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Boys Shouldn’t Play With Dead Things

Série : Supernatural
Création : 31.08.2009 à 17h25
Auteur : Lydean 
Statut : Terminée

« S’appeler Winchester est déjà une malédiction en soit. Alors imaginez tout ce qui peut arriver quand, en plus, on a treize ans, nombre fatidique de l’adolescence. Sam passe difficilement le cap. » Lydean 

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Chapitre 9.

 

          Malheureusement pour Sam, ses amis n’étaient pas du tout d’accord avec sa bonne résolution. Et cette fois-ci, c’est Tristan qui fut le plus pénible. Dès le lundi matin, celui-ci l’aborda en lui indiquant qu’il avait « un truc énorme à lui demander ». Il s’avéra que le truc énorme était un service impossible à rendre pour le plus jeune.

 

-Mais pourquoi tu refuses ? La seule chose que j’te demande c’est d’être présent au cas où ça dégénère. Mais je t’assure que ça va bien se passer. J’ai déjà tout organisé. Avec un peu de chance tu n’auras rien à faire. Et c’est une professionnelle qui les appellera … Et si ça peut te rassurer, j’tiendrai Dereck en laisse.

 

- Hé ! S’offusqua l’intéressé.

 

- Moi ce que je ne comprends pas, c’est que vous ayez envie de recommencer après ce qui s’est passé hier soir.

 

- Mais, on s’en est tous bien sorti. Et tu as dit que tu y étais retourné avec ton frère et qu’il n’y a plus rien. C’est bien la preuve que t’as bien bossé.

 

            Sam secoua la tête désespéré : le plus vieux de la bande n’allait pas lâcher le morceau aussi facilement. Dereck devait avoir des consignes car il n’ouvrait pas la bouche et il les laissait débattre tranquillement. Le jeune Winchester essaya d’argumenter.

 

- Et si la vieille Mc Allister nous a vu ! Vous ne l’avez pas trouvée bizarre tout à l’heure, quand elle est passée à côté de nous ?

 

- Alors là, y a rien à craindre ! Non seulement ses collègues pensent qu’elle est sénile mais en plus, telle que je la connais elle ne nous balancera pas. Elle met un point d’honneur à être « à l’écoute des jeunes ». Dereck et moi, on est ses préférés. Un peu comme si on était un défi personnel à relever ! L’été on va même dans son jardin pour lui piquer des fruits ! Comment tu crois que je connaisse si bien ce quartier ?! Et puis, elle n’arrête pas de nous demander comment on va, nos ambitions pour l’avenir… et elle conclut toujours par « si vous avez besoin de quoi que ce soit, je dis bien de quoi que ce soit, vous pouvez venir me voir. »

 

            L’imitation de son ami fit sourire Sam mais il revint à la charge.

 

- Moi je dis qu’on est sûr de rien. Et même si vous ne me croyez pas, je vous rappelle que c’est dangereux.

 

- Et moi je te dis que j’ai tout prévu. T’as pas confiance en moi ou quoi ?

 

- C’est pas ça, mais  … Et si quelqu’un apprenait c’qu’on fait ?

 

- Ben, on serait élu les mecs les plus cool du bahut ! J’vois pas c’qui t’gène, Winchester. T’as peur que QUI apprenne notre secret ? Ton paternel n’est pas là et Dean est déjà au courant, non ?

 

- Non mais ça va pas ! Explosa-t-il. S’il apprenait ce que j’ai fait il me l’ferait payer cher. Je vous interdis de parler de ça à Dean !

 

- Oh là ! Pas la peine de t’énerver comme ça ! On ne lui dira rien. C’est juré. On est pote, ne l’oublie pas. Mais ça m’étonne de lui, il a plutôt l’air tranquille comme mec. Pas prise de tête, quoi.

 

- Ouais, et ben on voit bien que tu ne le connais pas comme moi. Et je refuse de participer à ta séance. Appeler des esprits … Et deux en même temps en plus. Vous êtes complètement tarés !

 

            Il s’éloigna, fier d’avoir réussi à résister. Mais ce n’était que provisoire. Et surtout, c’était sans compter la détermination de Tristan. Toute la semaine, ce dernier exposa ses arguments, supplia, s’énerva … allant jusqu’à le menacer de tout dévoiler à son aîné. Mais il se ravisa rapidement, s’excusant de son attitude. Cela ne se faisait pas entre amis.  Il décréta qu’il ferait malgré tout la séance, même si le chasseur refusait toujours de l’aider. Il ajouta qu’il s’en voudrait toute sa vie s’il leur arrivait quelque chose. Ce à quoi, Sam répondit qu’ils n’avaient qu’à pas le faire. Tristan joua alors la corde sensible de l’amitié. Mais le plus jeune persévéra et se tint à sa décision jusqu’au vendredi. Ce jour-là, il avait pensé que le plus vieux de la bande avait adopté une nouvelle stratégie : toute la journée, celui-ci l’avait regardé sans dire un mot. S’il croyait que le fait de bouder allait le faire changer d’avis, il avait d’ores et déjà perdu. A côté de lui, c’était un amateur !


