dans lequel était peinte une femme d’une trentaine d’années aux cheveux blonds intenses qui regardait le ciel tout en tenant un bouquet de fleurs aux pétales d’un rose pâle captivant. C’était sans aucun doute le tableau préféré de Claire, on lui avait offert pour ses 5 ans et depuis elle ne s’en séparait jamais malgré les nombreuses fois où elle avait refait la décoration de sa chambre.

 

Un orage s’était rapproché rapidement et les éclairs semblaient illuminer la chambre de la jeune femme de façon continue à travers les rideaux en mousseline qui ne recouvraient qu’un soupçon de la petite fenêtre.

Claire avait les yeux fixés sur son tableau, elle l’admirait par à-coup et selon les caprices  de l’orage. Une lumière plus vive vînt éclairer d’avantage la chambre de l’adolescente, et à sa plus grande surprise elle cru voir la femme peinte bougeait à l’intérieur de son cadre. La jeune fille se figea assise sur son lit à la recherche de l’interrupteur de sa petite lampe de chevet. Mais l’orage étant violent, l’électricité avait sauté.

Claire se cala contre le mur juste derrière elle, les jambes repliées et ses bras les entourant comme si elle avait froid dans cette chaleur torride. Toutefois elle ne pouvait retirer ses yeux du tableau qui ne semblait pas se soucier de la peur panique de la jeune fille.

Au fur et à mesure que les nombreux impacts de foudre éclairaient la chambre, les yeux verts émeraude de la femme de la peinture semblaient se tourner en direction de Claire.

 

Le vent paraissait s’abattre plus que nécessaire sur la maison faisant craquer les branches des arbres à l’extérieur de la battisse mais la force du souffle chassait quelques nuages et l’orage commençait donc à s’estomper au plus grand désarroi de l’adolescente. Les éclairs se devenaient rares et la pénombre s’installait peu à peu dans la petite pièce. La foudre ne s’était pourtant pas arrêtée totalement  mais l’espace entre deux illuminations s’avérait une éternité pour la jeune fille. La tête de la femme peinte, qui paraissait tellement innocente quelques minutes auparavant, s’était tournée complètement de façon sournoise vers la jeune adolescente.

 

L’orage s’était maintenant éloigné à une vitesse vertigineuse ramenant avec lui grondement, éclairs et nuages noirs. En quelques secondes, un faible halo de lumière s’immisça dans la pièce à travers les doux rideaux, la lune semblait apaiser la nuit et apporta une once de luminosité dans cette pénombre macabre.

Les yeux de Claire s’étaient  habitués à cette faible luminosité et elle pouvait à présent discerner quelques objets dans sa chambre et scruter parfaitement son tableau, qui à son grand tourment continuait de la fixer intensément.

Quelques larmes tièdes vinrent couler sur les joues blanchâtres de l’adolescente lorsqu’elle vit que la femme peinte commençait à esquiver un sourire malsain. Ses lèvres froides, bleuies par la pénombre, se tendirent peu à peu pour afficher un rictus des plus funeste qui fit frissonner Claire au plus profond de son être. La jeune fille se décida à bouger et sortit de son lit dans lequel elle ne se sentait plus du tout en sécurité. Elle pouvait percevoir les yeux de la femme la suivre à chaque pas qu’elle faisait, elle avait même l’impression que son corps commençait à sortir de son cadre. Au bout de deux mètres, Claire se stoppa, elle avait la sensation que le sol bougeait étrangement sous ses pieds. Lorsqu’elle baissa la tête pour essayer de voir ce qu’il en était, elle ressauta instantanément sur son lit. Des centaines de serpents s’étaient infiltrés dans sa chambre et recouvraient  entièrement le vieux planché de la pièce lui donnant une impression de sable mouvant. L’adolescente voulu crier, seulement aucun son ne put sortir, quelque chose lui obstruait la gorge ; un boa d’un diamètre de plus de cinq centimètres commençait à sortir doucement de sa bouche ouverte. L’animal glissait aisément la tête la première en direction du sol toujours en mouvement. Les yeux de Claire, remplient de moitié par les larmes, étaient grands ouverts regardant avec effroi ce serpent monstrueux sortir de sa propre bouche. Au dessus d’elle des couleuvres et autres petites vipères tombaient du plafond pour atterrir dans ses cheveux longs. Après quelques hauts le cœur et un débattement féroce l’adolescente succomba à la terreur et son cœur s’arrêta, elle s’effondra sur son lit, son regard dépourvu d’âme.

La femme se redressa alors dans son cadre. Ses yeux s’étaient rétrécis jusqu’à ce qu’une fine amende laisse entrevoir la couleur verte assombris de vengeance scruter le corps sans vie de Claire, son sourire insidieux et perfide s’élargie, laissant transparaître l’entière satisfaction de la scène qui venait de se dérouler, puis ses traits redevinrent des plus banals en moins d’une seconde.


Hecate  (21.07.2009 à 22:09)

Morgue de Little Rock, Arkansas.

65 heures plus tard

 

Un corps d’environ 1m60 était allongé sur un brancard, un léger drap blanc plié sur lui, découvrant uniquement son visage. La jeune fille était châtain, sa peau blanche ressemblant à de la porcelaine contrastait terriblement avec ses lèvres et ses paupières bleuies teintées de noir. Autour d’elle, deux hommes, grands, habillés de costumes gris, semblaient se disputer futilement.

 

-         « Putain Sam, c’était ton tour d’aller à la laverie, de quoi j’ai l’air maintenant avec l’un de tes costards sur le dos ?!

-         … d’un nain en colère. 

-         Très drôle, je suis obligé de retrousser mes manches et en plus de ça on dirait que j’ai chié dans mon froc !

-          Donc t’as l’air d’un nain en colère avec des problèmes intestinaux.

-         Arrêtes un peu de te foutre de moi, comment ça se fait que tes costumes soient propres et pas les miens, hein ?

-         Parce que, mon cher frère, je n’utilise pas mes fringues d’agent fédéral pour draguer des femmes dans des bars miteux…

-         Ben tu devrais peut-être, t’aurais probablement plus de succès auprès des filles  mon petit Sammy !

-         J’ai pas besoin de m’habiller comme un pingouin pour plaire moi…!

-         Non, c’est vrai que t’as le choix entre les loups-garous femelles ou les démones !... quoique t’as pas encore essayé la vampire…

-         La ferme Grincheux, voilà le médecin légiste !

 

Les Winchester se retournèrent en même temps pour accueillir un homme de petite taille, les cheveux grisonnant, le bas ventre en pleine expansion de la soixantaine bien tassée et des chaussures d’au moins trois pointures au dessus de la sienne.

Sam se tourna vers son frère et le regarda fixement avec un léger sourire voulant dire un «  tu vois t’es pas le seul à ressembler à un nain », ce que Dean lui renvoya par des yeux des plus menaçants exprimant un «  tu vas me le payer cher ».

Le docteur avança d’un pas nonchalant  jusqu’au brancard et y déposa un dossier sur les jambes de la défunte.

-         «  Vous êtes les deux agents du FBI qui ont appelé ce matin ?

-         C’est cela même ! » répondit Dean d’un ton catégorique en montrant sa fausse plaque.

-         « Agents Blackmore et Glover. » ajouta le cadet en imitant son frère.

-         « Je suis le docteur Marvin, médecin légiste du compté. Maintenant que les présentations sont faites, commençons. » Après avoir serré la main des deux faux agents, le légiste reprit son dossier et commença à tourner autour du corps de l’adolescente. «  Il s’agit de Claire Hannigan, 15 ans. Née ici même à l’hôpital de Little Rock et décédée il  y a 3 jours à son domicile, dans la ville de Hensley, au alentour de 1 heure du matin. Cause de la mort : indéterminée…

-         Comment ça  indéterminée, votre secrétaire nous a dit que vous aviez effectué l’autopsie ce matin, et la presse parle d’une crise cardiaque ? » le coupa Dean d’un ton autoritaire.

-         «  Agent Blackmore, trouvez-vous normal qu’une jeune fille de 15 ans, en parfaite condition physique, faisant de la gymnastique en club le mercredi et le samedi, soit sujet à une crise cardiaque foudroyante en plein milieu de la nuit ?

-         «  Heu non, et c’est justement pour cela que nous somme là… » répondit l’aîné un peu désorienté.

-         « Bien, nous somme donc sur la même longueur d’ondes ! donc si vous vouliez bien me laisser terminer mon rapport, je pourrais vous expliquer pourquoi la mort de cette jeune demoiselle est dite : indéterminée… ! ».

