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Dean Thinks That Boys ...

Série : Supernatural
Création : 04.10.2009 à 19h11
Auteur : Lydean 
Statut : Terminée

« Fic Boys Shouldn’t Play With Dead Things du point de vue de Dean.Sam passe difficilement le cap de l’adolescence sous le regard protecteur, mais parfois démuni, de son grand frère. » Lydean 

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Chapitre 13.

 

 

            Sam avait tenu parole, ce qui ravit son aîné. Chaque soir, ce dernier l’attendait à la sortie et ils rentraient à l’hôtel ensemble. Dean avait mis ses différentes petites amies en stand by jusqu’au week-end suivant. Quand son petit frère s’en était inquiété, il lui avait expliqué qu’il fallait savoir faire des pauses de temps en temps.  En réalité, il avait bien autre chose en tête. Et de toutes façons, il avait déjà goûté à bon nombre d’entre elles. Sauf peut-être, celle-là ou encore celle-ci ! Qu’est-ce qu’elles avaient toutes à lui faire du gringue ? C’était son boulot d’ordinaire ! Et puis ce n’était vraiment pas le moment.

            Il décida donc de déjeuner seul, comme à son habitude. Il s’assit à une des tables et commençait à manger lorsque Cindy et ses « mini-elle » s’installèrent juste derrière lui. Elle jaquetait sans cesse sous les rires bêtas des greluches qui buvaient ses paroles. Son appétit n’étant pas tout à fait assouvi, il envisagea de changer de place.  C’est à ce moment précis qu’il aperçut Sam pénétrer dans la cafétéria, se diriger vers lui et s’installer à sa table. Le plus vieux s’étonna de le voir sans les deux autres taches :

 

- Où sont Grincheux et Simplet ?

 

            Son petit frère lui fit une moue de désapprobation mais daigna toutefois lui répondre.

 

- Ils préparent des plans pour le week-end mais ça ne m’intéresse pas.

 

            Dean essaya de prendre un air détaché mais il ressentit un énorme soulagement à entendre ces quelques mots.  Derrière lui, Cindy y allait toujours de ses commentaires à deux balles. Cette fois-ci, elle déblatérait sur le mauvais goût vestimentaire de Clara :

 

- … Et en plus, ça ne lui va pas du tout ! Ah non, vraiment les filles, les tenues de camouflage, je trouve que c’est d’un mauvais goût ! C’est franchement pas féminin ! Jamais il y en aura dans mon dressing.

 

            L’aîné des Winchester avait envie de lui faire bouffer par les narines, le coussin où elle avait délicatement déposé son royal fessier. Il adressa un sourire et un clin d’œil à son petit frère. Puis il se retourna et déclara à la blondasse :

 

- De toutes façons, même si ton placard était plein à craquer de tenues de camouflage, tu serais pas foutu de les trouver ! J’parie que c’matin quand on a parlé du cycle de Krebs en bio, t’as pensé à la chandeleur.  Oh ! Et pour info, un hebdomadaire, ce n’est pas un animal du désert avec une bosse … Et non, tu ne confonds pas avec celui qui a deux bosses ! J’t’aurais bien dit que je sortirai avec toi quand les poules auront des dents mais t’es tellement occupée à te regarder le cul que t’as certainement pas remarqué que les piafs n’en avaient pas. Alors pour plus de sécurité - et parce que j’ai vraiment pas envie de te voir peinturlurée sur la pas de ma porte ce soir - je préfère t’informer qu’il n’est pas prévu que les poules aient des p’tites quenottes avant que tu perdes définitivement ton dentier !

 

            La pompom girl s’offusqua. Elle ouvrit la bouche pour répliquer mais rien n’en sortit. Elle laissa échapper un petit cri strident d’indignation, se leva, imitée de ses groupies, attrapa son coussin rose bonbon et s’éloigna, non sans lui avoir lancé un regard incendiaire. Satisfait, Dean se réinstalla face à son petit frère qui pouffait. Devant son air, à la fois hilare et interloqué, il lui expliqua :

 

- Ca fait bien vingt minutes qu’elle essaie d’attirer mon attention et qu’elle me gonfle à critiquer toutes les filles avec qui je suis sorti. Moi, faut pas me chercher !

 

            Sur ces mots, il enfourna une pleine fourchetée de pâtes ruisselantes de sauce bolognaise. Bon sang, ce que ça faisait du bien ! En face de lui, Sammy gardait le sourire. Ca aussi, c’était réconfortant. Soudain il se rendit compte d’un p’tit quelque chose qui ne lui convenait pas du tout :

 

- Sammy ? L’intéressé souleva un sourcil interrogateur. Les cours reprennent dans moins de trente minutes et je ne vois toujours pas de plateau devant toi.

 

- Bah, tu sais j’ai pas très …

 

            Il ne termina pas sa phrase. Le regard qu’il lui lançait devait donc être suffisamment éloquent. Il vit son cadet se lever, prendre un plateau, se servir et se réinstaller en face de lui.

 

- Satisfait ? Lui lança-t-il, boudeur.

 

- Ch’rai chatischfait quand t’auras tout ava’é ! Lui répondit-il, la bouche pleine de tarte.

 

            Résigné, Sammy entreprit de picorer ce qu’il y avait devant lui, sans grande motivation. Quand la sonnerie de reprise des cours retentit, il lui restait encore une pomme. Il la saisit et expliqua avec un sourire ironique :

 

- J’la garde pour quatre heures !

 

            Cette fois, ce fut l’aîné qui abdiqua.


Lydean  (26.10.2009 à 14:43)

          A la sortie des cours et pour le troisième après-midi de suite, Sam retrouva Dean adossé sur le mur, en face de l’entrée du lycée. Il s’avança vers lui, son gros sac sur le dos et les mains dans les poches. L’attitude du plus jeune des Winchester était pleine de sens pour son aîné. Il avait quelque chose à lui dire mais ne savait pas comment l’aborder. Il se lança :

 

- Dean, heu ... il faut que j’aille à la bibliothèque et peut-être aux archives … pour un … truc que je dois faire demain.

 

            Rien d’étonnant là-dedans. Le problème était certainement ailleurs. Le plus vieux décida de l’accompagner. Il se décolla du mur et allait faire un premier pas lorsqu’il entendit Sammy soupirer, puis expliquer :

 

- Ca va sûrement me prendre des heures. Mais ne t’inquiète pas, hein ! Je ne rentrerai pas tard, c’est promis.