Lydean  (20.09.2009 à 17:49)

            Mais après les cours, son ami le coinça dans un coin. Il le regarda droit dans les yeux, soupira et lui avoua :

 

- Sam. Je comprends ta position mais là j’ai vraiment besoin de toi. Tu sais, ce ne sont pas n’importe quels esprits que je veux ramener … Ses yeux se mirent à briller. Il prit une grande inspiration avant de poursuivre. Ce sont mes parents … Je ne me rappelle presque plus d’eux. Mais je sais que tout le monde les aimait beaucoup. Alors je suis sûr que s’ils reviennent, ça se passera bien. Tu comprends ? Mais, tu sais, je t’ai écouté quand tu disais que c’était dangereux et c’est pour ça que je me suis préparé. Si tu veux je peux tout t’expliquer en détails … Et pour plus de sécurité, il faut que tu viennes. Tu es le seul à en savoir aussi long sur les fantômes et tous ces trucs … Je te le demande une dernière fois, s’il te plaît, viens avec nous.

 

            C’était la première fois que Sam voyait son ami dans cet état. Il sentait qu’il était à deux doigts de craquer donc il ne répondit pas. Il compris soudain l’intérêt de Tristan pour toutes ces histoires. La dernière séance n’avait été qu’une expérience avant de passer aux choses sérieuses. Devant son mutisme, Tristan poursuivit :

 

- Ecoute, c’est vraiment important pour moi sinon je n’insisterai pas autant. Je veux juste les revoir, une dernière fois. Leur dire qu’ils me manquent. Tu ne voudrais pas revoir ta mère, toi, si tu en avais l’occasion ?

 

            Le jeune adolescent restait silencieux mais tout se bousculait dans sa tête : D’accord, il pouvait faire ça pour lui. Mais s’ils réussissaient à ramener ses parents, comment reviendraient-ils ? Ne prenait-il pas le risque de choquer son pote à vie ? Ou pire de le blesser gravement ?

 

- Ecoute, Sam. D’accord, c’est bon. Je n’insiste pas. Je crois que j’aurais tout essayé, là. Je veux juste te dire que … même si tu ne veux pas venir, ce que je comprends … je vais le faire quand même. Et pas plus tard que ce week-end et … ne t’inquiète pas, je te promets d’être prudent.

 

            Le plus vieux avait accompagné ses propos d’une moue déçue. Il partit lentement, les larmes aux yeux quand Sam l’interpella :

 

- Tristan, attends ! Il souffla. C’est d’accord. Mais j’ai deux conditions : la première, c’est qu’on le fera quand je l’aurais décidé et la deuxième, c’est que Dean ne devra jamais apprendre cette histoire.

 

Ils scellèrent l’accord d’une poignée de mains. Puis ils partirent rejoindre Dereck qui les attendait à la sortie du lycée. Ils se rendirent dans un petit café et examinèrent les détails de leur projet. Sam fut surpris de constater que l’ancienne demeure de son ami était à proximité de celle où Dean et lui avaient exorcisé le poltergeist invoqué par Cindy.

 

- Et comment vous comptez y allés ? Elle a une bagnole votre « professionnelle du spiritisme » ?

 

- Non et elle n’a pas le permis, elle n’a que quinze ans. Avoua Tristan qui ne voulait rien cacher à son ami. Il s’empressa de reprendre. Mais son don de médium est reconnu. Il paraît qu’elle tient ça de sa mère.

 

- Et on prendra la caisse du mec de ma vieille. Si tout va bien, il la récupère demain. C’est Tristan qui conduira. Ce sera pas la première fois qu’on se fait une petite virée, hein ?

 

- Ce n’est pas une « petite virée » ! S’énerva Sam. Si c’est pour faire le con comme la dernière fois, tu ne viens pas. C’est clair ?

 

- Ouais, c’est bon. J’ai compris. Répondit-il d’un ton boudeur.

 

            Le jeune chasseur estima, qu’effectivement, Tristan avait parfaitement bien préparé la séance et qu’il avait pris grand soin de prendre toutes les précautions possibles et imaginables. De son côté, il se rappela que Dean avait  un rendez-vous le soir même, ainsi que le dimanche. Pour la soirée, ça lui paraissait trop juste. Il n’avait aucun souvenir de ce qui était prévu pour le samedi. Le dernier rencard du week-end devait débuter à seize heures. Il opta donc pour cette solution. Ils se donnèrent rendez-vous chez Dereck, le dimanche vers seize heures trente.


Lydean  (20.09.2009 à 17:51)

Chapitre 10.

 

            Sam avait eu le temps de cogiter pendant deux jours. Son anxiété avait eu tout le loisir de prendre de l’ampleur. C’était vraiment une grosse connerie que de faire ce genre de choses. Mais ça avait été trop dur de voir son ami dans cet état et il mettait un point d’honneur à toujours respecter ses engagements. A ce propos, il se promit intérieurement qu’après ce soir, il ne réitérerait jamais ce genre d’expérience. Et cette fois-ci, il s’y tiendrait.

            En arrivant devant la maison de Dereck, il découvrit ses potes en train de se disputer. Ces derniers l’aperçurent et vinrent vers lui. Tristan prit la parole :

 

- On n’a pas de bagnole !

 

- Je tiens à préciser que je n’pouvais pas deviner qu’ils allaient se barrer pour une sortie en famille … sans moi !

 

- Bon alors, qu’est-ce qu’on fait ? On annule ?

