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Série : Supernatural
Création : 21.07.2009 à 22h02
Auteur : Hecate
Statut : Terminée
« voici une nouvelle fic qui j'espère vous plaira. merci de me laisser l'écrire seule. cet épisode virtuel se passe aprés la saison 4, donc attention il y a quelques spoilers. » Hecate
Cette fanfic compte déjà 33 paragraphes
A la vue des deux adolescentes, Dean se mit à courir mais lorsqu’il arriva à leur hauteur, il n’y avait plus aucune trace d’elles, seul un petit chat noir maigrichon se promenait dans la pénombre en miaulant gentiment. Sam rattrapa son frère sur le flanc de la maison ne sachant pas réellement pourquoi son aîné lui avait faussé compagnie.
- « Qu’est ce qui se passe ? Après quoi tu courrais ? » Demanda le cadet, plié en deux, les mains sur ses genoux essayant désespérément de reprendre sa respiration torturée par la fièvre.
- « Les filles, elles étaient là !
- Quoi ? Quelles filles ? De quoi tu parles ?
- Les adolescentes qu’on a vues hier au lycée, l’afro-américaine et la blonde… je suis persuadé que c’étaient elles qui nous regardaient.
- T’es sur, il fait super sombre, c’était peut être juste une illusion d’optique et…
- Je sais ce que j’ai vu Sammy ! Il y avait deux filles qui nous scrutaient et je suis absolument sur qu’il s’agissait de ces ados…
- Ok, c’est bon, je te crois ! Dans tous les cas, elles se sont tirées…
- Hé, vous deux ! Qui êtes-vous ? » Hurla un homme de grand gabarit, cheveux grisonnant, en tenue d’officier de police, qui venait à leur rencontre.
Les deux frères sortirent puis montrèrent leurs fausses plaques respectives d’agent du FBI en ce retournant, avant de serrer la main au vieil homme.
- « Agent Glover et Blackmore, de Washington, nous venons enquêter sur la mort de Claire Hannigan, décédée il y a quelques jours ! » Intervint Dean d’un ton assuré.
- « Oui j’ai entendu parler de vous, le médecin légiste, le docteur Marvin, m’a prévenu de votre arrivée, je suis le shérif Evans. » Répondit l’officier d’un air supérieur.
Les trois compères commencèrent à marcher en direction de l’entrée de la maison des Smith.
- « Avez-vous croisé deux jeunes femmes d’environs 15 ans qui traînaient par ici il y a quelques minutes shérif ? » Demanda Dean confiant en montrant du doigt le lieu où il avait cru apercevoir les adolescentes.
- « Non, la seule fille de cet age ici c’est cette pauvre Milly, couchée sur ce brancard, sous ce drap… ! » Répondit tristement l’homme de loi en désignant l’ambulance juste à coté d’eux.
- « Que s’est-il passé ? » Intervînt Sam en se voulant compatissant.
- « La petite a eu une rupture d’anévrisme cette nuit, c’est sa mère qui l’a trouvée vers 7 heures lorsqu’elle a voulu la réveiller ! Les pauvres parents, Milly était leur fille unique. » Justifia le shérif en baissant la tête totalement affligé.
- « Quoi, elle est morte dans son lit ? » Demanda Dean un peu surpris.
- « Non, elle était sur le sol de sa chambre totalement recroquevillée sur elle-même, je pense qu’elle était consciente que quelque chose n’allait pas et elle a du se lever mais n’a pas pu aller bien loin…pauvre gamine ! …Bon, vous m’excuserez messieurs mais je dois accompagner le corps jusqu’à la morgue, nous nous reverrons probablement durant votre enquête. » Lança l’homme de loi avant de se diriger vers la porte de son véhicule.
- « J’en ai bien peur !» Répliqua Dean doucement se tournant vers son cadet sans que le shérif ne l’entende.
Les deux frères regardèrent l’ambulance s’éloignait, suivis de prés par la voiture de police, avant de passer la porte d’entrée pour inspecter les lieux.
Lorsqu’il entrèrent, ils découvrirent une petite pièce sombre où trônait un canapé d’angle en cuir beige sur lequel étaient assis les parents de Milly, toujours bouleversés, en train de répondre aux questions insistantes d’un jeune officier de police.
Sam et Dean esquivèrent un signe de tête en guise de bonjour courtois accentué d’une mine macabre, typique des agents fédéraux. Ils passèrent derrière le canapé et se dirigèrent vers l’escalier en bois couleur pin pour monter à l’étage. Une fois arrivés en haut, ils suivirent les voix des différents policiers et experts pour trouver la chambre de la défunte. A leur droite, une énorme étagère en fer forgé soutenait une vingtaine de poupées de porcelaine que Sam regardait en grimaçant. Lorsque Dean vit la tête de son frère devant cette collection, il lui envoya un de ses plus grands sourires moqueurs en guise de raillerie. Quant à Sam, il lui répondit par des yeux assassins, comme d’habitude.
Les différents agents commençaient à sortir un à un laissant le champ libre aux Winchester pour faire leur petite inspection spécifique. Sam scrutait les différents recoins de la pièce tandis que Dean auscultait le sol.
- « Y a rien … comme pour Claire ! » Commença Sam en se rapprochant et en examinant les différents objets de la chambre de l’adolescente.
- « Il y a des traces d’ongles sur la moquette, la gamine a du se débattre…
- Ouais, mais avec quoi ? C’est exactement le même schéma que pour l’autre fille, y a que dalle, aucun indice!
- Ça prouve bien qu’elle a été victime du même genre de sort vaudou… » Insista l’aîné en se relevant énervé devant leur inefficacité évidente.
- « Regardes ça Dean ! » S’apostropha Sam en montrant du doigt le long carton sur la table de chevet de la jeune fille.
- « Une rose…et pas de nom sur la boite, évidement !! Elle a du se piquer le doigt ou quelque chose dans le genre, c’est comme ça que le sort vaudou opère ! Les aiguilles pour Claire, la rose pour Milly et … l’épine pour toi !! » Lança Dean en soupirant longuement en regardant son frère avec anxiété.
La fenêtre de la chambre s’ouvrit brutalement sous la force d’un vent dément qui fit sursauter les deux frères. Au même moment un jeune policier entra dans la petite pièce, totalement alarmé, un talkie-walkie à la main.
- « Une série de tempêtes approche messieurs, il faut évacuer la ville d’urgence, vous devez partir ! »
Sam et Dean se regardèrent un moment, un peu abasourdis devant cette annonce soudaine.
- « Comment ça tempêtes, y a pas de tempêtes en Arkansas ! » Sortit Dean étonné en relevant ses sourcils.
- « Notre base météo vient de nous confirmer que plusieurs tornades venaient de se former au sud de l’état et qu’un cyclone se déplaçait également vers nous, il faut évacuer d’urgence les lieux publiques et les écoles. Vous devriez quitter la ville, pour plus de sécurité. » Répondit l’adjoint au shérif en sortant de la chambre en quatrième vitesse.
- « Ok, alors ça, c’est pas du tout normal, on a jamais vu des tornades en cette saison au milieu de l’Arkansas, et encore moins un cyclone… » Déclara Dean en se passant la main sur son visage, une fois de plus.
- « Ce qui m’inquiète le plus c’est que si ils ferment les écoles, on est pas prêt de terminer cette enquête puisqu’à coup sûr notre assassin se trouve au lycée Saint Gabriel puisque tous les accidents étaient là bas et que les deux mortes allaient également dans ce bahut.
- … C’est les deux filles c’est sûr… celles que j’ai vu tout à l’heure ! Je sais pas comment elles peuvent être aussi douées en vaudou mais c’est clair que se sont elles les fautives.
- Ouais, peut être …mais ça ne résout pas notre problème à savoir comment on trouve le ou les adeptes de sorcellerie si le lycée ferme ses portes dans quelques minutes…
- Quelle heure il est ?
- Bientôt 9h30, pourquoi ?
- Les cours sont commencés, elles sont probablement là-bas. Il faut qu’on arrive au lycée et qu’on les chope avant que tout le monde soit évacué!
- …Et qu’est ce que tu fais des tempêtes qui vont nous tomber dessus ?
- On improvisera Sammy, une chose à la fois ! » Finit par dire Dean en passant par la porte de sortie, suivi de prés par son frère qui soupirait.
Quelques instants plus tard, Dean se mit au volant de son Impala et démarra sur les chapeaux de roue en direction du lycée Saint Gabriel seulement dix kilomètres plus loin. A ses cotés, Sam, toujours aussi fiévreux affichant sans complexe des grimaces des plus explicites, se grattait sa main blessée à travers son bandage.