 

            D’accord ! Le message était clair : il ne voulait pas qu’il l’accompagne. C’était quoi le problème ?

 

- Non mais, bien sûr, si t’as pas confiance en moi, t’as qu’à v’nir ! Ajouta rapidement son cadet, sur un ton faussement outré.

 

            Dean admettait que sa façon d’agir devait être agaçante pour son petit frère. Il passait son temps à le coller et lui dire ce qu’il avait à faire. Les trois derniers jours avaient été plutôt calmes et il savait que Sammy faisait des efforts pour redevenir le garçon mature qu’il avait toujours été. Il réfléchit à une manière de dire : J’vais essayer de te montrer que j’ai confiance en toi en inventant une excuse bidon pour te laisser seul MAIS je me sentirais bien mieux si tu rentrais le plus tôt possible.

            Il lui lança donc :

 

- Non. C’est bon. J’ai des trucs à faire de toutes façons. Mais j’te préviens, j’ai la dalle, alors on mange pas trop tard ce soir !

 

            Sammy arbora un sourire entendu et il le regarda s’éloigner avant de prendre le chemin de l’hôtel.

 

***

 

            Dean était étendu sur le lit en train de feuilleter un magazine. A côté de lui, se trouvait un énorme livre à la couverture sinistre et peu avenante. Quand il entendit son cadet arriver, il balança rapidement sa formidable lecture et ouvrit le roman a une page quelconque.  Il voulait toujours devenir un aîné modèle aux yeux de Sam, mais, conscient qu’il en était encore loin, il essayait d’en donner au moins l’illusion. Malgré ses précautions, quand le plus jeune entra dans la pièce, il lui lança un regard suspicieux. L’irréprochable grand frère fit comme si de rien n’était et demanda :

 

- Déjà rentré ? T’as trouvé ce qu’il te fallait ?

 

- Ouais, impeccable ! Qu’est-ce que tu fais ?

 

            L’honnêteté étant la base de leur relation fraternelle, il finit par admettre :

 

- Bah, je dois faire une synthèse sur ce bouquin ! Mais je dois bien avouer que j’ai du mal.

 

- C’est normal, tu le tiens à l’envers.

 

            Aussitôt, Dean retourna le livre pour constater finalement qu’il le tenait bien à l’endroit. Il venait de se faire avoir par son cadet dont les yeux brillaient tellement il se retenait d’exploser de rire. Sans un mot, il lui lança un « D’accord, tu m’as bien eu pour cette fois, mais ma vengeance sera terrible ! » Sam reprit un semblant de sérieux et lui proposa :

 

- Ca te dirait d’aller manger un bout  au fast-food d’en face ?

 

            Bien que très étonné de cette suggestion, l’aîné l’accueillit avec beaucoup d’enthousiasme.

 

***

           

            Alors qu’ils mangeaient, une jolie blonde s’approcha de leur table et s’adressa directement au plus jeune :

 

- Salut Sammy ! Euh, pardon, j’veux dire Sam !

 

            L’interpellé devint tout rouge. Elle se tourna vers le plus vieux et se présenta :

 

- Bonjour, je m’appelle Line !

 

- Enchanté, moi c’est Dean ! Répondit-il, tout sourire.

 

            S’en suivirent quelques banalités avant qu’elle ne reparte rejoindre ses amies. Dean l’avait observée pendant l’échange. Elle était tout à fait charmante. Elle paraissait plus vieille que son petit frère mais n’avait d’yeux que pour lui. Une sorte de bouffée d’orgueil l’envahit soudainement : C’était bien son frangin ! Celui-ci était passé par toutes les couleurs et de temps à autre, il lui avait lancé des regards de mise en garde. Le comportement de son petit frère l’amusait au plus haut point et quelques boutades bien senties eurent beaucoup de mal à ne pas traverser sa bouche. Mais en grand frère « idéal » qu’il était, il avait attendu qu’elle tourne les talons avant de l’asticoter :

 

- Ben, dis donc ! C’est qu’tu m’avais caché ça « Sammy-Euh-pardon-Sam » ! Si tu continues comme ça, il va peut-être falloir que je t’achète un rasoir … Oh, j’y pense : Est-ce que tu connais l’histoire des p’tites abeilles qui butinent le pollen des fleurs ???

 

- Pfffff !

 

            Ce fut la seule réponse qu’il obtint. En revanche, c’est avec beaucoup de joie qu’il vit rougir son frangin à nouveau. Il se dit que les trois jours qu’ils venaient de passer s’étaient plutôt bien déroulés et il était ravi d’avoir retrouvé leur complicité d’antan. Il se surprit à espérer que cette situation perdure. Mais son instinct le rappela à l’ordre : il sentait que quelque chose de négatif allait se produire. Il essaya de chasser cette pensée et se réintéressa au moment présent.


Lydean  (26.10.2009 à 14:51)

Chapitre 14.

 

            Le lendemain matin, leur arrivée au lycée se déroula comme à l’ordinaire. Pendant que Sam allait saluer les deux neuneux de service, Dean partit rejoindre sa classe en traînant des pieds. Devant la porte, une fille l’attendait. Elle le regardait approcher avec un sourire enjôleur. Quand il se planta devant elle, les sourcils relevés en signe d’interrogation, elle lui demanda de sa voix doucereuse :

 

-Alors beau brun, à quelle heure tu passes me prendre ce soir ?

 

            Quoi ? De quoi pouvait bien parler cette blonde ? Et puis c’était qui d’abord ?

 

- Ne me dis pas que tu as oublié ! Ca fait presque une semaine que j’attends ça ! Tu m’as promis, Dean ! Supplia-t-elle avec une petite moue boudeuse.

 

            Ah, oui ! Enfin, il se rappela avoir parlé de ce rencard à son frère. Mais depuis, ça lui était complètement sorti de la tête. Il avait autre chose à gérer et aucune envie de sortir. De toute la délicatesse dont il pouvait faire preuve, il essaya de reporter le rendez-vous à une date ultérieure, proche du jamais.

 

- Ah ouais, c’est con ça ! Non parce que j’ai d’autres plans pour la soirée.

 

- Non, non, non ! Tu ne peux pas me faire ça ! J’ai passé des heures à faire les boutiques pour me trouver la tenue idéale et hier j’ai même séché les cours pour aller chez le coiffeur. Regarde ! C’est réussi, tu ne trouves pas ?