Un léger silence vînt s’installer dans la petite salle blanche. Le médecin trapu fixait Dean d’un air intransigeant alors que ce dernier avait baissé les yeux comme un enfant honteux d’avoir mal parler à ses parents ; quant à Sam, il se régalait de la situation délicate que sont frère avait tant de facilité à provoquer.

C’est tout de même le cadet qui coupa l’interlude, délivrant ainsi son aîné de la gène qu’il avait occasionné.

-         « Allez-y doc, donnez nous votre théorie. »

Le médecin légiste hésita un moment puis se retourna vers Sam et continua son compte rendu.

-         Comme je le disais précédemment, Melle Hannigan était en grande forme physique et il me paraissait plus qu’étrange qu’une attaque cardiaque ait pu venir à bout d’une adolescente de son age. Toutefois, il semblerait que cette jeune femme ait été sujette à un fort traumatisme lié à un affolement certain.

-         Vous voulez dire qu’elle est morte… de peur ? » demanda Sam, surpris par l’explication du médecin.

-         « C’est exactement cela ! » répliqua le légiste en sortant un petit crayon noir de la poche supérieure de sa blouse.

Il pointa le petit objet en direction du bas du visage de la jeune femme.

-         « Regardez messieurs, le contour de sa bouche est irrégulièrement déformé. Dans le cas d’une crise cardiaque habituelle, la cavité buccale est à demi ouverte par manque d’oxygénation, mais dans le cas de notre défunte, le palet ainsi que ses lèvres sont étirés au maximum jusqu’à craquement de l’épiderme. De plus, comme vous pouvez le voir, sa gorge est anormalement gonflée. Les muscles de part et d’autre de son oesophage ont été sollicités plus que de coutume pour une simple crise cardiaque …

-         d’après vous, qu’elles en sont les causes ? » demanda Dean, un peu plus confiant face au petit homme.

-         « Et bien nous retrouvons ce genre d’insistance musculaire après un étouffement important, lorsqu’un objet est coincé dans la trachée par exemple; mais pour info, il n’y avait aucun corps étranger pris dans la gorge de cette jeune fille lors de mon autopsie. La deuxième hypothèse, et probablement notre cas ici, s’agirait d’une réaction à un stress phobique de grande ampleur.

-         Nous retrouvons donc l’explication de départ, à savoir la peur. » fit Sam en se penchant vers le visage pâle de l’adolescente.

-         « Tout à fait ! de plus mon examen cardiovasculaire montre qu’aucune défaillance cardiaque n’est à l’origine de la mort de cette jeune personne. Toutes ses artères et autres vaisseaux étaient en parfait état lors de l’autopsie. Cependant la peur n’étant pas un critère scientifique, et mes théories n’étant que pures hypothèses impossibles à prouver, je dirais donc que cette jeune fille est morte de causes indéterminées ! » l’homme trapu appuya le dernier mot tout en scrutant Dean avec insistance.

Sam retira le drap légèrement pour mieux observer le corps de l’adolescente à la recherche d’autres indices et se détourna vers son frère lorsqu’il vit la main blessée de Claire.

-         « Que lui est-elle arrivée ? » demanda Dean en pointant du doigt la main droite de la jeune fille, comme pour se détacher des yeux désobligeants du médecin.

-         «  Une plaisanterie de mauvais goût entre jeunes gens. Claire était passée à l’hôpital la veille de sa mort, un de ses camarades de classe lui a déposé des aiguilles de coutures à l’intérieur de sa trousse d’école, ce qui  a valu à notre chère amie quelques points de sutures… »

L’explication du vieil homme fut interrompue par la sonnerie de son portable qu’il s’empressa de décrocher en marchant vers le fond de sa petite salle mortuaire.

Quelques secondes plus tard il était de retour avec une expression contrariée sur le visage, accentuant légèrement ses rides déjà existantes.

-         « Excusez-moi messieurs, mais j’ai à faire. Vous avez mon numéro, donc si toutefois vous avez de plus amples questions, je me ferais une joie d’y répondre… ».

Le médecin légiste serra la main des Winchester, se dirigea vers la sortie et disparut derrière la porte battante en moins d’une minute.

 

Sam et Dean se lancèrent un regard en haussant les sourcils.

-         « Va falloir que tu laves mes costards, c’est définitivement une enquête pour nous ! »  lança Dean en empruntant le même chemin que le docteur quelques secondes avant lui.

Le cadet soupira, leva les yeux au ciel, débité comme d’habitude devant les propos de son aîné, et emboîta le pas à son frère.


Hecate  (21.07.2009 à 22:10)

Hotel Legacy, Little Rock, Arkansas.

 

Un léger souffle chaud balayait le parking du petit motel sur lequel les arbres dansaient  fébrilement sous un ciel nuageux.

Dean, chargé d’un gros sac de couleur vert armé, descendit de sa Chevrolet de 1967 et se dirigea vers la porte numéro 27 à quelques mètres juste devant lui. Lorsqu’il entra dans la pièce légèrement éclairée, il découvrit Sam, assis sur son lit, son ordinateur portable sur les genoux et quelques livres ouverts, éparpillés un peu partout autour de lui.

-         « qu’est-ce qui t’as pris aussi longtemps ? Faut pas 3 heures pour laver des fringues ! » Pesta le cadet en voyant son frère arrivait.

-         « t’avais qu’à y aller, c’était ton tour…

-         … oui je sais, mais comme tu bousilles mon pc à chaque fois que tu le touches, j’ai préféré faire les recherches pendant que toi tu te payes la laverie ! en plus y avait pratiquement que tes affaires …

-         J’aurais pas eu à y aller si t’avais fait ton boulot dés le départ ! répliqua l’aîné en posant son sac sur son lit.

 

Sam soupira et remit son nez derrière son ordinateur. Dean comprit que son frère ne voulait pas continuer leur petite dispute et se résigna à laisser son cadet à ses recherches. Il savait très bien que Sam s’était sûrement inquiété de ne pas le voir arriver plus tôt. Il aurait réagi de la même manière à sa place, sinon pire. Ils avaient une affaire délicate de meurtre inexpliqué et ils ne savaient toujours pas ce qui avait pu tuer cette jeune fille, quel genre de monstre ou autre créature qu’ils pouvaient connaître, donc traîner la nuit dans cette ville n’était peut être pas l’idée du siècle.

-         « alors qu’est-ce que t’as trouvé ? » se risqua Dean en sortant quelques affaires de son sac.

-         «  ben, pas grand-chose en réalité. Aucune marque réellement visible sur le corps de la fille, pas non plus d’indices apparents qu’il pourrait s’agir d’un truc qu’on connaît, donc…

-         … donc tu viens de passer 3 heures à glandouiller en somme !

 

Sam baissa la tête comme s’il avait honte de son inefficacité et lorsque Dean se retourna devant l’absence de réponse de son frère, il s’aperçut que sa petite remarque n’était pas forcément la bien venue en vue des yeux déçus de son cadet.

-         «  Sammy, fait pas cette tête, on va trouver! On n’a même pas fouillé la maison de la gamine, je suis sûr que demain on aura plus d’infos sur notre tueur… quoiqu’il soit ! aller, on va bouffer, je meurs de faim !!

-          j’ai déjà mangé, je t’ai pas attendu, il est plus de 23 heures et j’avais trop la dalle…

-          J’hallucine, j’espère au moins que tu m’as gardé une part de tarte ?! »

Sam fit un signe de tête en direction de la petite table en bois ronde qui trônait au milieu de la pièce. Dessus étaient posées plusieurs boites en carton de forme rectangulaire sur lesquels était écris cheeseburgers, une qui venait probablement de la pâtisserie du coin et quelques bières non entamées, regroupées juste à coté.

Dean se dirigea donc vers son dîner avec un sourire non dissimulé, non sans avoir jeté un coup d’œil furtif à son cadet qui s’était remis à pianoter sur son clavier d’ordinateur.

 

Ce dernier était dans une phase un peu difficile depuis quelques semaines. Son fiasco pour éviter que Lucifer ne sorte des enfers avait plongé Sam dans une sorte de dépression sans fin. Non seulement il n’avait pas réussit à empêcher l’apocalypse mais en plus tout était de sa faute, il avait brisé le dernier sceau, il avait fait plus confiance à une démone plutôt qu’à son propre frère et bien que quelques doutes sur ses intentions se soit fait sentir en dernier lieu, il avait tout de même opter pour la destruction de Lilith sans savoir les conséquences de ses choix.

