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Boys Shouldn’t Play With Dead Things

Série : Supernatural
Création : 31.08.2009 à 17h25
Auteur : Lydean 
Statut : Terminée

« S’appeler Winchester est déjà une malédiction en soit. Alors imaginez tout ce qui peut arriver quand, en plus, on a treize ans, nombre fatidique de l’adolescence. Sam passe difficilement le cap. » Lydean 

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Chapitre 14.

 

            Quand le réveil sonna le lendemain matin, Sam n’eut pas la force d’ouvrir les yeux. La faible lueur des lampadaires à l’extérieur inondait ses paupières et vrillait sa cornée. Il avait l’impression que sa tête allait exploser. Seul point positif, ses nausées avaient disparu. Il avait du mal à se remémorer ce qui s’était passé la veille mais il se rappelait parfaitement de la cuvette des toilettes. D’ailleurs, comment avait-il réussi à rejoindre son lit ? Ce devait être certainement Dean. A cet instant précis, un deuxième souvenir, franchement désagréable,  lui revint en mémoire : la douche froide que son frangin lui avait fait prendre tout habillé. Même s’il aurait été incapable de répéter mot à mot ce qu’il avait dit, il se rappelait lui avoir hurler dessus pour qu’il le laisse sortir de cette eau glacée. C’était la deuxième raison qui l’empêchait d’ouvrir les yeux. Au moment où il le ferait, il faudrait affronter le regard furieux de son aîné et il savait qu’il allait devoir s’expliquer. Quelque part, ça l’énervait. S’il avait envie de se saouler avec ses copains, ça ne regardait que lui. Même si, soit dit en passant, l’expérience ne se renouvellerait certainement pas de sitôt vus les effets de l’alcool sur son organisme. Malgré tout, sans pouvoir se l’expliquer, il se sentait toujours mal à l’aise quand son frère était en colère contre lui. Sur ce coup-là, c’est Tristan qui avait raison quand il lui avait fait remarqué qu’il avait de la chance que quelqu’un se préoccupe de lui. Sam était en total accord avec ça et maintenant il s’en voulait d’avoir été aussi ingrat. Inconsciemment, il soupira. Aussitôt, il discerna des mouvements dans la chambre et entendit la porte claquer. Ce vacarme lui fit l’effet d’une bombe mais il ouvrit finalement les paupières. Le lit d’à côté était vide, la chambre désertée pour la deuxième fois consécutive. Il était seul. Toutefois, à côté de lui, sur le chevet, étaient posés un verre d’eau et de l’aspirine. La culpabilité prit la forme d’une grosse boule au creux de son estomac déjà bien fragilisé.

 

            En arrivant à la cafétéria, pendant l’heure du déjeuner, il scruta chacune des tables, le self service et les moindres petits recoins mais son grand frère n’était pas là.  Au début, il voulait attendre qu’ils soient tous les deux à l’hôtel pour discuter mais sa conscience le rongeait de l’intérieur et il voulait mettre les choses au clair avec Dean, le plus rapidement possible. La réaction que son aîné avait eue à deux reprises ne lui ressemblait pas : Il était plutôt prompt à la confrontation qu’à l’abandon de son cadet. En dehors du fait qu’il était rentré tard le dimanche et complètement saoul la veille, Sam se dit qu’il n’aurait jamais dû le renvoyer balader comme il l’avait fait. D’ordinaire, Dean n’était pas rancunier. Surtout avec lui. Alors, même s’il ne s’en rappelait pas, il avait dû lui dire des choses horribles pour qu’il parte sans un mot et le laisse seul encore une fois.

            Le jeune Winchester accompagna ses deux copains qui allaient se servir et s’installa à une table, en face de la porte.

 

- T’as pas faim ? Lui demanda Dereck, voyant qu’il n’avait rien pris.

 

            Il secoua la tête en signe de négation.

 

- Quoi, c’est notre petite soirée qui te met dans cet état ? Le titilla Tristan avec une moue moqueuse sur le visage. Vous les gars, vous ne tenez vraiment pas à l’alcool ! Deux verres et vous êtes dans le coltard.

 

- N’importe quoi ! S’indigna Dereck. D’abord, on a bu plus que deux verres et tu vas pas me faire croire que les mélanges qu’on a fait hier soir t’ont pas fait gerber toi aussi cette nuit !

 

- Non ! Quand je suis rentré, les deux vieux étaient déjà pieutés. Je me suis glissé dans les draps et j’ai roupillé jusqu’à ce matin. Pourquoi ? Toi, t’as fait quoi ?

 

- Ben, moi j’suis rentré. Ma mère et son mec étaient devant la télé. J’ai commencé à gerber dans l’entrée alors elle a gueulé que je devrai nettoyer. Une heure plus tard, elle est venue me voir dans les chiottes pour me dire de faire moins de bruit car ils voulaient aller dormir. Et ce matin c’est les gamines qui m’ont réveillé parce qu’elles voulaient « faire pipi » et que la présence de ma tête sur la cuvette les en empêchait ! Maintenant, j’ai trop mal au crâne et j’me demande comment tu fais pour être aussi en forme. Ajouta-t-il ébahi, voire en admiration devant les facultés de son ami qui haussait les épaules. Et toi Sam, t’as passé une bonne nuit ?

 

            En entendant son prénom, l’adolescent détourna subrepticement le regard de la porte et répondit à ses deux copains, tout en occultant certains détails :

 

- Ouais, si on veut. Moi aussi, j’ai gerbé et j’ai encore un peu mal à la tête si vous voulez tout savoir.