 

- Sûrement pas, Winchester ! Répondit le plus vieux. On va prendre celle de la vieille Mc Allister. Le dimanche après-midi, y a un vieux tromblon qui passe la prendre et ils vont guincher j’sais pas où. En règle générale, ils ne reviennent jamais avant vingt et une heure. Ca nous laisse largement le temps.

 

- Et votre médium, elle est où ? Demanda Sam qui trouvait que ce n’était décidément pas une bonne idée.

 

- On est censé la prendre dans une heure. Le temps d’aller chercher la caisse et d’arriver chez elle. Elle habite sur la route. Ca ne nous retardera pas.

 

            Tristan ayant réponse à tout, ils coururent jusqu’au quartier où était stationné leur moyen de locomotion.  Dans cette ville du nord des Etats-Unis et en plein hiver, la nuit était déjà tombée. L’obscurité rassurait Sam : On les repèrerait moins. Malgré tout, il remarqua que les habitants n’avaient pas chaumé : Les murs des maisons étaient à nouveau propres, les boîtes aux lettres avaient été replantées et les décorations de noël, ainsi que les nains de jardin avaient repris leurs places respectives. Ce soir là, les guirlandes électriques émettaient une lueur bien pâle comparée à ce qu’ils avaient pu observer la semaine précédente. Le regard du jeune chasseur s’attarda sur la maison de leur dernier méfait. Il ne put réprimer un frisson puis il s’intéressa à Dereck. Celui-ci avait déposé son lourd paquetage au sol et farfouillait dans la serrure de la vieille berline pour la forcer. Exaspéré par tout ce temps perdu, Sam prit sa place et ouvrit la portière en un tour de main. Puis il s’installa au volant, arracha les fils sous le tableau de bord et les frotta l’un contre l’autre ; ce qui eut pour conséquence de faire ronronner le moteur. Il lui avait fallu moins d’une minute et ses amis le regardaient ébahis.

 

- Bordel, mais où t’as appris à faire ça ? Demanda Dereck.

 

- C’est Dean qui m’l’a montré, marmonna l’intéressé tout en laissant sa place au conducteur.

 

- C’est bien c’que j’disais : il est trop cool ton frère ! Insista Tristan.

 

            Le jeune Winchester ne put s’empêcher de penser à l’attitude « non cool » qu’aurait eu son aîné s’il l’avait vu faire. Les trois adolescents chargèrent la voiture et passèrent prendre la fameuse médium. Elle les attendait sur le bas côté de la route. Quelle ne fut pas la surprise du plus jeune quand il s’aperçut qu’il s’agissait de la jeune fille qu’il avait repérée une semaine plus tôt. Elle pénétra dans le véhicule et s’installa à l’arrière, à côté de lui. Avec un magnifique sourire, elle lança :

 

- Salut les gars ! Bonjour, Sammy, c’est ça ?

 

            Il acquiesça d’un signe de tête et ses amis explosèrent de rire. Il devint tout rouge. Elle se présenta :

 

- Moi, c’est Line.

 

            Elle n’obtint qu’un sourire timide et le reste du trajet se fit en silence.


Lydean  (21.09.2009 à 12:56)

            Il passèrent devant la maison où avait eu lieu l’inoubliable « soirée pyjama ». Tristan se gara un peu plus loin.

            Les yeux du conducteur fixaient avec intensité la petite demeure dont l’aspect extérieur ressemblait plus à une ruine. La végétation avait repris ses droits et elle envahissait les murs jusqu’au toit. Le terrain n’était pas délimité bien qu’il restât des morceaux épars de clôture en bois. A sa droite se trouvait une autre maisonnette, également inhabitée. De l’autre côté s’étendait un immense champ en jachère. Un peu plus loin, en face, se trouvait un petit cimetière tout aussi sinistre. Le jeune chasseur fut surpris de constater qu’il était, malgré tout, parfaitement entretenu. Les pierres tombales s’alignaient de manière régulière. Ni fleurs, ni couronnes ne venaient les orner mais les allées étaient désherbées et  ce qui restait de pelouse était tondu. A côté de la grille d’entrée se trouvait un cabanon où le fossoyeur devait entreposer son matériel. Inutile donc de craindre qu’un voisin ne les aperçoive. Mais l’endroit était lugubre. Le vent glacé soufflait par rafales et  sifflait dans les hautes herbes. On aurait pu croire que le lieu était déjà hanté. Tout ceci ne présageait rien de bon.

            A la lumière des  torches, les quatre adolescents traversèrent tant bien que mal la végétation dense jusqu’à l’entrée. Les ombres ainsi dessinées prenaient des allures de monstres évoluant nonchalamment dans la noirceur de la nuit. Nul besoin de fracturer la porte : seuls quelques débris résistaient, accrochés aux gonds rouillés qui crissaient à chaque fois qu’une bourrasque les forçait à coulisser.

            Tristan entra le premier, suivit de près par Dereck. Il ôta les nombreuses toiles d’araignées qui s’étaient multipliées et qui lui barraient le passage. A l’intérieur, il n’y avait plus aucun meuble. La maison avait été vidée de son contenu après le drame et personne n’avait voulu y emménager depuis. Sam estima que cet état des choses réduisait les risques. Une odeur de moisi flottait dans l’air. Délabrée était le mot qui qualifiait le mieux cette vieille bicoque.

