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Child's Play

Série : Supernatural
Création : 21.07.2009 à 22h02
Auteur : Hecate 
Statut : Terminée

« voici une nouvelle fic qui j'espère vous plaira. merci de me laisser l'écrire seule. cet épisode virtuel se passe aprés la saison 4, donc attention il y a quelques spoilers. » Hecate 

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            Il n’était pas loin de 11h du matin mais la luminosité était redevenue quasi nulle. Les épais nuages noirs et gris cachaient de nouveau le soleil, et plus un rayon n’arrivait à percer le brouillard dense et consistant qui avait d’un coup envahi tout le lycée Saint Gabriel.

 

           Dean s’était rapproché de l’homme, dans l’espoir de le calmer de son désarroi face à l’orage grandissant. Il n’eût pas le temps de poser sa main sur son épaule que le trentenaire recula hâtivement, totalement paniqué.

 

-         «  Ne vous approchez pas de moi ! » Hurla t’il comme si l’aîné des Winchester était un monstre qui en voulait à sa vie.

-         « Calmez-vous, je veux juste vous aidez…. » Répondit Dean en se rapprochant de nouveau.

-         « Non, reculez je vous dis… Vous êtes plein de sang, vous pourriez être contagieux !!

-         Contagieux ? Mais de quoi vous parler, je suis pas malade, je me suis seulement pété l’arcade sourcilière, en quoi c’est dangereux pour vous ?

-         Vous êtes porteur de microbes, éloignez- vous de moi !!! » Cria l’homme en se collant contre un mur, les bras recroquevillés autour de ses genoux comme un enfant apeuré.

 

-         « Monsieur Smith est… comment dire… une mauviette finie, il a peur de tout ! » Enchaîna Cameron en se moquant de l’attitude de son professeur. « au moindre problème, monsieur tombe dans les vaps…

-         « Arrêtes Cam, tu vois pas qu’il est au bord de la crise de nerf… Ca nous aide pas du tout tes réflexions à deux balles… » Rajouta Thomas calmement en mettant un léger coup de poing sur l’épaule de son camarade de classe.

-         «  Comment ça Smith ! Encore un, mais c’est pas possible combien vous avez de Smith dans ce bahut ? » Demanda Dean un peu perplexe.

-         « Ben… trois ! » Réfléchit Cameron en levant les yeux. «  Le proviseur Smith, son fifils adoré et l’autre gros thon là, comment elle s’appelle déjà, à oui : Mildred… !!

-         Putain Cam tu peux pas la fermer une minute, tu nous soûles, franchement t’es lourd !! » Enchaîna Méline qui se grattait de plus en plus sa petite blessure au bras.

-         Oh pauvre bibiche qui supporte pas qu’on critique ses copines… » Minauda Cameron en se retournant vers la jeune adolescente.

 

-         « Ca suffit ! » Hurla Dean en se passant une fois de plus la main sur le visage, comme pour enlever le stress qui montait horriblement. «  Tout le monde se tait! Et vous il faut vous détendre ! » Fit-il à l’attention du professeur. « Respirez un grand coup, c’est pas en paniquant qu’on va arranger les choses…

-         C’est pas la peine de vous acharner sur ce type, agent ‘je sais plus quoi’, il ne vous écoutera pas. Le professeur Smith est sélaphobique, nosophobique et microbiophobique…en plus de plein d’autres choses. C’est marqué dans son dossier ! » Ajouta Cameron sur un ton des plus hautain.

-         "Hein ? Il est quoi ? » Demanda l’aîné en grimaçant d’incompréhension

-         "En gros il a peur des éclairs, des maladies et des microbes, quand à son père, notre cher proviseur c’est un grand cheimophobique, il a une aversion pour les tempêtes.

-         Ouais, ça explique beaucoup de chose… » Fit Dean presque à lui-même.  « Mais dis moi, comment ça se fait que tu saches autant de choses personnelles sur ce prof et ton directeur, hein ?

-         Ben j’ai piraté l’ordi du lycée et je me suis introduit dans les fiches persos de tous les profs et celui du dirlo… J’aime pas bosser avec des personnes que je connaît pas ! Et en tant que responsable du journal de l’école, il est de mon devoir de connaître certaines informations confidentielles… à publier ultérieurement…, et puis je suis plus intelligent que la moyenne, vous voulez qu’on compare vos neurones aux miens ?!!!

-         Arrêtes de te la jouer Cam, t’es d’un prétentieux ! » Ajouta Thomas en en balançant la tête en signe de dépit devant les paroles présomptueuses de son voisin.

-         Ben quoi, tu peux parler, c’est quand même toi et ta chère sœur qui avaient publiés l’article le plus haineux de cette année sur ces deux greluches. Moi j’ai seulement donné mon accord !! D’ailleurs il faut vous reconnaître que quand vous vous y mettez vous n’y allez pas de main morte…

-         Quoi ? Attendez, attendez ! De quelles greluches vous parlez ? » Demanda Dean avec appréhension.

-         Ben les deux filles qui sont arrivées ici il y a quelques mois, elles ont voulut faire leur loi tout de suite, alors on les a calmées en publiant un article un peu désobligeant sur elles. » Répondit Thomas en baissant les yeux comme s’il avait un peu honte de ce qu’il avait fait.

 

         Dean s’apprêtait à répliquer mais le tonnerre gronda un fois de plus faisant sursauté tout le monde. Le professeur Smith quant à lui s’était mis à se gratter insidieusement les bras sous l’effet de la panique, sans même prêter attention à la conversation.

        L’aîné était prêt à retourner à ses cotés lorsqu’il vit Sam revenir, le teint toujours aussi maladif, mais avec un sourire satisfait sur son visage blême. Il portait trois livres, d’aspect ancien, qu’il gardait précieusement sur son torse recouvert de sang.

Il fit un signe de tête à son frère pour lui demander de s’écarter du petit groupe afin de discuter tranquillement un peu plus loin pour que personne ne puisse les entendre. Thomas les regarda s’éloigner, il fixait Sam avec dégoût, de toute évidence, il n’aimait pas la vision du sang.

 

-         « J’ai du nouveau ! » Commença le cadet un air victorieux dans ses yeux fatigués.

-         « Moi aussi ! » Répondit Dean un peu plus contrarié en voyant que la santé de son petit frère ne s’était pas réellement améliorée.

-         « Ok, toi d’abord !

-         L’homme s’est enfin réveillé…

-         Super …

-         Heu non, si on considère qu’il est sujet à  un bon nombre de phobies…

-         Et lesquels par exemples ?

-         La foudre, les maladies, les microbes…

-         Génial… » fit Sam beaucoup moins emballé.

-         "Et c’est pas tout, ce cher monsieur s’appelle Smith et il n’est autre que le fiston du proviseur qui gît mort dans la dernière salle où on est passé…

 

          Sur cette remarque, Sam sembla chanceler, les remords étant revenu à grands pas, tout comme la fièvre qui les accompagnait. Dean le retint une fois de plus par les épaules, les dents serrées, il ne supportait plus de voir son frère dans cet état et tressaillir de la sorte. Il le regarda intensément pour s’assurer qu’il tenait le coup et ce n’est que lorsque son cadet lui fit un signe affirmatif de la tête que l’aîné relâcha son emprise. Sam, quant à lui, reprit une inspiration et se concentra avant de continuer.

-         "Je pense qu’il ne faut annoncé tout de suite à ce gars la mort de son père, ça ne ferait qu’accentuer son stress ! Regarde le, il n’arrête pas de se gratter. » Lança le cadet en lançant un regard vers le professeur.

-         Mouais, t’as raison, faudrait avant tout qu’on le calme !! J’ai aussi appris que son paternel avait une peur inconditionnelle des tempêtes…

-         Je comprends mieux cette histoire de tornade et de cyclone et pourquoi tout s’est arrêté quand le type est mort. Ce cher Mr Smith Senior a du sérieusement foutres en boule ses deux filles pour qu’elles nous balance un cataclysme de ce style sur la tronche !! » Rajouta Sam pendant que Dean regardait à son tour le professeur, toujours recroquevillé, se grattant frénétiquement les bras comme pour se nettoyer la peau des diverses impuretés.

-         « Ouais, je sais pas pour les Smith mais je sais par contre pourquoi les trois gamins, eux, font partis des victimes !

-         Raconte…

-         Ils sont  tous les trois rédacteurs du journal du lycée et s’en sont pris à nos deux amies qui, je pense, n’ont pas du tout apprécié le petit article qu’ils ont écris sur elles…

-         Ouais effectivement, c’était pas malin de leur part, mais en même temps ils ne savaient pas ce qu’elles étaient…

-         … Bref, et toi alors ?

-         J’ai trouvé des livres d’anthropologie  et folklore sur la religion vaudou et tout ce qui si rapporte… et on y mentionne nos deux sorcières, enfin je pense que se sont elles….il y est écrit que se sont des jumelles, en fin de compte, et elles …

 

           Le cadet n’eut le temps d’exposer ses trouvailles que les cris de Thomas résonnèrent dans la bibliothèque délabrée. Les deux frères se retournèrent en même temps pour voir les trois adolescents, debout, en train de fixaient quelque chose, probablement leur professeur toujours au sol juste devant eux.

           Sam et Dean n’arrivaient pas à voir les raisons de leur soudaine agitation car les élèves bouchaient totalement la vue. Les enfants reculèrent de peur devant le spectacle atroce qui se jouer devant eux. Méline se retourna et couru en direction des deux faux agents pour se placer derrière l’aîné des Winchester, Cameron posa sa main devant sa bouche pour s’empêcher de vomir quand à Thomas il restait paralysé devant le cauchemar réel qui se déroulait devant lui.


Hecate  (29.08.2009 à 11:29)

    La foudre s’abattait maintenant sur tous les bâtiments du lycée faisant vibrer les murs fissurés encore debout. Le tonnerre encerclait le petit groupe d’individus qui se réfugiait désespérément dans la modeste bibliothèque à moitié ensevelie sous le toit totalement détruit et éparpillé sur le sol.

    Seulement l’orage, aussi terrible soit-il, était loin d’être le point le plus captivant de ces dernières minutes. Non, les trois adolescents restaient pétrifiés devant le spectacle macabre qui s’offrait à eux.