 

- Et Dean, comment il a réagi ? S’enquit Tristan devant le teint blafard de Sam.

 

            Mais le plus vieux n’obtint aucune réponse de la part de Sam qui se leva précipitamment. Son aîné venait d’entrer et se dirigeait vers le self service.


Lydean  (24.09.2009 à 18:18)

             Il attendit qu’il se serve et s’installe à une table, puis d’un pas lent mais décidé, il alla le rejoindre et s’assit en face de lui.

 

- Ce matin, t’étais déjà parti quand je me suis réveillé. J’ai pas eu le temps de te le dire alors : bonjour et merci ! L’aspirine c’était vraiment une bonne idée … T’as réussi à dormir ? … J’te demande ça parce que t’as une tête qui fait peur … T’avais un rendez-vous ce matin ? … Non, parce que c’est la deuxième fois que t’arrives au lycée avant moi  en deux jours … Malgré ses tentatives désespérées d’engager la conversation, Dean se bornait à manger ses frites, la tête plongée dans la barquette. Tu sais j’ai failli pas me réveiller … C’est le monde à l’envers, tu trouves pas ? Toujours pas de réponse, même furieuse. Pas même un « T’as fini avec tes questions !?! ». Il persévéra. En plus, je suis arrivé à la bourre en cours … Tu le savais ? … Ca ne m’était jamais arrivé avant … Mais j’ai eu de la chance, la prof a rien dit … Deeaan !

 

- C’est normal, t’avais que cinq minutes de retard.

 

            Enfin, il avait daigné ouvrir la bouche. Mieux que ça, il avait levé les yeux alors que sa barquette n’était même pas terminée. Et le meilleur, c’est qu’inconsciemment, il venait d’avouer qu’il avait surveillé son petit frère pour s’assurer qu’il était arrivé à bon port. En partie rassuré, le cadet aborda le sujet épineux.

 

- Ah ouais, tu m’as vu … Euh, Dean ? J’crois bien que l’alcool et moi, on fait pas bon ménage, hein ?

 

- Tu crois ?

 

- Non, en fait, je suis sûr ! Rien que de voir la lunettes des toilettes maintenant, j’ai envie de vomir … J’suis pas prêt de recommencer, tu peux me croire !

 

- Tant mieux.

 

            Sam avait l’habitude des réponses plus que succinctes de son frère à ses multiples questions mais la froideur avec laquelle il les prononçait, n’annonçait rien de bon.

 

- Hé, Dean ? J’me rappelle pas vraiment ce qui s’est passé cette nuit. J’ai dit ou j’ai fait quelque chose de mal ?

 

- Quoi ? Tu veux dire, mis à part rentrer complètement bourré et être tombé inconscient dans mes bras ?

 

- Ah, oui  … C’était pour ça la douche ? Demanda-t-il doucement plus à lui-même qu’à son grand frère dont la colère commençait à s’extérioriser.

 

- Qu’est-ce que tu crois, bordel ? T’es tombé comme une masse, d’un seul coup. Je ne savais pas quoi faire. Tu déconnes vraiment en ce moment et ça me plaît pas du tout ! Je ne suis peut-être pas un exemple comme grand frère mais ce genre de choses, ça ne m’est jamais arrivé à moi. D’accord ?

 

- D’accord … Mais pourquoi tu dis qu’t’es pas un exemple ?

 

- Tu devrais aller en cours maintenant. Regarde, t’as tes deux complices de débauche qui t’attendent.

 

            Suivant le regard de son aîné, Sam se retourna. Il vit Dereck et Tristan, postés près de la porte. Ils lui faisaient des signes de tête pour qu’il les rejoigne. Il acquiesça, montrant qu’il avait compris et qu’il arrivait. Puis il se remit face à son aîné. Il se leva mais il ne le quittait pas des yeux.

 

- Dean, euh … même si je ne me souviens pas de tout … juste … enfin, pour tout ce que j’ai fait ou dit … je suis désolé … et ce soir, je rentre direct après les cours.

 

            Il ne savait pas si c’était ses excuses ou le regard contrit qu’il lui avait lancé, mais Sam vit son grand frère esquisser un sourire.

 

- Ouais, c’est bon, va en cours !

 

            Il commençait à s’éloigner quand Dean l’interpella :

 

- Hé, Sammy ! T’as mangé ?

 

            En plein au milieu de la cafétéria, le « Sammy » était vraiment de trop mais il se contenta de répondre à la question.

 

- Non, j’avais pas très faim.

 

            Son aîné lui lança alors son sandwich.

 

- Mange !

 

            Il sourit, résigné, et alla rejoindre ses amis tout en mâchonnant son repas improvisé.

 

- Il est vraiment trop cool ton frère ! Ne put s’empêcher de remarquer Tristan.

 

            Pour une fois, Sam approuva d’un signe de tête.


Lydean  (24.09.2009 à 18:20)

Chapitre 15.

  

            Durant les deux jours qui suivirent, Sam avait décidé de rester à l’hôtel. Devant l’air interloqué de Dereck, il avait prétendu qu’il avait pris du retard dans ses devoirs. Ce dernier ne voulant pas entendre raison devant une excuse aussi bidon, il leur avait raconté qu’il avait envie de passer un peu de temps avec son frangin. Dean étant un « mec trop cool » au yeux de Tristan, ses amis avaient accepté cette deuxième explication.