            Line prit la parole. Elle chuchotait, comme si elle ne voulait pas réveiller les habitants :

 

- Dans quelle pièce ça s’est passé ?

 

- Dans leur chambre, là-haut. La renseigna le plus vieux.

 

            Ils gravirent une à une les petites marches en bois qui grinçaient dangereusement sous leurs poids. Sam laissa  Line et Dereck s’installer. Il observa avec attention les lieux : Deux petites pièces mansardées se partageaient le premier étage. Chacune d’elle bénéficiait d’un hublot, seule ouverture vers l’extérieur. L’ancienne chambre des parents de Tristan donnait du côté façade. Le plus vieux de la bande, visiblement affecté, n’avait toujours pas passé le pas de la porte. Compatissant, le plus jeune s’approcha de lui et murmura :

 

- Il n’est pas trop tard. On peut tout arrêter.

 

            Son ami le regarda longuement avant de lui répondre.

 

- Non, Sam. Je veux le faire. Je dois le faire.

 

            Et il rejoignit les deux autres.

 

            Les flammes des bougies dansaient et projetaient leur lumière sur les murs où les lambeaux de tapisserie se décollaient et s’enroulaient sous l’effet de l’humidité ambiante. On ne distinguait même plus les motifs. La lueur blafarde et lancinante donnait un côté glauque à l’ensemble. Pour ne rien arranger, les effluves de moisi étaient fortement accompagnée d’une odeur de renfermé. Au rythme des rafales extérieures, des relents âpres venaient s’ajouter à cette fragrance.

            Sam ne put expliquer si c’était ce mélange ou le mauvais pressentiment qui l’habitait, mais son estomac se contracta. Pour se détendre, il aurait aimé prendre une grande bouffée d’air mais celui-ci lui faisait l’effet d’une substance pâteuse et infecte. Il prit donc son mal en patience.

            A présent, ses amis étaient installés et Line commença l’incantation. Le jeune chasseur resserra la prise sur son sac. Il se concentra, prêt à intervenir.


Lydean  (21.09.2009 à 12:57)

Chapitre 11.

 

            Pendant une longue minute, rien ne se passa. Tout était étrangement calme. Les quatre adolescents retenaient leur respiration, attentif au moindre bruit.

            Soudain, de légers tremblements se firent ressentir. Les vibrations s’intensifièrent et s’accompagnèrent d’un grondement sourd. Sam se tenait fermement à l’encadrement de la porte mais une onde de choc explosa au centre de la pièce. Il vit ses trois amis s’envoler avant d’être projeté à son tour jusque dans la chambre voisine. La porte se referma instantanément. Il se releva rapidement malgré son corps douloureux. Les secousses avaient disparu mais le bourdonnement persistait et lui embrumait le cerveau. Il avait l’impression d’être dans du coton. Il avança vers la porte derrière laquelle étaient enfermés ses copains et tenta de l’ouvrir sans succès. Voyant que le bois avait pourri à certains endroits, il se dit qu’il devrait réussir à l’enfoncer. Au préalable, il déposa une ligne de sel à sa base, protection improvisée au cas où. Il colla son oreille derrière le battant pour essayer de distinguer un bruit quelconque mais il n’entendait que le râle incessant. Il rassembla toutes ses forces et se projeta contre la porte qui se fendit en plusieurs endroits. Il recommença à deux reprises et elle finit par céder dans un craquement épouvantable. Sam se retrouva allongé sur le sol, de l’autre côté de la ligne de sel. Il redressa rapidement la tête et évalua la situation.

            Dereck était assis contre le mur à sa droite et il se frottait l’arrière du crâne, visiblement encore un peu dans les vapes. En face de lui, sur la gauche du jeune chasseur, se trouvait Tristan. Il était plaqué au mur et regardait en direction de Line avec une expression horrifiée. Sam se mit debout et avança vers la silhouette de la jeune fille qu’il percevait à peine. Elle se tenait bien droite, près du mur, sous le hublot. Il ne comprenait pas l’attitude de son ami jusqu’à ce qu’il soit assez proche pour observer son visage.

            Ses traits si fins avaient disparus et laissés place à des rides marquées. Ses yeux reflétaient une colère froide.  Si ce n’était ses longs cheveux blonds, elle arborait une attitude très masculine. En l’espace d’un claquement de doigts, elle se retrouva devant Tristan, la tête penchée légèrement sur le côté, le fixant intensément.

            D’une voix grave et caverneuse, elle s’adressa à lui sur un ton  menaçant :

 

- Ramène-moi tout de suite, Tristan ! Pourquoi tu nous as fait ça, à ta mère et à moi ? N’as-tu donc aucune conscience ?

 

- P…Papa ?

 

- Qui veux-tu que ce soit ? Je t’ordonne de me ramener immédiatement.

 

            Il accompagna ses dires de mouvements brusques. Les bras de Line bougeaient par à-coups stroboscopiques mais le corps de l’adolescent était comme pris de convulsions. Sa tête heurtait aussi régulièrement que durement la cloison. Il suppliait le fantôme de son père d’arrêter.  Néanmoins celui-ci continuait de le secouer inlassablement.