Au fur et à mesure qu’ils passaient les différentes maisons de la ville, les habitants, probablement alertés par l’imminente tempête, sortaient précipitamment de leur foyer, emportant avec eux le stricte nécessaire et courait jusqu’à leur voiture pour fuir la ville, ou barricadaient portes et volets pour les plus optimistes.
- « En fait, j’avais peut être tort, on devrait se mettre à l’abris et on reprendra l’enquête une fois la tempête passée, qu’est-ce que t’en penses…?! » Lança Sam en voyant toutes les branches d’arbres passaient rapidement au dessus de l’Impala par la force du vent extérieur.
- « Si on attend, tu peux y passer, et ça mon petit Sammy, c’est pas du tout envisageable.
- Oui, mais j’ai pas non plus envie qu’on crève tous les deux dans une tempête tropicale au milieu de l’Arkansas dans ce bled de merde…
- Mais non, c’est juste un peu de vent, ça va juste t’ébouriffer un peu plus que tu ne l’es déjà…
- Euh, ça serait pas une partie d’un toit de maison qui vient de passer à moins d’un mètre de la carrosserie de ta bagnole là ?
- Ouais, bon, d’accord ! Ca souffle peut être un peu plus que prévu mais on a pas le choix Sam, il faut qu’on neutralise ses filles avant qu’elles ne tuent quelqu’un d’autre. Elles doivent savoir qu’on est après elles, et si on les coince pas maintenant…
- Faudrait déjà s’assurer que c’est vraiment ces deux gamines les coupables, tu parles comme si t’étais déjà persuadé que c’étaient elles les sorcières, mais le fait est qu’on a aucune preuve qui les incrimine.
- Je les ai vu à coté de la maison de Milly… elles souriaient !
- Mais ça prouve pas qu’elles aient tué deux gamines et blessé plusieurs autres personnes à l’aide de sorts vaudou supers expérimentés !
- Et moi je suis persuadé que ce sont elles, j’ai ce mauvais pressentiment depuis que je les ais vu la première fois, tu peux me faire confiance Sammy, ce sont des sorcières…
- Donc on se base sur ton intuition c’est ça ?
- Est-ce que j’ai déjà eu tort jusque ici ? »
Devant cette dernière remarque, Sam baissa la tête ; elle lui rappela inévitablement les erreurs impardonnables qu’ils avaient commises quelques semaines plus tôt car il n’avait pas assez fait confiance en son frère. Et aujourd’hui à cause de lui, l’apocalypse était en marche.
Dean se rendit compte que ce n’était peut être pas la remarque la plus adaptée à la situation lorsqu’il tourna la tête en direction de son frère. Ce dernier s’était renfermé sur lui-même une fois de plus et ne disait plus un mot.
- « Aller Sammy, je vais te prouver que se sont bien ces deux greluches qui sont à l’origine de tous nos soucis…, c’est promis je leur ferais rien le temps qu’on est pas sûr tous les deux, ok ?
- « C’est pas la peine, de toute façon je suis d’accord avec toi, je les sens pas non plus ces deux ados…
- Alors pourquoi tu fais cette tête ?
- Va falloir qu’on élimine des humaines, et c’est pas vraiment ma tasse de thé tu vois !
- Ouais, mais pour moi elles sont aussi pourries que n’importe quel démon qu’on expédie en enfer et de toute façon, rassure-toi, c’est moi qui me chargerais du sale boulot !!
Sam tourna sa tête vers son frère et lui fit un léger sourire en signe de remerciement, ce que Dean lui rendit automatiquement par un clignement d’œil fraternel. Mais lorsque ce dernier reposa ses yeux sur la route, il vit une branche d’arbre de plus de trois mettre de long arrivait directement sur eux. Il essaya de l’esquiver mais en vain, le végétal vint transpercer la vitre avant de la Chevrolet sans que l’aîné ne puisse l’empêcher. La force du vent, de plus en plus fort, et le choc puissant, firent virevolter l’Impala et entraînèrent ses occupants dans le faussé le plus proche.
Les rafales atteignaient maintenant les 130 kilomètres heures et la rue semblait déserte de tout être vivant. Des troncs d’arbres d’agrément s’étaient écrasés un peu partout au milieu des différentes routes annexes à moitié ensevelies sous les grabats de la ville. Dans les airs, continuait un balais d’objets tourbillonnants allant des salons de jardin jusqu’aux toits de maison arrachés.
Dean se réveilla en sursaut au son des différentes tuiles s’écrasant au sol après des chutes vertigineuses de plusieurs étages. Sa tête était appuyée sur son volant et ses membres semblaient bloqués à l’intérieur de l’habitacle. Il se redressa avec difficulté et se passa la main sur son visage recouvert de sang. Lorsqu’il ouvrit ses yeux, il découvrit l’étendu des dégâts.
Il ne s’agissait pas seulement d’une branche qui s’était infiltrée à l’intérieur de la Chevrolet, mais bel et bien un arbre entier de petit diamètre totalement déraciné. Le tronc avait traversé de part en part l’Impala en explosant les pare-brises avant et arrière de la voiture, et s’était bloqué par les racines fluettes suffisamment solides à l’avant du véhicule. Les différentes ramures et brindilles, à moitié cassées, agrémentées de feuilles saisonnières, avaient rempli totalement l’intérieur de l’auto en ne laissant qu’une faible visibilité alentour.
Dean essayait de se débattre avec le végétal pour atteindre son frère, en vain. Il n’arrivait ni à le voir ni à le toucher à son grand désespoir et le fait qu’il n’ait aucune réponse de Sam en dépit de ses incessants appels, ne faisait qu’accroître son énervement et surtout son inquiétude.
Comme il n’arrivait pas à atteindre son cadet de l’intérieur, il se décida à sortir de la voiture mais la porte conducteur était bloquée, probablement due au choc de l’accident. L’aîné se dégagea des branches, tourna alors comme il put et joignit ses pieds pour frapper avec force sa vitre afin de la briser pour lui offrir une sortie, le pare-brise avant, devant lui, étant totalement obstrué de ramures. Malgré les coups de talons à répétitions, le verre ne cédait pas.
- « Putain de bordel de merde de vitre à la con, tu va péter saloperie !!!
- Dean… surveille… ton… langage ! » Répondit Sam doucement, comme s’il avait du mal à respirer.
- Sammy ? Putain tu m’as foutu les boules mec ! Tu vas bien, comment tu te sens, t’es blessé ?
- Heu…
- Attends, j’arrive, je vais te sortir de là, t’affole pas !
- Qui … est …affolé là, tu… peux me le… dire ?
- Tu parles bizarrement, qu’est-ce que t’as ?
- C’est rien… c’est… le choc… » Répondit le cadet, en retirant sa main pleine de sang de son abdomen. « Et merde !» se dit il à lui-même, tête baissée, en chuchotant pour que son frère ne l’entende pas, en voyant sa mauvaise blessure.
- « Bon, il est que 9h45, faut trouver le moyen de sortir de là, le lycée ne doit plus être très loin, on a peut être encore une chance de trouver les sorcières là bas, enfin si les autorités locales n’ont pas encore évacué tout le monde ! » Reprit Dean toujours en train de s’acharner sur sa vitre.
- Tu… crois ? Je vois plus… personne… dans la rue,… ils ont du tous filer…
- Non, je ne pense pas, on est que dans une petite rue adjacente avec pratiquement pas d’habitants, ils n’ont pas pu évacuer une ville entière de plus de 150000 personnes en moins d’un quart d’heure, l’avenue principale doit encore fourmiller de monde et le lycée se trouve juste au bout de cette voie donc avec la cohue, ça a du les retarder ! On peut encore y arriver, le seul souci c’est de pouvoir se dégager de cette carlingue.
- Je pense … que je peux passer… par le pare-brise avant,… j’ai un espace assez grand …pour sortir… mais je suis un peu…bloqué sur mon siège…
- Ouais, moi je suis libre de mes mouvements mais j’arrive pas à exploser ma vitre…
- Ton flingue…
- Quoi ?
- Sers toi… de… ton flingue ! » Répliqua le cadet en grimaçant de douleur.
- « T’es sur que ça va toi? » demanda l’aîné en entendant la voix très saccadée et faible de son frère tout en attrapant son arme par terre, tombée à cause de l’accident.
- Juste… dépêches-toi Dean ! »
A cette remarque, l’aîné se retourna précipitamment et essaya désespérément de se dégager des branches entremêlées pour voir son petit frère mais sans résultat, une fois de plus. Il était persuadé dés à présent que son cadet était blessé vu la réponse qu’il lui avait fournie, mais ne savait pas à quel point. Il se remit en face de sa vitre les dents serrées, prit son Beretta dans la main droite, protégea son visage de son autre bras et tira trois coups de feu successifs dans la glace qui céda sous les impacts puissants.