 

            Mais qu’est-ce qu’il s’en foutait lui, de son shopping et de son ravalement de façade ! Mis à part le grand vide qui transparaissait dans ses yeux, l’envie et la ténacité prenaient des allures de menace dans le regard de cette fille. Dean tenta une nouvelle tactique :

 

- Ah ouais, c’est … super ! Mais … le problème, tu vois, c’est que mon petit frère ne va pas bien en ce moment et je …

 

- Et alors t’es pas son père et il est assez grand pour se débrouiller tout seul. Alors, je t’attends chez moi à dix-huit heures tapantes, comme prévu ! Et ne sois pas en retard !

 

            Il la regarda s’éloigner en se tortillant, comme si le balai qu’elle avait dans le cul avait l’option vibreur. Elle venait de faire trois erreurs : la première, elle n’aurait pas dû lui couper la parole ; La deuxième, elle n’aurait jamais dû lui donner des ordres. Seul son père avait ce droit ! Et la troisième, elle n’aurait vraiment pas dû accorder aussi peu d’intérêt aux problèmes de Sammy. En tant qu’aîné, il était de son devoir de veiller au bien être de son petit frère.  Etait-elle donc fille unique ou tout simplement égoïste pour ne s’occuper que de sa p’tite personne ? Par conséquent, ce soir, elle allait pouvoir planté le bâton qu’elle avait dans les fesses et s’appuyer dessus car elle allait attendre longtemps, si longtemps que ce morceau de bois mort allait certainement reprendre racines !

            Il se retourna pour jeter un œil à son cadet mais celui-ci et ses deux amis avaient déjà disparus. Il se résigna à entrer dans cette classe pour y subir sa première heure de cours.

 

            Quand il en sortit au bout d’un temps qui lui avait paru interminable, il sentit qu’on l’observait. Il tourna la tête pour voir qui l’épiait et fut surpris de découvrir son frangin. A cette distance, il paraissait bien pâle.  L’aîné lui fit un petit signe auquel Sammy répondit par un timide sourire avant de repartir avec son gros sac. Il n’y prêta pas vraiment attention jusqu’à ce que le phénomène se renouvelle, et ce, plusieurs fois dans la journée.


Lydean  (28.10.2009 à 11:42)

            Le soir, à l’hôtel, le plus jeune s’était sagement installé à la petite table et il avait entrepris de faire ses devoirs. Dean était affalé sur le lit et essayait de lire le roman sur lequel il était censé faire une synthèse. Il avait du mal à se concentrer. Malgré tout, il continuait sa lecture. Il devait montrer le bon exemple. Pourtant il ne cessait de repenser à l’attitude étrange de son cadet durant la journée. Il lui cachait quelque chose. C’était flagrant. Il avait envie d’aborder le sujet avec lui mais comme à son habitude, les mots lui manquaient. En plus, à le voir bosser de cette manière, il n’avait pas l’air si différent que d’ordinaire. Il se faisait peut-être des idées. Il essaya de se remettre à sa tâche. De quoi parlait ce bouquin au fait ? Il soupira encore une fois, quand le téléphone se mit à sonner. Il sortit de sa réflexion et décrocha.

 

- Dean !

 

- Papa ?

 

- Bordel, Dean ! Je croyais que tu devais surveiller Sammy ! Qu’est-ce que c’est que ces conneries ?! Et t’étais où pendant qu’il faisait le con ?

 

- Attends, attends, papa. De quoi tu parles ?

 

- De quoi je parle ? DE QUOI JE PARLE !? J’espère que Sam est avec toi !

 

- Oui, il est à côté de moi …

 

- Figure-toi que le proviseur m’a appelé et autant dire que ça ne me plaît pas du tout !

 

- Comment ça le proviseur t’as appelé ?

 

- Je vous ai laissé tous les deux parce que je te faisais confiance pour veiller sur Sammy ! Tu étais censé le surveiller !

 

- Mais oui, je surveille Sammy ! …

 

- Arrête, Dean ! Si tu le surveillais si bien que ça, j’imagine qu’il n’aurait pas fait toutes ces conneries ! ...

 

- Si tu le dis …

 

- Pourquoi a-t-il eu besoin de voler une voiture ?

 

- Voler une voiture ? Sammy ? Non, je ne …

 

- Si je te le dis ! C’est bien Sammy qui a piqué une bagnole, dimanche dernier.

 

- Ah, dimanche dernier …

 

- Oui ! Il a aussi été vu en train d’entrer par effraction dans une maison avec deux autres jeunes de son âge …

 

            Tout d’abord surpris par la dureté du ton employé par son père, Dean reprenait peu à peu ses esprits. Il refusait catégoriquement de croire les événements qu’il lui relatait. Et pourtant, tout concordait. De plus, il voyait son petit frère rapetisser sur sa chaise. Il était tellement blanc qu’il en était presque transparent. L’aîné en avait presque oublié d’écouter son père mais il entendit quelque chose qui confirma ses doutes :

 

- … Il paraîtrait que lundi soir, il titubait seul dans les rues, en, je cite : «  état d’ébriété avancé » !

 

- En état d’ébriété avancé…

 

            Il avait répété la phrase pour voir la réaction de Sammy qui, cette fois-ci, détourna son regard. Une colère sourde vint bourdonner dans ses oreilles.

 

- Oui, je comprends … avait-il fini par admettre mais John insista.

 

- Et comme si ça ne suffisait pas, c’est votre prof de j’sais plus quoi qui les a vus ! Mme Mc Quelque chose ! Parce que tout ça s’est passé près de chez elle en plus !!!

 

- Elle les a vu …

 

- Oui, elle les a vu et elle est vraiment sûre d’elle ! Est-ce que tu écoutes ce que je te dis là ?

 

- Oui …

 

- Bon alors, le proviseur m’a reproché de ne pas m’occuper suffisamment de vous et que si le comportement de mon fils ne changeait pas rapidement, il n’hésiterait pas à nous foutre une assistante sociale au cul ! EST-CE QUE TU CROIS VRAIMENT QU’ON PEUT SE PERMETTRE CE GENRE DE CHOSE ?

 

- Non, on ne peut pas se le permettre …

 

- Je ne peux vraiment pas m’occuper de ça ! Je dois  finir cette chasse.