            Pour aider son ami, Dereck se précipita sur la jeune fille mais d’une simple pichenette, elle le renvoya s’écraser sur le mur d’où il venait. Il perdit connaissance. Sam récita l’exorcisme. Toutefois il n’obtint pas l’effet voulu. Point positif : L’esprit cessa de secouer son ami. Point négatif : D’un mouvement graduel, il tourna la tête d’une manière physiquement impossible pour un être humain jusqu’à ce que son regard trouve les yeux du jeune chasseur qui déglutit difficilement. En une fraction de seconde, il se retrouvèrent face à face, à deux centimètres l’un de l’autre.

 

- Ca ne fonctionne pas ! Je veux partir !

 

            De ses petits bras frêles, Line poussa Sam qui prit son envol et s’écrasa sur le parquet de la deuxième chambre. Elle se précipita sur lui mais fut bloquée dans son élan par la barrière de sel et poussa un cri rageur :

 

- Ramène-moi ! Ramène-moi ! Je te l’ordonne.


Lydean  (22.09.2009 à 18:55)

            Voyant qu’elle ne pouvait pas l’atteindre, elle retourna auprès de Tristan. Sam en profita pour attraper une grosse poignée de sel. Il s’approcha furtivement de la jeune fille pour lui enfoncer les milliers de petits grains blancs dans la bouche. La réaction fut instantanée : Alors que le corps de Line s’effondrait à même le sol, une onde translucide s’en extirpa violemment.

 

- Line ! Line ! Tu vas bien ? S’inquiéta le jeune Winchester qui venait de s’agenouiller près d’elle.

 

            Après un gémissement, elle revint complètement à elle. Elle toussa et expulsa le sel avec une grimace de dégoût. De sa petite voix fluette, elle essaya d’articuler.

 

- Qu … Qu’est-ce qui s’est p…

 

            Elle n’eut pas le temps de terminer sa question. Un vent d’une force herculéenne se mit à tournoyer dans la pièce. La poussière, les toiles d’araignées, les bandelettes de vieux papiers peints et les morceaux de porte se mélangeaient dans ce tourbillon infernal. Se protégeant le visage de son bras, Sam plissa les yeux et demanda à la jeune fille de l’aider. A son tour, elle récita l’exorcisme mais n’eut pas plus de succès que le jeune chasseur.

 

- Qu’est-ce qu’on va faire ? Hurla soudainement Tristan devant le regard impuissant de ses amis. Arrête ça, papa ! Arrête ! S’il te plait ?!? S’il te plait ?!?

 

            La situation changea du tout au tout en une fraction de seconde. Les éléments cessèrent de tournoyer et retombèrent mollement au sol. Les trois adolescents scrutèrent la pièce et tentèrent de reprendre une respiration normale. Très inquiet, Tristan s’aperçut que Dereck gisait sur le sol. Il se précipita vers lui et entreprit de l’examiner. Cette action eut pour effet de réveiller son pote qui grommela. En ouvrant les yeux, celui-ci prit une expression épouvantée. Ne pouvant prononcer un mot, il indiqua de son index ce qui le perturbait. Tous les yeux fixèrent le point désigné. Dans l’obscurité, ils purent distinguer un liquide opaque dégouliner le long des murs. Les quatre adolescents étaient debout à présent et ils assistaient au déluge rougeâtre. L’odeur qui l’accompagnait provoqua un nouveau haut-le-cœur à Sam : C’était du sang. Des litres et des litres de sang se déversaient dans la pièce. Dans l’immense flaque qui s’épaississait sur le parquet, une forme apparut. La masse se redressa jusqu’à ce qu’elle atteigne une hauteur d’homme. Puis elle se sculpta en une silhouette féminine. Dans un halo de lumière, elle se transforma en une belle jeune femme, ensanglantée.

 

- Maman ? Demanda Tristan dans un souffle.

 

            Elle s’approcha de lui. Son image apparaissait et disparaissait comme soumise à une mauvaise réception. D’un geste tendre, elle passa sa main dans les cheveux de son enfant et lui caressa la joue. Bien qu’il ne pût sentir physiquement ce geste, les larmes vinrent envahir ses yeux. Elle avança son visage près de son oreille et lui chuchota quelques mots que lui seul entendit. De gros sanglots déferlèrent sur ses joues.

 

- Moi aussi, je t’aime maman. Je vais trouver une solution. Je te le promets.

 

            Elle lui sourit puis disparut, se liquéfiant rapidement en réintégrant la flaque visqueuse. Sous le regard interrogateur de ses amis, il expliqua :

 

- Il faut qu’ils repartent. On ne peut pas les laisser errer dans cette ruine pour l’éternité. Sam, qu’est-ce qu’on peut faire ?

 

- Ben, Dean m’a expliqué l’autre jour, comment on pouvait se débarrasser … enfin je veux dire renvoyer dans l’Au-delà les fantômes. Mais ça ne va pas te plaire.

 

- Vas-y ! Dis toujours.

 

- Il faut saler et brûler leurs os.

 

            Le plus vieux soupira. Il avait bien compris les désagréments sous jacents à cette solution. D’un autre côté, tout ce qui arrivait était de sa faute. Il décida d’assumer ses actes.

 

- De toutes façons, on n’a pas trop le choix. C’est d’accord. Allons-y.

 


Lydean  (22.09.2009 à 18:57)

Chapitre 12.