Avec le canon de son arme, Dean retira les derniers bouts de verre autour de l’encadrement de la fenêtre et commença à se faufiler par l’ouverture.
Le vent violant l’empêchait d’avancer correctement et plusieurs brindilles et autres objets volaient au dessus de sa tête, l’atteignant de temps à autre et lui infligeant quelques blessures plus ou moins superficielles.
Lorsqu’il arriva de l’autre coté du véhicule il s’aperçut très vite que le trou dans le pare-brise avant n’était en fait pas possible d’accès par l’extérieur et que le seul moyen d’atteindre son cadet était de défoncer sa portière également bloquée ; briser la vitre étant beaucoup trop dangereux pour son frère.
L’aîné longea alors la Chevrolet jusqu’au coffre, l’ouvrit difficilement, et en sortit un pied de biche d’environ 50 centimètres de long. Il repartit en sens inverse jusqu’à la portière passager, enfonça l’outil au niveau de la serrure et commença à tirer sur la porte. Cette dernière céda sous la force en moins d’une minute.
Dean arracha la portière et se jeta sur son cadet sur le point de s’évanouir, son cœur s’accéléra d’un coup lorsqu’il posa ses yeux sur le ventre de son frère.
Une branche avait traversé le flanc gauche de Sam et transpercé son siège juste derrière lui, le clouant littéralement à son dossier. Une quantité importante de sang s’écoulait de la plaie ouverte en plus des autres blessures qu’il avait subit des bouts de verres brisés. Son teint déjà blafard, accentué par la fièvre du à l’envoûtement, avait tourné au blanc maladif ponctuant ses cernes devenues presque noires.
Dean prit le visage de son cadet entre ses mains pour le faire réagir mais ce dernier excédé, tomba inconscient sous le regard horrifié de son aîné.
- « Et merde ! Sam ? Sammy tu m’entends ?!! » Insista Dean en secouant très légèrement son cadet pour ne pas aggraver la blessure déjà suffisamment sérieuse. « Bon, on peut pas rester là frangin, le temps se gatte de plus en plus…faut que je trouve le moyen de te retirer ce putain de bout de bois le temps que t’es dans les vaps… ! » Se dit-il presque à lui-même tout en auscultant la plaie de son frère.
La pluie froide coulait maintenant à torrent sur la Chevrolet Impala noire, toujours dans le faussé, et dégoulinait le long du dos de l’aîné des Winchesters, mais ce dernier bouillait d’énervement et transpirait de peur pour son cadet. Il cherchait désespérément le moyen de se sortir de ce mauvais pas sans aggraver la situation de son petit frère, déjà bien mal en point.
Après un bref coup d’œil derrière et devant le siège de Sam, l’aîné entreprit de casser les bouts de la branche dépassant de chaque coté du dossier pour limiter les vibrations dans le corps de son cadet et lui permettre une meilleure liberté de mouvement et visibilité alentour. Il se passa la main, une fois de plus, dans ses cheveux puis sur son visage, comme à son habitude quand l’angoisse prend le dessus sur son objectivité.
Au bout de quelques secondes de concentration stressante, Dean avança légèrement le corps de son frère pour mieux ausculter la blessure se trouvant au niveau de son dos. La tête de Sam tomba en avant comme si tout son corps n’était qu’une poupée de chiffon.
Après un long soupir, l’aîné se décida et brisa, d’un coup sec et précis, le reste de branche dépassant du torse de son frère et d’un geste tout aussi efficace, il tira de toute ses forces et retira subitement la partie du végétal qui se trouvait à l’intérieur de son cadet. Sous la douleur suffocante, ce dernier se réveilla en inspirant profondément comme si le bout de bois l’avait empêché de respirer en compressant ses poumons.
Dean jeta la ramure recouverte de sang à l’extérieur de la voiture et enleva rapidement sa veste de costume pour faire pression sur la blessure de son cadet toujours sous le choc. Il repartit en direction du coffre, resté ouvert, et en sortit une petite mallette mal entretenue contenant le nécessaire de soins en cas de coup dur, ce qui arrivait fréquemment.
De retour aux cotés de son frère, l’aîné prit une bande accompagnée de quelques compresses et commença à recouvrir les deux plaies béantes par lesquels la branche était passée. Sam serrait dents et poings sous la douleur et ne pouvait s’empêcher de grimacer tellement la souffrance était insoutenable.
- « Aller sammy, tiens bon, c’est presque finit …
- Dean… !
- Oui je sais, ça fait un mal de chien, mais si je sers pas la bande, tu vas perdre tout ton sang et…
- Non, c’est pas ça… regardes !!!
- Quoi ? »
Sam tendait le bras droit devant lui et montrait du doigt l’horizon embrumé par la pluie torrentielle. Dean attacha le bandage terminé et tourna alors la tête dans la direction que son cadet indiquait avec tant de hargne. Il fronça les sourcils ne sachant pas vraiment ce qu’il devait voir mais changea vite d’expression lorsqu’il comprit pourquoi son frère avait une mine aussi alertée. Un autre arbre, bien plus gros que celui qui avait traversé la Chevrolet, arrivait sur eux, porté par un vent toujours plus fort. Le tronc, d’environ 70 centimètres de diamètre se rapprochait de l’Impala à grande vitesse.
- « Nom de Dieu !... Sammy, faut sortir de là, … aller, vite!! » Cria l’aîné en attrapant le bras de son cadet pour l’aider à sortir de la voiture le plus rapidement possible.
Sam quant à lui, hurlait à chaque mouvement qu’il faisait et lorsqu’il posa un pied au sol, il se plia en deux, n’arrivant pas à se soutenir à cause de ses blessures.
Dans un dernier élan, Dean attrapa son frère par les épaules et le tira en avant de toutes ses forces avant de le plaquer sur le sol et de le protéger par son propre corps de l’énorme végétal qui après être passé juste au dessus d’eux, percuta la Chevrolet de plein fouet, l’envoyant quelques mètres plus loin.
Dean releva la tête pour voir si le danger était écarté et vit sa voiture au loin, totalement disloquée par le deuxième choc qu’elle venait de supporter.
- « Putain d’arbre de merde… Ma voiture !!
- Dean ?
- Ce truc à la con vient de niquer ma caisse !
- Dean ?!
- Quoi ?
- Tu m’étouffes !! » fit Sam, ventre à terre, la tête tournée sur le coté, en essayant de se dégager du corps de son frère, resté sur lui pour le protéger.
Dean se poussa aussitôt et retourna son cadet pour l’aider à respirer. Le bandage qu’il avait fait autour du torse de son frère avait tenu mais on pouvait tout de même voir le sang apparaître malgré l’épaisseur du tissu.
L’aîné se releva le premier et tendit sa main pour aider Sam à se mettre debout à son tour. Ce dernier grimaçait de douleur devant l’effort important qu’il devait fournir et chancelait légèrement sous le vent qui semblait se renforcer de minute en minute.
- « Finalement tu avais raison, on devrait se mettre à l’abri et reprendre cette putain de chasse plus tard quand tu te seras remis… » Commença Dean en inspectant de nouveau la blessure de son frère pour voir si ça ne s’était pas aggravé.
- Non, il faut continuer, de toute façon on peut plus repartir, on est bloqué dans cette ville pourrie et puis ça va mieux depuis que j’ai plus un morceau de bois en travers du bide… même si c’est franchement douloureux !
- Oui mais t’as quand même un gros trou à la place et ça me plait pas du tout …
- Dean, ça va aller, aucun organe n’a du être touché sinon je serais déjà mort depuis longtemps !
- T’as les mots qui rassurent toi dis donc !! »
L’aîné réfléchit un instant puis capitula devant les yeux de chien battu de son frère sachant pertinemment que Sam aurait de toute façon gain de cause.
- « … Bon, le lycée se trouve probablement juste derrière ce patté de maisons, tu vas y arriver ? » Demanda t-il en passant le bras de son frère autour de son cou.
- « Oui, sauf si on se paye un autre arbre dans la tronche…
Ça, je peux rien te promettre petit frère ! » Répondit Dean soutenant son cadet, en jetant un dernier cou d’œil à sa chère Impala, restée quelques mètres plus loin dans un état pitoyable, avant d’entamer la route à pieds sous un vent et une pluie démentiels.
Il était presque dix heures du matin dans la ville de Little Rock mais la visibilité était aussi morose qu’un crépuscule d’hiver en plein désert.
Sam et Dean avançaient d’un pas décidé malgré les différentes blessures qu’ils avaient éprouvées : une perforation abdominale mélangée d’une fièvre tonitruante et de coupures superficielles pour le cadet et une explosion d’arcade sourcilière aggravée d’une contusion faciale et d’un nez probablement cassé pour l’aîné : en somme quelques cicatrices de plus à leur actif.