    Les frères Winchester s’avancèrent pour comprendre les raisons de tant d’angoisse. Sam attrapa Thomas par le bras, toujours debout, immobile, terrifié, pour le faire reculer et avoir un meilleur champ de vision. Quand à Dean il voyait dés à présent avec horreur la scène qui suscitait tant d’agitation.

 

    Le professeur Smith, toujours assis dans le coin sombre de la bibliothèque, tapi contre le mur, était pris d’une crise compulsive de stress. Seulement, en plus de la bave et des larmes coulantes sur son visage meurtri, le sang suintait allègrement de son nez, de ses oreilles et de ses yeux globuleux, le tout accompagné de balafres ensanglantées sur chaque partie de son corps,  tel un monstre agonisant. L’homme s’était raclé les bras, puis les jambes jusqu’à s’extirper la moindre parcelle de peau et laissant apparaître certains muscles sous cutanée ainsi que l’hypoderme graisseux sanguinolent.

    Mais comme les membres à vif ne suffisaient pas à le calmer, il s’était désormais attaqué à sa tête. Ses ongles se plantaient dans l’épiderme fragile de son visage pour arracher des lamelles de peau dont certaines restaient accrochées par de multiples tendons ou autres vaisseaux plus ou moins solides. Là ou n’importe quelle personne se serait évanouie de douleur, lui ne semblait pas souffrir, sa peur gagnait sur la souffrance et ses troubles obsessionnels l’avaient en quelque sorte anesthésié de l’affliction qu’il se faisait à lui même.

 

    Sam fut le premier à s’avancer vers le professeur qui continuait à se griffer frénétiquement. Il essaya désespérément de le calmer mais l’homme ne semblait pas l’entendre et le repoussait brutalement de ses mains recouvertes de sang. Il marmonnait des paroles insignifiantes au sujet de microbes et autres maladies contagieuses, qui n’avaient aucuns sens pour les deux frères, et perpétuait malgré tout à sa tache des plus sinistre.

 

-         « Dean, tiens lui les mains j’arrive pas à le maîtriser… » Criait Sam en essayant désespérément d’empêcher le professeur de s’automutiler. 

-         "Je peux pas, y a trop de sang, mes doigts glissent !! » Répondit l’aîné en s’efforçant de maintenir l’homme sans le blesser d’avantage. « Putain, comment il a pu se faire ça en moins de cinq minutes… ? » Marmonna t-il comme s’il réfléchissait à voix haute.

 

    Un peu en retrait, les trois adolescents assistaient au spectacle répugnant et sordide, complètement paralysés.

    Méline pleurait à chaude larmes, totalement impuissante, se cachant son visage de ses petites mains tremblantes d’angoisse, Cameron vomissait tripes et boyaux dans un coin de la pièce tandis que Thomas restait pétrifié en fixant la scène. Ses yeux grands ouverts témoignaient d’uns stress évident, son rythme cardiaque avait considérablement augmentait sans parler de sa respiration plus que saccadée.

 

    En dépit des efforts acharnés de Sam et Dean, le professeur se mit à convulser, d’abord pris de frénésie, ses membres tremblèrent puis se fixèrent aussi raides qu’un bout de bois. En voyant cela  Dean chercha un bâton ou un objet solide à lui mettre dans la bouche pour éviter que l’homme ne s’étouffe dans sa crise d’épilepsie.

    Trop tard. Le professeur Smith avait d’ors et déjà avalait sa langue et suffoqua en un instant dans des râles d’agonie.

 

    Au fond de la salle deux ombres fluettes s’étaient dessinées. Les jeunes filles qui avaient provoquées ce doucereux spectacle, rigolaient à tue tête dans ce qui restait de la bibliothèque.

 

   Dean relâcha le corps de l’homme mutilé et força son petit frère à en faire de même.

   Sous les rires insolents des sorcières, l’aîné se retourna, les yeux emplis de fureur, avec la ferme intension de les exterminer le plus vite possible. Mais il eût juste le temps de les apercevoir que leurs ombres avaient déjà disparu telles des esprits malicieux. Elles s’effacèrent en un instant, laissant toutefois quelques cris de bonheur juvéniles résonnaient dans la pièce, faisant frissonnait le reste du petit groupe.

     Les dents serrées, Dean se releva et observa à tour de rôle les trois adolescents, totalement traumatisés de la scène qu’ils avaient du subir. Cameron avait arrêté de vomir mais fixait dés à présent le corps du défunt professeur avec un air plus que horrifié. Quand à Thomas, il n’avait pas bougé d’un millimètre depuis que Sam l’avait fait reculer de force.

 

-         « Il a peur du sang… » Fit Méline la voix emplie de sanglot, à l’attention de Dean.

-         « Quoi ? » Répondit l’aîné, surpris par la prise de parole de la jeune fille.

-         « Mon frère, Thomas, il a une peur viscérale du sang… depuis qu’il est tout petit…"

 

    Dean se détourna  alors en direction du jeune adolescent et une fois à ses cotés, posa une main sur son épaule pour le réconforter et essayer de le calmer. Seulement Thomas n’était pas le seul paralysé par le stress, l’aîné remarqua que Cameron était dans le même état que son camarade de classe.

 

-         « Alors quoi, toi aussi t’as peur du sang ? » Lança Dean pour faire réagir le jeune homme.

-         « Il est mort ! » Demanda ce dernier totalement terrorisé.

-         « Ah je vois, tu n’as pas peur du sang, tu as peur des cadavres….génial, il manquait plus que ça."

 

    Dean se retourna vers son frère, il avait besoin de son appuis, se sentant totalement dépassé par les évènements : un professeur mort de façon tragique baignant dans son sang et ses entrailles, deux ados en proie à stress phobique sur le point de faire une crise cardiaque à 16 ans et une jeune fille s’essuyant ses larmes sur ce qui restait de sa chemise.

    Seulement il avait beau l’appeler, Sam ne réagissait pas, il était toujours accroupi à coté du défunt sans bouger, les yeux fixés sur ce corps qui ne ressemblait plus vraiment à un homme.

    L’aîné laissa les adolescents et retourna en quatrième vitesse au coté de son frère. Il lui prit les épaules et le releva comme il put afin de le regarder et l’examiner. Il pouvait sentir la chaleur du corps de son petit frère passait à travers sa veste et sa chemise, la fièvre était en train de le consumer, ses yeux luisants ne semblaient plus réagirent au différentes luminosités de la pièce, il était totalement anéanti.

 

-         «  Je veux partir d’ici… » Commença Cameron la voix tremblante de peur.

-         « Laisse moi une seconde tu veux, c’est pas le bon moment là! » Répondit Dean supportant son frère pour qu’il ne s’écroule pas.

-         "Je veux m’en aller… je veux sortir d’ici… pourquoi on quitte pas le lycée tout de suite… je veux partir… !!! »

 

    Le jeune adolescent fut stoppé dans sa crise de panique par des flammes qui surgirent d’un coup au quatre coins de la pièce paralysant tout le monde d’incompréhension. La danse du feu sortit Thomas de sa stupeur mais plongea Méline, à son tour, dans une phase de grande anxiété ; quand à Sam il s’écroula dans les bras de son frère, souffrant, inconscient.


Hecate  (01.09.2009 à 13:56)

-         « Et voilà pourquoi on ne peut pas se barrer du gland, c’est parce que ces deux sorcières ne nous laisseront pas partir !! » Fit Dean en regardant Cameron. « Sammy ?! » hurla t-il totalement angoissé.  « Aller Sammy, réveille toi, je t’en pris, il faut que tu te battes, reviens !! »

 

Le cadet ouvra ses yeux difficilement, il agrippa sa main à la chemise de son aîné pour être sûr que ce dernier était bien à ses cotés. La faible lueur du jour lui brûlait la rétine tellement la fièvre était élevée, mais son expérience, son endurance et surtout la présence de son grand frère l’aidaient dans les moments les plus difficiles  à se ressaisir. La mort du professeur n’avait qu’accentué, une fois de plus, la fièvre, et son corps avait de plus en plus de mal à le supporter. Il s’agrippa de plus belle à son aîné et se redressa pour s’assoire. Il vit avec horreur que la pièce était en feu et que les flammes commençaient à gagner du terrain.

 

-         « Il faut récupérer les livres que j’ai trouvé, où sont ils ?... » Demanda Sam la voix à peine audible à l’adresse de son frère.

-         « Euh, là, un peu plus loin, à coté de Méline… comment tu te sens ? » Insista Dean en tirant vers le haut le bras de son frère pour essayer de le relever.

-         « Je survivrais… enfin peut être !! » Répliqua le cadet ironiquement, le tout accompagné de grimaces explicites.

-          « Il faut qu’on parte de cette bibliothèque…

-         Oui, mais le feu va nous poursuive, où qu’on aille…

-         Quoi ? De quoi tu parles, tu délires Sammy !

-         Non, Dean, écoute moi, des flammes qui apparaissent comme ça sans raison, c’est un autre envoûtement pour une autre phobie ! Et le temps qu’on ne sait pas envers qui ce sort est destiné…

-         …On est tous dans la merde, ouais j’avais bien compris. Mais j’ai pas envie d’attendre qu’on ce fasse cramer la gueule, il faut soit sortir et tenter notre chance, soit essayer d’éteindre le feu, ce qui ne va pas être une partie de plaisir à mon avis…

-         Non, pas nécessairement !! » Sam se retourna, toujours chancelant, vers les trois adolescents : «  Qui a peur du feu ? »

 

Aucune réponse. Ils étaient tous bien trop absorbés par la danse macabre des flammes, verdies par l’encre des livres déjà consumés, qui se rapprochaient dangereusement de leur emplacement. Les deux garçons avaient peur, certes, mais tout ce qu’ils voulaient c’était fuir de ce brasier, comme n’importe quel être humain un peu censé. Ils étaient bien plus paniqués par leur propre phobie. Quand à Méline, elle était tétanisée, son regard était fixé sur le feu, des larmes d’angoisses coulaient sur ses joues rosées par la chaleur, sa respiration était plus que saccadée et ses membres tremblaient sans qu’elle ne puisse les contrôler.

Sam avait sa réponse, la jeune fille était clairement pyrophobique, la vision du feu la rendait malade au point  de pratiquement s’évanouir. Thomas se retourna à son tour, il savait que sa sœur avait une peur inconsidérée des flammes et il se rapprocha d’elle pour la rassurer, en dépit de sa propre phobie du sang qui le pétrifiait. Quant à Dean il regarda Sam pour savoir ce qu’il avait en tête.