Dean savait à quel point son cadet pouvait se sentir coupable, mais malgré le soutient qu’il avait pu lui fournir et en dépit de ce qui avait pu se passer entre eux deux, il n’arrivait pas à rassurer Sam et ce soir prouver qu’il était encore loin d’y parvenir. Lui-même avait eut du mal à réinstaller une certaine confiance entre eux mais l’amour qu’il portait pour son frère avait été évidemment le plus fort.

Cependant la moindre faute ou le moindre échec mettait le cadet des Winchester dans un état de détresse profonde et Dean avait du mal à regarder son petit frère souffrir de la sorte.

L’apocalypse était pourtant là, plusieurs semaines venaient de se passer depuis la libération de Lucifer, et la guerre entre les démons et les anges battait son plein en ne faisant que quelques victimes humaines, pour l’instant. Beaucoup plus de créatures avaient fait leur apparitions et les frères Winchester n’arrêtaient plus les chasses. Ils savaient pertinemment que cette bataille durerait des mois et ils préféraient se battre pour défendre l’humanité plutôt que de prendre partie au coté des anges, malgré le mécontentement de ces derniers. Les hommes ne se doutaient de rien, leurs vies paisibles n’étaient accentuées que de quelques soucis sans gravités, ils ne pressentaient pas que l’apocalypse était proche et que leurs vies ne tenaient qu’à un fil. Sam et Dean, eux, le savaient que trop bien et se jetaient à corps perdu dans les différentes chasses qu’ils rencontraient sur leur chemin.

Ils ne comptaient plus le nombre de Démons et autres esprits qu’ils pouvaient exterminer. A savoir si cette fois il s’agissait bien de l’un de ces cas.

 

-         « Et qu’est-ce que tu penses d’un esprit vengeur ? » demanda Dean la bouche pleine de tarte au pomme.

-         « vengeur de quoi ? tu crois réellement que cette adolescente et pu attiser les foudre d’un esprit vengeur… ?

-         Ben pourquoi pas, on l’a déjà vu !

-         Ouais, je sais pas, je le sens pas. En plus ça colle pas avec les aiguilles dans la trousse d’école.

-         Ça n’a peut être rien à voir, c’est peut être une salle blague d’un de ses potes comme l’a dit l’autre bouffon de médecin légiste !

-         Dean !!

-         Quoi ? c’est vrai. Cette fille est morte de peur et un esprit s’est sensé foutre la frousse non ?

-         Ouais t’as peut être raison… » répondit Sam sans trop de conviction.

-         …Ou peut être pas ! on en saura plus quand on aura passer la maison de la gamine à l’EMF ! »

Sur ces dernières paroles Dean se dirigea vers la salle de bain tandis que Sam se leva de son lit pour récupérer les quelques affaires que son frère avait ramené de la laverie. En fouillant dans le paquet de linge propre, il découvrit que ses deux chemises étaient devenues étrangement roses pâles.

-         « DEAN !!! »

L’aîné revint à toutes vitesse dans la pièce principale, du dentifrice partout autour de la bouche, croyant que son frère avait des ennuis. Il découvrit son cadet les bras en l’air, une chemise délavée dans chaque main.

-         « Tu peux m’expliquer pourquoi mes fringues sont roses…

-         J’en sais rien Sammy, c’est peut être ton string rouge qui a déteint !

-         Très drôle, vraiment hilarant ! en attendant toutes tes affaires sont roses également du gland !!! »

Dean se dirigea à son tour rapidement vers le paquet de linge et y fouilla ardemment à la recherche de ses costumes lorsqu’il trouva le coupable. Il sortit doucement un soutient gorge d’un rouge éclatant aux dentelles des plus sexy. Il se retourna vers son frère avec un sourire navré sur le visage comme pour lui faire comprendre qu’il était désolé.

-         « Laisses-moi deviner, tu n’étais pas seul à la laverie ce soir ?! » demanda Sam, dépité.

-         Non.

-         Et au plus grand des hasards, la personne qui était avec toi était une fille du genre… charmée ?

-         Oui.

-         Ok, je comprends mieux pourquoi il t’a fallu trois heures pour laver trois costards, deux chemises, et une paire de chaussettes trouées.

-         … et un sous vêtement féminin… 

-         Dean !

-         Quoi, j’te jure Sammy elle était trop bonne !

-         C’est bon, épargne-moi les détails. »

Sam soupira, une fois de plus et s’enferma dans la salle de bain tout en grommelant faussement sur son frère, laissant son aîné avec un sourire nigaud accentué de dentifrice blanc autour des lèvres.


Hecate  (25.07.2009 à 08:48)

Les quelques rayons du soleil d’une matinée tardive venaient d’apparaître derrière les vieux rideaux de la chambre numéro 27 du motel.

Sam, comme à son habitude, était levé depuis les aurores laissant quelques heures de sommeil utiles à son frère avant d’entamer une journée de chasse et de recherches ennuyeuses.

 

L’odeur du café chaud posé sur la table de nuit, quelques heures plus tard, réveilla Dean doucement.  Il s’étira longuement avant de poser un pied hors de son lit. Lorsque sa vue fut enfin claire, il découvrit son cadet assis sur l’une des chaises qui entouraient la petite table en bois, le portable posé sur cette dernière et un paquet de livres en vrac dispersés un peu partout autour, comme d‘habitude.

-         « Me dis pas que t’as fait des recherches toute la nuit » lança Dean tout en baillant.

-         « Non, je commence juste depuis quelques minutes !

-         Menteur ! t’as dormis au moins?

-         …Plusieurs heures. » répondit Sam les yeux fixés sur son écran d’ordinateur sans même détourner le regard vers son frère sachant pertinemment ce que son aîné allait lui demander.

-         Re…menteur ! Tu dois te détendre un minimum, t’as une tête à faire peur !

-         Si je te dis que je me suis reposé… !

-         Ouais, c’est ça… ! »

Dean savait très bien que ça ne servait à rien d’insister, son petit frère était d’un naturel têtu, et l’obliger à se reposer était déjà peine perdue. Il connaissait son cadet mieux que quiconque, et il savait que Sam avait passé la nuit à ressasser dans sa tête les évènements catastrophiques qui s’était déroulés il y a quelques semaines et comme il n’arrivait pas à s’endormir, il avait préféré se lever et être utile en effectuant quelques recherches.

L’aîné prit son café et but quelques gorgées avant de passer sa main sur son visage, pour mieux se réveiller, et de rejoindre son frère.

-         « T’as l’air plus enthousiaste que hier soir, t’as trouvé un truc intéressant ?

-         Et bien en fait, oui ! »  sortit Sam, assez fier de lui tout en tournant son ordinateur en direction de son aîné.

-         « Super, vas-y raconte !!

-         Et bien, hier je cherchais d’autres morts inexpliqués dans cette ville et les alentours en rapport avec notre chasse mais…

-         … Mais ça n’a rien donné vu la tronche de basset hound que tu tirais !

-         Très drôle. Non en fait la seule mort suspecte qu’il y a eut dans ce patelin ces derniers jours était une dame âgée, étouffée par son dentier dans son bain.

Au récit de son frère, Dean fit une grimace légèrement dégoûtée devant la scène qu’il était en train de s’imaginer.

-    « J’ai quand même vérifié si la cause de la mort avait été prouvée… » Continua Sam en voyant la tête sordide de son aîné.

-    « Et… ?

-    … Et le médecin légiste à retrouver ses dents dans son estomac ! 

-    Bon d’accord, c’est dégueu ! Qu’est-ce que t’as trouvé d’autre ?

-    Donc ça, c’était hier soir ! Ce matin je me suis intéressé aux accidents non mortels qui s’étaient produits récemment….

-    Et laisses moi deviner, il y a eu des affaires bizarres dans le coin ?

-    Exactement ! Et ils se sont tous produits au même endroit : le lycée Saint Gabriel de Little Rock.

-    Qu’est-ce qui s’est passé ? » Demanda Dean en prenant une chaise pour s’asseoir à coté de son cadet.

Sam pianota un instant sur son clavier pour trouver les quelques informations qu’il avait récolté et montra du doigt les différents articles de presse relatant les faits.

-         « Un professeur d’éducation physique et sportive se retrouve dans une chaise roulante après avoir reçu, soit disant, un ballon de basquet au niveau de la colonne vertébrale…

-         Le coup a du être sacrément violent pour qu’il se retrouve paralyser.

-         … oui ça c’est sûr mais c’est pas finit ! La pompom girl en chef du lycée a été défigurée après un accident malencontreux à la cantine. Il semblerait qu’un récipient remplit d’huile de friture bouillante se soit accidentellement renversé sur la tête de la jeune fille la brûlant au 3e degré et lui cramant tous les cheveux. Le plus bizarre c’est qu’il n’y a aucun témoin, personne n’a vu ni entendu ce qui s’était passé !