La pluie torrentielle, combinée aux rafales de vent, fouettait leurs visages déjà bien marqués par leurs épreuves difficiles, mais en dépit de cela, ils continuaient leur progression vers la rue voisine, toujours côtes à côtes.
Au loin, des cris commençaient à résonner en éco, ramenés par le vent, preuve qu’ils n’étaient plus très loin de l’avenue principale où la panique des habitants devait régner en maître.
- « Et si, par pure chance, on arrive à trouver les sorcières au milieu de ce cauchemar - enfin si elles sont toujours dans le lycée - comment on fait pour les tuer ? » Commença Sam en s’appuyant sur son frère comme à chaque bourrasque de vent qui le faisait tituber.
- « Ben une balle dans la tête ça devrais suffire, ni vu ni connu, après tout c’est des humaines, ça devrait quand même les calmer…
- Tout dans la finesse dis donc ! En acceptant bien sur que ce soit réellement ces deux filles, tu crois que tu vas arriver à tirer sur deux adolescentes aux visages d’anges ? Parce que moi, désolé, mais je vais avoir du mal …
- Je t’ai dis tout à l’heure que je m’en chargerais, et puis de toute façon pour moi c’est des monstres, t‘as vu de quoi elles sont capables ?
- Et moi j’ai fait bien pire… et tu m’as pas foutu une balle dans le crâne pour autant ? » Renchérit Sam doucement en baissant d’avantage la tête pour regarder ses chaussures.
- « Bon, on va remettre les choses au clair tout de suite ! » Répondit Dean en s’arrêtant brusquement et en attrapant son frère par les épaules. « Je t’accorde que ce qui s’est passé y a quelques semaines, c’était pas forcément la meilleure chose que t’ais faite, et en plus je l’ai eu très mauvaise que tu me laisses en plan pour retrouver cette salope de démon, qui soit dit en passant, était réellement une pute manipulatrice, et je t’épargnerais le « j’te l’avais bien dis ! ». Maintenant, tous les choix que tu as faits, étaient dans le but de sauver le monde et malheureusement c’est l’inverse qui s’est produit ! Mais t’en savais rien ! Tu n’es pas mauvais Sam, tu n’avais que de bonnes intentions qui ont tourné au cauchemar contrairement à ces deux filles qui créaient elles-mêmes des cauchemars. Elles font ce qu’elles font uniquement par pure méchanceté et elles en sont totalement conscientes, contrairement à toi !! Arrêtes de te torturer, tu ne changeras pas ce qui s’est passé, c’est trop tard. Tout ce que tu peux faire s’est arrêter de te morfondre et essayer de réparer tes erreurs en prouvant que tu es du bon coté de la barrière. En gros, tuer le plus possible de fils de pute démoniaques et renvoyer notre cher ami Lucifer au fond du trou… ! »
Sam fit un petit balancement de tête accompagné d’un très léger sourire en guise de remerciement à son frère, comme à son habitude lorsque les mots lui manque pour exprimer toute sa gratitude. Malgré le fait qu’il se sente toujours misérable d’avoir engendré l’apocalypse, il retrouvait une once d’espoir grâce aux paroles de son aîné qui savait lui remonter le moral, à sa manière, dans les moments les plus délicats.
Dean remit alors le bras de son cadet sur son épaule et reprit la route devenue pratiquement invisible sous les grabats et la pluie. C’est alors que Sam se stoppa à son tour, comme si l’illumination divine venait de le frapper.
- « Cauchemar !
- Quoi ? » fit Dean un peu perdu devant l’attitude de son frère.
- « Tu viens de me dire que ces filles créaient elles même des cauchemars…
- Heu… oui et alors ?
- Regarde autour de nous Dean ! Tu avais raisons quand tu disais qu’il n’y avait pas de tempête en Arkansas…
- Bon je répète ma question : et alors ?
- Ben t’avais raison, on a jamais vu un cyclone au milieu des terres, en plein Arkansas, sans compter les tornades qui se sont formées au sud de l’état ! C’est pas du tout normal…
- Donc si je te suis, tu penses que les sorcières vaudou sont également responsables de notre super météo ?! C’est ça ?
- Je vois que cette explication…
- D’accord, c’est un peu dingue mais bon, soit! si on accepte le fait que ce sont bien elles qui font tout ça, comment elles s’y prennent et pourquoi elles font ça?
- Ben le pourquoi, j’en sais trop rien ! Mais pour le reste je vois qu’une chose … elles ne sont peut être pas si humaines que ça en fin de compte, parce qu’on a jamais vu de sorcières, quelles qu’elles soient, agir de la sorte sur le temps !!!
- Ouais, ça t’arrangerait bien… et remarques moi aussi !!
- A savoir ce qu’elles sont réellement ?
- … Et si tu dis vrai, comment on les zigouille! Parce que: qui dit non humain, dit pas facile de les buter !!
- On va bien trouver quelque chose, on a quand même pas mal de matériel !
- Heu… c'est-à-dire qu’en fait on a pas grand chose si on considère que tous le matos est dans le coffre de la voiture et que la voiture est en vrac environ 200 mètres derrière nous…
- Tu veux dire qu’on part à la chasse aux sorcières, ou je ne sais quoi, avec seulement ton Beretta ?
- Ben, en fait heu…. Oui !!!
- Super, alors ça c’est vraiment super ! On a qu’une seule arme pour descendre des sorcières vaudou probablement pas humaines et totalement déchaînées, et on est tous les deux dans un état à faire frémir un mort vivant ! Franchement c’est pas gagné ! »
Dean souleva ses sourcils tout en affichant une grimace sachant pertinemment que son frère avait totalement raison. Ils ne savaient finalement pas à quoi ils avaient vraiment à faire et la situation s’aggravait de minutes en minutes, sans compter que leurs blessures les handicapaient et que Sam était toujours une cible potentielle.
Ils avancèrent encore un peu pour se retrouver enfin à l’intersection de la fameuse route principale qui menait au lycée. Seulement en voyant l’étendu des dégâts, les frères Winchester se stoppèrent une fois de plus devant le spectacle apocalyptique qui s’offrait à eux.
La dure réalité n’était qu’un doux euphémisme en comparaison à la tragédie accablante qui se déroulait dans la rue centrale de Little Rock.
Des centaines de voitures bloquées sur les voies ainsi que sur les trottoirs, klaxonnaient à tue-tête pour essayer de s’échapper du cauchemar dans lequel elles étaient prisonnières. Plusieurs d’entres-elles abritaient des familles entières, totalement terrorisées et impuissantes face au tourment du temps. Quelques unes, complètement disloquées, renversées ou même écrasées par divers arbres ou autres grabats, faisaient figure de sombre avertissement.
Des cris affolés résonnaient maintenant telles des sirènes incessantes et se mélangeaient au pleurs des personnes errantes et abattues. Plusieurs corps sans vie, hommes, femmes et enfants, trônaient de manière funeste sur la voie ou à l’intérieur des voitures accidentées, mélangeant leur sang à la pluie et donnant une couleur rosée macabre à l’asphalte de la rue. Malgré cela, les habitants courraient, se heurtaient, se bousculaient sans donner la moindre attention à leur voisin, peut-être apeuré, peut-être blessé ou peut-être même déjà mort, le seul but étant de s’en sortir vivant avec pour seule devise : ‘le chacun pour soit’.
Sam et Dean se frayèrent un chemin vers le lycée en sens inverse de la foule complètement paniquée. A plusieurs reprises, l’aîné dut retenir son frère, affaibli, sur le point de tomber par les divers heurts que lui infligeaient des gens pressés sans scrupule.
Au loin, devant la grille du lycée, une voix se détachait des autres. Le shérif, monté sur l’une des voitures, criait et essayait frénétiquement de calmer la population, en vain.
Les frères Winchester n‘étaient, maintenant, plus qu’à quelques mètres du parking de l’établissement scolaire lorsque les hurlements s’intensifièrent d’un coup. Sam se retourna pour savoir ce qui se passait et dut lui-même se retenir de hurler. C’est l’inverse qui se produisit, il n’arrivait plus à sortir le moindre mot, ses yeux s’ouvrirent en grand et son cœur s’accéléra, tambourinant dans sa poitrine. Il s’agrippa à son frère et tira sur sa chemise, déjà en lambeau, pour attirer son attention. Dean quant à lui continuait son avancée et essayait d’atteindre le shérif sans se rendre compte de l’attitude de son frère.
- « Shérif Evans ! Descendez de là, ça ne sert à rien de s’acharner, personne ne vous écoute !!! » Hurla Dean pour se faire entendre dans ce brouhaha. « Il faut vous mettre à l’abris !! ».