 

-         « Il faut la faire sortir ! C’est sa phobie, si elle sort de la pièce, le feu n’a plus raison d’être ici… » Lança Sam en fixant la jeune fille.

-         « Alors quoi on l’abandonne dans le couloir en attendant qu’elle y passe c’est ça ? » Demanda Thomas qui commençait à s’énerver devant le manque de compassion de Sam.

-         « Non, pas du tout, si elle reste, le feu va envahir la salle et on crève tous ! Ce qu’il faut c’est la mettre à l’abri dans un endroit où le feu ne peut pas l’atteindre… » Répliqua le cadet en regardant son frère cette fois. «  Je suis trop faible pour l’emmener assez vite… Dean ?

-         Pas question, je te laisse pas seul, on se sépare pas, c’est trop dangereux… » Rétorqua l’aîné en voyant les flammes gagnaient sur eux.

-         « Ne t’inquiète pas, on va nous aussi se trouver un endroit plus sûr mais tu dois prendre Méline avec toi, t’as pas le choix, ou tu l’emmènes, ou on meurt tous brûlés vifs… »

 

A cette réflexion, l’aîné serra les dents, il savait que son petit frère avait raison mais l’idée qu’il se retrouve loin de son cadet alors que les sorcières courraient toujours ne lui plaisait pas du tout. Il leva les yeux au ciel et se décida tout de même à agir malgré sa mauvaise intuition.

 

-         « Putain Sammy, j’aime pas ça !!»  Répondit Dean en soupirant et en prenant tout de même la jeune fille dans ses bras. « Où est ce que tu comptes les emmener ?

-         J’en sais rien, il nous faut une pièce plus sécurisée…

-         Le labo de chimie ! » Intervînt Thomas, les yeux brillant. « Les murs sont plus épais et les fenêtres du SAS ont du double vitrage… c’est pour plus de sécurité quand on fait des expériences plus ou moins dangereuses.

-         Où se trouve cette salle ? » Demanda Dean précipitamment.

-         Porte 265, deuxième étage, bâtiment B… » Répondit le jeune adolescent en s’essuyant le front de toute la sueur qui était apparue sur son visage.

-         « Ok, je te retrouve là bas aussi vite que je peux » Finit par dire Dean en fixant son frère intensément comme s’il avait peur de ne plus jamais le revoir. «  Et… Sammy ?

-         Quoi ?

-         Fais gaffe !!!

-         Toi aussi frangin… » Termina le cadet en voyant son grand frère sortir de la bibliothèque par l’une des fenêtre, non exposée au feu, en portant l’adolescente, toujours terrifiée.

 

L’aîné des Winchester n’avait pas quittait le deuxième couloir qui longeait la bibliothèque que les flammes commençaient déjà à s’amoindrir. Il ne fallut que quelques secondes pour que le feu disparaisse totalement dans la pièce ne laissant que les cendres des ouvrages calcinés au milieu de la large salle totalement détériorée et le professeur qui gisait toujours au milieu d’une marre de sang,. Les deux jeunes lycéens n’en revenaient pas de ce changement soudain de situation ; quant à Sam il posa ses mains sur ses genoux pour reprendre sa respiration,  il avait tout de même du mal à tenir sur ses jambes, l’angoisse étant encore montée d’un cran, sans parler de la fièvre qui le rongeait de l’intérieur et sa blessure à l’abdomen qui le tiraillait.

 

-         « Où est ce qu’il emmène ma soeur? Je veux rester avec elle…

-         Dean s’occupe d’elle pour le moment…

-         Mais si le feu la suit, comment il va faire votre partenaire pour la sauver, hein ?

-         Il l’emmène au gymnase, sous les douches des vestiaires, là le feu ne pourra pas l’atteindre ! »

 

Thomas semblait rassurer par la réponse de Sam mais il était tout de même angoisser à l’idée que Méline soit loin de lui.

 

-         « Et comment vous savez qu’il l’emmène là bas ? Vous lisez dans les esprits ? Je vous ai pas entendu parler du gymnase avec l’autre  taré ? » Embraya  Cameron, le ton amère, toujours tremblant, ne quittant pas des yeux le corps du défunt.

-         « C’est pourtant là bas qu’il va l’emmener. On est, disons... sur la même longueur d’onde lui et moi ! Faites nous confiance ! » Répliqua le cadet en se penchant pour récupérer ses ouvrages.

-         « Ouais c’est ça, faisons confiance à deux types totalement frappadingues…! » Finit par cracher Cameron en soupirant.

-         « Tu sais quoi Cameron, je vais emmener Thomas en lieu sûr dans ce labo de chimie, mais si je suis trop frappadingue pour toi, tu peux rester ici pour tenir compagnie à ton prof, mais je pense que votre conversation ne sera que dans un sens…c’est toi qui décide ! »

 

Sam prit Thomas par le bras, pour le forcer à bouger, et commença à se diriger vers la sortie. Il sentait que la fièvre avait également envahi le jeune garçon, ainsi que Cameron probablement. Ce dernier voyant les deux hommes partirent, détacha enfin ses yeux du corps allongé, ses pupilles reflétaient l’anxiété grandissante, il avait l’impression que son cœur allait s’arracher de sa poitrine. Il ne voulait pas mourir, et surtout pas mourir de peur. Peut-être fallait il qu’il fasse confiance à cet agent du FBI, ou quoiqu’il soit, finalement.

Il fit donc un pas en arrière, puis un deuxième et couru enfin se mettre juste derrière Sam non sans avoir jeter un dernier regard vers son professeur, enfin ce qu’il en restait.

Ils quittèrent donc tous les trois la bibliothèque, en espérant arriver sains et saufs au laboratoire de chimie.

 

Juste derrière eux, cachées par un mur, les deux filles, d’une beauté exaspérante, regardaient le petit groupe s’éloigner. Elles se retournèrent l’une vers l’autre et d’un œil complice elles sourirent en songeant aux différents châtiments qu’elles allaient pouvoir infliger à leurs proies.


Hecate  (04.09.2009 à 13:50)

 L’orage s’étant totalement arrêté depuis la mort du professeur, Dean avait mis moins de cinq minutes pour arriver jusqu’au gymnase, enfin ce qu’il en restait. La partie en pré fabriqué s’était totalement envolée, laissant un unique panier de basquet au milieu d’un champ de ruine, mais le bâtiment comprenant vestiaires et remise avait tenue le coup, et seules quelques briques avaient laissé des petites ouvertures dans les murs.

 Méline s’était calmée durant le trajet mais l’aîné des Winchester pouvait, dés à présent, sentir la fièvre qui se dégageait de l’adolescente. Elle n’était pas encore aussi élevée que celle de Sam mais il savait qu’elle grimperait considérablement et rapidement puisque les sorcières ne leur laissaient, semblait-il, aucun moment de répit.

 

Ils entrèrent, tous les deux, dans le vestiaire des filles et Dean plaça la jeune femme au milieu des douches. L’endroit était entièrement carrelé, impossible aux flammes de pénétrer la petite pièce, enfin c’est ce qu’il pensait. Le toit, juste au dessus d’eux, semblait avoir souffert de la tempête et certaines gouttières s’étaient formées ici et là, amenant des petites flaques d’eau sur le sol.

 L’adolescente s’assît en tailleur sur le carrelage légèrement humide, un peu tourmenté par la chaleur qui prenait possession de son corps, et leva la tête en direction de son sauveur qui tentait tant bien que mal de retrouver sa respiration.

 

-         «  Pourquoi elles font ça, je veux dire, j’ai rien fait de mal, enfin rien qui mérite de mourir. » Commença Méline, une voix remplie de sanglots qu’elle cherchait désespérément à cacher.

-         «  J’en sais rien. En fait je pense qu’elles ne font que s’amuser, comme toutes créatures du mal qui se respectes, leur but est de détruire, de faire souffrir… et de tuer, c’est dans leur nature… » Répliqua Dean en se montrant le plus compatissant possible.

-         «  … Mais pourquoi nous, pourquoi ici, ce lycée ?

-         Il doit y avoir une raison, en effet, mais je ne la connaîs pas … Sammy trouvera les réponses, il trouve toujours… »

 

Méline regarda un instant ses chaussures, elle avait du mal à croire que ces sorcières, ou quoi qu’elles soient, existaient réellement, mais en vu de tout ce qui s’était passé, il fallait bien l’avouer, quelque chose avait rendu cette ville et plus particulièrement ce lycée, la proie à des forces  surnaturelles, il n’y avait plus aucun doute la dessus.

Au bout de quelques minutes de silence reposant, la jeune adolescente releva la tête vers Dean qui semblait plus que nerveux.

 

-         « Vous n’êtes pas réellement des agents du FBI, n’est ce pas ? » Lança la jeune fille sûr d’elle.

-         «  Nan !

-         Et votre partenaire n’est pas vraiment votre partenaire ?

-         Nan !

-         Vous êtes en train de vous inquiéter pour lui en ce moment…parce qu’il est bien plus qu’un simple coéquipier ! Ca se voit à la façon dont vous le regardez…

-         C’est mon frère… et …j’aime pas être loin de lui, c’est tout ! Surtout dans ce genre de situation, sans parler du fait qu’il est blessé et victime de l’envoûtement lui aussi … !

-         Ah bon, les sorcières s’en sont pris à lui ? Pourquoi ?

-         J’en sais rien… il a rien fait de plus que moi pour attirer la colères de ces garces alors pourquoi lui et pas moi ?! » Pesta l’aîné, la colère débordant de ses yeux clairs.

-         «  Vous parlez comme si vous étiez jaloux…

-         J’aurais préféré être choisis à la place de Sammy…

-         Mais vous êtes malade, elles cherches à nous tuer je vous rappelle, on peut mourir de peur, estimez vous heureux de ne pas faire partie de leurs victimes !

-         Je préfère mourir plutôt que de le voir souffrir… ».

 

Dean se releva et tourna la tête faisant comprendre que la conversation sur ce sujet était clause. Il s’était déjà beaucoup trop confié, chose qu’il ne faisait que très rarement, qui plus est avec une adolescente qu’il ne connaissait pas du tout.

Un bruit à l’extérieur des vestiaires l’interpella, comme des crépitements, mais très légers, à peine audibles.

 

-         « Qu’est ce que c’est ? C’est quoi ce bruit ? » Demanda l’adolescente qui recommençait à paniquer.