-         Nom de Dieu, Sammy, ça devient flippant le lycée de nos jours…

-         Et c’est pas le pire !

-         Tu veux dire qu’il y a pire qu’un prof de sport paraplégique et qu’une ado transformée en cochon grillé ?

-         Euh, et ben oui Dean, bien pire!

L’aîné soupira un instant comme pour se préparer mentalement et fit signe à son frère qu’il attendait la suite en clignant des yeux et en balançant sa tête sur le coté.

-         Ok, vas-y, je suis prêt !

-         Alors, notre grand gagnant de la semaine s’appelle Zack, il a 16 ans et il s’est retrouvé piégé sous les gradins du stade de foot. Seulement lors de l’effondrement des estrades, l’une des armatures en fer a traversé… son entre jambe…

-         Tu veux dire que ça lui a coupé les … 

-         C’est exactement ce que je veux dire et malheureusement pour lui ça ne repousse pas ces choses là !

-         Putain de merde Sammy, j’ai mal pour ce pauvre gamin, il a même pas pu goûter au plaisir de vie qu’il est déjà sur le banc de touche, c’est terrible !

-         Mouais, et comme pour les deux autres accidents personnes n’a vu ce qu’il s’est réellement passé… » Continua Sam comme s’il avait fait abstraction des commentaires douteux de son frère.

 

Le cadet se leva et après un étirement rapide, il prit sa veste sur l’une des chaises et se planta juste à coté de la porte d’entrée tandis que Dean lisait toujours l’article sur l’accident de l’adolescent en grimaçant à chaque détail de l’affaire.

-         « Bon Dean, il faut qu’on y aille, on doit inspecter la baraque de la fille!

-         D’ailleurs en parlant de ça, Claire est la seule qui soit morte et en plus de ça, pas au lycée… » lança L’aîné tout en se levant  à son tour de sa chaise.

-         « Oui mais elle était élève dans ce bahut et je te paris que toutes ces affaires sont liées.

-         Ouais, ça ne m’étonnerait pas non plus ! En attendant on se sépare pas, tous ces accidents ne me disent rien qui vaille et franchement je la sens pas cette affaire ! »

Dean prit lui aussi sa veste et passa la porte, suivis de prés par Sam.


Hecate  (28.07.2009 à 13:37)

Lycée Saint Gabriel, Little Rock, Arkansas.

 

Cela faisait maintenant  plus d’une demi heure que les frères Winchester attendaient sagement dans cette chère Impala. Le parking du lycée était rempli de voitures de tous les styles, allant de la Mercedes grand standing jusqu’à la fourgonnette à peine en état de marche. On pouvait facilement repérer celles des professeurs et celles des élèves rien qu’à la carrosserie et à la couleur.

Devant la grille d’entrée noire mélangée de rouille, un panneau immense d’un gris métallisé désobligeant sur lequel était graver Saint Gabriel High school, faisait figure  de surveillant mal intentionné et morne.

Sam et Dean patientaient le moindre son de cloche faisant surgir les élèves par les multiples portes de l’établissement. L’inspection de la maison de Claire Hannigan n’avait rien donné et l’aîné commençait sérieusement à s’énerver devant le manque d’indices évidents du meurtre de la jeune fille.

-         « Putain, c’est pas possible, on patauge dans cette affaire de merde…

-         Calmes-toi Dean, on va forcément trouver quelque chose, cette fille n’est pas morte de peur comme ça ! Déjà on peut enlever l’hypothèse de l’esprit, aucune onde d’aucune sorte sur l’EMF, ni dans sa chambre ni aux alentours...

-         C’est pas non plus un démon, pas de souffre, que dalle !!

-         Bon, si c’était un monstre ou une créature, il aurait laissé inévitablement des traces…mais là y avait rien, c’était clean !

-         Trop clean à mon goût Sammy, ça cache quelques chose et ça me plait pas !

-         Si ça se trouve on a tout faux et on a un psychopathe sur les bras. C’est peut être pas une affaire pour nous finalement…

-         …J’en doute mais on va tout de même s’en assurer ! » finit par dire l’aîné en sortant brusquement de la voiture à la vue des élèves qui sortaient de tous cotés.

 

Sam et Dean avançaient rapidement au milieu de la cour de récréation vêtis de leur costume gris dissimulant leur identité. Le cadet avait une photo à la main qu’il avait empruntée à la maison des Hannigan, sur laquelle Claire et une autre adolescente riaient aux éclats.

Au fond du préau, une jeune fille brune, rondelette, s’était assise sur le dossier de l’un des nombreux bancs en bois mal entretenus. Lorsque le cadet l’aperçut, il interpella son frère et partit en direction de l’adolescente solitaire.

-         Regardes Dean, c’est elle !

-         T’es sûr ? Comment elle s’appelle déjà ? » Demanda l’aîné tout en marchant au coté de Sam.

-         Heu, Mildred Smith…

-         Et après on se demande pourquoi le nombre de suicidés accroît chez les adolescents, mais avec un prénom pareil moi aussi j’aurais envie de me flinguer !

-         Dean, t’as fini, elle aurait pu t’entendre ! » Chuchota le cadet en arrivant à la hauteur de la fille après avoir donné un coup de coude furtif dans les côtes de son aîné.

Les deux frères préparèrent leur fausse carte d’agents fédéraux afin de la présenter rapidement à l’adolescente.

-         « Bonjour mademoiselle, agents  Blackmore et Glover, nous aimerions parler de votre amie Claire Hannigan… si vous aviez un instant à nous consacrer ? » Commença Sam sur un ton autoritaire.

-         «  Blackmore et Glover hein ? Comme dans le groupe Deep Purple… vous savez le guitariste et le bassiste!

-         Heu non, on ne connaît pas. » Mentit Dean en regardant d’un air impressionné la jeune fille.

-         « Mouais, coïncidence alors ! » répondit l’adolescente en fixant intensément l’aîné à la recherche de la moindre faille.

-         « Oui, bref, pouvez-vous nous parler de votre amie, Mildred ? » coupa Sam excédé.

-         « Milly ! je préfèrerais que vous m’appeliez Milly ! »

Sam et Dean firent un mouvement de tête en guise d’approbation avant de s’asseoir à coté de l’élève pour écouter son récit.

-         « je pensais que Claire était morte d’une crise cardiaque ?

-         C’est juste une enquête de routine » répondit Sam rapidement.

-         « Elle était ma meilleure amie vous savez, on se connaissait depuis l’age de 3 ans…

-         Est-ce que quelqu’un aurait pu lui en vouloir, avait-elle des ennemis ? » Demanda doucement le cadet pour ne pas affoler la jeune fille.

-         « Non, tout le monde l’aimait, elle était très gentille !

-         Mais j’ai cru comprendre que quelqu’un avait mis des aiguilles dans sa trousse afin de la blesser ? » Reprit Dean sur le même ton que son frère.

-         « Oui, elle savait qui s’était mais elle ne me l’a pas dit ! Je crois que c’est ces deux garces de sorcières qui lui ont fait ce coup, elles sont tellement méchantes, ça ne m’étonnerait pas !!

-         Des sorcières ? » S’interpella Sam et Dean d’une seule voix.

-         « C’est une expression messieurs, quoique dés fois on peut se le demander… ! en tous cas personne ne peut les saquer, elles ne parlent jamais à d’autres élèves, elles sont toujours que toutes les deux et je suis sûr qu’elles manigancent des sales coups à ceux qu’elles détestent le plus ! La semaine dernière Claire a renversé accidentellement son jus d’orange sur la jupe de l’une d’elle et je suis sûr qu’elles se sont vengées en mettant ces aiguilles dans sa trousse… ».

Quelques larmes vinrent embuer le regard de la jeune fille. Sam lança un coup d’œil à son aîné faisant comprendre qu’il était tant de s’en aller.

-         « Merci Milly pour votre aide… et nous sommes vraiment désolés pour votre amie. » Ajouta le cadet avant de se retourner en direction de la sortie, accompagné de Dean.

 

Les deux frères étaient à mis chemin vers leur voiture lorsque quelque chose attira leur attention. Leurs regards se détournèrent en direction de deux jeunes filles. L’une avait les cheveux bouclés d’un brun intense, sa peau chocolat se mariant avec ses yeux sombres captivants ; La deuxième était blonde aux reflets or, sa peau blanche nacrée reflétait le soleil et ses yeux brillaient exagérément d’un bleu presque turquoise. Elles étaient si différentes physiquement et en même temps si semblables dans leur façon d’agir que ni Sam ni Dean ne purent sortir le moindre mot le temps que les deux adolescentes les scrutaient  intensément de leurs yeux envoûtants. Ce n’est que lorsqu’elles disparurent derrières l’une des nombreuses portes du lycée que Sam prit la parole.