L’homme de loi s’arrêta de crier, pas à cause des paroles de l’aîné mais parce que quelque chose attira son attention, quelque chose qui le terrifia. Quant à Sam il continuait de s’agripper ardemment à son frère.
- « Quoi ? Qu’est ce qu’il y a ? Pourquoi tu tires sur ma chemise comme ça ?! » Fit l’aîné en se détournant du shérif pour regarder enfin son frère, juste derrière lui, l’air légèrement contrarié.
Il vit la mine déconfite de son cadet et ne prit pas conscience tout de suite que tout le monde dans la rue s’était remis à courir mais en sens inverse. Sam ne répondait pas aux appels de son frère et fixait l’horizon intensément. Dean regarda alors dans la même direction que son cadet et comprit enfin les réactions des habitants.
Une tornade immense s’était formée à moins d’un kilomètre d’eux et avançait en zigzaguant en leur direction. A l’autre bout de la rue, les voitures toujours à l’arrêt, bloquée les unes derrières les autres, commençaient à s’envoler à l’approche de la tempête qui explosait tout sur son passage.
- « NOM DE DIEU! » Cria Dean en attrapant à son tour Sam par le bras avant de se mettre à courir vers les portes du lycée. « Cours Sammy, plus vite, aller dépêches… ! ».
Ils arrivèrent enfin aux grilles de l’établissement, la cour était vide, seul un homme aux cheveux grisonnant se tenait à genoux au milieu de la cours en pleurant et en récitant les saintes paroles.
Lorsque Sam et Dean atteignirent l’homme pour l’aider à se relever, les grilles se refermèrent sur eux, les enfermant définitivement dans l’enceinte du lycée. Sous la détonation ferreuse, Dean se retourna et aperçut le shérif, toujours debout sur la voiture, totalement immobile et terrorisé. L’aîné jeta un coup d’œil à son frère pour voir s’il avait récupéré sa respiration et il repartit donc vers la sortie pour essayer de sauver l’homme de loi, mais les grilles étaient bloquées et il ne put arriver à temps à ses côtés. Le panneau gris de ‘bienvenu au lycée Saint Gabriel’ se détacha de ses écrous sous la force du vent et vînt percuter le shérif, le coupant littéralement en deux. Sa tête et son buste tombèrent sur le capot du véhicule alors que le reste de son corps s’étala sur le toit. Dean afficha une grimace de dégoût devant ce spectacle morbide mais se décida à retourner aux cotés de son frère, totalement plié en deux, essayant tout de même désespérément de relever l’homme en costard cravate, en dépit de sa propre blessure sur le coté gauche de son ventre.
- « Le shérif ? » demanda Sam en se tournant vers son frère sachant qu’il était partit l’aider.
- « Mort ! Décapité, enfin plus ou moins… heu disons plus !... Et on ferait mieux de se barrer vite fait avant de finir de la même façon ! » Répondit l’aîné en attrapant l’homme par un bras pendant que Sam avait empoigné l’autre.
La tornade arrivait pratiquement au lycée avalant et renvoyant voitures, grabats et tout ce qui ce trouvait dans la rue. Dean se retourna une dernière fois, avant d’entrer dans l’un des bâtiments, pour voir la tempête emportait les habitants et dévastait totalement les maisons, explosant les vitres et pulvérisant le reste des différents meubles, comme s’ils n’étaient faits que de pailles, à plusieurs centaines de mètres. Il referma la porte et se blottit dans l’une des salles centrales, accompagné de son frère et de cet inconnu en espérant que la tornade destructrice ne choisisse pas leur abri pour cible.
Les murs tremblaient. Le plafond s’effritait. Les vitres explosaient. On pouvait entendre le sifflement aigu du vent se frayant un chemin sous les différentes portes de la petite salle de classe et traverser les fissures des fines cloisons.
- « Putain, si cette tornade nous passe dessus, les murs de ce bahut ne tiendrons pas, on est bon pour un voyage gratuit au milieu des nuages… ! » Commença Dean en regardant partout pour trouver une solution à leur problème.
- « De toute façon, on est bloqué ici ! Tout ce qu’on a faire c’est attendre que ce truc passe son chemin… » Répondit Sam en se rapprochant doucement de l’homme qu’ils avaient ramené avec eux.
- « Ouais, enfin si son chemin c’est nous, désolé mais attendre ici me convient pas plus que ça !
- De toute façon si on bouge, elle nous avale, si on sort elle nous avale et si on veut fuir elle nous avale alors soit un peu plus optimiste Dean, d’accord ?
- Mouais, soyons optimistes et attendons de voir si on crève ou pas !!! »
Sam leva les yeux au ciel devant le manque de patience de son frère et s’agenouilla près de l’inconnu, tout en de grimaçant de douleur, une main sur son flanc.
- « Comment vous vous appelez ? Demanda le cadet sur un air qui se voulait compatissant.
Aucune réponse.
- « Ecoutez on va s’en sortir, il faut juste vous détendre et…
- Non… on va tous mourir !! » Répondit l’homme en hurlant et en se levant d’un coup totalement ahuri.
- Attendez, calmez vous ! » S’écria Sam en essayant de rattraper l’homme malgré sa fièvre qui le rongeait de l’intérieur.
- Et ben, il ne manquait plus que ça, un gars qui nous pète une durite… » Rajouta Dean en tentant à son tour d’intercepter l’inconnu.
L’homme posa la main sur la poignée et commença à ouvrir la porte en bois. Le vent s’engouffra alors à travers l’ouverture et commença à tout chambouler dans la pièce. L’inconnu fut projeté en arrière par la force des rafales, et emporta Sam toujours un peu chancelant, qui se tenait juste derrière, dans sa chute. Dean, quant à lui, empoigna la porte et tenta tant bien que mal de la refermer.
Au bout de quelques secondes, l’aîné parvint finalement à verrouiller l’accès et se retourna d’un air très contrarié et énervé.
- « Non mais ça va pas, vous êtes complètement taré …
- Attends Dean, je crois qu’il ne se sent pas bien ! » Répondit Sam en voyant le visage pâle de l’homme, tout en se relevant péniblement, la douleur de sa blessure à l’abdomen le tiraillant encore un peu plus après sa chute.
- « Ouais ben il a intérêt à être vraiment mal sinon je lui colle mon point dans sa gueule de cul serré !
- Dean, arrête ! Monsieur, vous m’entendez ? » demanda Sam en agrippant par les épaule l’homme, allongé, les yeux ouverts.
- Heu Sam… ?
- Monsieur ? répondez moi ! vous m’entendez » Insistait le cadet tout en secouant le corps de l’inconnu.
- Sam ! Arrête, je crois…je crois qu’il est mort !
- Non, non, non, il est pas mort !! » Criait le jeune Winchester tout en commençant un massage cardiaque, faisant abstraction de sa fièvre.
- Sammy arrête je te dis, ça sert plus à rien, ce gars viens de nous faire une crise cardiaque foudroyante, tu peux plus rien pour lui, laisse-le, tu veux ?
- Non, il faut essayer, il faut continuer… !
Dean empoigna alors le bras de son frère et le força à reculer du corps de l’homme. Il prit le visage de son cadet dans ses mains et le regarda intensément de ses yeux luisants.
- « Sammy, il est mort. Il … est ….mort, c’est finit ! »
Sam s’effondra alors sur le sol, des gouttes de transpiration commençait à couler le long de ses tempes. Dean le rattrapa juste à temps pour lui éviter que sa tête ne heurte l’un des nombreux bureaux d’élèves.
- « Nom de Dieu, ta fièvre vient d’augmenter d’un seul coup, qu’est ce qui se passe, c’est pas normal ! » fit l’aîné angoissé en posant sa main sur le front de son frère, toujours sous le choc.
- « A quoi on sert ?
- Quoi ?
- A quoi on sert si on n’est pas capable de sauver les gens qu’on est censé sauver ?
- Mais de quoi tu parles, ce type est mort d’une crise cardiaque, on pouvait rien y faire…
- Une crise cardiaque hein ?... Regarde sa main Dean. » Lança Sam en jetant un regard vers l’homme allongé.
Dean se retourna instantanément et inspecta alors l’inconnu. Une blessure semblable à celle de Sam se dessinait dans la paume gauche de l’individu faisant ressortir un petit trou violacé sur une peau devenue blanchâtre.