 

- Oui je comprends …

 

            Son père hurlait au téléphone et il comprenait sa colère car lui-même se sentait bouillir de l’intérieur. Il ne s’était même pas aperçu qu’il s’était levé. Maintenant, il arpentait nerveusement l’espace situé entre les deux lits pour essayer de se calmer. Sam ne le regardait toujours pas, il avait baissé et enfoui sa tête dans ses épaules. Son attitude était éloquente. C’était comme s’il avouait sa culpabilité mais sans prononcer aucun mot.

 

- Je veux que toute cette histoire soit réglée quand je reviendrai !

 

- D’accord … je vais régler ça …

 

            La conversation téléphonique touchait à sa fin et son frangin avait dû le comprendre car il se raidit sur sa chaise. Il devait certainement appréhender la réaction de son aîné et il n’allait pas être déçu parce que celui-ci était hors de lui. Pour ne rien arranger, leur père ajouta :

 

- C’est un ordre Dean !

 

- Oui monsieur …

 

- Et Dean ! Ne me déçois pas ! C’est compris ?

 

- Oui monsieur.

 

            Il entendit le craquement et le bip-bip qui indiquaient que John avait raccroché et que la discussion était close. Il raccrocha à son tour. Il resta quelques secondes immobile, le dos tourné à son cadet, histoire d’assimiler les dernières informations. Puis il reposa le téléphone sur le chevet. Sans se retourner, il posa la question qui lui brûlait les lèvres :

 

- T’aurais pas quelque chose à me raconter par hasard, Sam ?


Lydean  (28.10.2009 à 11:45)

Chapitre 15.

 

            A cette interrogation qui n’en était pas réellement une, il entendit son frangin déglutir difficilement.

 

- Dean … tenta-t-il, suppliant.

 

            Puisqu’il lui tournait le dos, il ne pouvait pas voir le visage repentant de son petit frère. En revanche, juste en entendant la manière dont il avait prononcé son prénom, il imaginait très bien ses petits yeux de chien battu. Si Sam comptait s’en sortir comme ça, c’est qu’il avait mal évalué l’intensité de la colère qu’il pouvait ressentir à cet instant. Il se retourna, hors de lui :

 

- Non mais, qu’est-ce qui t’as pris ? Ca ne t’a pas suffit de gerber toute la nuit parce que t’as eu l’idée brillante de jouer les poivrots ?! Dis-moi qu’elle a halluciné la vieille Mc Allister ! T’as quand même pas piqué sa caisse ?! … Oh, j’te parle !

 

            Sam avait baissé la tête, pénitent. Apparemment, aucun son n’arrivait à sortir de sa gorge. L’aîné voyait bien  à quel point il s’en voulait d’avoir fait autant de bêtises. Et malgré sa fureur, il se surprit à penser qu’il était trop dur avec lui. Il essaya donc de se calmer. Mais il voulait comprendre ce qu’il avait bien pu se passer pour qu’il agisse de cette manière. Il tenta donc de l’encourager à parler :

 

- Ok ! Dis-moi au moins pourquoi t’as fait ça … Sam ! Bordel, dis quelque chose ! … Tu vois là, j’ai vraiment les nerfs mais à côté de papa c’est …

 

- J’vois pas c’qu’il vient faire là-dedans, lui ! Explosa-t-il, soudainement.

 

            Dean baignait dans un flou artistique. Le changement de comportement de son petit frère avait été brutal et il ne voyait pas ce qu’il avait pu dire de si offensant. Il argumenta :

 

- Ah, non. Tu vois pas ? Je te rappelle que c’est ton père et qu’il s’inquiète pour …

 

- Ah, ouais ? Et il s’inquiéterait de quoi exactement ? Pour moi ? Ben alors là, laisse-moi te dire que j’y crois pas du tout. J’pense plutôt qu’il avait peur d’être obligé d’arrêter sa chasse. Tu crois pas ?  Si ça se trouve, le dirlo l’a appelé à un mauvais moment, comme quand c’est nous qui l’appelons …

 

- Stop, Sam ! Ca suffit ! Tu vas te calmer tout de suite ! …

 

            Il l’avait interrompu sèchement. Il ne pouvait pas le laisser dénigrer leur père de cette manière. Ce n’était quand même pas lui qui avait fait toutes ces conneries et il ne voyait pas en quoi il pouvait être responsable des agissements débiles de son plus jeune fils. Il poursuivit :

 

- … Je ne te permets pas de parler de papa comme ça. Si je te dis qu’il était inquiet pour toi, c’est que c’est vrai ! Le proviseur l’a menacé de nous mettre une assistante sociale sur le dos et …

           

- Ben, voyons ! J’vois pas pourquoi il s’inquiète : C’est le père de l’année, non ? Au moindre problème, il est toujours là pour nous…

 

- Sam !

 

            La moutarde lui montait au nez et si son frangin ne se calmait pas tout de suite, il allait lui en coller une ! Malheureusement, Sam ne se gêna pas pour poursuivre ses allégations avec un ton quelque peu ironique.

 

- Et puis dis-moi, s’il avait quelque chose à me dire alors pourquoi il n’a pas demandé à me parler au téléphone ? Pourquoi c’est toi qu’il a engueulé ? Il n’était pas inquiet, il était furax. Et pourquoi ? C’est à cause de mes conneries ? Non, c’est parce que t’as pas été foutu de me surveiller correctement alors qu’il t’en avait donné l’ordre ! Ose dire que c’est pas vrai, hein ? … Non, parce que si j’ai tord, t’aurais peut-être dû profiter de cet appel pour lui dire que t’en as marre de suivre ses ordres et que c’est à lui de s’occuper de moi et pas à toi ! …

 

            Dean restait muet face au flot de paroles incompréhensibles que son cadet débitait.

 

- … Après tout je suis peut-être une charge pour toi ?! …

            Mais de quoi était-il en train de parler ?

 

- … Tu te bornes à être là pour moi juste parce qu’il te l’a ordonné, hein ? … … …

 

            Quoi ? Pourquoi Sam disait-il une chose pareille ? Comment en étaient-ils arrivés là ? Et qu’est-ce que c’était que cette question débile ?

 

- … C’est ça !?! … demanda le plus jeune avec horreur.