-         « Je crois que se sont les deux filles que Milly parlait toute à l’heure…

-         Et je crois qu’elles sont étroitement liées à notre affaire mon petit Sammy, j’en mettrais ma main à couper…! » Répondit Dean en reprenant le chemin de l’Impala avec une grimace d’appréhension sur le visage.

 

Quelques secondes plus tard, les frères Winchester étaient de nouveau à l’intérieur de la Chevrolet noir, mais lorsque Sam voulut fermer sa portière, une épine d’au moins sept centimètres de long, cachée dans la poignet, vint se planter directement dans sa main. Le cadet hurla de douleur.


Hecate  (30.07.2009 à 14:54)

-         « Nom de Dieu, ça fait un mal de chien ! » Vociféra Sam en tenant sa main droite à l’extérieur de l’Impala.

Dean mit moins de trois seconde pour faire le tour de sa voiture et s’agenouilla à la hauteur de son frère pour pouvoir ausculter sa blessure.

-         « Laisse-moi voir Sammy, enlève ton autre main ! » Répliqua l’aîné en voyant tout le sang s’écoulait par terre. «  Et merde Sammy qu’est-ce que c’est que ça ?

-         On dirait une épine de rose africaine…

-         T’as vu la taille de ce machin, il existe des roses qui on des épines aussi longues ?

-         La preuve ! » Répondit Sam en pointant l’objet enfoncé de moitié dans sa main droite.

-         « Bon, il faut que je la retire sinon ça pourrait s’infecter ! T’es prêt ? A trois… »

Sam se prépara à souffrir encore plus que ce qu’il n’endurait déjà. Il tourna la tête et attendit la sentence en grimaçant les yeux fermés.

-         … Un ! » Cria Dean en arrachant rapidement l’objet pointu de la paume de son cadet.

Sam se retint d’hurler de nouveau mais se calma vite une fois l’épine retirée de sa chair.

Dean essuya la main de son frère délicatement pour vérifier l’ampleur de la blessure. Il ne restait qu’un trou de petit diamètre mais duquel s’écoulait une quantité importante de sang. Il sortit un bandana de la boite à gant juste devant Sam et enveloppa la main blessée de ce dernier de façon à arrêter l’hémorragie.

-         « Putain, celui qui t’a fait ça va le payer très cher, tu peux me croire, je vais lui faire sortir ses tripes moi! »  S’emporta Dean très énervé en revenant sur le siège conducteur.

-         T’emballes pas, je vais pas crever d’une épine dans la main…

-         … Oui enfin, on a mit des aiguilles à couture dans la trousse de Claire la veille de sa mort et excuse moi, mais j’ai comme l’impression qu’on vient de te faire le même genre de blague à la con.

-         Cette fille est morte de peur Dean et je pense qu’avec tout ce qu’on a pu voir dans notre vie, il y a encore de la marge avant que je puisse être effrayé jusqu’à en mourir!

-         Y a pourtant certain truc que tu détestes tout particulièrement…

-         Dean, stop !

-         Non c’est vrai Sammy ! regarde, les clowns par exemple… » continua Dean avec un grand sourire moqueur tout en démarrant sa chère voiture. 

-         Mais pas au point d’en crever… ! Arrêtes tu veux, si ça se trouve cette épine s’est retrouvée là accidentellement…

-         Mais oui bien sur mon petit Sammy, c’est vrai qu’on est adepte des coïncidences… ».

Sam secoua la tête, une légère grimace sur le visage en guise d’approbation. Il savait pertinemment que son frère avait raison. Les coïncidences dans la famille Winchester étaient aussi courantes que le père noël au mois d’août. Le cadet baissa la tête, pensif, la petite blague qui lui avait voulu un joli trou dans la main n’était probablement que le début de leurs ennuis.

Dean, lui, regardait fixement la route qui défilait devant lui, les mains sur le volant de cuir, au son du ronronnement bien distinct de son Impala. Son regard vert, d’une extrême intensité, prouvait que ses pensées se dirigeaient vers son frère, assis juste à ses cotés. L’inquiétude pouvait se lire à travers ses yeux luisants même s’il ne voulait rien laisser paraître.

 

 

Vingt minutes plus tard, les frères Winchester étaient de retour dans leur chambre de motel. Sam s’installa de nouveau à la petite table devant son ordinateur portable, le visage fermé et anxieux, pendant que Dean ramassait quelques livres caractéristiques pour s’installer sur son lit, accompagné d’une de ses bières préférées, faisant semblant que tout aller bien.

-         « Bon pas d’esprit, de démon, de grosse bébête bouffeuse d’homme et de créature assoiffée de sang… alors qu’est ce qui nous reste Sammy ?

-         La sorcellerie…  » répondit Sam d’un ton grave et antipathique en continuant de pianoter sans cesse sur son pc.

-         « … Et notre grand gagnant dans la série « je suis de mauvais poil mais je me soigne » est…

-         Arrêtes un peu tes conneries Dean, on a du boulot.

-         Ç’est pas pour ça que tu dois tirer une gueule de trois mètres de long, les recherches avanceront pas plus vite pour autant…

-         Je te signale qu’une fille de 15 ans est morte de façon tragique…

-         Et on ne peut plus rien faire pour elle Sam, c’est comme ça !

-         … Et je serais probablement le prochain. » Continua le cadet sans faire cas de la réponse de son frère.

L’aîné se stoppa net et son sourire s’effaça instantanément.

-         Je croyais que t’allais pas mourir d’une épine dans la main et que t’étais un grand garçon qui n’avait peur de rien?

-         Mais j’écoute mon grand frère, les coïncidences ça n’existe pas pour nous et cette blessure n’est probablement pas sans conséquence. Si c’est effectivement de la sorcellerie, je peux m’attendre à des représailles…

-         Ça y est tu m’as foutu le cafard, c’est malin !!

En voyant la tête déconfite de Dean, Sam se rendit compte qu’il était peut être allé trop loin dans le retournement de situation morbide. Il voulait simplement que son frère se mette au boulot et fasse ses recherches de façon sérieuse, mais là il l’avait totalement anéanti.

-         Aller, arrêtes, je plaisante, rien ne va m’arriver puisque j’ai mon grand frère  casse-pieds avec moi ! » Lança Sam avec un sourire lumineux et des yeux de chien battu.

Le cadet savait trouver les mots pour réconforter son aîné et Dean ne résistait jamais longtemps à son petit frère lorsqu’il le regardait de cette manière. Cette fois encore, l’aîné capitula. Il soupira un instant et rendit tout de même à Sam un sourire qui cachait sans aucun doute l’inquiétude qui était toujours inlassablement présente. Son petit frère était probablement en danger et cette éventualité n’était pas du tout acceptable pour un grand frère comme lui.


Hecate  (31.07.2009 à 13:49)

Plusieurs heures venaient de s’écouler dans la chambre de motel qui s’assombrissait au fil du temps et des nuages extérieurs. Les restes d’un déjeuné rapide commençaient à sécher sur la table en bois et des cadavres de bouteilles de bières s’entassaient sur la table de nuit de Dean.

-         « Si c’était vraiment de la sorcellerie, on aurait probablement trouvé un sac à sortilège planqué dans la chambre de la gamine… mais y avais rien du tout ! » Dit finalement Dean en soufflant qui, de toute évidence, en avait marre des recherches qui n’aboutissaient à rien.

Devant l’absence totale de réponse de son frère, l’aîné ferma le livre sur lequel il était déjà depuis plus d’une heure et alla rejoindre son cadet, qui pianotait toujours sur son clavier d’ordinateur, au centre de la pièce.

-         «  Alors t’as quelque chose ? » Insista Dean en se penchant sur le pc.

-         «  Je crois que oui ! Regarde ça ! » Répondit Sam en pointant du doigt des textes et images diverses sur son écran.

L’aîné commença à lire les grandes lignes et fit quelques grimaces en regardant les diverses photos.

-         « Quoi, du vaudou ?! C’est ça ta piste ?

-         Ben oui, tout correspond. Cette sorcellerie s’appuie sur les peurs enfouies au plus profond de nos êtres, et pas besoin de sacs à sortilèges, juste une grande connaissance en envoûtement et invocation vaudou !