 

            Etrangement, les quatre adolescents n’eurent aucun mal à quitter la maison. Ils se rendirent dans le petit cimetière. Sam s’aperçut alors qu’ils n’avaient aucun outil et, même avec des pelles, le sol était trop gelé pour qu’ils réussissent à creuser. Il fit part de cet état des choses à voix haute. C’est Dereck qui lui répondit le premier.

 

- Tant pis, on n’a qu’à se casser. On ne risque plus rien maintenant qu’on est sorti.

 

            Tristan le fixa, visiblement énervé.

 

- Sûrement pas ! Si on a réussi à sortir, c’est parce que j’ai promis de faire tout mon possible pour les ramener d’où ils viennent et je tiendrai ma promesse. Mais si tu veux te casser, barre-toi ! J’te retiens pas !

 

- Non, c’est pas ce que j’ai voulu dire ! Se justifia son ami. C’est clair que je vais rester avec toi et je vais t’aider. Tu sais que tu peux compter sur moi … pas vrai ?

 

            De toute évidence, le plus vieux n’avait pas le cœur à lui répondre. Et il cherchait déjà un moyen d’atteindre les tombes de ses parents. Il avisa le cabanon.

 

- Et si on allait voir dans cette cabane, là ? Il y a certainement de quoi creuser.

 

            Une fois n’étant pas coutume, c’est Sam qui fractura le cadenas. A l’intérieur, ils eurent la bonne surprise d’y découvrir une petite pelleteuse. Ils échangèrent des regards rassurés. Le jeune Winchester commençait à voir le bout du tunnel. Il n’avait qu’une hâte : que toute cette histoire soit enfin terminée.

            Un fois démarré, le petit engin fonctionnait parfaitement. Comme convenu, ils creusèrent jusqu’à atteindre les deux cercueils. Puis ils défoncèrent les couvercles. Mais Tristan ne put aller plus loin et il s’assit un peu en retrait, visiblement choqué. C’est Sam qui répandit du sel et de l’essence sur les ossements. Il craqua deux allumettes. A la lumière des brasiers, il rejoignit ses amis regroupés autour de l’adolescent qui n’arrivait pas à sortir de son état léthargique. Il les prévint :

 

- Je vais aller vérifier que tout va bien et je reviens.

 

- Attends ! Je viens avec toi, décréta Tristan.

 

            Dans la maison en ruine, tout était calme. A l’étage, il n’y avait même plus la moindre trace de sang. Après plusieurs vérifications, les amis se rendirent à l’évidence : C’était terminé.

            Ils regagnèrent la voiture. Dereck soutenait son ami, toujours aussi perturbé. Il regarda Sam.

           

- Putain ! Et comment on fait maintenant ? Tristan n’est pas en état de conduire et il faut quand même qu’on rentre.

 

- T’inquiète, c’est moi qui m’y colle.

 

- Tu sais conduire ?

 

- Ben ouais, Dean m’a appris. C’est pratique … en cas de … force majeure.   

 

- Tristan a raison : ton frère est vraiment trop cool !

 

            Ils s’engouffrèrent dans la voiture. Sur la route, Sam réfléchissait au fait qu’encore une fois, si Dean apprenait ce qu’il était en train de faire, il ne serait pas « cool » du tout. Il jeta un œil au petit cadre lumineux qui indiquait l’heure : vingt et une heure trente-quatre. Le temps de faire le trajet de retour, de déposer les gars, de remettre la voiture à sa place et de rentrer à pied, inutile d’espérer que son aîné ne se soit pas aperçu de son absence.  Il soupira et appuya sur l’accélérateur. Il ralentit un peu rudement pour son premier arrêt. Puis Line descendit de la voiture. Elle fit un immense sourire au conducteur.

 

- T’as assuré, Sammy ! On se reverra peut-être un de ces quatre ?

 

- J’espère bien. Et, au fait, mon nom à moi, c’est Sam !

 

            Il ne savait pas si ça venait d’elle ou si c’était qu’il avait grandit mais ça lui plaisait assez qu’une fille s’intéresse à lui. Il voulu déposer ses amis avant de ramener la voiture mais ils refusèrent prétextant qu’ils resteraient soudés jusqu’au bout. Finalement, ils durent abandonner le véhicule au début de la rue car sa propriétaire était malheureusement revenue. Ils récupérèrent leurs affaires et commencèrent à courir pour rentrer chez eux.


Lydean  (23.09.2009 à 09:33)

              A peine une heure trente plus tard, il arrivait, essoufflé, à l’hôtel. A sa grande surprise, aucune lumière ne filtrait par la fenêtre. Soit Dean n’était toujours pas rentré, soit il s’était couché. La deuxième idée étant totalement inconcevable, il se rassura. Malgré tout, il pénétra silencieusement dans la chambre. Personne. Il alluma la lumière, posa son sac et sa veste, puis il se hâta de transférer les armes et ce qui restait de sel à la place où il les avait empruntés . Il se dirigea vers la salle de bain mais se ravisa. Il prit son bouquin de bio et le balança sur le lit. Si son aîné rentrait le temps qu’il était sous la douche, il pourrait toujours lui dire qu’il l’attendait en révisant.

 

            Les deux frères franchirent le seuil en même temps. Le plus vieux avisa son frère qui allait entrer dans la salle de bain et s’était retourné en l’entendant arriver. Il l’interrogea sans préavis :

 

- T’étais où ?