Lydean  (29.10.2009 à 12:00)

            Tout ça n’avait de toute évidence aucun sens pour l’aîné. Il ne savait pas comment réagir pour palier l’attitude déroutante de son petit frère. Lui qui était si calme d’ordinaire. On pouvait même dire qu’il avait une patience d’ange par rapport aux élucubrations de son grand frère et de la vie qu’il menait contre son gré. Comment avait-il pu passer du gentil Sammy repentant au fou furieux qui le regardait avec ses yeux exorbités, en quelques minutes ?

            Le plus vieux avait perdu le fil entre le début de la conversation et la fin.Qu’avait-il bien pu se passer pour que ça engendre un changement de situation aussi radical ?

            Sam avait l’air tout aussi perdu que lui. Il le fixait, visiblement embrouillé dans ses pensées. Tout à coup, Il le vit serrer les poings. Ses mâchoires étaient crispées. A présent, il regardait son grand frère avec appréhension. Dean comprenait qu’il attendait une réaction de sa part mais il ne savait même pas sur quel sujet il devait réagir. Il ne savait plus quoi faire. Il ne savait même plus quelle était la question de départ. Alors, il restait là, sans parler, ni même bouger, se contentant de fixer ce petit frère qu’il ne reconnaissait plus. L’anxiété qui transparaissait dans le regard de Sam se transforma soudain en une colère mal contrôlée. Il fronça les sourcils et plissa ses yeux, rageur. Puis, sans un mot, il quitta la chambre à grandes enjambées, en claquant la porte.

 

            Il fallut quelques secondes à l’aîné pour prendre pleinement conscience de ce qu’il venait de se passer. A la base, c’était lui qui était furieux contre son frangin et non l’inverse ! Alors, comment se faisait-il que ce soit Sammy qui soit sorti en claquant la porte ?  D’ailleurs, où était-il parti ? Et s’il allait rejoindre ses deux potes de débauche pour faire une nouvelle connerie ? Et si cette fois, il se mettait réellement en danger ?

            Il se précipita à l’extérieur de la chambre, rattrapa Sam en courant et se planta devant lui, l’empêchant d’aller plus loin.

 

- Wow ! Wow ! Wow ! Tu vas où, là ?

 

- Lâche-moi ! Lui invectiva  sèchement Sam en le poussant.

 

            Malgré la violence du coup porté, l’aîné ne broncha pas. En plus de l’anxiété qui le tiraillait, la colère reprenait ses droits au sein de son corps et ça lui donnait une force supplémentaire. Cette fois-ci, il était décidé à connaître le fin mot de l’histoire et il irait jusqu’au bout :

 

- Alors là, sûrement pas ! Tu restes ici, on n’en a pas fini !

 

- T’es pas papa ! T’as pas d’ordres à me donner ! Fous-moi la paix !

 

- Non, je ne suis pas papa, mais je suis l’aîné ! Alors tu n’iras nulle part ! Rappela le plus vieux des deux, en tentant de contenir la fureur qui menaçait de le faire exploser.

 

- Ah, ouais ? … Et comment tu comptes m’en empêcher ? Le défia son inconscient de frangin.

 

            Là, il n’aurait pas dû ! Dean ne prit pas la peine de lui répondre. Il attrapa le bras de son frère, se pencha et le chargea sur son épaule tel un vulgaire sac de pommes de terre. Il le transporta vers la chambre. Sam lui martelait le dos avec ses poings, tout en hurlant :

 

- Lâche-moi ! Bordel, lâche-moi, Dean ! Laisse-moi redescendre ! J’te dis de me laisser redescendre ! Dean ! … J’te déteste, tu m’entends, j’te déteste !

 

            Oh, ça, non ! Il n’allait pas le lâcher. Il voulait des réponses à ses questions et il les obtiendrait ; quelle que soit la manière dont il devrait lui arracher des aveux. Quant au fait que son petit frère le détestait, c’était la deuxième fois en une semaine qu’il entendait ça et ça lui irritait les oreilles, pour être poli ! Et s’il n’arrêtait pas de faire le con alors son cadet aurait de bonnes raisons de le haïr cette fois !!!

            De retour dans la petite pièce, l’aîné claqua la porte d’un coup de talon et balança sans ménagement son fardeau sur le lit. Cette fois, la coupe était pleine mais il ne voulait pas faire quelque chose qu’il aurait à regretter par la suite. Il inspira un grand coup et avec son index pointé à deux centimètres du visage de Sam, il lança d’un ton sec :

 

- Alors maintenant, tu vas m’écouter ! T’as pas intérêt à l’ouvrir, ni à bouger de ton pieu. C’est clair ?


Lydean  (29.10.2009 à 12:01)

Chapitre 16.

           

             Le regard de son cadet lançait des éclairs. Il avait les yeux brillants de colère mais il n’amorça pas le moindre mouvement et ne desserra pas les dents. Dean s’éloigna de lui pour instaurer une distance de sécurité : S’ils restaient aussi proches, ils risquaient d’en venir aux mains. Il aurait facilement le dessus mais ça n’arrangerait rien. Tout en continuant de le fixer, il recommença à arpenter la pièce nerveusement. Etrangement et contrairement à son habitude, il avait des choses à dire et il fallait que ça sorte. Il se lança :

 

- Pour une fois, c’est moi qui vais te dire ce que je ressens et là j’dois dire que je ne sais pas trop par où commencer ! D’abord je suis en colère ! Oh, non, non, non ! Je ne suis pas en colère ! Je suis bien plus que ça ! Mais je crois qu’il n’y a pas de mots pour te dire à quel point je suis furax ! C’est quoi toutes ces conneries que tu fais ces derniers temps ? T’as l’intention de montrer que t’es devenu un p’tit con ? Non, parce que là c’est réussi ! Et encore j’suis sûr que j’sais pas la moitié de ce que tu as fait ! J’me plante ? Non, non, réponds pas, c’est pas la peine ! Crois-moi : tu ne sortiras pas de cette piaule le temps que je n’serai pas persuadé que je suis au courant de tout. Ah, tu veux que je te lâche ! Et ben là, tu rêves ! J’peux t’assurer que maintenant j’vais te coller comme la ficelle d’un string dans le cul d’une blonde …

 

            Impressionnant comme les mots pouvaient sortir facilement quand il était énervé ! Son petit frère devenait livide mais il poursuivit :

 

- Oh ! Et puis, y a pas qu’ça ! J’suis aussi déçu ! Mais alors, vraiment déçu ! J’ai tout fait pour convaincre papa de nous laisser ici, pour que tu puisses continuer de bosser dans ce bahut de merde.  Je savais que t’en avais marre d’être baladé à droite et à gauche. Et puis, pour une fois que t’avais trouvé des potes sympas … D’ailleurs, ceux-là, j’aurais deux mots à leur dire ! … Mais non ! Au lieu de profiter de l’occase, toi, tu fais des conneries ! Conneries, soit dit en passant, que je ne découvre que maintenant de la bouche de papa. T’as été super balèze sur ce coup là. Moi qui croyais te connaître, je me suis bien fait avoir. Tu m’as baladé sans sourciller. Jamais j’aurais pensé ça de toi ! Non, jamais ! Et tu veux savoir le pire dans tout ça ?...