-         Mouais… ! Claire est bien morte de peur mais les autres affaires, ça n’avait rien à voir avec de la peur…

-         Bien au contraire, je pense que c’était le cas pour les trois accidents. Premièrement le prof d’éducation sportive paraplégique : tu ne crois pas que pour un  homme qui excède en sport, son plus grand malheur est d’être paralyser ?! »

Dean acquiesça d’un mouvement de tête et  d’un rehaussement de sourcil comme il savait bien le faire quand il ne voulait pas admettre que son frère avait raison.

-         «… Et pour la pompom girl c’est pareil. Tu paris que sa plus grande peur c’était d’être la plus laide du lycée, ou un truc du genre. Bon, en ce qui concerne le jeune garçon, je pense qu’il était en pleine crise hormonal et que… enfin tu vois, à leur age le sexe occupe leur pensée à quatre-vingt  pourcents de leur temps donc... !

-         Oui, ok c’est bon, j’ai compris ! » Répondit Dean en faisant une autre grimace. «  Donc toutes ces victimes étaient sous l’emprise du vaudou ! Maintenant faudrait savoir qui est adepte de ce genre de pratique…

-         Ben, les deux ados de toute à l’heure me semble assez louches mais on acquit pas une telle connaissance en sorcellerie vaudou à l’age de 15 ans !

-         Mouais, et pourtant je les sens pas non plus ces filles, elles me filent la chair de poule…

-         Je pense qu’on devrait retourner au lycée demain, histoire de parler à plus de monde et de se renseigner quand même sur ces deux gamines. » Conclu Sam en refermant enfin son pc.

Dean acquiesça de nouveau et se redressa pour s’étirer un peu quant à Sam il commençait à se gratter sa main blessée avec frénésie sous l’œil inquiet de son grand frère.

-         « Bon, je vais chercher le dîner, et toi arrêtes de te gratter, tu vas finir par t’infecter ta plaie ! » Lança Dean en prenant son blouson et en se dirigeant vers la porte de sortie.

-         « Quoi, c’est pas ma faute, c’est la bande que tu m’as mise qui me démange…

-         Ben arrêtes d’y penser, t’as qu’à prendre une douche, ça te détendra un peu. » Ajouta l’aîné avant de claquer la porte. »

Sam pencha la tête sur le coté en pensant que ce n’était pas une mauvaise idée et se leva de sa chaise pour marcher en direction de la salle d’eau.

 

Le cadet se positionna devant le grand miroir du lavabo et commença à déboutonner sa chemise.

Pour une fois la chambre de motel qu’ils avaient choisis, était composée d’une salle de bain spacieuse offrant une douche tout à fait convenable. Cette dernière était entièrement carrelée jusqu’au plafond et une porte vitrée étanche, fermait un bac d’environ un mètre carré de surface.

Sam ouvrit la baie vitrée et commença à faire couler l’eau chaude histoire que la température soit la plus agréable lorsqu’il entrerait dans la douche. Il se retourna, retira complètement sa chemise et la déposa sur le sol avant de retirer ses chaussures et de déboutonner son jean.

L’ampoule au plafond se mis à grésiller aléatoirement jusqu’à ce qu’elle s’éteigne complètement au bout de quelques secondes. Seuls les derniers rayons du soleil éclairaient finalement la petite pièce à travers la lucarne.

Sam fit un pas en avant afin de vérifier l’interrupteur, mais son pied glissa sur le carrelage, et le cadet partit à la renverse pour atterrir dans la douche. Il se cogna la tête légèrement contre le mur du fond et n’eût pas le temps de se relever que la porte vitrée se referma subitement.

Après s’être relevé difficilement sous l’eau chaude, Sam essaya machinalement de rouvrir la baie mais à son plus grand désarroi elle s’était bloquée. Il frappa sur la vitre à plusieurs reprises mais sans succès. L’espace étanche lui apparaissait de plus en plus restreint au fur et à mesure que le niveau de l’eau augmentait sur ses chevilles et lorsqu’il se retourna pour fermer les robinets, les tuyaux se percèrent un à un laissant échapper encore plus de liquide transparent dans la petite cabine. Il essaya par tous les moyens de sortir de la douche mais la porte était définitivement condamnée, l’évacuation s’avérait bouchée et il n’y avait aucune sortie possible. Juste au dessus de lui, le plafond semblait se rapprocher sournoisement et le cœur de Sam commençait à s’emballer malgré lui.

 

Il frappait frénétiquement sur la vitre jusqu’à faire s’en faire saigner les mains et hurlait le nom de son frère depuis déjà plusieurs minutes alors que l’eau lui arrivait  maintenant pratiquement à la hauteur de son cou. Sa respiration s’accéléra et son cœur frappait avec fureur dans sa poitrine. Il plongea dans un dernier espoir pour essayer de trouver un objet pouvant briser la vitre, mais rien, rien qui ne puisse l’aider, rien qui ne puisse le sauver. Lorsqu’il voulut remonter à la surface, il se heurta au plafond qui était à présent à quelques centimètres au dessus du niveau de l’eau, qui ne cessait d’augmenter.

Sam étouffait, il était épuisé, la force commençait à lui manquer et lorsque le dernier centimètre d’air entre le plafond et l’eau vînt à disparaître, il prononça une dernière fois le prénom de son frère et ferma les yeux en attendant que la mort l’emporte le plus vite possible.


Hecate  (01.08.2009 à 11:05)

Il était plus de 20h lorsque Dean revint les bras chargés de sacs en papier, à la chambre de motel. Il lui avait fallu moins d’une demi heure pour faire l’aller-retour, sachant qu’il ne voulait pas laisser son frère très longtemps car il avait toujours ce mauvais pressentiment qui s’accentuait depuis que quelqu’un l’avait blessé avec une épine ressemblant à un cure-dent tranchant.

Lorsqu’il passa la porte d’entrée, il entendit l’eau coulait dans la douche et déposa ses sacs sur la table au centre de la chambre, prit l’une des bières juste entamée, avant de se rapprocher de la porte de la salle de bain.

-         « Me dis pas que t’es encore sous la douche ! J’aurais plus d’eau chaude pour moi, alors magne toi un peu le fion !! » Hurla Dean à travers la porte en bois.

Seulement aucune objection ne lui revint, pas même le grognement de son frère en guise de réponse habituelle.

Dean frappa à la porte sachant qu’il ne partirait pas sans un mot de son cadet mais là encore, rien en retour.

-         « Hé Sam, tu t’es endormi sous la douche ou quoi ? » Demanda l’aîné avec un ton qui se voulait plus inquiet qu’énervé.

Toujours rien.

Dean prit la poignée de la porte et essaya de l’ouvrir mais sans résultat. Cette fois c’est la panique qui s’empara de l’aîné et dans un élan il défonça la porte de la salle de bain à grands coups de pied.

Lorsque enfin il entra dans la petite pièce sombre, il découvrit son cadet, assis inconscient dans la douche, torse nu, baie vitrée ouverte, avec l’eau lui coulant sur son visage blême. Ses mains étaient recouvertes de sang et ses lèvres d’un ton violacé terrifiant s’accordaient petit à petit avec ses paupières sombres.

Devant cette vision horrifiante, Dean lâcha sa bière, qui se brisa en mille morceaux sous le contacte du carrelage, et coura vers son frère. Il le retira de la douche et l’allongea sur le sol afin de prendre son pouls.

Mais il n’y avait aucune pulsation. Le coeur de son frère ne battait plus, il ne respirait plus.

Dean se mit à trembler malgré lui et secoua son cadet comme pour le réveiller, mais ce dernier ne semblait pas revenir à lui.

L’aîné posa alors ses mains sur le torse de son petit frère et commença un massage cardiaque avec hargne.

-         « Allez Sammy reviens, je t’en pris…réveille-toi!!! »

Il continuait, encore et encore en alternant massage cardiaque et bouche à bouche. Des larmes chaudes commençaient à couler le long de ses joues sans même s’en rende compte. Les mouvements se répétaient et le temps passait sans que Dean ne puisse l’en empêcher.

 

Après quelques minutes paraissant une éternité, Sam commença enfin à convulser puis recracha toute l’air qu’il venait juste d’inspirer dans ses poumons avant de reprendre une respiration des plus saccadée.

Dean ne put s’empêcher de relever son petit frère pour le prendre dans ses bras mais ce dernier se débattait comme s’il voulait se protéger de quelque chose.

-         « Sammy calme toi ! Regarde, c’est moi ! Calme toi ! 

Sam ouvrit enfin les yeux comme s’il venait de se réveiller d’un mauvais cauchemar et se retourna vers son frère.