- « Putain, il s’est fait avoir lui aussi, il était sous l’emprise de l’envoûtement ! » Sortit l’aîné en relâchant la main de l’inconnu. « Il s’agit de Mr Smith Mathiew Senior, directeur du lycée Saint Gabriel… génial ! Dit-il en inspectant le portefeuille qu’il avait récupéré dans la veste du défunt. « Encore un Smith, mort qui plus est. A croire que ce nom est maudit. Milly… ce type…, il y en a même peut être d’autre dans ce bahut qui s’appelle Smith, va savoir… Enfin si tous les Smith doivent y passer, ça fera quand même un sacré trou dans la population Américaine ! T’imagine, c’est pratiquement le nom le plus courant des États-Unis…» Sortit-il en souriant pour détendre l’atmosphère pesante et sortir son frère de ses pensées morbides.
- « J’ai pas été capable de le sauver… » Répondit Sam, de plus en plus abattu sans prêté attention à la blague de mauvais goût de son aîné.
Dean se retourna aussitôt devant la réflexion de son cadet. En voyant la pâleur de son visage, il revint instantanément à ses cotés, se mit à genoux et lui prit les épaules.
- Sam ressaisis-toi ! Tu ne vois pas que ces deux greluches jouent avec toi ! Regarde ton état, plus tu te morfonds, plus tu es malade. En fait, elles ont trouvé une autre de tes phobies, tu as peur d’être responsable de la mort de leurs victimes. C’est toujours ce que tu as fait, te blâmer pour toutes les personnes que tu n’as pas réussies à sauver. Seulement tu n’es pas responsable, il faut que tu te rentres ça dans le crâne où elles vont te détruire de l’intérieur … et il est hors de question que je les laisse faire !…alors reprends-toi !! les laisse pas t’avoir, tu es plus fort qu’elles ! »
Sam se passa la main dans ses cheveux. Il savait que sont frère avait raison, il se rendait malade à chaque fois qu’une victime trouvait la mort sans qui ne puisse l’éviter, c’était dans sa nature, il n’y pouvait rien. Mais en voyant les yeux, suppliants et inquiets de son aîné, Sam reprit ses esprits et tenta de se relever en dépit de sa blessure à l’abdomen qui le faisait toujours souffrir horriblement.
- « D’accord, il faut qu’on explose ces sales gamines… Comme ça après je pourrais me morfondre tranquillement sans craindre de mourir d’angoisse !
- Ouais, enfin le but c’était que tu ne te morfondes plus du tout mais bon, on commence par tuer les sorcières et après on avisera !! » Répondit Dean en aidant son frère à se relever le sourire aux lèvres pour le remerciait de continuer à se battre.
Une fois Sam debout, Dean se retourna en fronçant les sourcils, la tempête semblait s’être calmée d’un seul coup, sans aucune raison.
Plus un bruit, tout était devenu calme, horriblement calme, atrocement calme. Ce n’est qu’au bout que de quelques secondes que des voix stridentes, féminines, enfantines, se mirent à résonner dans tout le lycée, comme pour avertir ses occupants que le jeu…leur jeu, ne venait que de commencer.
- « Marrez vous le temps que vous pouvez, sales morveuses !!! » Cria Dean, tête haute, dans la salle de classe. « Je vais leur faire avaler leurs aiguilles de couture ou leur épines à deux balles moi, tu vas voir, elles vont le sentir passé ! » Marmonna t-il en s’avançant vers l’une des fenêtres, où son frère s’était posté.
- Y a plus de tornade, c’est comme si elle s’était évaporée ! Tu crois que c’est bon signe ? » Demanda Sam en se retournant vers son aîné, une grimace sur le visage.
- J’en sais trop rien, mais vu les rires sadiques des deux autres poufs, je dirais que non ! Une chose est sûre, c’est que se sont bien ces deux filles les sorcières vaudou… et qu’elles sont responsables de tout ce qui se passe ici !
- Et aussi qu’elles sont toujours dans l’enceinte du lycée !
- Ouais, de là à dire qu’on va les trouver, c’est une autre histoire…
- Tu crois qu’il y a des survivants à la tornade ?
- « Au secours !! » Des voix d’adolescents se mirent à résonner dans l’une des pièces non loin des frères Winchester.
- « Je crois que ça répond à ta question. » Lança Dean en ouvrant la porte doucement pour s’assurer que la tempête s’était effectivement dissipée. « Regarde moi ça ! T’as vu ce ciel ! Pas un nuage…
- Hallucinant, on vient de passer d’un cyclone accompagné d’une tornade monstrueuse à un temps magnifique d’île paradisiaque en moins de cinq minutes…
- Ouais, y a plus aucun doute, c’est définitivement l’œuvre de nos chères amies qui se payent notre tête…
- Y a quelqu’un ? Aidez-nous !! On est bloqué dans la bibliothèque!!! Au secours !
Les frères Winchester se dirigèrent alors vers les appels en empruntant un long couloir recouvert de bouts de verre éparpillés par tout sur un linoléum mal entretenu de couleur gris terne. Ils pouvaient admirer la puissance destructrice d’une tornade en regardant les différents dégâts à l’extérieur de leur abri. Des murs entiers s’étaient écroulés, déversant pierres et grabats dans la cour de récréation et empêchant plusieurs accès à d’autres bâtiments plus ou moins délabrés. Arbres, bancs et tonnelles avaient été arrachés pour être dispersés en milles morceaux au quatre coins du lycée qui faisait figure de champ de bataille.
Sam avançait péniblement le long du couloir, transpirant de fièvre, une main posée sur son ventre, recouvrant sa blessure toujours très douloureuse pendant que Dean, posté juste devant lui, marchait rapidement en ouvrant une à une les différentes salles de classe à la recherche des survivants paniqués.
- « Quelqu’un nous entends, on est là, au secours !!
- C’est bon, on arrive ! Dans qu’elle salles vous êtes ? » Demanda Dean en essayant de localiser les voix.
- « La numéro 11, c’est la porte en bois de couleur bleue, dépêchez-vous, s’il vous plait !! » Répondit une petite voix féminine, différente de la précédente.
- « Ok, vous affolez pas les mômes, on va vous sortir de là ! » Lança l’aîné en attrapant la poigné de la fameuse porte, tandis que Sam le rejoignait, totalement essoufflé.
- « La porte est bloquée, on arrive pas à l’ouvrir de l’intérieur… » Fit un jeune homme au ton inquiet.
- « Bon écartez-vous, je vais essayer de la défoncer ! »
Dean recula alors d’environ un mettre, s’élança, et frappa de toute ses forces sur la porte avec son épaule, en vain. La douleur fit apparaître une grimace teintée d’énervement et de crispation sur son visage recouvert de sang séché. L’aîné sera les dents et tenta un deuxième essaie en frappant, cette fois, avec son pied. Toujours rien. Il regarda son frère, la colère débordant de ses yeux plissés, se replaça devant l’accès bloqué, fit un balancement de tête désappointé et refrappa de toute ses forces sur la porte, qui céda enfin.
- « Non mais, c’est qui le plus fort saloperie ?
- Dean, tu t’adresses à une porte là !!
- Je m’en fou c’est quand même moi qui est gagné !! »
L’aîné entra dans la pièce un grand sourire sur le visage remplaçant sa mine renfrognée, suivit de prés pas Sam, secouant la tête, dépité comme d’habitude devant l’attitude totalement immature de son frère.
Ils arrivèrent dans une pièce spacieuse complètement chambardée. Des étagères s’étaient écroulées déversant des centaines de livres un peu partout sur le plancher et la moquette défraîchie. Tables, chaises et lampes cassées se mélangeaient au divers bouts de boit qui formaient quelques heures plus tôt le toit, partiellement détruit, offrant une luminosité suffisante pour pouvoir admirer l’étendu des dégâts.
Un petit groupe de personnes s’était calé dans un coin non ravagé de la large pièce. Deux jeunes garçons, une fille et un adulte, étendu par terre, qui semblait inconscient.
- « Ben vous en avez mis du temps !! » Lança l’un des adolescents sur un ton hautain.
- « Un simple merci nous aurais suffit ! » Répondit Dean ironiquement. « Comment tu t’appelles ?
- Cameron, et désolé mais ça fait un certain temps qu’on est bloqué ici, ça fait une heure qu’on hurle…
- Ben ça t’as pas coupé la voix pour autant on dirait… » Rétorqua Dean sur un ton de défi.
- Bref, on est tous dans le pétrin, donc le mieux ça serait de s’entraider plutôt que de se chamailler… » Coupa Sam en haussant le ton.
- Ouais ben t’as l’air d’être plus dans le pétrin que nous, mon gars ! Tu ressembles à Bruce Willis dans Die Hard, tout amoché de partout, et c’est pas un compliment… » Continua l’adolescent toujours dédaigneux.
Sam ferma les yeux pour se contenir et étira un large sourire forcé pour faire baisser la tension. Il se retourna vers le deuxième garçon et la jeune fille sans prêter plus attention aux remarques du premier adolescent.