            De son côté, son aîné était également resté avec lui. Il avait mis ses différentes petites amies en stand by jusqu’au week-end suivant, prétextant qu’il fallait savoir faire des pauses de temps en temps. En fin d’après-midi,  après les cours, il l’attendait patiemment, adossé avec un pied contre le mur. Puis il le raccompagnait jusqu’à l’hôtel. Sam le soupçonnait de vouloir vérifier qu’il allait bien et qu’il n’allait pas recommencer ses bêtises. Ce comportement avait le mérite d’être à la fois rassurant et énervant. Rassurant car il n’avait jamais vécu autrement que de cette façon. Son grand frère était toujours là pour le protéger quoi qu’il se passe. Au moindre problème, il savait qu’il pouvait compter sur lui. Le côté énervant venait du fait que Sam n’était plus un enfant et qu’il avait toujours autant de mal à le montrer à son aîné. Et ses « Sammy » par-ci et « Sammy » par-là commençaient à l’horripiler. Pourquoi ne pouvait-il pas comprendre qu’il était un homme à présent et que ce surnom c’était bon quand il était petit mais plus maintenant. Vis-à-vis de son frangin, il était donc à la fois reconnaissant et frustré, voire exaspéré.

           

            Le jeudi, Dereck arriva franchement excité. Il avait trouvé de quoi s’éclater pour le week-end. Il avait entendu parlé d’un mec retrouvé mort dans leur bahut, au cours des années cinquante. Lycéen, il était un joueur de baseball adulé. A la suite d’une blessure importante au genou, il avait été obligé de quitter son équipe professionnelle et avait eu du mal à retrouver un emploi. Alors le directeur de l’époque lui avait proposé de bosser dans son établissement comme homme à tout faire. Au bout de quelques années, il avait été retrouvé mort sur le sol du local où il rangeait son matériel, dans le sous-sol. Il n’avait que vingt-six ans. Tout le monde disait qu’il s’était suicidé à cause des railleries constantes des élèves. Mais les circonstances de sa mort étaient floues.  Apparemment, il avait avalé une grande quantité de produits toxiques. Ce n’était pas commun pour un suicide et l’adolescent voulait en avoir le cœur net. Comme s’il s’agissait d’une petite fiesta entre potes, il avait décidé d’organiser une nouvelle séance de spiritisme. Ce qui ne plut pas du tout au jeune Winchester.

 

- Ah non mais là, vous êtes vraiment tarés ! Après ce qui s’est passé la dernière fois …

 

- T’inquiète, le bonhomme a  été incinéré. Donc l’exorcisme suffira.

 

- Quoi ? Mais t’es sûr de ça ? Et toi, tu dis rien ? Pourquoi tu ne l’empêches pas de faire cette connerie ? demanda-t-il à Tristan, atterré.

 

- Honnêtement, je crois qu’on n’risque rien … Et la dernière fois, Dereck m’a soutenu dans mon projet alors c’est normal que je lui rende la pareille. En plus, il veut absolument le faire et il faut bien qu’il y ait quelqu’un pour le protéger, se justifia-t-il.

 

- Ouais ben sur ce coup-là, vous m’oubliez. Et je vous le dis une dernière fois, c’est une énorme connerie !

 

            Il s’éloigna sous le regard déçu de ses deux potes.


Lydean  (25.09.2009 à 07:36)

         A midi, il retrouva son frère qui finissait son repas. Cindy et sa bande mangeaient tout près d’eux. Assise sur son coussin gonflable, couleur barbe à papa, elle y allait de ses commentaires sur le mauvais goût vestimentaire de Clara :

 

- … Et en plus, ça ne lui va pas du tout ! Ah non, vraiment les filles, les tenues de camouflage, je trouve que c’est d’un vulgaire ! C’est franchement pas féminin ! Jamais il y en aura dans mon dressing.

 

            Dean adressa un sourire et un clin d’œil à son petit frère. Puis, il se retourna et s’adressa à la blonde :

 

- De toutes façons, même si ton placard était plein à craquer de tenues de camouflage, tu serais pas foutu de les trouver ! J’parie que c’matin quand on a parlé du cycle de Krebs en bio, t’as pensé à la chandeleur.  Oh ! Et pour info, un hebdomadaire, ce n’est pas un animal du désert avec une bosse … Et non, tu ne confonds pas avec celui qui a deux bosses ! J’t’aurais bien dit que je sortirai avec toi quand les poules auront des dents mais t’es tellement occupée à te regarder le cul que t’as certainement pas remarqué que les piafs n’en avaient pas. Alors pour plus de sécurité - et parce que j’ai vraiment pas envie de te voir peinturlurée sur la pas de ma porte ce soir - je préfère t’informer qu’il n’est pas prévu que les poules aient des p’tites quenottes avant que tu perdes définitivement ton dentier !

 

            La pompom girl s’offusqua. Elle ouvrit la bouche pour répliquer mais rien n’en sortit. Elle laissa finalement échapper un petit cri strident d’indignation, se leva, imitée de ses groupies, attrapa son coussin rose bonbon et s’éloigna, non sans lui avoir lancé un regard incendiaire. Satisfait, l’aîné des Winchester se réinstalla face à son petit frère qui pouffait et expliqua :

 

- Ca fait bien vingt minutes qu’elle essaie d’attirer mon attention et qu’elle me gonfle à critiquer toutes les filles avec qui je suis sorti. Moi, faut pas me chercher !