 

L’aîné des Winchester se dirigea alors vers la porte la plus proche et l’ouvrit afin d’éveiller sa curiosité. À sa plus grande surprise des  flammes de plusieurs mètres de hauteur dansaient insidieusement tout autour des petites pièces où il s’était réfugié avec Méline. Cette dernière hurla et se calla dans un coin des douches, quant à Dean il referma la porte sachant que la vue du feu terrifiait la jeune fille.

 

-         «  Tu ne risques rien ici, cet endroit est entièrement carrelé, le feu ne peu pas t’atteindre ! » Lança le jeune homme en se rapprochant doucement de l’adolescente.

-         « Mais on est encerclé par les flammes, on ne pourra plus jamais sortir d’ici, on va mourir asphyxié et …

-          Calme-toi ! Je te dis qu’on ne risque rien, si tu paniques, ta fièvre va augmenter, alors respire calmement, il faut que tu combattes ta peur… »

 

La jeune fille avait du mal à se reprendre et sa fièvre ne faisait que s’accentuer, au point qu’elle pouvait presque sentir ses organes s’enflammer à l’intérieur de son corps transpirant.

 

 

 

 

Sam avait réussis à parcourir la moitié du lycée en traversant préaux, couloirs et autres espaces complètement encombrés des débris de la tempête. Il était accompagné des deux jeunes hommes au teint plus que pâles, en direction du bâtiment B se trouvant à l’autre extrémité du bahut.

Cameron n’avait pas arrêté de grogner et de se plaindre des différentes embûches qu’ils avaient été contraints de surmonter, quand à Thomas il restait silencieux, étrangement calme, sans un mot il suivait le cadet des Winchester.

 

-         «  Ca y est, on est arrivé, Bâtiment des sciences droit devant ! »  Souffla Cameron en s’essuyant une fois de plus son front dégoulinant de sueur.

 

Devant eux se dresser un énorme bloc de béton qui n’avait apparemment pas souffert des désagréments du temps, mis à part quelques fenêtres parmies une bonne centaines, dont les carreaux avaient explosé.

 

-         « J’suis d’avis qu’on prenne l’ascenseur ! J’ai une carte privilège pour l’activer, c’est normal en tant que rédacteur en chef je….»

-         Non ! » Répondit sèchement Sam sans laisser le temps à Cameron de finir sa phrase.

-         « Ben quoi, monsieur le héro, on est chlostro, c’est ça ?

-         Premièrement, les ascenseurs ne doivent pas fonctionner puisque la tempête a totalement détruis le réseau électrique de toute la ville, et deuxièmement ce genre d’endroits restreints restent des lieux privilégiés pour nos deux sorcières qui n’attendent que de nous exterminer donc…t’as d’autres idées brillantes à nous suggérer Cameron ? » Lança Sam en avançant vers la porte d’entré de l’énorme bâtiment sans prêter plus attention au jeune adolescent qui ronchonnait derrière lui.

 

Sur le pallier, un énorme panneau indiquait les directions à prendre pour atteindre les différentes salles de classe. Juste au dessus était inscrit ‘Bâtiment B, science et technologie’ en grosses lettres bleues, légèrement rouillées.

Les trois garçons prirent le chemin vers les escaliers en béton à leur droite. Ils montèrent marche par marche, non sans mal, pour arriver dans un long couloir aux multiples portes. La fièvre les assaillait et le fait d’avoir grimpé deux étages à pieds n’avait qu’accentué d’avantage leur mal être.

Ils avancèrent encore un peu et Thomas se stoppa devant une double porte en bois épaisse sur laquelle était écrit ‘laboratoire de chimie, deuxièmes et troisièmes années uniquement’.

Sam tourna alors la poignée et entra dans la pièce relativement spacieuse.  Devant lui, quelques tables allongées en fer sur lesquelles microscopes, éprouvettes et tout bon matériel de chimiste était soigneusement posé.

 Quelques bouts de verre étaient éparpillés devant les deux fenêtres qui menaient à l’extérieur ainsi que des feuilles de papier, disposées un peu partout dans la salle, probablement dues au vent qui s’était légèrement engouffré. A sa droite se tenait un SAS : une salle de trois mètres sur trois entièrement en verre composée d’un double vitrage intact. A l’intérieur on pouvait distinguer quelques objets comme becs bunsen, acide chlorhydrique et sulfurique et un bon nombre de produits inflammables, plus ou moins dangereux.

 

Les trois garçons s’avancèrent dans le labo, Cameron s’assit immédiatement sur le plancher poussiéreux, accolé contre un mur, Sam ferma la porte derrière lui et posa ses trois livres sur l’une des tables, tandis que Thomas marchait en direction de l’une des fenêtres, suivit de prés par le cadet des Winchester.

Ils pouvaient voir tout le lycée de là où ils étaient : la cafétéria, totalement détruite, le bâtiment d’histoire géo de plain pied, qui abritait la bibliothèque,  ou plutôt ce qu’il en restait, les nombreux préaux en ruines et le gymnase… en feu.

 

-         « Oh mon dieu ! Méline ! » Cria Thomas en voyant les flammes immenses qui encerclaient ce qui restait de leur salle de sport.  «  Il faut allait les aider… !

 

Sans attendre une minute, Thomas courut en direction de la porte de sortie totalement paniqué pour sa soeur. Sam voulut le retenir mais au moment où il atteignit son bras, le plancher sous leurs pieds s’affaissa. Les deux garçons tombèrent à travers le trou béant.


Hecate  (07.09.2009 à 18:36)

La chaleur et surtout la fumée, rentraient à travers les fissures et les bas de porte des vestiaires. Dean s’était accroupi à coté de Méline pour pouvoir la calmer et rester plus prés du sol sachant pertinemment que la nuée se dirigerait vers le plafond.

 

-         «  Ecoute Méline, on va discuter tous les eux, comme ça tu ne penseras plus à ta peur du feu, d’accord ? » Lança Dean, un sourire charmeur sur le visage, essayant désespérément de dédramatiser la situation.

 

La jeune fille fit un mouvement positif de la tête mais l’aîné des Winchester savait que l’adolescente était vraiment au plus mal.

 

-         «  Bon alors, dis moi, on dirait que tu t’entends bien avec ton frère… ? » Fit Dean qui n’avait trouvé que ce sujet de conversation.

-         «  Oui, la mort de notre mère nous a rapproché. » Répondit Méline qui essayait de se contenir. «  Elle est morte dans un accident de voiture…on  s’est retrouvé coincé dans l’habitacle et le feu s’est déclaré. C’est Thomas qui m’a sorti  de la voiture mais on a rien pu faire pour maman… » Continua la jeune fille en sanglotant.

-         « Oui c’est sûr, c’est le genre de situations qui rapprochent les gens… » Lança Dean en regardant ses chaussures, sachant très bien ce que pouvait ressentir l’adolescente puisqu’il avait, en quelque sorte, vécu le même style d’histoire avec Sam. « C’est de là que vient ta phobie du feu, n’est ce pas? »

 

La jeune fille acquiesça et baissa la tête, comme si elle avait honte de sa peur.

-         «  Mais notre père s’occupe bien de nous… c’est le shérif de la ville, vous savez ! Vous l’avez peut être rencontré ?

-         Heu, oui ! » Affirma l’aîné des Winchester en ce retournant pour ne pas faire voir sa mine désolée incrustée sur son visage, sachant que le shérif en question se trouvait dans la rue, coupé en deux par le panneau de bienvenue de leur lycée. « Heu,  dis moi, on peut voir le bâtiment où se sont réfugié les garçons d’ici ? » Fit-il pour changer au plus vite de conversation.

-         « Oui, je crois. C’est le bâtiment le plus haut… et le plus moche du bahut, il est à environ cinquante mètres dans cette direction » Répondit Méline en pointant du doigt la porte à sa gauche, tout en commençant à toussoter.

 

Dean qui avait commencé à se rapprocher de la porte, se retourna en entendant Méline qui avait du mal à reprendre sa respiration.

-         «  Qu’est ce que t’as, la fumée te dérange ? » Demanda t’il en regardant la jeune fille au fond des yeux.

-         « Non, c’est pas ça. Comme si … je sais pas trop, c’est comme si quelque chose me brûlait à l’intérieur.

-         Ta fièvre a du remonter, tu dois te détendre…

-         Non, c’est pas la fièvre…c’est autre chose…. j’ai mal ! » Cria l’adolescente en toussant de plus belle.

 

Dean retenait la jeune fille qui toussait de plus en plus. Du sang commençait à s’écouler de sa bouche et de son nez tellement elle crachait ses poumons.

 

-         «  Nom de Dieu, qu’est ce que t’as ? » Criait Dean en la supportant par les épaules.

-         «  je brûle !

-         Quoi ? Mais de quoi tu parles, le feu n’est pas entré dans la pièce, c’est pas possi…

-         Je brûle… de l’intérieur !!! »

 

Dean n’attendit pas une seconde de plus, il alluma toutes les douches du vestiaire et déposa le plus vite possible Méline sous l’eau froide. Cette dernière se tordait de douleur. De la fumée, accompagnée de sang, sortait de sa bouche à chaque toux qu’elle produisait.

 

Les rires sadiques se mirent à retentir de nouveaux dans les vestiges du gymnase. Dean tourna la tête, tout en soutenant l’adolescente, pour savoir où les sorcières se trouvaient, mais il n’y avait aucune trace d’elles si ce n’est cet écho de cris juvéniles macabres tout autour d’eux.

 

Après un bref coup d’œil circulaire dans leur petite pièce, il se retourna vers Méline, qui, étrangement, ne se débattait plus. Ses yeux étaient grand ouverts, rougis pas le stress et la peur, mais ils n’affichaient plus aucune expression, plus aucune lumière, leur couleur terne ne reflétait plus rien. Dean secoua légèrement le corps encore brûlant de la jeune fille même s’il savait que le filet de sang coulant de sa bouche, contrastant avec son teint pâle, blafard, n’était en fait que l’annonce funeste que la vie avait abandonné son corps fragile, délicat et dérisoire.

 

L’aîné des Winchester se laissa tomber, assis, le corps de Méline toujours appuyer sur son torse, l’eau froide coulant sur son visage meurtri et fatigué. Il n’avait pas réussi à la sauver, il avait été impuissant, inefficace, incompétent. Elle n’était âgée que de 15 ans et avait pourtant vécu les pires horreurs et avait souffert atrocement sans qu’il n’y puisse faire quoi que ce soit.