- Ok ! Et vous comment vous vous appelez ? » Demanda t-il sur un ton qui se voulait calme et rassurant.
- Moi, je m’appelle Thomas et elle c’est ma petite sœur Méline, merci de nous avoir débloqué la porte !!
Dean se retourna vers Cameron et montra de sa main les deux autres jeunes adolescents pour faire comprendre que eux étaient bien élevés. Celui- ci lui fit une grimace qui en disait long sur ce qu’il pensait, rien de bien polis en somme.
Alors que Sam et son frère s’approchèrent et se présentèrent à leur tour sous leurs fausses identités d’agents fédéraux, l’homme allongé par terre, la trentaine bien tassée, commença doucement à reprendre connaissance. Ses yeux s’ouvrirent et il se redressa d’un bon, comme s’il se réveillait d’un mauvais cauchemar. C’est à ce moment précis que des éclairs d’une intensité incroyable vinrent frapper le bâtiment, la foudre puissante et redoutable fit écrouler un bout supplémentaire du toit sur le petit groupe de survivants. Dean, n’eût cette fois, pas le temps de protéger son frère, que des planches et autres petites poutres, vinrent totalement les recouvrir.
Il ne restait plus que la moitié d’un toit, autrefois en dôme, pour protéger la modeste bibliothèque du lycée Saint Gabriel.
C’est Cameron qui commença à bouger le premier. Seulement quelques planches lui était tombé dessus mais malgré le fait qu’il eût été assommé par l’une d’entres elles, il restait tout de même maître de ses mouvements après avoir repris connaissance.
Il se dégagea donc des bouts de lambris et se remit debout, un peu chancelant, à la recherche d’éventuels rescapés. Il poussa lattes et grabats et découvrit une main, une main fluette, celle de Méline probablement, vu qu’elle était la seule fille du groupe. Il retira, non sans mal, tout ce qu’elle avait sur elle et retourna son corps menu et élancé afin de vérifier les différentes blessures qu’elle pouvait avoir. Une petite entaille se dessinait sur son front au dessus de son sourcil, probablement responsable de son état inconscient. Il se rapprocha d’elle pour essayer de la réveiller mais fit un bon lorsqu’une main vint agripper sa cheville, juste derrière lui.
Il s’agissait de Dean qui essayait désespérément de s’extirper hors des pierres et planches en tout genre. Une fois dégagé, il s’assit brusquement et regarda partout autour de lui d’un air anxieux.
- « Sammy ?! » Hurla t-il sans faire attention aux deux adolescents juste à coté de lui.
- « Je pense qu’il est quelque part là-dessous… » Lança le jeune homme totalement indifférent.
- « Merci Einstein pour ta clairvoyance ! Si t’as rien de plus intelligent à dire tu la boucles !! … SAMMY ? tu m’entends ?
- Là !! » répondit le jeune Winchester au ton plus que faible.
Dean se leva d’un trait et fit deux pas vers la droite en direction de la voix de son frère. Il dégagea en quelques secondes lambris, pierres et reste du toit comme si tout n’était que poussière tellement l’inquiétude pour son cadet augmentait considérablement sa force. Il découvrit enfin Sam, légèrement amoché par quelques écorchures de plus.
- « Putain Sammy, cette fois tu bas le record des blessures mec, t’as vraiment une salle gueule… » Fit l’aîné ironique en tendant une main à son frère pour qu’il se relève, en expirant le stress considérable qu’il venait d’assimiler et le tout en lui affichant un sourire des plus réconfortant.
- « Parle pour toi Dean, tu t’es pété deux fois l’arcade sourcilière en moins d’une heure, tu pisses du nez, et on dirait que t’as joué avec ton rasoir, franchement à coté de toi, je suis un chippendales… » Riposta Sam en essayant de se relever mélangeant grimaces de douleurs et sourire moqueur.
- « Ouais ben moi j’ai pas un trou dans le bide et une fièvre de cheval…moi !!! » répondit le grand frère souriant tellement soulagé de voir son cadet vivant en un seul morceaux.
- « C’est bon les super héros, vous voulez pas qu’on compte vos cicatrices non plus ? » lança Cameron totalement antipathique.
Dean se retourna vers son frère et lui lança un regard du style « je vais me le faire » ce que Sam répondit par un « calmes-toi, c’est qu’un gosse » d’un clignement d’œil complice.
Ils ne leur valurent qu’une dizaine de minutes pour retrouver Thomas, qui se trouvait finalement juste à coté de sa sœur et l’homme qui avait de nouveau perdu connaissance. Tous avaient repris leurs esprits, excepter cet adulte, qui, n’ayant pourtant aucune blessure apparente, restait toujours inconscient.
- « Bon, tout le monde va bien ? Demanda Sam en se retournant vers les adolescents, une main sanglante sur sa blessure à l’abdomen.
- « C’est un miracle que personne soit mort, franchement c’est quoi se délire, un coup y a des tempêtes et puis juste après y a plus rien et encore d’un coup on se prend la foudre sur la tronche et puis re plus rien… Et vous là, vous êtes qui hein, ça m’étonnerait franchement que vous soyez du FBI, vous avez pas du tout une gueule d’agents fédéraux, toi tu tiens à peine sur tes jambe, on dirait un mort ambulant et toi t’as la gueule d’un boxer qu’a paumé son dernier match et….
- Ça suffit, la ferme !!! » Hurlèrent Sam et Dean d’une seule voit en direction de Cameron, scotché par leur autorité.
- Bon, vous allez tous poser vos culs par terre pour reprendre doucement vos esprits !! Je dois parler avec mon partenaire une seconde, ok ?! » Fit Dean en regardant un à un les adolescents.
Tous acquiescèrent d’un signe de tête, y compris Cameron, une mine légèrement boudeuse, et allèrent dans un coin de la bibliothèque qui n’avait pas été détruite, pour s’asseoir. Quant à Dean, il prit le bras de son cadet pour le tirer un peu afin de lui parler loin des oreilles indiscrètes.
- « Le morveux à raison sur une chose, c’est quoi ce bordel, d’abord tempête, ensuite tornade et puis d’un coup soleil de plomb suivit d’un orage qui sort de je ne sais où pour après disparaître je ne sais comment… ! Je comprends rien, t’as pourtant pas peur de tous ces trucs ? » Commença l’aîné en chuchotant.
- « Je pense que ça n’a rien à voir avec moi, enfin ce ne sont pas mes peurs ! T’as remarqué qu’on s’est pris la foudre au moment où le type qu’on connaît pas s’est réveillé ?
- Quoi, tu crois qu’il est aussi sous l’emprise d’un envoûtement ? Pourquoi lui?
- J’en sais trop rien, mais il faut vérifier s’il n’a pas une blessure qui ressemble à la mienne ou à celle qu’avait Claire, Milly ou le proviseur du lycée !
- Ouais !! Mais y a aussi autre chose que je pige pas !
- Vas-y !
- Si toute cette merde c’est la réponse à un envoûtement des personnes qui meurent de leurs propres peurs, comment ça se fait que nous aussi on subit ça, je veux dire pour toi, tu croyais que tu te noyais dans la douche mais y avait pas du tout d’eau dans tes poumons, c’est seulement ce que toi tu pensais, mais moi j’ai rien vu, y avait strictement que dalle ! Alors que là on a vu tous les deux, et même toute la ville a vu, cette putain de tornade dévasté la rue, y a même pas mal de personnes qui sont mortes …, et là, tout le groupe qui est ici s’est payé le toit sur la tête à cause d’un éclair que tout le monde a ressenti, comment c’est possible?
- Je crois seulement ces deux filles deviennent de plus en plus elles puissantes, elles arrivent maintenant à faire vivre à tout le monde les peurs de chacun ! Enfin ça expliquerait pourquoi on vit tous ces cauchemars, mais ce n’est qu’une théorie.
- Ouais, ben c’est flippant ta théorie… mais j’ai bien peur que tu es raison et pas seulement pour ça, aussi sur le fait qu’elles ne sont pas humaines, plus du style démons ou demi-dieux à la con ou un sale truc du genre…
- Ouais c’est bien possible. L’avantage c’est qu’on est dans une bibliothèque, donc à défaut d’armes pour aller les chasser, on peut toujours faire des recherches dans les bouquins qu’on trouve ici pour essayer de trouver comment on les zigouille…
- Tu crois qu’il y a ce genre de renseignements ici ?
- On peut toujours regarder !! Mais avant tout il faut s’assurer que le gars inconscient est bien sous l’emprise de l’envoûtement…
- « Ok, je vais vérifier qu’il a été blessé avec une cure dent ou truc du même style mais toi tu attrapes les livres que t’as besoin et tu te poses, ta fièvre est toujours super élevée et je te parle pas du trou que t’as dans tes poignets d’amour!!! » Lança Dean en pointant du doigt son frère et en repartant vers le petit groupe d’adolescent.