-         « Sam, dis moi ce qui s’est passé ! » Lança Dean en prenant la tête de son cadet dans ses mains.

-         «  La porte…elle s’est refermé toute seule, elle était bloquée et l’eau montait…

-         Mais de quoi tu parles, la porte était ouverte quand je suis arrivé !

-         Non, les tuyaux ont cédé et le niveau de l’eau grimpait je te dis !

-         Sam, les tuyaux sont entiers, il n’y a aucun trou dedans… !

-         Non, c’est pas possible, je les ais vu, ils étaient fissurés… » Sam se retourna encore assis vers le bac à douche pour prouver ses dires à son frère mais en voyant la plomberie intacte, il resta figer, comme paralysé. «Je te jure Dean, je me suis retrouvé coincé dans la cabine et l’eau est montée jusqu’au plafond, je ne pouvais plus respirer et …

-         Ok, calme toi Sammy, je te crois ! Je pense seulement que tu étais sous l’emprise de sorcellerie… »

Sam acquiesça, il était encore sous le choc de ce qui venait de se passer. Cette fois, il se laissa aller dans les bras de son frère, il était éreinté, il ne pouvait plus et ne voulait plus bouger.

Dean l’étreignit encore une fois, soulagé que son cadet soit en définitive toujours en vie. Il l’aida enfin à se relever et à enfiler des vêtements secs avant de le soutenir jusqu’à son lit.

L’aîné resta un moment assis à coté de son frère juste pour s’assurer qu’il ne risquait plus rien.

-         «  Comment ça se fait que les tuyaux ne soient pas troués ? … Et où est passée toute l’eau qu’il y avait dans la douche ? Lança Sam, les yeux luisant, totalement désappointé.

-         Je pense en fait que tout ça n’était qu’une illusion… » Répondit Dean doucement en fixant son cadet avec intensité.

-         Mais je me suis noyé, tu as été obligé de me réanimer !!

-         Tu n’avais pas d’eau dans les poumons Sam, seulement toi tu croyais que tu en avais, c’est le propre du vaudou !!

-         Mais c’était tellement réel…

-         Et quelque part ça l’était vraiment, mais uniquement pour toi !

-         Ça expliquerait pourquoi on a rien trouvé chez Claire ; Dieu seul sait ce que cette gamine a vu au point de mourir de peur !

-         Probablement quelques chose dont elle était phobique….rappelles toi ce que le petit gros, enfin le médecin légiste, nous a dis, comme quoi les muscles de sa gorge avaient été trop sollicités ; peut être qu’en fait il y avait vraiment quelque chose de coincé dans sa trachée, quelque chose dont elle avait vraiment peur mais que seule elle, a vu.

-         Mais en ce qui me concerne, je n’ai pas peur de l’eau…

-         Mais tu es claustrophobe Sam, ça se sent, tu paniques à chaque fois qu’on reste bloqué dans un endroit restreint, et ton cœur s’est arrêté croyant que tu allais étouffer dans cette douche !

-         Je n’arrive pas à croire que je me suis laissé berner par un envoûtement !

-         Tu n’as fait que subir ce qui s’est réellement passé à travers tes propres yeux, tu n’as pas eut le choix…

En voyant le visage blême accentué de cerne de son frère, Dean rabattu le drap léger sur son cadet et lui toucha le front pour s’assurer qu’il n’avait pas de fièvre.

-         Me chouchoute pas comme si j’avais 4 ans, je vais bien. » Marmonna Sam en tournant la tête pour se dégager légèrement de la main trop protectrice de son grand frère.

-         «  Tu as failli y passer Sam…

-         Et alors c’est pas la première fois !

-         C’est pas pour ça que je ne dois pas m’inquiéter ! en plus on sait très bien tous les deux que les envoûtements vaudou ne sont pas anodins et donnent souvent une fièvre de cheval aux victimes…

-         Mouais… mais arrêtes de me traiter comme un gamin !

-         Tu seras toujours un gamin pour moi ! » répondit Dean en souriant légèrement pour faire comprendre à son cadet qu’il restera malgré tout le petit frère. « Bon aller,  il faut que tu dormes, tu as besoin de repos ! je vais faire quelques recherches pour en savoir un peu plus sur ces pratiques vaudou… mais je reste à coté, d’accord ?

Sam répondit d’un signe de tête affirmatif avant de fermer ses paupières encore légèrement noircies par le manque d’oxygène qu’il a subit quelques minutes plus tôt.

 

Dean, quant à lui, regarda son cadet s’endormir avec les dents serrées et les yeux rétrécis de colère laissant transparaître toute la fureur à l’égard de celui qui avait failli tuer son frère.


Hecate  (02.08.2009 à 18:27)

Il était plus de deux heures du matin mais Dean n’était pas couché, il continuait les recherches sur ses livres en alternances avec des regards vers Sam dont le sommeil semblait mouvementé.

Les pages défilaient une à une et les mots se répétaient sans cesse : « peur », « terrorisé », « affolement », « fièvre », « asphyxie » mais aussi « suicides », « morts indéterminées », « maladies inexpliquées ». Autant de termes en rapport avec les activités vaudou qui ne réconfortaient pas du tout l’aîné des Winchester. Les pratiques liées à cette sorcellerie pouvaient allégrement variées mais toutes avaient assurément un dénouement des plus funeste et la seule solution pour empêcher ou conjurer un envoûtement de ce type était inévitablement l’élimination de l’auteur des pratiques. Evidement cela impliquait la mort d’un humain et pour deux chasseurs de créatures surnaturelles, ce n’était pas chose facile.

L’aîné commençait à fatiguer, ses bâillements à répétitions témoignaient incontestablement de son manque de sommeil. C’est lorsque les plombs sautèrent, une fois de plus dus à un des nombreux orages de la région, que l’aîné se décida malgré lui à fermer ses livres pour enfin se coucher. Il regarda une dernière fois son frère grâce aux multiples éclaires qui foudroyaient la nuit noire, et s’endormit en quelques secondes en dépit de toute l’inquiétude qu’il avait pu accumuler durant la journée.

 

 

Demeure des Smith, Little Rock, Arkansas.

 

Milly était couchée depuis déjà plusieurs heures mais le sommeil ne semblait pas vouloir avoir raison d’elle puisque l’adolescente se tournait inlassablement dans son lit, les yeux grands ouverts.

Il était près de deux heures du matin et les orages grondaient de nouveau sur la ville de Little Rock. Toutes les maisons du compté étaient dépourvues d’électricité en vue de la violence des impacts de foudre.

 

La chambre de la jeune fille montrait avec évidence que Milly était entre le stade de l’adulte et celui de l’enfant. D’un coté on pouvait observer un bureau en bois blanc sur lequel était installé un ordinateur dernier cri touchant une bibliothèque parsemée de livres d’école et autres romans policiers qu’elle raffolait. Et de l’autre, il y avait une magnifique étagère sur laquelle une imposante collection de poupées de porcelaine trônait juste à coté de son lit en baldaquin.

Sur sa table de chevet se trouvait une boite rectangulaire anonyme grande ouverte cachant une rose d’un bordeaux intense enveloppée de papier rose feutré. La jeune fille l’avait reçu le soir même pensant que celui qui lui avait envoyé n’était autre que son cavalier de bal de fin d’année, mais lorsqu’elle avait pris la fleur pour l’humer, elle se piqua légèrement le doigt sans vraiment y faire attention tellement la joie de recevoir un cadeau la rendait euphorique. Elle n’avait pas réellement souri depuis la mort de son amie et cette délicate attention lui avait redonné le moral.

Cette nuit pourtant son doigt la démangeait horriblement. Elle ne pouvait l’expliquer, mais elle se sentait mal à l’aise devant cette lourdeur de l’air qui l’entourait. Elle se retourna, une fois de plus, pour se trouver en face de ses poupées. Les éclaires illuminaient incessamment la chambre et Milly regardait sa belle collection comme si elle était en plein jour.

Quelque chose la fit pourtant sursauter, elle jurerait avoir vu la tête de l’une de ses poupées se retourner vers elle. Elle s’assit sur son lit précipitamment et ouvra ses yeux bien grands pour se persuader qu’il ne s’agissait que d’une illusion d’optique due à la mauvaise luminosité de l’orage. Seulement une deuxième poupée tourna également  la tête en sa direction. Le souffle court, la jeune fille regarda alors toutes les autres figurines de porcelaine mais les unes après les autres, elles tournèrent leurs visages lentement vers Milly faisant grincer leurs cous sous la torsion. Le cœur de l’adolescente s’emballa et lorsqu’elle recula de peur par automatisme, elle tomba de son lit.