 

            En prononçant ces quelques phrases, Dean prit conscience que c’était ce qui lui avait fait le plus mal. Il se sentait comme trahi par la personne qui comptait le plus à ses yeux. Mais un simple coup d’œil à son petit frère lui fit comprendre qu’il exagérait. Recroquevillé sur le lit, Sam avait du mal à soutenir son regard. Ses yeux brillants de colère avaient largement fait la place à des larmes de repentir. Malheureusement l’aîné n’arrivait plus à s’arrêter de parler. Il éprouvait le besoin d’évacuer toute sa rancœur :

 

- Oui, je crois vraiment que le pire dans cette histoire, c’est que j’ai honte ! Et tu sais pourquoi ? Parce que tu ne t’es pas gêné l’autre soir, quand t’étais bourré, pour me dire que tu faisais tout comme moi ! « Mais Dean, toi aussi tu bois de l’alcool », « Et Dean, toi tu rentres bien à l’heure que tu veux ! » Ca m’étonne que tu ne m’aies pas encore sorti que « moi aussi je pique des caisses » ! Tu suis mon exemple, c’est ça ? … Alors c’est ça l’image que t’as de moi ? Je ne suis qu’un gros branleur, menteur, irresponsable et alcoolo, tout juste bon à respecter les ordres de papa ? Non, parce que c’est vrai ! En plus de tous ces défauts, j’suis vraiment trop con pour prendre des décisions par moi-même !

 

- Non, Dean … J’ai jamais pensé … Essaya d’articuler Sam entre deux sanglots, mais son aîné n’y prêta attention qu’en partie.

 

- Ah, ça c’est sûr, t’as pas pensé ! C’est pas toi ça. T’es plus réfléchi que ça d’habitude. Et ben j’vais t’dire, moi aussi j’ai gambergé et finalement t’as p’t être raison.  C’est vrai que c’est à papa de s’occuper de toi. De quoi je me mêle, hein ? Après tout, j’suis quoi moi pour toi ? Rien ! En plus, j’suis vraiment un très mauvais exemple … Non c’est vrai, tout bien réfléchi …  Tu sais, j’vais avoir dix-huit ans le mois prochain. Il est temps que je mène ma propre vie, de mon côté. J’vais te laisser avec papa. Ce sera mieux pour toi …

 

- Non ! Fais pas ça !


Lydean  (30.10.2009 à 14:40)

            Sammy avait hurlé ses quelques paroles le souffle court, les yeux épouvantés et noyés de larmes. Le plus vieux se figea. Il observait son frère qui le suppliait du regard de ne pas l’abandonner. Un sentiment étrange fit son apparition : Il se sentait soulagé. C’était inconcevable puisque ce qu’il venait de faire était à la fois méchant et égoïste. Comment pouvait-il se sentir mieux alors qu’il venait de faire souffrir son petit frère ?

            Ca avait été plus fort que lui : Il avait éprouvé un besoin vital d’entendre qu’il comptait toujours pour Sammy. D’accord, il n’était pas un grand frère modèle et il ne le serait sûrement jamais, mais il faisait tout ce qui était possible pour lui. Et ça l’avait anéanti de penser que Sam serait mieux sans lui. Parce que de son côté, il n’irait jamais bien sans son petit frère. Maintenant qu’il était rassuré, il évalua les dégâts : Vraiment, il était allé trop loin ! Il devait rattraper le coup et ça n’allait pas être facile. Comment faire prendre conscience à son frangin qu’il était tellement important à ses yeux que jamais il ne pourrait le laisser tomber ? Il soupira et attendit quelques secondes avant de poursuivre.

 

- J’aurais bien aimé que tu cogites un peu aux conséquences avant de déconner … et ce que tu as dit, bordel mais quel paquet de conneries ! Ca ne t’est pas venu à l’idée que, quand papa me demande de veiller sur toi, c’est pas un ordre pour moi mais une évidence. Que si je le fais, c’est pas parce que je lui obéis comme un espèce d’abruti dont le peu de cervelle aurait été écrabouillée au broyeur, mais plutôt parce que c’est ce que je veux … Il s’interrompit quelques secondes. J’ai rien à dire de plus … sauf peut être que … maintenant, la balle est dans ton camp.

 

            Il s’arrêta là. Son petit frère semblait regarder ses genoux. Mais enfouie dans ses épaules, sa tête était secouée par les regrets et le chagrin. Les larmes coulaient le long de son visage et tombaient sur son tee-shirt. Après une minute d’un silence salutaire, Dean vint s’asseoir sur son lit, en face de son inconsolable frangin. Comme d’habitude, il n’avait pas su se contrôler et maintenant il s’en voulait d’avoir été si impitoyable avec son petit frère. Il devait dire quelque chose pour tenter de le réconforter. Il réfléchit un instant et reprit la parole d’une voix douce :

 

- Et Sam … j’aimerais aussi que tu arrêtes de croire que papa ne s’inquiète pas pour toi. C’est vrai qu’il n’est pas souvent là  et qu’il a peut-être du mal à nous le montrer mais on est ses fils et ça ne changera jamais …

 

            Le cadet ne relevait toujours pas la tête. Dean se maudit intérieurement : Pour une fois qu’il se laissait aller à dire ce qu’il ressentait, c’était un vrai fiasco. Le but n’était-il pas que Sammy lui fasse suffisamment confiance pour qu’il se confie à lui sans crainte ? Il s’était penché en avant et essayait de trouver son regard. Voyant que ses tentatives étaient vaines, il soupira encore une fois et tenta :

 

- Sammy. Maintenant, j’ai envie que tu me racontes c’qui se passe. Et je veux vraiment tout savoir : tout ce qui se trame dans ta p’tite tête d’intello … et surtout, j’aimerais bien comprendre c’que tu faisais à traîner dans la maison près de chez la vieille prof.