Sam le rejoignit au coté de l’homme, toujours allongé, mais son regard fut attiré vers sa droite. Méline, dans son coin, grattait frénétiquement son bras gauche.
Le cadet s’approcha alors doucement d’elle et regarda sa plaie. Un petit trou violacé se distinguait au milieu des grains de beauté de la jeune fille. Sam se releva instantanément et se retourna en direction de son aîné, les yeux remplient d’effroi. Dean quant à lui avait trouvé le même style de blessure sur le doigt de l’homme, ce qu’il fit remarquer à son frère en lui tournant la main de l’inconnu dans sa direction. Il se redressa aussitôt et afficha une grimace d’incompréhension lorsqu’il vit la mine déconfite de son cadet.
- « Bon, tout le monde m’écoute attentivement! » Commença le plus jeune Winchester sur un ton mélangé d’autorité et d’angoisse : « Qui a été blessé dans les derniers jours par un ou plusieurs petits objets pointus dont vous ne connaissiez pas l’origine ? »
Tout le monde leva la main, excepter Dean bien sur.
Sam se passa frénétiquement les doigts dans les cheveux, preuve d’un stress évident, pendant que son frère le regardait d’un air ahuri sachant très bien, finalement, à quoi il pensait : ils allaient tous vivre avec horreur les différentes phobies de chaque personne présente dans la pièce.
Il n’y avait plus un bruit dans la bibliothèque délabrée.
Sam restait debout, fixe, comme tétanisé, abasourdie par la fatalité qui leur tombait encore dessus, le tout en fixant son frère comme pour l’avertir de ce qui allait se passer. Quant à Dean, il était toujours posté à coté du corps de l’homme mais il regardait intensément son cadet pour lui faire sentir qu’il avait bien compris qu’ils étaient tous dans un sacré pétrin. Les trois adolescents les observaient à tour de rôle, ne comprenant pas vraiment l’attitude de ces deux agents fédéraux.
- « Ben alors quoi ? Y a pas mort d’homme, c’est que des minuscules blessures, pour ma part j’ai rien sentit… ! » Lança Cameron en se relevant pour couper le silence pesant. « A croire que c’est la mode en ce moment de se faire piquer les doigts avec des aiguilles ou je ne sais quoi ! A mon avis c’est des pauvres tarés qui s’amusent à blesser les gens de ce lycée pour le fun, je vois pas en quoi c’est si terrible ; vu la gueule que vous tirait, on dirait qu’on est proche de l’apocalypse… franchement….
- Cameron ! » Le coupa Dean sur le point de s’énerver « tu fermes ton claque merde et tu reposes ton cul direct sur ces planches avant que je t’assomme !! C’est clair ? ».
Le jeune homme se rassit instantanément devant les yeux foudroyant du faux agent du FBI, une mine boudeuse sur son visage juvénile ; quant à l’aîné des Winchester, il se dirigea rapidement vers son petit frère qui n’avait toujours pas bougé d’un pouce, ce qui l’angoissait encore plus.
Il le reprit par le bras et le ramena au même endroit que leur précédente conversation. La fièvre de Sam s’était remise à grimper à la seconde où le jeune Winchester se mit à paniquer en voyant son impuissance et son incapacité à sauver ces enfants du danger qui les menace.
- « Sam, reprends toi mec, cède pas à la panique, tu sais bien que ces sorcières t’attendent au tournant!
- Mais tu ne comprends pas Dean, ces trois gamins et ce type, là, ils vont probablement tous mourir de peur sans qu’on puisse faire quoi que soit…
- On va trouver le moyen d’arrêter ces deux garces, il faut juste que tu te ressaisisses ! J’ai besoin de toi frangin alors me lâche pas !!
Sam cligna des yeux comme s’il venait de se réveiller ! Il se rendait compte que la panique et donc la fièvre avaient gagné du terrain. Le fait est qu’il avait du mal à contrôler ses émotions, et que c’est justement ça qui pouvait le tuer. Il fit un signe de tête à son frère pour lui faire comprendre qu’il était de nouveau avec lui d’une certaine façon et qu’il avait reprit ses esprits en dépit de ses craintes. Il inspira grandement, repassa sa main dans ses cheveux et fixa le petit groupe d’adolescent, assis un peu plus loin dans la pièce, une mine d’incompréhension sur leur visage enfantin. Le stress diminuait, la fièvre redescendait.
- « D’accord ! Bon, la première chose à faire c’est de demander à chaque personne dans cette salle leurs plus profondes phobies, enfin du moins celles qu’elles connaissent, comme ça on pourra peut être mieux se défendre face aux éventuelles sortilèges. S’ils se préparent psychologiquement, les retombés seront assurément moins terribles. » Fit Sam en soupirant.
- « Mouais ! Et tu comptes t’y prendre comment pour leur faire avouer leurs peurs, hein ?
- Je pense qu’il faut leur dire la vérité, leur parler des sorcières !
- Ouais, ben déjà qu’ils nous prenaient pour des fous à liés, ça va pas arranger notre image de marque cette affaire…
- De toute façon c’est toi qui vas leur annoncer !
- Pourquoi moi et pourquoi pas toi ?
- Parce que moi je vais essayer de trouver des livres qui pourraient nous aider, tu te rappelles… ?
- Pourquoi c’est toujours pour moi le sale boulot ?!
- Et essaye d’être compatissant, ce sont que des gamins !! Ah et faudrait aussi s’occuper de ce gars, on sait même pas qui sait ! » Fit Sam en lançant un regard vers l’homme qui ne se réveillait toujours pas…
- « Hé, les deux tourtereaux, c’est pas qu’on s’ennuit, mais j’ai pas envie de moisir ici moi !! » Hurla Cameron qui n’était décidément pas prés à lâcher le morceau.
- « … T’es sûr qu’on doit sauver tout le monde ? » Demanda ironiquement Dean à son frère les dents serrées en partant vers le petits groupes d’adolescents.
Sam esquissa un léger sourire devant l’irascibilité de son frère envers le jeune adolescent et se mit un peu à l’écart pour trouver quelques informations dans les différents bouquins tombés au sol. Il se dirigea aussitôt vers ‘histoire et anthropologie’, les pancartes indiquant les matières étant toujours miraculeusement accrochées à des poteaux en fer.
L’aîné des Winchester, quant à lui, se posta devant le petit groupe, prit sa mine la plus sérieuse et se décida, après avoir fermé les yeux et inspiré grandement, à annoncer la dureté de la situation.
- « Bon voilà le topos, y a deux de vos camarades de classe qui se trouvent être des sorcières vaudou et qui veulent nous rendre la vie dure. Si vous êtes là, c’est qu’il y a une raison, vous êtes tous, autant que vous êtes, les proies de ces deux greluches parce que vous avez du les énerver. Comment, j’en sais rien et j’en ai strictement rien à foutre. Tous ce que je sais, c’est qu’elles plaisantent pas et que leur but c’est de vous exterminer en se servant de vos peurs les plus terrifiantes. J’ai donc besoins de savoir vos plus grandes phobies pour éviter un carnage. Voilà, des questions ? »
Les trois lycéens regardèrent Dean comme s’il venait d’une autre planète. Même Cameron resta bouche bée devant le récit de ce grand dégénéré. Il n’avait jamais entendu autant d’inepties dans une seule phrase et ce n’est que lorsque Dean rouvrit la bouche pour leur redemander un à un leurs différentes peurs qu’il se décida à répliquer.
- « Non mais vous êtes réellement malade, vous devez vous soigner, et ça devient très urgent !! C’est du grand n’importe quoi ! Vous vous rendez compte des conneries monumentales que vous venez de nous déballer ! C’est quoi votre problème, vous avez pas eu assez de câlins quand vous étiez petit, c’est ça ? Je vois pourquoi on se tirerait pas d’ici tout simplement, maintenant que la tempête est passée… Parce que désolé mai moi je reste pas une seconde de plus avec v…. »
Cameron ne pu finir sa phrase que l’homme étendu au sol se réveilla brusquement en hurlant, faisant sursauter de peur tout le petit groupe. Il se redressa et son premier réflexe fut de regarder vers le ciel. Des nuages sombres se redessinèrent aussitôt, le vent se remit à soufflait, faisant tourner les pages des livres ouverts sur le plancher à moitié détruit, et le grondement féroces de l’orage se rapprochait de nouveau. L’homme rabaissa sa tête, ses yeux luisant, transpirant de frayeur, déversèrent quelques larmes, il savait que la foudre allait de nouveau s’abattre et que sa mort était proche.