 

            Sur ces mots, il enfourna une pleine fourchetée de pâtes ruisselantes de sauce bolognaise. Sam devait bien se l’avouer : Il était ravi de ce petit moment de complicité retrouvée.

            Après avoir été forcé d’avaler quelque chose par son aîné, il se rendit en cours mais son esprit vagabondait. Il essayait de répondre à la multitude de questions qu’il s’était posé le matin même.

            D’abord, s’il voulait prouver sa maturité à son aîné c’est parce qu’il était la seule personne dont l’avis comptait à ses yeux. Ensuite, il décida que la meilleure manière de lui montrer qu’il avait grandi était d’avoir véritablement un comportement adulte. Sa première résolution d’homme mature serait d’arrêter les conneries et de se concentrer sur ce qui était vraiment important. Pour le moment, il devait s’assurer que les deux inconscients ne risquent rien. Ils avaient prévu leur séance le lendemain soir. Ca lui laissait plus de vingt-quatre heures. Il convint d’aller faire des recherches le plus rapidement possible. La fin d’après-midi lui paraissait idéale.


Lydean  (25.09.2009 à 07:38)

           A la sortie des cours et pour le troisième après-midi de suite, Sam retrouva Dean adossé sur le mur en face de l’entrée du lycée. Il s’avança vers lui et prit une grande inspiration. Il devait aller faire ses recherches et il refusait de mentir à son grand frère ; même s’il devait encore lui cacher certaines choses. Il décida donc de dire la vérité tout en omettant certains détails.

 

- Dean, heu ... il faut que j’aille à la bibliothèque et peut-être aux archives … pour un … truc que je dois faire demain.

 

            L’aîné haussa les épaules, se décolla du mur et fit mine de l’accompagner. Le plus jeune réfléchit à toute vitesse et ajouta tout en soupirant.

 

- Ca va sûrement me prendre des heures. Mais ne t’inquiète pas, hein ! Je ne rentrerai pas tard, c’est promis.

 

            Voyant l’air suspicieux de Dean, il continua d’un air faussement offusqué :

 

- Non mais, bien sûr, si t’as pas confiance en moi, t’as qu’à v’nir !

 

- Non. C’est bon. J’ai des trucs à faire de toutes façons. Mais j’te préviens, j’ai la dalle, alors on mange pas trop tard ce soir !

 

            Traduction : J’vais essayer de te montrer que j’ai confiance en toi en inventant une excuse bidon pour te laisser seul MAIS je me sentirais bien mieux si tu rentrais le plus tôt possible.

 

***

 

            Assis à une petite table, devant un ordinateur, Sam recherchait tous les articles retraçant l’histoire évoquée par Dereck.  Il s’aperçut que l’ex-joueur de baseball avait effectivement été incinéré. Rassuré, il se dit que ses amis ne pourraient certainement pas le ramener. Avec la décision qu’il avait prise quelques heures plus tôt et cette bonne nouvelle, il rentra le cœur léger à l’hôtel. Dean était étendu sur le lit avec un magazine posé négligemment à côté de lui. Pour le cadet, il était évident qu’il faisait semblant de lire le roman qu’il avait entre les mains. Il suspectait son aîné de vouloir, lui aussi, lui prouver quelque chose.

 

- Déjà rentré ? T’as trouvé ce qu’il te fallait ?

 

- Ouais, impeccable ! Qu’est-ce que tu fais ?

 

- Bah, je dois faire une synthèse sur ce bouquin ! Mais je dois bien avouer que j’ai du mal.

 

- C’est normal, tu le tiens à l’envers.

 

            Aussitôt, Dean retourna le livre pour constater finalement qu’il le tenait bien à l’endroit. Il venait de se faire avoir par son cadet dont les yeux brillaient tellement il se retenait d’exploser de rire. Il lui lança sa moue « D’accord, tu m’as bien eu pour cette fois, mais ma vengeance sera terrible ! » Sam reprit un semblant de sérieux et lui proposa d’aller dîner dans le fast-food d’en face. Idée qui fut accueillie avec beaucoup d’enthousiasme.

 

            Alors qu’ils mangeaient, Line, qui se trouvait là par hasard, était venue les saluer. Le regard enjôleur qu’elle avait à l’égard du cadet n’avait pas échappé à Dean. Comme à son habitude, il s’était moqué de son frangin. Néanmoins, Sam avait pu constater la fierté de son grand frère quand il avait compris que cette jolie petite blonde était attirée par le plus jeune. Ce dernier ne savait pas si c’était son optimisme débordant qui était de retour, mais en faisant le bilan de la journée, il conclut qu’elle avait été parfaite.

 

            Malheureusement …


Lydean  (25.09.2009 à 07:39)

Chapitre 16.

 

            Malheureusement, son bonheur fut de courte durée. Le lendemain matin, lui et ses amis furent convoqués dans le bureau du proviseur avant même la première heure de cours. Le jeune Winchester paniqua. Contrairement à son frère, il n’était vraiment pas habitué à ce genre de choses. Ses deux copains, en revanche, n’affichaient aucune angoisse devant cette situation.

 

            Ils patientaient tous les trois, assis sur les quelques sièges alignés du secrétariat, attendant que la femme maigrelette à lunettes leur dise d’entrer. Enfin le bourdonnement de l’interphone se fit entendre et elle leur ouvrit la porte. Quand ils entrèrent dans le bureau, ils furent surpris d’y trouver également le professeur Mc Allister qui affichait un air coupable.