Dean sera les dents, la colère l’envahit, la rage avait pris la place à la tristesse et aux remords. Sa priorité : renvoyer ses deux sorcières en enfer avant qu’elles s’en prennent aux deux autres adolescents et surtout à son petit frère.

Il se releva, posa délicatement le corps de la jeune adolescente sur le sol et se dirigea d’un pas ferme vers la porte de sortie du vestiaire. Lorsqu’il l’ouvrit, les flammes avaient totalement disparu pour laisser une place entièrement déserte. Droit devant lui, un bâtiment gris trônait sur tout le lycée partiellement détruit, le fameux bloc de béton qui devait abriter Sammy, Cameron et le frère de Méline, Thomas.

Il avança donc, d’un pas décidé en direction de ce labo de chimie, il fixait les fenêtres du deuxième étage à la recherche se son frère, probablement quelque part dans l’une de ces multiples salles.

Il s’arrêta net en voyant deux silhouettes, fines, féminines dans l’une des pièces au premier étage. Sa vue n’était pas très clair en vue de la distance qui le séparait du bâtiment mais il pouvait apercevoir l’une d’entres elles levait les bras vers le ciel et juste derrière quelques chose qui pendait au plafond, quelque chose qui ressemblait fortement à un homme. Sammy.

 

 

 

 

Sam sentit le parquet se dérobait sous ses pieds, et en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire, il traversa le plancher en bois comme s’il ne s’agissait que de verre brisé.

Il se retrouva suspendu dans le vide, ses mains se cramponnant désespérément aux lattes de bois qui n’avaient pas cédées. Accroché à son pied, Thomas se balançait férocement de peur de tomber quelques mètres plus bas.

 

-         « Thomas, arrête de te balancer, je vais pas pouvoir tenir longtemps…. » Cria le cadet des Winchester qui transpirait de douleur et de fièvre.

-         « Je veux pas tomber, je veux pas mourir… ! » Pleurait le jeune adolescent qui s’agrippait à la cheville de Sam.

-         Calme toi et dit moi si tu vois à combien on est du sol?

-         Je sais pas, peut être 10 mètres, peut être plus…le plancher de la salle en dessous est totalement détruit aussi, comment c’est possible ?! Mon Dieu, j’arrive à peine à voir le béton du rez-de-chaussée tellement on est haut ! » S’enquit le jeune homme totalement impuissant face à cette situation.

-         « Putain pourquoi ils font des salles aussi élevées aussi… ? Marmonnait Sam à lui-même qui sentait sa blessure à l’abdomen se déchirer un peu plus à chaque seconde. «  Cameron… un peu d’aide serait la bienvenue…

-         Je… je peux pas ! » Répondit l’intéressé qui s’était recroquevillé dans un coin de la pièce totalement terrorisé.

-         « Quoi ? bien sur que si tu peux, aide nous à remonter » Cria Sam qui sentait le peu de force qui lui restait s’amoindrir rapidement.

-         « J’ai…j’ai peur du vide… je peux pas à bouger !

-         Et merde, il manquait plus que ça… » bougonna Sam entre ses dents tout en sentant ses doigts qui commençaient à glisser par la sueur sur le plancher. « Bon, Thomas ?

-         Quoi ?

-         Tu vas essayer de remonter doucement en te hissant contre ma jambe… tu as bien compris ?

-         Non, j’ai peur de glisser…

-         Ecoute moi bien, on a pas trente six mille solutions, la seule façon de t’en sortir c’est de me grimper dessus et je t’aiderais à remonter sur le plancher…Aller, tu vas y arriver, c’est comme grimper à la corde, je suis sur que tu adores faire ça ? 

-         Non, j’aime pas le sport et j’ai toujours zéro en montée de corde…

-         Oui, ben tu vas prouver cette fois que t’es un vrai champion dans cette discipline… »

 

L’adolescent commença alors à gesticuler pour atteindre le genou de Sam. Ce dernier grimaçait de douleur devant le poids et les vibrations qu’il devait supporter. Sa fièvre le tiraillait, ses doigts ripaient de plus en plus. Il essaya de trouver une prise plus sûr mais il n’y avait rien d’autre à porter d’ongles que du parquer glissant et poussiéreux. Il ne pouvait rien faire d’autre qu’attendre, tenir le coup en silence. Il fermait les yeux pour se concentrer, sentant Thomas s’agrippait à sa chemise déchirée, il serrait les dents pour ne pas lâcher prise. Les gouttes de sueur dégoulinaient maintenant allègrement sur son front et du sang gouttait abondamment de son bandage.

Thomas arriva à hauteur de taille de Sam et prit enfin appuis sur le pied de ce dernier pour le faire remonter de trois quarts vers le plancher. L’adolescent frôlait maintenant le parquet du bout des doigts.

En quelques secondes, le jeune homme lâcha le faux agent fédéral pour s’accrocher de lui-même aux bouts de bois cassés.

Le cadet des Winchester souffla devant l’allègement de poids. Il relâcha une main pour aider le jeune garçon à passer une jambe sur le parquet. Chose faite, Thomas ramena son deuxième pied et s’allongea directement sur le dos pour expulser toute l’air qu’il avait emmagasiné dans ses poumons. Des larmes de rémission se mirent à couler sur ses joues rosies par la peur et la fièvre.

 

Sam, quant à lui, était toujours suspendu dans le vide. Malgré le poids de Thomas en moins à supporter, sa force l’abandonnait et le soulagement se transforma vite en manque d’énergie et de puissance physique. Il essaya de se relever par la simple force de ses bras mais sa concentration fut vite mise à néant lorsque des rires stridents vinrent engloutirent tout le bâtiment.

Le cadet des Winchester pouvait sentir une présence juste au dessous de lui qui le fit frissonner.

Les deux jeunes filles se tenaient prés de la fenêtre du premier étage sur une parcelle de plancher qui ne s’était pas effondrée. Elles étaient cotes à cotes, toutes deux affichant un rictus juvénile, sadique, macabre.

Elles tournèrent leur tête d’un même mouvement, sans bouger le moindre muscle de leur corps élancé, comme si leur cou n’était qu’un pivot de bois,  se regardèrent d’un œil complice et pendant que l’une se remit à rire de plus belle, l’autre leva les mains au ciel invoquant une nouvelle malédiction.

En quelques secondes, un bourdonnement sourd, se rapprochant de plus en plus, vint accentué l’atmosphère pétrifiant et cauchemardesque du bâtiment des sciences.


Hecate  (13.09.2009 à 10:26)

Les rires des filles avaient cessé inopinément, renforçant le malaise incontrôlable des trois garçons.

Thomas se redressa aussitôt, s’interrogeant sur ce fredonnement étouffé et indistinct, il regarda dans le trou caverneux juste à coté de lui où Sam était toujours en suspension. Il ne voyait rien. Tout était noir. Etrangement noir. Un fond opaque, comme un nuage, mais qui semblait bouger. Il fronça les sourcils et se figea à examiner la mouvance du sol si sombre. Il s’avérait se rapprocher vite. Incroyablement vite. Tellement vite que le nuage en question jaillit d’un coup en traversant les trous des deux planchers effondrés.

Telle une fontaine d’eau, des milliers d’abeilles se déversèrent dans le laboratoire de chimie en quelques secondes à l’insu des deux adolescents qui n’arrivaient pas à croire un tel phénomène.

 

Sam se hâta à remonter mais quelque chose l’en empêcher, comme si un poids était accroché à ses pieds, comme si quelqu’un le tirait vers le bas. Il s’agrippait, les doigts endoloris, sur le plancher qui se remit à grincer. Les planches commencèrent à fissurer, il savait très bien qu’il ne faudrait pas longtemps pour que les lattes de bois sur lesquelles il se tenait si ardemment, ne tiendraient pas le coup sous son poids.

 

Cameron se tenait toujours recroquevillé dans un coin de la salle, il regardait avec horreur toutes ses abeilles tournaient au dessus de sa tête telle un nuage de fumée noir qui dansait en cercle. Quant à Thomas, il se figea de frayeur. Il était resté assis à coté du trou béant et ne pouvait plus bouger tellement sa peur  paralysait ses  mouvements.

 

-         «  Allez vous réfugier dans le SAS !! » Criait Sam malgré le bourdonnement assourdissant, à l’adresse des deux adolescents totalement paniqués.

 

Cameron sortit de sa stupeur et commença à se dirigeait à quatre pattes, longeant le mur de béton, vers la baie vitré de la petite salle en verre. Des gouttes de sueur tombaient sur se joues blanchâtres, la fièvre le tiraillait et le fait qu’il doive passer à seulement quelques centimètres d’une brèche de deux étages n’arrangeait pas le jeune homme à agir au plus vite.

Thomas, lui, ne bougeait pas d’un millimètre malgré le fait que Cameron, en dépit de sa propre peur du vide, le tirait par le bras pour le forcer à l’accompagner.

 

-         « Tom, dépêche toi, on peut y arriver, viens !!! » Hurlait Cameron à son ami qui restait pétrifié.

 

Les rires stridents investirent de nouveau tout le bâtiment des sciences. Les trois garçons savaient pertinemment  que ces cris de bonheur malin signifiaient que l’un d’eux allait probablement mourir.

Les larmes apparurent à flot sur les joues des deux adolescents tremblant de panique.

 

Les abeilles se mirent à attaquer instantanément.

Cameron se débattait, il lâcha son camarade et se réfugia aussi vite que possible dans le SAS à seulement deux mètres de lui. Mais Thomas ne réussit à le suivre. Il agitait les bras à l’encontre des abeilles, qui l’assaillaient de plus belle.

Le jeune homme fût vite encerclé par le nuage d’insecte. Il criait de peur et de souffrance face aux multiples piqûres qui le tourmentaient.

Sam serra les dents et rassembla toutes ses forces afin de remonter et venir en aide à l’adolescent. Mais plus il s’agrippait, plus les lattes du plancher fissuraient. Il le savait très bien, il n’arriverait pas à remonter à temps pour le sauver mais il persistait en dépit du fait que lui-même pouvait y laisser sa vie.

 

Les abeilles étaient à présent accolées au jeune adolescent qui trébucha et s’affala sur le sol, recouvert entièrement d’insectes. Les sons ne sortaient plus de sa bouche car les apidés lui rentraient maintenant par tous les orifices faciaux. Doucement, insidieusement, elles se frayaient un chemin à travers ses cavités buccales et nasales, ses oreilles, et même perçaient la peau par endroit pour former un passage sous l’épiderme rougi de l’adolescent  qui plantait ses ongles dans le plancher pour pouvoir avancer en désespoir de cause.