 

            Il ne s’était pas attendu à cette réaction. Mais contre toute attente, le plus jeune des Winchester leva légèrement la tête jusqu’à ce que ses yeux croisent ceux de son grand frère. Ce dernier fut étonné d’y lire de la détermination. Il le vit acquiescer d’un léger hochement de tête.  Il comprit tout de suite que Sammy allait tout lui dévoiler dans les moindres détails.

 

***

 

            Pour son plus grand malheur, il ne s’attendait pas à de telles révélations. Non, franchement, les grosses conneries relatées par leur père faisaient pâle figure en comparaison avec ce qu’il entendait maintenant. Elles ressemblaient à des crottes de mouche à côté d’une énorme bouse de Mammouth ! D’abord cet espèce d’inconscient avait organisé des séances de spiritisme, autant dire que pour un Winchester, ça relevait carrément de l’absurde, mais en plus, il avait piqué le journal de leur père pour le faire ! Mais qu’est-ce qu’il avait dans le cul ? Il était possédé ou quoi ?

            C’est en remarquant le regard inquiet de son cadet qu’il s’aperçut qu’il s’agitait en long et en large dans la pièce. Il se faisait l’effet d’un moulin à vent sur pattes : Il ne faisait que brasser de l’air ! Il commença par desserrer les mâchoires puis il se rassit en essayant de se calmer.

            Malheureusement, son incontrôlable frangin entreprit de relater les détails de ses petites expéditions nocturnes et ses nerfs furent mis à rude épreuve.

 

- … Je ne faisais que les observer. Je savais qu’ils auraient besoin de moi en cas de complications.  Mais moi, j’ai appelé personne, hein ?! Tu comprends ? … Et puis Tristan a terminé l’invocation, et d’un seul coup, il y a eu une violente lumière bleue et j’ai été complètement aveuglé.  Après c’est devenu super calme et ma lampe était HS … Il y avait cette lumière bizarre à l’extérieur alors on est allé voir … et c’est là qu’on a vu que ça bougeait dehors … Dereck avait l’impression d’être à Disneyland … Tu vois ? Ce que je veux dire c’est juste  que … C’était pas vraiment dangereux si on y réfléchit bien … Enfin le problème c’est que je pensais que l’apparition se contenterait de rester dans la maison … J’avais pas imaginé que ça ferait autant de dégâts à l’extérieur … encore moins dans une rue toute entière …

 

            Ces révélations firent à Dean l’effet d’une grosse baffe en pleine figure !

 

- Quoi ? Attends …T’es en train de me dire que le coup des nains … c’était toi ?!?


Lydean  (30.10.2009 à 14:42)

Chapitre 17.

 

            Toutes les pièces du puzzle, se mirent soudainement en place. Mais avec elles, le trou béant s’était reformé au creux de son abdomen. Sammy, celui qui était un modèle d’honnêteté, celui qui ne pouvait jamais rien cacher parce que son regard le trahissait, ce Sammy l’avait baladé pendant tout un week-end. Lui, son grand frère, qui croyait le connaître mieux que quiconque. Il refusait d’y croire. A ce stade, ce n’était plus un grand vide qu’il ressentait mais un gouffre sans fond.

            Son cadet transpirait la culpabilité. Ses yeux, rougis et gonflés à force d’évacuer le flot de larmes qui ne cessait de s’écouler, lui suppliaient de lui pardonner. Devant l’absence de réaction de son aîné, il baissa finalement la tête et releva les épaules pour mieux s’y réfugier.

            Dean ne comprenait pas pourquoi il lui était si facile de comprendre son petit frère à cet instant alors qu’il avait été incapable de voir qu’il lui mentait ce dimanche-là. Il avait pourtant bien observé le fait que quelque chose clochait. Malgré tout, au lieu d’en discuter avec lui et de l’obliger à déballer tout ce qu’il cachait, il lui avait ramené un café et des cookies ! Mais quel con ! Quand il avait raconté l’anecdote et que son petit frère était resté muet et avait failli s’étrangler en avalant de travers, là encore c’était un signe immanquable et il aurait dû réagir ! Et non ! Pourquoi ? Parce qu’il avait été incapable de trouver les mots justes ou d’agir intelligemment. Et la palme du plus nul des aînés est attribuée à … Dean Winchester !

 

            Plus aucun son ne sortait de la bouche du jeune garçon ratatiné sur son lit. Le ruissellement de ses larmes s’était intensifié. Ses regrets étaient sincères et cela énerva à nouveau son aîné : Puisqu’il regrettait ses actes alors pourquoi n’avait-il pas réfléchi avant de faire toutes ces conneries ? Ca lui aurait évité d’être si malheureux maintenant ! Qu’est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ? Et comment ça, « ce n’était pas dangereux » ?! Il aurait pu y passer, bordel ! Les deux autres blaireaux ne devaient pas être innocents dans cette histoire ! Sammy aurait mieux fait de les raisonner au lieu de les suivre aveuglément et de prendre des risques inconsidérés !

 

- Tu n’es qu’un …commença-t-il. Puis il se ravisa. L’objectif était de le faire parler et jusqu’à ce qu’il l’interrompe, ça fonctionnait plutôt bien.  Bon allez, continue ! Finit-il par demander sur un ton qui se voulait le plus calme possible.

 

            Sammy essuya ses larmes d’un revers de manche et essaya tant bien que mal de reprendre une respiration normale. Sans redresser la tête, il poursuivit ses aveux d’une voix rauque.

 

- Celui-là j’ai réussi à le renvoyer d’où il venait grâce à une incantation que j’ai trouvé dans … enfin le journal de papa, quoi … Dean, je te promets que j’avais pas du tout envie de recommencer ce genre de truc … Le problème c’est que Tristan m’a supplié de l’aider pour son projet. Il voulait ramener ses parents pour … tu sais … leur dire qu’il les aimait. Je lui ai dit que c’était pas une bonne idée et je les ai prévenu que ça pourrait être dangereux mais ils ne m’écoutaient pas. Tous les jours Tristan me trouvait une nouvelle raison pour que je les accompagne … mais je disais toujours non, tu sais … Et puis le vendredi … tu comprends, il était tellement malheureux … tout ce qu’il voulait c’était les voir une dernière fois … et puis de toute façon, ils y seraient allés même sans moi, alors … j’ai pas vraiment eu le choix …

 

            Il fit une pause tout en lançant un œil inquiet vers son aîné. Celui-ci avait écouté silencieusement mais il n’en pensait pas moins. Mesdames et Messieurs ! C’est la foire à la connerie ! Grande braderie ! Il y en aura pour tout le monde et tout doit disparaître ! Venez vous servir : c’est gratuit ! Il s’aperçut qu’il était encore debout. Tant pis, il avait besoin de se défouler ! D’un signe de tête, il l’encouragea à continuer.