 

            Il était éreinté. Et il n’aurait jamais dû croiser le regard de son grand frère. Maintenant, il ne se rappelait même plus quel mensonge il avait pris soin d’élaborer. Il dut se contenter d’un petit morceau de vérité.

 

- J’traînais avec Dereck et Tristan.

 

- On n’est pas samedi !

 

- Et alors ?

 

- Et alors, il est tard.

 

- Et alors ?

 

- Et alors, demain tu as cours et si tu me sors encore un « Et alors ?», j’t’en colle une.

 

            La menace avait le mérite d’être claire. Il changea donc de stratégie.

 

- Non mais, attends. J’suis quand même rentré avant toi.

 

- Parce que j’étais parti t’chercher !

 

            Bonne raison. Mauvais karma. Nouvelle tactique.

 

- Oh, Deeaaan. J’te jure que je n’ai pas vu le temps passé.

 

- Ouais, ben, demain, tu rentres direct après les cours.

 

- Quoi ? Et pourquoi j’ferais ça ?

 

- Parce que j’te l’dis.

 

- Ah non mais, t’es pas papa. T’as pas d’ordre à me donner.

 

- C’est bien c’qu’on verra. J’te rappelle que papa m’a demandé de veiller sur toi et moi, je fais toujours ce qu’il me dit.

 

            Sam n’aurait su l’expliquer mais les dires de son aîné le plongèrent dans une fureur sans nom.

 

- Ah là, je dois bien avouer que t’es super fort pour ça. Tu sais, je vais t’apprendre un truc. Tu n’as pas que deux oreilles qui te servent à écouter les ordres. Entre les deux, il y a un truc qui s’appelle le cerveau.

 

- Attends, qu’est-ce que tu veux dire ?

 

- Ca veut dire que ça t’ f’rais pas de mal de t’en servir et de réfléchir un peu plus avant de suivre aveuglément les ordres de papa !

 

            Il n’attendit pas la réaction de son frangin et s’enferma dans la salle de bain en claquant la porte. Il avait dépassé les bornes et il s’attendait à des représailles. Mais contre toute attente, rien ne se produisit. Il n’y avait ni martèlement furieux ni menaces bien senties. Au contraire, il régnait un calme olympien dans la chambre. Ca ne ressemblait pas à Dean. Ces derniers temps, il ne le reconnaissait plus. D’ordinaire il se serait mis en colère et lui aurait fait payer son insolence. Cette réaction inattendue déclencha le doute dans l’esprit du cadet et de nouveau les questions le submergèrent. Il n’arrivait pas à déterminer le mal-être qui l’envahissait ces derniers temps.

            Trente minutes plus tard, lorsqu’il ouvrit précautionneusement la porte pour réintégrer la chambre, il constata que Dean était couché dans son lit. Il lui tournait le dos. A son tour, il se glissa sous les couvertures. C’était parti pour une nouvelle nuit d’insomnie.


Lydean  (23.09.2009 à 09:34)

Chapitre 13.

 

- Hé ! C’est l’heure. Magne-toi !

 

            Son aîné venait de le réveiller en le secouant sans ménagement. Sam ouvrit les yeux et s’aperçut que Dean était déjà prêt. Il tourna la tête vers le réveil qui indiquait six heures trente. Il avait dormi deux heures. La difficulté avec laquelle il s’extirpa des couvertures lui indiqua que ce n’était pas suffisant. Il n’avait pas mis un pied à terre qu’il entendit la porte claquer. Son grand frère venait de partir. Peu probable qu’il soit sorti pour aller leur chercher le petit déjeuner, cette fois. Il soupira. S’il voulait retrouver le sommeil la nuit prochaine, il allait devoir arranger les choses avec Dean dans la journée. A le voir aussi en colère, il savait déjà que ça ne serait pas chose facile. Dire qu’il était dans cet état juste parce qu’il était rentré tard. Il n’osait pas imaginer sa fureur s’il apprenait ses expéditions nocturnes.

            Arrivé au lycée, Sam fut surpris de voir son aîné avec ses deux amis. D’où il était, il pouvait voir qu’il ne s’agissait pas d’une conversation anodine. Alors que ses deux potes restaient figés, la bouche entrouverte, Dean vociférait à en perdre haleine. La colère monta d’un seul coup à la tête du plus jeune. De quel droit se permettait-il d’intervenir dans sa vie privée ?  Comment allaient réagir ses potes ? Loin de vouloir arranger les choses avec son frangin, il s’approcha d’eux d’un pas décidé au moment où l’aîné des Winchester partait. Il le regarda s’éloigner, interdit. Puis il reporta son attention sur les deux adolescents qui continuaient d’ouvrir des yeux ronds.

 

- C’est pas vrai ! Qu’est-ce qu’il vous a dit ?

 

            Alors que Tristan gardait obstinément le silence, Dereck maugréa :

 

- J’retire c’que j’ai dit ! C’est toi qui avais raison : ton frère, il n’est vraiment pas, mais alors vraiment pas cool ! Jamais personne ne m’a engueulé comme il l’a fait. Et puis alors, je déteste les menaces …

 

- Quelles menaces ?