La gorge de Thomas se mit à gonfler, sa trachée était totalement obstruée mais il fallut quelques minutes de tourments insoutenables pour que le coeur du garçon ne cède par la panique invraisemblable. Son corps se raidi, ses membres se contractèrent jusqu’au bout des doigts pour se relâcher en un instant.

Les abeilles sortirent d’un coup de la dépouille pour s’envoler à travers les deux fenêtres du laboratoire de chimie, laissant le jeune adolescent, les yeux grands ouverts d’effroi, la peau boursouflée des différents dards, les lèvres bleuies d’asphyxie, sur le sol à moitié détruit.

 

 

Il n’y avait plus un bruit dans la salle  265 du bâtiment des sciences ; seuls les pleurs incontrôlables de Cameron passaient à travers le double vitrage du SAS. Le jeune garçon était à genou et fixait impuissant son camarade allongé, déformé,  mort, sur le parquet du laboratoire. Sa fièvre avait réaugmenté, un nouveau cadavre se postait juste devant lui, un cadavre qu’il ne connaissait que trop bien. Son ami.

Son cœur s’emballa de nouveau, fracassant sa poitrine à intervalle régulier. Il ne voulait pas mourir.

 

Sam pouvait entendre les cris de désespoir de Cameron. Il comprit instantanément que Thomas était mort devant son camarade, suppliant d’abréger ses souffrances. Il n’avait pas vu ce qu’il s’était passé mais les appels déchirants de l’adolescent demandant de l’aide l’avaient totalement anéanti, sa fièvre, lui aussi, avait une fois de plus redoublé.

Il essaya une dernière fois de remonter, sans grande conviction. Cette fois les lattes se fissurèrent totalement jusqu’à se briser une fois de plus pour agrandir l’antre sombre et profond.  

Les doigts de Sam glissèrent sous le craquement, il ferma les yeux, il n’avait plus la force de se battre. Il se laissa tomber.


Hecate  (14.09.2009 à 14:13)

Une main puissante attrapa le poignet du cadet des Winchester au moment de sa chute imminente.

 

Dean avait grimpé les marches des escaliers du Bâtiment quatre à quatre. Il avait entendu le bourdonnement machiavélique des abeilles jusqu’au deuxième étage. Puis les cris des adolescents. Sammy qui leur hurlait de se mettre à l’abri. Et enfin le calme plat, tétanisant, angoissant.

Des sanglots.

Et au moment où il atteignit enfin la porte numéro 265, un craquement sourd se fit entendre, le plancher s’affaissait de nouveau et suspendu dans le vide, son petit frère sur le point de s’écraser quelques mètres plus bas.

Il passa le seuil et s’élança pour attraper le poignet de Sam au moment critique.

 

Le cadet releva la tête instantanément, il ne s’attendait pas à être sauvé, une fois de plus par son grand frère.

Ses yeux luisant et son teint pâle témoignaient de son état plus que malmené. Il était éreinté, toute force avait disparu, tout espoir aussi, seul son désarroi transpirait de son mal être.

Dean regarda intensément son cadet dans les yeux pour lui faire comprendre qu’il ne l’abandonnerait pas, quand à Sam, un léger sourire vint illuminer son visage meurtri en voyant les yeux brillant de son grand frère, un sourire que Dean prit immédiatement comme un signe de reconnaissance.

 

-         «  T’en fait pas Sammy, je vais te remonter !» Lança l’aîné qui commençait à hisser son frère vers le plancher encore instable.

 

Dean tirait de toutes ses forces et son acharnement fut bientôt payé car Sam était pratiquement parvenu à poser une jambe sur le parquet. Mais c’était sans compter sur cette puissance invisible qui tirait sur les chevilles du cadet pour le retenir de remonter.  En un instant, Sam redescendit au point de départ, sur le point de tomber de nouveau. Dean le retint juste à temps par la manche de sa veste à moitié déchirée, l’empêchant une nouvelle fois de s’écraser une dizaine de mètres plus bas.

 

-         « Nom de Dieu, qu’est-ce qui se passe Sammy? » Demanda l’aîné qui retentait une nouvelle fois de ramener son frère vers le haut.

-         « J’en sais rien, c’est comme… comme si quelqu’un ou quelque chose me tirait vers le bas, quelque chose de lourd… »

 

En dépit de sa position plus qu’inconfortable, Dean se pencha légèrement à travers le trou béant et vit, non sans surprise, les deux filles assises en tailleur sur le plancher de la salle juste en dessous d’eux. Le sourire aux lèvres, elles se tenaient la main comme deux petites filles amusées et innocentes, et regardaient fixement les pieds de Sam en récitant quelques paroles inaudibles et incompréhensibles.

Dean regarda son cadet droit dans les yeux, ce dernier comprit tout de suite la situation et se cramponna de plus belle aux lattes de bois car il savait que son frère allait passer à l’offensive.

Sans gestes brusques, l’aîné des Winchesters relâcha sa main droite de l’emprise qu’il exerçait sur son frère, la passa dans son dos, et retira très doucement son Beretta coincé dans la ceinture de son pantalon de costume. Il ramena l’arme devant lui, l’arma, tendit le bras, toujours sans un bruit, et tira.

La balle vint se loger directement dans la tête de l’une des filles. Ses cheveux blonds volèrent en fils d’or teintés de rouge sang. La deuxième sorcière regarda de ses yeux noirs envoûtants dans la direction de Dean. Elle fronça les sourcils, les boucles parfaites de ses cheveux bruns descendirent sur son visage chocolat, et en un instant, prit dans ses bras sa voisine, qui se réveillait doucement de son agression comme s’il ne s’agissait que d’un simple rêve, et disparut en un halo de fumées grisâtres, non sans avoir lancer un regard des plus meurtrier envers leur agresseur.

Sam respira d’un coup, le fameux poids invisible avait disparu et il se sentait bien plus léger.

 

Dean remit son arme dans son dos, inclina la tête sur le coté, le tout accompagné d’une de ses grimaces fétiches et reprit les bras de son frère pour le remonter.

 

-         « Je crois que je les ai énervées ! » Lança t’il sur le ton de la dérision le tout en tirant de nouveau son frère vers le haut

-         « Ah ? Elles étaient pourtant déjà bien énervées ! » Fit le cadet en posant enfin une première jambe sur le plancher.

-         « Au moins elles sont parties…

-         … Mais pour combien de temps ? » Fit Sam en ramenant sa deuxième jambe et en se couchant sur le dos, totalement essoufflé.

 

La pose fût de courte durée et la réalité revint à grands galops lorsque les pleurs étouffés de Cameron raisonnèrent à leurs oreilles.

Sam se rassit et Dean tourna la tête vers la petite salle de verre. Il n’avait pas eu le temps de contempler les dégâts horrifiants provoqués par leurs ennemies. Le corps de Thomas gisait à moitié entre le plancher et la brèche qui s’était agrandie depuis le dernier affaissement. Dans le SAS, Cameron, toujours à genoux, les mains sur son visage humide de larmes, tentait désespérément de ne pas hurler.

Dean s’approcha doucement du défunt, ramena ses jambes sur le parquet et posa un doigt sur sa carotide. Aucune pulsation. Mais il s’y attendait.

Il ferma les yeux, souffla de désolation et se tourna vers son frère, totalement blâmé.

 

-         «  J’ai rien pu faire. » Lança le cadet qui sentait sa fièvre remontait à grande vitesse.

-         « Je sais, Sammy, c’est pas ta faute…

-         Et Méline ? »

 

Dean secoua la tête négativement et fixa son frère sachant pertinemment que cette funeste nouvelle l’enfoncerait encore un peu plus.

 

-         « Putain, Dean, ce ne sont que des gosses…des gosses, merde !! » Fit Sam totalement abattu, « QU’EST-CE QUE VOUS VOULAIS, POURQUOI VOUS FAITES CA ?! » hurla t-il à plein poumons à l’adresse des sorcières.

 

Dean se rapprocha de son frère, il savait très bien qu’il était au bord de la crise de nerf. Une larme se mélangea au sang qu’il restait sur son visage et en fixant son cadet dans les yeux, il posa une main fraternelle sur son épaule tremblante.

Sam se retourna pour croiser le regard compatissant de son aîné, fit un signe de tête en avant, souffla toute l’air qu’il avait dans les poumons et se remit debout avec l’aide de Dean.

 

-         « Elles vont le payer cher!! » Lança Sam décidé.


Hecate  (17.09.2009 à 14:09)

Les frères Winchester se tenaient debout dans le laboratoire de chimie, ils s’étaient reculés à environ 2 mètres du trou qui s’était formé quelques instants plus tôt par affaissement du plancher.

 

Sam fit un léger signe de tête à son frère pour lui faire comprendre d’aller épauler Cameron. Dean accepta à contre cœur en levant les yeux au ciel avant de se passer une main sur le visage comme pour enlever toute la tension qui pouvait se lire à travers ses yeux fatigués. Il entra dans le SAS et s’accroupit à coté du jeune adolescent en pleurs et lui susurra des paroles réconfortantes afin de le calmer.

Quant à Sam il se dirigea vers le corps de Thomas, sous l’œil inquiet de son aîné qui lui jetait des regards à travers la vitre, et s’accroupit à son tour.

Le cadet se passa les doigts dans ses cheveux, une larme de fureur coula sur son visage meurtri et après avoir murmurer un « je suis désolé » à l’adresse du garçon, retira sa veste et la déposa sur le torse et le visage du jeune homme, cachant ainsi sa dépouille. Sam se releva et se dirigea vers son frère toujours au coté du dernier adolescent en vie.

 

-         «  Ca l’a blessée ? » Ddemanda Sam en s’asseyant sur le carrelage du SAS, trop fiévreux pour rester debout.

-         « Quoi ?

-         La fille quand tu lui as tiré dessus tout à l’heure, ça l’a blessée ?

-         Je lui ai mis une balle dans le crâne, le sang a giclé mais ça l’a à peine assommée….

-         C’est bien ce que je redoutais…

-         Mais c’est quoi ces filles au juste ?

-         Des Loas Marassa !

-         Des quoi ?