 

- Ben maintenant que j’y repense, je sais que c’était pas une bonne idée mais on s’en est bien sorti … tout bien considéré … Ce qu’il y a, c’est qu’il a fallu … juste, comme on a ramené des esprits … enfin tu vois, quoi … on a dû saler et puis brûler les corps … enfin ce qu’il en restait … plus grand-chose, quoi …

 

            Dean bouillonnait de l’intérieur. Il se surprit à scruter tous les coins de la pièce à la recherche d’une caméra cachée. Ca ne pouvait être qu’un canular ! Grâce à la complicité de son père et de son jeune frère, M. Winchester s’est fait prendre au piège ! Combien de temps mettra-t-il avant d’exploser ? Les paris sont ouverts !

 

- … Ca a vraiment été dur pour Tristan et, avec Dereck, on a voulu lui remonter le moral et … enfin, tu connais la suite … Mais tu sais, je n’ai pas bu tant que ça … je crois que c’est que j’ai pas l’habitude … et comme je te l’ai déjà dit, je n’ai absolument pas l’intention de recommencer ! S’empressa-t-il d’ajouter. J’te jure qu’à partir de ce soir-là j’ai décidé d’arrêter toutes ces conneries et j’aurais voulu que personne n’apprenne quoi que soit. J’savais pas que la prof d’histoire nous avait vus et quand on a été convoqués chez le proviseur ce matin j’étais très mal … et je m’en veux, Dean.  Tu peux pas t’imaginer à quel point … C’est pour ça que, ce soir,  je ne voulais pas aller avec Tristan et Dereck …

 

            Dean ne comprit pas tout de suite pourquoi son frangin s’était arrêté de parler. Ce fut la troisième sonnerie du téléphone qui le sortit de sa torpeur.


Lydean  (31.10.2009 à 20:03)

            Sans lâcher des yeux son petit frère, il se dirigea vers le combiné et décrocha. A l’autre bout du fil, il y avait une voix féminine et trop criarde à son goût.

 

- DEAN ?

 

- Oui, c’est moi.

 

- Tu as vu l’heure qu’il est ?! Ca fait bien vingt bonnes minutes que j’t’attends ! Tu as plutôt intérêt à être prêt parce que sinon je vais hurler ! Tu arrives ou quoi ?!?

 

            Mais quelle chieuse celle-là ! Il ne manquait plus qu’elle ! Il aurait mieux fait de l’éliminer quand il en avait encore l’occasion !

 

- Non ! j’ai autre chose à faire ce soir … et il raccrocha sans plus de considération malgré les cris furieux de son « ex futur rencard ». Continue ! Ordonna-t-il sèchement à l’intention de son cadet.

 

            Avec un soupire, Sam reprit, toujours aussi concentré sur ses mains, évitant au maximum le regard de son frère.

 

- Normalement ce soir, je voulais aller retrouver Tristan et Dereck derrière le lycée … Ils avaient prévu de ramener un ancien élève de notre bahut … Dereck voulait comprendre les vraies circonstances de son décès, alors …

 

- Mais vous êtes des putains d’abrutis ! T’es inconscient ou quoi ?! Tu sais pourtant à quel point ça peut être dangereux … Explosa-t-il, incapable de se maîtriser plus longtemps.

 

- Mais, je voulais les en empêcher et je ne pensais pas qu’ils arriveraient à le ramener de toutes façons. Se justifia prestement son frangin. A cause de tout ce qu’il a ingurgité, il a été incinéré et …

 

- Mais j’en ai rien à foutre, Sam ! Vous avez eu du bol les deux premières fois ! Je crois que tu t’rends pas bien compte des risques que vous avez pris ! Il est hors de question que vous continuiez vos conneries ! Et crois-moi je vais m’en assurer personnellement !

 

- Dean … euh …

 

- Ah, non ! Me dis pas qu’il y a encore autre chose ! T’es déjà dans la merde jusqu’au cou, là !

 

- Non, c’est juste que … j’ai peur qu’ils le fassent quand même … j’veux dire, même si j’suis pas … surtout si j’suis pas au rendez-vous.

 

            Il avait dû mal comprendre : Ces deux crétins n’allaient quand même pas faire ça après tout ce qui s’était déjà passé. Il devait s’en assurer. Il empoigna son vieux sac contenant quelques armes et du gros sel et attrapa sa veste en cuir avant de sortir de la chambre en claquant la porte. Il espérait que ce dernier geste montrerait à son petit frère qu’il ne voulait pas qu’il vienne. Mais il ne se faisait pas d’illusions. Et c’est donc sans surprise qu’il l’entendit courir derrière lui et lui crier :

 

- Attends, je viens avec toi !

 

- Non !

 

- Mais Dean, je sais tout ce qu’il y a savoir sur le mec qu’ils veulent ramener. Je sais aussi où a lieu le rendez-vous et je sais comment parler à Tristan et à Dereck …

 

- Pour ça j’ai pas besoin de toi ! J’ai pas l’intention de perdre du temps à papoter avec tes connards de copains ! Crois-moi, ils feront ce que je leur dis ! Sur ces menaces mal camouflées, il s’arrêta de marcher et fixa son petit frère, histoire de donner du poids à ce qu’il allait dire. Et toi aussi d’ailleurs ! Si tes potes ont déjà commencé quand on arrivera, j’te veux pas dans mes pattes. Tu resteras en retrait et tu feras ce que je te dis ! C’est clair ?

 

- Limpide ! Promit Sam.

 

            Ca ne lui plaisait pas du tout d’exposer son petit frère à un éventuel danger mais il devait bien admettre qu’il avait besoin des informations que son frangin avait en sa possession. Devant l’urgence de la situation, il n’avait pas eu d’autre choix. Ils repartirent donc en courant côte à côte, vers le lieu du rendez-vous.


Lydean  (31.10.2009 à 20:05)

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