            Le principal exposa les faits répréhensibles qui avaient été portés à sa connaissance. Il savait beaucoup trop de choses aux yeux de Sam qui se tortillait sur sa chaise. Leur prof les avait vu « squatter » la maison le soir de leur première séance de spiritisme, ses voisins l’avait informée que trois jeunes dont la description ne portait pas à confusion, avaient volé son véhicule le dimanche précédent et elle les avait même surpris en état d’ébriété dans le parc.

            Bien évidemment, le gros bonhomme moustachu à lunettes avait eu la bonne idée d’en informer les familles. Cependant, il s’inquiétait de ne pouvoir joindre M. Winchester à l’hôtel. Il demanda donc à son fils de bien vouloir lui fournir un numéro où il serait sûr de l’avoir. Celui-ci réfléchit à toute allure et lui fournit finalement ce qu’il demandait. Le principal le regarda avec un sourcil interrogateur quand il constata qu’il s’agissait du code d’un autre Etat. L’adolescent se justifia en l’informant que son père avait dû s’absenter pour affaire.

 

            En sortant du bureau, les deux plus vieux jacassaient joyeusement comme s’ils sortaient du réfectoire après un bon repas. De toute évidence, leur famille n’avait pas tenu compte de la convocation du principal ou les deux adolescents n’avaient que faire des réprimandes qui pouvaient émaner de celles-ci. Derrière eux, Sam traînait les pieds, la tête basse. Voyant son teint livide, Tristan se mit en mode « copain protecteur »

 

- Ben, t’en fais une tête ?!? T’as peur de la réaction de ton frère ?

 

            Sam leur lança un regard désespéré mais ne répondit rien. Dereck prit la parole :

 

- Allez, fais pas cette tête, tu lui as bien donné un faux numéro au dirlo ?!

 

            Il secoua la tête en signe de négation.

 

- Quoi ? Mais t’es con ! Pourquoi t’as fait ça ?

 

- Parce que je préfère que ce soit mon père qui apprenne ça que mon frère ! Avec un peu de chance, il sera tellement prit par sa chasse, qu’il n’y prêtera pas attention.

 

- Ah, tu crois ? Répondit Tristan avec une moue dubitative.

 

            Sam haussa les épaules. Il n’était pas aussi naïf mais il priait pour que son vœu soit exaucé. Cette journée ne commençait vraiment pas bien. Durant les heures interminables qui suivirent, il sentit son cœur s’emballer, son cerveau bouillonner et l’air lui manquer. A chaque fois qu’il apercevait son aîné, il évaluait son comportement. Apparemment tout allait bien, Dean ne savait encore rien.


Lydean  (25.09.2009 à 18:36)

             De retour à l’hôtel, Sam s’était sagement installé à la petite table et il avait entrepris de faire ses devoirs, malgré l’angoisse qui le tiraillait. Dean était affalé sur le lit et essayait de lire le roman sur lequel il était censé faire une synthèse. Il avait du mal à se concentrer et ses multiples soupires montraient à quel point ce travail l’agaçait. Malgré tout, il continuait sa lecture. Son cadet le soupçonnait de vouloir lui montrer le bon exemple. Il était sûr que tout ce qu’il lui avait dit ces derniers temps avait plus perturbé son grand frère que ce qu’il laissait entendre. Le problème, c’était que pour le moment, il aurait préféré le voir ailleurs. A cette heure-ci, ce Dom Juan aurait dû se préparer pour aller rejoindre sa nouvelle conquête. Il avait un rendez-vous à peine dix minutes plus tard. Sam espérait qu’il ne tarderait pas trop pour deux raisons. D’abord, il préférait être seul dans la chambre si le téléphone sonnait et ensuite, il voulait retrouver ses deux amis à peine trente minutes plus tard. Il devait essayer une ultime fois de les convaincre pour qu’ils renoncent à leur projet. Il commença à ouvrir la bouche quand le téléphone se mit à sonner. Dean décrocha.

 

- Papa ?

 

            Alors ça, c’était la tuile. Pas la peine de mettre le haut parleur. Pas non plus la peine d’espérer que son paternel ne soit pas au courant des dernières aventures de son petit dernier. De sa place, le cadet entendait parfaitement son père beugler au téléphone. Malgré tout, ce qui l’inquiétait le plus, c’était la tête décomposée de son frère aîné.

 

- Attends, attends, papa. De quoi tu parles ? Oui, il est à côté de moi … Comment ça le proviseur t’as appelé ? Mais oui, je surveille Sammy ! … Si tu le dis … Voler une voiture ? Sammy ? Non, je ne … Ah, dimanche dernier … En état d’ébriété avancé… oui, je comprends … Elle les a vu … oui … non, on ne peut pas se le permettre …

 

            Ce n’était pas bon, mais alors pas bon du tout. A mesure qu’ils avançaient dans la discussion, le regard de Dean s’obscurcissait. De temps en temps, Sam pouvait voir les yeux de son grand frère s’illuminer. Mais malheureusement, cela n’avait rien d’une lueur d’espoir mais bien plutôt d’éclairs de colère. Tout en se demandant s’il n’était pas temps pour lui de quitter rapidement la chambre, il se surpris à penser que ça ne changerait jamais. C’était lui qui avait fait des conneries et comme d’habitude c’était son frère qui prenait. Dean, le fils parfait, celui qui n’avait pas droit à l’erreur, celui qui obéissait au doigt et à l’œil de leur instructeur de père. Ca aussi, c’était quelque chose qui horripilait Sam. Pourquoi Dean lui faisait-il toujours autant confiance ? Il n’était jamais là pour eux. Il ne méritait pas l’adoration que lui prodiguait son fils aîné. Ce dernier s’était levé et arpentait nerveusement l’espace situé entre les deux lits. La conversation téléphonique touchait à sa fin. Le cadet des Winchester se recroquevilla sur sa chaise, se préparant à la crise.