Elle se releva paniquée et se dirigea vers la porte de sortie de sa chambre à grands pas tout en entendant les cous de ses poupée crissaient, qui continuaient de la fixer sous son déplacement. Les larmes tièdes coulaient sur ses joues rouges transpirantes de peur. Elle posa sa main sur la poignée mais la porte s’emblait s’être bloquée et lorsqu’elle leva les yeux vers le haut pour voir ce qui obstruait la sortie, des milliers d’araignées dégringolèrent du plafond. Milly fit un pas en arrière, horrifiée de cette vision cauchemardesque.

Elle continuait à reculer au fur et à mesure que les différentes mygales et autres tarentules avançaient vers elle mais l’adolescente trébucha sur un objet au sol et s’affala sur sa moquette de tout son long. Lorsqu’elle voulut se relever, elle tomba nez à nez avec sa collection de poupées qui était à présent par terre en train de la scruter, affichant toutes un sourire des plus sadique sur leurs visages de porcelaine. Milly se mit à genoux, totalement terrifiée, elle voulut crier mais trop tard, les araignées avaient grimpé sur son doux visage et commençaient à s’infiltrer dans sa bouche puis ses oreilles et enfin son nez, bloquant totalement sa respiration.

La jeune fille succomba à la terreur et tomba à la renverse sur le sol, ses yeux ouverts, remplis d’effroi. Des rires stridents, féminins, presque chuchotés, se déclanchèrent en éco dans la maison redevenu calme.

 

L’orage s’éloigna doucement laissant la chambre de l’adolescente dans l’obscurité sinistre de la nuit.

Quelques secondes plus tard, la lune se fit un passage parmi les nuages noirs et renvoya ses reflets argentés à travers les fissures des volets en bois, éclairant légèrement la modeste pièce et laissant apparaître le corps sans vie de la jeune fille sur le sol terne. Les poupées de porcelaines étaient toutes retournées sur leur étagère, le regard neutre, sans expression commune rappelant tendrement l’enfance perdue de Milly.


Hecate  (03.08.2009 à 22:35)

Hotel Legacy, Little Rock, Arkansas.

 

L’orage s’était éloigné en laissant toutefois quelques nuages noirs cachant le premier quartier de lune faiblissant de luminosité devant les prémisses d’un levé de soleil discret.

Il était près de sept heures trente lorsque Sam et Dean se réveillèrent en sursaut par les chants stridents des sirènes des quelques ambulances qui roulaient à vive allure non loin de leur motel.

L’aîné se releva directement assis sur son lit et son premier réflexe fut de tourner la tête en direction de son frère. Ce dernier s’était également redressé en sursaut mais son teint et ses cernes montraient assurément qu’il n’était pas au meilleur de sa forme. Lorsque Dean vit la mine déconfite de son cadet, il sortit brusquement de son lit pour se rendre directement à son chevet.

Des larmes de transpiration coulaient sur le front et les tempes de Sam, accentuant son visage blême dénué de toute couleur rosée. Le contour de ses yeux offrait un mélange macabre de noir teinté de rouge foncé, ses pupilles étaient vaguement dilatées, et ses lèvres, desséchées par la fièvre qui le rongeait, commençaient à fissurer faisant apparaître quelques légères gerçures.

Dean ne prit même pas le temps de s’assoire sur le lit de son cadet, il mit directement sa main sur le front de ce dernier et soupira longuement devant l’intensité de la chaleur qui irradiait sa paume.

-         « Je t’ai jamais vu sortir de ton lit aussi vite… ! » Commença Sam en se voulant rassurant.

-         « T’as vu la tronche que tu te payes…

-         Quoi, estimes-toi heureux, pour une fois tu seras plus beau que moi !

-         « Arrête un peu, tu veux !… Nom de Dieu, Sammy, tu pourrais faire cuire un œuf sur ton front tellement tu es bouillant !

-         C’est que de la fièvre Dean, ce qui est totalement normal vu que je suis dans la ligne de mire d’un adepte du vaudou, au bout d’un moment je m’habituerais…

-         Tu me rassures pas du tout là !

-         Ça va aller j’te dis ! Il faut juste qu’on sache qui est derrière tout ça et qu’on lui fasse changer d’avis sur ses vilaines manières de tuer les gens en les terrorisant…

-         Ouais, ben va falloir qu’on le trouve…et vite !! » Répondit Dean d’un ton sec et inquiet  en se dirigeant vers la salle de bain.

 

L’aîné ressortit de la petite pièce d’eau quelques minutes plus tard, habillé en costume et prêt à partir.

-         « Tu vas où ? » demanda Sam en se levant à son tour de son lit.

-         «  Je vais voir où allaient toutes ses ambulances ou je ne sais quoi, qui nous ont réveillés…, j’ai un mauvais pressentiment ! Toi, tu restes couché !

-         Ça va pas non ?! Je viens avec toi !

-         Hors de question, tu es trop faible…

-         …Et vulnérable ! Si je reste seul, on s’en prendra de nouveau à moi ! »

 

Dean soupira et leva les yeux au ciel. Il savait pertinemment que son frère avait raison, il ne pouvait se permettre de le laisser dans le motel vu ce qui s’était passé la veille. L’affaire était déjà bien assez compliquée, il ne voulait pas risquer la vie de Sam.

L’aîné fît donc un geste à son frère pour confirmer que ce dernier puisse l’accompagner, en dépit de son état déplorable. Le cadet, quant à lui, se déplaça en se cognant à tous les murs et encadrements de porte en direction de la salle d’eau pour se changer, tout en affichant quelques grimaces de douleur sous un grand sourire satisfait. Il savait trouver les mots justes pour convaincre son frère, et sa vie était probablement l’argument le plus important aux yeux de son aîné ; Cependant son inquiétude de savoir son grand frère réglait cette affaire tout seul était probablement ce qui angoissait le plus Sam donc malgré son triste état, il préférait être au coté de Dean.

Ce dernier secouait la tête en guise de dépit en voyant son frère titubait de la sorte, sourire au lèvre comme s’il n’était que temporairement soul. Son cadet avait le pouvoir de le mettre de bonne humeur dans les situations les plus critiques et rien que pour ça il aurait pu remercier le ciel de lui avoir donner Sam. En le voyant trébucher de la sorte pour mettre ses vêtements, l’aîné se décida quand même à aider son petit frère à enfiler son pantalon avant qu’un énième hématome apparaisse le corps de son cadet.

 

Quelques minutes plus tard, ils prirent la direction des ambulances passées à coté de leur motel une demie heure plus tôt, à bord de l’Impala.

Ils se retrouvèrent devant une maison modeste, composée d’un étage et agrémentée d’un petit jardin dont les fleurs et les arbres terminaient leur nuit calmement.  

Une ambulance, deux camions de pompier et une voiture de police trônaient sur la petite route qui bordait la bâtisse éclairant de leurs lumières bleues et rouges, les murs recouverts de lierre.

Lorsque Sam et Dean descendirent de la Chevrolet, un brancard portant un corps recouvert entièrement d’un drap blanc, sortait  par la porte d’entrée de la maison. Juste à coté, une femme d’environ 40 ans pleurait, effondrée dans les bras d’un homme du même age.

Les deux frères avancèrent d’un pas, plus ou moins assuré, vers la demeure mais Sam se stoppa net en passant le petit portail en fer forgé.

-         « Qu’est ce que t’as, pourquoi tu t’arrêtes comme ça ? » demanda Dean en se retournant vers son frère.

-         «  Regardes le nom sur la boite au lettre Dean ! »

L’aîné s’avança un peu en direction de l’objet, fronça ses yeux pour déchiffrer le mot écris à l’encre noirs pratiquement illisible et se redressa instantanément lorsqu’il comprit.

-         «  Smith ! » Répliqua Dean comme si la fatalité venait de leur tomber dessus.

-         «  Je te parie qu’il s’agit de Milly sous ce drap mortuaire… » Fit Sam complètement abattu.

 

Dean passa sa main sur son visage, comme pour enlever la colère qui commençait à monter en lui, et continua son chemin vers l’ambulance en regardant ses pieds. Lorsque enfin il releva la tête pour s’annoncer aux différents urgentistes, il aperçut deux silhouettes fines, cachées à coté de la maison, dont les seules parties visibles dues à la faible luminosité, étaient les bouches délicate de deux jeunes filles affichant un léger sourire impétueux et satisfait sous des yeux brillant de cruauté.


Hecate  (05.08.2009 à 21:31)

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