-         Oui, j’ai essayé de t’en parler tout à l’heure, tu sais avant l’épisode du… prof. » Fit Sam d’un air dégoûté.

-         Ah oui, c’est des jumelles c’est ça ?

-         Oui, mais pas n’importe quelles jumelles. Il s’agit d’esprits vaudou ou plus exactement d’anges déchus jumelés.

-         Ouais, ben ça me dit rien qui vaille…

-         Non, en effet. Les Loas Marassa sont considérés comme des mauvais anges, sorciers de nature, qui persécutent, maltraitent et tuent à volonté. Le fait de ne pas les honorer expose aux vodouisants à des châtiments sévères. Il est dit qu’ils sont instables, très susceptibles et peuvent être destructeurs si leur humeur leur en dit.

-         Oui, on a pu voir quelques extraits de leur susceptibilité et de leur humeur massacrante en effet ! » Lança Dean accompagné comme à son habitude de grimaces explicites. « ... Mais, au fait  qu’est ce qui t’a mis sur la voix, elles auraient pu être autre chose non ?

-         Ben en fait l’un des livres que j’ai rapporté mentionnait que les Loas Marassa symbolisent l’harmonie première, l’union originelle du ciel et de la terre, du jour et de la nuit et qu’ils réunissent les contraires.

-         Et ?

-         Ben on a un tableau plus que révélateur avec ses deux là. Regardes Dean, une blonde au cheveux raides, une brune bouclé, l’une aussi blanche que de la porcelaine et l’autre métissée africaine…le ciel et la terre, le jour et la nuit… totalement contraire. Et puis en plus il est bien stipulé que seules les jumelles Marassa on un pouvoir proportionnelles à leur actions. Plus elles lancent des sorts, plus elles sont puissantes.

-         Mouais, d’où les simples accidents du départs jusqu’aux tempêtes dévastatrices et aux invasions d’abeilles de tout à l’heure… Il suffit juste de les contrarier un peu et elles se mettent en rogne.

-         Exactement ! Ce qui m’échappe c’est comment elles sont arrivées sur terre. Je veux dire, il ne suffit pas seulement de les invoquer, il faut une incantation très spéciale et surtout très puissante, même un démon aurait du mal à faire ressortir des esprits vaudou de l’enfer…

-         J’ai ma petite idée là dessus. » Lança Dean en regardant ses chaussures.

-         Vas y ! »

 

Dean hésita, il savait que sa théorie n’allait pas du tout enchanter son petit frère.

 

-         « ... Dean dis moi à quoi tu penses, aller ! » Insista Sam en cherchant le contacte des yeux de son aîné.

-         « …Lucifer ! »

 

Sam resta scotché devant la réponse de son frère, il le fixa, tétanisé.

 

-         «  Les Loas ‘je sais pas quoi’… et ben d’après Thomas, elles sont  arrivées ici il y a quelques mois tout juste, pile au moment au notre cher ami Lulu a pointé le bout de son nez à mon avis. Mais elles n’ont commencé leur petit jeu qu’il y a deux semaines, voilà pourquoi on s’en ait pas rendu compte tout de suite.

-         Donc… donc elles font parties du plan de Lucifer pour l’apocalypse, c’est ça que tu essayes de me dire ? » Demanda Sam les yeux de plus en plus luisants.

 

Dean n’eut pas besoin de répondre, il rabaissa sa tête, fautif d’exposer son frère à des tourments supplémentaires.

Devant l’absence de réplique de son aîné, Sam compris qu’il était l’auteur  de toute cette tragédie. C’est lui qui avait libéré Lucifer de l’enfer et c’était  donc ça faute si ces sorcières étaient sur terre et tuaient à volonté.

Sa respiration s’accéléra, son cœur s’emballa, il ne retenait plus ses émotions, son corps se mis à trembler, la culpabilité l’envahie et la fièvre le submergea.

Dean se redressa aussitôt et prit Sam par les épaules avant qu’il ne s’effondre de nouveau.

 

-         «  Oh mon Dieu, il ne va pas mourir lui aussi dîtes, il ne va pas m…. 

-         Non ! arrêtes de dire ça Cameron, il va se remettre » Fit l’aîné en regardant son cadet dans les yeux «  T’entends Sammy, ça va aller, tu n’es pas responsable de ce qui se passe ici, reprends toi et aides moi à les éliminé… aller Sammy !

-         Mais c’est moi qui… » Commença Sam qui ne pouvait plus respirer

-         « C’est toi qui rien du tout ! Si tu te laisses crever on va y passer aussi, Cameron et … moi ! » Reprit Dean qui cherchait à raisonner son petit frère.

 

A cette réflexion, le cadet releva les yeux et les planta dans ceux de Dean qui tremblait lui aussi de peur pour son petit frère. Il était sa seule raison d’être et Sam ne voulait pas mourir sachant que son frère périrait par sa faute. Une énième larme coula sur sa joue blême, il l’essuya de sa main droite où figurait encore le petit trou violacé de l’envoûtement au tout départ. Il fit un signe de tête positif  et essaya de se contrôler. Au bout de quelques minutes, sa respiration se calma légèrement et ce n’est qu’à ce moment que Dean se relâcha et expira toute l’air qu’il avait pu emmagasiner de peur.

 

-         «  Ok, maintenant il faut trouver un moyen de buter ces poufs, et vite !

-         J’ai pas eu le temps de lire les deux autres livres sur le vaudou, on aura peut être des réponses dedans.

-         Ouais, ils sont où tes bouquins ?

-         Je les ai laissés sur une table à coté dans le labo, juste à droite du trou…

-         C’est bon je vais les chercher ! » Fit Dean en quittant le SAS.

 

Lorsque l’aîné des Winchester posa ses deux pieds hors de la petite pièce, la baie vitrée se referma automatiquement derrière lui, emprisonnant Cameron et Sam dans une cellule de verre.


Hecate  (19.09.2009 à 13:36)

Dean se retourna instamment, mais malgré ses efforts pour rouvrir la porte, il ne parvint pas à débloquer l’ouverture.

 

-         «  Je veux pas mourir, laissez moi sortir, je vous en prie… 

-         Cameron, calme toi tu veux !! » Lança Sam en essayant lui aussi de déverrouiller la porte vitrée de son coté. « Dean, ça ne sert à rien, on ne pourra pas débloquer cette satanée serrure, prends les livres et trouve le moyen d’exterminer ces filles, c’est la seule solution… »

 

Dean releva la tête et regarda fixement son cadet dans ses yeux fiévreux. Ils n’étaient séparés que d’une simple vitre mais ils se sentaient déjà si loin l’un de l’autre. On pouvait voir la peur s’imprégnait sur leurs visages fatigués. L’aîné savait que la vie de son petit frère était plus que précaire, quant à Sam, le fait qu’il soit enfermé dans une pièce close et que son aîné ne soit pas directement à ses cotés le mettait plus que mal à l’aise, mais ils devaient faire bonne figure, au moins pour rassurer un adolescent de 17 ans qui lui était au bord de l’hystérie.

 

-         « Je vais vous sortir de là, restez calme ! » Fit Dean en partant vers la table où étaient déposés les trois livres, non sans avoir jeté un dernier regard à son cadet.

 

Sam suivit son frère des yeux et le regarda un instant tournait énergétiquement les pages du premier livre qu’il s’était emparé. Mais devant l’impatience grandissante de Cameron, il se décida à se retourner et tenter de calmer le jeune homme.

 

-         « Ecoute Cameron, on va trouver une solution pour nous sortir de là d’accord ?

-         Mais je ne veux pas mourir, pas comme Thomas ou…

-         Calme toi, Dean va trouver…

-         Ouais c’est ça, ‘Dean va trouver’, comme il a trouvé pour Smith ou Méline probablement… »

 

Le cadet des Winchester se retint une fois de plus devant tant d’immaturité de la part de l’adolescent mais il mit son comportement sur le fait de la peur et tenta une nouvelle tactique.

 

-         «  Heu dis moi Cameron, en tant que chef du journal de ton école, tu dois savoir un bon nombre de chose…

-         Je sais absolument tout ! » Répondit l’intéressé avec toute la prétention nécessaire.

-         «  Alors peut être que tu sais pourquoi ses deux filles ont commencé à, comment dire, s’extérioriser… ?

-         Je vois pas ce que vous voulez dire…

-         Les accidents il y a deux semaines…

-         Vous voulez parler du prof de sport qui s’est retrouvé paralysé…

-         Et de la pompom girl et de Zack. T’as une idée de ce qui a pu se passer ? » Demanda Sam voyant que sa stratégie pour changer les esprits de Cameron marchait à merveille.

-         « Et ben disons que tout trouve une explication et maintenant que je sais que ce sont les deux poufs qui  sont les responsables, tout devient clair comme de l’eau de roche…

-         Vas-y explique » Fit Sam en jetant quelques regards fuyant vers son frère qui s’acharnait sur le bouquin qu’il tenait dans ses mains.

-         «  J’avais évidemment fait un papier sur ces accidents mais vu que je n’avais ni témoin ni preuve, ça n’a fait qu’un tout petit article, alors que maintenant je pourrais écrire des pages entières…

-         Et qu’est ce que  tu y mettrais ?

-         Et bien pour commencer, le prof de sport, Mr Miller, il avait la réputation de mener la vie dure à ses élèves et j’ai cru entendre qu’il les avait forcé à faire plusieurs tours de piste car elles n’étaient pas des plus coopératives, elles ne voulaient pas se séparer… heu, je parle des sorcières bien sur, ça ne faisait que deux mois qu’elles étaient au bahut… » Fit il comme s’il réfléchissait à l’écriture d’un nouvel article.

-         « Ouais, et c’est la première fois qu’elles frappaient…

-         Oui. En ce qui concerne Gabie, la chef des pompoms girl, elle a refusée de les prendre dans l’équipe, elle ne les trouvait  pas assez … dynamiques ! Moi, ce que j’en dis c’est que j’aurais bien était dynamique avec cette chère Gabrielle,  ouah quelle bombe cette fille » Cameron fit une mine de dégoût, «  enfin avant son accident je veux dire, ça aide pas de se faire cramer la tronche par de l’huile bouillante.

-         Non, c’est sûr… et Zack ?

-         Ben, lui et moi, on n’était pas les plus grands amis du monde, c’était même carrément le contraire, vous voyez le tableau, un intellectuel et un rugbyman, c’était pas l’amour entre nous…

-         Et ? » Demanda Sam en regardant avec appréhension son aîné sans réellement faire attention aux paroles de son interlocuteur.