 

- Oui je comprends … d’accord … je vais régler ça … oui monsieur … oui monsieur.

 

            Et, il raccrocha. Il resta quelques secondes immobile, le dos tourné à son cadet, sûrement pour assimiler les dernières informations. Puis il reposa le combiné sur le chevet. Sans se retourner, il posa la question que l’adolescent,  ratatiné sur son siège, n’aurait jamais voulu entendre.

 

- T’aurais pas quelque chose à me raconter par hasard, Sam ?


Lydean  (25.09.2009 à 18:40)

Chapitre 17.

 

            A cette interrogation qui n’en était pas réellement une, Sam déglutit difficilement.

 

- Dean … tenta-t-il, suppliant.

 

            Il espérait secrètement que son frère n’insisterait pas s’il affichait ses remords. Mais il s’arrêta là car il n’arrivait pas à trouver les mots qui pourraient justifier ses actes. Son aîné se retourna :

 

- Non mais, qu’est-ce qui t’as pris ? Ca ne t’a pas suffit de gerber toute la nuit parce que t’as eu l’idée brillante de jouer les poivrots ?! Dis-moi qu’elle a halluciné la vieille Mc Allister ! T’as quand même pas piqué sa caisse ?! … Oh, j’te parle !

 

            Sam avait baissé la tête, repentant. Aucun son n’arrivait à sortir de sa gorge. Son frère avait toutes les raisons d’être en colère. Il ne se trouvait aucune excuse. Chose étonnante car il n’avait que de bons arguments aux moments où les événements s’étaient déroulés. Mais certains faits devaient rester secrets. Et si Dean continuait comme ça, il savait qu’il n’aurait pas d’autre choix que de tout lui avouer. Or, c’était bien la dernière chose qu’il voulait faire parce que son aîné serait encore plus furax. Ce dernier se passait régulièrement la main sur le visage, geste qui avait normalement pour but de l’apaiser.

 

- Ok ! Dis-moi au moins pourquoi t’as fait ça … … … Sam ! Bordel, dis quelque chose ! … Tu vois là, j’ai vraiment les nerfs mais à côté de papa c’est …

 

- J’vois pas c’qu’il vient faire là-dedans, lui ! Explosa, Sam soudainement. Il estimait que rendre des comptes à Dean, qui s’occupait toujours de lui, c’était normal. Mais à son père, continuellement absent, c’était hors de question.

 

- Ah, non. Tu vois pas ? Je te rappelle que c’est ton père et qu’il s’inquiète pour …

 

- Ah, ouais ? Et il s’inquiéterait de quoi exactement ? Pour moi ? Ben alors là, laisse-moi te dire que j’y crois pas du tout. J’pense plutôt qu’il avait peur d’être obligé d’arrêter sa chasse. Tu crois pas ?  Si ça se trouve, le dirlo l’a appelé à un mauvais moment, comme quand c’est nous qui l’appelons …

 

- Stop, Sam ! Ca suffit ! Tu vas te calmer tout de suite ! Je ne te permets pas de parler de papa comme ça. Si je te dis qu’il était inquiet pour toi, c’est que c’est vrai ! Le proviseur l’a menacé de nous mettre une assistante sociale sur le dos et …

           

            Ca c’était tout Dean, à toujours suivre sans discuter les ordres de leur paternel. Il se bornait à nier l’évidence.  Leur père n’était pas réellement inquiet pour eux mais il paniquait à l’idée qu’une bonne femme des services sociaux fourre son nez dans ses affaires et l’empêche de poursuivre sa p’tite vie régentée par la vengeance. Sam ne se gêna donc pas pour couper la parole à son frangin si bouché, avec un ton quelque peu ironique.

 

- Ben, voyons ! J’vois pas pourquoi il s’inquiète : C’est le père de l’année, non ? Au moindre problème, il est toujours là pour nous…

 

- Sam !

 

- Et puis dis-moi, s’il avait quelque chose à me dire alors pourquoi il n’a pas demandé à me parler au téléphone ? Pourquoi c’est toi qu’il a engueulé ? Il n’était pas inquiet, il était furax. Et pourquoi ? C’est à cause de mes conneries ? Non, c’est parce que t’as pas été foutu de me surveiller correctement alors qu’il t’en avait donné l’ordre ! Ose dire que c’est pas vrai, hein ? … Non, parce que si j’ai tord, t’aurais peut-être dû profiter de cet appel pour lui dire que t’en as marre de suivre ses ordres et que c’est à lui de s’occuper de moi et pas à toi ! … Après tout je suis peut-être une charge pour toi ?! … Tu te bornes à être là pour moi juste parce qu’il te l’a ordonné, hein ? … … … C’est ça !?! …

 

            L’aîné restait muet face au flot de paroles que son cadet débitait. Tout ça n’avait de toute évidence aucun sens pour lui. Il n’avait pas l’air de savoir comment réagir pour palier l’attitude déroutante de son petit frère, si calme d’ordinaire.