 

- Il a dit qu’on avait une mauvaise influence sur toi et que si on n’arrêtait pas nos conneries, il nous f’rait la peau. Et il avait pas l’air de rigoler. Il est au courant pour hier soir ?

 

- Non et j’espère que vous ne lui avez rien dit.

 

- Ah ben ça, y a pas de risque. Il nous a pas laissé le temps d’en placer une de toutes façons.

 

- J’suis vraiment désolé les mecs. Il a la rage parce que je suis rentré tard et que je ne suis pas un petit toutou comme lui qui écoute aveuglément les ordres de son aîné. Mais ça va lui passer.

 

- Ouais, ben, j’espère. C’est con parce que ce soir j’avais prévu une petite soirée tranquille, entre nous, avec des bières. Histoire de réconforter Tristan qui ne va pas bien du tout, comme tu peux le voir.

 

            L’intéressé lui lança un regard dénué d’expression. Le jeune Winchester s’adressa à lui :

 

- Je suis désolé que ça n’ait pas fonctionné comme tu l’espérais, Tristan. Mais dis-toi que tu as quand même réussi à les voir. C’est ce que tu voulais, non ? Et puis, crois-moi, ils sont mieux où ils sont maintenant. Il vit son ami acquiescer de la tête et poursuivit. Et tu sais quoi ? Pour une fois, c’est Dereck qui a raison. Ce soir on fait la fête tous les trois ! Ca va nous changer les idées.


Lydean  (23.09.2009 à 17:57)

            Sam en voulait à son aîné. Tout ce cinéma juste parce qu’il était rentré tard. Il allait falloir qu’il comprenne qu’il n’était plus un enfant et qu’il était assez grand pour prendre ses décisions tout seul. Toute la journée, il prit donc grand soin de l’éviter. Il n’avait plus l’intention de discuter avec lui. Au contraire, il avait une furieuse envie de lui en faire baver.

            Après les cours, il vit que son frère l’attendait à la sortie. Il s’éclipsa donc par la petite porte de service qui donnait dans la ruelle derrière l’établissement. Il rejoignit ensuite ses potes au parc et la soirée bien arrosée commença. Dereck avait piqué plusieurs bouteilles dans le bar de sa mère. Après deux verres, Sam trinqua à la santé de son aîné qu’il qualifia de frangin casse-bonbons. Tristan retrouva l’usage de la parole. Il regarda fixement Sam et lui avoua :

 

- Tu sais, je suis jaloux : Tu ne te rends pas compte de la chance que tu as d’avoir quelqu’un comme Dean dans la vie. S’il a pété un câble ce matin, c’est parce qu’il s’inquiète pour toi. Et s’il s’inquiète pour toi, c’est qu’il tient à toi. Nous, avec Dereck, on n’a personne. Tout le monde s’en fout de nous. Il pourrait nous arriver n’importe quoi. Personne ne s’en apercevrait. Et en cas de problème, on ne peut compter sur personne. Et tu sais quoi, si ça t’énerve que ton frère te protège comme il le fait alors on n’a qu’à échanger nos places.

 

- Eh ! T’exagères, on peut compter l’un sur l’autre quand même, le reprit Dereck. Tu sais que je serai toujours là pour toi moi aussi … même si je fais le con des fois, ajouta-t-il, penaud.

 

            Pour toute réponse, Tristan se jeta sur son ami et ils se chicanèrent joyeusement. Sam les regardait, amorphe. Le plus vieux avait eu raison de le remettre à sa place. Décidément ces derniers temps, il était indiscutablement une vraie girouette : un jour il voulait ressembler à son aîné et le lendemain il faisait n’importe quoi pour l’énerver. Il voulait que Dean s’aperçoive qu’il avait grandi mais il se comportait comme un petit garçon incorrigible. Il ne se tenait même pas à ses propres décisions. Il ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait mais il se sentait mal depuis quelques temps. Il voulait que ça change néanmoins il n’arrivait plus à réfléchir. Son esprit s’embrumait. Il n’avait pas beaucoup bu, mais c’était la première fois qu’il ingurgitait de l’alcool. Il décida de rentrer. Il fallait qu’il parle à son grand frère. Il prit congé de ses amis qui continuaient de s’éclater et commença à marcher en direction de l’hôtel.

 

            Il avait vraiment du mal à mettre un pied devant l’autre. Bien qu’il ne soit pas tout à fait conscient, il appréhendait le passage de cette porte. Derrière elle, il le savait, se trouvait Dean. Un Dean certainement en colère et inquiet. Il jeta un œil à sa montre. Il n’était pas très tard. Malgré tout, il avait peur que son aîné s’aperçoive de son état. Il prit une grande inspiration, redressa la tête et entra dans la chambre. Son frère faisait les cent pas derrière la porte. Il s’arrêta quand il le vit arriver.

 

- Salut ! Lança Sam, comme si de rien n’était.

 

            Puis, voyant que Dean le dévisageait, il n’eut finalement pas la force de l’affronter et se dirigea vers la salle de bain, titubant. Sa tête lui tournait de plus en plus et un voile noir venait progressivement occulter sa vision. Quand il réussit enfin à atteindre la porte, son aîné lui barrait le passage et lui posa la question fatidique :

 

- C’est pas vrai, t’es bourré ? Sam, qu’est-ce que t’as foutu ? Sam !


Lydean  (23.09.2009 à 17:58)

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