-         Et même si on s’aimait pas des masses, je lui aurais jamais souhaité de se faire… enfin vous voyez…

-         Oui je vois très bien » Continua Sam en écoutant que la moitié du récit du jeune homme.

-         « Bref, il semblerait que l’une des sorcières, la blonde je crois, ai fait des avances à Zack. Et bien évidement il a répondu… non ! D’où le… enfin l’accident ! Comme quoi tout s’explique !

-         Oui en effet.

-         Mais maintenant que j’y pense, je sais aussi pourquoi Smith était dans la ligne de mire des deux greluches !... Il leur a mis un zéro la semaine dernière. Ça m’avait bien fait rire d’ailleurs…elles s’étaient rebiffées et il leur a répondu qu’il les ferait renvoyer !

-         Ouais je comprends aussi pourquoi le proviseur était également visé du coup » Marmonna Sam en se ré-interressant à la conversation.

-         « Quoi ?

-         Non rien. Et qu’est ce que tu sais au sujet de Claire Hannigan et Mildred Smith ? » Continua Sam pour occuper l’esprit de Cameron le temps que son frère trouve une solution.

-         « Claire était la petite copine de Zack…

-         Ah, je vois, d’où le premier meurtre !

-         …mais pourquoi vous me parlez de Milly ?

-         Heu, et bien… » commença Sam sentant qu’il avait fait une gaffe de premier choix.

-         « Elle est morte c’est ça ? elle aussi ? et vous aller me dire, quoi ? que tout va bien…tout le monde est mort… » Reprit Cameron qui recommença en quelques secondes à paniquer.

 

Sam se passa une main dans les cheveux, il avait pourtant réussi à tenir Cameron quelques instant mais la réalité était vite revenue au galop. Il voulu tenter une nouvelle fois un subterfuge pour lui changer les idées mais cette fois c’est Dean qui les interrompit en frappant à la vitre.

 

-         «  Sam, je trouve rien, il n’est pas écris comment les exterminer.. » Fit il en chuchotant pour que l’adolescent n’entende rien.

-         Cherche encore, tu as du passer à coté de quelque chose… »

 

Les rires des adolescentes se remirent à investirent le bâtiment. Cameron se cala contre la vitre et posa ses mains sur ses oreilles, le cœur tambourinant de plus belle dans sa poitrine. Sam et Dean se fixèrent intensément, ils savaient pertinemment que ces cris n’annonçaient rien de bon.

 

-         « Dean, continue à chercher !!

-         … Il faut vous préparez à la prochaine attaque Sammy !! » Fit l’aîné la voix tremblante.

 

Sam se retourna alors vers l’adolescent, et lui retira ses mains des oreilles.

 

-         «  Cameron, dis moi toutes tes peurs ? »

 

Le jeune adolescent ne répondit pas, tous ses membres étaient tremblants de frayeur, des larmes réapparurent dans ses yeux juvéniles, sa respiration s’accéléra et sa fièvre se remit à grimper.

 

-         « Cameron ! Concentre toi ! Est-ce que tu as peur d’autre chose que des cadavres et du vide ?

-         …les… les…

-         Les quoi ?

-         Les clowns ! ».


Hecate  (22.09.2009 à 21:51)

Sam ferma les yeux de dépit. Cameron avait la phobie des clowns. Il ne manquait plus que ça.

 

-         «  Ok, tout le monde reste calme, d’accord, on reste calme… » Fit l’aîné des Winchester, qui lui, était tout sauf calme.

-         « Dean, ça va aller, continue tes recherches, il faut que tu trouves un moyen de nous sortir de là ! » Lança Sam tranquillement pour que son frère se détende un peu, malgré la frayeur qui montait en lui.

 

L’aîné fit un signe affirmatif de la tête, s’assit à coté de la vitre et rouvrit ses livres à la recherche du moindre indice pouvant libéré Sam et Cameron.

Le cadet regardait les pages défilaient sous les doigts de son frère, il essayait lui aussi de trouver une solution, mais les secondes passaient et la peur grandissait.

Cameron se mit à crier, faisant sursauter les Winchester. Sam tourna la tête vers l’adolescent qui pointait du doigt le fond de la pièce en pleurant. Le cadet fixa son frère dans les yeux qui lui faisait signe de ne pas regarder au fond de cette salle. Mais la curiosité l’emporta sur la raison et Sam se retourna.

 

-         « Ok, Sammy, ne t’affole pas d’accord, je te rappelle que les clowns sont les amis des enfants, ils sont gentils à l’origine… 

-         A l’origine ? ».

 

Sam restait tétanisé. Devant lui et Cameron se tenait un clown immense, les cheveux vert délavé, les yeux noir onyx entouré de gris cendre et un sourire des plus sadique, laissant entrevoir des dents recouvertes de sang, sur son visage fripé et peinturluré. Son corps vibrait comme une vieille image de film endommagé, il s’agissait d’un esprit assurément.

 

-         «  Les amis des enfants…bien sur ! » Lança Sam en se calla lui aussi le long de la vitre.

 

L’adolescent criait de plus belle en voyant la chose qui commençait à se diriger vers eux, Sam ne pouvait même plus rassurer l’adolescent car il était lui-même pétrifié, quant à Dean il se replongea en quatrième vitesse dans ses livres pour trouver la moindre solution, ses yeux allant tantôt sur Sam tantôt sur les pages défilantes qui ne donnaient rien.

Le clown avançait doucement, très doucement, étirant son sourire funeste et regardant avec intensité chacune de ses proies. 

 

-         « Sammy, reprends toi mec, c’est un esprit, trouve du sel ou du fer pour le repousser ! » Cria Dean à travers la glace, totalement impuissant.

-         « Putain, un esprit ça arrive pas comme ça…

-         Plus elles pratiquent, plus elles sont fortes, tu te souviens ? Elles peuvent appeler n’importe quel esprit maintenant, vu leur puissance.

-         De quel esprit il s’agit ? Un clown c’est un homme déguisé, y a pas réellement d’esprit de clown !

 

-         En fait si mon petit Sammy ! » Lança une voix doucereuse au fond du labo « Il s’agit, ou plutôt s’agissait, d’un psychopathe déguisé en clown qui tuait les enfants durant leur sommeil, je crois qu’on le surnommait ‘le clown massacreur’…

-         Oui et on a pensait qu’il vous tiendrait un peu compagnie dans cette toute petite salle de verre ! » Embraya la deuxième fille en souriant.

 

-         « Espèce de petites pétasses ! Je vais vous arracher les tripes !! » Cria Dean en se relevant d’un seul coup en voyant les deux sorcières derrières le trou au milieu de la salle.

 

-         « Quel vocabulaire, est-ce que tu parles comme ça à ta mère ?… Oh non j’avais oublié, tu peux pas, elle a cramé… » Fit la brune toujours en souriant.

 

Sous cette réflexion, Dean attrapa son Beretta et tira une seconde fois en direction des sorcières. Mais cette fois la balle n’atteignit pas sa cible. La blonde releva la main et le projectile se stoppa en plein vol à environ 5 centimètres de ses doigts fins et lorsqu’elle rabaissa son bras, la balle tomba au sol, juste devant leurs pieds.

Dean fronça les sourcils, elles s’y attendaient, alors que la dernière fois il les avait attaquées par surprise, d’où l’absence de réplique.

Il fixait intensément les sorcières à la recherche d’une faille ou d’un simple indice pouvant l’aider à en venir à bout. Elles étaient si différentes mais d’une telle beauté que s’il ne savait qui elles étaient, il ne se serait jamais douté de leur culpabilité.

 Elles se tenaient debout, le long du mur du labo, se tenant la main comme des écolières inséparables et le regard rougissant de plaisir face aux tourments qu’elles faisaient endurer à leurs victimes. La blonde regardait Dean fixement, le sourire malsain sur son visage d’ange accentuait sa cruauté. Au milieu de son front, une petite tache violette, à peine visible, se dessinait sous ses cheveux d’or. Il s’agissait de la marque futile de la balle qui lui avait traversé le crâne. Un simple bleu, rien de plus.

La métisse, elle, fixait avec amusement le SAS. Son jouet s’animait et s’apprêtait à mutiler les deux garçons qui se trouvaient en sa compagnie. A savoir lequel il massacrerait le premier, la jouissance était délectable à tel point que son sourire s’élargie de façon presque inhumain.

Mais le choix fut de courte durée. Le clown se dirigea d’un pas lent vers le cadet des Winchester qui restait pétrifié malgré son expérience. Sa peur était indéchiffrable, incontrôlable et surtout inévitable. Il n’arrivait pas à retirer ses yeux brillant de fièvre de cette chose macabre aux allures des plus sadiques.

Le clown n’était plus qu’à un mètre de lui maintenant. Sam pouvait entendre les battements continus de son propre cœur qui semblait vouloir sortir de sa poitrine et son souffle irrégulier, témoin de son stress évident. Tout autour de lui semblait s’éloigner, il n’entendait plus les pleurs de frayeur de Cameron, il ne percevait plus les rires stridents des sorcières, tout devenait flou, seuls les couleurs horripilantes de ce clown semblaient nettes et précises, horriblement précises.

 

-         « Faisons durer le plaisir ! » Fit la blonde à sa jumelle sans se retourner vers elle, gardant ses yeux riants sur Dean.

-         « Tu ne me laisse jamais m’amuser comme je veux… on pourrait en finir maintenant ?

-         C’est moins drôle, l’agonie me fait frémir de plaisir ! s’il te plait !

-         Soit ! qu’est-ce que je ferais pas pour toi… » Conclut la métisse en souriant.

 

Sur cette dernière phrase la jeune fille regarda fixement les yeux du clown qui la scrutait également. Elle fit un signe de tête sans aucune parole et le clown leva son bras en l’air, prêt à frapper. Dans sa main droite, la lame du scalpel scintillait sous les faibles rayons du soleil qui commençaient à  s’amoindrir vu l’heure tardive de fin d’après midi.

 

Dean compris avec horreur ce qui se passait, il détourna son regard de la sorcière et se mit à courir vers la porte vitrée. Trop tard.

Un second signe de tête et le bras meurtrier s’abaissa sur Sam.

 

-         « NON ! SAMMY ! ».


Hecate  (26.09.2009 à 22:47)

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