            Sam était perdu : Depuis un bon moment maintenant, il faisait tout pour que son grand frère comprenne qu’il était assez grand pour s’occuper de lui tout seul. Il voulait que son aîné arrête de le surprotéger comme s’il était encore un petit garçon sans défense. Mais d’un autre côté, le fait que Dean ne démente pas ses allégations l’anéantissait. Ca lui faisait mal de penser que son grand frère ne s’occupait de lui que parce que leur père le lui avait ordonné. Il n’avait jamais été question de voir leur relation sous cet angle. Jusqu’à maintenant, son aîné avait toujours été sa référence, son point d’encrage, sa source de réconfort. Il prit ce qu’il pensait être une révélation en pleine figure. Son monde venait de s’écrouler. Il serra les poings. Ses mâchoires étaient crispées. Il ne pouvait plus respirer. Il fixa Dean avec appréhension, lui laissant une dernière chance de le rassurer. Il avait besoin d’entendre que son grand frère ne l’abandonnerait jamais, même si leur paternel cessait de lui en donner l’ordre. Mais son aîné restait là, sans parler, ni même bouger, se contentant de le regarder avec des yeux ronds. L’anxiété de Sam avait atteint son apogée et se transformait à présent en une colère sourde. Alors sans un mot, il quitta précipitamment la chambre en claquant la porte, bien décidé à retrouver ses amis.


Lydean  (26.09.2009 à 08:46)

Chapitre 18.

 

- Wow ! Wow ! Wow ! Tu vas où, là ?

 

            Dean, qui avait apparemment recouvré ses esprits, était sorti à son tour et l’avait rattrapé. Il se posta devant son cadet.

 

- Lâche-moi ! Lui invectiva  sèchement Sam en le poussant. Mais son aîné ne bougea pas d’un pouce.

 

- Alors là, sûrement pas ! Tu restes ici, on n’en a pas fini !

 

- T’es pas papa ! T’as pas d’ordres à me donner ! Fous-moi la paix !

 

- Non, je ne suis pas papa, mais je suis l’aîné ! Alors tu n’iras nulle part ! Rappela le plus vieux des deux, les sourcils froncés.

 

- Ah, ouais ? … Et comment tu comptes m’en empêcher ?

 

            Dean ne prit pas la peine de lui répondre. Il attrapa le bras de son frangin, se pencha et le chargea sur son épaule tel un vulgaire sac de pommes de terre. Il le transporta jusqu’à ce qu’ils soient de retour dans la chambre sous les martèlements de Sam qui lui hurlait qu’il le détestait et lui ordonnait de le laisser redescendre. L’aîné claqua la porte d’un coup de talon et balança sans ménagement son petit frère sur le lit. Avec son index pointé à deux centimètres de son visage, il lança d’un ton sec :

 

- Alors maintenant, tu vas m’écouter ! T’as pas intérêt à l’ouvrir ni à bouger de ton pieu. C’est clair ?

 

            Le cadet avait les yeux brillants de colère mais il n’amorça pas le moindre mouvement. Il n’avait, de toutes façons, pas l’intention de desserrer les dents quoique puisse lui brailler son frangin qui recommença à arpenter la pièce nerveusement.

 

- Pour une fois, c’est moi qui vais te dire ce que je ressens et là j’dois dire que je ne sais pas trop par où commencer ! D’abord je suis en colère ! Oh, non, non, non ! Je ne suis pas en colère ! Je suis bien plus que ça ! Mais je crois qu’il n’y a pas de mots pour te dire à quel point je suis furax ! C’est quoi toutes ces conneries que tu fais ces derniers temps ? T’as l’intention de montrer que t’es devenu un p’tit con ? Non, parce que là c’est réussi ! Et encore j’suis sûr que j’sais pas la moitié de ce que tu as fait ! J’me plante ? Non, non, réponds pas, c’est pas la peine ! Crois-moi : tu ne sortiras pas de cette piaule le temps que je n’serai pas persuadé que je suis au courant de tout. Ah, tu veux que je te lâche ! Et ben là, tu rêves ! J’peux t’assurer que maintenant j’vais te coller comme la ficelle d’un string dans le cul d’une blonde …

 

            Tout en encaissant ses hurlements, Sam prenait malgré lui conscience de l’intérêt que lui portait encore son aîné. La colère avait toujours été le seul moyen d’exprimer ses sentiments pour lui, surtout quand il avait du mal à gérer la situation. Et visiblement, c’était le cas !

 

- Oh ! Et puis, y a pas qu’ça ! J’suis aussi déçu ! Mais alors, vraiment déçu ! J’ai tout fait pour convaincre papa de nous laisser ici, pour que tu puisses continuer de bosser dans ce bahut de merde.  Je savais que t’en avais marre d’être baladé à droite et à gauche. Et puis, pour une fois que t’avais trouvé des potes sympas … D’ailleurs, ceux-là, j’aurais deux mots à leur dire ! … Mais non ! Au lieu de profiter de l’occase, toi, tu fais des conneries ! Conneries, soit dit en passant, que je ne découvre que maintenant de la bouche de papa. T’as été super balèze sur ce coup là. Moi qui croyais te connaître, je me suis bien fait avoir. Tu m’as baladé sans sourciller. Jamais j’aurais pensé ça de toi ! Non, jamais ! Et tu veux savoir le pire dans tout ça ?...

 

            Les yeux brillants de colère avaient déjà fait place à des larmes de repentir. La fameuse boule de culpabilité s’était insidieusement remise à le dévorer de l’intérieur. Pire que les mots, il pouvait ressentir la douleur qui émanait de chaque pore de la peau de son aîné. Alors, non, il ne voyait pas ce qui pourrait être encore pire que ça.


Lydean  (26.09.2009 à 16:12)

- … Oui, je crois vraiment que le pire dans cette histoire, c’est que j’ai honte ! Et tu sais pourquoi ? Parce que tu ne t’es pas gêné l’autre soir, quand t’étais bourré, pour me dire que tu faisais tout comme moi ! « Mais Dean, toi aussi tu bois de l’alcool », « Et Dean, toi tu rentres bien à l’heure que tu veux ! » Ca m’étonne que tu ne m’aies pas encore sorti que « moi aussi je pique des caisses » ! Tu suis mon exemple, c’est ça ? … Alors c’est ça l’image que t’as de moi ? Je ne suis qu’un gros branleur, menteur, irresponsable et alcoolo, tout juste bon à respecter les ordres de papa ? Non, parce que c’est vrai ! En plus de tous ces défauts, j’suis vraiment trop con pour prendre des décisions par moi-même !

 

- Non, Dean … J’ai jamais pensé … Essaya d’articuler Sam entre deux sanglots, horrifié par ce qu’il venait d’entendre. Mais il fut à nouveau interrompu par son aîné.

 

- Ah, ça c’est sûr, t’as pas pensé ! C’est pas toi ça. T’es plus réfléchi que ça d’habitude. Et ben j’vais t’dire, moi aussi j’ai gambergé et finalement t’as p’t être raison.  C’est vrai que c’est à papa de s’occuper de toi. De quoi je me mêle, hein ? Après tout, j’suis quoi moi pour toi ? Rien ! En plus, j’suis vraiment un très mauvais exemple … Non c’est vrai, tout bien réfléchi …  Tu sais, j’vais avoir dix-huit ans le mois prochain. Il est temps que je mène ma propre vie, de mon côté. J’vais te laisser avec papa. Ce sera mieux pour toi …

 

- Non ! Fais pas ça !

 

            Même si Sam avait compris la tentative de manipulation de son grand frère, la simple idée de le perdre le projeta dans un gouffre sans fond. Il avait hurlé ses quelques paroles le souffle court, les yeux épouvantés et noyés de larmes. Comment Dean avait-il pu si mal interpréter ses actes et ses propos ? Il n’était pas RIEN pour lui, il était TOUT. Jamais il n’avait envisagé une solution si radicale et maintenant il était prêt à faire n’importe quoi pour se faire pardonner.

            L’aîné dut s’apercevoir que son sermon, et surtout sa dernière proposition, avaient fait leur petit effet car il se calma d’un seul coup. Il soupira et attendit quelques secondes avant de poursuivre, certainement pour appuyer son mécontentement. Ou, peut-être plutôt,  pour faire prendre conscience à son petit frère qu’il comptait énormément à ses yeux.

 

- J’aurais bien aimé que tu cogites un peu aux conséquences avant de déconner … et ce que tu as dit, bordel mais quel paquet de conneries ! Ca ne t’est pas venu à l’idée que, quand papa me demande de veiller sur toi, c’est pas un ordre pour moi mais une évidence. Que si je le fais, c’est pas parce que je lui obéis comme une espèce d’abruti dont le peu de cervelle aurait été écrabouillée au broyeur, mais plutôt parce que c’est ce que je veux … Il s’interrompit quelques secondes. J’ai rien à dire de plus … sauf peut être que … maintenant, la balle est dans ton camp.

 

            Il s’arrêta là. Son petit frère semblait regarder ses genoux. Mais enfouie dans ses épaules, sa tête était secouée par les regrets et le chagrin. Les larmes coulaient le long de son visage et tombaient sur son tee-shirt. Après une minute d’un silence salutaire, Dean vint s’asseoir sur son lit, en face de son inconsolable frangin. Il reprit la parole d’une voix douce :

 

- Et Sam … j’aimerais aussi que tu arrêtes de croire que papa ne s’inquiète pas pour toi. C’est vrai qu’il n’est pas souvent là  et qu’il a peut-être du mal à nous le montrer mais on est ses fils et ça ne changera jamais …

 

            Le cadet ne relevait toujours pas la tête. Il aurait voulu dire à son grand frère qu’il n’était pas d’accord avec lui sur ce sujet mais ce n’était pas ce qui était le plus important à ce moment précis. Son cerveau, engourdi par tout ce qu’il venait d’encaisser, essayait en vain de trouver une solution pour qu’il puisse se faire pardonner et que celui qu’il considérait comme son unique famille perde à tout jamais cette idée inconcevable de l’abandonner.

            Dean s’était penché en avant et essayait de trouver son regard. Voyant que ses tentatives étaient vaines, il soupira encore une fois et demanda :

 

- Sammy. Maintenant, j’ai envie que tu me racontes c’qui se passe. Et je veux vraiment tout savoir : tout ce qui se trame dans ta p’tite tête d’intello … et surtout, j’aimerais bien comprendre c’que tu faisais à traîner dans la maison près de chez la vieille prof .

 

            Cette fois-ci, le plus jeune des Winchester, leva légèrement la tête jusqu’à ce que ses yeux croisent ceux de son frère. Déterminé, il choisit de tout lui révéler, dans les moindres détails. Il espérait ainsi regagner sa confiance mais il avait également peur des inévitables conséquences.

 


Lydean  (26.09.2009 à 16:13)

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